Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

roussillon

  • VDV#66: assis sur le bord de la route 66...

    IMG_1398.JPG

     

    Roussillon : vignoble aux roux sillons (chez les vignerons qui labourent, tout du moins).

    Entre Tech et Agly, le vignoble du Roussillon ne marche pas sur la Têt, il l’enjambe. Ces trois fleuves côtiers des Pyrénées-Orientales délimitent schématiquement trois grandes zones géographiques au sein de ce gigantesque amphithéâtre catalan. Du calcaire des Corbières aux schistes de Collioure et Banyuls, en passant pas les alluvions de Rivesaltes, les marnes feuilletées de Maury et les îlots granitiques de Lesquerde, la diversité du paysage et des sols est grande. Ici, le grenache est roi, mais il n’est pas seul. Décliné en trois couleurs, noir, blanc et gris, il donne naissance à toute une gamme de grands vins secs mais aussi à des vins doux naturels, à Banyuls, Rivesaltes ou Maury. À ses côtés, on cultive la majorité des autres cépages méditerranéens : carignan, syrah, mourvèdre, muscat et quelques raisins spécifiques, comme le macabeu ou le lledoner pelut, qui donnent des vins secs à forte personnalité.

    Durement touché par la crise viticole, un vent nouveau, qui n’est pas la tramontane, souffle depuis quelque temps sur le vignoble, grâce à la vague d’installation de jeunes vignerons, souvent orientés vers une viticulture propre et/ou une vinification naturelle. Tout heureux de récupérer à bas prix de vieilles vignes plus ou moins abandonnées sur des terroirs d’exception, ils créent une saine émulation qui profite également aux autochtones de référence, implantés parfois depuis longtemps, et garants de la transmission du patrimoine.

    Passé en peu de temps d’un productivisme effréné à une viticulture exigeante et qualitative, le vignoble du Roussillon est en quête d’une véritable reconnaissance auprès des amateurs de vins. Les vignerons du Roussillon savent pertinemment qu’ils produisent le meilleur vin de la planète, il ne leur reste plus qu’à le démontrer et le faire savoir.

     

    Vendredisduvin

    Le Roussillon, c'est la route 66, celle des P.O., que notre bienaimée ex-présidente à vie des Vendredi du vin nous a demandé de suivre. La mienne s'arrêtera dans le 34, ce dernier vendredi de mai, avec un bref passage à Lisson pour saluer Iris, mais j'ai le sentiment que mon cheminement devrait me ramener rapidement dans le 66, tant j'aime creuser ce Roussillon vinique, entre terre, mer et montagne, qui me colle (ioure) à la peau et dont il ferait beau voir que je sois banni (yuls) un jour!

    Mais fi des jeux de mots à deux balles. Le Roussillon, dites-le avec des fleurs, parce que les vins de là-bas, Oh! que c'est bon!

    IMG_4396.jpgIMG_4424.jpg

     

    Sous la protection naturelle du Canigou, la grande montagne pyrénéenne qui n'est pas faite pour les chiens, le Roussillon a des atouts à faire valoir. À condition de ne pas rester pas assis sur le bord de la route 66 (avec le blues et les cigales) ...

     

     

     

     

    Olif

     

    P.S.: le 1er juin, tous ceux qui ne voudraient pas boire le bouillon collectivement seraient bien aviser de glisser jusqu'à Clisson, cœur du Muscadet, pour s'en jeter un petit verre dans une céramique de premier choix.

    roussillon, aline hock, latour de france,muscat de rivesaltes,macaline,maccabeu,roussillon, aline hock, latour de france,muscat de rivesaltes,macaline,maccabeu,roussillon, aline hock, latour de france,muscat de rivesaltes,macaline,maccabeu,roussillon, aline hock, latour de france,muscat de rivesaltes,macaline,maccabeu,

  • La table de cuisine, avec des chaises, aussi...

    roussillon,christophe guittet,domaine de la casenove,côtes du roussillon,trouillas,tautavel,saint-andré

     

    Enclave franc-comtoise en terre catalane, La Table de Cuisine est dressée à Saint-André, approximativement entre les deux Banyuls, celui des Aspres et l'autre, sur vin et sur Mer. Faut-il y voir un signe ou un symbole, celui de la croix de Bourgogne, largement adoptée par les soldats comtois, du temps où la Franche-Comté était encore espagnole? Martine et Laurent Brozzetti, franc-comtois de naissance, ont donc pris la route de la Catalogne pour y poser leurs valises, après avoir écumé le Haut-Doubs et la Suisse voisine, au sein de la célèbre maison Guignard, située à Orbe. Lequel Philippe Guignard n'a pas été contraint de fermer sa Bréguette une fois que Laurent fut parti sous d'autres cieux, je suppose.

     

    roussillon,christophe guittet,domaine de la casenove,côtes du roussillon,trouillas,tautavel,saint-andré

     

    Ce soir-là, attablés à la cuisine, mais en salle, 4 personnes, 4 chaises, 4 couverts. Juste après un apéritif-dégustation furtif à Trouillas, le temps d'apprécier, en compagnie de Frédérique Barriol-Montès, les dernières nées du domaine de la Casenove (Les Clares 2007, joli blanc rafraichissant et complexe, La Colomina 2011, rouge de soif particulièrement gouleyant, et La Garrigue 2009, rouge plus structuré mais aux tanins frais).

     

    roussillon,christophe guittet,domaine de la casenove,côtes du roussillon,trouillas,tautavel,saint-andré

     

    Un apéritif pas tout à fait terminé, puisqu'après, il fallait oser Joséphine, Crémant de Limoux par Gilles Azam. Jolie bulle tonique et fruitée, entamée par Christophe Guittet qui guettait notre arrivée. Christophe Guittet est un breton d'inspiration jurassienne, qui a posé ses valises à Tautavel il y a une dizaine d'années, après un séjour en Bresse, où il a pratiqué le culte de l'oxydatif via le Jura voisin. Ombre et soleil est le nom de son domaine. Sa part d'ombre oxydative, Christophe aime la mettre en pleine lumière. Si certaines de ses premières expériences ont pu paraitre déroutantes à des palais novices, ses dernières cuvées sont un peu plus dans les clous, notamment un très joli blanc 2011, ainsi qu'un rouge de carignan frais et désaltérant, tous deux tirés de la cuve.

     

    roussillon,christophe guittet,domaine de la casenove,côtes du roussillon,trouillas,tautavel,saint-andré

     

    L'oxydatif, c'est néanmoins toujours son rayon, avec deux cuvées de rancio sec, non mutées, élevées en bonbonnes de verre. Ox-idée(s) 2004 et Soleil de midi 2006, deux curiosités aux notes de malt et d'épices pour la première, de curry et de mirabelle pour la deuxième, avec un équilibre digne de l'Air du temps d'un autre Christophe que je connais, valaisan celui-là, et également spécialiste de l'élevage long avec plus ou moins d'oxydation.

     

    roussillon,christophe guittet,domaine de la casenove,côtes du roussillon,trouillas,tautavel,saint-andré

     

    Perfectionniste à la cave comme en cuisine, Christophe Guittet propose, sur la contre-étiquette de chaque vin, un accord culinaire parfait, doublé d'un accord musical aussi précis que pointu. Une mosaïque d'émotions pour chaque verre, finalement, même si d'autres options sont possibles. Comme, par exemple, anchois au vinaigre de Collioure suivis de morue à l'huile d'ail de Lautrec, pour ce qui me concernait ce soir-là.

     

    roussillon,christophe guittet,domaine de la casenove,côtes du roussillon,trouillas,tautavel,saint-andré

     

    L'accord le plus époustouflant, ce fut pourtant au dessert. Les pommes sautées au caramel de curry et vin jaune, glace à la noix, rayonnèrent en compagnie du Rivesaltes ambré 15/10 2001 du domaine de La Casenove. Hors Jura, il n'y a qu'en Roussillon que l'on peut se permettre une telle fusion avec un dessert jurassique!


    roussillon,christophe guittet,domaine de la casenove,côtes du roussillon,trouillas,tautavel,saint-andré



    La Table de Cuisine

    8A rue de Taxo

    66690 Saint-André

    0468954206


    Christophe Guittet, Domaine Ombre et Soleil

    2, rue de Belfort

    66720 Tautavel


    Étienne et Frédérique Montès, Domaine de La Casenove

    66300 Trouillas


    Olif

  • Hock ... c'est bon!

    aline hock,domaine des mathouans,latour de france,roussillon,côtes du roussillon,macaline,

     

    La première fois que j'ai rencontré Aline Hock, elle présentait son premier millésime du domaine des Mathouans à Olne, en son pays ou presque, aux côtés de Lucien Salani, mosellan beau parleur, grand buveur et bon vigneron aux domaine des Balmettes en Roussillon. Belge d'origine, travaillant loin de la vigne et désireuse d'une reconversion totale, c'est justement en sortant d'une dégustation mémorable et monumentale avec le même Lucien qu'elle a solennellement déclaré: "C'est ça que je veux faire!". Aline est donc devenue vigneronne dans le Roussillon, à Latour de France.

    La deuxième fois que j'ai rencontré Aline, elle s'ennuyait ferme en compagnie du même Lucien Salani à un salon bio et bourguignon qui n'a pas tenu toutes ses promesses, en terme de fréquentation. Ce qui a permis aux vignerons de déserter fréquemment leurs tables et d'aller goûter chez leurs confrères. Nul besoin de crier pour qu'elle revienne, Aline fut fidèle à son stand, elle, veillant dans le même temps sur celui de Lulu des Balmettes. J'ai pu ainsi agréablement goûter à ses macabeu, carignan, syrah et grenache. Aline est mutine, elle a décliné son prénom dans plusieurs de ses cuvées: MacAline, AdrénAline et AlineA. Elle n'a pas encore osé jouer avec son nom de famille, et c'est dommage, car il y a du potentiel, sans équivHock. Elle a baptisé ses autres cuvées du nom de leur parcellaire: carignan ou syrah d'En Rouzil, grenache de Coum de l'Houm, carignan de Saint-Martin. Et enfin, elle a habillé ses bouteilles de belles fleurs à l'image des vins, fins et délicats, comme ce Carignan rosé d'En Rouzil 2010 ou le délicieux macabeu floral MacAline 2010.

     

    aline hock,domaine des mathouans,latour de france,roussillon,côtes du roussillon,macaline

     

    La troisième fois que j'ai rencontré Aline, c'est chez elle, à Latour de France, à l'heure de l'apéritif. Un apéro débuté tardivement, pour cause de virée vigneronne préalable sur les hauteurs de Trilla, village perdu du Haut-Fenouillèdes et vignoble sauvé en partie de l'arrachage grâce à l'obstination d'un autre vigneron talentueux dont on reparlera plus tard. Lulu n'était pas là, mais Renaud, le compagnon d'Aline, oui. Renaud, quand il n'est pas à la maison, il arpente les vignes du secteur avec son fidèle destrier pour rendre sa noblesse au métier de vigneron-laboureur. Les vieux coopérateurs ont souvent le regard qui brille et plein de conseils techniques à lui donner, quand il trace dans les vignes avec son cheval comtois. Il les écoute, mais fait à sa manière. Normal, c'est lui qui tient la charrue. Une pratique qui revient pourtant en force et rappelle aux anciens le temps d'avant, celui où ils travaillaient leurs vignes artisanalement plutôt que de les mécaniser intensivement. Le temps d'avant l'arrachage, qui prévaut de plus en plus à l'heure de leur retraite. Mais c'est sans compter sur ces furieux passionnés qui se battent pour conserver ce patrimoine végétal, parfois âgé de plus de 100 ans. "On ne pourra pas les sauver toutes!" lâche Renaud, mais on sent bien qu'à chaque fois qu'une vieille vigne peut être reprise, à l'achat ou en fermage, c'est une petite victoire pour tous ceux qui rêvent de ne pas voir ce passé dépérir à petit feu. En plus de labourer les sols des Mathouans, Renaud loue ses services à tous ceux qui souhaitent réintroduire le travail au cheval dans les vignes, dans le cadre d'un projet global précis, et pas seulement pour faire joli ou folklorique. Il y a du travail, pour lui, pour son cheval comtois, et vraisemblablement aussi pour un percheron supplémentaire, va savoir...

     

    La prochaine fois que je rencontrerai Aline, ce sera sans doute en France ou en Belgique, dans le vignoble ou sur un salon. Je ne sais pas encore quand, mais je sais déjà que je rencontrerai de plus en plus souvent ses bouteilles à ma table. Pour sûr, j'en ai dans ma cave!

     

    Olif

     

    P.S.: la vie des Mathouans au jour le jour, c'est sur le blog d'Aline, vigneronne blogueuse, de surcroît.

  • Projet BioTrilla, l'écologie buvable...

    Une utopie, vraiment? Ce beau projet communautaire de sauvetage d'un vignoble sur la commune de Trilla, dans le Haut Fenouillèdes, cela peut être l'affaire de tous. Enclave occitane remarquable et particulièrement sauvage au sein du Roussillon, victime de plein fouet de la désertification rurale, le Haut-Fenouillèdes est réputé, non pas pour ses champs de fenouil, mais pour ses vieilles vignes, désormais le plus souvent candidates à l'arrachage. Et face à ça, le cœur de Vincent ne balança pas longtemps. Disciple de Christophe Peyrus, de Claude Serra et de Gérard Gauby, Vincent Balansa a épousé à bras le corps la cause de Trilla, sans aucune envie de se faire étriller.

    shapeimage_2.jpg

    Crédit photo: La Boria

    La Boria a donc vu le jour. Un gros labeur en perspective, que la création de ce domaine et la mise en valeur de ce vignoble, mais avec la certitude qu'il deviendra quasiment une réserve viticole naturelle, désormais préservée des méfaits de la viticulture chimique. Une fort jolie façon de démontrer qu'il peut y avoir une solution économiquement viable en dehors de l'arrachage.

     

    2009 fut le premier millésime de La Boria, on en souhaite plein d'autres, en attendant de pouvoir y goûter et, pourquoi pas, de se rendre un de ces jours sur place, parce que c'est aussi une région magnifique.

     

    IMGP3629_2.JPG

    Paysage du Haut-Fenouillèdes, du côté de Bélesta (crédit photo: Olif)

     

     

    Olif

     

    P.S.: les vignerons du Fenouillèdes tiennent leur salon annuel demain à Bélesta. Annonce peut-être un poil trop tardive pour tous ceux qui ne sont pas en vacances dans la région, mais ça devrait pourtant valoir le coup! Et ce sera l'occasion de goûter aux vins de Vincent Balansa.

     

  • In Arcadie...

     

    IMGP9782.JPG

    "In Arcady, your life trips along 
    It’s pure and simple as the shepherd’s song"

     

    Ainsi chantait Peter Doherty en ouverture de Grace/wastelands, son premier album solo tout en gracilité et élégance. 

     

    "In Arcadie, your wine trips along

    It's pure and simple as the winegrower's song"

     

    Ainsi chantait... euh!...

    Du Péloponnèse au Roussillon, de la vallée du Rhône à celle de l'Agly, il n'y a qu'un pas, sauté allègrement par Agnès et Raphaël Graugnard, qui ne font pas partie de la vieille garde, que ce soit celle de Bonaparte ou autre. Ils se sont installés en 2003 à Saint-Arnac avant de migrer à Tautavel. Œnologue de formation, Agnès a bourlingué pas mal, avant de créer Arcadie, petite affaire de négoce transformée en domaine à part entière depuis le millésime 2008. 3 cuvées au programme, 3 coups de cœur. TP3 2008, en Côtes du Roussillon, n'a pas les amortisseurs aussi fermes que le vieux camion de l'armée converti en camion vendangeur, qui lui donne son nom. De la souplesse dans les rapports, malgré un bon gros moteur. Le lledoner pelut a beaucoup plû, même associé au grenache noir et à juste ce qu'il faut de syrah. L'Arcadie rouge 2007, assemblage de lledoner pelut et de syrah à parts égales, complété par grenache  et mourvèdre, possède la dimension des grands malgré une immédiateté séductrice aux suaves arômes chocolatés. Alba 2008, grenaches gris et blancs mélangés, est un blanc puissant et riche, très mûr, à l'équilibre pourtant suffisamment frais, dans un registre aromatique de fruits jaunes et de mirabelle. Trop bon!

     

     

    IMGP9787.JPG

     

     

    A une lettre près, Arcad(i)e aurait pu allumer le feu. Je ne résiste pas, c'est l'album de la rentrée, à ne manquer sous aucun prétexte. Tout comme les vins du domaine, d'ailleurs.

     

    Vins étonnants, non?

     

    Olif

     

     

    Retrouvez aussi les Dégustantanés sur le Blog de la Pipette.

  • Poison d'avril...

    ... même pas drôle en plus!

     

    IMGP8801.JPG


    On se doutait bien que l'hiver 2009-2010 n'en était pas à sa dernière farce, mais de là à se réveiller sous 10 cm de neige bien lourde et humide et enfiler à nouveau un pull sur le tee-shirt! Heureusement, un Jean Pull du domaine des Soulanes a suffi, du tricoté main 2008, un jus bien frais des Côtes Catalanes apte à réchauffer bien des cœurs.

    Vivement le mois d'août, qu'on sorte les vins de printemps!


    Olif


    P.S.: et demain, c'est Vendredi saint. Du poisson deux jours de suite, on n'est pas habitués à ça, dans nos montagneuses contrées.

    Retrouvez aussi les Dégustantanés sur le Blog de la Pipette.

     

  • De la transhumance des huîtres (bis)...

     

    IMGP0155.JPG

     

    Chaque année, le phénomène est immuable. Lorsque les feuilles mortes ont fini de se ramasser à la pelle, mais pas notre amour ni même la neige qui pointe le bout de son nez, ces coquillages pierreux empoignent leur bâton de pèlerin et quittent leur parc ostréicole, fuyant la traditionnelle marée noire de Noël, pour gagner les blancs pâturages de la montagne et s'épanouir en liberté, petits caillous sur le chemin.

    Leur long périple est pourtant semé d'embûches. Nos braves coquillages vont devoir affronter une foule de dangers. La route, le froid, le manque d'eau et de sel. Volontiers prises en charge par de gentils routiers au volant de leur camions frigorifiques, elles osent rarement se plaindre de la lonqueur du voyage, à grands coups de "C'est quand qu'on arrive?". Dociles et reconnaissantes, elles se laissent trimballer en encaissant tous les coups durs. Au terme de leur migration, après un périple loin d'être de tout repos, elles doivent alors affronter leur pire ennemi, un prédateur redoutable : l'homme des montagnes. En carence iodée perpétuelle, ce dernier a découvert, après des siècles passés à se lester l'estomac, que l'intérieur du caillou était mou, iodé et plus facile à digérer lorsqu'il était ingurgité sans sa coquille. Miracle de la gastronomie autant que de l'anatomie et de la géologie. Oui, parfaitement. Parce que, sous son écorce calcaire, l'huitre a un cœur, contrairement au gastronome cruel qui la gobe tout cru sans prêter la moindre attention à ses gémissements malheureusement inaudibles pour qui n'a pas appris à parler le langage huître. "Pitié, pitié, mon bon Maître! Ne me mange pas!" :gne:

     

    L'huître creuse (Crassostrea gigas) est un mollasque bivulve fillibranche de la famille des ostréidés. Quelle autre idée! A ce propos, lorsque l'on rencontre un vieil ami généralement peu expansif, donc fermé comme une huître, on peut toujours essayer de le dérider d'un : "Salut, comment vas-tu, vieille fillibranche?" , même si c'est loin d'être gagné!

     

     

    IMGP0157.JPG

    Abandonnées à elles-mêmes, souvent proches de la délinquance, on retrouve fréquemment nos amies les huîtres en bande, devant les vitrines du poissonnier, lorsqu'elles ont cru reconnaître un ancien ami poisson qui leur rappelle alors cruellement combien la mer leur manque. Braves filles!  C'est là qu'on peut les cueillir facilement, à la main, par douzaines, ayant seulement à faire face à la vindicte d'un Ordralfabétix local, moustachu poissonnier fort heureusement non gavé de potion magique.

    Armé d'un bon couteau, c'est au moment précis où elles ouvrent le bec pour appeler au secours qu'il faut leur briser net la mâchoire, d'un coup sec, pour s'en régaler en s'abreuvant de vin blanc.

     

    A ce stade du récit, le lecteur se demande légitimement si je n'ai pas pété un câble ! Il n'a pas entièrement tort! Après ce préambule naturaliste et poétique, rentrons enfin dans le vif du sujet.

    C'était hier soir la traditionnelle soirée huîtres de l'association des amis du Bon Echanson. Soirée très conviviale, plutôt festive, où nous avons l'habitude de tester quelques vins blancs destinés à accompagner ce mets simple, mais royal pour de pauvres jurassiens sevrés d'embruns.

    La séance de l'ouverture est un grand moment réservé aux gens armés d'un bon couteau et sachant s'en servir. Les huîtres sélectionnées chaque année sont des spéciales n°3 de chez Gillardeau, célèbre ostréiculteur de Bourcefranc, le top de l'huître en charentaises ! Le salaire de l'ouvreur, en plus de quelques chapeaux d'huîtres prélevés par ci par là , c'est un petit verre de vin blanc, en l'occurrence, cette fois, un Château Ferrande 2008, frais et sauvignonnant mais ce n'est pas Graves!

     

     

    IMGP0159.JPG

    Trois bourriches et des brouettes ayant été décapsulées en un temps record, il est temps de passer à table avec quelques autres flacons à se mettre sous la dent.

     

    L'accord le plus trash, ce fut sans nul doute avec le Soleil Vert roussillonnais de Christophe Guittet. Un Wine shot à la robe trouble, et au nez exubérant, connoté citron vert. La faute probablement au Muscat d'Alexandrie, plus qu'au grenache blanc ou au maccabeu. Atypique, c'est la moindre. Pas inintéressant en terme d'accord, parce que la bouche possède un brin de vivacité, mais il en a dérouté plus d'un! Pour amateur de sensations fortes. Plus classique, celui avec le deuxième Graves de la soirée, le Château Magneau 2008, s'est avéré convaincant. Tout comme le Sancerre 2008 de Gérard Boulay, minéral et acidulé, s'est aussi révélé être performant. Sauvignon et Gillardeau, ça fonctionne, il faut croire! En dégustation pure, le Saint-Romain 2005 de Thierry Matrot n'a pas déçu. Finement grillé, minéral, tendu, ce beau chardonnay réalise lui aussi un bel accord avec les saveurs de noisette de l'huître spéciale.

     

    Olif

  • RE-VE-VIN 2009: Tout l'or du Roussillon

    IMGP7058.JPG

    - "Vous voulez vraiment faire une dégustation uniquement avec des vins blancs du Roussillon?" se sont enquis nombre de vignerons roussillonnais lors de la collecte des échantillons. Imperturbable, Philippe Rapiteau, the Pipette man acquiesçait. Bonjour grenache blanc et gris, carignan blanc, maccabeu! Maccabeu? Maccabeu! Et c'est ainsi que la crème catalane s'est donnée rendez-vous sous le patio du Chai Carlina pour un tour d'horizon de la région, passionnant à défaut d'être exhaustif. 24 cuvées (dont un pirate extra-régional), suivies de deux bonus atypiques, voilà tout de même de quoi avoir un aperçu d'une production de qualité, qui a le vent en poupe actuellement. Parce qu'elle le vaut bien et qu'elle mérite cette reconnaissance. Exit les vins lourds, place à la fraicheur, à la tension et à la minéralité, au travers de cépages originaux. Des vins que l'on a envie de boire, même par avis de canicule sur la route 66. Tous les vins sont dégustés à l'aveugle, comme il se doit. Tous du millésime 2007. Comme pour toute dégustation de ce type, j'applique un système de notation en * absolument relatif qui, par le biais d'une courbe olifienne de Gauss, est harmonisé pour devenir relativement absolu. Les parenthèses correspondent à des 1/2 points qui tiennent également compte d'un certain potentiel et d'une amélioration au vieillissement.

     

    1. Soif du Mal, Les Foulards rouges, Jean-François Nicq, Vin de table: robe jaune pâle, nez en finesse, sur les fruits jaunes. Bouche droite, tendue, longueur moyenne. Plutôt pas mal pour la mise en bouche. Assemblage 70% Maccabeu, 30% Muscat. ***

     

    2. Les Calcinaires, Domaine Gauby, Vin de pays des Cotes Catalanes: robe jaune pâle, nez grillé, légèrement sur la réduction. La bouche est très tendue, presque acérée. Dommage que la finale manque un tout petit peu de nerf, mais il s'agit d'un très beau vin, avec un côté presque bourguignon. Est-ce dû à la présence de 30% de Chardonnay dans l'assemblage? Pour le reste, 50% Muscat, 20% Maccabeu.****

     

    3. Coume Marie, La Préceptorie de Centernach, Vin de pays des Cotes Catalanes: robe jaune pâle, nez ouvert, large, fruité, (fruits jaunes) plutôt agréable. La bouche possède une largeur confortable, un léger boisé et du gras. La finale est légèrement asséchante. Un vin un peu compact, assemblage de Grenache gris et de Maccabeu. ***

     

     

    IMGP7065.JPG

    4. Blanc bec, Frédéric Rivaton, Vin de pays des Côtes Catalanes: nez légèrement réduit, grillé, sur l'amande amère. La bouche, entre gras et tension, possède un bel équilibre, totalement séduisant. Belle longueur pour ce vin issu de Maccabeu, Grenache gris et Carignan blanc essentiellement, avec en prime quelques vieux cépages qualifiés de "divers". J'aime beaucoup et cela confirme tout le bien que je pense de ce domaine, depuis que je l'ai découvert l'année dernière au Off de oufs des Grands Jours de Bourgogne. ****

     

    5.Isadora, domaine Joly-Ferriol, Jean-Luc Chossart, Vin de table: 100% Maccabeu et un joli nez grillé. Bouche relativement large, avec du gras, mais de l'acidité. La fraicheur l'emporte. ***(*)

     

    6. Clos du Rouge-Gorge, Cyril Fhal, Vin de pays des Côtes Catalanes: "Maccabeu, Maccabeu, ça sent le sang ...écarlate". Ainsi chantait jadis la Compagnie du Splendid, ou presque. En ce qui concerne ce vin, bas les masks, je n'aurai qu'un seul mot à rajouter: splendiiide! Nez extra de fruits jaunes, avec une pointe de coconut. Un équilibre cristallin en bouche, de la pureté et de l'élégance. LA bouteille de cette dégustation d'un très haut niveau. Ça m'arrange, j'en ai en cave, j'avais déjà flashé dessus à Angers. Evidemment, c'est épuisé à la propriété et un peu partout ailleurs aussi. ****(*)

     

    7. Bande de Gypse, domaine Jorel, Vin de pays des Pyrénées Orientales: nez caramel au lait, bouche simple et droite, un peu stricte, un peu courte, mais c'est plutôt sympa et agréable. 50% Maccabeu, 30% Grenache gris, le reste en cépages divers et variés. **

     

    IMGP7066.JPG

    8. Le Roc des Anges Vieilles Vignes, Marjorie Gallet, Vin de pays des Pyrénées Orientales: nez peu expressif, bouche possédant un certain volume, jouant dans le registre de la puissance. Une pointe d'alcool en finale, mais un équilibre cohérent. Un vin à attendre. 90% Grenache gris, 10% Maccabeu. ***(*)

     

    9. Ciné Panettone, Clot de l'Oum, Eric Monné, Vin de pays des Pyrénées Orientales: nez citronné, très agrumes, bouche avec beaucoup de tension et de fraicheur, une superbe acidité. Carignan gris 25%, Grenache blanc et Maccabeu, à part égales, 20%,  + 5% de Muscat. ****

     

    10. Vieilles Vignes, domaine Danjou-Banessy, Benoit Danjou, Vin de pays des Côtes Catalanes: robe jaune soutenu, nez puissant, sur le réglisse, une pointe de bois?, bouche large et puissante, donnant la sensation d'un élevage en avant, finale acidulée ramenant un peu de fraicheur. Tout cela devrait se fondre. Carignan gris et blanc, Grenache gris et blanc. **(*)

     

    IMGP7068.JPG

    11. Cool Moon, domaine des Enfants Sauvages, Carolin et Niklaus Bantlin, Vin de pays des Côtes Catalanes: robe jaune pâle mais un nez qui pète, fruité, avec une belle énergie. Franchise, vivacité et fraîcheur, un beau vin blanc revigorant. J'aime beaucoup! Une découverte du salon Renaissance d'Angers, 100% Grenache gris. ****

     

     

    IMGP7069.JPG

     

    12. L'imprévue, Gilles Troullier, Vin de pays des Côtes Catalanes: premier nez retenu, qui révèle essentiellement des notes boisées dans le fond de verre. La bouche est stricte, droite, la finale un peu sévère. Se goûte sur l'élevage actuellement. A revoir et certainement à attendre. 100% Grenache gris. **(*)

     

     

    IMGP7071.JPG

    13. Ose, domaine du Matin Calme, Anthony Guix, Vin de table: la robe présente une certaine turbidité, ce qui, finalement, n'est guère gênant, si l'on considère que le vin est destiné à être bu. Réduction première passagère, puis des notes fruitées primaires, un rien fermentaires, un brin végétales. Très nature, forcément, avec son fruité direct, "coup de poing", encore brut de cuve. Un vin qui divise, forcément. J'aime beaucoup. 85% Grenache blanc, 8% Muscat, 7% Maccabeu et Carignan blanc. ***

     

    14. Domaine Marcevol, Can Félix, Guy Prédal, Vin de pays des Côtes Catalanes: nez puissant, un poil alcooleux, possèdant de la rondeur. Bouche au caractère oxydatif, épices et vieille fine, avec de la rondeur (l'alcool) et une certaine pureté. Un style! Grenache gris et muscat. **(*)

     

    15. Paoh, Les Terres nouvelles, La préceptorie de Centernach, Vin de pays des Côtes Catalanes: nez très expressif, anisé, avec un petit côté pharmaceutique. Bouche large, riche et puissante, avec une pointe d'alcool. Finale fraiche et longue. Un beau vin, à base de Grenache gris et blanc, complété par du Maccabeu. ***

     

     

    IMGP7059.JPG

    16. Fleur de Cailloux, Jean-Philippe Padié, Vin de pays des Côtes Catalanes: nez grillé, épicé et poivré. Bouche grillée, minérale, droite et tendue, incisive. 50% Grenache gris, 30% Grenache blanc et 20%Maccabeu. ***(*)

     

    17. Marceau le Blanc, Jean-Louis Tribouley, Vin de pays des Côtes Catalanes: nez plus que douteux, liégeux, que certains prennent pour de la réduction. Ça persiste en bouche, aucun doute pour moi. Echantillon défectueux. Dommage, parce que la matière semble belle et que j'aime beaucoup les vins de Jean-Louis. Non noté, évidemment!

     

    18. Laïs, Olivier Pithon, Vin de pays des Côtes Catalanes: nez grillé et anisé, bouche tendue et acidulée, avec néanmoins de la puissance et une finale à peine chaude. Une belle matière, pour un vin à attendre. Maccabeu, Grenache gris et blanc. ***(*)

     

     

    IMGP7060.JPG

    19. Milouise, Jean-Philippe Padié, Vin de table: nez très fin, sur des notes grillées. Bouche droite et tendue, presque dépouillée, un vrai coup de rasoir. Une minéralité tranchante! J'adore! Grenache gris et blanc à parts égales. ****

     

    20. Vieilles vignes, Domaine Gardiès, Côtes du Roussillon: nez puissant, arrondi par l'alcool, sur les fruits jaunes et l'anis. Bouche riche, avec de l'alcool, mais cela reste frais et cohérent. Un style à l'opposé du précédent. Grenache gris et blanc, + roussane, ce qui explique un peu la bouche. ***(*)

     

    21. Vieilles vignes, Le Clos de Fées, Hervé Bizeul, Vin de pays des Côtes Catalanes: nez riche, sur les fruits jaunes confiturés. Bouche riche, avec perception de sucres résiduels. Derrière les vins parfaitement secs dégustés précédemment, cela ne passe pas très bien, à vrai dire. Et du coup, ça manque un peu de nerf. Un vin déjà beaucoup mieux goûté que cela, il faut croire que ce n'était pas son jour! 90% Grenache gris, 10%% Grenache blanc.*(*)

     

     

    IMGP7061.JPG

    22.Vall Pompo, Bruno Duchêne, Collioure: nez de prime sur la réduction, puis développant des notes de praline. La bouche est pleine, acidulée, sur les agrumes. Belle finale, avec légère perception de l'alcool. Très beau vin, assemblage des deux grenaches. ****

     

    23. Matassa blanc, Tom Lubbe, Vin de pays des Côtes Catalanes: nez discret, un peu grillé. Bouche acidulée et tranchante, avec de belles notes d'agrumes et une jolie amertume finale, dans la continuité, bien portée par l'acidité. Très beau vin également, 70% Grenache gris, 30% Maccabeu. ****

     

     

    IMGP7062.JPG

    24. Les Alpes, domaine Belluard, Vin de Savoie: un pirate sorti du diable vauvert mais qui curieusement n'a pas dénoté. Fruits et agrumes pour un nez et une bouche large, avec une belle acidité, celle du Gringet. ****

     

     

    25. La Brugière côté blanc, Guy Prédal, Domaine Marcevol, Vin de table: deux cuvées hors concours, pour terminer. D'abord ce Carignan blanc à l'élevage oxydatif. Robe acajou, net oxydatif sur les fruits secs. Strict et austère, court, peu disert. Une curiosité qui manque cruellement de fond. Dommage! *

     

    26. Vin d'épices, Bertrand de Guitaut, domaine de Pechpeyrou, Vin de table: une deuxième presse de grenaches gris et blancs. Robe ambrée, nez très rancio, fruits secs, bouche sèche à la manière d'un Jerez, sur les raisins de Corinthe, le noyau de cerise, l'orange amère. Original et intéressant. ***

     

     

    IMGP7073.JPG

    Fin du premier round et une dégustation de haute volée, avec beaucoup de vins passionnants et bons. Pas grand chose à rejeter, en fait, même les curiosités qui sont à prendre pour ce qu'elles sont. J'avoue avoir un gros faible pour la nouvelle tendance, celle des vins minéraux et frais, qui font frétiller d'aise aussi les poissons dans l'assiette que l'Olif à table.

     

    Olif

     

    D'autre(s) commentaire(s) à lire sur cette dégustation ici et .

     

     

     

  • Roussillon blanc 2007, un début de Re(con)naissance?

    IMGP6555.JPG

    Il fallait au moins ça pour se réchauffer! Grimper aux Greniers pour fuir la pseudo-douceur angevine et gagner l'extrême Sud. Une première approche de ce qui devrait être un temps fort des prochaines REncontres VEndéennes autour du VIN: les vins blancs du Roussillon, nouvelle formule. Qui ose encore croire que le Sud devait se cantonner à produire des vins lourds et mous du genou? Pas le Roussillon en tout cas! Exit les blancs imbuvables de papa, place à la fraîcheur, à la tension et à la minéralité. Et bravo fiston!

    Grenache blanc et gris se taillent la part du lion, mais il serait malséant d'ignorer tout l'apport du Maccabeu. La part de l'assemblage varie, le monocépage n'est pas exclu, l'équilibre continue néanmoins de privilégier la tension et la fraicheur, accentuées généralement par la présence d'à peine de gaz. Un style qui n'est pas usurpé, juste la volonté de faire des vins blancs que l'on a envie de boire. De vrais vins blancs du Sud, avec des cépages du Sud, mais une buvabilité inhabituelle pour ce type de vin.

    De bien beaux blancs, goûtés lors du salon Renaissance aux Greniers Saint-Jean d'Angers, notamment chez Olivier Pithon (cuvées Laïs et D 18), chez Eric Monné, du Clot de l'Oum, puis chez Les Enfants Sauvages (Cool Moon 2007, une belle découverte signée Carolin Bantlin, une belle allemande installée à Fitou, ce qui l'oblige à produire en Vin de Pays des Côtes Catalanes) et enfin chez Cyril Fhal, parce qu'il le f(h)allait bien. Un véritable coup de cœur, en fait, que tous les vins de ce vigneron, dont ce magnifique et affûté blanc 100% Maccabeu 2007, un véritable coup de rasoir sur les papilles, dont le tranchant n'a d'égal que la pureté. Amateurs de minéralité, bienvenue! Une cuvée désormais épuisée que l'on peut avoir la chance de trouver chez les cavistes saumurois avisés, de manière totalement fortuite.

    Pour clore cette série de Roussillon blanc, il fallait migrer en soirée au cœur des Quarts, dans le sympathique gîte du Château de Suronde, pour rencontrer, lors d'un mini Off, la star de la soirée, Marjorie Gallet, du Roc des Anges. Son blanc 2008 se goûtait un peu moins bien que les précédents blancs dégustés, mais les toutes nouvelles cuvées de Maury du domaine, vinifiées par son mari, ex-Mas Amiel et expert en la matière, valaient le déplacement. Des Maury de terroir, toujours en cours d'élevage, tout en minéralité et en tension, appelant plus le canard au sang où le lièvre à la royale que le gâteau au chocolat. Le blanc est également exceptionnel. Il va impérativement falloir regoûter à tout cela en fin d'élevage.

    Le Roussillon blanc? Assorti à la météo angevine. Frais et revigorant!

    IMGP6559.JPG

     

    Olif



  • Boire le Calice jusqu'à la lie...

    ... et boire la lie ensuite, même s'il n'y en a pas.

    IMGP6175.JPG

    Un vin de table en marbre qui ne devrait laisser personne de marbre. Millésime 2007. Du fruit qui croque, droit et rectiligne, charnu, frais, évident mais gourmand.

    Jean-Philippe Padié est un vigneron pervers, de nous contraindre à boire le Calice jusqu'à la lie. Et d'en redemander!

    Une tentation de Saint-Antoine!

    Olif

    Retrouvez aussi les Dégustantanés sur le Blog de la Pipette.
  • De battre son cœur s'est arrêté!

    IMGP5463.JPG

    Aussitôt achetée, aussitôt remontée de la cave. En un mouvement, de déboucher, mon tire-bouchon s'est arrêté. Vite, un verre! Blub blub! Très vite, de verser, ma main s'est arrêtée.

    La robe est opaque, violine. Instinctivement, de voir, mon œil s'est arrêté!

    Des arômes de violette, de gelée de petits fruits noirs diffusent du verre. Emplissent les narines. Pudiquement, de sentir, mon nez s'est arrêté!

    Une texture parfaitement, soyeuse, veloutée, tapisse le palais. Les tanins jouent sur du velours, la gelée de fruits ressort, donnant une légère sensation sucrée. De goûter, ma bouche s'est arrêtée.

    Ensuite, j'ai bu. Avidement. Avec plaisir et envie. C'est alors, que de battre, mon cœur s'est aussi arrêté. Un court instant, l'espace d'une pulsation. Ça compte quand même!

    Du Bizeul tout craché, tout avalé. Dans un style enrobé, mais net et précis. Une syrah bien élevée et mise en valeur, qui garde de la fraicheur et qui se laisse boire avec un plaisir coupable. Celui de la gourmandise. Après, de penser, le cerveau peut aussi s'arrêter!

    "De battre mon cœur s'est arrêté", Côtes du Roussillon-Villages 2007, par Hervé Bizeul.


    Olif

     

    Retrouvez aussi les Dégustantanés sur le Blog de la Pipette