02 mars 2010
Raminagrobis
"Pour plaire au jeune prince à qui la Renommée
Destine un temple en mes écrits,
Comment composerais-je une fable nommée
Le chat et la souris?"
"Mais insensiblement, dans le tour que j'ai pris,
Mon dessein se rencontre , et, si je ne m'abuse,
Je pourrais tout gâter par de plus longs récits
Le jeune prince alors se jouerait de ma muse
Comme le chat de la souris."
Un jeune domaine que l'on suivra avec plaisir et assuidité.
Olif
P.S.: les extraits en italique et entre guillemets sont tirés de Le vieux Chat et la jeune Souris, de Jean de La Fontaine
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15 février 2010
Dive(s) bouteille(s)...
Brézé. Son château, ses caves troglodytiques, sa cuisine dédiée (le jarret de porc, les carottes, les endives,... tous braisés). La onzième DB est de retour au Pays. Back to the roots! Sur son brin de laurier normand, elle ne s'est pas endormie dans la Loire. Le cadre est juste grandiose, le casting vigneron juste exceptionnel, le ciel juste bleu et la température de service juste un peu fraiche. Organisation néanmoins impeccable par la divine prêtresse, Sylvie Augereau. Manquait juste un ou deux radiateurs par ci par là et un stand de vin chaud.
Dans le carré de l'Est, juste à droite en entrant, Savoie, Bourgogne, Jura, Champagne et Alsace se répartissent l'espace. On se croirait au pays, dis, tellement il fait bon! Fort belle mise en bouche avec les Saint-Véran d'Arnaud Combier. Mandeliers 2008, Barnaudière et Goutte de Charme 2007 étalonnent très haut les papilles. Le palais est désormais affûté. Gare!
Malheureusement pas de quoi se faire hara-kiri avec Fanny Sabre, Pommard, Volnay et Aloxe sont trop froids pour se goûter à leur avantage, comme la plupart des pinots noirs ce jour-là, d'ailleurs. On y reviendra une prochaine fois, aux beaux et/ou grands jours, peut-être? Grosse sensation pourtant du côté de Mâcon Cruzille, avec les vins de Julien Guillot (les Vignes du Mayne), le crusillez-vous? Des blancs épatants de minéralité, des rouges itou, dont une superbe cuvée Manganite, du gamay sur manganèse, ainsi qu'un Auguste Bourgogne Pinot noir, d'une grande finesse d'expression. Les "maynes", ce sont évidemment les moines, ceux de l'abbaye de Cluny, qui ont protégé les vignes des ravages de la chimie depuis bientôt 900 ans. Ce qui fait du domaine des Vignes du Mayne le plus ancien domaine en bio au monde. S'il vous plait. Mazette!
Impasse volontaire sur les Chablis d'Alice et Olivier de Moor, goûtés la veille à Renaissance. Mais là aussi, des vins extraordinaires de précision et de minéralité. Passage éclair dans le Jura, pour se refaire une santé avec du Savagnin. Juste le minimum. Quelques bulles naturellement pétillantes, du côté de Philippe Bornard, un Savagnin qui va bien, un Chardonnay en goguette et, tant mieux, un Ploussard bien connu de nos services. Le Côtes du Jura 2002 Jaune de Fanfan Ganevat est quant à lui une petite bombe fruitée et gourmande, d'une buvabilité inhabituelle pour un jaune à ce stade. Les notes oxydatives se fondent dans celles des fruits jaunes et rendent le vin d'une grande séduction. Casquette ... euh... chapeau, Fanfan!
Toujours à l'Est, les savoyards font bloc de glace. Jacques Maillet, toujours aussi sympathique, et ses vins toujours Autrement bons, côtoie Jean-Yves Péron, avec un seul R s'il vous plait. Adepte d'une vinification nature et sans soufre, Jean-Yves a pourtant décidé de faire des essais de sulfitage homéopathique sur certaines cuvées (de l'ordre d'1g à la mise). Le profil aromatique de la Mondeuse s'en trouve alors totalement métamorphosé. Les deux styles de vins sont très intéressants. A signaler une passionnante Jacquère 2008 élevée en mode oxydatif, au nez riche et puissant et à la bouche acidulée et salivante. Un domaine coup de cœur!
Dans le couloir rhodanien, en plein mistral, on se réchauffe comme on peut. Et on se régale avec les magnifiques vins d'Hervé Souhaut, du domaine Romaneaux-Destezet, sis dans la haute vallée du Doux, celle où il ne fait pas -36,7° le matin. Des vins remarquables, dont un magnifique blanc de viognier-roussane apte à séduire tous ceux qui ne sont pas fans des assemblages viognier-roussane. La Souteronne étonne, même goûtée dans le sous-terrain, Sainte-Epine n'a même pas besoin d'être retirée du pied, Jésus Marie Saint-Joseph!
Emportés par le mistral, c'est en Italie que nous atterrissons. Chez Luca Roagna, dont les vins ont déjà été largement commentés par ailleurs. Définitivement fan, même dans la froidure et hors Piémont.
Tournicoti, tournicoton. Après la pause escargot et/ou fouée et/ou sandwich plutôt bienvenue, retour au turf pour déguster Languedoc, Roussillon, Loire et compagnie. Rythme intense à l'heure de la sieste, qui nous voit passer par Zélige-Caravent (goûté la veille à Renaissance, hormis une délicieuse huile d'olive ramenée en guise de deuxième trophée), Frédérique Barriol-Montès du domaine de Casenove (et ses épatantes cuvées rouges ou ambrées), Bruno Duchêne, Loïc Roure, le Petit Domaine de Gimios, Sénat, Casot des Maillols. Plein d'autres seraient à goûter (Edouard Lafitte, Maxime Magnon,..) mais gros coup de mou du côté du stylo, du verre et de l'appareil-photo.
"Nul n'est censé ignorer la Loire" (© Glougueule), comme il est écrit à la base du verre fourni à l'entrée. Direction la dernière des caves troglodytiques, pour une descente du grand fleuve en Spiegelau. Tout de suite dans le grand Bain avec Alexandre dont les Pouilly-Fumé sans esbrouffe lavent prodigieusement bien le palais. De la belle ouvrage, à recommander vivement. Passage-éclair auprès de Thierry Germain, au programme du lendemain à Angers, pour aller découvrir Noella Morantin, dont les vins de Touraine sauvignonnent gaiement. M'est avis qu'on en reparlera bientôt, de ces vins et de cette vigneronne-là!
Dernière découverte au pas de charge avec les vins de Grégory Leclerc, vigneron à Chargé. Un vigneron, du bon raisin, de l'humour, du vin, ça détonne! Du Coup de canon à la Mule, le gosier n'est pas pour autant chargé et tout se siffle avec entrain.
Enfin du monde chez l'Auvergnat d'à côté! Antepenultième dégustation à la buvette de Patrick Bouju, en compagnie de quelques arsouilles qui trainaient par là. The Blanc, Lulu, La Bohême, que du tout bon, mais je suis déjà fan depuis longtemps.
Back to the roots au carré de l'Est, pour un ravitaillement de Jambon, sans un seul morceau de pain pour autant. Deux vins, un très beau blanc issu d'achat de raisins chez Guy Blanchard et Bataille 2005, une petite bombe de gamay épicée et poivrée. Dire que j'en connais qui n'ont pas aimé! Encore bravo, Monsieur Jambon!
Impossible de clôturer un tel marathon sans se replonger dans un verre de Jaune 2002 de Fanfan Ganevat. La boucle est bouclée. Le sommeil est assuré. A moins d'un imprévu du genre trottoir qui traverse la route sans crier gare, sur le chemin du retour. Mais ça, ça n'arrive jamais, hein? Oui, je sais, le lendemain matin, on fait ce qu'on pneu!*
Olif
* on touche un peu ici au domaine de la private joke, faut pas trop chercher à comprendre!
P.S.: la dive a fait le plein de blogueurs, qui s'en sont donné à cœur joie, ici, là ou encore là.
23:13 Publié dans Dives bouteilles ..., En léger différé du vignoble! | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
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31 décembre 2009
De belles paires de Noël...
Noël, ça rime avec Père, c'est bien connu, et paire rime avec .ou..illes. Bouteilles, c'est une évidence pour qui joue régulièrement au pendu.
Avant de clore l'année moyennement en beauté côté météo, il est temps, pour tirer un trait sur 2009, de publier ce frOliflège (©Docadn) de dégustation sous forme de kaléidoscope gastronomique.
A l'apéritif, le Champagne Brut Tradition des Frères Laherte a séduit son monde. Fin, classe, élégant, du vin, à la bulle fine et festive. Les deux bouteilles n'ont pas fait long feu. Chavot, ça le vaut! Pour les (grands) enfants ou les adultes à âme d'enfant, ce fut aussi la fête, Festejar de Patrick Bouju est toujours un régal pour les papilles.
Pour le repas, des huîtres, forcément, même si on réussit à en manger régulièrement toute l'année. Dans le Jura aussi, les traditions sont bien ancrées. Des Gillardeau, bien sûr, car une filière Bourcefranco-jurassienne s'est mise en place. Avec une petite nouveauté cette année, une plate charnue made by Gillardeau et affinée au Danemark. Aussi bon qu'une Belon, mais en plus charnu, comme une spéciale. Étonnant! Le Côtes du Jura Chardonnay En Barberon 2005 de Stéphane Tissot n'en demandait pas tant! Le midi, en guise de préliminaire à la soirée du Réveillon, une superbe entrée en matière. Le vin goûte magnifiquement, sur des notes grillées très pures. Sa tension répond aux saveurs d'iode et de noisette de l'huître. Le soir, sur un panachage de Spéciales n°3 et n°4, le Saint-Véran 2008 du domaine des Côtes de la Molière (deuxième mise) fut aussi parfaitement à son aise. Frais, minéral, acidulé, remarquable. A suivre, avec une petite nage d'escargots au persit plat et à l'ail, le Meursault Le Poruzot-Dessus 2001 de l'ami Rémi Jobard ne s'est pas laissé écraser par les ingrédients de la sauce. De légères notes d'évolution commencent à apparaitre, l'apogée est là et ce beau terroir murisaltien donne toute sa mesure.
Avec le cuissot de sanglier de 12 heures, comme une forme de (petite) revanche pour Hervé Bizeul, victime des cochons sauvages à l'automne. Un Clos des Cèdres de Lisson eût été également approprié, mais ceux qui sont en cave peuvent encore largement attendre, contrairement à ce Côtes du Roussillon Villages Vieilles Vignes 2000 du Clos des Fées, à point, très flatteur par sa concentration et sa richesse, bien arrondies par l'alcool. Un vin pour Obélix, c'est sûr!
Avec le fromage, les mauvaises habitudes perdurent car il n'est pas toujours aisé de revenir sur un blanc. Heureusement, un Époisses parfaitement affiné a bien répondu au Gevrey-Chambertin 1er cru Petite Chapelle 1999 de Jean-Louis Trapet, solide et terrien, à l'aube de son épanouissement. Sur l'assortiment de bûches, au Rivesaltes Hors d'âge Terre de pierres du domaine Sol-Payré, pourtant très bon, fut préféré pour sa légèreté et son caractère rafraichissant le Muscat Moelleux Petit grain du Petit domaine de Gimios. Du bonheur en bouteille, rapidement ingurgité et apprécié. Un vin qui rend le cœur et les pieds légers, parfait pour danser, sur la terrasse humide et sur un air des Pogues, dans la douceur de la nuit de Noël. Nostalgie des 80's, quand tu nous tiens!
Le lendemain, à peine remis, il a fallu remettre ça. Après un fabuleux Champagne à l'arrachée, déjà narré par ailleurs, un Corton-Charlemagne 1997 de Tollot-Beaut, que l'on m'avait prédit HS il y a peu, avait encore de beaux restes. De la stature, de la profondeur de l'ampleur, parfait pour rivaliser avec un délicieux foie gras au torchon maison. Sur la traditionnelle dinde de Noël, sauce aux morilles, deux grands vins de Bourgogne se sont distingués. Plus de jeunesse, de volume et de richesse dans le Clos-Vougeot Le Grand Maupertui 2000 d'Anne Gros, mais plus de finesse, d'élégance et de précision dans le Nuits-Saint-Georges 1er Cru les Pruliers 1996 de Gouges. Avec le gros gâteau choco-marron inspiré d'une recette de Saveurs, le Vouvray Clos du Bourg 1990 Moelleux 1ères tries du domaine Huet fut parfait pour méditer sur les raisons profondes qui poussent le genre humain à faire autant bombance à Noël. Tout est dans la modération, en fait!
Sur ce, un grand millésime 2010 à tous, avec une pensée toute particulière à ceux que la vie n'a pas épargné en cette fin d'année 2009. Tchin!
Olif
14:53 Publié dans Dives bouteilles ... | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
| Tags : laherte, patrick bouju, domaine des côtes de la molière, saint-véran, gevrey-chambertin, jean-louis trapet, meursault, rémi jobard, nuits-saint-georges, gouges, clos-vougeot, anne gros |
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17 décembre 2009
Mangeons et buvons nature à la Capitale

Des retrouvailles et des découvertes, c'est parti pour quelques impressions furtives et une poignée de coups de cœur. Séance de rattrapage tout d'abord avec François Blanchard, du domaine du Grand Cléré, dont il fallait absolument que je regoûte les vins après une première expérience mitigée. Un sauvignon 2007 qui ne sauvignonne pas, mûr et dense, et un cabernet franc 2006 qui ne poivronne pas, à l'extraction bien mesurée, tous les deux très séduisants. Impeccable pour une mise en bouche et un domaine à suivre de très près. Du côté des Griottes, Patrick Desplats propose blancs et rouges sur deux millésimes différents (2005 et 2007), ainsi qu'une Petite gâterie plutôt sympathique, en tout bien tout honneur. Le chenin de la cuvée Caroline se décline en deux versions, sèche ou liquoreuse, toutes deux réalisées sur un mode oxydatif. Le premier fût de cette cuvée a d'ailleurs été ensemencé avec un fond de verre de vin jaune du Jura. Juste à côté, Fred Rivaton est arrivé. Sans se presser. Insufflant un air de tramontane dans la pièce. Ses deux cuvées de blanc 2008 (Vieilles vignes, 100% maccabeu, et Blanc bec, assemblage de maccabeu, carignan blanc et grenache) sont impeccables, minérales et tendues, avec un soupçon de gras et d'enrobage sur Blanc bec. Et les rouges, Gribouille en tête, ne sont pas en reste! Un gros coup de cœur.
En face, se trouve Elise Brignot. Des bruits courent qu'elle quitterait Montlouis. Pas encore, car elle a toujours des vins en élevage et des stocks à la vente. Mais les vignes ont bien été vendues cette année. Elise a d'autres projets, ailleurs, mais pour l'instant, il est encore l'heure de goûter Format raisin, Oui mais non ou encore Les Poires molles. Ainsi qu'un liquoreux somptueux produit en petite quantité et dont je n'ai pas mémorisé le nom.
Translation au Sud et à l'Ouest, du côté de Buzet, en compagnie de Ludovic Bonnelle, du domaine du Pech. On ne badine pas au Pech! Et on ne se laisse pas facilement abuser. Quoique... Toutes les cuvées ne sont désormais plus présentées à l'agrément, elles devraient pourtant être l'honneur de l'appellation, que ce soit Le Pech abusé ou La Badinerie du Pech, des rouges solides et francs du collier.
Plus au Nord, on trouvera le duché d'Uzès et le domaine Lous Grezes, de Trees et Luc Lybaert. Une gamme conséquente, à l'accent flamand, dont un fort joli chardonnay minéral et frais, Les Elles, qui donne envie d'aller barboter dans la mer en maillot de bain jaune. Que des noms de baptême sympathiques pour des cuvées qui ne le sont pas moins.
"T'inquiètes, M'man!" C'est l'injonction de Jean-Marie Vergé à sa Catherine de mère, installée à la table à côté. Une manière de s'affirmer vis à vis d'une mère qui a du mal à ne pas couver sa progéniture, mais qui la laisse néanmoins voler de ses propres ailes. Que du rouge chez Jean-Marie, pour ne pas faire d'ombre aux blancs parentaux, du bon Gamay du Beaujolais, fruité et gourmand, un 2009 qui n'a rien de Nouveau et qui se laisse boire néanmoins à grandes lampées. T'inquiète, Catherine, il goûte bien, le rouge du fiston!
Catherine et Gilles Vergé, ils se trouvent à la table juste à côté, proposant à la dégustation une bonne demi-douzaine de blancs du Mâconnais. D'abord deux 2004, s'ouvrant sur de la réduction, durs à goûter ce soir-là, avant un Mariage blanc particulièrement heureux, puis un Mâcon 2001 développant une jolie aromatique de vieux vin ouillé et, enfin, un réjouissant vin de table du Mâconnais "Élevé au grand air". Trop facile pour un terroiriste jurassien!
Retour en Touraine, pour une deuxième belle découverte: les vins de Touraine de Joël Courtault, vigneron à Thésée. Sauvignon, Gamay et Cabernets biodynamiques déclinés à la mode nature, véritables petits fragments de terroir, frais et digestes, qui ont bien des choses à dire et ne le taisent pas.
Impossible de partir sans en reprendre une petite tranche! Justement, Philippe Jambon vient tout juste d'arriver. Jambon blanc 2003 et 2004, Une Tranche 2008, Bataille 2007 et Roche Noire 2006* goûtent à la perfection, à peine déballés du carton. De la grande quille zéro-zéro! Merci Mr Jambon.
Boire nature, c'est une chose, mais quand le miam est de la même veine, c'est encore mieux. Au Verre volé, l'assiette n'y est pas. Volée. Le culte du produit, servi sans chichi, de manière respectueuse. Cuissons chiadées, couteaux bien aiguisés, carpaccio de pot-au-feu bien assaisonné, andouillette Meurdesoif particulièrement goûteuse, purée maison savoureuse et verres bien remplis, en blanc comme en rouge.
Attention, Chenin méchant! Mais pourtant drôlement bon! Mordant et acéré, mais en même temps mûr et séducteur, avec une pointe de carbonique, plus ou moins marquée d'une bouteille à l'autre, ce 2007 de Nicolas Reau ne se laisse pas facilement tenir en laisse. La seule manière de l'apprivoiser, c'est de le siffler! L'Échappée belle vers le Bout du Monde d'Édouard Lafitte, qui, elle, se laisse écluser en moins de temps qu'une péniche ne met à descendre le canal Saint-Martin.
Paris, Paris carbure! Paris épure! Paris biture! Mais Paris nature!
Olif
* Oui, Laurentg. Roche Noire 2006 et son fabuleux terroir de roche volcanique, la vérité si je manganèse (private joke).
** Buvons encore plus nature avec Mr Septime, de Mistelle.fr.
19:52 Publié dans Bons plans, bonnes adresses, Dives bouteilles ... | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
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16 décembre 2009
La mécanique des fluides selon Monseigneur l'Abbet
Le cantique des quantiques ou la mécanique des fluides selon Christophe Abbet, un cours magistral reçu dans le grand amphithéâtre de la Capite des vignes de Travers. Une soirée informelle, sans prise de notes, sans prise de tête, qui nécessitait au préalable de vaincre le froid et la neige, et au cours de laquelle on a pu souffler de travers 40 balais et des poussières (il n'y avait pas de bougies) tout en goûtant à quelques vins de messe distillés par l'Abbet himself.
Dégustation apéritive de vins rouges, suivie d'un osso-bucco à l'entracte, avant d'attaquer les choses sérieuses et la dégustation liquoreuse digestive. La cerise sur le gâteau, ce fut une succulente tarte, paradoxalement aux pommes, un gâteau de Travers coupé à angle droit. Un accord de choix avec la marsanne et/ou l'arvine surmaturées.
Première révélation, sur le pouce: les gamays de Fully et de Christophe le valaient bien. Nonante-cinq et nonante-et-un (et nonante-deux à un moindre degré) ne font pas leur âge. 95, 91 et 92, je le précise à l'intention de ceux qui ne parlent pas suisse couramment. Les dernières bouteilles, ou presque, et un immense honneur d'avoir pu y tremper les lèvres, et même plus car affinités.
Deuxième impression, car ce n'est nullement une révélation, l'Abbet, en plus d'être un véritable Monseigneur du gamay, est un sorcier du liquoreux. Ambre 2002, enfin goûtée en bouteille, est un vin surnaturel, défiant la mécanique des fluides. Huileux, onctueux et d'une richesse qui mériterait d'être taxée par l'ISF. Le grand vin attendu, après toutes ces dégustations au fût enthousiasmantes les années précédentes. Une bouteille grandiose au milieu d'OVNI liquoreux et/ou oxydatifs produits en quantité infinitésimale. Eh! oui, le sorcier est aussi homéopathe...
Surmaturé 2000, Air du Temps 2003, Ermitage 2003 reflètent à merveille le feeling et l'inspiration de Christophe en matière de vinification. Chapeau, Monseigneur!
Olif
22:49 Publié dans Dives bouteilles ... | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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02 décembre 2009
De la transhumance des huîtres (bis)...
Chaque année, le phénomène est immuable. Lorsque les feuilles mortes ont fini de se ramasser à la pelle, mais pas notre amour ni même la neige qui pointe le bout de son nez, ces coquillages pierreux empoignent leur bâton de pèlerin et quittent leur parc ostréicole, fuyant la traditionnelle marée noire de Noël, pour gagner les blancs pâturages de la montagne et s'épanouir en liberté, petits caillous sur le chemin.
Leur long périple est pourtant semé d'embûches. Nos braves coquillages vont devoir affronter une foule de dangers. La route, le froid, le manque d'eau et de sel. Volontiers prises en charge par de gentils routiers au volant de leur camions frigorifiques, elles osent rarement se plaindre de la lonqueur du voyage, à grands coups de "C'est quand qu'on arrive?". Dociles et reconnaissantes, elles se laissent trimballer en encaissant tous les coups durs. Au terme de leur migration, après un périple loin d'être de tout repos, elles doivent alors affronter leur pire ennemi, un prédateur redoutable : l'homme des montagnes. En carence iodée perpétuelle, ce dernier a découvert, après des siècles passés à se lester l'estomac, que l'intérieur du caillou était mou, iodé et plus facile à digérer lorsqu'il était ingurgité sans sa coquille. Miracle de la gastronomie autant que de l'anatomie et de la géologie. Oui, parfaitement. Parce que, sous son écorce calcaire, l'huitre a un cœur, contrairement au gastronome cruel qui la gobe tout cru sans prêter la moindre attention à ses gémissements malheureusement inaudibles pour qui n'a pas appris à parler le langage huître. "Pitié, pitié, mon bon Maître! Ne me mange pas!" 

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L'huître creuse (Crassostrea gigas) est un mollasque bivulve fillibranche de la famille des ostréidés. Quelle autre idée! A ce propos, lorsque l'on rencontre un vieil ami généralement peu expansif, donc fermé comme une huître, on peut toujours essayer de le dérider d'un : "Salut, comment vas-tu, vieille fillibranche?" , même si c'est loin d'être gagné!
Abandonnées à elles-mêmes, souvent proches de la délinquance, on retrouve fréquemment nos amies les huîtres en bande, devant les vitrines du poissonnier, lorsqu'elles ont cru reconnaître un ancien ami poisson qui leur rappelle alors cruellement combien la mer leur manque. Braves filles! C'est là qu'on peut les cueillir facilement, à la main, par douzaines, ayant seulement à faire face à la vindicte d'un Ordralfabétix local, moustachu poissonnier fort heureusement non gavé de potion magique.
Armé d'un bon couteau, c'est au moment précis où elles ouvrent le bec pour appeler au secours qu'il faut leur briser net la mâchoire, d'un coup sec, pour s'en régaler en s'abreuvant de vin blanc.
A ce stade du récit, le lecteur se demande légitimement si je n'ai pas pété un câble ! Il n'a pas entièrement tort! Après ce préambule naturaliste et poétique, rentrons enfin dans le vif du sujet.
C'était hier soir la traditionnelle soirée huîtres de l'association des amis du Bon Echanson. Soirée très conviviale, plutôt festive, où nous avons l'habitude de tester quelques vins blancs destinés à accompagner ce mets simple, mais royal pour de pauvres jurassiens sevrés d'embruns.
La séance de l'ouverture est un grand moment réservé aux gens armés d'un bon couteau et sachant s'en servir. Les huîtres sélectionnées chaque année sont des spéciales n°3 de chez Gillardeau, célèbre ostréiculteur de Bourcefranc, le top de l'huître en charentaises ! Le salaire de l'ouvreur, en plus de quelques chapeaux d'huîtres prélevés par ci par là , c'est un petit verre de vin blanc, en l'occurrence, cette fois, un Château Ferrande 2008, frais et sauvignonnant mais ce n'est pas Graves!
Trois bourriches et des brouettes ayant été décapsulées en un temps record, il est temps de passer à table avec quelques autres flacons à se mettre sous la dent.
L'accord le plus trash, ce fut sans nul doute avec le Soleil Vert roussillonnais de Christophe Guittet. Un Wine shot à la robe trouble, et au nez exubérant, connoté citron vert. La faute probablement au Muscat d'Alexandrie, plus qu'au grenache blanc ou au maccabeu. Atypique, c'est la moindre. Pas inintéressant en terme d'accord, parce que la bouche possède un brin de vivacité, mais il en a dérouté plus d'un! Pour amateur de sensations fortes. Plus classique, celui avec le deuxième Graves de la soirée, le Château Magneau 2008, s'est avéré convaincant. Tout comme le Sancerre 2008 de Gérard Boulay, minéral et acidulé, s'est aussi révélé être performant. Sauvignon et Gillardeau, ça fonctionne, il faut croire! En dégustation pure, le Saint-Romain 2005 de Thierry Matrot n'a pas déçu. Finement grillé, minéral, tendu, ce beau chardonnay réalise lui aussi un bel accord avec les saveurs de noisette de l'huître spéciale.
Olif
22:56 Publié dans Dives bouteilles ... | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
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28 novembre 2009
Cadavres de vins exquis à Genève...
"Les cadavres de vins exquis sont la résultante d'une dégustation poétique et collective élaborée par un caviste philosophe alpiniste helvète où chaque participant déguste un vin à chaque fois plus exquis que les autres, sans connaitre ce que les autres participants ont déjà dégusté."

25 ans, le bel âge! Ça se fête, au moins autant que les 20 ans! 5 années plus tard, on remet ça! Créé par Jacques Perrin en 1984, afin de permettre à des amateurs exigeants de se fournir en vins exquis, le CAVESA a largement arrosé son quart de siècle sur les beaux rivages du Grand lac, suppléant ainsi à l'extinction provisoire du geyser qui éclabousse habituellement le Genevois de base.
Une genevoiserie très prisée, puisque tout le gratin d'amateurs de vins exquis et de cuisine raffinée que compte le secteur vient y pointer et y pointer le bout de son nez. Un tout petit nez fort joli, quand il s'agit de la délicieuse Scoopette, ou un groin à la narine un peu plus développée pour celui qui a pris l'habitude de slurper toute la sainte journée. On y croise également pêle-mêle un vigneron savoyan humaniste, un serial-gastronome coursier, un Président de Grand Jury peu physionomiste, deux Nico amateurs de vin, de terre et de Net, ... et plein de vignerons exquis, évidemment. Qui ont servi tout autant de vins exquis et même un petit peu plus.
Morceaux choisis autant qu'exquis: tout d'abord, le Vase N°10 2008 d'Henri Cholley, parfait pour une mise en bouche tranquille, après un beau Grand Cru millésimé 2000 d'Avize de Jacquesson. Et puis les Grains de folie de Marie-Thérèse Chappaz, légèrement handicapée au service mais impeccablement secondée par Le Châ, le sauveur attitré des dames en détresse. Qu'ils soient d'Or (marsanne) ou Noir (les deux cabernets + merlot), ces Grains 2007 sont impressionnants de définition et de perfection. Derrière, L'Insolite 2007 et la Marginale 2006 de Thierry Germain tiennent superbement le coup. Depuis 2002 et le passage en biodynamie du domaine, les vins voient leur style se transformer pour gagner en pureté et en éclat. On est impatient d'aller vérifier tout cela sur place dans le Saumurois dès que possible. Jolie découverte que les Rieslings sarrois du domaine Van Volxem, aux équilibres graciles et aériens, sachant prendre autant de hauteur que le géant Roman Niewodniczanski qui les présentait à la dégustation. Tout aussi haut perchés, les vins des deux stars vigneronnes alsaco-rhodaniennes n'ont pas failli. Le Schœnenbourg 2004 de Jean-Michel Deiss et l'Hermitage 2006 de Jean-Louis Chave sont deux bouteilles d'anthologie qui forcent le respect. Un bel accessit pour le Sang du Calvaire 2005 de Cazeneuve, que l'on retrouvera par la suite à table et qui se goûtait très bien, en dégustation pure comme lors du repas.
Et puis, pour terminer, mention spéciale à l'outsider jurassien, Laurent Macle, dont le Côtes du Jura 2005 et le Château Chalon 2000 ont su séduire les amateurs les plus exigeants de vins exquis. Appelé à le suppléer un instant au service, en fin d'après-midi, j'ai pu mesurer combien les dégustateurs helvètes étaient curieux de ces vins empreints d'une aussi forte personnalité.
Il y eut bien sûr plein d'autres vins, que je ne saurais tous citer, n'ayant pris aucune note sur l'instant (pas facile!): des Italiens, des Bourguignons, des Bordelais, des Suisses même...! Tous aussi exquis les uns que les autres, chacun dans leur style et leur typicité, mais il fallait bien faire un choix.
Fin de la dégustation, place au repas exquis concocté par Dominique Gauthier, le Chef du Chat Botté. Une gastronomie décomplexée dans une ambiance décontractée. En plus des vins prévus pour accompagner le repas, les bouteilles supplémentaires apportées par les vignerons et certains convives ont commencé à fuser (quand un magnum de Château Palmer 1962 vous passe sous le nez, c'est certainement que le petit LPV de François Mauss n'est pas loin!), dans une ambiance digne de la Paulée murisaltienne, mais sans bans bourguignons toutefois. Dans l'assistance, entre les tables, Le Châ n'en finit pas de virevolter, une bouteille dans chaque poche et une poche sous chaque œil, tant il a payé de sa personne ce jour-là. Le dynamisme du CAVE est à son image!
Le dernier mot, on va justement le laisser au bon Président du GJE, qui ne manie pas la langue de bois quand il s'agit de pondre un petit discours bien senti. Extraits exquis, entre la poire et le fromage, un verre de Château Chalon 1989 de Jean Macle à la main.
Vivent les amateurs de vins exquis, vive Jacques Perrin, et longue vie au CAVE.SA!
Olif
07:19 Publié dans Dives bouteilles ... | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
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24 novembre 2009
Château Chalon: Jean Macle à la puissance 10!
13:32 Publié dans Dives bouteilles ... | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
| Tags : château chalon, macle, jura, auberge des montagnards |
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10 novembre 2009
Mas Jullien, verticale montagnarde
21:15 Publié dans Dives bouteilles ... | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
| Tags : mas jullien, coteaux du languedoc, jonquières, auberge des montagnards |
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05 novembre 2009
Rémi Jobard 2007: le virage bio!
21:38 Publié dans Dives bouteilles ... | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
| Tags : rémi jobard, bourgogne, 2007, meursault |
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