07 décembre 2011
Saint-Glou in Brussels 2011
Fraichement canonisé à Bruxelles, Glou, Saint-Patron des buveurs, méritait bien qu'on lui souhaite sa fête. Officiellement absent du calendrier, Glou devrait désormais être fêté avec tous les autres Saints, début novembre. Sans aucun lien avec la fête des morts, évidemment. Ivres ou pas. Retour indispensable sur ce week-end bruxellois où les cadavres n'ont pas porté de costard, mais se sont ramassés à la pelle.
Le Manneken-Pis...,
Lorsqu'il a proposé à la cantonnade facebookienne et/ou bloguesque de venir tâter du vin "nature" à Bruxelles, désormais reconnue comme un haut lieu de bistrologie et de pinardologie naturiste, Patrick Böttcher, monomaniaquement Alsace à ses heures perdues, mais authentiquement bruxellois malgré son accent suisse allemand une fois, a essuyé quelques discrets "Non, peut-être". Il y a fort à parier que l'année prochaine, tous les individus concernés vont se fendre d'un "Oui, j'en ai bien peur".
...le glouglouteur aussi.
À peine arrivés, tout juste le temps de s'installer à l'Hôtel Pantone, conceptuel, design, mais extrêmement confortable, c'est possible, j'en ai bien peur. Départ quasi immédiat pour un petit rafraichissement derrière la nuque, Chez Max, Coiffeur pour hommes. L'ancien Bistrot de la Poste a fait peau neuve et renaît de ses cendres sous influence gainsbourienne. Madame Olif aurait bien bu une petite bière, elle s'est tapée une Courge Vernie 2010 et de fines tranches de jambon. Et puis un ou deux autres blancs, histoire d'être en forme pour le repas du soir. Le grand air belge donne soif, d'autant plus que les températures sont plutôt clémentes pour la saison. Mais la Cantillon, ce sera pour plus tard.
Chez Max, Coiffeur pour Hommes (anciennement «Le Bistrot de la Poste »)
Chaussée de Waterloo, 550A
1050 Ixelles (Bruxelles )
Tél. : 02 344 42 32
Web : http://www.chezmaxrestaurant.be/
Les Brigittines, aux Marches de la Chapelle, nous attendaient de pied ferme. C'est Dirk Miny, le chef volubile, qui nous a servi à la louche un fabuleux consommé de gibier avec de vraies girolles dedans, avant une exquise pièce de bœuf en croûte de sel et quelques frites, une fois.
L'Alsace, patrie vinique de Dirk, a été à la fête, avant même que des Alsaciens bon teint ne nous rejoignent le lendemain. Un superbe Klevener 2008 de Jean-Pierre Rietsch, avant un Pinot noir 2006 de Patrick Meyer, plus controversé, mais néanmoins aisément éclusé en double exemplaire avant la fin du plat principal. L'heure de la bière avait sonné, tel un serpent à sornettes venant distiller son venin. "Wijn na Bier, Plezier, Bier na Wijn, Venijn." préviennent les Belges méfiants. "Hein?" disent les Français en commandant un fût de Cantillon, tout en salivant déjà à la pensée de la journée du lendemain.
Les Brigittines « Aux Marches de la Chapelle »
Place de la Chapelle, 5
1000 Bruxelles
Tél : 02/512.68.91 - 02/512.69.57
Web : http://www.lesbrigittines.com/
La brasserie Cantillon, c'était le clou du programme. Surtout effectuée en compagnie de Jean Van Roy en personne. Dernière brasserie bruxelloise intra-muros, elle cultive la levure indigène et la bière artisanale comme peu savent le faire. Une lambic "nature", à l'instar du vin du même tonneau, qui sert parfois aussi au vieillissement de la bière.
Une visite fort instructive, agrémentée de considérations sur l'artisanat, l'industrie et le bio, côté bière, suivie d'une série de travaux pratiques gustatifs qui ne laissent planer aucun doute sur le style de gueuze qu'il vaut mieux boire. On comprend mieux pourquoi la visite de la brasserie Cantillon est un véritable pélerinage pour bon nombre de touristes en goguette à Bruxelles.
Brasserie Cantillon
Rue Gheude, 56
1070 Anderlecht (Bruxelles)
Tél : +32 2 521 49 28
Web : http://www.cantillon.be/
Après avoir couru la gueuze toute la matinée, il nous restait du pain sur la plancha. Transformé l'espace d'un instant en patio privatif, l'espace vins de Basin & Marot fut une table de premier choix. Antipasti, salade et viande grillée, un menu open qui a permis l'ouverture de quelques quilles, pour se sustenter avant le repas du soir.
Basin & Marot Wines
Rue du Page, 90 A
1050 Ixelles (Bruxelles)
Tél : +32 2 347 64 66
Web : http://basin-marot.be
Sans rentrer dans le détail, car ce fut éclectique, ce fut bon et nous ne manquâmes de rien. Sauf peut-être d'un peu de soufre, ce qui nous conduisit, en guise de promenade digestive, jusqu'au bistrot à Bout de Soufre, pour un apéritif de reconstitution avant le repas du soir.
Format bistrot de poche et bons vins nature, nous restâmes toujours autant à bout de soufre, pas l'once d'une céphalée à l'horizon.
A Bout de Soufre
11, Rue Tasson Snel
1060 Saint-Gilles (Bruxelles)
Tél : +32 2 537 27 00
Fax : +32 498 599 000
Web : www.aboutdesoufre.com
Il valait mieux, avant de franchir la porte du Coin des Artistes, où la cuisine de Jean-Yves en bouche un gros, de coin. Terrine de boudin au foie gras, avant sublime cassoulet maison comme on ne sait pas faire beaucoup ailleurs, y compris dans le Sud-Ouest. Et si certains ne sont pas d'accord, c'est bien volontiers que l'on ira vérifier. Le cassoulet de Jean-Yves n'a rien d'un péteux, d'ailleurs. Les quelques vents parvenus jusque là, sans offusquer les artistes, étaient en provenance du Jura.
Le Coin des Artistes
5 Rue du Couloir
1050 Ixelles (Bruxelles)
Tél : +32 2 647.34.52
Web : www.lecoindesartistes.be
Après ce cassoulet d'anthologie, accompagné de moult jéroboam et magnums, suivi d'un repos digestif nocturne bien mérité, commença la partie la plus physique du week-end. Se mouvoir, à pied, jusqu'au cœur de la vieille ville de Bruxelles, depuis Saint-Gilles. Pente favorable, ravitaillements en nombre suffisant. Une petite soupe à l'oignon à La Clef d'or, place du Jeu de balle, sur un air d'accordéon, puis une petite bière, faut pas déconner non plus quand même, avant une autre bière apéritive à la Fleur en papier doré, une des plus vieilles brasseries bruxelloises, restée dans son jus XIXème siècle, mais attention, ce n'est pas un musée, là-bas, on consomme.
Détour par la Grand Place et amical salut au Grand Homme qui fait pipi debout, coucou à sa petite sœur espiègle, Jeanneke, et ultime bière apéritive au Délirium Café, avant d'échouer place Sainte-Catherine, avec la Mer du Nord pour dernier terrain vague.
Écoutons donc craquer sous la dent les sublimes beignets de crevette et les bulots sauce pimentée, et laissons gambader les Gras Moutons de Marc Ollivier sur le trottoir qui nous a servi de salle de restaurant pour un déjeuner exceptionnel malgré le tout petit chemin de pluie pour unique bonsoir qui est venu nous rafraîchir en fin de repas.
Sans compter qu'à l'apéritif, nous avons eu le bonheur de tremper nos lèvres dans un verre de Zwanze 2011. La Zwanze, c'est un humour typiquement bruxellois, fait de gouaille et de dérision. C'est aussi une cuvée spéciale et limitée de Cantillon créée pour le fun par Jean Van Roy et destinée à être consommée dans le monde entier le même jour, celui du Zwanze Day, afin d'éviter une spéculation idiote sur une bière de pur plaisir, dont le principal défaut est d'être produite en quantités très limitées. La cuvée 2011 est aromatisée au "Pinot d'Aunis" d'Olivier Lemasson et dessoiffe avec gourmandise. Ce dimanche 30 octobre 2011 fut notre jour de Zwanze, grâce à la générosité de Jean Van Roy et celle de Patrick. Cantillon power, for ever!
Noordzee - Mer du Nord
Rue Ste Catherine 45
1000 Bruxelles
Tél: +32.2.513.11.92
Fax: +32.2.502.73.04
Web : www.vishandelnoordzee.be
Et après ça, vous reprendrez bien une petite bière? Non, peut-être. "Beer is the answer", Jean Moeder en est convaincu. On était venus pour boire de la bière belge, on a bu de la Cantillon, évidemment, mais aussi de la bière italienne. Et on a parlé de bière suisse, française, européenne, franc-comtoise même. Moeder Lambic, Fontainas ou Saint-Gilles, le meilleur bar à bières de Bruxelles? J'en ai bien peur, même si on ne les a pas tous testés.
Vive la bière artisanale et authentique, servie à la pression pour un très grand nombre, grâce à un concept très innovant (chambre froide placée sous le bar, pour raccourcir le plus possible la distance entre les fûts et le gosier).
Moeder Lambic Fontainas
8 place Fontainas
1000 Bruxelles
Tél: +32 2 503 60 68
Web : www.moederlambic.eu
Et les frites, dans tout ça? Direction Friture René, alors. Pour une bonne gamelle de moules, à la Cantillon, évidemment, double slash même. Un peu de difficulté à parquer la voiture devant cette ancienne et bonne adresse de friture de rue qui s'est transformée petit à petit en vrai restaurant. Les moules étaient parfaitement bien parquées devant la sauce marole, par contre. Un véritable choc culinaire que la saveur de cette moule crue et charnue trempée dans une sauce vinaigre-moutarde à réveiller les papilles les plus endormies. Avec ces moules parquées, suivies de moules à la Cantillon, frites premier choix, le tout arrosé de quelques belles quilles (du Beaujolais, notamment) et, pour finir, d'une Cantillon, la Saint-Glou s'est terminée en apothéose. Point de thé pour cloturer, mais cela eût été possible, car Nico, le "fils de la maison" s'est pris de passion pour ce breuvage et a élaboré une carte qui devrait laisser rêveur l'amateur, tant la sélection est pointue.
Friture René
Place de la Résistance, 14
1070 Anderlecht (Bruxelles)
Tél : +32 2 523 28 76
Web : http://www.eating.be/fr/resto/show/friture-rene
Un immense merci à Patrick "monomaniaquement Alsace" Böttcher, Jean-François Basin-Marot et toute l'équipe des Vendredis du vin Brusseleirs pour leur accueil chaleureux et cette exceptionnelle visite guidée bruxelloise à la gloire de Saint-Glou, patron des buveurs. Glou ne connaissant pas de frontière, il y a fort à parier que sa prochaine canonisation se déroule dans le Jura, du 1er au 4 novembre 2012. Nul doute qu'on en reparle un jour ou l'autre. En serez-vous?
- Oui, j'en ai bien peur.
- Non, peut-être.
- Ne sait pas encore.
Olif
P.S.: mieux vaut tard que jamais, et je ne doute pas que la simple lecture de ce billet va tirer des larmes aux participants de cette première Saint-Glou.
23:01 Publié dans Bons plans, bonnes adresses, Chronique estivo-hivernale..., Dives bouteilles ..., Les séances de dégustation, côté Jardins! | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
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11 juillet 2011
Larzac attitude ...
Le plateau du Larzac, ses grands espaces sauvages, ses Templiers très hospitaliers, ses Hospitaliers qui n'ont pas tant plié, ses canyons, ses brebis (pas toutes égarées), son gaz de schiste (non merci!), son fromage de Roquefort à manger seul ou en Société, ses bouddhistes et leur plus grand temple d'Europe... Zen. Foin de polémique à deux balles à Bloglouglou Corral, causse toujours, retour au réel et à la vraie vie, celle faite de rencontres authentiques, avec des vrais gens, des vrais paysages et des vrais vins. Oui, quand même aussi, parfois. Ce n'est pas parce que l'on est en vacances qu'il faut se laisser aller et ne pas boire bon!
Le Caylar et la manière
Blotti entre le Roc Castel, vestige de son passé, et l'aire de service de l'A 75, symbole de son présent et de son futur, le petit village du Caylar vit à son rythme. L'orme séculaire de la place a été sculpté, d'abord par le temps, puis par un artiste local en 1987, lorsque la sève l'a quitté.
Cette rue du Quai (lard ou cochon?) ne conduit pas au Barry du Grand Chemin, la maison d'hôtes où il fait bon dormir et manger. La cuisine de Guy Vandenbroucke, chef belge autodidacte, est particulièrement goûteuse et les viennoiseries du petit déjeuner sont tout simplement les meilleures du monde, causse inclus. Les éclats de rire de Martine et les aboiements de Victor, bouvier bernois de son état, égaient et ponctuent les allées et venues dans cette belle et bonne maison caussenarde qui cultive le Caylar de vivre. Une étape incontournable, avant de basculer dans la plaine languedocienne par le Pas de l'Escalette. Mais on peut aussi s'y arrêter et prendre son temps...
Au fil des Causses
Randonner sur le Grand Causse nécessite de bonnes chaussettes, faute de quoi le bonheur lumineux d'une longue et bonne marche à pieds sera atténué par les ampoules. Paradoxe électrique autant que pédestre. Heureusement, il y a Compeed®. Du Caylar à la Couvertoirade, via le Cros, puis retour au Caylar, 17 km en plein cagnard au milieu des ruffes et des dolomies, ça use, ça use les doigts de pieds.
Un tour de Vis et, quel cirque! Je ne suis pas Navacelles que vous croyez! Tout le long du parcours de la superbe randonnée longeant les gorges de la Vis, au départ du cirque de Navacelles jusqu'à la résurgence de la Foux, en rive droite, le sol est parsemé de blancs petits mouchoirs, masquant pudiquement les excréments des femelles de Petit Poucet ayant perdu l'instinct de faire leurs besoins naturellement dans la nature sans les signaler à la terre entière. Les spectaculaires moulins de la Foux, abandonnés au début du XXème siècle après une crue particulièrement dévastatrice de la Vis, furent magnifiquement restaurés en 1997. Le retour à Navacelles par la rive gauche s'effectue partiellement en balcon au dessus du cirque, sans difficulté aucune, mais n'en est pas moins impressionnant. 10 km pour un parcours époustouflant à couper le souffle et une randonnée 4 étoiles à ne pas manquer pour qui passerait dans le coin!
Sur le Causse noir, c'est le chaos. Ça ne sent pas la naphtaline, même si les dolomites habillent le paysage. L'érosion a sculpté le paysage en donnant des formes spectaculaires aux rochers ruiniformes de Montpellier-le-Vieux, baptisée "Lou Clapas Viel" en occitan par les bergers du bas Languedoc, en transhumance sur le plateau, et qui y voyaient une ressemblance avec la seule ville qu'ils connaissaient, Montpellier.
En suivant la Dourbie, là où Durzon et Barbaresque se rencontrent, point de digue, non. Pas de cul, même si le confluent est à Nant, qui se prononce comme du côté de Montaigu. Une jolie cité monastique, avec son église, ses halles, sa place, ses restaurants. La bistronomie de terroir, concept pourtant très parisien, y a trouvé sa place, à la Brasserie du Claux. Une côte de veau, oui, mais du veau de l'Aveyron, élevé sous la mère. Les grosses frites "maison" croustillent sous la dent, mais sont moelleuses à cœur, très certainement élevées sous la terre. La planchette de charcuterie terroite à mort, élevée au dessus de la mer, sans aucun doute. La cuvée Les Templiers 2007 de la Commanderie de Preissan s'est retrouvée ici en milieu hospitalier pour épauler le veau. Une bien bonne adresse, il faut le dire.
Retour aux fondamentaux, dans la vallée de la Sorgues, à Fondamente, anciennement connue sous le nom de Montpaon. Chez Baldy, le temps semble s'être arrêté. Dans un cadre immuable de peintures murales de paysages locaux, soigneusement restaurées en cas de dégât des eaux, les tripous et les ris d'agneau sont rois. Service à l'ancienne, sur des grands plats maintenus au chaud, cuisine authentique et goûteuse, mise en conserve l'hiver, pour emporter chez soi un peu de cet Aveyron gastronomique historique. Courte carte des vins, mais il y avait au moins un vin de Marcillac pour faire l'affaire avec les ris.
Escapade en Escarpolette
À Montpeyroux, ce Hérault au vignoble si doux, ça balance pas mal pour Ivo Ferreira. Son Escarpolette a le vent en poupe, plus besoin de la pousser beaucoup. Au départ, rien, pourtant, ne le prédestinait à s'installer ici. C'est une succession de rencontres qui l'ont conduit du service en salle à la sommellerie, des restaurants étoilés aux bars à vins, puis à la vigne, de Paris au Jura puis à Bordeaux, de la Tour Blanche au château Le Puy, avant qu'il ne pose ses valises en Languedoc, à une encâblure d'une gare TGV, ce qui est bien pratique pour rester connecté à la Capitale. Premier millésime en 2009 mais il n'y en a déjà plus une seule bouteille à vendre. Les réseaux et les connaissances ont fonctionné à plein régime. Il y en aura un peu plus en 2010, mais, là aussi, il faudra se dépêcher. Les étiquettes sont particulièrement originales, réalisées par une amie artiste, restauratrice au musée Picasso. Quand les ceps de vignes s'inspirent d'idéogrammes japonais. À moins que ce ne soit le contraire.
En 2010, cette petite crapule d'Ivo a embouteillé deux versions distinctes de sa Petite Crapule. Carignan et mourvèdre, vinifiés en courte macération carbonique, étaient destinés à être assemblés. Ils ne l'ont pas été. Seuls les excellents dégustateurs parviendront à faire la différence. Excepté pour sa cuvée l'Escarpolette, Ivo pratique l'élevage parcellaire mono-cépage. Comme ses différentes parcelles sont éparpillées entre Lagamas, Arboras, Saint-Jean de Fos, Saint-Félix et, un peu, Montpeyroux, les cuvées d'Ivo sont vinifiées séparément. On applaudit le cinsault des deux mains et le merlot enchante. Jeux de mains et L'Enchanteur sont leur nom, pas étonnant, finalement. En 2010 comme en 2009. La bouteille sans étiquette, avant-dernière à droite sur la photo du haut, est un pirate. Une goutte de Dieu qui n'était pas encore tombée, un Château Le Puy 2003, souvenir rapporté de Gironde par Ivo, bien avant que les Japonais aient pu se l'approprier. À siroter goutte à goutte, comme une véritable offrande.
Sa vie sous le pic...
C'est l'histoire d'une reconversion et d'un nouveau départ dans la vie. C'est l'histoire de la naissance d'un (petit) domaine, blotti au pied du Pic du Vissou. C'est l'histoire de Véronique et Jean Attard, c'est aussi celle du Mas Coris. Il ne faudrait pas croire qu'à Cabrières on se la coule douce, il y a du travail pour remettre en état ce vignoble, le replanter en partie et le convertir à l'agriculture biologique. Premier millésime en 2010, déjà épuisé au domaine. Un rosé, La Coulée douce, et un rouge, Première vague. Déjà goûtés par ici. C'est bon. Le caractère légèrement épicé du rosé va à merveille avec la cuisine méditerranéenne et la ratatouille froide servie au bord d'un fossé à l'ombre d'un grand arbre, en bordure des vignes, là, juste sous le pic.
Dans la toute nouvelle cave de Cabrières, la syrah poursuit son élevage. Deux barriques, goûtées l'une derrière l'autre: léger boisé, mais très fin et élégant, dans la première, caractère plus massif du deuxième fût, qui donne une structure plus imposante au vin. Sûr que quelqu'un que je connais la trouverait à son goût et suffisamment charpentée, cette syrah-là!
Une bien belle histoire, que celle du Mas Coris, dont on attend avec impatience la suite.
Come back Chai Christine Cannac
Cet été, n'abandonnez pas votre caviste! Ce sera la thématique des prochains Vendredis du vin, on aura l'occasion d'en reparler, c'est juste un échauffement. On ne soulignera jamais assez la détresse de ces pauvres petits êtres sans défense, que l'on retrouve attachés au pied d'un arbre, sur une aire d'autoroute, ou, pire encore, abandonnés dans un Courtepaille© avec pour unique pitance un gobelet en plastique et un Tétrapak© de Préfontaines©. Paradoxalement, il arrive que ce soit les cavistes qui abandonnent leurs clients, quand ils ne savent pas résister à l'appel du vignoble et préfèrent aller lichtronner eux-mêmes sur la Côte (laquelle?) plutôt que de croupir dans leur petite boutique avec vue sur une arrière-cour des miracles, dans laquelle pas un client ne rattrappe l'autre, ni le moustachu en short, ni le cadre à lunettes, ni le père de famille à poussette double.
Grande consolation néanmoins, il arrive que l'on trouve des cavistes sur le lieu même de ses vacances. Parfois, ils sont même mieux que ceux de la maison, mais ça, il faut éviter de le crier trop fort.
Chai Christine Cannac, à Bédarieux, y aller une première fois donne irrésistiblement envie d'y revenir. Ça sent bon le vin nature à l'intérieur de la boutique climatisée et même parfois aussi dehors, par terre, mais ce n'est pas toujours fait exprès. L'ambiance estivale donne soif et faim aussi un peu. Les bulles peuvent venir d'Auvergne et n'en faire qu'à leur tête (Tête de Bulles de François Dhumes, un pet'nat de chardonnay légèrement et agréablement sucré, vif et frais). Ceux qui boivent plus vite peuvent également faire Trinquette pour patienter (Trinquette 2010 de La Petite Baigneuse, Roussillon, du grenache de soif, particulièrement fruité et gouleyant), avant de liquider les petits minous ardéchois sans aucun scrupule (Chatons de Garde 2009, d'Andréa Calek, qu'il sera dur de garder très longtemps, parce que de la syrah comme ça, ça se boit jusqu'à plus soif!).
On causse, on causse, mais tout a une fin, y compris les vacances. Vivement les prochaines! N'est-ce pas, Victor?
Olif
21:35 Publié dans Bons plans, bonnes adresses, Chronique estivo-hivernale..., En léger différé du vignoble! | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
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28 avril 2011
Languedoc minute...
La terrasse du Mimosa, horloge en main
13h15, place de l'horloge de Montpeyroux. Il s'agissait d'être à l'heure, histoire de casser une petite graine avant le programme gustatif de l'après-midi. Tartare de saumon délicatement citronné et parfumé, suivi d'impeccables côtes d'agneau aux petits légumes nouveaux. La terrasse du Mimosa, l'étape incontournable de l'arrière-pays héraultais. La récolte languedocienne peut désormais commencer.
Mas Jullien, sans états d'âme!
Pas d'États d'âme pour Olivier Jullien en 2009. Cette cuvée majoritairement grenache, devenue célèbre par son habillage et les poèmes qui l'agrémentaient, reflet de la liberté d'expression d'Olivier Jullien, a en effet vécu. Le feeling est venu d'une cuvée de carignan blanc majoritaire, qui aurait détonné dans l'assemblage de la cuvée blanc du Mas, et qui s'exprime très bien en solo. Silence requis à la dégustation de cette gorgée de fruits blancs remplie de fraîcheur, les nouveaux États d'âme. Chut!
L'autre grande nouveauté du Mas, c'est le développement d'une activité de négoce afin de faire revivre le vignoble oublié de Saint-Privat. Sur ce magnifique terroir d'altitude, déjà à l'origine de la remarquable cuvée Carlan, ainsi que de la toute dernière parcelle des Rougeos, intégrée dans la grande cuvée du Mas Jullien dès la première récolte, les vignes de Saint-Privat tombaient dans l'oubli. Une pitié que d'être contraint à les arracher! Sous l'impulsion de Jean-Baptiste Granier, collaborateur d'Olivier Jullien et pleinement associé avec lui sur ce coup-là, Les Vignes oubliées ne le sont plus. Régulièrement entretenues et labourées par leurs propriétaires jusque-là, il n'a pas été difficile d'obtenir d'eux la conversion en bio, garante externe de la qualité de leur travail. Malgré la richesse de constitution de cette première cuvée officiellement en vente, on y retrouve la fraîcheur de tanins de ce terroir d'exception dont il ne serait pas sain de se priver, dans le millésime 2009. Un nom de cuvée déjà utilisé par le passé au Mas Jullien et qui retrouve là toute sa signification. Ces vignes oubliées ne devraient plus l'être dorénavant... À lire, l'excellent article consacré à Jean-Baptiste et à cette cuvée sur Midi-vin.com.
Le Mas Jullien Rosé 2010 vit pleinement la saison des fraises, Carlan 2009 fait dans le Carlan, spontané et immédiat, le Mas blanc 2010 est toujours aussi fin, quelque soit le millésime, le Mas rouge 2008 impressionne par sa structure et sa longueur, même si son fruité se fait déjà séducteur (peut-être l'apport des raisin des Rougeos, terroir de Saint-Privat?).
Le Clos Romain, amphores et oliviers
À l'ombre du pic de Vissou, le Clos Romain. Juste en face, à gauche de la route. Le Clos Romain, c'est un lieu, des gîtes, de la vigne, des oliviers, des amphores, un travail de romains, un travail de Céline et Romain, une grosse démarche qualitative pour continuer de faire vivre ce petit paradis perdu sur la commune de Cabrières. Les barriques de Patience boisent un peu trop le vin au goût de Céline, qui préfère le tactile soyeux de l'amphore. Leur dernière heure a peut-être sonné au domaine, pour laisser le champ libre au potier. Impatiente, Céline? Il faut pourtant bien reconnaître que Phidias joue sur du velours...
Mas Coutelou, la mémoire du grenache
Pour arriver à la cave mystérieuse qui renferme les vieilles barriques du trésor de Jeff Coutelou, il faut d'abord prendre le chemin des vignes de Puimisson, pour un tour quasi exhaustif de la propriété et avoir un aperçu des différentes pratiques du secteur. Des arbres isolés au milieu du no wine's land puimissonais signent la présence de parcelles cultivées dans le respect du vivant. Chenilles, fleurs de bourrache, oliviers, amandiers, haies, oiseaux, coccinelles,... colonisent à nouveau les vignes, recréant un écosystème garant d'un équilbre naturel apte à permettre de produire le meilleur raisin. Non loin de là, on conditionne la vigne à prendre la forme d'une haie d'arbustes, afin de procéder à une taille mécanique. De quoi donner des frissons dans le dos...
La Vigne haute 2010, toujours en élevage, est une pure syrah d'anthologie, à l'équilibre septentrional, d'une fraîcheur remarquable. Dilemme: l'embouteiller sur son fruit actuel ou prolonger l'élevage? Rien de tel qu'un vieux grenache, et même plusieurs, pour enclencher la méditation qui se poursuivra fort tard en soirée. Pour la Vigne haute, son sort n'est pas pour autant réglé...
Chai Christine Cannac, the place to Be...darieux!
Une soirée tranquille à Bédarieux, ça vaut tout l'Orb du monde. Au menu, tapas, fricandeaux et vins "natures", Chai Christine Cannac, sommelière et caviste avisée de la haute vallée de l'Orb. Quand toute une clique de vignerons débarque, forcément, la soirée se prolonge et devient un peu moins soft. Au menu, Courtois, Overnoy, Lapierre, Métras, Yoyo... Pas de quoi avoir beaucoup mal à la tête le lendemain! Que le touriste de passage se rassure, Chai Christine Cannac, on peut aussi gouter aux joies des vins du Languedoc. Et même plus si affinités. The place to be, à Bédarieux!
Lisson à l'horizontale
Le plaisir d'entendre à nouveau la petite musique de Lisson tinter dans le vent qui se lève ... Avant de s'abriter dans la fraicheur de la cave pour une dégustation horizontale des trois cuvées du millésime 2001: le Clos des Cèdres, les Échelles et le Clos du Curé. Le mourvèdre du Clos des Cèdres s'est dompté et civilisé, faisant grimper très haut sur l'échelle du plaisir, tandis que l'assemblage bordelais des Échelles développe de jolies notes de cèdre et de bois noble, à la manière des grands crus classés, le croquant en plus. Le Clos du Curé, débouché au débotté, pour clore la trilogie, est en retrait à l'ouverture, massif et fermé, mais devient majestueux au fil des minutes et de l'aération, finissant par pinoter joliment sur des notes de griotte.
À peine une minute à moi, lors de cette virée languedocienne! Et encore! Le dernier rendez-vous vigneron, en peu de temps sur la balance, s'est annulé au dernier moment. Ce n'est que partie remise, mais il était temps de rentrer, en cette veille de Pâques. L'orage grondait déjà, dans le Sud de la France et la récolte de petits œufs de grêle fut malheureusement au rendez-vous pour certains...
Olif
P.S.: ce week-end du premier mai, retour en septentrion, pour une dégustation sans cracher, à Avallon. Chai l'un, chai l'autre, ce sera chez Nicolas Vauthier et ce serait ballot de s'en priver!
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04 septembre 2010
Le Reculet à reculons
Le Reculet, deuxième plus haut sommet du massif du Jura, porte sa croix. Un temps, on a pensé qu'il pouvait être le premier, devançant le Crêt de la neige de quelques millimètres, mais il a fini par reculer devant la photo finish, qui a finalement confirmé la victoire du sommet karstique devant le téton marneux au piercing métallique. Mais que diable EDF est-il donc allé implanter un poteau à cette altitude alors qu'il n'y a même pas de prise de courant*? Chacun sa croix et celle du Reculet est bien forgée et implantée depuis plus d'un siècle.
Cette escapade estivale, aussi peu vinique qu'elle ne fut montagnarde, nécessita une longue préparation, afin qu'elle se déroulât dans les conditions idéales. Date flottante dans la semaine, déterminée en fonction de la météo. Merci EmotionJura! Des prévisions à 9 jours, désormais payantes mais un tarif dérisoire au vu de la précision des infos fournies. Windchill** et altitude du 0°C comprises. Le mercredi 1er septembre fut vite retenu comme jour au meilleur karma. Une élégante façon de faire la rentrée à reculons! Manque de bol, le jour que la météo encourageait fortement, le ventre le rejetait. Il fallut pourtant se résigner et tirer finalement un trait sur la partie gastronomico-vinique de l'expédition. Le Bistrot de montagne L'Anversis, adresse sise à Lamoura et remarquée de longue date, était fermé le mardi soir à cette période de l'année, fin de la haute saison touristique oblige. Nouveau passage manqué, après un premier échec l'année dernière, mais ce n'est que partie remise, la plus belle carte des vins d'altitude de tout le Jura mérite fortement une visite, quelle que soit la saison. Cette course en montagne se sera donc faite à la journée, départ aux aurores et des brouettes depuis Pontarlier, Haut-Doubs, direction le Haut-Jura.
Le véritable départ à pied fut donné à 10h30 à La Rivière, altitude 700 mètres, direction le passage du Gralet. Rude! Ligne de crête, jusqu'au bout de l'effondrement des Roches franches, puis arrivée au Reculet, altitude 1718 mètres, sans compter les 10 mètres que mesure la croix, mais que l'on n'ascensionnera pas. 16 km, plus de 1000 mètres de dénivelé positif, autant de négatif, 6 heures de marche, 300 cc de bonne sueur de marcheur, 2 boites de Compeed®, 2 bouteilles d'eau pétillante, 2 sandwiches au jambon, avalés presto sur un banc en terrasse, au refuge du Gralet, 2 parts de cake aux fruits confits pour la régénération énergétique. Par ce temps superbement dégagé, la vue sur les Alpes et l'arc lémanique était somptueuse. Pour qui avait de bons yeux, on pouvait même distinguer (tout en bas à gauche) les petites fourmis genevoises qui s'affairaient derrière leur bureau au 26ème étage de la tour de verre abritant la feuille de chou locale. Un grand bol d'air et une pensée compatissante pour eux. Le Mont Blanc était parfaitement net et l'on se demandait bien pourquoi des vacanciers l'avaient fui à cet instant précis pour gagner l'Italie si proche. E pericoloso...
Sur la crête, plus on avançait, plus on Reculet. Comment voulais-tu, comment voulais-tu? Les vaches broutaient paisibles, ce n'est qu'à posteriori, en lisant le journal, qu'elles nous ont fait une belle frayeur. La descente vers La Rivière et la voiture, via les chalets de Lachat, s'effectua presque à reculons, tant les quadriceps commençaient à fatiguer.
Le soir, de retour à domicile, vive l'inconscient, ce fut menu subliminal: steak bien saignant accompagné d'un Gamay genevois. Un vin authentique, d'où son nom. Et ce n'est pas moi qui l'ai baptisé ainsi. L'authentique 2007, du domaine des Curiades, essai transformé de vinification sans soufre, pour le plaisir de la glotte et des papilles. Du fruit et de la fraicheur, une belle rondeur, un vin régénérant, qui ne triche pas, gouleyant et immédiat. Pour boire malin et authentique, justement, et pas à reculons!
Olif
* N'importe quoi, comme dirait Mme Olif. Tout ça, c'est rien que des bêtises, la vérité est ailleurs!
**Température ressentie au vent, ce qui n'est pas rien quand la bise fut venue.
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13 juillet 2010
État de Grasse…
Entorse aux escapades océaniques estivales habituelles, la famille Olif a décidé de se faire dorer la pilule sur la Côte d’Azur. Un peu en retrait de la mer quand même, histoire de garder de la hauteur.
Escale papale
Comme un genre de miracle routier ! Une fois réalisé que Châteauneuf-du-Pape se situe exactement au milieu d’un axe en zig-zag qui relie le Haut-Doubs à la Côte d’Azur, le choix de s’y arrêter fut vite fait. Pas dans l’intention d’y buller, non, juste pour se restaurer en cours de route et tenter de conjurer le Sorgues chez Josette et Gérard Alonso, admirables et renommés aubergistes, amoureux du bon boire et du bien manger, à base de produits frais et de vins naturels. Repas pris dans la cour du restaurant, à l’ombre d’un platane, un pur moment de félicité gastronomique, arrosé de vins pas tous bien élevés mais sachant néanmoins se tenir à table. Festif Fête en bulles de L'Angevin, vivant Vie on y est 2009 de Gramenon sur un excellent filet de rouget, éblouissante Vieille Julienne 2004 sur un sublime pigeon à la cuisse rose. Sans parler du reste et de tout ce qui s'en suivit ou précéda.
Grasse : parfum de vacances
Une fois parvenus à Grasse, on est vite mis au parfum. Gallimard, Fragonard, Molinard et tout le bazard ! Il y a l’embarras du choix pour faire fuir les mauvaises odeurs, y compris celle des belles-mères de Grasse, près de Nice, comme le chantait Boby Lapointe dans son saucissonnage équin n°2. Amusants travaux pratiques au Musée International de la Parfumerie, où le visiteur joueur peut s’amuser à reconnaître à l’aveugle un certain nombre de composés aromatiques, pas toujours recommandables, mais utilisés néanmoins par les maîtres parfumeurs. Sulfureux!
Grasse : tant qu’il y a du vin, il y a des Spar
Monter, descendre. Le Pays Grassois n’est pas économe, question dénivelé. Monter des marches, descendre des traverses. Monter en température, descendre des litres et des litres. D’eau et autres boissons, avec ou sans bulles. Pas n’importe quoi pour autant. Du bon, du frais, du vrai, du pas trop sulfité, du vin parfumé, aux bonnes effluves naturelles.
L’Espace Vins du Spar de Grasse jouit d’une flatteuse réputation auprès des gens de glou, amateurs de bons vins authentiques. Une info de dernière minute obtenue grâce à l’escale avisée en pays avignonnais, coquin de Sorgues. Cette épicerie grassoise est justement tenue par un homme de glou. Et fort en gueule, aussi. Mais dans quel quartier de la ville se trouve-t-elle ? Ô rage, où est ce Spar ? Grâce à Google, l’antre de l’une des deux têtes pensantes de Glougueule, le blog bien nommé, fut vite localisé, quartier de la gare. Le dimanche soir, c’est encore ouvert et c’est la cohue. Le pillage en règle de l’Espace vins ne fut pourtant guère difficile. Philippe Quesnot, en homme avisé, n’est pas derrière la caisse enregistreuse. Je l’imagine plutôt en train de faire les gros yeux derrière un verre de bon glouglou, ce qui me semblerait plus judicieux en ce début juillet si chaleureux. Lors du second passage pour remplissage du frigo, nous fûmes pris la main dans le caddy. Depuis deux jours une bouteille de Cerdon manquait à l’appel et, en fin limier, l’épicier savant avait fait parler les empreintes digitales ! Condamnés à visiter l’espace « ticheurte » au 3ème sous-sol, nous sommes ressortis lingés pour l’été. Néanmoins à prix d’ami, il faut le souligner.
Du Cerdon dans le Gourdon
Gourdon, sur les hauteurs de Grasse, en surplomb des gorges du Loup, à une heure matinale, idéale pour une petite randonnée en altitude, sur le plateau de Cavillore. L’arrière-pays niçois, faut pas nous raconter de salade, c’est quand même bien joli ! Pas de Cerdon dans la gourde pour autant, il ne fallait pas traîner en chemin, afin de ne pas être assommé par le soleil estival. Entre une flore particulièrement développée, grâce à un mois de juin bien arrosé, de jolis panoramas sur les gorges, quelques vieilles pierres et une poignée de cerises dans la gorge, maraudées par inadvertance, mais avec volupté, la matinée fut bien remplie. Un moment réjouissant, valant tout le Cavillore du monde.
Estivale de Cannes
Journée cannoise et shopping rue d’Antibes, obligé. Puis photo en haut des marches, 12 ans après un premier passage familial. Comme le temps passe ! Georges y a été cloné, l’occasion aussi de prendre la pose en sa compagnie.
A l’heure de midi bien sonnée, à deux pas de la Croisette, au hasard, le long d'un trottoir, une Trattoria engageante. La Libera, du même nom qu’une belle adresse fréquentée à Alba l’année précédente. Pourquoi pas ? Bonne pioche ! Belle adresse itou, goûteuse et sincère, avec un serveur épatant, au véridique accent italien, étonné par notre gentillesse jurassique naturelle, inversement proportionnelle à celle de la population autochtone. Et des plats justes, simples et bons, accompagnés d’un Arneis de belle facture, aussi bon que là-bas, dis !
Pour le reste, dur de trouver un petit carré sympathique où étendre sa serviette, de Cannes à Antibes. La Côte d’Azur, il ne faut surtout pas vouloir s’y baigner. Tout y est bétonné, civilisé, aseptisé. Pas très nature, tout ça! Allez ! On y a quand même bien trempé un pied, face au Château Grimaldi d’Antibes. Il faudra bien pouvoir justifier nos vacances à la mer.
Plus près de toi, Mon Dieu !
Pour cette deuxième randonnée du séjour, direction Bar sur Loup. Un joli pléonasme, en fait. En Méditerranée, le bar s’appelle loup. Mais du côté de l’Atlantique, le Loup s’appelle quand même le Loup. Pas celui qui a fait sa réapparition dans le Mercantour, non. Un Loup qui coule dans des gorges, de la Colle jusqu’à Tourette. De quoi faire un joli tour si on n’a pas de la colle sous les chaussures. A Bar sur Loup, il n’y a pas de poissonnerie. Mais, à Bar sur Loup, on peut prendre le Chemin du Paradis, une vieille voie empierrée qui monte au ciel jusqu’à Gourdon. De quoi filer le bourdon quand on regarde l’altimètre. Mais les 520 mètres de dénivelé positif, puis négatif, s’avalent sans même se flageller. Pas un seul coup de gourdin avant Gourdon. Son paradis, on le gagne en arrivant tout là-haut, pour profiter de la vue sur les gorges du Loup, installé à la terrasse d’un bar. La boucle est bouclée.
You are so … Nice !
Impossible de passer par les Alpes-Maritimes sans se rendre à Nice. D’autant que l’heure des soldes a déjà sonné. Pendant que des Rosbeefs bien saignants se promènent en bord de mer, les Froggies coassent rue Massena à la recherche d’une bonne affaire. Le boire et le manger, pas question de le brader pour autant, ni de laisser sa part aux anges qui font trempette dans la baie.
La Part des Anges est une boutique de la rue Gubernatis qui ne laisse pourtant rien s’évaporer. Tout y est bu, sans laisser perdre la moindre goutte. Le jeudi soir, malheureusement, la table est close. On vous y oriente alors volontiers vers le ViniVore, les collègues de l’avenue de la République. Les dévoreurs de vin sont ici aussi à la fête. Large choix de vins à prix cave, carte à manger aussi courte qu'appétissante, renouvelée tous les jours, accueil exceptionnel. Une adresse de choix, so Bubbly, so Nice.
Dans la nuit tombante, les Anglais n’étaient plus censés se promener. Ils devaient sortir leurs guitares et jouer en plein air et à guichet fermé, dans un Théâtre de Verdure, à deux pas de la Baie des Anges. Ils se sont fait porter pâles et n’ont même pas pris l’avion depuis Paris. Sacré Peter ! Mais qu'importe, l'air était doux (herty?).
Glouglou, la dream -Alpes mari- team
Il faisait beau, il faisait chaud. Les bouteilles se sont succédées à un rythme effréné. Du vin pour dessoiffer, du vin pour déguster, du vin pour se régaler. Éclectisme volontaire, où l'on pourra juste (éventuellement) regretter l'absence de Bellet, le régional de l'étape, néanmoins rapporté en souvenir. À goûter dès que possible, par curiosité. Pour le reste, entre le Côtes du Jura ouillé 2008 de Laurent Macle, joliment fruité, à boire vite par plaisir, et le simple et plaisant Coteaux d'Aix rosé 2009 L'Alvernègue du Château Bas, la tendance fut au vin de glou, avec pour principal fournisseur, outre les vins ayant fait le voyage, le Spar de Grasse, parce qu'une pareille adresse se suffit à elle-même. Gros coup de cœur et large soif pour le Vin de Pays de Vaucluse 2009 d'Élodie Balme, assemblage de merlot, carignan et grenache, qui se boit aussi vite que bien, malgré sa robuste constitution. Pour le reste, parmi les belles satisfactions et les grands bonheurs de ces vacances, un sans-faute grâce au gourmand et fruité Calice 2009 de Jean-Philippe Padié, au réjouissant et friand Vin de Jardin 2009 de La Grange aux Belles, au Bourgogne aligoté 2009 de Céline et Laurent Tripoz, d'une grande et belle acidité, au trop bon Cousin Oscar et son Petit Cochon Bronzé, de Jean-Marie-Rimbert, à la jolie Coume Marie 2006 de la Préceptorie de Centernach. Comme une incongruité parmi ce panel de vins de soif à petit prix, un imposant Meursault-Charmes 2000 des Comtes Lafon vint nous démontrer à quel point la simplicité n'a pas de prix, enfin pas celui-là. Luxuosité de l'élevage, richesse des arômes, légèrement contrefaits par le bois, malgré une grande précision et une classe folle. Un poids, deux mesures, ou l'inverse.
État de grâce, clap de fin. Un séjour royal parfaitement symbolisé par un verre de Cerdon au bord de la piscine. Topless!
Olif
07:46 Publié dans Bons plans, bonnes adresses, Chronique estivo-hivernale..., Dives bouteilles ... | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
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23 avril 2010
There's no place like Olne!
Olne, bouteille. Répondant à une sollicitation de Julien Némerlin, Gentil Organisateur et "Wizard of Olne", Mr Olif et Mme "N'importe quoi" Olif ont mis le cap au Nord, plus près du nuage du volcan, mais à une altitude suffisamment basse pour que les voitures ne soient pas empêchées de voler sur l'asphalte des autoroutes belgo-luxembourgeoises. "Olne, sweet Olne", la douceur d'un salon du vin propre dans la Province de Liège. Ultra-raisonné, bio, biodynamique et/ou nature, c'est la crème d'un art vinique qui est convié au 3ème Salon des vignerons d'Olne. Des vignerons fidèles, mais aussi des petits nouveaux, quand il ne s'agit pas de vignerons en exclusivité. Faisant fi des indisponibilités de dernière minute, toutes avec billets d'excuse recevables, même les plus fumeuses venues d'Islande, le salon tint ses promesses.
Question hospitalité, les Liégeois savent recevoir. Oufti! Hébergés et en partie nourris à l'Hostellerie du Postay, Wegnez, à une encâblure d'Olne, le premier soir on s'est demandé "Pourquoi?". Oui , pourquoi le cabillaud, les langoustines, la grenouille, l'agneau, le basilic et le maïs? La réponse est dans l'assiette. La cuisine d'Anthony Delhasse est cogitée, sophistiquée, raffinée, précise et goûteuse. Un régal, avec les vins qui vont avec, généreusement servis par la douce France aux yeux roses, qui n'a ni sa langue dans sa poche, ni le coude ankylosé lorsqu'il s'agit de verser à boire. Surtout quand il s'agit du Moussamoussettes de René Mosse. Des bulles rosées pétillantes de naturel, aussi indispensables et dessoiffantes que la bière Cantillon, lors de ce séjour belge.
Pour parfaire la mise en condition, il manquait une immersion dans la cuisine typiquement locale. Liège, la Meuse, la montagne de Bueren, les boulets, les frites, la sauce Lapin. Au Café Lequet, l'adresse la plus réputée de la ville pour goûter à l'authentique. Un café à l'ancienne, à la devanture vieillotte, restée dans son jus du siècle dernier. Service ultra rapide. Bienvenue chez les forçats du boulet à la chaine. Aussitôt installés, aussitôt servis. Pas le temps de refroidir ou de saliver. Les grosses frites sont assez exceptionnelles, la Jupiler est assez fraîche, la sauce Lapin un poil assez sucrée. Mais ça, c'est du boulet! Assez, plutôt, une fois. Oufti!
Après l'escapade liégeoise, il est temps de revenir au Salon des vignerons, l'alibi de notre présence ici. Avec de bien belles rencontres et retrouvailles à la clé, qu'elles soient vigneronnes, cavistes ou lectrices. Quelques fans qui n'hésitent pas à me reconnaitre et à se faire connaitre, ça fait plaisir de savoir que le Blog d'Olif est lu jusqu'en Belgique profonde (non, je rigole, je le savais déjà). Et bien sûr, quelques coups de cœur personnels totalement assumés.
La grande découverte, la plus excitante, c'est la rencontre avec la "Lady Chasselas": Mylène Bru, la plus belle-fille d'Olne, wine-cowgirl d'un Far-Ouest si proche de Sète. Premier millésime (2008) et premier salon (Olne). De vieilles vignes de Chasselas égarées sur les terres de Saint-Pargoire, les conseils des maitresses-vigneronnes suisses spécialistes en la matière (dont Marie-Thérèse Chappaz) et voilà le résultat! Lady Chasselas, un vin à la réjouissante minéralité et à la fraicheur languedocienne apte à faire palir la gent helvétique. La cuvée rouge Far-Ouest est d'une digestibilité hors du commun pour un Languedoc. Tout juste énorme, de délicatesse et de fraicheur.
Juste à ses côtés, Anthony Tortul n'a pas fini sur le dos. Une rencontre réjouissante, pour une gamme éclectique, parfois un peu barrée, mais toujours séduisante. Mention bien au Désordre 2008, un rosé de mourvèdre "invendable" mais au punch irrésistible, à Ô mon Païs 2008, un Sauvignon gris d'Ariège totalement scotchant, au Gaillac rouge Los Compagneros 2008, dont la concentration n'égale que la fraicheur et à Rancio, un liquoreux oxydatif, à l'équilibre improbable mais enjôleur.
Au rayon des découvertes sudistes, il ne faudrait pas oublier de mentionner la souriante et inspirée Aline Hock, de Latour de France, en Roussillon, dont les cuvées 2009 se déclinent pour l'instant en AdrénAline et AlineA. Des vins d'entrée de gamme, simples et francs, qui méritent plus ample connaissance, en attendant les cuvées plus élaborées, toujours en élevage. Aline est coachée par Lucien Salani, du domaine des Balmettes, présent au stand jouxtant le sien, et dont les vins possèdent une forte personnalité. Ce n'est pas le GG de Lulu, un Grenache gris gris particulièrement bluffant, illustré par Lefred-Thouron, qui dira le contraire.
Retour au septentrion pour savourer pleinement le Moulin à Vent 2009 du domaine des Côtes de la Molière et pour le plaisir de surprendre Isabelle Perraud le nez dans le verre. A sa gauche, la voisine Brigitte Roch présente ses superbes Côte Rôtie, dont Les Grandes Places 2007, ainsi que le pétaradant Coteaux du Lyonnais du fiston. À sa droite, chez Jean-Philippe Padié, le vigneron qui Llan-A dans le calcif, même s'il déserte son stand de temps en temps, on pouvait goûter une Milouise 2008 à tomber, très jurassienne dans l'esprit, un Petit Taureau 2007 sévèrement burné et un Ciel Liquide 2006 particulièrement étincelant. Et quelques autres quilles, dont ce LLan-A (qu'il faut prononcer "Y'en a"). Un OVNI du Sud, qui milite fièrement pour un rapprochement roussillano-jurassique.
On ne saurait quitter Olne sans évoquer les autres vignerons qui nous ont régalé à l'occasion du Salon: Charles Dagand, de l'Octavin en Arbois, Noël Dupasquier et ses superbes Roussettes de Savoie, Nicolas Renaud du Clos de Grillons, dans le Gard, dont les vins chantent toute l'année, Emmanuelle Dupéré et Laurent Barrera, pour leur baptême du feu en mode "salon", Nicolas Mariotti Bindi et ses Patrimonio de toute (île de) beauté, Fred Cossard et ses grands vins de Bourgogne, impressionnants de pureté et de minéralité, notamment les blancs.
Et encore bien d'autres, impossible de les citer tous et pas eu le temps ni le loisir de tout goûter, parce qu'il a bien fallu faire un peu de tourisme, une fois.
D'abord du côté de l'Ardenne bleue, pays des cascades et des sources, bleues comme un ciel dégagé sans avion. Sale coup à Coo, où nous nous sommes retrouvés, suite à une erreur d'aiguillage, sur l'aire de stationnement du parc d'attractions Ploopsa Coo. Heureusement, la randonnée entre Roanne et Amblève était gratuite, contrairement au parking. Mais l'affiche représentant la cascade de Coo, très photogénique, valait le détour.
Puis, du côté de Bruges et de la mer du Nord, où il fallait bien tremper les pieds un jour, après une assiette de moules-frites pour touristes en terrasse. Heureusement une bonne bière Cantillon chez Hans Dusselier de Wijnfolie, à Aalter, a bien lavé tout ça et contribué à une meilleure digestion avant de regagner la Wallonie.
Retour en Province de Liège, donc, pour une ultime soirée, privée celle-là, à l'Hostellerie du Postay. Le cochon ibérique confit à basse température et sous vide, dignement arrosé de magnums d'Anjou rouge de "Monsieur Mosse" et du Cheverny Les Ardilles 2008 d'Hervé Villemade, de grands vins véritablement émouvants, restera l'un des grands moments gastronomiques de ce séjour.
Olne, bouteille, clap de fin, le coffre plein. Un endroit magique où il fera sans doute bon revenir un jour, taquiner la bouteille et le boulet-frites. There's no place like Olne!
"- There's no place like Olne. There's no place like Olne. There's no place like Olne...
Olif
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22 novembre 2009
Plus belle la vie marseillaise...
La famille Olif, prise la main au Panier, c'était cette année à la Toussaint, après une première tentative avortée l'année dernière. Plus belle la vie sous le soleil marseillais, sans mistral, avec une température quasiment estivale. En voiture, à pied, en bus, en bateau, un condensé de Canebière, sans canette de bière ni de Pastis, mais avec de gros morceaux de bouillabaisse dedans et quelques vraies belles adresses à ne pas manquer.
Avant toute chose, brûler un cierge à Notre Dame de la Garde, la Bonne-Mère, pour s'assurer d'un bon séjour. Point de trombes d'eau ni d'inondation cette année. Ouf! Juste une accumulation d'ordures après notre passage, mais ce n'est pas de notre faute, juré! Le Vieux Port pas encore englué sous des tonnes de sacs-poubelles, on s'y promène aisément avant de gagner le quartier du Panier et ses petites ruelles en pente. Petite pause déjeuner préalable au Vinonéo, en terrasse. Une carte bistrot bien sympathique, où à chaque plat correspond un vin servi au verre. Justesse des accords, qualité de l'assiette, service agréable, une petite adresse tout à fait recommandable.
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28 août 2009
A sec!
Tout à fait, Jean-Luc! Résultante d'un mois d'août estival (c'est bien la moindre!), la source de l'Ain a disparu pour laisser sa place à celle de l'autre. La rivière continue de couler au milieu mais n'est plus alimentée par cette résurgence vauclusienne. Tout le boulot est effectué par les affluents (dont la Serpentine) et la source principale, celle de la Papeterie, située plus en aval. Un mini-évènement, qui ne s'était pas produit depuis au moins quatre ans, et qui a motivé le déplacement d'un envoyé spécial du Blog d'Olif.

La source de l'Ain, en août 2006
La même en août 2009, après une grosse soif.
Introduire, ne fut-ce qu'un orteil, dans cette cavité béante aux parois humides est un moment réellement impressionnant. Se laisser glisser dans la pente à pas feutrés, en bravant l'interdit affiché sur le côté, procure un petit frisson agréable le long de l'échine, qui s'accentue au fur et à mesure que l'on s'approche du fond. S'en extirper, la tête la première, est comme une seconde naissance, un moment que je n'avais pas vécu depuis 46 ans!
Nul doute possible, l'Origine du monde se trouve bien à Conte, petit village du premier plateau jurassien.
A sec! La même mésaventure est arrivée à cette bouteille de Morgon Vieilles Vignes 2007 de Jean-Paul Thévenet. Même pas eu besoin de trente jours de beau temps chaud et ensoleillé pour y parvenir! Juste une petite heure, attablés, entre l'apéritif et le dessert. Un vin d'une buvabilité réjouissante, charnu, fruité et légèrement épicé, qui glisse tout seul le long du gosier sans même chercher à remonter la pente. La récompense du spéléologue après l'effort!
Olif
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26 juillet 2009
Oooh! Paléooo!
La dernière crêpe bretonne à peine digérée, tout juste le temps de reprendre le travail, et voilà que se profile la deuxième pause estivale devenue rituelle, celle des concerts et des festivals. Une pause qui n'en est pas vraiment une. Epuisante comme pas permis! Coucher tard en musique, lever tôt en fanfare, éternel leitmotiv actuel. Le soir: "Heigh-ho, heigh-ho, on va au Paléo!" Le matin: "Aïe-ho, aïe-ho, faut aller au boulot!"
Le Paléo! Une institution musicale helvètique. Un cheval de course parmi les grands festivals européens, voire mondiaux. Ils sont loin, les débuts du First Folk Festival, en 1976, qui réunissait 1800 personnes dans la vieille salle communale de Nyon. Tous venus écouter Malicorne. Avec le recul, de quoi frémir, presque! Aujourd'hui, Paléo, c'est 225 000 visiteurs sur 6 jours. Avec des têtes d'affiche internationales. Pas U2 quand même, qui préfère remplir des stades de France à lui tout seul, mais des groupes ou des chanteurs encore bien mieux, dans une ambiance conviviale, festive, voire bon enfant. Paléo, l'anti-Woodstock? Il est vrai qu'en 69, personnellement, j'étais encore bien innocent, Miko exclusif.
Paléo, c'est très Suisse, je trouve. Très pro, très précis. Minuté. Une organisation sans faille. Ou presque. Juste des petits grains de sable qui passent inaperçus au vu de l'énormité de la machine. Dur d'éviter les bouchons sur la route de Nyon à cette période de l'année, par exemple, mais on ne se les fait pas confisquer sur ses bouteilles à l'entrée du festival. Pas de fouille au corps, justement. Tout est autorisé, de manière naturelle, sans aucun débordement. Rien qui ne saute aux yeux du festivalier. A l'intérieur de l'enceinte, on se goinfre de tout. De musique, et il ya parfois pléthore, dur de faire un choix. De bière Cardinal, de vin suisse, de Champagne, de cocktails, de jus de fruits, de café, de lait. De cuisine indienne, mexicaine, africaine, péruvienne, pakistanaise, thaï, vietnamienne, chinoise, turque, japonaise, espagnole, suisse même. De sandwiches au fois gras, de tartines salées, de gaufres, de crêpes, de boutefas, de papet vaudois. Il y a même un restaurant gastronomique avec service en gants blancs, c'est dire. Il faut de tout pour faire un monde de festivaliers. Et où que l'on aille dans l'enceinte du Paléo, malgré ses cloisonnements reflètant parfois le monde actuel, il y a foule. Du monde à tous les concerts, du plus grand au plus petit, du monde à la buvette, du monde aux toilettes, du monde attablé, du monde dans la pelouse, du monde au Village du Monde, du monde tout court. Mais un monde pas étouffant. Paléo laisse d'ailleurs la porte grande ouverte aux enfants, aux handicapés, aux claustrophobes et aux agoraphobes.
Paléo, c'est avant tout de la musique et une programmation riche, foisonnante, éclectique. Avec un semblant de thématique se dégageant de chaque soirée. Une ambiance dans laquelle chacun parvient à trouver un semblant de bonheur. Le mardi, jour de l'ouverture, généralement, c'est pop-rock. Des gros noms, du gros son. Cette année, Gossip, Kaiser Chiefs, Placebo. Les artistes, mêmes les plus reconnus, aiment Paléo. Une ambiance plutôt bon enfant et un accueil jovial aux premiers rangs. Derrière et sur les côtés, ça tatouille pas mal, créant parfois un brouhaha parasitant les sessions plutôt acoustiques. Oui, à Nyon, on cause, on se retrouve, on boit, on mange, sur fond musical sonore.
Pour l'ouverture, cette année, Anaïs a répandu tout son amour sous le chapiteau. Son Love album a fait chavirer les cœurs et sa prestation fut aussi jouissive que revigorante. I
Anaïs.
Il a malheureusement fallu shunter la fin du show (pas Cheap, tout ça!), pour ne pas manquer l'un des gros morceaux de ce Paléo: Beth Ditto et The Gossip.
Moment espéré, attendu et finalement pas déçu. Beth Ditto a irradié sous le soleil de Nyon, allant au contact du public. Sa prestation généreuse est d'ores et déjà inscrite à mon Paléo Panthéon personnel, pourtant un peu décousu.
Petit clin d'œil amical en passant à La Chanson du dimanche un mardi, puis direction le chapiteau pour écouter, avant de manger, le dernier prodige suisse, qui joue à domicile. Le set de Sophie Hunger est moins ébouriffé que son album et certaines orchestrations acoustiques ont du mal à couvrir le bourdonnement de la foule. Mais, en terrain conquis, elle sait séduire, emportant l'adhésion de ses fans. Elle met en appétit, la Hunger!
Le plat de résistance, ce soir-là, c'est tout d'abord Kaiser Chiefs, du rock héroîque et flamboyant, une bonne première partie pour U2, puis Placebo. Brian Molko, je dois avouer que j'en suis fan. Fan de sa voie nasillarde, de ses riffs rageurs et du son Placebo, un remède efficace à la morosité ambiante. Et pourtant! Une prestation très pro qui l'est trop, pro. Rien ne doit venir troubler son exécution, pas même un pogo musclé aux premiers rangs. Moshpits non autorisés, sinon, gare! Fin du concert! Pour sa seule apostrophe du public, en anglais puis en français, il a plutôt jeté un froid, le Molko. Avant de poursuivre son set, imperturbable. No escaping gravity, Brian!
Beaucoup moins pro, mais bien plus enthousiasmant, le set d'Izia a cloturé en beauté la soirée. D'une générosité rare, Miss Higelin a ravi par sa fraicheur et l'énergie brute qui se dégage de sa musique. Digne fille de son père, cette gamine!
Après une petite pause le mercredi, malgré une programmation tout aussi alléchante pour l'amateur de pop-rock furibarde (Franz Ferdinand, The Prodigy, Ting Tings, Ghinzu, ...), retour sur le plateau de L'Asse le jeudi pour faire plaisir à la gent féminine olifienne et ouïr la pop-folk gentillette d'Amy MacDonald, consensuelle et rassurante. Un moment néanmoins agréable. Plutôt que d'assister au show alam-Moby-qué ultérieur, la grosse cote de la soirée valait le Détour, le nom de la petite scène découverte du festival. Naïve New Beaters a ravi les Paléoboys et les Paléogirls par son set décalé, rythmé et très deuxième degré. Thank you, people!
Le rythme s'accélère et il faut déjà reprendre l'autoroute bouchonnée le lendemain. Sauvés par un itinéraire bis à flanc de coteau! Il ne fallait pas manquer cet autre grand moment du festival, la prestation solo de Peter Doherty à la guitare acoustique. Juste accompagné par une bouteille de Bordeaux qui ne durera qu'un temps. Assurant nonchalamment, en restant à la hauteur de sa réputation, pourri-gâté par la gent féminine des premiers rangs, qui lui balance inlassablement sur scène chapeaux, poèmes, cigarettes ou soutien-gorge. Finalement pris par le temps, le concert s'est fini en queue de poisson. On ne badine pas avec la ponctualité suisse, au Paléo! A une prochaine fois, Peter! J'apporterai une bouteille. Du Bordeaux, du bon. J'en ai en cave.
Et le vin, dans tout ça? Ce n'est pas le grand oublié du Paléo, même si la bière Cardinal coule à flots. On peut même goûter au meilleur de la production vaudoise sous la tente d'Arte Vitis, le regroupement de 13 vignerons novateurs. Pas de fausse note, donc, y compris dans ce Gamanote noir du domaine du Paradis, assemblage de gamay, gamaret, garanoir, merlot et pinot noir, proposé dans toutes les buvettes du festival. Même les Genevois ont droit de cité, au Paléo!
Olif
P.S.: Paléo, ça continue encore le week-end, mais cette année, ce sera sans moi!
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19 juillet 2009
Accro à Crozon !
Comme un début d'explication au long silence blog du début du mois de juillet, une carte postale vivifiante postée à retardement depuis Crozon, la dent du milieu de la fourchette bretonne, celle qui a une forme de croix facilement identifiable dans tous les atlas de géographie. Un genre de bout du monde possible. Une île, presque. La presque possibilité d'une île. Une presqu'île, tout simplement. Reliée au continent par deux axes, l'un au Nord, venant du Faou, l'autre au Sud, venant de Châteaulin. Une presqu'île surveillée par un grand Hom (non, pas Bernard Ménez!), placé comme une vigie à l'entrée du pays de Crozon et qui, du haut de ses 311 mètres, fait le guet sur cette perle sauvage. Des paysages tournés vers la mer, quelque soit le côté où l'on regarde, ou presque. Caractère méditerranéen du Cap de la Chèvre, côté baie de Douardenez, qui a des airs de calanques de Cassis, profil océanique breton du flanc Ouest de la même chèvre, balayé par les vents et les vagues de la Mer d'Iroise, dont les eaux turquoises viennent s'écarteler sur la côte rocheuoise, aussi sauvage qu'une Iroquoise narquoise cherchant des noises.
Quand la purée de pois venue du large recouvre progressivement les Tas de Pois, l'horizon se bouche vite. Bretagne crachine, mais pas Bretagne chagrine. Atmosphère envoûtante depuis l'éperon barré de Lostmarc'h, où les alignements de menhirs deviennent les silhouettes fantômatiques de nos ancêtres Celtes, préférant se barricader sur leur rocher plutôt que d'aller surfer à la plage.
« Plus loin, c'est l'Amérique! » se plaît-on à dire à Camaret. Un voisinage idéal, ces Ricains. Pas trop proches. La presqu'île du bout du monde n'est donc pas le vrai bout du bout. Ouf ! Mais c'est la dernière étape avant l'autre monde, le Nouveau, pour qui se trouve sur l'Ancien. Une étape à ne pas manquer, une halte indispensable pour prendre son élan avant de sauter par-dessus les Tas de Pois. Ou bien pour faire un brin de causette avec les filles de Camaret et vérifier si leur bon Père ne va pas trébucher en marchant sur ses coquilles qui pendent.
Crozon, sa presqu'île, ses paysages grandioses, sa cave. Celle de la Presqu'île.
Le caviste de la Presqu'île, il s'appelle Laurent et il possède une bien jolie carte des vins. Tout l'été, il reçoit un vigneron, pour une dégustation. Chaque samedi. Des vignerons qui n'hésitent pas à aller jusqu'au bout ! De la Presqu'île, certes, mais aussi de leurs convictions. Après le cidre d'accueil samedi dernier (un bon cidre bio de Jehan Lefèvre, de la Ferme des Landes, à Saint-Cast-Le Guildo, dans les Côtes d'Armor), c'est le tour de Didier Michaud de venir se planquer un week-end à Crozon, avec les vins de son Château Planquette. 2003 et 2005 en dégustation, qui se goûtent plutôt bien. 2003, possédant beaucoup de fraicheur, largement de quoi faire glisser tout l'alcool caché entre les tanins, et 2005, déjà bien ouvert, riche également, mais à l'équilibre plus bordelais que languedocien.
Crozon, sa presqu'île, ses paysages grandioses, son restaurant. Celui de la Presqu'île.
Le restaurant de la presqu'île, il s'appelle le Mutin gourmand. L'adresse incontournable pour le rebelle qui aime bien manger entre deux mutineries et pour l'amateur de vins qui aime bien manger aussi, entre deux dégustations. La carte des vins est un véritable bréviaire, où l'on retrouve toutes les références (ou presque) de la cave. Donc, forcément, il y a là la bouteille idéale pour accompagner le homard ou les ormeaux. En l'occurence, ce soir-là, un Saumur blanc 2005 La Charpentrie, d'Antoine Foucault (domaine du Collier), dégusté à l'aveugle, carte blanche ayant été laissée avec bonheur au Maître d'hôtel. Un chenin d'exception, à l'équilibre presque bourguignon, rappelant dans la finesse de son expression les vins du domaine Leflaive. Magique!
Crozon, sa presqu'île, ses paysages grandioses, ses alignements de menhirs. Ceux de la presqu'île.
Ici à Lagatjar, dans la proche banlieue de Camaret. Parce qu'il y en a plein d'autres, en fait. Mais ces mégalithes-là sont aussi bien dressés que les petites affaires du curé ne pendent, c'est dire! Ils sont une centaine, dans les grandes herbes, à attendre depuis 4510 ans la visite du touriste jurassien de passage. Voilà, c'est fait.
La Bretagne, il n'y a pas, je m'y sens à l'aise!
Olif
14:52 Publié dans Bons plans, bonnes adresses, Chronique estivo-hivernale... | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note
| Tags : crozon, château planquette, didier michaud, mutin gourmand, cave de la presqu'île |
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