06 octobre 2008

VdV #19 - Sulfite free, ohne schwefel, sans soufre... ajouté

VendredisduvinUn petit thème polémique et d'actualité pour cette 19ème session des Vendredis du vin qui a vu ma réélection haut la main, devant Monsieur B., qui a préféré garder l'anonymat et qui nous aurait proposé une dégustation de vins levurés au Pepsi Cola et le petit N., carrément favorable à une orgie de Pepsi Cola. Avec Olif, pas d'artifice au programme ni de chichi: le vin dans sa natureté, complètement à poil et pas bling-bling pour un sou. Il parait que les bobos parisiens en raffolent (sans véritablement savoir que c'est bon!) et que la contagion gagne les petites villes de province, et même la Bloglouglou un peu également. Prise en grippe par les dépositaires exclusifs du savoir-bien-boire-le-petit-doigt-en-l'air, l'absence de soufre ajouté fait pourtant cruellement défaut au monde des vins aseptisés et bombardés de produits chimiques. Et si on essayait de s'en passer un maximum, pour bien comprendre que son utilisation peut être parcimonieuse et réfléchie, sans nuire au produit final? Hein, si on essayait? Rien que pour voir!

Sans titre.jpeg

Alors, le vin "nature" ou "naturel", utopie ou véritable raison d'être? Masque-t-il réellement son terroir derrière des arômes bestiaux ou au contraire révèle-t-il toute la pureté de son terroir et la natureté de son raisin? Les vignerons naturels sont-ils tous des je-m'en-foutistes ou savent-ils réellement apprivoiser le vin pour éviter de l'empoisonner? Y-a-t-il une viticulture propre, à la vigne comme à la cave? Faut-il vraiment lyncher Pierre Overnoy? Autant de questions qui devraient rester sans réponse mais, en principe, permettre à l'amateur du vendredi de se faire plaisir, tout en ne se ravageant pas les papilles à grands coups de sulfites, de pesticides ou autres produits chimiques peu ragoûtants et difficilement buvables, même à l'aveugle.

Votre mission, donc, si vous l'acceptez, est loin d'être impossible: dégoter un vin sans soufre ajouté, ou alors vraiment très peu (ne pas se fier à la mention "contains sulfites" sur l'étiquette, les "natural sulfites", produits lors de la fermentation alcoolique sont naturellement autorisés), et démontrer (je l'espère) par a+b-c que la nature fait parfois bien les choses, sous le contrôle d'un vigneron bienveillant et peu interventionniste à la cave.

Sans soufre 2.jpeg

En résumé, vous devrez donc:

  • Choisir un vin qui correspond aux critères décrits et le déguster d’ici le 31 octobre 2008.
  • Publier vos impressions avec les détails pertinents du vin sur votre blog entre 0h et 24h le vendredi 31 octobre 2008, ou sous la forme d’un simple commentaire sur ce blog ou sur celui des VDV. Les retardataires seront acceptés bien volontiers, puisque je serai absent jusqu'au 4 novembre inclus, vacances de Toussaint obligent.
  • M'envoyer votre nom, le nom de votre blog et un permalien vers votre article avant minuit le vendredi en question (vous pouvez le faire en laissant simplement un commentaire sur le site des Vendredis du vin).
  • Vous pouvez aussi ajouter vos notes de dégustation sur Vinorati, en les partagant avec le groupe Vendredis du Vin., ou encore sur Vinismo.
Souffrez que je vous salue!

Olif

P.S.: quelques pistes à suivre: , , ou encore là. Et puis une belle dégustation à titre d'exemple ici.

P.S.2:  le sujet est vraiment tendance actuellement, puisque la TSR a consacré une émission à ce sujet il ya peu, émission que l'on peut visionner en cliquant .

05 octobre 2008

L'été indien aux Jardins

Première neige non éternelle jurassienne

Tandis que la neige fait sa réapparition sur le Massif du Jura, blanchissant la crête du Mont d'Or et tempérant les ardeurs des champignons les plus vélléitaires à cette période, l'été joue les prolongations aux Jardins de Saint-Vincent, grâce à une sélection de bouteilles effectuée par Stéphane-"Saint-Vernier"-Planche, le bouillonnant sommelier-caviste arboisien, toujours à l'affût d'un bon vin, de préférence bien élevé, c'est à dire le plus naturellement possible. La neige, c'était ce samedi 4 octobre, la dégustation le jeudi 25 septembre. Entre l'été indien des Jardins et l'hiver haut-doubien, à peine plus d'une semaine! Brrr....!

"Tu sais, je n'ai jamais été aussi heureux que ce soir-là
Nous dégustions dans un caveau un peu comme celui-ci
C'était l'automne, un automne où il faisait beau
Une saison qui n'existe que dans le Nord du Jurassique
Là-bas on l'appelle l'été indien
Mais c'était tout simplement le nôtre
Avec ta barbe de 4 jours tu ressemblais
A un portrait de Serge Gainsbourg
Et je me souviens, je me souviens très bien
De ce que j'ai bu ce soir-là
Il y a un an, y a un siècle, chez Saint-Vernier

On boira où tu voudras, quand tu voudras
Et on dégustera encore, tant que le vin sera bon
Toute la vie sera pareille à ces Jardins
Aux couleurs de l'été indien"

 

Hmm hmm... :embarras:

Ambiance décontractée, donc, pour cette session de rentrée, avec une petite foule et une dégustation en petites foulées. Que du bon, aussi bien du côté des vins que des participants. A l'aveugle complet, évidemment, pour une thématique très ouverte.

- Vouvray Pétillant naturel 2006, La Dilettante, Catherine et Pierre Breton: nez mûr et fruité, riche. Bulle fine, savoureuse, avec un léger léger sucre, malgré un équilibre plutôt sec. Jolie mise en bouche apportée par François.

- Côtes du Jura Les Chalasses VV 2006, Jean-François Ganevat: nez jeune, fruité, minéral, droit, pur et précis, d'une subtilité désarmante. En bouche, de la tension, du gras, du soyeux avec une belle rémanence finale du fruit, dans une superbe acidité salivante. Bravo Fanfan! Identifié Chardonnay du Jura, Sud-Revermont, dans un millésime récent, je suis déçu de ne pas avoir poussé plus loin mon raisonnement, car peu de vignerons dans le Jura sont capables de produire un tel vin, bâti sur cette minéralité et cette tension.  A vrai dire, je n'en connais que deux: Stéphane Tissot en Arbois et Fanfan Ganevat à Rotalier. J'avoue avoir plutôt pensé à Julien Labet, mais là bien y réfléchir, son style est quand même différent. L'aveugle complet est un exercice vraiment difficile. Ce qui est rassurant, c'est la connotation jurassienne évidente de ce vin, malgré son approche bourguignonne. Le terroir parle donc toujours, et plutôt bien, même!

- Vin de Pays de la Vallée du Paradis 2007, La Bégou, Maxime Magnon: premier nez lactique et anisé. Bouche ronde, du fait d'un alcool certain, mais compacte. Finale un peu dure, qui finit sur l'alcool. Loin d'être déplaisant, mais un équilbre plutôt sudiste qui a du mal derrière le caractère tranchant du Côtes-du-Jura. Un vin tout à fait recommandable, à regoûter dans un autre contexte.

IMGP5834.JPG
- Le Nerveux 2007, La Glacière, Vin de table : premier rouge, apporté par Bibi, à la robe rouge groseille, qui, après une réduction passagère, développent des notes de bourgeon de cassis et de cacao, avec une pointe animale. Frais, friand, un peu rustique, dans le bon sens du terme, voilà un vin authentique et plaisant, 100% Cinsault, élaboré à l'ancienne, dans le Gard et de la façon la plus naturelle possible. Vin étonnant, non?

-Mouressipe 2007, Cuvée Càcous, Alain Allier: pur hasard, on se retrouve également dans le Gard. Du fruit en liberté, un autre vin sans fard, avec une bouche ronde et fruitée, soyeuse et fraiche, malgré une finale à peine chaleureuse. Une belle découverte signée Saint-Vernier.

-Vin de Pays de la Vallée du Paradis, Mont Redon 2007, Maxime Magnon: Sur le fruit primaire, droit et serré en bouche, avec des petits tanins légèrement accrocheurs, dus à l'élevage, ressentis en finale. L'alcool ressort à peine, incitant à attendre un peu ce vin, comme toutes les cuvées de Maxime, d'ailleurs, qui se goûtent généralement bien mieux après une ou deux années de cave.

IMGP5835.JPG
- Le Petit Domaine de Gimios, Moelleux de Muscat, Vin de table: nez muscaté, sur la menthe poivrée, la bière blanche sans la rondelle de citron. Frais, simple et désaltérant, un vin éminemment sympathique à boire pour lui-même ou sur une petite soupe d'agrumes en dessert.

- Le Petit Domaine de Gimios, Petits grains, Muscat de Saint-Jean de Minervois: nez sur le caramel au lait, la pomme tatin, les fruits secs, avant d'évoluer sur des notes muscatées, légèrement masquées par un caractère surmaturé et oxydatif. Ample et riche, un bel équilibre n'excluant pas la fraicheur. Un domaine culte, qui nous offre là deux bien beaux vins.

IMGP5838.JPG

Place au petit mâchon, avec les dernières bouteilles de La Tranche 2007, de Catherine et Philippe Jambon, durement touchés par les aléas météo, notamment la grêle cette année. On pense bien à eux en cette période de vendanges!

Olif

02 octobre 2008

Vendanges 2008 chez Emmanuel Houillon: Coupez!

Diapositive1.JPG

Cette belle grappe de Chardonnay récoltée à Pupillin et photographiée amoureusement par Anne Houillon, du domaine Overnoy-Houillon, n'a pas résisté au coup de sécateur. Voilà résumé brièvement la teneur du petit message adressé par Anne aux amis du domaine. C'est parti pour deux à trois semaines de vendanges et les Chardonnays donnent pour l'instant entière satisfaction. On est impatient de tremper ses lèvres dans tout ça et heureux d'avoir des nouvelles quasi en direct-live des vendanges jurassiennes, qui se poursuivent sous une petite pluie et dans la fraicheur actuellement.

Le Chardonnay 2007 de Manu se goûte très bien en ce moment, apparemment, si l'on en croit cet homme de goût familier du domaine. On peut le vérifier dans une petite vidéo tournée sur place et charmante comme tout, où toute la famille Overnoy-Houillon défile devant la caméra et où l'on boit les paroles de Pierre Overnoy comme si c'était son bon vin.

Olif

26 septembre 2008

VdV #18: dessine-moi un Pinot Noir!

Vendredisduvin

18 ème session des Vendredis du vin, en pleine période de vendanges hexagonales, et notre dévoué Président a repris le flambeau. Est-ce devant le désarroi bourguignon, pour cause de météo difficile et de millésime compliqué en 2008, que le Petit Prince de la Belle Province a décidé de nous sonder sur notre vision du cépage emblématique de la Bourgogne? "S'il te plait, dessine-moi un Pinot Noir!" nous a-t-il dit en substance. Une chance, on aime plutôt bien ça, par ici et on en possède différents modèles à la cave. Même qu'on en produit aussi dans le Jura. Et en Alsace également. Et aussi en Orégon et en Afrique du Sud, mais c'est un peu plus loin de la maison. La Bourgogne n'a donc pas le monopole et la thématique ne s'en trouve que plus ouverte.

 

 

Arbois Pinot Noir 2005, Stéphane Tissot

IMGP5829.JPG

Les raisins de Camille! Réputé pour ses vins rouges de grande garde, Camille Loye préservait jalousement son secret. Ses vignes de Trousseau des Corvées étaient largement complantées de Pinot Noir, qui apportait étoffe et structure au vin. Lorsqu'il reprit (pendant deux ans) l'entretien de ces vignes en location, Stéphane Tissot isola tous les raisins de Pinot Noir des Corvées sous Curon pour produire une cuvée spéciale, un véritable collector. Dans un grand millésime comme 2005, cela donne un vin plutôt charpenté, à la fine texture grenue. Très jeune, encore légèrement marqué par un beau boisé très fin, à la hauteur de la matière première, c'est un Pinot riche et vigoureux, dans un grand millésime, qu'il faudra attendre patiemment. Ça pinote, il y a du croquant et de la fraicheur, sur une trame légèrement végétale.

 

Alsace Pinot Noir Les Pierres Chaudes 2006, Domaine Julien Meyer

IMGP5831.JPG

Ce Pinot Noir, dans un style plus gracile et élégant, pinotant en douceur, est une belle réussite signée Patrick Meyer, un vin diaphane, aux notes de fleurs fanées et de griotte. Des tanins en dentelle, d'une finesse remarquable, qui laissent parler la pierre, aussi chaude soit-elle. Le vin, lui, ne l'est pas, chaud, mais digeste, friand, buvable. Pour la petite histoire, cette bouteille sortit largement en tête d'une petite trilogie à l'aveugle, devant la Petite Cuvée Cailloutine 2006 de Paul Louis Eugène (assemblage Pinot Noir-Cinsault, censé tirer plus sur le versant Pinot), trop chaleureuse, beaucoup moins bien goûtée que précédemment, et un Chambolle-Musigny 1er cru Les Sentiers 2000 de Groffier, d'une finesse éléphantesque et pour tout dire surprenante de la part d'un vin de ce domaine, pas du tout à son avantage ce soir-là, même si  je l'ai déjà beaucoup mieux goûté par ailleurs.

Vive le Jura, vive l'Alsace, vive le Pinot noir, vivent les Vendredis du vin! Et vive la Bourgogne aussi, un peu.

 

Olif

 

25 septembre 2008

Chile con carne y con vino de Chile

IMGP5832.JPG IMGP5833.JPG

Chile con carne y con vino de Chile

 

L'association viande-haricots rouges constitue un mélange détonnant et pétaradant propice à une augmentation fulgurante du trou dans la couche d'ozone. Mais c'est bon! Surtout bien relevé et épicé. On appelle ça un Chile con carne (ou Chili con carne). Il parait que c'est un plat 100% texan. Pour quelle raison ai-je donc eu l'envie subite d'ouvrir un vin du Chili avec la viande? Qui n'était nullement une carne, mais un tendre morceau hâché, amoureusement sélectionné par un affable boucher, néanmoins moustachu, il faut croire que la profession a peur de se couper en se rasant.

Un vin du Chili pour un chili, donc, mais pas n'importe quel vin: un vin biodynamique pour contrebalancer les effets gazogènes controlatéraux et néfastes du plat.

 

Coyam 2002, Vinedos Organicos Emiliana, Alvaro espinoza

Ce Coyam 2002 est un vin issu d'une grande expérience de viticulture biologique menée en Amérique du Sud, Vinedos Organicos Emiliana. Assemblage de Carmenère, Merlot, Cabernet Sauvignon, Syrah et Mourvèdre. Un grand melting-pot de tous les cépages du Sud pour une bouteille époustouflante, aux tanins d'un soyeux rare, d'un velouté rare aussi et surtout d'une grande fraicheur. Ça se boit comme du petit lait, mais ce n'est pas du petit lait. Juste un beau vin gourmand et fruité, opulent mais séducteur en diable, qui glisse tout seul dans le gosier, comme un pet sur une toile cirée. Pet que l'on étouffera courageusement dans l'œuf, car cela ne se fait pas à table. Même après une orgie de haricots rouges.

Olif

Retrouvez aussi les Dégustantanés sur le Blog de la Pipette.

 

23 septembre 2008

Arbois côté terroir (4): Curon

IMGP5677.JPG
Curon. Son clos, sa tour, ses vignes. Probablement l'un des plus beaux terroirs arboisiens, si ce n'est le plus grand, fort judicieusement défriché et replanté par Stéphane Tissot il y a quelques années maintenant. Sur le haut du coteau, du calcaire du Bajocien, exclusivement, propice à l'épanouissement du Chardonnay. Un véritable petit Montrachet, mais encore bien plus, puisque sur le versant Est, de l'autre côté de la tour, des argiles devraient permettre au Savagnin de s'exprimer. Dans quelques années, après bien des travaux, mais on se réjouit déjà de pouvoir y goûter un jour!

IMGP5675.JPG
Sous la tour, les Corvées, un coteau plein Ouest qui regarde la ville d'Arbois. Des argiles et du calcaire, plantés de Trousseau, majoritairement à la Dame, un plant moins productif mais plus qualitatif, Pinot et Chardonnay, avec quelques ilots de Poulsard et de Savagnin, à des endroits bien spécifiques. Un endroit où, si j'étais grain de raisin, j'aimerais venir me faire bronzer au soleil de septembre.

Les raisins du Clos de la Tour ont fourni leur première cuvée en 2004. Une troisième feuille déjà impressionnante de profondeur, de densité et de tension. 2005 n'a fait que confirmer le potentiel qualitatif de ce terroir et 2006 ne sera pas en reste.

Arbois 2006, Chardonnay Le Clos de la Tour de Curon, Stéphane Tissot
La bouteille, tout juste ouverte, fut carafée pour moitié. Nous goûterons successivement les deux. D'abord la bouteille, qui possède un joli nez de citron confit légèrement caramélisé, puis la carafe, plus épanouie, large, avec du gras mais aussi de la tension. Un vin qui demandera de la patience, mais qui promet déjà beaucoup. Ce terroir est décidément fabuleux, un Curon dont on ne se lasse pas de faire le tour avant de mettre  en plein dans le mille.

IMGP5673.JPG
Des Trousseaux à la Dame qui devraient bien plaire au Monsieur aussi!

Olif

22 septembre 2008

Arbois côté terroir (3): La Mailloche

IMGP5668.JPG

La voilà enfin, cette Mailloche, que je n'avais encore jamais foulée au pieds, épargnant à mes semelles cette argile jaune et collante qui marque de façon exceptionnelle les vins qui y sont produits. Ce vaste coteau exposé Est, en pente douce, est majoritairement cultivé en bio ou en biodynamie, puisque Stéphane Tissot à lui seul en possède plus d'un hectare et que ses voisins les plus proches ont pour nom Gérard Villet et le Domaine de l'Octavin. Majoritairement planté de Chardonnay, mais on y trouve  aussi quelques raretés type Chardonnay muscaté ou encore Chardonnay rose, qui pourraient bien faire quelques petits dans une parcelle en voie de replantation. Quelques zones spécifiques accueillent du Poulsard et du Savagnin. Tous les raisins ne rentrent pourtant pas dans la célèbre cuvée, quelques grappes de bas de coteau, un peu moins qualitative servant à faire du Crémant. Crémant que le vigneron avisé n'a pas intérêt à négliger, puisqu'il constitue environ 25% de la production jurassienne, que la demande sur ce type de vins est forte, faisant rentrer une trésorerie bienvenue permettant de se consacrer à d'autres produits nécessitant un élevage un peu plus long.

Arbois Chardonnay 2006, La Mailloche, Stéphane Tissot
Produite en petit volume cette année-là, pour cause de grêle, elle ne possède pas de façon aussi marquée cette note fumée et argileuse si caractéristique au premier nez. "Un peu moins Mailloche que d'habitude", dixit Stéphane, plus fermée et moins immédiate, mais aussi plus de finesse, son caractère rustique étant moins marqué.

IMGP5666.JPG
Pinot noir pas mûr? Non, Chardonnay rose!

Olif

21 septembre 2008

Le vin des Estanilles et l'assiette...

IMGP5807.JPG

Au départ il y avait le vin, offert par Michel Louison, du Domaine des Estanilles, à Franckdéblog, suite à son passage à la propriété. Le genre de truc hors commerce, à réserver aux intitiés et aux amateurs de sensations fortes. Un blanc surmaturé de composition inconnue (roussane et marsanne, d'après les cépages présents au domaine?), millésimé 1994 et élevé sur un mode oxydatif. Le genre de truc pour amateur jurassique, entre autres. D'où ma présence à la capitale comtoise ce soir-là, sur invitation de la famille Déblog.

Nous avions le vin, il nous manquait l'assiette, et c'est chez ce bon Jimmy, du Vin et l'Assiette, rue Battant à Besançon, que nous l'avons logiquement trouvée. L'occasion d'apprendre, avec tristesse, que le banc du Marché-Beaux-Arts va bientôt fermer ses portes. Dégustation d'adieu prévue dimanche 28 septembre aux alentours de 11 heures, les amateurs bisontins à la recherche de la bouteille qu'il leur faut pour le repas du dimanche midi feraient bien de ne pas manquer cela!
IMAGE_151.jpg

Mais revenons à nos moutons chèvres, dans l'assiette, une terrine de chèvre aux figues, destinée à faire ami-ami avec les Estanilles, version oxydative. Un vin à la robe dorée et au nez intense de miel et d'épices, suave, d'une grande douceur. Magique et impressionnant. Marsanne et/ou roussane, cela ne me surprendrait guère! La bouche ne tient pas tout à fait les promesses du nez, finissant à peine court, malgré une richesse évidente, soulignée et arrondie par un soupçon d'alcool. Nul doute que l'élevage oxydatif en ait affiné la structure. Mais patience, le beau voyage n'est pas tout à fait terminé!

Entracte.

Après un épatant petit coup de Faugères blanc 2005 des Estanilles, un vin au nez frais et anisé, à la bouche élancée et à la belle droiture, une petite pièce du boucher accompagnée d'un duo de vins renversants. Produits par un vigneron-artiste-écrivin biodynamique, Christophe Beau, déjà bien connu des cavistes bio à la pointe, et qui travaille dans pas mal de directions: cépages, mode de conduite de la vigne, écriture, économie viticole... et production de vins, évidemment.

Danse des ceps 2004, Syrah et Cinsault en foudre, marque un peu initialement sur la réduction mais donne de belles choses par la suite; Bogus 2006, du nom du chien de la maison, est un vin de table élaboré avec du Muscat de Hambourg! Du raisin qui se mange et qui se boit! De la rondeur, de la chaleur et un naturel confondant. Un vin de beau gosse, quoi! Du Beau Thorey.

IMGP5804.JPG

Retour aux Estanilles avec une gorgée de ce surmaturé en accompagnement d'une crême brûlée au vin jaune. Le mariage est heureux, judicieux même, les deux sont faits pour s'entendre. Une aération supplémentaire bénéfique ayant harmonisé le vin, voilà une bouteille collector d'une belle originalité.

Merci, M'sieur Déblog!

Olif


20 septembre 2008

La Jacquère, c'est Autrement bon...

IMGP5790.JPG

Cépage savoyard emblématique mais décrié, la Jacquère est également connue comme le "raisin des Abîmes". Pas parce qu'un rien l'abime. Non. Mais il faut en prendre soin. La bichonner, la biodynamiser, la maitriser, la récolter à maturité, bien l'élever. En préservant sa fraicheur et sa vivacité. Faire du vin, autrement dit. En respectant la vigne, le raisin et la santé du viticulteur. Celle du consommateur également. Faire du vin Autrement...

Voilà un vin blanc idéal pour l'apéritif, droit, salivant, tonique, vif, appétant, sans verdeur. Cultivé sur le "Terroir du Cellier des Pauvres", mais particulièrement enrichissant.


Olif

Retrouvez aussi les Dégustantanés sur le Blog de la Pipette.

18 septembre 2008

Arbois côté terroir (2): Les Bruyères

IMGP5663.JPG
Les Bruyères

Ce magnifique terroir argilo-calcaire, dominant la ville d'Arbois lorsque l'on arrive depuis Besançon, a particulièrement souffert de la grêle en 2008. Peu de raisins seront récoltés. On peut toujours se consoler avec le 2006, excellent et se goûtant merveilleusement bien actuellement. La preuve!

Arbois 2006, Les Bruyères, Stéphane Tissot: nez droit et pur, très minéral, "un peu caillou". Bouche éclatante et cristalline. Ce vin est quasiment une épure de chardonnay cultivé sur terroir argilo-calcaire. Un vin exceptionnel!

IMGP5681.JPG

Olif

P.S.: le pape du Blanc Fumé de Pouilly s'est définitivement envolé aujourd'hui. Comme un éclat de Silex qui vous reste en travers de la gorge...

IMGP5597.JPG


16 septembre 2008

Arbois côté terroir (1): en Muzard

IMGP5662.JPG
En Muzard, lieu-dit situé sur la commune de Montigny les Arsures, est un joli coteau exposé Ouest qui regarde la ville d'Arbois et sa collégiale qui constituera l'axe de ce petit tour à 360° du vignoble. "A Arbois le mur, à Montigny les Arsures" a failli dire le dicton avant de se rendre compte que ça ne voulait rien dire. Capitale du Trousseau, ça c'est sûr, grâce à des terres rouges, ces marnes du Trias qui permettent au cépage de donner le meilleur de lui-même dans des mains expertes. Les 2007 de Stéphane Tissot, encore en fût, promettent beaucoup: concentration, gourmandise et rondeur, qui devraient être le résultat de l'assemblage des trois barriques goûtées.

Mais sur Muzard, on trouve également du Pinot Noir, baptisé Rusard, par ruse et par jeu. Il faut dire que les marnes ne sont pas toutes aussi rouges les unes que les autres. Deux terres différentes, qui, dans les mains de Stéphane, donnent également des vins différents.

IMGP5661.JPG
A suivre...

Olif


14 septembre 2008

Retour à Martigny-Bourg, chez Christophe Abbet

Martigny-Bourg, le retour! A la bourre! Après le rap des Rappes, il s'agissait de s'engouffrer dans la tanière de l'Abbet (Christophe de son prénom) pour un nouveau beau voyage au pays de l'Ambre, ce doux royaume mystérieux qu'il faut savoir apprivoiser. Un monde à part, dans l'univers des vins valaisans, à l'image du vigneron pourtant issu d'une formation classique à l'Ecole de Changins, là où tous les œnologues suisses vont apprendre à faire du vin. Pas toujours avec un sens artistique très développé, contrairement à ce que l'on peut observer ici. Des bouteilles dans lesquelles poussent parfois de drôles de choses, une fois vidées de leur contenu liquide.

IMGP5638.JPG

D'ailleurs, on va s'y atteler comme des bœufs, à les vider, c'est le moment de la dégustation. Des bœufs attelés à l'Abbet Road, saisissant raccourci et petit clin d'œil éculé à l'intention des initiés.

- Chasselas de Fully 2007, Les Avasiers: une cuvée habituellement assemblée au traditionnel Chasselas de Fully mais qui, à cause d'une panne de monorail, a été vendangée 10 jours plus tard que les autres. Donc, du coup, isolée. Le nez est d'un fruité très mûr, presque exubérant, sur la pêche de vigne que l'on a envie de croquer. Bouche ronde, suave, avec du gras. Un fendant plutôt atypique et original.

- Arvine 2007: nez mûr et original, bouche très agrumes, acidulée, avec des notes d'ananas et d'écorce d'orange. Richesse en bouche, qui termine sur de beaux amers. Mystérieuse petite arvine, qu'il faut aller chercher, à défaut de l'attendre encore un peu.

- Gamay de Fully 2006, Les Avasiers: une déclinaison du Gamay dans cette fameuse combe des Avasiers, qui donne un vin fruité (groseille), épicé, concentré et charnu, acidulé et frais en finale.

- Gamay de Fully 2007, Les Avasiers: en exclusivité, un échantillon prélevé à la cuve. Structure serrée, dense, avec un joli fruit final, dans un bain de fraicheur.

- Gamay de Fully Vieilles Vignes 2007: également prélevé sur cuve, élevé sur lies et très peu soufré. Présence d'une pointe de gaz (malgré un dégazage musclé préalable, fait en coulisses). Nez épicé et fumé, bouche soyeuse, charnelle, finale nette, droite et précise.

- Humagne rouge Tradition 2006: souple et fruitée, sur des notes de sirop de fraise et cassis.

- Syrah 2007: mise toute récente, en jour "fruit", par une lune ascendante. C'était la "minute antroposophique", même si les vignes ne sont pas cultivées en biodynamie. Nez un peu lardé, riche et fruitée, bouche opulente et concentrée, une passionnante rencontre avec ce vin ayant bénéficié d'un élevage original avec une macération très longue et un pressurage début juillet.

IMGP5639.JPG

Après cette copieuse mise en bouche, les bouteilles se sont mises à léviter, soulagées de leur contenu pourtant aérien. Un présentoir économique, classieux, artistique et joli, fait de bric, de broc et de bouts de fil métallique. Après avoir grimpé au mur, direction la cave, dans les entrailles du vieux Bourg pour une expérience hors du commun. "Vous ne serez plus les mêmes en sortant d'ici!" nous prédit l'Abbet en dévalant les marches quatre à quatre, en roulant les épaules (private joke!), avec un sourire sardonique. Dans l'antre du sorcier, il faut jouer de la pipette et ce n'est pas du pipeau. On y trouve des mixtures qui trainent depuis de longues années, parfois, sans pour autant prendre la poussière. Pour plusieurs d'entre elles, l'heure de la consécration en bouteille va bientôt sonner. Elles sont prêtes à affronter les hordes de dégustateurs aguerris, impatientes de partir à l'aventure pour vivre leur vie hors de l'utérus octodurien.

- Chardonnay-Petite Arvine 2003, sous voile: assemblage 40-60, qui devrait bientôt être dans l'Air du Temps, du nom de cette cuvée désormais classique et célèbre. Nez surmaturé sec, presque confit, caractère oxydatif indéniable, beaucoup de finesse et de profondeur.

- Marsanne 2003, sous voile: cette fois-ci, on part sur un équilibre plutôt liquoreux, avec des notes d'abricot sec et de liqueur de café. Acidité, droiture et netteté, y goûter est un moment rare et privilégié dans une vie d'amateur! Superbe!

- Marsanne-Petite Arvine 2000, sous voile: nez malté, rancio, avec une bouche riche et opulente. Le caractère oxydatif s'exprime ici un peu à la manière des Vieux Rivesaltes ambrés. Déroutant mais très beau!

- Ambre 2006: goûtée sur plusieurs barriques neuves, ne se donne pas encore. Un "bouton de fleur" qui ne demande qu'à s'ouvrir lentement.

- Ambre 2005: couleur déjà ambrée, nez sur les fruits secs et la mine de crayon, camphre et essence de pin sur une autre barrique, qui évolue sur des notes entêtantes de thym et de garrigue. Le boisé marque encore un peu, la finale est à peine chaude. Là encore, l'élevage est loin d'être terminé! A attendre patiemment.

- Ambre 2004: une approche du produit fini et un vin plus abouti, même s'il garde encore sa part de mystère. Présence d'acidité volatile plus marquée, bénéfique, qui accentue la sensation de buvabilité.

- Ambre 2002: un monument à mettre en bouteille et en cave, la sienne personnelle, et se prosterner devant, matin et soir, tant que l'on ne l'aura pas bue! Huileuse, grasse et onctueuse, mais caressante, fraiche et digeste, une Ambre sensationnelle à réserver aux gourmands et aux amateurs de vins riches. 

IMGP5648.JPG

D'anciens comptes-rendus de dégustation chez Christophe Abbet ici, et encore , et puis l'avis de mes compères ici et .

Olif

11 septembre 2008

Le rap de Gérald Besse, le vigneron des Rappes

IMGP5622.JPG

Patricia et Gérald Besse, artisans vignerons aux Rappes et amis des artistes

Il n'en fallait pas plus pour que je dégaine mon gun et rentre en piste

Avec mon calepin, mon stylo, mon sweat à capuche, mon baggy et mon Pentax

Tout l'arsenal du chroniqueur rappeur ayant choisi de rester dans l'axe

Du rap du dimanche

Du hip-hop romanche

"Ch'est un beau roman, ch'est une belle hichtoire

Ch'est une romanche d'aujourd'hui ..."

 

C'est le rap du vigneron des Rappes

Le rap de Patricia et Gérald Besse

Si tu n'y vois rien c'est que t'as la vue qui baisse

Fais gaffe que ton pied ne dérape

Hume ton verre et laisse-toi emporter

Par le nez du Fendant de Champortay

...

Comme je n'ai jamais fréquenté l'Ecole du Micro d'Argent

Je ferais peut-être mieux d'en rester là les gens

La dégustation ne me fait pas peur

Mais je n'ai pas l'étoffe d'un rappeur

Arrêtons-là la musique

Mettons le hola au hip-hop

Revenons à des commentaires plus classiques

Pour des vins qui goûtent au top

...

IMGP5626.JPG

 

Hum hum... Après cet intermède musical digne de NTM, revenons aux choses sérieuses et saluons la recherche sur les terroirs pratiquée au domaine Besse ainsi que tout le travail à la vigne. D'ailleurs Gérald Besse s'y trouvait au moment même où nous arrivions, confiant notre découverte de sa cave à Patricia son épouse, elle-même très impliquée dans la gestion du domaine. Après une visite des installations, suivie de considérations sur la vigne, le vin, le raisin et sur l'art d'une manière générale, nous sommes allés nourrir les animaux avant de nous abreuver personnellement.

IMGP5636.JPG

- Fendant Champortay 2007: du gras, sous-tendu par une pointe de carbonique. Belle alliance de la tension et de la richesse, pour un équilibre global plutôt élégant.

- Fendant de Martigny Les Bans 2007: fleur de vigne et pierre à fusil, fruité et minéral, droit et tendu, malgré une pointe de sucrosité finale.

- Johannisberg Martigny 2007: réservé et peu expressif, il garde une certaine vivacité malgré la malo faite. Un vin qui ne me parle malheureusement pas beaucoup, je réserve mon jugement.

- Petite Arvine 2007: sans malo, celle-ci. Des agrumes et de l'amertume qui apporte la fraicheur, malgré la richesse de constitution. 14,8° d'alcool parfaitement fondus, une belle petite arvine parfaitement sèche.

- Ermitage 2006: riche et puissant, un peu marqué par le bois, sur des arômes de pêche et de noix de coco. La finale a gardé un peu de résiduel, qui se dilue dans la puissance.

- Gamay Champortay 2007: nez épicé et fumé, fraicheur acidulée en bouche.

- Pinot Noir Les Serpentines 2006: boisé fin, discret, pinote joliment, bouche charnue et concentrée, élégant et fin. Un très beau Pinot Noir.

- Syrah Les Serpentines 2006: nez boisé, matière dense et serrée, de la fraicheur et de l'acidité, finale chaleureuse. Demande du temps. Le millésime 2005, dégusté en 1/2 bouteille à la maison, est également un peu marqué par le bois. Les tanins sont compacts et la matière plutôt riche. A attendre aussi.

...

C'est le rap du vigneron des Rappes

Le rap de Patricia et Gérald Besse

Si tu n'y vois rien c'est que t'as la vue qui baisse

...

 

IMGP5628.JPG

 

Olif'n, membre du collectif de rap VTV (Vide Ton Verre)

 

 

 

 

10 septembre 2008

Bande-annonce: La Belle et l'Abbet

IMGP5633.JPG
"Octodurus : qui vicus positus in valle non magna ADJECTA PLANITIE altissimis montibus
undique continetur. Quum hic in duas partes flumine divideretur.”

Après s'être gavé de Côtes du Jura dans le Sud-Revermont en compagnie de Fanfan Ganevat, le preux Olif a mis le cap à l'Est, direction un "bourg, assis dans une petite plaine au fond d'un vallon et entièrement entouré de montagnes très élevées", afin de goûter aux joies du cor des Alpes en compagnie d'une belle paire de bouilles, celles de deux éminents représentants de la Bloglouglou, l'un spécialisé en