06 septembre 2011

Clavau: itinéraire bisse en Valais

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Lorsque la foule se presse sur les autoroutes helvétiques, s'embouteillant et bouchonnant dans la vallée du Valais, rien ne vaut un itinéraire bisse sur les hauteurs. Celui-ci le Clavau bien, puisqu'il serpente entre les murs, le long du bisse du Clavau, au cœur des vignobles Gilliard, Bonvin et Varone.

 

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Il convient de noter que le Clavoz et le Clavau sont les deux orthographes possibles de ce micro-canal créé, parmi tant d'autres, par un certain Bisson fûté, au XVème siècle, pour irriguer la plaine du Valais depuis la montagne. Certains sont parfois vertigineux, en paroi abrupte, à déconseiller aux Hollandaises craintives habituées à s'encorder pour sillonner les chemins de halage d'Amsterdam. Historiquement, la vigne a initialement colonisé les coteaux pour laisser la place aux cultures maraichères dans la vallée. Le terroir a été façonné, tant la pente était raide, et des murs en pierre sèche, parfois monumentaux, ont été créés pour permettre au sol de résister à l'érosion. Ici, ils atteignent parfois 16 mètres de hauteur et ce sont les plus hauts du monde. De façon surprenante, il a fallu ni plus ni moins que 3 hectares de surface de murs pour permettre l'exploitation de seulement 3 hectares de vignes..! Impressionnant! "Le Bon Dieu a fait la pente, mais nous, on a fait qu'elle serve!" a fort intelligemment fait remarquer C.F. Ramuz, avant de foncer droit dans le mur il y a une paire de siècles. Les travaux titanesques entrepris à la fin du XIXème servent désormais d'itinéraire de randonnée à l'œnotouriste qui s'ignore ou aux journalistes et œno-blogueurs en goguette. 

 

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Le long du bisse fleurissent les guérites, intialement dédiées au stockage des outils du vigneron et désormais vouées au ravitaillement. La Guérite Brûlefer, suspendue au dessus du bisse, propose au marcheur harassé et assoiffé une oasis au cœur des vignes. Courte carte de spécialités valaisannes et bons vins, ceux du domaine Bonvin, pour se remettre en forme pour la route, en plein milieu de la randonnée. Christophe Bonvin, ancien footballeur international suisse, auteur de 2 buts et d'une passe décisive à Anfield Road avec le FC Sion (il y a quand même des lustres de cela, mais c'est comme si c'était hier quand il le raconte), désormais adjoint de direction à la maison Charles Bonvin (au nom plus prémédité que ça tu meurs), sait s'y prendre en matière de communication et tire toujours plein cadre.

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En compagnie de Rose-Marie et Marie-Rose, véritable paire de jumelles interchangeables, Christophe Bonvin voit loin et sait recevoir les clients.

 

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Lorsque l'on reprend sa route le long du bisse, en direction de Saint-Léonard, on parvient dans un espace neuro-sensoriel en plein air, situé au milieu des vignes du domaine Varone. Après une courte ascension entre les rangs, où l'on est incité à voir, à sentir, à toucher, à entendre, à goûter, on parvient enfin au Cube, gardé par une jolie et sympathique cerbère, véritable oxymore, qui incite volontiers à la consommation de mets et vins divers et variés. Le Cube est une guérite designée et réaménagée, dans laquelle on ne range plus les outils mais qui sert de garde-manger...

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... un espace-dégustation, mets et vins, ouvert en été le week-end, uniquement par beau temps. Pas d'autre choix, les tables sont dressées dehors. Pour cette raison, il vaut mieux réserver au préalable et s'enquérir de la météo. Une initiative œnotouristique comme on aimerait en voir plus souvent, avec, en point d'orgue ce jour-là, un espuma de raclette sur une gélification de fendant, le genre de plat qui ferait se retourner dans sa tombe n'importe quel Valaisan pur et dur, mais qui mérite, rien que pour cela, de bisser le parcours.

 

Bisse and love ... et Großes bisses du Valais,

 

Olif

 

04 septembre 2011

Vinéa 2011: de l'eau et du vin suisses...

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Vinéa 2011, c'est déjà fini. Si le grand salon "plein air" des vins suisses a une nouvelle fois battu son plein, la pluie s'est invitée en dernière minute, et de façon plutôt continue le dimanche, alors que la manifestation avait plus l'habitude des orages de 17h30 venant nettoyer les trottoirs de Sierre des derniers buveurs dégustateurs et de quelques crachures sur le bitume. L'eau tombée du ciel n'a finalement pas réussi à diluer le vin ni le succès de Vinéa. En quête de reconnaissance sur le plan international, la Suisse viticole s'affiche en grand et n'hésite pas à se frotter au reste du monde dans des concours de dégustation, tel le Mondial du Pinot noir qui s'est déroulé ici il y a très peu de temps, et dont les vins médaillés ont été proposés en dégustation publique le vendredi soir. Un évènement planétaire à la gloire du cépage, même s'il faut parfois bien chercher le terroir derrière.

 

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Distinguée cette année, la cave des Vins des Chevaliers de Salquenen est une cave historique où l'on ne vendange pas pourtant en armure. Reprise en 2008 par Patrick Z'Brun, juste après son ascension de l'Everest, elle se donne les moyens de ses ambitions et a été l'hôte d'honneur de Vinéa, en compagnie, entre autres, des vins de Sicile et des Lauriers d'Or Terravins, qui organisaient pour l'occasion une dégustation exceptionnelle de Dézaley, à laquelle nous n'aurons pas eu la possibilité de participer.

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À Sierre, les histoires gastronomiques les plus de Courten sont les meilleures, c'est bien connu. À l'occasion d'un repas mémorable à l'Hôtel Terminus, s'il fallait ne retenir qu'un mets, qu'un vin et qu'un accord pour faire bref, ce serait ce bar de ligne rôti aux saveurs méditerranéennes, cuit à la perfection, et la Petite Arvine 2010 de Thierry Constantin, d'une droiture remarquable. Comme un instant d'éternité gustative...

 

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La bouteille du week-end sera pourtant, sans nul doute possible, cet Ermitage les Chapelles septante-neuf (79, je précise juste à l'usage des Français ne parlant pas suisse couramment) de la cave Provins Valais, l'une des cuvées de cette célèbre et réputée coopérative, collectionneuse de vieux millésimes, bouteille appréciée la veille autour de fromages valaisans de premier choix. Une évolution remarquable, avec des notes de rancio et de noisette au nez, mais une bouche encore extraordinaire de fraicheur, de tension et de longueur. Le 95, goûté au préalable, fut également parfait, donnant un aperçu du potentiel de longévité de la marsanne sur des terres qui lui conviennent. Le Valais en fait indiscutablement partie.

 

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Dernière petite épreuve, avant une ultime raclette pour la route, la dégustation de 4 séries de cépages internationaux, dans laquelle il s'agissait d'essayer d'identifier la provenance des vins et de reconnaitre notamment leur origine helvétique. Chardonnay, sauvignon, merlot et enfin syrah, un exercice ludique mené tambour battant par Thomas Vaterlaus et François Murisier, dont les résultats furent particulièrement intéressants et instructifs, les vins helvétiques se retrouvant régulièrement identifiés par la majorité des dégustateurs, tout comme les autres vins, d'ailleurs. Un début d'identité qui me semble pourtant plus lié aux habitudes d'élevage qu'à une véritable notion de terroir.

 

Olif

 

P.S.: Vinéa 2011 aura été également l'occasion du premier congrès improvisé et non officiel de blogueurs officiellement non retenus par le B&D. Nul doute que de cette rencontre entre Laurent Probst, Hervé Lalau, Anne Serres et moi-même, ici présent, devraient sortir de grandes choses pour les décennies à venir. J'en connais qui n'ont qu'à bien se tenir...

 

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De gauche à droite, Hervé Lalau et Laurent Probst. Anne Serres, excusée, s'est absentée 5 minutes pour aller faire les soldes dans le magasin au fond, avec le petit lapin sur le store.

 

P.S.2: d'autres tranches de raclette valaisanne à venir dans les jours prochains, pour ceux qui auront encore de l'appétit...

21 janvier 2011

Chasselas naturel, il revient au goulot...

 

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Le chasselas est un raisin qui se mange beaucoup à table mais se boit également dans un verre. Il est cultivé un peu partout en Europe mais les Suisses en sont les champions de l'encuvage, au point d'en avoir fait quasiment leur cépage national. On l'appelle fendant en Valais, parce que les grains ont tendance à se fendre à maturité, ou gutedel en Suisse alémanique, parce que tout ce que tu goûtes d'elle est vachement fendant. Véritable éponge à terroir, révélant alors la minéralité de son sol, il donne naissance à de grands vins complexes et profond. Mais il sait surtout être un parfait vin de soif et d'apéritif, "suscitant l'envie sans jamais la rassasier". Vinifié dans cet esprit, il se boit jeune, à la seille, et possède un léger perlant dû au gaz carbonique préservé lors de la vinification. C'est une culture, c'est suisse, essentiellement, même si on en trouve également en France, dans la Hiaute (à Ripaille), en Alsace, à Pouilly sur Loire et même en Languedoc, chez la Lady Chasselas.

 

 

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Ce chasselas-là (non, je ne bégaie pas!) a été cultivé en Vaud, en 2008 et en biodynamie, à Tartegnin, chez Alain Bersier, et vinifié en Valais, à Riddes, par Reto Müller, artisan vigneron, avec un naturel revendiqué. C'est un beau romand, c'est une belle histoire. Grosse maturité, grande minéralité, équilibre inhabituel pour ce type de vin mais un grand bonheur dans le verre, qui se lappe avec avidité. Seul  petit bémol, les 50 cl de la bouteille, rassasiant vite l'envie évidemment sucitée. Chasselas naturel...

 

 

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Olif

 

 

Retrouvez aussi les Dégustantanés sur le Blog de la Pipette.

24 septembre 2010

Vendredis du vin #29: La quille, bordel!


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29ème session des Vendredis du vin. Du peu au jus, mais quand même! Vivement la quille, bordel! "Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse", disait le poète. "Eh bien non!", s'exclame le bourguignon en direct. On ne veut pas être ivre avec n'importe quelle boutanche. Pas avec n'importe quel contenant, ni même - et surtout?- n'importe quel contenu. Et peut-être même pas avec n'importe qui non plus. S'abandonner corps et biens, oui, mais dans les règles de l'art, avec un emballage ou un emballé dignes de ce nom. 

 

À petite ivresse, petit flacon. À méga-uber-große caisse, prévoir plus large. Douceur non exclue. Habituellement embouteillée en dé à coudre (37,5cl voire 50cl pour les gros gourmands), la cuvée Ambre de Christophe Abbet vaut tous les Martigny on the rocks du monde. Un liquoreux de l'extrême, assemblage de marsanne et petite arvine, élevé longuement en fût (jusqu'à 44 mois, si cela le justifie). Un vin qui souvent défie la mécanique des fluides et dont le grain oxydatif, apporté par l'élevage long, accentue le caractère exceptionnel et superlatif. Pour se la mettre bien profond, ou, plus élégamment formulé, toucher à l'ivresse des profondeurs, rien ne vaut les grands contenants. Jamais sans mon magnum, une mise réservée à ceux qui le méritent. Autant dire qu'ils sont rares.

 

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"Zéro, zéro, zéro, zéro..."

 

Olif

 

P.S.: Un flacon géant non ouvert pour l'occasion, mais qui me rend ivre rien que de penser au jour où je le ferai!

11 septembre 2010

Une grosse claque dans le Beudon!

Très certainement la grosse découverte lors de Vinéa 2010! Des vignes dans le ciel, des vins célestes, une grosse claque dans le bedon. Le nom de Beudon vient de là, d'ailleurs, parait-il. Cette langue de terre tirée par la montagne, au dessus de Fully, est exposée plein sud, comme un bon gros ventre bombé surplombant la vallée. On y accède par téléphérique privé ou par des sentiers de chèvre rendant périlleux le retour à Fully, des cartons plein les bras.

 

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Ces vignes dans le ciel du Domaine de Beudon, à Fully, ont été plantées par un notable illuminé dans la première moitié du XXème siècle, puis reprises à son décès en 1971 par Jacques Granges, alors frais émoulu d'une école d'ingénieur. Un pari un peu fou, pour un amoureux de la nature à la recherche d'un paradis perdu. Par conviction, il est le premier à appliquer les principes de la biodynamie en Valais, et ce depuis 1993. Ce qui lui permet de préserver la biodiversité  de son terroir unique et de cultiver, en plus de la vigne, plein d'autres plantes médicinales. Beaucoup plus intéressé par les plantes et leur cultures que par la vinification proprement dite, Jacques Granges confie celle-ci à un ami dans la vallée.

 

 

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Une grande partie des cuvées du domaine était proposée à la dégustation lors de Vinéa. Y compris de vieux millésimes, toujours disponibles à la vente. Au sommet, la Petite arvine 2008, qui dépasse le stade purement variétal, le Gamay 2008, poivré et gentiment tannique et le Pinot noir 2006, gourmand, frais et finement acidulé. Le Fendant 2005, rapporté en souvenir, est étonnant de maturité et de fraicheur, rien à voir avec le standard que l'on peut déguster chez la majorité des vignerons locaux. Moins de gaz, mais pourtant une belle vivacité, de la densité et une belle profondeur qui en font un vrai vin de terroir, apte à la garde.

 

 

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La  Dôle 2004 est toujours debout, pour quelque temps encore, je pense. À mille lieues de l'archétype du Passetoutgrains, qu'il soit bourguignon ou helvétique. Un exceptionnel grain de vin, pas passe partout, qui la rend extrêmement buvable, mais sans céder à la facilité. Un vin qui a du fond ... et des ailes. Une Dôle adorée, une Dôle adulée!

 

Olif

 

P.S.: les vins de Beudon sont disponibles à l'œnothèque de Fully, quasiment au pied de la langue rocheuse, au prix propriété.

 

P.S.2: malgré le vertige occasionné par la montée en téléphérique, le Châ, qui en a fait sa grosse découverte 2009, a publié un article très complet sur Beudon pour Vin-Terre-Net, après s'être rendu sur place. Le court historique écrit dans ce billet s'en est largement inspiré, à l'insu de son plein gré.

 

25 août 2010

Escale au 7ème (Confiden)Ciel

Il faut avoir un grain, pour cela. Un grain de noblesse, un grain de confidentialité, un  Grain Noble ConfidenCiel. Un grain de folie aussi, probablement aussi, pour laisser en pâture aux étourneaux d'aussi bons raisins, naturellement et richement sucrés, passerillés ou botrytisés. Sweet Wallis, doux Valais, douce vallée. Amigne, arvine, marsanne, johannisberg, malvoisie, païen, seuls ou en assemblage, peuvent revendiquer le label imposé par la charte. Sélection de raisins de qualité, sur des terroirs privilégiés et qualitatifs, sans chaptalisation, élevage en foudre ou barrique pendant 12 mois minimum, voici quelques-uns des critères requis pour pouvoir être proposé à l'agrément et, peut-être, apposer le prestigieux autocollant elliptoïde sur son flacon.

 

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Fort gentiment convié au Château de Villa afin de participer non pas à une dégustation d'agrément mais à l'évaluation d'un échantillonnage de grains nobles sélectionnés, c'est avec grand plaisir que j'ai fait la semaine dernière une apparition valaisanne en compagnie de l'ami Laurent Vins-Confédérés. Une douce apparition au cours de laquelle il s'agissait de déguster et noter selon un barême précis (presque une grande première pour moi!) une série de 30 vins liquoreux de la charte Grain Noble. Plus une mise en bouche et un bonus de clôture. L'équivalent, grosso modo, de 5 à 6 kilos de sucre qui ont transité dans le gosier. Et pourtant! Et pourtant...! Rarement bouche resta aussi fraîche et désaltérée après un exercice aussi opulent. La preuve d'une maîtrise du processus et d'un équilibre généralement bien construit, entre sucre, alcool et acidité.
De cette après-midi fort studieuse mais néanmoins décontractée, en compagnie de dégustateurs réputés (Dominique Fornage, Jacques Perrin, Steve Bettschen), de grands journalistes spécialisés helvétiques et bourguignons (Pierre Thomas, Alexandre Truffer, Christophe Tupinier de Bourgogne Aujourd'hui), de confédérés blogueurs (Laurent Vins-Confédérés), de sommeliers, d'œnologues, que sais-je encore,  je retiendrai un très haut niveau global des vins issus de la charte. De nombreuses variables sont venues compliquer et enrichir la dégustation (7 millésimes, 5 cépages différents + divers assemblages), rendant l'interprétation des appréciations un peu plus difficile et aléatoire. De ces 32 vins, parmi ceux notés au moins 90 à titre personnel,  je retiendrai le Johannisberg Larmes de décembre 2008 de Thierry Constantin, pour son côté riche, rond, frais et acidulé en même temps, l'Ermitage grain Doux Collection F 2007 des Fils de Charles Favre, pour sa belle finesse, la Petite Arvine Tourbillon 2007 de Provins Valais, première cuvée du nom en arvine et grande réussite, pour son caractère opulent, riche et légèrement oxydatif, l'Ermitage grain noble 2008 de Philippe Darioli, tiré sur fût, pour sa belle et longue finale saline acidulée, l'Arvine Noblesse 2007 de Gérard Dorsaz, tirée sur fût, aux beaux amers salivants, la Malvoisie Grain Noble 2002 de Philippoz frères, pour sa belle évolution oxydative sur le café et l'arabica.

 

Mention particulière pour l'Arvine Grain noble 2008 de Marie-Thérèse Chappaz, tirée sur fût, à un stade encore ingrat et inabouti, mais bourré de promesses, et à la cuvée d'Ermitage 2006 Vendange d'octobre, toujours chez Marie-Thérèse, complètement hors norme (plus de 300g de sucre résiduel, 9° d'alcool), mais dont l'équilibre sirupeux ne manque pas de fraicheur, une véritable prouesse.

 

Les dégustateurs réunis ont pour leur part plébiscité la Petite Arvine Tourbillon 2007 de Provins Valais, lui octroyant une moyenne de 91,6 points sur 100. Bravo!
Et comme en Valais, tout finit par une raclette, surtout lorsque l'on se trouve en son temple ...

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5 fromages, à volonté, arrosée comme il se doit de moult fendant, pinot blanc, paîen, ermitage, johannisberg, petite arvine, humagne blanche, chardonnay, savagnin jurassien même.

 

La belle vie valaisanne, quoi!

 

Olif

 

P.S.: un grand merci à Emmanuel Charpin et Dominique Fornage, du Château de Villa, pour l'organisation millimétrée et minutée de cette belle journée, malgré le dépassement d'horaire inéluctable, imprévu et incontrôlable lors de la raclette finale, me contraignant à un retour très tardif dans le Haut-Doubs. Que n'ai-je donc pris une chambre sur place?

 

16 décembre 2009

La mécanique des fluides selon Monseigneur l'Abbet

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Le cantique des quantiques ou la mécanique des fluides selon Christophe Abbet, un cours magistral reçu dans le grand amphithéâtre de la Capite des vignes de Travers. Une soirée informelle, sans prise de notes, sans prise de tête, qui nécessitait au préalable de vaincre le froid et la neige, et au cours de laquelle on a pu souffler de travers 40 balais et des poussières (il n'y avait pas de bougies) tout en goûtant à quelques vins de messe distillés par l'Abbet himself.

 

Dégustation apéritive de vins rouges, suivie d'un osso-bucco à l'entracte, avant d'attaquer les choses sérieuses et la dégustation liquoreuse digestive. La cerise sur le gâteau, ce fut une succulente tarte, paradoxalement aux pommes, un gâteau de Travers coupé à angle droit. Un accord de choix avec la marsanne et/ou l'arvine surmaturées.

 

 

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Première révélation, sur le pouce: les gamays de Fully et de Christophe le valaient bien. Nonante-cinq et nonante-et-un (et nonante-deux à un moindre degré) ne font pas leur âge. 95, 91 et 92, je le précise à l'intention de ceux qui ne parlent pas suisse couramment. Les dernières bouteilles, ou presque, et un immense honneur d'avoir pu y tremper les lèvres, et même plus car affinités.

 

Deuxième impression, car ce n'est nullement une révélation, l'Abbet, en plus d'être un véritable Monseigneur du gamay, est un sorcier du liquoreux. Ambre 2002, enfin goûtée en bouteille, est un vin surnaturel, défiant la mécanique des fluides. Huileux, onctueux et d'une richesse qui mériterait d'être  taxée par l'ISF. Le grand vin attendu, après toutes ces dégustations au fût enthousiasmantes les années précédentes. Une bouteille grandiose au milieu d'OVNI liquoreux et/ou oxydatifs produits en quantité infinitésimale. Eh! oui, le sorcier est aussi homéopathe...

Surmaturé 2000, Air du Temps 2003, Ermitage 2003 reflètent à merveille le feeling et l'inspiration de Christophe en matière de vinification. Chapeau, Monseigneur!

 

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Olif

02 juin 2009

La Liaudisaz, 20 ans de cave, la dégustation

 

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Insaisissable Marie-Thérèse! Pas simple de la prendre en photo sans qu'elle ne bouge! 20 ans, c'est l'âge de la cave, mais c'est aussi celui de sa fougue et celui de son mental. Une organisation sans faille, ou presque, qui a permis au plus grand nombre de déguster toutes les cuvées du domaine. de la Liaudisaz J'allais dire toutes les cuvées à la vente, mais bon nombre sont déja épuisées ou très fortement contingentées (du style UNE bouteille par personne). Il valait mieux avoir réservé avant!

6 blancs, 1 rosé, 7 rouges, 3 liquoreux, 18 possibilités de déguster, puisque la Marsanne grain noble était proposée deux fois, avec deux accords différents, fromage puis chocolat. Pas question de se contenter d'un seul verre, donc, c'eût été dommage. Une dégustation volontairement proposée sans crachoirs, c'était la fête, on était là pour goûter plus que pour déguster. Les conducteurs durent ruser pour se fabriquer un petit crachoir personnel à l'aide d'un gobelet individuel. Gobelet qu'il fallait aller vider aux toilettes réglièrement et surtout ne pas renverser. Heureusement, Le Châ fut l'homme de la situation une fois de plus. Quel homme, ce Châ! Et quelle situation, mes pieds en sont encore rouges de confusion. Quelle idée aussi, de me demander l'heure, alors que je n'ai pas de montre!

 

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Plus qu'une dégustation, donc, il s'agissait d'un parcours initiatique d'accords. Vins et fromages, de différentes provenances, d'affinages différents. Vin et vin, aussi, parce qu'à certains stands, le ravitaillement solide faisait défaut, puis vin et chocolat pour terminer. Millésime 2008 en ce qui concerne les vins, sauf mention contraire.

 

- 3 Fendants pour la mise en bouche: celui de Martigny Les Bans développe un certain gras, Plaimont est plus tonique, Président Troillet comporte une dimension supérieure, plus minérale.

 

- La Petite Arvine Grain blanc, elle, c'est une princesse, aux dires de Marie-Thérèse. Elle n'a pas réussi à terminer tous ses sucres, n'en faisant une nouvelle fois qu'à sa tête. Elle posède beaucoup de gras, sur des notes d'agrumes qui aboutissent à une petite amertume finale, bien adoucie par le peu de sucre résiduel. Il est clair que les puristes la préfèreraient parfaitement sèche, mais quel vin!

 

- L'assemblage Grain cinq est constitué de cinq grains différents. Qui l'eût cru? Une belle complémentarité pour un équilibre subtil et un vin au final très séduisant.

 

- L'Ermitage Grain d'Or possède toutes les qualités de ses prédécesseurs des millésimes antérieurs. Un vin opulent, riche, gras, puissant, mais parfaitement équilibré. L'olive verte, la truffe et l'eau de vie de framboise ne sont pas loin.

 

- Le Rosé rhodonite, assemblage de jus de presse et de saignée, est un beau rosé plutôt vineux, qui joue la parfaite transition avec les Dôles qui vont suivre. Mon Puiné, simple, c'est son rôle, La Liaudisaz plus charnue mais bien gouleyante.

 

On passe aux choses plus sérieuses avec le Grain Pinot, rubis éclatant, fruité et cristallin au nez, d'une parfaite fraicheur sur des petits tanins lisses mais croquants. Un très beau Pinot noir valaisan, l'un des plus renversants qu'il m'ait été donné de goûter dans sa jeunesse jusqu'à présent.

 

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- Les spécialités valaisannes se succèderont ensuite. D'abord Grain Mariage, jeunes vignes de Cornalin et d'Humagne assemblées, frais et revigorant, puis, surtout, le Grain Cornalin, d'une belle densité fruitée qui m'a énormément plu, et, enfin, le Grain Syrah, encore plus dense, plus sérieux, plus profond, destiné à une belle garde. Le Grain Noir 2007, derrière ces trois-là, me séduit à peine moins, sans démériter pour autant.

 

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- Place aux doux, avec une agréable mise en bouche par le Grain Doux 2008, un moelleux à l'équilibre demi-sec qui dialogue parfaitement avec un gressin aux oranges confites. La Malvoisie 2007 est une pure petite merveille acidulée, à la fraicheur exquise. Que dire alors de la Petite Arvine Grain Noble 2006 qui semble faite pour une idylle avec le Vieux Stilton? Tout simplement magnifique, d'une fraicheur exemplaire malgré la grande richesse en sucres. La Marsanne Grain Noble 2006 est à l'unisson, plus opulente, encore plus riche, mais sans uen once de lourdeur. Elle se joue du fromage et se fond dans un chocolat conçu pour elle, ganache aux truffes et à l'eau-de-vie de framboise.

 

Un sans faute dont Marie-Thérèse est coutumière, même si l'on est évidemment en droit de préférer telle ou telle cuvée. Rien à jeter, rien à cracher (pour cette fois), il fallait tout avaler (ou presque)!  Une journée haute en couleurs, malgré la blancheur éternelle des sommets valaisans. On n'a pas tous les jours 20 ans, malheureusement!

 

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Olif

 

 

01 juin 2009

La Liaudisaz, 20 ans de cave, une journée de fête!

 

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Sans nul doute, Fully était "the place to be", en ce dernier dimanche de mai. Pour commémorer les 20 ans de la cave de la Liaudisaz, Marie-Thérèse Chappaz recevait tous ses clients et amis, les transformant, l'espace d'un instant, en beaux ouvriers de la Belle Usine de Fully.

Petite arvine, raclettes, fraises du Valais, organisation parfaite, musique et soleil, tous les ingrédients étaient en place pour faire de cette rencontre une fête dont on aura envie de se souvenir. La dégustation de toutes les cuvées du millésime 2008 se faisait en accord avec fromage, pain ou chocolat, selon le vin servi, pour décupler le plaisir.

 

Aperçu en images, avant quelques notes de dégustation:

 

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11h30, la foule était déjà au rendez-vous

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Raclette(s): pas loin de 10 fromages valaisans d'origine différente pour accompagner les pommes de terre

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Marie-Thérèse et Steve Bettschen en plein débriefing organisationnel

 

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Le Châ, ouvrier bénévole d'un jour à la Belle usine de Fully, véritable bras gauche des jeunes filles temporairement handicapées

 

 

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Un air de musique festive sous les chataigniers

 

 

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Fraises du Valais nature, un dessert particulièrement goûteux et rafraichissant!

 


La fête fut belle, Marie-Thérèse en fut la reine. Bon anniversaire, la Liaudisaz!

 

Olif

14 septembre 2008

Retour à Martigny-Bourg, chez Christophe Abbet

Martigny-Bourg, le retour! A la bourre! Après le rap des Rappes, il s'agissait de s'engouffrer dans la tanière de l'Abbet (Christophe de son prénom) pour un nouveau beau voyage au pays de l'Ambre, ce doux royaume mystérieux qu'il faut savoir apprivoiser. Un monde à part, dans l'univers des vins valaisans, à l'image du vigneron pourtant issu d'une formation classique à l'Ecole de Changins, là où tous les œnologues suisses vont apprendre à faire du vin. Pas toujours avec un sens artistique très développé, contrairement à ce que l'on peut observer ici. Des bouteilles dans lesquelles poussent parfois de drôles de choses, une fois vidées de leur contenu liquide.

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D'ailleurs, on va s'y atteler comme des bœufs, à les vider, c'est le moment de la dégustation. Des bœufs attelés à l'Abbet Road, saisissant raccourci et petit clin d'œil éculé à l'intention des initiés.

- Chasselas de Fully 2007, Les Avasiers: une cuvée habituellement assemblée au traditionnel Chasselas de Fully mais qui, à cause d'une panne de monorail, a été vendangée 10 jours plus tard que les autres. Donc, du coup, isolée. Le nez est d'un fruité très mûr, presque exubérant, sur la pêche de vigne que l'on a envie de croquer. Bouche ronde, suave, avec du gras. Un fendant plutôt atypique et original.

- Arvine 2007: nez mûr et original, bouche très agrumes, acidulée, avec des notes d'ananas et d'écorce d'orange. Richesse en bouche, qui termine sur de beaux amers. Mystérieuse petite arvine, qu'il faut aller chercher, à défaut de l'attendre encore un peu.

- Gamay de Fully 2006, Les Avasiers: une déclinaison du Gamay dans cette fameuse combe des Avasiers, qui donne un vin fruité (groseille), épicé, concentré et charnu, acidulé et frais en finale.

- Gamay de Fully 2007, Les Avasiers: en exclusivité, un échantillon prélevé à la cuve. Structure serrée, dense, avec un joli fruit final, dans un bain de fraicheur.

- Gamay de Fully Vieilles Vignes 2007: également prélevé sur cuve, élevé sur lies et très peu soufré. Présence d'une pointe de gaz (malgré un dégazage musclé préalable, fait en coulisses). Nez épicé et fumé, bouche soyeuse, charnelle, finale nette, droite et précise.

- Humagne rouge Tradition 2006: souple et fruitée, sur des notes de sirop de fraise et cassis.

- Syrah 2007: mise toute récente, en jour "fruit", par une lune ascendante. C'était la "minute antroposophique", même si les vignes ne sont pas cultivées en biodynamie. Nez un peu lardé, riche et fruitée, bouche opulente et concentrée, une passionnante rencontre avec ce vin ayant bénéficié d'un élevage original avec une macération très longue et un pressurage début juillet.

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Après cette copieuse mise en bouche, les bouteilles se sont mises à léviter, soulagées de leur contenu pourtant aérien. Un présentoir économique, classieux, artistique et joli, fait de bric, de broc et de bouts de fil métallique. Après avoir grimpé au mur, direction la cave, dans les entrailles du vieux Bourg pour une expérience hors du commun. "Vous ne serez plus les mêmes en sortant d'ici!" nous prédit l'Abbet en dévalant les marches quatre à quatre, en roulant les épaules (private joke!), avec un sourire sardonique. Dans l'antre du sorcier, il faut jouer de la pipette et ce n'est pas du pipeau. On y trouve des mixtures qui trainent depuis de longues années, parfois, sans pour autant prendre la poussière. Pour plusieurs d'entre elles, l'heure de la consécration en bouteille va bientôt sonner. Elles sont prêtes à affronter les hordes de dégustateurs aguerris, impatientes de partir à l'aventure pour vivre leur vie hors de l'utérus octodurien.

- Chardonnay-Petite Arvine 2003, sous voile: assemblage 40-60, qui devrait bientôt être dans l'Air du Temps, du nom de cette cuvée désormais classique et célèbre. Nez surmaturé sec, presque confit, caractère oxydatif indéniable, beaucoup de finesse et de profondeur.

- Marsanne 2003, sous voile: cette fois-ci, on part sur un équilibre plutôt liquoreux, avec des notes d'abricot sec et de liqueur de café. Acidité, droiture et netteté, y goûter est un moment rare et privilégié dans une vie d'amateur! Superbe!

- Marsanne-Petite Arvine 2000, sous voile: nez malté, rancio, avec une bouche riche et opulente. Le caractère oxydatif s'exprime ici un peu à la manière des Vieux Rivesaltes ambrés. Déroutant mais très beau!

- Ambre 2006: goûtée sur plusieurs barriques neuves, ne se donne pas encore. Un "bouton de fleur" qui ne demande qu'à s'ouvrir lentement.

- Ambre 2005: couleur déjà ambrée, nez sur les fruits secs et la mine de crayon, camphre et essence de pin sur une autre barrique, qui évolue sur des notes entêtantes de thym et de garrigue. Le boisé marque encore un peu, la finale est à peine chaude. Là encore, l'élevage est loin d'être terminé! A attendre patiemment.

- Ambre 2004: une approche du produit fini et un vin plus abouti, même s'il garde encore sa part de mystère. Présence d'acidité volatile plus marquée, bénéfique, qui accentue la sensation de buvabilité.

- Ambre 2002: un monument à mettre en bouteille et en cave, la sienne personnelle, et se prosterner devant, matin et soir, tant que l'on ne l'aura pas bue! Huileuse, grasse et onctueuse, mais caressante, fraiche et digeste, une Ambre sensationnelle à réserver aux gourmands et aux amateurs de vins riches. 

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D'anciens comptes-rendus de dégustation chez Christophe Abbet ici, et encore , et puis l'avis de mes compères ici et .

Olif

11 septembre 2008

Le rap de Gérald Besse, le vigneron des Rappes

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Patricia et Gérald Besse, artisans vignerons aux Rappes et amis des artistes

Il n'en fallait pas plus pour que je dégaine mon gun et rentre en piste

Avec mon calepin, mon stylo, mon sweat à capuche, mon baggy et mon Pentax

Tout l'arsenal du chroniqueur rappeur ayant choisi de rester dans l'axe

Du rap du dimanche

Du hip-hop romanche

"Ch'est un beau roman, ch'est une belle hichtoire

Ch'est une romanche d'aujourd'hui ..."

 

C'est le rap du vigneron des Rappes

Le rap de Patricia et Gérald Besse

Si tu n'y vois rien c'est que t'as la vue qui baisse

Fais gaffe que ton pied ne dérape

Hume ton verre et laisse-toi emporter

Par le nez du Fendant de Champortay

...

Comme je n'ai jamais fréquenté l'Ecole du Micro d'Argent

Je ferais peut-être mieux d'en rester là les gens

La dégustation ne me fait pas peur

Mais je n'ai pas l'étoffe d'un rappeur

Arrêtons-là la musique

Mettons le hola au hip-hop

Revenons à des commentaires plus classiques

Pour des vins qui goûtent au top

...

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Hum hum... Après cet intermède musical digne de NTM, revenons aux choses sérieuses et saluons la recherche sur les terroirs pratiquée au domaine Besse ainsi que tout le travail à la vigne. D'ailleurs Gérald Besse s'y trouvait au moment même où nous arrivions, confiant notre découverte de sa cave à Patricia son épouse, elle-même très impliquée dans la gestion du domaine. Après une visite des installations, suivie de considérations sur la vigne, le vin, le raisin et sur l'art d'une manière générale, nous sommes allés nourrir les animaux avant de nous abreuver personnellement.

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- Fendant Champortay 2007: du gras, sous-tendu par une pointe de carbonique. Belle alliance de la tension et de la richesse, pour un équilibre global plutôt élégant.

- Fendant de Martigny Les Bans 2007: fleur de vigne et pierre à fusil, fruité et minéral, droit et tendu, malgré une pointe de sucrosité finale.

- Johannisberg Martigny 2007: réservé et peu expressif, il garde une certaine vivacité malgré la malo faite. Un vin qui ne me parle malheureusement pas beaucoup, je réserve mon jugement.

- Petite Arvine 2007: sans malo, celle-ci. Des agrumes et de l'amertume qui apporte la fraicheur, malgré la richesse de constitution. 14,8° d'alcool parfaitement fondus, une belle petite arvine parfaitement sèche.

- Ermitage 2006: riche et puissant, un peu marqué par le bois, sur des arômes de pêche et de noix de coco. La finale a gardé un peu de résiduel, qui se dilue dans la puissance.

- Gamay Champortay 2007: nez épicé et fumé, fraicheur acidulée en bouche.

- Pinot Noir Les Serpentines 2006: boisé fin, discret, pinote joliment, bouche charnue et concentrée, élégant et fin. Un très beau Pinot Noir.

- Syrah Les Serpentines 2006: nez boisé, matière dense et serrée, de la fraicheur et de l'acidité, finale chaleureuse. Demande du temps. Le millésime 2005, dégusté en 1/2 bouteille à la maison, est également un peu marqué par le bois. Les tanins sont compacts et la matière plutôt riche. A attendre aussi.

...

C'est le rap du vigneron des Rappes

Le rap de Patricia et Gérald Besse

Si tu n'y vois rien c'est que t'as la vue qui baisse

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Olif'n, membre du collectif de rap VTV (Vide Ton Verre)

 

 

 

 

10 septembre 2008

Bande-annonce: La Belle et l'Abbet

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"Octodurus : qui vicus positus in valle non magna ADJECTA PLANITIE altissimis montibus
undique continetur. Quum hic in duas partes flumine divideretur.”

Après s'être gavé de Côtes du Jura dans le Sud-Revermont en compagnie de Fanfan Ganevat, le preux Olif a mis le cap à l'Est, direction un "bourg, assis dans une petite plaine au fond d'un vallon et entièrement entouré de montagnes très élevées", afin de goûter aux joies du cor des Alpes en compagnie d'une belle paire de bouilles, celles de deux éminents représentants de la Bloglouglou, l'un spécialisé en vins confédérés, l'autre maniant la pipette avec dextérité.

Point de vieux château, dans cette histoire, mais des caves remplies de barriques et renfermant de divins secrets. Un conte de fées n'ayant duré qu'une journée, avec dans le rôle de la Belle, Patricia Besse, qui nous a fort gentiment accueillis au domaine familial des Rappes, sur les hauteurs de Martigny, avant que nous ne gagnions l'antre de l'Abbet, Christophe de son prénom, au cœur de Martigny-Bourg. Difficile de s'arracher des oubliettes de la cave et de ne pas être hanté par ces breuvages iconoclastes qui s'épanouissent encore en barrique après tant d'années. Des vins à déconseiller aux âmes sensibles et aux ardents défenseurs de l'œnologiquement correct. Pardonne-leur, Mon Dieu, ils ne savent pas ce qu'ils perdent!

De l'émotion, du suspense, du rire, des larmes, des monstres à roulettes, de la musique des cités , des coups de pipette, de l'art moderne et puis du vin, aussi, un peu. Tout cela, à venir  plus en détail sur Le Blog d'Olif dans les jours prochains. Une exclusivité partagée avec mes copains blogueurs qui ne devraient pas hésiter à donner leur propre version des faits!

Olif

07 septembre 2008

La vie est belle à Vinéa!

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A chaud, quasiment en direct-live, quelques impressions sur Vinéa 2008, une oasis au milieu des pluies torrentielles qui se sont abattues toute la journée sur le reste du territoire franco-suisse, à l'Ouest de la Dranse, et qui frappaient à la porte à Martigny lorsque je fis le chemin en sens inverse.

A Sierre, ce ne fut que déluge de fendants, de petites arvines et autres cornalins. Une journée chargée, qu'il fallait aborder de bonne heure, la foule étant au rendez-vous. L'avantage du salon en plein air, quand il ne pleut pas, c'est l'air et l'espace, l'absence de sentiment d'oppression pour déguster sereinement. Moments d'échanges conviviaux avec les vignerons, bien connus pour certains d'entre eux, plaisir de déguster côte à côte, par pure coïncidence, avec le "Grand Jacques" du GJE.

Au rayon des grandes satisfactions, essentiellement des confirmations. Superbe gamme et quasi sans-faute chez Jean-Claude Favre, de Sélection Excelsus, et Romain Papilloud, du Vieux Moulin. Mention particulière à la Petite Arvine 2007 et au Cornalin 2007, chez les deux vignerons, à une toute nouvelle cuvée de Marsanne 2006 et à un assemblage rouge barriqué chez Jean-Claude Favre, ainsi qu'à la Syrah 2007 et à l'Ermitage Volupté 2005 chez Romain. Superbes Syrah et Cornalin 2006 chez Denis Mercier, très beau Cornalin 2007 chez Marie-Bernard Gillioz.

Déception chez Simon Maye, dont le peu de vin restant à la vente se goûtaient très mal, servis un peu chauds de surcroît, et chez Fabienne Cottagnoud, avec des vins ultraboisés et indigestes, hormis une superbe Amigne flétrie 2006.

Perplexité chez Cédric Flaction, de la Cave des Cailles, où, en compagnie du grand spécialiste en Vins-Confédérés de la Bloglouglou, nous avons été très bien reçus et avons pu goûter à toute la gamme. Habillage et élevage luxueux, souci et volonté de perfection, mais au final, des vins très technologiques qui, même bien faits, paraissent déshabités et sans âme. Dans la gamme des Vins de table haut de gamme, signature de l'œnologue séduisante sur le papier, seul Lo Grafion, tire son épingle du jeu par son originalité (assemblage de Merlot valaisan et de Tempranillo espagnol) mais peut difficilement être qualifié de "vin de terroir". Le blanc Torpâ ("brûlé par le soleil") l'a été également par la barrique et Lo Terôn (liquoreux à base de paîen et de Marsanne), à force de vouloir s'écarter de la voie tracée par les grands valaisans de cette famille, y perd son harmonie et finit sucraillon. Dommage! Seule un jolie Humagne rouge 2006 trouvera grâce à mes yeux, du fait d'un fruit préservé et d'une certaine élégance.

Et on se quitte avec Jean-Claude Favre, grâce à qui les arômes d'Eranthis 2005 ont poursuivi mes papilles jusqu'au parking, puis sur la route du retour.

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Vinéa se poursuit encore aujourd'hui, dimanche 7 septembre. Peut-être qu'il reste encore un ou deux trucs à goûter!

Olif

08 septembre 2007

One zi Abérode eugaine...

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Abérode, suivant la manière dont on l'orthographie, est un nom qui interpelle aussi bien le beatlemaniaque, aimant venir ensemble sous le soleil vouloir quelque chose dans un jardin de pieuvre parce que le ciel est bleu et que sa majesté est une jolie belle fille, que l'ambremaniaque, aimant goûter l'air du temps l'un dans l'autre à propos d'ailes. Abbey Road, la rue qui passe devant le célèbre studio londonien, est virtuellement fermée depuis pas mal de temps, pour cause d'enterrements, Abbet Road*, la rue principale du vieux bourg de Martigny (VS), qui conduit au nirvana chez Christophe Abbet, est fermée pour travaux, en cette fin d'après-midi pluvio-orageuse d'août 2007. Les passages piétons ont disparu comme par enchantement, les piétons aussi, qui courent s'abriter entre deux éclaircies, et aucune Coccinelle n'est garée sur le trottoir, puisqu'ils sont en réfection. Le caveau de Christophe, situé au coeur de cette rue également mythique, est peut-être moins réputé que la fondation Giannada, qui accueille Chagall jusqu'au mois de novembre, mais on y trouve néanmoins de l'art vinique à tous les étages.

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Venir déguster ici en compagnie de Christophe est un plaisir toujours renouvelé, tant sa conception du vin, que l'on pourrait qualifier de marginale en Valais, trouve sa justification à son contact. Intuitif, attentif à ce que les vins ont envie de lui dire en cours d'élevage, il est capable de fulgurations à l'origine de vins hors normes, qui restent parmi les plus belles "claques" que je me suis prises en matière de découverte! Et cette nouvelle rencontre n'allait pas être en reste! On the Abbet Road again...

Arvine 2005
Au nez, salinité marquée, avec une petite note terpénique, type riesling, et des agrumes confits, écorce d'orange amère. La bouche est bien ciselée, ronde en attaque, onctueuse, puis droite, avec une fort belle acidité. Une petite pointe de résiduel parfaitement intégrée, du fait de quelques raisins botrytisés, témoins de la richesse du millésime.

L'air du temps 2001
Un OVNI produit par Christophe, dont le 1999 reste encore gravé dans ma mémoire. Derrière une petite note lactique, le nez embaume le cake sortant du four. Un cake anglais, avec des raisins macérés, du fait d'une petite odeur de rhum. Un assemblage d'Ermitage (marsanne), de Chardonnay et de Pinot blanc élevé longuement sur un mode oxydatif. On y trouve à la fois de la finesse, de la longueur et de la puissance. Un vin hors normes, méditatif, à boire pour lui même. L'accord avec un mets ne semble pas évident à trouver!

Décembre 1998, mis en bouteilles le 10/02/2007
De l'arvine et de l'ermitage, restées dans un fût de 60 litres pendant 9 ans. 30 litres à la mise, soit 67 bouteilles de 50 cl, une expérience unique, irrationnelle, inoubliable. Nez de malt, un peu sherry. Attaque sèche, qui s'enrobe progressivement, laissant s'exprimer l'alcool, pour donner la sensation d'un vin muté, ce qu'il n'est pas. Longueur exponentielle pour un vin digestif! On n'avait pas fini de méditer sur le vin précédent qu'on est reparti pour un tour, encore plus long!

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Gamay de Fully Vieilles Vignes 2005
Très poivré et épicé, il emplit la bouche, laissant une sensation rafraîchissante malgré la jolie concentration. Intéressant de le comparer avec le Gamay 2005 de la Combe des Avasiers, plus fruité, moins épicé, possédant une belle vivacité. Une vigne nouvellement exploitée, pas si vieille que la précedente, mais pas toute jeune non plus.

L'un dans l'autre 2005
Assemblage Syrah-Gamay, faits pour aller l'un dans l'autre et dans cette cuvée assez riche en 2005, légèrement marquée par l'alcool.

Cornalin 2006
Un joli fruit porté par une pointe d'acidité volatile. Du coup, les tanins sont adorablement croquants et une belle fraîcheur vient souligner la jolie matière de cette nouveauté abbetienne.

A propos d'ailes 2005
Un échantillon prélevé sur fût, ce qui donne un premier nez légèrement boisé. Concentré et charnu, avec de la fraîcheur, c'est un Gamay particulièrement charpenté, mais dans lequel je ne retrouve pas l'originalité et la structure "vintage" du 2003, que lui procurait son caractère surmaturé.

Syrah 2005, tirée du fût
Nez réglissé, frais, avec beaucoup de fruit. Bouche volumineuse, riche et concentrée.

Humagne 2005
Un "beau voyage" , comme dit Christophe, que cette humagne en dentelles, souple, fluide, fruitée, délicate et élégante. Un joli fond de verre chocolaté vient compléter une aromatique de petits fruits rouges, d'humus et d'écorce d'arbre.

Ambre 2001
Ambre! Un nom qui fait désormais rêver l'amateur de vins liquoreux valaisans, l'amateur de vins liquoreux tout court, l'amateur de vins encore plus tout court! Cette dernière version est légèrement différente, plus classique que les précédentes, peut-être, car moins oxydative. Toujours aussi riche et onctueuse, sur les fruits jaunes et les agrumes, les fruits de la passion, elle possède une structure opulente et grasse, soulignée par une acidité exemplaire. Séductrice en diable, sa gourmandise n'incite pas à la raison!

"On the Abbet Road again, again..."

Olif

* Merci à Valais_006 à qui j'ai emprunté  à son insu l'excellent jeu de mots sur Abbey road (il peut venir le récupérer quand  bon lui semble), à Marcel Gotlib, pour son Hamster Jovial, dont le ton et l'anglais approximatif ont légèrement inspiré ce billet, et aux SImpsons, qui ont bien voulu poser sur le célèbre passage piétons, et dont l'image, apparemment libre de droits, a été trouvée sur internet.

 

09 juillet 2006

Christophe Abbet, artiste vigneron éleveur, Martigny (VS)

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M-art-igny, Valais, au pied du Grand Saint-Bern-art, ville d’art-chéologie, de pin-art et d’art tout court.

La fondation Pierre Gianadda accueille cet été les chefs d‘œuvre de la peinture européenne du Metropolitan Museum of Art de New-York, tandis que Christophe Abbet, artiste vigneron éleveur,  expose ses œuvres en permanence à Martigny-Bourg.

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Quelques douelles de tonneaux usagés, et hop!, une ambiance ethnique dans le caveau! Quelques grains de Gamay artistiquement vinifiés, et hop!, une bouteille d‘A Propos d‘ailes!. A l’étiquette joliment calligraphiée. Et il y en a plein d’autres, dans ce style-là! Des œuvres au bon goût de raisin, qu’on peut toucher et goûter, totalement dédiées au vivant. Des œuvres pour ainsi dire slurpiques, comme dirait l’esthète Helvète Estèbe, qui ne perd pas une occasion d’égarer ses notes de dégustation lorsqu’il s’intéresse à l’art vinique.  Charité bien ordonnée commençant par moi-même, je n’ai pas retrouvé son calepin, mais le mien, que je m’empresse de déchiffrer, là, tout de suite, maintenant.



Petite Arvine 2004

Une petite arvine sèche, mais avec néanmoins un poil de sucre, vraisemblablement très peu, pas volontaire mais témoignant de la grande maturité de raisin, et qui, malgré tout, reste tendue grâce à sa grande acidité. Ne serait-ce pas cela qui permettrait le vieillissement harmonieux du cépage, comme le suppute Christophe Abbet? L’équilibre me ravit, superposable à celui d’un noble riesling alsacien.

Gamay de Fully Vieilles Vignes 2004

Que voilà un beau Gamay bien gouleyant, frais, épicé, réglissé, soyeux, charnu et d’une grande buvabilité.

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L’un dans l’autre 2004
Robe soutenue, nez épicé, légèrement lactique, avec un petit côté syrah marqué. Tanins un peu serrés, mais de la fraîcheur et du croquant, de par une acidité végétale friande. 50% Gamay, 50% Syrah, à y bien réfléchir, on retrouve l’apport des deux cépages.

Piège 2004
Nez original, floral et fruité. Un vin plaisir, avec de l’acidité, de la fraîcheur et de la gourmandise plein les yeux! C'est du Gamay!

Humagne rouge 2004
Nez très baroque, sur le cassis, le cassissier, le cuir et la fourrure. Assez typique de l’humagne, finalement, animal, fruité et végétal. La robe est plutôt claire, rubis, malgré une longue macération. Une humagne rouge très réussie, expressive et goûtue

Syrah 2004
Noir, c’est noir! Olive noire, cerise noire, tapenade, le tout se fondant dans une belle structure acidulée et fraîche. Ça joue!

A Propos d’Ailes 2003
Un Gamay surmaturé récidiviste, après une première expérience en 2000! Une récidive, mais différente. Nez sur le poivre de Séchouan, le bois exotique, la griotte. Pas trop cuit, ni trop surmaturé, de l’originalité, de l’élégance, un vin d’une grande séduction!

L’air du Temps 1999
La robe dore légèrement, c’est dans l’air du temps! Le nez est d’emblée puissant, sur les épices, les fruits secs, la pomme à cidre. Un style indéniablement oxydatif, même si la volonté n’est pas de faire un succédané de vin jaune, contrairement à ce qui a été dit dans la presse. La bouche est riche, la finale tonique, la longueur conséquente. Petite arvine et Marsanne (+ une petite « touchette » de Chardonnay) en élevage long, sans ouillage.  En accompagnement de quelques fromages et charcuteries valaisannes, préparées par Christophe pour l’occasion, c’est le top!

« Je ne sais pas si vous estimez que c’est de la chance, mais j’ai plusieurs millésimes d’Ambre au frais, du fait d’une verticale prévue! »

Il faut croire que c’en est une, de chance! Pas moins de 6 millésimes à déguster, dont un collector, pas (encore?) commercialisé. Ambre, un vin sans concession, qui commence à se tailler une solide réputation dans l’univers des vins liquoreux. Marsanne et Petite Arvine en proportion variable selon les millésimes, suivant la qualité de la vendange, l’évolution des fûts et l’inspiration de Christophe, à la recherche perpétuelle du "caractère intime et mystérieux, sans âge," des vins liquoreux. « Ah! Mon Dieu! Mon Dieu! » s’extasiait-il le nez dans le verre en humant de l’Ambre en direct live, sous les caméras de la TSR et le regard mutin d’Annick Jeanmairet. Je confirme! Ah! Mon Dieu! Mon Dieu!

Ambre 1998
Un vin qui n’avait pas jusqu’à présent trouvé grâce aux yeux de son géniteur, et qui attendait là, tout seul, dans son fût, perdu au fond de la cave. Battant sa coulpe et se jurant de finir par plaire! La durée de l’élevage, un élément déterminant dans l’expression du vin! A l’origine du style légèrement oxydatif de l’Ambre, particulièrement marqué ici: fruits secs, café, notes de torréfaction. La liqueur est très riche et onctueuse, mais non dénuée de fraîcheur. Les pièces du puzzle se mettent en place!

Ambre 1999
La robe est ambre, presque acajou. Un millésime d’une grande richesse: 9° d’alcool, 285 g de sucre résiduel, une densité et une concentration hors du commun, mais avec de l’acidité, qui tient le vin dans la durée et la fraîcheur, sur des notes d’abricot confit!

Ambre 2004
Encore embryonnaire, il s’exprime sur un fruité primaire à base d’ananas, d’agrumes confits. Pas encore complètement fini, il présente encore beaucoup d’acidité volatile et à peine de gaz en finale (léger picotement de la langue). La vivacité de l’arvine!

Ambre 2003
Nez plutôt original, fumé, sur le thé vert. Ultra liquoreux, il possède de la vivacité et de la fraîcheur, indispensables pour digérer tout ce sucre. Toujours en cours d’élevage, évidemment!

Ambre 2002
Un vin « tensio-actif », le côté acidulé sur les zestes d’agrumes, prédominant à ce stade, qui voit co-exister la liqueur et l’acidité, non fusionnelles pour l’instant, mais pas complètement dissociées. Là encore, la poursuite de l’élevage est indispensable pour atteindre l’harmonie.

Ambre 2001
Nez « fini », sur les fruits secs, le thé fumé, et un boisé un peu perceptible. Un vin aérien, qui n’empâte pas la bouche, l’harmonie est presque atteinte, le caractère acidulé de l’arvine apportant fraîcheur et vivacité.

Pour une chance, c’en était bien une!

Christophe Abbet, Martigny, Valais, un nom (ou plutôt trois!) que tout amateur d’art se doit de retenir! Le randonneur également, si jamais l'envie lui prend d'user ses semelles dans le Valais viticole!

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Olif

07 mai 2006

Verticale de Cornalin de Sierre par la face Nord

Résumé des épisodes précédents:

Après un excellent échauffement à grands coups de Petite Arvine et d'Amigne, la Patrouille du Vignoble affiche une forme olympique avant d'aborder verticalement le Cornalin de Denis Mercier.

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Cornalin de Sierre 1996, Denis Mercier

La robe est encore grenat soutenu, à peine tuilée sur les bords. Le premier nez, animal sauvage, tonifie et réveille. Il s’estompe vite à l’aération pour laisser la place à des notes plutôt tertiaires empyreumatiques torréfiées (moka). Encore pas mal de corps et une belle longueur pour un vin qu’il vaudrait mieux ne plus attendre trop longtemps en cave.

Cornalin de Sierre 1995, Denis Mercier
Là encore, la robe est relativement homogène. Le vin délivre encore beaucoup de fruit, un joli cassis assez pur, sur des notes de suie et de fumée. La bouche reste fraîche, acidulée, équilibrée. Un vin de demi-corps, bien tonique, à la finale un poil chaleureuse!

Cornalin de Sierre 1999, Denis Mercier
On poursuit la série des nonantes avec ce 99 à la robe grenat brillante, au nez fruité éclatant, cerise noire, mûre, cassis, avec du végétal croquant et une acidité fraîche dans le verre. Un vin d’une grande jeunesse!

Cornalin de Sierre 1998, Denis Mercier
Une robe pourpre violacée de cardinal sous laquelle il est vain de vouloir faire des découvertes. Dans une phase peu expressive, avec une bouche serrée mais bien structurée. Je ne le goûte pas très bien ce jour-là et je serais curieux de le revoir dans d'autres circonstances.

Cornalin de Sierre 2000, Denis Mercier
Robe presque violine. Un vin fruité, acidulé, frais, de bonne constitution, un peu moins harmonieux que celui qui va suivre et qui était servi en parallèle.

Cornalin de Sierre 2001, Denis Mercier
Robe burlat, nez intense de fruits frais, cassis, cerise noire, bouche bien stucturée, tannique. Un grand potentiel, qui donne envie de l'attendre quelques années.

Une dégustation assez homogène. J’avoue ne pas être insensible à la patine des ans sur un vin de Cornalin (ce qui était loin de faire l’unanimité au sein de la patrouille), mais je ne pense pas qu’il faille se lancer dans la longue garde non plus. Entre 5 et 10 ans me semble actuellement un bon compromis.

Nouveau dénivelé en vue, avec une verticale de Cayas, la Syrah emblématique de la maison Germanier Bon Père, qui nous a dépêché un excellent guide, en la personne de Gilles Besse, l’un des deux œnologues de la maison.

A suivre...

Olif

La Patrouille du Vignoble à l’assaut du Valais

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Le Valais, une impressionnante collection de sommets alpins dépassant 4000 mètres d’altitude, mais pas celui qui est sur la photo! Situés au fond de longues vallées parallèles et transversales à la Vallée du Rhône, ils ont pour nom Grand-Combin (alt. 4'314m), Dent-Blanche (alt. 4'356m), Bishorn (alt. 4'159m), Cervin (alt. 4'478m) ou encore Mont-Rose (alt. 4'634m). Un Mont-Rose largement supérieur au cru de Saint-Estèphe, même lorsque ce dernier prétend atteindre des sommets comme en 2003, soit dit en passant!

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Le Valais, une impressionnante collection de cépages, cultivés au fond de la vallée ou à flanc de coteaux. Une haute vallée du Rhône qui jouit d’un ensoleillement exceptionnel et d’un micro-climat qui voit pousser des abricotiers au pied des neiges éternelles!

Lorsque la Patrouille du Vignoble a posé son barda à l’Oenothèque de Leytron, sur les coups de 15 heures en ce samedi 29 avril 2006, elle ne connaissait encore rien du programme de l’après-midi. Elle ne savait pas qu’elle allait avoir à affronter deux verticales censées la conduire vers les sommets. Une double verticale, parsemée de quelques fragments d’horizontales, une manière d’avoir une approche globale des vins de la région, à la manière de l‘ascension d‘un 4000. Non exhaustive, mais abordable sous différents angles. Judicieux! Et pas besoin de s’encorder!

Et on poursuit évidemment par des blancs, pour se refaire la virginité du palais après les superbes Marsannes dégustées chez Marie-Thérèse Chappaz.

Petite Arvine 2004, René Favre & fils
Robe claire, nez salin, avec des notes d’agrumes et l’amertume qui va avec. Un vin minéral, avec une finale iodée sur les amers. Manque d’un peu de séduction à ce stade, même si on ne peut lui reprocher son caractère archétypique.

Petite Arvine 2001, Sélection Excelsus, Jean-Claude Favre

La robe dore franchement! Les années supplémentaires se font sentir au niveau de la couleur! Le nez est mûr, riche, sur les agrumes, beurrant presque un petit peu. Une expression inhabituelle de la petite arvine, riche, presque à tendance oxydative, mais j’ai surtout le sentiment d’une belle maturité de fruits. J’aime plutôt bien.

Petite Arvine 1998, Germanier Bon Père
Une cuvée élevée en barrique, au nez légèrement beurré et aux notes boisées encore présentes. La bouche est lisse et patinée, mais paradoxalement fluette et décharnée, courte, ne donnant le sentiment de tenir que par son ossature bois! La première Petite Arvine que j’ai eu l’occasion de découvrir, à Arvinis en 2001. Séquence nostalgie… Je pense qu’il est plus que grand temps de la boire! Je crains qu’il ne m’en reste une ou deux bouteilles à la cave!

Petite Arvine 2001, barrique, Fabienne Cottagnoud
Nez et bouche séduisantes, sur le tabac à pipe, l’écorce d’orange. De la patine, stimulée par une belle acidité et une longueur satisfaisante. Plutôt plaisant, même si l’on peut toujours s’interroger sur la nécessité de barriquer l’arvine.

Petite Arvine 2000, Jean des Crêtes, Les fils Maye
Le nez n’es pas désagréable, discrètement fruité. En bouche, ça se gâte un peu: sucre résiduel, du gaz, des amers dissociés, un équilibre improbable, caricature de ce qu’il vaudrait mieux ne pas réaliser avec la petite arvine!

Amigne 2004, légèrement douce, Germanier Bon Père

Fréquemment vinifiée « avec un petit sucre », l’amigne le supporte généralement bien. Il faut pour cela que l’équilibre soit aérien pour que ce petit résidu se transforme en volupté! Ici, j’aurais tendance à le trouver un peu lourdaud! Une Amigne pas totalement convaincante!

Amigne 2001, Romain Papilloud

Une version beaucoup plus satisfaisante qui a en outre l’opportunité de démontrer le potentiel de garde de l’amigne. A peine de sucre, de la minéralité, une bouche riche. Une amigne que je ferais volontiers mienne!

Amigne 2001, Fût de chêne, Fabienne Cottagnoud

Le nez est élégant et subtil, anisé. La patine de la bouche gomme superficiellement la présence d’un léger sucre, loin d’être prépondérant. Un vin séduisant qui interpelle également sur la mode du barriquage de l’amigne! Quand c’est bien fait, il serait dur d’aller contre!

Arvine, Amigne, un large pan de l’identité valaisanne! Avec un troisième cépage, rouge celui-là, pas très facile à travailler aux dires des vignerons, mais dont il serait grandement dommageable de se priver! J’ai nommé Messire Cornalin, que nous allons aborder à la verticale, du côté de Sierre, au domaine Denis Mercier. Prenons une grande inspiration avant une petite remontée dans le temps!

A suivre...

Olif

03 mai 2006

29-30 avril 2006 en Valais: La Patrouille du vignoble

Tandis que tout là-haut dans la montagne, l’était pas seulement un vieux chalet, mais aussi des glaciers et des patrouilleurs qui faisaient la course, dans l’espoir d’aller plus vite que les autres, tout en bas, dans la vallée, l’était une oenothèque, des vignes et des patrouilleurs qui les arpentaient, dans l’espoir de prendre tout leur temps pour apprécier les vins qui en étaient issus.

Info La Patrouille du vignoble
La Patrouille  du vignoble est une course exceptionnelle au cours de laquelle il s'agit, en une étape, de rallier Martigny à Sierre.

Cette épreuve unique se caractérise par sa longueur, son altitude moyenne moyennement élevée et le profil de son itinéraire. Vouloir y participer exige non seulement une réelle expérience du vignoble ainsi que la maîtrise des conditions extrêmes de dégustation qu'on peut y affronter, mais aussi une préparation morale et physique spécifique et minutieuse.
Le concurrent s'engage à satisfaire les critères de compétence suivants:
pratiquer régulièrement des dégustations et des courses dans le vignoble
être très bon dégustateur
savoir déguster"encordé", être bien entraîné et avoir une bonne descente
être capable dans des conditions normales d'effectuer les tronçons:

Fully-Leytron  en 3 h 15*
Fully-Sierre      en 7 h 30**
Leytron-Vétroz en 2 h 00*      *:temps maxima
Vétroz-Chamoson, à reculons, les yeux bandés   en 8 h 30**    **:temps moyens indicatifs

Cette épreuve se dispute par patrouilles civiles d’un certain nombre de concurrents. Elle est ouverte à des formations masculines, féminines, mixtes ou les trois à la fois.

Valais_026

La patrouille du vignoble, arpentant les coteaux de Fully et se dirigeant, non sans appréhension, vers la Combe d’Enfer!

Après un cours magistral sur le vignoble dans un amphithéâtre d’enfer, laValais_036 patrouille a fait un détour par l’hospice pour saluer des ceps de Marsanne tirebouchonnés et âgés de 80 ans (prononcer huitante ans!). Si tous les petits jeunots avaient autant de choses à nous dire!

Valais_040 Dans des conditions particulièrement difficiles en raison d'un mistral valaisan virevoltant et tourbillonnant à la manière d'une bise alpine, la Patrouille s'en retourne à Fully pour un contrôle anti-dopage sous la tonnelle deValais_032_1 Marie-Thérèse Chappaz, suivi d’un ravitaillement. Les choses sérieuses commencent!





Fendant du Président Troillet 2005, Marie-Thérèse Chappaz:
Un Fendant sans malo, vif et séduisant laissant percevoir derrière des notes encore amyliques une minéralité crayeuse et une touche d’herbe aromatique. Longueur moyenne, mais c’est un vin apéritif.

Petite Arvine 2005, Marie-Thérèse Chappaz:
Pêche de vigne, agrumes, abricot, et beaucoup de rondeur. Une pseudo apparence de viognier pour cette petite arvine qui en est bien une, même si elle est riche en alcool (15,2°!). Parfaitement sèche; elle se démarque du viognier par sa petite finale saline caractéristique et sa nervosité non feinte.

Petite Arvine 2003, Clos des Corbassières, Domaine Cornulus
Nez beurré, riche, aromatique, évoquant la Marsanne, de par sa richesse et sa largesse. Là encore, il s’agit bien d’une Petite Arvine, avec sa finale saline. Un équilibre loin d’être déplaisant, même si inhabituel, victime de l’effet millésime.

Marsanne 2002, Denis Mercier
Nez complexe et puissant, sur la rhubarbe, la réglisse, bouche ample et large, grande longueur. Un vin au caractère affirmé, jouant dans un registre de puissance, mais possédant un bel équilibre.

Marsanne Les Serpentines 2004, Gérald Besse

Une Marsanne qui marsannise : eau de vie de framboise, olive verte, truffe blanche! La bouche est bien minérale, longue avec une belle vivacité l’emportant sur la puissance. Rétro olfaction sur l’olive verte. Superbe!

Marsanne 2003, Marie-Bernard Gillioz
Nez exotique, fruits jaunes, confit, riche et puissant. Un vin plein, avec une finale immense et une longue rétro.

Marsanne Grain Noble 2003, Marie-Thérèse Chappaz
Une gâterie pour terminer! Du pur botrytis, avec une fraîcheur et un toucher de bouche somptueux. Une petite pointe d’acidité finale réhausse le tout, empêchant de sombrer dans la mélancolie et rendant le vin sautillant et primesautier. Une caresse au palais! Le nez, Marie-Thérèse le trouve trop riche, miel et cire d’abeille, mais cela n’arrive même pas à gâcher la bouche! Une Marsanne comme on aimerait en boire plus souvent!

Tarte aux oranges 2006 de Nathalie
Tellement bonne que je n'ai rien craché, même que j'en ai repris une part! Avec la Marsanne grain Noble de Marie-Thérèse, on ne pouvait rêver plus bel accord!

Fin du premier mouvement

Olif

24 août 2005

Randonnée viticole valaisanne!

Date: le 24/08/2005 à 23:43

Sortie valaisanne quasi-improvisée, ou comment s’occuper en montagne quand le temps est complètement bouché! Descendre en plaine et sortir le tire-bouchon! C’est la seule solution! Direction Vétroz, dans un premier temps, pour retrouver des Vendéens en goguette chez Romain Papilloud, vigneron-meunier-encaveur au pays de l’amigne, dans un ancien vieux moulin.

 

Vieux Moulin, Cornalin et Amigne!



 

Timing un peu minuté, pour raisons familiales, Romain prend néanmoins le temps de nous recevoir aussi bien qu’à l’accoutumée et nous propose la totale!

On débute dans le sympathique caveau de  dégustation par la production en bouteille à la vente actuellement.

Fendant Amandoleyre 2004
Pour la mise en bouche, ce toujours aussi beau fendant, minéral, acéré, développant de jolies notes de fleurs blanches en attaque pour le rendre encore plus aimable. Un vin apéritif parfait!

Petite Arvine 2004
Nez très mûr, sur le melon et les agrumes, avec une note florale (pétale de rose?) qui fait évoquer à Romain le Gewurtztraminer. La vivacité de l’arvine est bien là, mais enrobée déjà, ce qui adoucit légèrement l’acidité, sans empêcher la salinité finale. Une très belle Petite Arvine, complexe et affriolante!

Amigne 2004
Un cépage que Romain maîtrise parfaitement! Nez intense, bouche grasse, aromatique, grasse, avec un petit sucre savamment dosé, qu persiste agréablement en finale. Une amigne élégante et gourmande!

Amigne Barrique 2002
Le nez est intense, encore sous l’emprise du bois, avec sa petite touche vanillée. Le toucher de bouche est extrêmement savoureux, onctueux, riche et gras, compensant le caractère totalement sec un peu inhabituel ici. Grande longueur et très belle persistance! Une déclinaison intéressante du cépage qui ne ravira peut-être pas les puristes, mais une voie à explorer! Parce que c’est quand même très bon et devrait l’être encore plus une fois le bois mieux digéré. Il y a la matière suffisante pour cela!

Gamaret 2004
Une robe violine pour un vin épicé, costaud, un peu rustique, mais dans le bon sens du terme. Simple, suffisamment friand, cela se laisse boire avec plaisir.

Carminoir 2004
Quasiment un précurseur de ce cépage, initialement destiné à l’assemblage, Romain n’a pas hésité à le commercialiser pour lui-même. De la couleur, un grain velouté, dense, du fruit mais une petite amertume finale. Plutôt puissant, il possède plus de finesse que le précédent, l’apport du pinot, sans doute? smiling smiley

Cornalin 2004
On monte d’un cran, avec ce cépage que j’affectionne particulièrement, parce que doté d’une vraie personnalité et d’une originalité folle! Le fruité est séducteur par son petit côté « gelée de fruits noirs ». La structure est patinée, possède déjà une certaine souplesse dans les tanins, même si ceux-ci méritent de s’amadouer avec le temps. La matière est consistante, la longueur suffisante et on trouve déjà beaucoup de finesse. Digne d'une bouteille de la semaine!

Syrah Barrique 2003
Premier nez sur le cassis, puis, à l’agitation, perception de petites notes boisées qui se fondent dans des notes d’agrumes (pamplemousse rose), signant certainement une grande maturité de fruits. Du coup, la perception acide apporte beaucoup de fraîcheur et de longueur. Et toujours ce côté agrumes, qui peut paraître surprenant dans une syrah mais qui en fait un vin réellement étonnant! Très beau!

Assemblage 2003
Translation vers la cave pour goûter au fût cet assemblage 2003 composé de 60% de Carminoir, 20% de Merlot et 20% de Gamaret. Une très belle complémentarité, la rondeur du merlot, même s’il s’agit de jeunes vignes, venant assouplir la puissance du Gamaret et se fondre dans le velours du Carminoir!

Merlot 2004
Puisqu’on en est à goûter les fûts, on poursuit! Ce Merlot est destiné à la cuvée d’assemblage 2004. Il est déjà souple et rond, plutôt agréable, même si Romain craignait qu’il soit encore marqué par le carbonique.

Cornalin 2004
En barrique, car destiné à l’assemblage 2004, il est lui encore marqué par le gaz avec un côté un peu piquant, mais une matière prometteuse. Nous goûterons une seconde barrique dans lequel le vin est déjà plus arrondi.

Amigne Barrique 2003
Toujours en fût, elle sera mise en bouteilles au mois de novembre. Les notes grillées du nez, apportées par le fût, sont d’une belle élégance, ne masquant pas les notes d‘agrumes. La bouche est onctueuse, patinée et la matière semble riche, peut-être plus dense qu’en 2002. Un vin à suivre avec intérêt!

Amigne Barrique 2004
Elle n’a pas encore mangé tous ses sucres et, de ce fait, est encore bien gourmande! Un vin au stade embryonnaire.

Ermitage Volupté  2004
Dégusté au fût. L’équilibre est déjà impressionnant de maîtrise! Riche, développant déjà quelques notes de truffe blanche, mais surtout d’olive verte, façon tapenade, un vin extrêmement prometteur!

Ermitage Volupté 2003
Retour à la bouteille, pour clore en apothéose et en douceur par cet Ermitage, botrytisé à 100%, qui se présente sous une robe dorée à souhait. La bouche est confite, rôtie, sur l’ananas et la truffe, avec une belle acidité longiligne, qui s’étoffe progressivement, s’enrobe. C’est gras et onctueux, mais cela reste frais en permanence. Un très bel Ermitage, probablement un des meilleurs produits par Romain à ce jour, parmi ceux que j’ai eu l’occasion de goûter, en tout cas!

Après cette première ascension, qui nous a déjà conduit pas loin des sommets, il fallait faire une petite pause. Le temps de traverser la « côte » valaisanne, de Vétroz à Fully, en passant par Chamoson, Leytron et Saillon, mais sans s’arrêter! Direction, chez Marie-Thérèse. Chappaz, bien entendu! Pour gravir les quelques marches qui nous manquaient!

 



Tomates, kiwis et Syrah!

 

Marie-Thérèse, vigneronne, mais pas que ça! Biodynamiste, depuis 2 ans, avec sincérité et conviction, et nous tombons un peu mal, d’ailleurs, puisque Demeter avait également choisi ce jour pour effectuer ses contrôles! Après nous avoir servi le premier verre de Fendant, Marie-Thérèse est contrainte de retourner à ses petits papiers et à son contrôleur, nous confiant aux bons soins de Valérie!

Qu’il est bon de retrouver cette tonnelle de dégustation, où l’on peut goûter à ce qui se fait de mieux en Valais, voire même ailleurs! Dans une ambiance conviviale et gaie. Le Valais, ses vins, mais aussi ses kiwis, dont les feuilles sont suffisamment développées pour nous protéger des quelques gouttes de pluie qui font leur apparition à ce moment-là.


 

Et aussi ses tomates, biodynamiques, évidemment, autant d’espèces rares et goûteuses issues du jardin de Marie-Thérèse


 

Mais nous ne sommes pas là pour y goûter (dommage!), mais nous ne perdons néanmoins pas au change, avec les 2004 de Marie-Thérèse!

Fendant Fully Coteaux de Plamont 2004
Une nouvelle cuvée, un terroir d’altitude, très calcaire, qui donne naissance à un beau fendant minéral, qui possède également un petit côté pomme à croquer!

Fendant Martigny les Bans 2004
Un classique, sur un terroir calcaire situé à Martigny, au nez à peine grillé, beurrant très légèrement. Une petite perle élégante vient rehausser la minéralité de cette cuvée séduisante, légèrement enrobée, et pourtant bien vive!

Fendant Président Troillet 2004
Les vignes situées le plus près de la maison, une cuvée dénommée ainsi en hommage à un grand oncle de Marie-Thérèse, célébrité locale ayant largement œuvré pour la vie publique. Terroir granitique, pour une plus grande pureté minérale, légèrement citronnée. La structure est droite et linéaire, presque une épure! Superbe!

Petite Arvine Grain Blanc 2004
Le nez est assez réservé mais n éanmoins typé Petite Arvine. L’attaque est franche, incisive, puis le vin s’enrobe un petit peu mais reste d’une grande droiture et d’une minéralité exemplaire. Dur de rester insensible à ce vin magnifique!

Ermitage Grain d’or 2003
Une Marsanne d’anthologie, qui allie gras, finesse et longueur, en restant très minérale, avec une finale légèrement grillée. L’équilibre frôle la perfection, sans la lourdeur alcooleuse que l’on peut retrouver dans certaines cuvées rhodaniennes. Exceptionnel!

Dôle Ma Puînée 2004
Présentée en « pot » bouché à vis, cette Dôle, simple et légère, est un vrai vin de soif, bien marqué Gamay.

Dôle La Liaudisaz 2004
Plus colorée que la précédente, elle enivre de ses parfums de fruits rouges, mais aussi de pamplemousse rose et d’agrumes. Rond et aimable, avec un beau volume, un vin gourmand!

Humagne rouge 2004
Assez typique, avec ses arômes de sous-bois et de groseille, sa grande souplesse et sa rondeur doucereuse en finale.

Syrah 2003
La première cuvée de Syrah de Marie-Thérèse. Nez épicé et intense, bouche large et ample, avec une belle acidité. Une réussite!

Une gamme toujours aussi sidérante, même si, malheureusement, nous ne pourrons goûter aux Grains Nobles, épuisés depuis longtemps.

Les sommets commencent à se dégager, la météo annonce une relative, mais courte amélioration, qui permettra peut-être aux suisses alémaniques, victimes des intempéries de souffler un peu, et à Marie-Thérèse de faire une décoction cicatrisante pour ses raisins oedématiés, éclatant sous l‘excès de pluviosité. Les Vendéens, en vacances montagnardes, pourront peut-être, enfin, s’aventurer sur d’autres sommets. Quant aux Jurassiens, il ne leur reste plus qu’à aller se perdre dans les profondeurs du tunnel de Glion.

So long!

Olif

21 août 2005

Millésime 2003 en Valais, du grain à moudre au Vieux Moulin!

 

Date: le 30/08/2004 à 11:10

Deuxième étape du programme culturel helvétique de la semaine dernière, une halte à  la cave du Vieux Moulin à Vétroz, chez Romain Papilloud, vigneron ô combien attachant qui magnifie aussi bien les cépages indigènes valaisans que les nouvelles variétés pour lesquelles il fait souvent figure de pionnier. Même si nous apprendrons plus tard dans la soirée que les cépages autochtones valaisans ne sont pas si indigènes que cela, en fait, résultat d'un melting-pot avec la vieille Europe. Si ce ne sont peut-être pas les Romains qui implantèrent l'amigne à Vétroz, c'est néanmoins chez le Romain (Papilloud) que l'on peut y déguster une des meilleures, si ce n'est LA meilleure du canton.

Fendant Grand Cru Amandoleyre 2003
Un vin au nez frais et fruité, doté d'une belle minéralité en bouche, avec une toute petite perle qui accentue la sensation de fraîcheur. Presque une épure, mais surtout un grand fendant, d'une régularité exemplaire d'un millésime à l'autre.

Petite Arvine 2003
Nez d'abord sur le réserve (la bouteille vient d'être ouverte sous nos yeux), laissant ensuite percevoir de jolies notes de pamplemousse. Minéral et tranchant en attaque, il s'étoffe et s'enrobe en milieu de bouche pour terminer de façon assez caractéristique sur des notes salines. Une magnifique Petite Arvine parfaitement sèche, presque une prouesse dans ce millésime 2003. Magnifique!

Amigne 2003
Nez original sur le beurre de cacahuète et la noix de Pécan. Une pointe de gaz carbonique apporte la vivacité suffisante pour contrebalancer le sucre résiduel qui passerait presque inaperçu!

Amigne 2002 barrique
Une innovation sur ce fabuleux cépage qu'est l'amigne. La mise est récente, d'où la présence d'un boisé encore bien marqué au nez, mais sans caricature. L'apport de l'élevage se sent surtout au niveau de l'étoffe de la matière, grasse, riche et onctueuse, enveloppant la bouche, tout en gardant de la fraîcheur et les caractéristiques du cépage. Une grande maîtrise! Superbe!

Gamay VV 2003
Nez fruité, qui sent le gamay (d'après PhR!) pour un vin charnu, gouleyant et agréable.

Vétroz Grand Cru 2003
Une dole haut de gamme (70% pinot noir, 15% gamay, 15% diolinoir), aux arômes fruités légèrement réglissés, avec déjà une grande souplesse mais une structure néanmoins solide.

Pinot noir barrique 2002
Nez plutôt réservé, loin de l'exubérance aromatique de certains de ses congénères. Boisé très fin, que Romain trouve à peine trop torréfié, grain soyeux, légère mâche finale. A attendre une ou deux années.

Cornalin 2003
Robe sombre, légèrement violine sur les bords. De façon totalement inhabituelle, ce cornalin a passé deux mois en barrique pour contrecarrer les effets d'une réduction en cuve. Au nez, ça embaume la crème de cassis! On retrouve une texture soyeuse, crémeuse, et l'évolution des arômes dans le verre se fait vers le noyau de cerise. Petite amertume tannique en finale. Un très beau vin qui nécessite un peu de repos en cave. Romain, c'est décidément le roi du cornalin! Pour accompagner quelques tranches de viande séchée valaisanne, à la fin de la dégustation, nous aurons l'occasion de regoûter le superbe 2000 avec un plaisir toujours inégalé.

Carminoir 2003
Avec ce cépage, on innove complètement. Issu d'un croisement entre le pinot noir et le cabernet sauvignon, sera t'il apte à réconcilier les bordeauphiles et les bourgognophiles? La robe est sombre, la bouche plutôt soyeuse mais la finale légèrement cartonneuse et végétale. Les vignes sont jeunes, laissons-lui un peu de temps!

Gamaret 2003
Vendangé le 18 août. Vin puissant, très mûr mais pas cuit, sérieux, avec un petit côté rustique séducteur.

Syrah 2002 barrique
Fraise écrasée, cassis, myrtilles, épices mais aussi agrumes (pamplemousse?), c'est une belle syrah, dense, riche et longue.

Assemblage 2003
Echantillon prélevé sur fût, il s'agit d'un assemblage de 65% de Carminoir, 25% de Merlot et 15% de Gamaret. Elevage en fût avec moins d'1/3 de fût neuf. Le nom définitif de cette nouvelle cuvée n'a pas encore été trouvé. Un peu de boisé très fin au nez, une bouche soyeuse, sur les fruits noirs, la mûre écrasée, la myrtille, développant un beau volume, longue, avec une rétro-olfaction sur des notes de crème catalane. Très convaincant, ce vin méritera d'être suivi avec attention dès la fin de l'élevage et après la mise.

Volupté 2002, Ermitage Grain Noble
Vendangé le 9/12/2002. Nez très précis, sur les agrumes confits, un peu de truffe blanche, mais légèrement parasité par une petite impression poussiéreuse. La structure en bouche est magnifique, patinée, veloutée, d'une grande douceur, avec juste ce qu'il faut de vivacité. Fort bel équilibre. Sans cette toute petite note olfactive gênante, le vin serait quasi-parfait!

Une gamme toujours aussi riche, s'étoffant même régulièrement par l'apport de nouveaux cépages et de nouvelles cuvées, témoignant du dynamisme de Romain Papilloud. Une grande homogénéité de style, tant dans les rouges que dans les blancs, et un haut niveau d'exigence qualitative font de ce domaine une référence en Valais.

Olif