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Le GJP a descendu la syrah...!

Date: le 28/05/2003 à 10:20

Petite descente du Rhône en syrah, avec 6 rameurs et 2 barreuses, pour le Grand Jury Pontissalien hier soir. Du Valais à Saint-Joseph, avec un petit crochet en Australie, une belle série de 10 syrahs servies à l'aveugle et par paires ; le choix s'est porté sur 2 AOC Valais, 2 AOC Côte Rotie (dont une censée être très grande), 2 AOC Hermitage, 2 AOC Saint-Joseph, 1 vin de pays de l'Ardèche, à titre d'étalon, et une Shiraz australienne produite par un grand nom du Rhône. Choix totalement subjectif, déterminé par les bouteilles que nous avions en cave, et qui ne se veut absolument pas représentatif de la production rhodanienne. Les millésimes s'échelonnent de 1985 à 2001.

Y a-t'il une unité « syrah » en Rhône ? Une appellation sort-elle du lot ? Autant de questions auxquelles nous n'avons aucunement l'intention de répondre, ayant surtout pour objectif de faire une belle dégustation !

J'adopterai le même principe que la fois précédente (chardonnays du monde) pour le compte-rendu de dégustation, à savoir commentaires et appréciation des vins dans l'ordre de la dégustation, puis je vous révélerai l'origine de ces vins, pour ménager les surprises et du suspense.

Tous les vins ont été carafés en début d'après-midi.

Vin n°1 : au nez, un léger goût de bouchon, confirmé par la bouche, et qui s'amplifie à l'aération. Dommage ! Il semblait y avoir une matière intéressante derrière.

Vin n°2 : un vin jeune, qui développe un fruité intense et fougueux au nez. De demi-corps, je le trouve un peu court et simple, quoique plaisant et bien fait.

Vin n°3 : avec celui-là , on passe aux choses sérieuses ! La robe est noire, impressionnante. Un vin dense et épais, à la texture presque soyeuse, sur les fruits noirs teintés de goudron. Grande longueur, puissance, des tanins immenses, c'est grand !

Vin n°4 : franchement bouchonné, imbuvable !

Vin n°5 : de nouveau un sacré client ! Un boisé de qualité, assez marqué, n'efface pas le fruité épicé. On retrouve une discrète touche mentholée à l'aération. Très ample, long, la finale est un peu chaude mais la matière est énorme. Cela devrait mieux s'intégrer d'ici quelques années. Deuxième grand vin de la soirée. J'avoue préférer légèrement le n°3, plus immédiat et à l'élevage harmonieux, contrairement à la majorité des dégustateurs.

Vin n°6 : la robe est encore soutenue et le nez est franchement superbe, sur des arômes tertiaires de pruneau, d'humus et de sous-bois. Encore tout fringant et tonique, nous sommes devant un vin évolué dans sa phase de maturité. Très beau !

Vin n°7 : plus léger, souple mais fruité, nous y décelons un peu de verdeur mais aussi de sucrosité. Il supporte mal la comparaison avec le précédent.

Vin n°8 : la robe est encore sombre mais de légères traces d'évolution apparaissent sur le bord du disque. Il développe un beau volume en bouche, sur les fruits épicés, mais termine un peu court. On devine le grand vin potentiel mais il n'est pas abouti. Nous nous attendons à une petite déception lors de la révélation des vins !

Vin n°9 : là aussi, une grande bouteille potentielle. Malgré une pointe d'évolution, un vin intéressant de par sa puissance et sa longueur, mais je lui reprocherais un manque de personnalité. Ample et long, il est plutôt bien apprécié par les dégustateurs.

Vin n°10 : le nez est discret, un vin timide ! Les fruit rouges s'accompagnent de notes florales qui m'évoquent la pivoine (justement, notre hôtesse en a un bouquet qu'elle s'empresse de me faire sentir !). Déséquilibré, avec une finale alcooleuse, il déroute un peu par son expression très particulière du cépage.

Dégustation d'un plutôt bon niveau, survolée par les vins 3 et 5, le n°6 étant à classer hors concours du fait de son âge vénérable qui le rend très facile à identifier pour nous. Deux vins bouchonnés sur 10, c'est beaucoup également.

« Les résultats ! Les résultats ! » clame la foule en liesse à  l'issue de la dégustation !

Patience ! ils arrivent !

Vin n°1 : première grosse déception pour ce vin bouchonné, Saint-Joseph Les Granits 95, Chapoutier. Pas de chance, nous attendions beaucoup de cette bouteille.

Vin n°2 : Vin de pays de l'Ardèche 2001, les vignerons ardèchois. Ce vin a été identifié facilement du fait de sa simplicité mais il faut reconnaître qu'il ne démérite pas complètement par rapport aux cadors qui vont suivre, et que son prix de 3,80 euros le rend très compétitif.

Vin n°3 : Côte Rotie Brune et blonde 98, Guigal. Alors là , je suis troué ! Déçu par la même en 97, je ne m'attendais pas à  trouver un vin d'un tel niveau ! Grandiose !

Vin n°4 : Saint-Joseph 95, Chèze. Pas de chance pour Saint-Jo dont nous ne parviendrons pas à  apprécier les mérites ce soir-là .

Vin n°5 : celui que j'aurais volontiers placé en vin n°3, Côte Rotie La Mouline 97, Guigal. Cela devait être le plus grand, ça l'est, même si j'ai préféré le plaisir plus immédiat de la B&B 98. En les regoûtant les deux comparativement par la suite, La Mouline révèle quand même une plus grande complexité, mais son boisé doit encore mieux se fondre. Un beau moment gustatif.

Vin n°6 : on l'a tous reconnu, c'était l'Hermitage La Chapelle 85 de Jaboulet. Magnifique !

Vin n°7 : Syrah valaisanne des Frères Philippoz à  Leytron. Pas encore au niveau des plus grands vins du Rhône !

Vin n°8 : Hermitage 96 Monnier de la Sizeranne, Chapoutier. Une relative déception avec ce vin qui évolue plutôt rapidement.

Vin n°9 : Shiraz d'Australie 99, Chapoutier. Un vin assez technologique, je trouve, mais plutôt bien fait qui sauve l'honneur de la maison Chapoutier lors de cette soirée.

Vin n°10 : Syrah du Valais, Cayas 2000, Germanier Bon Père. Pas totalement convaincante non plus, les syrahs de nos amis Suisses ont encore des progrès à faire pour s'aligner sur les classiques du Rhône. Cela ne devrait pas tarder à venir s'ils travaillent d'arrache-pied dans le bon sens.

Bien évidemment, cette dégustation se veut juste un instantané, les vins n'étant pas comparables, du fait de l'hétérogénéité des millésimes.

Merci à Valérie et François pour l'organisation parfaite de cette soirée, d'où Guigal et la Côte Rotie sortent grands vainqueurs.

Olif

Commentaires

  • Le compte rendu de votre dégustation de syrahs du 25.05.03 est fort intéressant. Amateur valaisan de syrah de la vallée du rhône, je me suis souvent interrogé à quel niveau se situaient les meilleures syrah valaisannes (Vieilles vignes de Simon Maye, Cayas de Germanier, Denis Mercier ) avec les Côte-rôties, Hermitage, St-Jospeh et Cornas. J'ai abouti à la conclusion que l'appellation à laquelle les syrah valaisannes se rapprochaient le plus était St-Joseph. Elles n'ont ni la puissance et l'austérité d'Hermitage et rarement la splendide noblesse épicée immédiatement reconnaissable des Côte-Rôtie. Elles ne possèdent non plus pas une grande capacité de vieillissement (quoique ce dernier point est encore à vérifier avec Denis Mercier et Simon Maye, Cayas étant trop atypique). Un des points forts des syrahs valaisannes réside dans leur rapport qualité/prix. Le prix du top des syrah valaisannes équivaut approximativement à 20 euros TVA comprise. Difficile de dénicher à ce prix un Hermitage ou une Côte-Rôtie qui soutient la comparaison.

    Jean-François Rudaz

    p.s.
    J'ai de la peine à m'y résoudre, mais il faudra que je me dépêche de boire mes Hermitages Monier de la Sizeranne 1996 de Chapoutier...

  • Voila une dégustation qui demanderait à rempiler en 08, non ?

    Pour le Valais, j'ai quelques munitions d'avance : Simon Maye, Denis Mercier, Sélection Excelsus, Jérôme Giroud, Marie-Thé C. et Marie-Bernard G.-P. Et un ou deux autres plus isolés. Gilles Besse devrait pouvoir fournir sans problème quelques Cayas je pense.
    Il y a aussi un vin de syrah genevois dans la cave.

    Côté France (Rhône septentrionnal, je dois avoir quelques 96 à me heu, à faire heu ...déguster.



    Laurent

    J'avais énormément apprécié la syrah fût de chêne 2003 de Serge Roh (Vétroz) dernièrement. Complètement d'accord avec Mr Rudaz sur le rapport Q/P des syrah valaisannes.
    Mr Rudaz, vous avez lien avec la cave sédunoise Dubuis et Rudaz ?

  • Je n'ai aucun lien avec la cave Dubuis et Rudaz, ni avec aucun viticulteur en Valais d'ailleurs.

    La difficulté avec une telle dégustation est de pouvoir disposer des mêmes millésimes. Cet eccueil n'est pas à minimiser, étant donné que les syrah valaisannes sont bues dans leur jeunesse. Par exemple en ce qui me concerne, la syrah valaisanne la plus ancienne en ma possession date de 2001. Du côté des Côte-Rôtie, Hermitage, St-Joseph et Cornas, les plus jeunes dans ma cave datent de 2001...

    Encore un dernier point: Si la relation qualité/prix en Valais est excellente (comme pour la plupart des AOC suisses), la rareté de l'offre constitue un sérieux handicap. La totalité des producteurs cités dans les différents post sont en rupture de stock de juillet à juin !

    J.-F. Rudaz

  • Une récente dégustation par le Grand jury européen du top mondial en matière de syrahs 2001 provenant de France, Suisse, Italie, USA et Australie montre l'excellente qualité des syrahs helvétiques:

    http://www.letemps.ch/template/societe.asp?page=8&article=219571

    J.-F. Rudaz


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