26 avril 2013
VDV 55: le contrepied girondin

Soyons footballeurs! Des Vendredis du vin pour sportifs décérébrés baballe au pied ou supporters du PSG, c'est la thématique choisie par le Bicéphale buveur, ancien international de l'équipe lusitanienne dans les années 50, réincarné en Bigfoot bressan pour le plus grand bonheur (?) des vendredistes plus ou moins concernés par la chose footbalistique.
"Le foot le foot le foot le foot le foot, on ne voit plus que ça!" Carton rose, Monsieur l'arbitre Bicéphale, carton rose! Parce que, finalement, c'est plutôt d'actualité. Et que, de surcroît, ce sport-là, on n'en a rien à foot.
Une manière élégante de prendre le contrepied du sujet des VDV en ouvrant un vin ordinaire pour moi, vinifié plutôt naturellement, avec le minimum de sulfites. Du vin de France qui prend néanmoins le contrepied de sa région d'origine, que beaucoup s'enorgueilliraient d'afficher en grand sur l'étiquette. Du vin de quelque part, élevé autrement que l'immense majorité de ses pairs, dans un coin de Gironde qu'il ne s'autorise plus à revendiquer. Un joli contrepied de nez à l'establishment qui continue d'ergoter sur le pourquoi du comment du vin nature, contestant son existence même, tout en admettant l'intérêt de réduire légèrement les doses de soufre afin qu'il n'y en ait plus trop, mais quand même largement suffisamment. Lamery, le vin de France Autrement, élaboré par Jacques Broustet dans le 33490, pas très loin des vestiaires de l'équipe de l'estuaire, celle qui porte un maillot de la même couleur que son vin. Pff!, ce qu'il ne faut pas faire pour ne pas prononcer le nom de Bordeaux et ne pas s'attirer les foudres de la DGCCRF! Une bouteille qui fait plaisir à boire par ses tanins ultra frais, une approche bordelaise différente (Autrement, quoi!) pour un Vin de France hautement recommandable.
Olif
P.S: à court d'inspiration sur le vin contrepied, j'avais imaginé tacler le Bicéphale avec un vin contrepet. Humour et à peu près, la fiente de l'esprit qui vole ne m'a jamais plus procuré plus d'angoisse que celle du gardien de but au moment du pénalty.
Le seul, l'unique, le véritable contrepet de lapin, c'est celui de l'Ami Chenin, que beaucoup citent sans l'avoir jamais goûté. Le Goût de mon blanc n'a pas encore fini de faire jaser!
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30 mars 2013
VDV#54: soyez joueurs!

Soyons joueurs! Des Vendredis ludiques autour du vin, c'est le challenge proposé par Anne Graindorge, la vibrionnante nouvelle présidente des VDV, le temps d'un petit jeu de colin-maillard avec bouteille.
Dégustation à l'aveugle: manière de déguster, avec des chaussettes, des lunettes noires et une canne blanche. Certains n'y voient goutte, d'autres en braille.
Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois. Jouer à colin-maillard tout seul, ce n'est pas drôle, mais il y a des variantes. Il n'est pas impossible de trouver dans ma cave des bouteilles improbables, parfois clandestines, offertes par des groupies ou des admirateur(e)s, sous le futile prétexte que je donne parfois l'impression de m'intéresser à la chose. Cette chose, c'est le vin, évidemment, tous les esprits bien placés l'auront aisément deviné.

Pour ce qui est de deviner ce qu'il y a exactement dans cette bouteille, par contre, il faudra se lever tôt. Vin de contrebande, non étiqueté, petite production familiale, réservée à la famille et non commercialisée. Pas si mal que ça, finalement. Un accent à couper au couteau, quelques touffes de poil aux pattes, des notes rancio sur un fruit kirsché, une sucrosité tout de même assez présente. Même pas besoin de chaussette pour masquer l'étiquette. Il n'y en a pas. Mais alors, jouez donc, amis lecteur(e)s du Blog d'Olif! Qui saura me dire ce qu'il y a exactement dans cette bouteille et d'où elle provient? Parce que moi, je n'en ai pas la moindre idée..! Enfin si, un peu. Mais comme c'est moi qui fixe les règles, j'ai le droit de tricher.
Olif

P.S.: le week-end du 6-7 avril, Olne, sweet Olne tiendra une nouvelle fois salon. Cette année, ça se passera dans le nouveau hall omnisport de la ville. Malgré la proximité de la ville, ça ne devrait pas trop sentir le liège, juste un peu le herve affiné à point chez les vignerons très natures. Et on y croisera sans doute quelques tronches de vigneron(ne)s.

P.S.2: plus au sud, à Bédarieux, c'est Christine Cannac qui invite en coup de vin. Mais il faudra néanmoins prendre son temps, car on devrait également y croiser quelques tronches sudistes.

P.S.3: Et le 8 avril, tous en Beaujolais, pour la désormais célèbre Beaujoloise et son pendant bio la Biojolaise, ainsi que la petite dernière la Beaujol'Art. Bien Boire en Beaujolais, tout un programme! Et toujours des tronches...

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22 février 2013
VDV#53 et vins oranges: Veni, Vini Vivi, Vici!

Marre du rouge, du blanc ou même du rosé? Passe à l'orange! Sans être verbalisé. Grâce à Sand la Blonde, de la Pinardothek, oufti! Elle n'est pas blonde pour de vrai, en fait (enfin, je ne suis pas allé vérifier sous son chapeau), et elle ne trempe pas sa plume dans le sirop de Liège. Les Vendredis du vin lui ont inspiré cette thématique mécanique: orange, ô des poires. Et des scoubidous s'il le faut, pourquoi pas?
Le vin orange, cet inconnu en vogue, n'a rien à voir avec celui que fait ta belle-mère, en faisant macérer une orange non traitée au dessus d'un mélange d'alcool et de sucre. On n'est quand même pas là pour boire du Cointreau, oufti? Quasi indissociable d'une vinification en amphore, comme le pratiquent les Géorgiens, les Slovènes ou les Italiens, il est le résultat d'une macération pelliculaire des raisins blancs. Une pratique qui fut abandonnée par l'œnologiquement correct, mais vite récupérée par le marché des lessives domestiques, dans le but d'obtenir des vins blancs plus blancs que blancs.
J'en ai déjà goûté un certain nombre, depuis quelque temps, des français, des rhodaniens, des jurassiens, et des italiens, surtout. Des jaunes oranges, même, avec ce savagnin cuvé 1992, élevé 6 ans sous voile par Stéphane Tissot, amoureux de longue date des vins de Radikon. J'aime ce nez souvent envoûtant, riche et puissant, cette dimension tannique sur un blanc et puis cette bouche surprenante, souvent en contraste, très sèche et très vive.
Des vins oranges, il y en avait un certain nombre à la Dive. Des Géorgiens, des Italiens, des rhodaniens aussi, chez Philippe Viret le pape de l'amphore en France, des alsaciens, chez Stéphane Bannwarth, qui a importé des qvevris géorgiennes pour les enterrer dans le Bas-Rhin et les remplir de gewurtztraminer et de pinot gris... De quoi largement baigner dans l'orange de façon mécanique.

Et puis, la semaine d'après, sur les bords du lac de Neuchâtel, sous un ciel bleu, devant une eau bleue, sur des terres blanches de neige, des vins oranges, aussi. Veni Vinivivi, vici! 1er salon des vins naturels à être organisé en Suisse. En voilà une bonne nouvelle! De l'avis des vignerons et des exposants venus de France plus ou moins lointaine, une organisation sans faille, propre en ordre, avec ponctualité et tout le bazar. Les Italiens et les Espagnols n'avaient sans doute aucune raison de se plaindre, je ne leur ai pas posé la question. Quant aux Suisses, ils auraient sans doute aimé, pour le fun, qu'un grain de sable vienne troubler le bon ordre établi, mais il n'en a pas été question, comme à l'habitude. Descendu de ma montagne sur un chariot chargé de paille, j'ai bien failli ne pas m'arrêter à l'orange. Mais j'ai vite fait marche arrière, pour ne pas perdre le bénéfice de quelques points sur mon permis de boire.
Olivier Pittet fait partie de la génération novatrice des vignerons valaisans. Installé depuis 2004, à la tête de 6 hectares, il n'exerce pas encore son métier de vigneron-encaveur à plein temps. Vignoble totalement enherbé, hautes densités de plantation, petits rendements, il se démarque de la majorité de ses confrères de Fully. Passionné par les vieux cépages, il est parvenu à sauver de l'extinction la grosse arvine, en couvant les 4 derniers pieds encore connus dans le vignoble. Parce que, évidemment, si l'on connait très bien la petite arvine, cela veut dire implicitement qu'il en existe une plus grosse! De la grosse arvine, il n'y en a pas la queue d'un grain, dans ce Vin orange, issu d'une macération longue de marsanne et pinot gris. Pas nom plus le moindre petit bout d'une amphore, mais un élevage en fût de mélèze, un contenant largement utilisé il y a longtemps de cela en Valais, avant de tomber bêtement en désuétude, tant il est intéressant, car ne boisant pas les vins. Un vin réellement étonnant, au nez surmaturé sec et puissant, mais à la bouche plutôt stricte. Un finale explosif pour une gamme globale très séduisante, mention particulière aux Racines de Fully, de vieux gamays hautement buvables et recommandables.

Et puis, ultime escapade sur la lune, un vin bleu m'attendait quelques tables plus loin. Luna Blu 2010, à ne pas consommer avant 2017, selon Bertrand Habsiger, vigneron à Caspri. Yes you Toscane, mais c'est quand même déjà ultra bon et ultra orange!
Ultra Orange, justement, tiens!
Olif
P.S.: Vinivivi fut un immense succès, apparemment. Il faut croire qu'il y avait une demande helvétique pour ce type d'événement. Ce fut l'occasion pour moi de découvrir les vins du domaine de Chèrouche. Le Valais au naturel grâce à Marc Balzan et une totale redécouverte de certains cépages autochtones, vinifiés de façon minimaliste. Un gros coup de cœur, qu'il faudra aller confirmer sur place bientôt, c'est tout le mal que je me souhaite!
Et puis l'occasion aussi de croiser à nouveau la plus belle barbe souriante de Fully, une belle et vraie tronche de vin, qui sait être sérieuse pour la photo!

22:27 Publié dans Dives bouteilles ..., En léger différé du vignoble!, Les Vendredis du vin, Tronches de vin | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : vendredis du vin, olivier pittet, valais, vin orange, caspri, luna bru, vinivivi |
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25 janvier 2013
VDV#52: (R)assembler, vin collectif
Les blogueurs, ces farouches individualistes forcenés, ont-ils tendance à se la jouer trop perso, d'une manière générale? Pas lorsqu'ils participent aux Vendredis du vin, cette réunion collective mensuelle, en tout cas. Tous unis autour d'une même cause, ils partagent leurs bouteilles virtuellement avec leurs co-religionnaires. Le P'tit blanc, sans se hausser du col qu'il n'a pas, a voulu nous ramener à la grande aventure humaine et nous faire parler de vin coopératif, d'œuvres collectives et d'utopies concrètes. Tout petit déjà, sans doute, il préférait les sprints du peloton aux courses contre la montre individuelles. Et ce, bien avant que Lance ne joue aux fléchettes dans la chambrée, avec le cul de ses co-équipiers pour cible.
Le vin conçu comme un sport co? Oui, ça existe. De la vigne au chai, tout peut se faire en équipe, à la coop ou pas. Même quand on n'est pas sur place, tiens!
Attention, le vin peut (R)assembler..! (R)assembler, vin collectif, c'est le projet un peu fou de Renaud Berthoud, du Mazet des CroSes, une vente en souscription d'un genre nouveau: impliquer les participants à l'élaboration du vin qu'ils ont pré-acheté. À deux reprises, des échantillons prélevés sur fût ont été adressés aux 24 souscripteurs. On a pu goûter, regoûter, assembler, jouer à la dinette pour certains et donner notre avis. Sur ce qu'on goûtait, sur la proportion de l'assemblage, sur l'étiquette, sur plein d'autres choses. On ne s'est pas leurré non plus, hein? Les avis furent parfois divergents et il a fallu trancher. Renaud l'a fait, évidemment. Parce que c'est lui le seul et unique vigneron, d'abord. Et qu'il était le plus à même de juger de l'évolution du vin. Mais, dans la mesure du possible, il a tenu compte des sensibilités. Au final, ce vin collectif 2009, composé de 30% merlot, 30% cabernet-sauvignon, 25% grenache et 15% syrah a été produit à 2000 exemplaires. C'est un joli reflet de l'état d'esprit du Mazet, je trouve. Un vin (d'un joli coin) de France, éparpillé façon puzzle, qui a fini par se reconstituer dans une bouteille.
On peut se le procurer chez Vinivert ou sur Vins Étonnants, deux belles adresses collectives pour acheter du bon vin.
Olif
07:00 Publié dans Les Vendredis du vin | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : (r)assembler, mazet des crozes, renaud berthoud, gajan |
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30 novembre 2012
VDV#51: À mon dernier VDV...

Les Vendredis du vin, cette fois, c'est fini. Ce seront les derniers avant la fin du monde et du mois de décembre! Seuls les rares blogueurs ayant planté leur tente au sommet du pic de Bugarach pourront encore poster deux ou trois tweets avec leur téléphone portable, avant que ne disparaisse également la dernière antenne-relais de ce monde soit-disant civilisé. Prêt pour le grand chaud vinique concocté par le ShowViniste. Paré pour l'effroi du néant, dans l'espoir d'une réincarnation. Pourvu que ce ne soit pas en bon vivant ...
A mon dernier VDV
Je veux voir mes compères
Eva et Antonin
Morgon et la Pipette
En guise de tronches de vin
A mon dernier VDV
Je veux voir mes copains FB
Et le gratin de la blogosphère
Et puis le buveur Bicéphale
En guise de curé
Et je veux qu´on y boive
En plus du vin de messe
De ce vin si joli
Qu´on buvait en Arbois
Je veux qu´on y picole
Après quelques vins jaunes
Un BIB de Beaujol'
Venu du sud de Beaune
Puis je veux qu´on m´emmène
En haut de l'ebuzzing
Voir les autres vomir
En avalant leurs doigts
Et puis, je veux encore
Lancer mon verre au ciel
En criant : "VDV est mort!"
Une dernière fois
A mon dernier VDV
Surtout pas de grand cru
Je veux courir tout nu
Dans les Grands Vergers
A mon dernier VDV
Je ne veux pas boire soufré
Levuré ou enzymé
Ou même trop boisé
Quand j´aurai dans la panse
De quoi noyer la Blogosphère
Je briserai mon verre
Pour faire le silence
Et twitterai à tue-tête
Au vin nature qui s´avance
Tous ces beaux jus en transes
Qui font peur aux wine-critiques
Puis je veux qu´on m'emmène
En haut de l'ebuzzing
Voir le Baron qui chemine
Lentement vers son compte-rendu
Et là, debout encore
Je boirai de l'Arbois
Sans crainte et sans remords
Une dernière fois
...
Mille excuses au Grand Jacques, le seul, l'unique, le vrai, pour avoir ainsi gâché son ultime gamelle. Ce sera la dernière fois, VDV est mort, avec le reste du monde. Cette ultime goulée d'Arbois lui est entièrement dédiée.
N'empêche, l'éternelle question demeure: y aura-t-il de la neige en décembre, avant la fin du monde?

Pour l'instant, la réponse est oui!
Olif
P.S.: cet Arbois trousseau Grands Vergers 2005 de Michel Gahier est un petit bonheur de trousseau, épicé, dense et croquant, qui permettra de passer le pied alerte dans l'autre monde.
07:00 Publié dans Les Vendredis du vin | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : vendredis du vin, arbois, michel gahier, les grands vergers |
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26 octobre 2012
VDV#50: cinquante 50
Les Vendredis du vin en chiffre, c'est 67 mois d'existence, 1492 participants différents (pas la peine de vérifier, j'ai dit ça complètement au pif), 458899 bouteilles dégustées (je les ai toutes comptées une par une), et ceci en partie grâce à l'arrivée des Brusseleirs. Les chiffres, c'est aussi l'affaire de Laurent Baraou. À l'origine de cette manifestation internautique, en compagnie de Liza Roskam, de Vinorati, il a ouvert le bal avec moins de 12, il enchaine un pas de danse avec un coup de 50, à l'occasion de son cinquantenaire à lui tout seul et de la 50ème des VDV.
50 cl ou rien, voilà qui est un peu fort de café, surtout pour les 50 Brusseleirs, qui ne sauraient se contenter d'1cl par personne, là où un magnum suffit à peine à étancher leur soif inextinguible de tout ce qui est liquide, fermenté, à bulle, à mousse, ou même pas. Ils ont d'ailleurs fait savoir leur mécontentement au Président en sélectionnant un grand nombre de flacons, comme à leur habitude, mais des grands contenants de 150cl sur lesquels ils ont fort discrètement et astucieusement barré le chiffre 1.
Il est paradoxalement curieux de constater que les vignerons français font rarement les choses à moitié. Ils font des demies, certes, mais une demi-bouteille, c'est 37,5cl, un contenant généralement réservé à la restauration, sauf cas particulier. Mais, même pour un repas frugal et peu arrosé, il faut reconnaître qu'à deux convives, c'est clairement insuffisant, à moins d'avoir invité le Président de l'ANPAA à déjeuner. 50cl, c'est généralement un format plutôt réservé aux vins "bizarres", aux oxydatifs du troisième type, aux curiosités pleines de vilains défauts ou, alors, aux vins liquoreux, des gourmandises sucrées que l'on est censés consommer avec gourmandise et modération, non pas en raison du taux d'alcool, mais plutôt de la quantité de sucre de certains de ces vins, capable de plonger en coma acido-cétosique n'importe quel humain en bonne santé, même pas diabétique au préalable. 50 cl, finalement, ce n'est jamais que la moitié d'un litron, 100 bons centilitres, la véritable mesure que l'on n'aurait jamais dû abandonner pour quantifier le pinard. Les Helvètes, fort pragmatiques, ne rechignent pas à utiliser ce format entre-deux, qui rend le prix du flacon plus doux, même si, rapporté au déci (pour décilitre, évidemment, mesure traditionnelle du verre de vin commandé au comptoir helvète), le coût est certainement plus élevé. Il faut croire que, là-bas, la manipulation des chiffres et des nombres (notamment sur les billets de banque) y est un sport national. Beaucoup de vins y sont donc conditionnés en 50 cl (ou 500 ml, ou encore 0,50 l), qu'ils soient rouges, blancs, moelleux, liquoreux, oxydatifs, ou pas.
Ce ne sont donc pas moins de 50 flacons de 50 cl que j'offre ainsi à Laurent Baraou, pour beaucoup venant de Suisse voisine, dont plusieurs cartons de 6 pour arriver à bon compte. L'essentiel reste de participer et aussi de faire la nique aux Brusseleirs... Parmi eux, du blanc (Petite Arvine 2004 et 2007 de Romain Papilloud (impeccablement salines), Arvine 2004 de Christophe Abbet, Marsanne Grain d'Or 2007 de Marie-Thérèse Chappaz,...), du rouge (Cornalin de Vétroz 2004 et 2007 de Romain Papilloud, juste à point, Côte Rotie 2006 Élégance de Jamet, forcément élégante, ...), de l'oxydatif (Évidence et Fleur de Damoiselle de Claude Courtois (une grosse, très grosse bouteille, que ce 99, malgré la petitesse de son format), Savagnin ouillé 2003 de Pierre Overnoy, L'air du Temps 2001 de Christophe Abbet, Poil de Lièvre de Mas Foulaquier, Fine gueule de loup du Loup Blanc, Hyper Bole 2002 du domaine René Rieux (clin d'œil au Président Lolo), ...), du liquoreux (Volupté 2004 de Romain Papilloud, Malvoisie de Gérald Besse, Maria Juby 2003 de Patrick Baudouin, Tokaji du Château Deresla, Barréjats 2001 en Sauternes, un vieux grenache noir de la Tour Penedesses, ...) et aussi du bizarre. Comme ce Suyquiême 2004 de Fanfan Ganevat, une sélection de grains nobles de vieux cépages jurassiens, vendangés en décembre 2004. Équilibre demi-sec (après probable nouveau départ en fermentation en bouteille, comme en témoigne le soulèvement du bouchon, la coulure de la cire et la légère baisse de niveau), avec une pointe de gaz persistant, des arômes de fruits secs sur une base acidulée et, au final, un vin très fin, gracile, sur le fil, judicieusement conditionné en bouteille de 50 cl.
Olif
09:38 Publié dans Les Vendredis du vin | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : vendredis du vin, 50 cl, valais, romain papilloud, marie-thérèse chappaz, côte rotie, jamet, les cailloux du paradis, claude courtois, évidence, fleur de damoiselle, suyquiême, ganevat |
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28 septembre 2012
VDV#49: Vous n'aurez pas ma fleur!
Grande gentiane du Haut-Doubs, celle qui me pousse à l'extérieur...
Cherchez les fleurs, c'est grosso modo le thème de ces 49èmes VDV, proposé par la présidente à vie des Vendredis du vin, j'ai nommé Iris, du domaine de Lisson. Si, pour notre chère Iris, le vin n'a pas de sexe, il faut croire que les sujets des VDV, si! Les fleurs dans le vin, voilà bien un thème de fille, tiens! Est-ce que ça viendrait à l'idée d'un mec de se trimballer avec un bouquet de fleurs dans son Spiegelau? Réprimez-moi, si vous voulez! A cause de mes cheveux trop longs, à cause de ma gueule arrogante, à l'annonce du nouveau thème des VDV. Mais, vous n'aurez pas ma fleur, celle qui me pousse à l'intérieur, fleur cérébrale et fleur de cœur, ma fleur.
Putain, ça fait du bien de réécouter François Béranger!

Image piquée là
Après cette intro un brin libertaire, je vous ai apporté des canons. Parce que les fleurs, c'est périssable, comme disait le Grand Jacques. Mais, franchement, qui sera capable de différencier l'odeur de la Raiponce à feuille de bétoine de celle de la Silène enflée ou même de l'Ononis spinosa? Hein, qui? Ce que le dégustateur lamda, le commun des mortels, voire le critique affirmé, nomment pudiquement des "notes florales" ne font en fait que cacher la misère et la platitude de leurs connaissances botaniques générales. Messieurs, un peu de sérieux et de précision dans la description ne nuiraient pourtant pas à votre propos, que diable!

Mais comme je suis beau joueur, ce bouquet de vins, je l'offre bien volontiers à notre présidente, qui, comme chacun sait, est arrivée dans le Languedoc il y a plusieurs décennies de cela, en Combi VW et en robe à fleurs avec une couronne tressée sur la tête, en dansant et jetant des pétales tout autour d'elle pour ne pas traumatiser ses pieds nus sur le sol caillouteux du massif du Caroux. Pour commencer, donc, un vin d'Iris, le sien. Un Clos des Cèdres 2010, aux délicates notes d'Androsace velue, qui soulignent un tanin fin et une buvabilité soutenue, presque inhabituelle pour le mourvèdre à ce stade, et encore plus pour un vin du domaine de Lisson. Même avec un degré de connaissance en botanique frisant le zéro absolu, on se régale!

Dégusté en jour fleur sur un menhir de la montagne jurassienne, cette Fleur de Cailloux 2007 du domaine Padié distille des fragrances envahissantes de Bugle rampante, qui laissent prestement la place à des notes minérales de pierre mouillée catalane un lendemain de soir d'orage. Un vin qui fait parler la poudre, le grenache et le macabeu, et qui se boit en une ou deux bouffées, pas plus.

Assemblage d'un "auxerrois de charme, d'un sylvaner minéral et d'un muscat floral", Solis 2011, du domaine Julien Meyer, oscille sans cesse entre des arômes d'Eupatoire chanvrine et d'éclats chaotiques de grès, d'argile et de calcaire. Un vin de soliste, de soleil et de fleuriste, tellement c'est dingue les notes florales de ce muscat, dis donc!
Au final, des vins qui ont tous de la gueule, mais je le redis bien haut et bien fort: vous n'aurez pas ma fleur!
Musique...
Olif
06:55 Publié dans Les Vendredis du vin, Tronches de vin | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : vendredis du vin, jean-philippe padié |
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27 juillet 2012
VDV#48: Love Katz...

"Les vins en séries font leur cinéma", c'est le thème de ces 48èmes VDV, auvergnats dans l'âme, et proposés à l'arrache par Sonia Dégustation, auvergnate qui sait boire autre chose que de la Volvic. Un thème bien estival, plutôt fun, joliment illustré, une fois de plus, par Rémy Bousquet, le Lucky Luke de la palette graphique, qui n'a décidément pas ses mains dans ses poches dès qu'il s'agit de dégainer son crayon pour un petit dessin de derrière les fagots. Accorder un vin à une musique de film ou de série, cela revient finalement à boire un bon coup en se payant une bonne toile, à la rigueur avec son plateau-télé.

J'aurais pu, comme certains le feront peut-être, dégoupiller une boutanche en même temps que la capote de ma 403. D'ailleurs, ma femme me dit toujours... n'importe quoi! Mais je ne suis pas grand fan des syrahs un peu boisées du collègue de l'inspecteur. Ensuite, j'ai bien pensé à Dexter. Bon sang, mais c'est bien sûr! Une des séries actuelles que je regarde avec bienveillance, malgré le sujet un poil racoleur, parce que c'est bigrement bien fichu. Mais je n'ai pas trouvé un vin rouge de couleur suffisamment sanguine à y associer.

J'ai pensé ensuite au merveilleux Homer Simpson. Je ne suis plus trop les péripéties de la famille depuis un certain temps, mais leur teint jaunâtre aurait pu faire bonne alliance avec un Château Chalon de noble origine. Ou, par association d'idées, suite à un brainstorming particulièrement intense, avec un vin du pensionnaire de l'Abbet Road de Martigny.
Et puis, c'est totalement par hasard qu'une bouteille providentielle a surgi de nulle part. Plus exactement du fin fond de l'Alsace, d'où elle a été extirpée, à bon escient et très récemment, par un collègue de goulot (© Doc Adn).

Katz'en Bulles, c'est aussi pétillant que Fritz the Cat mis en musique par Cure. Katz'en Bulles, c'est des raisins parfaitement sains et mûrs, récoltés à Katzenthal par Audrey et Christian Binner. Katz'en Bulles, c'est une robe dorée comme les blés et une bulle festive et joyeuse. Love Katz... palala papapalala...
Miaoouuuw!
Olif
P.S.: oui, j'ai un peu triché, en dissociant la musique et le film. Mais j'aime bien les exceptions qui confirment les règles. On ne se refait pas...
10:14 Publié dans Les Vendredis du vin | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : vendredis du vin, christian binner, the cure, sonia dégustation, vin de presse |
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29 juin 2012
VDV#47: Défiez votre chef favori!
"Défiez votre chef favori", c'est le thème de ces 47èmes VDV, sortis d'un brainstorming bruxellois monomaniaque particulièrement intense. Un thème annoncé plusieurs mois à l'avance, pour, théoriquement, permettre de s'organiser. Mais, à la 117ème relecture du billet original de l'Émir du Bas-Rhin (celui qui n'a pas de pétrole, mais du riesling), il semblerait plutôt qu'il ait été question d'expliquer longtemps pour bien faire comprendre au vulgum pecus de quoi il s'agissait exactement. Accord vin(s)-mets (sans parenthèses pour le deuxième item, orthographiquement parlant, mais il peut également y en avoir plusieurs, de mets), défi d'accords, mise en avant d'un restaurateur prêt à jouer le jeu, tous les prétextes sont finalement bons pour descendre quelques quilles dans l'allégresse vendrediste générale.
Inutile de préciser que, une fois le courageux chef local déniché, on s'est empressé de transgresser les règles de ce Vendredi inédit et de les simplifier. Pour le meilleur, forcément. Et ne retenir que l'essence même du sujet: un bon repas autour de bonnes bouteilles entre potes. Sans aucun mauvais esprit, évidemment, ce n'est pas le genre de la maison. Mais, comme l'idée de départ imposait d'avoir au minimum deux bouteilles d'un même vin, une à déguster avec le chef en question, qu'il puisse cogiter, et l'autre à réserver pour le grand soir, impossible de la mettre totalement en pratique sur ce coup-là, pour la simple et bonne raison qu'elles se sont toutes avérées être des exemplaires uniques en cave, ou alors sélectionnées au dernier moment devant la tournure prise par les évènements. Mais n'anticipons pas...
La seule bouteille répondant de façon stricte aux conditions de participation de ces 47èmes VDV, elle fut choisie pour faire un clin d'œil appuyé aux Brusseleirs, nos maîtres à tous en matière de nombres de quilles descendues dans une seule soirée. Cette bouteille, c'était celle-là:
Nouvelle entorse, il ne s'agit pas à proprement parler de vin, mais de vin de bière, et le chef ne s'appelle pas Léon, une fois.

On a juste brodé un peu, pour améliorer l'ordinaire bruxellois. Double slash de Cantillon pour tout le monde quand même! Mais n'anticipons pas...

Rendons tout d'abord hommage à Pierre-Ivan Boos, chef de l'Alchimie à Pontarlier (Haut-Doubs, fief de l'absinthe bien droite, en partenariat avec celle de Travers, Suisse, bien droite également), qui a beaucoup bossé pour l'organisation de cette soirée. La gueuze Cantillon, dégustée avec lui il y a quelque temps, lui a inspiré le premier dessert de la soirée. Mais n'anticipons pas...
Plus qu'une année avant de m'acheter un Solex et ne pas avoir eu l'impression de rater ma vie, l'occasion était trop belle pour ne pas coupler les deux évènements, d'autant plus que le repas d'anniversaire était prévu un vendredi, devenu celui du vin par la force des choses, avec une semaine d'avance sur la date officielle pour remettre son compte-rendu des VDV.
La soirée débuta avec le plus simple accord vins-mets qui puisse exister. Mais pas le plus mauvais. Champagne RD 90 de Bollinger, servi avec ... rien! Juste pour lui-même, à l'apéritif. Tout au plus quelques gressins pour le croquant. RD, pour Récemment Dégorgé, ce qui, dans le cas présent ne signifiait plus grand chose, car la bouteille trainait en cave depuis des années en attendant ce jour-là. Dégorgement en 003, très précisément. Permis de boire! Un ange passe. La bulle pétille aux oreilles, titille les naseaux et égaye les papilles. Seul le bruit occasionné par le grignotement des gressins vient troubler l'harmonie. La bouche est caressante, presque veloutée, mais il y a de la jeunesse et de une fraîcheur virevoltante dans ce vin.
Galopin de Gueuze Cantillon à l'eau de gaspacho et pan con jamon façon mique, huile d'olive noire de Corse, avec rien non plus. La mise en bouche était un accord vins-mets à elle toute seule, puisqu'il y avait à boire et à manger dans l'assiette. La Gueuze aromatisée à l'eau de gaspacho est une vraie trouvaille qui ne dénature en rien aucun des deux produits. On a réellement l'impression de boire une bière en mangeant du gaspacho. Impressionnant et rafraichissant!
Pour affronter les entrées, deux vins de sauvignon, à l'opposé l'un de l'autre, deux expressions complètement différentes, deux minéralités aux antipodes. Silex versus Quartz, Pouilly-Fumé versus Sologne, Dagueneau versus Courtois. Nullement prémédité, puisque la deuxième bouteille a été choisie sur place, pour pallier à une insuffisance de quantité de vin blanc, je sais, c'est impardonnable, mais je n'ai pas honte, il n'y a même rien à regretter.
Ris de veau et bulots rôtis au Garam masala,fines tranches d'asperges crues à l'huile de chanvre et Pouilly-Fumé Silex 2002, Didier Dagueneau. Un sauvignon d'école, agrumes intensément, buis et bourgeon de cassis, nourri par son élevage. Vin élégant, remarquable, parfaitement à point dans un style très classique. L'accord fonctionne plutôt bien avec le plat. Le bulot était ferme, limite caoutchouc, le ris de veau moelleux et goûteux, le Garam masalait bien, le Silex apportait une dot non négligeable en vue du mariage, grâce à une pointe de gras intéressante et bienvenue.
Filet de maquereau rôti laqué, queue de langoustine marinée cuite en tempura, aubergines à la japonaise et Quartz 2009, Les Caillous du Paradis, Claude Courtois. La minéralité du quartz n'a rien à voir avec celle du silex. Presque une épure minérale, comme une arête sur le gras du maquereau, rôti à la perfection. La peau, laquée, s'avale en un morceau, sans se recracher, et glisse toute seule le long du gosier, venant cicatriser la délicieuse incisure œsophagienne occasionnée par le Quartz.
Après cette trilogie de blancs, place aux rouges, prometteurs sur le papier, limite grosses quilles de sortie, même. Si à 49 ans, tu n'as jamais goûtés à de tels vins, c'est que tu n'as jamais été du bon côté du manche...
Coffre de pigeon rôti, déglacé à la Kriek Cantillon à la framboise, la cuisse confite, poêlée de pommes de terre de Noirmoutier et cèpes du coin et Château Rayas 1998. Travailler la Cantillon en cuisine n'est pas une sinécure. La réduction poussée du jus a fait ressortir l'amertume, qui s'est pourtant parfaitement mêlée aux saveurs du jus de pigeon. Rayas, avec son soyeux si reconnaissable et ses délicates notes kirschées, assura à la perfection. Les premiers cèpes locaux, c'était un peu comme la cerise sur la Kriek, sauf que là, c'était de la framboise.

Après ce pigeon papal et cet accord royal, on aurait pu buller et se la couler souce. Que nenni! L'accord avec le plateau de fromages affinés sera ducal ou ne sera pas. Une belle entorse à la tendance actuelle, qui ne voudrait associer que du blanc aux produits laitiers, ton sur ton, mais ça se discute.
Avec le Richebourg 2002 d'Anne Gros, aucun fromage ne fait la fine bouche. De la cancoillotte au Gaperon, en passant par le fromage de Chèvre, même persillé, rien ne résiste à la force tranquille de ce pinot noir d'anthologie, qui déroule progressivement toute sa puissance et sa classe. Un grand vin, déjà largement buvable (une série de Côtes de Nuits 2002 d'anthologie nous l'avait démontré récemment, ce qui a motivé le choix de cette bouteille), qui n'entame que l'aube de sa très longue vie probable.
Et c'est déjà l'heure du dessert! Celle du véritable défi vendrediste. Roulements de tambour... Rrrrrrrrrrrr!
Gelée de Gueuze Cantillon, pulpe de pruneau au Jerez, sorbet d'eau de rhubarbe, zeste de citron confit et feuille de coriandre avec Cantillon Grand Cru Bruocsella, Lambic bio 2008. Des arômes de la Gueuze Cantillon, le chef a retenu les notes acidulées de cédrat confit qui l'ont conduit à tenter un accord sur un dessert citronné. La meringue sans ficelle ne se met pas derrière l'oreille et vient apporter une touche de douceur ouatée. Véritable patchwork de textures et d'arômes, l'accord fonctionne parfaitement. La Bruocsella est totalement dessoiffante et le dessert d'une légèreté absolue. Cantillonesque!
Et enfin, comme une fulgurance, un ultime dessert, destiné à tenir compagnie à un joker dégainé en dernière minute. Si à 49 ans, tu n'as jamais trempé tes lèvres dans un Porto du même âge que toi, c'est que tu n'aimes pas ça.
Coque de chocolat, framboises éclatées au sucre et yuzu, croustillant de praliné, mousse et sorbet de chocolat amer et Porto Morgan's 1963. De cette année météorologiquement pourrie que fut 1963, il semblerait qu'il n'y ait guère que les vins de Porto qui aient tiré leur épingle du jeu. Il faut bien reconnaitre que, malgré le relatif dépouillement de la robe, le vin reste aussi fringant qu'un "pas encore quinquagénaire". L'accord avec le chocolat amer est assez évident, mais le vin se suffirait presque à lui-même. Pour un instant d'éternité, qui nous éloigne temporairement, de manière imperceptible, de l'âge fatidique du demi-siècle...
Olif
P.S.: après les accords vins-mets, les accords vins-livres et une nouvelle rubrique proposée par Thierry Guichard sur Le Matricule des Anges, "Et avec ça?". Quand littérature rime avec viticulture, ce qui est bien plus fréquent qu'on ne pourrait le croire... Le premier volet de cette rubrique paru au mois de juin propose un joli portrait de Luc-Marie Michel du domaine Zélige-Caravent, en Pic Saint-Loup. De quoi donner envie de boire .. et lire!
06:52 Publié dans Les Vendredis du vin | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : vendredis du vin, l'alchimie, pierre-ivan boos, pontarlier, cantillon, rayas, richebourg, anne gros, bollinger, silex, dagueneau, porto, 1963, quartz, claude courtois |
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25 mai 2012
VDV#46: 1, 2, 3, 4, 5, syrah!
Syrah globe-trotteuse et enjôleuse, c'est le thème de ces 46èmes VDV. C'est sûr, si on est allergique à ce cépage emblématique du Rhône, fallait pas inviter Doc Adn à la présidence. Ce grand amateur de salade avec une escalope nous a déjà emmené maintes et maintes fois, via son blog, dans sa Drôme provençale, striduler avec les cigales, grignoter dans les mares à l'ombre des centrales et capter les arômes de tapenade qui se dégagent des vignes, des caves ou des oliveraies du côté de Nyons.
Rhodanienne, la syrah, c'est une évidence. Mais elle s'exporte bien. Considérée comme cépage améliorateur, elle a colonisé le Sud, jusqu'à l'hémisphère. Oui, là, tout en bas sur le globe. Plus au Nord, elle a remonté le fleuve jusqu'à sa source, traversant au passage le lac de Genève, ce qui a bien fait rigoler les Vaudois et encore plus les Valaisans qui l'ont adoptée sans vergogne.
Ah ! syrah, syrah, syrah!
Les vendredistes à leurs bouteilles,
Ah ! syrah, syrah, syrah!
Les bouteilles, on les boira!
Et quand on les aura tous toutes bues,
On leur fich'ra la pelle au cul*.
*(de bouteille, évidemment)
Pour danser la Carmagnole* avec le Doc, j'ai ouvert pas moins de 5 bouteilles, s'il vous plaît. Quel sens du sacrifice!
En commençant par une Sierra du Sud 2007 du domaine Gramenon. La syrah, Michèle Aubéry n'en est pas fan. Alors, tous les raisins de toutes ses parcelles finissent dans cette cuvée. Comme ça, c'est fait. Et elle peut se consacrer exclusivement au grenache. La syrah de Gramenon, moi, j'en fais volontiers mon 4 heures. C'est du beau jus comme j'aime, aux arômes assez caractéristiques de tapenade, de violette et de lard grillé. Et ça glougloute derrière le gosier.
Pour rousiller du lard grillé, on peut tenter aussi la Syrah d'En Rouzil 2010 d'Aline Hock. Il y a matière à, sur ce vin costaud, qui goûte un peu sur l'acétate pour le moment. Faudra l'attendre un peu avant d'y revenir.
Pour produire de la syrah en Valais, je ne sais s'il faut avoir un grain, mais Marie-Thérèse Chappaz, elle, en a un. Grain Syrah 2006, ça commence à bien causer. Facture classique, propre en ordre, dans un style que je qualifierai de valaisan, au vu des autres vins dégustés et en souvenir d'une dégustation à l'aveugle effectuée l'année dernière à Vinéa, à la recherche d'une typicité helvétique de la syrah.
Trois syrahs de femme, mais ce n'était pas prémédité. Retour au Sud avec un vin d'homme, pour prendre de la hauteur, non pas que les vins précédents en manquaient, mais les hommes sont volontiers plus grands que les femmes, surtout Jeff Coutelou. Et La Vigne Haute 2010 du Mas Coutelou est un sommet. Ça se boit comme de la petite bière, mais aussi, et surtout, comme du bon jus de syrah bien élevé, c'est à dire pas trop. La syrah au naturel, ça lui va bien!
Pour clore cette session des VDV, demain, on shiraz gratis. Justement, c'est une bouteille qui m'a été offerte il y a bien longtemps et que je n'ai encore jamais eu le courage d'ouvrir. Ça s'appelle Reyneke Réserve 2003 et ça vient d'Afrique du Sud, via la Belgique. Du goudron et des plumes. Et des ronds de fumée, aussi. Malgré ce petit côté lisse et technique, avec une pointe de sucrosité pour la séduction, c'est plutôt pas mal foutu. Et ça se boit. Mme Olif trouve que c'est trop boisé, elle n'a pas entièrement tort. Le domaine travaille en biodynamie, d'après ce que j'ai cru comprendre, et, ça, c'est quand même plutôt une bonne nouvelle.
La syrah? Tous les matins au petit déjeuner! Où que je parte en Escapades, au Nord comme au Sud. Globe-trotteuse et enjôleuse syrah...
Olif
*Version 1869, évidemment
P.S.: rien à voir, mais les 9 et 10 juin, sur la place d'Armes à Metz, les Jeunes vignerons d'Europe se réunissent pour la 3ème année consécutive. Il y aura bien une syrah à déguster chez l'un d'eux. Et s'il n'y a pas de syrah, ben ... il y aura autre chose!

07:00 Publié dans Les Vendredis du vin | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : vendredis du vin, aline hock, marie-thérèse chappaz, gramenon, shiraz, syrah, mas coutelou, reyneke |
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27 avril 2012
VDV#45: le vin, l'art et le cochon
Si vin et art font plutôt bon ménage, ce vendredi, c'est encore pire. Confier la présidence des VDV à Véro du Mas Coris, c'était accepter d'élever le niveau de cet évènement jusqu'à la hauteur du Pic du Vissou. Au moins. Ces 45èmes VDV sont donc consacrés au versant artistique du vin. Oui, faire du vin, c'est un art. Faire du bon vin, plus exactement. D'ailleurs, dans pinard, il y a "-ard", ça veut tout dire! Et puis, il y a aussi "pin-", et c'est là que ça pourrait devenir cochon. Mais je ne mange pas de ce pain-là, évidemment, cela ne saurait être mon genre.
J'aurais voulu être un artiste, pour pouvoir faire mon numéro, quand l'avion se pose sur la piste, j'aurais voulu changer de peau. Mais je n'ai pas pour autant le blues du businessman. Ni celui du vigneron. Comme je ne sais pas faire de vin (juste le boire), pas faire de la peinture (juste la regarder) ni de la sculpture (juste la toucher), j'ai confié à Mme Olif la périlleuse mission d'illustrer cette thématique des Vendredis du vin.
Mme Olif est principalement célèbre pour dire n'importe quoi. Mais, elle sait également manier le pinceau. Elle a la fibre artistique et aime bien boire un bon canon de temps en temps. Ses œuvres œnographiles jurassiques sont déjà convoitées dans le monde entier, surtout le liquide à l'intérieur de la bouteille, en fait.
Lorsque je lui ai signifié que je bûchais sur le thème du vin et de la peinture, elle m'a avoué être en train de peindre une déclinaison de "L'arbre de vie" de Klimt, avec un cep de vigne dans le rôle de l'arbre. "Banco", lui ai-je répondu. "Bon, il va falloir que je le termine pour vendredi, alors!", a-t-elle acquiescé.
C'est donc en exclusivité mondiale que je suis fier de vous présenter "Le cep de vie" ©Mme Olif. Attention, peinture fraîche!
©Mme Olif
Bande de gâtés, les vendredistes, va!
Et avec ça, on boit quoi? Ben, rien, on va attendre que le raisin de vie soit vendangé et vinifié. Si quelqu'un peut me dire de quel cépage il s'agit, d'ailleurs...
Olif
13:12 Publié dans Les Vendredis du vin | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : vendredis du vin, madame olif |
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30 mars 2012
VDV#44: Régalades et rigolades en Loire
À Angers, va où la Loire te Maine...
Le loir (Glis glis) est un petit mammifère rongeur de la famille des gliridae, qui passe pas mal de son temps à dormir sur son brin de laurier, quand il ne grignote pas des petits grains d'orge. Voilà qui n'est pas banal. Malheureusement, la femelle du loir ne s'appelle pas la Loire, et mon intro tombe à plat, n'ayant pas grand chose à voir avec le sujet qui nous préoccupe, à savoir celui des Vendredis du vin concoctés par Anne Graindorge, qui nous convie, juste retour des choses, à grignoter en Loire. "Régalades et rigolades", c'est comme un genre de pique-nique virtuel, avec un vin de Loire pour dénominateur commun. Exit le loir, donc, tant pis pour la glisse...
La Loire est un vignoble fleuve. Le vin de Loire prend sa source au Mont Gerbier-de-Jonc, en Ardèche. Par tous les Saints, d’Eulalie à Nazaire, les vignobles se succèdent, regroupés sous la bannière hétéroclite des Vins de Loire, ceux qui ont « un fleuve pour terroir ». Des Côtes du Forez au Muscadet, en passant par les Côtes roannaises, le Sancerrois, l’Anjou, la Touraine ou les Fiefs vendéens, le vin et la vigne sont omniprésents le long des 1013 kilomètres parcourus par le plus grand fleuve de France, intégrés de façon naturelle et culturelle au paysage, faisant preuve d’une aussi grande diversité que lui.
Contrairement aux idées reçues, tous les vins d’Anjou ne sont pas doux et tous les vins de Saumur ne sont pas mûrs. Du gamay au melon de Bourgogne, en passant par le cot, le sauvignon, le gamay ou la négrette, les cépages de Loire sont presque aussi nombreux qu’il y a d’appellations. Le raisin-roi, dans le cœur de nombreux amateurs, reste pourtant le chenin, capable de produire d’immenses vins blancs, secs ou liquoreux, en Anjou comme en Touraine. Les buveurs de vin rouge avouent plutôt leur penchant pour le cabernet franc, connu également sous le nom de breton, ce qui flatte autant l’ego des Bretons, qu’ils soient francs ou pas, que des Ligériens. Les amateurs de vins originaux, eux, jettent volontiers leur dévolu sur le pineau d’Aunis, le grolleau voire le menu pineau, autant de cépages authentiques, parfois rustiques, dotés d’une forte mais sympathique personnalité.
Lorsqu’on les verse trop généreusement, il arrive que les vins de Loire débordent du verre, à la manière des crues décennales du grand fleuve. Une pratique qu’il faut savoir endiguer, de Nantes à Montaigu, pour consommer avec modération.
Le Loir est une rivière du Centre-Ouest partie à l'Eure. Aucun rapport avec le Glis glis. Du côté de Blois, le Loir est cher et ça ne le gêne pas de marcher dans la boue. Le Loir ne se jette pas dans la Loire, mais dans la Sarthe, ce qui est loin d'être hors sujet. Quand il est Cher, le vin de Loire ne s'use que si l'on Sancerre. Il mène à tout, quand il tient parfois salon, du côté de Ménetou.
Avant de coloniser le grand Ouest, à qui elle donne ses lettres de noblesse viticole, la Loire prend donc sa source côté Est, donnant son nom à deux départements loin d'être sous influence océanique dominante, même si cette dernière n'est pas exclue. Pour y voir plus clair, la Haute Loire privilégie la culture des lentilles à celle du raisin, tandis que du côté des monts du Forez ou de Roanne, la vigne s'ébat en coteaux ou soutient les gorges. Le vin y est parfois si gouleyant que l'on a envie de le téter à même le magnum, comme ce Gamay 2010 tiré des Bonichons, une parcelle du domaine de la Perrière, située à l'endroit d'une ancienne nurserie. Une cuvée qui mérite bien un conditionnement 95C, au minimum. BIB ou nourrice agréée acceptés. Nul besoin de diversification alimentaire, le vin se suffit à lui-même.
Vin de Pays d'Urfé 2010, Les Bonichons, Domaine de la Perrière, Philippe Peulet
Du côté de la Touraine, on trouve également du Gamay, mais non exclusivement. Le Cabernet franc et le Côt assemblés peuvent donner un vin Franc du Côt-lié, charnu, croquant et à la rusticité assumée. Faites chauffer la trancheuse et sortez jambons et saucissons.

Touraine 2010 Franc du Côt-Lié, Albane et Bertrand Minchin
Une fois tout bu et tout mangé, il faut nettoyer. Un vrai métier, qu'il ne faut pas laisser exercer par n'importe quel amateur. Microvigneron, c'est pas une sinécure, mais quand le Breton goûte aussi charnu et sensuel, on pose ses lunettes, on respire un grand coup et on lève les yeux au ciel. Quitte à faire une tache sur la nappe. Et laisser passer l'heure du repas. LÉOOON!
Léon 2010, Vin de France, Sébastien Fleuret Microvigneron
Quand la Loire rigole comme ça, c'est clair qu'on se régale.
Olif
P.S.: nettoyeur, ce n'est pas un métier où on rigole tous les jours non plus. La preuve!
06:50 Publié dans Les Vendredis du vin | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : vendredis du vin, loire, domaine de la perrière, vin de pays d'urfé, touraine, albane et bertrand minchin, gamay, cot, cabernet franc, léon, sébastien fleuret microvigneron |
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24 février 2012
VDV#43: Élections pinardentielles 2012
2012, année électorale française, fin du monde potentielle et Vendredi du vin pinardentiel. N'y voir aucun lien de cause à effet. Quoique... Ce satané Vindicateur a de la suite dans les idées. Pour lui, le vin est politique. Du producteur au consommateur. Dis-moi ce que tu bois, je te dirai pour qui tu votes. Blanc, sans pour autant t'abstenir, rouge, sans pour autant demander à Liliane de faire les valises. Et si tu ne bois pas, c'est encore pire. Et toi, ami vigneron, dis-moi comment tu vinifies, je connaitrai ton parti. Même si c'est simplement celui d'en boire.
Vendredi du vin politique, donc, et il faut bien reconnaitre qu'il n'a pas entièrement tort, le Vindicateur. Il devrait récolter ses 500 signatures sans aucune difficulté. Il n'a pas entièrement tort, certes, mais a-t-il pour autant raison?
Une France paysanne et viticole, très terrienne et volontiers ancrée à droite, voit ainsi ses rangs grossir d'une nouvelle génération de vignerons, citadins désireux d'un retour à la terre, plutôt tendance gaucho-écolo-baba-cool, quand ce ne sont pas des "biknites" complètement anar. Un monde du vin électoralement protéiforme, comme la France toute entière finalement.
Une campagne électorale étant faite de promesses, le vin idéal de ces VDV était déjà tout trouvé: Le vin des promesses. Demain, j'arrête d'en boire. Facile! Malheureusement, il était déjà tout bu depuis longtemps, ce claret de François des Ligneris.
Promesse électorale suivante, alors.
Et si on votait pour le vin, le plus simplement? Une belle promesse! Mais ne serait-il pas pourtant un brin schizophrène, ce vin-là, politiquement parlant? Et pas si simple que ça, en fait. Appellation feu Bourgogne Grand Ordinaire*, un vrai roturier provenant, en principe, de terroirs de seconde zone. Mais bouteille lourde, très lourde, un emballage digne d'un aristocrate. Prix lourd également, plutôt destiné aux classes supérieures, et inversement proportionnel aux rendements, inférieurs à 15 hl/ha. Mais pas au travail fourni à la vigne, celui d'un ouvrier besogneux, ni au soin quasi-maniaque apporté à l'élevage, plutôt luxueux et presque un peu disproportionné. Surtout dans sa jeunesse. Et puis, avec le temps... La Terre 2007, de Bernard Van Berg. Un vin terrien, c'est sûr, mais aérien en même temps. Paré pour le décollage, fin, particulièrement distingué et élégant, après quelques années de vieillissement. À peine moins d'un quinquennat. Et prêt pour signer un nouveau bail de 5 ans à la cave. Le vin, le plus simplement, et surtout très bon. Le vin et la politique, c'est d'un compliqué!
La seule promesse que puisse vraiment tenir le milieu vigneron, finalement, elle nous vient d'un ex-candidat à la candidature, apparemment trop en avance sur son temps: "Le pinard, ça devrait être obligatoire!".
En 2012, le mieux serait donc encore de pouvoir voter Coluche ou, à l'extrême rigueur, de voter bourré! Il est plus que jamais indispensable de railler, pimenter et stimuler une campagne électorale qui s'annonce stéréotypée et convenue, pour ne pas dire dramatique et désolante. Et qui, au final, ne va faire que nous enfumer, une fois de plus.
Olif
* désormais Coteaux bourguignons, dans le but de redorer le blason d'une appellation plutôt péjorative aux yeux du consommateur.
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27 janvier 2012
VDV#42: puisque vous partez en voyage...
"Puisque vous partez en voyage
Vous m'avez promis ma chérie
De m’écrire quatorze pages
Le dernier vendredi du mois ou davantage
Pour que je voie votre visage
Baissez la vitre je vous prie
C’est affreux je perds tout courage
Soudain je déteste Paris
Le morgonneur crie : "En voiture"
Le cochon il sait pourtant bien
Que je dois rester, mais je jure
Que s’il le crie encore une fois, moi je viens
J’ai une bouteille pour seul bagage
Et tout le reste je m’en fous
Puisque vous partez en voyage
Ma chérie... je pars avec vous."*
Sur cet air-là, il va falloir prendre la route. La faute à Guillaume, celui qui a du Morgon dans les veines et la bougeotte perpétuelle, au point d'aller manger du poulpe pas encore mort trempé dans un bol de riz Corée, Bonjour le petit déjeuner! On est "nature" ou on ne l'est pas, me direz-vous. Ce qui est le cas de notre 42ème Président des VDV, j'en ai bien peur. Puisque vous partez en voyage, Guillaume, ... je pars avec vous.
Le vin fait voyager, il n'y a pas de voyages sans vins et le vin peut voyager. Trois angles d'attaque pour une thématique beaucoup plus complexe qu'elle n'en a l'air. Transports aériens ou purement cérébraux, il faut choisir. Ou pas.
J'aurais pu vous relater ma dernière croisière en Méditerranée, où il fallait boire à l'équerre dans les salons du Concordia, mais où l'eau salée a fini par remplir tous les verres. Je n'y étais pas.

© Kristof, dessinateur d'actu, turlututu chapeau pointu.
J'aurais pu vous parler du Corton Charlemagne le plus haut du monde, dégusté par Le Seb au sommet de l'Uturuncu, en Bolivie. Je n'y étais pas.
J'aurais pu vous parler de Polymnie, liquoreux des Muses qui a fait le Tour du Monde en 2008 en compagnie d'Alexandre Truffer, le romand du vin. Je n'y étais pas.

©Alexandre Truffer
J'aurais pu vous parler des baroudeuses de bouteilles de Samuel Mégnan, du domaine Aloha, qui n'hésitent pas à franchir les mers ou les montagnes, comme le nain de jardin de Monsieur Poulain père, la vérité si jument, pour aller poser dans les endroits les plus improbables. Je n'y étais pas. Enfin si, à Barbaresco, j'y étais.
J'aurais pu.
Le Mont-Blanc, vu depuis le Mont d'Or
Je vous parlerai plutôt des Alpes. Si loin, si proches, depuis le Mont d'Or, par beau temps anticyclonique automnal. Un transport aérien à bon compte, par dessus le Léman et son plafond de nuages, en ménageant sa monture et son bilan carbone. Avec de bons yeux et beaucoup de chance, on pourrait presque apercevoir la vallée de l'Arve, juste là, dans le coin, derrière, au fond.
Le Mont-Blanc, vu depuis Ayze
Plus exotique que le gringet, tu meurs. Vague cousin du savagnin, il aime bien se faire mousser à Ayze, lieu exclusif où l'on peut le rencontrer. En version tranquille, on appréciera sa belle acidité, surtout lorsqu'il est ramassé à maturité. Dominique Belluard n'est pas du genre à pratiquer autrement. Ce 2005 n'est plus à l'état larvaire, il entame même sa phase d'ascension et de plénitude. En boire une gorgée, fermer les yeux et se retrouver au pied du Mont-Blanc. Avant de grimper au 7ème ciel, à 4810 mètres d'altitude, et poursuivre son voyage...
Olif
* Puisque vous partez en voyage, de Mireille et Jean Sablon, paroles de Jean Nohain, légèrement adaptées pour la circonstance. Je pense qu'ils ne m'en voudront pas. Et en bonus, la jolie version de Hardy-Dutronc.
P.S.: aujourd'hui, thème de circonstance, c'est justement grand voyage. Direction la Loire et ses salons "bio", "biody" ou "nature". C'est quand qu'on arrive?
P.S.2: pour les montagnards qui rechigneraient à partir en voyage ou les gars de l'Ouest qui auraient des pulsions de montagne, ça tombe bien! J'ai exactement ce qui leur faut, ce week-end, dans les Alpes, à Chambéry très précisément: la première biennale des Vins de montagne ou de fortes pentes. Il n'est pas précisé dans quel sens est la pente, ni comment il faut planter le bâton, mais nul doute que cette rencontre ne soit enrichissante, avec slalom entre les tables rondes, servant à loger des orateurs prestigieux ou loger plus de 60 vignerons en dégustation, de Savoie, d'Allemagne, du Valais, d'Italie, ou encore des Pyrénées. Et peut-être un soupçon de Jura, même si la pente est plus faible...

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25 novembre 2011
VDV#41: 4 vins de mariage et 1 d'enterrement

Grâce à Stéphanie UMDV (Un mets, dix vins), ce vendredi, on bulle. Sérieusement, sans faire les idiots, parce que c'est pour un grand évènement. Le mariage, sans déconner, faut pas rigoler avec ça. Pas un petit PACS vite fait entre deux portes, non une grande et belle cérémonie, avec Monsieur le Maire, Monsieur le Curé, les enfants de chœur, des filles et des garçons d'honneur, une grande robe blanche, une redingote et une cravate qu'on ne remettra jamais plus, des grains de riz, des cloches, une calèche tirée par un attelage de chevaux comtois pour parader en ville -soyons fous-, un concert de klaxons pour clamer sa joie et bien emmerder les riverains, une voiture balai "Just married" pour fermer le cortège et un pot de chambre peu ragoûtant à écluser à 5 heures du matin dans la chambre nuptiale envahie par une bande de soulots avinés tenant à peine debout et chantant à tue-tête. Oui, le mariage, c'est sérieux. Surtout l'apéritif. C'est à peu près le seul moment où les convives vont être tant soit peu à même d'apprécier ce qu'il y aura dans leur verre. Sauf évidemment la mariée, en larmes et peut-être déjà enceinte, se mouchant sans arrêt dans son bouquet de fleurs, et la belle-mère en extase devant sa fille et sa belle robe blanche, même si elle n'en finit pas de se demander ce qu'elle peut trouver à cet avorton aussi élégant dans son costume trois-pièces qu'un pingouin avec un palmier dans le cul, à la dérive vers les tropiques sur son iceberg miniature.
1 mets, 10 vins, 4 vins de mariages et 1 d'enterrement, voire plus si affinités. La mise en bière, c'est celle de la vie de garçon (éventuellement de jeune fille, mais y a-t-il encore de vraies jeunes filles jusqu'au mariage?). Réglons leur tout de suite leur cas, aux funérailles. Ce petit con ne sait pas encore ce qu'il perd, il fanfaronne, voudrait encore une dernière fois voir toutes les filles du monde à ses pieds. La bouteille qui va bien pour fêter cet évènement, je n'en vois pas 50. The Péteux, from Alice et Charles, du domaine de L'Octavin, histoire de tirer définitivement un trait sur son passé de pseudo Dom Juan arrogant. Le 2011, fraichement dégorgé, est un peu plus sec que la version 2010. Il n'en gouleye pas moins, de quoi en boire des sapines avant de sombrer dans les bras de Morphée, mais pas ceux de Julie, Sabine, Rebecca, Charlotte ou Wilfried.
Place au grand jour. Il fait beau, la table est dressée dans le jardin. Répondant à l'appel du ventre, les invités commencent à arriver, suivant patiemment en cortège le jeune couple de mariés qui n'arrête pas de roucouler en chemin. Les belles dames pestent parce que leurs talons hauts se plantent dans la pelouse, rendant périlleux le déplacement jusqu'au buffet. Les enfants courent et piaillent dans tous les sens tandis que les messieurs commencent à partir de francs éclats de rire en tapant sur l'épaule de leurs voisins. Ils réclament à boire. "On a soif!"
À partir de là, les bulles coulent à flots! De la bulle douce et un peu sucrée pour les dames, afin de leur éviter de mettre de la liqueur de pêche dans le Champagne non dosé, et d'autres, un peu plus sauvages et colorées, pour les amateurs d'émotions fortes. Forcément, du poulsard! Sur leur petit nuage, les yeux dans les yeux, la mariée sert un verre de Champagne de Benoit Lahaye à sa grande brute nature. Il lui répond du tac au tac avec un Pétillant naturel de raisin du domaine de la Tournelle: "On zoue?". Et les voilà partis au domaine des Grottes pour gagner leur Petit coin de Paradis.
Le plus difficile est à venir. Rester Fidèle, toute sa vie, y compris à Vouette & Sorbée. Une cuvée rare et un peu chère pour un mariage de 200 personnes, mais après la nuit de noces, en comité restreint, pour reprendre des forces, ce pourrait être une bonne idée.
Autre option possible et ultime solution de rechange en ce qui me concerne, retour en Jura pour découvrir cette bulle d'exception récemment sortie de la cave et du cerveau bouillonnants de Stéphane Tissot: BBF! BBF, pour Bvieilles Bvignes Françaises? Non, ça c'est Kroug! BBF pour Bonne Bourre les Fiancés? Désolé, je n'ai pas pu m'en empêcher. BBF pour Bonnes Bulles Forcément? Ça coulerait de source, mais ce n'est pas ça non plus. BBF pour Bénédicte et Btéphane Ftissot? Non, retire tes doigts de ta bouche quand tu parles. BBF pour Blanc de Blanc élevé en Fût, alors! Du Crémant du Jura extra-brut haut de gamme, et pas de l'Alka-Seltzer. Élevage en fût, puis 52 mois sur lattes. Bulle fine, du gras et de la fraicheur, un vin complexe et riche, peut-être trop pour un apéritif de mariage, mais c'est drôlement bon. Un peu plus cher qu'un Crémant standard, évidemment. Mais quand il s'agit de passer un moment inoubliable...
Vivent les mariés!
Olif
09:21 Publié dans Les Vendredis du vin | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : vendredis du vin, champagne, jura, pétillant naturel, domaine des grottes, un petit coin de paradis, on zoue?, domaine de la tournelle, domaine de l'octavin, vouette et sorbée, benoit lahaye, stéphane tissot, bbf, crémant du jura |
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05 novembre 2011
VDV#40: polygamie beaujolaise... (dernière partie)
Beaujolais, suite et fin. Provisoirement, car il ne devrait s'écouler guère de gamay sous les ponts avant qu'on en reparle, ici ou ailleurs. Le succès de cette thématique des 40èmes Vendredis du vin n'en finit pas de me surprendre, à tel point que je peine à arriver au bout du compte-rendu, et ce à ma plus grande joie, finalement. Le Beaujolais, d'une manière générale, le vaut bien et il serait dommage qu'un amateur de vin digne de ce nom passe à côté de cette si belle région sous le fallacieux prétexte que son image a été galvaudée pendant longtemps par la nouveauté, la réduisant à d'insipides et lassants arômes de banane retrouvés dans des vins soit-disant primeurs et affectés de progeria vinique, déjà vieux avant d'être nés. Un véritable laboratoire précurseur de l'école des vins "nature" couvait là-bas de longue date, grâce au génie d'un Jules Chauvet, qui fut vite suivi par Marcel Lapierre et repris désormais par bon nombre d'autres vignerons qui ont compris que le gamay ne supportait ni la médiocrité, ni l'artificialisation.
Place donc aux ultimes billets des participants. Si quelqu'un s'estime lésé, floué, oublié, qu'il me le fasse savoir discrètement, je ferai de même pour rétablir l'injustice.
Michel Smith nous livre en moins de deux un précis du bon usage du Beaujolais, en n'oubliant pas de convoquer à sa table du jambon, Boby Lapointe, Brassens, du fromage de chèvre et sa voisine. Une belle histoire qui devrait bien finir grâce au Beaujolais. Et vive le Beaujolif!
Sophie Senty, docteur es Bacchus et art contemporain sur son blog Vinsinthecity, nous prescrit un Beaujolais par mois, à commencer par un ancien nouveau de Lilian Bauchet. Et si vous n'aimez pas le Beaujolais, vous n'avez qu'à boire du Morgon à la place!
L'ancien nouveau de Lilian Bauchet a aussi été du goût du Vindicateur, parce que c'est un bon Beaujolais nouveau et qu'un bon Beaujolais nouveau, c'est juste un bon vin, et qu'un bon vin, ça sait supporter un peu de vieillissement en cave.
Le Beaujolais nouveau durable, c'est aussi le credo de Laurent Baraou, dit Lolo de Bu. Ses anciens Nouvos, il ne les a pas tous bus, et quand c'est du vrai vin, c'est loin d'être périmé. Qu'on se le dise!

Dans le Beaujolais, tout n'est pas bon, loin de là, mais dans le cochon oui, encore faut-il que ce soir un bon cochon. Baltailles, c'est de la noix de Jambon, Philippe de son prénom. Le Baltailles du vin et de l'amour, Gilles Hourquet en a bu jusqu'à plus soif, du 2002, encore parfaitement top, et sans attraper le Nez rouge. Et figurez-vous que le Jambon rend bon. Philippe de son prénom.
La Passion de la rive droite se double d'une passion pour le Morgon et se dédouble encore d'une passion pour l'art culinaire et les accords mets-vins. Sans parler de la passion du cigare et de celle des vieux Cognacs, quand il ne s'agit pas de celle des vénérables Cognaçais. Isabelle, dite la Nonne*, aux fourneaux, et Daniel, dit le Cardinal*, devant le match de rugby, avant la descente de cave pour y remonter la Côte du Py 2009 de Jean Foillard et les Vieilles Vignes 2010 de Daniel Bouland. Le tout, commenté en vieux français mâtiné de ch'ti, par la Nonne*. Du bonheur et de la joie de vivre, tout ça!

Le pirate de ces Vendredis du vin nous est venu de la confédération. Laurent Vins-Confédérés a tâté du gamay made in Switzerland. Un Gamay 2009 du Domaine de la Treille des frères de la Côte, Christian et Julien Dutruy, doublé d'une cuvée valaisanne Bovernier 2008 de Gérald Besse, ont suffi à insuffler un vent de Beaujolais dans ses montagnes neuchâteloises.
Céline Beauquel, du Clos Romain, avec sa sensibilité de vigneronne languedocienne, a tenu à nous parler de "son" Beaujolais, celui qu'elle connait et qu'elle aime, celui des terroirs, celui de la tradition et celui de l'hospitalité. Avec elle, faites tomber les préjugés...

Nina Izzo ne s'est pas perdue dans le Beaujolais, elle est allée directement à l'essentiel: Château Cambon 2008 de Marcel Lapierre. Elle ne pouvait pas mieux choisir. Château Cambon, ma première incursion beaujolaise à l'occasion de la première Beaujoloise, en 2008, justement, et ma première rencontre avec Marie et Mathieu Lapierre. J'y reviendrai à l'automne de cette même année 2008, pour une dégustation mémorable avec Marcel et une verticale du Morgon du domaine, version sans sulfites ajoutés. Encore aujourd'hui, je ne débouche plus un Morgon sans le tire-bouchon estampillé Lapierre, que Marcel distribuait à la brassée et qui fait maintenant des jalou(x)(ses). Sa bouteille de Château Cambon, Nina l'a bue en direct-live et en vidéo depuis sa cuisine. Elle a apparemment eu du mal à en trouver (du bon, s'entend), puisque le fleuve Beaujolais n'abreuve pas régulièrement Montpellier. Il va falloir remédier à cela, sans aller pour autant jusqu'aux inondations actuelles.
Jean-Baptiste Lemaire, de Vinivert, vend du vin et le promeut également. Il vient tout juste de publier un gros dossier pour mieux comprendre le Beaujolais et ses vins. C'est complet, bien écrit et ça incite à découvrir ses deux vins nouveaux qui seront à la vente bientôt: ceux du néo-vigneron presque déjà vieux, Lilian Bauchet, et ceux d'un petit jeune qui monte et qui va bien, Paul-Henri Thillardon.
Olivier Lebaron se questionne: "Comment vendre le vin du Beaujolais le troisième vendredi de novembre?". Et trouve des réponses. Il en est des Beaujolais comme du vin ou des belles choses. Pour encore acheter (et boire) du Beaujolais le lendemain de la soirée officielle de lancement du vin nouveau, il faut l'aimer, le comprendre et aller à sa rencontre. Retrouver l'âme de ce qui fait son charme et sa qualité. The Showiniste must go on...
Jean-Charles Huon, du P'ti Journal du vin naturel, a fait son lundi du vin en se raccrochant aux fondamentaux. Indispensable, parfois, souvent même. Et quoi de mieux alors qu'un Morgon MMIX de Marcel Lapierre? Ben rien, justement, et il ne fallait pas le passer sous silence...
Les Cousins n'y vont pas par 4 chemins. Le Beaujolais aujourd'hui, pour eux, c'est le Morgon de Michel Guignier. Pas celui de Faudon, mais de Villié-Morgon. Avec une assiette de fromages et les oreilles grandes ouvertes à l'écoute du vigneron.
Du Morgon, justement, on s'en remplirait bien volontiers les veines en permanence, mais ce vendredi-là, Guillaume a choisi du Fleurie. Pas n'importe lequel, il a jeté son dévolu sur la fleur de Julie Balagny, en tout bien tout honneur, et En Rémont 2009. Sans volonté de fayotage, néanmoins, même s'il a ouvert ni plus ni moins une des bouteilles de la sélection présidentielle. Quand les grands esprits se rencontrent...
Du Fleurie, j'en ai moi-même décoré ma balustrade, c'est du vin qui pousse en toute saison. Julie Balagny, donc, mais aussi les Côtes de la Molière, Yvon Métras, Jean-Claude Chanudet (domaine Chamonard) et Michel Guignier, celui de Faudon.
Et tout ça pour apprendre au final (et un poil en retard) que le petit gamay rouge serait originaire de Touraine! Encore un coup de Leblanc, Éric de son prénom, pas Just. Le petit dernier à avoir rejoint la toile et les Vendredis du vin aussi. On ne demande finalement qu'à le croire, tant son histoire est jolie. À sa décharge, il est tombé dedans quand il était petit. Mais il ne faudrait pas que cela enlève des mérites au Beaujolais...
Olif
P.S.: une ultime partie rédigée d'une main fluide, un verre de Moulin à Vent 2009 des Côtes de la Molière dans l'autre. Santé, et si la nouvelle présidente veut remettre le couvert sur le Beaujolais en novembre, on est partant, avec encore du répondant.
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03 novembre 2011
VDV#40: polygamie beaujolaise... (deuxième partie)
Beaujolais, le retour. Et il y a encore du boulot! Mais on ne va pas se plaindre, ce n'est que justice pour une appellation et un cépage d'ordinaire si injustement décriés.
Binbin est fou de vin en général et de Beaujolais en particulier. Il nous dresse un constat chiffré alarmant de l'historique du Beaujolais ces 50 dernières années: la crise, récurrente du fait des excès et d'un marché instable, jouant sur l'effet de mode qui, comme chacun sait, finit par passer, et les raisons d'espérer, grâce à des vignerons talentueux et une autre vision de ce que peut et doit être un vin du Beaujolais. Avec un petit clin d'œil appuyé à Jean-Claude Lapalu.

Quoi de mieux qu'une vigneronne pour parler simplement de la région qu'elle aime et où elle vit? On attendait un truc hypersophisitiqué de la part d'Isabelle Perraud, des Côtes de la Molière, eh bien non! Le Beaujolais, tout simplement! Même qu'elle a failli sécher sur le sujet, après avoir trop révisé.

Sébastien Fleuret est un micro-vigneron scientifique. Ça se voit tout de suite. Brève et concise, sa contribution est probablement la plus évidente jamais proposée. Elle tient en un symbole ou deux lettres, mais une infinité de chiffres derrière la virgule. ∏, le Morgon de la côte du Py de MONSIEUR Jean Foillard. Afin qu'il ne soit pas le grand oublié de ces VDV.
Dans le genre bref, on a eu Eva d'Œnos, également. Bref, Eva a bu du bon Beaujolais. Avec son cousin Germain. Il ne lui reste plus qu'à tourner son joli scénario pour concurrencer Canal +. Ou alors, encore mieux, le proposer à la production. Peut-être qu'ils lui achèteront et qu'ils en commandront d'autres? Mais peut-être pas toujours avec le Beaujojo comme thème.
Moins rapide que Buzz ou Guy, Tarlant l'éclair a pris son temps pour arriver. Millésime 2001, pour une bouteille retrouvée dans les entrailles d'une cave champenoise et un domaine, le Château de L'éclair, qui parle encore aux locaux. C'est une chance.

Quand on lui parle Beaujolais, Audrey Domenach ne fait pas les choses à moitié. Elle anticipe le sujet deux bons mois à l'avance, part y faire les vendanges et nous écrit une encyclopédie en plusieurs volumes. Le Château des Moriers cher à Miss Vicky Wine est une nouvelle fois à l'honneur, tout comme l'appellation Fleurie.

Vin et musique font de plus en plus bon ménage, mais le Beaujolais ne s'accorde pas qu'avec un air d'accordéon. Sur CabFrancFreak, Anna Tyac n'hésite pas à mixer Joy Division avec le Morgon VV 2010 de Jean-Paul Thévenet, le Morgon 2009 Corcelette de Jean Foillard avec Patsy Cline, le Régnié 2009 Grain et Granit de Charly Thévenet avec Morphine et le Brouilly VV 2010 du domaine de la Grand'Cour avec Austra. The Lady and the Tunes, pas freak du tout, et ça dépote un max, question vin et musique!
Notre bien aimée Présidente à vie des Vendredis du vin n'aime pas gâcher. Elle recycle tout ce qui lui passe sous la main, faisant de ses vieilles barriques de jolis bacs à fleurs, que même Iron Man a du mal à soulever, et de ses anciens billets pour les vendredis du vin des posts flambant neuf, que l'on ne croirait avoir été écrits qu'hier. On ne va quand même pas reprocher à Iris de mettre en avant les vins du domaine des Côtes de la Molière!

Depuis la foire aux vins de Pranzac, en Charente, Maxime Carion n'analyse sensoriellement le Régnié 2009 du domaine Olivier Depardon qu'en compagnie d'un morceau de saucisson. On le comprend aisément.
Pour sa première contribution, le Sommelier Masqué a arrêté de boire du thé pour tester le Beaujolais, dont il n'est pas coutumier. Presque une révolution, en ce qui le concerne. Son choix s'est porté sur un Chénas VV 2010 d'Hubert Lapierre (le 2011 n'est pas encore commercialisé, à ma connaissance), ainsi qu'un Morgon 2010 de Jean Foillard. Il semblerait que désormais le thé ne soit plus son verre de Beaujolais...
Gérard Garroy est "sotmellier"(c'est lui qui le dit) et belge de surcroit. Comme beaucoup de Belges, il ne sait pas faire court et il nous livre ici un véritable manifeste œnotouristique pour partir à la découverte du Beaujolais, bonnes adresses pour le boire, le manger et le dormir incluses. Son blog s'appelle Vins Cœurs et il gagne ... à être connu.
"Pourquoi le Beaujolais c'est si bon?" C'est une bonne question et on remercie Julien, de Picwineblog, de l'avoir posée. Entre un Beaujolais Cœur de vendanges 2009 du domaine du Vissoux et un Moulin à Vent 2007 du Clos du Tremblay, son cœur balance, mais il prend les deux et même encore plus, pour un rapport qualité/prix toujours intéressant.
Philippe Rapiteau, the Pipette man, est l'homme du mix. Délaissant le traditionnel saucisson lyonnais aux pommes de terre, il a préféré mixer la saucisse de Morteau et la lentille verte du Puy pour accompagner son Morgon MMIX de Marcel Lapierre. Comme le hasard fait bien les choses, le Beaujolais est à l'exacte bissectrice d'une ligne courbe qui va du Haut Doubs à la Haute Loire en passant par les Fiefs vendéens. Ce n'est pas la peine de vérifier, on s'en fiche un peu, mais c'était le Morgon de Marcel ou un Gammes en May de Thierry Michon.
À suivre, parce qu'il y a encore largement matière à une troisième partie. Le Beaujolais, on ne s'en lasse jamais!
Olif
22:25 Publié dans Les Vendredis du vin | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : vendredis du vin, gamay, beaujolais, beaujolais nouveau |
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01 novembre 2011
VDV#40: polygamie beaujolaise... (première partie)
L'appel du gamay a délié les plumes et les billets de blogs ont pris leur envol dès la fin octobre à l'occasion de ces quarantièmes Vendredis du vin consacrés à ce cépage hardiment présenté comme "vil et déloyal", mais qui sait pourtant être le meilleur compagnon du buveur lorsqu'il est bien cultivé et vinifié dans son fief beaujolais. À ce propos, justement, quoi de neuf en Beaujolais, région ampélographiquement monogame (ou presque)? Pas encore de vin nouveau, c'est trop tôt. Raison de plus pour en parler et en boire bien avant le troisième jeudi de novembre, mondialement célèbre pour cause de sortie de cave plus ou moins tragique, c'est selon. Selon la façon dont on envisage les choses, entre marketing démesuré qui se casse désormais la figure et sincérité et convivialité du vin de soif qualitatif, fait uniquement avec du raisin, sans adjonction de banane ni de framboise.
Pas loin de 40 blogueurs et/ou facebookeurs se sont laissés à la confidence pour faire de ce mois d'octobre 2011 le mois du Beaujolais sur la toile. Et un nombre de flacons débouchés largement supérieur, proche du double, ce qui n'est nullement une surprise, les Brusseleirs ayant annoncé fermement leur participation d'un "Non, peut-être" qui ne laissait planer aucun doute sur leurs intentions. C'est parti pour une overdose de gamay!
La partie teasing de l'opération fut lancée la veille par les BL boys qui n'ont pas hésité à se rendre sur place pour interviewer le 007 des néo-vignerons beaujolais, période Sean Connery. Permis de boire, avec Lilian Bauchet, sur Bourgogne Live! Et plutôt très fort de la part de Bourguignons.
Les premiers à avoir dégainé leurs quilles furent évidemment les Brusseleirs, dont le rapporteur est aussi Monomaniaquement Alsace que farouchement adultère en matière de vin. Fort heureusement, le riesling n'est pas jaloux. Et le gamay, c'est tellement bon.
Miss Vicky Wine nous envoie de son Beaujolais à elle un faire part de naissance prématurée. La mère et son nouveau-né vont bien. Félicitations à tous les deux!
Catherine a littéralement fait ses gammes et la bise à Louis. Une femme, des vins, dont un Morgon Côte du Py 2007 de Louis Desvignes, pour un bien joli billet.
En trois services, tel un vrai couguar, Berthomeau et Cie, mon prédécesseur à la présidence du Vendredi, nous fait voir du Bojo de toutes les couleurs. Un rouge nouveau signé P-U-R et un blanc 2009 du domaine Cornin. Avec en prime de jolies photos.

Le petit coup du matin n'arrête pas le pélerin, ni Antoon, qui s'encanaille aux aurores avec "une tomme daubée, un morceau de saucisse de couenne au marc ... et p'tit canon qui rend amoureux". Saint-Amour, quand tu nous tiens...
Doc Adn clame son amour du gamay et du Morgon avec le 2009 de Jean-Paul Thévenet. Son excellent goût en matière d'escapades viniques est malheureusement gâté par sa passion des animations Gif complètement kitch et douteuses. On lui pardonnera néanmoins volontiers ses écarts tant il sait être convaincant dans sa déclaration d'amour.
Pour Didier Dardenne, "le Beaujolais, c'est comme le gendarme, ça va toujours par deux." Je lui suggère volontiers de passer au magnum, surtout s'il s'attaque à la Côte du Py de Jean-Marc Burgaud. Il est rejoint tout en haut de la Côte par ChristianB, le Littinéraire vinique, qui a trouvé chez le même Jean-Marc Burgaud une bonne raison de croire en la grandeur de Dieu.
Joli hommage à Bruno Debize, excellent vigneron méconnu du Sud-Beaujolais, par l'un de ses plus grands admirateurs, le toujours vert Jean-Marc Imberdis. Et en musique, s'il vous plait!
À suivre...
Olif
P.S.: vu l'ampleur de la tache à laquelle je suis en train de m'atteler, je crois plus raisonnable de la livrer en plusieurs tomes. Et ce d'autant que je sens les vendredistes impatients... Il y a déjà là de quoi se faire gentiment les crocs.
12:18 Publié dans Les Vendredis du vin | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : vendredis du vin, gamay, beaujolais, beaujolais nouveau |
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28 octobre 2011
VDV#40: dites-le avec des Fleurie...
La Madone de Fleurie, par jour de grand vent. Cliché personnel.
C'est l'heure du Beaujolais, que dis-je c'est l'heure, c'est le mois complet du Beaujolais et ça, ça fait du bien aux papilles et aux amygdales. Un peu d'entrainement avant le troisième jeudi de novembre, le jeudi du vin nouveau, pour un Vendredi du vin pas nouveau, cela ne peut être que bénéfique. En tant que Président éphémère de ces Vendredis, mon choix s'est porté, pour des raisons que le raisin ignore, sur une série de bouteilles fleuries. Fleurie, rien à voir avec Mérogis (le vin n'y est pas incarcéré), ni les Mérovingiens ou Carolingiens, malgré leur empereur barbu. On dit d'une ville qu'elle est fleurie, lorsqu'elle possède une ou plusieurs petites fleurs sur une pancarte jaune, là, juste à l'entrée, pour signaler le passage fréquent de jardiniers qu'il faut veiller à ne pas écraser lorsqu'on la traverse en voiture. Ou, alors, une ville est Fleurie, lorsqu'elle est située dans le Beaujolais, qu'elle est entourée de vignes et que la Madone veille sur elle. Ce qui exclut d'emblée Marseille, trop près de la mer malgré la Bonne Mère. Le Fleurie, cru du Beaujolais, a ceci de fabuleux que c'est un vin qui parle. Pas avec les mains, non, mais avec ses raisins. Selon les circonstances, pour séduire, dites-le avec des Fleurie...
Une balustrade bien Fleurie, en plein mois d'octobre. Y'a plus de saisons!
Si vous voulez évoquer le fruité, la rondeur et la joie de vivre, dites-le avec En Rémont 2009 de Julie Balagny, la nouvelle Madone de Fleurie.
Si vous voulez exprimer l'élégance et la prestance, dites-le avec un Fleurie 2007 d'Yvon Métras, la référence ultime en matière de cru du Beaujolais.
Si vous voulez crier votre amour de la nature et du fruit en liberté, dites-le avec un Fleurie 2010 d'Isabelle et Bruno Perraud, les vignerons "nature" à la portée de tous les gosiers.
Si tu veux causer solide, caillou et minéralité, bon gré mal gré, dis-le avec Au bon grès 2004 de Michel Guignier, l'œil de Faudon, à l'acuité vinique et biodynamique sans pareil.
Et pour celui qui préfèrerait un discours plus franc et direct, qu'il le dise avec une Madone 2010 du domaine Chamonard, vinifiée par Jean-Claude Chanudet, vigneron à la barbe également fleurie.
Et si tu n'as rien à dire, dis-le avec un Fleurie 2010 de Lilian Bauchet. Mais là, il n'y en a pas sur la photo et il n'y en avait pas à goûter non plus. Même si des raisins de Lilian se sont cachés dans l'une de ces bouteilles. Sauras-tu les retrouver, ami lecteur?
Le langage du Beaujolais, c'est la meilleure façon d'apprendre à parler. La prochaine fois, je vous expliquerai comment régler vos achats à Moscou avec des Chiroubles.
Olif
07:29 Publié dans Les Vendredis du vin | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : fleurie, beaujolais, lilian bauchet, julie balagny, domaine chamonard, michel guignier, domaine des côtes de la molière, yvon métras, isabelle perraud |
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06 octobre 2011
VDV#40: Gammes en Beaujolais...
Après la parenthèse romantique et sensuelle du mois de septembre, orchestrée par le sieur Berthomeau pour les Vendredis du vin de l'été indien (et dont la synthèse ne devrait plus tarder à être publiée), il va falloir revenir à des considérations plus terre à terre et verre à verre. Pour cette quarantième session citoyenne des VDV, j'ai remporté les primaires au point d'assumer déjà la présidence, sans passer par un deuxième tour. Ça vaut largement une mention dans Libé!
2011, année précoce s'il en est, partie avant l'heure et ayant gardé sa confortable avance jusqu'au moment de couper les raisins. Rien à voir avec 2003, précoce et caniculaire, ou 2007, s'essouflant péniblement sur la fin, contraignant à des vendanges matures bien plus de cent jours après la fleur. 2011, un nouveau challenge pour les vignerons? Question: est-ce que, coupé aussi tôt, le Beaujolais primeur le sera-t-il encore? Primeur. Oui, parce que 3 semaines de vieillissement supplémentaire après vinification, en moyenne, avant sa commercialisation, par rapport à sa mise en bouteille, ce n'est pas rien. Faudra-t-il encore parler cette année de Bojo nouveau ou plutôt de Beaujolais tardif? Ou va-t-on devoir avancer de deux semaines, à savoir au premier jeudi de novembre, la commercialisation du vin nouveau et en faire un Bojo précoce?

Cette nouvelle session des Vendredis du vin sera donc un pied de nez anticipatoire et l'occasion de griller les médias traditionnels sur la ligne de départ. Révisez vos gammes et parlez-nous donc du Beaujolais, du bon, du beau, du joli, de celui qui devrait toujours nous enchanter, parce que c'est la plus belle région viticole au monde située entre Mâcon et Lyon. Mais parlez nous en juste avant début novembre, le mois médiatique officiel.
Dégainez donc vos gamay du Beaujolais, sortez-vous les doigts du cru et faites gicler précocément vos jus, de Morgon, de Chénas, de Chiroubles, de Regnié, de Brouilly, de Juliénas, de Moulin à Vent, de Fleurie, de Côtes de Brouilly, de Saint-Amour ou de n'importe quel autre village, même Vauxrenard, avant le dernier vendredi d'octobre. Parlez-nous de vin nouveau 2011, si vous êtes vigneron, femme de vigneron, maîtresse de vigneron, amant de vigneronne, ami de vigneron ou tout simplement de passage à la cave au moment où il se fait mettre. En bouteille, bien sûr. Ou alors enivrez-nous de vin plus ancien, épanoui mais toujours aussi juteux après quelques années de cave. Voire encore d'ancien nouveau, celui de l'année ou du millénaire précédents, si vous en avez oublié une palette dans un coin. Révélez-nous les crus et les vignerons qui vous enchantent, faites reluire le Beaujolais sans vous astiquer la banane, avant que le grand marronier de l'information ne s'en empare, de façon éphémère, en sacrifiant le vin primeur sur l'autel de la médiatisation superficielle, quand ce n'est pas uniquement pour dire que c'est de la m...! Racontez-nous vos vins préférés, 100% raisin, faites du mois d'octobre le mois du vrai Bojo, bon et authentique, faites-nous languir jusqu'au troisième jeudi du mois de novembre. Voilà, je vous laisse vous finir tout(e) seul(e). Et rendez-vous, pour la publication de vos notes sur votre blog ou sur le groupe Facebook des Vendredis du vin, le vendredi 28 octobre, juste avant la Saint-Glou in Bruxelles, où l'on essaiera également de faire couler le Beaujolais à flots au milieu d'une foultitude de vins aussi "natures" que possible.
Olif
P.S.: Précox ejaculator, la bande-son de ces 40èmes Vendredis du vin, est signée du jurassien Hubert-Félix Thiéfaine, interprétée en version acoustique. Je n'ai pas pu me retenir non plus.
P.S.2: c'est l'occasion de se plonger dans le dossier très complet sur le Beaujolais qui vient d'être publié sur Vin-Terre-Net par un fervent félin défenseur de cette belle région. Une belle coïncidence!
17:15 Publié dans Les Vendredis du vin | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : vendredis du vin, beaujolais, beaujolais nouveau |
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