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Littérature au naturel

C'est le printemps, le nature débourre à perdre haleine. Les bonnes feuilles sur le vin naturel poussent à la vitesse de la lumière dans toutes les librairies, y compris les moins bien éclairées, à peine refroidies par la micro ère glaciaire engendrée par les Cavaliers du froid. Le 6 mai 2019, Saint Jean-Porte-Latine a planté ses crocs glacés dans moult régions viticoles, du Sud-Ouest au Grand Est, laissant nombre de vignerons orphelins de quelques grappes. C'était le moment de brûler deux ou trois bottes de paille dans les vignes ou quelques bûches dans la cheminée, avant de se lancer dans un éventuel autodafé de bouquins sur le vin nature. En attendant Mamert, Servais et Pancrace, les véritables saints de glace des 11, 12 et 13 mai.

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On commence par le Plaidoyer pour le vin naturel d'Éric Morain, aux Éditions Nouriturfu, la petite maison qui monte, qui monte, qui monte au créneau pour défendre une certaine idée de tout ce qui se mange et qui se boit. Ce livre, que je n'ai pas encore lu (je plaide coupable), raconte le parcours de cet avocat médiatique dans l'univers du vin naturel, au travers des différentes affaires concernant des vignerons qu'il a eu à défendre (Olivier Cousin ou Alexandre Bain, entre autres). On pourra d'ores et déjà rajouter un chapitre lors de la prochaine réédition, avec l'affaire ubuesque qu'est en train de vivre Sébastien David, sommé de détruire un lot de 2000 bouteilles de sa cuvée Coef, élevée en amphore, pour cause d'acidité volatile au delà du seuil autorisé retrouvée lors d'une analyse ponctuelle, un résultat infirmé par deux contre-analyses effectuées par le vigneron à ses frais. Une pétition destinée à le soutenir est devenue virale en récoltant pas loin de 100000 signatures en moins de 3 jours. Surtout, ne vous privez pas, allez la signer!

 

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L'anthropologie et le vin sont au cœur de deux ouvrages sérieux, fondamentalement différents, mais qui se rejoignent un peu sur le sujet: comprendre les motivations qui poussent certains vignerons à élaborer du vin nature, parfois au mépris de certaines réalités économiques. La corne de vache et le microscope, de Christelle Pineau, aux Éditions de la découverte, en est une, de découverte. De cette longue balade au cœur du vignoble, l'auteure, docteure en anthropologie sociale et ethnologie, livre une réflexion étayée sur le mode de vie et de travail de ces vignerons parfois hors normes, avec une longue escale dans le Minervois, au Petit domaine de Gimios. Un livre passionnant! Stéphane Olivesi, professeur en sciences de l'information et de la communication à l'Université de Paris-Versailles, a entamé une longue étude sur les hommes (et évidemment aussi les femmes, je suppose) qui font le vin aujourd'hui. De l'élaboration à la commercialisation, en passant par le marketing, la critique, la marchandisation et la consommation, il s'interroge sur tous les rouages qui mènent le monde actuel du vin, sans omettre de souligner et d'analyser les poches de résistances existantes, notamment le monde des vins naturels. Du vin et des hommes, une économie symbolique du goût est un ouvrage tout aussi passionnant que le précédent, publié aux Presses Universitaires de Grenoble, qui aura peut-être un prolongement au travers du regard des communicants d'apparition plus récente, comme les blogueurs ou influenceurs des réseaux sociaux, après une longue interview téléphonique réalisée avec lui l'été dernier. Le blog d'Olif étudié à l'université, voilà qui ne manquerait pas de panache!

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Les Éditions Libre & solidaire continuent leur travail de mémoire du vin en rééditant deux ouvrages initialement parus aux Éditions du Sang de la Terre. Le vin au naturel, de François Morel, indispensable ouvrage pour comprendre cette viticulture au plus près du terroir, dans une édition actualisée et augmentée qu'il fait bon relire pour réviser un peu, et Le vin du ciel à la Terre, de Nicolas Joly, qui livre des clés pour mieux appréhender la biodynamie sans couler en serrant (les quoi?). Deux livres qui font référence dans leur domaine et qui devraient passionner tous les partisans de l'une ou l'autre approche, tout à fait compatibles.

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Pour être tout à fait précis, il ne faudrait pas omettre la publication récente aux Éditions Homo Habilis du Grand Précis des Vins au Naturel, de Stéphane Lagorce. De quoi largement compléter avec précision ses connaissances en matière de vin naturel.

 

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Et pour les amateurs de Jura, en italien dans le texte (mais aussi en anglais), ce petit guide de poche sur les vins du Jura, écrit par Daniela Paris, aux Edizioni Estemporanee, se concentre sur la quintessence des vignerons bio jurassiens, présents au salon du Nez dans le Vert, sans oublier de citer les derniers venus, dignes d'un grand intérêt, comme Bruno Bienaimé ou Nicolas Jacob.

Commentaires

  • C'est une tendance très actuelle. Quelle est la meilleure lecture si on veut se plonger dans le vin au naturel ?
    Mais surtout pas d'autodafé pour se réchauffer :-)

  • Pour se plonger dans le vin naturel de la façon la plus pédagogique, je dirais le Grand Précis. Pour une approche plus approfondie, le François Morel. Pour une étude globale des tenants et des aboutissants, la Corne de vache. Pour l'histoire et les enjeux, la Plaidoyer. Tous, en fait, quoi! Sinon, en mode BD, il a les Pur Jus, de Justine et Fleur, ou, pour résumer tout ça, le Manifeste et le Manuel d'Antonin Iommi-Amunategui.

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