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Bons plans, bonnes adresses - Page 3

  • Come-back dans l'arène...

    On en parlera longtemps dans les chaumières. Le fameux sommelier-caviste arboisien Stéphane Planche a repassé son bel habit de sommelier et l'a repassé à nouveau. Le temps d'un service au non moins fameux restaurant La Chaumière, à Dole du Jura, loin de la Bretagne, et sans accent circonflexe sur le "o". Une belle adresse située dans un immense parc aux portes de la ville, doublée d'un hôtel *** en cours de rénovation, et tenue par Nathalie et Joël Césari, qui ont quitté leur établissement du centre-ville, Les Templiers, pour se sentir plus au large. La cuisine est toujours aussi précise et raffinée, récompensée par un macaron Michelin et qualifiée de "ludique et cool" par le savoureux guide Omnivore, les lunettes du cuisinier sont toujours aussi classe.

     

     

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    Une soirée clé en mains très orientée "nature", évidemment, sans cravate, avec une recherche d'accords entre des mets fins et des vins qui ne le sont pas moins, mais peut-être un peu difficiles d'accès. Le véritable rôle du sommelier? Papillonner et virevolter de table en table, prêcher la bonne parole nature, apporter quelques éléments de compréhension au sujet des vins, essuyer quelques revers chez les réfractaires, s'amuser des fausses-pistes avec ceux qui  s'y croient (et croient avoir trouvé à chaque fois les vins), consoler les déçus qui s'attendaient à une soirée vins du Jura.

     

     

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    Après plusieurs salves de mises en palais, arrosées de Ze Bulle (zéro pointé), version rouge, du domaine de La Tour Grise, un pétillant "système D", regazéifié au gaz de la source, procédé désormais breveté, la soirée peut commencer.

     

     

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    Le maquereau s'est fait traité de thon et il n'a pas moufté. Probablement une mère maquerelle, d'ailleurs. La cuisson basse température rend le filet onctueux et goûteux comme pas permis, le jus de persil et les herbes insolites relèvent bien le tout, le sorbet au chutney rafraichit tout ça. Pour ne pas trop dérouter les fidèles du restaurant, le vin servi en accompagnement est un Rully 1er cru 2007 Les Margotés de Vincent Dureuil-Janthial. Du classique cousu main, bien fait mais sans grande émotion, que je situais dans le Jura à première vue. Tout faux!

     

     

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    Les langoustines snackées à la poudre de champignons sont juste excellentes. Ce qui est déjà plus que très bien. Mais pas hallucinogènes pour autant, malgré la colorée cuvée Vall Pompo 2006 de Bruno Duchêne. On aborde ici l'univers passionnant des vins sans soufre. Le nez, très ouvert sur un mode oxydatif, est intense et plutôt agréable. La bouche est large, arrondie par l'alcool, mais sans déséquilibre.  C'est large, long, acidulé et minéral en finale, c'est bon. On pense à Barral, mais pas assez de volatile (c'est de l'humour!). Pourquoi pas Jura, alors? Il doit forcément y en avoir un! Perdu, c'est Collioure!

     

     

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    L'agneau, excellent au demeurant, est un peu plus difficile à appréhender. Un plat yin et yang, dans lequel l'orange et le lait caillé peinent à trouver leur place, face à la tapenade olive-réglisse et la petite sauce servie à part pour lier le tout. Un contraste superflu, qui n'a pourtant pas embarassé le Rouge de Causse du Petit Domaine de Gimios, frais et tendu, limite un peu austère, m'ayant évoqué, non pas le Jura, mais une syrah du Rhône par ses arômes de tapenade, justement. Pourtant, c'est Tutti frutti.

     

     

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    Avec le damier de carrés de chèvre, carottes et olives gélifiées, l'accord se fait dans l'évidence avec le Sancerre Skeveldra 2007 de Sébastien Riffault. Dur de trouver le sauvignon derrière ces belles notes bien mûres et minérales. Même en évoquant la Loire, on part sur un autre cépage. Le fromage aurait pourtant dû délivrer un indice.

     

     

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    Dessert en deux parties, jouant sur les oppositions. La gelée de pomelos est un délice, même quand on n'est pas fan de pamplemousse, tout comme la tarte fine au chocolat, très fine, très chocolat. Pas tenté le mix des genres, juste la succession des assiettes. Le Sylvaner Moelleux 2003 de Jean-Pierre Frick a bien officié tout du long. Minéralité marquée, sucrosité modérée, acidité équilibrée. Une VT qui ne peut être revendiquée, pour cause de cépage reconnu insuffisamment noble. Un vin que j'ai situé évidemment en Alsace, plus particulièrement chez Frick, mais en penchant pour un riesling. Sacré roturier, va!

     

     

    Ave Cesari, nourrituri te salutant!

     

     

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    Oui, merci Joël Cesari, de nous avoir si bien nourri, et merci Stéphane Planche de nous avoir si bien abreuvé. Les soirées thématiques à La Chaumière, c'est très souvent et régulièrement, généralement en présence d'un vigneron-invité. Le 30 avril, ils seront deux: Fanfan Ganevat et Bruno Schueller. Ça va dépoter dans La Chaumière!

     

     

    La Chaumière

    346, av. du Mal Juin
    39100 DOLE - FRANCE
    Tél+33(0)384707240 - Fax+33(0)384792560

     

     

    Olif

  • Mangeons et buvons nature à la Capitale


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    Les week-ends viniques parisiens se suivent et ne se ressemblent pas. Après la grand-messe populaire célébrée en grandes pompes Porte de Versailles par les Vignerons Indépendants, après le Tasting élitiste et bling-bling du Carrousel du Louvre, place au vin nature, à boire autant qu'à déguster à l'Espace Beaujon. Un salon de poche à la bonne franquette sans master-class, ni atelier gourmet, ni concours du cracheur d'or. Même pas beaucoup de crachoirs, juste du vin et de la convivialité. Et aussi un peu de foie gras à la table de Catherine et Gilles Vergé, pour marier quelques vins du Mâconnais en prévision des fêtes de fin d'année. La majorité des vignerons est encore éparpillée dans les rues de Paris que les plus pressés des amateurs poussent déjà la porte du rez-de-chaussée, tandis que pour le théâtre, c'est l'escalier au fond à droite.


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    Des retrouvailles et des découvertes, c'est parti pour quelques impressions furtives et une poignée de coups de cœur. Séance de rattrapage tout d'abord avec François Blanchard, du domaine du Grand Cléré, dont il fallait absolument que je regoûte les vins après une première expérience mitigée. Un sauvignon 2007 qui ne sauvignonne pas, mûr et dense, et un cabernet franc 2006 qui ne poivronne pas, à l'extraction bien mesurée, tous les deux très séduisants. Impeccable pour une mise en bouche et un domaine à suivre de très près. Du côté des Griottes, Patrick Desplats propose blancs et rouges sur deux millésimes différents (2005 et 2007), ainsi qu'une Petite gâterie plutôt sympathique, en tout bien tout honneur. Le chenin de la cuvée Caroline se décline en deux versions, sèche ou liquoreuse, toutes deux réalisées sur un mode oxydatif. Le premier fût de cette cuvée a d'ailleurs été ensemencé avec un fond de verre de vin jaune du Jura. Juste à côté, Fred Rivaton est arrivé. Sans se presser. Insufflant un air de tramontane dans la pièce. Ses deux cuvées de blanc 2008 (Vieilles vignes, 100% maccabeu, et Blanc bec, assemblage de maccabeu, carignan blanc et grenache) sont impeccables, minérales et tendues, avec un soupçon de gras et d'enrobage sur Blanc bec. Et les rouges, Gribouille en tête, ne sont pas en reste! Un gros coup de cœur.

     

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    Et vous, que faites-vous de votre talent? Euh..., du vin! C'est une chance!

     

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    Format, raisin, Oui mais non, Poires molles, les cuvées à Elise.

     

    Translation au Sud et à l'Ouest, du côté de Buzet, en compagnie de Ludovic Bonnelle, du domaine du Pech. On ne badine pas au Pech!  Et on ne se laisse pas facilement abuser. Quoique... Toutes les cuvées ne sont désormais plus présentées à l'agrément, elles devraient pourtant être l'honneur de l'appellation, que ce soit Le Pech abusé ou La Badinerie du Pech, des rouges solides et francs du collier.

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    Plus au Nord, on trouvera le duché d'Uzès et le domaine Lous Grezes, de Trees et Luc Lybaert. Une gamme conséquente, à l'accent flamand, dont un fort joli chardonnay minéral et frais, Les Elles, qui donne envie d'aller barboter dans la mer en maillot de bain jaune. Que des noms de baptême sympathiques pour des cuvées qui ne le sont pas moins.

     

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    "T'inquiètes, M'man!" C'est l'injonction de Jean-Marie Vergé à sa Catherine de mère, installée à la table à côté. Une manière de s'affirmer vis à vis d'une mère qui a du mal à ne pas couver sa progéniture, mais qui la laisse néanmoins voler de ses propres ailes. Que du rouge chez Jean-Marie, pour ne pas faire d'ombre aux blancs parentaux, du bon Gamay du Beaujolais, fruité et gourmand, un 2009 qui n'a rien de Nouveau et qui se laisse boire néanmoins à grandes lampées. T'inquiète, Catherine, il goûte bien, le rouge du fiston!

     

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    Catherine et Gilles Vergé, ils se trouvent à la table juste à côté, proposant à la dégustation une bonne demi-douzaine de blancs du Mâconnais. D'abord deux 2004, s'ouvrant sur de la réduction, durs à goûter ce soir-là, avant un Mariage blanc particulièrement heureux, puis un Mâcon 2001 développant une jolie aromatique de vieux vin ouillé et, enfin, un réjouissant vin de table du Mâconnais "Élevé au grand air". Trop facile pour un terroiriste jurassien!

     

     

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    Retour en Touraine, pour une deuxième belle découverte: les vins de Touraine de Joël Courtault, vigneron à Thésée. Sauvignon, Gamay et Cabernets biodynamiques déclinés à la mode nature, véritables petits fragments de terroir, frais et digestes, qui ont bien des choses à dire et ne le taisent pas.

     

     

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    Impossible de partir sans en reprendre une petite tranche! Justement, Philippe Jambon vient tout juste d'arriver. Jambon blanc 2003 et 2004, Une Tranche 2008, Bataille 2007 et Roche Noire 2006* goûtent à la perfection, à peine déballés du carton. De la grande quille zéro-zéro! Merci Mr Jambon.

     

     

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    Boire nature, c'est une chose, mais quand le miam est de la même veine, c'est encore mieux. Au Verre volé, l'assiette n'y est pas. Volée. Le culte du produit, servi sans chichi, de manière respectueuse. Cuissons chiadées, couteaux bien aiguisés, carpaccio de pot-au-feu bien assaisonné, andouillette Meurdesoif particulièrement goûteuse, purée maison savoureuse et verres bien remplis, en blanc comme en rouge.

     

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    Attention, Chenin méchant! Mais pourtant drôlement bon! Mordant et acéré, mais en même temps mûr et séducteur, avec une pointe de carbonique, plus ou moins marquée d'une bouteille à l'autre, ce 2007 de Nicolas Reau ne se laisse pas facilement tenir en laisse. La seule manière de l'apprivoiser, c'est de le siffler! L'Échappée belle vers le Bout du Monde d'Édouard Lafitte, qui, elle, se laisse écluser en moins de temps qu'une péniche ne met à descendre le canal Saint-Martin.

     

     

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    Une péniche à écluser, spectacle idéal pour digérer en sortant du Verre volé.


    Paris, Paris carbure! Paris épure! Paris biture! Mais Paris nature!

     

     


    Olif

     

     

     

    * Oui, Laurentg. Roche Noire 2006 et son fabuleux terroir de roche volcanique, la vérité si je manganèse (private joke).

     

    ** Buvons encore plus nature avec Mr Septime, de Mistelle.fr.

     

     

     

  • Marc Faivre, l'aubergiste accueillant de Malbuisson

    C'est l'histoire d'une auberge dans une petite cité balnéaire située au bord d'un lac de montagne. C'est l'histoire d'une famille qui a toujours cultivé le sens de l'accueil. C'est l'histoire d'une auberge accueillante qui a su s'adapter et évoluer avec le temps, passant de la bonne cuisine familiale à une cuisine gastronomique revisitant les produits régionaux, goûteuse, inspirée et exécutée avec brio. C'est l'histoire d'un chef étoilé qui a su garder les pieds sur terre et qui n'a pas pris la grosse tête. C'est l'histoire de Marc Faivre et de Catherine, son épouse. C'est une belle histoire et nous avons de la chance d'avoir une telle adresse pour bien nous accueillir dans le Haut-Doubs. C'est l'histoire du Bon Accueil de Malbuisson (25).

     

    Accueil

    Photo © Estèbe, au légendaire sens du cadrage, légèrement décalé vers la gauche.

     

    Arrivé sensiblement à mi-parcours, professionnel et familial, Marc Faivre a eu envie de regarder derrière lui. Pour juger du chemin parcouru, justement, mais les yeux résolument tournés vers l'avenir, afin d'évoluer, de progresser, tout en valorisant ses acquis. Ce bilan personnel, il fait l'objet d'un livre édité par Les Presses du Belvédère. Un livre écrit par le jovial André-Hubert Demazure et illustré avec talent par le photographe Jack Varlet. Perfectionniste et anxieux, malgré son sourire enjoué, Marc Faivre a souhaité faire un livre à son image, avec une volonté évidente de partage. Pas moins de 50 recettes, toutes emblématiques de la maison, sont répertoriées dans l'ouvrage, entrecoupées de portraits de ses meilleurs fournisseurs. L'occasion de tester sa version personnelle du Râble de lapin au savagnin ou de la Gourmandise glacée à la pistache, caramel au lait, deux des plus grands classiques de la maison, présentés depuis le début de l'aventure accueillante, et dont l'absence à la carte déclencherait un tollé de la part d'une clientèle fidèle, exigeante et parfois conservatrice.

    Et c'est avec un plaisir non dissimulé que l'on suit Marc Faivre faire son marché à la Ferme du Rondeau, à la distillerie Guy ou au Fort Saint-Antoine et remplir sa cave chez Fanfan Ganevat ou encore chez le Puf.



     

     

    Toutes les recettes figurant dans l'ouvrage ont été réalisées spécialement pour être soumises à l'objectif de Jack Varlet. Sans tricherie aucune et avec un grand souci de perfectionnisme. L'œuf de la photo de couverture, il a fallu le pocher 7 fois avant d'avoir trouvé l'aspect le plus photogénique et réussi le cliché idéal!

     

     

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    Le Chef a-t-il pour autant livré tous ses secrets? Loin de là! Il y a la recette et il y a celui qui l'exécute. Une exécution parfois capitale, dans les mains de cuisiniers peu expérimentés. Ainsi, cette vision olifienne d'une véritable petite tuerie pourtant enfantine à réaliser: les Pommes de terre coulantes au Mont d'Or et au Vin jaune. Celles-ci sont mangeables, forcément, mais à des lieues de celles qui nous ont été proposées lors du déjeuner de présentation du livre à la Presse et au(x) blogueur(s), en présence des 2 auteurs, de l'éditeur et du couple vedette. N'est pas Marc Faivre qui veut! Ni Jack Varlet pour prendre la photo, d'ailleurs!

     

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    Photographie réalisée à l'aide d'un téléphone portable. Amateur je suis et je resterai, ayant oublié tous les devoirs et mon appareil-photo à la maison lors de ce déjeuner!




    Olif
  • Plus belle la vie marseillaise...

     

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    La famille Olif, prise la main au Panier, c'était cette année à la Toussaint, après une première tentative avortée l'année dernière. Plus belle la vie sous le soleil marseillais, sans mistral, avec une température quasiment estivale. En voiture, à pied, en bus, en bateau, un condensé de Canebière, sans canette de bière ni de Pastis, mais avec de gros morceaux de bouillabaisse dedans et quelques vraies belles adresses à ne pas manquer.

     

     

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    Avant toute chose, brûler un cierge à Notre Dame de la Garde, la Bonne-Mère, pour s'assurer d'un bon séjour. Point de trombes d'eau ni d'inondation cette année. Ouf! Juste une accumulation d'ordures après notre passage, mais ce n'est pas de notre faute, juré! Le Vieux Port pas encore englué sous des tonnes de sacs-poubelles, on s'y promène aisément avant de gagner le quartier du Panier et ses petites ruelles en pente. Petite pause déjeuner préalable au Vinonéo, en terrasse. Une carte bistrot bien sympathique, où à chaque plat correspond un vin servi au verre. Justesse des accords, qualité de l'assiette, service agréable, une petite adresse tout à fait recommandable.

     

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    Dans un style plus "nature", le soir, on ne laissera pas sa part aux anges. Un endroit remuant, sans réservation, mais où l'on sait vivre et attendre sa place à table, assis au zinc, devant un verre s'il le faut. Il le faut. Ardoise courte, cuisine  simple et goûteuse, façon bistrot, large choix de belles quilles, même s'il faut parfois pousser le serveur dans ses retranchements. Une adresse quasiment incontournable, à deux pas du Vieux Port!

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    Nature morte de Saint-Pierre, la part des anges.

    Dernière mission impérative lors d'un séjour phocéen, manger une bouillabaisse. Une bonne, évidemment. Pas simple, pourtant, de manger une bonne bouillabaisse à Marseille! Il y a les endroits qui en font à toute heure de la journée, pièges à touristes à tarifs prohibés. C'est de la bouillabaisse. Et puis il y a les institutions, du type Fonfon, prises d'assaut le samedi soir (réservation préalable et précoce indispensable), ou encore Chez Aldo, sur le port de la Madrague.  Pas donnée non plus, mais on sait qu'elle est faite juste pour vous, lorsque l'on vous présente les poissons avant cuisson. Chez Aldo, on ne se fait pas prier pour y aller, même quand il n'y a pas de bouillabaisse. Parce que Chez Aldo, on y boit du bon vin nature de la tribu Alonso, servi par le Benjamin de la famille soi-même. Une belle carte des vins, qui se met progressivement mais sûrement en place, pour bousculer les habitudes stéréotypées de la clientèle en matière de boisson. Lors d'un premier passage le soir de notre arrivée, le Grand Blanc 2007 de Revelette, frais, minéral et tendu, a fait merveille sur une salade de poulpe puis des seiches à la plancha, impeccablement grillées.

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    Avec la bouillabaisse du surlendemain, repêchée in extremis juste pour nous, suite à un désistement de dernière minute, un Mâcon-Chaintré 2005 de L'Ancestra s'avèra indispensable. Forcément! Ce n'est pas le tout de manger, il faut boire, aussi! Et bon de préférence.

    Si le Marseillais a parfois la rage au volant, il a par contre le Vin Sobre. Un de ces endroits dont on raffole et que l'on n'aurait jamais connu sans la complicité d'un comparse blogueur local. La grand merci à Fred pour la découverte et pour la  superbe bouteille de Gevrey-Chambertin Lavaux Saint-Jacques 2006 de Philippe Pacalet qu'il avait mis dans sa poche. Au Vin Sobre, on peut donc y amener ses bouteilles pour les faire goûter, mais on peut aussi profiter de celles qui sont déjà ouvertes sur place. Et on ne va pas faire la fine bouche devant un Rachais 2004 de l'ami Francis Boulard, ni un Lassaigne millésimé 2002. Heureux Marseillais de bénéficier d'une telle adresse!



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    Marseille, c'est aussi la mer, le bâteau, le château d'If et les îles du Frioul. Une destination difficile à se refuser lorsque l'on joue aux touristes. On a joué aux touristes. Sans regrets ni remords. Et on reviendra à Marseille, un jour ou l'autre. La bouillabaisse me manque déjà. Peuchère!


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    Olif

  • Accro à Crozon !

     

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    Comme un début d'explication au long silence blog du début du mois de juillet, une carte postale vivifiante postée à retardement depuis Crozon, la dent du milieu de la fourchette bretonne, celle qui a une forme de croix facilement identifiable dans tous les atlas de géographie. Un genre de bout du monde possible. Une île, presque. La presque possibilité d'une île. Une presqu'île, tout simplement. Reliée au continent par deux axes, l'un au Nord, venant du Faou, l'autre au Sud, venant de Châteaulin. Une presqu'île surveillée par un grand Hom (non, pas Bernard Ménez!), placé comme une vigie à l'entrée du pays de Crozon et qui, du haut de ses 311 mètres, fait le guet sur cette perle sauvage. Des paysages tournés vers la mer, quelque soit le côté où l'on regarde, ou presque. Caractère méditerranéen du Cap de la Chèvre, côté baie de Douardenez, qui a des airs de calanques de Cassis, profil océanique breton du flanc Ouest de la même chèvre, balayé par les vents et les vagues de la Mer d'Iroise, dont les eaux turquoises viennent s'écarteler sur la côte rocheuoise, aussi sauvage qu'une Iroquoise narquoise cherchant des noises.

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    Quand la purée de pois venue du large recouvre progressivement les Tas de Pois, l'horizon se bouche vite. Bretagne crachine, mais pas Bretagne chagrine. Atmosphère envoûtante depuis l'éperon barré de Lostmarc'h, où les alignements de menhirs deviennent les silhouettes fantômatiques de nos ancêtres Celtes, préférant se barricader sur leur rocher plutôt que d'aller surfer à la plage.

     

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    « Plus loin, c'est l'Amérique! » se plaît-on à dire à Camaret. Un voisinage idéal, ces Ricains. Pas trop proches. La presqu'île du bout du monde n'est donc pas le vrai bout du bout. Ouf ! Mais c'est la dernière étape avant l'autre monde, le Nouveau, pour qui se trouve sur l'Ancien. Une étape à ne pas manquer, une halte indispensable pour prendre son élan avant de sauter par-dessus les Tas de Pois. Ou bien pour faire un brin de causette avec les filles de Camaret et vérifier si leur bon Père ne va pas trébucher en marchant sur ses coquilles qui pendent.

    Crozon, sa presqu'île, ses paysages grandioses, sa cave. Celle de la Presqu'île.

     

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    Le caviste de la Presqu'île, il s'appelle Laurent et il possède une bien jolie carte des vins. Tout l'été, il reçoit un vigneron, pour une dégustation. Chaque samedi. Des vignerons qui n'hésitent pas à aller jusqu'au bout ! De la Presqu'île, certes, mais aussi de leurs convictions. Après le cidre d'accueil samedi dernier (un bon cidre bio de Jehan Lefèvre, de la Ferme des Landes, à Saint-Cast-Le Guildo, dans les Côtes d'Armor), c'est le tour de Didier Michaud de venir se planquer un week-end à Crozon, avec les vins de son Château Planquette. 2003 et 2005 en dégustation, qui se goûtent plutôt bien. 2003, possédant beaucoup de fraicheur, largement de quoi faire glisser tout l'alcool caché entre les tanins, et 2005, déjà bien ouvert, riche également, mais à l'équilibre plus bordelais que languedocien.

     

    Crozon, sa presqu'île, ses paysages grandioses, son restaurant. Celui de la Presqu'île.

     

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    Le restaurant de la presqu'île, il s'appelle le Mutin gourmand. L'adresse incontournable pour le rebelle qui aime bien manger entre deux mutineries et pour l'amateur de vins qui aime bien manger aussi, entre deux dégustations. La carte des vins est un véritable bréviaire, où l'on retrouve toutes les références (ou presque) de la cave. Donc, forcément, il y a là la bouteille idéale pour accompagner le homard ou les ormeaux. En l'occurence, ce soir-là, un Saumur blanc 2005 La Charpentrie, d'Antoine Foucault (domaine du Collier), dégusté à l'aveugle, carte blanche ayant été laissée avec bonheur au Maître d'hôtel. Un chenin d'exception, à l'équilibre presque bourguignon, rappelant dans la finesse de son expression les vins du domaine Leflaive. Magique!

     

    Crozon, sa presqu'île, ses paysages grandioses, ses alignements de menhirs. Ceux de la presqu'île.

     

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    Ici à Lagatjar, dans la proche banlieue de Camaret. Parce qu'il y en a plein d'autres, en fait. Mais ces mégalithes-là sont aussi bien dressés que les petites affaires du curé ne pendent, c'est dire! Ils sont une centaine, dans les grandes herbes, à attendre depuis 4510 ans la visite du touriste jurassien de passage. Voilà, c'est fait.

     

    La Bretagne, il n'y a pas, je m'y sens à l'aise!

     

    Olif

  • Jonquières, château et dépendances

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    - "Et qu'est-ce qui vous a donc amené à Jonquières?" s'enquit la petite dame dijonnaise venue se ressourcer dans son pays natal et prendre, entre autres, des nouvelles de la famille.

    - "Le vin, Madame! Le vin!"

    Eh! oui, c'est qu'on en ferait, des kilomètres, pour partir à la découverte de la France des vignobles. Sans non plus être sectaire, car la soif de nouveaux paysages nous pousse volontiers sur sur le littoral breton lors de la grande transhumance estivale. Bière, cidre et chouchen sont alors notre boisson quotidienne, mais pas exclusivement, évidemment, faudrait voir à ne pas exagérer non plus! Cette parenthèse printanière fut donc languedocienne. Direction le haut Hérault. Jonquières, très précisément, là où le quidam peut mener un semblant de vie de château l'espace d'une escapade. Virée vinique, c'est le printemps, certes, mais de façon non unique, c'est le printemps. Randonnique également. Forcément, c'est le printemps. Entre une visite au Mas Jullien et un tour de vignes sur la colline de Lisson.


    1er mai, 9 heures 30. Déjà la foule dans le Désert, qui se ruant pour prier Guilhelm, qui courant composter le billet pour Saint-Jacques. "Ultreïa!", camarades pélerins, notre parcours suivant un temps celui de la confrérie de la coquille. "Ultreïa!" Quel cirque, cet Infernet! Pas la moindre connexion avec les gens de la terre, si ce n'est un pélerin ou un pékin égaré. Paysages à couper le souffle, ascension à couper le souffle également, tandis que le mistral, lui, par contre, se met à souffler. Le ciel se dégage, le soleil pointe son nez, mais la garrigue est encore humide de ce printemps arrosé. Les asphodèles sont en fleur, fugace ravissement printanier, dont il faut se hâter de profiter.


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    "Je suis hélas fou d'elle
    Délicate asphodèle
    Délètère éternité
    D'un hiver et d'un été
    Passé loin d'elle
    Ma blanche Adèle
    Terrestre asphodèle
    À défaut d'ailes"

    C'est beau comme du Rimbaud, ça a l'air d'être du Baudelaire, mais ce n'est que de l'Olif, désolé! La Nature inspire autant le poète que le blogueur!

    L'asphodèle, quant à elle, ne fut pas la seule fleur qui s'est offerte durant le séjour. Le Mimosa tint également une fort jolie place.

    Tout d'abord en Terrasse, sous l'horloge de Montpeyroux. Sympathique bistrot-bar à vins, la Terrasse du Mimosa est le successeur du restaurant de l'Horloge. On y mange une cuisine simple et goûteuse, agrémentée des plus beaux vins du secteur, dont un choix appréciable servi au verre. Le must ce soir-là: le Grand Pas de l'Escalette 2006, superbe!
    Et puis, ce fut la maison-mère: Le Mimosa à Saint-Guiraud, aux accents plus gastronomiques. Menu capricieux, présenté oralement avant le repas, service au verre capricieux également, fonction de ce que Bridget et David Pugh auront retenu pour accompagner le menu. Capricieux, mais classieux, puisque, ce soir-là, nous auront droit à un très beau vin de table blanc d'Aupilhac, une aromatique cuvée Sarments 2007 de l'Aiguelière, assemblage de sauvignon et viognier, un impeccable et droit Mas Jullien blanc 2006, un superbe Pic-Saint-Loup Clos Marie Cuvée Simon 2004, un époustouflant Clos des Cistes 2002 de Marlène Soria et pour finir, une originale Clairette Rancio du domaine de Clovallon. Menu en images:
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    On ne pouvait pas quitter Jonquières sans goûter à la production de nos hôtes châtelains, Isabelle et François de Cabissole, car les vins du Château de Jonquières ne sont pas non plus des aristocrates inaccessibles. D'abord en apéritif sur la terrasse, avec un joli rosé 2006, frais et fruité, légèrement épicé. Puis, de façon plus exhaustive en compagnie des co-locataires d'un week-end: à retenir, un joli blanc 2007, très floral, une cuvée Domaine 2007 aux tanins souples et une cuvée La Baronnie 2006, encore à peine marquée par le bois, mais de belle constitution. A signaler également, une originale Risée de Blanc 2003, du chenin surmaturé élevé en mode oxydatif pendant plus de 5 ans en barrique. Troublant!

    Rosé de Jonquières


    Jonquières, idéale destination pour boire du vin à la source. Une bien agréable façon de se ressourcer, quoi!

    Olif
  • Prendre Racines...

     

    Prendre Racines...

     

    Adresse parisienne de poche, désormais incontournable, planquée sous l'adorable passage couvert des Panoramas. Il fait bon y soigner le mal par le mal, en l'attaquant à la Racines. S'installer à une table, y prendre racine, justement. En se délectant d'un verre de Quartz 2007 de Claude Courtois (un sauvignon sans soufre, spécialement élaborée pour Racines), d'un Vin d'étable 2005 de Jean-Marc Brignot, par exemple, ou d'un Vitriol 2005 de Pierre Beauger (un Gamay d'Auvergne à la rusticité séduisante), ou encore un Rosso dei Muni 2007, un italien nature qui parle autant avec la bouche qu'avec les mains. Le bonheur assuré, en association avec la cuisine plus qu'organique de Pierre Jancou. Et son exceptionnel lard de Colonnata, ultra-finement coupé et servi sur une planche de charcuterie parfaite en guise d'amuse-bouche collectif.

     

    Lard de Colonnata, mmm...!

     

    Service impeccable, attentionné et de bon conseil, à la hauteur de la convivialité de l'endroit.

    Passage obligé, panorama imprenable, réservation indispensable. Racines, un immense plaisir qui se laisse volontiers chroniquer.

     

    Racines

    8, passage des Panoramas
    75002 Paris
    Téléphone : 01 40 13 06 41

     

    Olif

  • Autour d'un cep à Angers

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    Autour d'un Cep, on peut se réchauffer, dans un Angers gélifié et frigorifié.

    Autour d'un Cep, on peut canonner, en compagnie de vignerons renaissants. Le Off du Off. Buffet et bouteilles à volonté apportées par les participants. Une par personne, en principe. Sauf en ce qui concerne le Jura, qui a obtenu une dérogation spéciale. Ben voui, le Plouplou, ça dessoiffe!

    Autour d'un Cep, ce soir-là, la Coulée a coulé dans le caniveau, juste avant d'arriver, la faute aux poules. Du coup, l'on n'a pas goûté. Une confidence de Nicolas Joly, qu'il ne faut surtout pas répéter, les poules en pâtiraient.

    Autour d'un Cep, on mange des huîtres avec du Muscadet de Jo Landron, le père du patron.

    Autour d'un Cep, ce soir-là, on n'a pas pris de photos, soirée privée oblige.

    Autour d'un Cep, c'est 9 rue Baudrière, à Angers, pas loin du château. Sur la gauche avant la fontaine. C'est facile à trouver, c'est là où il y a du bon vin et une bonne cuisine du Marché.

    Autour d'un Cep, c'est une adresse angevine à ne pas manquer.

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    Olif


  • Le Doubs, saveurs et patrimoine


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    Le Doubs, 25ème département français par ordre alphabétique, tire son nom de la rivière qui le traverse de part en part. Le Doubs, Dubis, dont le nom pourrait signifier "eau noire" en ancien celte, prend sa source à Mouthe, la petite Sibérie française, où l'on bronze intégralement par - 20°C lorsque les températures sont clémentes, comme en ce moment. A -41°C, comme pendant l'hiver 85, on supporte toutefois un cache-sexenez. Lorsqu'il traverse le lac Saint-Point, du côté de Malbuisson, ou qu'il lèche les pieds du château de Joux, dans la cluse de Pontarlier, le Doubs flirte avec le patrimoine, qui ne manque pas de saveur par ici. Saveurs et patrimoine sont au Doubs ce que l'audou est à Laure: sa manne! C'est aussi le titre d'un remarquable ouvrage où l'on n'en croit pas ses yeux ni ses papilles.

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    Edité par les Presses du Belvèdère, ce beau livre est un cadeau pour l'amateur patrimonial affamé: une ville (différents quartiers en ce qui concerne Besançon), son patrimoine historique et culturel, sa bonne adresse gastronomique, avec présentation du Chef, suivie de recettes originales.

    Au hasard, l'alchimiste Pierre-Ivan Boos de Pontarlier et le bon accueillant Marc Faivre de Malbuisson. Et puis aussi le Christophe Ménozzi à Besançon, le Saint-Pierre, toujours à Besançon, l'Auberge de la Roche à Grandcombe-Chateleu, le France à Villers-le-lac, et plein d'autres encore. Toute la gastronomie doubienne (ça sonne mieux que doubiste, plus fréquemment usité) dans un seul et unique ouvrage, à avoir mis sous le sapin ou à se faire offrir à la première occasion. Mieux qu'un guide. De toute façon, il ne tient pas dans la poche!

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    Olif

    N.B.: les photos ci-dessus ont été prises à l'automne, parce qu'en ce moment, c'est plutôt ça:

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  • Déluge d'adresses cassidaines halloweenesques

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    Halloween-sur-mer, c'est devenu un rituel, dans la famille Olif. Tandis que les citrouilles fleurissent comme des champignons et envahissent les rues, vroum-vroum, on est heureux Nationale 7-5. Cap au Sud, via la tangente. Pontarlier-Genève-Chambéry-Grenoble-Manosque. Première tirée, de la neige du Haut-Doubs en passant par celle de la Croix Haute, à la pluie mesquine et manosquine. Le lendemain, éclaircie. Direction Cassis, via le chemin des écoliers. Tout émoustillés à Moustiers (Sainte-Marie), verts de peur au dessus du Verdon. Grandiose, magistral, vertigineux!

     

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    Mal à la gorge, à force de tournicoter le long du canyon, mal de mer avant de l'avoir prise. Assez trainassé. Envie de bouillabaisse. Le temps de poser les valises à deux pas du vieux port de Cassis, à la Villa Le Cèdre, une maison d'hôtes haut de gamme, superbement tenue par Anne-Marie et Philippe Gelot. Labellisée Fleurs de soleil, même quand il pleut. Petit déjeuner en terrasse, face au Cap Canaille, sauf quand il pleut.

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    Côté adresses, on n'a pas été maladroits, grâce aux bons conseils d'Anne-Marie Gelot. La bouillabaisse de Nino, elle a été vécue comme un pélerinage. Avec un Clos Val Bruyère 2006, du Château Barbanau, à l'étiquette relookée pour le meilleur. Décidément, un très très beau domaine que ce Château Barbanau!

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    Le coup de cœur de cette nouvelle virée cassidaine, ce sera pour Calendal, le pêcheur imaginé un jour sans vent par Frédéric Mistral, le Nobel provençal. Calendal, petit pêcheur d'anchois amoureux d'Esterelle, la petite sirène cassidaine qui lui en a fait voir de toutes les couleurs, mais qu'il a fini par épouser après avoir triomphé de toutes les épreuves, c'était son choix. L'histoire, racontée par Joël, l'intarissable patron du Restaurant Calendal, avec toute sa verve et son accent provençal, ce fut le dessert et la cerise sur le gâteau d'un épatant tian de bouillabaisse, une exclusivité de la maison, qui mérite largement le détour.

    Des vélléités marseillaises vite tombées à l'eau, en ce 2 novembre 2008, le séjour s'est resserré autour du vieux port cassidain. Tout juste une virée italienne à deux pas du port, du côté de chez Angélina, pasta et peintures, avant de s'engouffrer, le lendemain, au retour d'une échappée aixoise entre deux averses, dans un Chaudron de poche pour une cuisine simple mais goûteuse et en direct-live.

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    Cassis, ses Calanques, son Cap Canaille, ses trombes d'eau halloweenesques, ce qui n'arrive que tous les deux à trois ans, à ce qu'il parait!

    Et pendant ce temps, le soleil resplendissait au Nord de Lyon...

    Olif


    Nino

    1, Quai Jean Jacques Barthélemy
    13260 Cassis

    Tel : 04 42 01 74 32 - Fax : 04 42 01 74 32

    Calendal

    3, Rue Brémond
    13260 Cassis

    Tel : 04 42 01 17 70

    Chez Angelina

    27, Avenue Victor Hugo
    13260 Cassis

    Tel : 04 42 01 89 27

    Le Chaudron

    4, Rue Adolphe Thiers
    13260 Cassis

    Tel : 04 42 01 74 18


  • Du vieux à Châteauneuf et un Accueil toujours aussi bon...

    ... enfin, vieux Châteauneuf, pas tant que ça! 2001, l'âge de la maturité, mais des vieilles vignes ayant conservé la fougue de la jeunesse en plus.

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    Petite plan "Restau" estival au Bon Accueil de Malbuisson, après une (longue) parenthèse vers d'autres escales gastronomiques. Du classique haut de gamme signé Marc Faivre, avec, en entrée, une croûte aux champignons d'anthologie, un grand classique de la cuisine comtoise brillament interprété (gris de sapins, morilles et champignons de Paris en sauce crèmée), suivie d'un exceptionnel pigeon au jus, artichaut et foie gras, que la Mère Brazier n'aurait certainement pas renié. Divinement accompagné par un Châteauneuf du pape 2001 Vieilles vignes, Domaine de Villeneuve. Le chouchou de Lolo Baraou, mais ce n'est par lui que j'y ai goûté, même si c'est très certainement grâce à lui que je l'ai choisi sur la carte. Un vin somptueux, droit, minéral, complexe, sans aucune note d'évolution, au nez fabuleux, qui ne fait que s'épanouir dans le verre, conservant la même droiture du début à la fin. Le pigeon ne s'en relèvera pas, décortiqué jusqu'aux os. Le vin ne fera pas non plus de vieux os!

    Le Bon Accueil
    1 r Source
    25160 MALBUISSON
    Tél.: 03 81 69 30 58


    Olif


    Retrouvez aussi les Dégustantanés sur le Blog de la Pipette.
  • L'Auberge Basque

     

     

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    Une adresse de dernière minute, non inscrite initialement au programme, découverte grâce à Omnivore, le guide que l'on dévore, indispensable compagnon tant du voyageur curieux que du gourmand soucieux d'éviter les mauvaises surprises, du genre cheveu dans la soupe et fouille dans le potage. Comme un signe, quasiment une invitation en bonne et due forme, voilà que Mme Olif, délaissant la lecture des Editions complètes de la Pléïade, peu pratiques à emporter sur la plage, s'affole à la lecture d'un numéro estival de Elle, consacrant 4 pages à Cédric Béchade et son Auberge Basque. Tu parles d'une coïncidence! Impossible de ne pas y aller, d'autant que la "vieille route de Saint-Pée", c'est quasiment sur notre route, depuis Saint-Jean de Luz. Tandis que (tu parles d'une autre coïncidence!) la "vieille route de Saint-Jean de Luz" est aussi sur notre route, depuis Saint-Pée.

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    Un jeune chef beau comme un Rastignac, qui a quitté Biarritz, après des classes à l'Hôtel du Palais, pour monter à la capitale. Après un court séjour au Crillon, malgré sa bonne mine, il a mis la gomme et s'est taillé. Chez Ducasse. Avant de se casser, en ayant bien appris et retenu les leçons de ses Maîtres. Retour dans ce Pays qui lui collait aux basques, désolé, je ne peux pas m'en empêcher. L'Auberge Basque, sur la "vieille route de Saint-Jean de Luz", lui tendait les bras. Entièrement repensée et rénovée, la vieille auberge est devenue contemporaine. Un gros coup de dépoussiérage qui a porté également sur la cuisine. Du basque contemporain, aux associations inventives et audacieuses, mais puisant son inspiration dans les produits du cru. Une carte courte, joliment représentative, à l'intitulé simplifié qui permet une commande décontractée, même sans baccalauréat culinaire + 10.

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    - "Alors moi, je prends le cochon.

    - Pour moi, ce sera le bœuf.

    - Moi, je veux le saumon!"

    Dans l'assiette, c'est évidemment un peu plus compliqué. Beaucoup de saveurs et de textures qui s'entremêlent dans un melting-pot coloré et relevé. Un brin de sophistication parfois, mais les mets sont d'une qualité irréprochable. Avec le cochon ibaiona, qui touche au sublime, un autre pur produit du terroir basque à l'unisson: la Cuvée Haitza 2005 du domaine Arretxea. Une merveille de fruits noirs, au toucher de bouche voluptueux, dense et serré, mais pas trop, qui se laisse déjà apprivoiser progressivement et qui devrait conduire au nirvana dans pas bien longtemps. Vivement dans pas bien longtemps!

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    RESTAURANT L'AUBERGE BASQUE

    Tél: 05 59 51 70 00
    Fax: 05 59 51 70 17
    Quartier Helbarron,D 307
    vieille route de Saint-Pée (quand on vient de Saint-Jean de Luz)
    vieille route de Saint-Jean de Luz (quand on vient de Saint-Pée sur Nivelle)
    64310 SAINT PEE SUR NIVELLE

     

    Olif

     

  • Au cœur des Pyrénées à Saint-Jean-Pied-de-Port

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    « St Jean PdP!... Il y a une jolie table là-bas (au moins)!... Existe-t-elle toujours?... ».
    Oui PhR, la jolie table de Saint-Jean-Pied-de-Port existe toujours. J’y tapotais même sur un PC à l’instant même où tu écrivais ces lignes, profitant du Wi-Fi de l’hôtel, au sortir de la piscine.  Elle vient même de récupérer fort justement son deuxième macaron Michelin, venu récompenser une cuisine raffinée, bien ancrée dans la tradition basque, fort joliment interprétée.
    « Chez Firmin Arrambide », ou le fameux « Hôtel des Pyrénées » , deux étoiles sur les bords de la Nive, une halte incontournable pour tous les pèlerins venus composter leur billet dans le secteur. Succulent menu Terre-Mer (70€), à l’image du Pays Basque, rouge et blanc, généreux et goûteux. Impeccable Menu du Terroir (40€), le préféré des enfants, séduits par le risotto au parmesan, mais qui ont mangé tout le reste sans sourciller. Service très pro, décontracté et sympathique. L’Irouléguy 2003 du Domaine Mourguy a parfaitement accompagné tout le repas. A point, cet « Iroulémourguy » . Rond et aimable,  légèrement marqué par le côté chaleureux du millésime, mais sans excès de cuisson (oui, les raisins n’ont pas été rôtis sur pied, comme bon nombre d’entre eux en 2003 !).


    Menu terre et mer à 70 €


    Trilogie de mise en bouche (brochette de moule au curry, crème d’asperge et lasagne d’anchois, si ma mémoire (et celle de Melle Olif) est bonne), suivie de petits toasts au foie gras, pour accompagner un verre de Jurançon moelleux d’origine indéterminée (seule petite carence du service et j’avoue ne pas avoir fait preuve de beaucoup de curiosité)

     

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    La salade tiède de filets de rouget au basilic, croûtons à la tapenade (subtile alliance rouget-tapenade-basilic, un grand classique terriblement efficace)

     

     

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    La poêlée de langoustines aux artichauts, crème et chips de riz (une deuxième entrée extra, joliment présentée. Je n'ai pas bien compris l'intérêt de la chips de riz, mais c’est rigolo!)

     

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    La poitrine de canard rôtie aux épices, compote de fruits au gingembre, cannelle et safran (pour Mme Olif, à cause des épices et du gingembre, très certainement !)

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    ou

     

    Les ris d'agneau de lait aux champignons des bois (un grand classique basque, le ris d’agneau, paraît-il. Il y a des jours où l’on se prend à regretter d’habiter aussi loin de là !)

     

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    Le gratin de fruits rouges, crème glacée à la pistache et croustillants menthe (d’une fraîcheur et d’une légèreté exquises !)

     

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    ou

    Le sabayon au mascarpone, café et chocolat (pour Mme Olif, incorrigible gourmande qui a eu de trop grands yeux  et qui n’a pu venir au bout de son assiette. Forcément, du mascarpone, après les spécialités basques ..!)

     

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    Les petits fours maison (juste par gourmandise et sans photo)

     

    Menu du terroir à 40 €


     

    Le pressé de joue de bœuf au foie gras et vinaigrette aux pignons de pin (jolie construction, au design élégant, et qui n’a pas fait long feu dans l’assiette des enfants)

     

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    La blanquette d'agneau de lait et risotto au parmesan (bien trop vite mangés, pas le temps de prendre la photo !)
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    Le parfait glacé au café et la mousse au chocolat (copieux, d’après Melle Olif, petite gourmande prenant goût au café)

     

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    ou

    Les madeleines tièdes, fondue d'abricots confits, glace à la vanille (un bon dessert au parfum d’enfance, englouti en rien de temps par Olif Jr qui ne crache jamais sur une petite madeleine)

     

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    Les petits fours maison (voir plus haut)

    Hôtel des Pyrénées "Chez Firmin Arrambide"

    Saint-Jean-Pied-de-Port

     +33 0(5) 59 37 01 01 

    http://www.hotel-les-pyrenees.com 

     

    Olif 

     

  • Le Cèdre

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    Première étape sur la route du Sud-Ouest depuis Pontarlier (via Lausanne, Genève, Chambéry et Valence, un itinéraire somme toute pas illogique, il me semble, non?),  l’Auberge du Cèdre, à Lauret (34).
     
    « Si je Lauret su … ! » aurait pu s’exclamer le P’tit Gibus si la Guerre des Boutons avait eu lieu en langue d’Oc.
     
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    Ce Cèdre-là est un endroit unique, paradisiaque et aphrodisiaque, perdu au pied du Pic-Saint-Loup. Il veille sur le jardin, la terrasse ombragée, la piscine, prodiguant à ce lieu une âme. Il fait bon venir et surtout y revenir après y être venu. Au cœur des vignes du domaine de Cazeneuve, au lieu-dit Cazeneuve. on y trouve « cuisine ensoleillée, chambres d’amis et bonne cave ». Un retour aux sources du concept d’auberge, rationnel et évident. Bonne franquette et convivialité, sur la terrasse ou au bord de la piscine. De l’authentique, quand simplicité rime avec qualité. Au menu imposé ce soir-là, pour les heureux pensionnaires, salade de crudités et papillote de poisson. Babillotte de boisson au choix. Et il y a le choix !

    Après un verre apéritif de La Méjeanne 2006 du Mas Jullien, un exceptionnel vin moelleux sudiste, tendu, acidulé et frais, la découverte de l’un des petits derniers du Pic, le Mas Thélème. Mais pas un néophyte pour autant, puisqu’il est élaboré par Alain et Fabienne Bruguière, au patronyme bien connu par ici. Cuvée Carpe Diem, millésime 2004, le deuxième sous le nom de leur domaine, les raisins étant apportés à la coopérative auparavant. Encore un peu marqué par l’élevage, mais frais et soyeux, pourvu d’une belle concentration. Et à la jolie étiquette stylisée. Le nom du domaine s'inspire de Rabelais, rien à voir avec les maths élémentaires!
     
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    Le Loup, quand il vous pique !

    Auberge du Cèdre 
    Domaine de Cazeneuve 
    34270 Lauret 
    France 
    04 67 59 02 02
     
     
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    Olif 
     
    P.S.: dans les environs du Pic, on n'oubliera pas, en plus du domaine Cazeneuve, et du Clos Marie à Lauret, le Mas Mortiès, le domaine de l'Hortus, le domaine Sainte-Agnes et puis Zélige-Caravent, qui produisent tous des vins fort estimables. Cette liste est loin d'être exhaustive, évidemment.

  • Epicurea, fromages et vins à Poligny

    Epicurea, fromages et vins à PolignyTournée générale!


    - "Tiens, goûte-moi cet Arbois-Pupillin 2007! Un Ploussard de fruit d'une gourmandise incroyable, à siroter gentiment tout l'été et qui permettra d'attendre tranquillement le 2006."

    - "OK, mais après je te sers une Chalasses VV 2006. Ça goûte super bien en ce moment, tu m'en diras des nouvelles!"

    Vigneron-barman, un nouveau métier qui a de l'avenir. Manu Houillon et Fanfan Ganevat l'ont bien compris, même s'ils n'oublient pas de se servir entre deux "clients".

    Et Philippe Bouvret aussi, qui a invité les deux lascars à passer derrière le comptoir dans son tout beau magasin Epicuréa, en plein centre de Poligny. Fromages et vins, vins ou fromages. Du bon, du bio, du bon et bio, du bio et bon.


    Olif

  • L'Envers du Décor

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    Saint-Em', version bistrot. Un lieu unique, tenu par François de Lignéris (pas encore complètement remis de la vente (forcée) de son Château Soutard), où l'on peut s'offrir une parenthèse vinique extra-bordelaise. Moment de pur plaisir extatique, pas si incongru que cela. Le monde entier du vin dans une petite rue saint-émilionnaise.

    Très beau Montlouis Les Choisilles 2005 de Chidaine, épatant Fleurie "Ultime" 2005 d'Yvon Métras, en magnum, fringante Mémé 2006 du Domaine Gramenon, rafraichissant Châteauneuf 2004 du domaine Charvin, consistant Jadis 2004 de Barral, l'éclectisme de la carte des vins réjouit le palais par la justesse de sa sélection. La cuisine est goûteuse, un brin canaille, malgré quelques imperfections de cuisson.

    Quand on pousse la porte de cet établissement, aucun doute, on se retrouve dans l'Envers du Décor!

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    L'Envers du décor
    11, rue du Clocher – 33330 Saint-Emilion
    Tel. 05 57 74 48 31

    Olif

  • La Mise...

    ...en jambes

    ...en bouche

    ...en plis

    ...en forme(s)

    ...en bouteilles

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    Le Salon de vignerons
    Dont on parle en Arles.
    Un Cargo de Nuit le jour,
    Mais cette machine dans ma tête
    Machine sourde et tempête
    Euh, je m'égare...
    Du beau monde en Camargue,
    La Terre vigneronne promise,
    Par Julie et Caribou, les Miss de la Mise.

    La Mise, c'est le dimanche 17 février 2008, en Arles, et pour ceux qui en veulent plus, le lendemain, ils peuvent en remettre une couche, à La Re-mise, au Mas des Capelans à Nîmes.

    Olif

  • Paris vino-gastro-cul-turel...

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    Paris. La Tour Eiffel, les Champs-Elysées, les Folies-Bergères, les triples têtes étoilées, les illuminations, les grands magasins, les congrès d'envergure nationale. Il faut bien un alibi pour allier l'utile à l'agréable. Tout en restant raisonnable et sérieux, évidemment, comme d'habitude.

    Alors pêle-mêle et dans le désordre, quelques impressions parisiennes d'un séjour trop vite passé, rangées par thématique, hors professionnelle, quoique!

    Côté vino, découverte d'une nouvelle adresse à proximité de l'hôtel situé dans mon quartier fétiche de Montparnasse:  Mi-Fugue, mi-Raisin, sous titré Les Caves Delambre. Parce qu'elles sont situées rue Delambre, évidemment. A deux pas de la Tour infernale. Jolie sélection, juste et judicieuse, dont j'aurais bien rempli la valise, mais malheureusement, il eût fallu avoir plus de place entre les paires de chaussettes et les piles de chemises! Barral, Catherine et Pierre Breton (le Bourgueil Les Galichets, bu à la Régalade, est définitivement un vin bourré de fruit, de chair et de gourmandise, en 2005 comme en 2006), les Loges de la Folie, Thierry Allemand, Thierry Chancelle, Benoît Tarlant, ... impossible de citer tout le monde! Et puis, à deux pas de la Madeleine, arrêt à Lavinia, cela faisait longtemps. Le manger au restaurant est tout ce qu'il y a de plus correct, à des prix non surdimensionnés, d'autant que les vins sont proposés au tarif cave. Moins de 15€ sur table pour un Chiroubles 2006 de Christophe Pacalet, léger, frais, fruité, gouleyant, rien à redire! Au sous-sol, de façon non préméditée, se tenait une dégustation de Côtes du Rhône en compagnie des vignerons. Vite fait, parce que non prévue au programme et un train à prendre. Coup de coeur total pour le Rasteau Gourt de Mautens 2004, au fruité sèveux et aux tanins soyeux incomparables. Joli Cornas VV 2004 d'Alain Voge, doté d'une belle fraîcheur acidulée, Côte Rôtie 2005 de Jean-Michel Gérin encore bien marquée par le bois, impeccable Châteauneuf du pape 2005 du Vieux Télégraphe.

    Côté gastro, nouvelle satisfaction chez L'ami Jean, dans le 7ème. Présentation soignée pour cuisine goûteuse, revisitant avec bonheur les classiques pour les transcender. Belle carte des vins de laquelle je n'ai eu aucun mal à extirper un fort beau Cassis 2004 du Clos Val Bruyère, puis un Morgon 2005 cuvée Marcel Lapierre, devant lequel je m'étais déjà mis à genoux au salon de l'AVN à Troyes le week-end précédent.

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    Découverte, en ce qui me concerne, de la fameuse Régalade de Bruno Doucet, méritoire successeur d'Yves Camdeborde, qui a su maintenir l'adresse à son plus haut niveau de qualité. Goûteuse terrine servie à l'envi en guise d'amuse-bouche, pavé de thon cuit à la perfection, et une poitrine de cochon, là où tout est bon, surtout avec un petit Galichet 2006 de chez Breton.

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    Et puis, le Parc aux Cerfs, rue Vavin, un sympathique restaurant à la cuisine façon bistrot, transcendée sur une terrine de queue de boeuf servie tiède avec une sauce aux truffes et aux cèpes, en accompagnement d'un sublime Moulin à Vent 2006 d'Yvon Métras. Une carte des vins tip-top, dans laquelle on sent la patte de Paul Hayat, par ailleurs directeur de publication de la fameuse revue Le Rouge & le Blanc.

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    Côté turel, la révélation Soutine, à la Pinacothèque de la Madeleine. Peintre essentiel du XXème siècle, ami de Modigliani, il a peint comme personne les carcasses de boeuf, les lapins morts et les poulets suspendus par le cou. Une exposition à ne pas manquer entre deux achats chez Fauchon ou Hédiard, par contre totalement facultatifs, voire suicidaires pour le portefeuille.

    "Et le cul, alors?" s'exclament en choeur ceux qui ont tout suivi depuis le début et qui se sentent un brin frustrés par ce que le titre, alléchant, ne leur a pas encore montré. Ben oui, il fallait bien travailler un peu et prendre un petit cours d'anatomie féminine auprès du grand Gustave Courbet, mon très estimé compatriote, qui s'expose sans état d'âme au Grand Palais, pour le plus grand bonheur des amis des Arts et des femmes, à l'exception des âmes chastes et sensibles, qui sont priées de fermer les yeux ou de regarder ailleurs l'espace d'un instant.

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    Crédit photo Wikipédia

    Et que cela ne coupe l'appétit à personne, bien au contraire!

    Olif

  • Pour sûr: En avant doute!

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    Premier millésime pour Jérôme Jouret, premiers doutes! Mais la volonté d'aller de l'avant! 100% grenache pour une fraîcheur ébouriffante! Très "nature", mais net et précis, parfaitement dessiné, à la manière d'un vin du domaine Gramenon. Une similitude suggérée par le passeur de vins, mais j'approuve. Sans aucun doute. En avant doute, une cuvée qui ne porte pas si bien son nom que cela, tant elle assure et rassure. Un vin que même un pourceau n'aurait pas envie de cracher à la figure du pire ennemi des vins naturels!
    Pour le domaine Les Clapas: clap! clap! clap! Applause!

    Un vin venu d'Ardèche, passé par Genève, avant de se retrouver dans le Doubs. Passeur de vins, y a pas, c'est un métier qui fait voir du pays aux bouteilles! Et aussi une superbe adresse au coeur du vieux Genève, à une encâblure du Grand lac et de son redoutable geyser d'eau.

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    LE PASSEUR DE VIN
    RUE DE ZURICH 24 BIS
    CH-1201 GENÈVE
    T +41 22 994 20 20
    F +41 22 994 20 21
    INFO@LEPASSEURDEVIN.COM

     

     

    Olif

     

    Retrouvez aussi les Dégustantanés sur le Blog de la Pipette.

  • Besançon: le Marché élevé au rang des Beaux-Arts!

    Formulation à peine exagérée pour qualifier le marché couvert de cette bonne ville de Besançon, situé  juste derrière le musée des Beaux-Arts. Besançon, que je ne fréquente plus guère depuis que j'ai terminé mes études, cela fait plusieurs bonnes paires d'années maintenant, voire à peine plus. Plus trop le temps de descendre faire mes courses à la capitale (de la Franche-Comté) et puis, on a quand même tout ce qu'il nous faut dans le Haut! Plus trop le temps, sauf ... le dimanche matin, quand je dois faire le taxi pour emmener mon fils et sa copine à la gare!

    Officiellement, ils profitent de mon véhicule puisque je descends à Besançon. En réalité, comme je n'ai guère le choix, je profite du trajet pour faire une ou deux courses! L'occasion de revoir Didier Tardiveau, le crémier du Trou de Souris, parti faire le sien là-bas, et de redécouvrir ses talents d'affineur.

    Et puis d'acheter quelques spécialités italiennes à la Casa Alimentare. Ambiance joviale garantie et produits réjouissants! Sublimes charcuteries de Toscane, les meilleures, "si Dottore" !

    Et puis, de se rendre sur les coups de 11 heures 30 au Vin et l'Assiette, pour déguster un verre ou deux, souvent accompagné d'un petit toast, et mettre deux ou trois bouteilles dans le panier (Richaud, Domaine Cazeneuve, domaine du Tabatau, domaine Montgilet, Michel Gahier, le plus discret des grands vignerons d'Arbois, fils spirituel et digne héritier de Puffeney, et tant d'autres choses...). Plein de beaux flacons que le chaland vient chercher, en général pour son repas du midi, et que "Jimmy" se fait un plaisir de conseiller. Ce dimanche, dans le verre de l'habitué ou du simple passant, un superbe Arbois Chardonnay Les Crêts 2002 de Michel Gahier, tendu comme un arc, un opulent Côtes du Jura La Bardette 2003 d'Alain Labet, un tonique Arbois Poulsard 2004 du Puf, et un vigoureux Madiran 2004 de Bouscassé, aux tanins marqués, se civilisant à peine, mais très prometteur. Avec un petit toast "thon-curry" impeccable, s'accordant superbement avec les Jura blancs, notamment.

          

    Le Vin et l'Assiette, c'est également une cave et un restaurant, situé en haut de la rue Battant. Une vilaine rumeur préjudiciable se répand actuellement, telle un blob visqueux, laissant croire que l'assiette est vide et qu'il n'y a plus rien à la cave. Que nenni! On y trouve encore à manger et à boire, à profusion, et ce serait misère de s'en priver! Donc, je répète, à l'intention toute particulière des mal-comprenants:

    LE VIN ET L'ASSIETTE, C'EST TOUJOURS OUVERT!

    Et  enfin, l'occasion d'opérer une petite translation "purement chocolat", à la rencontre de Jacques Belin, célèbre Maître-chocolatier bisontin. Pour un petit dessert et goûter en prime à un "vin de cacao". En résumé, VinoCacao, c'est un vin de Bordeaux élevé dans des fûts où macèrent des cabosses de cacao torréfié. C'est mieux que des copeaux de chêne, et, surtout, cela donne un "vin" qui s'allie divinement avec certains types de chocolats, en blanc comme en rouge. Des vins parfaitement secs, à l'opposé des Banyuls ou Maury, ce qui peut constituer une alternative intéressante.

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    Finalement, le métier de taxi a du bon!

    Olif