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Chardonnays : Jura 2 - Reste du monde 0

Date: le 25/04/2003 à 10:10

Sans volonté de plagier la dégustation de DidierD, l'idée ayant germée de manière totalement indépendante, le GJP (Grand Jury Pontissalien, petite formation dissidente du Club des amis du Bon Echanson) s'est réuni en ce 24 avril pour une grande dégustation de chardonnays du monde, forcément non représentatifs de ce qui se fait dans chaque pays ou région, sans volonté non plus d'affirmer la suprématie de l'un ou l'autre (même si force est de constater que... ! winking smiley ), dans une gamme de prix allant de 10 à  30 euros.

Pour ne pas être taxés de chauvinisme, tous les vins ont été dégustés à l'aveugle par série de 3, ce qui fait au total une dégustation de 9 bouteilles retenues sur les 13 proposées initialement.

Espagne, Suisse, Australie, Argentine, Nouvelle-Zélande, Pays d'Oc, Bourgogne et Jura au menu, dans des millésimes s'échelonnant de 1998 à 2001 ; + une bouteille surprise, d'un millésime beaucoup plus ancien, qui s'est révélée véritablement ...surprenante !

Je vous livre les commentaires et appréciations de dégustation à l'aveugle pour ménager un peu le suspense !

- Vin n°1 : robe plutôt claire ; boisé outrancier au nez, vanille et noix de coco très prononcées. Bouche un peu exotique, sur les agrumes et les fruits de la passion, acidulée, avec un côté un peu artificiel. Longueur correcte dans un style très tape-à -l'oeil. Modérément apprécié de par son côté archi boisé un peu putassier.

- Vin n°2 : robe jaune clair ; nez crayeux, arômes fruités artificiels rappelant un peu le désodorisant ( !) associés à des notes médicamenteuses et pharmaceutiques. Vif et acidulé, il est plutôt, pour ne pas dire franchement déplaisant.

- Vin n°3 : robe jaune brillant ; le nez est de prime sur la réserve et s'intensifie progressivement à l'aération sur de belles notes briochées beurrées. Beaucoup d'intensité et de profondeur. Long, bien structuré, il séduit l'ensemble des dégustateurs car dans un style plus conforme à nos attentes en matière de chardonnay.

- Vin n°4 : robe d'un bel or déjà vieilli ; nez beurré, caramel au lait, moka, très beau, racé. Bouche encore nerveuse, structurée par une belle acidité, contre balancée par une pointe de gras. Grande longueur avec rémanence des arômes de moka en finale. Il s'agit sans aucun doute de la bouteille surprise, beaucoup plus âgée, à son apogée et loin de décliner. Personne à ce stade, hormis moi, ne connaît la provenance ni l'âge de ce vin, mais tout le monde s'accorde pour dire que c'est très beau et très bon.

- Vin n°5 : robe d'un beau jaune soutenu ; nez sur les agrumes et les fruits exotiques. Le boisé, bien que perceptible, est relativement bien intégré, non envahissant. Bouche ample, avec du gras, légèrement citronnée. Un vin très honnête, plutôt plaisant.

- Vin n°6 : robe jaune clair ; nez peu expressif qui s'ouvre à l'aération sur des notes plutôt minérales (craie). Pas vraiment mauvais mais peu de personnalité, assez neutre.

- Vin n°7 : robe très claire ; nez fruité, sur les agrumes, raisonnablement exubérant si je puis dire. Bouche ample, acidité bien équilibrée. Pas immensément profond mais tout à fait correct.

- Vin n°8 : si la robe est jaune, le nez et la bouche, eux, sont verts ! Un concentré d'acide (citrique ?) qui entraîne chez moi une crispation de la mâchoire avec douleur en avant de l'oreille, phénomène maintenant bien connu sur LPV, à la limite de la buvabilité. Pouah !

- Vin n°9 : robe jaune clair ; nez légèrement éthéré avec des notes de (dis)solvant ( ?), pas très net. Mal défini en bouche, un peu crayeux et déséquilibré. Pas terrible !

Incontestablement, le n°4 et le n°3 sont les meilleurs vins de la dégustation (même si l'on peut mettre hors concours le n°4 du fait de son grand âge) et le n°8 le plus mauvais.

Résultat des courses :

- Vin n°1 : chardonnay Suisse 2000, Michel Ryser de Bonvillars. A noter que ce vin a obtenu la médaille d'or au concours des chardonnays du monde 2002 à Mâcon (je sais, ça ne veut pas dire grand chose !). De par ses arômes, on peut le qualifier de vin le plus « exotique » de la soirée ! Où est le terroir ?

- Vin n°2 : vin de pays d'Oc 2001, Primo Palatum. Une cuvée apparemment ambitieuse et au final très décevante.

- Vin n°3 : Arbois 98, Les Graviers, Stéphane Tissot. Le premier millésime de ce très beau chardonnay ouillé du Jura qui se bonifie au vieillissement. Superbe !

- Vin n°4 : Arbois chardonnay 1969, vinifié par André Tissot, bouteille cadeau de Stéphane, dénichée dans la cave particulière du domaine, en vue de cette dégustation. L'aptitude au vieillissement de ce vin est réellement étonnante et confirme à mes yeux le réel potentiel de la région, apte à produire de très grands vins blancs. Aucune note oxydative dans ce vin, donc chardonnay vraisemblablement déjà ouillé.

- Vin n°5 : Terrazas de Los Andes 2000, Tupungato, Mendoza, Argentine. Plutôt une bonne surprise, mais une bouteille pas vraiment donnée question prix. Sébastien H., qui nous lit régulièrement sans avoir franchi le pas de l'expression écrite sur le forum, le confirmera peut-être.

- Vin n°6 : Clos Mont Blanc 2001, Conca de barbera, Espagne. Ce vin, qui ne m'avait pas déplu lorsque je l'ai dégusté seul il y a peu (cf rubrique Vins d'Europe), supporte mal la dégustation comparative. Honnête, sans plus.

- Vin n°7 : Jacob's Creek 2001, Australie. Le candidat australien s'en sort plutôt bien en proposant un vin très agréable.

- Vin n°8 : Cloudy Bay 2000, Nouvelle-Zélande. LA grosse déception de la soirée, un vin totalement indigne de son rang et de son prix (29 euros, c'était le plus onéreux !). J'ai conservé le fond de bouteille pour apprécier d'éventuelles améliorations à l'aération (je n'y crois pas !).

- Vin n°9 : Chassagne-Montrachet 1er cru 1999, Marquis de Mac Mahon. Deuxième déception de la soirée avec ce blanc bourguignon d'un pourtant très bon millésime, qui se révèle très en dessous de ce que l'on pourrait en attendre.

Cette dégustation totalement subjective appelle quelques commentaires :

La grosse surprise - mais en est-ce vraiment une ? winking smiley ... c'est que les vins du Jura tirent très bien leur épingle du jeu parce qu'ils correspondent surtout à nos attentes en matière d'expression du chardonnay. Peut-être que mon palais est formaté pour ce type de vin, mais les autres dégustateurs présents ne sont pas particulièrement habitués aux chardonnays ouillés jurassiens.

Ce qui est frappant, c'est la diversité des arômes développés par le chardonnay, qui reflète plus souvent à mon avis l'élevage que le terroir : notes beurrées, briochées, torréfiées qui sont de loin celles que je préfère, les plus conformes surtout lorsqu'elles s'expriment en profondeur, notes exotiques d'agrumes, souvent un peu artificielles, que j'ai, pour ma part, plus l'habitude de retrouver dans le sauvignon, notes minérales pas toujours très nettes qui dans le cas présent révélaient plutôt des défauts.

A défaut d'avoir été une très grande dégustation, cette soirée fut donc très instructive en plus d'être éminemment sympathique. Vivement la prochaine, concrétisation d'un grand projet évoqué naguère, ici et ailleurs, la descente du Rhône en Syrah . Avec au programme de très grands vins même si aucun du Jura grinning smiley .

Olif

lapassionduvin.com

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