20 mai 2014

J'aime le vin naturel et je vous emmerde!

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C'est curieux chez les soi-disant critiques de vin cette manie de faire des phrases ... anti vins natures. Le bashing, dénigrement à la mode, touche toutes les classes du Mondovino. Yohan Castaing, auparavant connu sous le pseudonyme pompeux d'Ambroise Chambertin, directeur éditorial de la revue Anthocyanes, rien ne l'exaspère plus que d'entendre sans arrêt parler de vin "naturel". Alors, comme il est énervé, il en parle. Ben voyons! Son texte n'est ni plus ni moins qu'une nouvelle charge contre les biocons, article fondateur du plus grand dégustateur français du monde, dont il se réclame. On n'est pas près de grimper d'un level au jeu du plus (bio)con! Mais, n'est cependant pas Michel Bettane qui veut! Petite nouveauté, les blogueurs et les journalistes vendus à la cause du "nature" en prennent gentiment pour leur grade, de vils êtres en mal de "(re)connaissance". Les amateurs de vins naturels? Forcément des bobos écolos, bonjour le poncif! On tient donc les responsables: les cavistes, sommeliers (non, pas toi Manu!), journalistes, blogueurs, qui, en encensant ce type de production, incitent les vignerons à en produire davantage. Je n'arguerai pas sur le fait qu'un journaliste d'un tel standing, soucieux de s'en prendre à l'étymologie, devrait un peu mieux soigner son orthographe, ce serait bas. Mais le soufre avec deux "f", c'est quand même disqualifiant d'entrée de jeu, surtout pour un professionnel du vin.

Finalement, même si Jules Chauvet est appellé à la rescousse , on ne peut pas dire que l'argumentaire des "anti" varie beaucoup. Oui, le vin n'est pas un produit naturel, mais on continuera à l'appeler comme ça, parce que tout le monde sait ce que c'est. Et non, ce n'est pas une mode éphémère. Même si elle s'amplifie, elle dure depuis plus de 30 ans, maintenant. Les producteurs de "nature", quant à eux, progressent à grands pas, canalisent et/ou évacuent une grande partie des soi-disant défauts œnologiques de leurs vins, tout en gardant la même approche peu interventionniste en vinif. C'est en tout cas mon ressenti après plusieurs grandes séries de dégustation sur les différents salons printaniers auxquels j'ai participé (Vinicircus, Biojoleynes, Vins libres). Ce texte aux pigments amers, c'est (sans doute?) une réponse au récent plaidoyer pour le vin naturel d'Antonin Iommi-Amuna t'es qui?, qui cumule avec bonheur les casquettes de journaliste/blogueur/organisateur de salon de vins naturels, trois raisons de vouloir le fustiger. Il est vrai qu'il est aussi un peu bobo.

Le paragraphe le plus intéressant du billet d'Ambroise, c'est finalement dans les commentaires qu'on peut le lire, sous la plume d'un certain Erix. Ou comment le bon sens amateur peut (parfois) l'emporter sur la mauvaise foi professionnelle.

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Alors, oui, moi aussi, j'aime le vin, j'aime le vin naturel, je suis plutôt écolo, je suis bobo et je vous emmerde*.

 

 

 

Olif

 

* Solange, quand elle te parle, ça fait mouche à tous les coups.

 

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P.S.: Bobo, c'est un peu plus qu'une insulte, c'est un phénomène sociologique complexe que Laure Watrin et Thomas Legrand ont tenté de décrypter en 267 pages aux édition Stock. Et c'est certainement moins pire que la beaufitude franchouillarde des buveurs de grands crus classés.

 

P.S.2: et pendant ce temps, le petit père fondateur de la république des biocons nous pond une nouvelle mouture de sa grande œuvre pour déplorer "la tragédie du chenin". Les biocons, versant vignerons "natures" de Loire, qui galvaudent ce si grand cépage qu'est le chenin. Sauf que, détail de poids, c'est quand même en grande partie grâce à certains d'entre eux qu'il a retrouvé ses lettres de noblesse.

 

P.S.3: pardon si j'ai été grossier.

 

Commentaires

C'est trop d'honneur de faire de la pub à ce texte sans aucun intérêt, bourrés de clichés. Sans toi, personne ne l'aurait lu, et il serait vite tombé dans les oubliettes du vide intersidéral.

Écrit par : Eric B | 20 mai 2014

Eric, Olif,

J'ai lu le texte de Yohan Castaing et l'ai au contraire trouvé plein de bon sens.
Et je peux vous assurer qu'il est approuvé par bon nombre de vignerons, ces mêmes vignerons qui ont contribué à la réputation des vins naturels dans les 30 dernières années et qui se font maintenant ringardiser dans les grandes métropoles, bien que n'ayant jamais dévié de leur intégrité, par des tas de vins immondes et déviants surfant sur la vague à la mode (très bobo, il suffit de regarder les étiquettes utilisées) de la conscience environnementale.

Personnellement je n'en ai pas marre des vins natures, j'en bois même de très bons, j'en ai juste marre du discours mensonger qui les entoure où l'on entend en gros qu'un vin sans intrant est la seule et VRAIE définition du vin, ce qui est pour le moins intolérant.

Écrit par : Thomas L | 20 mai 2014

J'étais chez Schueller il y a peu.
Pas du tout aimé la gamme, des vins sentant uniformément la pomme.

Sur des vins comme Ubac 2001 (clos du rouge-gorge) ou Sanssoo 2012 (domaine de la réserve d'O), avis mitigés : une partie des dégustateurs trouve cela très bon, les autres raté, déviant.

Parfois du grand vin en nature, comme le Clos Goillotte de Prieuré-Roch ... mais c'est si rare ...

Écrit par : laurentg | 20 mai 2014

Oui, Laurent. Et Roche noire 2006, pas bon! Tu n'as pas goûté le Gewurtz Réserve TS Bildstoecklé 2007? Du niveau du 2000, qui n'a jamais existé.

Écrit par : olif | 20 mai 2014

Je ne sais pas de quel vin tu parles dans le cas de Roche Noire.

Un grand vin de Schueller bu 2 fois : Gewurztraminer Bildstoecklé SGN TS 2000 (cuvée PMG en effet).
Pas goûté le 2007.

Écrit par : laurentg | 20 mai 2014

Ne me dis pas que tu ne te souviens pas de Roche noire 2006 de Philippe Jambon?

Thomas, tu as tout à fait le droit de trouver le texte de Yohan Castaing plein de bon sens. Moi pas. Des vins natures, il y en a des bons et des pas bons, comme les vins conventionnels. On les aime, on ne les aime pas, chacun ses goûts et ses dégoûts. Mais par pitié, que les amateurs (et professionnels) de grands vins arrêtent de vouloir donner des leçons à ceux qui pensent le vin autrement qu'un produit de luxe standardisé et ultra protégé à destination d'une élite richissime.

Écrit par : olif | 20 mai 2014

Ca un gout de pomme... c'est tout... après si on aime la pomme...
Il y a néanmoins certains rouges qui ont gout de raisin... mais c'est trop rare...

Écrit par : fred | 20 mai 2014

On ne force personne à en boire, mais que ceux qui n'en boivent jamais parce qu'ils n'aiment pas ça ne la ramènent pas sans arrêt, c'est tout.

J'avoue également qu'il m'est arrivé de boire des vins techno-conventionnels qui n'avaient pas trop le goût de levures aromatisées ou de bois ... mais c'est aussi trop rare pour le signaler. Alors je n'en parle pas non plus.

Écrit par : olif | 20 mai 2014

Avez vous demandé aux enfants irrités dans leur cours de récréation ce qu'ils préfèrent , une intoxication aux pesticides de synthèse, une intoxication aux métaux lourds Bio, aux insecticides bio ou une information intelligente sur la nécessite de l'homme à réfléchir pour produire cette formidable source de bonheur et de partage qu'est ce produit génial, fruit de la création de l'homme: le vin!

Écrit par : bob | 20 mai 2014

Il y a des endroits où l'on arrache les vignes pour construire des maisons, parce que le foncier constructible est bien plus rentable que le foncier agricole, d'autres où c'est l'inverse.
Et puis, il y a les vignes perdues au milieu de nulle part, juste bonnes pour l'école buissonnière, malheureusement de moins en moins pratiquée. Ce sont celles qui produisent les meilleurs vins, sans embêter personne. Même pas les sangliers, qui se régalent, lorsque l'heure de la vendange est venue.

Écrit par : olif | 20 mai 2014

Bien sûr qu'il y a des mauvais vins nature. J'en ai bus plus que j'aurais aimé le faire. Mais comme le dit Olif, il y en a de plus en plus des réussis, et continuer à dire que la plupart sont déviants me semble totalement à côté de la plaque.

Laurentg, effectivement, j'ai rebu la gamme de Schueller en décembre dernier, et peu de vins m'ont enthousiasmé (alors que dans le passé, j'ai bu de très beaux vins de ce producteur). Mais par contre, ce qu'a fait Patrick Meyer en 2012 est juste superbe (Grittermatte, les Pucelles) et à l'antipode de l'image des vins "nature".

Écrit par : Eric B | 20 mai 2014

Eric,

Merci pour ton témoignage (et OK pour Myer).
La frontière entre les 2 n'est pas toujours très nette en effet.
Les vins de Schueller que j'ai bus au domaine en présence de ses parents (atterrés) ne ressemblent à rien, à mon goût.

Je bois des vins nature daubés ou approximatifs, des vins nature potables et quasiment jamais de très bons, excellents ou grands vins nature.
Ces derniers, je les trouve dans le monde plus conventionnel, qu'ils viennent de France ou d'ailleurs.
Faut-il à tout prix les diaboliser ?
Et ils ne sont pas toujours inabordables, loin s'en faut.
Mes dernières rencontres avec de potentiels beaux vins nature (foulards rouges, Thierry Allemand) ont rempli mon vinaigrier, malheureusement.

Il y a aussi de très nombreux vins conventionnels dont je ne cherche pas la fréquentation (idem pour de nombreux restaurants vendant ces cochonneries).

Écrit par : laurentg | 20 mai 2014

Et puis moi, ce qui m'emmerde, c'est d'aller dans des restaurants où il n'y a que des vins nature ... (en particulier au châteaubriand, beau foutage de gueule gastronomique au passage, le soir où j'y suis allé).

Alors oui, des fois, on s'en sort pas trop mal avec Barral, Gramenon ou Clos Fantine ...
Mais la plupart du temps, les expressions, quand elles s'avèrent réussies, me semblent bien banales, lisses, répétitives (je pense par ex ici à un Morgon 2011 de Chamonard, acceptable mais tellement ennuyeux ... je lui préfère les vins de Dutraive, plus étincelants).

Écrit par : laurentg | 20 mai 2014

salut,

Première réaction sur ce fil de discussion, je ne fais que de rares sorties réactive..
Finalement, je me demande si on pouvait caresser l'espoir de pouvoir boire ce que l'on veut sans juger, être juger ou plus encore..
si l'on trippe à boire des grand bordeaux chers, tant mieux. Du nature ou du plus naturel possible comme j'aime le dire, tant mieux aussi. Ce qu'il faut défendre avant tout est le bon sens agricole, la logique environnementale, les intrants dans le vins, un peu de so2, ce n'est pas bien grave, du sucre des fois...
J'ai longtemps moi même fustigé les uns, encensé les autres, comparé, me suis pris pour un agitateur d'étendard du vin naturel, j'ai pris parti, monté la tête aux uns et défié les autres.
Après douze années de travail avec ces vins là (les plus naturels possible) je me rends compte qu'UNE DES BONNES définitions du vin est le plaisir, la vibration, l'émotion. Ce n'est pas parce que c'est bio ou nature que c'est bon, je réponds vrai.
Il y a du bon du moins bien, du bancal mais les 'dit' bancal s'éliminent d'eux même.
Je ne cherche plus à imposer des choses à mes clients et amis, je bois et fais boire des vins qui s'imposent d'eux même à mes yeux car le vivant se ressent même s'il y a un peu de gaz, si la volatile s'approche des point 8, même si la réduction est encore présente. mais le vin doit être buvable sur plus que ''5 minutes et pi cahuete''. Le vin doit donner un tout, un équilibre, peu importe s'il sent la pomme (arôme primaire commun et aussi oxydation). Savoir travailler avec ses vins là n'est pas chose facile, la réalité des vignerons nous dépasse souvent par rapport à notre petit univers jesaistoutiste et critique.. choses aisées lorsque l'on a dans les mains que sur son verre et pas un secateur les eux genoux sur le sol, je ne parle pas après du prix, de la notoriété.. c'est un autre débat (déjà que je flirte avec le hors sujet..
le cheminement est assez long pour commencer à se poser les question logique, accepter les refus, les inepties, les idées reçues..
je pense que cela prend beaucoup de connaissances pour en parler et les expliquer mais cela prend simplement du sentiment pour les apprécier. Chacun ressent les choses comme il les ressent, du vinaigre avec du Allemand... tant pis pour le pas chanceux. Certaines choses apparaissent bonnes pour les uns et inversement. Je pense qu'être près de ses émotions est la meilleure des manières d'appréhender le vin en général. Je m'arrête là pour l'instant peut être..il y tellement de choses à dire.

Écrit par : xavier | 21 mai 2014

Mais pourquoi cet acharnement de certains a toujours vouloir évoquer le "discours mensonger" autour de certains vins nature?... Qu'en est-il des autres vins, les conventionnels, les raisonnés?... S'il s'agit de mensonges pour les "nature", de quoi faut-il alors parler pour les autres?...

Écrit par : PhilR | 21 mai 2014

Je trouve moi aussi l'article très mauvais.Il n'apporte aucun élément nouveau à ce sujet récurrent (à vocation publicitaire ?), sinon des idées déjà répétées. En résumé:
A part pour quelques producteurs, les vins dit naturels, puent et sont mauvais, ou au mieux buvables. Tous ceux qui se pressent dans ces salons sont des ignorants bobos fondus d'écologie roulant en 4x4. Ils se laissent régulièrement abusés par des restaurateurs et des cavistes malhonnêtes qui leur vendent des serpillères. Comme ils sont bêtes il y retournent. Ils ne croient pas au progrès de la science. Enfin heureusement, ce n'est qu'une mode.

Malheureusement la vérité semble un peu éloignée.
Chacun commence à comprendre que l'enjeu principal c'est l'appropriation du mot "naturel" ses connotations et son cortège marketing. Ce qui dérange, c'est son emploi et surtout la non possibilité de l'employer pour les autres faiseurs de vins. Voilà le noeud du problème à une époque où des gens re-commencent à se demander ce qu'ils ont dans leur assiette et dans leur verre. Et où cette niche (peut-être pas si passagère, car qui s'en soucierait ? ) commence à représenter un positionnement intéressant en terme de business et de parts de marché...
Si on changeait le terme vins naturels par vins puants, il y a fort à parier que ces débats n'existeraient plus.

Écrit par : Raph | 21 mai 2014

Le dogme du sans-soufre est une anerie. Faire des macerations carbos pour eviter de soufrer est un process tres marquant et masque le terroir. C'est donc bon pour des vins sans terroir.
Quand j'entends que des vins "naturels" faits avec des macerations carboniques de 3 semaines respectent le terroir je pense que c'est une ineptie.
Qualifie' un vin de "naturel" est une anerie, voire une escroquerie. Ou` est le cahier des charges?

Je ne crois pas non plus a` la biodynamie qui est une religion inventee par Steiner et n'a absolument aucun fondement scientifique. Serieusement etes vous anthroposophes? Non? Alors ne repetez pas n'importe quoi!

Le label "bio" signifie quelque chose puisqu'il est controle par une agence d'etat et qu'il existe un veritable cahier des charges techniques. D'ailleurs beaucoup de vignerons disent faire de la biodymamie alors qu'ils ne sont meme pas bios. C'est plus facile d'acheter des conneries a` Demeter que de suivre le cahier des charges de l'agence bio...

Pour faire du bon vin, il faut une bonne viticulture avec des sols vivants. Apres il faut des vinifs peu interventionnistes. C'est tout. Pour faire un grand vin il faut de plus le terroir.

Écrit par : schmitt | 22 mai 2014

Le label bio ne signifie pas grand chose, même s'il répond à un cahier des charges, parce qu'il est tellement laxiste et si peu strict qu'il en perd tout son sens. A ce label là, je préfère mille fois un vin naturel sans label, fait par un producteur en qui j'ai confiance et que je qualifierais d'honnête, avec lui-même et avec les consommateurs. Oui, je sais que l'on vit dans une époque où il faut tout certifier, traçabiliser, justifier... Mais, parfois, il faut aussi emmerder la certification. Quant à vos considérations sur la biodynamie, elles n'engagent que vous. Je connais plein de vignerons qui l'appliquent avec des résultats objectivables (sur les sols, sur les vins), sans pour autant être anthroposophes.

Sinon, je suis en phase totale avec votre dernier paragraphe. Ce serait d'ailleurs la définition d'un vin naturel parfait!

Écrit par : olif | 22 mai 2014

Il y a tout de même une erreur dans l'intervention de Schmitt. Un viticulteur qui a le label demeter a l'obligation d'être officiellement en bio.

Écrit par : Eric B | 22 mai 2014

Ouais ben c'est une blague alors parce que si on est vraiment biodynamicien alors on est anthroposohe ou sinon ca veut rien dire du tout - je me refere simplement au cahier des charges de Demeter...
http://www.demeter.fr/content/cahiers-des-charges
Lisez-le et vous verrez que c'est bien un texte religieux.

Perso, j'achete parfois chez des vignerons qui se disent "biodynamistes" mais c'est des malins. Juste le discours qui me gonfle parce que la vigne ca a rien a voir avec les couillonneries de Steiner. Alors quoi... pourquoi repeter des trucs qu'ils ne croient pas? J'ai une idee de la reponse.

Naturel: finalement vous connaissez des vignerons sympas, honnetes qui sont finalement naturels comme leur vin. Moi j'ai toujours pas compris ce que c'etait... Par contre des vins avec le label "nature" foireux oxydes ou des piqures acetiques apres 5 min d'ouverture j'en ai eus et les macerations carbos sur des grands terroirs de Bourgogne c'est du massacre. Depuis 30 ans, jamais bu de grands vins provenant de la bande de naturalistes.
Des vins sympas qui font pas mal a la tete oui, mais vraiment grands, non.

Le bio: c'est penible dites-vous a cause de la tracabilite'?... Euh... Au moins on est sur d'avoir un vrai label avec une agence d'etat qui surveille. Franchement de quoi se plaindre et surtout pourquoi ne pas le faire? Le bio est tres denigre par les vignerons que ca derange mais c'est aussi le seul label serieux pour promouvoir les viticulteurs qui font propre. Demandez donc a vos potes naturalistes pourquoi ils ne sont pas bios... Reste que techniquement on peut discuter les contraintes du bio: quand j'entends parler d'insecticides "bios" je trouve ca un peu bizarre. Ce qui montre la reelle difficulte' de faire propre.

Pour vous preciser mon point de vue: les vins que j'achete sont generalement peu soufres -- je regarde les analyses... Par contre je ne cherche pas -- et meme je fuis -- le "sans-soufre". Je fais gaffe a ce que le vigneron ne mette pas de l'herbicide ou de la chimie dans ses vignes. Vu le prix des bouteilles le mec peut desherber, faut pas se moquer... S'il est certifie bio, tant mieux. Mais je sais aussi que dans les regions froides il y a des problemes avec l'oidium et que c'est pas facile de faire du bio (ex:2008, 2013!). Quant le vigneron me dit qu'il est biodynamiste je lui dis de ne pas me servir son baratin. Ce qui ne m'empeche pas d'apprecier ses vins s'ils sont bons. Au finish ce qu'on goute dans le verre ne trompe pas.

Je poursuis votre raisonnement: donc a quoi servent ces labels qui ne veulent rien dire: "naturels" et "biodynamique"? Et finalement pourquoi ne pas faire "bio"?

Écrit par : schmitt | 22 mai 2014

Eric B. Merci de me corriger! Par curiosite': ou est ce specifie' pour le label Demeter? Je veux quand meme verifier...
Reste que le baratin de Steiner est insupportable...

Écrit par : schmitt | 22 mai 2014

Je ne sais pas si c'est indiqué dans le cahier des charges demeter, mais c'est sûr que tu vas faire allumer par les fraudes et autres organismes de contrôle si tu affiches un label demeter sans afficher à côté le label bio officiel.

En général, c'est le même organisme qui vient contrôler les deux le même jour. Ca coûte moins cher...

Écrit par : Eric B | 22 mai 2014

Bon, ça sent le faux débat, là!

Le cahier des charges biodynamique Demeter est plus restrictif que celui du bio européen y compris en terme de vinification. Une raison potentielle pour ne pas faire bio tout court.

Le vin naturel est potentiellement régi par la charte de l'AVN, absolument non officielle, mais dans laquelle les vignerons adhérents s'engagent "officiellement" en la signant (et en étant acceptés après parrainage). La certification bio est désormais exigée. Les brebis galeuses ne sont pas à exclure, comme partout, mais on peut supposer qu'elles sont plutôt rares, vu le niveau d'engagement souhaité. C'est donc du bio, mais pas tout court non plus.

Et c'est sans compter sur ceux qui font du bio, du biody, du nature et qui ne sont certifiés en rien. Du coup, on n'a rien le droit de dire sur eux et eux aussi sont mal placés pour la ramener.

Pour le sans soufre, du moment que c'est pas choix et par goût, personne ne peut vous donner tort. Il en existe pourtant d'admirables, qui n'ont même pas l'air d'être des vins sans soufre.

Et, pour finir, si j'ai bien compris votre raisonnement, vous achetez des vins plutôt natures en exigeant principalement qu'ils ne le montrent pas, et/ou ne le revendiquent pas. Bref, vous aimez un certain type de vin naturel et vous nous emmerdez. Un peu comme moi, quoi!

Écrit par : olif | 22 mai 2014

Salut,

Je viens de lire le texte de Castaing. Je m'attendais franchement à pire. Evidemment ça ne va pas chercher très loin.
Les analyses sont assez stupides et/ou contradictoires (une "mode" qui dure depuis 30 ans; marre du nature tout en buvant du Lapierre et Leroy...), mais il y a tout de même un point que je partage sur le fait que beaucoup de dégustateurs prennent aujourd'hui les défauts des vins pour leurs qualités.

J'ai pas mal d'amis, tendance vins S.A.I.N.S, qui ne jurent que par la réduction ou l'hyper-oxydation, l'odeur d'étable et la volatilité. Plus c'est barré, plus ils aiment.
Sauf qu'à la longue, ils prennent cela pour une signature, une volonté de la part du vigneron.

J'ai goûté avec eux il y a quelques temps, chez un caviste toulousain, un Saurigny (SAU 11) et j'ai du mal à croire que le résultat en bouteille était le but espéré (je ne dis même pas recherché) par le vigneron.
Après ça, on a testé une Poivrière de Pat des Griottes (j'ai oublié le millésime). Je veux bien avoir l'esprit ouvert mais là c'était carrément daubé, genre légère odeur de merde. Eh bien une des nanas présentes a adoré. Du coup la discussion a roulé sur Jean-Louis Costes (Viva la mierda!). Bref, marrant.
Mais quand il a fallu prendre des quilles pour le dîner, tout le monde s'est rabattu sur des jus plus aboutis, plus droits, plus équilibrés, et on est partis avec du Rivaton...

Écrit par : Blandine | 22 mai 2014

Cher Olif,
quand meme il y a quelques problemes avec le l'usage du terme "nature" par un groupe de vignerons pour qualifier leurs vins:
- la chartre est non officielle
- l'appartenance a` ce groupe se fait sur un systeme de parrainage
(je savais pas)
et SURTOUT que:
- ce terme a une signification forte dans un contexte general.

En effet cette confusion -- entretenue? -- sur ce terme tres galvaude' m'amene a` cette question:
Ce groupe de vignerons en question (les naturels, naturistes ou naturalistes...) sont-ils les seuls a` faire un vin qu'il convient d'appeler naturel? En gros les vins des autres ne sont-ils pas naturels alors?
Cette question est foireuse bien sur, justement parce que "naturel" est completement galvaude'.
Je rejoins d'autres commentaires sur ce point: cette appropriation du qualificatif "naturel" est genante.

Maintenant pour vous prendre au mot:
je ne veux pas citer des noms mais tous les vignerons "nature" dont vous parlez, mais sont-ils bien TOUS certifies bio - label AB ou europeen - ou au moins en cours de certification? Merci de nous le confirmer. (En tout cas je vois rarement les logos AB sur les bouteilles.) Sinon, arretons alors de parler d'eux comme des faiseurs de vins "naturels".

Vous pouvez penser que je suis emmerdant -- mais de votre part je ne le prends pas mal -- mais reconnaissez que tout le monde souhaite une grande tracabilite des produits, il serait souhaitable par exemple de voir les taux de sulfite utilise' et tous les additifs en cuve sur les contre-etiquettes... Le consommateur a droit a de meilleures explications et aussi certaines garanties pour ce qui est du label "naturel", qui je crois n'est plus accepte' sur les bouteilles.

Si quelquechose de + credible s'organisait autour de cette charte AVN, ce serait tres bien.

Salutations.

Écrit par : schmitt | 23 mai 2014

Cher Schmitt,
C'est ce que je disais plus haut. C'est l'emploi du mot naturel qui vous dérange. Est-ce que le qualificatif puant vous gênerait ? Faudrait-il aussi une charte ? On voit bien que le noeud du problème ce n'est pas tant la qualité des produits.
Vraiment la protection du consommateur ? Serait ce soudain la volonté de le protéger après les tonnes de pesticides déversés dans les vignes où on s'est peu soucié de traçabilité ? Ou bien plutôt la volonté de récupérer un terme de plus en plus vendeur afin d'en abreuver les linéaires ?
Car moi dans les linéaires j'en vois déjà beaucoup des vins qui puent.

Écrit par : Raph | 23 mai 2014

Bu hier des vins de Foillard (Morgon Côte de Py 2010), Métras (Fleurie 2010), Dutraive.
Pas de défaut, pas de quoi monter au plafond non plus, préférence à Dutraive pour l'éclat de fruit et la présence en bouche (VV terroir champagne 2010).

Très beau Chinon 89 de Lenoir aussi, complexifié par l'âge.

Une hiérarchie dans la classification "nature" ?

Écrit par : laurentg | 23 mai 2014

Mon cher Schmitt, vous êtes effectivement un poil emmerdant à vouloir me forcer à justifier mon titre, mais je ne vous en tiendrai pas rigueur. La terminologie est certes galvaudée (pas que par les "natures", également par certains qui souhaitent la récupérer pour des raisons commerciales, parce qu'elle est porteuse (cf Gérard Bertrand)), elle gêne (les détracteurs, mais aussi certain vignerons "nature" qui ne souhaitent pas se faire enfermer sous cette étiquette (cf le billet récent de Julien Montagnon http://www.domaine-lombard.com/index.php?post/2014/05/02/Ne-m-appelez-plus-jamais-nature ), mais elle a néanmoins le mérite d'être claire. Parce que quand on parle de vin nature ou de vin naturel, tout le monde sait, y compris et surtout ses détracteurs, ce que c'est et à quoi ça correspond, même si ça ne figure pas au Journal officiel, qui semble bien être votre livre de chevet.

Les vignerons membres de l'AVN sont tenus de s'engager dans une certification bio. Beaucoup ne le revendiquent pas sur les étiquettes, y compris chez les non-membres de l'AVN. Ceux qui n'appartiennent à aucun groupement de vignerons font évidemment comme ils l'entendent.

En ce qui concerne la traçabilité des produits, ce sont plutôt les vignerons conventionnels qui s'opposent à cette pratique. Beaucoup de vignerons réputés naturels publient leurs analyses, certains les mettent même sur leurs étiquettes, au risque de se le faire reprocher par la DCGRF, d'ailleurs.

Oui, Blandine, tous les vins natures ne sont pas bons. La tolérance à certains "défauts" organoleptiques peut cependant être variable d'un individu à l'autre, en fonction de son seuil de sensibilité. Tout dépend de ce que l'on recherche dans un vin: la grandeur, la perfection absolue, le côté désaltérant, la fraîcheur, le fruité... J'ai également des amis qui se régalent de vins particulièrement barrés et il m'arrive parfois de ne pas cracher sur un vin un peu trash. Tous les goûts et les dégoûts sont dans le nature..!

Et enfin, oui, Laurent, on ne grimpe pas tous les jours au rideau en buvant du vin, quelque soit sa nature. Pas de hiérarchisation ni de notation, parce que pour moi, le vin, ce n'est pas ça. Juste du plaisir, parfois orgasmique. Des déceptions aussi, évidemment, mais qui ne méritent pas forcément de coup de gueule.

Écrit par : olif | 23 mai 2014

Cher Olif, juste pour SOULIGNER que le blog de Julien Montagnon est absolument excellent, très clair, il cerne très bien le problème. Merci de l'avoir pointe! J'adore sa tirade grandiose sur l'acétate d'éthyle qui est "le meme du Nord au Sud". Ca fait vraiment plaisir a` lire. Allez je me casse, j'arrete d'encombrer votre blog.

Écrit par : schmitt | 23 mai 2014

Les bons vins de l'Anglore sont "nature" selon toi ?

Et il y a tellement de vin "protégés" qualitativement supérieurs aux meilleurs vins "nature", je l'ai vu encore ce soir sur une série de vins de Châteauneuf-du-Pape 2000 ...

Écrit par : laurentg | 24 mai 2014

Bobo ou pas, Olif, on t'aime - naturellement!

Écrit par : Hervé LALAU | 30 mai 2014

Hervé,

Tombé hier soir sur un viognier/marsanne ardéchois de Gilles Azzoni (le vin et l'ange Nedjma 2012).

Le site du domaine précise : « Il est conseillé de ne pas le carafer, et de terminer la bouteille ouverte dans l'heure. "
Pas faux et ce vin brouillon qui sent la pomme (à la manière d'un Riesling de Schueller) ne m'inspire guère de plaisir, dès l'entame.

Écrit par : laurentg | 01 juillet 2014

Ben ouais des blancs "natures", "libres", etc... qui ont le gout de pommes au four j'en ai goute plusieurs. Recemment un qui avait un legerement ce gout: Marc Tempe Alsace Riesling... C'est une amie qui a achete'. Pas desagreable, legerement oxyde donc, on est pas du tout sur les aromes d'un grand blanc de garde. Comme quoi le soufre c'est quand meme bien.

Écrit par : vince | 01 juillet 2014

Ouais, t'as sans doute raison, le soufre doit quand même servir un peu à quelque chose. Chez certains. Mais moi, finalement, je demande juste une chose: que ceux qui aiment ça arrêtent de vouloir emmerder les autres qui en veulent le moins possible dans leur verre. Je suis personnellement moins gêné par un joli blanc nature aux notes de pommes au four que par un soi-disant grand blanc de garde aux arômes élégants et racés de levures artificielles et engoncé dans une gangue de bois caricaturale. Question d'éducation...

Pour ce qui est de Nedjma 2012, pas goûté, mais, c'est marrant, un ami plutôt pointu question vins (malheureusement vendu à la cause du nature) venait tout juste de m'en dire le plus grand bien. Il me tarde donc d'y goûter.

Écrit par : olif | 01 juillet 2014

Bon, nous étions 5, nous en avons bu chacun une gorgée, pas vraiment surpris, puis la bouteille est restée sur la table, avant d'ouvrir une bouteille de bon vin de Chavignol et de s'en régaler.

Écrit par : laurentg | 01 juillet 2014

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