22 mai 2011
Open cellars au domaine Lescure
Courant mai, le domaine Chantal Lescure a pour habitude d'ouvrir en grand les portes de son domaine. Opération nettoyage de printemps au cours de laquelle les fidèles clients peuvent venir chercher leur allocation annuelle, mais aussi où les anglophones de passage à Nuits-Saint-Georges peuvent venir jeter un coup d'œil à la cave. Open cellar et open bar avec modération. Ce jour-là, on peut goûter à toute la production du domaine et même profiter de la venue d'un invité dont les vins sont distribués par DingoVino, la cave dijonnaise de François Chavériat, responsable de la grande qualité des vins du domaine Lescure depuis plus d'une dizaine d'années, comme chacun sait.
Luc Vignal est vigneron dans les Costières de Nîmes où il exploite 40 hectares de vignes en compagnie de sa femme. Une telle surface, ce n'est pas rien, et jusqu'à il y a peu, les vins de la propriété étaient vendus en vrac au négoce. Depuis qu'il se consacre à temps plein au domaine, Luc a fait Marche avant. En entamant une conversion bio et en embouteillant sous lui-même sous le nom du Mas du chêne. Et puis, il a fait Marche arrière, en produisant du Vin de France. Marche avant, un assemblage de grenache blanc et roussane frais comme un gardon. Marche arrière un gouleyant rosé de saignée acidulé. Marche arrière, une carbo de carignan, complétée par grenache et syrah pour ne pas trop faire carbo. Marche avant, une cuvée de rouge un peu plus "sérieuse" mais dont les tanins ne sont pas envahissants. Élevage un peu plus long, avec une part de fûts, c'est un 2009, contrairement aux précédents, millésimés 2010. Les jolies étiquettes du domaine, au charme suranné, sont une création originale signée The Bazart.
Mas du Chêne, Luc Vignal et Emmanuelle Delon, 30800 SAINT-GILLES
Après ces préliminaires sudistes, la dégustation des 2009 du domaine Lescure s'annonçait plutôt bien. 4 blancs pour commencer et se refaire un palais bourguignon. Le Côtes de Beaune du Clos des Topes Bizot est top, évidemment, fin, net élégant et pas du tout biseauté. La Grande Chatelaine, toujours en Côtes de Beaune, a une personnalité plus marquée et s'exprime plus dans la puissance. Le Nuits-Saint-Georges Les Creux Fraîches Eaux et le Meursault Pellands demanderont plus de temps pour se fondre, du fait de l'opulence du millésime et l'élevage un peu plus marqué.
En rouge, les cuvées d'entrée de gamme (Bourgogne et Côtes de Beaune du Clos des Topes Bizot) sont gourmandes à souhait, la palme une nouvelle fois à la finesse des Topes Bizot, un climat avec lequel j'ai décidément beaucoup d'affinités. Dans les crus, après un joli Volnay, Pommard se décline en 3 climats. Aux solaires Vignots, je préfère la fraicheur des Vaumuriens, qui vaut mieux que rien en étant son pendant exposé nord. Les Bertins sont plus complets et plus riches, peut-être encore un peu massifs à ce stade. Le Chambolle-Musigny Les Mombies est toujours aussi séduisant et élégant. En Nuits, les très belles Damodes sont pour moi un cran en-dessous des superbes Vallerots, combe froide qui exhauste la minéralité et la fraicheur des tanins. Le Vosne-Romanée Les Suchots goûte un peu fermé et compact à ce stade, et l'apothéose est atteinte avec le Clos de Vougeot, aux enivrants arômes de violette et au grain de tanins d'une grande délicatesse. Un fin et pertinent dégustateur.com, grand connaisseur en crus bourguignons, m'a soufflé que ce Clos avait des airs de Côte Rotie bourguignonne. Il n'a pas tort, le bougre. Quand le pinot syrahte...
Olif
P.S.: les 27 et 28 mai, à Épicuréa, Poligny, Jura, une grand-messe gustative sera célébrée par Philippe Bouvret, avec la participation de Julie Balagny, productrice de Beaulolais et nouvelle reine de Fleurie, Gilles Berlioz, le savoyard symphonique, et Olivier Lemasson, qui n'a de maçon que le nom parce qu'il fait aussi du vin de Loire et qu'il sait le conter. En présence (exceptionnelle) de Fanfan Ganevat dans le rôle de l'enfant de chœur, même qu'il aura peut-être bien un ou deux trucs à faire goûter. À ne manquer sous aucun prétexte, donc. Quel dommage pour ceux qui habitent si loin...
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07 avril 2011
Gilles Ballorin, le bal(l)adin de la Côte...
Une visite chez Gilles Ballorin démarre généralement au quart de tour. Quelque soit le trafic. Sauf le sien, une camionnette Renault âgée et un peu molle de la batterie, parfois, mais généralement encore admissible au contrôle technique. 6,20 ha de vignes égrenées tout le long de la Côte de Nuits, de l'extrême-nord au sud lointain, nécessite une bonne monture. De Chenôve, ultimes parcelles résistant à l'urbanisation dijonnaise galopante, jusqu'à Comblanchien, Gilles Ballorin se balade dans la Côte de long en large. Sa cave, située dans le bas du village de Morey, le long de la 74, est celle d'un ancien négociant qui a fait de mauvaises affaires. Lorsqu'il l'a racheté, Gilles en a plutôt fait une bonne. Les lieux sont un peu démesurés grands pour lui, mais, du coup, il prend ses aises. Convaincu dès le début par le bio et la biodynamie, le domaine Ballorin & F (pour filles, femme, Fabienne, Filomène?) a d'emblée converti les parcelles exploitées pour leur permettre de s'exprimer de la plus belle des manières.
Son fleuron, ce sont ses Damodes, un cru à la mode de chez Nuits. Situées dans la partie haute du climat, celle qui est en "villages" (en bas de la route, ce sont des premiers crus), les Damodes de Gilles Ballorin ont pour voisines celles du domaine Chantal Lescure, joliment complantées à cette saison de petites fleurs violettes. Vive la biodiversité biodynamique! La friche de gauche finit de rassurer sur l'absence de pollutions de voisinage. Du haut de cette grosse vingtaine d'ouvrées, le paysage est très ouvert et remarquable. Tranquille et sereine quiétude. Coteau plutôt pentu, la parcelle est travaillée au cheval. Ce qui a le mérite de rendre le sol particulièrement vivant. De la terre qu'il fait bon humer et prendre à pleine main.
Des Damodes à Morey, pour éviter le trafic routier, quand le Trafic Renault veut bien démarrer, l'itinéraire passe par la route des Grands Crus, devant la Romanée-Conti et derrière le Clos-Vougeot. Dans les jeunes vignes du plus célèbre des crus bourguignons, avec un peu de chance, on peut voir Mickey, le plus célèbre des chevaux comtois bourguignons, s'affairer et s'appliquer à tracer de beaux sillons.
De retour dans les immenses caves du domaine, la dégustation des 2010 en cours d'élevage peut commencer. Bien ancrées dans le terroir bourguignon et l'histoire de France, l'entrée de gamme est constituée d'un fier aligoté dénommé Le Hardi, dont il faut bien se garder, à gauche comme à droite, d'un Bourgogne blanc Sans peur, mariant crânement et voluptueusement pinot blanc et pinot beurot au chardonnay musqué, d'un Bourgogne rouge Le Bon, parce qu'il est bon, évidemment, mais surtout du nom de Philippe III, le plus mécène des Ducs de Bourgogne, et, enfin, d'un Bourgogne Passetoutgrains plutôt Téméraire et majoritairement pinot noir, tu parles, Charles!
Si 2010 a retrouvé les vertus élégantes, fines et désaltérantes de 2008, en donnant des vins très frais et digestes, 2009 se pose comme un véritable papa, par son potentiel puissant, solaire et chaleureux. Des vins taillés pour la grande garde, cela paraît évident.
En 2010, le coup de cœur sera rose. Le Marsannay Cœur de rose est un rosé. Oui, comme son nom l'indique. Non sulfité, élevé en barrique. Du velours pour le gosier. Un tutu de ballerine qui vient caresser le fond de la gorge au cours d'un entrechat sans les pointes.
Les rouges 2010 n'ont pas tous terminé leur malo mais on pressent déjà de belles choses.
Après le fût, la bouteille. Le Fixin 2009 Les Chenevières est une petite bombe fruitée. Pas de SO2 à la mise, ce qui en fait un vin décomplexé et particulièrement expressif, avec une jolie matière derrière. Le Nuits-Saint-Georges Les Damodes 2008 possède déjà toute la magie du cru. Un grain de pinot très fin et épanoui qui ne demande qu'un peu de temps pour encore mieux s'exprimer. Le Morey-Saint-Denis Très Girard devrait à terme donner un joli vin. La parcelle, située dans le bas du village, vient tout juste d'être reprise et doit encore s'acclimater à son nouveau mode cultural. Le 2009 pinote joliment et possède une belle fraicheur acidulée sur des tanins bien enrobés.
Une balade sur la Côte ne saurait se terminer sans une visite amicale à la Capitale des Ducs de Bourgogne. Les dijonnais vont avoir un bien joli tramway, mais pour l'instant, c'est plutôt le Bronx question circulation! Suivez le guide et il vous emmènera tout droit Ô gré du vin. Une cave comme on aimerait en voir plus souvent, en plein cœur de la ville, 106 rue Monge. Un endroit qui regorge de trésors, tant Bertrand Joinville est un caviste avisé dans ses choix. Il aime les grands contenants, ce qui n'est pas une mauvaise chose lorsqu'il s'agit de vins du Beaujolais. Magnums de Poquelin 2010 des Côtes de la Molière ou Jéroboam de Morgon de Marcel Lapierre pour les grandes et bonnes soifs!
Chez Bruno, comme son nom l'indique, le patron s'appelle Bruno. Mais, pas comme dans la chanson, on n'y boit pas de tord-boyaux. Bar à vins, bar à jambons, bar à burrata parfois, Bruno a le culte du produit et refuse de servir les blaireaux. L'ambiance est à la simplicité, à la sincérité, à la convivialité. On trinque, on échange les bouteilles avec les voisins de comptoir, on fait des rencontres passionnantes. Très certainement la plus petite (par la taille) des grandes adresses dijonnaises.
La burrata, façon Bruno. Mamma mia...
Olif
P.S.: le 11 avril, légèrement au sud de la Côte, le Beaujolais sera en fête. Beaujolois, biojolais, il y en aura pour tous les goûts, essentiellements les meilleurs. Et tant pis pour ceux qui n'aiment pas ça!
20:38 Publié dans Bons plans, bonnes adresses, En léger différé du vignoble! | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
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31 décembre 2009
De belles paires de Noël...
Noël, ça rime avec Père, c'est bien connu, et paire rime avec .ou..illes. Bouteilles, c'est une évidence pour qui joue régulièrement au pendu.
Avant de clore l'année moyennement en beauté côté météo, il est temps, pour tirer un trait sur 2009, de publier ce frOliflège (©Docadn) de dégustation sous forme de kaléidoscope gastronomique.
A l'apéritif, le Champagne Brut Tradition des Frères Laherte a séduit son monde. Fin, classe, élégant, du vin, à la bulle fine et festive. Les deux bouteilles n'ont pas fait long feu. Chavot, ça le vaut! Pour les (grands) enfants ou les adultes à âme d'enfant, ce fut aussi la fête, Festejar de Patrick Bouju est toujours un régal pour les papilles.
Pour le repas, des huîtres, forcément, même si on réussit à en manger régulièrement toute l'année. Dans le Jura aussi, les traditions sont bien ancrées. Des Gillardeau, bien sûr, car une filière Bourcefranco-jurassienne s'est mise en place. Avec une petite nouveauté cette année, une plate charnue made by Gillardeau et affinée au Danemark. Aussi bon qu'une Belon, mais en plus charnu, comme une spéciale. Étonnant! Le Côtes du Jura Chardonnay En Barberon 2005 de Stéphane Tissot n'en demandait pas tant! Le midi, en guise de préliminaire à la soirée du Réveillon, une superbe entrée en matière. Le vin goûte magnifiquement, sur des notes grillées très pures. Sa tension répond aux saveurs d'iode et de noisette de l'huître. Le soir, sur un panachage de Spéciales n°3 et n°4, le Saint-Véran 2008 du domaine des Côtes de la Molière (deuxième mise) fut aussi parfaitement à son aise. Frais, minéral, acidulé, remarquable. A suivre, avec une petite nage d'escargots au persit plat et à l'ail, le Meursault Le Poruzot-Dessus 2001 de l'ami Rémi Jobard ne s'est pas laissé écraser par les ingrédients de la sauce. De légères notes d'évolution commencent à apparaitre, l'apogée est là et ce beau terroir murisaltien donne toute sa mesure.
Avec le cuissot de sanglier de 12 heures, comme une forme de (petite) revanche pour Hervé Bizeul, victime des cochons sauvages à l'automne. Un Clos des Cèdres de Lisson eût été également approprié, mais ceux qui sont en cave peuvent encore largement attendre, contrairement à ce Côtes du Roussillon Villages Vieilles Vignes 2000 du Clos des Fées, à point, très flatteur par sa concentration et sa richesse, bien arrondies par l'alcool. Un vin pour Obélix, c'est sûr!
Avec le fromage, les mauvaises habitudes perdurent car il n'est pas toujours aisé de revenir sur un blanc. Heureusement, un Époisses parfaitement affiné a bien répondu au Gevrey-Chambertin 1er cru Petite Chapelle 1999 de Jean-Louis Trapet, solide et terrien, à l'aube de son épanouissement. Sur l'assortiment de bûches, au Rivesaltes Hors d'âge Terre de pierres du domaine Sol-Payré, pourtant très bon, fut préféré pour sa légèreté et son caractère rafraichissant le Muscat Moelleux Petit grain du Petit domaine de Gimios. Du bonheur en bouteille, rapidement ingurgité et apprécié. Un vin qui rend le cœur et les pieds légers, parfait pour danser, sur la terrasse humide et sur un air des Pogues, dans la douceur de la nuit de Noël. Nostalgie des 80's, quand tu nous tiens!
Le lendemain, à peine remis, il a fallu remettre ça. Après un fabuleux Champagne à l'arrachée, déjà narré par ailleurs, un Corton-Charlemagne 1997 de Tollot-Beaut, que l'on m'avait prédit HS il y a peu, avait encore de beaux restes. De la stature, de la profondeur de l'ampleur, parfait pour rivaliser avec un délicieux foie gras au torchon maison. Sur la traditionnelle dinde de Noël, sauce aux morilles, deux grands vins de Bourgogne se sont distingués. Plus de jeunesse, de volume et de richesse dans le Clos-Vougeot Le Grand Maupertui 2000 d'Anne Gros, mais plus de finesse, d'élégance et de précision dans le Nuits-Saint-Georges 1er Cru les Pruliers 1996 de Gouges. Avec le gros gâteau choco-marron inspiré d'une recette de Saveurs, le Vouvray Clos du Bourg 1990 Moelleux 1ères tries du domaine Huet fut parfait pour méditer sur les raisons profondes qui poussent le genre humain à faire autant bombance à Noël. Tout est dans la modération, en fait!
Sur ce, un grand millésime 2010 à tous, avec une pensée toute particulière à ceux que la vie n'a pas épargné en cette fin d'année 2009. Tchin!
Olif
14:53 Publié dans Dives bouteilles ... | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
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29 mai 2009
RE-VE-VIN 2009 : Chantal Lescure, Côte de Beaune, Côte de Nuits
23:26 Publié dans Dives bouteilles ... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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28 mars 2009
Plein phare sur Nuits!
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15:21 Publié dans En léger différé du vignoble! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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