01 février 2011
Variations d'En-Dive...
La Dive est une rivière française qui coule dans les départements de la Vienne, des Deux-Sèvres et de Maine-et-Loire. C'est un affluent du Thouet en rive droite, donc un sous-affluent de la Loire.
Une fois par an, la Dive sort de son lit, se met en bouteille et traverse les caves troglodytiques du Château de Brézé. Quand c'est trop, c'est troglodyte...
Après une copieuse entrée aux Greniers Saint-Jean, dont on reparlera plus tard, en Dive Brézé, c'était le plat principal et le dessert de ce week-end ligérien. En Dive à toutes les sauces, déclinée de multiples façons, y compris en sorbet, au grand dam des frileux et des hypothyroïdiens. Le Frai salon, ce n'est pas du réchauffé!
En Dive, avant ébullition...
Premier service, dans un ordre aléatoire ...
- En Dive au Jambon: du côté du Beaujolais, de bien belles choses chez Philippe Jambon, avec une Grande Bruyère 2007 toujours aussi top, du grand blanc long et profond, comme je les aime, ainsi qu'une trilogie de Chiroubles 2008, 2009 et 2010, de F. et H. Gonnet, un domaine qui n'existe plus dorénavant et dont Philippe assure la commercialisation. La progression était pourtant constante, à la vigne comme à la cave (2010 est une petite bombe!), mais les choses étaient devenues trop compliquées pour poursuivre l'aventure. C'est Karim Vionnet qui régalait du côté de chez Charly et Jean-Paul Thévenet, et là aussi, c'était gratiné, en Villages, à Chiroubles ou à Régnié.
- En Dive au Comté: en Jura, ça goûtait plutôt bien aussi chez Evelyne et Pascal Clairet, du domaine de la Tournelle. L'Uva 2010 (Arbois ploussard) juteux et gourmand, l'Arbois Chardonnay Terres de Gryphées 2008 plutôt tranchant (effet millésime), beau Savagnin de voile 2007, Jaune 2003 rond et fruité, Vin de Paille 2005 au bel équilibre acidulé. Pas eu le temps de goûter chez la coqueluche des filles de l'AVN, Etienne Thiébaud, du domaine des Cavarodes, mais je sais quand me rattraper.
- Fondue d'En Dive: du côté de la Savoie, de bien belles cuvées chez Jean-Yves Péron, avec une comparaison intéressante sur le Cotillon des Dames 2009, une cuvée de jacquère-altesse, version sulfitée à 1g à la mise versus non sulfitée. Malgré une quantité équivalente de SO2 libre en bouteille, voisine de 0g, les profils des vins sont complètement différents. La version sans soufre, plus expressive et épanouie, remporte les suffrages. Les Barrieux 2009 (jacquère et roussane) possèdent un bel élan, la mondeuse de la Côte Pelée 2009 se les pelait légèrement, mais goûtait quand même bien. Chez le voisin Jacques Maillet, peu de volume en 2010. Pas de cuvée Autrement rouge en prévision (assemblage). Les 3 cépages sont goûtés séparément et la mondeuse l'emporte haut la main à ce stade. La roussette 2009 est dans la lignée de ses aînées et promet beaucoup.
- En Dive à la provençale: ce fut l'entrée en matière et une bien sympathique rencontre avec Peter Fischer. Revelette aussi Grand, en blanc qu'en rouge, millésime 2008.
- En Dive en meurette: une jolie découverte que les Bourgognes de Julien Altaber, présentés par son patron et mentor Dominique Derain, et une confirmation avec les vins de Fanny Sabre, dont le Pommard 1er cru 2008 m'a failli tué une nouvelle fois.
- Gratin d'En Dive: pour terminer, une petite sélection de quelques bouteilles qui m'ont particulièrement tapé dans les papilles, entre autres le grolleau 2009 de Sylvain Martinez, soyeux, dense et charnu, Adonis 2009 et 2008 de Renaud Guettier, un pineau d'Aunis épicé et d'une grande et belle buvabilité dans les deux millésimes, les Hauts de Madon 2009 de Christian Venier, un Cheverny rouge juteux à souhait, le Coup franc 2008 de Stéphanie Roussel, un cabernet franc de pied du Marmandais aux tanins déjà très civilisés, L'Icaunais 2009 de la famille Courtois, en Sologne, un vin original à base de gascon, vieux cépage d'origine bourguignonne quasiment disparu.
Au final, une En Dive très nourrissante, même sans sauce béchamel.
Et pour ne pas prendre froid aux oreilles, rien ne valait un bon vieux bonnet de trappeur québecois, surtout porté avec élégance...
Olif
22:48 Publié dans Dives bouteilles ..., En léger différé du vignoble! | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
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20 novembre 2010
Beaujolais surtout pas nouveau ... aux Jardins!
Image retravaillée et piquée au Saint-Jus lyonnais, d'après P-U-R
En ce troisième jeudi de novembre, c'est la fête au Bojo. Une date devenue aussi mythique sur le calendrier des postes de l'amateur de vins que le premier week-end de février dans le Jura ou l'Ascension à Saint-Jean de Monts. C'est dire! Halleluiah! Il est né le divin dit vin Nouveau. Il est curieux de constater à quel point les aficionados de la première heure, qui ont adulé le Beaujolais Nouveau au point d'en faire une fête à neuneus avinés, sont les plus prompts à balancer leurs piques vachardes contre ce soit-disant anti-vin, pourtant antidote à la morosité ambiante. Ils le vilipendent, ça fout les boules, ça fout les glandes, les crottes de nez qui pendent. Tandis que dans le même temps, bon nombre d'amateurs, initialement réfractaires à la soulographie primitive et collective du mois de novembre, redécouvrent ce vin simple et festif, frais et gourmand, à partir du moment où il est véritablement redevenu du vin, dans les mains de vignerons artisans, respectueux du vrai et du bon. Exit la panoplie thermo-technico-bananesque, vive le bon Beaujolais gouleyant, au goût de raisin. Vive le Bojo, vive le Nouvo, vive le Bojo Nouvo!
Beaujolais surtout pas nouveau d'abord, même si évidemment on l'aime, parce que la dégustation successive d'une dizaine de vins primeurs n'aurait pas eu un intérêt fondamental pour l'amateur de base que nous sommes. Laissons cette prérogative punitive aux prestigieux sélectionneurs de vins français pour hard-discounters, qui sont désormais aussi indispensables à la critique vinique que TéléZ l'est au télespectateur d'ARTE ou à l'amateur d'opéra. Les Nouveaux que l'on a bus, ils avaient déjà été testés au préalable et approuvés par le jardinier Stéphane "Saint-Vernier" Planche, avec une modeste contribution du Blog d'Olif.
C'est parti pour une petite série de 8 vins, à l'aveugle, les anciens avant le(s) Nouveau(x).
- Beaujolais Blanc P-U-R 2009: nez finement grillé, qui vire au silex et au minéral. Un vin aiguisé, digeste et frais. 300 bouteilles de ce Chardonnay ont été produites par Cyril Alonso et Florian Looze chez Nicolas Testard. Bienheureux ceux qui auront la chance d'y goûter!
- Mélodie d'Automne 2009, Michel Guignier: après une petite note de réduction primaire, le nez se révèle frais et fruité, avec une sensation de bon végétal, sur la rafle. La bouche est joliment croquante, avec de tout petits tanins soyeux et gourmands. C'est très bon, on en boirait une sapine, mais il faut savoir être raisonnable. Sous cette étiquette mélodique autant qu'automnale, se cache en fait le Beaujolais nouveau 2009 de Michel Guignier. Ce qui incite vraiment, après l'euphorie de la fête, à laisser ces vins nouveaux poursuivre un peu leur processus de vieillissement en bouteille. Du vin, réellement, et du bon!
- Beaujolais-Village Les Lapins 2009, Nicolas Testard: robe burlat, plutôt soutenue. Réduction nasale marquée mais la bouche est nette, avec de la matière et de jolis tanins. Un vin qui claque et qui réjouit, une fois l'écueil éventuel du nez passé. Pourtant, ça pue comme j'aime et comme a aimé une grande majorité de l'assemblée. De biens jolis petits lapinous, encore bien jeunes et pas tout à fait propres, mais on se réjouit d'en goûter une cuisse d'ici quelque temps!
- Chiroubles 2008, F et H Gonnet: robe burlat, nez propre et net, sur la cerise. C'est rond, c'est bon, c'est bien fait et bien carré. Un Chiroubles qui remplit la quadrature du cercle, en fait, et qui devrait séduire les amateurs de vin clean, élaborés dans un excellent esprit. Une aventure désormais terminée, pour ce néo-vigneron qui a vinifié 3 millésimes pour son propre compte (2008, 2009 et 2010), avant de jeter l'éponge. Une bien jolie parenthèse vinique.
- Beaujolais-Village Hors normes 2009, P-U-R: un vin dense et soyeux, plein, séveux, épicé, poivré, velouté et frais. Grosse concentration pour un Beaujolais hors normes, issu d'une parcelle de vieilles vignes de gamay miraculeusement préservées du temps et des affres du monde moderne, complètement perdue au milieu des bois. Chapeau! Ce vin est une grosse bouffée d'air P-U-R dans le monde des Beaujolais standardisés, une grande bouteille potentielle.
- Fleurie 2008, Yvon Métras: un vin impressionnant par sa verticalité et sa longitidunalité, qui développe une "amplitude en longueur" et un profil plutôt serré, tirant le vin très loin. Il est encore loin de révéler tout son potentiel!
- Morgon Corcelette 2006, Jean Foillard: suave et végétal, soyeux, rond, il est relativement massif, à peine chaud, manquant d'un soupçon de fluidité qui donne "envie d'en reboire". Un Morgon qui appelle plus à manger qu'à reboire, de l'avis général. J'ai ressenti la même impression sur ce vin une année plus tôt, ce qui fait que je l'ai identifié à l'aveugle. Aucune gloire à cela, probablement de la chance, et le vin reste bien plus qu'honorable. Mais il lui manque néanmoins un peu de fougue et de personnalité.
- Le Jambon blanc, La Grande Bruyère 2007, Vin de table, Philippe Jambon: un blanc pour finir, de grande expression, long, très fin, très mûr, de grande classe. On ne dira jamais assez de bien des vins de Philippe Jambon, des vins à ne pas mettre dans toutes les bouches tellement ils peuvent surprendre et dérouter, mais qui témoignent d'un véritable savoir-faire du vigneron, doublé d'un feeling et d'une réelle expression du sol dont ils sont issus. Le sort s'acharne sur le domaine (troisième année de grêle consécutive, touché à + de 90% cette année), mais la résistance s'organise sans aucune concession à la facilité et à la modernité. Un vrai vin "zéro-zéro", sans aucune déviance œnologique d'aucune sorte, l'image fantasmatique de ce que peut être un grand vin blanc de chardonnay. Produit à Chasselas, Saône-et-Loire, à la limite du Beaujolais et du Mâconnais. Du Chasselas comme ça, au bon goût de chardonnay, on ne demande qu'à en boire plus souvent!
Olif
21:30 Publié dans Les séances de dégustation, côté Jardins! | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
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12 mai 2010
Dégustation inguinale à la BiojoLeynes
Leynes, petit village du Beaujolais au cœur de l'appellation Saint-Véran, jumelé avec La Brévine, vallée réputée comme étant la plus froide de Suisse occidentale. On comprend mieux ce jumelage de la part des neuchâtelois, avides de pulls en laine de toutes sortes. Le gamay, on en trouve aussi, dans le vignoble helvètique, mais moins que le chasselas. Ça tombe bien, Chasselas se trouve juste à côté de Leynes, au creux du pli. Tu parles d'une coïncidence!
A Chasselas, on produit essentiellement du vin à base de gamay. La boucle n'est pas loin d'être bouclée. Beaujolais, Biojolais, BiojoLeynes. Grâce à ce néo-salon créé pour fêter les vins bios, à l'initiative de 3 vignerons du secteur: Pierre Boyat, Yann et Stéphanie Desgouille, Catherine et Philippe Jambon. Plus qu'un salon, un marché bio où la crème de la viticulture biojolaise s'était donné rendez-vous. On y croisait même les Perraud en goguette, de l'autre côté de la barrière, venus, non pas faire déguster, mais goûter et remplir le caddie de charcuteries et autres Tranches de Jambon pour leur petite boutique de Vauxrenard.
Malgré la météo peu sûre et changeante, contraignant au repli dans la salle des fêtes, plutôt que de risquer le plein air arrosé sur la place du village, il ne fallait pas se leurrer. La BiojoLeynes fut une grande réussite. Beaucoup de monde, une belle ambiance, de bons vins, des vignerons enjoués et souriants. La fête au gamay et au Beaujolais! Sur les coups de 15 heures, on manquait de pain, mais pas de vin, c'est tant mieux.
Du vin dont il faudra bien extirper quelques coups de cœur. Subjectifs, forcément. Et surtout, des découvertes.
En 2008, malgré tous les aléas de l'existence vigneronne chasselassienne, il y aura du Jambon Blan ... chard. Grâce à Guy, Blanchard, qui a rétrocédé quelques-uns de ses raisins. Son vin à lui, celui de son bled, s'appelle le Vin d'Montbled. Le sien. Cela fait plusieurs fois que j'y goûte cette année et c'est vraiment très bon, pur et minéral. Le top, cela reste quand même Les Perrières Vieilles vignes, une merveille, toutes Perrières du monde entier confondues. Nouveau goûtage chez Michel Guignier, celui de Vauxrenard (parce qu'il a un homonyme, également en bio, du côté de Morgon), juste pour le plaisir. Moncailleux 2006 est un sommet caillouteux, exceptionnellement bon ce jour-là, et probablement aussi les jours suivants.
Au prix d'une légère translation sur la gauche, on pouvait découvrir une moitié de Bicéphale buveur, pris en flagrant délit le nez dans le verre. Non, ce petit Coin de Paradis, perdu dans une Grotte, ce n'est pas un Cerdon. Mais un gamay du Beaujolais et il n'y en a pas eu assez pour contenter tout le monde jusqu'à la fermeture. 6,5°, une robe groseille et une gourmandise régressive irrésistible. Le rouge 2005, en magnum, qui faisait son capricieux jusque-là, s'est complètement laissé aller. A 14 heures, il n'en restait déjà plus. Pour goûter aux micro-cuvées sans tracteur, sans électricité ou encore récoltée avec les dents, quand ce n'est pas à quatre pattes ou même en slip bleu, il faudra se déplacer à Saint-Etienne des Oullières, mais ça devrait valoir le coup. Le Domaine des Grottes, un nouveau nom à retenir, d'autant que Perrine est aussi charmante que Belge, tandis que Romain aussi, même s'il n'est pas Belge pour un sou. On remarque tout de suite, sur le cliché, que Perrine a les yeux de l'amour pour Romain, tandis que le Céphale n'a que les yeux du buveur. Michel Guignier, en arrière-plan, ne s'y est d'ailleurs pas laissé prendre.
L'autre grande découverte, c'est Hervé Ravera, de Marchampt, qui n'a pas hésité à ramener son Grain de Sénevé sur la table. Troisième millésime (2009) et déjà en "Roue libre". Le pas du sans soufre, pas osé jusque-là, a été franchi. Avec bonheur, puisque, des trois cuvées goûtées, sur ses trois premiers millésimes, c'est celle qui remporte tous les suffrages. Un vin juteux, frais et croquant, en totale roue libre. Ça bouge, chez les Grobis!
Un autre gros coup de cœur, et ce ne fut pas le dernier, pour les vins du Crêt de Ruyère de Jean-Luc Gauthier. Ce Biojô nouvo 2009 a beau être certifié non conforme pour défaut organoleptique majeur, il n'en est pas moins fichtrement bon. Tout comme le Chiroubles et le Morgon 2008. Jean-Luc cherche actuellement à lever le pied sur la production de vin et, en 2009, il a vendu une partie de ses raisins, notamment à Jean-Marc Brignot, qui vinifiera donc du Beaujolais en plus de son Jura, et peut-être même bien du Champagne également.
Juste avant la fermeture, alors que je ne m'attendais même plus à être émoustillé, dernier gros flash sur les vins de Bruno Debize, vigneron à Bully, Beaujolais du Sud. Un nombre impressionnant de cuvées à goûter (à la Beaujoloise, il en avait apporté 18!), avec quelques particularités (un blanc de Chadonnay et Pinot gris, fraichement replanté en toute légalité, et qui, depuis, n'est plus autorisé dans l'appellation). Une gamme passionnante, dont un Beaujolais Nouveau 2009 encore bien fringant pour son âge et un Villages 2001, qui, s'il semble amorcer une pointe de déclin d'après Bruno, n'en demeure pas moins solide sur ses jambes.
A tout cela, il convient d'ajouter les beaux Brouilly de Patrick Vermorel (domaine de la Fully), les élégants Saint-Véran de d'YS (Yann et Stéphanie Desgouille), le vin de pays "Noir de rouge" (trilogie de 2007, 2008 et 2009, avec une préférence pour le dernier-né) et le Saint-Véran de Pierre Boyat. Sans oublier la Roumanie Contée, présentée pour PUR par Anthony Tortul himself et Carole Testard.
Plein de vins, plein de belles rencontres, un exquis bœuf bourguignon au repas-vigneron. Et un immense regret: celui de ne pas avoir photographié le sourire lumineux de Catherine Jambon et Stéphanie Desgouille avant de repartir. On reviendra, alors... Rien que pour ça!
Olif
23:12 Publié dans En léger différé du vignoble! | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
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17 décembre 2009
Mangeons et buvons nature à la Capitale

Des retrouvailles et des découvertes, c'est parti pour quelques impressions furtives et une poignée de coups de cœur. Séance de rattrapage tout d'abord avec François Blanchard, du domaine du Grand Cléré, dont il fallait absolument que je regoûte les vins après une première expérience mitigée. Un sauvignon 2007 qui ne sauvignonne pas, mûr et dense, et un cabernet franc 2006 qui ne poivronne pas, à l'extraction bien mesurée, tous les deux très séduisants. Impeccable pour une mise en bouche et un domaine à suivre de très près. Du côté des Griottes, Patrick Desplats propose blancs et rouges sur deux millésimes différents (2005 et 2007), ainsi qu'une Petite gâterie plutôt sympathique, en tout bien tout honneur. Le chenin de la cuvée Caroline se décline en deux versions, sèche ou liquoreuse, toutes deux réalisées sur un mode oxydatif. Le premier fût de cette cuvée a d'ailleurs été ensemencé avec un fond de verre de vin jaune du Jura. Juste à côté, Fred Rivaton est arrivé. Sans se presser. Insufflant un air de tramontane dans la pièce. Ses deux cuvées de blanc 2008 (Vieilles vignes, 100% maccabeu, et Blanc bec, assemblage de maccabeu, carignan blanc et grenache) sont impeccables, minérales et tendues, avec un soupçon de gras et d'enrobage sur Blanc bec. Et les rouges, Gribouille en tête, ne sont pas en reste! Un gros coup de cœur.
En face, se trouve Elise Brignot. Des bruits courent qu'elle quitterait Montlouis. Pas encore, car elle a toujours des vins en élevage et des stocks à la vente. Mais les vignes ont bien été vendues cette année. Elise a d'autres projets, ailleurs, mais pour l'instant, il est encore l'heure de goûter Format raisin, Oui mais non ou encore Les Poires molles. Ainsi qu'un liquoreux somptueux produit en petite quantité et dont je n'ai pas mémorisé le nom.
Translation au Sud et à l'Ouest, du côté de Buzet, en compagnie de Ludovic Bonnelle, du domaine du Pech. On ne badine pas au Pech! Et on ne se laisse pas facilement abuser. Quoique... Toutes les cuvées ne sont désormais plus présentées à l'agrément, elles devraient pourtant être l'honneur de l'appellation, que ce soit Le Pech abusé ou La Badinerie du Pech, des rouges solides et francs du collier.
Plus au Nord, on trouvera le duché d'Uzès et le domaine Lous Grezes, de Trees et Luc Lybaert. Une gamme conséquente, à l'accent flamand, dont un fort joli chardonnay minéral et frais, Les Elles, qui donne envie d'aller barboter dans la mer en maillot de bain jaune. Que des noms de baptême sympathiques pour des cuvées qui ne le sont pas moins.
"T'inquiètes, M'man!" C'est l'injonction de Jean-Marie Vergé à sa Catherine de mère, installée à la table à côté. Une manière de s'affirmer vis à vis d'une mère qui a du mal à ne pas couver sa progéniture, mais qui la laisse néanmoins voler de ses propres ailes. Que du rouge chez Jean-Marie, pour ne pas faire d'ombre aux blancs parentaux, du bon Gamay du Beaujolais, fruité et gourmand, un 2009 qui n'a rien de Nouveau et qui se laisse boire néanmoins à grandes lampées. T'inquiète, Catherine, il goûte bien, le rouge du fiston!
Catherine et Gilles Vergé, ils se trouvent à la table juste à côté, proposant à la dégustation une bonne demi-douzaine de blancs du Mâconnais. D'abord deux 2004, s'ouvrant sur de la réduction, durs à goûter ce soir-là, avant un Mariage blanc particulièrement heureux, puis un Mâcon 2001 développant une jolie aromatique de vieux vin ouillé et, enfin, un réjouissant vin de table du Mâconnais "Élevé au grand air". Trop facile pour un terroiriste jurassien!
Retour en Touraine, pour une deuxième belle découverte: les vins de Touraine de Joël Courtault, vigneron à Thésée. Sauvignon, Gamay et Cabernets biodynamiques déclinés à la mode nature, véritables petits fragments de terroir, frais et digestes, qui ont bien des choses à dire et ne le taisent pas.
Impossible de partir sans en reprendre une petite tranche! Justement, Philippe Jambon vient tout juste d'arriver. Jambon blanc 2003 et 2004, Une Tranche 2008, Bataille 2007 et Roche Noire 2006* goûtent à la perfection, à peine déballés du carton. De la grande quille zéro-zéro! Merci Mr Jambon.
Boire nature, c'est une chose, mais quand le miam est de la même veine, c'est encore mieux. Au Verre volé, l'assiette n'y est pas. Volée. Le culte du produit, servi sans chichi, de manière respectueuse. Cuissons chiadées, couteaux bien aiguisés, carpaccio de pot-au-feu bien assaisonné, andouillette Meurdesoif particulièrement goûteuse, purée maison savoureuse et verres bien remplis, en blanc comme en rouge.
Attention, Chenin méchant! Mais pourtant drôlement bon! Mordant et acéré, mais en même temps mûr et séducteur, avec une pointe de carbonique, plus ou moins marquée d'une bouteille à l'autre, ce 2007 de Nicolas Reau ne se laisse pas facilement tenir en laisse. La seule manière de l'apprivoiser, c'est de le siffler! L'Échappée belle vers le Bout du Monde d'Édouard Lafitte, qui, elle, se laisse écluser en moins de temps qu'une péniche ne met à descendre le canal Saint-Martin.
Paris, Paris carbure! Paris épure! Paris biture! Mais Paris nature!
Olif
* Oui, Laurentg. Roche Noire 2006 et son fabuleux terroir de roche volcanique, la vérité si je manganèse (private joke).
** Buvons encore plus nature avec Mr Septime, de Mistelle.fr.
19:52 Publié dans Bons plans, bonnes adresses, Dives bouteilles ... | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
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20 novembre 2009
Beaujolais (surtout pas) nouveau ... aux Jardins
22:57 Publié dans Les séances de dégustation, côté Jardins! | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
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07 octobre 2009
Beau et joli Beaujolais...
Tandis que de chanceux amateurs helvètes dégustaient un quart de siècle de grands Beaujolais dans un Palace au bord du grand lac, le petit doigt en l'air, les "pochtrons du premier cercle" se piquaient la ruche avec trois semestres d'infâmes Bojo dans une gargote de campagne*. En toute simplicité. Une initiation en moins grande pompes que celle concoctée par l'ami Le Châ, à laquelle j'aurais sincèrement bien aimé participer (dis, Le Châ, tu m'emmèneras un jour dans ton Beaujolais?), mais il fallait dépuceler le palais des "épicuriens du 57", une bande de joyeux drilles formatés aux GCC bordelais et aux GC bourguignons. Hors pinot noir, cabernet et merlot, point de salut? Que nenni, même si certains ont effectué le voyage à reculons! 70 km pour biberonner du Beaujolais, tu parles qu'on a envie de venir! Ils sont pourtant repartis en chantant des paillardes, ne jurant plus que par le gamay! "Beaujolais, Beaujolais... (les gars, si vous me lisez et que vous trouvez que j'en fais trop, dites le moi, par message privé exclusivement).
Le Beaujolais, cette région mal aimée, autant plébiscitée pour de mauvaises raisons qu'elle n'est rejetée pour de bonnes. Le Beaujolais, systématiquement pointé du doigt lorsque l'on cherche à dénoncer les excès d'une viticulture productiviste. Le Beaujolais, qui recèle pourtant de véritables pépites quand on sait les dénicher.
Une belle occasion de prouver qu'en Beaujolais, on peut faire bon, alors? Et de différentes façons.
Les vins, prélevés dans les caves respectives (sauf dans celle des épicuriens, qui n'en possèdaient généralement pas le moindre échantillon) ou dans celle du Bon Echanson de Pontarlier, ont été goûtés dans un aveugle quasi-complet, sauf pour celles que j'avais moi-même apportées et que j'ai aisément reconnues. Une sélection loin d'être exhaustive, évidemment, mais que l'on aurait pu étoffer un peu plus. Les vins ont été servis dans un ordre aléatoire et par paires.
Pour la mise en bouche, trois blancs, dont deux hors sujet:
- Le Jambon blanc La grande Bruyère 2004, Vin de table, Philippe Jambon: le nez parait un peu réduit de prime, puis s'ouvrant sur des notes fruitées et lactiques, avec une pointe de colle blanche. Il ne séduit guère, ce nez, mais moi, je l'aime! Parce que derrière, c'est finesse, longueur, épices, minéralité et compagnie. La bouche est tout simplement superbe, immense et complexe, celle d'un beau chardonnay minéral en toute liberté. Il y a du vin, dans cette bouteille, même si tout n'est pas encore parfaitement ordonné et fondu. La finale est magnifique.
- Mâcon-Lugny L'Aurore Chardonnay 2006: un chardonnay plutôt exotique car le nez ... sauvignonne! Bouche serrée, fluette, finale amère. Pas grand chose à sauver de ce vin crépusculaire. L'Aurore est apparemment une marque de la cave de Lugny, destinée à la GD. Pas cher, pas bon, pas Beaujolais, en plus. Vite! un coup de Jambon blanc!
- Alsace Noir 2007, domaine Josmeyer: personne ne s'y laisse prendre. Un Beaujolais blanc qui pétrole comme ça, c'est forcément un vin d'Alsace! Assemblage de Pinot noir et de Pinot blanc, tonique et minéral, frais et sympa.
- Beaujolais L'Ancien 2007, Jean-Paul Brun: robe rubis brillante, presque trop belle pour être honnête. Nez peu expressif, bouche serrée et acidulée, pour tout dire fluette. Un vin décharné et, pour tout dire, une grosse déception. Un problème de bouteille?
- Roche Noire 2005, Vin de Table, Philippe Jambon: pas de chance pour Laurentg, ce n'est pas un 2006 (dont une bouteille est défectueuse et, pas de chance, c'est lui qui l'a eue!**) mais un 2005. Au nez mûr et épicé, à la bouche charnue et pleine, épicée, arrondie par une petite note acétate en finale. Pas suffisamment marquée pour être percue comme un défaut, au contraire, elle accentue la sensation de buvabilité et participe pleinement à l'équilibre du vin. J'aime!
- Fleurie 2007, Yvon Métras: nez un peu réservé, mais derrière, c'est le festival! Bouche fruitée et épicée, charnue et gourmande, particulièrement réjouissante. Ça se boit sans le moindre effort, une véritable qualité que d'aucuns, dans le deuxième cercle, voient d'un mauvais œil et d'une mauvaise bouche.
- Morgon Tradition VV 2006, Domaine Aucœur: au nez, c'est plutôt cassis et menthe poivrée. Les tanins sont lisses en bouche, acidulés et frais. Pour tout dire, Ça pinote un peu et ce n'est pas désagréable. Servi en parallèle avec le Fleurie, il parait un peu en retrait, mais c'est une bouteille tout à fait acceptable et correcte, dans un style radicalement différent.
- Morgon Corcelette 2006, Jean Foillard: un des musts de la soirée, particulièrement rond et gourmand, relevé et épicé, qui s'est vu attribué un grand coefficient de "torchabilité". Le deuxième cercle se mord les lèvres et serre les fesses! Dans cette bouteille, il y a du fond, il y a du vin, il ya une dimension!
- Moulin à Vent 2006, Bernard Santé: dans le genre clean et propre sur lui, ce Moulin à Vent possède bien des accents bourguignons. Fruité, il a tendance à pinoter un peu. De manière un peu guindée, mais il n'y a pas grand chose à lui reprocher. Si ce n'est un soupçon de folie, qu'il se débride un peu. Une version classique du cru.
- Morgon 2007, Joseph Burrier: un vin droit, ferme et un peu strict, qui a du mal à illuminer la fin de soirée, incitant à se replonger avec délice dans le Corcelette ou le Fleurie.
Une soirée particulièrement réjouissante, définitivement réservée aux "pochtrons du premier cercle", résolument placée sous le signe du plaisir. Celui de découvrir, celui de boire, celui d'apprécier., celui qui rime avec Beaujolais. Cette comparaison improvisée entre "classiques" et "modernes" a largement tourné à l'avantage des "nature", sans que tous les autres n'aient véritablement à rougir.
Ah! Beaujolais, que nous prépares-tu comme secrètes expérimentations au cœur de tes caves?
Olif
* La gargote, c'est Chez Walter, à l'Auberge des Montagnards, et les filets de perche meunière y sont succulents.
**C'est de l'humour, Laurent, hein?
P.S.: le Beaujolais me faisant perdre tous mes sens, il semblerait que j'aie oublié de mettre une pellicule une SD Card dans l'appareil photo ce soir là. D'où ces quelques images du Haut-Doubs automnal pour agrémenter la dégustation.
23:17 Publié dans Dives bouteilles ... | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
| Tags : beaujolais, morgon, philippe jambon, jean foillard, yvon métras, bernard santé, jean-paul brun |
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17 mars 2009
Roche Noire sur fond blanc
Une fois les bornes dépassées, no limit! Direction le plaisir absolu, tout schuss! Roche Noire 2007, du Gamay porte-bonheur, les épices et la couenne du Jambon. Digestibilité, buvabilité, sans défaut notoire perceptible, si ce n'est que la bouteille se descend bien vite! Pas de bon augure pour le futur cancer, tout ça! C'est du 2007, et il possède bien les caractéristiques fruitées immédiates du millésime. Une pure gourmandise. Le 2006 fait débat (clin d'œil à l'ami Laurentg, infatigable dégustateur de tout ce qui bouge), je me souviens l'avoir très bien goûté sur fût au domaine. La mise est récente, peut-être nécessite-t-il juste un peu de temps? Parce que la matière est bien présente, celle d'un beau gamay marqué par son sol si particulier, riche en manganèse.
Olif
P.S.: 2009, la révolte vigneronne gronde, en Languedoc comme ailleurs. Le vin n'a pas envie de se laisser crucifier sans réagir. "Pour l'honneur du vin", Roselyne va être acculée dans ses derniers retranchements, son petit tailleur rose coupé de rouge et de blanc. Merci Jean Clavel et tous les vignerons membres de l'association "L'honneur du vin" pour cet acte de bravoure! Cette Roche Noire leur est dédiée!
22:38 Publié dans Les Dégustantanés | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : roche noire, philippe jambon |
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16 novembre 2008
Jambon, Jambon


19:04 Publié dans En léger différé du vignoble! | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
| Tags : philippe jambon, chasselas, mâcon |
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30 octobre 2008
30 octobre 2008: le Yin et le Yang


Le Clos de la Belle Croix 2005, Vin de table (de l'Orléanais), Reynald Héaulé: saluons cette jolie découverte des Zinzins du Vin, un vin de l'Orléanais tendance nature, frais et élégant, épicé et végétal (sur le bon côté du végétal), aux tanins souples et croquants. Une belle introduction à la thématique de demain pour les Vendredis du Vin.
Olif
* m... blanche, © Cancoillotte.net: c'est blanc, ça vient l'hiver et ça ne sent rien, mais c'est un peu merdique quand même. Surtout quand on n'a pas de pelle! 
Retrouvez aussi les Dégustantanés sur le Blog de la Pipette.
16:39 Publié dans Les Dégustantanés, Quartiers libres... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : vignes d'élodie, philippe jambon, reynald héaulé |
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