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La gloire (des vignes) de mon père

C'est sûr, le Jura a la cote. On peut désormais parler de grosse cote. Du velours, si on en croit Idealwine, qui a adjugé à 1032€ un vin jaune 2000 de la maison Pierre Overnoy, le Maître Yoda des vignerons naturels du Jura et d'ailleurs. Cela faisait quelques années déjà que les prix des vieux jaunes avaient pris leur envol, la faute à quelques fondus fortunés. Ce qui est nouveau, c'est la folie spéculatrice qui est en train de gagner les millésimes récents, hors vin jaune, d'une petite poignée de vignerons en passe de devenir mythiques, bien souvent malgré eux.

Parker n'a toujours pas lâché le stylo, même s'il ne plaide plus en personne. Sa franchise, revendue à des investisseurs et à une armada de dégustateurs inconnus au bataillon (ou presque), continue de distribuer des notes qui font fantasmer les spéculateurs du monde entier, essentiellement quand elles sont trop bonnes. Ce qui est quand même un peu nouveau, c'est l'intérêt récent pour le Jura. Peut-être le doit-on au Poulidor de la dégustation (accordons-lui éventuellement cette grâce), qui, à force de récompenser et glorifier le bon géant du Jura, Jean-François Ganevat, dans sa bible à usage de l'acheteur de vins en foire, pourrait avoir suscité la curiosité des avocats du vin, qui l'auraient aussitôt distancé dans la première bosse en n'hésitant pas à envoyer du gros et du bon point. 100/100, ce n'est pas rien. Ça nous met déjà la bouteille à 312,01€ minimum TTC, toujours sur le site d'Idealwine, soit 3,1201€ le point, ce qui, rapporté au centilitre, fait déjà un paquet de biftons pour une simple gorgée de ce vieux savagnin ouillé pendant 10 ans, certes excellentissime, mais qui ne vaut pas ce prix-là, si ce n'est par sa rareté.

C'est sûr, on n'a pas attendu l'avis du Grand Mufti du vin bodybuildé pour remplir la cave des vins de l'ami Fanfan, à des prix autrement plus attractifs. Des bouteilles qui avaient jusque-là l'énorme avantage, terrible sacrilège néanmoins, d'être bues à plus de 90% (estimation à la louche) dans l'année qui suivait leur commercialisation par d'avides soiffards aguerris à la dégustation de vins non sulfités, et volontiers dédaigneux des vins boisés, extraits et ultra concentrés constituant le fond de commerce habituel de l'avocat américain du vin, laissant ces derniers s'entasser dans les caves de vils spéculateurs fortunés en attendant une remontée des cours, voire un éventuel krach boursier pour changer de mains et espérer, peut-être, un jour être bues par quelque dilapideur de sa fortune personnelle. Comme celles figurant dans le cliché ci-dessous, toujours ça que les traders n'auront jamais!

 

Capture d’écran 2016-12-27 à 21.48.15.png

 

P.S.: buvez-les, vos vins du Jura, les gars, au lieu de les vendre aux enchères! N'en faites pas un produit de luxe pour businessmen en quête de nouvelles sensations gustatives! Il n'y en aura de toute façon pas assez pour eux!

 

P.S.2: pour tous ceux qui n'ont pas encore compris tout le mal que peut faire la spéculation, petit rappel fatal, toujours d'actualité ("un jour le caca sort, un jour le CAC 40", j'en ris encore à chaque fois que j'y pense!)

 

Commentaires

  • T'es un vrai mélomane Olif! J'ai encore le Minuit Sonne de ton dernier billet dans la tête! J'espère que celui ci, fatalement, sortira vite de ma tête!

  • Les prix des vins de Bourgogne se sont envolés, les prix des vins de Champagne ont bondi, les prix des vins du Languedoc Roussillon ont suivi le même chemin, si les vins du Jura s'y mettent aussi, qu'allons nous boire?
    Sur Reims, le domaine Ganevat a attribué ses allocations aux cavistes et si je pouvais me les offrir il y a quelques années, j'hésite un peu plus aujourd'hui.
    Bon, il existe encore peut-être quelques domaines accessibles comme le domaine de la Pinte ou le domaine Jean Bourdy.
    Cédric

  • Effet de mode ou véritable lame de fond, ce qui est certain c'est que les vins du Jura ont énormément progressé ces vingt dernières année et sortent aujourd'hui de l'anonymat, de là devenir des vins spéculatifs . . . la route me parait encore longue.

    G. Bader
    http://les-caves.fr

  • La route est longue et on aimerait qu'elle soit sans fin, mais, malheureusement, ça commence pour certains. Et je ne parle même pas pour moi, qui ai une bonne filière d'approvisionnement.

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