24 septembre 2010

Vendredis du vin #29: La quille, bordel!


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29ème session des Vendredis du vin. Du peu au jus, mais quand même! Vivement la quille, bordel! "Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse", disait le poète. "Eh bien non!", s'exclame le bourguignon en direct. On ne veut pas être ivre avec n'importe quelle boutanche. Pas avec n'importe quel contenant, ni même - et surtout?- n'importe quel contenu. Et peut-être même pas avec n'importe qui non plus. S'abandonner corps et biens, oui, mais dans les règles de l'art, avec un emballage ou un emballé dignes de ce nom. 

 

À petite ivresse, petit flacon. À méga-uber-große caisse, prévoir plus large. Douceur non exclue. Habituellement embouteillée en dé à coudre (37,5cl voire 50cl pour les gros gourmands), la cuvée Ambre de Christophe Abbet vaut tous les Martigny on the rocks du monde. Un liquoreux de l'extrême, assemblage de marsanne et petite arvine, élevé longuement en fût (jusqu'à 44 mois, si cela le justifie). Un vin qui souvent défie la mécanique des fluides et dont le grain oxydatif, apporté par l'élevage long, accentue le caractère exceptionnel et superlatif. Pour se la mettre bien profond, ou, plus élégamment formulé, toucher à l'ivresse des profondeurs, rien ne vaut les grands contenants. Jamais sans mon magnum, une mise réservée à ceux qui le méritent. Autant dire qu'ils sont rares.

 

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"Zéro, zéro, zéro, zéro..."

 

Olif

 

P.S.: Un flacon géant non ouvert pour l'occasion, mais qui me rend ivre rien que de penser au jour où je le ferai!

30 juillet 2010

Vendredis du vin #28: Plus Bellet la vie!


Vendredisduvin

28ème session des Vendredis du vin. Destination la vigne et le vignoble, pour une partie de tourisme viticole, à la demande du monomaniaque alsacien, pourtant largement ouvert aux autres régions, si l'on en croit la diversité de ses commentaires de dégustation. L'œnotourisme est une pratique à la mode, encouragée par tous les acteurs de la vie économique, y compris en plus haut lieu, tandis que dans le même temps, les défenseurs de la Santé publique pourfendent bassement les vignerons, vils corrupteurs de notre belle jeunesse, tout juste bonne à lever le coude et se jeter des grandes lampées de Crus classés derrière le sifflet sans même recracher, ou alors juste vomir au bout du 3ème magnum. "A bas le vin et les viticulteurs, mais vive l'œnotourisme", s'exclament d'une seule voix et de concert les Ministres de la Santé économique publique réunis. "Tous dans le bus", pour sillonner le Bordelais, la Bourgogne ou la Napa Valley, à la rigueur le Jura, et s'arrêter dans des wineries ou chez Henri Maire, y regarder un film sur le travail à la vigne et l'historique du vignoble, suivre un parcours balisé en cave comme on visite un musée, déguster des produits stéréotypés en compagnie d'un agent commercial et/ou d'une secrétaire trilingue, et, enfin, remplir le carnet de commandes avant de remonter dans le bus en chantant merci chauffeur, merci chauffeur. Point à la ligne, paragraphe suivant.

 

 

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Bellet, c'est tout au fond à gauche, dans la brume.

 

Quelle que soit la destination choisie, en France, en Europe, ou ailleurs, dur d'échapper à la présence du vin et de la vigne, véritable pan de notre patrimoine qu'il serait véritablement malséant de vouloir occulter, quand il ne s'agit pas d'essayer de l'anéantir complètement sous couvert d'hygiénisme mal placé. Si l'œnotourisme de masse a la faveur de nos élus, grâce aux retombées financières susceptibles de faire vivre l'économie locale, le vinotourisme artisanal a (heureusement!) encore droit de cité. Seul ou en groupe, le véritable amateur ne demande qu'à arpenter les vignes, visiter les caves, rencontrer les hommes et les femmes qui font le vin, le goûter et l'appréhender avec eux, sans qu'on lui anime et balise son parcours de façon superficielle, comme dans n'importe quel voyage organisé.

Manger et boire "local", quand on est en villégiature quelque part, voilà une sympathique façon de mieux s'immerger dans le milieu autochtone. Manger et boire "local de là-bas", quand on est rentré à la maison, voilà une sympathique façon de se remémorer ses vacances sans sacrifier à la sempiternelle soirée diapo.

 

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Pas de visite de vignoble au menu, cette année, pendant les vacances de la famille Olif. L'œnotouriste qui sommeille en moi ne s'est pas réveillé à la vue des coteaux de Bellet. De façon fort avisée, quelques échantillons de cette production un peu confidentielle ont pourtant fait le chemin jusque dans le Jura, afin d'être sacrifiés sur l'autel de mon bon goût dès le retour à la maison.

De l'œnotourisme par procuration, comme une carte postale reçue à la maison après le retour de vacances, ce Clos Saint-Vincent 2008, issu à 90% de folle noire, complétée de grenache, ne nous raconte pas de salade. Dense, opaque, séveux et plein, il est encore marqué par le fût, mais laisse apercevoir une bien jolie matière d'une grande originalité, pour ne pas dire d'une noire folie.

 

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Bons baisers de Nice et merci chauffeur, merci...

 

Olif

25 juin 2010

Vendredis du vin #27: le vin médecin de l'amour


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Après le vin des copains d'Anne-Laurence Chauvel-Chadronnier, voici venu le temps de l'amour. Avant peut-être celui de l'aventure? Michel Smith, l'un des 5 du vin, catalan d'adoption, grand amateur de carignan devant l'éternel, nous propose, pour la 27ème session des Vendredis du vin, de partir à la découverte du vin médecin de l'amour, voire plus, si affinités sexuelles. Mais, finalement, entre l'amour et l'amitié, il n'y a pas tant de différence que cela, Hein, Henri?

 

"Entre l'amour et l'amitié,

il n'y a qu'un lit de différence,

un simple pageot un pucier

où deux animaux se dépensent."

 

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Avant de coucher, pourtant, il faut flirter. Une pure coïncidence, que ce rosé girly trouvé chez mon caviste de quartier, bien avant l'annonce du thème des VDV. L'amour à Maury. Ou plus exactement une amourette de passage, juste un Flirt, avec toi, que je fasse n'importe quoi. Maury, durement touchée par la grêle dernièrement, comme une épine en plein cœur, venue égratigner sauvagement un amour naissant. Que ce rosé 2008 du Clos des vins d'amour puisse contribuer à soigner un petit peu tout ça.


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Rosé 2008 du Clos des vins d'amour, Vin de Pays des Côtes Catalanes

Légèreté du rosé, associé à l'été, aux mets légers qui vont avec. Le rose perle à son front, tel un érythème pudique de la jeune fille. Celui-ci est quand même un peu vineux, preuve de son sérieux. Il se boit néanmoins par inadvertance, comme un flirt estival que l'on aura tôt fait d'oublier dès les premières feuilles mortes ramassées à la pelle.

Un vin médecin de l'amourette, émouvant comme une goutte de rosée un matin d'été, délicieux et parfumé comme une goutte de rosé un après-midi du même été.

 

 

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La bataille du vin et de l'amour, de toute façon, c'est Alice Feiring qui l'a gagnée!

 

Olif

 

P.S.: en bonus, le billet des VDV auquel vous avez échappé ce mois-ci:

 

Le vin, médecin de l'amour grivois, mais toujours la vie et le vin en rose. Il était deux amants qui s'aimaient tendrement, ils voulaient voyager, mais ne savaient comment. Le Monsieur, il dit à la Dame: "Tu seras bâtiment, je serai le grand Mas que l'on plante dedans. Ah! Ah! Ah!". Si je dis ça, c'est juste histoire de faire le Baux, en fait. Parce que voilà un bien joli rosé pour la table, et que je l'aime. Épicé et gourmand, frais et floral, charnel. Un amour physique, peut-être, mais pas sans issue, n'en déplaise au Grand Serge.

 

 

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Mas de la Dame, Rosé 2009, Les Baux de Provence


Mais pourquoi donc est-ce que je m'obstine à associer la couleur rose au vin de l'amour, moi? Il faudra que j'en parle à mon psy.

 

28 mai 2010

Vendredis du vin #26: les vins de copains d'abord

Vendredisduvin

 

"Non ce n'était pas le bon gros

Rouquin qui tache, ce picolo,

Qu'on se le dise aux VDV

Dise aux VDV.

Il se buvait en père peinard

En gouleyant très bien, c'pinard

Et s'app'lait l'vin des copains d'abord

L'vin des copains d'abord."

 

Grâce à Anne-Laurence Chauvel-Chadronnier, la nouvelle présidente intérimaire des Vendredis du vin et grande copine du rouge, du blanc et des bulles, on va pouvoir se taper fort sur le ventre, en sifflant allègrement des nabuchodonosors de "vin de copains". Le choix est vaste, entre la cuvée "Les copains d'abord" du domaine des Sablonnettes, en Anjou, "Les copines aussi", du même domaine qui ne voulait pas faire de jalouses, "Les copines" de Jean-Louis Tribouley en Roussillon. Et bien d'autres, je suppose, qui revendiquent ouvertement ce qualificatif de "vin de copain" sur l'étiquette.

 

C'est quoi, un vin de copain, finalement? Ben, ça dépend de ses copains, en fait. J'en connais qui pourraient, à cette occasion, déboucher un Mouton-Rotschild 1945, s'en servir un dé à coudre et se le siroter gentiment, le monocle sur l'œil et le petit doigt en l'air, entre deux louches de caviar. Mais c'est un mauvais exemple, finalement. Les Grands Crus historiquement classés ne sont pas de véritables vins de copains. Ce sont des vins d'amis aristocrates qui n'aiment guère le picrate. L'aristopicrate n'a pas droit de cité lors de ces 26èmes VDV. Le vrai vin de copains, c'est celui qu'on partage sur le pouce avec les potes, parce qu'il faut absolument qu'ils goûtent ça, vous allez voir comme c'est super bon les gars et, en plus, c'est pas très cher. Enfin, ça dépend des fois. Le vin de copains, il est de toutes les couleurs et il se sert sans cérémonial, juste pour le plaisir, éventuellement avec une ou deux tranches de saucisson.

 

Alors, sans aucune volonté de fayoter avec Mme la Présidente, je n'ouvrirai pas une bouteille, pas deux bouteilles ... mais ... trois bouteilles! Pas de Bordeaux, sa région fétiche, pourtant, j'aurais pu. Que des vins de Loire, parce que j'y ai deux ou trois copains et que certains cépages originaux que l'on trouve là-bas correspondent bien à l'idée que je me fais de ce concept de vin de copains. Du canon sans prise de tête, à "haut coefficient de torchabilité"© Patrick Meyer l'Alsacien. C'est parti les copains!

 

Rouge. Un Coup de canon 2008, ou plutôt plusieurs. Le Coup de canon, c'est du grolleau. Et quand le grolleau est tiré, c'est gagné. Il faut le boire. Un vin dangereusement bon pour qui se trouve en ligne de mire, signé Grégory Leclerc, vigneron a Chargé, en Touraine. Fruité, frais, épicé, croquant, gouleyant, charmeur, accrocheur, les arguments ne manquent pas pour avoir envie d'en partager un obus ou deux avec les poteaux.

 

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Crédit photo: Escapades, à qui je pique le cliché sans vergogne, puisque le Doc est un copain et que c'est ma bouteille qu'il a photographiée!

Blanc. Les Petits Acacias du domaine du Moulin, d'Isabelle et Hervé Villemade. Appellation Cour Cheverny, cépage romorantin. Millésime 2006. Ça, c'est un cépage de copains, le romorantin. D'ailleurs, ça rime bien. Un blanc d'une grande gourmandise avec une finale claquante, appelant une nouvelle gorgée. Fruits, agrumes, belle acidité, jolie minéralité, une bouteille qui se boit avec avidité, tellement vite que je n'ai pas eu le temps de prendre un cliché. Et en plus, comme certains copains, ça vieillit bien.

 

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Crédit photo: Blog-vinbionaturel, à qui je pique aussi le cliché sans vergogne, on est copains de vin, tant pis si ce n'est pas le même millésime.

 

Bulles. "Juste avant l'été", quand l'herbe n'est pas encore coupée, que la soif se fait sentir à l'heure de l'apéritif, invite une ou deux copines (ou des copains, si tu es une fille, ou peu importe, selon tes orientations sexuelles), mais pas trop si tu n'as pas un stock suffisant de bouteilles, et alors, couchés dans l'herbe, avec juste le soleil pour témoin, sers-leur donc quelques petits verres de ce délicieux pétillant naturel à base de chenin, à la robe discrètement et joliment orangée si tu as mal rincé ton verre de rouge au préalable. Laisse son charme agir et la bulle venir leur caresser le palais. Ecoute-les ensuite rire et s'esclaffer, pouffer même, tous leurs sens en émoi. Avant de finir par leur caresser le palais, toi aussi. Et de balancer leur robe dans les orties. "Juste avant l'été", un vin de copines, sensuel et même plus, si affinités. Méfie-toi simplement du paysan, qu'il ne commence pas trop tôt les foins, fonction de la météo, juste avant l'été. Et qu'il ne prenne pas sa fourche pour chasser de son champ les impudents qui ont osé broyer son herbe. Juste avant l'été, Mosse. Pas Kate, mais Agnès et René.

 

 

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Salut les copains!

 

Olif

30 avril 2010

Vendredis du vin 25: demi-sec mais pas trop!

 

VendredisduvinVoici donc, après une petite année d'absence pour cause de gros coup de fatigue, la 26ème session des Vendredis du vin. Allelouiah! Sous l'impulsion d'Iris de Lisson, les Vendredis du vin renaissent de leurs cendres à peine froides. Nul doute qu'avec la création d'un groupe Facebook, rejoint par pleins d'amis pleins de bonne volonté, les Vendredis du vin demi-sec vont cartonner.

Le thème du mois a été choisi par Mathieu Turbide, le Méchant raisin, qui aime adoucir son propos à demi. Mais qu'est-ce donc qu'un vin demi-sec? A moitié liquoreux ou à moitié sec, en fait, selon sa vision des choses. Un vin avec du sucre résiduel, ni trop, ni trop peu, censé jouer dans un registre aérien et développer un profil légèrement et subtilement sucré. Entre 4 et 12 grammes par litre après fermentation pour un vin tranquille, d'après le réglement communautaire. Au-delà, c'est doux ou moelleux (jusqu'à 45 g/l), puis liquoreux (> à 45 g/l). Le souci, c'est que l'équibre alcool-sucre-acidité s'en balance complètement, du réglement communautaire.

 

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Torus 2007, Vin de Pays des Côtes de Gascogne, Brumont



Choix volontairement provocant? Cela ne me ressemblerait pas! Goûté et rangé parmi les demi-secs à l'aveugle. Très aromatique et fruité, au caractère plutôt flatteur et consensuel, il n'a rien d'un vin sec, contrairement à ce qui figure sur l'étiquette. Pas mou pour autant, c'est une question de sucre, évidemment. Probablement pas assez pour le situer du côté des "demi", mais à mon sens trop pour le qualifier de sec. Equilibre demi-sec non avoué, en demi-teinte, limite trompeur, Torus 2007 de Gascogne pose donc le problème de l'étiquetage des bouteilles et des mentions à y faire figurer. Les Valaisans ont mis des abeilles sur l'Amigne, en fonction de la quantité de sucre résiduel, faudrait-il faire de même avec le Manseng-Sauvignon (c'est une supputation, pas moyen d'en trouver la confirmation sur le web)? Ce vin sec ne l'étant qu'à moitié, il rentre tout à fait dans cette thématique des VDV.

 

Faute de premières grives, on boit du Torus! La concurrence gasconde est rude. D'un côté, t'as Torus, de l'autre Tariquet!

 

Néanmoins, parfait à l'apéritif ou à l'occasion d'un vernissage, par exemple. Comme celui de la première exposition des œuvres de Mme Olif à la Brasserie de la Poste de Pontarlier, et ce, jusqu'au 7 mai inclus. Tout le monde est le bienvenu. En attendant d'autres expositions, et -pourquoi pas?- plus à l'Ouest. N'importe quoi et fin du message personnel.

 

 

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"Déclinaison habillée autour d'une déclinaison autour d'un nu" © Olif

 

Olif

 

P.S.: pour les amateurs de vins un peu moins demi-secs, à l'occasion du vernissage, on pouvait de rabattre sur l'épatant et tranchant Arbois Chardonnay 2008 du domaine André et Mireille Tissot, ainsi que, côté rouges, sur Les Sorcières 2008 du Clos des Fées ou sur le Faugères 2005 du domaine Alquier en magnum.

26 juin 2009

VDV 24: papilles et molécules

 

VendredisduvinVoici donc la 24ème session des Vendredis du vin, session pour laquelle il va falloir se plonger dans l'infiniment petit, à la demande expresse de François Chartier, célèbre sommelier canadien spécialisé en sommellerie moléculaire.

 

Késako, la sommellerie moléculaire? :euh:

 

En fait, c'est très simple, et je pense que l'on peut tous remercier François Chartier d'y avoir pensé pour nous. Pour faire encore plus simple, schématiquement, dans le vin, il y a beaucoup d'eau (eh, oui!, désolé si je brise le mythe du pochtron!),  un peu d'alcool et tout un tas de petites molécules. Pas des petits débris de cire ou de bouchon lorsque l'on a ouvert la bouteille comme un sagouin. Non, des trucs que l'on ne voit même pas à l'œil nu, des trucs microscopiques, voire plus, et dont certains ont bon goût et d'autres pas. Ces p'tites molécules, elles se regroupent dans différentes familles, voire plus si affinités. Elles sont à l'origine des différents arômes rencontrés dans les aliments d'une manière générale et dans le vin en particulier. Plus il y en a, plus l'aliment a du goût. Si en plus, on lui associe un vin qui possède les mêmes molécules, les sensations s'en retrouvent décuplées. Pour tous ceux qui ne disposent pas d'un chromatographe ou autre ustensile de ce genre à la maison, afin de décrypter tous les atomes de leur casse-croûte du midi, François Chartier a publié un livre destiné à l'apprentissage de base de la sommellerie moléculaire. A placer à mi-chemin entre la cave, le laboratoire et la cuisine. Et à compulser sans modération, ... quand il sera disponible de ce côté-ci de l'Atlantique. Pour l'instant, les frais de port à destination de l'Europe sont un peu prohibitifs!


 

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Petit travail pratique suggéré à l'occasion de ces VDV moléculaires, l'alliance entre molécules mentholées (les "anisés") et Sauvignon blanc, qui appartiennent à la même famille. L'occasion de passer 5 bonnes minutes en cuisine, le temps de réaliser de succulents Filets de truite fumée au bois de hêtre,  marinade à l'Absinthe de Pontarlier. 5 minutes de boulot pour une bonne demi-heure à se rouler par terre de bonheur, le temps que ça marine un brin. Et le temps aussi de s'occuper un brin d'aneth. D'ailleurs, j'ai bien connu une fille qui s'appellait Annette. Un beau brin, Annette! Ses longs cheveux ne tombaient que rarement dans la soupe mais plutôt au bas des reins, dans le creux, là où ça fait beau. Ses petits seins fermes  se croquaient comme des tomates "cœur de pigeon". Et sa bouche avait aussi un goût anisé ... Mais je m'égare.

 

 

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Annette, déstructuration anthropophage © Olif 2008


Le plus délicat, ensuite, fut de passer à la cave. Deux bonnes heures de spéléo pour dénicher sous une pile la bouteille qui devrait conduire à l'extase moléculaire: un Sauvignon non boisé dont les composants volatils sont censés entrer en totale symbiose avec les anisés de l'aneth et de l'absinthe. Ce Sauvignon, une fois de plus, ce fut celui d'Alice. Et Olivier De Moor. Saint-Bris 2007. Au nez légèrement fumé, à la belle vivacité et à la finale acidulée. Quasi-fusionnel avec l'aneth pour une grande harmonie en bouche, ces deux-là étant faits pour s'entendre. Un véritable feu d'artifice moléculaire!

 

 

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Saint-Bris, truite à l'aneth, absinthe de Pontarlier-Anis. Et voilà les petites molécules qui exultent!

 

N.B.: pour la marinade des filets de truite: citron, huile d'olive du Clos des Fées et Absinthe de Pontarlier (François Guy). L'alchimie du bonheur dans l'assiette!


Olif

 

P.S.: Encore heureux qu'il n'ait pas fallu se taper la litière du minou avec le Sauvignon!

 

P.S.2: le premier qui me dit qu'elle a 3 nénés cœur de pigeon, une fois déstructurée, l'Annette, je lui rétorquerai que c'est normal pour une Vénusienne. Et toc!



24 avril 2009

VDV 23: c'est l'printemps!

 

VendredisduvinVoici donc la 23ème session des Vendredis du vin, session pour laquelle il va falloir se trouver en phase avec le cycle des saisons, qui, pour la première fois depuis bien longtemps, semble vouloir être respecté un peu. Après un hiver particulièrement réussi dans le Haut-Doubs, les petites fleurs et les petits oiseaux sont à l'heure. On a craint le pire, mais en moins d'un mois, chronomètre en main, la neige a fond980_champagne-rose-n.jpgu, le ciel a bleui, l'herbe a verdi, les pissenlits ont jauni et le vin a rosi. Le Printemps est là! Vive lui!

Comme une envie de bulles, depuis ce retour de Champagne. L'occasion de fêter le printemps en se remémorant l'un des vins les plus séduisants dégusté lors du récent salon Vins et terroirs de Champagne. Des bulles rosées, puisqu'il s'agit du Blanc de rose 2006 de Jean-Baptiste Geoffroy. Joli nom pour un vin extra, exceptionnel même, un rosé de saignée, assemblage de 60% Pinot Noir et de 40% de Chardonnay. Pas un vin de coupage pour autant, puisque les deux moûts ont été vinifiés ensemble. C'est finalement le chardonnay  qui a plutôt été travaillé comme un jus de raisin rouge, si l'on veut bien. Ce Champagne rosé, c'est de la soie, de la dentelle, du taffetas. Une rose éclose au petit matin et qui ne perd pas cette vesprée son teint au vôtre pareil. Elégance des arômes,  pétale de rose et pomelos (rose, cela va de soi), finesse de la bulle, tendresse de la bouche, délicate nervosité de la finale (oxymore and more). Un vin résolument printanier, dans lequel on mord (and more) avec gourmandise. Une bouteille pas encore commercialisée, il faudra savoir patienter quelque temps pour en acquérir un exemplaire.

 

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Jean-Baptiste Geoffroy en plein effort de concentration au salon d'Aÿ

 

Rosé, Champagne...! Au vu des articles précédents, c'est ce qui s'appelle avoir de la suite dans les idées! Il va falloir peut-être que je passe à autre chose un de ces jours! Languedoc, peut-être, pourquoi pas?

Olif

 

27 février 2009

VDV 22: duel dans l'oued et sous la neige!

 

VendredisduvinVoici donc la 22ème session des Vendredis du vin, session pour laquelle il va falloir jouer à la fois de La Pipette et de la fourchette, à la demande de PhR, qui sait si prendre pour nous faire mettre à table.

Duel ou duo à table, deux accords à tester après être passé en cuisine. Ou éventuellement avoir été invité, ce qui évite les préliminaires aux fourneaux. Coïncidence, ce soir-là, on était vendredi. Deux bouteilles antinomiques, en vue d'un accord, possible ou non. Alors, demande en mariage ou divorce immédiat? La Pipette et Meetic, même combat? C'est parti pour un duel en hiver, sous la neige, en accompagnement d'un des plus sublimes couscous haut-doubien qu'il me fut donné de manger. Une oasis en plein hiver, avec boulettes de viande maison, roulées sous les aisselles, et merguez hallal, ah la la!, j'en salive encore. Le couscous fut donc royal, les pois, chiches, mais également délicieux, et l'accord novateur, presque parfait. Merci Manu, merci Laurent!

Il était une fois dans l'Est dans l'Oued dans l'Ouest, harmonica en option...

 


Quoi boire avec un couscous aussi bon que là-bas, dis!, sinon un rouge solaire et chaleureux? Le rouge en question ne provenait pas de l'oued, mais du Rhône, et sur le papier, cela pouvait le faire. Gigondas Oratorio 2006 de la maison de négoce castelpapale Ogier, désormais filiale du groupe Jeanjean, le négociant qui écrit depuis 5 générations l'histoire des vins du Languedocguedoc. Mou du consensus, destiné à plaire au plus grand nombre, vil, flagorneur et sucraillon, pas vraiment du style à émoustiller des papilles aguerries à la minéralité et aux vins natures! Alors, quoi d'autre boire, avec ce couscous? Et pourquoi pas un Château Chalon 2000 de la propriété castelchalonnaise Macle, le pape du Château, débouché préalablement lors d'un apéritif dégustatif?

Couscous Oratorio!Couscous Château!

Couscous royal!

 

Un CC 2000 connu presque sur le bout des ongles, très arrondi, déjà plaisant, qu'il ne faut évidemment pas hésiter à garder en cave, mais qui fait déjà danser le ventre et se tortiller le nombril. La puissance du Château Chalon lui permet de ne pas se faire écraser par le plat, à condition de ne pas l'avoir noyé d'harissa. Ça fonctionne! Et puis, le vin est tellement bon! Et le couscous aussi!

En guise de préliminaire, en avant-première, car non présenté à la Percée, le Château Chalon 2002 est déjà dans une phase très amène. Il devrait bientôt être commercialisé.

Vivent les 3 C: Couscous Château Chalon!

 

Olif

30 janvier 2009

VDV 21: l'invitation au voyage

VendredisduvinVoici donc la 21ème session des Vendredis du vin, présidée une nouvelle fois par un cousin québecois, Julien Marchand. Julien n'est pas casanier, même si son blog s'appelle Chez Julien. Julien aime voyager. Julien aime aussi le vin. Ce sont d'ailleurs les deux principaux ingrédients que l'on retrouve en parcourant sa toile. Pas étonnant que, une fois nommé président des VDV, il ait choisi de nous inciter au voyage et à la découverte viticole. Il suffit de chausser ses Pataugas et de partir à la découverte. Comme l'ont fait en leur temps Delphine et Christophe Derouet lors de leur Wine World Tour.

Du vin, on en trouve partout en fait. En plus ou moins grande quantité. En plus ou moins grande qualité aussi, il faut bien le reconnaitre. Faire pousser quelques pieds de syrah sur la banquise ne devrait pas permettre de produire de l'Hermitage, malgré le réchauffement climatique.

Or donc, il s'agissait, pour cette nouvelle mouture des VDV, de déboucher un flacon en provenance d'un petit pays du vin, sous-entendu ne faisant pas partie des dix principaux producteurs de vin au monde. Exit donc la France, l'Italie, l'Espagne, les Etats-Unis et consorts. Même le Jura a été exclu des destinations envisageables, du fait de son rattachement à la France, qui ne date jamais que de 1678, je le rappelle. C'est comme si c'était hier.

Par paresse, j'aurais pu ne parcourir qu'une dizaine de kilomètres, franchir la frontière de la confédération helvétique et ramener de la COOP du coin un petit chasselas neuchâtelois qui aurait fait voyager bien loin nos amis d'outre-Atlantique. Mais bonjour le dépaysement en ce qui me concerne!

Finalement, je crois bien que le moment est venu pour moi de m'offrir une petite escapade nord-africaine. Cette bouteille, troquée de haute lutte lors de la traditionnelle et amicale foire d'empoigne qui suit les REVEVIN (à ce propos, je rappelle que l'Ascension approche à grands pas, dépêchez-vous de renvoyer votre bulletin d'inscription), contre je ne sais quelle piquette jurassienne, probablement, cette bouteille, donc, a attendu sans le savoir pendant quelques années qu'un VDV providentiel arrive pour se voir débouchée.

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Le Maroc. Destination exotique plus réputée pour son couscous et son thé à la menthe que ses vins. Pourtant, la culture de la vigne y est ancestrale et en moyenne 350 000 hl sont produits chaque année (dont 75 cl étaient hébergés jusqu'à présent dans ma cave).  Les principaux cépages cultivés sont principalement sudistes (carignan, grenache, syrah, tempranillo,... pour les rouges), mais pas exclusivement en ce qui concerne les blancs (viognier, ugni, mais aussi chardonnay et chenin). Millésime 2003, millésime chaud s'il en est, mais pas plus que d'habitude du côté de Rabat. S de Siroua est une gamme prestigieuse de la maison Thalvin, des vins de terroir. Le Chardonnay S de Siroua est vinifié à basse température pour préserver la fraicheur et les qualités organoleptiques du cépage.

Bon, c'est pas le tout, maintenant que la bouteille est ouverte, il s'agit de la goûter! De fermer les yeux, de s'imaginer dans l'oued, de humer la tajine, de savourer la corne de gazelle. Puis de s'essuyer les lèvres dans la robe dorée du S de Siroua, mais alors où est la reine? Style indéniablement international, bien élevé, avec un nez ouvert et flatteur, beaucoup de gras en attaque, procurant une sensation de rondeur qui s'effiloche vite, pour terminer serrée et acidulée. Techniquement bien fait. Mais technique. Objectivement correct, mais mon palais n'a pas été réjoui, même s'il a voyagé. Finalement, je préfère ma piquette jurassienne! Moins technique et plus minérale.

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Fin de mes péripéties marocaines. C'était ma modeste contribution aux VDV voyageurs. La prochaine fois, je boirai un thé à la menthe, ce style de vin n'est pas fait pour moi! Mais c'était sympa, Doc! Merci quand même!

 

Olif

26 décembre 2008

VDV 21: vins de fête!

Vendredisduvin Dernier vendredi du mois, donc vendredi du vin. Mais Vendredi d'entre deux fêtes, gare à l'absentéisme! Pas difficile d'avoir débouché quelques jolies bouteilles, pour accompagner les mets du réveillon, puis ceux du jour de Noël., le problème, ce sera de trouver le temps de les bloguer. Excès de table récurrents, la fête n'est jamais trop belle. Il faut donner, offrir, partager, se gaver. Pour expier le supplice infligé à toute une espèce animale sacrifiée? Il n'y a que le foie (gras) qui sauve, la foi maigre s'est sauvée depuis longtemps!

Si les oies et les canards se gavent, d'autres subissent un certain nombre de sévices, comme les crustacés. Et je ne parle même pas de toute cette génération de petits enfants qu'on roule dans la farine en leur faisant croire à un vieux bonhomme rouge à barbe blanche, ce qui évite d'avoir à leur expliquer la crise en long, en large et en travers, et de leur expliquer pourquoi, à la place de la dernière console de jeux WII,... ben non! Juste une mandarine. Comme lors de certaines périodes les plus noires de notre existence, mais au moins, les enfants étaient contents, ma bonne dame! Tandis que maintenant..., il leur faudrait une bonne guerre!

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Pouf pouf!

Lulu, la quarantaine bien marquée, aimerait bien repartir pour une nouvelle vie, maintenant que ses enfants sont un peu plus grands et à peu près autonomes.

Régulièrement repoussée lors des entretiens d'embauche, elle s'offre une parenthèse, histoire de se prouver qu'elle existe encore un peu. Délaissant ses amis et sa famille (dont un mari beauf et alcoolique), elle commute sa vie en mode "vacance" pour une période de vacances à la petite semaine. Au cours de son ecapade, elle noue des relations avec d'autres personnes un peu en marge du système, qui semblent lui redonner goût à sa propre vie. Il faut bien dire que ces gens savent vivre et profiter de l'instant présent. Pour un menu gastronomique improvisé dans un camping-caravaning à l'hivernage, on ne se refuse rien. "Garçon! Quel vin avec la langouste?" Avec la langouste? Il faut croire que c'est déjà Noëls!

"Anjou blanc, Noëls de Montbenault 2004!" Excellent choix, garçon! Le choix du roi, le choix du Leroy! C'est Richard qui devrait être content de ce clin d'œil bédéphile de haute volée!

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Lulu femme nue, c'est une BD en deux tomes, l'un paru, l'autre à paraître, aux Editions Futuropolis, dessinée et scénarisée par Etienne Davodeau, l'un des musts de cette fin d'année. Une vraie BD d'auteur, au sens noble!

Garçon? Quel vin avec le homard, à défaut de langouste? Un Homard et Fred en deux sévices: fendu en deux vivant, grillé sauce corail.
Avec le homard? Anjou blanc Noëls de Montbenault 2003. Ben oui, je n'ai pas réussi à remettre la main sur mes 2004! Ma cave est trop bien rangée! Bonne pioche quand même! Un vin riche, miellé, aux délicieuses notes de fruits jaunes et de frangipane, qui possède un soupçon de fraicheur malgré le millésime, mais dont l'opulence fait merveille sur la texture du Homard  et du Fred aussi.

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Un beau vin de fête, un vin idéal pour un vendredi de décembre, en fait!

Olif


Retrouvez aussi les Dégustantanés sur le Blog de la Pipette.

05 décembre 2008

VDV 20 : merci la vie!

VendredisduvinLe dernier vendredi du mois, journée d'action de grâces? C'est possible! La preuve, c'est même devenu le premier du mois suivant! Grâce à Doug "Ablegrape" Cook, le Barack Obama des Vendredis du vin. Invité par Rémy Charest à prendre la présidence de la 20ème session de VDV, Doug nous invite à son tour à tourner nos regards vers son pays, ses usages et ses traditions.MERCI POUR LE CHOCOLAT.jpg

Thanksgiving! Fête typiquement nord-américaine où la dinde aux canneberges canne sur les berges et où les tartes au potiron aux potes iront aussi. Un équivalent français au repas du réveillon de Noël, si l'on remplace la dinde par une dinde, les canneberges par des marrons, la tarte par une bûche et le potiron également par des marrons. Un grand repas de paix et d'amitié, quand les marrons ne volent pas trop, et où, même si on ne reçoit pas de cadeaux, on dit merci. Merci pour tout, merci d'être là, merci d'être venu, merci Simca, merci la vie et merci pour le chocolat. Merci qui, merci pour eux, merci bien, merciiiii!

Merci Marc Houtin, merci la Grange aux belles, merci Merci!

Ce sauvignon très mûr, aux arômes de poire et de miel, comporte un chouïa de résiduel, pour un équilibre demi-sec, bourré de fraicheur et de tension. Il ne devrait pas trop s'accorder avec la dinde aux canneberges. On le réservera plus volontiers à l'apéritif ou pour la tarte aux potirons. Un vin convivial, festif, direct et franc. Merciiiii!

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Et merci Doug, pour ce VDV spécial Thanksgiving! Et encore merci la vie!

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Olif

 

 

04 novembre 2008

VDV 19 : bienvenue au club des « naturistes »

Vendredisduvin19ème session des Vendredis du vin pour un thème qui me tient à cœur : le vin au naturel, comme le titre de l’excellent ouvrage de François Morel, paru aux Editions du Sang de la Terre, livre que j’ai bu autant que dévoré, avec avidité, jusqu’à la dernière goutte. Qui dit « vin au naturel » sous-entend généralement raisin cultivé dans un grand respect du vivant (biologique ou biodynamique) associé au minimum d’intrants en vinification, le jusqu’au boutisme sans soufre se trouvant être le stade ultime de ce processus. Le soufre en vinification, finalement, c'est celui qui pose problème, qu'il soit anhydride, bisulfite ou métabisulfite. Un truc au nom peu ragoûtant, qui sent le gaz d'éclairage et dont on ne voudrait pas dans son potage. Et si on essayait de s'en passer en dégustation? Allez! C'est parti pour un Vendredi plein de bonnes surprises, de nouveaux participants et de dégustations-marathon.

Par ordre d'apparition à l'écran:

- Philippe "PhR" Rapiteau, the Pipette-man, habituellement en retard pour les VDV, et qui là, coiffe tout le monde sur le poteau en publiant son billet à 0h04, heure de La Roche sur Yon. Le vin nature est son cousin et il nous propose un Pur Breton 2007 d'Olivier Cousin, vigneron angevin très à cheval sur les principes "nature". Ne pas manquer non plus le portrait très complet qu'il a consacré à Olivier Cousin, le vigneron-paysan.

- Estèbe, the Slurpman, très en forme également, qui nous propose, après un préambule synthétique sur la problématique du vin nature, un mini tour de France du vin sans soufre, avec étape en Suisse. Et on est ravi de ses choix, du pinot noir genevois de Paul-Henri Soler au joli Saint-Jo du vigneron-tâcheron ardéchois, Fabien Bergeron, en passant par les vins de la Cadette de Saint-Père sous Vézelay (ceux-là, je ne les connais malheureusement pas!).

- Hub, the Œnothèque-man, qui nous a fait le plaisir de déboucher deux quilles. Que ne donnerait-on pour une Nuit d'Ivresse en compagnie de Catherine et Pierre Breton? En prime, un Hommage à Robert, de la part de Gilles Azzoni.

- Laurent, the Vinature-man, avait pris de l'avance. Mais pour lui, c'est tous les jours "vins sans soufre"! C'est pas loin d'une quinzaine de vins qu'il nous propose, au travers d'une grande dégustation publiée en deux parties  (live et complète) sur son blog.

- Un autre Laurent, the Caveman, belge itou, nous a déniché des bulles de Champagne et ça fait super plaisir. Les Roses de Jeanne ne semblent donc pas avoir d'épines!

- Sandrine, the Gourmande Woman, a appris à nager aux poules de Cyril Alonso. Bien vu! Le Beaujolais, une région qui bouge en matière de sans soufre!

- Frédéric, the FGSuperfredman, a tenté de me prendre par les sentiments en débouchant un Poulsard 2004 de Stéphane Tissot. Un cépage qui se prête merveilleusement à cet exercice du "no sulfite". Merci Fred!

- Rémy, the VDV man, a vu grand et convoqué toute une assemblée de blogueurs et de vignerons dans un bar à vins nature de San Francisco! Total respect, Mr le Président!

- Toon, the No-blog-man, mais peut-être l'un des plus fidèles participants à cette grande dégustation commune que sont les VDV, a visé haut en choisissant une Côte Rotie Tupin de Jean-Michel Stéphan:

"Jean-Mi Stéphan Côteaux de Tupin 2003 (en plus j’ai mangé à la source, pour ceux qui connaissent !).
Pour un vin sans soufre, millésime caniculaire, quelle fraicheur !
Un nez jeune sur le fruit, puis l’épices. A l’aération sous bois, olive noir, violette. La bouche est ample, souple, tout en finesse mais en expression egalement de son terroir. On sent un vin chaleureux et généreux (comme l’homme de côt-Rôt) et fière de son terroir. A boire après 1 heure d’ouverture sur des saucisses aux lentilles.
"

- Claude, the vignoble-on-line-man, a laissé l'avant-dernier vendredi du mois un compte-rendu sur l'excellente cuvée des Clapas, "En avant doute". On ne va pas se priver pour le comptabiliser et surtout insister sur la qualité de cette cuvée et de ce nouveau domaine ardéchois.

"Les Clapas "En avant doute 2007" découvert grâce à Estèbe : la 1ère impression au nez est sur la fraîcheur du fruit, un rien végétal, d'ailleurs un végétal qui me rebute normalement sur les vins souffrés et qui là, passe très bien (c'est grave docteur?). On est sur la groseille, la framboise, un fruit acidulé. La bouche ensuite : c'est frais là aussi, soyeux, ça coule le long du gosier comme rarement, les tanins sont légèrement croquants mais quelle légèreté, quelle digestibilité! Ce vin se boit avec une telle facilité que c'en est presque indécent. Un régal."

- Et enfin Olif, moi-même, ici présent, the sulfite-free-man, qui vous propose un Grenache tout nature du Grand Lauze, un Beaujolais-Villages du GAEC Jambon et un Plou-Plou complètement zinzin.

 

Voilà, je ne pense avoir oublié personne. Si c'était malheureusement le cas, signalez-vous, que je m'auto-flagelle publiquement.  Un beau succès pour cette thématique, avec pléthore de vins dégustés, et, visiblement, beaucoup de plaisir. Faites votre choix, et surtout, n'oubliez pas: buvez et lisez... Le Vin au Naturel!

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Olif

P.S.: mission accomplie, c'est bien volontiers que je cède ma place à Barack Obama, pour un mandat que l'on espère positif pour la planète entière!

31 octobre 2008

VdV #19 - Sulfites free

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Le vin au naturel, c'est le thème de ces 19èmes Vendredis du vin, que j'ai le plaisir et l'honneur de présider.

Le Vin au Naturel, c'est aussi le titre d'un passionnant ouvrage publié aux Editions du Sang de la Terre, en collaboration avec les Editions du Vin.

Plaidoyer pour une viticulture au plus près du terroir, de la vigne à la cave,  on lit ce livre de François Morel (pas le Deschiens, mais le rédacteur en chef de l'indispensable revue du Rouge & le Blanc) comme on boit un vin "nature" ou "naturel": à grandes goulées, sans reprendre son souffle.

"Le soufle? Un vlai ploblème!" si l'on en croit Ming-Li-Foo, vigneron chinois conventionnel et asthmatique au bord de l'asphyxie.

Mais d'abord, le soufre, comment ça s'écrit? Un ou deux "f"? Evidemment un seul s'il s'agit de l'anhydride sulfureux que l'on rajoute pour "protéger" le vin. Le protéger de quoi? D'une consommation sans modération? Parce que sinon, bonjour le mal de tête! Et bienvenue au deuxième "f"!

Le soufre-douleur, ou comment s'en passer en vinification, voilà le véritable objectif de ces Vendredis du Vin. Puisqu'il s'agissait de dénicher une bouteille de vin sans soufre, de la déboucher et de la boire. Si possible de l'apprécier, puis de la commenter. Ce qui personnellement ne me fut pas douloureux. Pour une meilleure lisibilité, j'ai même choisi des vins qui affichaient clairement leur statut sur l'étiquette.

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Tout Nature, c'est le nom choisi pour cette cuvée de grenache 2006 dans le plus simple appareil produite par la famille Lédogar, du Domaine du Grand Lauze. Goûte moi aussi ça si tu Lauze (3)! Le nez est d’une grande netteté, sans interférence parasite. Curieusement, la bouche est serrée, nécessitant du temps pour se détendre et s’épanouir. Une bien jolie matière préservée des artifices: du vin, tout simplement ! D'ailleurs, c'est marqué sur l'étiquette. Ça se boit presque tout seul, levage mécanique du coude néanmoins obligatoire.

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Beaujolais sans soufre 2005, c'est le nom de cette cuvée de Beaujolais-Villages du GAEC Jambon à Lantigné, au nez présentant une très légère note de réduction, qui s’efface derrière un fruit net (cassis) et des notes de violette. En bouche, une pointe de gaz, tonique, avant une belle matière juteuse, fraiche. Le Gamay dans toute sa natureté, un vin simple et franc, fleuri et coloré, à petit prix !

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Plou Plou 2005, un Arbois tout nu produit par les Zinzins du vin, à Besançon, la grande adresse naturiste bisontine. Plou Plou, y'a bon Glou Glou: un panier de cerise et de groseille réhaussé par une pointe de gaz, offrant beaucoup de fraicheur. "Ploussard ou poulsard, l'important c'est d'en boire". Et moins il y a de soufre, plus on peut en avaler, de vin! Avec modération, évidemment!

Olif

P.S.: l'ouvrage de François Morel, Le Vin au Naturel, recommande la lecture assidue du Blog d'Olif, de La Pipette aux Quatre vins, de Vins Etonnants et du Blog de Francis Boulard. C'est réciproque!

P.S.2: Patrick Baudouin vient de nous rejoindre dans la Bloglouglou. Un nouveau blog à recommander sans modération.

 

30 octobre 2008

Demain, c'est vendredi...

Vendredisduvin... et le vendredi,le dernier du mois, c'est VDV! Que la publication du thème du mois, "Sulfite free", coïncide avec Halloween n'a pas de quoi effrayer les participants, bien au contraire. Le plaisir devrait être au bout des lèvres!

Plus que quelques heures pour rendre les copies, mais les retardataires seront les bienvenus. Pour cause de partance en vacances de Toussaint, la synthèse ne devrait pas être publiée avant mardi 4 novembre.

En résumé, vous devez donc:

  • Avoir choisi un vin qui correspond aux critères décrits et l'avoir dégusté avant demain.
  • Publié vos impressions avec les détails pertinents du vin sur votre blog entre 0h et 24h le vendredi 31 octobre 2008, ou sous la forme d’un simple commentaire sur ce blog ou sur celui des VDV.
  • M'avoir envoyé votre nom, le nom de votre blog et un permalien vers votre article avant minuit le vendredi en question (vous pouvez le faire en laissant simplement un commentaire sur le site des Vendredis du vin).
  • Vous pouvez aussi ajouter vos notes de dégustation sur Vinorati, en les partagant avec le groupe Vendredis du Vin., ou encore sur Vinismo.

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Olif

P.S.: troisième billet de la journée, ça va faire jaser du côté de Vierzon! La faute aux vacances, parce que normalement, je suis bien plus occupé que cela! Professionnellement parlant, s'entend!

06 octobre 2008

VdV #19 - Sulfite free, ohne schwefel, sans soufre... ajouté

VendredisduvinUn petit thème polémique et d'actualité pour cette 19ème session des Vendredis du vin qui a vu ma réélection haut la main, devant Monsieur B., qui a préféré garder l'anonymat et qui nous aurait proposé une dégustation de vins levurés au Pepsi Cola et le petit N., carrément favorable à une orgie de Pepsi Cola. Avec Olif, pas d'artifice au programme ni de chichi: le vin dans sa natureté, complètement à poil et pas bling-bling pour un sou. Il parait que les bobos parisiens en raffolent (sans véritablement savoir que c'est bon!) et que la contagion gagne les petites villes de province, et même la Bloglouglou un peu également. Prise en grippe par les dépositaires exclusifs du savoir-bien-boire-le-petit-doigt-en-l'air, l'absence de soufre ajouté fait pourtant cruellement défaut au monde des vins aseptisés et bombardés de produits chimiques. Et si on essayait de s'en passer un maximum, pour bien comprendre que son utilisation peut être parcimonieuse et réfléchie, sans nuire au produit final? Hein, si on essayait? Rien que pour voir!

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Alors, le vin "nature" ou "naturel", utopie ou véritable raison d'être? Masque-t-il réellement son terroir derrière des arômes bestiaux ou au contraire révèle-t-il toute la pureté de son terroir et la natureté de son raisin? Les vignerons naturels sont-ils tous des je-m'en-foutistes ou savent-ils réellement apprivoiser le vin pour éviter de l'empoisonner? Y-a-t-il une viticulture propre, à la vigne comme à la cave? Faut-il vraiment lyncher Pierre Overnoy? Autant de questions qui devraient rester sans réponse mais, en principe, permettre à l'amateur du vendredi de se faire plaisir, tout en ne se ravageant pas les papilles à grands coups de sulfites, de pesticides ou autres produits chimiques peu ragoûtants et difficilement buvables, même à l'aveugle.

Votre mission, donc, si vous l'acceptez, est loin d'être impossible: dégoter un vin sans soufre ajouté, ou alors vraiment très peu (ne pas se fier à la mention "contains sulfites" sur l'étiquette, les "natural sulfites", produits lors de la fermentation alcoolique sont naturellement autorisés), et démontrer (je l'espère) par a+b-c que la nature fait parfois bien les choses, sous le contrôle d'un vigneron bienveillant et peu interventionniste à la cave.

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En résumé, vous devrez donc:

  • Choisir un vin qui correspond aux critères décrits et le déguster d’ici le 31 octobre 2008.
  • Publier vos impressions avec les détails pertinents du vin sur votre blog entre 0h et 24h le vendredi 31 octobre 2008, ou sous la forme d’un simple commentaire sur ce blog ou sur celui des VDV. Les retardataires seront acceptés bien volontiers, puisque je serai absent jusqu'au 4 novembre inclus, vacances de Toussaint obligent.
  • M'envoyer votre nom, le nom de votre blog et un permalien vers votre article avant minuit le vendredi en question (vous pouvez le faire en laissant simplement un commentaire sur le site des Vendredis du vin).
  • Vous pouvez aussi ajouter vos notes de dégustation sur Vinorati, en les partagant avec le groupe Vendredis du Vin., ou encore sur Vinismo.
Souffrez que je vous salue!

Olif

P.S.: quelques pistes à suivre: , , ou encore là. Et puis une belle dégustation à titre d'exemple ici.

P.S.2:  le sujet est vraiment tendance actuellement, puisque la TSR a consacré une émission à ce sujet il ya peu, émission que l'on peut visionner en cliquant .

26 septembre 2008

VdV #18: dessine-moi un Pinot Noir!

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18 ème session des Vendredis du vin, en pleine période de vendanges hexagonales, et notre dévoué Président a repris le flambeau. Est-ce devant le désarroi bourguignon, pour cause de météo difficile et de millésime compliqué en 2008, que le Petit Prince de la Belle Province a décidé de nous sonder sur notre vision du cépage emblématique de la Bourgogne? "S'il te plait, dessine-moi un Pinot Noir!" nous a-t-il dit en substance. Une chance, on aime plutôt bien ça, par ici et on en possède différents modèles à la cave. Même qu'on en produit aussi dans le Jura. Et en Alsace également. Et aussi en Orégon et en Afrique du Sud, mais c'est un peu plus loin de la maison. La Bourgogne n'a donc pas le monopole et la thématique ne s'en trouve que plus ouverte.

 

 

Arbois Pinot Noir 2005, Stéphane Tissot

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Les raisins de Camille! Réputé pour ses vins rouges de grande garde, Camille Loye préservait jalousement son secret. Ses vignes de Trousseau des Corvées étaient largement complantées de Pinot Noir, qui apportait étoffe et structure au vin. Lorsqu'il reprit (pendant deux ans) l'entretien de ces vignes en location, Stéphane Tissot isola tous les raisins de Pinot Noir des Corvées sous Curon pour produire une cuvée spéciale, un véritable collector. Dans un grand millésime comme 2005, cela donne un vin plutôt charpenté, à la fine texture grenue. Très jeune, encore légèrement marqué par un beau boisé très fin, à la hauteur de la matière première, c'est un Pinot riche et vigoureux, dans un grand millésime, qu'il faudra attendre patiemment. Ça pinote, il y a du croquant et de la fraicheur, sur une trame légèrement végétale.

 

Alsace Pinot Noir Les Pierres Chaudes 2006, Domaine Julien Meyer

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Ce Pinot Noir, dans un style plus gracile et élégant, pinotant en douceur, est une belle réussite signée Patrick Meyer, un vin diaphane, aux notes de fleurs fanées et de griotte. Des tanins en dentelle, d'une finesse remarquable, qui laissent parler la pierre, aussi chaude soit-elle. Le vin, lui, ne l'est pas, chaud, mais digeste, friand, buvable. Pour la petite histoire, cette bouteille sortit largement en tête d'une petite trilogie à l'aveugle, devant la Petite Cuvée Cailloutine 2006 de Paul Louis Eugène (assemblage Pinot Noir-Cinsault, censé tirer plus sur le versant Pinot), trop chaleureuse, beaucoup moins bien goûtée que précédemment, et un Chambolle-Musigny 1er cru Les Sentiers 2000 de Groffier, d'une finesse éléphantesque et pour tout dire surprenante de la part d'un vin de ce domaine, pas du tout à son avantage ce soir-là, même si  je l'ai déjà beaucoup mieux goûté par ailleurs.

Vive le Jura, vive l'Alsace, vive le Pinot noir, vivent les Vendredis du vin! Et vive la Bourgogne aussi, un peu.

 

Olif

 

29 août 2008

VdV #17: des cailloux dans le vin

Vendredisduvin17ème rendez-vous avec les  Vendredis du vin, le grand rendez-vous francophone de la Bloglouglou, et pour cette session présidée par le Méchant Raisin, il va falloir jouer au Petit Poucet et chercher les cailloux laissés par le vigneron dans la bouteille. La minéralité! Le gros mot est lâché, celui qui fâche parfois les amateurs, parce qu'il est censé être le véritable reflet du terroir. Le terroir! Ce truc qui reste dans le verre lorsque le vin s'est évaporé. Le problème, c'est que cette minéralité est loin d'être correctement définie. Comment se perçoit-elle, alors? Au nez, par des notes olfactives évoquant le caillou, la pierre à fusil, la craie, l'argile? Ou plutôt par la bouche et une structure acérée, tranchante, électrique (le coup de la pile plate testée avec la langue)? Ou encore sur l'étiquette, par le nom de la cuvée ou du domaine (Le sang des Cailloux, Picque Caillou, Contrexéville...)?

Goûter la terre, sucer des cailloux, voilà ce qui reste dans le vin une fois le cépage retrogradé au second plan, laissant la terre nourricière révéler les secrets de sa roche mère. Malheureusement, ce serait trop simple! Il n'est pas impossible de boire des vins dits "de fruit" qui possédent des caractéristiques minérales, du fait de la présence de sels minéraux dans les 15 premiers centimètres d'un sous-sol parfaitement respecté par le vigneron.

Bon alors, la minéralité, c'est quoi, finalement?

Un peu de tout cela à la fois, en fait, et le meilleur moyen de réaliser à quoi elle correspond est encore de déguster... de l'eau, comme on l'a fait aux RE-VE-VIN 2006 ! Une eau faiblement minérale, type Cristalline, versus une eau minérale des Vosges, type Vittel, par exemple. Les sels minéraux de l'eau se traduisent alors par une sensation très particulière et caractéristique sur la langue et c'est cette sensation qu'il va falloir tenter de retrouver dans le vin.

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Dans ce vin, on va en retrouver partout, du caillou: dans l'appellation, dans la bouteille, dans le verre ou encore sur l'étiquette. Voilà qui simplifie grandement la perception de minéralité, finalement. L'autosuggestion arrange bien les choses.

Blanc fumé de Pouilly, Cuvée Silex 2002, Didier Dagueneau
L'être et le Néanderthal! Les notes de pierre à fusil caractéristiques des Sauvignons produits sur le sol de l'appellation Pouilly-Fumé sont bien là, apportant du tranchant à la matière. Un coup de silex dans le panier d'agrumes et la graisse du mammouth. Un vin dépecé par l'éclat de la pierre, malgré sa richesse, et ne possèdant aucune lourdeur, grâce à cette minéralité sous-jacente. Une bouteille bien séduisante, à déguster au coin de la cheminée, simplement vêtu d'une peau de bête (pourquoi pas celle d'un matou roux?), en faisant "groumpf", tout en frottant pour se réchauffer deux bouts de bois l'un contre l'autre, voire autre chose si affinités.

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Olif

25 juillet 2008

VdV #16 - A nous les Grands Vins de Table!

VendredisduvinVoilà une bonne nouvelle! Bacchus aime le vin, Bacchus aime les Vendredis, Bacchus ne pouvait qu'aimer Vendredis du vin. Il n'y a pas nécessairement le Feu à la Cave, mais nous souhaitons la bienvenue à Laurent de la cave où il y a le feu, pour cette seizième édition des VDV.

Les amateurs (éclairés? éclaireurs?) savent depuis longtemps que le vin est fait pour la table et pas exclusivement destiné à des concours de dégustation. Ils ne rechignent pas à apprécier le vin sur les seuls critères du plaisir, de la buvabilité, de la gourmandise, plutôt que de l'intellectualiser de façon systématique en le décortiquant et/ou le comparant avec ses pairs, en se fiant principalement à l'étiquette.

Vin de Table, pourtant, est loin d'être une dénomination qui suscite l'envie de la part du vulgum pecus attaché à un certain standing. Ben oui, puisqu'elle n'est associée à aucun critère qualitatif dans sa charte d'élaboration. A partir du moment où ce n'est pas un produit issu d'un "mélange de vins de différents pays de la communauté européenne" (les rebuts et/ou excédents de production des latrines viticoles de chaque pays), être un Vin de Table n'est pourtant pas obligatoirement péjoratif. Il existe des vins de "très bonne table", notamment du côté de Lisson, chez Iris, qui sera peut-être une nouvelle fois décrétée hors concours VDV, après Les Vins de Femmes, Les Vins Oxydatifs, Gare au Grenache, Le vin à l'affectif, Les buveurs d'étiquette, Votre Rosé unique au monde, et j'en passe certainement.

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Ceci est un Vin de Table en tek. Mais, nul ne peut le contester, même si le tek pourrait être rafraichi, il s'agit bien là d'un Vin de Table. Plus précisément, d'une Clairette du Languedoc 2007 du Domaine des Dimanches, d'Emile Hérédia. Un vin à la gracilité étonnante, frais, droit et tendu, malgré la perception d'un peu de sucre résiduel, l'équilibre restant plutôt dans un registre sec. Le tek lui dit merci!, à ce Vin de Table.
 
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En parcourant le Blog, il ne devrait pas être difficile de trouver moult vins de table, pas exclusivement en tek, ce sont ceux qui reçoivent le plus souvent mon agrément personnel en ce moment. Dommage que je ne puisse le faire figurer sur leur étiquette!

 

Olif 

27 juin 2008

VdV #15 - Nul n'est Champagne en son pays!

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... et c'est Tant mieux! A l'invite de Nicolas Ritoux , un compère québecois de Remy Charest, le Président des Vendredis du vin,  il va falloir trouver des bulles en dehors de la Champagne. Pas un challenge trop difficile, en fait, tellement ça gaze pour les vins mousseux! Vin festif par excellence, dont on peut faire péter le bouchon jusqu'au plafond, rien que pour embêter le voisin du dessus, le "mousseux" se décline de plusieurs façons, suivant les méthodes d'élaboration traditionnelle, ancestrale, ou champenoise. Un peu à part, parce qu'embouteillé avant la fin de la fermentation alcoolique, le pétillant naturel a aussi le vent en poupe, parce qu'il est pétillant, bien sûr, et naturel aussi! Du fruit en bouteille, avec plus ou moins de sucre, généralement peu d'alcool, une grande digestibilité, le vin de soif et de pique-nique par excellence. Et c'est Tant mieux!

 

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 Tant mieux, c'est aussi le nom de cette cuvée de Ploussard pétillant de Philippe Bornard, vigneron à Pupillin. Un vin résolument jouissif, sec, bourré de fruit, frais et gourmand, à la bulle exubérante dès l'ouverture. Vin de plaisir immédiat, parfait à boire, il ne passera certainement pas l'été mais il ne serait pas correct d'en gaspiller une bouteille pour arroser le public lors d'une victoire de Grand Prix. Laissons cela aux vins rèches, acides et difficilement buvables des marques soit-disant réputées de Champagne.

Olif 

30 mai 2008

VDV 14: tu sors d'où, toi?

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14ème rendez-vous avec les Vendredis du vin et, cette fois, il faudra dénicher l'oiseau rare, l'outsider qui coiffe tout le monde sur le poteau, la bouteille surgie de nulle part et que l'on n'attendait pas là, à cette place, à cet instant précis, le cépage incongru, le vigneron extra-terrestre qui produit des divins nectars avec pour seul bagage technique une formation de maître-nageur. C'est Remy, le cousin québecois propulsé à la présidence par l'exquise Lisa (qui, d'après des sources bien informées, nourrit un grand projet en gestation), qui nous soumet ce thème, en phase avec sa nomination. A chacun sa bouteille, voici la mienne!

 



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Qu'est-ce qu'il fait, qu'est-ce qu'il a qui c'est celui-là? Ben si je le savais! Un vin blanc, c'est une chose acquise. A la bouche un peu marquée par un élevage bois pas encore totalement fondu, mais droite et acidulée. Un Chenin de Loire? Un Melon du Muscadet? Un Chardonnay d'Afrique du Sud? Un Vermentino du Languedoc? Mystère, boule de gomme et papier à mâcher! C'est plutôt bon et bien fait, tendu comme j'aime, avec un soupçon d'enrobage. Mille excuses au vigneron producteur de cette jolie bouteille. Tu sors d'où, toi? Ben, désolé, j'ai pas la réponse! Mais quand même -peut-être?- une petite idée sur la question.



Olif