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Château Chalon: Jean Macle à la puissance 10!

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A l'occasion de la sortie annoncée des grenouilles d'automne (de mignons batraciens qui profitent des jours humides pour transhumer du marais jusqu'au bois (à moins que ce ne soit l'inverse?), se laissant volontiers ramasser par le grenouilleur quand ils ne font pas écraser sur la route), une date fut retenue pour se sustenter autour de quelques flacons que l'on a voulu jaunes, trapus et timbrés. Dix clavelins estampillés Château Chalon. Plus précisément marqués d'un M, comme Macle, la prestigieuse marque jaune castelchalonnaise. Tous antérieurs aux années nonante, en provenance de caves personnelles, où ils ont été conservés pieusement pendant toutes ces années, suite à leur acquisition en direct du domaine. Une vraie verticale pour Jurassiens montagnards, dans leur auberge favorite, celle des Montagnards, là où l'on mange les meilleures cuisses de grenouilles de tout le cosmos, et même au-delà.

Les clavelins ont été débouchés entre 4 et 10 heures au préalable (une moyenne honorable de 2 à l'heure!) et ont été dégustés à découvert, par ordre décroissant des millésimes, avant d'être en grande partie achevés tranquillement au cours du repas qui a suivi.

En l'honneur du grand absent de la soirée, Laurent Macle, retenu ailleurs par d'autres obligations, on s'est fait la bouche avec son fort joli Côtes du Jura, pas encore commercialisé, un Chardonnay ouillé 2007, frais et vif, citronné, à la belle minéralité jurassienne sous-jacente.

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Place aux clavelins élaborés par Jean Macle, après une deuxième mise en bouche, par un aïeul qui ne fait pas son âge:

- Château Chalon 1951, Georges Bury: nez très nettement rancio, avec de l'orange amère, des notes de sous-bois, de champignon, de fruits secs. Très changeant au niveau de la palette aromatique, il faut le prendre comme il vient. La bouche possède une relative finesse, avec de la douceur et du moelleux en son milieu. La finale redevient sèche, légèrement fuyante. Un passionnant voyage dans le temps!

- Château Chalon Jean Macle 1990: le plus jeune de tous, réellement et potentiellement. Plutôt fermé au nez, il laisse pudiquement échapper quelques notes pétrolées. De la minéralité, un côté chaleureux témoignant de sa richesse en alcool et puis une longueur exceptionnelle, qui s'étire autant que faire se peut. A enfermer dans un coffre dont la clé à été jetée au fond d'un puits, pour être sûr de ne pas y toucher avant une bonne décennie.

- Château Chalon Jean Macle 1989: nez d'une grande finesse, ouvert, légèrement surmaturé, dans lequel on retrouve des épices, de l'écorce d'orange confite et du pétrole. Bouche d'une grande jeunesse, épurée, tendue, enveloppant le palais. Déjà beaucoup de plaisir dans ce clavelin doté d'un énorme potentiel.


- Château Chalon Jean Macle 1988: le deuxième grand absent de la soirée, pour cause d'année de mariage. Les 2 exemplaires restants en cave seront consommés pendant la nuit de noces d'or par les heureux récipiendaires. Nous n'aurons donc pas pu faire le grand chelem des eighties!


- Château Chalon Jean Macle 1987: 12 ans et on commence à sentir l'évolution au nez. Miel, moka, et toujours ces notes pétrolées caractéristiques de l'évolution des vins de Jean Macle au vieillissement. L'attaque est presque doucereuse, laissant la place à une tension acidulée prononcée. La bouche est fuselée, dans un registre très fin, sans excès ni caractère démonstratif. Son versant acide marqué et très sec en finale ne l'avantage pas par rapport aux autres millésimes, mais il sait néanmoins bien se tenir.


- Château Chalon Jean Macle 1986: avec celui-ci, on pénètre dans toute la complexité du Cru. Toute sa richesse, également, mais aussi sa finesse et sa subtilité. L'orange confite s'impose au nez comme en bouche, domainant les épices et le curry, enrobant la belle acidité qui se prolonge jusque dans une finale salivante. Nickel! Une très grande bouteille!


- Château Chalon Jean Macle 1985: un cran en dessous, mais sur le même registre d'épices et d'écorce d'orange. La bouche possède une certaine rondeur alcooleuse et une pointe d'acidité finale, pas complètement fondue, ni totalement harmonieuse.


- Château Chalon Jean Macle 1983: les arômes d'évolution révélés par l'âge sont désormais bien présents. Moka, épices, orange amère sont sur le devant de la scène. Le vin s'épanouit dans le verre, joue sur la séduction, se laisse cajoler et boire avec délectation.


- Château Chalon Jean Macle 1982: un millésime dilué, d'une manière générale, qui rend les vins plus simples et faciles d'accès. Celui-ci ne déroge pas à la règle. On est sur l'évolution, avec des notes hyrocarbures bien présentes. La complexité est moindre. Sa structure sphérique fait qu'il manque de longueur, finissant court sur une légère amertume qui me dérange un peu.


- Château Chalon Jean Macle 1981: un échantillon légèrement défectueux, au nez perturbé par une petite note liégeuse, n'altérant pourtant en rien la structure du vin. Les notes de pétrole sont toujours présentes. A revoir sur un autre échantillon, au grand regret des jeunots  de l'assistance, nés la même année!


- Château Chalon Jean Macle 1979: 30 ans et des notes d'évolution pourtant très discrètes au nez. Moka, caramel au lait, épices, curry, champignon, truffe même, pour certains. Le sotolon fait son œuvre en bouche, démultipliant les arômes. C'est complexe, c'est bon, c'est une grande bouteille!


- Château Chalon Jean Macle 1976: le nez est complexe, confit, sur des notes douces d'écorce d'orange, d'épices, de cannelle, de miel. L'acidité est toujours là, mais arrondie, comme patinée par le temps. Une tension sous-jacente maintient le vin en bouche et prolonge la finale. Magnifique! Une nouvelle vie s'ouvre devant lui, celle de la maturité pour encore longtemps.

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La cerise sur le gâteau, ce fut cette bouteille sans étiquette ne ressemblant pas à un clavelin et qui s'est avérée être un vieux Macvin antediluvien du domaine Macle, non millésimé mais probablement lui aussi des eighties, si ce n'est plus. Les notes de marc se sont magnifiquement intégrées à celles du raisin de Corinthe, l'équilibre est somptueux, le vin n'est que douceur et séduction, ça se boit comme du petit lait. Clap de fin. Château Chalon est vraiment le roi des vins, dans des mains aussi expertes que celles de Jean Macle. Dans 10 ans, on s'est promis de refaire la même, version nineties, pour confirmer que Laurent Macle a parfaitement digéré et intégré l'héritage du père.

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Olif


Commentaires

  • Il m'en faut beaucoup pour me rendre jaloux mais sur ce coup-la, t'as réussi.

    Dire que je n'ai pas encore su me rendre chez Macle pour encaver mes CC 2002.

    Le paternel a 1 bouteille du nonante (pardon quatre-vingt dix ;-)
    Je l'ai déjà prévenu. Tu la bois avec moi ou je ne mes plus les pieds chez toi :-))

    Superbe déguste, bravo!!!

    Hugues

  • Bel effort! Devant tant d'abnégation pour faire progresser la connaissance du breuvage castelchalonnais, on ne peut que s'incliner bien bas! merci pour ce beau compte-rendu.

  • Comme tu voulais mon avis Olif ;-) j'ai donc gouté le Macle 2000 et j'ai eu un fond de 89 au repas.
    Effectivement, c'est trés trés bon, pour ne pas dire excellentissime sur le 89. Le 2000 posséde une excellente tenue en bouche. Il est doté d'une oxydation fine et savoureuse et présente déjà une trés belle harmonie. J'suis pas un grand expert en jaune, mais cela devrait constituer une trés belle bouteille dans quelques années.
    Tip top !

  • Frères humains, qui avec nous vivez,
    Comment ne pas avoir contre vous le coeur endurci !
    Las ! Nous ne fûmes pas en cour de délectance
    du bon roi Jean, mais c'est tant pis !
    Jaloux nous sommes, écartés de l'autel,
    mais prions Dieu que tous vous veuille absoudre !

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