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  • Road-blogging en Roussillon (2): La Préceptorie de Centernach

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    Lorsqu’il a fallu dénicher Saint-Arnac sur une carte du Roussillon, ce ne fut pas une mince affaire. Et lorsqu’il a fallu y aller, également. Remonter la vallée de l’Agly jusqu’à Maury, puis bifurquer sur le flanc sud de la vallée et grimper dans la montagne. Voir disparaître les vignes du paysage et commencer à se poser des questions. Encore un coup de ce fichu TomTom ! Et puis, subitement, au détour d’un virage, Saint-Arnac ! Quel coup fourré du siècle a-t-il pu commettre, cet Arnac, pour se faire canoniser ainsi ? Et comment cette mystérieuse Préceptorie, propriété à caractère multifamilial, a-t-elle pu atterrir ici ? Autant d’éléments fondamentalement inutiles qui trouveront leur réponse dans la passionnante rencontre qui va suivre.

    Première étape vinique de la pérégrination du GJP* en Roussillon, la Préceptorie nous était connue pour son superbe Maury Cuvée Aurélie Pereira de Abreu et ses liens privilégiés avec le domaine de la Rectorie, à Banyuls. Il nous fallait en savoir plus. D’où notre présence à Saint-Arnac. Pour rencontrer en vrai l’Aurélie qui donne son nom à la cuvée ! Pas de façon préméditée, mais nous avons la chance d’être accueillie par elle-même en personne. Après une rapide visite des installations, nous nous retrouvons sans plus tarder au fond d’une cuve. En tout bien tout honneur, puisque certaines des cuves ciment de cette ancienne coopérative ont été aménagées en cave de vieillissement et en coin dégustation. Pour le moins original ! C’est la découverte de ces locaux appropriés et abandonnés qui a conduit à l’installation de la Préceptorie à Saint-Arnac. De Saint-Arnac à Maury, il n’y a que quelques kilomètres et de Saint-Arnac à Centernach, il n’y a qu’un léger défaut de prononciation et un retour aux véritables origines du nom du village. Bon sang ! Mais c’est bien sûr ! Tout s’explique, il n’y a donc aucune arnaque qui tienne ! Mais par contre de très beaux vins, qui méritent le détour:

    - Coume Marie blanc 2006 : assemblage de maccabeu et grenache gris, ce vin possède une jolie tension en bouche, avec du fruit, de la fraîcheur et de la minéralité.

    - Paoh 2006 : une cuvée de grenache gris pur, sur un terroir d’altitude, encore plus frais. Un vin actuellement sur la réserve, avec néanmoins une belle densité et une grande sensation de minéralité. Prometteur !

    - Zoé 2005 : grenache noir et carignan, pour un vin fruité et charnu, simple et direct.

    - Coume Marie 2005 : grenache complété par un peu de syrah. Du volume en bouche, des tanins enveloppants, soyeux, arrondis et fondus.

    - Paoh 2002 : plus évolué, sur la cerise et le cacao, il s’apprivoise petit à petit, malgré une acidité bien présente et des tanins un peu durs en finale.

    - Maury cuvée Aurélie Pereira de Abreu 2005 : 95% de grenache. Rond, long, bien équilibré, l’alcool ne domine pas trop et la bouche garde une belle sensation de fraîcheur.

    - Maury Le vin doux rêveur : assemblage de 3 millésimes pour un rancio plutôt réussi, à la robe tuilée, au nez de tabac blond et à la bouche moelleuse, d’une grande douceur. Jolie finale sur le noyau de cerise.

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    Olif

    *GJP: secte d'adorateurs de Bacchus basée sur les hauts plateaux du Doubs, mais n'hésitant pas plus que cela à en descendre pour arpenter le vignoble 

  • Road-blogging en Roussillon (1): vignerons paysagistes en Languedoc-Roussillon

    Trois vignerons en Languedoc-Roussillon, trois approches différentes du vin qui se traduisent par des expressions différentes dans le verre, mais trois démarches superposables sur le terrain : le métier de vigneron nécessite un  véritable savoir-faire de paysagiste ! Rendre sa biodiversité au terroir, une condition indispensable au développement harmonieux de la vigne !

    Hervé Bizeul, le Maître Loyal du fantastique cirque de Vingrau, pratiquant du "raisonné extrême", plante des oliviers, façonne des murets, favorise le retour des oiseaux pour une sonorisation naturelle du paysage, qui avait tendance à disparaître.

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    Démarche superposable au Clot de l’Oum, chez Eric Monné, apôtre du bio, qui veut redonner vie et cohérence à cette « vallée de l’orme » qui s’ouvre sur un paysage fantastique. La vigne y côtoie également l’olivier, les pierres extraites du sol ont donné naissance à des murets mais aussi à des petits casots (des cabanes qui peuvent servir de remise, de cave improvisée, voire de mini résidence secondaire), les habitations (la cave et la future maison) se fondent dans l’environnement de manière plutôt harmonieuse.

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    Et que dire de Lisson, où Iris Rutz-Rudel, aux conceptions très "nature", a entrepris une tâche colossale : faire revivre cette colline sauvage que la nature a repris à l’homme le siècle précédent. Énorme travail de défrichage, de plantation, en réutilisant les terrasses existantes, afin de voir réapparaître la vigne à un endroit qu’elle aurait pu ne pas quitter.

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    Coïncidence et dernier petit clin d’œil, ces trois vignerons, aux conceptions du vin parfois radicalement différentes sont blogueurs. Et les trois se côtoient aussi dans ma cave ! Personne n'est parfait!

    Olif