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La cave du vieux moulin, Romain Papilloud, Vétroz

Date: le 10/08/2003 à 20:46

Il n'aura pas fallu deux mois pour concrétiser une invitation de Romain Papilloud à découvrir ses vins à la Cave du Vieux Moulin à Vétroz, suite à une première rencontre furtive à l'oenothèque de Leytron.

C'est ce qui s'appelle de l'efficacité et du dynamisme, à l'image de ce sympathique vigneron-éleveur (et pas meunier, le Vieux Moulin ne produisant peut-être même plus de farine!), sis à Vétroz, patrie de l'amigne, que Romain réussit merveilleusement, ayant complètement craqué récemment pour cette bouteille qu'il m'a offerte il y a 2 mois.

C'est dans la fraîcheur toute relative de son caveau, par cette après-midi caniculaire d'août,
que nous nous sommes retrouvés pour la dégustation, en présence de la quasi-totalité du staff de LPV.
Chaude journée en Valais, comme un peu partout en Europe. Même sur la plage de Saint-Jean de Monts, il paraît que l'on se brûle les pieds, c'est dire !

Romain est visiblement aussi heureux de nous faire déguster sa production que nous de la découvrir.
Sans plus tarder, nous attaquons par les blancs 2002.

- Fendant Amandoleyre 2002 : un très beau fendant, fruité, vif, frais et minéral. La seule cuvée de chasselas produite au domaine, Romain semblant plus visiblement attiré par les cépages à personnalité plus marquée. Très jolie réussite néanmoins, qui nous vaut la première grimace de Claudius !

- Petite arvine 2002 : une petite arvine sèche, qui possède beaucoup de mordant en attaque, puis qui développe une jolie palette aromatique caractéristique, avec un chouïa d'amertume en finale qui devrait s'estomper. Très jeune, à attendre un peu.

- Amigne grand cru 2002 : une petite splendeur d'amigne , vinifiée « avec un petit sucre » pour répondre à la demande du consommateur moyen d'amigne, qui la préfère légèrement douce, et de la femme de Romain, également de l'avis des consommateurs d'amigne !

- Amigne grand cru 2002 barrique : échantillon tiré du fût. Bien marquée par le bois, ce qui semble normal à ce stade, un vin qui compense la moindre fraîcheur par rapport au précédent par un supplément d'âme et de profondeur. Destinée à rester encore quelques mois en fût, je suis prêt à parier sur le grand avenir de cette bouteille.

- Amigne grand cru 93 : l'amigne, ça peut vieillir, le saviez-vous ? Et bien Romain nous le démontre. En partie avec cette cuvée qui possède des notes oxydatives au nez qui perturbent un peu la dégustation. La structure est néanmoins impeccable, ample, riche, sans le moindre signe de fatigue.

- Amigne grand cru 94 : la confirmation de ce que nous venons d'entrevoir. Point de nuances oxydatives mais un nez légèrement acidulé, très frais, une bouche longue et complexe avec des notes légèrement mentholées en finale qui contribuent à entretenir le fraîcheur. Grand vin et véritable révélation par rapport au potentiel de ce cépage.

- Gamay VV 2002 : un gamay à la robe très sombre et un vin très concentré avec une légère réduction au nez. Riche et charnu, c'est une expression du gamay assez étonnante mais maintenant recherchée dans le Valais.

- Pinot noir 2001 : assez typique de la production valaisanne avec ses notes lactées (caramel au lait pour moi), il est fondu, accessible et long. Un vin plaisir.

- Pinot noir 2002 : plus coloré et fruité que le précédent, il possède aussi un côté plus fougueux témoignant de sa mise récente. A laisser reposer un peu.

- Pinot noir 2002 barrique : un boisé un peu marqué avec une trace d'amertume le rend moins accessible que les deux précédents (échantillon tiré du fût).

- Vétroz grand cru 2001 : sous cette appellation village se cache en fait une Dôle composée de 70% de pinot noir, 15% de gamay et 15%de diolinoir .La mode des cuvées de gamay VV a en fait dépossédé la Dôle d'une partie de ses constituants, contribuant à la dévaloriser profondément, à l'instar des Passetoutgrains Bourguignons. Ce qui explique la décision de Romain de ne pas mentionner le nom de Dôle sur l'étiquette de ce Vétroz grand cru. C'en est pourtant une très jolie, fruitée, ample, charnue, colorée et gouleyante. Je craque pour ce vin séducteur qui arrache pourtant une deuxième grimace à Claudius, limite éclat de rire!

- Cornalin 2002 : un cépage indigène valaisan que je brûle de mieux connaître. Mes expériences passées n'ont pas été très concluantes mais là , c'est superbe de fruit et de concentration. Un peu de mâche en finale, témoignant de sa jeunesse, mais une texture déjà très soyeuse. Très beau !

- Syrah 2002 barrique : très colorée et concentrée, une jolie syrah dans laquelle on retrouve des notes de lard fumé et d'épices. L'élevage est déjà bien intégré à ce stade.

- Cornalin 95 : là , Romain nous gâte ! Non disponible à la vente, évidemment, c'est un bonheur que de goûter à un «vieux» cornalin, pourtant encore très juvénile. Une somptueuse liqueur de cassis emplit le nez et la bouche et s'installe pour longtemps. La concrétisation de la grandeur de ce cépage, en démontrant son aptitude à la garde.

- Syrah 95 barrique : très poivré au nez, un vin aux tanins encore serrés avec un gros volume en bouche. Au niveau des belles syrahs du Rhône, Averroes, sans aucun doute ! Je ne crois pas que Claudius grimace encore !

- Ermitage 2001 flétri : encore jeune et au boisé un peu marqué, le nez est sur les agrumes et quelque chose de mal définissable. Frais et long, il est doté d'une « mâche blanche » en finale, différemment interprétée par les dégustateurs. Beau vin mais à attendre.

Que voilà donc une belle dégustation témoignant de la grande qualité des vins produits par Romain Papilloud et un très bon moment passé en sa compagnie. En ce qui me concerne, coups de coeur pour l'amigne, le cornalin, la Dôle et l'Arvine, des cépages bien valaisans, quoi!

Ah ! le Valais !

Olif

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