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Zinzin...

Zinzin, il fallait déjà l'être, pour ouvrir en 2001 à Besançon, dans le Doubs (ouap*) une cave de vins natures bien avant que les parisiens ne s'emparent de la mode et la pervertissent un peu. Repris en 2015 par Thibaud Chargebœuf, les Zinzins du vin n'ont pas perdu l'âme instillée par Fabrice Monnin, leur créateur. Il vient même y livrer ses vins, ceux de Mazière, dans les Corbières, où il s'investit désormais totalement.

Zinzin, il fallait évidemment l'être, pour vendre, avant de produire, de manière expérimentale et artisanale, des cuvées exemptes de sulfites. Tout ceux qui ont eu la chance de croiser un jour dans leur verre ou dans une bouteille Zura ou Plou-Plou, des cuvées largement inspirées par Pierre Overnoy et Emmanuel Houillon, en gardent certainement encore un souvenir ému. Le virus de l'élaboration du vin largement propagé dans la tête de Fabrice Monnin, c'est tout naturellement qu'il a décidé de s'y consacrer entièrement en retournant à la terre à Padern.

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Zinzin, il fallait certainement l'être pour décider d'émigrer dans les Corbières et reprendre Mazière, un cru "fascinant" qui a toujours séduit Fabrice Monnin par son caractère "déroutant, unique et inclassable". Un premier millésime en 2013, qui sort tout juste des chais, vient d'être proposé, au compte-gouttes, aux aficionados de Besançon ou d'ailleurs. Des vins non stéréotypés, pouvant développer des notes différentes selon la mise, faite manuellement, fût par fût. Un casse-tête potentiel pour le dégustateur obsessionnel, qui ne sera pas à quel vin se vouer, mais ceux-ci ne lui sont guère destinés de toute façon. Comme chez Pierre Overnoy, la couleur des cires permet de distinguer les cuvées. Macabeu cire blanche, carignan cire rouge, syrah cire bleue, grenache cire noire. Les étiquettes sont toutes les mêmes, celle du Mazière d'avant. La version de macabeu sous voile rappelle fortement le Zura. On en redemande, sans zozoter pour autant!

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Zinzin, il fallait aussi l'être pour reprendre en main les Zinzins du vin et continuer à les faire survivre à leur créateur. Thibaud Chargebœuf a relevé le défi depuis juin 2015. En faisant perdurer l'esprit du lieu, resté dans son jus. Les étagères garnies des trophées des années passées suscitent toujours autant l'envie et la convoitise. Bouteilles vides désormais inaccessibles, sifflées par d'autres en d'autres temps. Des visiteurs de passage font encore spécialement le détour, espérant y dénicher un vin de Pierre Overnoy, entre autres. Ils repartent comme ils sont venus, penauds d'avoir fait chou blanc, mais, au moins, ils seront venus et ils auront vu. D'autres viennent se recueillir devant le mausolée des vins d'Éric Callcut, dont Fabrice avait fait grande provision lorsque le vigneron a cessé son activité et vendu ses stocks. Il se murmure sous le manteau que quelques picrates survivants sont encore planqués quelque part, dans un recoin de la cave des Zinzins.

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Zinzin, il faut l'être, pour entasser tous ces trésors et les garder en cave. Des trésors volontiers partagés lorsque l'occasion se présente. Comme cette ultime bouteille de chenin provenant des Nourrissons, la parcelle mythique de The Picrate. Dernière cuvée vinifiée par Éric Callcut, après que les vignes aient été reprises par Josette Médoz et Pierre Weyand. Un ours blanc, à la limite du jaune, définitivement perdu sur la banquise des grands vins blancs du monde, un vin de terre libre comme l'air, exceptionnel Inédit de πR qu'il fallait impérativement avoir bu dans sa vie.

 

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Zinzin, il faut toujours l'être, en plus d'être bisontin, pour venir dézinguer ici toutes ces quilles de vins naturels. Finis les sushis de Momoko le mercredi, exclusivement des planchettes de charcuterie et fromages pour une mise en bouche apéritive avec les cuvées dénichées par Thibaud, dégustées à la bonne franquette, sans chichis ni tralalas. Ce soir-là, c'était Alsace, avec un arrivage de Vins Pirouettes, de chouettes cuvées élaborées sous le haut patronage de Christian Binner, un patchwork de cépages et de terroirs mis en valeur par d'authentiques vignerons.

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Et puis, Mademoiselle chantait aussi le gewurtz, ce soir-là. En orange, du côté de chez Jean-Pierre. Rietsch, bien sûr. De quoi repartir de Besac complètement zinzin. Bien avant que minuit sonne*...

 

 

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*  et on tangue oh c'qu'on tangue oh c'qu'on tangue oh!

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