07 novembre 2008

Déluge d'adresses cassidaines halloweenesques

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Halloween-sur-mer, c'est devenu un rituel, dans la famille Olif. Tandis que les citrouilles fleurissent comme des champignons et envahissent les rues, vroum-vroum, on est heureux Nationale 7-5. Cap au Sud, via la tangente. Pontarlier-Genève-Chambéry-Grenoble-Manosque. Première tirée, de la neige du Haut-Doubs en passant par celle de la Croix Haute, à la pluie mesquine et manosquine. Le lendemain, éclaircie. Direction Cassis, via le chemin des écoliers. Tout émoustillés à Moustiers (Sainte-Marie), verts de peur au dessus du Verdon. Grandiose, magistral, vertigineux!

 

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Mal à la gorge, à force de tournicoter le long du canyon, mal de mer avant de l'avoir prise. Assez trainassé. Envie de bouillabaisse. Le temps de poser les valises à deux pas du vieux port de Cassis, à la Villa Le Cèdre, une maison d'hôtes haut de gamme, superbement tenue par Anne-Marie et Philippe Gelot. Labellisée Fleurs de soleil, même quand il pleut. Petit déjeuner en terrasse, face au Cap Canaille, sauf quand il pleut.

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Côté adresses, on n'a pas été maladroits, grâce aux bons conseils d'Anne-Marie Gelot. La bouillabaisse de Nino, elle a été vécue comme un pélerinage. Avec un Clos Val Bruyère 2006, du Château Barbanau, à l'étiquette relookée pour le meilleur. Décidément, un très très beau domaine que ce Château Barbanau!

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Le coup de cœur de cette nouvelle virée cassidaine, ce sera pour Calendal, le pêcheur imaginé un jour sans vent par Frédéric Mistral, le Nobel provençal. Calendal, petit pêcheur d'anchois amoureux d'Esterelle, la petite sirène cassidaine qui lui en a fait voir de toutes les couleurs, mais qu'il a fini par épouser après avoir triomphé de toutes les épreuves, c'était son choix. L'histoire, racontée par Joël, l'intarissable patron du Restaurant Calendal, avec toute sa verve et son accent provençal, ce fut le dessert et la cerise sur le gâteau d'un épatant tian de bouillabaisse, une exclusivité de la maison, qui mérite largement le détour.

Des vélléités marseillaises vite tombées à l'eau, en ce 2 novembre 2008, le séjour s'est resserré autour du vieux port cassidain. Tout juste une virée italienne à deux pas du port, du côté de chez Angélina, pasta et peintures, avant de s'engouffrer, le lendemain, au retour d'une échappée aixoise entre deux averses, dans un Chaudron de poche pour une cuisine simple mais goûteuse et en direct-live.

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Cassis, ses Calanques, son Cap Canaille, ses trombes d'eau halloweenesques, ce qui n'arrive que tous les deux à trois ans, à ce qu'il parait!

Et pendant ce temps, le soleil resplendissait au Nord de Lyon...

Olif


Nino

1, Quai Jean Jacques Barthélemy
13260 Cassis

Tel : 04 42 01 74 32 - Fax : 04 42 01 74 32

Calendal

3, Rue Brémond
13260 Cassis

Tel : 04 42 01 17 70

Chez Angelina

27, Avenue Victor Hugo
13260 Cassis

Tel : 04 42 01 89 27

Le Chaudron

4, Rue Adolphe Thiers
13260 Cassis

Tel : 04 42 01 74 18


15 août 2008

L'Auberge Basque

 

 

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Une adresse de dernière minute, non inscrite initialement au programme, découverte grâce à Omnivore, le guide que l'on dévore, indispensable compagnon tant du voyageur curieux que du gourmand soucieux d'éviter les mauvaises surprises, du genre cheveu dans la soupe et fouille dans le potage. Comme un signe, quasiment une invitation en bonne et due forme, voilà que Mme Olif, délaissant la lecture des Editions complètes de la Pléïade, peu pratiques à emporter sur la plage, s'affole à la lecture d'un numéro estival de Elle, consacrant 4 pages à Cédric Béchade et son Auberge Basque. Tu parles d'une coïncidence! Impossible de ne pas y aller, d'autant que la "vieille route de Saint-Pée", c'est quasiment sur notre route, depuis Saint-Jean de Luz. Tandis que (tu parles d'une autre coïncidence!) la "vieille route de Saint-Jean de Luz" est aussi sur notre route, depuis Saint-Pée.

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Un jeune chef beau comme un Rastignac, qui a quitté Biarritz, après des classes à l'Hôtel du Palais, pour monter à la capitale. Après un court séjour au Crillon, malgré sa bonne mine, il a mis la gomme et s'est taillé. Chez Ducasse. Avant de se casser, en ayant bien appris et retenu les leçons de ses Maîtres. Retour dans ce Pays qui lui collait aux basques, désolé, je ne peux pas m'en empêcher. L'Auberge Basque, sur la "vieille route de Saint-Jean de Luz", lui tendait les bras. Entièrement repensée et rénovée, la vieille auberge est devenue contemporaine. Un gros coup de dépoussiérage qui a porté également sur la cuisine. Du basque contemporain, aux associations inventives et audacieuses, mais puisant son inspiration dans les produits du cru. Une carte courte, joliment représentative, à l'intitulé simplifié qui permet une commande décontractée, même sans baccalauréat culinaire + 10.

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- "Alors moi, je prends le cochon.

- Pour moi, ce sera le bœuf.

- Moi, je veux le saumon!"

Dans l'assiette, c'est évidemment un peu plus compliqué. Beaucoup de saveurs et de textures qui s'entremêlent dans un melting-pot coloré et relevé. Un brin de sophistication parfois, mais les mets sont d'une qualité irréprochable. Avec le cochon ibaiona, qui touche au sublime, un autre pur produit du terroir basque à l'unisson: la Cuvée Haitza 2005 du domaine Arretxea. Une merveille de fruits noirs, au toucher de bouche voluptueux, dense et serré, mais pas trop, qui se laisse déjà apprivoiser progressivement et qui devrait conduire au nirvana dans pas bien longtemps. Vivement dans pas bien longtemps!

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RESTAURANT L'AUBERGE BASQUE

Tél: 05 59 51 70 00
Fax: 05 59 51 70 17
Quartier Helbarron,D 307
vieille route de Saint-Pée (quand on vient de Saint-Jean de Luz)
vieille route de Saint-Jean de Luz (quand on vient de Saint-Pée sur Nivelle)
64310 SAINT PEE SUR NIVELLE

 

Olif

 

29 juillet 2008

L’homme qui a vu l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’Ursuya*

« Sur les traces des grands voyageurs »
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Sans sombrer dans la scatologie la plus régressive qui soit, force est de constater que le Pays Basque pastoral est peuplé de nombreux "voyâââgeurs". De toutes les tailles et de toutes les races. Des grands, des petits, des ovins, des équins, des bovins, des humins, que l’on peut suivre aisément à la trace. Euh !,… que dis-je? Des humains, plus exactement, loin d’être les plus glorieux exonérateurs du monde vivant. Battus à plate couture par les pottocks et autres brebis à tête noire question transit.
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Sur les crêtes de Bizkayluze, au dessus d’Itxassou, par exemple, la montagne est un tapis de petites crottes sur lequel il fait presque bon marcher. En les évitant tant que faire se peut, évidemment, à moins que la nostalgie du trottoir urbain n’atteigne en pleine semelle le citadin en goguette. On accède aux crêtes en grimpant en voiture jusqu’à la Ferme Esteben depuis Itxassou, par une petite route de montagne où il est impossible de se croiser, vous me croisez croyez si vous voulez. Une fois là-haut, le spectacle ravit l’œil autant que le naseau : de l’authentique, du pastoral, du sauvage, du grandiose, du photogénique. Le Pays Basque, quoi !
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Idem au sommet de l’Ursuya. Cette montagne débonnaire au pays des collines est une vaste ferme naturelle, un bon gros nounours au pied duquel il fait bon se blottir, dans une maison douillette du petit bourg d’Urcuray. Une légende raconte qu’une brave fille du pays, servante de son état, a tenté en vain de gravir un à un les échelons de la haute société. Mais il n’est pas aisé d’afficher un look séduisant lorsque l’on est fille de maison à Urcuray. Ce n’est pas Annie Cordy qui dira le contraire, elle qui fit ses choux gras en adaptant cette histoire à sa natale Belgique et à ses presbytères.
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Mais revenons à nos brebis à tête noire. Le Pays Basque pastoral vaut le détour, avec ou sans vautour. Ce gros poulet volant, lorsqu’il déploie ses ailes de géants qui ne l ‘empêchent ni de marcher ni de voler, est une menace venue du ciel, un autre grand voyâââgeur dont les bombes de guano sont redoutables, parole de brebis à tête noire, qui y laisse parfois en plus un peu de son bas de laine.
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Et puis, quel plaisir de rencontrer une vieille connaissance dans ce petit coin perdu du Pays Basque pastoral! Voilà qui nous ramène indirectement dans le monde du vin, l'occasion de se régaler avec cette bouteille: celle de l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'homme qui a bu Lur Uméa. "L'enfant de la terre", 100% tannat, récolté sur des vieilles vignes et à petit rendement par Pascale et Bixtinxo Aphaule du domaine Bordathio. Un vin rustique au sens noble, sur les épices et les fruits noirs (myrtille), acidulé, aux tanins d'une grande fraicheur, encore un peu compacts mais joliment veloutés. Lur Uméa 2005, c'est du lourd! Mais c'est très bon et extrêmement prometteur. Vive le Tannat quand c'est bien mûr! Disponible à Vignobles et Châteaux à Bayonne et au Cellier des Halles à Biarritz.
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Olif
Retrouvez aussi les Dégustantanés sur le Blog de la Pipette.


* Excellent titre, que m’a involontairement suggéré Valais_006, égaré dans le Jurançon à la recherche de Charles Hours


28 juillet 2008

Au cœur des Pyrénées à Saint-Jean-Pied-de-Port

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« St Jean PdP!... Il y a une jolie table là-bas (au moins)!... Existe-t-elle toujours?... ».
Oui PhR, la jolie table de Saint-Jean-Pied-de-Port existe toujours. J’y tapotais même sur un PC à l’instant même où tu écrivais ces lignes, profitant du Wi-Fi de l’hôtel, au sortir de la piscine.  Elle vient même de récupérer fort justement son deuxième macaron Michelin, venu récompenser une cuisine raffinée, bien ancrée dans la tradition basque, fort joliment interprétée.
« Chez Firmin Arrambide », ou le fameux « Hôtel des Pyrénées » , deux étoiles sur les bords de la Nive, une halte incontournable pour tous les pèlerins venus composter leur billet dans le secteur. Succulent menu Terre-Mer (70€), à l’image du Pays Basque, rouge et blanc, généreux et goûteux. Impeccable Menu du Terroir (40€), le préféré des enfants, séduits par le risotto au parmesan, mais qui ont mangé tout le reste sans sourciller. Service très pro, décontracté et sympathique. L’Irouléguy 2003 du Domaine Mourguy a parfaitement accompagné tout le repas. A point, cet « Iroulémourguy » . Rond et aimable,  légèrement marqué par le côté chaleureux du millésime, mais sans excès de cuisson (oui, les raisins n’ont pas été rôtis sur pied, comme bon nombre d’entre eux en 2003 !).


Menu terre et mer à 70 €


Trilogie de mise en bouche (brochette de moule au curry, crème d’asperge et lasagne d’anchois, si ma mémoire (et celle de Melle Olif) est bonne), suivie de petits toasts au foie gras, pour accompagner un verre de Jurançon moelleux d’origine indéterminée (seule petite carence du service et j’avoue ne pas avoir fait preuve de beaucoup de curiosité)

 

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La salade tiède de filets de rouget au basilic, croûtons à la tapenade (subtile alliance rouget-tapenade-basilic, un grand classique terriblement efficace)

 

 

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La poêlée de langoustines aux artichauts, crème et chips de riz (une deuxième entrée extra, joliment présentée. Je n'ai pas bien compris l'intérêt de la chips de riz, mais c’est rigolo!)

 

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La poitrine de canard rôtie aux épices, compote de fruits au gingembre, cannelle et safran (pour Mme Olif, à cause des épices et du gingembre, très certainement !)

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Les ris d'agneau de lait aux champignons des bois (un grand classique basque, le ris d’agneau, paraît-il. Il y a des jours où l’on se prend à regretter d’habiter aussi loin de là !)

 

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Le gratin de fruits rouges, crème glacée à la pistache et croustillants menthe (d’une fraîcheur et d’une légèreté exquises !)

 

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Le sabayon au mascarpone, café et chocolat (pour Mme Olif, incorrigible gourmande qui a eu de trop grands yeux  et qui n’a pu venir au bout de son assiette. Forcément, du mascarpone, après les spécialités basques ..!)

 

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Les petits fours maison (juste par gourmandise et sans photo)

 

Menu du terroir à 40 €


 

Le pressé de joue de bœuf au foie gras et vinaigrette aux pignons de pin (jolie construction, au design élégant, et qui n’a pas fait long feu dans l’assiette des enfants)

 

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La blanquette d'agneau de lait et risotto au parmesan (bien trop vite mangés, pas le temps de prendre la photo !)
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Le parfait glacé au café et la mousse au chocolat (copieux, d’après Melle Olif, petite gourmande prenant goût au café)

 

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Les madeleines tièdes, fondue d'abricots confits, glace à la vanille (un bon dessert au parfum d’enfance, englouti en rien de temps par Olif Jr qui ne crache jamais sur une petite madeleine)

 

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Les petits fours maison (voir plus haut)

Hôtel des Pyrénées "Chez Firmin Arrambide"

Saint-Jean-Pied-de-Port

 +33 0(5) 59 37 01 01 

http://www.hotel-les-pyrenees.com 

 

Olif 

 

15 juillet 2008

Le Cèdre

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Première étape sur la route du Sud-Ouest depuis Pontarlier (via Lausanne, Genève, Chambéry et Valence, un itinéraire somme toute pas illogique, il me semble, non?),  l’Auberge du Cèdre, à Lauret (34).
 
« Si je Lauret su … ! » aurait pu s’exclamer le P’tit Gibus si la Guerre des Boutons avait eu lieu en langue d’Oc.
 
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Ce Cèdre-là est un endroit unique, paradisiaque et aphrodisiaque, perdu au pied du Pic-Saint-Loup. Il veille sur le jardin, la terrasse ombragée, la piscine, prodiguant à ce lieu une âme. Il fait bon venir et surtout y revenir après y être venu. Au cœur des vignes du domaine de Cazeneuve, au lieu-dit Cazeneuve. on y trouve « cuisine ensoleillée, chambres d’amis et bonne cave ». Un retour aux sources du concept d’auberge, rationnel et évident. Bonne franquette et convivialité, sur la terrasse ou au bord de la piscine. De l’authentique, quand simplicité rime avec qualité. Au menu imposé ce soir-là, pour les heureux pensionnaires, salade de crudités et papillote de poisson. Babillotte de boisson au choix. Et il y a le choix !

Après un verre apéritif de La Méjeanne 2006 du Mas Jullien, un exceptionnel vin moelleux sudiste, tendu, acidulé et frais, la découverte de l’un des petits derniers du Pic, le Mas Thélème. Mais pas un néophyte pour autant, puisqu’il est élaboré par Alain et Fabienne Bruguière, au patronyme bien connu par ici. Cuvée Carpe Diem, millésime 2004, le deuxième sous le nom de leur domaine, les raisins étant apportés à la coopérative auparavant. Encore un peu marqué par l’élevage, mais frais et soyeux, pourvu d’une belle concentration. Et à la jolie étiquette stylisée. Le nom du domaine s'inspire de Rabelais, rien à voir avec les maths élémentaires!
 
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Le Loup, quand il vous pique !

Auberge du Cèdre 
Domaine de Cazeneuve 
34270 Lauret 
France 
04 67 59 02 02
 
 
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Olif 
 
P.S.: dans les environs du Pic, on n'oubliera pas, en plus du domaine Cazeneuve, et du Clos Marie à Lauret, le Mas Mortiès, le domaine de l'Hortus, le domaine Sainte-Agnes et puis Zélige-Caravent, qui produisent tous des vins fort estimables. Cette liste est loin d'être exhaustive, évidemment.

13 juillet 2008

Back to the Pays Basque

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« - Quelle est votre destination ? », s’enquit fort courtoisement le douanier suisse, sur la route du départ. Pour une fois que j’avais quelque chose à déclarer, je me suis laissé surprendre, marquant un temps d’hésitation.

« - Euh ... !, on transite. », bredouillai-je.

« - Alors, bon voyâââge ! » conclut-il de son helvète accent légèrement traînant, sans chercher à en savoir plus.

Cinq années se sont écoulées depuis notre dernière escale au Pays Basque. Cinq longues années consacrées à un ailleurs estival, principalement breton, mais généralement tourné vers l’Océan. Grosses vagues et sable fin, le désir inconscient du montagnon ? Probablement une nécessité, pour ne pas devenir crétin et myxoedémateux. Un véritable instinct conservateur thyroïdien!

Les vacances finies, le voyâââge se prolonge sur les touches du clavier.  Flash-basque, sous la forme d’un blog-notes gastronomique et d’un petit carnet d’adresses loin d’être exhaustif.

Question : mais pourquoi ce séjour basque fut-il ponctué rituellement, à l’heure de la régulation du transit, par un ironique « bon voyâââge ! » ?

 ...

 

Olif 

 

P.S.: eh! oui, déjà le retour! Mais la reprise se fera en douceur et en plusieurs épisodes.

04 novembre 2007

4 à 7 ou le Languedoc en moins de 2

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Sète, la Venise du Languedoc. Une supplique qui vous trotte dans la tête. L’ombre du grand Georges plane, inspire, inévitablement. Tandis que monte des canaux du port une odeur âcre, mélange d’embruns, de guano et de poisson mort, reconnaissable à l’aveugle entre mille et pas totalement désagréable ni étrangère à l’amateur de vins nature. Comme une odeur de brett au pied du Mont Saint-Clair. Amicalement vôtre ! Et puis la Corniche, complètement remaniée, aménagée, civilisée, livrée aux promoteurs. Esthétique,Buapprouve4 moderne et clean, mais pas sûr que j’aime y passer l’éternité ! Surtout qu’à cette saison, les baigneuses y sont plutôt rares. Petite pluie sur le port le soir de l’arrivée. Refuge possible au Bistrot du Port, mais à peine trop tôt, il faudra récidiver le surlendemain. Une ancienne Reine des Mers reconvertie en bistrot, la meilleure adresse du port, d'après le serveur, ce que confirment les habitués pris à parti. Parti pris peut-être, mais ambiance plutôt conviviale, où l’on peut aisément échanger avec son voisin de table. D'abord quelques mots, puis un fond de bouteille du Mas de l’Ecriture, Emotion occitane 2004 garantie ! Carignan, grenache, cinsault, syrah, quatre cépages pour séduire et émouvoir. Et aussi Les Heures Blanches du Mas des Armes, un vin qui ne donne pas envie de les rendre, les armes, même tout au bout de la nuit. Pas le vin idéal sur les fruits de mer, mais un idéal de vin. Et les fruits de mer sont bons. La sole du voisin également, un breton à qui on ne la fait pas question poisson!

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Quatre à prendre la route de l’arrière-pays héraultais. Burp ! Arrivés à Béziers, une furieuse envie, à l’instar de celle de Francis Blanche : celle de s’arrêter chez  Catusse, le célèbre caviste. Pas cette fois, car nous avons d’abord rendez-vous avec l’Histoire et les Cathares. Parfaitement ! Minerve, qui a donné son nom à tout un pays. Si ça continue, il faudra que ça Cesse ! A l’heure du déjeuner, les Troubadours affichent complet, Chantovent est trop "gastro" pour les enfants qui ne rêvaient que de frites ! Escale alors dans la deuxième pire adresse de ma vie, intéressante néanmoins par son caractère anthropologique et sociologique. Le temps s’y est arrêté dans les années 50, voire un peu plus, mais tout est d’époque, des murs à la vaisselle en passant par la salière et le pot de moutarde. Peut-être pas le steak, enfin j'espère, mais cela a eu le don de minerver un tant soit peu ! Il arrive que les plus beaux villages de France aient des dessous peu reluisants !

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Vin à l’Espace-vins de Saint-Chinian, où il y a de l’espace, où il y a du vin et où il y a du Saint-Chinian. Le paradis ! L’excellence du Languedoc en quelques travées : Clos du Gravillas, Canet-Valette, le Loup-Blanc, la Féline de Borie de Maurel, et le carton est déjà plein ! Il ne reste plus qu’à y goûter.

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Trois à remplir des sacs de fringues place de la Comédie, à Montpellier, et une seule Carte Bleue, celle du quatrième larron. Un bar à vins, Chez Boris, pour se consoler de s'être trop dépensé et d’avoir trop dépensé. Adresse sympathique qui réconcilie avec le repas du midi, en référence à celui de la veille. Ce n’était pas trop difficile. Le tartare de bœuf victime de son succès auprès des habitués, un Parmentier de confit de canard nous tendait les bras et fit grandement l’affaire, en compagnie d’un verre de Pic-Saint-Loup, gouleyant mais pas inoubliable. D'ailleurs j'en ai oublié le nom. Service agréable, ambiance bistrot plutôt plaisante. On peut reprendre la route. Merci Boris!

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Mon Hérault in, le Languedoc en moins de 2 à Halloween! Le coffre est plein. De sable, d'air marin, de fringues, de vin. Back home. Via le Pont du Gard, va savoir pourquoi!

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Olif

22 août 2007

Cartes postales de Travers

Travers, petite bourgade helvétique, dans le canton de Neuchâtel, à l'entrée du Val du même nom, est célèbre pour être le berceau de la production d'Absinthe, en concurrence avec Pontarlier, sur le versant français de la montagne jurassienne. Travers, en passe de devenir un haut lieu viticole (750 mètres d'altitude, quand même, c'est un début!) grâce au rêve d'un oenologue autochtone passionné. Un pari fou? Pas tant que cela! Une affaire à suivre, plutôt, et ce sera l'objet d'un prochain billet. En attendant, quelques cartes postales de Travers (un brin facile, mais je ne peux pas m'en empêcher!):

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L'église (et les vignes) de Travers

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Une rue de Travers

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La gare de Travers

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La Poste de Travers

Toutes les photos de travers sont à mettre sur le compte d'Olif, envoyé spécial tout droit dans le Val de Travers

28 mars 2007

De l'eau et du vin!

A la recherche d'un peu de douceur après avoir grillé mes dernières cartouches hivernales, je n'ai pas tardé à prendre la direction de la plaine pour abandonner la neige, en direction de l'eau et du vin.

De l'eau, qui coule à flots, depuis le fond  de la reculée de Baume les Messieurs, un site jurassien et clunisien remarquable que je n'avais pas encore écumé, je me demande bien pourquoi! L'endroit rêvé pour les cascadeurs, surtout quand le réseau karstique déborde de la fonte des neiges printanières du Haut. La Seille et le Dard se rencontrent dans un tumulte humide réjouissant!

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Du vin, à l'état plus qu'embryonnaire, mais la vigne frémit déjà de ses premiers émois printaniers, taillée de frais, à l'ombre du Puits Saint-Pierre, sous l'abbatiale de Château Chalon, ou sur les flancs de la vieille forteresse d'Arlay.

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De l'eau encore, à Montigny les Arsures, potable mais à consommer avec modération, cela va de soi.

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Et puis du vin, enfin, chez Michel Gahier, un fort gouleyant Arbois Trousseau 2005, sur le fruit et les épices, gourmand à souhait, non sulfité, bien plus ouvert que la cuvée parcellaire des Grands Vergers, un peu dure à ce stade et qu'il faut attendre impérativement. Sans oublier une toujours époustouflante Fauquette 2002, un Chardonnay oxydatif profond, fin et élégant, long comme un jour sans vin.

 

De l'eau, pour finir, à Salins les Bains, où les pompiers étaient encore en train d'arroser le Casino qui avait pris feu la veille. Sale temps pour les curistes, qui devront se rabattre sur la FDJ pour assouvir leur soif de jeu.

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Quitte à choisir, entre l'eau et le vin...

Olif

11 mars 2007

Syndrome de manque

Comme un ultime pied de nez à des vacanciers sur le retour, dépités par une semaine jurassienne morne, pluvieuse et verte, le massif s'est servi une petite rasade de blanc vendredi soir. Histoire de se montrer sous son meilleur jour, blanc et ensoleillé le samedi, pour saluer le départ de ceux qui avaient persévéré. Oh! pas de quoi déclencher le plan blanc, mais combiné à la baisse des températures et au retour du ciel bleu, ça vous donne un petit air d'hiver à retardement.

Certains zotoctones (néologisme emprunté à la grammarienne avant-gardiste qu'est Miss Loulou) en véritable état de manque n'ont pas hésité à chausser leur plus vieille paire de skis pour se donner l'illusion de la sensation.

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Bol d'air également bienvenu pour ma pomme, mais à pinces, au grand dam de ma coiffeuse, le cheveu balayé par une bise frisquette le long de la crête du Larmont, puis shampouiné dans les bois par les déjections sylvestres des sapins n'ayant pas encore complètement déchargé.

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Le soir, fondue enchaînée, obligé! Comme aux sports d'hiver! Avec une petite rasade de blanc, un Arbois 2000 cuvée des docteurs de ce bon Bacchus, un Chardonnay parfaitement à point qui s'en laisse facilement Comté.

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Olif

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