31 décembre 2009
De belles paires de Noël...
Noël, ça rime avec Père, c'est bien connu, et paire rime avec .ou..illes. Bouteilles, c'est une évidence pour qui joue régulièrement au pendu.
Avant de clore l'année moyennement en beauté côté météo, il est temps, pour tirer un trait sur 2009, de publier ce frOliflège (©Docadn) de dégustation sous forme de kaléidoscope gastronomique.
A l'apéritif, le Champagne Brut Tradition des Frères Laherte a séduit son monde. Fin, classe, élégant, du vin, à la bulle fine et festive. Les deux bouteilles n'ont pas fait long feu. Chavot, ça le vaut! Pour les (grands) enfants ou les adultes à âme d'enfant, ce fut aussi la fête, Festejar de Patrick Bouju est toujours un régal pour les papilles.
Pour le repas, des huîtres, forcément, même si on réussit à en manger régulièrement toute l'année. Dans le Jura aussi, les traditions sont bien ancrées. Des Gillardeau, bien sûr, car une filière Bourcefranco-jurassienne s'est mise en place. Avec une petite nouveauté cette année, une plate charnue made by Gillardeau et affinée au Danemark. Aussi bon qu'une Belon, mais en plus charnu, comme une spéciale. Étonnant! Le Côtes du Jura Chardonnay En Barberon 2005 de Stéphane Tissot n'en demandait pas tant! Le midi, en guise de préliminaire à la soirée du Réveillon, une superbe entrée en matière. Le vin goûte magnifiquement, sur des notes grillées très pures. Sa tension répond aux saveurs d'iode et de noisette de l'huître. Le soir, sur un panachage de Spéciales n°3 et n°4, le Saint-Véran 2008 du domaine des Côtes de la Molière (deuxième mise) fut aussi parfaitement à son aise. Frais, minéral, acidulé, remarquable. A suivre, avec une petite nage d'escargots au persit plat et à l'ail, le Meursault Le Poruzot-Dessus 2001 de l'ami Rémi Jobard ne s'est pas laissé écraser par les ingrédients de la sauce. De légères notes d'évolution commencent à apparaitre, l'apogée est là et ce beau terroir murisaltien donne toute sa mesure.
Avec le cuissot de sanglier de 12 heures, comme une forme de (petite) revanche pour Hervé Bizeul, victime des cochons sauvages à l'automne. Un Clos des Cèdres de Lisson eût été également approprié, mais ceux qui sont en cave peuvent encore largement attendre, contrairement à ce Côtes du Roussillon Villages Vieilles Vignes 2000 du Clos des Fées, à point, très flatteur par sa concentration et sa richesse, bien arrondies par l'alcool. Un vin pour Obélix, c'est sûr!
Avec le fromage, les mauvaises habitudes perdurent car il n'est pas toujours aisé de revenir sur un blanc. Heureusement, un Époisses parfaitement affiné a bien répondu au Gevrey-Chambertin 1er cru Petite Chapelle 1999 de Jean-Louis Trapet, solide et terrien, à l'aube de son épanouissement. Sur l'assortiment de bûches, au Rivesaltes Hors d'âge Terre de pierres du domaine Sol-Payré, pourtant très bon, fut préféré pour sa légèreté et son caractère rafraichissant le Muscat Moelleux Petit grain du Petit domaine de Gimios. Du bonheur en bouteille, rapidement ingurgité et apprécié. Un vin qui rend le cœur et les pieds légers, parfait pour danser, sur la terrasse humide et sur un air des Pogues, dans la douceur de la nuit de Noël. Nostalgie des 80's, quand tu nous tiens!
Le lendemain, à peine remis, il a fallu remettre ça. Après un fabuleux Champagne à l'arrachée, déjà narré par ailleurs, un Corton-Charlemagne 1997 de Tollot-Beaut, que l'on m'avait prédit HS il y a peu, avait encore de beaux restes. De la stature, de la profondeur de l'ampleur, parfait pour rivaliser avec un délicieux foie gras au torchon maison. Sur la traditionnelle dinde de Noël, sauce aux morilles, deux grands vins de Bourgogne se sont distingués. Plus de jeunesse, de volume et de richesse dans le Clos-Vougeot Le Grand Maupertui 2000 d'Anne Gros, mais plus de finesse, d'élégance et de précision dans le Nuits-Saint-Georges 1er Cru les Pruliers 1996 de Gouges. Avec le gros gâteau choco-marron inspiré d'une recette de Saveurs, le Vouvray Clos du Bourg 1990 Moelleux 1ères tries du domaine Huet fut parfait pour méditer sur les raisons profondes qui poussent le genre humain à faire autant bombance à Noël. Tout est dans la modération, en fait!
Sur ce, un grand millésime 2010 à tous, avec une pensée toute particulière à ceux que la vie n'a pas épargné en cette fin d'année 2009. Tchin!
Olif
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28 mars 2009
Plein phare sur Nuits!
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15:21 Publié dans En léger différé du vignoble! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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03 janvier 2009
Strike!
Les dernières quilles de 2008. Ou presque. Plus fort qu'une soirée au bowling ou une partie de Wii! La vérité si je mens comme un arracheur de dents (private joke!). Ce fut un réel plaisir d'être convié au débotté à cette soirée de gala ou chacun devait apporter deux flacons "coup de cœur", pas forcément une grande étiquette, mais bon, quand même un peu. Parfois. Souvent, en fait. Mais pas tant que ça quand même. Peu d'outsiders, mais ils se sont bien comportés. Les vins blancs sont dégustés à l'apéritif dans un premier temps, puis avec le repas, exquis, préparé par la maîtresse de maison. On attaque gentiment:
- Bourgone Pinot blanc 2002, Gouges: mise en bouche de belle facture, de par sa droiture, sa minéralité et sa finale légèrement tannique. Louons une nouvelle fois l'à-propos du grand-père Gouges, qui sut tirer profit de cette mutation spontanée de pinot noir pour produire l'un des vins de Bourgogne les plus originaux qui soient.
- Vin de Pays de Franche-Comté Chardonnay 1990, vignoble Guillaume: le nez est superbe, celui d'un beau vieux chardonnay sur l'évolution, net et précis. La bouche ne tient malheureusement pas les promesses du nez, ce qui n'est pas une surprise pour cette cuvée d'entrée de gamme qui finit plutôt très court. Une bouteille néanmoins intéressante qui mériterait d'être consommée pour elle-même et pas en dégustation comparative. La Haute-Saône dans ce qu'elle a de meilleur!
- Grange des Pères blanc 2000: très beau nez, fin et élégant, où l'on retrouve des notes d'amande et d'abricot. La minéralité sous-jacente donne de la tension à la bouche. Belle droiture et très beau vin blanc sudiste, plein de fraicheur.
- Santorini 2003, Sigalas: 100% assyrtico, la grosse cote de la soirée! Un cépage et un vin totalement inconnus pour la plupart d'entre nous. Nez frais et grillé, évoquant un beau Meursault, avec lequel il a failli être confondu. Tension, minéralité, équilibre frais et acidulé, voilà un vin absolument épatant produit sur l'ile de Santorin. La Grèce, destination viticole méconnue, est l'objet d'un petit supplément du dernier numéro du Rouge & le Blanc, l'indispensable revue vinique décidément toujours à l'affût des bons coups.
- Meursault-Charmes 1998, Alain Coche-Bizouard: un beau Meursault arrivé à pleine maturité, très Charmes, terrien, ample mais droit.
- Corton-Charlemagne 1988, Jean-François Coche-Dury: qu'on se le dise! Le Coche, à l'instar du macaron, s'inscrit dans la durée! C'est grandiose. Un nez épanoui, riche, ouvert, toujours ce grillé inimitable, et puis cette dimension autre en bouche, cette grandeur d'âme, cette profondeur, qui incite à la réflexion et à la méditation. 
- Lafite-Rotschild 1975: une vieille odeur de champignon en voie de décomposition en interpelle quelques-uns: liège ou pas liège? Pas liège, c'est certain, mais un bouchon qui ne devait quand même plus être très frais. La bouche est droite, austère, pour tout dire sévère et cul pincé. On frôle l'auto-flagellation. Pas la frite, Lafite 75!
- De battre mon cœur s'est arrêté 2007, Hervé Bizeul: oui, les beaux vins du Roussillon peuvent lutter face aux grandes étiquettes bordelaises. En terme de plaisir gustatif, certainement, même si comparer de cette manière les vins n'est pas du tout significatif. Du fruit, de la matière, une belle acidité fraiche, un peu d'alcool quand même. On ne s'auto-flagelle plus, on met plutôt du baume sur ses blessures, et ça fait chaud au cœur. Bon, c'était ma dernière défibrillation. Mon cœur bat la chamade, désormais, et n'a plus intérêt à s'arrêter.
- La Nine 2006, Minervois, Jean-Baptiste Sénat: encore une boule de fruit, sensuelle et gourmande. Du plaisir à l'état pur, sans prise de tête. Un vin qui ne se commente pas plus que cela, mais qui se boit!
- Châteauneuf du Pape Réserve des Célestins 1995, Henri Bonneau: du beau, du bon, du Bonneau! La grande bouteille rouge de la soirée. Une race incomparable, une densité phénoménale et pas l'ombre d'une trace d'évolution. Un vin juvénile et remarquable.
- La Mission Haut-Brion 1975: nez ouvert et évolué, fumé, agréable et plaisant. Bouche assez typique de ce que l'on est en droit d'attendre d'un vin de cette classe à ce stade. Complexe, entêtant, aux tanins fondus, il ravit l'amateur d'harmonie. Peut-être un peu trop lisse pour l'amateur de sensations fortes...
- Palmer 1983: d'un esprit beaucoup plus jeune, il possède plus de rondeur, avec de la fougue. Les tanins possèdent encore un fond d'austérité qui se traduit par une légère amertume finale, mais un vin qui possède encore beaucoup d'élan.
- Yquem 1988: une des stars annoncées de la soirée. La robe est légèrement brunie, comme si de rien n'était. Le nez est confit et rôti, comme il se doit. La bouche est élancée, élégante, fine et longue, comme il se doit. Des notes de fruits secs évoquent un caractère légèrement oxydatif et la sucrosité n'est pas trop marquée. Forcément, une belle bouteille. Mais un peu trop convenue, peut-être? Trop clean? Trop belle pour être vraie? Parce qu'il y manque un soupçon de folie, une pointe de magie. Un sentiment de frustration, celui de passer à côté d'un très grand vin, de le croiser sans véritablement le voir ou le comprendre. En toute honnêteté, sans volonté de descendre un premier. Mais qu'est-ce qui justifie son statut, son culte, son prix? Rien de tout cela perceptible ce jour-là par moi, en tout cas. Quel goujat je fais!
Dans l'appréciation globale, mais subjective, des vins de cette soirée, Yquem est sorti en tête, finalement. Rien de surprenant, c'est même plutôt rassurant. La prochaine fois, on lui fera affronter à l'aveugle, par pur instinct de jeu, une Petite Arvine Grain Noble de Marie-Thérèse Chappaz ou une SGN 1997 de Philippe Delesvaux.
Mon palmarès personnel: Réserve des Célestins 1995, Corton Charlemagne Coche Dury 1998, Santorini 2003 de Sigalas. Trois belles quilles dignes d'un Strike! Avec Lafite 1975 dans le rôle de la boule! Wii madame!
Place à 2009, maintenant! Juste après un ou deux comptes-rendus 2008 en retard, peut-être. On verra bien! L'avenir nous le dira!
Olif
21:48 Publié dans Dives bouteilles ... | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
| Tags : coche-dury, sigalas, santorin, gouges, lafite, palmer, mission haut-brion |
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