28 février 2010

Si tu veux faire mon bonheur...

Vidéolif cinquième!

 

 

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Le mois de février tire à sa fin, c'est bien. Il a été particulièrement rude dans le Haut-Doubs. Un bel hiver, quoi! Plus court mais plus rigoureux que les précédents. Les survivants, levez le doigt!

 

Les deux principales leçons que je retiens du mode de survie hivernal développé par Aurélia Filion, de Busurleweb, c'est qu'il vaut mieux ne pas recracher (ça, je le savais déjà depuis longtemps) et qu'il faut préférer les grands contenants (ça, je m'en doutais aussi depuis un moment). Il ne sera pas dit qu'on ne saura pas faire complètement aussi bien dans le Haut-Doubs qu'au Québec, pour finir de survivre.

 

Marguerite de Fanfan Ganevat. Côtes du Jura, Rotalier, dans la Combe, Sud-Revermont. Du vin pour jurassien endurci, à base de Melon à queue rouge.

 

 

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Côtes du Jura cuvée Marguerite 2007, Jean-François Ganevat

 

 

Une variété de chardonnay typiquement local, qui rougit à la base de la queue et qui donne des vins assez caractéristiques, aux arômes fruités et fumés, avec beaucoup de personnalité. C'est rare d'en voir d'aussi gros spécimens, mais encore plus rare d'en voir à cette saison. Alors, j'ai improvisé.

 

Marguerite n'est commercialisée qu'en magnum. Survivre en grand est donc une obligation. Bon, on goûte?

 

 

"SI tu veux faire mon bonheur

Marguerite, Marguerite

Si tu veux faire mon bonheur

Marguerite donne-moi ton cœur"

 

N'importe quoi, comme dirait Mme Olif!

 

Olif

 

P.S.: Olif est habillé par Kukuxumusu.

 

P.S.2: le melon à queue rouge de la vidéo est d'origine martiniquaise. Je sais, à cette saison, c'est pas forcément biiiieeennnn! N'empêche, il est cultivé par des producteurs charentais qui savent ce que melon veut dire. Et ça goûte déjà plutôt bien.

18 février 2010

Pressée de paille et goulée de rouge

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Clic clic clic clic ... fait le pressoir à chaque mouvement du cliquet. Flic floc flic floc... fait le liquide sirupeux qui s'écoule dans le seau.  Glou glou glou glou ... fait le gourmand buveur en se délectant de ce nectar. Du bon sirop pour remplir la gourde avant l'effort, dommage que la Transjurassienne soit maintenant terminée. Plus de 300g de sucre, une couleur brique orangée, des arômes de coing et une fraicheur paradoxale laissant la bouche nette. Il n'y a plus qu'à laisser faire et fermenter.

 

 

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Ça se passait mardi après-midi dans la Combe de Rotalier, chez l'incontournable Fanfan Ganevat, bien rentré de Saumur après une divine soirée qui s'est prolongée très tard, à ce qu'il parait.

 

Une douceur pour mise en bouche, avant de passer à des choses un peu moins consistantes mais tout aussi réjouissantes. La construction du nouveau chai par gravité se termine. Aussi moderne qu'à Bordeaux, mais bien plus artisanal dans sa conception. Sans l'ombre d'une nanotechnologie, ni le concours d'un architecte hors de prix. Que du naturel. Avec pour l'instant de gros panneaux isolants amovibles pour fermer les portes. Les barriques de rouge 2009 y sont au frais dans le gravier, continuant ainsi au ralenti leur processus naturel de vinification. Le Poulsard de l'enfant terrible n'a même pas tout à fait terminé sa fermentation et garde encore quelques sucres résiduels qui le rendent irrésistible de gourmandise. Mais la véritable bombe, c'est le futur "J'en veux!", dont il faudra vouloir vite. Que des vieux cépages dont personne ne voudrait plus et qu'ici on s'arrache, refusant évidemment de les arracher. Franchement trop bon! Le Trousseau Plein Sud possède un grain plus fin et une concentration supérieure, s'annonçant superbe, tout comme le Pinot noir de Grusse-En Billat, première cuvée parcellaire du nom, qui tient la dragée haute en matière de minéralité à la toujours grandiose Cuvée Julien. Des rouges comme ça, le Jura peut en être fier. Pour preuve, tout le monde n'en aura pas!

 

Ce sera qui, les gâtés...?

 

 

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Olif

 

24 septembre 2009

Recul de civilisation

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A l'ancienne! Une vinification comme "dans le temps". Pas de cochonneries dans la terre, dans le tonneau, ou dans le verre. Du bon raisin, égrappé grain par grain, vinifié au plus près du fruit. Sans collage, ni filtration, ni sulfite ajouté. Un produit issu d'une civilisation ancienne, vilipendée par l'œnologie moderne, celle du bon vin sans artifice. Dans le respect de la terre, du raisin et du consommateur. Et même du critique, qui  se sent obligé de bien noter un tel vin, sans fard mais sans défaut coupable.

Une robe groseille, limpide, brillante, un nez franc de petits fruits rouges et d'épices. Une bouche nette, vivifiante et réjouissante. Ça gouleye, ça titille les papilles grâce à une petite sensation tannique, ça se boit à grandes lampées. Du plou-plou, quoi! La cuvée du Fanfan terrible.

 

 

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Le recul d'une ou deux civilisations a du bon, parfois. Mais si Michoubidou avance pendant que la civilisation recule, comment veux-tu, comment veux-tu?

 

Olif

 

P.S.: la bataille continue de faire rage, sur le blog ou ailleurs. Michoubidou tente une explication de texte un peu plus argumentée et fouillée sur Opendisc©. On n'est pas tirés d'affaire!

 

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21 septembre 2009

Botrytis sylvestre

Si un été et une arrière-saison particulièrement secs font le bonheur des cueilleurs de raisin en ce moment, les mycophiles/phages tirent un peu la langue en ce mois de septembre 2009. Même Candida albicans se fait rare, c'est dire! La crise guette aussi les professionnels!

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Tandis que les brouillards font leur réapparition sur le Bergeracois, permettant le développement de champignons exclusivement comestibles après la vendange, l'humidité des sapinières du Haut-Doubs favorise l'apparition de quelques espèces dans l'assiette. Des girolles, largement supérieures à celles commercialisées par mon épicier, qui a champignon sur rue. Des chanterelles russes avec lesquelles on joue parfois à la roulette, tantôt desséchées, tantôt siliconées, et qui n'arrivent même pas à la cheville de cette espèce de montagne rare, ferme et goûtue, la variété amethysteus, aux reflets lilacés.

 

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Et puis cette exceptionnelle récompense du mycologue, Boletus erythropus, qui bleuit quand on le coupe, comme un Schtroumpf noir vaporisé de graine d'ellébore! Pas très appétissant, tout ça, mais dans la poêle, ce beau bolet à pied rouge reprend joyeusement sa couleur initiale et  d'ailleurs, jaunit à l'idée, mmmmm...! Que je l'aime!

 

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Avec ce plat 100% Rien que du champignon, il fallait un vin 100% Rien que du fruit. Un Chardonnay comme on en produit dans nos contrées, à plus basse altitude. Une base de Crémant récoltée parfaitement mûre à 10,5° en 2008. Un jus trop bon pour finir gazé! Droit, fruité  et acidulé. Et voilà le travail! Signé Fanfan Ganevat, évidemment, un vin qui se boit tellement facilement qu'il peut remplacer avantageusement la bouteille d'eau le soir au pied du lit! Dixit Fanfan, et on est volontiers enclin à le croire!

 

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Un menu 100% Rien que du bon, en tout cas, pour entrer gaiement dans l'été indien!

 

Olif

 

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31 mars 2009

Sul Q ...

Passage rapide mais printanier dans la Combe de Rotalier, pour y retrouver un étonnant caviste en goguette et se reformater le palais à la minéralité jurassienne de référence, celle qui vit et qui laisse la part belle au raisin.

 

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2008, le millésime a la grosse cote, à l'heure où tous les regards sont focalisés sur le grand bazar médiatique bordelais. Millésime difficile, mais millésime de vigneron. Comme d'hab', finalement. Les bons, on sait depuis longtemps qu'ils parviennent à se jouer des pièges météorologiques et climatiques, à grands coups de viticulture respectueuse de l'environnement, à la vigne, et à grands coups de vinification intelligente, réfléchie et respectueuse du raisin, à la cave. Comme certain pourrait le résumer par "un max de raisin, un min de sulfites!". Un peu réducteur, mais assez parlant. Plutôt!

Chez l'ami Fanfan Ganevat, on a un peu de tout ça, en fait. Qui peut le plus (à la vigne), peut le moins (à la cave). Le soufre, Fanfan, il est en train d'oublier ce que c'est. A vrai dire, le besoin s'en fait de moins en moins sentir. Les vins n'en veulent plus, s'épanouissent dans le verre, tiennent à l'air, résistent au temps. Le Côtes du Jura Pinot Noir Julien, vinifié de deux façons jusqu'au millésime 2005, avec un minimum de soufre à la mise ou sans (cuvée Z), est zans zoufre en intégralité, depuis le millésime 2006. Sans faillir, sans dévier d'un iota de sa pureté aromatique originelle.

Côté pipette, passage en revue d'une grande partie des blancs 2008, sur fûts, avec des réussites qui devraient être étourdissantes. Fabuleux chardonnays des Chalasses VV 1902, à la tension remarquable, et des Grands Teppes VV, d'une grande plénitude. Exceptionnel Savagnin Marnes bleues des Chalasses, qui emmène loin, très loin, encore plus loin qu'il n'est possible d'imaginer. M'étonnerait pas que certaines de ces cuvées récoltent un 20/20 de la part des dégustateurs chevronnés et patentés qui ont parcouru la région dernièrement, dans l'optique d'un panorama du millésime. Prochainement chez votre marchand de journaux. Des vins qui ont de la vie, et qui vibrent à l'unisson de leur géniteur. Un modèle que l'on aimerait bien voir se développer dans d'autres régions. Malheureusement pour elles, je crains que le Jura ne soit inimitable. Sans pour autant péter plus haut que son Q ... L'apothéose finale, tiens, d'ailleurs.

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"Allez Fanfan, montre nous ton Q..."

Sul Q...: sélection de grains nobles de Savagnin, vendangé le 23 décembre 2002. C'est écrit sur l'étiquette. Robe ambrée, grosse liqueur, riche et onctueuse, coing et pamplemousse, acidité phénoménale malgré l'exceptionnel taux de sucre résiduel (de l'ordre de 300 grammes, de mémoire). Que dire d'autre? Sinon en rester ... Sul Q ... !

 

Olif

 

19 janvier 2009

Les Grands Teppes, nu intégral!

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Ça va faire un bail qu'il n'y a pas eu de billet au sujet de l'ami Fanfan Ganevat, les groupies vont se languir! Celui-ci n'est pas à proprement parler du réchauffé, il a été promis de longue date. Juste un peu de retard à l'allumage pour cause d'hiver précoce et soutenu, riche en événements de tous genres. Promesse finalement tenue, car ce blog n'est en aucun cas politique.

Pour cette dégustation intégrale des vins produits sur ce fabuleux coteau des Grands Teppes par Fanfan, point de fioriture! Mise à nu complète! Absence totale d'humour, de second degré, à fortiori de troisième. Aucun jeu de mots débile, de calembour grossier, aucune licence poétique. Du compte-rendu brut de chez brut, apte à satisfaire l'amateur de commentaires exigeants et uniquement l'amateur de commentaires exigeants. Je m'en excuse par avance auprès de tous ceux, que je sais nombreux, qui ne viennent ici que pour s'en payer une tranche, c'est si bon de rire, par les temps de crise qui courrent. Mais il est des choses parfois si sérieuses que la décence nous interdit de nous en moquer. Un grand terroir et un grand vin du Jura font partie de ces choses-là. Oui, ça existe et je connais des vignerons dans toutes les appellations, y compris les voisines les plus prestigieuses, qui feraient bien de s'inspirer de cette façon de travailler, du sol à la cave. Le premier qui rigole aura d'ailleurs affaire à moi.
Ami lecteur amateur de bons mots, belle lectrice amatrice de mon style enjoué, passe ton chemin pour cette fois. Reviens un jour prochain, je te promets de ne plus me laisser aller à me prendre au sérieux.

Bon, j'en étais où, déjà? Ah! oui!

Cette verticale est totalement inédite, si ce n'est une première tentative avortée en septembre 2008 (abandon à une encâblure du millésime 2000, pour cause de gosier qui baignait). C'est une exclusivité ©leblogdolif, il faut bien se faire mousser un peu de temps en temps. Le millésime 2001 est totalement épuisé au domaine, les deux échantillons en bouteilles ont gracieusement été fournis sur la cave personnelle de Philippe Bouvret par Epicuréa Poligny, là où il y a du bon vin au pays du Comté d'en bas.

Les Grands Teppes, c'est donc un lieu-dit initialement constitué de friches, que l'arrière grand-père Ganevat a totalement défriché pour y planter de la vigne. Une vigne à la campagne, perdue au milieu des champs, propriété monopole de Fanfan. La dégustation, elle, a eu lieu à la montagne, juste avant l'arrivée de la neige. Les vins ont été goûtés au décours d'un repas préparé par l'alchimiste pontissalien, jadis narré ici. Tous les vins sont présentés en magnums, à l'exception des millésimes 2001 et 1999, deux bouteilles étant néanmoins nécessaires pour le service.

C'est parti mon kiki!

- Côtes du Jura Grands Teppes Vieilles Vignes 2006: d'une manière générale, les blancs 2006 de Fanfan possèdent une droiture et une pureté aromatique extraordinaire. Le terroir trace à merveille, révélant ici une grande profondeur, avec de l'enveloppe et du gras sur un fruit très net. De la chair et de la vie, qui promettent de grandes émotions dans longtemps.

- Côtes du Jura Grands Teppes Vieilles Vignes 2005: ce n'est pas celui qui goûte le mieux, richesse du millésime oblige. Petite note fugace pas très nette au premier nez (réduction?) et bouche un peu "too much" à ce stade. A attendre et revoir, sans grande inquiétude toutefois, il y a de la matière!

- Côtes du Jura Grands Teppes Vieilles Vignes 2004: net et droit, frais, minéral, tendu, finale salivante, un vin d'une grande pureté qui goûte merveilleusement ce soir-là.

- Côtes du Jura Grands Teppes Vieilles Vignes 2003: riche, avec de l'alcool et de la rondeur, il garde de la fraicheur avec une grande longueur et sa belle finale acidulée. Un style puissant, mais au final, un vin qui n'est pas écrasé par le millésime.

- Côtes du Jura Grands Teppes Vieilles Vignes 2001: on saute artificiellement un millésime, pour se consacrer à celui qui devrait être le plus faible de toute la série, météo calamiteuse oblige. Et pourtant! Il ne titre que 11,5° mais quelle complexité! Anis, fenouil, coing parmi des arômes très mûrs. Il n'a passé que 12 mois en fût (contre 24 habituellement), mais l'élevage l'a magnifié.

- Côtes du Jura Grands Teppes Vieilles Vignes 2002: un des sommets de la dégustation, l'un des vins le plus abouti. Dans un registre de fruits exotiques et d'agrumes, avec des arômes de fruits de la passion parfaitement nets, la bouche possède du gras et de la tension, ciselée admirablement. Bravo Fanfan!

- Côtes du Jura Grands Teppes Vieilles Vignes 2000: le millésime de la rupture, avec pour la première fois, l'apparition d'une bouteille lourde bourguignonne, en remplacement de la Jura traditionnelle. Pourtant, la vinification fut classique, à la façon du grand-père, 48 mois sur lies fines. Beurre, amande grillée, noisette, de la droiture et une grande acidité. Un volume impressionnant et un caractère qui semble inaltérable dans le temps.

- Côtes du Jura Grands Teppes Vieilles Vignes 1999: le premier millésime vinifié par Fanfan au domaine. 60 mois de fût! Il possède déjà toute la trame du terroir, du gras sur une belle tension acide. Le début d'une grande aventure!

Une nouvelle fois, les années paires triomphent, par leur structure, leur minéralité, leur buvabilité. 2002, 2006, 2004, 2000 (dans cet ordre-là en ce qui me concerne) se tiennent dans un mouchoir, la préférence allant à l'un ou à l'autre selon le style de vin que l'on aime. 2005 à revoir (mais quel potentiel!), 2001, 1999 et 2003 cloturent la marche, mais tout le monde est largement au-dessus de la moyenne, pas si éloigné que cela l'un de l'autre.

Les Grands Teppes, un terroir, un vin, un vigneron, que du bon!

Olif

P.S.: la renommée de Fanfan est désormais telle qu'il fait partie des 4 vignerons jurassiens invités à la grande journée Beaujoloise du 20 avril. Ils ont bon goût, les Beaujolois, et il ne vont pas s'embêter!

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29 novembre 2008

Quand le Fanfan Ganevat, tout va...

Fanfan Ganevat, sa vie, son œuvre, ses vins...

 

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Titre piqué sans vergogne à l'ami Estèbe, qui n'a qu'à pas laisser trainer ses vannes partout. Le sous-titre, il est toujours d'Estèbe, qui n'en loupe décidément pas une quand il s'agit de faire le pitre!

Quand il a décidé de venir à la montagne pour un grand tasting jurassien, Fanfan Ganevat ne s'est pas embarqué sans biscuits. Accompagné d'une poignée de potes, il a investi l'antre de Pierre-Ivan Boos, l'alchimiste pontissalien, avec deux douzaines de magnums, une grande partie de sa production millésimée 2007, plus pas mal de bonus. Fanfan, c'est un peu Monsieur Plus. Insatiable et généreux. Pour accompagné tous ces flacons, "le PI" nous a concocté un petit menu du jour à sa façon, spécial Fanfan. "Quand le Pierre-Ivan Boos, ça bosse", sera sans doute tenté de dire Estèbe. Qu'il ne s'en prive donc pas, je l'attends de pied ferme!

 

Alchimie

Côté miam, on s'est plutôt bien régalés! Quelques prouesses culinaires techniques, comme cette guimauve de chocolat aux épices et olives noires, qui n'a malheureusement pas fait bon ménage avec les chardonnays, et le spaghetti de Mont d'Or, un truc de ouf! Ça a la forme et l'aspect d'un spaghetti, mais l'épate, c'est que ce n'est pas des pâtes! Méga rigolo! Le ragoût de coquillages à la moelle, voilà aussi une assiette sympa! Le canard sauvage avait du coffre, et du goût aussi! Impeccable! Rigolote et croquante, la meringue de parmesan au cumin n'a pas fait long feu dans l'assiette. Quant au dessert, c'était à la fois la courge butternut sur la tarte et la cerise sur le gâteau. Un délice qui nous a laissés Sul Q, du nom de la sélection de grains nobles de Savagnin, vendangée le 23 décembre 2002.

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Côté glouglou, on va la jouer compte-rendu traditionnel, parce que j'en connais qui attendent ces notes avec impatience, bien au chaud dans leurs limousines. Vu le nombre de bouteilles, ça risque d'être un brin fastidieux, à lire et même à écrire. Mais on va prendre une grande inspiration et boire un coup avant! Les blancs 2007 sont en cours d'élevage et ont été prélevés sur fût. Service en magnum, sauf mention contraire.

- Côtes du Jura Grusse VV 2007: le premier millésime de cette parcelle reprise tout dernièrement par Fanfan. Déjà beaucoup de boulot de fait, mais ce n'est pas encore totalement abouti pour Fanfan. Notamment la finale, "qui ne vit pas"! Le vin possède néanmoins une jolie tension, que je n'avais pas notée lors de la dégustation sur place début septembre. Un vin droit et net dans sa structure, malgré des notes de "bonne réduction", celles d'un élevage sur lies fines sans soutirage, non sulfité pour l'instant.

- Côtes du Jura Les Chalasses VV 2007: interessant d'y goûter un peu plus d'un an après une première impression bourrue mais déjà bonne. Toujours un nez grillé de réduction sur lies fines (rien à voir avec un boisage excessif, Fanfan utilisant de plus en plus des grands contenants, demi-muids ou fûts de plus de 300 litres, qui ne marquent absolument pas les jus). Un vin minéral, avec une acidité droite, nette et tranchante, vivace et salivante en finale.

- Côtes du Jura Grands Teppes VV 2007: les notes de réduction sont plus marquées, loin d'être désagréables. Beaucoup plus riche, gras et volumineux en bouche que Les Chalasses, malgré un degré alcoolique identique et plutôt faible (à peine 12° de mémoire). L'effet terroir est ici prodigieux, permettant la distinction à coup sûr des deux cuvées.

- Côtes du Jura Les Chalasses marnes bleues 2007, savagnin vert: pH 2,75, 12,9°. Autant dire que l'acidité ne passe pas inaperçue! Mais elle est superbe, parfaitement équilibrée. Sur des notes très pures de mangue et d'ananas, ce savagnin acquiert, grâce aux marnes bleues des Chalasses, de l'enveloppe, du gras et de la profondeur. La 4ème dimension, pour un vin prodigieux!

- Côtes du Jura Marguerite 2006: une cuvée de Melon à queue rouge, une variété locale de Chardonnay, commercialisée uniquement en magnum. Sur des notes étonnantes de fraise et de framboise, ce vin a de la chair. Gourmand et sensuel, il caresse le palais avec volupté, avant de terminer malheureusement un peu court. Mais l'expérience est passionnante!

Après cet apéritif festif, le repas peut véritablement commencer. L'occasion d'une verticale exhaustive et inédite (ou presque) de la cuvée Grands Teppes VV. Pas totalement inédite, parce que nous en avions fait une ébauche lors de notre visite au domaine en septembre, comme une répétition inachevée avant la Générale.

 

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Un compte-rendu à venir, prochainement sur vos écrans de Mac ou de PC.

Olif

 

 

22 novembre 2008

Grand Tasting Jurassien!


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Tandis que le gotha des vignerons mondains se bouscule au Carrousel, à l'invitation du célèbre tandem de la critique vinique française, s'offrant en pâture à une faune carnassière d'amateurs œnophiles insatiables et de professionnels en costard, le lauréat jurassien du B&D a dû décliner l'invitation à participer à cette manifestation élitiste pour prendre ses aises et écarquiller les doigts de pied sous la neige pontissalienne, devant un parterre de groupies fidèles, préférant le port du tee-shirt branchouille à celui du smoking. Un atelier des chefs grand format, remake passablement remanié et encore plus festif d'une précédente édition déjà fort réussie. Aux fourneaux, Pierre-Ivan Boos, célèbre alchimiste culinaire pontissalien. Au service des vins, Fanfan Ganevat, célèbre alchimiste viticole jurassien. Bon, les vins de Fanfan, on les a déjà goûté et archi-goutés, commentés et archi-commentés. Mais comme c'est un émerveillement à chaque fois qu'on y trempe ses lèvres, on va se fendre d'un nouveau compte-rendu, qui annulera et remplacera les précédents., jusqu'à la prochaine fois.Une soirée qui nous a tous laissés SulQ!

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Compte-rendu à venir un de ces jours, parce que là, j'ai comme une envie de petite sieste réparatrice!

Olif

 

09 septembre 2008

Dégustation chez Fanfan Ganevat, les bonus!

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Une dégustation au domaine Ganevat, les lecteurs du blog le savent déjà, c'est un marathon! Heureusement, il y a les passages au stand, où l'on arrête de courir dans toutes les caves du village et où l'on peut se reposer dans la quiétude du caveau. Prendre le temps de s'asseoir, poser le calepin et le stylo, prendre une ou deux photos (mauvais exemple, celle-ci a été prise en plein effort!) et savourer les vins en bouteille.

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- Côtes du Jura Cuvée Florine 2006: la cuvée emblématique du domaine, du nom de la fille de la maison. Une entrée de gamme de haut niveau, qui permet de patienter avant de se faire les dents sur les Grands Teppes ou les Chalasses. C'est du fruit, mûr et non exempt de minéralité. A boire sans se priver, en attendant que les autres cuvées s'affinent en cave.

- Côtes du Jura Florine 2007, jeunes vignes de 1988 sur Chalasses: un vin déjà empreint de plénitude, net et droit, issu de vignes toutes jeunettes qui ne constituent qu'une partie de l'assemblage final de la cuvée Florine.

- Oregane 2006: un assemblage de Savagnin jaune et de Melon à queue rouge, dans des proportions 50/50, anisé et fruité, aux arômes pregnants, d'une grande originalité.

- Marguerite 2006: une cuvée collector de Melon à queue rouge, vinifiée avec zéro soufre et proposée uniquement en magnum. Des raisins récoltés en surmaturité qui exhalent un nez de fruits exotiques et de beurre frais, assez typique du cépage. Pur et net, puissant (15,9° naturels) avec une grande acidité sous-jacente, il s'agit là d'un vin pour initié, mais de toute beauté! Ou comment reculer les limites de l'appellation! J'en reste estomaqué!

- Savagnin 2000, Les Vignes de mon Père: une cuvée de savagnin ouillée pendant 7 ans. DU vieux ouillé, comme on dit ici! C'est puissant, envoûtant, magique, magistral!

- Savagnin ouillé 1999, Les Vignes de mon Père: un échantillon pas en vente, ni même en bouteille, me semble-t-il! La robe est dorée, le nez puissant, sur l'écorce d'orange confite et l'encaustique. Un vin magnifique d'intensité aromatique.

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Voilà, je pense bien en avoir oubliée quelques-unes, dégustées plus ou moins sauvagement (dont un épatant Savagnin vert zéro soufre) mais la mémoire gustative vous joue parfois de ces tours...!

Olif

08 septembre 2008

Le Sud-Revermont côté terroirs (4): En Billat, Derrière Billat et Champ Bernard

En Billat, Derrière Billat et Champ Bernard

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Derrière Billat

Ces terroirs, situés dans la combe entre Grusse et Cesancey, ont la particularité, outre d'avoir été repris et travaillés depuis peu par Fanfan Ganevat, d'être constitués de schistes. Des schistes? Dans le Jura? Avant d'avoir entendu Fanfan appeler son chien ainsi, (c'est un Braque de Weimar, il est un peu braque, bien sympa, un peu collant, il répond au nom de Schiste et des fois, il y en a ouaille marre!) je n'en avais encore jamais eu connaissance par ici! Il s'agit en fait de marnes feuilletées et je laisse les spécialistes géologues marner et débattre sur le sujet pour savoir qui a raison. Sans les pousser jusqu'au schisme!

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Des sols essentiellement marneux, donc, et pour Fanfan, Champ Bernard (et ses savagnins verts) constitue l'un des plus beaux terroirs du secteur. Quand il aura digéré son long passé de chimie et que ses bons soins l'auront enfin fait renaître, ce qui devrait demander quelques années.

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Champ Bernard
- Derrière Billat 2007: du Chardonnay sur schistes, donc, qui ne possède pas tout à fait la même tension acide ni la même structure que ses pairs issus de parcellaires. La finale est un peu chaude, tournant court. "Un vin qui ne vit pas!", assène Fanfan, même si la matière est loin d'être déshonorante. Le terroir est en devenir, il a tout pour bien faire.

- Champ Bernard 2007: du Savagnin vert sur schistes, au nez relativement pur et droit. L'acidité est fine, porteuse, mais la finale manque à peine de nervosité. Comparativement, le Savagnin vert "Sous la Roche" possède une structure plus affirmée, toujours sur l'acidité, avec une finale qui ne faiblit pas, hyper salivante.

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En Billat

Fin du petit tour (non exhaustif) des terroirs mis en valeurs par Jean-François Ganevat dans le Sud-Revermont. Le travail à la vigne y est remarquable, expliquant en grande partie la qualité que l'on retrouve dans les vins. Le reste, c'est une approche subtile et réfléchie à la cave, avec une utilisation rationnelle de l'arsenal chimique qui tend de plus en plus vers le "sans soufre" ou "le moins de soufre possible", parce que les vins en ont de moins en moins besoin.

Olif

P.S.: en bonus, il restera un dernier billet sur les autres cuvées dégustées au domaine Ganevat et que je n'ai pas pu ou su rattacher à un terroir spécifique.

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