13 juillet 2010
État de Grasse…
Entorse aux escapades océaniques estivales habituelles, la famille Olif a décidé de se faire dorer la pilule sur la Côte d’Azur. Un peu en retrait de la mer quand même, histoire de garder de la hauteur.
Escale papale
Comme un genre de miracle routier ! Une fois réalisé que Châteauneuf-du-Pape se situe exactement au milieu d’un axe en zig-zag qui relie le Haut-Doubs à la Côte d’Azur, le choix de s’y arrêter fut vite fait. Pas dans l’intention d’y buller, non, juste pour se restaurer en cours de route et tenter de conjurer le Sorgues chez Josette et Gérard Alonso, admirables et renommés aubergistes, amoureux du bon boire et du bien manger, à base de produits frais et de vins naturels. Repas pris dans la cour du restaurant, à l’ombre d’un platane, un pur moment de félicité gastronomique, arrosé de vins pas tous bien élevés mais sachant néanmoins se tenir à table. Festif Fête en bulles de L'Angevin, vivant Vie on y est 2009 de Gramenon sur un excellent filet de rouget, éblouissante Vieille Julienne 2004 sur un sublime pigeon à la cuisse rose. Sans parler du reste et de tout ce qui s'en suivit ou précéda.
Grasse : parfum de vacances
Une fois parvenus à Grasse, on est vite mis au parfum. Gallimard, Fragonard, Molinard et tout le bazard ! Il y a l’embarras du choix pour faire fuir les mauvaises odeurs, y compris celle des belles-mères de Grasse, près de Nice, comme le chantait Boby Lapointe dans son saucissonnage équin n°2. Amusants travaux pratiques au Musée International de la Parfumerie, où le visiteur joueur peut s’amuser à reconnaître à l’aveugle un certain nombre de composés aromatiques, pas toujours recommandables, mais utilisés néanmoins par les maîtres parfumeurs. Sulfureux!
Grasse : tant qu’il y a du vin, il y a des Spar
Monter, descendre. Le Pays Grassois n’est pas économe, question dénivelé. Monter des marches, descendre des traverses. Monter en température, descendre des litres et des litres. D’eau et autres boissons, avec ou sans bulles. Pas n’importe quoi pour autant. Du bon, du frais, du vrai, du pas trop sulfité, du vin parfumé, aux bonnes effluves naturelles.
L’Espace Vins du Spar de Grasse jouit d’une flatteuse réputation auprès des gens de glou, amateurs de bons vins authentiques. Une info de dernière minute obtenue grâce à l’escale avisée en pays avignonnais, coquin de Sorgues. Cette épicerie grassoise est justement tenue par un homme de glou. Et fort en gueule, aussi. Mais dans quel quartier de la ville se trouve-t-elle ? Ô rage, où est ce Spar ? Grâce à Google, l’antre de l’une des deux têtes pensantes de Glougueule, le blog bien nommé, fut vite localisé, quartier de la gare. Le dimanche soir, c’est encore ouvert et c’est la cohue. Le pillage en règle de l’Espace vins ne fut pourtant guère difficile. Philippe Quesnot, en homme avisé, n’est pas derrière la caisse enregistreuse. Je l’imagine plutôt en train de faire les gros yeux derrière un verre de bon glouglou, ce qui me semblerait plus judicieux en ce début juillet si chaleureux. Lors du second passage pour remplissage du frigo, nous fûmes pris la main dans le caddy. Depuis deux jours une bouteille de Cerdon manquait à l’appel et, en fin limier, l’épicier savant avait fait parler les empreintes digitales ! Condamnés à visiter l’espace « ticheurte » au 3ème sous-sol, nous sommes ressortis lingés pour l’été. Néanmoins à prix d’ami, il faut le souligner.
Du Cerdon dans le Gourdon
Gourdon, sur les hauteurs de Grasse, en surplomb des gorges du Loup, à une heure matinale, idéale pour une petite randonnée en altitude, sur le plateau de Cavillore. L’arrière-pays niçois, faut pas nous raconter de salade, c’est quand même bien joli ! Pas de Cerdon dans la gourde pour autant, il ne fallait pas traîner en chemin, afin de ne pas être assommé par le soleil estival. Entre une flore particulièrement développée, grâce à un mois de juin bien arrosé, de jolis panoramas sur les gorges, quelques vieilles pierres et une poignée de cerises dans la gorge, maraudées par inadvertance, mais avec volupté, la matinée fut bien remplie. Un moment réjouissant, valant tout le Cavillore du monde.
Estivale de Cannes
Journée cannoise et shopping rue d’Antibes, obligé. Puis photo en haut des marches, 12 ans après un premier passage familial. Comme le temps passe ! Georges y a été cloné, l’occasion aussi de prendre la pose en sa compagnie.
A l’heure de midi bien sonnée, à deux pas de la Croisette, au hasard, le long d'un trottoir, une Trattoria engageante. La Libera, du même nom qu’une belle adresse fréquentée à Alba l’année précédente. Pourquoi pas ? Bonne pioche ! Belle adresse itou, goûteuse et sincère, avec un serveur épatant, au véridique accent italien, étonné par notre gentillesse jurassique naturelle, inversement proportionnelle à celle de la population autochtone. Et des plats justes, simples et bons, accompagnés d’un Arneis de belle facture, aussi bon que là-bas, dis !
Pour le reste, dur de trouver un petit carré sympathique où étendre sa serviette, de Cannes à Antibes. La Côte d’Azur, il ne faut surtout pas vouloir s’y baigner. Tout y est bétonné, civilisé, aseptisé. Pas très nature, tout ça! Allez ! On y a quand même bien trempé un pied, face au Château Grimaldi d’Antibes. Il faudra bien pouvoir justifier nos vacances à la mer.
Plus près de toi, Mon Dieu !
Pour cette deuxième randonnée du séjour, direction Bar sur Loup. Un joli pléonasme, en fait. En Méditerranée, le bar s’appelle loup. Mais du côté de l’Atlantique, le Loup s’appelle quand même le Loup. Pas celui qui a fait sa réapparition dans le Mercantour, non. Un Loup qui coule dans des gorges, de la Colle jusqu’à Tourette. De quoi faire un joli tour si on n’a pas de la colle sous les chaussures. A Bar sur Loup, il n’y a pas de poissonnerie. Mais, à Bar sur Loup, on peut prendre le Chemin du Paradis, une vieille voie empierrée qui monte au ciel jusqu’à Gourdon. De quoi filer le bourdon quand on regarde l’altimètre. Mais les 520 mètres de dénivelé positif, puis négatif, s’avalent sans même se flageller. Pas un seul coup de gourdin avant Gourdon. Son paradis, on le gagne en arrivant tout là-haut, pour profiter de la vue sur les gorges du Loup, installé à la terrasse d’un bar. La boucle est bouclée.
You are so … Nice !
Impossible de passer par les Alpes-Maritimes sans se rendre à Nice. D’autant que l’heure des soldes a déjà sonné. Pendant que des Rosbeefs bien saignants se promènent en bord de mer, les Froggies coassent rue Massena à la recherche d’une bonne affaire. Le boire et le manger, pas question de le brader pour autant, ni de laisser sa part aux anges qui font trempette dans la baie.
La Part des Anges est une boutique de la rue Gubernatis qui ne laisse pourtant rien s’évaporer. Tout y est bu, sans laisser perdre la moindre goutte. Le jeudi soir, malheureusement, la table est close. On vous y oriente alors volontiers vers le ViniVore, les collègues de l’avenue de la République. Les dévoreurs de vin sont ici aussi à la fête. Large choix de vins à prix cave, carte à manger aussi courte qu'appétissante, renouvelée tous les jours, accueil exceptionnel. Une adresse de choix, so Bubbly, so Nice.
Dans la nuit tombante, les Anglais n’étaient plus censés se promener. Ils devaient sortir leurs guitares et jouer en plein air et à guichet fermé, dans un Théâtre de Verdure, à deux pas de la Baie des Anges. Ils se sont fait porter pâles et n’ont même pas pris l’avion depuis Paris. Sacré Peter ! Mais qu'importe, l'air était doux (herty?).
Glouglou, la dream -Alpes mari- team
Il faisait beau, il faisait chaud. Les bouteilles se sont succédées à un rythme effréné. Du vin pour dessoiffer, du vin pour déguster, du vin pour se régaler. Éclectisme volontaire, où l'on pourra juste (éventuellement) regretter l'absence de Bellet, le régional de l'étape, néanmoins rapporté en souvenir. À goûter dès que possible, par curiosité. Pour le reste, entre le Côtes du Jura ouillé 2008 de Laurent Macle, joliment fruité, à boire vite par plaisir, et le simple et plaisant Coteaux d'Aix rosé 2009 L'Alvernègue du Château Bas, la tendance fut au vin de glou, avec pour principal fournisseur, outre les vins ayant fait le voyage, le Spar de Grasse, parce qu'une pareille adresse se suffit à elle-même. Gros coup de cœur et large soif pour le Vin de Pays de Vaucluse 2009 d'Élodie Balme, assemblage de merlot, carignan et grenache, qui se boit aussi vite que bien, malgré sa robuste constitution. Pour le reste, parmi les belles satisfactions et les grands bonheurs de ces vacances, un sans-faute grâce au gourmand et fruité Calice 2009 de Jean-Philippe Padié, au réjouissant et friand Vin de Jardin 2009 de La Grange aux Belles, au Bourgogne aligoté 2009 de Céline et Laurent Tripoz, d'une grande et belle acidité, au trop bon Cousin Oscar et son Petit Cochon Bronzé, de Jean-Marie-Rimbert, à la jolie Coume Marie 2006 de la Préceptorie de Centernach. Comme une incongruité parmi ce panel de vins de soif à petit prix, un imposant Meursault-Charmes 2000 des Comtes Lafon vint nous démontrer à quel point la simplicité n'a pas de prix, enfin pas celui-là. Luxuosité de l'élevage, richesse des arômes, légèrement contrefaits par le bois, malgré une grande précision et une classe folle. Un poids, deux mesures, ou l'inverse.
État de grâce, clap de fin. Un séjour royal parfaitement symbolisé par un verre de Cerdon au bord de la piscine. Topless!
Olif
07:46 Publié dans Bons plans, bonnes adresses, Chronique estivo-hivernale..., Dives bouteilles ... | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
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23 avril 2010
There's no place like Olne!
Olne, bouteille. Répondant à une sollicitation de Julien Némerlin, Gentil Organisateur et "Wizard of Olne", Mr Olif et Mme "N'importe quoi" Olif ont mis le cap au Nord, plus près du nuage du volcan, mais à une altitude suffisamment basse pour que les voitures ne soient pas empêchées de voler sur l'asphalte des autoroutes belgo-luxembourgeoises. "Olne, sweet Olne", la douceur d'un salon du vin propre dans la Province de Liège. Ultra-raisonné, bio, biodynamique et/ou nature, c'est la crème d'un art vinique qui est convié au 3ème Salon des vignerons d'Olne. Des vignerons fidèles, mais aussi des petits nouveaux, quand il ne s'agit pas de vignerons en exclusivité. Faisant fi des indisponibilités de dernière minute, toutes avec billets d'excuse recevables, même les plus fumeuses venues d'Islande, le salon tint ses promesses.
Question hospitalité, les Liégeois savent recevoir. Oufti! Hébergés et en partie nourris à l'Hostellerie du Postay, Wegnez, à une encâblure d'Olne, le premier soir on s'est demandé "Pourquoi?". Oui , pourquoi le cabillaud, les langoustines, la grenouille, l'agneau, le basilic et le maïs? La réponse est dans l'assiette. La cuisine d'Anthony Delhasse est cogitée, sophistiquée, raffinée, précise et goûteuse. Un régal, avec les vins qui vont avec, généreusement servis par la douce France aux yeux roses, qui n'a ni sa langue dans sa poche, ni le coude ankylosé lorsqu'il s'agit de verser à boire. Surtout quand il s'agit du Moussamoussettes de René Mosse. Des bulles rosées pétillantes de naturel, aussi indispensables et dessoiffantes que la bière Cantillon, lors de ce séjour belge.
Pour parfaire la mise en condition, il manquait une immersion dans la cuisine typiquement locale. Liège, la Meuse, la montagne de Bueren, les boulets, les frites, la sauce Lapin. Au Café Lequet, l'adresse la plus réputée de la ville pour goûter à l'authentique. Un café à l'ancienne, à la devanture vieillotte, restée dans son jus du siècle dernier. Service ultra rapide. Bienvenue chez les forçats du boulet à la chaine. Aussitôt installés, aussitôt servis. Pas le temps de refroidir ou de saliver. Les grosses frites sont assez exceptionnelles, la Jupiler est assez fraîche, la sauce Lapin un poil assez sucrée. Mais ça, c'est du boulet! Assez, plutôt, une fois. Oufti!
Après l'escapade liégeoise, il est temps de revenir au Salon des vignerons, l'alibi de notre présence ici. Avec de bien belles rencontres et retrouvailles à la clé, qu'elles soient vigneronnes, cavistes ou lectrices. Quelques fans qui n'hésitent pas à me reconnaitre et à se faire connaitre, ça fait plaisir de savoir que le Blog d'Olif est lu jusqu'en Belgique profonde (non, je rigole, je le savais déjà). Et bien sûr, quelques coups de cœur personnels totalement assumés.
La grande découverte, la plus excitante, c'est la rencontre avec la "Lady Chasselas": Mylène Bru, la plus belle-fille d'Olne, wine-cowgirl d'un Far-Ouest si proche de Sète. Premier millésime (2008) et premier salon (Olne). De vieilles vignes de Chasselas égarées sur les terres de Saint-Pargoire, les conseils des maitresses-vigneronnes suisses spécialistes en la matière (dont Marie-Thérèse Chappaz) et voilà le résultat! Lady Chasselas, un vin à la réjouissante minéralité et à la fraicheur languedocienne apte à faire palir la gent helvétique. La cuvée rouge Far-Ouest est d'une digestibilité hors du commun pour un Languedoc. Tout juste énorme, de délicatesse et de fraicheur.
Juste à ses côtés, Anthony Tortul n'a pas fini sur le dos. Une rencontre réjouissante, pour une gamme éclectique, parfois un peu barrée, mais toujours séduisante. Mention bien au Désordre 2008, un rosé de mourvèdre "invendable" mais au punch irrésistible, à Ô mon Païs 2008, un Sauvignon gris d'Ariège totalement scotchant, au Gaillac rouge Los Compagneros 2008, dont la concentration n'égale que la fraicheur et à Rancio, un liquoreux oxydatif, à l'équilibre improbable mais enjôleur.
Au rayon des découvertes sudistes, il ne faudrait pas oublier de mentionner la souriante et inspirée Aline Hock, de Latour de France, en Roussillon, dont les cuvées 2009 se déclinent pour l'instant en AdrénAline et AlineA. Des vins d'entrée de gamme, simples et francs, qui méritent plus ample connaissance, en attendant les cuvées plus élaborées, toujours en élevage. Aline est coachée par Lucien Salani, du domaine des Balmettes, présent au stand jouxtant le sien, et dont les vins possèdent une forte personnalité. Ce n'est pas le GG de Lulu, un Grenache gris gris particulièrement bluffant, illustré par Lefred-Thouron, qui dira le contraire.
Retour au septentrion pour savourer pleinement le Moulin à Vent 2009 du domaine des Côtes de la Molière et pour le plaisir de surprendre Isabelle Perraud le nez dans le verre. A sa gauche, la voisine Brigitte Roch présente ses superbes Côte Rôtie, dont Les Grandes Places 2007, ainsi que le pétaradant Coteaux du Lyonnais du fiston. À sa droite, chez Jean-Philippe Padié, le vigneron qui Llan-A dans le calcif, même s'il déserte son stand de temps en temps, on pouvait goûter une Milouise 2008 à tomber, très jurassienne dans l'esprit, un Petit Taureau 2007 sévèrement burné et un Ciel Liquide 2006 particulièrement étincelant. Et quelques autres quilles, dont ce LLan-A (qu'il faut prononcer "Y'en a"). Un OVNI du Sud, qui milite fièrement pour un rapprochement roussillano-jurassique.
On ne saurait quitter Olne sans évoquer les autres vignerons qui nous ont régalé à l'occasion du Salon: Charles Dagand, de l'Octavin en Arbois, Noël Dupasquier et ses superbes Roussettes de Savoie, Nicolas Renaud du Clos de Grillons, dans le Gard, dont les vins chantent toute l'année, Emmanuelle Dupéré et Laurent Barrera, pour leur baptême du feu en mode "salon", Nicolas Mariotti Bindi et ses Patrimonio de toute (île de) beauté, Fred Cossard et ses grands vins de Bourgogne, impressionnants de pureté et de minéralité, notamment les blancs.
Et encore bien d'autres, impossible de les citer tous et pas eu le temps ni le loisir de tout goûter, parce qu'il a bien fallu faire un peu de tourisme, une fois.
D'abord du côté de l'Ardenne bleue, pays des cascades et des sources, bleues comme un ciel dégagé sans avion. Sale coup à Coo, où nous nous sommes retrouvés, suite à une erreur d'aiguillage, sur l'aire de stationnement du parc d'attractions Ploopsa Coo. Heureusement, la randonnée entre Roanne et Amblève était gratuite, contrairement au parking. Mais l'affiche représentant la cascade de Coo, très photogénique, valait le détour.
Puis, du côté de Bruges et de la mer du Nord, où il fallait bien tremper les pieds un jour, après une assiette de moules-frites pour touristes en terrasse. Heureusement une bonne bière Cantillon chez Hans Dusselier de Wijnfolie, à Aalter, a bien lavé tout ça et contribué à une meilleure digestion avant de regagner la Wallonie.
Retour en Province de Liège, donc, pour une ultime soirée, privée celle-là, à l'Hostellerie du Postay. Le cochon ibérique confit à basse température et sous vide, dignement arrosé de magnums d'Anjou rouge de "Monsieur Mosse" et du Cheverny Les Ardilles 2008 d'Hervé Villemade, de grands vins véritablement émouvants, restera l'un des grands moments gastronomiques de ce séjour.
Olne, bouteille, clap de fin, le coffre plein. Un endroit magique où il fera sans doute bon revenir un jour, taquiner la bouteille et le boulet-frites. There's no place like Olne!
"- There's no place like Olne. There's no place like Olne. There's no place like Olne...
Olif
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22 novembre 2009
Plus belle la vie marseillaise...
La famille Olif, prise la main au Panier, c'était cette année à la Toussaint, après une première tentative avortée l'année dernière. Plus belle la vie sous le soleil marseillais, sans mistral, avec une température quasiment estivale. En voiture, à pied, en bus, en bateau, un condensé de Canebière, sans canette de bière ni de Pastis, mais avec de gros morceaux de bouillabaisse dedans et quelques vraies belles adresses à ne pas manquer.
Avant toute chose, brûler un cierge à Notre Dame de la Garde, la Bonne-Mère, pour s'assurer d'un bon séjour. Point de trombes d'eau ni d'inondation cette année. Ouf! Juste une accumulation d'ordures après notre passage, mais ce n'est pas de notre faute, juré! Le Vieux Port pas encore englué sous des tonnes de sacs-poubelles, on s'y promène aisément avant de gagner le quartier du Panier et ses petites ruelles en pente. Petite pause déjeuner préalable au Vinonéo, en terrasse. Une carte bistrot bien sympathique, où à chaque plat correspond un vin servi au verre. Justesse des accords, qualité de l'assiette, service agréable, une petite adresse tout à fait recommandable.
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28 août 2009
A sec!
Tout à fait, Jean-Luc! Résultante d'un mois d'août estival (c'est bien la moindre!), la source de l'Ain a disparu pour laisser sa place à celle de l'autre. La rivière continue de couler au milieu mais n'est plus alimentée par cette résurgence vauclusienne. Tout le boulot est effectué par les affluents (dont la Serpentine) et la source principale, celle de la Papeterie, située plus en aval. Un mini-évènement, qui ne s'était pas produit depuis au moins quatre ans, et qui a motivé le déplacement d'un envoyé spécial du Blog d'Olif.

La source de l'Ain, en août 2006
La même en août 2009, après une grosse soif.
Introduire, ne fut-ce qu'un orteil, dans cette cavité béante aux parois humides est un moment réellement impressionnant. Se laisser glisser dans la pente à pas feutrés, en bravant l'interdit affiché sur le côté, procure un petit frisson agréable le long de l'échine, qui s'accentue au fur et à mesure que l'on s'approche du fond. S'en extirper, la tête la première, est comme une seconde naissance, un moment que je n'avais pas vécu depuis 46 ans!
Nul doute possible, l'Origine du monde se trouve bien à Conte, petit village du premier plateau jurassien.
A sec! La même mésaventure est arrivée à cette bouteille de Morgon Vieilles Vignes 2007 de Jean-Paul Thévenet. Même pas eu besoin de trente jours de beau temps chaud et ensoleillé pour y parvenir! Juste une petite heure, attablés, entre l'apéritif et le dessert. Un vin d'une buvabilité réjouissante, charnu, fruité et légèrement épicé, qui glisse tout seul le long du gosier sans même chercher à remonter la pente. La récompense du spéléologue après l'effort!
Olif
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26 juillet 2009
Oooh! Paléooo!
La dernière crêpe bretonne à peine digérée, tout juste le temps de reprendre le travail, et voilà que se profile la deuxième pause estivale devenue rituelle, celle des concerts et des festivals. Une pause qui n'en est pas vraiment une. Epuisante comme pas permis! Coucher tard en musique, lever tôt en fanfare, éternel leitmotiv actuel. Le soir: "Heigh-ho, heigh-ho, on va au Paléo!" Le matin: "Aïe-ho, aïe-ho, faut aller au boulot!"
Le Paléo! Une institution musicale helvètique. Un cheval de course parmi les grands festivals européens, voire mondiaux. Ils sont loin, les débuts du First Folk Festival, en 1976, qui réunissait 1800 personnes dans la vieille salle communale de Nyon. Tous venus écouter Malicorne. Avec le recul, de quoi frémir, presque! Aujourd'hui, Paléo, c'est 225 000 visiteurs sur 6 jours. Avec des têtes d'affiche internationales. Pas U2 quand même, qui préfère remplir des stades de France à lui tout seul, mais des groupes ou des chanteurs encore bien mieux, dans une ambiance conviviale, festive, voire bon enfant. Paléo, l'anti-Woodstock? Il est vrai qu'en 69, personnellement, j'étais encore bien innocent, Miko exclusif.
Paléo, c'est très Suisse, je trouve. Très pro, très précis. Minuté. Une organisation sans faille. Ou presque. Juste des petits grains de sable qui passent inaperçus au vu de l'énormité de la machine. Dur d'éviter les bouchons sur la route de Nyon à cette période de l'année, par exemple, mais on ne se les fait pas confisquer sur ses bouteilles à l'entrée du festival. Pas de fouille au corps, justement. Tout est autorisé, de manière naturelle, sans aucun débordement. Rien qui ne saute aux yeux du festivalier. A l'intérieur de l'enceinte, on se goinfre de tout. De musique, et il ya parfois pléthore, dur de faire un choix. De bière Cardinal, de vin suisse, de Champagne, de cocktails, de jus de fruits, de café, de lait. De cuisine indienne, mexicaine, africaine, péruvienne, pakistanaise, thaï, vietnamienne, chinoise, turque, japonaise, espagnole, suisse même. De sandwiches au fois gras, de tartines salées, de gaufres, de crêpes, de boutefas, de papet vaudois. Il y a même un restaurant gastronomique avec service en gants blancs, c'est dire. Il faut de tout pour faire un monde de festivaliers. Et où que l'on aille dans l'enceinte du Paléo, malgré ses cloisonnements reflètant parfois le monde actuel, il y a foule. Du monde à tous les concerts, du plus grand au plus petit, du monde à la buvette, du monde aux toilettes, du monde attablé, du monde dans la pelouse, du monde au Village du Monde, du monde tout court. Mais un monde pas étouffant. Paléo laisse d'ailleurs la porte grande ouverte aux enfants, aux handicapés, aux claustrophobes et aux agoraphobes.
Paléo, c'est avant tout de la musique et une programmation riche, foisonnante, éclectique. Avec un semblant de thématique se dégageant de chaque soirée. Une ambiance dans laquelle chacun parvient à trouver un semblant de bonheur. Le mardi, jour de l'ouverture, généralement, c'est pop-rock. Des gros noms, du gros son. Cette année, Gossip, Kaiser Chiefs, Placebo. Les artistes, mêmes les plus reconnus, aiment Paléo. Une ambiance plutôt bon enfant et un accueil jovial aux premiers rangs. Derrière et sur les côtés, ça tatouille pas mal, créant parfois un brouhaha parasitant les sessions plutôt acoustiques. Oui, à Nyon, on cause, on se retrouve, on boit, on mange, sur fond musical sonore.
Pour l'ouverture, cette année, Anaïs a répandu tout son amour sous le chapiteau. Son Love album a fait chavirer les cœurs et sa prestation fut aussi jouissive que revigorante. I
Anaïs.
Il a malheureusement fallu shunter la fin du show (pas Cheap, tout ça!), pour ne pas manquer l'un des gros morceaux de ce Paléo: Beth Ditto et The Gossip.
Moment espéré, attendu et finalement pas déçu. Beth Ditto a irradié sous le soleil de Nyon, allant au contact du public. Sa prestation généreuse est d'ores et déjà inscrite à mon Paléo Panthéon personnel, pourtant un peu décousu.
Petit clin d'œil amical en passant à La Chanson du dimanche un mardi, puis direction le chapiteau pour écouter, avant de manger, le dernier prodige suisse, qui joue à domicile. Le set de Sophie Hunger est moins ébouriffé que son album et certaines orchestrations acoustiques ont du mal à couvrir le bourdonnement de la foule. Mais, en terrain conquis, elle sait séduire, emportant l'adhésion de ses fans. Elle met en appétit, la Hunger!
Le plat de résistance, ce soir-là, c'est tout d'abord Kaiser Chiefs, du rock héroîque et flamboyant, une bonne première partie pour U2, puis Placebo. Brian Molko, je dois avouer que j'en suis fan. Fan de sa voie nasillarde, de ses riffs rageurs et du son Placebo, un remède efficace à la morosité ambiante. Et pourtant! Une prestation très pro qui l'est trop, pro. Rien ne doit venir troubler son exécution, pas même un pogo musclé aux premiers rangs. Moshpits non autorisés, sinon, gare! Fin du concert! Pour sa seule apostrophe du public, en anglais puis en français, il a plutôt jeté un froid, le Molko. Avant de poursuivre son set, imperturbable. No escaping gravity, Brian!
Beaucoup moins pro, mais bien plus enthousiasmant, le set d'Izia a cloturé en beauté la soirée. D'une générosité rare, Miss Higelin a ravi par sa fraicheur et l'énergie brute qui se dégage de sa musique. Digne fille de son père, cette gamine!
Après une petite pause le mercredi, malgré une programmation tout aussi alléchante pour l'amateur de pop-rock furibarde (Franz Ferdinand, The Prodigy, Ting Tings, Ghinzu, ...), retour sur le plateau de L'Asse le jeudi pour faire plaisir à la gent féminine olifienne et ouïr la pop-folk gentillette d'Amy MacDonald, consensuelle et rassurante. Un moment néanmoins agréable. Plutôt que d'assister au show alam-Moby-qué ultérieur, la grosse cote de la soirée valait le Détour, le nom de la petite scène découverte du festival. Naïve New Beaters a ravi les Paléoboys et les Paléogirls par son set décalé, rythmé et très deuxième degré. Thank you, people!
Le rythme s'accélère et il faut déjà reprendre l'autoroute bouchonnée le lendemain. Sauvés par un itinéraire bis à flanc de coteau! Il ne fallait pas manquer cet autre grand moment du festival, la prestation solo de Peter Doherty à la guitare acoustique. Juste accompagné par une bouteille de Bordeaux qui ne durera qu'un temps. Assurant nonchalamment, en restant à la hauteur de sa réputation, pourri-gâté par la gent féminine des premiers rangs, qui lui balance inlassablement sur scène chapeaux, poèmes, cigarettes ou soutien-gorge. Finalement pris par le temps, le concert s'est fini en queue de poisson. On ne badine pas avec la ponctualité suisse, au Paléo! A une prochaine fois, Peter! J'apporterai une bouteille. Du Bordeaux, du bon. J'en ai en cave.
Et le vin, dans tout ça? Ce n'est pas le grand oublié du Paléo, même si la bière Cardinal coule à flots. On peut même goûter au meilleur de la production vaudoise sous la tente d'Arte Vitis, le regroupement de 13 vignerons novateurs. Pas de fausse note, donc, y compris dans ce Gamanote noir du domaine du Paradis, assemblage de gamay, gamaret, garanoir, merlot et pinot noir, proposé dans toutes les buvettes du festival. Même les Genevois ont droit de cité, au Paléo!
Olif
P.S.: Paléo, ça continue encore le week-end, mais cette année, ce sera sans moi!
10:29 Publié dans Chronique estivo-hivernale..., Quartiers libres... | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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19 juillet 2009
Accro à Crozon !
Comme un début d'explication au long silence blog du début du mois de juillet, une carte postale vivifiante postée à retardement depuis Crozon, la dent du milieu de la fourchette bretonne, celle qui a une forme de croix facilement identifiable dans tous les atlas de géographie. Un genre de bout du monde possible. Une île, presque. La presque possibilité d'une île. Une presqu'île, tout simplement. Reliée au continent par deux axes, l'un au Nord, venant du Faou, l'autre au Sud, venant de Châteaulin. Une presqu'île surveillée par un grand Hom (non, pas Bernard Ménez!), placé comme une vigie à l'entrée du pays de Crozon et qui, du haut de ses 311 mètres, fait le guet sur cette perle sauvage. Des paysages tournés vers la mer, quelque soit le côté où l'on regarde, ou presque. Caractère méditerranéen du Cap de la Chèvre, côté baie de Douardenez, qui a des airs de calanques de Cassis, profil océanique breton du flanc Ouest de la même chèvre, balayé par les vents et les vagues de la Mer d'Iroise, dont les eaux turquoises viennent s'écarteler sur la côte rocheuoise, aussi sauvage qu'une Iroquoise narquoise cherchant des noises.
Quand la purée de pois venue du large recouvre progressivement les Tas de Pois, l'horizon se bouche vite. Bretagne crachine, mais pas Bretagne chagrine. Atmosphère envoûtante depuis l'éperon barré de Lostmarc'h, où les alignements de menhirs deviennent les silhouettes fantômatiques de nos ancêtres Celtes, préférant se barricader sur leur rocher plutôt que d'aller surfer à la plage.
« Plus loin, c'est l'Amérique! » se plaît-on à dire à Camaret. Un voisinage idéal, ces Ricains. Pas trop proches. La presqu'île du bout du monde n'est donc pas le vrai bout du bout. Ouf ! Mais c'est la dernière étape avant l'autre monde, le Nouveau, pour qui se trouve sur l'Ancien. Une étape à ne pas manquer, une halte indispensable pour prendre son élan avant de sauter par-dessus les Tas de Pois. Ou bien pour faire un brin de causette avec les filles de Camaret et vérifier si leur bon Père ne va pas trébucher en marchant sur ses coquilles qui pendent.
Crozon, sa presqu'île, ses paysages grandioses, sa cave. Celle de la Presqu'île.
Le caviste de la Presqu'île, il s'appelle Laurent et il possède une bien jolie carte des vins. Tout l'été, il reçoit un vigneron, pour une dégustation. Chaque samedi. Des vignerons qui n'hésitent pas à aller jusqu'au bout ! De la Presqu'île, certes, mais aussi de leurs convictions. Après le cidre d'accueil samedi dernier (un bon cidre bio de Jehan Lefèvre, de la Ferme des Landes, à Saint-Cast-Le Guildo, dans les Côtes d'Armor), c'est le tour de Didier Michaud de venir se planquer un week-end à Crozon, avec les vins de son Château Planquette. 2003 et 2005 en dégustation, qui se goûtent plutôt bien. 2003, possédant beaucoup de fraicheur, largement de quoi faire glisser tout l'alcool caché entre les tanins, et 2005, déjà bien ouvert, riche également, mais à l'équilibre plus bordelais que languedocien.
Crozon, sa presqu'île, ses paysages grandioses, son restaurant. Celui de la Presqu'île.
Le restaurant de la presqu'île, il s'appelle le Mutin gourmand. L'adresse incontournable pour le rebelle qui aime bien manger entre deux mutineries et pour l'amateur de vins qui aime bien manger aussi, entre deux dégustations. La carte des vins est un véritable bréviaire, où l'on retrouve toutes les références (ou presque) de la cave. Donc, forcément, il y a là la bouteille idéale pour accompagner le homard ou les ormeaux. En l'occurence, ce soir-là, un Saumur blanc 2005 La Charpentrie, d'Antoine Foucault (domaine du Collier), dégusté à l'aveugle, carte blanche ayant été laissée avec bonheur au Maître d'hôtel. Un chenin d'exception, à l'équilibre presque bourguignon, rappelant dans la finesse de son expression les vins du domaine Leflaive. Magique!
Crozon, sa presqu'île, ses paysages grandioses, ses alignements de menhirs. Ceux de la presqu'île.
Ici à Lagatjar, dans la proche banlieue de Camaret. Parce qu'il y en a plein d'autres, en fait. Mais ces mégalithes-là sont aussi bien dressés que les petites affaires du curé ne pendent, c'est dire! Ils sont une centaine, dans les grandes herbes, à attendre depuis 4510 ans la visite du touriste jurassien de passage. Voilà, c'est fait.
La Bretagne, il n'y a pas, je m'y sens à l'aise!
Olif
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| Tags : crozon, château planquette, didier michaud, mutin gourmand, cave de la presqu'île |
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09 mai 2009
Jonquières, château et dépendances
On ne pouvait pas quitter Jonquières sans goûter à la production de nos hôtes châtelains, Isabelle et François de Cabissole, car les vins du Château de Jonquières ne sont pas non plus des aristocrates inaccessibles. D'abord en apéritif sur la terrasse, avec un joli rosé 2006, frais et fruité, légèrement épicé. Puis, de façon plus exhaustive en compagnie des co-locataires d'un week-end: à retenir, un joli blanc 2007, très floral, une cuvée Domaine 2007 aux tanins souples et une cuvée La Baronnie 2006, encore à peine marquée par le bois, mais de belle constitution. A signaler également, une originale Risée de Blanc 2003, du chenin surmaturé élevé en mode oxydatif pendant plus de 5 ans en barrique. Troublant!
Jonquières, idéale destination pour boire du vin à la source. Une bien agréable façon de se ressourcer, quoi!
22:07 Publié dans Bons plans, bonnes adresses, Chronique estivo-hivernale..., En léger différé du vignoble! | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
| Tags : château de jonquières, languedoc, montpeyroux, terrasse du mimosa |
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05 mars 2009
L'hiver 2008-2009 en remet une couche!
A ce rythme-là, ce n'est plus une réussite, mais un véritable triomphe! A peine le temps d'entrevoir un soupçon de verdure par endroits, que l'hiver nous tartine à nouveau 20 cm de poudreuse. Les piquets de pâture ne sont pas près de refaire surface dans les jurages (néologisme pour qualifier les alpages jurassiens).
P.S.: autant Claude Evin n'aimait pas les vins, autant Hervé Lalau, brillant journaliste viticole, blogueur à ses heures, n'aime pas la l'eau la campagne anti-vin orchestrée avec ambiguïté par nos sinistres et tristes dirigeants ascètes. Une culture du vin en danger, une sérieuse menace pour la viticulture. Et dire que dans le même temps, une loi cherche officiellement à favoriser l'œnotourisme! Que va-t-on bien pouvoir verser dans le verre de l'œnotouriste fraichement recruté?
Ensemble, défendons la culture du vin ... pour sauver la viticulture et préserver le bien-être de l'humanité! !
Retrouvez aussi les Dégustantanés sur le Blog de la Pipette.
14:00 Publié dans Chronique estivo-hivernale..., Clin d'oeil, Les Dégustantanés | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : brouilly, lapalu |
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22 février 2009
S'il te plait ... dessine-moi un hiver!
Pour répondre à la demande de Laurent P., le Petit Prince chaudefonnier, je n'ai pas eu à me plier en quatre.
J'ai sauté sur mes pieds comme si j'avais été frappé par la foudre. J'ai bien frotté les yeux. J'ai bien regardé. Et j'ai vu un petit Suisse tout à fait extraordinaire qui me considérait gravement...
...Quand je réussis enfin à parler, je lui dis:
- Mais... qu'est-ce que tu fais là?
Et il me répéta alors, tout doucement, comme une chose très sérieuse:
- S'il te plaît... dessine-moi un hiver.
- Un hiver enneigé?
- Non, fais-en un autre!
- Un hiver sur un lac gelé?
-Non, ça glisse trop. Et j'aurais trop peur que la glace ne craque. Dessine-moi un autre hiver!
- Un hiver avec du ciel bleu et des sapins enlacés?
- Non, il fait trop froid. Je veux un hiver où il fait chaud.
Alors, faute de patience, comme j'avais hâte de finir ce billet, je griffonnai cette photo-ci.
Et je lançai:
- Ça c'est dans la cuisine. L'hiver que tu veux est dehors.
Mais je fus bien surpris de voir s'illuminer le visage de mon jeune juge:
- C'est tout à fait comme ça que je le voulais!
Saint-Exupérif
N.B.: pfff! Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire, des fois, pour se rendre intéressant!
N.B.2: le Côtes du Jura 2006 de Laurent Macle est une petite merveille, d'une finesse remarquable. Justesse, précision, équilibre. Superbe!
N.B.3: la recette de la Boîte chaude est devenue un grand classique de la cuisine franc-comtoise, voire mondiale. A privilégier lorsque l'on est en possession d'un Mont d'Or qui manque encore légèrement d'affinage. Sinon, c'est presque criminel!
N.B.4: cette note contient de vrais morceaux de Petit Prince dedans. En italique dans le texte. Pardon Antoine.
N.B.5: l'hiver 2008-2009 est particulièrement réussi, j'ai déjà eu l'occasion de le dire. D'ailleurs, à l'instant présent, il neige à nouveau. J'ai un peu peur qu'il nous fasse rater notre printemps, par contre.
N.B.6: l'hiver en Franche-Comté, c'est le thème du premier concours photo organisé par www.cancoillotte.net. De bien belles photos, comme on aimerait ne plus en voir pendant trop longtemps à partir de maintenant
09:11 Publié dans Chronique estivo-hivernale..., Les Dégustantanés, Quartiers libres... | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
| Tags : côtes du jura, macle |
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07 novembre 2008
Déluge d'adresses cassidaines halloweenesques
Halloween-sur-mer, c'est devenu un rituel, dans la famille Olif. Tandis que les citrouilles fleurissent comme des champignons et envahissent les rues, vroum-vroum, on est heureux Nationale 7-5. Cap au Sud, via la tangente. Pontarlier-Genève-Chambéry-Grenoble-Manosque. Première tirée, de la neige du Haut-Doubs en passant par celle de la Croix Haute, à la pluie mesquine et manosquine. Le lendemain, éclaircie. Direction Cassis, via le chemin des écoliers. Tout émoustillés à Moustiers (Sainte-Marie), verts de peur au dessus du Verdon. Grandiose, magistral, vertigineux!

Nino
Tel : 04 42 01 74 32 - Fax : 04 42 01 74 32
Calendal
Tel : 04 42 01 17 70
22:18 Publié dans Bons plans, bonnes adresses, Chronique estivo-hivernale... | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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