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arbois - Page 4

  • Arbois côté terroir (2): Les Bruyères

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    Les Bruyères

    Ce magnifique terroir argilo-calcaire, dominant la ville d'Arbois lorsque l'on arrive depuis Besançon, a particulièrement souffert de la grêle en 2008. Peu de raisins seront récoltés. On peut toujours se consoler avec le 2006, excellent et se goûtant merveilleusement bien actuellement. La preuve!

    Arbois 2006, Les Bruyères, Stéphane Tissot: nez droit et pur, très minéral, "un peu caillou". Bouche éclatante et cristalline. Ce vin est quasiment une épure de chardonnay cultivé sur terroir argilo-calcaire. Un vin exceptionnel!

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    Olif

    P.S.: le pape du Blanc Fumé de Pouilly s'est définitivement envolé aujourd'hui. Comme un éclat de Silex qui vous reste en travers de la gorge...

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  • Arbois côté terroir (1): en Muzard

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    En Muzard, lieu-dit situé sur la commune de Montigny les Arsures, est un joli coteau exposé Ouest qui regarde la ville d'Arbois et sa collégiale qui constituera l'axe de ce petit tour à 360° du vignoble. "A Arbois le mur, à Montigny les Arsures" a failli dire le dicton avant de se rendre compte que ça ne voulait rien dire. Capitale du Trousseau, ça c'est sûr, grâce à des terres rouges, ces marnes du Trias qui permettent au cépage de donner le meilleur de lui-même dans des mains expertes. Les 2007 de Stéphane Tissot, encore en fût, promettent beaucoup: concentration, gourmandise et rondeur, qui devraient être le résultat de l'assemblage des trois barriques goûtées.

    Mais sur Muzard, on trouve également du Pinot Noir, baptisé Rusard, par ruse et par jeu. Il faut dire que les marnes ne sont pas toutes aussi rouges les unes que les autres. Deux terres différentes, qui, dans les mains de Stéphane, donnent également des vins différents.

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    A suivre...

    Olif


  • Vendanges 2008 chez S. Tissot, les grappes sont mûres!

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    Superbes mûres le long du mur qui longe la tour de Curon, au caractère racé et d'un fruité voluptueux, dignes du terroir et quasiment prêtes à être vendangées. Le raisin ne se porte pas trop mal non plus mais il faudra autour du 22 septembre pour entendre les premiers coups de sécateurs, pour les crémants dans un premier temps. En attendant, on s'offrira un petit tour des beaux terroirs arboisiens... dès que l'on aura bouclé celui du Sud-Revermont.

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    Olif


  • Puf Puf!

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    Une rencontre avec "le Puf" est un moment rare et privilégié dans la vie d'un amateur de vins. L'occasion d'une grande et belle dégustation, car le vigneron est généreux, ne rechignant pas à déboucher quelques bouteilles. L'acheteur n'y trouvera que très peu son compte, par contre,  car il n'y a pas grand chose à vendre au domaine. Les gens de passage y sont néanmoins bien reçus, même s'ils sont curistes à Salins. Les 2006 ne sont pas encore en bouteilles, tandis que les 2005 sont déjà quasiment épuisés. Il faudra s'adresser à des cavistes avisés et mon petit doigt me dit que les Helvètes ne sont pas les plus mal lotis dans ce domaine.

    On attaque cette dégustation par une série de Chardonnays, une fois n'est pas coutume dans le Landerneau jurassien:

    Arbois Chardonnay 2003 : nez puissant, ouvert, caramélisé, bouche large, gros volume et belle longueur.

    Arbois Chardonnay 2004 : nez fin, légèrement grillé, bouche tendue, qui s’arrondit progressivement, beau retour d’acidité en finale.

    Arbois Chardonnay 2005 : nez sur le fruit, entre les deux précédents, riche, complet, une approche de la perfection.

    Trois variations passionnantes autour du millésime, trois vins totalement différents: de la largeur du 2003 à l'opulence superlative du 2005, en passant par la tension du 2004, chacun trouvera aisément sa place en cave et sur la table de l'amateur, suivant l'occasion.

    Arbois Sacha 2004 : 30 % Sa, 70% Cha. Une oxydation fine, sur les épices, de la vinosité, finale acidulée. Bel équilibre oxydatif.

    Un assemblage, pour clore cette première série, avant d'attaquer les rouges. Le Jura dans ce qu'il a de plus classique mais également de plus réussi dans le style.

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    Arbois Poulsard 2006 (tiré du fût): robe prune, encore à peine trouble. Droit, léger et friand.

    Arbois Poulsard 2005 : robe rubis, éclatante. Nez sur la cerise et l’amande amère. Bouche droite, parfaitement ciselée, précise, sans bavures. Finale légèrement tannique, mais d’un grain très fin. Du potentiel mais déjà beaucoup de plaisir.

    Arbois Trousseau 2005 : robe colorée, nez plutôt fermé, bouche ronde aux tanins enrobés. Déjà très agréable.

    Arbois Pinot 2005 : trame fine et élégante, tanins bien présents, de la concentration et de la longueur, jolie amertume finale, très Pinot.

    Arbois Pinot 2006 (tiré du fût) : tendre, soyeux, fruité.

    Superbe série de rouges, avec des vins encore en devenir mais déjà bien accessibles. Il faudra se dépêcher d'en acquérir quelques flacons! Mention particulière au Poulsard et au Pinot 2005.

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    Arbois Savagnin ouillé 2005
    : très belle aromatique, acidulé, droit et long.

    Arbois Savagnin 2003 : en version oxydative, sur les épices, avec un beau fruit en milieu de bouche, finale sur les épices et les fruits secs.

    Arbois Trousseau 99 sous voile : un Trousseau vinifié en blanc et élevé à la manière d’un jaune, sous voile. 450 mg d’éthanal. Robe dorée, bouche suave et douce. Puissance, longueur, petite amertume finale sur le moka. Pas la finesse d’un vrai Jaune de Savagnin, mais on se laisse surprendre et séduire !

    Arbois Chardonnay VT 1999, L’Oubliée : une parcelle « oubliée » pendant les vendanges 1999 et récoltée début novembre. Sensation olfactive de grande maturité, mais ça goûte sec. Grande douceur, épicée et miellée,  et longueur sensationnelle. Un vin épatant !

    Arbois Savagnin VT 1999 : le même, version savagnin. Premier nez sur la croûte de fromage, puissant, manquant de netteté, mais s’améliorant progressivement à l’aération. Riche, un peu alcooleux, mais de la tension, même si l’équilibre se fait plutôt dans la puissance. Moins séduisant que le Chardonnay récolté en même temps et élevé de la même façon.

    Arbois Vin jaune 2000 : l’oxydation ménagée élevée au rang du grand art. Finesse, droiture et élégance. Le Puf privilégie systématiquement les élevages longs sur les Jaunes, les laissant volontiers quelques années de plus en fût avant la mise. De là à les commercialiser en cubitainer, comme on lui a déjà demandé...

    Arbois Vin Jaune 2001 : en phase de fermeture, plutôt simple d’expression, avec sensation de légèreté en bouche. Il titre pourtant 15,3°, une véritable prouesse pour le millésime et ne demande qu’à s’épanouir.

    L'oxydation ménagée dans tous ses états! Tous les cépages jurassiens ou presque s'y prêtent, finalement. Si le Savagnin a évidemment la part belle, ce sorcier de Puf a fait des miracles avec une barrique de Trousseau oubliée dans la cave à Jaune et une parcelle de Chardonnay oubliée à la vendange. L'art et la manière d'expérimenter avec talent!

    Arbois Vin de Paille 2003 : 14,5°, 117 g de résiduel. Robe abricot, nez sur l’abricot confit, les épices, le clou de girofle, le miel. Rond et harmonieux en bouche, légèrement confit. Superbe !

    Pour clore la dégustation, une petite douceur. Obligé! Un Paille à l'équilibre divin, riche et complet, dans un millésime propice à faire des grands liquoreux.

    Merci, Monsieur Puf!

    Olif

  • Un puceau bien troussé

    Première cuvée de trousseau réalisée par Jean-Marc Brignot, millésime 2004, suite à son installation dans le paysage arboisien.

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    Un fort joli dépucelage, ma foi, où l'on sent déjà la patte du vinificateur sur un cépage inédit pour lui à l'époque. Le côté "nature" est évident, au premier plan: robe légèrement trouble, de couleur prune, joli nez fruité et floral, présence d'une pointe de gaz qui ne me perturbe nullement car elle ne fait qu'apporter de la fraicheur, texture soyeuse d'un vin sans soufre réjouissant, qui tient admirablement en bouche. C'est somme toute assez léger (11,8° d'alcool), très gouleyant et désaltérant.

    Olif

    Retrouvez aussi les Dégustantanés sur le Blog de la Pipette.

  • Vins naturels: le procès! Faut-il réellement lyncher Pierre Overnoy?

    POprofilG Oface

    Nom: Overnoy.
    Prénom: Pierre.
    Domicile: Pupillin (39).
    Situation familiale: vieux garçon.
    Profession: vigneron à la retraite.
    Chef d'inculpation: dangereux subversif, précurseur du vin naturel.

    Mais qu'est-ce qui a bien pu conduire devant une cour d'Assises Pierre Overnoy, réputé pour sa modestie et sa gentillesse légendaire? Une erreur judiciaire, sans aucun doute. Mais également le procès de l'année, dans le tribunal de la petite cité arboisienne, fraichement victime de la vindicte rachidienne. Un procès factice, évidemment, un genre de Tribunal des flagrants délires viticoles, mais une vraie occasion de retracer le parcours hors du commun de l'accusé et de comprendre un peu le pourquoi et le comment de ces vins prodigieux.

    Un procès parfaitement instructif où l'on a appris, pêle-mêle:

    - que l'accusé, réputé pour ne pas soufrer ses vins, n'a pas trop "souffri" d'avoir quitté sa verte vallée dans des temps immémoriaux, celui où ses ancêtres tutoyaient les deux John, Ford et Wayne, et s'appelaient O'Vernoy.

    - que seule l'utilisation du soufre-fleur ne défrise pas les moustaches de Philippe Chatillon, le truculent vigneron du Domaine de la Pinte.

    - que le "pédologue-poête", Michel Campi, aime beaucoup les petites fleurs en érection qui poussent sur les sols préservés du chimique.

    - que le "Pr" Didier Saintot, témoin à charge chimique, pense que le débouchage d'un vin embouteillé avec du gaz carbonique résiduel aggrave le trou dans la couche d'ozone. Alors que c'est le contraire, en fait. Si le gaz est dans le vin, il n'est pas parti dans l'atmosphère!

    - que Le Blog d'Olif fait partie des lectures de Madame la Présidente du Goutatou, j'en suis très honoré. Je suspecte même fortement son principal indicateur.

    - que le vin naturel peut avantageusement être utilisé comme anti-dépresseur, à condition d'être bu avec modération en abondance. Cruel dilemme pour le vigneron dépressif, obligé de consommer toute sa récolte pour son bien-être psychique, ce qui le déprime à nouveau, car il n'a plus rien à vendre!

    - que la condamnation de principe de l'accusé (enseigner son savoir à la future Université de Pupillin) est déjà appliquée depuis longtemps, ce n'est pas Manu Houillon qui dira le contraire.

    Un procès pour rire, mais qui a eu le mérite de soulever de vraies questions et d'apporter de vraies réponses, dans la joie et la bonne humeur, le plus naturellement du monde. On guettera avec impatience le résumé filmé qui devrait être accessible prochainement sur le site du Goutatou.

    En attendant, le procès en images est visualisable ici. Morceaux choisis:

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    Lynché, sans autre forme de procès?

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    Sous la bonne garde d'un gendarme rusé comme un beau renard...

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    "Le soufre, ça me défrise les moustaches!"

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    "Je jure sur le clavelin que l'accusé n'a jamais fait de mal à une fleur!"

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    "Silence, où je fais évacuer la salle! Il y a du vin naturel à la buvette."

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    "L'accusé est forcément coupable, sinon on ne l'accuserait pas"

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    "Mesdames et Messieurs les Jurés, cet homme est un bienfaiteur de l'humanité!"

    Des propos sans doute déformés par le prisme bloguistique, mais la teneur est bien là! Une accusation à bout d'arguments et une défense jouant sur du velours. Justice fut rendue, ce jour-là, et Pierre Overnoy a été libéré sous les clameurs du public en délire.



    Olif, envoyé spécial au Tribunal du Goutatou



  • Optimisme opportun chez Stéphane Tissot

    A la veille des vendanges, l'optimisme est de mise chez Stéphane Tissot, malgré les aléas climatiques de ce millésime 2007. La morosité du début de semaine dernière a laissé la place à un grand sourire ensoleillé qui devrait permettre de redresser une situation qui aurait pu être compromise. Bien sûr, un peu de mildiou par ci par là, mais ne touchant que les feuilles du haut, que Stéphane se garde bien de rogner pour que la grappe ne profite pas trop. Rien de bien méchant, d'après lui, et je veux bien le croire tellement les raisins des Bruyères sont beaux. Un tri sera évidemment nécessaire, mais la qualité sera au rendez-vous si le beau temps se maintient comme prévu. Démarrage à la fin de la semaine en cours!

    Le vin n'est pas encore tiré qu'il faut déjà le boire, on se contentera alors des blancs 2005 en bouteilles et de quelques rouges 2006 au fût.

    - Arbois Chardonnay 2005: fin, minéral, légèrement grillé et fumé, avec une fraîcheur revigorante, voilà une entrée de gamme qui frise la perfection, un excellent rapport Q/P.

    - Arbois Les Bruyères 2005: les argiles noires des Bruyères ont donné en 2005 un vin très pur, cristallin, d'une grande droiture.

    - Arbois La Mailloche 2005: plus Mailloche que jamais, son caractère fumé, ample, avec du gras et de l'onctuosité, se développe magnifiquement en bouche pour ce qui devrait être un futur must. L'une des plus grandes Mailloche jamais produite par Stéphane.

    - Arbois Les Graviers 2005: produit sur sol calcaire, c'est la plus bourguignonne des cuvées parcellaires de Stéphane, dans l'esprit tout du moins. La bouche est d'une acidité remarquable, paradoxalement moins élevée que sur les autres cuvées si l'on prend la peine de la mesurer objectivement, à l'origine d'une grande droiture et de beaucoup de longueur. Un vin élégant et fin!

    - Côtes du Jura Chardonnay En Barberon 2005: les argiles du Lias procurent à ce vin un équilibre magique, subtil, précis, frisant la perfection. La longueur est phénoménale. Un En Barberon d'anthologie!

    - Arbois La Tour de Curon-Le Clos 2005: nez sur l'orange confite, légèrement terpénique à la manière des grands rieslings. En bouche, une grande acidité directrice et de la droiture, pour un vin parfaitement sec malgré sa richesse. L'échantillon, tiré du fût, possède encore une toute petite pointe de gaz qui accentue la tension et l'acidité. Superbe vin, probablement supérieur au magnifique 2004 regoûté précédemment sur un homard concocté par Pierre-Ivan Boos, chef de L'Alchimie pontissalienne. Avec un homard jurassien, il fallait bien un Batard du Jura!

    Pas de notes précises sur les rouges 2006 au fût, encore au stade d'ébauches, mais beaucoup de fruit et de gourmandise, notamment sur les poulsards, qui, il faut le rappeler, sont tous vinifiés sans soufre au domaine depuis 2004. Par le fait, ils sont susceptibles de nuire gravement à l'intelligence, mais ils sont sacrément bons quand même! Des trousseaux également prometteurs, un Pinot noir En Barberon une nouvelle fois très réussi, goûté en 3 versions (égrappé, raisin entier non soufré et assemblage des deux), comme à l'accoutumée, et un Arbois Pinot noir collector particulièrement réjouissant.

    Retour en cave pour apprécier le Traminer 2006, particulièrement croquant et gourmand, aux arômes muscatés et pour finir, un Opportun 2006, petit bijou opportuniste enfin en bouteille.  Ce Trousseau botrytisé et passerillé récolté en début de vendanges, j'en ai suivi la gestation à plusieurs reprises. Il est enfin prêt et il est à tomber à la renverse! Une robe légèrement rose-orangée, très claire, et une acidité tranchante en bouche, équilibrée par de jolies notes confites et rôties. Un genre d'OVNI sans équivalent au monde, à encaver pour les générations futures, même s'il sera dur de leur en laisser un peu!

    Olif

  • Coup de Foudre à Molamboz...

    ... pour une boisson s'apparentant à la limonade, mais en bien meilleur! Un Pet Nat 2005 qui n'est évidemment pas élevé en foudre, mais qui permet de prendre l'Escampette, ou à défaut la tangente. 100% chardonnay, mais, contrairement à son aîné de 2004, il est parfaitement sec. La bulle est visuellement très fine, même au service; le nez porte sur l'élégance du fruit et la bouche est vive, sèche et bien définie. Très beau vin, auquel il ne manque même pas la gourmandise de la version légèrement sucrée. Dégorgé "à la sauvage" dans la cour du domaine, chez Jean-Marc Brignot, évidemment.

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    Auparavant, deux Savagnins 2005 prélevés à la cave, l'un sur cuve, l'autre sur fût, en mode oxydatif, sous léger voile. Avantage fruit pour le premier, mais une structure magnifique sur le deuxième, qui devrait bientôt être bon pour la mise. Les petits noms de baptême ne sont pas encore officiels mais deux cuvées à guetter avec intérêt dès leur commercialisation. Allelouiah!

    Olif

  • Jean-Marc Brignot, le vigneron arboisien qui monte en fléchettes

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    Molamboz, Jura. Village du vignoble, dans la plaine arboisienne. Un des rares endroits au monde où l'on déguste et boit du vin tout en jouant aux fléchettes au son de Brassens. Un genre de Pub à vins naturels, accent normand inclus. Celui de Jean-Marc Brignot, qui a convié le GJP* à un match amical autour d'une bonne bouteille, voire plus si affinités.

    Alliance jurasso-normande pour une dégustation les pieds sous la table, accompagnée d'une véritable poule au blanc, d'un authentique Camembert et d'une non-moins réelle tarte flambée pommes-raisins. Ne manquait qu'une bolée de cidre pour que l'illusion soit parfaite. Heureux normands qui pourront également célébrer le mariage de la pomme et du raisin dans pas bien longtemps. Où? A Caen. Quand? Les 25 et 26 novembre prochains. La crème des vins naturels en Normandie, ce sera une grande première!

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    Petit aperçu de la production du représentant jurassien (spéciale dédicace à l'intention des Normands, mais aussi des Auvergnats, Les Dix Vins Cochons, c'est la semaine suivante à Chateldon):

    - Arbois Soliste 2004
    Savagnin de cuve sous voile pendant un an avec 20% de raisins botrytisés. Le nez est très finement oxydatif, d'une grande netteté et élégamment défini. La bouche s'enrobe progressivement, gagnant en harmonie au fil du temps. La finale est joliment croquante, avec des arômes d'épices et d'écale de noix. Un vin dorénavant bien en place, qui procure beaucoup de plaisir.

    - La Foudre d'Escampette 2005
    Une gourmandise Pet' Nat' en passe de devenir un des grands classiques de la maison. Pur chardonnay rond et tonique, avec une légère sucrosité résiduelle et une "bulle qui nettoie", cette Foudre d'Escampette est idéale pour prendre la poudre d'escampette! "Humour!" se serait écrié Antoine Decaunes et nulle part ailleurs! "Et vous trouvez ça drôle?" lui aurait répondu Pine d'huître! "Pine d'huître, il a pas d'organe! Pine d'huître, il a pas d'organe!" Comprenne qui pourra!

    Après ces deux vins blancs apéritifs, l'assemblée s'est soudain mise à chanter à tue-tête: "Viens Poupoule, viens Poupoule, viens!" Poule au blanc et au rouge, une réponse jurassienne à la normande!

    - Arbois PP 2005
    2/3 Ploussard, 1/3 Pinot noir. A moins que ce ne soit 2/3 Ploussot, 1/3 Pinard. A vérifier sur l'étiquette. Le premier nez est un peu sauvage, légèrement réducteur. Il change vite à l'aération. La bouche est fruitée, charnue, ronde et croquante. La finale présentait antérieurement, d'après Jean-Marc, une petite pointe d'oxydation que l'on ne retrouve pas cette fois-ci. Les tanins sont un peu marqués avec une note balsamique volatile. La mise est récente, le vin est en train de se mettre en place, son humeur est changeante actuellement, mais le potentiel est indéniable. A suivre avec intérêt!

    - Arbois PBG 2005
    Encore un vin indécis, au nom définitif incertain. PBG, pour Parcelle en Bas à Gauche. A moins que ce ne soit Ploussard Bien Gaulé! Une couleur, une matière et une concentration impressionnantes! Le premier nez est sur l'amande amère, l'Amaretto, la griotte. "C'est du bizarre" pour un Ploussard! Surtout que pour l'instant, il ne tient pas en place! Mais quel vin! Lorsqu'il se sera un peu assagi et stabilisé, on devrait tenir là une des toutes grandes expressions de ce cépage si capricieux.

    - Arbois Cuvée Marc 2005
    95% Ploussard, 5% Trousseau, en complantation. Une robe d'une intensité et d'une concentration inhabituelles pour un Ploussard. Inhabituelle n'est plus tout à fait le mot exact, au vu de la robe des deux vins précédents, mais celle-ci est noire comme de l'encre, ou presque. Et c'est du Ploussard! Il va falloir que je reprenne rendez-vous avec mon ophtalmo! Le nez est cacaoté, un peu balsamique, avec une petite pointe de végétal. La matière est superbe, comme "toute la came" rentrée ici en 2005. Superbe!

    - Arbois Trousseau 2005
    Une cuvée qu'il va falloir baptiser, maintenant le dépucelage effectué! Exit le Trousseau du Puceau, la version 2004, qui par définition sera unique, vive le Trousseau 2005, dont la robe de soirée n'a rien à envier à celle de Marc. Rond et croquant, concentré, il y a du vin dans cette bouteille! Un cépage à redécouvrir complètement, au vu de cette interprétation brillantissime!

    - Arbois "Chardonnay pas fini " 2005
    Le nom est loin d'être encore trouvé pour ce vin au stade d'ébauche, encore en cuve. Le premier nez est marqué acétate, mais il s'agit de sa première sortie depuis sa naissance, on l'excusera donc bien volontiers. Un Chardonnay récolté à maturité "optimale", c'est à dire avec beaucoup de botrytis, millésime 2005 oblige. Fermentation non terminée, donc encore un peu de sucre, un chouïa de gaz, mais un fruité charmeur. Fraîcheur, droiture, salinité, volupté pour un équilibre quasiment aérien. Un véritable OVNI, à la fraîcheur stupéfiante.

     

    Mauvais joueur, le Seb claque la porte et dégomme les ailettes! Trop fort aux fléchettes, Jean-Marc! Et en rouges 2005 aussi! Y a pas d'lézard! Même s'il manque à cette dégustation une cuvée dénommée "Que d'lézards". On essaiera de remédier à cela bientôt!

    Olif

    Pour mémoire, à Molamboz, on joue aussi aux cartes, ici et !

     

    * GJP: Grand Jury Pontissalien, secte d’adorateurs de Bacchus, basée sur les hauts plateaux du Doubs et qui n'a de jury que le nom!

  • Cartes sur table à Molamboz, chez Jean-Marc Brignot

    Pour clore sa trilogie hivernale et déposer un brelan d’as sur la table, le GJP a abattu son joker et atterri à Molamboz, dans la plaine arboisienne, chez Jean-Marc Brignot, pour une relecture de ses gammes, tout juste neuf mois après la première visite au domaine. Neuf mois! Le temps d’une gestation humaine! La majorité des vins dégustés alors sont maintenant en bouteille et proposés à la vente. Une rencontre avec Jean-Marc est toujours un grand moment! Malgré son air nonchalant, l’exigence est une de ses priorités. Son credo du sans soufre ne l’empêche pas de vouer un véritable amour pour cette terre du Jura et ses cépages, le Ploussard tout particulièrement, et son ambition est d’en proposer sa propre vision, dans un respect total. Respect  de la terre, respect de la vigne, respect du raisin, respect du vin, respect de la nature, respect du consommateur … et respect du vigneron, à la recherche d’une cohérence dans sa gamme. Récolte, pressurage et mise sont les trois moments clés de la vinification du blanc. Le reste du temps, c’est un « boulot de feignant », et ça lui convient bien! Son grand truc, c’est les bulles, mais il n’y en aura pas en 2005, à son grand désespoir! Les rouges, c’est moins évident, mais il y travaille! Et grâce à des parcelles situées sur quelques-uns des plus beaux terroirs d’Arbois (Curon, Curoulet,…), Jean-Marc dispose d’une matière première de grande qualité, ce qui fut vrai pour son premier millésime en 2004, et le sera probablement encore plus en 2005.

    Il faisait déjà presque nuit et grand froid lorsque nous sommes arrivés à Molamboz. Le temps d’uneDsc02685 minute de recueillement et la bénédiction de la vierge du patelin, nous gagnons la cave pour découvrir une magnifique pierre de quelques tonnes, repolie et retravaillée à l ‘ancienne, qui servira de pressoir vertical à l’avenir, et goûter à quelques jus de 2005, dont un superbe Trousseau à la matière riche et concentrée, prometteuse, tout juste un peu frais.

    Retour à l’intérieur, près du poêle, où Wanda, l’impressionnant mais gentil chien de la maison se chauffe le poil, pour goûter encore à deux vins rouges de 2005 prélevés sur cuve avant de passer aux vins en bouteille, dont les noms de baptême font souvent se creuser la tête à Jean-Marc. Compte-rendu d’une dégustation effectuée au coin du feu et au son de Coltrane!

    - PP 2005 (nom provisoire)
    ¾ Ploussard, ¼ Pinot Noir. Dans une phase fruitée absolue, un vin gourmand et charnu.

    - Curon 2005
    2/3 Trousseau, 1/3 Ploussard. Le cépage majoritaire, dans un millésime solaire, apporte sa robe, très colorée, d’un rouge burlat soutenu. La matière est concentrée, harmonieuse, déjà bien équilibrée, et fait plaisir à voir et à boire!

    Dsc02689_1- Les Mouches ont pied
    Une intrigante cuvée de VDT, de couleur blanche, au nom bien trouvé, possédant beaucoup de fraîcheur et de gourmandise, laissant parler de jolies notes de fruits blancs. Curieusement, une structure tannique s’impose en milieu et fin de bouche. Il s’agit d’un Ploussard initialement destiné à être rosé, ayant subi deux jours de cuvaison mais qui n’a pas eu le temps de prendre de la couleur et est resté désespérément blanc! D’où la sensation tannique, malgré la légèreté et ses arômes fruités. A tester dans un verre noir!

     

    - Arbois, Ploussard en Retard 2004
    Un potentiel primeur 2004 présenté au moment des primeurs 2005! Si peu en retard, en fait! Un premier nez, sur l’autolyse, s’estompe rapidement, pour faire parler son fruit tout en restant légèrement animal, de légères notes cacaotées faisant le liant. Un vin digeste, à boire pour le plaisir, où à garder un petit peu, pour le plaisir également.

    - Arbois Préface 2004
    Du Ploussard dans les temps, en vendange égrappée, sur le fruit (cassis) avec des notes végétales (dans le bon sens du terme). La bouche est ronde et charnue, possédant une belle structure déjà bien en place, et un brin de rusticité campagnarde pour la personnalité. Une cuvée taillée pour affronter quelques années de cave et s’harmoniser.

    - Arbois Marc 2004
    90% Ploussard, 10% Trousseau, sur Curoulet, en l’honneur de Marc, le premier fils de Jean-Marc. Animal au sens noble, il respire l’autolyse et en constitue une belle définition. La structure est cossue, déjà bien en place, mais le vin mérite d’attendre un peu pour s’exprimer au mieux.

    - Arbois Savagnin Bleu Marine 2004
    Bleu comme la mer, marine comme l’océan, une cuvée destinée aux gens de la Côte normande et élaborée pour accompagner les produits de la mer. Le cépage développe une jolie aromatique fruitée et possède beaucoup de nerf. Une acidité mordante, même, à croquer, qui procure une grande sensation de fraîcheur, apte à relever nombre de défis culinaires maritimes.

    - Arbois Frimaire 2004
    25% de pourriture noble sur du Savagnin vendangé en novembre 2004. Si le premier nez est discret, légèrement confit et botrytisé , une petite pointe de gaz le tonifie, le sucre résiduel se fondant digestement dans l’acidité. Un vin léger et aérien, destiné aux foies gras des Fêtes.

    - Arbois Savagnin Grand Curoulet 2004
    Une prise de voile express et brève, sur une cuve, pendant un mois, et cela apporte déjà des notes oxydatives subtiles et épicées! Bien équilibré, c’est un beau vin dans un registre très fin.

    - Arbois Soliste 2004
    Voilà qu’une des deux cuves de Frimaire a trouvé le moyen de la jouer solo et de prendre le voile! On aura tout vu! De petites notes épicées se surajoutent au botrytis, dans un registre toujours aussi délicat, mais la bouteille que nous dégustons est ouverte depuis quelques jours et manque d’un peu de relief.

    Une gamme déjà assez complète, même si nous ne goûterons pas aux Chardonnays, en cours d’assemblage. Faudra t’il que nous revenions encore? Ce sera avec un plaisir non dissimulé, en tout cas!

    Olif

  • Vous reprendrez bien un petit coup de Stéphane Tissot (ter)?

    Parce que il y en re re n'a!

    Troisième expédition arboisienne en peu de temps, de nouveau au domaine André et Mireille Tissot, pour une petite leçon de terroir et, éventuellement, prendre enfin possession de quelques bouteilles.

    Comprendre le terroir, voilà qui peut sembler utopiste à bon nombre d'hédonistes purs et durs! C'est effectivement une gageure! Mais qui ne risque rien… Profitant des services d'un géologue passant sa retraite à l'étude des terroirs, notamment jurassiens, Stéphane Tissot m'a convié à arpenter ses vignes en  sa compagnie et à recevoir mon premier cours de géologie appliquée.

    Lias ou Trias?

    Bêche à la main, nous sommes allés creuser la Mailloche, En Spoy (ces deux-là, je les ai manqués, c‘était le matin!), les Bruyères et Curon. Pour y découvrir des marnes rouges, grises, noires et irisées, principalement, toutes originaires du Trias. Et de Lias, point, contrairement à ce que pensait Stéphane! Et puis aussi des terres de gryphées, ces argiles limoneuses remplies de coquilles d'huîtres fossilisées, dont j'ai subtilisé un exemplaire, au mépris d'une éventuelle modification du terroir!

    Dsc02488_1
    Les Corvées vues des Bruyères

    Petit cours de géologie pour les nuls

    A l'écoute de Michel Campi, la géologie semble une science d'une simplicité évidente, facile à comprendre, notamment le « Big Bang jurassien », qui a abouti à la formation d'une bande argileuse de quelques km de large où affleurent les marnes rouges, noires ou irisées du Trias et les marnes grises et bleutées du Lias, surplombées par le calcaire du Bajocien et poussées à la surface par l’émergence des Alpes en arrière. Grosso modo, et sous réserve de mauvaise compréhension de ma part, se succèdent, dans le secteur Montigny-Arbois, du haut vers le bas, le calcaire du Bajocien, qui correspond à la ligne de crête, les éboulis calcaires, la zone la plus pentue où s’épanouissent le Trousseau et le Chardonnay (Curon et les Corvées sous Curon, par exemple), les marnes grises du Lias, propices au Savagnin et au Poulsard, puis les marnes irisées ou rouges du Trias, souventDsc02490_1 surmontées d’argiles à chailles ou de calcaires à gryphées datant du Lias et qui se sont accumulées du fait de l’érosion. Des terres favorables au Trousseau et au Chardonnay, mais également au Poulsard que l’on rencontre sur le terroir des Bruyères.

     

    Le mystère de la Mailloche demeure!

    Une épaisse couche de limons recouvrant les argiles, pas moyen de conclure entre Lias et Trias. Il va falloir creuser beaucoup plus profondément pour connaître les dessous de cette Mailloche, en espérant ne pas briser la magie de ce terroir, ce qui porterait un coup fatal au Mailloche-Fan-Club!

    Pour concrétiser tout cela, nous sommes passés par la cave pour déguster les 2005 en fût. Le terroir marque déjà, sur ces moûts présentant encore des sucres. La puissance et le gras des Graviers, la minéralité argileuse des Bruyères, le coté fumé et la relative rusticité de la Mailloche, la profondeur et la densité du Clos de la Tour de Curon, malgré le très jeune âge des vignes, et qui lui donne des allures de Pouilly-Fumé de Didier Dagueneau!

    Une journée au pas de course, qu s’est achevée par une mini-dégustation restauratrice au caveau, en compagnie d’un étonnant caviste de passage, l’occasion de regoûter à Mélodie, ce Savagnin de glace qui n’a pas fini de faire parler de lui (à guetter rapidement sur vins-étonnants.com, avis aux amateurs!) et à Audace, cet audacieux moût de raisins de Poulsard passerillés.

    Et dire que je n’ai pas encore eu le temps de  prendre mes bouteilles…!

    Olif

  • ARBOIS, en 2 temps et 3 mouvements

    Le 25/01/2005 à 19:13

    Première sortie vinique de l'année pour le GJP. Les journées sont encore courtes et les disponibilités limitées. En une après-midi, seul le Jura s'offre à nous, ce qui n'est déjà pas si mal ! Les plaques de neige et de glace encore présentes sur certaines routes non salées des hauts plateaux ont eu beau essayer de freiner notre progression, notre enthousiasme ne fut pas altéré. Et ce n'est qu'avec un tout petit peu de retard que nous arrivons chez Michel « Canal Trousseau » Gahier qui nous attend sur le pas de sa porte.

    Et c'est parti pour un adaggio allegro non tropo, en deux temps et trois mouvements. Claudius me corrigera au besoin, car je n'y connais absolument rien en musique !smiling smiley

    Domaine Michel Gahier : temps un, mouvement un, moderato crescendo !

     

     

    On rentre d'emblée dans le petit caveau de dégustation et le vif du sujet. D'abord quelques 2004 en cours d'élevage. 2004, une année globalement généreuse qui va permettre de refaire les niveaux dans les caves des vignerons, avec certainement de la qualité chez ceux qui auront su trier.

    Chardonnay 2004, jus de base de crémant
    Beaucoup de légèreté dans ce jus encore en cours de fermentation, exhalant des notes de châtaigne, et possédant une acidité un peu mordante en finale.

    Chardonnay 2004
    Sur la réduction, il possède néanmoins beaucoup de fraîcheur et de vivacité.

    La Fauquette 2004
    Du melon à queue rouge en provenance d'un terroir de marnes rouges en exposition Sud, Sud-Est. Un vrai terroir à oxydatif, même si cette Fauquette-là n'a évidemment pas encore eu le temps de prendre le voile. Nez réduit et fermentaire, bouche tranchante mais possédant une profondeur déjà impressionnante. Attendons que les levures fassent leur ouvrage !

    Savagnin 2004
    Nez similaire sur la réduction, mais en bouche une étoffe déjà plus cossue, avec plus d'amplitude et même déjà du gras. L'augmentation des volumes en 2004 , du fait des rendements supérieurs, mais aussi d'une augmentation des surfaces, permettra à Michel de décliner le cépage sous toutes ses formes.

    Trousseau Grands Vergers 2004
    En phase de réduction, mais un fruité qui s'impose bien à l'agitation. Une belle concentration pour un trousseau plutôt bien coloré. Rendements de 40 hl/ha.

    Trousseau 2004
    Un vin friand et croquant à la robe rubis clair. Souple et arrondi, il a déjà probablement terminé sa malo et se laisse apprécier pour sa fraîcheur et son naturel.

    Trousseau Grands Vergers 2003
    Avec celui-ci, on commence à approcher la quintessence de l'expression du cépage, avec des notes épicées et confiturées. Les tanins sont encore marqués et le vin entre probablement dans une phase de fermeture. Il faudra lui laisser un peu de temps pour le goûter au mieux.

    Trousseau 2003
    Pas encore commercialisé, contrairement aux Grands Vergers, mis en bouteilles sur le fruit il y a déjà quelque temps, ce trousseau exhale de jolies notes de bigarreau au sirop, mais se goûte paradoxalement un peu difficilement en raison d'un « effet de colle ». Les tanins sont sévères avec un peu d'astringence, ce qui explique la raison du collage, qui sera suivi d'une légère filtration, pour les adoucir et éviter un assèchement trop important.

    Trousseau 2002
    La robe est rubis clair, tirant sur la pelure d'oignon. Le nez est ouvert, fruité, avec une légère note de caoutchouc. La bouche est avenante, aimable, avec des tanins biens polis. La longueur et la persistance aromatique sont marquantes pour un vin qui n'est pas un monstre de concentration. Je lui aurais donné quelques années de plus mais il se goûte merveilleusement bien en ce moment.

    Trousseau 2000
    Un trousseau archétypique qui possède beaucoup de rondeur et d'expressivité. De la confiture de petits fruits rouges épicés !

    Trousseau Grands Vergers 1999
    Un vin à la robe rubis soutenu et au nez intense de fruits rouges, de griottes au sirop et d'amande douce, qui se trouve dans la fleur de l'âge, sans signe d'évolution, pourtant.

    Chardonnay 2002
    Ouillé toutes les semaines, il n'a pas su, pu, voulu, résister à l'appel de l'oxydation ! Il est magnifiquement ancré dans le Jura, un vin comme on en produit nulle part ailleurs, à la structure épurée d'une grande beauté formelle. J'adore !

    Chardonnay Les Crêts 2002
    D'intenses flaveurs de pomme, d'épices, de gingembre et de clou de girofle laissent à penser que ce vin, ouillé pendant une année, va néanmoins partir sur le versant oxydatif. Les levures indigènes ont encore frappé! Ce qui ne retire absolument rien à sa qualité.

    La Fauquette 2000
    Nez de curry, d'amandes et de noix, mais cette fois c'était recherché! Une large structure de type oxydatif mais en même temps une grande douceur et beaucoup d'allonge. Une Fauquette toute juvénile qui n'égalera peut-être pas son aînée, mais qui est néanmoins dans la même lignée.

    La Fauquette 1999
    Une vraie galette des rois! Massepain, amande, frangipane. Un vin cubique, aussi long et large que profond. La puissance du millésime s'affiche clairement mais intègre progressivement l'alcool sans que celui-ci ne crée de déséquilibre. De la belle ouvrage!

    Savagnin sous voile 2000
    4 ans de fût sans ouillage pour ce vin au nez de jaune! Nul doute qu'il serait parvenu à ce stade si l'élevage s'était poursuivi, mais il s'agit d'une déclinaison qui permet de répondre aux attentes de la clientèle. Car s'il donne une idée de ce que peut devenir un vin jaune par son aromatique (noix, éther, épices), il n'en possède pas la profondeur et la complexité, ce qui est bien logique. La longueur est par contre déjà interminable et la rétro se fait sur des notes de cucurma et d'épices qui réapparaissent en bouche plusieurs secondes après que le vin ait été recraché (ou avalé). Un savagnin d'école et un bon apprentissage du jaune.

    Vin Jaune 1996
    Puisqu'on parle de Jaune, le voilà qui pointe son nez d'épices, de frangipane, d'amande amère, d'amaretto sans la cerise! Et pourtant, on peut presque le considérer comme fermé! Tout en finesse et en longueur, la bouche demande encore du temps pour s'exprimer pleinement. Un vin jaune d'une grande élégance, pour plus tard!

    Vin Jaune 1994
    ça commence en douceur, par des notes de pain d'épices, de miel, puis ça monte progressivement en puissance, pour emplir la bouche et signifier qu'en finale, on est bien devant un Vin Jaune. 2 bonnes minutes après l'avoir dégluti, il est toujours là ! Le premier millésime de Michel Gahier en Jaune.

    Vin de Paille 2003
    100% Chardonnay. Déjà goûté au stade embryonnaire il y a un peu plus d'un an j'avais été charmé par son naturel confondant. Actuellement, sa robe commence à dorer légèrement. Il possède toujours beaucoup de fraîcheur dans ses arômes de fruits secs et de tabac blond. La petite pointe de gaz résiduelle commence à s'estomper et il en ressort une grande douceur. Excellent en l'état, il risque d'être mis en bouteilles prochainement, ce qui l'exclura des critères de l'appellation Vin de Paille pour cause d'élevage insuffisamment long. Une situation qui risque de devenir de plus en plus courante et problématique chez bon nombre de producteurs comme nous le verrons lors de la prochaine visite de la journée.

     



    Domaine André et Mireille Tissot : temps deux, mouvement un, allegretto fortissimo !

     

    Le domaine André et Mireille Tissot se situant à une encablure de celui de Michel Gahier, il ne nous faut guère de temps pour nous y rendre, nous arrivons pourtant un peu plus tard que prévu, on se demande bien pourquoi! Stéphane ayant une manipulation impérative à effectuer ce jour-là en cave (le crémant, ça n'attend pas!), il n'a pas beaucoup de temps à nous consacrer. Pas beaucoup de temps, mais son enthousiasme et sa passion prennent toujours le dessus et le voilà qui nous explique aussi sec les arcanes de la filtration Kisselgur, une filtration naturelle avec de la poudre de diatomées.

     

     

    Les algues bouillonnent dans tous les coins, mais le résultat est probant. Le jus de crémant filtré, c'est celui de gauche!

     

     

    Et puis, entre deux remplissages de cuve, il faut absolument que Stéphane nous fasse goûter les 2004 au fût, « il y a plein de choses intéressantes ! Mais vite fait, parce que j'ai du boulot! »

    Chardonnay 2004, jus de base de crémant
    Il s'agit de celui qui a été filtré! Impression furtive d'un vin déjà presque accompli, bien arrondi. N'y manque que la prise de mousse!

    Poulsard VV 2004
    Stéphane privilégie volontairement des élevages en milieu réductif, tant sur les rouges que les blancs, ce qui permet un usage intelligent de la barrique, la pratique de fermentations douces et longues et l'utilisation la plus minime possible de soufre.
    Sur ce Poulsard, ce qui frappe, c'est sa grande fraîcheur, son fruité et sa buvabilité. C'est déjà très bon, et on a envie d'en avaler une gorgée!

    Trousseau 2004, 1er fût
    Très coloré, il est déjà  presque gourmand également.

    Trousseau 2004, 2ème fût
    Des raisins de 3ème feuille en provenance des vignes replantées au pied de la Tour de Curon. Une pureté de fruit éclatante et un soyeux extrêmement prometteur. Un grand terroir renaît!

    Poulsard 2004, sans soufre
    Il présente encore une petite pointe de gaz, mais se goûte aussi déjà  très bien.

    Pinot Noir 2004, En Barberon, 1er fût
    Raisins entiers, pigés aux pieds, avec 1,5g de soufre, ce qui est presque une quantité négligeable. Le 2003 à ce stade m'avait épaté, celui-là n'est pas mal non plus, avec un gras et un soyeux qui sont déjà impressionnants.

    Pinot Noir 2004, En Barberon, 2ème fût
    Raisins égrappés, avec un peu plus de soufre. Les tanins sont plus marqués, moins soyeux, ne bénéficiant pas de l'apport adoucissant de la rafle. Les deux fûts seront assemblés dans des proportions de 50/50 pour constituer la cuvée En Barberon. Il est probable, que dès l'année prochaine, la proportion de raisins entiers augmentera.

    Les Graviers 2004
    Nez très réduit, de façon toujours volontaire. Beaucoup de matière, très serrée, avec perception boisée marquée (fût neuf). Mais la définition est déjà très précise.

    Les Bruyères 2004
    La réduction est ici moins sensible. On perçoit une agréable petite note grillée, adoucie par la présence d'une petite pointe de sucre.

    En Barberon 2004
    La cuvée de Chardonnay sans soufre du domaine, inaugurée avec le millésime 2000. Au plus près du raisin, qui est presque encore croquant.

    Le Clos de la Tour de Curon 2004
    Le voilà  enfin, ce Chardonnay de la Tour! De toutes jeunes vignes, mais un vin qui se démarque déjà  des autres. «C'est autre chose!», d'après Stéphane. Il est pourtant élevé comme les autres vins, mais le terroir semble ici extraordinaire, apte à produire des vins hors normes. Nez légèrement réductif, puis le fruit s'impose, un peu exotique. Sa densité et sa pureté en bouche sont déjà fort impressionnantes. Le futur Montrachet d'Arbois?

    En Barberon 2003, fût neuf
    Déjà goûté au même endroit en juin 2004, il n'a toujours pas terminé sa fermentation! Ce qui contribue à entretenir un bâtonnage doux, spontané et perpétuel, comme l'atteste sa robe qui n'a pas encore atteint la clarté du vin blanc en fin d'élevage. Le soyeux de texture est pourtant déjà bien là !

    En Barberon 2003, fût de deux vins
    Celui-ci n'a encore pas totalement digéré ses sucres! Un élevage cousu main!

    Savagnin de glace 2004
    Il est peut-être un peu tôt pour en parler, de celui-là , mais je ne résiste pas! Une parcelle de savagnin vendangée le 22 décembre 2004, entre 4 heures et 7 heures du matin, par -11°C, à la frontale! Le nez surprend au premier abord, de par son caractère inhabituel pour un savagnin, mais la quintessence du cépage, dont on retrouve déjà l'ossature et l'acidité, a été extirpée par la cryo-extraction naturelle. Un vin pour l'instant déstabilisant mais qui devrait être exceptionnel!

    Vin de Paille 2004
    Pour terminer, nous avons également goûté le Paille 2004...sous forme de raisins de poulsard passerillés! De la gourmandise! De vrais et beaux raisins passerillés sur la paille, à l'ancienne, comme dans le temps, parmi les rares (ou les seuls ?) à connaître encore le lit de paille, et qui ne seront pas pressés avant le printemps, contrairement à l'immense majorité de leurs pairs. Au final, ils ne pourront pas revendiquer la mention Vin de Paille! Paradoxe (et injustice ?) de la réglementation!
    La grande quantité de raisins récoltés cette année va permettre à Stéphane de se faire plaisir et d'innover sur les liquoreux. De jolies surprises en perspective, probablement! Patience, donc !

     

    Finalement, heureusement que Stéphane n'avait pas énormément de temps à nous consacrer car nous y serions encore ! Pour goûter les vins en bouteille, il nous dirige donc vers le caveau du centre d'Arbois, où son père André monte la garde, pour cause de Muriel en RTT.

    Domaine André et Mireille Tissot : temps deux, mouvement deux, pianissimo !

    Le temps maussade qui règne en ce jeudi après-midi n'a guère incité le chaland à la promenade, aussi André est-il tout content de nous voir arriver malgré l'heure relativement tardive. Il ne nous reste guère de temps pour déguster mais nous avons dans nos bagages 2 bouteilles que Stéphane nous a confiées pour les ouvrir avec lui. Et puis, pas question de ne pas goûter à certains vins dont l'achat était programmé. Avec Dédé, on prend son temps ! Celui de s'asseoir et de discuter. L'occasion pour lui d'évoquer, l'oeil brillant, la réussite de son fils, même s'il lui a fallu un peu de temps pour se faire à l'idée de ses vignes aussi « mal entretenues », totalement enherbées, alors que «de son temps!». Même si le domaine avait déjà une excellente réputation lorsque lui-même s'en occupait, il faut reconnaître que Stéphane l'a hissé vers des sommets insoupçonnés jusqu'alors, en s'appuyant sur une culture de la vigne et un travail en cave d'une exigence exemplaire. Et il en est fier à juste titre, André!

    La Mailloche 2003
    On attaque par ce cru fétiche, millésime 2003. Les notes fumées et argileuses sont bien là . Il y a du nerf et du mordant, du gras aussi, qui donne une sensation moins incicive que sur les millésimes précédents. Personnellement, je suis fan, et trouve ce cru dans la droite lignée, les particularités du millésime mises à part.

    La Mailloche 2001
    Une des deux bouteilles que Stéphane nous a demandé d'ouvrir avec son père. Le nez a effectivement quelque peu changé depuis ma dernière rencontre avec ce vin, partant vers des notes légèrement oxydatives. Miel et épices, mais toujours ce côté fumé que j'aime tant. La structure reste épurée, racée et élégante. Un vin à suivre avec intérêt au vieillissement.

    Les Bruyères 1999
    La deuxième bouteille confiée par Stéphane. Un terroir argileux d'exception situé au Nord d'Arbois et qui surplombe la ville. C'est là qu'André a planté ses premières vignes il y a déjà bien longtemps de cela. Séquence nostalgie! Ce 99 n'est encore pas très âgé mais se goûte merveilleusement. Gras, riche et nerveux, il brille par une parfaite harmonie. Content du boulot effectué par le fiston, sur ce coup, le Dédé! Et sans regret au sujet de l'herbe qui a envahi l'argile des Bruyères, finalement!

    Trousseau 2003
    Un vrai petit bonheur de Trousseau, à la robe rubis clair, au nez explosant de petits fruits, aux tanins gras et veloutés, enveloppant la bouche avec une infinie douceur. Seule une petite amertume finale se fait sentir, mais le vin est encore si jeune!

    En Barberon Pinot Noir 2003
    Le rubis est beaucoup plus soutenu et le vin est à cette image, dense et serré, aux accents rhodaniens indiscutables. En cours d'élevage, Stéphane le comparait à du grenache. On part plutôt sur la Syrah, maintenant! Cela reste quand même un Pinot Noir impressionnant!

    Vin de Paille 2000, Les Caves de la Reine Jeanne
    Un vrai vin de paille celui-là , conformément à la réglementation en vigueur. Classique, sur le coing et la mine de crayon, et frais malgré les 14,5° d'alcool.

    Spirale 2002
    Des raisins passerillés à l'ancienne, présentés dans un nouvel écrin original, une bouteille très allongée qui n'a plus rien de Jura. La robe est ambrée, avec des reflets lilacés. La bouche reste fraîche malgré la sucrosité importante. Grande concentration pour un vin superlatif qui ne titre que 8°.

    PMG 2000
    L'ultra concentration! C'est toujours de la gourmandise! Mais je suis gourmand!

    Derrière ce vin, il est difficile de goûter autre chose. Nous conclurons donc notre première sortie arboisienne hivernale sur cette douceur. Mais je crois qu'il y aura matière à revenir bientôt!

    Olif

  • Jean-Marc Brignot, un nouvel As sorti de la Manche?

    Le 06/03/2005 à 19:07

    Nouveau venu dans le paysage viticole arboisien, Jean-Marc Brignot risque fort de devenir le véritable vigneron rebelle du Jura. De son passage chez Pierre Overnoy, il a gardé l'amour de la région (d'ailleurs il est venu s'y installer!), et la haine de la chimie. Privilégiant l'expression nature du vin et du raisin, il travaille de façon quasi-exclusive sans soufre et semble se régaler d'élaborer des cuvées colorées et pétillantes, avec le Ploussard entre autres, un cépage qui devrait lui permettre un certain nombre de fantaisies.

    Nouveau venu sur Arbois, mais pas dans le monde du vin, car depuis 2 ans, il présidait aux vinifications d'une maison de Champagne dont j'ai oublié le nom. D'où sa passion des bulles, aussi! Originaire de la Manche, donc pas forcément prédestiné à l'élaboration du vin, il vient de racheter les vignes du Domaine Robert Aviet. « Les vignes ont connu la chimie, mais ce sont de beaux terroirs! » lui a dit en substance Pierre Overnoy pour le conforter dans sa décision. 2004 sera son premier millésime, aucun vin n'étant pour l'instant commercialisé. Cela ne saurait tarder, car quelques cuvées privilégiant le fruit et le naturel devraient bientôt être mises en bouteilles, à la recherche du plaisir immédiat. Le temps également de baptiser le domaine, qui ne possède pas encore de nom! Certains aimeraient le voir s'appeler « Domaine du Cul Roulé », du nom d'une de ses plus belles parcelles, au lieu-dit Curoulet, mais rien n'est encore joué!

    Dans la famille Brignot, qui a passé son enfance dans un des départements français qui comporte le moins de pieds de vignes au mètre carré, on peut également demander la fille, Elise, dont le Beau Mont de Vénus est un réel petit bonheur! Sans grivoiserie ni familiarité aucune (je ne me permettrais pas, nous n'avons pas encore été présentés!), puisqu'il s'agit d'un vin de table élaboré à Beaumont sur Véron, sur les coteaux de Chinon chers à Rabelais, cuvée qu'elle a elle-même nommée ainsi.

    Lorsque nous arrivons à Molamboz, dans la vieille maison en cours de rénovation, il est presque 13 heures. Il est prévu de commencer la dégustation puis de casse-croûter ensemble.
    Un échantillonnage impressionnant de vins en cours d'élevage est disposé sur la table, assortiment de formes et de couleurs totalement inédites!

     

     

    Perlant 2004
    Un assemblage de 80% de Ploussard et de 20% de Melon, destiné à être la base d'un crémant, mais qui sera embouteillé tel quel pour constituer un joli et revigorant pétillant naturel.
    La robe arbore fièrement une couleur orange pastel, trouble mais homogène. Un vin tout fruit, léger et frais (10°), avec une bulle naturelle marquée, tonifiante. Un vin pour les premiers pique-niques printaniers, qui sera à décapsuler à l'ouvre-bouteilles. Une alternative à l'Orangina?

    Ploussard 2004
    Un rosé vinifié comme un blanc, par pressurage direct. La robe est également orangée, bien soutenue. Présentant une légère réduction au nez, il libère à l'agitation des notes d'agrumes bien mûrs, type pamplemousse rose. Une cuvée légèrement soufrée, destinée initialement à finir en bulles, qui possède de ce fait une finale à peine serrée, gênant le puriste du sans soufre qu'est Jean-Marc, mais je dois avouer que c'est quand même discret!

    Chardonnay 2004
    La robe est encore trouble et les sucres ne sont pas terminés. Mais le fruité primaire est tellement éclatant que la mise ne devrait plus tarder.

    Savagnin Vieilles Vignes 2004
    Des vieilles vignes de savagnin vendangées après la pluie, une fois la pourriture noble installée. D'où une grande sensation de maturité, pour un vin encore en phase primaire, avec un peu de résiduel, mais une charpente et une ossature plutôt prometteuses, avec du gras qui se développe en bouche.

    Savagnin Vieilles Vignes 2004, sous voile
    La même provenance que précédemment, mais un voile s'est installé en 4 à 5 jours, pendant la fermentation alcoolique. Un vin rebelle, qui suit sa propre destinée, possédant encore beaucoup de sucre et un peu de perlant sur des arômes très fermentaires de pomme verte. Une évolution dans le temps à suivre avec curiosité!

    Savagnin Vieilles Vignes 2004, 3ème fût
    Le même toujours, conservé dans une cave moins fraîche. La robe est déjà dorée, témoignant toujours d'une très grande maturité des raisins, et un vin qui possède beaucoup de prestance, d'amplitude et de richesse.

    Melon 2004
    Un vin riche et gras, avec une réduction importante au nez, et une pointe de lourdeur en bouche, peut-être due à une température de dégustation insuffisamment fraîche.

    Melon 2004, 13,7° naturels
    Une cuvée encore très particulière, du melon ramassé à grande maturité. La réduction est bel et bien là , puis le nez se positionne dans un registre lactique, presque fromager. La bouche est ample, avec à peine de résiduel, la finale est très légèrement asséchante, du fait d'une perception boisée un peu marquée. Une barrique qui n'est pas tout à fait du goût de Jean-Marc!

    Savagnin Jeunes Vignes 2004
    La robe est presque limpide, les sucres sont quasiment terminés. Vif et fruité, immédiat, c'est une expression originale et novatrice du savagnin, extrêmement plaisante.

    Ploussard 2004
    Un vin initialement destiné à être commercialisé en primeur (type Beaujolais, pas Bordeaux!) et que Jean-Marc n'a pas trouvé suffisamment convaincant à ce stade. Les quelques mois d'élevage supplémentaires ont laissé la priorité au fruit, pour en faire un réel vin de soif, tonique et tonifiant.

    Trousseau Curon 2004
    Sous une robe groseille soutenue, de superbes notes de griotte, d'amande amère, de colle blanche, envahissent le nez. La bouche, légèrement acidulée, traduit une très belle pureté de fruit.

    Assemblage Trousseau-Ploussard 2004
    15% Trousseau, 85% Ploussard en provenance d'une seule parcelle pour un vin gourmand, rond et charnu, développant d'agréables notes de fruits rouges écrasés sur des tanins soyeux et patinés. Forcément coup de coeur!

    Une gamme déjà bien étoffée qui devrait être commercialisée pour partie courant de cette année, en ce qui concerne les vins fruités et gourmands. Son approche du Savagnin promet d'être passionnante!

    Après tout cela, on a encore goûté pas mal de trucs, pour finir le repas, apportés par les uns et les autres, mais de façon un peu hors sujet et sans prise de notes.

    Le soleil se couche alors sur Arbois et ses coteaux toujours enneigés, l'heure pour le GJP de reprendre de la hauteur, les papilles encore garnies de toutes ces belles découvertes.

     


    Jean-Marc Brignot, retenez bien ce nom, on aura, je pense, l'occasion d'en reparler!

    Olif