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en chaudot

  • En Chaudot, avec Alice Feiring...

     

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    Alice et Pierre. Ces deux-là étaient faits pour se rencontrer un jour. Alice Feiring a sauvé le monde de la parkerisation avec amour, tandis que Pierre Overnoy a sauvé le Jura de la henrimairisation avec conviction. En pleine tournée européenne de promotion de son dernier ouvrage, une œuvre salutaire de résistance face à l'internationalisation du goût du vin, la journaliste américaine Alice Feiring a posé ses valises dans le Jura, plus précisément En Chaudot, dans la campagne pupillanaise profonde. Cette rencontre historique avec le pape du vin sans soufre non formaté, pas question de la manquer, d'autant plus qu'elle était assortie de quelques petits bonus pour la bonne bouche.

     

     

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    Echanges, dédicace, dégustation, au cœur de la nature, par une météo enfin clémente. Les vaches broutent dans le pré, les papillons butinent, les poules picorent, les lapins se font croquer par le chien, les invités se délectent de la gentillesse et de la simplicité d'Alice, entre deux verres de Chardonnay 2007 de Manu Houillon et une ou deux gougères au Comté. Le Ploussard 2009, tiré du fût, n'a pas encore été noté par Parker, c'est trop tard pour lui. Noté "trop bon" par mes soins. Mais il n'y en aura pas pour tout le monde.

     

     

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    Alice Feiring, La Bataille du vin et de l'amour, Editions Jean-Paul Rocher

     

    Olif

     

    P.S.: grâce à Alice, le titre de mon futur bouquin, celui que j'aurais eu envie d'écrire, je le tiens enfin. "La bataille du vin et de la bio-connerie. Comment j'ai sauvé la France de la bettanisation." Pas mieux pour l'instant!

  • Aphorisme du jour

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    "En dégustation, ce qui nous intéresse, ce n'est pas la longueur, mais la qualité de la longueur. Mangez de la m..., vous verrez, c'est long en bouche!"

    Pierre Overnoy, En Chaudot, Pupillin, 9 novembre 2008

    Sans commentaire, enfin si, juste un petit:

    Arbois-Pupillin Chardonnay 1990: nez sur l'écorce d'orange confite, épicé, d'une grande race, envoûtant, enivrant, dont on s'arrache avec difficulté pour porter le vin en bouche. Il le faut bien, pourtant. Une bouche d'orfèvre, riche, dense, profonde, qui nous emmène très loin. Grande longueur, de qualité, évidemment, finale salivante d'une grande netteté. Un des deux plus grands vins produits par Pierre Overnoy, dixit lui-même. Il eût été dommage de ne pas y goûter. Sans soufre et pourtant inoxydable!

    Olif

     

    Retrouvez aussi les Dégustantanés sur le Blog de la Pipette.

  • Vins "natures" dans la nature...et aux Jardins!

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    Une dégustation aux champs, mais néanmoins aux Jardins, un instant bucolique, quasi surréaliste! On en a tous rêvé, Stéphane Planche l'a vraiment osé.giljourdan02.jpg

    "Et au point de vue des idées neuves, que comptez-vous introduire dans le pré-néo-progressisme?" demande le critique de peinture Adhémar de Lamarche de L'escalier de Lacave à Libellule, l'adjoint du détective Gil Jourdan, grimé en pseudo-artiste hellène, lors d'une soirée mondaine dans le deuxième volet de leur inoubliable première aventure, "Popaïne et vieux tableaux".

    -"Dans le pré?... Des vaches!!" répond l'autre sans se démonter.

    "Et au point de vue des idées neuves, que comptez-vous introduire dans le pré-néo-régressisme?" demande le célèbre critique de vins Michoubidou à Stéphane Planche, dit Saint-Vernier, le tourbillonnant caviste des Jardins de Saint-Vincent, organisateur de séances de dégustation réputées.

    -"Dans le pré?...Des vaches!!"

    Réponse limpide pour un indispensable retour aux vins "natures", une valeur essentielle, un revitalisant recul de civilisation, une nécessité actuelle pour ne pas se laisser happer, hâcher, émasculer, décérébrer par la spirale infernale du progrès et de la technologie à tout prix, qui nous conduit inexorablement à notre perte, si ce n'est déjà fait, et puis aussi à ne boire que des vins aseptisés, et ça, c'est pas demain la veille qu'on se laissera faire.

     

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    La menace bovine se rapproche, mais les dégustateurs restent sereins, malgré le côté très terre à terre des échanges.

    - "Tu ne trouves pas qu'il sent un peu la vache, ce vin nature? "

    - "Mais non, c'est pas le vin, regarde juste derrière toi!"

    - "Tu parles d'une bouse, ce picrate!"

    - "Ah! la vache, qu'est-ce qu'il est bon, celui-là!"

    - "Tu crois qu'il s'agit de bourricots transformés en bêtes vaches?"

    - "Il parait que ce sont les ébissions de mettane qui sont à l'origine du trou dans la couche de vin jaune de la planète!"

     

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    C'est clair, ce n'était pas la fête à Michoubidou, ce soir-là, mais on s'est plutôt bien régalés! D'abord avec un Sauvignon de Touraine de Thierry Puzelat. Bien malin qui dirait sauvignon à l'aveugle: grande maturité de fruit, richesse, puissance, peut-être un peu trop massif, mais ne soyons pas difficiles. Puis avec Les Capriades, de Pascal Potaire, une bien jolie définition de fruit. Avec les vins de L'Anglore d'Eric Pfifferling, toujours aussi impeccables (remarquable Tavel 2006, d'une grande précision aromatique et d'un soyeux de texture inimitable, superbe Cuvée des Traverses 2006, honteusement recalée à l'agrément Côtes du Rhône, alors qu'on y produit tant de daubes par ailleurs). Evidemment aussi, avec Barral et sa réjouissante cuvée Tradition 2005, un vin dans le registre du costaud au coeur tendre, celui qui a bon fond. Et enfin, avec La Bohème 2006 de Patrick Boujut, qui a bien trompé son monde, personne n'ayant osé imaginer que cela puisse être un Gamay d'Auvergne. Il y a du vin, dans cette bouteille!  Au final, tous des vins droits, nets, précis, sans aucune note aromatique déviante qu'on voudrait leur prêter systématiquement. Que des belles bouteilles, et c'est tant mieux! Tant mieux, un pétillant naturel de Ploussard et de Philippe Bornard, à qui on laissera le mot de la fin.

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    Revenir vers plus de vin, plus de raisin, plus de nature, plus de convivialité, sans perdre son sens critique, voilà certainement un credo alternatif aux manières un peu prout-prout d'une forme d'intelligentsia du vin, déconnectée de la réalité du monde viti-vinicole et des véritables aspirations des amateurs.

    Et rien que pour çette soirée, merci Stéphane!

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    Olif, celui qui a mal tourné.