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Vert comme le Jura, bleu comme l'affiche du Jura vert, celui qui a le nez dedans et qui en est fier. 14,6% des vignes du Jura sont en bio, soit plus du double de la moyenne nationale. On n'en attendait pas moins du département réputé le plus vert de France. De là à en faire état et faire salon, il n'y avait qu'un pas...
Dimanche 25 et lundi 26 mars se tiendra la deuxième édition du salon des vignerons bio jurassiens. Au château de Gevingey, dans le Sud-Revermont, au cœur des Côtes du Jura méconnues, qui recèlent pourtant de nombreuses pépites viniques biologiques. Ganevat, Labet, Buronfosse, Champ Divin (ex Champ d'étoiles), Marnes Blanches et plein d'autres, que l'on se réjouit de découvrir (dont le premier millésime d'un certain Kenjiro, bien connu de certains alsaciens). Une sympathique alternance Nord-Sud (la précédente édition a eu lieu en Arbois au Domaine de la Pinte) bienvenue, que les Arboisiens ne bouderont pas, bien au contraire.
Toutes les infos pratiques se trouvent sur le site d'un salon où il fera bon se ressourcer, tandis que d'autres préfèreront pourtant se gaver de gamay dans le Beaujolais, à la Beaujoloise, la Biojolaise ou encore la Beaujol'Art.
Pendant ce temps, les Grenoblois n'auront pas beaucoup de kilomètres à faire s'ils veulent partir à la rencontre des vins naturels. Leur salon prend du galon et s'installe durablement dans le paysage des endroits où il ferait bon aller, s'il n'y avait tant de concurrence ce week-end-là!
Bien Boire, en Beaujolais, en Jura ou dans le Dauphiné, ce ne sera pas très difficile, à la fin mars...
C'est devenu un cliché tendance pour apprécier le vin "nature", il faut souvent passer le cap du nez. Un écueil loin d'être insoluble, lorsque l'on a envie de toucher au graal vinique avec sa langue, et d'autant moins compliqué à franchir que bon nombre de vins dits "nature" sont de plus en plus civilisés. La sélection de vignerons effectuée par Luc et Gilles Carpentier pour le salon de Séclin (59) ne va pas piocher parmi le vin "nature" le plus trash et réalise un judicieux mix entre quelques membres de l'AVN, des biodynamistes convaincus, des bios de la première heure, et d'autres vignerons, soucieux autant de leurs sols que de la viabilité économique de leur entreprise. Le tout, parrainé par Le vin de mes amis et, depuis deux éditions, associé au Blog d'Olif, ce qui est une joie et un honneur. Et aussi un plaisir, celui d'effectuer désormais rituellement, au printemps, la route jusqu'à Lille pour un grand moment de convivialité et de retrouvailles.
Bienvenue chez les Ch'tis, ceux qui ne font pas du ski, mais clapent de la langue au pied des terrils. La route du Nord est parfois semée d'embûches, elle s'est faite par étapes progressives. Cette année, la virée lilloise a nécessité un crochet par Colmar, mais pas pour se gondoler sur la Petite Venise, avant de passer par Nancy et une étape Rue de la Soif, à L'Échanson, haut lieu, aussi stimulant que bruyant, de la vie vinique lorraine. Un Bourgogne Épineuil 2010 de Nicolas Vauthier, servi en magnum et à l'aveugle, a trompé son monde, mais pas tous. Gamay (du Beaujolais), pineau d'Aunis (de Loire) ou pinot noir (d'Alsace), les supputations sont allées bon train, avant d'atterrir en Mâconnais, chez Julien Guillot. Encore perdu, mais plus conforme.
Garder le cap, c'est une obsession. Et puis le dépasser. Pour se rendre à Vins nature en Nord, à l'espace Napoléon de Seclin. Passer le cap du nez...
Cap Blanc-Nez, les mouettes piaillent en direction de l'Angleterre, ce qui n'empêchera pas le XV de France de marcher sur une épine.
Cap Gris-Nez, légèrement embrumé, légèrement enrhumé, mais sans excès. Cap passé, mais sans y être allé.
Cap Rouge-Nez, au salon de Séclin, mais avec modération évidemment, car si on a beaucoup goûté, on a aussi beaucoup craché. Des belles choses, évidemment. S'en souvenir et ne pas oublier les autres. Priorité aux Filles, une symphonie de Chignin-Bergeron 2010 chignée Gilles Berlioz.
Priorité aux filles toujours, avec Frédérique Barriol-Montès et ses 2004 du domaine de la Casenove, qui se goûtent à merveille, à l'image de cette cuvée Commandant Jaubert 100% syrah, dont une goutte a malheureusement dû tomber par terre, on la cherche encore. S'Arena est issue d'un accident climatique qui a donné naissance à un passerillage précoce de muscat sur souche. Caractère oxydatif, style vin de paille, belle fraicheur, sucrosité discrète, voilà un bien joli vin.
Priorité aux filles encore, avec un petit clin d'œil à Monsieur Mosse, le chouchou d'une grande partie de ces dames, "en plein boulot, avec sérieux et une certaine classe", qui produit des vins blancs à marquer au rouge fer, comme cet Anjou 2010 le Rouchefer, justement
Priorité aux filles, encore et toujours, avec les Bonichons 2010 de Philippe Peulet, du gamay 95C qui soutient bien la gorge, quand il y glisse avec volupté. Ce lieu-dit abritait naguère une maison entièrement dédiée aux nourrices, à qui l'on amenait la marmaille à téter, mais pas encore du gamay, il faut croire.
Priorité aux filles, avec Marie Lapierre, et ses toujours gouleyantes cuvées de Beaujolais. La prime à un épatant Morgon 2011, qu'il fallait se dépêcher de goûter pendant qu'il y en avait encore.
Priorité aux filles, enfin, avec Hortense et Honorine, deux jolis sauvignons 2010, l'un de Touraine, l'autre de Ménetou-Salon, vinifiés par Albane et Bertrand Minchin, vigneron pragmatique et homme de convictions. Une gamme très cohérente, en blanc comme en rouge, et qui fait plaisir à boire.
Et puis tant d'autres, du Bandol La Tour du Bon d'Agnès Henry au Pomerol Gombaude-Guillot de Claire Laval, en passant par les bulles magiques de Delphine Richard, en Champagne. Même s'il n'y avait pas que des filles, à Séclin, certaines étaient accompagnées.
Le Salon Vins nature en Nord ne serait pas le même sans ses soirées d'exception, comme le grand repas vigneron qui s'est tenu à la Laiterie, et l'indispensable after de clôture à L'Huitrière, où le tandem Giboulaureau ne manque jamais de se distinguer, après avoir ingurgité une ou deux crêpes Suzette flambées.
C'est le sujet tendance du moment. Depuis que Bruxelles a (enfin?) acté son existence, on ne pourra plus se réfugier derrière un soit-disant problème de terminologie pour réfuter le "vin bio".
Nouveau logo du "vin bio" européen
Paradoxalement, cette nouvelle, potentiellement réjouissante, laisse dans le même temps dubitatif. La porte est désormais grande ouverte à un vin "bio industriel", réclamé par tous ceux qui ont vu le profit que pouvait engendrer une telle pratique, apte à répondre aux attentes du consommateur, de plus en plus soucieux de manger sain, tout en continuant de remplir son caddie à ras-bord. Bruxelles n'est certainement pas là pour encourager les bonnes pratiques artisanales, il ne faut pas se leurrer. Bruxelles est là pour favoriser la rentabilité économique dans une (relative) transparence, en imposant une charte moyennement restrictive, de la vigne à la cave. Si cela permet une diminution de l'utilisation de produits toxiques pour l'environnement, tant mieux et pourquoi pas? Mais il n'y a cependant pas grand risque que cela change les habitudes de tout ceux qui pratiquaient le bio par conviction depuis longtemps, et dont la charte personnelle, contrôlée par des organismes certificateurs indépendants, est beaucoup plus restrictive.
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La suite, c'est sur Fureur des vivres, même si une grande partie de ce billet a déjà été publiée ici...
C'est le sujet tendance du moment. Depuis que Bruxelles a (enfin?) acté son existence, on ne pourra plus se réfugier derrière un soit-disant problème de terminologie pour réfuter le "vin bio".
Nouveau logo du "vin bio" européen
Paradoxalement, cette nouvelle, potentiellement réjouissante, laisse dans le même temps dubitatif. La porte est désormais grande ouverte à un vin "bio industriel", réclamé par tous ceux qui ont vu le profit que pouvait engendrer une telle pratique, apte à répondre aux attentes du consommateur, de plus en plus soucieux de manger sain, tout en continuant de remplir son caddie à ras-bord. Bruxelles n'est certainement pas là pour encourager les bonnes pratiques artisanales, il ne faut pas se leurrer. Bruxelles est là pour favoriser la rentabilité économique dans une (relative) transparence, en imposant une charte moyennement restrictive, de la vigne à la cave. Si cela permet une diminution de l'utilisation de produits toxiques pour l'environnement, tant mieux et pourquoi pas? Mais il n'y a cependant pas grand risque que cela change les habitudes de tout ceux qui pratiquaient le bio par conviction depuis longtemps, et dont la charte personnelle, contrôlée par des organismes certificateurs indépendants, est beaucoup plus restrictive.
Face au rouleau compresseur d'une pensée vinique unique et bien pensante, il est plus que jamais utile de défendre de vraies valeurs et de revenir aux fondamentaux. Le vin est un produit issu de la fermentation naturelle du raisin, sous contrôle de l'homme, mais nul n'est besoin d'une panoplie de petit chimiste pour en produire du bon. Les néo-vignerons qui s'y essaient, par philosophie et conviction plus que par idéologie, se sentent abandonnés de tous les côtés, bataillant pour l'agrément, parce que leurs vins auraient un profil déroutant pour des palais habitués depuis des décennies à leur dose de sulfites et à des arômes préfabriqués par les méthodes de vinification et les marchands de levures. Le déclassement peut alors être une solution mais n'est pas une fin en soi. Dur de renoncer à ses origines quand on se sent bien ancré dans un lieu et un terroir. Et on se demande également pourquoi, les deux types de vins (bio et non-bio) doivent systématiquement être opposés sans pouvoir cohabiter en bonne intelligence. Pour preuve, les vins d'un Pierre Overnoy, par exemple, qu'aucun dégustateur digne de ce nom ne saurait dénigrer sans se discréditer, tant ils font partie des plus grands, même sans une once de soufre dedans depuis plus de 20 ans. Quoi que puisse en dire à ce sujet, avec insistance dernièrement, Michel Chapoutier, dont on aimerait pouvoir penser autant de bien des siens après autant d'années, malgré leur sulfitage excessif.
Le vin "naturel", "nature", "vivant", "libre", quelque soit le qualificatif qu'il essaie d'adopter ou que l'on essaie de lui donner, pour exprimer sa différence et son style, sans heurter la sensibilité de vignerons conventionnels qui ne travaillent pas selon cette approche et qui ne veulent pas que soit sous-entendu qu'ils puissent avoir recours à des procédés et/ou des produits technologiques (restons polis), fait de plus en plus d'émules. Même s'il reste encore largement minoritaire. Indispensable alors d'encadrer son élaboration pour un maximum de crédibilité. L'Association des Vins Naturels, émanation d'un groupuscule de vignerons-penseurs (Marcel Lapierre, Pierre Overnoy...) s'est donnée pour mission d'arriver à un idéal: un vin sans intrant chimique, bio-logique et/ou biodynamique, à la vigne comme à la cave. Avec un niveau d'exigences élevé pour tenter de garantir une certaine qualité. On peut faire du vin "nature" sans adhérer à l'AVN, on ne peut pas adhérer à l'AVN si on ne fait pas du vin "naturel". La charte élaborée par les vignerons eux-mêmes se veut de plus en plus restrictive, même si elle n'est garante que de la manière dont le vin a été produit. S'en inspirer ne peut qu'être une bonne chose, s'en réclamer n'est aucunement une obligation. Juste un équivalent de certification qui permet aux vignerons affiliés d'avoir un poids plus important pour affirmer la réalité de leur vin "naturel".
Le vin "nature", c'est comme le yaourt. Sans ajout d'aucune sorte, et personne n'est obligé d'en boire. Mais quand on y a goûté et que l'on a aimé, il faut reconnaître qu'il est difficile de faire marche arrière. Forcément, il y en a des bons et des moins bons, des plus ou moins réussis, mais rien n'empêche l'amateur ou le professionnel de faire preuve de discernement, sans rejeter en bloc un processus qu'il a du mal à assimiler. À quoi peut bien servir la critique vinique, sinon à ça?