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  • REVEVIN 2012: melting-pot en Anjou, avec Mai et Kenji Hodgson

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    Le second off de ces REVEVIN fut l'occasion de découvrir les vins de Mai et Kenji Hodson, jeune couple canado-japonais fraichement installé en Layon. Leur rêve vigneron, ils l'ont concrétisé en Anjou, après tout un cheminement dans le monde du vin, au Japon, au Canada et en Loire. Désireux de produire un vin le plus naturel qui soit, en limitant l'apport de sulfites, ils s'abreuvent à la source de Claude Courtois, Olivier Cousin, puis Mark Angeli. Et finissent pas poser leurs valises à Rablay sur Layon. Leur patrimoine viticole, composé par petits morceaux, leur permet de disposer de grolleau, cabernet franc et chenin, qui donnent naissance à différentes cuvées.

    Chalan Polan 2011, pétillant naturel à base de chenin a le mérite de la simplicité et de la franchise. Parfaitement sec, il exprime avec vivacité une belle gourmandise. La Grande pièce 2011 est un magnifique grolleau à la robe violine, au nez floral et poivré, sur des tanins frais et croquants. O Galarneau 2010, 100% cabernet franc des Rouliers, c'est un petit rayon de soleil québecois sur le Layon, une gorgée de fruits épicés et poivrés dans une vague de fraicheur.

    anjou,mai et kenji hodson,chalan polan

     

    Autant de cuvées séduisantes qui témoignent déjà d'une belle maîtrise, et qui ont servi d'apéritif à un repas spécial Terre et marais, arrosé de vins espagnols plutôt judicieusement sélectionnés. Parmi lesquels un Vega Sicilia Unico 1991, qui a constitué un moment plutôt magique ... et particulièrement unique.

     

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    Sans nul doute le temps fort de ces 9èmes REVEVIN, co-organisées par La Pipette et le Chai Carlina de Saint-Jean de Monts.

     

    Olif

     

  • Le Mas de mon oncle...

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    Si on avait dit à Fabrice Bonmarchand qu'il allait marcher dans les pas de Jacques Tati en reprenant le Mas de l'Oncle, en grande partie en appellation Pic-Saint-Loup, Lauret-il cru?

    Les vins de Fabrice Bonmarchand ne s'appellent pas Riri, Fifi ou Loulou, mais Denis, Jules, Louis, François et même Vieilles souches, ce qui n'est pas commun pour un neveu.

     

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    L'oncle, en fait, il s'appelle Denis, et c'est pour l'amour de Lauret que, dans un premier temps, le neveu Gérard Vézies, agent immobilier et grand navigateur, enfant du pays, a repris ses vignes il y a quelques années, avant de céder le domaine à Fabrice, devenu désormais producteur, mais aussi bon marchand de vins. Parmi ces vieilles vignes, du chenanson, hybride du jurançon et du grenache noir, une rareté créée fin des années 50 à l'INRA de Montpellier. Le chenanson, il n'en a pas l'air, mais il a aussi la chanson. C'est devenu la cuvée hommage au tonton. Denis 2010, ce sont des petits fruits noirs, du poivre, une belle sensation minérale en milieu de bouche et de la fraicheur. Un peu de bois aussi, parce qu'il est bien élevé, mais ça ne marque pas trop. 18 mois en fûts, ce n'est pas rien. Mais tout ça, c'est fait à la main, oui Madame.

     

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    Jules 2010, lui, c'est un Pic Saint-Loup tout ce qu'il y a de plus classique, avec un assemblage sudiste d'école: syrah, grenache, carignan et cinsault. Concentré, velouté et frais, il fait du bien au palais, le Julot. Et puis, il a une jolie échancrure en forme de Pic sur son étiquette, ce qui ne gâte rien.

     

    Bienvenue dans le Mas de l'Oncle, alors!

     

     

     

    Olif

     

     

    Retrouvez aussi les Dégustantanés sur le Blog de la Pipette.

     

     

     

     

  • L'été, il n'y a pas que le rosé, aux Jardins...

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    Soirée décontractée et estivale aux Jardins de Saint-Vincent, la deuxième depuis que Stéphane-Saint Vernier-Planche est revenu sérieusement aux affaires. La première, c'était en mars, et un compte-rendu figure sur le blog de la Pipette, ce qui fait que je me suis un peu laissé aller à ne rien faire. Cette fois, plus d'excuses, il m'a bien fallu reprendre le stylo.

     

    Plusieurs guests de passage au caveau grand ouvert sur la rue, certains ont même laissé quelques flacons non étiquetés à découvrir en avant-première lors de la soirée. Mais, patience... Auparavant, il s'agissait de trinquer à l'année supplémentaire du jardinier, signe d'une grande maturité de sa part. Fidèle, il l'est, puisqu'il est revenu cultiver son Jardin à la Saint-Vincent. Fidèle, il l'est aussi à Vouette et Sorbée, lui qui nous a fait découvrir le premier ce magnifique Champagne de Bertrand et Hélène Gautherot, toujours aussi impeccable à boire et parfait pour une mise en bouche.

     

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    L'été donne envie de rosé, mais ce type de vin n'est pas toujours aisé à appréhender par l'amateur. Par le professionnel non plus, d'ailleurs, même le jardinier de Saint-Vincent a du mal à en trouver un à son goût. Ni blanc, ni rouge, juste rose. À mon sens, le vrai bon rosé est un vin assumé, qui ne louche pas sur une autre couleur. Vineux, mais pas trop, il est destiné à accompagner les mets estivaux qui ne nécessitent pas un blanc et qu'un rouge trop coloré dénatureraient. Un vrai bon rosé doit être rose, sans doute, mais pas trop pâlichon, parce que la robe, finalement, on s'en fout un peu. À poil, le rosé, concentrons-nous exclusivement sur le nez et la bouche.

     

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    Avec Galéjade 2011, d'Alain Allier (Mouressipe), on n'est déjà pas dans le rosistiquement correct. Robe orangée, bien turbide, mais c'est joli quand même, en harmonie avec l'étiquette. Nez floral, sur la rose fanée, puis agrumes (mandarine) et litchi. Bouche fluide, avec de tout petits tanins accrocheurs et une belle persistance en bouche. Un rosé plein de gourmandise!

     

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    Le temps fait tout, en Languedoc, c'est Rémi Poujol qui le pense et le dit. La robe de son rosé est plutôt soutenue, groseille. Un nez caramel au lait, franchement lactique, et une bouche imposante, un peu chaude, avec une pointe de volatile finalement bienvenue. C'est un 2009, et il est à souhaiter que le temps fasse tout pour lui, parce que, à ce stade, c'est un rosé un peu compliqué à boire, il faut bien le reconnaître.

     

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    On passe à la pointure au dessus, ce qui se fait probablement de mieux en matière de rosé "nature": Tavel 2010, domaine de L'Anglore. Le velouté de tanins des vins de L'Anglore, je crois bien que je le reconnaitrais entre mille. La robe est légèrement trouble, d'un beau rosé orangé, avec la pulpe. C'est fruité, c'est frais, c'est bon, on en boirait des seaux, mais ce n'est pas aussi simple que cela. Un vrai beau vin de terroir qui fait honneur à l'appellation et au vin rosé d'une manière générale.

     

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    On passe au blanc, avec ce Côtes du Rhône 2010 du Domaine Jamet. Un peu fermé à ce stade, avec une pointe de réduction, il a du mal à se lâcher. La bouche est agréable, mais on la sent bridée et la finale reste pâteuse. 60% marsanne, 30% viognier et 10% roussane, et ce n'est pourtant jamais mou ni lourd. Pas vraiment dans un style nature, c'est sûr, mais il faut savoir rester ouvert...

     

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    Heureusement, French Wine is not dead. Grâce à Anthony Tortul et à la Sorga, qui nous enchante avec ce blanc 2010 de viognier et terret bourret, non, tu n'es pas bourré, Jean-Claude. La bouche est ronde, marquée Sud, mais gourmande, tout en étant bâtie sur les amers, qui assurent la fraîcheur finale. Une belle réussite.

     

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    À ce stade de la dégustation, il est presque temps de faire une parenthèse pour saluer l'un des guests de la soirée, de passage à l'heure de l'apéritif, mais qui n'a pas manqué de nous laisser quelques échantillons de sa production jurassienne, tout juste tirées du fût. D'autant plus émouvant qu'il s'agit sans doute là des dernières bouteilles made in Jura par Jean-Marc Brignot, ex- as tiré de la Manche. Ces vins-là ne lui auront pas trop donné de boulot, à Jean-Marc. Ça tombe bien, il ne court pas après. Des raisins de 2004, sa première vendange arboisienne, qui ont été mis dans des fûts et laissés bien tranquilles jusqu'à maintenant, dans la pénombre d'une cave sans électricité. Chardonnay seul, assemblage chardo-savagnin dans des proportions tenues secrètes (nul ne le sait véritablement, en fait) et savagnin seul, restés 7 ans et quelque sous un voile sans intervention humaine d'aucune sorte. Dur de départager les deux chardonnays, pur ou en assemblage (ma préférence personnelle va au premier cité, pour sa finesse superlative, versus le côté éthanal plus marqué de l'assemblage), mais, ce qui est certain, c'est que le savagnin 2004 fera date. Il ne revendiquera évidemment ni l'appellation "vin jaune", ni le clavelin, ce n'est pas le genre de la maison, mais il marquera sans nul doute les esprits pour les siècles des siècles. Un fruit toujours présent et des airs de fino, qui s'épanouissent dans une finale en queue de paon. C'est magnifique, ce ne sera pas donné, mais on risque de se les arracher car ce sera définitivement collector, puisque cette année 2012 verra le départ de Jean-Marc pour de nouvelles aventures au pays du Soleil Levant, après d'ultimes vinifications pour le compte de Vinibrato, en Beaujolais et en Alsace.

     

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    Merci Jean-Marc, mais aussi Merci, Vincent La Boria, pour ce Côtes du Roussillon 2010 made in Trilla, réjouissant, gourmand et enthousiasmant, qui a bien accompagné les plats de charcuterie enfin arrivés sur la table parce qu'il commençait à faire un peu faim.

     

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    Pour clore les agapes rouges, petit tour sur le Causse avec ce Rouge de Causse 2010 du Petit Domaine de Gimios, au grain encore serré, un poil rustique, procurant le même plaisir, un brin jouissif, que celui de se frotter contre une joue mal rasée. Viril et séducteur en diable.

     

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    Dernier clin d'œil au vigneron arboisien monté en fléchettes, au travers de ses deux dernières réalisations, produites avec les raisins de la famille Bannwarth, en Alsace. Gewurtz et Pinot gris comme il est difficile d'en avoir déjà bu auparavant. Et pourtant, ça se boit, même que c'est bon.

    Sayonara, Jean-Marc Sensei (先生)!


    Olif


    P.S.: la prochaine séance de dégustation aux Jardins, ce sera véritablement au jardin, ou plus exactement dans les vignes, à la Mailloche, avec Carlito et Alice, du domaine de l'Octavin. Le vin nature dans la nature, le retour, et c'est déjà bientôt. Vivement..!