31 mars 2012

À lire, à manger, à boire, à poil...

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Les quatorze besoins fondamentaux, conceptualisés par Virginie Henderson, ont été appris par cœur par bon nombre d'étudiant(e)s en soins infirmiers pendant des années. Laissons de côté les pratiques d'élimination des déchets, aussi indispensables que peu ragoûtantes, rajoutons un quinzième besoin non mentionné de façon explicite dans ce paradigme, de Nantes à Montaigu, et finissons par nous concentrer sur les quatre principaux, sans lesquels la vie vaut tout juste la peine d'être vécue.

 

À lire: c'est, sans nul doute, la principale différence entre l'homme et le cœlacanthe: la capacité de distinguer 26 lettres de l'alphabet alignées dans un ordre aléatoire sur une page, une fois la lumière allumée. Et, également, celle de tourner les pages d'un bouquin. Ce n'est quand même pas avec ses moignons de nageoires à la place des doigts que cet analphabète préhistorique va y arriver.

 

À manger, à boire: cela semble une évidence, sans un petit salé aux lentilles accompagné d'un verre de gamay du Beaujolais, l'homme est ravalé au rang de la bête, voire du cœlacanthe, quand la profondeur du creux de son estomac confine au vide abyssal des grands fonds sous-marins. Guillaume Long en connait un rayon sur la manière de se remplir la panse, avec du liquide ou du solide. A boire et à manger, c'est tout un blog de Le Monde, où les p'tits mickeys valent mieux qu'un long discours. Son livre en est le prolongement, ou comment réaliser une recette en trois coups de crayon ou de cuiller à pot! Hilarant, ludique, percutant, efficace, indispensable, avec en prime les bons conseils de Pépé Roni, qui permettront à n'importe qui de ne pas passer pour un inculte en société culinaire.

 

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"À boire et à manger" par Guillaume Long, Éditions Gallimard, 144 pages, 20 €

 

À poil: vêtir ou dévêtir son vin, telle est la question que se posent bon nombre de vignerons. Pour ne pas être gêné aux entournures, le vin sera pourtant beaucoup plus à son avantage complètement nu (naked, en anglais). C'est le terme retenu par Alice Feiring pour parler du vin "naturel", "nature", "libre", "vivant". Difficile de trouver le juste qualificatif, qui traduise bien ce qu'il est réellement, tout en ne prêtant pas le flanc aux critiques acerbes de ses détracteurs, qui ne voient en lui que la transformation vinaigrière naturelle d'un produit censé être anobli par l'homme. Le parcours d'Alice dans le pays merveilleux du vin sans artifices est réjouissant, tant il retranscrit bien dans son ensemble la problématique du vin "nature", de manière intelligente, objective et non manichéenne. Magnifiquement raconté, riche en belles rencontres (Jacques Néauport, Pierre Overnoy, Marcel Lapierre, Andrea Calek,...) et joyeux moments, The Naked Wine mérite de figurer dans toutes les bibliothèques et toutes les bonnes caves. Même si nul n'est contraint d'accrocher son slip au porte-manteau en rentrant.

 

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''Le Vin nu'' par Alice Feiring, Jean-Paul Rocher Editeur, 220 p, 19€.

 

Olif

 

P.S.: Alice Feiring ne s'est pas mise à poil sur Vindicateur, mais elle a répondu sans ambages aux questions d'Antonin Iommi-Amunategui. C'est à lire ici.

 

P.S.2: histoire de ne pas se rhabiller trop vite, ce week-end a lieu le célèbre salon de vins naturels La Remise. C'est à Viviers, en Ardèche, que ça se passe, et ça fait un peu mal de manquer ça.

 

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P.S.3: les Belges susceptibles de se rendre à Olne ce week-end pourraient bien être excusés de ne pas effectuer le déplacement jusqu'en Ardèche.

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