Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Randonnée viticole valaisanne!

    Date: le 24/08/2005 à 23:43

    Sortie valaisanne quasi-improvisée, ou comment s’occuper en montagne quand le temps est complètement bouché! Descendre en plaine et sortir le tire-bouchon! C’est la seule solution! Direction Vétroz, dans un premier temps, pour retrouver des Vendéens en goguette chez Romain Papilloud, vigneron-meunier-encaveur au pays de l’amigne, dans un ancien vieux moulin.

     

    Vieux Moulin, Cornalin et Amigne!



     

    Timing un peu minuté, pour raisons familiales, Romain prend néanmoins le temps de nous recevoir aussi bien qu’à l’accoutumée et nous propose la totale!

    On débute dans le sympathique caveau de  dégustation par la production en bouteille à la vente actuellement.

    Fendant Amandoleyre 2004
    Pour la mise en bouche, ce toujours aussi beau fendant, minéral, acéré, développant de jolies notes de fleurs blanches en attaque pour le rendre encore plus aimable. Un vin apéritif parfait!

    Petite Arvine 2004
    Nez très mûr, sur le melon et les agrumes, avec une note florale (pétale de rose?) qui fait évoquer à Romain le Gewurtztraminer. La vivacité de l’arvine est bien là, mais enrobée déjà, ce qui adoucit légèrement l’acidité, sans empêcher la salinité finale. Une très belle Petite Arvine, complexe et affriolante!

    Amigne 2004
    Un cépage que Romain maîtrise parfaitement! Nez intense, bouche grasse, aromatique, grasse, avec un petit sucre savamment dosé, qu persiste agréablement en finale. Une amigne élégante et gourmande!

    Amigne Barrique 2002
    Le nez est intense, encore sous l’emprise du bois, avec sa petite touche vanillée. Le toucher de bouche est extrêmement savoureux, onctueux, riche et gras, compensant le caractère totalement sec un peu inhabituel ici. Grande longueur et très belle persistance! Une déclinaison intéressante du cépage qui ne ravira peut-être pas les puristes, mais une voie à explorer! Parce que c’est quand même très bon et devrait l’être encore plus une fois le bois mieux digéré. Il y a la matière suffisante pour cela!

    Gamaret 2004
    Une robe violine pour un vin épicé, costaud, un peu rustique, mais dans le bon sens du terme. Simple, suffisamment friand, cela se laisse boire avec plaisir.

    Carminoir 2004
    Quasiment un précurseur de ce cépage, initialement destiné à l’assemblage, Romain n’a pas hésité à le commercialiser pour lui-même. De la couleur, un grain velouté, dense, du fruit mais une petite amertume finale. Plutôt puissant, il possède plus de finesse que le précédent, l’apport du pinot, sans doute? smiling smiley

    Cornalin 2004
    On monte d’un cran, avec ce cépage que j’affectionne particulièrement, parce que doté d’une vraie personnalité et d’une originalité folle! Le fruité est séducteur par son petit côté « gelée de fruits noirs ». La structure est patinée, possède déjà une certaine souplesse dans les tanins, même si ceux-ci méritent de s’amadouer avec le temps. La matière est consistante, la longueur suffisante et on trouve déjà beaucoup de finesse. Digne d'une bouteille de la semaine!

    Syrah Barrique 2003
    Premier nez sur le cassis, puis, à l’agitation, perception de petites notes boisées qui se fondent dans des notes d’agrumes (pamplemousse rose), signant certainement une grande maturité de fruits. Du coup, la perception acide apporte beaucoup de fraîcheur et de longueur. Et toujours ce côté agrumes, qui peut paraître surprenant dans une syrah mais qui en fait un vin réellement étonnant! Très beau!

    Assemblage 2003
    Translation vers la cave pour goûter au fût cet assemblage 2003 composé de 60% de Carminoir, 20% de Merlot et 20% de Gamaret. Une très belle complémentarité, la rondeur du merlot, même s’il s’agit de jeunes vignes, venant assouplir la puissance du Gamaret et se fondre dans le velours du Carminoir!

    Merlot 2004
    Puisqu’on en est à goûter les fûts, on poursuit! Ce Merlot est destiné à la cuvée d’assemblage 2004. Il est déjà souple et rond, plutôt agréable, même si Romain craignait qu’il soit encore marqué par le carbonique.

    Cornalin 2004
    En barrique, car destiné à l’assemblage 2004, il est lui encore marqué par le gaz avec un côté un peu piquant, mais une matière prometteuse. Nous goûterons une seconde barrique dans lequel le vin est déjà plus arrondi.

    Amigne Barrique 2003
    Toujours en fût, elle sera mise en bouteilles au mois de novembre. Les notes grillées du nez, apportées par le fût, sont d’une belle élégance, ne masquant pas les notes d‘agrumes. La bouche est onctueuse, patinée et la matière semble riche, peut-être plus dense qu’en 2002. Un vin à suivre avec intérêt!

    Amigne Barrique 2004
    Elle n’a pas encore mangé tous ses sucres et, de ce fait, est encore bien gourmande! Un vin au stade embryonnaire.

    Ermitage Volupté  2004
    Dégusté au fût. L’équilibre est déjà impressionnant de maîtrise! Riche, développant déjà quelques notes de truffe blanche, mais surtout d’olive verte, façon tapenade, un vin extrêmement prometteur!

    Ermitage Volupté 2003
    Retour à la bouteille, pour clore en apothéose et en douceur par cet Ermitage, botrytisé à 100%, qui se présente sous une robe dorée à souhait. La bouche est confite, rôtie, sur l’ananas et la truffe, avec une belle acidité longiligne, qui s’étoffe progressivement, s’enrobe. C’est gras et onctueux, mais cela reste frais en permanence. Un très bel Ermitage, probablement un des meilleurs produits par Romain à ce jour, parmi ceux que j’ai eu l’occasion de goûter, en tout cas!

    Après cette première ascension, qui nous a déjà conduit pas loin des sommets, il fallait faire une petite pause. Le temps de traverser la « côte » valaisanne, de Vétroz à Fully, en passant par Chamoson, Leytron et Saillon, mais sans s’arrêter! Direction, chez Marie-Thérèse. Chappaz, bien entendu! Pour gravir les quelques marches qui nous manquaient!

     



    Tomates, kiwis et Syrah!

     

    Marie-Thérèse, vigneronne, mais pas que ça! Biodynamiste, depuis 2 ans, avec sincérité et conviction, et nous tombons un peu mal, d’ailleurs, puisque Demeter avait également choisi ce jour pour effectuer ses contrôles! Après nous avoir servi le premier verre de Fendant, Marie-Thérèse est contrainte de retourner à ses petits papiers et à son contrôleur, nous confiant aux bons soins de Valérie!

    Qu’il est bon de retrouver cette tonnelle de dégustation, où l’on peut goûter à ce qui se fait de mieux en Valais, voire même ailleurs! Dans une ambiance conviviale et gaie. Le Valais, ses vins, mais aussi ses kiwis, dont les feuilles sont suffisamment développées pour nous protéger des quelques gouttes de pluie qui font leur apparition à ce moment-là.


     

    Et aussi ses tomates, biodynamiques, évidemment, autant d’espèces rares et goûteuses issues du jardin de Marie-Thérèse


     

    Mais nous ne sommes pas là pour y goûter (dommage!), mais nous ne perdons néanmoins pas au change, avec les 2004 de Marie-Thérèse!

    Fendant Fully Coteaux de Plamont 2004
    Une nouvelle cuvée, un terroir d’altitude, très calcaire, qui donne naissance à un beau fendant minéral, qui possède également un petit côté pomme à croquer!

    Fendant Martigny les Bans 2004
    Un classique, sur un terroir calcaire situé à Martigny, au nez à peine grillé, beurrant très légèrement. Une petite perle élégante vient rehausser la minéralité de cette cuvée séduisante, légèrement enrobée, et pourtant bien vive!

    Fendant Président Troillet 2004
    Les vignes situées le plus près de la maison, une cuvée dénommée ainsi en hommage à un grand oncle de Marie-Thérèse, célébrité locale ayant largement œuvré pour la vie publique. Terroir granitique, pour une plus grande pureté minérale, légèrement citronnée. La structure est droite et linéaire, presque une épure! Superbe!

    Petite Arvine Grain Blanc 2004
    Le nez est assez réservé mais n éanmoins typé Petite Arvine. L’attaque est franche, incisive, puis le vin s’enrobe un petit peu mais reste d’une grande droiture et d’une minéralité exemplaire. Dur de rester insensible à ce vin magnifique!

    Ermitage Grain d’or 2003
    Une Marsanne d’anthologie, qui allie gras, finesse et longueur, en restant très minérale, avec une finale légèrement grillée. L’équilibre frôle la perfection, sans la lourdeur alcooleuse que l’on peut retrouver dans certaines cuvées rhodaniennes. Exceptionnel!

    Dôle Ma Puînée 2004
    Présentée en « pot » bouché à vis, cette Dôle, simple et légère, est un vrai vin de soif, bien marqué Gamay.

    Dôle La Liaudisaz 2004
    Plus colorée que la précédente, elle enivre de ses parfums de fruits rouges, mais aussi de pamplemousse rose et d’agrumes. Rond et aimable, avec un beau volume, un vin gourmand!

    Humagne rouge 2004
    Assez typique, avec ses arômes de sous-bois et de groseille, sa grande souplesse et sa rondeur doucereuse en finale.

    Syrah 2003
    La première cuvée de Syrah de Marie-Thérèse. Nez épicé et intense, bouche large et ample, avec une belle acidité. Une réussite!

    Une gamme toujours aussi sidérante, même si, malheureusement, nous ne pourrons goûter aux Grains Nobles, épuisés depuis longtemps.

    Les sommets commencent à se dégager, la météo annonce une relative, mais courte amélioration, qui permettra peut-être aux suisses alémaniques, victimes des intempéries de souffler un peu, et à Marie-Thérèse de faire une décoction cicatrisante pour ses raisins oedématiés, éclatant sous l‘excès de pluviosité. Les Vendéens, en vacances montagnardes, pourront peut-être, enfin, s’aventurer sur d’autres sommets. Quant aux Jurassiens, il ne leur reste plus qu’à aller se perdre dans les profondeurs du tunnel de Glion.

    So long!

    Olif

  • REVEVIN2005 : les Layons SGN de Philippe Delesvaux

    Date: le 11/05/2005 à 23:12

    Ultime dégustation de ces REVEVIN acte 2, cette découverte des Coteaux du Layon de Philippe Delesvaux, en sa présence, fut un moment rare, un véritable dessert, en fait!

    Comme c’est jour de relâche au Chai Carlina, en ce dimanche midi, nous en profitons pour investir l’intérieur de l’établissement afin de ne pas attirer le chaland par nos commentaires bruyants sur la terrasse.

    Après une courte présentation de l’appellation, de ses vins et de sa façon de travailler, Philippe Delesvaux nous fait entrer rapidement dans le vif du sujet!

    Coteaux du Layon Saint-Aubin 2004
    Du chenin passerillé récolté début novembre, comportant 85 g de SR. La robe est jaune pâle, plutôt brillante. Le nez est marqué par une note légèrement iodée et saline, apparemment caractéristique de la minéralité carbonifère du Layon. La bouche est linéaire, offrant une belle concentration en sucre, bien contre-balancée par le support acide. Un équilibre aérien très frais, pour un vin qui constitue l’entrée de gamme du domaine, d’un excellent rapport Q/P (7,65€ les 75 cl). ***

    Coteaux du Layon Saint-Aubin Clos de la Guiberderie 2003
    Chenin 50% botrytis, 50% passerillé, 115g de SR. La robe dore légèrement. Le nez est très botrytisé, sur l’ananas confit, et emplit les narines. La bouche est grasse et onctueuse, minérale en attaque, comportant beaucoup de fraîcheur grâce à une acidité soutenue mais enrobée. Une très belle bouteille de 50 cl pour 9,90€! ****

    Coteaux du Layon Saint-Aubin Clos du Pavillon 1998
    Chenin 50% botrytis, 50% passerillé, 85g de SR. La robe dore franchement et le nez est intense et confit, majoritairement botrytis. La bouche, particulièrement minérale (sous-sol de schistes carbonifères), est magnifique, d’une grande droiture, portée très loin par une superbe acidité. A 9,90€ les 50 cl, c’est presque donné! ****

    Coteaux du Layon SGN 1999
    100% botrytis, 157 g de SR. La robe est très dorée, avec des reflets ambrés. Le nez, très botrytis, est d’abord confit, sur les agrumes et l’ananas bien mûrs, puis devient minéral (mine de crayon). En bouche, le toucher est d’une onctuosité rare, gras et riche, avec une persistance exceptionnelle et une superbe rétro-olfaction sur les agrumes. La barre est placée haut, mais le prix reste raisonnable (24€ pour 50 cl). Le seul hic, c’est que le vin est épuisé au domaine! *****

    Coteaux du Layon SGN 2003
    100% botrytis, 235 g de SR. La robe est jaune soutenu. Le nez est pour l’instant plutôt minéral, légèrement iodé, avec une petite note de pomme (au four? Tatin? Verte?) controversée. En bouche, les éléments se mettent en place progressivement, l’acidité dompte le fort taux de SR, mais le vin ne donne pas une sensation harmonieuse pour l’instant. Laissons-lui du temps, il est encore tout jeune! 24€ également, 50 cl également. ***(*)

    Coteaux du Layon SGN 1997
    100% botrytis, 212 g de SR. La robe est d’un beau jaune doré. Le nez, confit, est d’une incroyable pureté. Gras, onctueux et soyeux, la bouche, d’une élégance rare, reste fraîche grâce à la belle acidité. La persistance aromatique impressionne! 32 € *****

    Coteaux du Layon Carbonifera 1997
    1997, un millésime d’exception qui a permis l’élaboration de quelques vins d’exception, comme cette Carbonifera, une super SGN du Clos du Pavillon. 350 g de SR! La robe est dorée et le nez très racé, mais paradoxalement moins intense que celui de la cuvée SGN du même millésime. En bouche, c’est autre chose! La viscosité est impressionnante, procurant une sensation de douceur veloutée et caressante. Un moment rare, une gourmandise d’esthète à la longueur exceptionnelle! ******

    Coteaux du Layon Anthologie 1997
    Une super SGN produite sur l’ensemble du domaine dans les grands millésimes (95, 96 et 97 pour l’instant), des morceaux choisis, au sens éthymologique du terme. 450 g de SR! La robe est ambrée et le nez délivre un festival d’arômes, dans un registre légèrement oxydatif, à la manière d’un Essencia de Hongrie: fruits secs, noisette, abricot sec, coing, caramel. La bouche est exceptionnellement riche et concentrée, immensément longue, terminant sur une rétro minérale et fruits secs, avec une acidité incomparable, faisant presque passer inaperçus les 450 g de résiduel. Au péage de Beaulieu sur Layon, sur l’A87 et le chemin du retour, à deux petites heures de Saint-Jean de Monts, l’Anthologie tapissait encore mes papilles! L’éternité de l’instant…! ******* (7 * sur mon échelle qui n’en compte en principe que 5, c’est plutôt pas mal!) Très cher, mais ça le vaut bien !

    Difficile de clôturer plus en beauté que cela! Les rêveurs vendéens du vin, encore sous le coup de l’émotion, s’auto-congratulèrent mutuellement pour tous ces beaux moments passés ensembles, des larmes dans les yeux et un petit carton de Coteaux du Layon sous le bras.

    Vivement le REVEVIN acte 3!

    Olif

  • REVEVIN 2005 : La Bourgogne selon Jadot


    Date: le 10/05/2005 à 22:39

    Deuxième session de dégustation de ces REVEVIN Acte 2, ce virage à l’Est fut le bienvenu au milieu de ce torrent languedocien! Température plus fraîche de circonstance sur la terrasse du Chai Carlina, ce qui a motivé la sortie des petites laines, même qu’il a fallu rallumer le chauffage! Mais rien n’arrête les rêveurs vendéens du vin venus s’enivrer d’air marin, de bancs de sable et de bans bourguignons!

    Les vins ne sont pas dégustés à l’aveugle, puisqu’il a fallu respecter la hiérarchie des terroirs. On attaque par les blancs!

    Beaujolais blanc 2002, Grand Clos de Loyse
    Pour la mise en bouche et l‘avinage des verres, un joli Beaujolais blanc du Château des Jacques, frais, franc, vif et minéral. Il ne manquait que les huîtres! **

    Bourgogne Chardonnay 2002
    La robe est jaune pâle à reflets verts. Le nez procure déjà une sensation de gras, « beurrant » un petit peu. Cette sensation amylique se retrouve en bouche, au milieu d’arômes de fruits blancs, mais le vin possède une jolie tension acide jusque dans la finale, qui le rend idéal à l’apéritif. Sympa, mais le rapport Q/P le désavantage (pas loin de 15€, si ma mémoire est exacte)! **

    Auxey-Duresses 1999
    La robe est pâle à reflets verts, dorant à peine. Le nez me paraît peu expressif mais en bouche, le vin possède un bel équilibre sur une structure acide bien développée. De la finesse et de la longueur pour une jolie bouteille. ***

    Puligny-Montrachet Les Perrières 2000
    La dorure se fait plus marquée sur la robe. Le nez, intense et puissant, est diversement apprécié. Il signe pour moi une grande maturité (notes d’agrumes) même s’il n’est pas exempt de notes miellées légèrement oxydatives. Maturité versus oxydation, la part des choses n’est pas toujours évidente à faire. Surtout que la bouche, ample et large, est plutôt minérale et ne laisse pas poindre d’oxydation! Grande longueur pour un vin que personnellement j’aime beaucoup, même si, effectivement, le nez peut dérouter! ****

    Chassagne-Montrachet 1er Cru Morgeot 1998, Clos de la Chapelle, Duc de Magenta
    La robe est jaune pâle. Le nez est très élégant, minéral, avec une petite pointe de beurre frais tartiné sur un toast grillé. La bouche est très précise dans sa définition, minérale, pure et cristalline. Un très beau vin! *****

    Beaune-Grèves 1997, Clos Blanc
    Malgré la robe jaune pâle, le nez est mûr et mature. La bouche est également à parfaite maturité, riche, possédant un bel équilibre entre gras et acidité, faisant de ce vin le compagnon idéal de la table. Superbe! *****

    Corton Charlemagne 1999
    La robe est encore jaune pâle. Le nez, légèrement empyreumatique, exprime un très fin grillé. La richesse de la bouche est encore contenue, il manque un peu d’étoffe et de largeur pour que le vin révèle toute sa complexité. Maintenant que les langes ont été changées, on peut le laisser se rendormir pour quelque temps! ****(*)

    Et on poursuit par les rouges!

    Côtes de Nuits Village Les Vaucrains 1999
    La robe est rubis, brillante. Le nez est très typique d’un Pinot noir, fruité, légèrement fumé et terreux. La bouche joue plutôt dans un registre florale, avec des notes de rose sur une bonne structure acide. Un vin franc et rustique, mais rafraîchissant. **

    Savigny les Beaune 1er Cru La Dominode 1999
    La robe est d’un beau rubis, plutôt soutenu. Le nez pinote joliment, prune, framboise, un peu terreux. En bouche, la trame est plutôt serrée, mais avec du volume. La finale tannique se mâche encore énormément, rendant le vin plutôt austère. Du potentiel, à mon avis! ***(*)

    Beaune 1er Cru Clos des Coucherots 1999
    La robe est rubis soutenu. Le nez est très ouvert et fruité, avec des notes de petits fruits rouges du jardin et de cassis. Les tanins sont déjà bien assagis, rendant le vin rond et séducteur, fondu et prêt à boire. La Bourgogne comme on l’aime! ****

    Volnay 1er Cru Clos de la Barre 1999
    La robe est rubis éclatant et le nez s’ouvre sur des senteurs de cassis. Un vin tout en finesse et élégance, avec une belle persistance aromatique qui voit ressortir le fruit en finale, dans un équilibre frais et séducteur. L’élégance de Volnay! ****

    Chambolle-Musigny 1er Cru Les Baudes 1997
    La robe est rubis, légèrement brunie et terreuse. Le nez est ouvert, en pleine phase secondaire, floral (pétale de rose) et terreux. La bouche est d’une belle précision, longue et fine, d’un raffinement exemplaire. Un bien beau vin, à parfaite maturité! ****

    Bonnes Mares 1998
    Gare à la dernière marche! Celle-ci était bouchonnée, en tout cas! Frustrant de rester là-dessus! Aussi, Phil85 est allé nous chercher la cuvée du Patron!

    Chambolle-Musigny 1er Cru les Amoureuses 2000, Drouhin
    Une autre maison de négoce haute couture pour un vin aux magnifiques arômes de framboise, de pamplemousse rose, de pétale de rose. Un vin d’esthète, racé, à croquer, charnu, charmeur, à la trame aussi fine qu’élégante. Un vin dont on tombe aisément amoureux et qui peut aussi rendre amoureux, tout dépend de ses dispositions. *****

    Pour revenir à Jadot, que voilà donc une belle gamme, même s’il ne s’agit que d’un aperçu infime. Le rapport Q/P n’est par contre pas toujours avantageux, mais il s’agit d’une volonté délibérée de la maison, à ce que j’ai cru comprendre!

    Olif

  • REVEVIN 2005 : le Off du Languedoc

    Date: le 10/05/2005 à 19:19

    Retour vers le Languedoc, pour une deuxième série encore plus fournie que la première! Pas des rogatons, mais des bouteilles qu’il aurait été difficile de caser dans la première session sans que cela soit too much! Peut-être plus hétéroclite, cette série a révélé son lot de surprises, bonnes ou mauvaises, et a également semblé moins homogène. Ici aussi, il s’agit d’un instantané, à prendre pour ce qu’il vaut, et certainement pas comme un jugement définitif sur tous ces vins!



    Ku-Klux-Klan-guedoc off! Une véritable chenille processionnaire!

    Faugères Les Premières 2000, Alquier
    Dans le rôle ingrat de la mise en bouche, cette cuvée d’entrée de gamme de chez Alquier, à la robe évoluée, au nez un peu animal (peau de bête, cuir), légèrement fruité (cerise), et à la structure un peu décharnée et fluette, maigrelette, courte et acide. *

    Domaine Puech Haut, Le Clos du Pic 1999
    La robe est sombre et opaque, le premier nez, intensément boisé, laisse ensuite passer de la confiture de fruits noirs, myrtille et mûre. Un vin qui a du corps mais qui est excessivement boisé, au point de développer une amertume brûlée jusque dans la finale. A la limite de la caricature! **

    Saint-Chinian La Madura 2000, Le Grand Vin
    La robe est très sombre, presque noire sur les bords. Au nez, de la liqueur de fruits noirs sur fond épicé. Très corsé en bouche, les tanins sont plutôt enveloppants et la longueur est satisfaisante. La finale est néanmoins un peu raide, à mâcher jusque dans une rétro un peu métallique et asséchante. ***

    Château Grès Saint-Paul, Cuvée Syrrhus 2000
    La robe est noire mais le nez est plutôt fin et élégant, sur des notes de moka et de chicorée. Un vin d’une grande droiture, à la bouche fraîche et à la finale persistante, d’une bonne longueur. ****

    Coteaux du Languedoc, Mas des Brousses 2001
    La robe est noire et le nez développe de jolies notes de cassis giboyeux, sur fond d’épices et de garrigue. La bouche est harmonieuse, possède de l’allonge et des tanins accrocheurs en finale. Un peu rectiligne, mais une très jolie matière. ***(*)

    Coteaux du Languedoc, Plan de l‘Om, Cuvée Roucan 2001
    Robe noire, nez de cassis sur bois, bouche possédant du corps, mais une légère sucrosité et une finale acidulée. Un peu dissocié en l’état, on pourrait lui reprocher un manque de personnalité. ***

    Pic Saint Loup, Esprit de Haut-Lirou 2001
    La robe est grenat sombre et le nez porte sur du sirop de cassis et un peu les épices. Les tanins sont souples en attaque, un peu lâches, et le vin manque de longueur. La finale, quant à elle, est un peu dépourvue de peps et de nervosité. ***

    Montpeyroux, Domaine d‘Aupilhac 2001
    La robe est sombre et le nez développe un petit côté chewing-gum au fruit, un peu amylique, mais agréable, rehaussé par des notes mentholées fraîches. La bouche est harmonieuse, ample et progressive, les tanins sont soyeux et la finale est très belle, intégrée et linéaire. ****

    Coteaux du Languedoc, Château de Saint-Martin de la Garrigue
    La robe est noire, le nez puissant, concentré, sur des notes de fruits noirs, avec un petit côté animal. Le bois sait se faire discret même si sa présence se ressent légèrement. La bouche est puissante mais équilibrée, corsée et concentrée, ne manquant pas de charme ni de finesse malgré tout. ****

    Les Grandes Costes 2001
    La robe est grenat. Le nez est très aromatique, sur le cassis, le menthol et le moka. La bouche manque d’un peu d’amplitude, les tanins sont lâches mais la finale sait demeurer persistante. ***

    Domaine des Crès Ricards, Stécia 2002
    La robe est plus sombre que le précédent mais on retrouve des arômes très frais de cassis et de menthol. La bouche est mieux structurée, aimable, bien équilibrée, toujours dans un registre frais, grâce à une acidité enrobée bienvenue. Un vin de plaisir. ***(*)

    Terre Inconnue, Léonie 2002
    La robe est grenat. Le nez est marqué par un côté balsamique, avec un peu d’acidité volatile. La bouche possède la qualité de ses défauts, à savoir la présence d’un léger gaz, de tanins friands et croquants, accrocheurs, qui rendent la petite sucrosité finale digeste. Un vin imparfait, qui ne plaira pas aux puristes, mais avec lequel je me régale! ***(*)

    Domaine de la Sauvageonne, Pica Broca 2002
    La robe est sombre. Au nez, l’élevage est encore un peu marqué, mélange de fruits épicés et vanillés. Les tanins sont soyeux, l’attaque est ronde, mais le vin manque d’un peu de corps et de longueur. La finale est moyenne. **(*)

    Mas Lumen, La Sylve 2002
    La robe est sombre, le nez un peu fermé, juste poivré. Les tanins sont lisses et denses, mais du coup manquent d’un peu de relief pour l’instant. A attendre probablement un peu. ***

    Terre Inconnue, Los Abuelos 2002
    La robe est encore sombre, mais brunit légèrement à l’exposition en pleine lumière. Le nez regorge de petits fruits, de cassis surtout. Si la bouche comporte à peine de gaz, cela apporte essentiellement de la fraîcheur à une bouche énorme de concentration et à la longueur interminable. Grande finale dans laquelle se fond progressivement l’alcool que l’on retrouve un peu dans la rétro. Très beau vin! *****

    Clos Roca 2003
    La robe est sombre, concentrée. Le nez, c’est de la confiture de griotte, avec un peu de kirsch dedans, et une petite note d’élevage. En bouche, les tanins sont superbes, veloutés, serrés, concentrés, et si l’alcool est bien présent, l’impression globale est celle d’un vin équilibré. Finale agréable sur la cerise kirschée pour une bouteille très séduisante. ****

    Mas Conscience, L‘As 2003
    La robe est sombre. Le nez révèle un fruité assez pur et éclatant, sur la cerise, l’amaretto, l’amande amère. En bouche, puissance et concentration s’allient à la finesse et à l’élégance. De l’alcool qui monte en puissance jusque dans la finale, donnant un petit côté Armagnac au vin, mais sans excès ni lassitude. Un style très particulier qui m’a fait évoquer la Petite Sibérie. Perdu! Mais j’ai beaucoup aimé! *****

    La Petite Sibérie 2003
    C’était finalement la dernière bouteille, La Petite Sibérie! Une robe noire comme de l’encre avec des notes boisées qui prédominent au nez. La bouche fait un peu l’effet d’un rouleau compresseur, avec une concentration phénoménale et une puissance hors du commun. Un vin solaire, un peu monstrueux en l’état, avec un alcool qui chauffe le gargamel à la déglutition (Eh! Oui, j‘en ai avalé un peu!). Je n’ai pas retrouvé ici la finesse et l’élégance de ma première rencontre avec ce vin, qui se présentait un peu trop massif ce jour de retrouvailles. Un vin qui sera controversé, forcément, mais que je ne peux m’empêcher de trouver bon quand même, et qui devrait l’être encore plus dans quelque temps. Il ne laissera en tout cas pas indifférent. ***(*)

    Le Top 5 de cette série, juste pour dégager les bouteilles que j’ai le mieux appréciées ce jour-là: Los Abuelos, L’As du Mas Conscience, Aupilhac, Clos Roca, Saint-Martin la Garrigue, Syrrhus. Damned! Encore 6!

    Olif




  • REVEVIN 2005 : le Top du Languedoc

    Date: le 10/05/2005 à 19:11

    Première dégustation de ces REVEVIN acte 2. Ont été conviées quelques-unes des plus belles cuvées produites en Languedoc, avec un intrus du Roussillon. Les vins sont dégustés en ¾ aveugle, la liste étant en théorie connue, mais comme elle n’a pas été véritablement mémorisée…! Huit 2001, trois 2002 et un 1998! Les vins sont commentés dans l’ordre de la dégustation, les bouteilles ne seront dévoilées qu’à la fin.

    Pour les inconditionnels de la note (et aider à la hiérarchisation des vins), je reprendrai l’échelle de notation utilisée pour les dégustations bordelaises en primeur, à savoir:

    ****** Vin hors classe
    ***** Excellent vin
    **** Très bon vin
    *** Bon vin
    ** Vin correct, sans plus
    * Vin insuffisant ou présentant un défaut

    La possibilité d'ajouter une (*) peut signifier que le vin est entre les deux catégories, mais aussi qu'on le sent potentiellement dans la catégorie supérieure, même si on l'a un peu moins bien goûté ce jour-là.




    Ku-Klux-Klan-guedoc!  Sans connotation raciste aucune, puisque sous les manteaux blancs, les robes sont noires!grinning smiley

    Les Ruffes 2003, Domaine de la Sauvageonne
    Petite mise en bouche sympathique, non à l’aveugle, avec cette cuvée volcanique des Ruffes, découverte l’année dernière, au fruité toujours bien croquant, mais qu’il faut songer à terminer gentiment pour ceux qui en ont encore en cave. **

    Romain Pauc 2001
    Robe grenat, avec des reflets légèrement brique orangés en pleine lumière. Au premier nez, c’est le bois qui domine, presque outrancier. Puis viennent un peu de fruit cuit et des épices. En bouche, si le vin a du corps en attaque, les tanins sont lisses, un peu asséchants en finale, sur une pointe d’amertume. Un vin qui donne la sensation d’être un peu dissocié et trop pommadé! **

    Daumas Gassac 2001
    La robe est grenat brillante. Le nez est un peu fermé, avec un léger cassis épicé sur un boisage discret mais néanmoins présent. Si le vin paraît étoffé en attaque, la finale est très en deça, fuyante et acide, très austère. Pas si surprenant que cela que cette bouteille-là se soit avérée être Daumas Gassac, finalement, car je ne l’ai jamais vraiment bien goûté dans sa jeunesse! **(*)

    Puech de Glen 2001, Domaine de la Sauvageonne
    La robe est sombre. Si le nez présente également une note boisée, il respire plus intensément le fruit, avec une petite touche chocolatée. Dense, profonde et concentrée, la matière est riche et belle, avec un énorme potentiel. La petite note d’élevage devrait s’intégrer sans trop de problème. Une retrouvaille (en ce qui me concerne) très convaincante avec cette cuvée! ****

    Mas Jullien 2001
    La robe est sombre et opaque. Le premier nez donne une sensation de boisé végétal d’où surnagent quelques notes de fruits rouges. En bouche, les tanins sont lisses, manquant d’accroche, et si le volume est convenable en attaque, la finale est fuyante, asséchante et acide. Un vin qui se goûte très mal en ce moment, c’est une vraie déception! **(*)

    Borie de Maurel, Sylla 2001
    La robe est sombre, mais prend des reflets de terre battue en pleine lumière. Le premier nez est plutôt surprenant et complexe, réunissant bon nombre d’ingrédients d’une bonne cuisine provençale: artichaut, asperge, tapenade,… A l’aération, cela s’affine, se précise, se définit mieux vers l’olive noire, avec une élégance certaine. La bouche est ample et riche, les tanins sont bien fondus et s’intègrent petit à petit dans une très belle et longue finale, à peine perturbée par une petite rétro alcooleuse. ****

    Domaine Barral, Jadis 2001
    La robe est sombre et opaque. Le nez est très précis, sur des notes de cerise griotte et de cacao. Très belle bouche sur des tanins friands, avec une finale légèrement alcoolisée qui finit par se diluer dans la longueur. Un style résolument à part, que j‘apprécie beaucoup, même si je ne l‘ai pas goûté de la même façon que lors de notre précédente rencontre, il y a moins d‘un mois! ****

    Domaine du Gravillas, Lo Vielh 2001
    La robe est sombre, comment pourrait-il en être autrement? Le premier nez est très finement grillé, très élégant, puis surgit un fruité très pur et éclatant, souligné par une touche de fraîcheur mentholée. La bouche reste dans le registre de l’élégance raffinée, avec des tanins bien enrobés et une belle acidité longue et fraîche. Rustique, le Carignan? Un vin magnifique, oui! *****

    Le Clos des Fées 2001
    La robe est presque noire, à l’image du radis du même nom. Radis noir que l’on retrouve étonnamment au nez, dans une flaveur épicée qui rappelle le raifort. La bouche est fumée et minérale, dense avec des tanins serrés. Le seul vin de la série pour lequel le terme de minéralité me vient à l’esprit! La finale est dans le genre costaud, avec de la mâche et un petit côté chaleureux. Un très beau potentiel! ****(*)

    Saint-Chinian Borie La Vitarèle, Les Schistes 2002
    La robe est grenat sombre, à peine trouble. Le nez est très ouvert, sur un fruité épanoui, avec une touche de réglisse. On retrouve bien là la fraîcheur réjouissante de nombre de 2002 en Languedoc! Une bouche aimable aux tanins larges pour un vin de plaisir immédiat dont il ne faut pas se priver. ***

    Fitou Jean Sirven 2002
    La robe est noire à reflets prune. Le nez est d’une grande maturité de fruits, légèrement torréfié, puis revient sur le cassis. La bouche est volumineuse, aux tanins denses, longue et racée, puis se perd dans une très belle finale aux saveurs épicées. Un très beau vin! ****

    Terre Inconnue Sylvie 2002
    La robe est noire, violine sur les bords. Le nez déborde de fruits sur une petite note grillée torréfiée. La bouche en impose! Riche et puissante, mais douce en même temps! Grasse et onctueuse, mais fraîche en même temps! Avec une petite sucrosité que l’on peut apprécier diversement, mais qui permet une intégration progressive de l’alcool sans fatiguer la bouche. Seule la finale le voit s’imposer, en fait. Un vin hors normes qui est tout de même diablement séducteur et qui devrait encore mieux s’équilibrer dans le temps! ****(*)

    Prieuré Saint-Jean de Bébian 1998
    La robe est encore soutenue mais présente des nuances pruneau témoignant de son évolution. Le nez m’évoque le bonbon Sugus au cassis, par son côté un peu acidulé, et une petite touche végétale. La bouche est relativement souple, avec des tanins un peu lâches, entièrement fondus, mais possède encore de la longueur. Un vin plutôt plaisant mais qui semble arrivé au bout de la route! ***

    Une série plutôt bien homogène, avec des vins globalement plutôt bons, si l’on excepte les trois qui ne se goûtaient pas bien ce jour-là (Romain Pauc, Daumas Gassac et Mas Jullien) et Bébian 98, arrivé un peu en bout de course. La palme revient sans conteste à Lo Vielh, talonné de près par Sylvie et le Clos des Fées. Tous les autres se tiennent dans un mouchoir de poche, celui du Top du Languedoc, témoignant du grand potentiel de la région!

    Mon Top 5 du Languedoc ce jour-là: Lo Viehl, Sylvie, Clos des Fées, Sylla, Jean Sirven, Puech de Glen. Mince! Ça fait 6!

    Olif

  • 2èmes Rencontres Vendéennes autour du Vin, en léger différé de Saint-Jean de Monts!

    Date: le 09/05/2005 à 13:20

    Avant les différents commentaires de dégustation, les LPViades en images.


    Le Chai Carlina, le temple de ces 2èmes LPViades!




    Pontarlier-Saint-Jean de Monts en Rosalie, ça mérite bien un petit verre de Fiefs Vendéens à la terrasse du Chai Carlina!




    Vendredi, 10h30! Les premiers participants sont dans les starting-blocks!




    C'est parti!




    Fin de la première manche! Certains sont déjà en train de refaire le match!




    Deuxième jour, la Bourgogne en Vendée. C'est par là-bas, semble indiquer Phil85!




    L'heure du Grand Troc! ça marchande dur!




    Boire du Château Chalon, ça allume drôlement le regard, quand même!




    Le Layon de Philippe Delesvaux, le dessert de ces 2èmes LPViades!




    Après la fête, blues! Il va falloir passer à la plonge!


    Tout ça pour dire qu'on reviendra l'année prochaine! Merci aux 2 Philippe pour leur organisation sans faille!



    Olif

  • Pupillin : du blanc au pays du Ploussard !

    Date: le 03/03/2005 à 12:30

    Blanc sur rouge, rien ne bouge ! Encore pas loin de 15 cm de neige bien gelée par une température de -5°C, voilà  une vision inhabituelle du vignoble de Pupillin pour un début mars !

    Skier dans la Côte de Feule, un spectacle auquel nous avons presque failli assister, puisque Pierre Overnoy était en train de dépoussiérer ses vieux skis de descente pour une randonnée sur les coteaux de Pupillin, tandis que nous dégustions en compagnie d'Emmanuel Houillon !

    Pour le plaisir des yeux, en prélude au compte-rendu qui va suivre, quelques clichés pris au Belvédère du vignoble, un superbe point de vue qui permet d'embrasser d'un seul coup d'oeil les plus belles parcelles de l'appellation.




    Un endroit qui se veut instructif, avec table explicative du terroir,


    convivial, véritable lieu de vie avec barbecue pour le pique-nique, et commémoratif, puisqu'on y a enterré 100 bouteilles de Ploussard pour faire la fête en 2010.



    Il ne reste qu'à  souhaiter qu'une momie ne se soit pas laissée enfermer dans le sarcophage avec les bouteilles, car pour le coup, il ne resterait que des cadavres !

    Olif

  • Domaine Gérard et Bruno Schueller

    Date: le 11/11/2004 à 16:34

    Troisième étape du périple alsacien de LPV et retour à  la base, au domaine Gérard Schueller, à Husseren-les-Châteaux, au pays de l'Eichberg, du Pfersigberg et du Bildstoecklé. Les trois châteaux d'Husseren sont en fait au nombre de cinq, mais on ne les voit pas tous sur la photo!


    Nous retrouvons Bruno dans la cave, au milieu d'un joli foutoir savamment organisé. Les 2004 chantonnent encore gaiement dans un coin mais nous attaquons d'emblée avec les 2003.

    Pinot blanc 2003
    Un vin sans soufre qui possède une rondeur et une vivacité plus que satisfaisantes pour le millésime.

    Pinot blanc 2003 3KL
    Issu d'une parcelle dénommée ainsi pour je ne sais plus quelle raison, il allie grande concentration et très belle acidité pour un 2003!

    Riesling Pfersigberg 2003
    Sans soufre, visiblement très mûr, il joue sur les agrumes et des notes très originales de banane séchée. Très bien pourvu en acidité.

    Le verre est dans le fruit 2000
    Minéral, bien typé riesling au nez, à  mon humble avis, il s'est néanmoins vu refuser l'agrément en Grand Cru Pfersigberg. J'avoue honteusement en avoir oublié la raison! Un vin pourtant bien vivant, un régal pour le palais!

    Riesling 1983
    Une bouteille des débuts de Bruno, qui nous démontre que le potentiel est là  depuis déjà  bien longtemps. Année très mûre, il y a même eu un départ de botrytis. C'est pourtant d'un vin très sec, minéral à  souhait, presque acéré, dont il s'agit. Très beau!

    Riesling Eichberg VT 1996
    96, une année à  acidité très haute, difficile. Cet Eichberg a pourtant été récolté très mûr, au niveau d'une vendange tardive, puisqu'il le revendique. Il est pourtant bien plus sec que nombre de vins secs, notamment en 2003. Un vin parfait pour la table, à  associer à  un beau sandre d'Alsace.

    Zeroo Default 2000
    Un Eichberg Grand Cru refusé à  l'agrément également. Son côté surmaturé sec, presque oxydatif, a dû surprendre. Pourtant, c'est très beau et cela ne masque aucunement la minéralité.

    Riesling Pfersigberg 2001
    Dans un registre également très mûr, riche et sec en même temps, grâce à  sa belle structure acide.

    Riesling Bildstoecklé 2001
    Le Bildstoecklé, une jolie croupe, légèrement arrondie qui a permis l'accumulation de 20 cm de terre légère sur un sous-sol calcaire.

    De la maturité, évidemment, il y en a, sur les agrumes, mais un vin qui reste très sec tout en possédant une certaine rondeur.

    Riesling Pfersigberg H 2001
    Une parcelle spécifique dans le Pfersigberg. Puissant et riche, dans un registre oxydatif, miel, cire et encaustique, j'aime beaucoup.

    Riesling Eichberg 2001
    Il possède plus de rondeur que le Pfersigberg, du fait d'une perception plus importante du sucre résiduel. Ample et large.

    Gewurtztraminer Bildstoecklé SGN 2000
    Changement de style pour ce vin à  la robe jaune flashy et au nez confit et rôti, du botrytis à  l'état pur, où perce la minéralité de type mine de crayon. L'acidité est très élevée, impressionnante pour un Gewurtz, entretenant une fraîcheur extraordinaire. Un vin miraculeux, pour plein de raisons.

    Pinot Gris SGN 1989
    Une cuvée 200% de bois neuf, 2 fois 3 ans en fait, de façon un peu involontaire. Le résultat est surprenant! La bouteille a été ouverte la veille et le vin a un peu perdu de son peps, mais quelle richesse! La robe est ambrée, le nez d'abord pharmaceutique, sirop anti-tussif, part dans un registre très sec, moka, café, fruits secs, à  la manière d'un Château Chalon! Et c'est pourtant une sélection de grains nobles! Etonnant!

    Riesling Bildstoecklé SGN 1990
    Sans filtration et sans SO2 pendant l'élevage (juste à  la mise). Un vin d'une densité exceptionnelle, un régal pour les sens, une des plus grandes, si ce n'est LA plus grande bouteille du week-end.

    On ne pouvait pas faire mieux que rester sur cette dernière bouteille! Des vins vivants, en liberté, et un domaine réellement attachant . Où l'on apprend que l'on peut récolter à  un très haut niveau de maturité et faire des vins totalement secs, même en VT. Le paradoxe alsacien poussé à  l'extrême, qui nécessite un apprentissage, mais qu'il est bon d'apprendre en telle compagnie!

    Olif


    En post-scriptum, les notes, plus succinctes, de la visite au domaine Jean-Paul Schmitt, le roi du Rittersberg, une vraie belle découverte d'un exceptionnel rapport Q/P:

    Date: le 11/11/2004 à 21:04

    L'accueil au domaine Jean-Paul Schmitt, très cosy, fut effectivement à la hauteur des vins. Le rapport Q/P est exemplaire, ce qui m'a permis d'étoffer ma cave en bons vins d'Alsace à  petits prix.

    J'ai bien aimé le Riesling Rittersberg 1995, peut-être un peu court, mais à  parfaite maturité pour un vin d'expression simple et droite, donnant tout ce que l'on est en droit d'attendre d'un tel vin. Et 5,90€, c'est franchement donné! Le Riesling Rittersberg 2002, très mûr, mérite encore 3 ou 4 ans de cave pour glisser vers une minéralité plus affirmée, mais est très prometteur. Le Riesling Rittersberg Réserve Personnelle 2002 est effectivement un cran au-dessus: maturité supérieure et petits rendements ont apporté plus de sucre mais celui-ci est bien moins perçu du fait d'une minéralité et d'une acidité plus marquées. J'ai un peu moins accroché avec le Riesling Rittersberg VT 1998, mais je pense que la bouteille aurait mérité plus d'aération.

    Très beau Pinot gris Rittersberg 2000, quasiment du niveau d'une VT, gras riche et puissant, et magnifique Pinot gris Rittersberg VT 1999, élaboré avec de "vrais" raisins pinots à  petits grains, plus passerillé que botrytis, qui m'a semblé plus équilibré. Un vin introverti pour Jean-Paul, mais il n'y a pas à  beaucoup le forcer pour qu'il se donne et fasse voler ses dentelles!

    Le Gewurtztraminer Rittersberg Réserve Personnelle 2002 ne possède pas le côté parfois pommadé des GWZ, et son registre aromatique pourtant caractéristique (litchi, rose fanée) s'accomode bien de sa structure assez fine et élégante. Le Gewurtztraminer Rittersberg SGN 1997 m'a épaté par sa race, où le cépage s'efface pour laisser la place à une minéralité épicée et s'offre une petite incursion au royaume de l'oxydation ménagée. Et si le Gewurtztraminer Rittersberg VT 2002 ne s'en tire pas mal non plus, j'ai complètement craqué pour ce Pinot gris Rittersberg SGN 2001, qui s'est vu refuser une première fois l'agrément, injustice fort heureusement réparée, et dont la richesse et la puissance n'ont d'égales que son élégance. A la fois frais et citronné, gras et onctueux, il m'a rappelé les magnifiques cuvées de malvoisie flétrie du Valais, un style effectivement plus atypique de l'Alsace, mais qu'est-ce que c'est beau!

    Une réelle vraie belle découverte que ce domaine, merci Vincent!

    Olif

     

  • Domaine Albert Boxler, au royaume du Sommerberg!

    Date: le 10/11/2004 à 22:50

    Deuxième étape du week-end alsacien, une escale à  Niedermorschwir, au domaine Albert Boxler. Très gentiment reçus par Jean Boxler, malgré une arrivée un peu tardive, le repas de midi n'ayant été pris que vers 14 heures, nous commençons la découverte des vins du domaine par quelques jus de 2004, prélevés sur cuves. Un son et lumière de toute beauté, pour qui n'a jamais fréquenté une cave alsacienne en pleine fermentation alcoolique. Le vin en devenir chante littéralement, grâce à  des bondes à  eau qui respirent au rythme de la fermentation.



    Ajouter à  cela la lumière bleutée des pièges à  drosophiles et les vapeurs enivrantes de CO2 qui s'échappent des cuves, tout est réuni pour se sentir sur un petit nuage!

    Le vin bourru se porte déjà  bien, jouant sur des notes fermentaires, évidemment, de pomme, mais aussi de châtaigne, de marron chaud. Le sylvaner possède une acidité mordante, alors que les différents rieslings, n'ayant pas encore terminés leurs sucres, se laissent mieux approcher.

    A l'étage, nous attend une dégustation des 2003, un millésime difficile par ici, le soleil ayant complètement cuit les raisins du Sommerberg!

    Pinot blanc 2003
    Issu d'un terrain granitique et assemblé avec de l'Auxerrois, il laisse percevoir une certaine minéralité au nez. La bouche joue sur le fruit, et trahit le déficit en acidité de l'année par son côté alangui, large mais mou. La finale possède un peu d'amertume.

    Riesling 2003
    Un peu plus séducteur, par son côté agrumes, fruits blancs, et une acidité un peu plus marquée.

    Riesling Sommerberg Jeunes Vignes 2003
    On progresse graduellement dans la minéralité. Acidulé, légèrement citronné, il associe à  la fois un peu de rondeur et une longueur tout à  fait satisfaisante.

    Riesling Brand 2003
    Beaucoup de fruit également, ce qui rend les vins peut-être un peu plus lourds qu'à  l'accoutumée, et des fleurs blanches. Rond et enveloppant, avec une petite sucrosité, il est aussi riche et chaleureux. Finale sur l'amertume.

    Riesling Sommerberg Eckberg 2003
    Une parcelle spécifique dans le Sommerberg qui possède, dans ce millésime, plus de minéralité mais aussi plus d'amertume en finale. Peut-être le plus incisif de tous.

    Riesling Sommerberg VV 2003
    Une maturité évidente qui associe acidité et minéralité (légèrement pétrolante), mais également un peu plus de sucre résiduel ressenti. Un poil de trop!

    Après cet aperçu du millésime 2003, qui fait bien ressortir ses défauts, défauts que Jean Boxler ne cherche nullement à  nous cacher, nous remontons le temps, à  la découverte du visage véritable du Sommerberg.

    Riesling VV Sommerberg 2002 E
    Aiguisé et incisif, mais néanmoins  très mûr, il joue de sa minéralité sur le fil et ne se prive pas mordre à  nouveau un peu en finale. Un pur!

    Riesling VV Sommerberg 2002
    Par rapport au précédent, il a perdu le E. Et présente certainement un peu plus de résiduel même si au final il est moins perçu, du fait d'une structure acide encore plus marquée, mais peut-être mieux enveloppée. Très beau!

    Riesling VV Sommerberg 1998
    D'abord sur des notes de moka et d'agrumes, il évolue sur un registre terpénique et minéral (je n'ose plus dire pétrolant!). Bien construit, riche, il termine sur la minéralité.

    Riesling VV Sommerberg 1993
    La race d'un vin qui est en pleine phase de maturité. Encore du fruit, mais plus de minéralité, qui préserve le côté vif et incisif. Grande longueur. Le charme et l'élégance!

    Pinot gris Sommerberg 2002
    Issu de jeunes vignes (3ème feuille), il possède déjà  les caractéristiques de son terroir. Rond, gras et riche, il exprime un beau fruit sachant rester frais malgré les quelques grammes de résiduel.

    Pinot gris Brand 2002
    Une probable petite note fugace de réduction ne vient pas masquer longtemps la minéralité terpénique de ce beau vin puissant, ample et large, qui s'étire longtemps jusque dans une finale qui voit poindre un chouïa d'acidité.

    Pinot gris Brand VT 1999
    Un magnifique équilibre demi-sec, à  la longueur phénoménale et à  la fraîcheur mentholée bienvenue. Une très belle bouteille!

    Beaucoup d'enseignements à  tirer de cette dégustation en compagnie de Jean Boxler. D'abord, qu'un millésime moins bien réussi par la faute de Dame Nature ne doit pas remettre en cause la qualité d'un domaine, car la volonté de bien faire ne suffit pas toujours, ce qui semble une évidence. Que les grands terroirs nécessitent du temps pour se révéler à  leur optimum (Ah! Le 98 et le 93!). Et que le classicisme alsacien bien intégré produit de grandes choses!

    En complément, une note de dégustation sur le Pinot blanc B 2002, en provenance du Brand, que j'ai acheté les yeux fermés sur les conseils de Vincent. Très expressif, sur les fleurs blanches, l'ortie, l'attaque est franche, large, puis révèle toute sa richesse, sans jamais sombrer dans la lourdeur tant le support acide se tient bien. Son caractère tranchant ressort admirablement dans une finale de toute beauté.

    Olif

  • Domaine Marcel Deiss: vins fins de propre récolte

    Date: le 10/11/2004 à 13:12



    Un domaine qu'on ne présente plus, le lieu de rendez-vous matinal de la rencontre internationale organisée par Vincent, là  où les forces vives belgo-jurassiennes ont rejoint les troupes helvético-belgo-parisiennes aux traits tirés, et qui ont eu du mal à  respecter l'horaire convenu.
    On attaque néanmoins les hostilités par le premier vin à  la carte, avec pour objectif l'intégrale (ou presque), même si le temps qui nous est imparti est légèrement restreint!

    Burlenberg 1999
    Deuxième rencontre avec ce vin en peu de temps, et pas tout à  fait la même impression, probablement parce que la bouteille est ouverte depuis plus longtemps. Plus fondu et ouvert, fruité, floral, avec une petite touche chocolatée, les tanins me semblent relativement souples. Plutôt très plaisant!

    Pinot blanc Bergheim 2002
    Après un premier nez sur les agrumes, on se retrouve au tableau noir, dans de la poussière de craie, qui accentue la mollesse, sensation procurée par son côté très mûr. Un équilibre précaire, pour ne pas dire incertain!

    Riesling Saint-Hippolyte 2002
    Un riesling d'entrée de gamme qui place déjà  la barre bien haut! Minéral, avec une sensation légèrement pétrolée, mais interprétée diversement. J'aime son caractère tranchant, incisif, acéré, citronné, ou perce néanmoins la minéralité. D'ailleurs, j'en ai acheté quelques bouteilles.

    Muscat 2003
    Reflet de ce millésime 2003, son côté muscaté, raisin croquant, est submergé par une sensation de douceur et de sucrosité qui ne lui sied qu'à  moitié. Un peu mou, limite alangui, il a tendance à  s'étioler au fur et à  mesure de la dégustation.

    Pinot gris Bergheim 2000
    Un client un peu plus sérieux, pas le même millésime non plus! Très mûr et jouant même dans un registre oxydatif, avec ses notes d'agrumes confits, de miel et d'encaustique. La robe est dorée, presque ambrée, le nez puissant, et la belle acidité contribue à  allonger le vin en masquant et équilibrant le sucre résiduel bel et bien présent. Très beau!

    Gewurtztraminer 2001
    Aromatique typique et assez relevée de gewurtz, sur le litchi et la pétale de rose, pas trop pommadé néanmoins, car la structure suit! Un équilibre très satisfaisant!

    Riesling Altenberg de Bergheim 1999
    Une grande bouteille, complexe, élégante et raffinée. Mature, avec ses notes de fruits mûrs, se canalisant vers l'ananas en finale, et minérale, avec sa touche légèrement pétrolée, dans le sens noble du terme, il se prolonge interminablement. Beau vin!

    Gewurtztraminer Altenberg de Bergheim 1998
    Second moment d'émerveillement que ce Gewurtz au nez intense, confit, miellé, jouant sur l'oxydation. Cela ne sent pas le cépage, en fait! Les épices et la tarte tatin caramélisée, sans Chantilly toutefois, viennent finir de compléter le tableau. Un vin de gourmand, en fin de compte! Magnifique!

    Engelgarten 2000
    Et c'est reparti pour une petite dégustation des vins de terroir, tout juste un mois après la précédente! Très citronné, vif, minéral, légèrement pétrolant, c'est très certainement le plus sec de tous.

    Rotenberg 2001
    Nez très fin ,citronné légèrement, minéral, évoluant sur les agrumes confits en milieu de bouche, pour mieux asseoir sa richesse, puis retour sur une finale citronnée, acidulée. Beaucoup de classe!

    Grasberg 2001
    Très mûr, agrumes, caramel, tarte tatin, mais de l'acidité et de la vivacité à  revendre.

    Burg 2000
    Une minéralité très fine qui s'affirme en bouche, avec une fraîcheur préservée par un petit côté acidulé. Follement élégant!

    Gruenspiel 2000
    Un vin ample et rond, qui manque peut-être un peu de tranchant. Côté oxydatif prédominant qui se retrouve dans une large finale.

    Schoenenbourg 2001
    Non prévu d'une manière générale à  la dégustation, il y a justement une bouteille ouverte! Un vin superlatif qui commence par de la retenue. Et puis une grande maturité, une grande minéralité, une grande longueur,…. Je craque!

    Altenberg 2001
    Issu des vignes en complantation, il séduit par son caractère très mûr et son équilibre plutôt demi-sec. Une petite goutte de pétrole, également! Pas autant de séduction folle que le Schoenenbourg, pourtant!

    Une dégustation tout à  fait conforme à  mes attentes, mais qui a été diversement appréciée pourtant. Un classicisme débridé, qui met parfaitement en valeur les différents terroirs, et un vigneron en quête d'harmonie. Harmonie entre les cépages et le terroir, entre lui-même et ses vins, avec le millésime en filigrane. Pour ma part, je suis largement convaincu, même si les autres facettes de l'Alsace, que nous découvrirons plus tard, sont tout aussi intéressantes, voire plus.

    Olif

  • L'Alsace des Terroirs, selon Deiss

    Date: le 13/10/2004 à 19:50

    Ici, on ne parle pas cépage, mais Terroir! Avec un T majuscule! Toute cette magnifique série provient de vignes en complantation, sans mention des cépages sur l'étiquette, évoqués de façon facultative sur la contre. Et on commence par un rouge, histoire de mieux goûter les blancs qui vont suivre!


    Burlenberg VV 1999
    La robe est bien sombre pour un vin de pinot noir (mais pas exclusivement!), probablement marquée par la lave fossilisée qui doit constituer ce terroir d'origine volcanique!
    Le nez est finement grillé, boisé, avec une note de fumée. L'acidité ressort d'abord, puis s'estompe et s'harmonise au fur et à mesure de l'aération, laissant mieux percevoir des notes fruitées.
    En bouche, les tanins sont stricts, un peu acides, limite astringents en finale, avec une pointe d'amertume.
    Une matière d'une grande qualité, probablement marquée par son terroir (le côté fumé?) mais pas d'une grande séduction actuellement. Peut-être un peu trop sévère à mon goût à ce stade, du fait de l'acidité finale marquée! Et pourtant, je suis habitué aux Pinots bourguignons!

    Engelgarten 2000
    Issu d'un terroir graveleux, il offre un nez très mûr, sur les agrumes, mais exprime déjà bien sa minéralité dans des notes de silex. En bouche, une sensation pétrolifère me semble évidente mais est interprétée diversement. La petite perception de résiduel vient atténuer la dureté minérale, mais le vin reste tendu, le plus sec de toute la série qui va suivre.

    Rotenberg 2000
    Ici, le terroir est calcaire. La robe est d'un beau jaune soutenu, brillante. Le premier nez est peu expressif, puis s'ouvre sur les fruits exotiques, le citron, pour donner une sensation de grande maturité, de vin solaire.
    Le sucre résiduel est bien marqué, atténuant la perception minérale crayeuse, et s'apparentant à un équilibre demi-sec. Moins tendu qu' Engelgarten, plus mou peut-être, il est aussi moins convaincant.

    Grasberg 2000
    Un terroir calcaire pauvre au sommet de l'Altenberg, pour un vin également au sommet!
    Agrumes, épices et minéralité se partagent la vedette, associant rondeur et nervosité pour terminer sur de beaux amers. Une structure magnifiée et soulignée par une petite pointe de résiduel.

    Burg 2000
    Sa situation en fond de vallée, sur un terroir marneux, en exposition Sud, apporte des notes iodées dans une forme de minéralité adoucie. Une bouche d'une définition exemplaire, précise, qui laisse percer la minéralité sous une enveloppe caressante et riche, presque beurrée. Une pureté éclatante et une grande séduction.

    Gruenspiel 2000
    Un terroir en damier, comme son nom l'indique, sauf pour ceux qui ne maîtrisent pas la langue alsacienne. Une mosaïque de sols gréseux, granitiques, gneissiques, sur une matrice de marnes du Keuper.
    La robe est soutenue, dorée, le nez très mûr, sur les fruits exotiques, les agrumes, presque confit, avec des notes caramélisées de tarte tatin. L'attaque est franche, laisse percevoir la minéralité et la bouche fait preuve d'une grande profondeur et d'une densité exceptionnelle. Magnifique!


    Mambourg 2000
    On attaque avec celui-ci la série des Grands Crus, sur des terroirs d'exception. Sa robe est dorée, son nez très mûr, surmaturé même, avec des notes d'agrumes, de miel, de pomme, à la fois encore un peu fermentaire et oxydatif. Sa grande richesse, sa grande longueur, sa forte personnalité achèvent de me séduire. Superbe!

    Altenberg de Bergheim 2000
    Sous une robe également dorée, il joue plus sur la minéralité malgré un sucre résiduel plus important que Mambourg. Grande longueur, évidemment, et un côté un peu piquant en finale, probablement dû à une petite présence de gaz(?), avant que ne réapparaisse la minéralité.

    Schoenenbourg 2000
    La quintessence! Un équilibre quasi-parfait, plutôt demi-sec, voire presque liquoreux. La minéralité est marquée, légèrement pétrolante, mais pas d'origine variétale. La longueur est immense, tout comme la persistance. Un monument!

    Exceptionnelle dégustation, d'une rare homogénéité qualitative, et une approche fascinante des grands terroirs alsaciens! S'il fallait ne retenir qu'un seul vin, je ne suis pas sûr d'être en mesure de choisir. Peut-être Mambourg ... ou alors Schoenenbourg ... à moins que l'Altenberg ... sinon à défaut Gruenspiel... quoique Burg ... mais aussi Grasberg ...et Engelgarten ... sans oublier Rotenberg (un cran en dessous?) ... et Burlenberg (mais c'est un rouge!).

    Ah! L' Alsace des Terroirs!

    Olif



  • Diverses bouteilles belges!

    Date: le 13/10/2004 à 21:42

    Belges par leurs propriétaires, mais françaises par leurs origines. Elles ont pourtant bel et bien été bues en Belgique au cours d'un week-end mémorable (une verticale de Beaucastel d'anthologie!), mais ne méritent pas d'être complètement éclipsées.

    Grange des Pères blanc 2000, Vin de Pays de l'Hérault
    Dégusté « à froid », après une longue route, sans être encore en condition, ce vin m'a pourtant séduit par son côté incisif et son élégance. Le même, version 2001, avait été carafé du fait de la présence de gaz et se montrait sous un jour oxydatif, beaucoup plus fermentaire, ce qui n'était pas non plus pour me déplaire. Une bouteille à défaut (et pas défectueuse!), mais j'aime les vins à défaut (et pas défectueux!)!

    Charmes-Chambertin 1999, Philippe Charlopin
    A l'aveugle, sa robe sombre et son premier nez m'entraîneraient presque vers le Roussillon, du fait d'un côté très mûr, presque solaire. Du bois, très fin et grillé, il y en a aussi, puis le pinot noir se révèle enfin, avec ses notes fruitées denses, un peu terreuses.
    La structure est imposante, volumineuse, à la trame encore un peu serrée mais non dénuée de charme, qui devrait avoir beaucoup de choses à raconter dans les prochaines années.
    Probablement plus Charlopin que Charmes-Chambertin, mais c'est très bon et très bien fait!

    Château Rieussec 1983
    A l'aveugle également. Sa magnifique robe ambrée, presque cuivrée, encore pourvue d'une belle brillance, et ce nez botritysé, avec un rôti caractéristique, nous emmènent d'emblée à Sauternes. La bouche possède un petit côté rancio, fruits secs, qui se développe et ajoute à la grâce de l'instant. Plus moelleux que liquoreux, un tel vin incite à laisser vieillir patiemment ses Sauternes. En cave, parce que la même bouteille, le lendemain, était usée prématurément, supportant mal une aération prolongée.

    Côtes du Jura 1999, Savagnin, Luc et Sylvie Boilley
    Nez sur les agrumes, la pomme verte, le calva. La première gorgée, le palais encore parasité par un morceau de gingembre confit, servi sur une brochette de Comté à l'apéritif (le sacrilège!), fait douter sur d'éventuelles notes liégeuses, qui ne se confirment pas une fois les papilles de nouveau calibrées, et après avis du sommelier, qui le trouve « Comme d'habitude! ». Craignant qu'il soit too much pour nous (« Vous savez, le Savagnin est un cépage particulier! »), il nous propose d'ouvrir à la place un Chardonnay. Que nenni! Nous connaissons et aimons le Savagnin!
    Le caractère oxydatif de cette cuvée s'affirme au fur et à mesure de l'aération, pour réaliser un accord plutôt réussi avec des Saint-Jacques rôties au Noilly-Prat. Je reconnais qu'il y a là tout de même de quoi dérouter l'amateur non averti, la grimace de mes voisins de table ne m'ayant pas échappé!smiling smiley

    Domaine Santa Duc 2001, Gigondas
    Le nez de fruits rouges très mûrs évolue par la suite vers des nuances animales, plutôt fourrure. Beaucoup de classe dans la persistance des arômes, ainsi que dans la structure en bouche. Très beau vin, idéal avec le gibier.

    Après tout!!! 2000, François Villard
    Une curiosité rhodanienne, un moût de raisins partiellement fermentés, récolté en décembre 2000 (marsanne, viognier, syrah). Symphonie d'automne finissant, avec des fruits secs, des épices, de l'abricot sec et encore des figues séchées. Un équilibre presque aérien, malgré les 13° d'alcool et les 140 grammes de résiduel, tout en finesse, avec une finale bien enveloppée, fraîche et vivace. Tellement bon qu'on dirait un vin de Paille jurassien!smiling smiley

    Olif

  • Ah! Quel Beau Castel!

    Date: le 11/10/2004 à 19:58

    ...ou A la recherche de l'équilibre méridional ...!

    Rarement un domaine n'aura porté aussi bien son nom! Réunis par la passion du vin (et par La Passion du Vin), 16 millésimes du Château Beaucastel en rouge, complétés de 4 millésimes de la cuvée Vieilles Vignes en blanc, (ainsi qu'un pirate, pour que le compte soit bon!), se sont alignés sur la table de l'Ecole d'Hôtellerie de Florennes, en Wallonie. Au pays de la bière, au cÅ“ur d'une région très « wallonnée », dont les courbes joliment arrondies répondent à celles des autochtones du beau sexe, aussi délicatement rebondies. Fin de l'aparté poétique!

    Les Blancs


    On commence par les blancs, servis dans un ordre de millésime décroissant, et augmentés d'un intrus à l'aveugle. Les robes sont similaires dans les teintes, plus soutenues en 1997 et 1999, presque ambrées, hormis celle du dernier verre, immédiatement identifié comme étant l'intrus, beaucoup plus claire, jaune pâle.

    Château Beaucastel 2000 Vieilles Vignes
    Le nez est miellé, sur des notes un peu fermentaires de coing, de pomme cuite. La texture est onctueuse, élégante, grasse, limite huileuse, affichant une belle longueur. Son immédiateté le rend très aimable et plaisant.

    Noté: le plus séducteur!

    Château Beaucastel 1999 Vieilles Vignes
    De prime un peu moins ouvert, il ne se dévoile qu'à l'aération pour s'imposer comme le plus dense et le plus profond. Moins gras que le précédent, il possède en contrepartie un meilleur équilibre du fait d'une tension beaucoup plus ferme.

    Noté:le plus profond!

    Château Beaucastel 1998 Vieilles Vignes
    Visiblement en provenance de Liège, dont il a rapporté le célèbre goût, il aurait eu pour lui une structure plus que bien bâtie. Le bouchon l'emporte néanmoins sur la pomme! Dommage!

    Noté:vrouklets! (le plus bouchonné en franco-provençal des Fourgs!)

    Château Beaucastel 1997 Vieilles Vignes
    Miel et amande, sur fond de tarte tatin, s'affichent dans un style légèrement oxydatif, portés très loin et pendant longtemps par une acidité marquée. Un peu strict dans son expression pour l'instant, c'est un style que j'aime beaucoup et qui devrait à mon avis acquérir de la grandeur au vieillissement.

    Noté: le plus oxydatif!

    Château Rayas 2000
    Est-ce la différence de couleur qui joue en sa défaveur? Mais à l'image de sa robe un peu pâle, il fait pâle figure derrière Beaucastel, manquant de chair, maigrelet, presque aqueux et dilué. Décevant!

    Noté : le moins Beaucastel!

    Fin de la série des blancs avec une plutôt très bonne impression sur cette cuvée Vieilles Vignes, malgré la bouteille bouchonnée, et le sentiment d'avoir dégusté un vin dense et profond, riche et élégant, taillé pour affronter les meilleurs plats en cuisine.

    Les rouges:


    Les vins sont servis par série de 5, par ordre de millésime décroissant, hormis le 1969 qui est dégusté seul, en dernière position.

    Château Beaucastel 2001
    Une bombe de fruits noirs qui pète au nez, accompagnée de réglisse et de goudron, avec des plumes aussi, ce qui rend les tanins soyeux et patinés, dans un style résolument sudiste, rétrospectivement différent de celui des vins qui vont suivre.

    Noté:le plus éclatant!

    Château Beaucastel 2000
    Un nez riche et complexe, fruité, floral, légèrement viandé, épicé (cannelle), d'une élégance folle. Tout en finesse, il ne roule pas les mécaniques, s'imposant en douceur et dans la durée.

    Noté: le plus élégant et racé!

    Château Beaucastel 1999
    Une matière dense, fermée et austère, avec des tanins encore ardus. Je ne l'ai pas bien goûté ce soir-là , tout en lui reconnaissant un grand potentiel. Il mérite d'être revu dans quelques années. Il n'y a pas urgence!

    Noté:Noté: le plus sévère!

    Château Beaucastel 1998
    Attention, bouteille à controverse! Pour moi, il n'y a aucun doute, elle est bouchonnée! Révélant une usure prématurée par déséquilibre et défaut de structure, pourtant imposante, il est clair qu'il s'agit d'un problème de bouteille. Pas évident pour tous, le débat contradictoire est ouvert!

    Noté: 98, blanc et rouge, même combat!

    Château Beaucastel 1997
    De la série, c'est le seul dont la robe commence à briquer légèrement. C'est également le seul à jouer dans le registre animal, pas trop prononcé, accompagnant un fruité bien présent encore, griotte et pruneau. Il commence à être bien fondu et se boit avec délectation.

    Noté: le plus miaou!

    Château Beaucastel 1996
    Un bien joli nez que ce 96 (prononcer nonante-six!)! Pruneau, griotte, un peu chocolaté, il donne de belles raisons d'espérer. Las! La bouche est loin d'être à la hauteur! Malgré la vigueur de l'alcool, l'acidité l'emporte pour créer dissociation et déséquilibre dans la finale. C'est bien dommage!

    Noté:le plus dissocié!

    Château Beaucastel 1995
    D'abord fermé, le nez s'ouvre sur des notes de café, de griotte et de pruneau. La structure est dense et serrée, délivrant avec parcimonie des notes de pruneau, et semble prometteuse. Un vin qui nécessite encore du temps.

    Noté: le plus fermé?

    Château Beaucastel 1994
    Un vin à  maturité, tertiaire mais encore fruité, fondu, aux tanins souples et agréables, procurant un réel plaisir.

    Noté: le plus inattendu!

    Château Beaucastel 1993
    Dans le même registre que le 1994, mais relativement plus souple, un peu moins charmeur, à la structure légèrement déliquescente en finale.

    Noté: le plus à  boire!

    Château Beaucastel 1990
    Le nez est déjà évocateur! Nous avons là une des grandes bouteilles de la soirée. Très complexe et riche, il respire l'harmonie. Cuir, musc, pruneau, chocolat, Dermaplast (un genre de pansement helvétique!). Une véritable symphonie d'arômes qui accompagne merveilleusement une structure sans faille!

    Noté: le plus épanoui!

    Château Beaucastel 1989
    Avec cette troisième série qui débute, on arrive de plein pied dans des vins ayant atteint leur phase de maturité et qui doivent démontrer leur aptitude au vieillissement. Les robes sont encore toutes bien soutenues, comme celle de ce 89, qui ne fait pas son âge. Il peine plus à se dévoiler que le 90 bu juste avant. Dans un registre empyreumatique (cacao), il possède des tanins encore un peu serrés au sein d'une matière imposante. Il est loin d'avoir dit son dernier mot!

    Noté:le plus dense?

    Château Beaucastel 1988
    Le registre commence à devenir classique: cacao, cuir, griottes. Sa solide carapace commence à s'effriter pour le rendre accessible. Il parvient en plus à garder de la fraîcheur grâce à une grande et belle acidité bien intégrée.

    Noté:le plus frissonnant?

    Château Beaucastel 1985
    Derrière le 88, il apparaît comme beaucoup plus évolué, développant des notes tertiaires de musc, de pansement, de pruneau. Il tient encore bien le choc même si ce n'est plus sur lui qu'il faut compter pour une grande garde.

    Noté: le plus tertiaire!

    Château Beaucastel 1983
    Le retour de la bête! Très fondu également, il joue dans un registre plus animal que le précédent. Souple et harmonieux! C'est également lui qui possède la robe la plus évoluée de la série.

    Noté: il en reste encore beaucoup à déguster?

    Château Beaucastel 1981
    La robe est toujours très sombre. Ce vin ne fait décidément pas son âge! Empyreumatique dans son aromatique, il possède toujours beaucoup d'allant, sans creux ni faiblesse, et en remontrerait à bien des petits jeunes.

    Noté: le plus jeune des anciens?

    Château Beaucastel 1969
    Le petit dernier pour la route! A donner le tournis! La robe est tuilée mais encore soutenue et homogène. Encore beaucoup de vigueur, avec des arômes de cacao, de malt, de cognac, témoignant de sa puissance alcooleuse qui tient encore magnifiquement la distance. Déclinant pour certains, je pense que sa grande longueur est là pour démontrer le contraire. Il a logiquement perdu de sa rondeur fruitée mais il nous mène encore bien loin.

    Noté: le plus érotique!

    Après un tel monument à la gloire du plus bel âge, il est temps de reposer les papilles. S'il fallait faire un quinté de l'émotion et du plaisir procuré, ce serait 1969, 1989, 1990, 1988, 2000, 1981, 1997 et 2001. Cela fait beaucoup pour un quinté, même +, mais cela permet de souligner la régularité et l'homogénéité des vins produits par Beaucastel. Mis à part le 1998, à regoûter, et le 1996, souffrant de la faiblesse du millésime, tous les vins sont d'un très haut niveau qualitatif, faisant de cette superbe verticale un moment d'exception. On peut également relever de façon presque curieuse et paradoxale, puisque contraire à sa réputation, que très peu de vins s'exprimaient sur un mode animal. Je l'ai presque regretté!

    Beaucastel? Un monument de finesse dans un monde viril!

    Olif



  • Aberlour, « La bouche du ruisseau qui murmure »

    Date: le 25/09/2004 à 16:36

    Petit intermède écossais en cette période de vendanges débutantes, la rencontre de L.A.C.A.V.E. avec deux représentants de la maison Pernod, venus nous inculquer quelques notions sur cette distillerie du Speyside appartenant à leur groupe, réunion suivie d'une fort intéressante dégustation des fleurons de la maison, augmentés de quelques intrus, puis d'un excellent repas concocté par notre alchimiste favori, Pierre-Yvan Boos, du restaurant L'Alchimie à  Pontarlier.

    Située dans la vallée de la Spey, au pied du Mont Ben Rinnes, la distillerie d'Aberlour fut fondée en 1879 par James Fleming, qui réussit d'emblée à la placer dans le peloton de tête des distilleries, en hommes d'affaires avisé qu'il était. Après plus d'un siècle d'évolution et de changements, Aberlour jouit toujours d'une aussi bonne réputation et produit un certain nombre de malts parmi le haut du panier. Son nom dérive du gaélique « Lour », qui signifie « ruisseau bavard, qui murmure », en raison du caractère tourbillonnant et bouillonnant de ses eaux, qui dévalent le Mont Ben Rinnes de cascades en cascades avant de rejoindre la rivière Spey à l'aber-lour, la « bouche du ruisseau qui murmure ».

    Il est long le chemin qui sépare ce « New Spirit » incolore, un alcool brut d'alambic issu de la distillation de l'orge fermentée, du Single embouteillé! Il faut pour cela passer par deux autres étapes, l'une correspondant à de l'Aberlour de 10 ans élevé en fût de Bourbon, à la couleur paille très claire, l'autre au même orge fermenté élevé 10 ans en fût de Sherry, et qui présente alors une robe un peu plus ambrée, les deux produits seront alors assemblés 50/50 pour produire la version que nous connaissons en bouteille. Instructif de humer la différence entre les trois échantillons!


    Après ces quelques notions théoriques émaillées d'exemples concrets, place à  la pratique, la dégustation proprement dite:

    Aberlour 10 ans
    Robe paille, à peine ambrée, la résultante d'un assemblage de 50% de fûts de Sherry et autant de fûts de Bourbon. Le premier nez est typique de cette version, paraît-il, très caramel au lait. Le deuxième nez, après adjonction d'une goutte d'eau, laisse apparaître la complexité, avec une sensation très fruitée qui souligne des notes boisées. L'attaque est ronde et suave, la finale miellée et poivrée. Un Single harmonieux, qui monte en puissance progressivement, d'un excellent rapport Q/P.

    Glenfiddish 12 ans d'âge
    Un premier intrus, dégusté dans un but comparatif. Le premier nez est un peu piquant, sur le feu de l'alcool, mais avec une petite touche mentholée qui permet de maintenir un certain degré de fraîcheur. Le deuxième nez, après ajout d'une goutte d'eau, voit le feu s'assagir une peu. L'attaque en bouche reste chaude, un peu acide, avec révélation d'un peu d'amertume en finale, limite sensation d'astringence.

    The Balvenie Doublewood, 12 ans d'âge
    Un Single élevé 10 ans dans des fûts de Bourbon puis 2 ans dans des fûts de Sherry. Le premier nez est fumé, un peu tourbé, miellé, malté, assez puissant en fait, riche et complexe, avec apparition dans un deuxième temps de notes de suie. Après adjonction d'eau, les arômes évoluent vers des notes de fruits secs, de miel, de vanille. D'une grande douceur en bouche, rond et enveloppé, c'est un Single « coup de poing » car il ne possède pas une grande longueur. Il s'exprime dans l'urgence, surtout en attaque, mais je dois reconnaître que j'aime beaucoup.

    Aberlour 15 ans, Cuvée Marie d'Ecosse
    Une bouteille réservée au marché français, pour cause d'homogénéité de gamme (impossible de préserver une telle qualité si les volumes devaient être plus importants). Merci Pernod!
    Les meilleurs fûts d'Aberlour 10 ans vont donc vieillir 5 ans de plus pour produire cette cuvée (80% de fûts de Sherry, 20% de fûts de Bourbon).
    Un premier nez très Sherry, justement, sur le kirsch et la cerise à l'eau de vie (un peu pareil, me direz-vous!), puis le deuxième nez délivre des notes plus fruitées, vanillées, avec un peu de miel et surtout une touche de cuir! Comme un cartable neuf à la rentrée! Rond et ample en bouche, la finale est plutôt longue et épicée, évoquant le gingembre. Encore une fois un très beau Malt, riche et complexe.

    Aberlour A'bunadh
    Prononcer [A bounache], c'est du gaélique! Un Single brut de fût, non réduit, qui titre 59,8°. Un Single sans âge, mais d'une moyenne de 17 ans, car issu d'un assemblage entre un 22 ans et un 25 ans, complété par un fût de 7 ans dans le but de rehausser le niveau alcoolique. Fort joli flacon, d'ailleurs, de type pharmaceutique, pour rappeler les us et coutumes du début du siècle où les habitants du village d'Aberlour passaient à la pharmacie récupérer un flacon médicinal vide pour aller le remplir directement au fût à la distillerie sise juste en face.
    Le premier nez exprime à merveille tout le classicisme et la richesse de ce Single: Toffee, Sherry et vanille! En bouche, c'est gras et huileux, caressant, avec des arômes complexes de cuir, de chocolat, de vanille bourbon, un peu à la manière d'un vieux Rhum, de fruits secs, un peu à la manière d'un vieux Tokaji. Aucune agressivité malgré la puissance de l'alcool, mais une grande maîtrise de bout en bout. Un Single riche, ample, puissant et complexe, la synthèse de tout ce qu'on peut espérer trouver dans un alcool de ce type. Magnifique! A réserver évidemment à l'après dîner.

    Olif, pour L.A.C.A.V.E.

  • Land of Scotland par L.A.C.A.V.E.

    Date: le 28/06/2004 à 22:59

    La dégustation estivale de L.A.C.A.V.E., le club de Whisky de Pontarlier, centrée sur cette gamme de Single Malts produite par Signatory, devait se dérouler en plein air, autour d'un grand feu, pour saluer l'arrivée de l'été, Pierre-Yvan Boos, du restaurant L'Alchimie à  Pontarlier, se chargeant de nous concocter quelques grillades pour prolonger la soirée! Les mauvaises langues disent que dans le Haut-Doubs, les deux mois les plus froids de l'année sont juillet et août car ce sont ceux où on arrête le chauffage! Cette fin juin 2004 n'a pas réussi à  faire mentir le dicton. Il fallait être vraiment motivé pour pique-niquer en soirée à 1100 mètres d'altitude! C'est donc dans les locaux de l'Alchimiste que la séance s'est déroulée, comme de coutume.

    Land of Scotland, des single malts censés être représentatifs des différentes régions écossaises. Vieillis en fûts de chêne neufs et ayant subi chacun 3 distillations successives, ils ont pour caractéristiques de tous présenter une robe très pâle.

    Petite mise en bouche avec un blend pour commencer.

    Benveg, 40°
    Couleur ambrée. Un whisky de grain avec une touche réglissée au nez. Très fruité en attaque, il termine sur une finale un peu brûlante. Bien fait, plutôt plaisant, c'est un bon whisky d'apéritif.

    Western Isles 1993
    Nez sur la farine de froment. L'attaque est franche, nette, limite agressive car l'alcool prédomine, mais ensuite la structure se canalise, se calibre, l'alcool se fond progressivement dans la bouche pour finir sur des notes de rhubarbe. Très longue persistance et grande élégance pour un malt à  forte personnalité.

    Speyside 1994
    Produit de d'une seule distillerie, Drumdich, qui a refait surface en 1993. Nez farineux assez agréable. Un malt rond et fruité, presque gouleyant en entrée de bouche, pas très complexe mais qui donne l'impression de vouloir glisser tout seul. L'alcool est pourtant bien là , mais la finale n'est pas chaude, la bouche restant bien fraîche.

    Orkney 1996
    Un nez plutôt discret, mais il possède de la rondeur en bouche. Cependant, la finale est un peu sévère et alcooleuse, légèrement tourbée et iodée, limite pharmaceutique. Bof!

    Islay 1998
    Un malt qui provient en grande partie de Balblair. Nez tourbé et iodé assez classique pour un Islay. Souplesse en attaque, manque d'ampleur en milieu de bouche, finale brûlante, un Single qui ne me convainc pas totalement, même s'il n'est pas franchement désagréable.

    5 malts pour une séance, c'est déjà  pas mal ! Des Single Malts très abordables et dont il faut souligner l'exceptionnel rapport Q/P, un bon apprentissage pour le néophyte que je suis. Place au pique-nique, installés confortablement et au chaud. Un casse-croûte amélioré à  ce point, c'est du bonheur! Mention spéciale pour le dessert, une variation autour du whisky, avec une glace au goût de fumé, une mousse de Whisky, et un mini Irish Coffee. Compliments au chef!

    Olif et L.A.C.AV.E.



  • Les Gars du GJP font Les Baux...

    Date: le 29/09/2004 à 23:03

    ...et les filles du GJP sont belles!

    Les Baux de Provence! Un haut-lieu touristique et pittoresque, au coeur des Alpilles, ce massif rocheux qui fleure bon la Provence, les cigales et les oliviers. Une appellation également, née en 1995, après scission d'avec les Coteaux d'Aix, qui se caractérise par un climat plus chaud et ensoleillé, donc souvent plus précoce, avec une exposition nord-sud et des vignes, balayées par le mistral, sur des sols calcaires. L'encépagement est souvent restreint au tandem grenache-syrah, éventuellement complété par du mourvèdre et du Cabernet Sauvignon, minoritaire, ce qui a conduit le plus célèbre domaine du secteur, le domaine de Trévallon, à se ranger au sein des Vins de Pays des Bouches du Rhône. Les rendements sont bas, rarement au-delà de 30 hl/ha, souvent moins. Des vins supposés exprimer au mieux leur terroir minéral, et ce d'autant qu'un certain nombre de domaines se sont convertis à la biodynamie.
    332 ha répartis sur 13 domaines qui revendiquent l'appellation, Trévallon exclu, donc.

    Cette dégustation s'est déroulée chez le Seb, qui a pris en charge la partie logistique. 3 blancs et 7 rouges, dégustés à l'aveugle au décours d'un petit repas de fort belle facture: amuse-bouches puis carpaccio de saumon avec les blancs, côte de boeuf grillée avec les rouges. L'ordre de service des rouges s'est effectué de façon aléatoire, après carafage d'une demi-heure, sauf pour Trévallon, carafé 3 heures au préalable.


    Les Blancs:

    Mas de la dame 2001, Coteaux d'Aix en Provence
    Robe claire, nez plutôt floral, un peu miellé, avec un côté minéral déjà marqué, pour tout dire très agréable. La bouche n'est pas tout à fait à hauteur du nez, un peu molle, malgré des notes minérales marquées à la limite du pétrole. Décapant! Pas désagréable, si ce n'est son caractère alangui qui aurait peut-être été atténué par une température de service plus fraîche.

    Noté: Tintin au Pays de l'Or Noir!

    Domaine Hauvette 2002, Vin de Pays des Bouches du Rhône
    Robe claire, brillante, nez raffiné sur le fleurs blanches. La bouche se révèle également un peu molle, mais il possède beaucoup de profondeur. On pourrait lui préférer plus de vivacité mais c'est un vin très séduisant, qui s'épanouirait probablement plus sur un poisson en sauce qu'un carpaccio de saumon appelant plus de minéralité.

    Noté: un Vin de Pays des Fines Bouches (du Rhône)!

    Mas Sainte-Berthe 2001, Vin de Pays des Bouches du Rhône
    La robe est franchement trouble, homogène. Le nez, un peu piquant, sur la pomme verte et les fruits blancs. En bouche, un très léger perlant vient rehausser le vin, lui apportant du nerf et de la vivacité. Un assemblage original, 70% roussanne, 30% grenache, qui a tout pour plaire.

    Noté: Personne n'a vu mes lunettes?

    Les Rouges:

    Domaine Hauvette 1995, Les Baux de Provence
    Le premier millésime de l'appellation, une bouteille anniversaire offerte par le caviste de Rev', Pierre Muller, sans certitude sur son évolution. La robe est justement évoluée, un peu tuilée. Le nez développe de fines notes empyreumatiques de cacao sur un fruit encore bien présent. Les tanins sont légèrement asséchants en finale, un peu stricts, n'incitant pas à le conserver encore bien longtemps, mais c'est une bouteille plutôt très agréablement fondue.

    Noté: la (bonne) surprise de la soirée!

    Terra d'Or 2000, Chapoutier, Coteaux d'Aix
    L'intrus rouge de la soirée, en provenance du terroir voisin. Sa robe sombre tranche avec celle de son sparring partner! Le premier nez est plutôt violent, sur le vernis à ongles, le dissolvant. La bouche est volumineuse, massive et ample, loin d'être dénuée de charme. Beaucoup de matière, qui s'étire interminablement dans une finale aux tanins croquants, encore un peu sévères. Un vin d'homme, assez viril, mais au potentiel énorme. A attendre, mais avec grand plaisir!

    Noté: le gros bras de la soirée, mais un coeur d'or!

    Château Romanin 2000, Les Baux de Provence
    Robe soutenue, nez fruité, agréable et fondu, auquel on pourrait reprocher un petit manque de vigueur et de personnalité. La bouche est souple, aimable, presque un peu trop pour moi, surtout derrière Terra d'Or. Globalement bien fait, il a du mal à me séduire complètement.

    Noté: le préféré de ces dames!

    Mas de la Dame 2000, Coin Caché, Les Baux de Provence
    Bouchonné! Ce coin-là  le restera définitivement, caché!

    Noté: j'suis vraiment caché!

    Domaine Hauvette 2000, Les Baux de Provence
    Un fruité très mûr saute immédiatement au nez, très plaisant. En bouche, les tanins sont déjà bien arrondis, civilisés, développant un beau volume. L'anti-thèse de celui qui va suivre mais un vrai vin plaisir.

    Noté: droit dans le mûr!

    Domaine de Trévallon 2000, Vin de Pays des Bouches du Rhône
    La « star » attendue de la soirée, et à mon grand soulagement, il n'a pas déçu! Ma première rencontre avec un vin d'Eloi Dürrbach! Les notes finement grillées du nez, témoignant d'un très beau boisé, viennent souligner délicatement les réjouissantes notes fruitées. Classieux et élégant, il révèle en bouche de subtiles notes d'olive noire et de tapenade, qui viennent nous rappeler que l'on est bien aux Baux de Provence, même si ce n'est pas revendiqué. Assemblage Syrah-Cabernet Sauvignon 50/50.

    Noté: une star au firmament!

    Mas Sainte-Berthe 2001, Cuvée Louis David, Les Baux de Provence
    On change radicalement de style avec le dernier rouge de la soirée. Sur les fruits frais, le pamplemousse et les agrumes, agréablement mentholé, il dispense une fraîcheur bienvenue. Et s'il semble moins complexe au premier abord, il n'en procure que plus de plaisir. 35% grenache, 40% Cabernet Sauvignon, 25% Syrah.

    Noté: Goliath n'a qu'à bien se tenir!




    Les vins de dessert
    Avec cette catégorie, on s'éloigne évidemment des Baux. Il fallait faire confiance au Seb pour nous dénicher quelques perles!

    Klein Constancia 1990, Vin de Constance
    La robe est ambrée. Le nez, sur le raisin croquant, évoque le muscat. Nous partons tous allègrement à Rivesaltes! Son côté légèrement oxydatif qui s'exprime dans des notes de fruits secs ne l'empêche pas de développer une séduisante liqueur, ronde, caressante, enveloppante, qui perdure dans une finale interminable, marquée par des notes de mine de crayon.

    Noté: il avait bon goût, Napoléon!

    Domaine de la Rectorie, L'oublée, Banyuls Hors d'âge
    La robe est ambrée également, plus soutenue, presque cuivrée. Un magnifique rancio emplit le nez et la bouche, appelant (en vain) le Havane. Des arômes envoûtants et un côté très sec, très peu liquoreux, finissent de subjuguer.

    Noté: après ça, il n'y a plus qu'à aller se coucher!

    Fin de la séance! Encore une bien belle soirée, avec des flacons de haut niveau, tant en blanc qu'en rouge (les liquoreux sont hors concours!), qui viennent nous rappeler que les Baux de Provence est une appellation à ne pas négliger dans ses choix, avec des vins très souvent d'un excellent rapport Q/P. Si vous êtes sages, la prochaine fois, nous testerons également les huiles d'olive!

    Olif, pour le GJP


  • Le Cellier des Templiers, ambassadeur des vins de Banyuls en foire-expo!


    Date: le 11/09/2004 à 22:42

    Cette vénérable institution qu'est le Cellier des Templiers, à  la force de vente éprouvée, inspirée des méthodes de feu notre Henri Maire jurassien, était bel et bien présente dans le Haut-Doubs à  l'occasion de la Haute foire Gastronomique de Pontarlier. L'occasion d'un petit dépaysement et d'un passage en revue de (presque) toute la gamme.


    On attaque par les Collioure, vinifiés de façon parcellaire.

    Domaine de La Banette 2001
    Totalement fondu et harmonieux, d'une agréable souplesse, il vaut mieux le boire rapidement pour profiter de ses jolis arômes de pruneau.

    Château des Abelles 2003
    Seulement un mois de bouteille, récolté avec des rendements de 15-20 hl/ha, et déjà , il exprime magnifiquement les caractéristiques de ce millésime 2003 par son côté suave, voluptueux et fruité. Un petit délice!

    Abbaye de Valbonne 2002
    Sept mois de vieillissement en fût. Si le boisé n'est pas trop marqué, le fruité est moins étincelant et le côté alcooleux ressort. A sa décharge, le vin est probablement servi trop chaud, à  la température régnant sous le vaste chapiteau.

    Il est temps de passer aux Banyuls!

    Banyuls Grand Cru, Viviane Le Roy 1993
    Robe acajou clair, nez marqué rancio, sur les fruits secs et les amandes. La bouche d'abord arrondie en attaque, devient vive très sèche, longue et intense. Il s'agit d'un vin vinifié en sec qui ne me semble pas avoir la puissance et la richesse d'un Palo Cortado, même si mon expérience dans ce domaine n'est pas encore importante.

    Banyuls Grand Cru Henri Canis 1994
    Il s'agit là  d'un demi-sec. La robe est toujours acajou, mais beaucoup plus soutenue, limite foncée. Beaucoup plus rond, l'équilibre demi-sec le rend également plus harmonieux et accessible.

    Banyuls Grand Cru Amiral Vilarem 1996
    Il s'agit d'un Grand Cru Rimatge mise tardive. La couleur est pruneau, la bouche un concentré de fruits rouges, cerises, fruits à  noyaus, légèrement kirschée, mais l'alcool passe magistralement.

    Banyuls Grand Cru Président Vidal 1993
    C'est un doux, à  la couleur tuilée, pruneau, mais encore brillante. Son côté très doux le rend chaleureux et séduisant, avec un beau rancio.

    Banyuls Rimatge 2002
    Attention, petite bombe de fruits, framboisée, veloutée, caressante et gouleyante, malgré ses 16°. Un vin dangereusement bon! Coup de coeur et superbe rapport Q/P!

    Une très belle gamme, malheureusement Hors Commerce, c'est à  dire qu'il faut passer par un agent commercial pour s'en procurer, minimum par caisse de 12 (6 pour les Banyuls). Il est conseillé de se regrouper pour profiter d'un échantillonnage intéressant! Je n'ai pas commandé de petit carton de rosé pour Noël!

    Olif

  • Domaine Martin Faudot, 120 ans de tradition, une petite heure de dégustation!

    Date: le 11/09/2004 à 22:08

    Le seul domaine jurassien présent à la Haute Foire Gastronomique de Pontarlier, on croit rêver! Mais on aurait pu tomber plus mal!

    L'occasion d'une rencontre avec Jean-Mary GROS, responsable d'une grosse part de l'activité commerciale du domaine, que je connais déjà pour fréquenter régulièrement les séances de dégustation des Jardins de Saint-Vincent, tout cela en compagnie de Rémi Jobard, un vigneron murisaltien, en week-end dans sa famille pontissalienne, avec qui nous allons éplucher les vins du domaine!



    Crémant du Jura brut blanc
    Juste histoire de se refaire le palais après avoir éclusé pas mal de Banyuls! Un Crémant pur chardonnay. La bouteille est ouverte depuis 3 jours, et la bulle est pourtant encore vivace, fine et élégante. Rafraîchissant!

    Arbois Poulsard 2002
    Un vin au joli fruité avec une belle base acide, gouleyante et bien équilibrée, visiblement déroutante pour un Bourguignon!

    Arbois Pinot Noir 2002
    Le Bourguignon retrouve ses marques, ce qui est plutôt un compliment pour ce vin déjà  auréolé d'une médaille d'or au Concours agricole de Paris. La robe est légèrement violine, soutenue, et le nez est intense, marqué cassis de façon un peu surprenante. Les tanins sont bien présents et nécessitent une petite garde pour s'améliorer. Un vin convaincant!

    Arbois Trousseau 2003
    Un fruité éclatant, normal pour un 2003, avec déjà  une certaine rondeur, mais des tanins encore un peu fougueux et pas totalement domptés. Prometteur et à  attendre!

    Arbois Chardonnay 2001
    Un beau Chardonnay ouillé, fruité, frais et floral, plutôt sympathique et désaltérant, que ne renieraient pas les Bourguignons.

    Arbois Savagnin 2000
    Sur un mode oxydatif, ce très beau savagnin joue dans un registre très mûr d'agrumes, avec des notes de noix verte et une séduisante rétro sur la noix de coco. Très long, fin et élégant, une probable future bouteille de la semaine!

    Arbois Vin Jaune 1996
    Là  encore, finesse et élégance sont au rendez-vous. La noix s'exprime bien, mais sans côté alcooleux étheré, en association avec un peu de pomme verte et d'épices douces. Grande longueur, toujours dans la finesse. Un vin en dentelle qui évoque les beaux vins de Château Chalon de chez Macle, laissant supposer un faible taux d'éthanal et un élevage en cave plutôt fraîche.

    Arbois Vin de Paille 2000
    Très classique, sur des notes de pâte de coing et de mine de crayon, il est proposé dans le nouveau flacon de Paille, qui n'est pas sans poser quelques problèmes techniques à  l'embouteillage. Peu importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse! Et on doit l'avoir facilement, avec ses 15° pourtant bien supportés du fait d'une grande acidité et qui glissent tout seuls!

    Arbois 2000, Cuvée de la Sainte-Cécile
    Un Savagnin surmaturé au superbe équilibre demi-sec et à  l'élégance rare! Je suis sous le charme de cette bouteille originale qui confirme ma première bonne impression d'il y a une année. Une rareté qui impose une certaine prise de risque dans la récolte. A noter que pour le millésime 2003, la Sainte Cécile a dû être avancée à  début octobre pour ramasser les raisins déjà  largement flétris!

    Arbois Macvin
    Une douceur pour clore cette superbe dégustation et finir d'impressionner les Bourguignons de passage. Pur Chardonnay, ce Macvin possède une robe très claire et de jolis arômes de Marc, sur un beau support acide, long et frais.

    Une très belle gamme, plutôt homogène, et un domaine à  ne pas négliger. Des vins avec une vraie personnalité, comme se plaît à  le souligner Guy Martin, Chef de Cuisine au Grand Véfour! C'est marqué sur la carte de présentation du domaine, et il s'avère que c'est bien vrai!

    Olif

     

  • Le GJP n'est pas mort, il Bandol encore !

    Date: le 04/09/2004 à 12:55

    Soirée de rentrée pour le GJP ! Finies les vacances, il est temps de se remettre à bosser sérieusement. Au menu, Bandol ! Concernant le titre, il me semble bien l'avoir déjà faite, celle-là , mais, désolé, je n'ai pas trouvé mieux ! La preuve en image (interdite aux moins de 18 ans) :



    On attaque très fort avec les amuses-bouches et

    Champagne Bollinger rosé Grande Année 1995
    Produit uniquement les années exceptionnelles, cette cuvée est élaborée avec 66% de Pinot Noir, dont 7,5% en provenance de la Côte aux Enfants, et 34% de Chardonnay. La robe est d'une tonalité plutôt originale, pas vraiment rosée, mais orangée, limite ambrée. La bulle est très fine. Le nez un peu brioché donne déjà le sentiment d'une vinosité marquée. L'attaque est franche, arrondie, avant que le vin ne soit porté par une acidité alliant vivacité, fraîcheur et longueur. Déjà très plaisant du fait de sa nervosité, il devrait acquérir complexité et richesse au vieillissement. Un grand Rosé.
    Noté : vous êtes sûrs que c'est du rosé?

    Pour accompagner une petite poêlée de cèpes de La Fauconnière (une forêt des environs de Pontarlier), cuisinés à  la bordelaise,

    Château Haut-Gléon blanc 2001
    Nez fruité et floral, frais et riche en même temps. La bouche est grasse, mais pas trop, onctueuse de texture, avec une petite amertume finale qui confine presque à la salinité. Un blanc à l'élégance rare.

    Noté :vous êtes sûrs que c'est du Corbières?

    Arbois 1999 En Paradis, Domaine Rijckaert
    Un savagnin ouillé impressionnant ! Une robe jaune clair, un nez à peine exotique, avec des notes d'agrumes, bien mûrs, avec une toute petite sensation oxydative (interprétée à postériori), et surtout une acidité rectiligne d'une grande longueur, en rien altérée par une petite perception alcooleuse finale. L'équilibre est aérien. Très beau, limite magnifique, il n'a pas du tout été identifié Jura à l'aveugle ! Etonnant, non ?

    Noté : vous êtes sûrs que c'est du Jura?

    Avec les petits rognons de Mr Chambon, servis avec des légumes à  la provençale,

    Château Vannières 1999
    Nez puissant, viril, d'abord sur des notes animales, plutôt fourrure, puis fruité, pruneau, cerise noire, cassis à l'aération. beaucoup de matière, mais des tanins déjà civilisés.

    Noté : une belle entrée en matière!

    Domaine de la Tour du Bon Saint-Férréol 1999
    Nez un peu animal, viril aussi, mais par rapport au précédent, une matière enrobée, des tanins soyeux et patinés, même si plutôt solides. Légère sensation alcooleuse en finale, qui passe plutôt bien vu la belle constitution. Une main de fer dans un gant de velours !

    Noté : La tour du Très Bon!

    Domaine de la Tour de Bon Saint-Férréol 1998
    De grandes similitudes avec son petit frère dans son expression un peu sauvage, animal fougueux, sévèrement burné pour Le Seb, des « couilles de taureau » pour François ! Il se laisse pourtant apprivoiser et la finale semble mieux construite et enveloppée que celle du 99. Un monstre en devenir !

    Noté : La Tour du Vraiment Très Très Bon! Merci à  son généreux donateur !

    Sur le « Toussaint Louverture », gâteau au chocolat, banane et épices douces,

    D'où, vin muté du domaine de la Tour de Bon
    Avec cette cuvée originale, on retrouve les mêmes caractéristiques olfactives et gustatives que Saint-Ferréol, avec une sensation plus alcooleuse évidemment, mais bien fondue dans l'impressionnante matière. Des airs de parenté avec un Rivesaltes!

    Noté : un vin d'où?

    Maury 2001, Domaine de la Préceptorie de Centernach, cuvée Aurélie Pereira de Abreu
    Nez magnifique de précision, sur la cerise et son noyau, un fruité riche et opulent, une matière somptueuse, veloutée, imposante et consensuelle. Un vrai bonheur!

    Noté : on aurait peut-être pas dû finir la bouteille!

    Une reprise en fanfare pour le GJP, donc, pour une soirée que l'on peut noter dans son ensemble : « Dur, dur, de se lever le lendemain matin ! ». Petit décrassage prévu cet après-midi, ou alors petite sieste, j'hésite encore !
     

    Olif, pour le GJP





  • Millésime 2003 en Valais, du grain à moudre au Vieux Moulin!

     

    Date: le 30/08/2004 à 11:10

    Deuxième étape du programme culturel helvétique de la semaine dernière, une halte à  la cave du Vieux Moulin à Vétroz, chez Romain Papilloud, vigneron ô combien attachant qui magnifie aussi bien les cépages indigènes valaisans que les nouvelles variétés pour lesquelles il fait souvent figure de pionnier. Même si nous apprendrons plus tard dans la soirée que les cépages autochtones valaisans ne sont pas si indigènes que cela, en fait, résultat d'un melting-pot avec la vieille Europe. Si ce ne sont peut-être pas les Romains qui implantèrent l'amigne à Vétroz, c'est néanmoins chez le Romain (Papilloud) que l'on peut y déguster une des meilleures, si ce n'est LA meilleure du canton.

    Fendant Grand Cru Amandoleyre 2003
    Un vin au nez frais et fruité, doté d'une belle minéralité en bouche, avec une toute petite perle qui accentue la sensation de fraîcheur. Presque une épure, mais surtout un grand fendant, d'une régularité exemplaire d'un millésime à l'autre.

    Petite Arvine 2003
    Nez d'abord sur le réserve (la bouteille vient d'être ouverte sous nos yeux), laissant ensuite percevoir de jolies notes de pamplemousse. Minéral et tranchant en attaque, il s'étoffe et s'enrobe en milieu de bouche pour terminer de façon assez caractéristique sur des notes salines. Une magnifique Petite Arvine parfaitement sèche, presque une prouesse dans ce millésime 2003. Magnifique!

    Amigne 2003
    Nez original sur le beurre de cacahuète et la noix de Pécan. Une pointe de gaz carbonique apporte la vivacité suffisante pour contrebalancer le sucre résiduel qui passerait presque inaperçu!

    Amigne 2002 barrique
    Une innovation sur ce fabuleux cépage qu'est l'amigne. La mise est récente, d'où la présence d'un boisé encore bien marqué au nez, mais sans caricature. L'apport de l'élevage se sent surtout au niveau de l'étoffe de la matière, grasse, riche et onctueuse, enveloppant la bouche, tout en gardant de la fraîcheur et les caractéristiques du cépage. Une grande maîtrise! Superbe!

    Gamay VV 2003
    Nez fruité, qui sent le gamay (d'après PhR!) pour un vin charnu, gouleyant et agréable.

    Vétroz Grand Cru 2003
    Une dole haut de gamme (70% pinot noir, 15% gamay, 15% diolinoir), aux arômes fruités légèrement réglissés, avec déjà une grande souplesse mais une structure néanmoins solide.

    Pinot noir barrique 2002
    Nez plutôt réservé, loin de l'exubérance aromatique de certains de ses congénères. Boisé très fin, que Romain trouve à peine trop torréfié, grain soyeux, légère mâche finale. A attendre une ou deux années.

    Cornalin 2003
    Robe sombre, légèrement violine sur les bords. De façon totalement inhabituelle, ce cornalin a passé deux mois en barrique pour contrecarrer les effets d'une réduction en cuve. Au nez, ça embaume la crème de cassis! On retrouve une texture soyeuse, crémeuse, et l'évolution des arômes dans le verre se fait vers le noyau de cerise. Petite amertume tannique en finale. Un très beau vin qui nécessite un peu de repos en cave. Romain, c'est décidément le roi du cornalin! Pour accompagner quelques tranches de viande séchée valaisanne, à la fin de la dégustation, nous aurons l'occasion de regoûter le superbe 2000 avec un plaisir toujours inégalé.

    Carminoir 2003
    Avec ce cépage, on innove complètement. Issu d'un croisement entre le pinot noir et le cabernet sauvignon, sera t'il apte à réconcilier les bordeauphiles et les bourgognophiles? La robe est sombre, la bouche plutôt soyeuse mais la finale légèrement cartonneuse et végétale. Les vignes sont jeunes, laissons-lui un peu de temps!

    Gamaret 2003
    Vendangé le 18 août. Vin puissant, très mûr mais pas cuit, sérieux, avec un petit côté rustique séducteur.

    Syrah 2002 barrique
    Fraise écrasée, cassis, myrtilles, épices mais aussi agrumes (pamplemousse?), c'est une belle syrah, dense, riche et longue.

    Assemblage 2003
    Echantillon prélevé sur fût, il s'agit d'un assemblage de 65% de Carminoir, 25% de Merlot et 15% de Gamaret. Elevage en fût avec moins d'1/3 de fût neuf. Le nom définitif de cette nouvelle cuvée n'a pas encore été trouvé. Un peu de boisé très fin au nez, une bouche soyeuse, sur les fruits noirs, la mûre écrasée, la myrtille, développant un beau volume, longue, avec une rétro-olfaction sur des notes de crème catalane. Très convaincant, ce vin méritera d'être suivi avec attention dès la fin de l'élevage et après la mise.

    Volupté 2002, Ermitage Grain Noble
    Vendangé le 9/12/2002. Nez très précis, sur les agrumes confits, un peu de truffe blanche, mais légèrement parasité par une petite impression poussiéreuse. La structure en bouche est magnifique, patinée, veloutée, d'une grande douceur, avec juste ce qu'il faut de vivacité. Fort bel équilibre. Sans cette toute petite note olfactive gênante, le vin serait quasi-parfait!

    Une gamme toujours aussi riche, s'étoffant même régulièrement par l'apport de nouveaux cépages et de nouvelles cuvées, témoignant du dynamisme de Romain Papilloud. Une grande homogénéité de style, tant dans les rouges que dans les blancs, et un haut niveau d'exigence qualitative font de ce domaine une référence en Valais.

    Olif