28 novembre 2014

VDV#71: mets du gras!

 

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C'est vendredi, c'est poisson, de préférence bien gras pour ce nouvel opus des VDV, sur lesquels j'ai fait l'impasse depuis deux mois, sans même un traître mot d'excuse. Vendredis maigres, l'envie s'émousse parfois. Vendredi gras, ça nous change du mardi. À la place des crêpes, une bonne grosse envie de cassoulet. C'est David Farge, plus connu sous le nom d'Abistodénas, champion du monde du manger de saucisse de Toulouse en buvant du vin de Gaillac sur la blogosphère, qui a suggéré ce sujet d'actualité, à condition que l'hiver s'installe un peu. Le gras, c'est la vie, la mort aussi un peu parfois d'après les cardiologues, mais, faut-il pour autant s'en priver?

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"J'aime pas le jambon, j'aime que la couenne", chantaient sur un air disco les Fatals Picards, bien avant l'Eurovision. "Mets du gras, étale-z-en bien, mets en par-là, du bon gras". De la graisse d'oie qui lubrifie le bon cassoulet, de Toulouse, Casteldaunary ou d'ailleurs. Du bon beurre praliné qui éto(u)ffe le Meursault de l'ancien temps. Un temps que les vendredistes burgondes de moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, où le beurre et la noisette étaient le gold standard jusqu'à l'écoeurement de chardonnays soit-disant bien nés. De la boue bien grasse qui rend le coup de pédale difficile au jeudiste vététiste, profitant d'une ultime(?) après-midi douce et ensoleillée, pas si courante fin novembre dans le Haut-Doubs.

Le repos du guerrier montagnard, c'est évidemment une cuisine roborative, fromagère et charcutière, qui appellera par contraste un blanc tranchant ou un rouge digeste, pour mieux faire glisser le tout, en attendant la froidure et l'hiver, pour de vrai. Charcuteries, patates, Mont D'or et poulsard d'Arbois, pas sûr qu'aucune autre gastronomie régionale ait fait mieux pour associer le gras à la vie. À l'exception du cassoulet toulousain, évidemment.

 

Olif

 

P.S.: les occasions de se réchauffer, sans avoir à recourir au vin chaud, ne devrait pas manquer, en cette début décembre.

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Les vins du coin auront 10 ans les 6 et 7 décembre prochains. Au menu, du vin (du bon) et du son (du gros). 50 vignerons de Loire et François Hadji-Lazaro de Pigalle. Un anniversaire à ne pas manquer, évidemment!

 

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Ceux qui préfèreraient porter sur les fonds baptismaux l'évènement franco-italien superlatif de cette fin 2014 choisiront Thalys pour voir Bruxelles bruxeller à l'Hôtel de la Poste Tour et Taxis. Vini Birre Ribelli, le plus gros et gras salon de cette fin d'année, pile poil dans la thématique des VDV.

19 novembre 2014

Beaujolais neuf

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Crédit photo : Rue89Lyon

 

C'est bientôt l'heure, il va falloir en boire et émettre un avis autorisé.

-Alors, cette année, banane ou framboise?

- Euh..., raisin?

Bingo! Grâce au vin naturel et à Rue89Lyon, le Beaujolais pourrait bien être de nouveau le troisième fleuve à arroser la capitale des Gaules. Parce que, franchement, valait-il ce véritable désamour de la part des Gones? Détourner les yeux de la Saône pour river le Rhône n'était certainement pas la meilleure chose à faire, mais ne jetons pas la pierre aux Lyonnais adultères et pardonnons leur leurs offenses, il paraît même qu'à l'instant ou j'écris ces lignes, ils attendent avec ferveur l'ouverture officielle du troisième jeudi de novembre. Pas avant zéro heure, heure beaujolaise.

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Crédit photo Julien Gangand

En attendant le nouveau, buvons donc du neuf pour nous réchauffer. Un blanc d'abord, P-U-R chardonnay 2009 de Cyril Alonso et Florian Loose, récolté chez Nicolas Testard. Clair (quoique un peu trouble), net, précis, unique, rebelle. Et top, évidemment.

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Toujours du neuf avec la Molière, qui ne nous joue pas un remake des fourberies d'escarpin (les fameuses chaussures molières). Ce 2009 ne fait pas son âge et goûte encore comme un nouveau. Comme quoi...

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Affûtez vos verres le 20 novembre à 0 heure, pour goûter du Beaujolais neuf, et peut-être aussi un peu de nouveau. Tchin! Et à la santé de Téo.

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Crédit photo Le Taulier

 

Olif

 

P.S.: ce n'est pas organisé par Rue89Bordeaux, aucun vigneron du Beaujolais n'y est annoncé, mais le 30 novembre, au Rocher de Palmer (ce n'est pas dans le Médoc, mais à Cenon), on pourra goûter au Pigalle nouveau (ce n'est pas tout récent, mais c'est le dernier en date) en compagnie de chefs et de vignerons du grand Sud-Ouest. Une jolie soirée en perspective. Ils n'ont pas de Bojo, mais ils auront François Hadji-Lazaro. Ils sont gâtés, les Aquitains, finalement!

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18 novembre 2014

Voyage dans l'Espace (Chambertin)...

 

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Créée à la fin du XIXème siècle, la fête du vin de Gevrey-Chambertin a fini par arrêter son char. De populaire, elle était devenue élitiste et people, récompensant une personnalité de la gastronomie, de la presse ou des arts le premier vendredi de novembre. Jamais déchu, mais un peu déçu, le Roi Chambertin a simplement pris un congé sabbatique en 2001. Le Roi Chambertin est mort, vive le Roi Chambertin! Sous l'égide du Syndicat des vignerons de Gevrey, il règne de nouveau depuis 2011.

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Sous une forme légèrement différente, recentré sur une grande dégustation à l'intention des journalistes professionnels et d'une poignée de blogueurs invités, de façon beaucoup plus restrictive qu'à l'édition 2013. Judicieusement accolé aux trois Glorieuses bourguignonnes de la mi-novembre, le Roi Chambertin ouvre le bal et, depuis deux ans, se répand dans l'Espace. Celui qui lui est dédié, dans sa bonne ville de Gevrey, (après deux premières éditions mitigées au cœur de Beaune). Une belle dynamique s'est créée, parallèlement à l'arrivée de sang neuf dans pas mal de domaines, la nouvelle génération qui s'affirme. Soudée, enthousiaste, avec l'envie d'en découdre dans le monde du vin et de faire parler d'elle, sous un œil parental plutôt bienveillant. La manifestation se poursuit les jours suivants, sous une forme caritative, avec moult animations, dont une vente aux enchères à l'intention des particuliers.

 

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La primeur réservée à cet événement, c'est la découverte officielle du millésime précédent, que les vignerons refusent désormais de proposer à la dégustation printanière (devenue rituelle pour répondre à la demande de la critique internationale et du marché), ceci afin de ne pas avoir à soumettre aux professionnels du monde entier des échantillons pré-pubères, truffés d'acné ou de bulles malolactiques et toujours langés dans leur couche-culotte de chêne. Il faut néanmoins se faire une raison. Du bois, il en reste encore une ou deux stères par ci par là, affouage oblige, allant crescendo des villages aux grands crus. 2013, millésime de vigneron, sous-entendu compliqué à gérer, a été au final peu productif. Les jus sont jolis, plutôt concentrés, souvent serrés, de bonne garde et à attendre. D'ailleurs, ils ne sont même pas encore en bouteilles pour la plupart d'entre eux. Quelques "villages" se goûtent déjà très bien et auraient pu faire l'affaire lors du repas convivial qui a suivi. Généreux, les vignerons de Gevrey ont la bonne idée d'inviter des représentants d'une autre appellation. Le pass pour le Roi Chambertin, après Côte Rôtie l'année dernière, c'est au tour de Sancerre de s'en servir. Cinq vignerons ont fait le déplacement jusqu'en Bourgogne, pour proposer leurs vins à la dégustation et à l'apéritif qui a suivi. Un moment plutôt rafraîchissant, qui a permis de bien faire la différence entre sauvignon sur calcaire ou sur silex.

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Téléportation Chez Guy, en l'espace d'un instant. Privatisé pour l'occasion, le célèbre restaurant local a fait salle comble pour accueillir une nouvelle petite poignée de présidents, mais pas de la République, cette fois-ci.

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Moi, à la table des Présidents (du BIVB, du Syndicat des vignerons de Gevrey, du CAVB), chez Guy (and family), j'ai bien mangé et bien bu.

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De 2013 à 2003, il n'y a qu'un pas, 10 petites années qui permettent de se rendre compte du potentiel du Roi Chambertin, très à l'aise dans les millésimes difficiles ou atypiques. Petit aperçu non exhaustif en images et, souvent, en grand format:

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Laurence Mortet et Lavaux-Saint-Jacques 2003

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Le Clos de Bèze de Drouhin-Laroze, top!

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Jérôme Galeyrand, en balade sur la Croisette.

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Arnaud Mortet au service du Chambertin 2003.

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Chambertin 2003...

 

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Nicolas Rossignol-Trapet, le sourire du Chambertin 2003.

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Charmes Chambertin 2003 de René Bouvier.

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Une soirée de ce calibre ne serait rien sans un numéro de duettistes parfaitement rôdé. Le discours officiel, prononcé dans un français parfait, avec juste un poil d'accent bourguignon, par Philippe Charlopin, avec traduction simultanée en anglais par Jean-Michel Guillon, à l'intention des nombreux journalistes anglo-saxons ou japonais ici présents, valait son pesant de Chambertin. Une chance que le Président revienne tout juste des States, ce qui lui a permis de largement peaufiner son accent.

 

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Non, le Roi Chambertin n'est pas mort. Il a envahi l'Espace, celui d'une soirée.

 

Olif

 

P.S.: merci aux vignerons de Gevrey et à Fabienne Ballorin, qui a une nouvelle fois parfaitement géré l'organisation de cette journée.

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06 novembre 2014

Subsister à Lyon grâce à Rue89...

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Subsistance: au singulier, ce qui permet l'existence matérielle d'un individu. Au pluriel, à Lyon, laboratoire international de création artistique: spectacle vivant, danse, cirque, théâtre, musique... et vin naturel! Les Subs, comme les appellent familièrement les Gones, c'est un endroit magique, culturel et historique, le long des rives de Saône. De façon éphémère, la cour intérieure du bâtiment, abritée sous une magnifique verrière, a vu défiler sa cargaison de verres. Verre bouteille, verre griffé, vert taulier, vert stéphanois...

 

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Sous les pavés de la Rue89 Lyon, la vigne, est sans doute le premier salon auquel je participe qui contient un véritable salon dedans. Canapé simili cuir, mais quand même. L'opportunité d'y faire s'asseoir une brochette de vignerons qui causent naturellement dans le poste, en plus de Charles Frankel, auteur sulfureux et volcanique, ma pomme, cobaye d'une expérience hautement scientifique en collaboration avec le Clos des Cimes de Raphaël Gonzales, et de Dominique Hutin, le chroniqueur vin vedette de France Inter, rescapé du grand incendie, et qui a fait comme si on allait déguster. Et, de fait, on a dégusté un joli carignan blanc du domaine Leconte des Floris, voire même plus, histoire de s'humecter le gosier. Parce que tendre le micro successivement à Dominique Derain, Vincent Wallard, Lilian Bauchet et Denny Baldin, c'était prendre le risque de ne jamais pouvoir récupérer le crachoir (en avaient-ils d'ailleurs besoin d'un?). On a causé vin, business, pigeage en slip, art, bio, biodynamie, vin nature, levures, soufre et toutes ces sortes de choses, devant un public attentif et intéressé. Et, même sans radio, l'animateur sait garder ses droits et faire respecter le temps imparti. Un débat haut en couleurs et un canapé très confortable.

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Crédit photo Rue89Lyon

 

Pour clore sur l'expérience menée scientifiquement au Clos des Cimes, il s'agissait de déterminer par la dégustation les différences organoleptiques entre 3 vins produits sur la même parcelle, mais non cultivés de la même façon (bio sans traitement, biodynamie avec traitements différents...). Élevage identique, pour ne pas rajouter une variable supplémentaire. De façon flagrante, les vins se présentaient sous un jour complètement différent. Fort heureusement, il ne m'a pas été demandé de juger quelle manière était la bonne!

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En fin de repas, impasse sur le dessert. Claire Deville et Emmanuel Buschiazzo avaient offert le fromage à marier directement avec un petit noir. Un peu fort de café, sans doute, mais une expérience complètement bluffante.

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Crédit photo Le Taulier

Le meilleur vin de tout le salon, ce fut peut-être cette bière sortie de l'imagination des créateurs de la BAB, une Speci'Ale aromatisée au pinot noir du Dom Derain. Du vino-bièro-business de haute volée, en quantité ultra-limitée.

Évidemment, j'exagère, puisque du bon, voire de l'excellent vin il y a eu. Petit panorama non exhaustif en images:

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L'Alsace chic et Geschickt, du tout bon, du pinot blanc au gewurtz, en passant par riesling et pinot gris, Kaefferkopf en tête, mais pinot gris et noir sans soufre particulièrement intéressants.

 

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Ampeleia et le sourire lumineux de Simona Spinelli, tout le charme de l'Italie dans un grand projet viticole initié par Elisabetta Foradori et magistralement conté sur le blog du plus italien des belges suisses allemands.

 

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Les vignes rouges du Piémont cévenol, c'est grande veine de pouvoir y goûter. De jolis vins remplis de fraîcheur, à savourer entre deux épisodes.

 

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Les vins cruellement bons de Ludovic Engelvin, l'espontaneo gardois, baptisés d'un nom qui reflète l'état d'esprit du berger-vigneron ou un événement marquant survenu au cours du millésime.

 

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Une expérience d'oxydation ultime sur un mourvèdre laissé 10 ans en bonbonne, exposé à tous vents. Une robe presque noire et un air de PX, le sucre en moins. Exceptionnel et ultra collector.

 

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Du sirop de gamay frizzante chez les Perraud, en attendant le retour des bulles. Mais c'est déjà une vraie gourmandise.

 

Et puis quelques tronches de vignerons, de façon non exhaustive également:

 

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Aurélien Petit, du petit domaine. en Languedoc et Vincent Wallard, du grand domaine en Argentine.

 

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Jérôme Bourgeois, ou quand la Champagne ne s'embourgeoise pas.

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Joli moulin de la main gauche d'Isabelle Villemade. Je suis verni!

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Dominique Der... hein? dont la bière au pinot surclasse aisément le moindre pinot à la bière.

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Le plus beau et joli profil des Côtes de la Molière.

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Denny Baldin, super natural winemaker. Sacré Denny!

 

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Émeline Calvez, sœur de terroir et jolie bobine du vin, même sans Sébastien (Bobinet).

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Clin d'œil au Clos des Mourres, de Jean-Philippe Bouchet à Ingrid.

 

Il n'aurait pas fallu qu'une telle aventure dans la capitale des Gaules se termine sans un banquet. Quatre mains pour six plats et le plus beau repas de salon jamais mangé, foi de plusieurs vignerons expérimentés en la matière. Guillaume Monjuré et Mathieu Rostaing ont creusé leur sillon et grillé le palais de l'assemblée. Un repas topissime, copieusement accompagné de vin naturel, le quatrième fleuve à arroser Lyon désormais, grâce à Rue89 Lyon et Antonin Iommi-Amunategui.

 

Olif

 

P.S.: le mois du vin naturel lyonnais se poursuit avec le salon des Débouchées, les 22 et 23 novembre

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et  On se met au verre, organisé par Vercoquin et Élémentaire, le dimanche 30 novembre.

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P.S.2.: ce n'est pas organisé par Rue89 Metz, mais les 22 et 23 novembre se tiendra la nouvelle éditions de Plappevignes. Le vin de Moselle et la quiche lorraine vont couler à flots. Mais pas que...

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28 octobre 2014

Brèves d'automne ...

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Histoire de mettre fin à la léthargie bloguesque ambiante de ce véritable été indien finissant et lever le voile de brouillard qui transforme la réserve naturelle du lac de Remoray en réserve indienne bien cachée, quelques nouvelles du front de libération des vins libres de leur droit de réserve naturelle.

 

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C'est l'automne, les flyers de salons de vin se ramassent à la pelle, tu vois je n'ai pas oublié. Et les choses commencent sérieusement d'emblée les 2 et 3 novembre avec la déclinaison lyonnaise de Rue89, coachée par Antonin Iommi-Amunategui, qui plaide inévitablement coupable dans l'affaire du vin naturel de Lyon. No wine is innocent! Et surtout pas le vin nature. Dégustations, rencontres, débats, cervelle des canuts, tablier de sapeur, saucisson, tout ça dans la rue, à Lyon, théâtre des Subsistances, quand les chrysanthèmes seront venu.

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Le week-end suivant, direction Latour, pas dans le bordelais, mais celui de France, dans le Fenouillèdes, pour des portes ouvertes festives qu'il ne sera pas nécessaire d'enfoncer. Théâtre de rue, vin, restauration et beau temps sont au programme. De quoi programmer un tour à Latour.

 

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En remontant de Latour de France, arrêt possible à Bollène le 11 novembre, pour un salon local organisé par une association d'amateurs et qui regorge de bons vignerons locaux. Une initiative intéressante qu'il faut louer. On y retrouvera Jean David, Jérôme Hue (Mas du Casalas), Eric Bouletin (Roucas Tomba), Gérald Oustric (Le Mazel)... et, en guest, Jean-Baptiste Granier, des Vignes oubliées en Languedoc.

 

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Ça va aussi déguster sec en Bourgogne-Sud les 8-9-10 novembre, au château de Hurigny, où les artisans vignerons organisent leur journée maintenant traditionnelle.

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Toujours plus au Nord, les cavistes strasbourgeois d'Entre deux Verres fêtent leur 5ème année d'existence en organisant un salon les 14/15/16 novembre, où 25 vignerons viendront présenter leurs vins. Les alsaciens sont gâtés!

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Avec tout ça, il en faut bien un peu pour les Parisiens. C'est Vinsurvin, blogueur reconverti en marinier de salon, qui dégaine le premier les 22 et 23 novembre. Ça risque de tanguer fort du côté de Notre-Dame!

Il y en aura bien d'autres en décembre, et pas des moindres, mais c'est déjà pas mal pour un début!

 

Olif

 

P.S.: c'est l'affaire du moment. Le deuxième vin de Pontet-Canet déclassé en vin de France? Quelque part, ça fait du bien. Autre part, ça fait mal. À l'AOP. Au final, on s'en fiche un peu, c'est vrai. Du moment qu'il est bon. Si jamais on arrive à le goûter un jour... La perspective qu'un tel vin, sachant la façon dont il est élaboré, puisse être recalé par un jury d'experts œnologiquement bien-pensants le rend particulièrement excitant. Ce qui n'a pas échappé à son propriétaire, Alfred Tesseron, qui le considère désormais comme un collector. Se vendra-t-il au final plus cher que son grand frère, qui a déjà atteint des prix stratosphériques?

 

P.S.2:

12 octobre 2014

Épisodes cévenols

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Tandis que des trombes d'eau s'abattent pour la troisième fois consécutive sur le Gard et l'Hérault, il est agréable de repenser aux temps heureux où le soleil régnait en maître sur le grand Sud, faisant mûrir le raisin aussi rapidement que le fessier volontiers affaissé des touristes de l'arrière-saison, celui qui ne peut qu'accuser les outrages du temps et que les moins de soixante ans ne peuvent pas connaître, lorsqu'une exposition solaire outrancière assimile la peau de l'humain à celle du poulet de batterie soumis aux radiations thermiques d'une rôtissoire de supermarché le dimanche en fin de matinée, quand il ne ravale pas le grain de beauté au rang de la vilénie et le mélanome au rang de la mélabête.

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Un épisode cévenol désigne une situation humide, fortement arrosée et intense, qui touche le piémont cévenol, de l'Hérault au Gard, jusqu'à la Lozère, même. 2014 semble prendre le chemin d'une série au long cours, espérons que la saison 2 soit recalée faute d'audience. Cantonné du côté d'Uzès à la mi-septembre (l'eusse-je déjà raconté, au plus que parfait du subjonctif?), il n'eût pas fallu attendre bien longtemps avant que les herbes n'envahissent la place (aux Herbes), après l'arrosage intensif auquel celle-ci a été soumise. Heureusement, il arrive aussi des épisodes cévenols ensoleillés, au moment des vendanges.

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Au Mazet des Crozes de Renaud Berthoud, fraîchement replié en IGP Cévennes, où son mazet a trouvé refuge après avoir délaissé l'océan d'Oc, peu enclin à soutenir les petits domaines noyés dans la masse des vignes gardoises. Un mazet où tout n'est pas facile tous les jours, mais dont les occupants continuent d'avancer, bousculant la routine de cet arrière-pays nîmois, ni quelqu'un d'autre d'ailleurs. Les travaux de construction de la nouvelle cave, loin d'être terminés, n'empêchent pas de ramasser pléthore de beaux raisins, des volumes plutôt inhabituels pour le Mazet. 2014 a été généreuse, et ce n'est pas la moindre de ses qualités. Un nouveau départ, en quelque sorte, après la "petite crise d'adolescence" de la dixième année..

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Ces grenaches de Gajan, il a fallu les trier à la vigne, du fait d'une maturité inhomogène, et ne garder que les plus beaux. Les autres seront ramassés plus tard, entre deux épisodes cévenols particulièrement costauds.

Dix ans maintenant que ce projet de vie original, au milieu des vignes, associe vin et création artistique. Vent d'anges, Ange et l'Hic, (R)assembler, autant de cuvées qui vieillissent harmonieusement et qui font plaisir à boire entre deux épisodes cévenols culturels co-organisés par Nathalie Bruggey et Renaud Berthoud. Le prochain, ce sera le vendredi 17 octobre, et ça va swinguer dans le Mazet! Un épisode festif que les Gardois devraient se garder de manquer, histoire d'oublier, l'espace d'un instant qu'ils vivent (en partie) dans les Cévennes.

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Loger du côté d'Uzès était l'occasion de rencontrer, au cœur du Duché, Olivier Privat. Je ne m'en suis pas privé. Olivier, c'est d'abord la Glacière, une opportunité familiale de produire du vin en faisant revivre les installations du grand-père, abandonnées depuis des décennies. Une affaire plutôt artisanale, démarrée en 2004, sans électricité ni véritable moyen, qui a donné naissance à quelques cuvées mythiques, dont la fameuse "À Ferdinand", dédiée au grand-père. Il a pas mal bourlingué, Olivier, avant de se reconvertir dans la vin. Il a même fait dans l'immobilier, il n'y a pas de sot métier. Ce qui l'a amené à investir dans la gastronomie, sa grande passion, et aider à l'installation aux Trois salons d'Uzès de Peter Nielsen, grand chef suédois depuis parti sous d'autres cieux, en train ou en avion, va savoir. Olivier Privat, lui, est revenu en tracteur.

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Un vieux Massey qui a encore pu faire le chemin sans caler entre Sanilhac-Sagriès et Argilliers, et qui profite désormais d'un repos bien mérité sur le parking d'une immense ferme recyclée, à deux pas du Pont du Gard. En pleine campagne, dans un vaste espace dédié à l'art culinaire en particulier, à l'art en général. À la fois restaurant, cave, épicerie et lieu artistique, c'est Le Tracteur. Une vaste cuisine, ouverte sur la salle et la salle ombragée, habitée par un prodige des casseroles, Numa Testud, qui sait enchanter l'assiette avec les produits frais du marché. Simplicité, justesse et précision d'une cuisine d'inspiration bistronomique, cet épisode cévenol gastronomique fut largement arrosé, comme il se doit.

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Jolie dégustation verticale et apéritive de la Glacière, avec un ours polaire, le premier millésime d'À Ferdinand, en magnum s'il vous plaît. Un 2004 sur l'âge, mais encore en forme. Et puis le Nerveux, un cinsault un brin énervé à sa naissance et passablement assagi depuis, mais toujours très glou. Dans sa version 2013, la Glacière se décline en deux cuvées. La cuvée éponyme La Glacière, toujours en Vin de France, remplace celle du grand-père et fame longue, Côtes du Rhone parcellaire, a vu le jour. Deux bien jolis canons. Les Lys, vaste domaine repris par Olivier Privat et Ray Monahan, mettent Uzès et les Cévennes à l'honneur. Réputés pour leur fraîcheur, les vins des Cévennes, achetés à bon prix par des négociants, finissent souvent assemblés à d'autres vins sudistes beaucoup plus chaleureux, très peu revendiquant officiellement leurs origines. Syrah, petite ou grande, et grenache ont bien des choses à dire. Caillasses 13, c'est une bombe de grenache récolté à haute maturité qui te tapisse le gosier sans lâcher tous ses chevaux. Du grand art!

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Dernier épisode de cette virée cévenole, au sortir du Tracteur, aller rogner quelques coustons à la Glacière. Issu du croisement du grenache noir et de l'aubun, le couston est un cépage sévèrement burné, apte à relever une cuve jugée trop fluette. Et nous voilà donc partis à Tresques, réputée pour la qualité de son eau, aussi fraîche que les vins de la Glacière, dont les clés ont été confiées à un couple de jeunes vignerons enthousiastes et talentueux, Julie Le Breton et Christophe Vial.

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Il ne manquait plus qu'un roux dans les coustons, avant qu'un épisode cévenol vespéral, alliant coup de vent, pluie et grêle, ne vienne interrompre cette séance de vendange improvisée, achevée par un pigeage dans les règles de l'art et, évidemment, par un copieux repas dans la maison de Ferdinand.

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Ne manque à ce tableau cévenol qu'une ultime photo de famille. Parce que la famille, ici, ça signifie quelque chose. Le soutien, le partage, l'échange, les liens sont forts. Le Tracteur est une affaire de famille, la Glacière également. Jean-Marie Chenivesse, le cousin d'Olivier, en fait partie. Coopérateur zélé, il bichonne ses vignes comme un jardinier, donne volontiers un coup de main et commence à s'émanciper. Sabran au clair, il élève désormais ses propres vins, de futurs bijoux qui vont demander du temps pour se patiner.

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Olif

02 octobre 2014

Finding the crow

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©mtdm1

Oiseau de mauvais augure dans la civilisation occidentale, quand il ne s'agit pas d'un dénonciateur anonyme de la pire espèce, le corbeau urbain ne couche pas sous les ponts, sauf à Strasbourg, mais niche plutôt dans les arbres, haut perché dans les allées, affreux affreux affreux. Le trouver n'est généralement pas d'une extrême difficulté, le simple fait de circuler la nuit sous une rangée de platanes suffit à le faire s'envoler prestement, une chance qu'il ne largue pas quelques bombes de guano au décollage. Le crowfinding est né ainsi, l'enjeu principal consistant, après avoir trouvé la nichée, à ne pas se faire toucher par une salve de fiente lors du premier passage.

Appliqué au monde du web, le crowfinding, bientôt devenu crowfunding, la faute à l'accent prononcé d'un geek hispanique (ta mère), fit revivre le mythe de l'oiseau messager porteur de bonnes nouvelles, dont les innombrables petites déjections qui jonchent le sol sont autant de dons du ciel qui peuvent servir à alimenter la cagnotte de porteurs de projets nécessiteux. Maître Renard, par l'odeur alléché, fut l'un des premiers à vouloir croquer dans ce bon gros fromage où il y a visiblement quelques pépettes à gagner. D'abord fondu dans un financement généraliste, du style Kisskissbankbank, le crowfunding s'est récemment écoulé au rayon liquide pour se spécialiser dans le monde du vin. Le corbeau avait soif! Fundovino est né, entièrement dédié au Mondovino. Acheter un foudre, replanter de la vigne, déposer un brevet, financer une production télé sur le vin, aider à la création d'un bar à vins mobile, ..., autant de projets rondovino bien menés et qui donnent soif. Quiconque peut aider à aboutir grâce à un don, fut-il modeste, en échange de contreparties éventuelles, proportionnelles au financement effectué.

 

Alors, si, toi aussi, ta ville est ravitaillée par les corbeaux, n'hésite pas à financer par solidarité tous ces beaux projets liés au vin et qui peuvent rendre la vie meilleure. Ceux qui figurent ci-dessous ont particulièrement retenu mon attention, mais il y en a plein d'autres, qui valent également le coup, et qu'il faudra aller chercher soi-même sur les sites dédiés, je ne peux pas tout faire non plus. Si jamais l'envie te prend de soutenir ceux présentés ici, clique sur la photo, le corbeau blanc en croassera de bonheur.

 

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La Goguette mobile, une cave-bar à vins qui sillonnera le Diois, malheureux ceux qui habitent ailleurs.

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Un foudre pour loger la réserve perpétuelle de Delphine et Francis Boulard. Paetrea, la seule cuvée que l'on est condamné à boire à perpétuité!

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Dur dur! Mais la dureza mérite d'être sauvée sur les beaux terroirs de Cornas. Merci Petit Ours Brun!

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Un petit bout de planète jurassienne qui a besoin d'un bon petit coup de pouce au montage pour pouvoir être diffusé sur France 3.

 

 

Olif

 

P.S.: je viens de recevoir à l'instant une lettre anonyme d'un corbeau qui me dit que le crowdfunding n'a rien à voir avec lui, parce qu'il y a un "d" à la fin. Financement par la foule serait la traduction littérale. Plus il y a de foule, plus on rit, pour que puissent vivre ces beaux projets!

 

P.S.2: si toi aussi tu fais partie de la foule qui n'a pas vu qu'il manquait un d à crowdfunding, va voir un ophtalmo et change de lunettes!

 

P.S.3: quel plaisir de mettre les pieds dans un petit bout de planète, ne fut-ce qu'un instant. Et même si c'est coupé au montage! La preuve en image ci-dessous.

 

 

10 septembre 2014

Boüard et déboires, pourquoi il faut regarder Vino Business...

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Capture d'écran ©France3

Boüard et déboires, le film! Après le livre polémique, Isabelle Saporta récidive. Ou plutôt continue de creuser son sillon dans le vignoble, pour mettre en lumière des pratiques pas toujours gouleyantes. Ce documentaire, c'est l'aboutissement de son enquête dans le milieu des grands crus classés du bordelais, avec une sympathique incursion bourguignonne au son des merrains et des bruits de corne de vache que l'on tape.

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Capture d'écran ©France3

Un documentaire qui se passerait presque de voix off, où l'on peut apprécier le franc-parler de la famille Techer de Pomerol, celui de Stéphane Derenoncourt ou même de Jean-Luc Thunevin, le "bad boy" de Saint-Émilion, qui jouent franc jeu, tout à leur honneur, sans manier la langue de bois, que ce soit au sujet des pratiques vinicoles, des traitements à effectuer ou encore du prix des vins ou des parcelles. Avec une incursion au pays des pesticides, grâce, notamment, à l'éclairage militant de Marie-Lys Bibeyran, victime collatérale de ce lent poison qui affecte tous les ouvriers viticoles des domaines en viticulture conventionnelle.

 

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Capture d'écran ©France3

Et, pendant ce temps-là, ce bienheureux Hubert, assis sur son fût (et ses deux caisses, rajouterait la Comtesse), essaye tant bien que mal de détourner la conversation et nie toute tentative de manipulation dans la superbe promotion de son Angélus chéri au rang de Grand cru classé A dans la dernière mouture du sacro-saint classement de Saint-Émilion, qui n'intéresse finalement que les financiers et surtout pas les amateurs de vin.

 

Vino Business, le film, c'est sur France3 lundi 15 septembre à 20h45, suivi d'un débat dans le Grand Soir 3. À ne pas manquer, évidemment!

 

Olif

29 août 2014

VDV#68: diabolo jeune!

 

 

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VendredisduvinÀ la demande de Tiuscha, cuisinière hors pair et blogueuse tous azimuts, de Saveur Passion et du blog des news de la vallée du Rhône, la 68ème édition des Vendredis du vin impose de mettre sa casquette à l'envers pour parler vin avec un jeune, celui que l'on a à la maison ou, à défaut, un autre, rencontré dans la rue, voire à la sortie de l'école, sans être nu sous un grand imperméable. Pas question de laisser l'éducation de nos générations futures à l'ANPAA, ça ne va pas, non? Un palais, ça se prépare dès le plus jeune âge et cela peut permettre de ne pas laisser les jeunes s'enfiler n'importe quelle boisson dans le gosier, de façon totalement ludique et irresponsable. C'est bien connu, les djeuns sont influençables et ont généralement la mauvaise habitude de se gaver de sodas. Pour ne pas trop les traumatiser d'emblée à grands coups de Mouton-Rothschild ou de Cheval Blanc, il est recommandé de les accoutumer progressivement au jus de la treille. Pour cela, rien ne vaut une bonne limonade, celle du Domaine des deux Ânes. Limod'Ânes, un diabolo carignan ou grenache, selon les années, avec une superbe étiquette signée Rémy Bousquet, qui débouchonne chez lui pendant que ça bouchonne à Paris.

Après une telle entrée en matière, ils son fin prêts pour attaquer n'importe quelle bonne bouteille qui leur tombera sous la main. Et ils laisseront la piquette au vestiaire. Et peut-être même aussi le Mouton...

 

Olif

 

P.S.: Vade retro Satanas et Diabolo, voilà qui ne nous rajeunit pas non plus!

 

 

25 août 2014

Le vigneron de son bled

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Son bled, c'est Montbellet (prononcer Montb'llet). Jérôme Guichard a, fort à propos, "sauvé les terres" du jeune retraité Guy Blanchard en les reprenant sous le nom de domaine Sauveterre. 2,7 hectares de vignes, dans le Mâconnais, secteur de Bouchat et Perrières, auxquelles il faut ajouter 1 hectare de gamay de Leynes, lieu-dit Creuse noire, un terroir volcanique du Beaujolais qui fait des étincelles dans les mains de Jérôme. Auxquelles il faut aussi ajouter une dizaine d'hectares de terres lorgnées par les gros céréaliers du coin, pieusement conservées dans l'optique de les maintenir en bio et de les confier à quelqu'un qui les méritera, ce qui ne devrait peut-être plus tarder.

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Ancien "paysagiste à la Pref" de Saône-et-Loire, Jérôme Guichard a mordu au monde du vin chez Philippe Jambon, où il allait vendanger dès ses débuts, avant de l'aider à décuver, à des heures parfois indues, et autres menus travaux en cave. Visiblement titillé par le démon du vin, de préférence nature, "le Maître" l'a encouragé à vinifier. Passage à l'acte en 2010, et premier coup de maître, avec une épatante cuvée Au Bouteau d'Or, présentée en avant-première à la BiojoLeynes 2011. L'année suivante, Guy Blanchard, à la recherche d'un successeur en vue d'un départ en retraite bien mérité, lui proposait de reprendre sa ferme et ses vignes. Marché conclu! Assisté par Guy pendant une année, Jérôme Guichard vole désormais de ses propres ailes et produit des vins sans fards (et sans Blanchard) plutôt réjouissants.

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Du vin bio, cela va sans dire, et résolument nature, dans l'esprit. En toute transparence. Le SO2, il ne sait même pas ce que c'est, ni comment on fait pour en ajouter dans le vin. Un gros travail est produit dans les vignes, soigneusement entretenues et taillées selon Guyot-Poussard, dans l'optique d'une préservation des bois pour tenter de contrer naturellement l'esca, une plaie récurrente bien plus mortelle pour les ceps que la flavescence dorée.

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Bouchat                       et                        Perrières,

 

Deux belles parcelles qui assurent la production des vins blancs du domaine Sauveterre, qui ont gardé leur dénomination: Bouchat, Perrières et Vin d'Montbled, issu des jeunes vignes de Perrières. Le Blanc Charmant est devenu Pet'Nat. La Creuse noire se décline en Jus de chaussettes, Creuse noire et Noir de Creuse noire. Sans parler des petites expérimentations qui traînent ça et là dans la cave et qui donneront peut-être un jour naissance à des micro-cuvées qu'il faudrait pouvoir ne pas manquer lors de la mise en bouteilles, mais, là, rien n'est moins sûr.

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Et, pour terminer, un petit négoce vient désormais étoffer la gamme, mise à rude épreuve du fait de plusieurs millésimes difficiles successifs. 

Olif

17 août 2014

Instalitr ... (2)

Dernières nouvelles des litrons bus cet été et instagrammés avant d'avoir un gramme, ce qui, en plus d'être politiquement incorrect en ces temps troubles d'hygiénisme exacerbé, ne nous est pas arrivé très souvent depuis bien longtemps.

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Un américain qui n'aurait pas chopé le melon (genre c'est moi le Maître du Monde!), voilà qui est suffisamment rare pour ne pas le signaler. Un arc et une flèche en plein cœur pour ce melon de Bourgogne planté en Orégon, apte à rivaliser avec bien des melons de Cavaillon cultivés aux antipodes, voire même certains muscadets de Sèvre-et-Maine. Une bien jolie découverte, due à une expat' fraîchement mariée aux US. Longue vie à elle et son mari.

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Erotika, ou les Dessous du cep du Gamay, par Denny Baldin, super natural winegrower du Beaujolais, également auteur de "la révélation noire", un petit pamphlet déjanté à la gloire du "Super Natural Wine", ouvrage écrit en anglais dans le texte, avant d'être traduit en français, presqu'une gageure lorsque l'on connaît le cheminement parfois tortueux des circonvolutions cérébrales de Denny.

 

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Sept révélations noires à la gloire du plus troublant et naturel des breuvages!

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Oh! les filles, oh! les filles! Le mouton-rothschild des vins de Savoie, ce sont les chignin-bergerons  de Gilles Berlioz, qui, chaque année, proposent des étiquettes artistiques déclinant le thème des filles et des fripons, du nom des deux cuvées. Le millésime 2013 est plutôt rond et coloré, façon Botero, grâce à deux toiles signées Mme Olif. Très joli, non?

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Au rayon des curiosités de l'été, Tu le boa 2000, objet vinique non identifié récupéré en Touraine, chez Jean-François Mériau, domaine des Bois Vaudons. Du sauvignon élevé sous voile, avec sans doute une grosse maturité de départ et une sensation persistante de sucre résiduel. Le genre de truc qu'il faut avoir bu pour le croire.

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Paille ou Papaye? Pas Paille, ni papaye, il goûte plutôt sec, dans un registre oxydatif. Certains les préfèrent plus sucrés, mais l'équilibre est plutôt séduisant. De L'Octavin de France, bien avant que tous les vins du domaine ne soient plus présentés à l'appellation.

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Armélot, méli-mélo de merlot, petit verdot, syrah et aramon, jolie cuvée d'oc, vinifiée sans sulfites par un jeune couple de vignerons, issus de l'hôtellerie et fraîchement installés en Languedoc. De beaux débuts pour le Mas Sibert.

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Vin de table, vin d'Étables, Ardèche. Une syrah 100% nature de David Auclair, de la Ferme du bout du ch'min, ramenée il y a quelque temps du salon des Débouchées à Villeurbanne. Ça goûte plutôt bien, pas trop l'étable, mais nécessite un "léger" dégazage.

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Une cuvée d'ugni blanc sur le mode oxydatif, en l'honneur de Jade, la fille d'Olivier B.. Depuis 2001, cette parcelle lui est dédiée. Jade B. for ever!

 

À suivre...

 

Olif

09 août 2014

Il tape sur des merrains et c'est n°1!

 

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 C'est l'histoire de deux anthropophages qui sont à table. L'un dit à l'autre:

- Pff! J'en peux vraiment plus de ma femme!

- Finis au moins tes patates.

L'accueil chez Dominique Derain, à Saint-Aubin donne tout de suite le ton. On est du bon côté de la vie, celui où l'on profite des bons moments sans se prendre trop la tête. Et où on se marre bien.

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C'est donc légèrement pliés en deux que nous sommes arrivés à la parcelle des Bans, en compagnie du Dom et de Lorenzo de' Grassi, chantre du bon vin naturel italien. Les Bans, un hectare de vignes idéalement situées en haut de Saint-Aubin, une des premières parcelles acquises aux enchères, à bon prix suite à une liquidation, par Catherine et Dominique Derain. Un acte qui a véritablement lancé le domaine en 1989, même si elle est désormais exploitée sous forme de GFA. La parcelle originelle, il faut la chercher à Gamay, lieu-dit en Vasvaux, une friche datant de l'ère pré-phylloxérique, replantée de ... chardonnay et pinot noir en 89. Toujours cultivée en bio depuis cette date, elle offre à l'œil un paysage non modifié depuis près de deux cents ans.

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Avant de faire du vin pour lui-même, Dominique Derain a vécu un certain nombre de vies antérieures, où il a été successivement tonnelier et régisseur de plusieurs domaines, de Chablis à Puligny. Des grands domaines, d'où il a toujours réussi à "se faire virer", en tentant parfois des expériences de vinification non homologuées par ses supérieurs hiérarchiques. De son passé viti-viticole, il a gardé un indéniable savoir-faire du vin. De son passé dans la tonnellerie, il a conservé une oreille musicale et un méga sens du rythme. La preuve en image, grâce à Lorenzo de' Grassi, qui a de bien meilleurs réflexes de vidéaste que moi!

 

 

Si les fûts sont actuellement vides, c'est que tous les vins sont en bouteilles. La faute aussi à trois millésimes consécutifs peu productifs et grêlés. Les 2013 proposés à la dégustation goûtent déjà superbement, blanc comme rouge. Étiquetage relooké pour les Bans, nouvellement carossés avec une tôle rouge dans laquelle toutes les nuances du cru se déclinent. Le 2013 goûte étonnamment l'aunis (poivré végétal croquant) et c'est très bon.

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En bonus, un Gevrey-Chambertin 2004 qui commence à donner tout ce qu'il a dans le ventre, dans un millésime pas facile.

Pour le reste, tout le monde sait que Dominique a les deux reins solides et ce n'est pas les ennuis qu'il a pu avoir avec l'AOC dernièrement qui vont brider son enthousiasme.

Un foie, Derain, trois raisons de boire du Saint-Aubin!

 

Olif

 

P.S.: c'est les vacances, le blog d'Olif fait légèrement relâche, tout en vaquant à quelques obligations viniques. Dont une petite interview dans l'Express qui ne manque pas de style...

 

 

 

22 juillet 2014

Ba moin en Thibon...

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Crédit photo ©Mas de Libian

Pas vraiment d'humeur à chanter créole, pourtant! Les catastrophes météorologiques se suivent et ne se ressemblent pas toutes. Manque plus que le tsunami et une nouvelle glaciation pour être pratiquement exhaustif! Après le gel, la grêle et les inondations, place aux tornades. C'est la dèche! Même les saints ne protègent plus leurs administrés, quelle injustice. Just a reçu son lot de malheurs humains au camping, Marcel n'a pas été épargné. Cep de vigne, ce n'est pas le pied comme métier, en Ardèche!

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Crédit photo ©Mas de Libian

 

Les millésimes se suivent, ne se ressemblent pas mais auront les mêmes conséquences, au Mas de Libian, chez Hélène et Catherine Thibon. Après les problèmes de cuverie en 2012 (responsables de la perte sèche d'une grande partie des vins), un millésime compliqué à tout petit rendement en 2013 (avec la coulure du grenache), 2014 aura été sinistrée par la violence d'une tornade estivale, hâchant menu les vignes sur pied.

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Crédit photo ©Mas de Libian

 

Une fois de plus, il va falloir réapprendre le geste qui sauve les vignerons! Ça va twister dans les verres, La Calade vaut bien une tornade!

 

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Olif

20 juillet 2014

La cadette du Marmandais

"Ah! Ah! Ah! oui vraiment

... Stéphanie Roussel est bon enfant!"

 

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Tandis que Mme Olif s'essayait virtuellement au maniement de la pipette, Stéphanie Roussel, la seule vigneronne au monde qui sait rester jeûne face à l'adversité, a tiré un Coup franc magistral en pleine lucarne. Goaaaal! Oui, dans le Marmandais, on ne cultive pas que des tomates, qu'on se le dise. Même si, curieuse et gourmande de tout, Stéphanie a fait le forcing auprès d'une vieille dame du cru pour récupérer des graines de variétés anciennes, pour cultiver son propre potager, entre deux coins de vignes, le tennis et la piscine, reliquats du temps où elle avait des associés.

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Depuis qu'elle a racheté les parts des investisseurs anglais qui avaient mis des billes dans Lassolle, Stéphanie Roussel revit. "Elle s'est endettée pour 120 ans", mais est redevenue la seule maître de Lassolle. Libérée d'une entrave, elle peut désormais se réinvestir comme bon lui semble dans ses vignes, dans ses vins et dans son "château". Se libérer de la contrainte du bois, en éliminant progressivement les barriques pour les remplacer par des cuves où son vin s'épanouit mieux. D'autant mieux qu'il aura été bercé par Pink Floyd, Beethoven ou Mozart, qui tournent en boucle sur le lecteur CD placé de la cuverie. "Mes vins, ils aiment être élevés en musique, ça leur fait du bien!" En musique et par gravité, avec le moins possible d'intervention humaine du moment qu'ils évoluent bien.

 

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Les raisins, eux, ils sont élevés en compagnie des petits lapins et des chevreuils, qui ne sont même pas effrayés par la proximité de la propriété et les éclats de voix de Stéphanie. Quelques grains restent bien sur le tapis, mais ça fait partie du jeu. Pratiques biodynamiques, inspirées de son modèle bourguignon, Lalou-Bize Leroy, grande dame du vin, dont elle admire l'aura et les vins. Du Bordeaux, si proche (le Marmandais jouxte l'Entre-deux-mers, dont il est le prolongement naturel), elle se verrait bien en vinifier un jour. Par défi! Parce qu'avec son "modeste" terroir du Marmandais, elle est déjà capable de s'en approcher beaucoup.

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Lassolle 2010, assemblage de cabernet franc, cabernet sauvignon et merlot en a d'ailleurs bien l'air. "Merde, j'ai fait du Bordeaux!", s'est-elle exclamée à la dégustation! Elle voulait même l'appeler ainsi par boutade. Pas déontologique, ni envisageable, mais ce vin, capable de rivaliser avec bon nombre de crus de Gironde, possède même une buvabilité bien supérieure.

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Coup franc 2008, issu des vieilles vignes de cabernet, marque au but à tous les coups. Mais le grand choc ici provient de l'abouriou, cépage autochtone authentique et rustique. De l'ancien rouge qui tache, désormais décliné dans la gamme Ad Naturam, avec le blanc qui tentait et le rosé qui touchait.

 

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"Ah! Ah! Ah! Oui vraiment

Stéphanie Roussel est bon enfant"

 

Olif

16 juillet 2014

C comme Ça...

 

"..., lalalala!

Je n'veux pas t'abandonner mon bébé!"

frédéric palacios,mas de mon père,côtes de la malepère,

Pas sûr que Frédéric Palacios ait le cœur à la chansonnette en ce moment, après le méchant coup de grêle que l'Aude a reçu début juillet. Le Mas de son père a particulièrement morflé, réduisant à néant tous les espoirs permis par le millésime. Mais j'espère néanmoins que ce petit air contribuera à lui redonner du baume au cœur.

frédéric palacios,mas de mon père,côtes de la malepère,

Une fois de plus, la solidarité vigneronne n'est pas un vain mot. Les vignerons de l'Aude ont spontanément répondu présent pour un don de raisins, qui devrait permettre à Frédéric de vinifier en 2014. Et une souscription en primeur a été mise en place pour l'achat complémentaire de raisins destinés à l'élaboration d'une cuvée "La part de l'orage". En vente 60€ le carton de 6, un vin qui ne pourra être que bon, puisqu'il aura le goût de l'amitié. Celle de Laurent Bazin, entre autres, fidèle parmi les fidèles. Le vin de ses amis est aussi notre ami!

Pour suivre au plus près l'actualité du Mas du père de Frédéric Palacios: Soutien à Frédéric Palacios sur Facebook.

 

C comme Ça, 100% carignan du Pays d'Oc, millésime 2010, C pas autrement et C drôlement bon!

 

 

Olif

 

14 juillet 2014

Les nerfs en pelote

 

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"L'origine du monde basque" de Gustave Courbif ©

Un béret vissé sur le crâne, Gustave Courbet eût-il peint cette origine du monde basque, au cœur des Aldudes, cuisses serrées et maillot mal épilé? Pas sûr! La touffe hirsute peut pourtant s'expliquer par la météo de ce début d'été 2014, plutôt bien arrosé, limite chasse d'eau détraquée. Un amas de flotte tombée du ciel le 4 juillet s'est déversé en de multiples robinets jusque dans la Nive, du côté de Saint-Jean-Pied-de-Port. Retour de manivelle, le niveau est monté de 4 mètres en quelques heures, submergeant les ponts et occasionnant de gros dégâts essentiellement matériels, ce qui eu néanmoins pour effet de mettre les nerfs de nombreux Basques en pelote. Coulées de boue, terrains glissants, routes coupées, maisons inondées, voitures emportées, animaux noyés aux abattoirs au lieu d'être égorgés, piments assaisonnés, vignes en terrasses terrassées, rien ne fut épargné au pays du béret, qui s'est retrouvé légèrement de travers, l'espace d'un instant.

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C'est cette vision post-apocalyptique qui s'offrait aux regards des touristes juillettistes, pélerins, randonneurs ou marcheurs en sandales, espadrilles ou basquettes baskets. Vert, évidemment, et rouge, comme cette terre argileuse en maints endroits éboulée, les couleurs du Pays basque ne sont pas usurpées. Mais aussi pluvieux soit-il, un séjour basque ne manque jamais de piment. Souvenirs de vacances, tout près d'Espelette...

 

Urkulu

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Que tu avances ou que tu recules, tous les chemins mènent à l'Urkulu. Comment veux-tu? Ce gentil sommet, au pied du col d'Arnosteguy, à peine à l'écart des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, est couronné des vestiges d'une tour romaine de 3 mètres de haut pour 20 mètres de diamètre. Un timing serré et une météo capricieuse nous empêcheront d'aller en vérifier les mesures, mais rien que la balade sur les crêtes vaut le détour.

 

Xipister Etxekoa

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La tabasco basque! Mélange original créé à base de piment d'Espelette frais, ce condiment relève sans emporter et égaye pâtes, riz, viandes ou poissons. Hipster? Non, Xipister! Et t'sais quoi? C'est succulent!

 

Cidre

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Si l'on en croit la "petite et véritable histoire de la pomme et du cidre", contée sur le site du domaine Bordatto, le cidre, c'est basque. Point. Tout comme Adam, célèbre berger qui a fini par en croquer, au grand désespoir de la pauvre Ève, tombée aussitôt dans les pommes. Après avoir goûté Txalaparta, n'importe quel breton, normand ou québecois devrait en convenir. Txalaparta, c'est un instrument de musique basque. C'est aussi le son qui est produit quand on en joue, un son qui évoque le galop d'un cheval et une succession d'improvisations. Txalaparta, c'est désormais aussi le nom d'une des cuvées du domaine Bordatto. Une cuvée non improvisée, mûrement réfléchie, élaborée à la manière d'un vin blanc, avec deux variétés de pommes anciennes sur un terroir spécifique. Txalaparta, ce sont de fines perles de pomme qui galopent dans ton palais comme un pottock sur les crêtes d'Urkulu. Txalaparta, c'est la révélation de ce que peut être un grand cidre de gastronomie.

 

Vin

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Lur umea, le petit de la terre. AOP Irouléguy, de Pascale et Bixintxo Aphaule, vignerons, cidriers et enfants du haut pays basque. Le domaine Bordatto une nouvelle fois à l'honneur, avec ce rosé 100% tannat, unique cuvée sortie de leur chai en 2012, parce que le millésime se prêtait plutôt bien à l'élaboration d'un vin rosé de caractère. Ne possédant que peu de vignes (1ha) et devant faire face à de faibles volumes depuis quelques années, Bixintxo se voit contraint de décider dès la vendange du destin du "petit". Après un rouge léger vinifié sans sulfites en 2010, il a sorti le grand jeu en 2011. Joko, le jeu et l'alliance de la pomme et du raisin. Mutage sur marc avec de l'eau de vie de pomme. Un coup de poker et une grande réussite, d'une finesse incomparable, qui renvoie dans leurs 22 pas mal de vins doux naturels de plus prestigieuse renommée, souvent un peu lourds et plombés par l'alcool. 

 

Cochon

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Il est mignon, le petit cochon basque. Une race sauvée de l'extinction par une poignée d'éleveurs et qui gambade en semi-liberté dans le pays Quint. Visiter la ferme de Pierre Oteiza, aux Aldudes, est un moment riche en émotions et en saveurs. Tellement bon, le petit cochon, de la queue aux oreilles, qu'on ne peut s'empêcher de vouloir en ramener un à la maison. En kit, évidemment, à monter soi-même! À la rigueur en peluche, ça amuse les (grands) enfants (et leur mère).

 

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Arrambide

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Impossible d'aller dans les Pyrénées sans manger aux Pyrénées! À Saint-Jean-Pied-de-Port, la table gastronomique de Firmin Arrambide, où œuvre désormais son fils Philippe, est un must. Le cadre semble immuable, tout comme le sommelier et maître d'hôtel, à l'humour particulièrement aiguisé. Des retrouvailles 6 ans après, tout juste si mon rond de serviette était encore à sa place. Les premiers cèpes de la forêt d'Iraty, juste magnifiques, étaient exposés à l'entrée avant de finir dans l'assiette. Sans malheureusement figurer dans notre menu, mais le chef nous a proposé une belle cuisine fraîcheur, avec des produits de qualité. La carte des vins est d'un classicisme à toute épreuve.

 

Biarritz

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Aller au Pays Basque sans faire escale à Biarritz, c'est un peu comme traverser l'Allier sans s'arrêter à Charroux. Une lacune incommensurable qui ne nous aurait pas permis d'assister à ce défilé de burqas de bain sur la plage, tandis que les surfers s'en donnaient à cœur joie dans un océan un brin agité du bocal. Pause tapas chez Puig et Daro, rue Gambetta. Tables hautes en balcon sur la rue, chouettes ardoises de charcuterie espagnole ou d'anchois, assiettes de chipirons ou de poulpes et belle sélection de vins, avec deux références jurassiennes (domaine de Saint-Pierre et Jean-Michel Petit). Bravo! Irouléguy rosé 2012 d'Arretxea, tout en fraîcheur acidulée, idéal avec les tapas. Une jolie adresse, toute simple, pour pas (trop) cher.

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 Olif

29 juin 2014

Vins natures dans la nature et aux Jardins: après la Mailloche, un tour aux Tourillons!

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Stéphane Planche, le caviste-sommelier des Jardins de Saint-Vincent en Arbois, le vin nature, c'est son jardin et une seconde nature. Un double concept qui a désormais fait ses preuves: déguster du vin nature à même la parcelle qui l'a produit. Après En Chaudot (pour une dégustation mémorable au milieu des vaches), Château Chalon (et l'embrasement du Puits Saint-Pierre) et la Mailloche il y a deux ans (les pieds dans la marne jaune, avec une jolie perspective sur le domaine de l'Octavin, une dégustation mystérieusement portée disparue du blog au creux de l'été 2012), les Tourillons ont eu le privilège de recevoir la quatrième édition de ces "Vins natures dans la nature", orchestrée par le jardinier de Saint-Vincent. Les Tourillons, là où tout a commencé pour Renaud Bruyère et Adeline Houillon. Sans doute pas l'un des plus beaux terroirs arboisiens, mais un terroir avec vue. Depuis cette parcelle complantée de chardonnay, savagnin et trousseau, la soirée fut particulièrement bien jardinée et organisée par Stéphane Planche et Renaud Bruyère.

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Une fois le cadre posé, dans le soleil couchant et le nez dans le verre, il n'y avait qu'à se laisser porter par l'enchaînement des cuvées et des millésimes. Prometteur Arbois blanc 2013, assemblage de chardonnay et de savagnin dans les proportions de la parcelle des Tourillons, tiré sur fût, encore sur des notes fermentaires. Le même, en 2011, déjà bien posé, et, pour finir les blancs, un Arbois-Pupillin 2012, pur chardonnay majuscule, à la grande dimension argileuse pupillanaise.

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Quel plus beau spectacle qu'un verre de ploussard dans le soleil couchant? Et quel ploussard! Cet Arbois-Pupillin 2012 presque orange, c'est du rouge, avec de magnifiques petits tanins fluides, qui glissent dans le gosier en laissant néanmoins leur empreinte sur les papilles. Vin de soif, donc, mais pas uniquement, car doté d'une grande personnalité. Dans un autre style, avec une robe plutôt groseille, l'Arbois trousseau 2012 détonne et étonne. Du jus de grenade bio qui te pète à la gueule, avec une petite astringence rustique que j'aime beaucoup et qui accroche au palais. On en boirait presque au petit déjeuner! Le 2011 est un ours polaire (© Du Morgon dans les veines), dont il ne reste plus beaucoup d'exemplaires. Heureux les chanceux qui en ont gardé un peu, c'est juste magnifique. D'ailleurs, je crois qu'il m'en reste une ou deux bouteilles.

 

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En bonus, un rouge 2013 tiré du fût, supposé problématique car parti d'emblée sur l'acétate. ll revient pourtant très bien, même s'il ne devrait pas être commercialisé et plutôt destiné à devenir le vin des vendanges 2014. Ce qui devrait d'ailleurs attirer un maximum de vendangeurs chez Adeline et Renaud cette année, à l'heure du repas. Et puis, Les oubliés de Paname, cette  fameuse cuvée de vendanges tardives faite par Renaud avec les raisins "oubliés" par les vendangeurs parisiens de Stéphane Tissot en 2009. Dans le genre surmaturé (presque) sec, une petite merveille.

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Vins natures dans la nature, quatrième, et un concept toujours aussi séduisant. À pratiquer de préférence par une belle soirée ensoleillée du mois de juin pour mieux profiter du paysage et des vins, avant de danser autour d'un feu de la Saint-Jean.

 

Olif

 

P.S.: en bonus photo, Vins natures dans la nature 2012, ou Arbois vu depuis la Mailloche, versant Octavin. De bien belles images qui se passent de commentaires!

 

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27 juin 2014

VDV#67: rencontres du troisième type au fond à gauche

 

 

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VendredisduvinÀ la demande du belgo-suisse allemand amateur de bières rebelles et de vins libres, la 67ème édition des Vendredis du vin impose de sortir de sa tanière pour aller à la rencontre des énergumènes qui font du vin. Des gens parfois comme nous, comme vous, mais pas toujours. Pour les rencontrer, il faut savoir sortir de sa cave pour aller dans la leur, et ne pas rechigner à marcher dans les vignes. Aller dans le vignoble, là où l'on a plus de chances de voir ce genre de bestiau, ou, pour les Parisiens, fréquenter les tasting mondains et autres laboratoires du vin, à moins que l'on ne préfère des manifestations bobo de moindre envergure avec vignerons potentiellement allergiques aux sulfites. Plutôt que de tout bêtement dévaler 4 à 4 les escaliers de sa cave, au risque de se fracasser la cheville ou la tête en ratant une marche ou en buvant les dernières bouteilles de grand cru classé de Bordeaux ou d'ailleurs, que l'on n'a pas manqué d'acheter lorsque l'on était jeune et con, totalement ignorant de ce qui fait la réelle qualité d'un vin.

«Par ces bouteilles, souvenir de vos voyages dans la galaxie du glou, faites-nous revivre vos rencontres du 3e type avec ces vignerons qui ont fait du monde du vin, votre passion indestructible».

Voilà ce qu'il nous a dit en substance, l'apothicaire italo-austro-hongrois-brusseleir, ex alsacomaniaque, dont on ne sait plus bien quelle a pu être sa véritable nationalité un jour, si jamais il en a eu une. Force est de reconnaître qu'il me suffirait de recopier ici une bonne moitié de ce blog, dédié essentiellement à mes pérégrinations dans le vignoble, parce qu'il y a belle lurette que je suis convaincu que la vérité n'est pas dans le verre, mais dans l'œil du vigneron, voire dans sa tronche, ce qui nécessite de partir à la découverte autant que faire se peut. Mais je ne la jouerai pas petit bras et vous aurez droit à de l'inédit, du tout frais et du récent. Batifoler dans le vignoble, afin d'y rencontrer le troisième type au fond à gauche, n'est donc pas un exercice qui m'est trop difficile. Mon type à moi ne ressemble pas à E.T, même s'il lui arrive parfois d'avoir les yeux globuleux et le téléphone rivé à l'oreille pour appeler à la maison. Non, l'objet de la quête de ces VDV, c'est "l'intra-terrestre", ce type au teint basané, à la peau rugueuse, aux yeux rougis par le soleil, parfois chaussés de lunettes noires, qui a du mal à se passer de mettre les mains dans le sol de sa vigne pour creuser son sillon et révéler son terroir.

 

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Le troisième type de la photo (celui qui est juste devant les deux filles, que l'on croirait issues du tableau figurant plus haut, après qu'elles aient déchaussé leurs verres) semble sorti tout droit d'un film d'espionnage. C'est pourtant un vigneron. Son nom est Bouchet. Jean-Philippe Bouchet. Un amour(re) de vigneron rencontré de prime quelques mois plus tôt sur un salon breton festif et retrouvé, peu de temps après dans la cave d'un domaine voisin, lors d'un autre salon où il était invité. Un gars bien sympa, Jean-Phi, quoique un peu collant en fin de soirée. Mais un vainqueur. Un vrai, si l'on en croit Ingrid, sa douce moitié, que l'on est bien content d'avoir rencontré aussi. Tout aussi photogénique, voire beaucoup plus, mais souvent en mouvement et plus difficile à saisir dans l'objectif, c'est regrettable.

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Quand il est au service, Jean-Philippe enchaîne les aces. Plop! Plop! Appliqué, le geste sûr et alerte, il vrille les bouchons sans trembler. Le vin atterrit dans les verres avec une grande précision, même avec les lunettes sur le front. Entre Jean-Phi et Ingrid, il y a de l'amour, mais il y a aussi des mourres. Le Clos des Mourres est né de leur union et de leur passion pour le vin et la salade: 5 hectares dans le secteur de Cairanne, auxquels il faut désormais ajouter 10 hectares de vignes et de cave, situés à Vaison la Romaine.

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De biens jolis vins (NoVice, Tandem, Origines...), avant de finir Pompette. Blanc (grenache, clairette et bourboulenc) ou rouge (aubun et tempranillo, un assemblage qui vous prend à la fois aux burnes et aux tempes), remarquables par leur fraîcheur, leur flouté et leur buvabilité qui n'a rien de sudiste.

 

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Le quatrième type rencontré ce jour-là s'appelle Édouard Fortin. Il écrit sa propre histoire avec une nouvelle cuvée Solidarité, faite de raisins en provenance du Rhône sud, pour pallier encore un peu à la destruction criminelle de toute sa récolte 2013 dans l'incendie qui a détruit la cave de Robert Curbières à l'automne. Solidarnosc, Édouard!

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Rencontres vigneronnes de tous types, donc, le week-end de la Pentecôte au domaine Gramenon. Du vin dans les safres, sans oublier un petit salut à "Mémé san", les grenaches centenaires du domaine, rencontrés également à plusieurs reprises dans le verre, version grands formats et vieux millésimes, grâce à la générosité de Michèle Aubéry.

 

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Olif

 

 

15 juin 2014

La Fontude, le vin à la ferme

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Profession: vigneron éleveur. De moutons. Et, à la Fontude, l'agneau du Salagou n'a pas un sale goût, au contraire. Lui, François Aubry, ingénieur. Elle, Sophie Valin, vétérinaire. Un grand projet commun et un retour à la terre: associer vignes et élevage, sur les contreforts du lac du Salagou, cette perle rougissante nichée au fin fond de l'Hérault. Les brebis paissent en liberté sur les terres défrichées des coteaux du Salagou. Une stabulation libre intégrale, avec un abri possible pour les bêtes en cas de pluies ou de fortes chaleurs. L'idée de départ était de restaurer et entretenir un espace végétal, de ne pas le laisser à l'abandon, pour préserver le patrimoine paysager, la flore et le faune. La production de viande d'agneau, magnifiquement goûteuse, s'est logiquement imposée dans un deuxième temps, le cheptel s'accroissant progressivement.

 

Les vignes se trouvent à Octon. Quelques hectares de vieux cépages sauvés de l'arrachage. Terret bourret, carignan, cinsault, grenache, aramon, sur de beaux terroirs cultivés en bio et amendés avec le compost produit par les brebis. Premier millésime en 2003, avec un potentiel flagrant. La cave, il faut la chercher du côté de Brenas, sur les hauteurs, à quelques kilomètres de là. Dans un environnement plus pastoral que viticole. Construite pour la vendange 2005, juste à côté de la ferme, en paille fourrée de bouteilles (vides), un excellent isolant à moindre coût. Ce qui, du coup, n'a pas laissé beaucoup de temps à François pour s'occuper des vignes, un peu livrées à elles même cette année-là. Résultat, un vin "compliqué", en magnum uniquement, que le vigneron n'a jamais aimé et pas commercialisé. Ceux qui le goûtent sans aucun préjugé le trouvent pourtant fort bon et c'est le compagnon idéal d'une épaule d'agneau de la Fontude cuite au barbecue et du plus parfait tian de ratatouille mangé à ce jour.

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Les vins, élevés dans la plus grande simplicité et sans additifs œnologiques, arborent des étiquettes simples, reflétant l'esprit qui règne ici. La tête de brebis s'est imposée naturellement pour la cuvée Entremonde, assemblage en raisins de carignan, aramon, grenache et cinsault, vendangés et vinifiés ensemble. Le blanc remet le facteur sur le vélo. Et c'est Jour de fête. Celui de Tati, évidemment, dont le facteur s'appelait aussi François, coïncidence troublante. 100% terret bourret, récolté juste à point, c'est à dire pas trop mûr, et élevé sur lies fines, ce qui lui donne une finesse et une fraîcheur incomparables. Deux vins emblématiques du domaine, auxquels il convient de rajouter la Fontitude, du cinsault en macération semi-carbonique, parfois complété de carignan ou d'autre cépage. Amarèl, carignan complété de 30% de cépage blanc, du terret, possède un profil très intéressant. Toujours dans un souci de fraîcheur, évidemment.

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Olif

05 juin 2014

Dans ses vignes...

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Dans les vignes, Catherine Bernard y a passé du temps et elle en passe encore. Elle en a même fait un livre. C'est à la Carbonnelle qu'elle a commencé à aller au charbon, en 2005, quand elle a plaqué le journalisme, après mûre réflexion, pour faire du vin. Ancienne correspondante de Libé dans le Sud de la France, basée à Montpellier, elle s'est lancée dans une formation viti-œno. Un retour à la terre, en quelque sorte. Fille du muscadet, elle avait envie de blanc. Compliqué, dans le Sud. Surtout dans ce coin-là. Alors elle fait du rouge. Et du rosé, aussi, un peu. Quand on arrive de Saint-Drézéry, il faut déjà emprunter le "boulevard de la chimie", une vaste allée qui traverse des vignes sous perfusion, plantées sur des sols qu'il faut parfois étayer avec des parpaings pour lutter contre l'érosion, avant d'arriver au lieu-dit la Carbonnelle.

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La Carbonnelle, c'est un peu plus de 3 hectares d'un seul tenant, plantés de mourvèdre et de grenache. Du grenache? Du Marselan, plutôt, ce qui n'était pas initialement écrit sur l'acte de vente. Issu d'un croisement entre grenache noir et cabernet sauvignon, il s'est avéré finalement être une chance pour l'ex néo-vigneronne, car il apporte une acidité et une fraîcheur dans ses vins, ce qui lui plaît plutôt bien. Bosseuse acharnée, elle a remplacé pendant des années le jogging matinal par du "pioching". 1h30 tous les jours, pour faire revivre ses sols grâce à une conversion en bio. Pour le travail du sol, elle pratique désormais l'entraide avec un collègue, qui s'en charge pour elle, tandis qu'elle s'occupe de traiter ses vignes à lui.

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Depuis, quelques parcelles de cinsault sont venues étoffer le "domaine". Et des nouvelles plantations sont en cours. Notamment du terret bourret. Du blanc, un vrai du Sud, qui n'a pas chopé le melon. Un raisin apte à étancher la soif de Catherine! Et, enfin, des haies d'arbres fruitiers vont venir séparer toutes ses plantations de celles des voisins, qui, comparativement aux siennes, font un peu peine à voir.

 

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Vigneronne "sans cave fixe", depuis son installation en 2005, elle va enfin s'établir, pour préparer l'avenir et la relève qui va bientôt arriver, et faire construire sa propre cave, à proximité de ses vignes. Parce qu'il en faut bien une, de cave, même si elle avoue ne pas y faire grand chose. Un minimum quand même, pour arriver à commercialiser quelques milliers de bouteilles d'un exquis vin de pays de l'Hérault, auquel il faut aussi ajouter un Rosé de table et un Vin de table rouge, aussi vite bus que produits.

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Dans la cuisine, elle s'y plaît plutôt bien, travaillant tous les restes de la vigne, à accompagner d'un verre de vin. Recettes de (s)a vigne, comme la morue en raïto, plat typiquement provençal à boire avec un Bandol rouge (mais pas n'importe lequel!) ou, pourquoi pas?, un Arbois rosé à prononcer à l'espagnol (José).

 

Olif