06 octobre 2008
VdV #19 - Sulfite free, ohne schwefel, sans soufre... ajouté
Un petit thème polémique et d'actualité pour cette 19ème session des Vendredis du vin qui a vu ma réélection haut la main, devant Monsieur B., qui a préféré garder l'anonymat et qui nous aurait proposé une dégustation de vins levurés au Pepsi Cola et le petit N., carrément favorable à une orgie de Pepsi Cola. Avec Olif, pas d'artifice au programme ni de chichi: le vin dans sa natureté, complètement à poil et pas bling-bling pour un sou. Il parait que les bobos parisiens en raffolent (sans véritablement savoir que c'est bon!) et que la contagion gagne les petites villes de province, et même la Bloglouglou un peu également. Prise en grippe par les dépositaires exclusifs du savoir-bien-boire-le-petit-doigt-en-l'air, l'absence de soufre ajouté fait pourtant cruellement défaut au monde des vins aseptisés et bombardés de produits chimiques. Et si on essayait de s'en passer un maximum, pour bien comprendre que son utilisation peut être parcimonieuse et réfléchie, sans nuire au produit final? Hein, si on essayait? Rien que pour voir!

Alors, le vin "nature" ou "naturel", utopie ou véritable raison d'être? Masque-t-il réellement son terroir derrière des arômes bestiaux ou au contraire révèle-t-il toute la pureté de son terroir et la natureté de son raisin? Les vignerons naturels sont-ils tous des je-m'en-foutistes ou savent-ils réellement apprivoiser le vin pour éviter de l'empoisonner? Y-a-t-il une viticulture propre, à la vigne comme à la cave? Faut-il vraiment lyncher Pierre Overnoy? Autant de questions qui devraient rester sans réponse mais, en principe, permettre à l'amateur du vendredi de se faire plaisir, tout en ne se ravageant pas les papilles à grands coups de sulfites, de pesticides ou autres produits chimiques peu ragoûtants et difficilement buvables, même à l'aveugle.
Votre mission, donc, si vous l'acceptez, est loin d'être impossible: dégoter un vin sans soufre ajouté, ou alors vraiment très peu (ne pas se fier à la mention "contains sulfites" sur l'étiquette, les "natural sulfites", produits lors de la fermentation alcoolique sont naturellement autorisés), et démontrer (je l'espère) par a+b-c que la nature fait parfois bien les choses, sous le contrôle d'un vigneron bienveillant et peu interventionniste à la cave.

En résumé, vous devrez donc:
- Choisir un vin qui correspond aux critères décrits et le déguster d’ici le 31 octobre 2008.
- Publier vos impressions avec les détails pertinents du vin sur votre blog entre 0h et 24h le vendredi 31 octobre 2008, ou sous la forme d’un simple commentaire sur ce blog ou sur celui des VDV. Les retardataires seront acceptés bien volontiers, puisque je serai absent jusqu'au 4 novembre inclus, vacances de Toussaint obligent.
- M'envoyer votre nom, le nom de votre blog et un permalien vers votre article avant minuit le vendredi en question (vous pouvez le faire en laissant simplement un commentaire sur le site des Vendredis du vin).
- Vous pouvez aussi ajouter vos notes de dégustation sur Vinorati, en les partagant avec le groupe Vendredis du Vin., ou encore sur Vinismo.
07:37 Publié dans Les Vendredis du vin | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : vendredis du vin, vin sans soufre
05 octobre 2008
L'été indien aux Jardins
Tandis que la neige fait sa réapparition sur le Massif du Jura, blanchissant la crête du Mont d'Or et tempérant les ardeurs des champignons les plus vélléitaires à cette période, l'été joue les prolongations aux Jardins de Saint-Vincent, grâce à une sélection de bouteilles effectuée par Stéphane-"Saint-Vernier"-Planche, le bouillonnant sommelier-caviste arboisien, toujours à l'affût d'un bon vin, de préférence bien élevé, c'est à dire le plus naturellement possible. La neige, c'était ce samedi 4 octobre, la dégustation le jeudi 25 septembre. Entre l'été indien des Jardins et l'hiver haut-doubien, à peine plus d'une semaine! Brrr....!
"Tu sais, je n'ai jamais été aussi heureux que ce soir-là
Nous dégustions dans un caveau un peu comme celui-ci
C'était l'automne, un automne où il faisait beau
Une saison qui n'existe que dans le Nord du Jurassique
Là-bas on l'appelle l'été indien
Mais c'était tout simplement le nôtre
Avec ta barbe de 4 jours tu ressemblais
A un portrait de Serge Gainsbourg
Et je me souviens, je me souviens très bien
De ce que j'ai bu ce soir-là
Il y a un an, y a un siècle, chez Saint-Vernier
On boira où tu voudras, quand tu voudras
Et on dégustera encore, tant que le vin sera bon
Toute la vie sera pareille à ces Jardins
Aux couleurs de l'été indien"
Hmm hmm... 
Ambiance décontractée, donc, pour cette session de rentrée, avec une petite foule et une dégustation en petites foulées. Que du bon, aussi bien du côté des vins que des participants. A l'aveugle complet, évidemment, pour une thématique très ouverte.
- Vouvray Pétillant naturel 2006, La Dilettante, Catherine et Pierre Breton: nez mûr et fruité, riche. Bulle fine, savoureuse, avec un léger léger sucre, malgré un équilibre plutôt sec. Jolie mise en bouche apportée par François.
- Côtes du Jura Les Chalasses VV 2006, Jean-François Ganevat: nez jeune, fruité, minéral, droit, pur et précis, d'une subtilité désarmante. En bouche, de la tension, du gras, du soyeux avec une belle rémanence finale du fruit, dans une superbe acidité salivante. Bravo Fanfan! Identifié Chardonnay du Jura, Sud-Revermont, dans un millésime récent, je suis déçu de ne pas avoir poussé plus loin mon raisonnement, car peu de vignerons dans le Jura sont capables de produire un tel vin, bâti sur cette minéralité et cette tension. A vrai dire, je n'en connais que deux: Stéphane Tissot en Arbois et Fanfan Ganevat à Rotalier. J'avoue avoir plutôt pensé à Julien Labet, mais là bien y réfléchir, son style est quand même différent. L'aveugle complet est un exercice vraiment difficile. Ce qui est rassurant, c'est la connotation jurassienne évidente de ce vin, malgré son approche bourguignonne. Le terroir parle donc toujours, et plutôt bien, même!
- Vin de Pays de la Vallée du Paradis 2007, La Bégou, Maxime Magnon: premier nez lactique et anisé. Bouche ronde, du fait d'un alcool certain, mais compacte. Finale un peu dure, qui finit sur l'alcool. Loin d'être déplaisant, mais un équilbre plutôt sudiste qui a du mal derrière le caractère tranchant du Côtes-du-Jura. Un vin tout à fait recommandable, à regoûter dans un autre contexte.
21:37 Publié dans Les séances de dégustation, côté Jardins! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jardins de saint-vincent
02 octobre 2008
Vendanges 2008 chez Emmanuel Houillon: Coupez!
17:42 Publié dans Clin d'oeil, En léger différé du vignoble! | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : vendanges, jura, houillon, arbois-pupillin
26 septembre 2008
VdV #18: dessine-moi un Pinot Noir!
18 ème session des Vendredis du vin, en pleine période de vendanges hexagonales, et notre dévoué Président a repris le flambeau. Est-ce devant le désarroi bourguignon, pour cause de météo difficile et de millésime compliqué en 2008, que le Petit Prince de la Belle Province a décidé de nous sonder sur notre vision du cépage emblématique de la Bourgogne? "S'il te plait, dessine-moi un Pinot Noir!" nous a-t-il dit en substance. Une chance, on aime plutôt bien ça, par ici et on en possède différents modèles à la cave. Même qu'on en produit aussi dans le Jura. Et en Alsace également. Et aussi en Orégon et en Afrique du Sud, mais c'est un peu plus loin de la maison. La Bourgogne n'a donc pas le monopole et la thématique ne s'en trouve que plus ouverte.
Arbois Pinot Noir 2005, Stéphane Tissot
Les raisins de Camille! Réputé pour ses vins rouges de grande garde, Camille Loye préservait jalousement son secret. Ses vignes de Trousseau des Corvées étaient largement complantées de Pinot Noir, qui apportait étoffe et structure au vin. Lorsqu'il reprit (pendant deux ans) l'entretien de ces vignes en location, Stéphane Tissot isola tous les raisins de Pinot Noir des Corvées sous Curon pour produire une cuvée spéciale, un véritable collector. Dans un grand millésime comme 2005, cela donne un vin plutôt charpenté, à la fine texture grenue. Très jeune, encore légèrement marqué par un beau boisé très fin, à la hauteur de la matière première, c'est un Pinot riche et vigoureux, dans un grand millésime, qu'il faudra attendre patiemment. Ça pinote, il y a du croquant et de la fraicheur, sur une trame légèrement végétale.
Alsace Pinot Noir Les Pierres Chaudes 2006, Domaine Julien Meyer
Ce Pinot Noir, dans un style plus gracile et élégant, pinotant en douceur, est une belle réussite signée Patrick Meyer, un vin diaphane, aux notes de fleurs fanées et de griotte. Des tanins en dentelle, d'une finesse remarquable, qui laissent parler la pierre, aussi chaude soit-elle. Le vin, lui, ne l'est pas, chaud, mais digeste, friand, buvable. Pour la petite histoire, cette bouteille sortit largement en tête d'une petite trilogie à l'aveugle, devant la Petite Cuvée Cailloutine 2006 de Paul Louis Eugène (assemblage Pinot Noir-Cinsault, censé tirer plus sur le versant Pinot), trop chaleureuse, beaucoup moins bien goûtée que précédemment, et un Chambolle-Musigny 1er cru Les Sentiers 2000 de Groffier, d'une finesse éléphantesque et pour tout dire surprenante de la part d'un vin de ce domaine, pas du tout à son avantage ce soir-là, même si je l'ai déjà beaucoup mieux goûté par ailleurs.
Vive le Jura, vive l'Alsace, vive le Pinot noir, vivent les Vendredis du vin! Et vive la Bourgogne aussi, un peu.
Olif
07:01 Publié dans Les Vendredis du vin | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : vendredis du vin, arbois, pinot noir, stéphane tissot, patrick meyer, alsace
25 septembre 2008
Chile con carne y con vino de Chile
Chile con carne y con vino de Chile
L'association viande-haricots rouges constitue un mélange détonnant et pétaradant propice à une augmentation fulgurante du trou dans la couche d'ozone. Mais c'est bon! Surtout bien relevé et épicé. On appelle ça un Chile con carne (ou Chili con carne). Il parait que c'est un plat 100% texan. Pour quelle raison ai-je donc eu l'envie subite d'ouvrir un vin du Chili avec la viande? Qui n'était nullement une carne, mais un tendre morceau hâché, amoureusement sélectionné par un affable boucher, néanmoins moustachu, il faut croire que la profession a peur de se couper en se rasant.
Un vin du Chili pour un chili, donc, mais pas n'importe quel vin: un vin biodynamique pour contrebalancer les effets gazogènes controlatéraux et néfastes du plat.
Coyam 2002, Vinedos Organicos Emiliana, Alvaro espinoza
Ce Coyam 2002 est un vin issu d'une grande expérience de viticulture biologique menée en Amérique du Sud, Vinedos Organicos Emiliana. Assemblage de Carmenère, Merlot, Cabernet Sauvignon, Syrah et Mourvèdre. Un grand melting-pot de tous les cépages du Sud pour une bouteille époustouflante, aux tanins d'un soyeux rare, d'un velouté rare aussi et surtout d'une grande fraicheur. Ça se boit comme du petit lait, mais ce n'est pas du petit lait. Juste un beau vin gourmand et fruité, opulent mais séducteur en diable, qui glisse tout seul dans le gosier, comme un pet sur une toile cirée. Pet que l'on étouffera courageusement dans l'œuf, car cela ne se fait pas à table. Même après une orgie de haricots rouges.
Olif
Retrouvez aussi les Dégustantanés sur le Blog de la Pipette.
18:54 Publié dans Les Dégustantanés | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : chili, coyam, voe
23 septembre 2008
Arbois côté terroir (4): Curon
23:19 Publié dans En léger différé du vignoble! | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : arbois, stéphane tissot, curon
22 septembre 2008
Arbois côté terroir (3): La Mailloche
22:34 Publié dans En léger différé du vignoble! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : arbois, stéphane tissot, la mailloche
21 septembre 2008
Le vin des Estanilles et l'assiette...

18:03 Publié dans Dives bouteilles ... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : faugères, estanilles, le vin et l'assiette, beau thorey
20 septembre 2008
La Jacquère, c'est Autrement bon...
18:53 Publié dans Les Dégustantanés | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : jacquère, savoie, jacques maillet, chautagne
18 septembre 2008
Arbois côté terroir (2): Les Bruyères
18:01 Publié dans En léger différé du vignoble! | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : arbois, stéphane tissot, les bruyères
16 septembre 2008
Arbois côté terroir (1): en Muzard
21:45 Publié dans En léger différé du vignoble! | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : arbois, stéphane tissot, en muzard
14 septembre 2008
Retour à Martigny-Bourg, chez Christophe Abbet
Martigny-Bourg, le retour! A la bourre! Après le rap des Rappes, il s'agissait de s'engouffrer dans la tanière de l'Abbet (Christophe de son prénom) pour un nouveau beau voyage au pays de l'Ambre, ce doux royaume mystérieux qu'il faut savoir apprivoiser. Un monde à part, dans l'univers des vins valaisans, à l'image du vigneron pourtant issu d'une formation classique à l'Ecole de Changins, là où tous les œnologues suisses vont apprendre à faire du vin. Pas toujours avec un sens artistique très développé, contrairement à ce que l'on peut observer ici. Des bouteilles dans lesquelles poussent parfois de drôles de choses, une fois vidées de leur contenu liquide.
23:30 Publié dans En léger différé du vignoble! | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : valais, abbet, martigny, ambre
11 septembre 2008
Le rap de Gérald Besse, le vigneron des Rappes
Patricia et Gérald Besse, artisans vignerons aux Rappes et amis des artistes
Il n'en fallait pas plus pour que je dégaine mon gun et rentre en piste
Avec mon calepin, mon stylo, mon sweat à capuche, mon baggy et mon Pentax
Tout l'arsenal du chroniqueur rappeur ayant choisi de rester dans l'axe
Du rap du dimanche
Du hip-hop romanche
"Ch'est un beau roman, ch'est une belle hichtoire
Ch'est une romanche d'aujourd'hui ..."
C'est le rap du vigneron des Rappes
Le rap de Patricia et Gérald Besse
Si tu n'y vois rien c'est que t'as la vue qui baisse
Fais gaffe que ton pied ne dérape
Hume ton verre et laisse-toi emporter
Par le nez du Fendant de Champortay
...
Comme je n'ai jamais fréquenté l'Ecole du Micro d'Argent
Je ferais peut-être mieux d'en rester là les gens
La dégustation ne me fait pas peur
Mais je n'ai pas l'étoffe d'un rappeur
Arrêtons-là la musique
Mettons le hola au hip-hop
Revenons à des commentaires plus classiques
Pour des vins qui goûtent au top
...
Hum hum... Après cet intermède musical digne de NTM, revenons aux choses sérieuses et saluons la recherche sur les terroirs pratiquée au domaine Besse ainsi que tout le travail à la vigne. D'ailleurs Gérald Besse s'y trouvait au moment même où nous arrivions, confiant notre découverte de sa cave à Patricia son épouse, elle-même très impliquée dans la gestion du domaine. Après une visite des installations, suivie de considérations sur la vigne, le vin, le raisin et sur l'art d'une manière générale, nous sommes allés nourrir les animaux avant de nous abreuver personnellement.
- Fendant Champortay 2007: du gras, sous-tendu par une pointe de carbonique. Belle alliance de la tension et de la richesse, pour un équilibre global plutôt élégant.
- Fendant de Martigny Les Bans 2007: fleur de vigne et pierre à fusil, fruité et minéral, droit et tendu, malgré une pointe de sucrosité finale.
- Johannisberg Martigny 2007: réservé et peu expressif, il garde une certaine vivacité malgré la malo faite. Un vin qui ne me parle malheureusement pas beaucoup, je réserve mon jugement.
- Petite Arvine 2007: sans malo, celle-ci. Des agrumes et de l'amertume qui apporte la fraicheur, malgré la richesse de constitution. 14,8° d'alcool parfaitement fondus, une belle petite arvine parfaitement sèche.
- Ermitage 2006: riche et puissant, un peu marqué par le bois, sur des arômes de pêche et de noix de coco. La finale a gardé un peu de résiduel, qui se dilue dans la puissance.
- Gamay Champortay 2007: nez épicé et fumé, fraicheur acidulée en bouche.
- Pinot Noir Les Serpentines 2006: boisé fin, discret, pinote joliment, bouche charnue et concentrée, élégant et fin. Un très beau Pinot Noir.
- Syrah Les Serpentines 2006: nez boisé, matière dense et serrée, de la fraicheur et de l'acidité, finale chaleureuse. Demande du temps. Le millésime 2005, dégusté en 1/2 bouteille à la maison, est également un peu marqué par le bois. Les tanins sont compacts et la matière plutôt riche. A attendre aussi.
...
C'est le rap du vigneron des Rappes
Le rap de Patricia et Gérald Besse
Si tu n'y vois rien c'est que t'as la vue qui baisse
...
Olif'n, membre du collectif de rap VTV (Vide Ton Verre)
22:23 Publié dans En léger différé du vignoble! | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : martigny, gérald besse, valais
10 septembre 2008
Bande-annonce: La Belle et l'Abbet
undique continetur. Quum hic in duas partes flumine divideretur.”




