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Bons plans, bonnes adresses

  • Retour(s) de Loire (2)

    Résumé de l'épisode précédent: revenu fraîchement de Loire, l'auteur n'en est toujours pas revenu. Une belle occasion de faire un retour sur ce qui s'est passé là-bas, avant son retour. D'où le titre du billet, avec un (s) entre parenthèses dans "retour". On commence par une expiation, bien avant le 24éme salon de la doutre, qui (ôtez-moi d'un doute) ne s'est tenu que la semaine d'après, à l'hôtel des Pénitentes. Penitenziagite!

     

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  • Retour(s) de Loire (1)

    Petite parenthèse dans mon hibernation jurassique, les salons de Loire sont pour moi l'occasion d'aller prendre la température angevine et vérifier que sa douceur légendaire ne soit pas un v(a)in mot. Température buccale, me dois-je de préciser aux esprits mal tournés encore perturbés par la triste affaire d'Aulnay sous Bois, puisqu'il s'agissait d'aller tâter du jus, d'Anjou ou d'ailleurs. Pendant ces 4 jours, du vin il y eut pléthore. Dispatché dans moult salons off, pour ce qui me concerne. Il y a déjà un moment que je ne suis plus très in, ni (sal)on. Un on dont les organisateurs se félicitent toujours du succès, tant mieux pour eux. Mais pour qui veut goûter à la crème, mieux vaut godiller hors-piste, même si les offs sont bien balisés depuis longtemps.

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  • Zinzin...

    Zinzin, il fallait déjà l'être, pour ouvrir en 2001 à Besançon, dans le Doubs (ouap*) une cave de vins natures bien avant que les parisiens ne s'emparent de la mode et la pervertissent un peu. Repris en 2015 par Thibaud Chargebœuf, les Zinzins du vin n'ont pas perdu l'âme instillée par Fabrice Monnin, leur créateur. Il vient même y livrer ses vins, ceux de Mazière, dans les Corbières, où il s'investit désormais totalement.

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  • Les Cévennes à la petite semaine

    Ou quand une semaine dans les Cévennes amène à Sumène, l'Aigoual en ligne de mire. L'Aigoual et les couleurs. La première fois que je l'ai franchi, en automne et sous une pluie battante, je suis passé à l'orange. Je ne me suis pas arrêté, trempé mais pourtant subjugué par ces lacets déliés, bordés d'un tapis de feuilles mortes que l'on aurait pu ramasser au tractopelle. Je me suis promis de revenir m'y mettre au vert, à la belle saison, sous de meilleurs auspices météorologiques. Un nouvel épisode du feuilleton cévenol, qui heureusement n'en fut pas un, d'épisode.

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  • De la vainitude des choses?

    "Des petits riens, des tours de rein, le vin c'est pas rien, le vin c'est un tout, et comme tout n'est pas vain ..." Même s'il arrive parfois que le vin devienne du vent. La faute au gel, à la tempête, à l'orage, à la grêle. Et c'est dans ces moments-là que faire du vin peut sembler vain. Pourtant, quand il est tiré, il faut le livrer, avant de le boire. Profiter d'une accalmie. Et charger la 203 à bloc. Ouvrir le toit, recruter des livreurs, et roule ma poule! Direction la vallée de l'Ouche, ferme de la Ruchotte. Chargés à l'aller comme au retour, mais pas de la même façon. De beaux produits, une belle cuisine et de bons vins rendent plus légers...

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  • Le Ventoux en dentelles...

    De Nyons au Ventoux, on a fait dans la dentelle. Marcher dans la montagne, manger au pif, boire une binouze pour étancher faim et soif, rouler en voiture derrière des "Ventoux-finisher" dans le col de la Madeleine, arpenter les vignes, déguster jusqu'à plus soif, rouler des mécaniques chez les bikers et manquer de rencontrer des célébrités.

    La preuve!

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  • Half-pipe en bord de Doubs

    Tiens bon la rampe, Jerry! Épreuve de half-pipe en bord de Doubs, au confluent du Cusancin, en habits du dimanche. Sur le parcours de la véloroute Nantes-Budapest, fort heureusement non fréquentée par les coureurs du Paris-Nice. Le printemps fait son timide, même s'il n'hésite pas à claquer la bise. Vent des hauts de France en pleine face! La douceur, il a fallu la dénicher à table, au retour du 1000 mètres promenade le long du Doubs, sur le chemin de halage, véritable parcours du combattant pour slalomer entre les cyclistes atlantiques ou hongrois. On ne s'en est pas privés! Le grand canal du Rhône au Rhin, projet dément qui nous aurait sans doute privés de cette formidable liaison cyclotouristique Est-Ouest, frôle la rue des Pipes, havre de détente sur la friche industrielle de l'ancien site de production des pipes Ropp, en bordure du Cusancin, haut-lieu de la pêche à la truite. Une zone 30 qui permet d'apprécier l'endroit comme il se doit, en tout bien tout honneur. Et hop!

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  • Week-end à Reims

    "Week-end à Reims, tous les deux comme un prince
    Épernay, Cauroy, s'il y a le temps
    Week-end champenois, en bus de fortune
    Font un beau métier à la RATP

    ...

    Afin de coincer la bulle dans ta bulle
    D'poser mes lèvres bancales sur ton bocal, ta cathédrale
    Une escapade à deux, le champ' ça rince
    Si j'rêve tu m'pinces, week-end à Reims"

    Voici revenu le temps des cathédraaales et celui du beau temps qu'on ne trouvait même plus dans le Sud de la France ou en Italie en ce week-end de début octobre. Gros coup de foudre pour Reims, visitée pour la deuxième fois cette année, après les grands jours champenois printaniers. Cette fois, il était aussi question de se prosterner devant un gros foudre...

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  • Temps ariégeois

    ... et mes peines. Si tant est qu'il y en ait eu. Non point, que du bonheur! Chronique d'un séjour pyrénéen sous la canicule de juillet, qui n'incite pourtant pas à sortir de la torpeur bloguesque estivale. Entre histoire, préhistoire et petites histoires, histoire de partager ces temps ariégeois élargis, de bas en haut et de Bouzigues à Bassiès, en longeant le Vicdessos depuis Tarascon et Niaux.

    "À Niaux, j'y go!", cri de ralliement, point de départ et base de campement de cette virée touristico-gastronomique. Hasard des disponibilités d'un hébergement apte à nous accueillir, dans ce secteur, en début d'été.

    Premier temps, pré-ariégeois, l'étang de Thau. Pour un prologue en espadrilles...

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  • Vini Birre Ribelli Bruxelli

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    C'était au temps où Bruxelles vroumait, c'était au temps où Bruxelles se rebellait. Vroum! C'était pas plus tard que la semaine dernière, à l'heure où j'écris ces lignes. C'est dire si c'est déjà loin. Vini Birre Ribelli, le salon nature qui manquait à Bruxelles et à la Belgique toute entière. Bien sûr, il y eut Olne (sweet Olne), le salon qui sera désormais au bon goût de Liège, puisqu'il va emménager Outremeuse en 2015. Il y aura maintenant le salon du vin et de la bière rebelles. 80 vignerons, 13 brasseurs, un peu moins de 100 rebelles à l'are. Hilares pour la plupart. Associer vins et bières dans un même esprit rebelle ne fut possible que grâce à la ténacité, que dis-je, la pugnacité de Patrick Böttcher, super héros belge et apotheker à ses heures perdues, bien secondé par l'irrésistible Jean Hummler, roi du Moeder et du lambic, de Fontainas à Saint-Gilles. Initialement orienté vers les vins naturels italiens (d'où son titre en version originale non sous-titrée), le salon s'est gonflé de la présence de vignerons français venus en nombre se délecter de croquettes de crevettes et de cuberdons, en plus de la pasta et du risotto. Un vaste melting potes avec quand même pas mal d'Alsaciens, même si la monomanie de l'Apotheker est devenue schizophrène, déchirée entre Italie et Alsace. Ses énormes capacités d'absorption ne l'ont pas non plus empêché de convoquer, cachet de l'Hôtel de la Poste-Tour&Taxis faisant foi, Languedoc, Roussillon, Loire, Bordeaux, Beaujolais, voire Jura, à la grande tablée du vin nature et/ou naturel, si tant est que ça existe. Une grande famille du vin et de la bière, qui va du vin bio au biodynamique en passant par le nature, de la gueuze à la bière conceptuelle, élaborée dans une optique d'accord avec les mets. Bref, ce week-end là, à Bruxelles, pincez-moi si j'ai rêvé, il y en avait pour tous les goûts.

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    Crédit photo: quelqu'un qui n'est pas dessus...

    La grande leçon à tirer de ce gigantesque barnum birro-vino-transalpin fut la facilité à passer de la dégustation du vin à celle de la bière (et réciproquement), du vin français au vin italien. Un véritable plaisir et en aucun cas un problème. Beaucoup de découvertes à faire (trop?), deux jours pleins n'y ont pas suffi. Il y avait pourtant largement de quoi développer son côté rebelle et même d'en débattre.

     

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     Crédit photo Florence Andrieu

    À deux reprises, même. D'abord une doublette italienne célébrée pour sa Résistance naturelle (Giovanna Tiezzi Pacina et Stefano Bellotti) et encadrée sur les bords par le grand maître de cérémonie en personne. Et puis une triplette emmenée par un Laurent Mélotte en grande forme, qui nous a appris qu'en Belgique, le simple fait de mettre un moine sur une étiquette faisant vendre des milliers de bouteilles de trappiste, une bière largement galvaudée, très peu naturelle et encore moins rebelle. En France, avec le même moine, on n'arrive d'ailleurs qu'à vendre du camembert Président...

     

    Instavini, instabirre, instaribelli

    En quelques clichés Instagram pris sur le vif, retour, de façon non exhaustive et totalement subjective, sur quelques éléments marquants de cette première édtion de Vini Birre Ribelli, que l'on peut déjà taxer de réel succès.

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    Premiers vins dégustés et premier coup de cœur pour les vins de la Tenuta Grillo. Dont ce Sancho Panza, un fiano de Campanie vinifié dans le Piémont par Guido et Igiea Zampaglione. 

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    Un peu de whisky pirate dans ce monde de vins et de bières rebelles grâce à la présence de Jean Metzger, avec en avant-première, un échantillon élevé en fût de vin jaune, au nom et à l'emballage astucieux, et ce magnum ultra-limité, élevé en fût de Rasteau. Uberach uber alles!

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    Grâce à la Mousse à Zigui, finis les mèches rebelles et les épis de travers. D'après Pierre Guigui, il paraît qu'elle peut même faire revenir l'être aimé.

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    La bière des Franches Montagnes (BFM), celle qui te cause dans le poste quand tu la bois! Plus particulièrement cette bière de saison, La Saison, même s'il n'y en a plus (de saison).

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    Délicieuses fleurs de terroir chez Brigitte et Vincent Fleith avec, en bonus, une intéressante comparative de pinot noir avec et sans sulfites ajoutés.

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    Gros coup de cœur pour le Vino di Anna, une boisson volcanique qui te lave l'intérieur tellement ça glisse tout seul, blanc comme rouge, et même le rosé.

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    Gueuze jaune, version 1. Lambic Cantillon élevé pendant 3 ans dans un fût de jaune de Stéphane Tissot, une couleur et un décolleté incroyables! La version 2, goûtée le lendemain à la brasserie, a juste bénéficié d'une finition jaune de 4 mois. Peut-être tout aussi efficace.

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    En avant chtout! La Franche fait sa Révolution, façon stout. Et cha décoiffe! Ah! cha ira, cha ira...

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    Le blanc de France Crispeels, au nom qui claque bien. Ultraviolet, Peau rouge et Petit diable ne sont pas en reste. Du vin qui réveille, comme le nom du domaine l'indique.

     

    Before, after, extras...

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    Un salon de ce calibre et un tel déplacement, ça se prépare longtemps à l'avance. Une fois en condition, les choses sont tellement plus faciles. Après les moules-frites jurassiennes, les moules frites façon Nordzee. Sans frites, mais bel et bien frites. "Fritti", a cru bon de préciser, en italien dans le texte, la poissonnière de la mer du Nord, histoire de ne pas tromper le chaland.

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    Les Brigittines de Dirk Myny trop petites pour accueillir la foule ayant répondu présent à la première soirée vigneronne, un petit groupe s'est expatrié du côté d'Orphyse Chaussette après l'apéritif collectif.

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    Rien à regretter, si ce n'est la séparation d'avec le gros de la troupe, grâce à la cuisine ensoleillée du sudiste Philippe Renoux, expatrié à Bruxelles, lui, depuis une bonne dizaine d'années maintenant.

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    Cerise sur le gâteau, la visite de la brasserie Cantillon le lundi matin valait le détour, même s'il s'agissait d'une révision, en quelque sorte. Toujours le même plaisir, j'en ai bien peur, et trois magnifiques gueuzes en dégustation, dont une sublime 2006 au vieillissement harmonieux.

     

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    Tous dans le bus ou dans la caravane pour un after vigneron à Ixelles, au Garage à manger, un concept bien plus séduisant qu'un pique-nique sur une aire d'autoroute. Tartare de saumon à la betterave, sandwich à la choucroute, gaufre au cuberdon, autant de petits bonheurs miniatures arrosés des restes du salon.

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    Un after vigneron ne serait rien sans les prolongations à la bière et c'est à Saint-Gilles, au Moeder Lambic originel, que Vini Birre Ribelli s'est clos en apothéose. Les rebelles pouvaient aller se coucher le cœur et l'estomac sereins, après avoir siroté quelques bières, dont deux petites merveilles de gueuze, millésimées 2008 et 2010. Déjà prêts à en découdre à nouveau l'année prochaine, j'en ai bien peur...

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    Olif

     

  • Vins naturels à la pelle à Guipel

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    Vinicircus, nouveau cycle, nouvelle ère, nouvelle équipe dirigeante. La précédente édition, annoncée comme la dernière en l'état par Anthony Cointre, aura permis un nouveau départ, toute l'équipe dynamique des bénévoles ayant encore furieusement envie d'en découdre. Exit le chapiteau emblématique, qui plombait trop lourdement le budget de la manifestation, et repli stratégique à Guipel dans une salle susceptible d'accueillir la foule. On aurait pu se retrouver à ViniGymnasium, mais c'était compter sans les capacités transformistes des haut-bretons.

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    Avant                        Pendant                                   Après

    Crédit photo ©Vinicircus

     

     

    L'esprit de Vinicircus était toujours bien là, il n'y avait qu'à lever la tête pour s'en convaincre. Fermer les yeux et se retrouver sous le plus beau chapiteau du monde...

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    Plus qu'un salon de vins, un festival complet, l'un des rares qui puisse justifier de traverser l'Hexagone pour pouvoir dire: j'y étais! Nouveau cycle, nouveaux vignerons. Priorité à la jeunesse! La passation ne se fit apparemment pas sans heurts au sein de la communauté vigneronne. Mais, au final et en bonne intelligence, des petits jeunes ont été parrainés par les anciens, apportant un souffle frais sur le salon. Bonjour et bienvenue à Michael Georget du Temps retrouvé à Collioure, qui a trouvé le temps de venir,...

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    ...à Vincent la Boria, qui a descendu sa tronche des Fenouillèdes, à Julie Brosselin et Aurélien Petit du petit domaine qui deviendra grand de Montpeyroux, à Christelle et Gilles Wicki les Jurassiens de service, à Francis Boulard, le pétillant champagnard à la glacière de compétition, à Paul Gillet, qui vient tout juste de reprendre les Maisons Brûlées de Michel Augé et qui ne pouvait proposer à la dégustation que deux pétillants naturels l'un parfaitement sec à base de sauvignon, l'autre à base de gamay, à Jean-Philippe Bouchet, vigneron rhodanien du Clos des Mourres débordant d'amour, et encore tant d'autres.

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    Vinicircus, c'est le grand barnum du vin naturel, évidemment! Mais pas uniquement. De la betterave, il y en avait un peu (beaucoup), dans le succulent menu du dimanche soir, concocté par Isabelle Ligeron (qui ne fait acte de présence dans ses vignes rennaises que le midi*), mais il y avait autre chose. Du spectacle de rue, avec, entre autre tête d'affiche, la patrouille de France en vélosolex, et un Magic cooker 13 redoutable d'efficacité.

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    Et aussi des vinicauseries atomiques, orchestrées par Valérie "la caviste atomique" et animées par différents vignerons, dont Patrick Meyer, qui a tenté de décrypter en 30 minutes la notion de minéralité.

     

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    Et enfin, à Vinicircus, comme tout finit toujours par des chansons, Che Sudaka a occasionné une forte fièvre du samedi soir avec sudation dans le cirque, transformé en dancefloor le dimanche pour une battle de DJ.

     

    Vinicircus, le changement ne lui a pas fait peur. Et c'est finalement dans un environnement beaucoup plus confortable pour tout le monde que s'est déroulé cette 11ème édition très réussie.

     

    Olif

     

    * Un midi dans les vignes, une adresse à ne pas manquer lors d'un séjour à Rennes.

  • L'Anversis du décor

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    Lamoura, Jura, un peu à l'écart du cœur de la station des Rousses. Brunes et blondes autorisées! Une situation potentiellement rêvée, pour un restaurant, au pied des pistes. Pas toujours le pied, pourtant, car le site est parfois un peu oublié, par les touristes, les skieurs, voire, pire, par la station elle-même. La Porte des Jouvencelles truste l'accès aux pistes de descente, celle de la Darbella a les faveurs du nordique. Par la force des choses et la volonté d'un homme, celle de Lamoura est désormais devenue la Porte des gastronomes. Bernard Robbe, tenancier de L'Anversis, a dû s'adapter pour capter une clientèle un peu moins touristique, mais beaucoup plus exigeante sur le contenu de son verre et de son assiette. Ce qu'il ne regrette finalement pas du tout. Une fois poussée la véritable porte en bois de ce bistrot de montagne, on pénètre dans un antre chaleureux. Il y a bien une terrasse ensoleillée, mais impraticable de nuit en hiver. À l'intérieur, le feu brûle dans la cheminée et la déco tout en bois est là pour rappeler que nous sommes bien dans le Jura, en montagne. D'abord le menu. Il se lit au tableau noir. Point besoin de lunettes pour les myopes et les presbytes, Bernard se charge d'en faire la traduction orale simultanée, une vraie tradition comtoise. Le commenter, l'expliquer, le suggérer, pour mieux faire apprécier cette cuisine roborative de montagne, inspirée, traditionnelle, à base de produits locaux soigneusement sélectionnés, avec juste ce qu'il faut d'inventivité pour la sortir de sentiers trop balisés. Un plat à choisir, celui de résistance. Et puis laisser faire. Jusqu'au dessert. Des mets souvent revisités par une petite touche locale et naturelle. Comme cette crème brûlée à la reine des prés, cueillie en saison dans les tourbières locales.

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    Et puis, il ne faudrait surtout pas omettre la carte des boissons, qui mérite une mention toute particulière et à elle seule le déplacement, d'ailleurs. Carte d'absinthes, avec pas moins de 20 références, carte des cafés (les meilleurs du monde, en provenance de l'Arbre à café), carte des thés et, évidemment, LA carte des vins. Avec pratiquement tout ce que le Jura compte de plus excitant: Ganevat, Tissot, Pignier, Octavin, Tournelle, Labet, Montbourgeau, Bornard, Gahier, Hughes-Béguet, Bruyère, Hannoun ... Bref, de toute beauté et que du bonheur! Sans oublier la carte hors région, qui complète ce bréviaire à faire pâlir d'envie et de jalousie bien des restaurants plus huppés. À noter, au service, un éclateur ultra-performant pour le passage en carafe, que le patron manie à la perfection. Ce soir là, le Garde-Corps 2010 de Philippe Bornard s'est bien éclaté et nous aussi, du coup.

     

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    L'Anversis, l'adresse incontournable pour gastronome en chaussures de ski ou raquettes, lors d'un séjour dans la montagne jurassienne. L'endroit vaut le détour, l'envers aussi!

     

    L'Anversis, Sylvie et Bernard Robbe

    239 chemin de l'Anversis 

    La combe du lac 

    39310 Lamoura-Les Rousses  

    +33(0)384 41 20 91

     

    Olif

     

    P.S.: les 24 et 25 mars, ce sera le printemps jurassien. Et même s'il reste encore un peu de neige au sommet de la Dôle ou du Crêt Pela, les Jurassiens du bas auront forcément le Nez dans le vert.

     

  • Les billets manqués de 2013...

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    Plutôt qu'un bête best-of, exercice quasi obligé des fins d'année, voire, pire, un bêtisier, voici un billet intelligent (quoique...), à ne pas obligatoirement prendre au sérieux non plus, compilant certains bons moments de 2013 complètement inédits, du total rattrapage de notes encore jamais écrites, parce que pas eu le temps, parce que... Parce que. En vrac, en bouteilles et aussi en tronches de vigneron(ne)s.

     

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    Tant qu'il a Plappevignes, il y a de l'espoir :)

    Le salon messin, pardon plappevillois, de François Adam pourrait donner l'impression d'être caché derrière une feuille de sa vigne, celle d'Adam, mais il n'en est rien. Implanté au cœur de l'ancien vignoble mosellan, parfaitement organisé, très fréquenté, par les Lorrains mais aussi les Luxembourgeois, avec une sélection de vins et de vignerons particulièrement qualitative et open, ce fut l'un des temps forts de l'automne gustatif, alors même que l'hiver commençait à se dessiner sur les montagnes du Jura.

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    Du vin, des tee-shirts (ceux de Rémy, évidemment) et des livres. L'occasion d'une battle-dédicace avec Miss Glouglou, régionale de l'étape et paradoxalement folle de Metz, malgré les heures qu'elle passe assise à se muscler l'arrière-train dédicacer. Les Tronches au tapis! Avec Ophélie Neiman, le vin n'est définitivement pas sorcier et les Lorrains sont assoiffés d'apprendre et de goûter. Y compris les vins des coteaux de Moselle, plébiscités par les locaux, même ceux qui en boivent tous les jours. Dont le Château de Vaux, l'un des plus réputés, et les vignobles Oury-Schreiber, également implantés dans le Languedoc au domaine Rocaudy. Et tout ça en bio de longue date, s'il vous plaît madame. De bien jolies découvertes.

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    Les trois muses du Sud en mi majeur donnaient à goûter le meilleur d'elles-mêmes, après qu'elles l'eussent trempé dans leur vin fétiche (de gauche à droite, le Temple du Château Bas de Marie Lottin, les Orientales de Laurence Rousselin, vigneronne rock'n'roll, et Homo Habilis de la piscenoise Catherine Leconte des Floris). Ne manquait à ce trio féminin qu'Antoine Olivier, disqualifié d'office pour des raisons bien faciles à comprendre, mais son Santenay sentait et goûtait ma foi fort bon la c(e)rise.

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    My wine is gone away :))


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    Lyon, capitale des Gaules et des Gones aussi. J'y suis allé à deux reprises cet automne et ce n'était pas pour faire le guignol. C'est bien connu, les Lyonnais ont le gosier et la Croix-Rousse en pentes. Première étape: Ô vins d'anges, chez Sébastien Milleret, qui a eu la cervelle de s'installer dans un ancien atelier de canuts pour ouvrir sa cave, au cœur du quartier historique de la Croix-Rousse. Une sélection de vins imparable, effectuée sur la route du vignoble. Tous les vignerons présentés en boutique ont été rencontrés et visités in situ. Ces derniers savent d'ailleurs lui rendre la pareille et n'hésitent pas à participer aux différentes animations proposées par la cave, rencontres, dégustations, repas, parfois les trois en même temps. Les vendanges et les vinifications à peine terminées, Catherine Bernard a sauté dans le TGV à l'occasion de la parution des recettes de sa vigne. Des recettes illustrées et revisitées par Julie Coppé, talentueuse cuisinière nomade formée, entre autres, à l'école d'Alain Passard.

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    Un menu trois étoiles, accompagné de flacons sélectionnés avec soin par Sébastien. Comme mise en bouche pré-repas, une mini-verticale des vins de Catherine Bernard (un magnifique 2010, un 2011 nouvelle mise plus que prometteur, un 2012 fraîchement mis en bouteille qui descend tout seul et un rosé collector épatant) a parfaitement aiguisé les papilles.

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    Courant novembre, Lyon deuxième, dans le deuxième cette fois. L'occasion de pousser jusqu'à Vercoquin, cave à vin naturels désormais doublée d'un véritable restaurant. Élémentaire, mais néanmoins très élaboré. C'est d'ailleurs son nom. Malheureusement, pas eu le plaisir de goûter à la cuisine ce soir-là, une autre adresse avait retenu mon attention. Ce sera pour la prochaine fois. Surtout que Julie Coppé vient parfois mettre la main à la pâte en cuisine, pour des soirées-événement. Vercoquin, côté cave, ça assure plutôt bien. Il y a de quoi étancher sa soif apéritive, d'autant plus lorsque Binbin, fou de vin, le "flying sommelier" en scooter, débarque avec des quilles supplémentaires sous ses ailes.

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    En novembre, fait ce qu'il te plaît. En mets également. Chez Katsumi Ishida, le vendredi c'est menu-dégustation, faut pas s'en priver. Carte de vins natures exceptionnelle, ce qui ne gâte rien.

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    On n'est vraiment pas Hédé! :)))

     

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    C'était au temps lointain, un temps d'avant que le breton moyen ne troque son chapeau rond contre un bonnet rouge pourtant bien moins seyant, bien avant aussi que la tempête de Noël 2013 ne vienne le décoiffer au cas où il ait justement oublié de mettre son bonnet. Comment ai-je pu ne rien écrire sur ma première participation à ViniCircus? C'était pourtant au temps lointain où l'on dédicaçait des Tronches à la pelle. C'était au temps où Miss Glouglou n'avait pas encore écrit son livre de sorcellerie.

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    Je me souviens d'un premier barbotage dans la Manche, encore bien fraîche pour la saison. Je me souviens aussi d'un samedi en bottes de marins, tenue de rigueur pour ne pas rester embourbé sous le chapiteau, puis de la première migration rennaise vers la côte pour cause de dimanche ensoleillé, un énorme bouchon qui a mis du temps à sauter. J'ai toujours en mémoire une agréable soirée aux Buveurs de Lune à Saint-Malo, ainsi que la prestation exceptionnelle de Rémi Fournier l'angevin, lors du premier repas pris sous le chapiteau. Je me rappelle que mes oreilles ont bourdonné longtemps après que la Caravane soit passée et shouf la chapka. Je revois même encore nettement la trogne d'augustes vignerons, parfois au nez rouge. ViniCircus, c'est tout un cirque et dire que je n'ai pas eu/pris le temps de le raconter.

     

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    L'année prochaine, on essaiera de ne rien manquer et de tout écrire. En attendant de poursuivre cette petite remontée dans le temps, je souhaite à tout le monde un joyeux Noël 2012.

     

    Olif

     

    P.S.: la photo mise en chapeau de l'article n'a absolument rien à voir avec le sujet. Il s'agit du château de Joux pendant l'hiver 2013, au temps déjà lointain où on avait encore de la neige dans le Haut-Doubs. Parce qu'un Noël sans neige, ni sapin...

  • Saint-Glou 2013 en Alsace: les bonnes adresses, yoppla encore une fois! (2)

     

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    © Vincent


    Retour en Alsace sur l'évènement le plus festif de 2013 avant l'ouverture des différents marchés de Noël qui émaillent la région et nouvel hommage à Saint Glou, grand patron des buveurs, qui a tenu début novembre son assemblée générale annuelle sur les bords du Rhin, ce qui ne fut pas un mauvais calcul.

     

    Obernai

    Quoi de neuf, Docteur? Qui aurait pu penser tomber un jour en extase devant une carotte? Excepté Charlotte, personne ne pouvait imaginer prendre un tel pied avec cette apiacée. Une bête carotte! Sublimée par Thierry Schwartz, du Bistro des Saveurs.

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    Et puis, cet œuf dans l'œuf®, prouesse culinaire magnifiquement relevée par une râpée de truffes, de la main même du chef, qui tient à ces petits gestes de dernière minute en salle, afin de favoriser la compréhension de sa démarche auprès des clients.

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    Et puis cet aérien Baba au Biersky (by Uberach), qui met magnifiquement en valeur l'alcool imaginé par Jean Metzger à la distillerie Bertrand d'Uberach, une des premières à avoir fabriqué du whisky alsacien. Assemblage d'eau de vie de bière et d'eau de vie de malt, le Biersky remplace le rhum au pied levé dans ce dessert au classicisme revisité avec bonheur.

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    Ribeauvillé

     

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    Dans l'un des plus beaux et célèbres villages alsaciens de la Route des vins, celui qui voudrait échapper au traditionnel winstub devra ruser. Au Goupil, bar à vins et cave à manger, l'Alsace est pourtant à l'honneur. Dans l'assiette et dans le verre, même si l'on s'autorisera quelques incartades extra-régionales, en Jura par exemple, pour revenir aux fondamentaux.

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    Un peu plus haut dans la rue, en direction des châteaux que nous n'atteindront jamais, il y a Saint-Ulrich, fidèle disciple de Saint-Glou, qui met à l'honneur le whisky écossais et la bière ... belge! Ouvert selon le bon vouloir du patron (c'est à dire souvent, mais en fonction de ses possibilités de récupération de la veille). Une belle occasion de se désaltérer une bonne fois avant de reprendre le chemin de l'hôtel.

     

    Andlau

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    Cliché Zinck Hôtel

    Camp de base de cette Saint-Glou alsacienne, le Zinck Hôtel propose des chambres aussi vastes et originales que confortables, à un tarif parfaitement étudié. L'accueil de tout premier ordre et une situation stratégique au cœur du vignoble en font l'étape de choix pour un périple alsacien.

     

    Barr

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    Tous ceux qui ne s'étaient pas barrés le dimanche après-midi se sont retrouvés Au Potin pour un potinage post Saint-Glou. Nostalgique des belles brasseries parisiennes, un concept alsacien exporté dans la capitale au XIXème siècle, Hervé Duhamel a recréé dans ce vaste endroit un mix entre winstub, restaurant et brasserie. Cuisine du marché, tendance bistronomique, spécialités alsaciennes ou tartes flambées, le choix est vaste. La carte des vins éclectique incite à batifoler hors Alsace, du côté de la Loire, du Jura ou du Rhône. Le plus bel endroit pour clôturer une Saint-Glou, en fait!

     

    Olif

     

    P.S.: fin de semaine parisienne chargée pour les amateurs de vin biodynamiques ou natures.

     

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    Tout d'abord, le jeudi 12 décembre, une battle-dédicace au Lapin blanc, 84 rue de Ménilmontant, qui réunira l'Altervin, les Tronches et Miss Glouglou. Avec en guest star Merci du domaine de la Boria.

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    Du vendredi 13 jusqu'au dimanche 15 décembre, il sera de nouveau possible de boire nature à l'Espace Beaujon, rue du Faubourg Saint-Honoré.

     

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    Et pour tous ceux qui n'ont pas le mal de mer, 25 vignerons bio-logiques & dynamiques se mettent une nouvelle fois en Seine sur la Péniche Mélody Blues. Ça va tanguer du côté de Bercy!

  • Saint-Glou 2013 en Alsace: les bonnes adresses, yoppla! (1)

     

     

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    © Vincent

    Le concept de Saint-Glou ne serait pas grand chose sans le Saint-Miam. Découvrir une région viticole ne se conçoit qu'au travers de sa gastronomie. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les organisateurs ont été gourmands. Et si la gourmandise est un péché, cela ne vaut que lorsque l'on est seul. À plusieurs, cela s'appelle de la convivialité. Chaque stand de ravitaillement a été associé à un ou plusieurs vignerons. La belle occasion de découvrir une jeune garde alsacienne, à côté des monuments viticoles inscrits au programme.

    Comme il s'agissait de ne pas manger une choucroute à chaque repas, la sélection des adresses gourmandes s'est effectuée de manière rigoureuse et totalement subjective, afin d'être au diapason du glou. On commence par le bas, qui, je le rappelle, se trouve en haut.

     

    Strasbourg


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    Les choses devaient démarrer en douceur à 17h30 par une dégustation apéritive chez Benoit Hecker, dans son Œnosphère alternative, au 33 de la rue de Zurich. Cave à boire, bar à vin, cave à manger, le concept est toujours aussi séduisant, surtout quand un vigneron de Gertwiller, Monsieur Yann Herr (pléonasme alsacien), fait le déplacement pour présenter et faire goûter ses vins.

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    De cette série passée un peu vite pour moi, les bouchons de Sélestat et de la Porte de Schirmeck ayant bien eu du mal à sauter, je retiendrai un jovial Pinot Chio, assemblage des 4 pinots vinifiés en fût et sans sulfites ajoutés, et un pinot noir 2012 ayant bénéficié à distance des conseils avisés de Monsieur Henri Milan (pléonasme provençal), chez qui j'ai rencontré Yann Herr pour la première fois, complètement par hasard.

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    Pinot Chio, un peu de bois, celui dont on fait les marionnettes, mais pas au point de lui en tailler une pipe.

     

    Les papilles en éveil pour contrer les oiseaux de mauvais augure, il est désormais temps de s'attaquer à la possibilité d'une Ill. Il suffisait de passer le pont, pour se retrouver Au Pont Corbeau, chez Christophe Andt, the adresse strasbourgeoise que Saint Glou ne pouvait manquer. Le gros travail effectué par Christophe auprès des vignerons qu'il affectionne, associé à une cuisine chaleureuse bien ancrée dans le terroir alsacien, en font un passage obligé lors de toute étape strasbourgeoise digne de ce nom.

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    On y mange une excellente choucroute, ce sera la seule occasion du séjour. Il ne fallait pas se priver. Rejoints à table par Patrick Meyer, la soirée ne pouvait que s'annoncer sous les meilleurs auspices civils. Et, du coup, ça dégoupille sec! Avec la cuvée du vigneron en finale, pour lequel il n'y aura pas match: un liquoreux de pinot gris sous voile sans sparring partner, à siroter jusqu'au bout de la nuit strasbourgeoise.

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    Colmar

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    Le lendemain midi, un peu plus bas, dans le Haut-Rhin, on n'a pas molli. N'en déplaise à Berthe. L'un des sens, oui, mais lequel? Située rue Berthe Molly, une cave à vin, bar à vin, cave à manger, un concept toujours aussi plaisant quand la qualité des produits est au rendez-vous. Pas de flammekueches dignes de Saint Glou, on se consolera joyeusement avec une tourte de la vallée, oui, mais laquelle? Délicieuse en accompagnement des vins servis par les deux vignerons présents. Philippe Brand reprend progressivement le flambeau d'un domaine familial situé tout en haut, dans le Bas-Rhin, à 20 km à l'ouest de Strasbourg. En bio depuis 2001, avec l'envie de titiller du nature. Une agréable Nymphe rose à l'apéritif, crémant à la bulle fine, et un pinot noir sans soufre 2012 dont le principal tort fut de passer avant (ou après) celui de son collègue de goulot.

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    Hubert Hausherr était comme un monsieur à la maison, à Colmar. Son domaine est situé un peu plus bas, dans le Haut-Rhin, du côté d'Eguisheim, à une portée de bouchon de là. Une belle découverte, sans sulfites ajoutés, dans la majorité des cuvées. Du lieu-dit Sunngass 2010 (complantation de riesling et pinot gris) au pinot noir 2011 du Fronenberg, en passant par Aussitôt bue 2011, assemblage de 3 cépages, comme son nom l'indique, et d'une grande buvabilité, comme son nom l'indique aussi. Sui Generis 2011, si sa mission était de nous faire aimer le gewurtz, eh! bien, c'est généreux et réussi!

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    Olif

  • Du vin servi au Pifomètre...

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    La pifométrie est une science ancienne et universelle servant à quantifier de manière totalement subjective et imprécise une mesure quelle qu'elle soit. Et ce, de la manière la plus injuste qui soit. Elle recourt à un mètre-étalon parfaitement variable, embarqué sur chaque individu depuis sa naissance, à la manière d'un avion-renifleur. En cas de litige, il est préférable de recourir à un ingénieur en Pifométrie. Jérôme Chauveau possède un diplôme équivalent qui lui permet de vendre du pif au mètre. À la manière de la bière, sauf que là, tous les vins sont issus d'une sélection très pointue. Parce qu'il a du pif, Jérôme. Pas un cap, ni une péninsule, mais un nez fin, un organe suffisamment développé pour dénicher des quilles particulièrement séduisantes, de Loire ou d'ailleurs. Ancien du Wine not, il ne s'est pas lancé dans le grand bain au pif. Vendre du vin, c'était déjà son métier. Maintenant, ça l'est encore plus et c'est lui qui choisit ce qu'il vend. Pas mal de Loire, évidemment. Mais pas que. Du Beaujolais, des Sabots d'Hélène, du Bergerac, du Cahors et encore plein d'autres choses. Manque juste un peu de Jura, encore..! Et puis, il essaie d'organiser régulièrement des soirées pour animer sa boutique, située à deux pas de l'avenue Foch et du centre de la vieille ville d'Angers. C'est méritant. La charcuterie proposée lors de ces réunions conviviales est artisanale, depuis plusieurs générations, les vignerons qui se déplacent sont aussi des artisans, parfois depuis la première génération, et leurs vins sont plutôt bons.

     

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    Pour cette soirée intimiste pré-salons de Loire, une ou deux tronches étaient présentes, plus un joli minois, celui de Camille Marquet. Lilian Bauchet, en méga super forme beaujolaise, a pourtant été scotché par Cajolle, le gamay du Sud-Ouest de Jérémy Illouz, avant de se faire écraser par la 2CV de Bruno Allion, le gamay de Touraine tout-terrain. Les Vaches, son Fleurie à lui, from Beaujolais, ce n'était pourtant pas de la bouse non plus! De terre et d'esprit, cuvée majuscule du Château Lestignac, est pourtant calligraphiée sans, ce qui permet d'ergoter sans fin et au pif, sur le choix du nom de la cuvée et la manière de l'écrire.

     

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    Un endroit qui a d'la gueule, même si son ouverture trop récente ne lui a pas permis de figurer dans la rétrospective cavistique des Tronches de vin, ce qui est regrettable.

     

    Olif

     

    P.S.: pas eu besoin de robot-chercheur pour cela, mais on a trouvé du vin sur Mars. Mars, le mois des salons, publics ou professionnels. Ce week-end, ce sont les Vins d'à côté, une émanation des Vins du coin, passés juste à côté, à Orléans.

     

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    Le week-end prochain, les 9 et 10 mars, ce sera Vins natures en Nord, le salon de Seclin, un événement toujours très attendu, chez les Ch'tis comme en Belgique voisine.

     

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    Et du 11 au 14 mars, place aux Découvertes en Rhône, salon officiel et itinérant organisé par Inter-Rhône, du Sud au Nord, permettant aux professionnels de faire le plein de grenache, syrah ou viognier. Avec quelques offs passionnants, également réservés aux pros, dont une Nouvelle lune qui se lèvera le lundi 11 mars sur la Collection Lambert, haut-lieu de l'art contemporain en Avignon...

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    ... et un Off de ouf le mercredi 13 mars chez David Reynaud en Crozes Hermitage à Beaumont-Monteux.

     

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  • Vivant m'a tuer...

     

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    Vivant, Pierre Jancou l'est toujours à fond, et plutôt deux fois qu'une. Avec l'ouverture de Vivant Cave, la désormais célèbre ancienne oisellerie du Xème (celui qui a pensé "siècle" aura un gage, le tour de l'arrondissement à genoux) se décline en deux versions: la table et la cave. Vivant table, pour s'asseoir et prendre son temps, Vivant cave pour manger et boire, tranquillement, sur le pouce, au comptoir ou quand même à une table si l'on en a envie, ou repartir chez soi avec une belle quille à pas trop cher pour ne pas se priver. Sans oublier Vivant toilettes, pour un besoin pressant ou un coup de fil urgent...

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    Toujours sous influence Jancou, évidemment, pour les saveurs, la cuisine a été déléguée à un jeune chef japonais, Atsumi Sota, qui a fait ses classes chez les meilleurs. Justesse et précison, voilà deux qualificatifs qui pourraient la caractériser justement et précisément.

     

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    Boudin noir, poulpe et piment doux. Un intitulé qui va à l'essentiel. Cuisson parfaite, qui donne à croquer de la tentacule sur le fondant du boudin noir, impeccablement relevé par les piments doux. De la salade et du parmesan pour la déco, mais aussi le goût, et voilà une entrée qui met en bouche et permet de tirer les choses au Grand Cléré, et tant pis s'il est pas là. Du Gewurtz tourangeau sans note variétale, avec de la maturité et de belles notes oxydatives, voilà aussi qui n'est pas banal, c'est sûr, mais c'est Vivant!

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    Vivant, c'est aussi un vivier de vins pas encore morts, qui ne sont plus à la carte, mais en cherchant bien, là, tout au fond, avec l'assentiment de Pierre Jancou... Des quilles pour initiés, grand format, à l'étiquette parfois illisible, mais au contenu qui ne trompe pas l'amateur de vins qui ont d'la gueule. Le Peyra 2001 n'en manque pas, c'est sûr, même s'il ne sera pas prochainement immortalisé sur le papier. Roche noire 2006 du sieur Jambon, par contre, ça s'imposait pour accompagner un cochon ibérique. Ton sur ton, parfaitement assorti. Si tu n'as jamais goûté à cette côte-là, à ces brocolis-là, à cette Roche Noire-là, tu n'as jamais mangé de cochon, ou même de brocolis, ni même bu de Roche noire de toute ta vie. Une approche de la perfection dans la cuisson, difficilement égalable, tout comme dans la définition du vin itou. J'en ai encore la queue en tire-bouchon!

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    Avec le dessert, il faut bien reconnaître que c'est parti un peu en vrille. On a retrouvé Éric Calcutt. Enfin, juste quelques bribes, des reliques pieusement conservées au fond de la cave. Il en a fallu de la persuasion, auprès de Solenne Jouan, la nouvelle gardienne des clés de la cave de Vivant, pour toucher au Nirvana. Un privilège qui n'est plus donné à n'importe qui, que celui d'avoir du Picrate dans les veines.

     

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    Oxygène 98, parfaitement sec et finement oxydatif, qui se serait bien accordé avec un vieux Parmesan, et Les Paradis 98, délicatement mœlleux, sur l'oxydation aussi, forcément, impeccable avec le chocolat en miroir ou les pignons de pin. Deux vins exceptionnels en voie de disparition, depuis l'épuisement total de la ressource. Comme dit Guillaume, chaque fois qu'une bouteille est bue, c'est un ours blanc qui disparaît de la banquise. Mais que fait le WWF?

     

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    Et que fait Solenne, la nouvelle sommelière du Vivant, sans nul doute recrutée pour son joli pull assorti d'oiselière du Xème (mais pas que)? Sa grande connaissance des vins nature, son sourire et son professionnalisme l'emmèneront certainement très loin. Peut-être même Outre-Manche, va savoir! Mais le plus tard possible, on espère. 

     

    Olif

     

     

     

     

  • Larmont-z-et merveilles...

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    C'est un endroit perdu dans la montagne jurassienne, à une encâblure de la frontière suisse et à mille lieues des endroits branchouilles de la capitale. C'est un coin de verdure et une arène naturelle où ne se joue aucune corrida. Les montbéliardes y paissent tranquilles et le Grand Taureau veille sur elles de toute sa hauteur. 1323 mètres, très exactement, un pli jurassien typique à la déclivité très progressive lorsque l'on suit la ligne de crête. Sommet du Larmont, le Grand Taureau se torée plus ou moins facilement. À pied, en raquettes, en VTT, à skis de fond et même en ski de descente. C'est le jardin des pontissaliens, qui s'y donnent rendez-vous quasiment toute l'année, pour une randonnée sportive, une marche dominicale digestive, une sortie en ski nordique, un verre sur la terrasse du Gounefay ou, mieux encore, depuis peu, une belle assiette et un repas en famille ou entre amis.

     

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    Le Gounefay, nouveau paradis gastronomique, avec la plus belle terrasse panoramique de tout le Haut-Doubs, voire même un peu plus loin. Un gros paquebot en bord de crête, qui surplombe la plaine de l'Arlier et qui a mis le temps pour arriver. Architecture discutée, mais non discutable, qui allie l'audace de la ligne à l'utilisations des matériaux traditionnels, dont les tavaillons, petites tuiles en bois permettant de protéger les façades des intempéries. Flashback. Dans les années 70-80, cette auberge montagnarde était le lieu de rendez-vous de toute la petite bourgeoisie pontissalienne, qui venait s'y rassasier de fondues, raclettes, braserades. Un endroit à la simplicité non feinte, qui réjouissait les notables en sortie dominicale. Mme Olif y faisait même des extras pour gagner deux ou trois sous pendant ses études. Les pourboires pouvaient y être royaux, parfois glissés sous les pieds de tables, pour échapper à la vigilance des propriétaires des lieux ou des autres convives, qui y allaient également de leur petit billet discrétos. Moi, à l'époque, je n'étais encore même pas né au Haut-Doubs, je n'en suis donc que le rapporteur. Et puis, au fil des ans, l'auberge a changé de gérants, connu parfois des heures un peu plus difficiles, signe des temps et de l'évolution de la société, jusqu'en 1999, où, là, ce fut l'apocalypse. Lothar est passé, même si l'incendie qui a ravagé totalement le Gounefay n'en est peut-être qu'un dommage controlatéral. Pas simple de faire front face au feu, tout là-haut, sans autre réserve d'eau qu'une simple citerne. Complètement rasé et rayé de la carte, le phénix a pris son temps pour renaître de ses cendres. Reconstruire une véritable porte d'entrée au tourisme vert et blanc du Larmont ne fut pas une mince affaire. Des enjeux économiques indéniables, désormais du ressort de l'intercommunalité, mais une inertie terrible, pour des raisons qui dépassent le commun des mortels, budgétaire et/ou politiques, sans aucun doute, mais va savoir! Après bien des turpitudes, ça y est enfin!

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    Le Gounefay nouveau est arrivé! Avec deux mois de retard sur l'horaire annoncé (une paille, après plus de 12 années!), en plein hiver polaire, mais juste à temps pour les vacances de février 2012. Restaurant, salle de séminaire, accueil du ski, salle hors sac, l'offre est totale. Une sélection drastique, style Masterchef, a été mise sur pied pour choisir le nouvel élu restaurateur parmi trois candidats. Une option gastronomique courageusement défendue par la responsable du projet, même si elle ne fut pas du goût de tous les élus locaux, a permis à Alice et Christophe Carel de prendre possession des lieux. Christophe a été formé à l'école Guignard, en Suisse voisine, à Orbe, où il a passé un certain nombre d'années. Une bonne école, qu'il faut savoir quitter, même un peu poussé, afin de prendre son envol. Ici, point de spécialités fromagères du pays, au grand dam de certains autochtones, mais une volonté de mettre en avant les produits locaux avec une touche personnelle, de la vraie cuisine, élaborée et goûteuse. Le cochon est bio, élevé sur le Larmont, à Simon Pion, tout comme l'agneau, servi en carré fourré aux piquillos. Une cuisson parfaite, une découpe exceptionnelle et un superbe goût d'ici, mâtiné d'ailleurs.

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    La Burratina, c'est l'ouverture vers l'Italie, servie avec des tomates d'antan et une salade bien aromatisée. Une grande première dans le Haut-Doubs, que de pouvoir goûter à ce must des caves à manger parisiennes. Il n'y a pas de raison d'en être privés, surtout que l'Italie n'est finalement pas si éloignée...

     

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    On n'oublie pas si facilement que ça tant d'années passées au service de la Confédération. Le meilleur dessert de là-haut, c'est cette "Éclaffée de meringue" à la double crème, fruitée et fleurie. Tout se mange, pas question de recracher la moindre pétale. Et cette double crème (de la Gruyère?), mmm! Même si ce n'est pas très raisonnable, du moment que ce n'est pas très souvent...!

     

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    Pour ce qui est des vins, la carte, résolument novatrice au départ, a dû subir quelques modifications pour s'adapter à tous les goûts et toutes les bourses. À côté de la sélection initiale, effectuée par Stéphane Planche, des Jardins de Saint-Vincent, quelques bouteilles passe-partout ont réussi à se glisser, pour contenter les amateurs de Bordeaux du dimanche, y compris les cadets. Mais boire une Tranche de Jambon, avec son carré d'agneau ou son épaule de cochon du Larmont, voilà qui réjouit le palais et le cerveau. Un vin qui a d'la gueule!

     

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    S'il est désormais acquis que, sur le Larmont, on y mange bien, l'offre reste variée, censée permettre à tout un chacun d'y trouver son compte. Trop sophistiquée pour une auberge de montagne, la cuisine de Christophe Carel? D'un excellent rapport qualité-prix, surtout, avec ses deux menus à moins de 30€. Sur l'autre versant, aux Granges d'agneau, c'est la gloire des spécialités montagnardes Chez Magloire. Les rœstis y font recette, il y en a donc pour tous les goûts.

     

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    Mais cette montagne pontissalienne a encore bien d'autres choses à raconter. Truffée de forts, construits au XIXème siècle dans le cadre du système défensif Séré de Rivière, elle constitue le dernier rideau défensif jurassien côté français. Plus que le Fort Mahler du Larmont inférieur (en photo ci-dessus), le Fort Catinat, dit du Larmont supérieur, en est un remarquable exemple. N'ayant quasiment jamais véritablement servi, abandonné depuis longtemps par l'Armée française, il sert désormais partiellement à l'affinage de jambons. Tandis que d'autres forts de ce type, à Saint-Antoine ou aux Rousses, se sont reconvertis dans le fromage de Comté. Il n'y a pas de sots métiers...

     

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    La moyenne montagne, c'est surtout, et avant tout, un alpage, indispensable à l'équilibre du milieu, qui serait totalement rongé par la forêt sans cela. La plus célèbre des fermes du Haut-Doubs, c'est celle des Miroirs, mondialement connue dans les milieux cinématographiques sous le nom des Granges brûlées, surtout dans sa version enneigée, lorsqu'elle était habitée à l'époque par Simone Signoret, Alain Delon et Paul Crauchet. Actuellement, elle n'est occupée que l'été par d'anonymes fermiers venus des Verrières de Joux helvétiques, dont la présence est bien plus indispensable que celle des vedettes du cinéma. Et elle arbore ainsi fièrement le drapeau de la Confédération, quelques mois par an.

     

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    Tourné entièrement dans le Doubs, aux Miroirs, à Pontarlier, Besançon et dans le petit village de La Chaux de Gilley, les Granges Brûlées n'en finissent pas de marquer la mémoire des montagnons d'ici.

     

     

    Si l'on continue d'ascensionner la montagne, jusqu'à son sommet, il ne sera pas impossible de rencontrer, par temps humide, quelques escargots à la marque distinctive. Peinturlurés d'un T, qui veut dire Tonton, ils sont la propriété implicite de l'ermite du Larmont, qui marque ainsi son territoire et son garde-manger, là où il vit depuis plus de 40 ans, une grande partie de l'année, à 1300 mètres d'altitude, dans une ancienne cabane d'éclaireurs passablement remaniée. Figure du paysage, au même titre que la moindre des pierres du massif jurassien, Jean-Pierre Vernier écume les champs et les bois, se nourrissant quasi-exclusivement de champignons et d'escargots, qu'il partage volontiers avec ses amis qui viennent lui rendre visite. Ancien sportif accompli, ex-plongeur de haut vol, il s'est reconverti dans le fromage avant de finir sa carrière sur les chantiers en Suisse. Désormais reconverti dans la descente (notamment de Pontarlier-Anis, l'apéritif local succédané d'absinthe), il est paré pour résister aux froids sibériens qui peuvent régner sur les crêtes. Et à 69 ans cette année, il est encore parfaitement conservé, notre Tonton ...

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    Y'a pas, la montagne, quand ça vous gagne, c'est dur de la quitter! Mais c'est tellement beau, depuis là-haut, pourquoi vouloir redescendre..?

     

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    Olif

     

    P.S.: on pourra lire également un joli portrait de Tonton, paru dans la Presse Pontissalienne, feuille de chou locale en cliquant sur la page0011.pdf

  • Saint-Joseph, humour et granit

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    Les vins de Saint-Joseph sont à prendre au sérieux. Même quand ils sont partenaires d'un festival national des humoristes, dont c'est (déjà) la 24ème édition, comme le temps passe. Humour et granit, aucune incompatibilité. Se fendre la gueule pendant le festival, à Tain ou Tournon, ou se la casser, dans les coteaux pentus du lieu-dit le Saint-Joseph, faut choisir. Parce que tailler, rogner ou vendanger encordé, dans le Saint-Joseph ou sur un autre coteau de l'appellation, mine de rien, c'est une sérieuse affaire. Sans rire.

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    Les 1200 hectares de l'appellation, étirés sur 50 km de long, font la jonction entre la Côte-Rotie et Cornas. Une bande granitique, sculptée par les méandres du Rhône, d'exposition sud-est prédominante, entre Chavanay au Nord et Guilherand au Sud, qui nous a été présentée depuis le Saint-Joseph par Jérôme Coursodon. Au cœur de l'appellation, Mauves, ses vins Saint-Joseph, ses fruits, son marché journalier mai-août, coincé entre l'entrepôt du bricolage et un magasin sportif.

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    Le vin de Mauves, célébré par Victor Hugo dans les Misérables. Souvenez-vous: la petite Cosette qui allait emplir son seau d'eau de bon vin de Mauves au puits des Thénardier et qui s'est pris une rouste -méritée, vu le prix où il était commercialisé à l'époque- pour en avoir renversé une goutte sur le carrelage et, plus loin dans le livre, Jean Valjean qui a vu rouge après avoir abusé du Mauves chez l'évêque, lui tirant ses petites cuillères, et se conduisant par la suite comme un malotru avec le petit ramoneux, sacré Victor, toujours le mot pour rire, quelle imagination fertile et débridée!

     

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    Crédit photo AFAG

    Saint-Jo a de l'humour, donc, quand il s'agit de communiquer, mais question gastronomie, pas question de rigoler! Surtout après une achtement belle pièce de théâtre revisitant avec brio, humour et panache les trois mousquetaires, du haut du mât et au fond à gauche.

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    Deux belles adresses de miam à ne pas manquer, donc, au choix. L'une rive droite, l'autre rive gauche. À Tournon, Carafes en folie, initialement retenue, mais abandonnée pour cause de foire aux oignons, censée paralyser la ville. Une adresse visitée ce printemps et déjà approuvée. Carte bistrot, originalement présentée sur bouteille (vide) et parfaitement exécutée par le chef (sans sommation), large choix de vins, pour tous les goûts, y compris les miens. Je me faisais un plaisir d'y retourner. Finalement, nous resterons sur la rive gauche, sans perdre au change.

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    Le Mangevins, c'est ouvert depuis relativement peu de temps, mais le tout Tain s'y presse déjà. Cuisine genre bistronomique, impressionnante de maîtrise et de précision, franchement épatante, et qui m'a fait forte première impression, comme ces petites cuisses de cailles confites, servies sur une crème de Tarbais, suivies d'une pièce de bœuf cuite à la perfection et d'une pêche rôtie au sirop de verveine.

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    Carte des vins très fournie, laissant une large place au Rhône, évidemment, dans ce qu'il a de meilleur, pour tous les goûts également, mais ouverte sur les autres régions, y compris le Jura. Et aussi le Beaujolais. Ici, vins fins et gamelle soignée. Même les filles sont belles. Que demander de plus Ultime?

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    Saint-Jo a de l'humour, mais sait être sérieux lorqu'il s'agit de goûter sérieusement à ses vins. Le petit échantillonnage dégusté, lors de ce petit voyage de presse estival et festif, entre théâtre et vélo-rail, organisé par Rouge Granit (y a-t'il nom plus prédestiné pour gérer le communication de l'appellation Saint-Joseph?), ne manque pas de personnalité et la diversité de style sait s'affirmer. Il n'y a guère que les festivaliers nationaux des humoristes que ça ne fasse pas rire!

     

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    Olif

     

    P.S.: je ne résiste pas à vous narrer la meilleure blague qui circule en ce moment au festival national des humoristes viticoles, du côté de Tain: quelle est la différence entre la colline de l'Hermitage et un insecte? Le nombre d'antennes, évidemment!

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  • Le Jura comme si vous aviez envie d’y aller!

    Depuis le temps que je fréquente la communauté web du vin, j’ai déjà eu l’occasion de répondre à pas mal de sollicitations concernant les bonnes adresses jurassiennes. Il en figure un certain nombre, éparpillées sur ce blog. Ce billet constitue une version réactualisée de ce billet-là, toujours d'actualité par certains des commentaires parfois très avisés qui y font suite.

    Pour permettre à tous ceux susceptibles d’être intéressés d’y accéder plus facilement, voilà qui devrait faire l‘affaire, un genre de mini-guide Olif du Jura viticole, gastronomique, touristique et hôtelier. Un truc complètement subjectif et non exhaustif, à enrichir au fur et à mesure de mes propres découvertes ou de celles des autres, mais qui devrait permettre à tout un chacun de programmer au mieux son séjour dans cette belle région qu’est le Jura, et de ne pas passer à côté de quelques adresses incontournables.

    A boire, à manger, à dormir, à visiter, à découvrir, à déguster, le Jura version Olif, où je vous encourage à venir piocher ce qui vous fait envie, si jamais vos pas ou vos roues vous guident vers ces petites montagnes d’une grande richesse touristique, là où naissent les légendes.

    Je vous le propose dans une version incomplète perpétuelle, « en construction ». Il sera à jamais inachevé mais modifié régulièrement par la suite, dès que j'aurai 5 minutes ou encore lorsque l'on m'en fera sentir courtoisement le besoin.

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