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Quartiers libres... - Page 14

  • Un vrai temps de biathlète!

    Mardi 28 février 2006! -4,5°C, un blizzard plutôt glacial! Une fine poudreuse, tombée toute la journée sur un grand quart Nord-Est, Haut-Doubs compris, continue de blanchir le paysage! Toute une région à l'unisson!

    De retour d'une virée castelchalonnaise (j'y reviendrai ultérieurement!), dans des conditions de circulation difficiles, je ne suis même pas en retard pour voir débarquer les champions de tout un pays, celui du Haut. Pareille fête ne se manque pas! De la cancoillotte, du Château-Chalon et des Jeux (oui mais Olympiques!), tel est mon crédo!

    L'organisation ne s'est pas laissée déborder par l'improvisation! Les jeunes pousses du CSRP et de l'ESSM ont répondu "Présent!" pour une haie d'honneur aux couleurs de leur club respectif. Les télés et les radios sont là, la presse écrite aussi (et même www.cancoillotte.net!). Les offices de tourisme se frottent les mains, les projecteurs allumés sur les médaillés olympiques équivalent à 10 années de communication sur le terrain!


    Le public n'a pas manqué le rendez-vous, évidemment, plus de deux mille personnes venues acclamer "leurs" champions! Après le défilé aux flambeaux en ville, les discours en mairie, la ola au balcon, direction l'Espace Pourny pour un verre de l'amitié, agrémenté de charcuterie et de Comté. Pas de "Pont", mais de la bière pression, histoire d'évacuer celle des athlètes! Les kids, eux, peuvent se livrer à une foire d'empoigne lors de la séance de dédicace, qui tournera un peu court pour cause de timing serré! A 21 heures, il faut partir pour une nouvelle réception protocolaire, dans le Saugeais cette fois, à Lièvremont, patrie de la Flo. Dans cette épreuve musclée, chou blanc pour Olif Jr, une seule signature pour sa soeur, et même pas celle d'un médaillé!  Alexandre Rousselet, quand même! Monde cruel pour les enfants, qui ont tout juste pris le temps de se ravitailler au buffet, dans l'espoir souvent déçu d'un autographe!


    Mais ce n'est pas fini, car demain, les jeunes pousses du CSRP accompagneront une nouvelle fois les champions dans leurs parcours du combattant diplomatique, au Conseil Général du Doubs, cette fois. Un véritable apprentissage des à-côté de la future vie de champion olympique!


    Olif, biathlète à ses heures!

  • Hervé Bizeul "goûte" Jean-Marc Quarin goûtant Walden...

    Du rôle du critique, de son pouvoir, de celui qu'il aimerait avoir sur le vigneron...

    De la volonté du vigneron, de son pouvoir, de celui qu'il a sur le critique...

    C'est ici que ça se passe!

    En ce qui me concerne, et pour l'instant, jusqu'à preuve du contraire, je préfère les vins de vigneron aux vins de critique!

    Olif, dans une forme qu'il espère aussi olympique, boosté par les médailles de ses compatriotes haut-doubiens aux JO de Turin!

  • Règlement de comptes à QDC corral?

    "... Issus d’une vendange très riche, ils manquaient cruellement (du moins pour ma sensibilité) de pureté, de fraîcheur et surtout d’expression précise du millésime et du terroir.J’ai du mal à comprendre les commentaires dithyrambiques de certains experts à leur sujet, sauf à admettre que nous ne sommes pas d’accord sur ce que nous appelons pourriture noble ! La viticulture et la vinification risquent d’être plus rigoureuses et soignées à l’avenir !..."

    Petite entorse à ma volonté de ne pas vouloir polémiquer sur mon Blog, mais il est des petites phrases assassines et un peu pourries qui manquent singulièrement de noblesse également!

    De quoi-t'est-ce qu'il retourne exactement? De l'appréciation que Michel Bettane porte sur le Château de Suronde, dans les Quarts-de-Chaume, et plus particulièrement sur les années Poirel, qui se sont achevées fin 2005 avec la vente du domaine. Francis Poirel, "vigneron idéaliste et idéalisé " par ses fans, soignait pourtant plutôt bien sa viticulture, certainement mieux que d'autres domaines de l'appellation au top du palmarès bettanien. Et en matière d'expression précise du terroir et du millésime, Francis se posait plutôt là, ne cherchant pas à corriger technologiquement les déficiences de la nature! Comment un dégustateur aussi chevronné que Michel Bettane peut-il passer autant au travers de la qualité des vins d'un tel domaine et d'un tel vigneron, voilà un mystère qui n'est pas prêt d'être éclairci! En tout cas, je ne goûte décidément pas ces vins-là comme lui, c'est normal, vous me direz, je ne suis qu'un modeste amateur idolâtre!

    Ce qu'en pense M. Bettane:
    2003 : 10/20 ("oxydation, boisé intempestif et vulgaire...")
    2002 : 11/10 ("notes plus jurassiennes que ligériennes, boisé pas complètement net...")
    1999 : 10/20 ("nez de pomme pas très net, noyé sous le boisé, acidulé, impur...")
    1998 : 16/20 (ouf !)
    1997 : 10/20 ("bouquet de pomme amère, absence de finesse et de pureté...")

    (P.S.:merci à Luc Javaux à qui j'ai emprunté sans le lui dire sa petite synthèse des notes de M.B.. Tu ne m'en veux pas, hein, Luc? grinning smiley)
    (P.S.2: je viens seulement de relever les notes jurassiennes qui ne valent que 11/20!)

    Et ce que j'en ai pensé, lors de l'intégrale réalisée lors des Rencontres Vendéennes en 2004:

    Quarts-de-Chaume 1995:*****

    Année très sèche à l'origine d'un passerillage des raisins. La robe est dorée, brillante. Le nez est intense, terpénique débutant et confit, abricot sec, pâte de coing. La bouche est vive, portée par une belle acidité, longue. Minéralité et fruits secs s'expriment en rétro-olfaction. Très longue persistance! La barre est placée très haut pour une entrée en matière!

    Quarts-de-Chaume 1996:*****

    Année à botrytis. Si la robe est similaire, le nez est moins aromatique, plus minéral (graphite). S'y ajoutent des notes de coing. La bouche est un peu plus molle mais plus intense, plus profonde et plus grasse. La richesse se révèle dans le temps et dans la finale. Difficile de trancher entre 95 et 96! Lequel préférer? Sans aucun doute les deux, qui reflètent magnifiquement les différences entre millésimes.

    Quarts-de-Chaume 1997:******

    Ce millésime est en fait la somme des deux, puisque la chaleur de l'été a fait passeriller les raisins qui se sont gorgés à nouveau d'eau avec les pluies de septembre et le botrytis s'est finalement installé par la suite. Le nez d'abord un peu réservé, se livre par petites touches, hésitant entre la minéralité, le confit et le botrytis. Ce qui ne fait que le rendre plus complexe, en fait. La bouche est onctueuse mais fraîche, s'amplifie progressivement, la liqueur s'étale pour se fondre dans une finale en queue de paon. J'en suis bouche bée! Un vin grandissime qui ne souffre certainement pas d'un excès de manque de soufre!

    Quarts-de-Chaume 1998:***

    Année pluvieuse dans laquelle produire un vin liquoreux s'est révélé être un tour de force! Le nez est très original, pour ne pas dire surprenant, sur des notes de cake au rhum et aux raisins. Une vraie gourmandise qui évolue par la suite sur de la quinquina et de l'orange amère. La bouche est légèrement déséquilibrée avec une perception du sucre trop importante, mais dans le contexte, c'est un vin plus qu'honorable.

    Quarts-de-Chaume 1999:****

    Nez frais, légèrement mentholé, sur la cire et le miel. Une grande richesse en glycérol, donc, mais une fraîcheur bien présente grâce au menthol et à l'acidité.

    Quarts-de-Chaume 2000:**

    Encore un nouveau nez, pas le plus réussi, mais le millésime fut assez calamiteux. Des notes iodées, pharmaceutiques s'imposent à moi et ne me quittent plus. La bouche est épicée, un peu alcooleuse avec une finale dissociée et une rétro iodée.

    Quarts-de-Chaume 2001:*****

    Très acidulé, limite citronné, on décèle déjà de la minéralité (mine de crayon) et des notes confites d'abricot. La bouche est encore un peu dissociée mais la liqueur est belle. A attendre et ça devrait être très beau!

    Quarts-de-Chaume 2002:****(*)

    Echantillon tiré du fût. La robe est à peine trouble et le nez s'ouvre sur des notes fermentaires de pomme de bois. La liqueur est rafraîchissante et la finale très acidulée.

    Quarts-de-Chaume 2003:****(*)

    Tiré du fût également, la robe est trouble, le nez également fermentaire, sur la pomme, le cidre. A l'oreille, on entend la mer! Le vin pétille joyeusement. La bouche est grasse, riche et onctueuse, très concentrée avec une belle acidité et une finale fraîche. Un vin impressionnant qui devrait faire un malheur dans quelque temps!

    Quarts-de-Chaume 2003, cuvée Victor et Joseph:******

    Le coeur des Quarts, 29° potentiel! Liquoreux de l'extrême, 360 g de SR, 6° d'alcool, il possède une richesse énorme et la bouche reste fraîche malgré tout ce sucre! Un véritable PMG dans les Quarts!

    Et lors d'une dégustation récente du millésime 2002:

    Quarts de Chaume 2002, Château de Suronde

    Dsc02476La robe est joliment dorée, comme une botte de paille en plein été. Le nez est d’une grande pureté, confit, botrytisé, et en même temps d’une grande minéralité. La bouche est droite, pure, sur le zeste de fruits confits, citron et orange, à la manière d’un florentin, mais sans le chocolat. Un équilibre éblouissant, d’une fraîcheur intense. Si j’avais été seigneur moyen-âgeux en Anjou, je me serais battu pour en avoir, de ce « quart de la récolte pendante sur le revers du coteau exposé au midi», et particulièrement dans ce millésime 2002,Dsc02478 l’antepénultième de Francis Poirel au Château de Suronde. Souhaitons-lui bonne chance pour la suite, et également bonne chance à son successeur qui devrait travailler dans le même esprit.

     




    Je me demande si je ne vais pas ouvrir un 2003 bientôt, moi!

    Olif

  • Saint-Point on the Rocks!

    Allez! Encore une petite bouffée d'air frais du Haut-Doubs, un ou deux morceaux de glace à ajouter dans le Martini du dimanche midi, pour qu'il soit "On the Rocks"!

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    Saint-Point, 3ème plus grand lac naturel de France, après Le Bourget et Annecy, mais première patinoire naturelle quand une météo anticyclonique et polaire suffisamment durable le permet!

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    Ce soir, je m'autoriserai peut-être un Single Malt à l'apéritif,...mais évidemment sans glace!

    Olif

  • En route pour la gloire...!

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    Le phénomène blog, loin de s'essouffler, suscite de l'intérêt chez les journalistes, qui se livrent à une véritable enquête sociologique: mais qui sont-ils, ces blogueurs fous, comment vivent-ils, comment font-ils pour se reproduire aussi vite, sont-ce des lapins, qu'est-ce qui les motive, et Dieu dans tout ça? Pourquoi tant d'individualisme et de narcissisme, avec parfois photo en première page (it's a private joke, le "philosophe" qui m'a reproché ça se reconnaîtra, si toutefois il me lit, ce dont je ne suis pas sûr, et sourira, ce dont je doute complètement, tant mon humour est trop décalé pour lui!)?

    Mais en fait, la véritable vedette de cet article de L'Est Républicain du 12 janvier 2006, ce n'est pas moi, ni la dame en photo, mais bel et bien Emilie, la jeune maman bisontine, qui témoigne de cette envie de partage, de rencontre virtuelle, et qui dans sa grande bonté, me gratifie de quelques miettes de sa gloire éphémère!

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    Grâce à nous deux, "la gastronomie franc-comtoise s'impose sur la toile mondiale", Emilie, et j'ai ouvert ce soir à ta santé un Arbois Trousseau 2003 de Stéphane Tissot, une véritable petite bombe  gourmande, un vin rond, séveux et plein, fruité et épicé! Je pense qu'il te plairait!Photoblog

    Tchin!

    Olif

  • Janvier 2006, un hiver de carte postale, dans le Jura!

    Petite parenthèse extravinique qui m'a été suggérée par Raymond. Pour un peu, on se croirait sur le Blog d'Olif, version Cancoillotte! C'est le moment de concilier plaisirs de la table et activité physique de pleine nature (APPN, pour ceux qui ont des enfants au collège), une discipline à encourager pour retrouver le goût de l'authentique. L'hiver 2006 effectue pour l'instant un sans faute (neige, froid et soleil), rendant la pratique du ski agréable, régénératrice et dynamisante. Des paysages de carte postale, mais qu'on peut apprécier "en vrai" si on s'en donne la peine. Et cela décuple le plaisir de manger et boire ça après (voir ci-dessous)!



    Une nature encore vivante, mais plus pour bien longtemps! L'exercice, ça creuse!


    Alors, pour le plaisir des yeux, quelques photos prises aujourd'hui, les skis aux pieds, du côté des Fourgs et du Mont de l'Herba!



    La combe du Vourbey, un boulevard étonnamment désert par une telle journée, en semaine il est vrai! Le week-end et en période de vacances scolaires, on y rencontre en principe autant de monde que sur les Grands Boulevards parisiens!


    La terrible montée de l'Herba, celle qu'il ne faut faire que lorsque l'on a quelques km dans les jambes! Sinon, on peut quand même la monter tranquille! On finit toujours par y arriver, en prenant le temps!


    Parce que, quand on arrive en haut, on voit ça! Et ça vaut vraiment la peine d'en baver un peu! Le Suchet, les Aiguilles de Baulmes, le Chasseron, toute la chaîne jurassienne vaudoise s'offre aux regards


    Le Chalet de L'Herba, 1263 m, avait rendez-vous avec la lune, aujourd'hui!


    Le Mont Blanc, c'est bien dans le Jura, non? Pas bien loin à vol d'oiseau, en tout cas!

    Alors, si le coeur vous en dit, ne vous privez pas (je ne suis pas en mesure de garantir les conditions météo, néanmoins!), cela pourrait aussi être l'occasion de goûter à nombre de vins du Jura, voire de faire étape sur les premiers coteaux du Revermont, à l'aller et/ou au retour, pour remplir le coffre des trésors du Jura!

    Ceci n'était pas un communiqué de l'Office du Tourisme du Haut Doubs, juste l'envie de partager ces quelques cartes postales!

    Olif

  • La table du 7

    Emilie du blog d'une jeune maman   m'invite à répondre au questionnaire des 7 choses. Avant c'était 5, maintenant c'est passé à 7. Le prochain coup, si c'est 9, je passe! :-)

    7 choses que vous voulez faire avant de mourir :

    Je voudrais pas crever
    Avant d'avoir connu

    1) Les chiens noirs du Mexique
    Qui dorment sans rêver
    Les singes à cul nu
    Dévoreurs de tropiques
    Les araignées d'argent
    Au nid truffé de bulles

    Je voudrais pas crever

    2) Sans savoir si la lune
    Sous son faux air de thune
    A un côté pointu

    3) Si le soleil est froid

    4) Si les quatre saisons
    Ne sont vraiment que quatre…

    5) Sans avoir essayé
    De porter une robe
    Sur les grands boulevards

    6) Sans avoir regardé
    Dans un regard d'égout …

    Je voudrais pas crever

    7) Avant d'avoir goûté
    La saveur de la mort...

    Merci à Boris Vian (et aux Têtes Raides, qui ont mis ce très beau  texte en musique et dans l’air du temps!)

    7 choses que vous faites bien :

    J’fais des trous,
    Des p’tits trous,
    Encore des p’tits trous!
    Des p’tits trous,
    Des p’tits trous,
    Toujours des p’tits trous.
    Des trous de première classe…

    J’arrête, là, ça fait 7, et merci au grand Serge!

    7 choses qui vous attirent chez le sexe opposé :

    Les 7 mains de ma femme!

    Eh! Oui, ma femme s’appelle Blanche-Neige!(c'est même pas vrai, en plus mais je ne recule devant rien pour faire mon intéressant!)

    7 choses que vous dites souvent :

    Atchoum! Prof! Grincheux! Joyeux! Dormeur! Timide! Simplet !

    Quand j’appelle les sept mains de ma femme…

    7 respects pour des personnalités :

    Atchoum, Prof, Grincheux, Joyeux, Dormeur, Timide et Simplet !

    Si petits, et pourtant...

    7 personnes dont vous aimeriez qu’elles répondent à ce questionnaire :

    Atchoum, Prof, Grincheux, Joyeux, Dormeur, Timide et Simplet !

    Bon, je reconnais, je triche un peu, surtout vers la fin! Mais ça vaut quand même, non? ;-) L'essentiel est de participer!

    Olif

  • 2006, une année qui commence pas trop mal…

    Mieux qu’elle n’a fini en tout cas! De la soirée « Raquelette(s) » initialement prévue pour le réveillon, la sortie raquettes est tombée à l’eau, une pluie glaciale, qui a fait fondre et tasser le manteau neigeux jusqu’à 1600 mètres d’altitude. Heureusement, il nous est resté la raclette (aux trois fromages, Morbier, chèvre et raclette traditionnel) et la bonne humeur. Après les 12 coups de minuit et la bise à l’assemblée, pour accompagner la bûche Polynésienne, chocolat et fruits exotiques, en provenance des « P’tits Gourmands » à Pontarlier, l’année bacchique aurait pu commencer plus mal:

    Les Secrets du Château Palvié 2001 (photographiés le lendemain au soleil sur la terrasse), unDsc02723 véritable panier de gourmandise, tout ce que l’on est en droit d’attendre d’un vin liquoreux: de la richesse, de l’onctuosité, du sucre, de la fraîcheur, de la longueur, du bonheur, de la candeur (« c’est où ça, Gaillac? ») et un bel accord sur le dessert fruité acidulé.

    Et dans la nuit, la neige est revenue, permettant une petite sortie décrassage en ski de fond le 1er janvier au matin, avant de se réconforter avec un foie gras mi-cuit goûteux à souhait, une recetteDsc02729 pour feignant et cuisinier nul, celle-ci, d’une simplicité déconcertante et au Dsc02724résultat garanti. Merci Patrick! La cuisine comme je l’aime, la seule que je sais faire! Pour l’accompagner, un petit verre d’Amigne de vétroz Mitis 1999, de Germanier Bon Père, à Vétroz, un vin flétri hautement symbolique pour moi, celui de mes premiers pas dans le vignoble valaisan. Parfait! Harmonieux, équilibré, toute l'originalité et la richesse de l'amigne!

    Et pour terminer une petite salade de tourteau des Abers, en provenance directe de Prat-Ar-Coum (leDsc02730 tourteau, pas la salade!), un verre de Chardonnay du Chili, Cuvée Alexandre 2001 de Casa Lapostolle, un moins bon choix que les précédents, en fait, un vin trop riche, s’ouvrant sur des notes exotiques un peu artificielles, trop opulent, avec une amertume finale du fait de sa grande richesse en glycérol, un style international que je n’affectionne pas particulièrement, même s’il faut reconnaître que ce vin technique est plutôt bien réalisé. Mais comme j’ai appris par le passé que le Chardonnay chilien n’en était qu’à ses balbutiements…!

    Au travers de ces trois vins, je voudrais souhaiter une Bonne année 2006 à toute la famille blog, vin et gastronomie, à tous les amis vignerons, blogueurs ou non, à tous les dégustateurs et à tous les passionnés, sans aucun sectarisme, à tous ceux qui arrivent sur ce blog, volontairement ou non. Une année qui s’annonce déjà riche en événements liés au vin, à commencer par LCL, la grande rencontre pipettienne autour du ch’nin à Savennières, organisée par PhR.

    Bon vin à tous,

    Olif

  • L’homme est-il bon?

    A cette question hautement philosophique, plusieurs réponses sont possibles suivant que l’on est (biffer les mentions inutiles) : misanthrope convaincu, anthropophage pratiquant, hédoniste pur et dur, terroiriste patenté ou vigneron exalté!

    Petite parenthèse, ce titre, je l’ai emprunté au grand dessinateur Moebius. C’est celui d’une historiette de science-fiction où un humain de l’espace se fait attaquer, capturer, déshabiller et croquer une oreille par une bande d’affreux extra-terrestres, mutants, cannibales et légèrement affamés. Oreille finalement recrachée avec dégoût, ce qui sauvera la vie à notre cosmonaute mais ne rassurera pas sur la véritable qualité de la nature humaine.

    Ces quelques réflexions suite à « l’état d’âme » d’Hervé Bizeul sur son passionnant blog. L’homme, le terroir, l’œuf, la poule, autant d’interrogations existentielles qui trouvent difficilement des réponses et qui font s’agiter beaucoup de langues, de plumes, de touches de clavier. Et ramènent ostensiblement à deux approches du vin que l’on veut toujours affronter, mais qui ne sont pourtant pas antinomiques, au contraire, car le plus souvent complémentaires. Un grand terroir ne suffit pas à produire un grand vin, ça, c’est une certitude, l’homme pouvant allègrement le massacrer! Comme un très grand vigneron ne produira tout au plus qu’un vin correct sur un terroir minable avec un cépage inadéquat. Vous me rétorquerez qu'un grand vigneron ne s'aventurera qu'exceptionnellement sur une terre à vaches pour y faire du vin, je suis d'accord! Mais ce qui compte, finalement, c’est de trouver un équilibre entre ces trois composants indispensables à l’élaboration du vin.
    Alors quand Hervé écrit que « la Bourgogne est pour (lui) le plus grave et le plus terrible exemple de l’échec de l’Appellation d’Origine Contrôlée », je ne suis pas d’accord, car si la responsabilité de cette déroute (qui reste par ailleurs à démontrer) est en premier lieu humaine, l‘homme passe et le terroir reste, défiant les siècles. La hiérarchisation des terroirs effectuée par les moines (parce que oui, il faut bien en revenir à eux, c‘est la force de l‘Histoire, même si ça en fera inéluctablement sourire certains!) était, et reste toujours, juste. Si actuellement on ne peut pas se fier au nom écrit en gros sur l’étiquette d’un vin de Bourgogne, c’est bien parce qu’il y a des gougnafiers qui cherche à gagner de l’argent à moindre mal, vivant sur des acquits qu’ils ne méritent nullement. Tout comme Pauillac ne suffit pas à garantir la qualité des vins en Bordelais, mais il est vrai que c'est écrit en plus petit que le nom du Château! Pas assez d’Histoire, trop d’Histoire, on devrait pouvoir trouver un juste équilibre sans se renvoyer systématiquement la balle et se mettre dos à dos!

    Cela me rappelle une anecdote vécue récemment en compagnie d’un collègue et néanmoins ami, Belge de surcroît (personne n’est parfait!), hédoniste et fervent humaniste, c’est à dire qu’il croit beaucoup en l’homme surtout quand il est bon vigneron. Anecdote croustillante que je m’en vais vous narrer derechef:

    Fraîchement attablés devant un verre, nous discutions à bâtons rompus de l’homme, le terroir, tout ça, quoi!, ce qui fait tourner le monde du vin, en fait!

    - « Allons, mon bon ami, me dit-il (dans un style pas aussi littéraire que cela, c’est juste pour rendre le récit plus cocasse), tout amateur de vin qui se respecte viendra s’enquérir chez son caviste de la disponibilité des Gouges ou des Roumier, dans le millésime 2003, et en aucun cas de vins de Nuits-Saint-Georges ou du Clos Vougeot! Que nenni, palsambleu! »

    Sur ces entrefaites, deux personnes bien faites, propres sur elles, poussent la porte du caveau où nous effectuions une dégustation et s’enquièrent auprès du caviste (en vrai, de façon moins littéraire et même pas moyenâgeuse, toujours pour les mêmes besoins du récit):

    - « Hola!, Tavernier, auriez-vous une bonne pinte de Clos Vougeot à nous proposer céans? »

    Fin de l’anecdote croustillante, qui, allez comprendre pourquoi, me met systématiquement en joie quand j‘y pense!

    Alors, me direz-vous, rien ne dit que ces deux types étaient des amateurs dignes de ce nom. Effectivement, on est en droit de se le demander, mais point de jugement hâtif sur des gens que l’on ne connaît pas! Cela prouve quand même bien la force de l’impact d’une appellation comme Clos Vougeot, qui ne devrait pas, je suis d’accord, avoir autant de disparité sur 50 petits hectares, surtout si on les compare à la taille d’un seul château bordelais (Lagrange, 110 ha, à titre d’exemple). Valoriser son patrimoine en Bourgogne passe nécessairement et logiquement par la mise en avant de ses terroirs et de son Histoire, dont on ne peut faire table rase, ce serait misère! En Languedoc-Roussillon, par contre, (presque) tout est à faire! Quel beau challenge! La Petite Sibérie est en passe de devenir aussi célèbre que n’importe lequel des grands crus bourguignons! Grâce à Hervé, c’est sûr, rendons-lui justice, même s’il n’est pas cistercien, et même pas moine non plus, mais aussi parce que c’est certainement un terroir magnifique, au sens large, avec ses caractéristiques propres qui permettent l’expression de la quintessence du grenache.

    L’homme passe, le terroir reste. Alors, pour une plus grande reconnaissance, culturellement parlant, des vins, du travail des hommes, des appellations, peut-être y aurait-il intérêt à bien les mettre en valeur, ces terres à vignes, non?

    Et comme à titre personnel, je suis plutôt polyvalent, je me régale aussi bien de Languedoc tombé du ciel que de Pommard et Volnay aériens!

    Olif

  • ...toute une confiture à fromages! (De quoi en faire ...)

    Petite aventure sur les terres de Manu, pas de quoi en faire tout un fromage, j'espère!

    Fromage et confiture sur la même tartine, et pas au petit déjeuner, une idée qui fait petit à petit son chemin! L'Ossau Iraty et la cerise noire d'Itxassou avaient ouvert la voie, maintenant, à chaque fromage (ou presque!) sa confiture!

    Pas si bête que cela, en fait, à partir du moment où le vin y conserve sa place. Parce que du fromage sans vin..., vous voyez ce que je veux dire!

    Alors j'ai testé pour vous:

    - Confiture de coing et pomme aux trois épices avec un vieux Stilton et un Banyuls Rimage 2002 du Cellier des Templiers,

    - Confiture de figues, laurier et raisins secs avec un Mothais, fromage de chèvre sur feuille en provenance de la Sèvre Niortaise, et Tombé du Ciel 2003, grenache noir surmaturé du Mas Mortiès,

    - la même avec des petits chèvres secs  Chevrigny format apéritif et L'inattendu 2004 du Clos du Gravillas en Minervois.

    Eh! bien, c'est bon! La gamme des confitures se décline encore avec d'autres parfums que je n'ai pas mémorisés, destinés à accompagner d'autres fromages (camembert, tommes diverses, ...).

    Les Folies Fromages sont des confitures produites dans les Pyrénées par Guillaume et Lesgards, à Lies (65200). Disponibles chez tous les bons épiciers fins, en tout cas, c'est là que moi j'en ai trouvé!

    Olif

  • Homme blanc couper du bois…

    …hiver sera rude!

    Jeudi 24 novembre 2005. Un froid polaire, sec et ensoleillé sévit sur le Haut-Doubs depuis une bonne semaine. 4ème jour rouge consécutif sur Tempo! Depuis le temps que ce cerisier malade et non productif me bouche la vue, je me décide à empoigner la tronçonneuse. Bûcheron, cela ne s’improvise pas, mais je réussis à lui faire the coupe, sabot de zéro, plus rien ne dépasse! Et le tronc débité en bûches de 33, prêtes à mettre dans la cheminée! Et tout ça sans me blesser, s’il vous plaît!

    Bien m’en a pris! Le lendemain, 25 novembre, jour de la Sainte-Catherine, 15 cm d’une fine poudreuse tombée dans la nuit recouvrent le sol gelé. «Homme blanc couper du bois, hiver sera rude!», dit le grand chef indien, qui est un sage, et moi aussi, par la même occasion. La saison de ski s’annonce bien, pourvu que ça dure!Dsc02508

    Pour fêter ça, Novelin 2002, de la Maison de Rose, servi bien frais sur ma terrasse enneigée. Et toujours aussi bon!

    Elle est pas belle, la vie, dans le Jura?

    Olif

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  • MondoForumoVino

    Jr_incognito

    Ainsi va la vie du Web! C’est pas Dallas, mais des fois quand même un peu! Un univers impitoyable!

    Depuis le 10 octobre 2005, je ne fais donc plus partie de l’association des gestionnaires du site lapassionduvin.com ! Officiellement, j’ai démissionné pour me consacrer à une forme d’expression qui est susceptible de mieux convenir à mon individualisme forcené. Officieusement, je passerai sous silence les éventuelles querelles de personnes et les divergences au sein d’une pluralité plutôt singulière.

    Il ne s’agit pas ici d’un règlement de comptes, mais d’une simple information, d’un point de vue totalement subjectif, le mien. Et c’est surtout l’occasion de revenir un instant sur la vie internautique  d’un passionné de vin, ex-passionné.com.

    Au commencement, fut www.MagnumVinum.fr (ne cherchez pas, le lien ne fonctionne plus!), le fondateur, défricheur du Web vinique, un vaisseau amiral mis à l’eau par la RVF. A cette époque, je ne savais pas encore bien nager dans l’océan du Net, et je me souviens avoir pas mal tergiversé avant de me lancer dans le grand bain. Et puis, le fier navire MV a coulé, victime d’une mutinerie pendant qu’un équipage un peu irresponsable et débordé regardait ailleurs. Une grande chaloupe avait été mise à la mer au préalable par un jeune lieutenant bourguignon, bouée de sauvetage de nombre d’internautes, recueillis au fur et à mesure. www.degustateurs.com a regroupé un noyau d’amateurs, initié des rencontres, imposé un style nouveau, jugé parfois trop pointu. Le lieutenant, devenu capitaine d’un vaisseau un peu plus grand, tenait fermement la barre, et ne voulait pas s’en laisser conter, maintenant son cap sans se préoccuper des états d’âme de ses hommes d’équipage. Le conflit a éclaté, certains ont été poussés sur la planche, d’autres ont plongé d’eux-mêmes. Pas de requins à l’horizon, et puis une île, pas trop loin!  Quelques troncs d’arbres assemblés vite fait entre eux dans un premier temps pour un radeau de fortune, et c’est ainsi qu’est né www.lapassionduvin.com. Mais les 7 fondateurs ne prirent pas le large sans biscuits. De grosses réserves de vivres avaient été constituées au fil des années, permettant de filer à un rythme de croisière soutenu , le radeau prenant des airs de paquebot assez rapidement. Seulement voilà! Un paquebot, ça ne se conduit pas comme cela! Il faut du monde! Alors on recrute des hommes de quart parmi ceux susceptibles d’être efficaces au gouvernail. Des marins supposés sûrs mais qui s’avèreront aussi être des fortes têtes. Dérobant un canot de sauvetage, l’un d’entre eux, le félon, s’enfuit même un beau matin, pour rejoindre une communauté de barcasses qui naviguent en eaux plutôt calmes, au sein d’un vaste lagon. La suite de l'histoire est maintenant à écrire...

    Résumer l’histoire des forums du vin à une histoire d’eau, la métaphore peut paraître osée!
    Finalement, Mondoforumovino, c’est pas Dallas, c’est Palavas les Flots!

                                                                                                    

    Palmiers_1






    A bientôt, donc, dans le monde des Blogs! Et bon vin!

    Olif

  • Le Jaja des pas Beaux-Beaux!

    Dimanche 19 juin 2005. C’est l’été, ou presque! La fête de la Musique n’a pas encore chanté, le coucou si, ce qui dans le Haut-Doubs signifie la fin de l’hiver.

    Une foule, très clairsemée et peu prévoyante, se disperse dans les allées du Casino local, pas pour jouer, mais pour compléter à la dernière minute les achats en vue du barbecue dominical. Les rangs se resserrent à l’approche de l’unique caissière réquisitionnée. La file d’attente s’allonge. Le temps de jeter un regard amusé sur la clientèle de l’endroit. Prendre un peu de distance pour un semblant d’étude sociologique. Observer le panier de la ménagère et la clientèle du dimanche matin.

    Ce gars-là m’attire franchement l’œil, par son look détonnant, et aussi parce qu’il stationne devant le rayon Vins du magasin. Un rayon qui ne susciterait guère l’intérêt du Passionné.com, mais à l’évidence, ce quidam ne doit pas surfer bien souvent!

    Torse nu, une chemise à carreaux en grosse laine jetée sur les épaules, un pantacourt élimé, dévoilant des mollets fusiformes, et des chaussettes noircies qui retombent sur des mocassins usés jusqu’à la corde, voilà pour l‘aspect extérieur. Le visage buriné et anguleux, souligné par une fine barbichette, le cuir tanné par de longues heures passées en plein air sous le soleil, et les mains calleuses, aux replis légèrement crasseux, évoquent le bourlingueur vivant d’expédients au jour le jour, plutôt que le simple clodo.
    Les yeux fichés sur les étiquettes, il épluche, inspecte, tâte, soupèse, ausculte. Empoigne une bouteille, la repose, se tourne vers une autre, à la forme inhabituelle, rectangulaire, revient vers la précédente, se concentre, fronce le sourcil, se livrant probablement à un petit calcul intérieur, et finit par la retenir, chargeant deux exemplaires dans son panier rouge.

    Chante Clarette rosé, mis en bouteilles aux Chais Baucairois! En bouteille, mais plastique, du cul au goulot, bouchon à vis, évidemment, à la manière d’une bouteille de Coca Cola. Pourquoi celle-ci, et pas le Rosé d’Espagne en Tétrabrik? Ou encore le Fines grappes Rosé, toujours vendu dans du plastique? Une histoire de packaging? De prix? 1 ou 2 centimes d’€, ça peut avoir son importance, sur un vin à moins de 2 €! Qui pourra nous le dire? Il y aurait peut-être matière à une étude de marché!

    Et dire qu’il y en a ici qui hésitent entre Montrose, Calon Ségur et Cos d’Estournel, au moment de faire leurs courses!

    Olif

  • Petite anthologie des cépages jurassiens

    24/08/2004 19:07             


     

    Le Jura est un très ancien vignoble constitué d’une mosaïque de cépages ; certains sont universels, comme le Chardonnay ou le Pinot noir, d’autres très ancrés dans une tradition locale, parfois uniquement retrouvés dans la région, comme le Savagnin, le Trousseau ou le Ploussard. Petit passage en revue des forces en présence, histoire de mieux cerner les différents aspects de ces merveilleux breuvages que l’on produit dans le Jura !

    Le Trousseau, roi de Montigny!
                       


    Ce cépage rouge, à l’origine des plus grands vins d’Arbois de la même couleur, mérite une plus ample connaissance et une meilleure reconnaissance. Son origine est ancestrale ; on en retrouve la trace depuis 1731 en Franche-Comté, mais il existait probablement antérieurement, peut-être importé dans le Jura par des immigrants savoyards ou valaisans entre 1650 et 1700.


    Le  Troussot figure en cinquième position de la liste des bons cépages établie par le parlement de Besançon en 1732. Il était cultivé un peu partout dans la région où il prenait des noms locaux tel que Trousseau à Montigny et Arbois, Triffaut à Besançon,  Trusseau ou Trussiau encore ailleurs. Ah ! ce patois local ! On le trouve même jusqu’en Argentine sous le nom de Pinot gris du Rio Negro !

    Son nom viendrait du mot ancien « Toursel», qui signifie « paquet», et c’est l’aspect troussé de son raisin et de son cep qui en serait à l’origine, et non pas le vin rouge de garde réservé au financement du trousseau des filles, comme les vieux vignerons se plaisent à le raconter, l’œil brillant !

    Il produit un vin rouge de qualité et de bonne garde, à la robe pourpre et aux saveurs riches, souvent un peu confiturées. Son terroir de prédilection : les sols calcaires de Montigny-les Arsures, autoproclamée à juste titre capitale du Trousseau. Sur les 80 hectares plantés dans le Jura, on en trouve plus de 52 ha en Arbois, dont la moitié à Montigny, seul vignoble qui voit s’accroître la proportion de ce cépage.

    Le Ploussard, l’âme de Pupillin
                 


    Il s’agit de l’un des trois cépages rouges qui donne droit à l’appellation Arbois ou Côtes du Jura, même si on le retrouve souvent étiqueté «Rosé». Raisin noir à jus blanc, de débourrement précoce, il concurrence le savagnin sur ses terres de prédilection, les marnes bleues et rouges du Lias et occupe à lui seul une surface de 300 hectares, soit la moitié de la superficie plantée en rouge dans le Jura.


    Son nom, véritable sujet de controverse, s’écrit et se prononce de façon différente selon qu’on se situe à un endroit ou un autre du département. Et pour ne pas froisser la susceptibilité des vignerons locaux, mieux vaut utiliser le bon nom au bon endroit ! Etymologiquement, le Ploussard tire son nom de la prunelle, dont les grains ont la même couleur, parfois la même forme, et qui se prononçait de façon très différente en patois local selon que l’on habitait à Salins (pleusse ou plesse), Arbois (plusse) ou Poligny (plousse ou pelosse) !
    Le  Poulsard, quant à lui, dériverait du latin "pulsare", pousser violemment, probablement parce que les raisins poussent très vite, mais certains penchent pour une coquille faite par un auteur breton, dans un ouvrage relatant son «Voyage dans le Jura» en 1801.

    Vraisemblablement cultivé dans nos contrées depuis le XIVème siècle (i l s’agissait alors de Polozard!), on est en droit de penser qu’il est originaire de la région ; il fut inscrit dans la liste des bons cépages publiée en 1732 par le Parlement de Besançon et son identité est fortement jurassienne, même si l’on en retrouve un peu dans le Bugey sous le nom de Mescle («Meiklle» en patois, ce qui signifie mélange, car il s’agit ici d’un Poulsard gris, intermédiaire entre le blanc et le rouge, à moins que le nom ne provienne du latin mespilum, la nèfle !). Le Jura, décidément, terre d’une bataille étymologique et vocabularienne !

    C’est pourtant le terme de  Poulsard qui sera retenu en première place dans les décrets d’AOC, au grand dam des habitants de Pupillin, consacrée Capitale mondiale du Ploussard en 1990, car c’est ici que ce raisin s’épanouit le mieux. Pupillin, qui est le seul village pour l’instant à avoir le droit d’accoler son nom à celui de l’appellation Arbois.

    «A Arbois le nom, à Pupillin le bon !», dicton traduisant bien la reconnaissance d’un terroir spécifique à Pupillin, mais pas forcément très apprécié du côté d’Arbois ou de Montigny !

    Généralement peu colorés du fait d’une peau de raisin très pauvre en anthocyanes, les vins de Ploussard prennent en vieillissant une teinte pelure d’oignon qui les a longtemps apparentés à un vin rosé alors qu’il s’agit bel et bien d’un rouge à la robe très claire. Ce sont des vins fruités, frais et gouleyants, néanmoins aptes à une belle garde, très à l’aise sur les charcuteries régionales.

    Pour conclure, je laisserai volontiers la parole à Lucien «Bacchus» Aviet, vigneron d’une infinie sagesse, apte à réconcilier tout le monde :

    « Ploussard ou Poulsard, l’important, c’est d’en boire ! »


    Le Savagnin, emblème de Château Chalon !
                       


    «  Ouaiche grand ! Ça va bien ? Savagnin ! »


    Difficile de ne pas commencer ce chapitre par l’intro du Rap Comtois*, le nouvel hymne des Francs-Comtois branchés, composé par Aldebert et la Madeleine Proust, alias Laurence Semonin, la mémoire humoristique du parler comtois, en VHS, en DVD et en tournée dans toute la France.**

    Le  Savagnin, ou  Traminer, présent de longue date dans le Jura, aurait été importé d’Allemagne lorsque la Comté était Germanique. Le Traminer tire son nom du village italien de Tramin mais les ampélographes discutent encore pour savoir s’il y est né ou bien s’il y a seulement été cultivé !

    Pratiquement rencontré exclusivement en Franche-Comté, en ce qui concerne l’hexagone, on le retrouve sous le vocable de Sauvignin à Besançon en 1732 (dans la fameuse liste des bons cépages du Parlement),  Sauvanon à Arbois et  Sauvoignon à Salins en 1774. Son nom évoluera dans le temps en fonction des prononciations locales, pour devenir Sauvignin, Savignon naturé ou encore Savignien en 1880. Le terme de  Naturel (ou encore Naturé) fut également utilisé au XVIIIème siècle et c’est d’ailleurs sous le nom de Naturé que Frédéric Lornet commercialise sa cuvée de Savagnin ouillé.

    Savagnin et Vin Jaune ! Une histoire pieuse dans laquelle les chanoinesses de Château Chalon ont très certainement joué un grand rôle ! Est-ce par l’intermédiaire de l’une d’elle, née en Andalousie sur les bords du Guadalete, au pays du Jerez, ou bien d’une autre, née en Albigeois, sur les bords du Gaillac, au pays du Perez***, ou encore d’une troisième, originaire de Hongrie et complètement toquée, que la recette du vin de voile est arrivée jusque dans nos contrées? Le mystère demeure et le voile s’épaissit !
    La forte souche du  Savagnin se plaît sur les marnes bleues du Lias, saupoudrées en surface de petits éléments siliceux et calcaires. Son rendement est de 30 à 45 hl/ha. Ce cépage résiste plutôt bien aux premiers frimas de l’hiver et on avait l’habitude ancestrale de le récolter assez tardivement, aux premières gelées ou aux premières neiges, qui survenaient souvent dès la fin octobre à l’époque.
    Ce cépage jurassien à forte personnalité n’a donc pas fini de révéler tous ses secrets, qu’on le consomme non ouillé en blanc, non ouillé en jaune, ouillé, surmaturé, que sais-je encore ?

    A titre d’exemple, la nouvelle cuvée «Solstice» de Pascal Clairet du domaine de la  Tournelle, en Arbois,  Savagnin récolté en surmaturité, apparaît dans le millésime 2001 comme un vin très riche et aromatique au nez, presque exubérant, alors que la bouche se révèle sèche, longue, bien structurée mais stricte. Une nouvelle facette de ce cépage passionnant!



    * « Le 2-5 », rap comtois, d’Aldebert et Laurence Semonin,
    ** « La Madeleine Proust fait le Tour du Monde », spectacle en tournée dans toute la France.
    *** Prénom Jérôme, chantre des vins du Sud en général, et de Gaillac en particulier, sur LPV, le site des passionnés de vin et de single malt. Gaillac où on élabore également de façon ancestrale un vin de voile avec du Mauzac, le cépage local.

    Le Chardonnay, le cépage du renouveau jurassien?
                   


    Présent dans le Jura depuis le XIVème siècle, il n’a fait que naturellement traverser la plaine de Saône pour trouver un terrain propice sur les contreforts du Revermont. La concurrence y était peut-être moins rude qu’en Bourgogne!


    En terme de surface, il représente actuellement environ la moitié du vignoble jurassien. Son nom lui viendrait d’une petite commune du Mâconnais où il proliférait abondamment. Pour se démarquer, les Jurassiens l’appelaient différemment selon son aire de production: il fut Gamay blanc à Lons le Saunier et L’Etoile,  RoussetteMoulan, et  Melan à Poligny,  Melon à Arbois,  Salins et Dole,  Luisant à Besançon,  Pineau blanc en Haute-Saône.
    Beaucoup de ses patronymes ne jouèrent guère en sa faveur! De là à penser que les Arboisiens avaient attrapé le melon ! Ce terme viendrait pourtant du latin mel, mellis, le miel, que ses arômes évoquaient alors!


    Reconnu comme cépage à arracher en 1732 dans la fameuse liste du Parlement de Besançon (si c’est pas misère!), il fut repêché par une ordonnance de 1774. Heureusement que certains en avaient gardé sous le manteau ! Surnommé «le vin blanc bâtard» par les gens d’Arbois, on considérait qu’il rendait le vin blanc "passable" lorsqu’il était assemblé au Savagnin ! J’en connais quelques-uns qui devraient s’étrangler en lisant cela!

    Ce mal-aimé du XVème siècle prend sa revanche avec éclat actuellement, permettant au Jura de s’étalonner sur les autres régions de production, notamment la Bourgogne si proche, qui n’en finit pas de faire de l’ombre malgré le différentiel d’altitude négatif!
    De débourrement précoce, il n’est pas difficile à implanter, même en région semi-montagneuse, mais il se révèle pleinement sur les coteaux argilo-calcaires d’Arbois et du sud Revermont. La Mailloche, les Bruyères, Curon, la Bardette et les Grands Teppes, entre autres, démontrent de façon éclatante tout le potentiel de ce cépage sur ses terroirs de prédilection, lorsqu’il est travaillé par des vignerons talentueux, qui cherchent à le révéler et à exprimer sa capacité à rivaliser en finesse avec les meilleurs, y compris ceux de la Bourgogne voisine.

    Le Pinot Noir, un Bourguignon dans le Jura!
                   


    Apparemment présent dans le Jura depuis la fin du XIVème siècle, sous le nom ambigu de Savagnin noir, il vient tout comme le Chardonnay de la Bourgogne voisine.


    Surnommé  Maurillon en raison de sa couleur noire, on ne sait s‘il faut l‘appeler  Pinot (du latin «pinus», le pin), ou Pineau (du grec « pinein »,  boire).

    Si le vocable  Pineau est très typé Charente, on le trouvait pourtant en Haute-Saône, tandis qu’à Salins,  Arbois ou Poligny, on préférait Petit Noirin, ceci afin de ne pas le confondre avec le Gros Noirin , pourtant complètement différent! Besançon penchait pour Noirum mais dans le sud Revermont, on le qualifiait de Savagnin noir pour profiter de l’analogie avec la star des cépages jurassiens.

    Classé en deuxième position sur la liste des bons cépages en 1732, juste derrière le Poulsard , mais très critiqué du fait de sa maturité précoce, on le considère comme « peu recommandable » au XIXème siècle et certains vont même jusqu’à préconiser l’arrachage de ce «raisin des mouches», surnom qui avait le mérite d‘être très évocateur! Le record de précocité vient tout juste d’être battu en cette caniculaire année 2003 où le ban des vendanges a dû être donné le 19 août pour récolter les raisins de Pinot noir qui commençaient à se transformer en confiture !
    Ce qu’on lui reprochait, en fait, c’était de ne pas produire des vins aussi bons qu’en Bourgogne lorsqu’il était vinifié seul! Sous l’égide du Dr Guyot, plusieurs expériences furent faites afin de rivaliser avec le modèle bourguignon, sans grand succès alors. Mais les Jurassiens, en bons Francs-Comtois à la tête de bois, persévèrent encore jusqu’à nos jours et finissent enfin par en tirer quelque chose, de ce fichu cépage! Il n'y a qu'à goûter les cuvées de Pinot noir de Jean-François Ganevat, par exemple, pour s'en convaincre!

    Il représente actuellement environ 10% du vignoble en rouge et on l’utilise fréquemment en assemblage avec les autres cépages jurassiens pour produire des rouges colorés et charpentés.


    Foirard, Pourrisseux, Gueuche et autres cépages ancestraux !
                       


    Beaucoup d’autres cépages furent cultivés dans le Jura, avec plus ou moins de bonheur. Certains ont totalement disparu en raison de leur fragilité, de leurs défauts, de leur manque de qualité, que sais-je encore ?! De véritables dinosaures dont les noms à eux seuls sont un poème et méritent un petit coup de projecteur; il n’est pas exclu que certains d’entre eux fassent un jour leur réapparition dans un assemblage purement jurassien, pour ne pas dire jurassique !


    - Le Foirard blanc, ou Gueuche, était à l’origine d’un vin vert et acide, estimé pourtant des moissonneurs qui appréciaient son côté rafraîchissant. Je n’ose envisager les origines exactes de son nom! Il ne faisait peut-être pas toujours bon se rouler dans la paille à cette époque!

    - Le Chasselas, importé de Suisse Romande, a préféré retourner chez lui aussi discrètement qu‘il était arrivé!

    - Le Pourrisseux ou Peurion, assez spécifique du Jura, donnait plutôt un bon vin blanc mais sa grande fragilité, comme son nom le laisse supposer, a eu raison de son implantation locale.

    - Le Gueuche Noir  ou Gouais ou Foirard noir, pendant en rouge du premier cité, donnait des vins «plats, acides et de mauvaise constitution » . Les mauvaises langues aimeraient pouvoir prétendre qu’on en trouve encore dans le Jura, mais ceci n’est qu’une légende !

    - L’Enfariné, fréquemment recouvert d’une pellicule blanchâtre, d’où son nom, fut candidat à l’arrachage en 1731. D’après un dénommé Chevalier, il est aussi «désagréable que le nom est déplaisant; son vin léger est acerbe et peu coloré». Il eût pourtant pu être apprécié en assemblage dans un millésime comme 2003 pour corriger naturellement l’acidité qui faisait défaut aux vins!

    - L’Argant, classé dans les meilleurs plants en 1774, connut son heure de gloire au XIXème siècle en raison de sa bonne résistance au mildiou.

    - On peut encore citer le  Gamay noir, le Petit Beclan, le Valais noir et le Gros Béclan, autant de cépages qui ne sont pas passés à la postérité jurassienne.

    Qui a osé dire que le Jura manquait de variété(s) ?





    Olif



    Références bibliographiques :

    « Vins, vignes et vignobles du Jura », de la famille Brisis, éditions Cêtre.
    « Poulsard ou Ploussard » de Françoise Danrigal

     

  • Parlez-moi d'amour!

     

     


    Pour répondre aux sollicitations d'une muse coquine, j'ai affûté ma plume et mon clavier pendant que Cupidon aiguisait ses flèches. Le résultat ne s'est guère fait attendre!

    L'hiver est encore bien là! Pourtant Saint Valentin, qui nous tend les bras, vient titiller nos sens et réveiller nos ardeurs d'amoureux passionnés, bien avant l'afflux de sève du rut printanier.

    Bien sûr que je t'aime, mon Amour! C'est toujours toi que je préfère, même lorsque mon esprit vagabonde, attiré par d'autres formes, d'autres couleurs, d'autres envies, d'autres plaisirs... Fantasme échappatoire pour mieux revenir me lover contre toi. Tu es à  nulle autre pareille.

    Sous le chapeau lisse de ton ciré jaune, j'aime à  t'imaginer nue, sans atours. D'un geste sec et volontaire, je le fais voler, dégageant ainsi ta coiffe. Nul ne peut te prétendre hautaine, même lorsque tu dresses le col. C'est pour mieux dégager ton épaule au creux de laquelle je peux me blottir et m'abandonner avec délice en m'imprégnant de ton odeur. Ivresse des sens, frôlant l'indécence...

    Mes doigts effleurent alors avec volupté ton corps ferme et très en forme(s), ne se lassant pas de l'explorer, s'attardant sur le tatouage qui décore ta poitrine, puis glissant lentement sur le petit carré d'étoffe niché au creux de ton ventre et rempli de promesses.

    Avec beaucoup de tendresse, t'inclinant pour mieux te prendre, ma main s'immisce dans un endroit secret, essuyant quelques petites perles humides.

     

    Ah! Ce cul, ma Mie! Doux et rebondi, accueillant et frémissant sous mes doigts, il s'offre sans retenue à  celui qui le désire. Pas celui d'une fille facile pour autant, plutôt celui d'une femme mûre, avec quelques années d'expérience, un qui se mérite et nécessite un apprentissage pour l'apprécier à  sa juste valeur.

    Un liquide parfumé et doré s'écoule alors, dans une symphonie haletante et jouissive, prélude à  un orgasme annoncé ...

     

    Olif, calme-toi mon garçon, avant que les esprits ne s'échauffent, le tien en premier. Tu vas te faire censurer. Ici, c'est un blog où l'on parle de vin, au cas où tu ne l'aurais pas deviné.

     

    Mais c'est pourtant bien de cela dont il s'agit, non?

     

    Olif




  • Olif, un Blog? Sans blague?

    Mardi 31 mai. Grand ciel bleu sur le Haut-Doubs, à l'image de la couverture du dernier Télérama vantant l'existence de la planète Blog.

    Depuis le temps que l'idée me trottait dans la tête, c'est décidé, je passe à l'acte! Je tape Blog dans Google et je tombe sur TypePad. Mon choix est vite fait! En deux coups de clavier, je m'inscris!

    Ce sera donc le journal intime d'un "passionaute",  chroniques d'un passionné de vin  et de cancoillotte,  plus d'autres petites choses qui n'entrent dans aucune de ces  deux catégories. Mon blog à moi tout seul, quoi!

    Voilà, deux mois d'essai gratuit pour convaincre et être convaincu!

    A bientôt, pour du plus consistant, j'espère!

    Olif