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Une bonne Pinte de savagnin

La Pinte, fier vaisseau amiral arboisien, qui, même s'il a régulièrement changé de capitaine au cours des précédentes décennies, continue de corriger son cap sans jamais naviguer à vue, pour toujours flirter avec l'excellence. Et, surtout, ne pas hésiter à se remettre en question s'il le faut. E voga la Pinta, contre vents et marées, sous la houlette de Samuel Berger, actuel régisseur du domaine, qui a remplacé Bruno Ciofi au mercato viniviticole de la saison 2016, juste avant les vendanges. Un travail dans la continuité, qui passe pour lui, entre autres, par la connaissance de ce que ses prédécesseurs ont pu faire ici avant lui.

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Les caves de la Pinte, trois galeries creusées simultanément dans les années 1950, sont le dernier chantier pharaonique réalisé dans le Jura. Cela aide bien d'être entrepreneur de travaux publics pour pouvoir réaliser ce genre de prouesse.  Des caves encore bien remplies de bouteilles de tous les millésimes des précédentes décennies. Double intérêt de les goûter: évaluer leur potentiel de vieillissement tout en appréciant les choix de vinification des régisseurs précédents. Et, accessoirement, déstocker un certain nombre de bouteilles avant qu'elles n'abordent leur phase de déclin. Convoquer à cet effet un certain nombre de dégustateurs plus ou moins patentés, plus ou moins bavards, afin de récolter des avis plus ou moins autorisés.

 

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Une dégustation qui portait exclusivement sur le savagnin, l'encépagement dominant (parce que c'était le péché mignon de Roger Martin, le créateur du domaine), sur une période qui courait de la fin des années 60 au tout début des années 2000. Ce qui permettait de couvrir une bonne partie de l'ère Fabienne et Philippe Chatillon (toutes les 90's, depuis 1992). Dans les années 70-80, plusieurs régisseurs se sont succédés, plus ou moins impliqués, plus ou moins inspirés, dont l'histoire du domaine a tout juste retenu le nom. Entre 1955 et 1970, les vinifications incombaient à un certain Roumier, amené de la Bourgogne dans ses bagages par Roger Martin.

 

 

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Une  dégustation effectuée au pas de charge, le timing étant serré pour certains d'entre nous, avec néanmoins tout le sérieux nécessaire et en ne se privant pas de commenter les vins, les méthodes de vinification et l'effet millésime. Une  belle remontée dans le temps, qui commence avec l'an 2000, sans aucun bug constaté. D'une manière générale, tous les vins de la période Chatillon se goûtent plutôt très bien. Si la certification bio n'a été obtenue qu'en 99, les vignes étaient travaillées dans cet esprit depuis le début des années 90. La mention "AB" sur une étiquette n'avait pas du tout la même valeur qu'aujourd'hui. Les millésimes sont bien respectés et le parallèle avec la fameuse cuvée S est passionnant. S comme Suzanne Martin, S comme Savagnin, S comme eSt-ce bien raisonnable d'avoir voulu autant boiser cette cuvée?, élevée 100% en fût neuf. Avec le temps, la réponse est oui. Dans sa jeunesse, la Cuvée S ressemblait à une décoction de chêne, un chêne qui a fini par ployer comme un roseau. Tous les millésimes goûtés se placent un chouïa devant la cuvée classique, issue des mêmes raisins. À l'époque, pas de parcellaire, mais un partage de la récolte entre les deux cuvées. Du beau boulot, d'une manière générale!

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On ne s'étendra pas sur les années précédentes, avec, entre autres, un 90 ne reflétant absolument pas son millésime dixit l'amoureux dans le pré Philippe Bornard (qui nous a rejoints en cours de session), visiblement acidifié et trop sulfité, pour se concentrer sur les sixties, dont tout le monde fut complètement fan. En tout bien tout honneur, ce 69 fut renversant, ce qui n'est guère surprenant. Des arômes de vieux chardonnay et des airs de batard-montrachet. Ce qui ne laisse pas d'épater pour un vieux savagnin, même vinifié par un régisseur bourguignon.

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S'en suivit une petite série de jaunes que je ne fis qu'effleurer du bout des lèvres (un 1973 commençant à pénétrer dans la quatrième dimension du jaune), avant de reprendre la route, le devoir m'appelant. C'est que j'ai un vrai métier, moi. Je ne fais pas que déguster du vin...

 

P.S.: un grand merci à Samuel Berger et Laura si belle de m'avoir convié à ce retour vers le futur du savagnin de la Pinte.

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P.S.2: quand je ne travaille pas, dans la vraie vie, il m'arrive de déguster. Et d'écrire aussi. Le 22 septembre, j'en connais d'autres qui vont aussi déguster!

 

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