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Léoville-Barton, the ultimate verticale!

Date: le 11/11/2003 à 22:06

Terme consacré dans l'édition DVD pour évoquer la nouvelle version d'un film encore plus complète que la précédente, cette verticale du Château Léoville-Barton n'a pourtant rien d'exhaustif, c'est juste la dernière en date qui vient compléter les appréciations sur les nombreux millésimes que nous avons eu l'occasion de goûter lors de notre séjour en Médoc au mois de septembre dernier.

C'était aussi l'occasion de réunir une nouvelle fois le GJP autour de ce cru devenu fétiche pour une bonne partie d'entre nous et de tenter de le connaître encore un peu mieux.

Il s'agit donc d'une sélection de quelques millésimes que nous avions en cave, histoire d'avoir un aperçu des anciennes années, des beaux millésimes et des millésimes récents. Mon regret est de ne pas avoir pu goûter au 2000 mais nous n'avons pas souhaité en sacrifier une bouteille devant des commentaires faisant état d'une phase ingrate actuellement.

Dégustés par paires, en semi-aveugle, pour privilégier l'ordre de service, nous avons commis un sans-faute dans l'identification des millésimes, qui présentaient tous les caractéristiques que nous en attendions. On progresse fort, au GJP !

Pour cette verticale, changement complet de technique de dégustation, donc, qui risque fort de se pérenniser pour les prochaines séances, à savoir dégustation pure des 6 vins sélectionnés, servis 2 par 2, pour mieux les approcher, les appréhender, les comprendre et les commenter. Puis, on termine gentiment les bouteilles autour d'un petit repas convivial, soulagés de la pression analytique autour des vins. Merci à Jef et Patricia de s'être magistralement chargés de la partie logistique de la soirée.

Les vins ont tous été carafés, mais de manière plus ou moins longue suivant les millésimes (de 1 heure pour les plus anciens à 3 heures pour les réputés plus puissants).

- Château Léoville-Barton 1997 :

Un vin déjà  largement commenté ici !
La robe est d'un grenat pas très soutenu mais d'un bel éclat.
Le nez est toujours aussi fondu, plutôt agréable, sur des notes torréfiées et de boîte à cigares. La bouche est d'une agréable souplesse, en faisant un vin de plaisir à boire sans trop se poser de questions.

- Château Léoville-Barton 1999 :

La robe est grenat un peu plus sombre que le précédent.
Le nez est plutôt fermé, réservé, mais on perçoit nettement de la glycérine et un côté un peu crémeux (dur de ne pas évoquer la crème pâtissière après avoir lu les notes de Claudius !), avec du moka et aussi des fruits noirs (mûre) et du réglisse.
Volumineuse en attaque, la bouche termine plutôt court, avec un grain et des tanins un peu rêches.
Pas totalement convaincant actuellement, il demande très certainement un peu de temps pour se fondre, mais combien ? Pas trop non plus, je pense, mais la question reste : est-ce qu'il s'harmonisera ?

- Château Léoville-Barton 1985 :

La robe est grenat, curieusement très peu évoluée.
Cèdre, bois noble, poivron mûr, il fait preuve d'encore beaucoup de vigueur pour son âge et ne joue pas encore vraiment dans un registre tertiaire. Bel équilibre et longue finale rémanente, il s'agit là d'un très beau vin !

- Château Léoville-Barton 1983 :

Des traces d'évolution peu marquées sont perceptibles sur la robe.
Le nez est splendide, tertiaire, sur le pruneau, plus ou moins confituré, l'humus, le cuir, le sous-bois et la cerise à l'eau de vie. La bouche est encore nerveuse avec de l'allonge.
Un vin à  son apogée, loin d'être fatigué, et un beau moment gustatif.

- Château Léoville-Barton 1996 :

La robe est sombre, opaque.
Le nez est intense, puissant, mais tout en retenue, avec présence de notes iodées, évoquant le pansement ou … je ne dirai pas quoi !, pour certaine personne qui travaille également en milieu hospitalier .
Si cette petite note iodée me gêne un peu, elle n'est pas persistante et n'empêche pas le vin de s'exprimer en bouche en développant beaucoup d'ampleur. Les tanins sont encore un peu serrés en attaque mais ça s'arrondit par la suite pour perdurer longtemps.
Très jeune, il a encore besoin de temps pour devenir une grande bouteille, mais il en a les moyens.
Très apprécié par la majorité des dégustateurs présents, je lui ai pour ma part préféré le suivant.

- Château Léoville-Barton 1995 :

Très opaque également, ça pleure sur les bords du verre ! De belles grosses larmes roulent doucement sur les parois, témoignant de sa richesse. Emouvant !
De fait, la bouche est pleine, grasse, avec une grosse sensation de glycérol sur des notes de noyau de cerise.
Très racé, il m'impressionne par sa chair, sa droiture, sa profondeur et sa classe.

Fin de la verticale sur un sentiment de grande satisfaction avec des vins qui se tiennent quelque soit le millésime, qui tiennent remarquablement la distance pour les plus vieux. Pour ma part, mention spéciale pour les années en 5.

X 1929

On ne pouvait pas se quitter sans un petit dessert accompagné d'un petit liquoreux ! La dernière bouteille ouverte est une exclusivité du GJP ! Ne cherchez pas à vous en procurer, elle fait désormais partie des vins mythiques et inaccessibles !
Nous la nommerons donc par son n° de code : X 1929 ! A moins que ce ne soit son année de naissance ! Une naissance du côté de Bordeaux, c'est à peu près certain, mais l'endroit exact est difficile à cerner de façon précise. Une orpheline qui a perdu son nom, pas forcément très bien née, vraisemblablement un peu roturière, mais qui parle avec les accents de la sincérité ! Une couleur ambrée, vieil or, un nez délicat de moka, de café, de confit d'oranges et des agrumes qui apportent une certaine vivacité et de la fraîcheur. Un vin que l'on boit avec recueillement , eu égard à sa qualité et son grand âge, qui nous bannit définitivement des rangs des buveurs d'étiquette car ici, d'étiquette, il n'y en a plus ! Merci à Jef pour ce grand moment d'émotion !

Fin de la soirée à une heure déjà fort tardive, heureusement, tout le monde rentre à pied, et s'il fallait dégager une conclusion synthétique à cette dégustation, c'est que Léoville-Barton, c'est bon ! Je ne peux pas faire plus court, ni plus juste !

Olif et le GJP

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