13 avril 2011
Cent mots sur La vigne et le vin cent mots
Tout juste l’équivalent d’un tweet pour vanter ce petit livre ludique et rigolo paru aux Éditions Le Polygraphe, brillamment écrit par Sylvie Reboul, et joliment illustré par Pascal Jousselin. Abécédaire plus que dictionnaire, la seule contrainte des ouvrages de cette collection est d’en donner pour un cent.
En mars, c’est la fête à Sylvie Reboul, qui s’est également fendue d’un très joli portrait de Michèle Aubéry dans le magazine Terre de Vins. Il lui a fallu beaucoup plus de cent mots pour évoquer le « cœur nature » de la célèbre vigneronne de Montbrison sur Lez, qui bat à l’unisson de celui de Gramenon.
Olif
P.S.: il y a bien cent mots tout pile dans le texte ci-dessus. Que ceux qui n'ont pas confiance recomptent! En cas d'erreur de ma part, je leur paierai un verre de Gramenon.
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03 mars 2011
Une Mémé 95 bien encadrée
"Même si le cadre est beau, rien ne vaut le tableau", s'esclaffa rigolard Pierre Overnoy, bien encadré par Nathalie et Joël Césari, dont le retard fut volontiers toléré pour cause d'arrosage de la sortie du nouveau guide Michelin et le maintien dans les étoiles de leur Chaumière doloise. Après le passage du Pudlo la semaine précédente, c'était l'euphorie dans la plaine, là où sont les Dolois, comme chacun sait.
Un Pierre Overnoy en forme olympique, dont on buvait la parole avant de bientôt la lire, donna une fois encore une fabuleuse leçon de dégustation et de modestie à une assemblée conquise à l'avance. Le prétexte de cette soirée: une bouteille de Mémé 95. Le plus grand millésime de cette aïeule du domaine Gramenon, d'après Pierre. Et il lui fallait l'ouvrir pour le prouver, il l'avait promis à Joël. Une dégustation avec une seule bouteille, aussi magnifique soit-elle, n'était pas très raisonnable à envisager. Il a fallu "étoffer un peu autour". Quelques petits flacons pour l'encadrer, des convives supplémentaires, et le tour est joué. L'étoffe n'a finalement pas manqué. Le repas qui a suivi, concocté spécialement par Mamouillon, fut digne d'un étoilé. Le gâteau sous la cerise. Les poulets ne courront plus en liberté sur le coteau d'En Chaudot, mais leur sacrifice n'a pas été vain. Ils sont désormais passés à la postérité culinaire.
Mais, auparavant, place à la dégustation, avec une double équation à résoudre: cépage et millésime. Concentration maximale demandée, on devait entendre un chargeur de batterie pour sécateur électrique charger, même en présence des dames. Et voler une mouche, même s'il n'y avait pas de mouche.
0,8 seconde pour prendre le premier nez, dégustation à l'aveugle, débriefing, puis nouvelle dégustation pour bien fixer le vin avant de passer au suivant, le facétieux Maître de cérémonie a bien exposé la méthodologie et les enjeux avant de commencer.
- Arbois-Pupillin Chardonnay 2008: une mise en bouche affûtée, à la vivacité acérée et au fruité exacerbé. Profond et acidulé, un vin d'avenir qui se boit déjà avec un plaisir non dissimulé, sur son fruit.
- Arbois-Pupillin Chardonnay 1985: le premier millésime zéro soufre de Pierre Overnoy, après une parenthèse œnologique de quelques années, suite à une "petite formation" à l'école de l'œnologie moderne de l'époque. Comme les vins qu'ils a produits durant ces années ne lui plaisaient guère, contrairement à ceux de son père et de son frère Guy, restés 100% naturels, Pierre a vite fait marche arrière. Le nez est tout simplement superbe, celui d'un beau chardonnay sur l'âge, avec ses notes toastées et grillées. La bouche est bien arrondie et lissée, l'harmonie n'est pas loin, avec ce qu'il faut de vigueur pour la porter.
- Arbois-Pupillin Chardonnay 1990: un beau millésime, cela se sent d'emblée au nez, même si, initialement, il y a de la retenue. La bouche a l'éclat et le tranchant d'un morceau de calcaire bien affuté. Sa finale acidulée et salivante me fait penser à un savagnin. Nul n'est prophète, surtout pas moi...
- Arbois-Pupillin Savagnin 1989: là encore un grand millésime et certainement le plus grand savagnin produit par Pierre Overnoy, d'après lui. 89, année de cochylis, le verre de la grappe, qui, au lieu de réduire à néant les raisins, fut à l'origine d'une botrytisation. Récolté à grande maturité, ce savagnin développe des notes d'orange confite, évoquant le Chamonix orange pour certains. Une rondeur alcooleuse, sur des notes de marc, parfaitement patinée en milieu de bouche, témoigne de la puissance du vin. Aucun déséquilibre pourtant, une harmonie quasi-parfaite qui persiste longtemps en bouche. De l'encadrement élevé au rang d'un art majeur...
Petite pause cochonailles-Comté-amandes avant de venir taquiner l'ancêtre. Les palais sont bien échauffés, ça va aller! Bouteille annoncée, donc non dégustée à l'aveugle, c'est une lapalissade.
- Côtes du Rhône 1995, La Mémé, Domaine Gramenon: le nez dans le verre, silence absolu. Et respect. Une pointe de fumée, de la suie, des notes de noyau, sans sensation véritablement kirschée. Le fruit encore au plus pur. Les tanins sont d'un soyeux enveloppant, qui évoque irrésistiblement Rayas. Un tableau de maître, sans aucun doute, tout à fait dans l'esprit de ceux que peint Michèle Aubéry et qu'elle exposait à l'occasion de la Dive Bouteille.
©Michèle Aubéry, domaine Gramenon
Retour en Jura, pour compléter l'autre moitié du cadre. Vins rouges, donc une seule inconnue, le millésime. Le cépage, c'est du ploussard. À Pupillin, c'est quasi obligatoire!
- Arbois-Pupillin 1970: une bouteille tirée de la pile de gauche (sous réserves), vinifiée par Guy Overnoy, le frère de Pierre. La couleur tire sur le rosé orangé. Elle influence négativement. Un tel vin ne peut être que fluet. Finalement non. Sûr qu'on est dans la gracilité, la finesse et l'élégance. Et la désaltérabilité. Jules Chauvet, cité de nombreuses fois par Pierre Overnoy, insistait sur cette qualité indispensable à toute boisson œnologique. Ce 70 n'en manquait pas, pour compenser son (relatif) manque de puissance et de complexité. Millésime à gros rendement, dame nature fut généreuse cette année-là.
- Arbois-Pupillin 1971: encore une bouteille à Guy. Couleur à peine plus soutenue, brique orangée, mais bouteille bien chemisée. 71, année antagoniste, avec de tous petits rendements, de l'ordre de 8hl/ha ici. Certains n'ont ramassé que deux seaux de raisins à l'hectare! Nez épicé, sur l'orange confite. Bouche avec une matière relativement soutenue, qui a encore beaucoup de peps et de tenue. On sent qu'il y avait du vin, qu'il y en a encore, même dans le registre de l'évolution. 40 ans bientôt, ce n'est pas rien. Mais le changement de décennie ne devrait pas trop l'effrayer.
- Arbois-Pupillin 1990: une gamine, pour terminer la série des rouges. À la robe encore très soutenue et à la bouche pleine de peps. Tout juste 20 ans, et ça refuse déjà de vieillir. Il n'y a plus de jeunesse! Un vin exceptionnel, taillé pour les générations futures.
Il y aura bien encore quelques petites choses à grignoter et à boire, à la fin de l'atelier d'encadrement, dont un Chardonnay 97 et un Crémant 1989 demi-sec acheté par Pierre à l'un de ses amis vignerons qui avait osé faire du Crémant en 1989, alors que le raisin était si riche et si beau. La mémoire flanche quelque peu pour retranscrire ces moments intenses qui se sont poursuivis fort tard en soirée. J'ai donc définitivement "terminé mon intervention", leitmotiv de la soirée, après m'être largement abreuvé de la parole et des vins de Pierre.
Olif
20:37 Publié dans Dives bouteilles ..., En léger différé du vignoble! | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
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29 novembre 2009
Le raisin, l'amour, le vin, les femmes...
Du vin 100% raisin ou du vin 100% féminin, c'est du vin 200% fait avec amour. A ma gauche, Ségolène Lefèvre, historienne du boire et du manger. Auteure d'un livre dédié aux femmes et à leur amour du vin*. Mais c'est qu'elles l'aiment, le vin, les femmes! Au point d'en faire, d'en boire et même de lui consacrer un livre! Dans son ouvrage, Ségolène passe en revue différents aspects de la relation amoureuse féminino-vinique (celles qui le font, celles qui le servent, celles qui le boivent), tout en donnant la parole à différentes actrices du monde du vin actuel, qu'elles soient PDG, sommelières, critiques ou vigneronnes. Dans cette dernière catégorie, c'est avec grand plaisir que l'on retrouve une interview de cette chère Iris, du domaine de Lisson, qui n'a pas sa langue dans sa poche lorsqu'il s'agit de briser les carcans sexistes qui règnent dans le monde viticole.
A ma droite, Sylvie Augereau, journaliste omnivore qui ne mange pas pour autant à tous les râteliers ni ne boit à n'importe quel goulot. Du vin, oui, mais 100% raisin! Une femme de glou, assurément! Son Carnet de vigne** est une succession de portraits vignerons enjoués, de ceux qui font des vins à leur image. Pas un guide classique mais des pistes solides pour se forger sa propre expérience en la matière et partir à la rencontre de ces gens du vin, généralement des vignerons tendance bio et/ou nature, c'est à dire mettant le moins possible de Gibolin en n'dans. Les Extras de son guide sont une récompense qui met en avant une tête emblématique de l'esprit Omnivore. Cette année, l'Extra vigneronne est aussi une femme. Evidemment, puisqu'elle est vigneronne tout autant qu'extra. Ses vins nous enchantent régulièrement le palais et sont à son image: sincères, attachants, fortement aimables. On les plébiscite aussi et on les adore, comme on adore Michèle Aubéry-Laurent du domaine Gramenon.
Un carnet comme on en boirait plus souvent, autant qu'une Poignée de raisins 2008!
Olif
* Les Femmes et l'amour du vin, Ségolène Lefèvre, éditions Féret
** Carnet de vigne 2ème cuvée, Sylvie Augereau, Omnivore, éditions Hachette pratique
17:17 Publié dans Quartiers libres... | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
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29 mars 2009
Le risotto aux asperges qui tue de la mort! (ille)
Amis zotto, hello!
Avec un titre et une intro comme ça, pour un peu, on se croirait chez Estèbe, le trublion helvète de la blogoslurpmiam. Mais il ne faudrait pas s'y laisser prendre! Même si on se régale sur le Blog d'Olif, la cuisine, ce n'est pas forcément le rayon de la maison. Point de sophistiqué, ce qui importe ici, c'est ce qu'on boit avec.
Pour 5 zigotos à table (une famille Olif au grand complet, ce qui arrive de moins en moins souvent à la maison, il faut bien le reconnaitre), cela va nécessiter: du riz arborio spécial risotto à zigoto, des blancs de poireaux, des oignons nouveaux, des asperges vertes, des morilles, 2 escalopes de dinde, 5 noix de Saint-Jacques, un fond de vin blanc, du bouillon de pot-au-feu préalablement dégraissé et congelé, sauf en cas de pot-au-feu au menu la veille. Laver, émincer, hacher, couper. Tout mettre dans la marmite, sauf les noix de Saint-Jacques, cuites à part et à la plancha au dernier moment, afin qu'elles soient al dente. Mouiller, touiller, cuiser cuire suffisamment longtemps, server servir.
Avec un nickel Puligny-Montrachet 1999 du domaine Leflaive, juste pour vérifier que les grands vins blancs de Bourgogne qui se trouvent dans ma cave ne sont pas tous oxydés à mort. Et puis après, avec un verre de Côtes du Rhône La Sagesse 2004 du domaine Gramenon, parce que c'est trop bon, qu'il fallait aussi ouvrir un rouge et que le juste équilibre de celui-ci est atteint, la minéralité et la droiture prenant peu à peu la place du fruité enjôleur.
Et si le Puligny semble en retrait par rapport à La Sagesse, c'est juste pour la photo. J'ai la même dans l'autre sens!
Après un tel repas dominical, une partie de jambes en l'air ne sera pas de refus. Du sexe écolobio, biodynamique et respectueux de l'environnement, comme le prône Anaïk! Amen!
Olif
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10 février 2009
Gramenon Les Laurentides, de l'or en bouteille
Un trophée rapporté du grenier et remonté de la cave. Le Grenier Saint-Jean d'Angers, évidemment, même s'il convient généralement de l'écrire au pluriel. Une des plus beaux souvenirs personnels de ce salon de vignerons renaissants sera sans nul doute le sourire craquant de Michèle Aubéry, sourire aussi lumineux que ses vins ne sont bons. Ce qui n'est pas peu dire, tant ses délicieux grenaches se goûtaient à merveille, de la Poignée de raisin 2008 jusqu'à Pascal S. 2007, en passant par la Sagesse 2008 (absolument époustouflante et qui m'a scotché les lèvres au verre), la Mémé 2008 et ces Laurentides 2007, qui remplaceront désormais et définitivement la cuvée des Hauts de Gramenon.
Les Laurentides 2007, de l'or en tide ...euh ... bouteille, une bouteille que Michèle Aubéry m'a gentiment offerte pour avoir reconnu en moi un véritable sage. Bouteille que je ne résiste pas à ouvrir ce soir et qui confirme tout le ressenti que j'avais eu dans le grenier à Angers. Un vin qui réjouit, les papilles, le cœur et l'esprit. Merci Michèle Aubéry!
Gramenon, Gramenon, ti ti pi di bi...
Olif
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