10 janvier 2012
1976: Jean, Pierre, Marthe, Richard et les autres..
1976, année aussi sèche que 69 fut humide. C'est pourtant la larme à l'œil que je me suis résolu à dégoupiller ce Côtes du Jura, qui commençait à dénuder lascivement son épaule. Une bouteille de récupération, payée 3 fois rien (à peine), comme ça, pour voir. Tapis rikiki, poker menteur œnophile. Pas d'attente particulière, si ce n'est le plaisir sans cesse renouvelé de déboucher précautionneusement un vieux vin. La sommellerie, un art que ne pourra jamais remplacer le décapsuleur. Pour ce qui est du vin en lui-même, couleur dorée, miel, épices, champignon aussi, malheureusement, en route vers la madérisation. Intéressant, pas imbuvable, mais à petites doses, car vite fatiguant. Une curiosité, juste pour voir ce qu'il y avait sous cette épaule ...
En 1976, il n'y a pas eu que cette bouteille de Côtes du Jura ni l'impôt sécheresse. Petit flash-back sélectif:

En 1976, Pierre Richard a réussi à humidifier les joues en se jouant de la vie et des préjugés. En parallèle de sa carrière cinématographique, Pierre Richard tâte de la viticulture depuis 1986 dans les Corbières, au Château Bel-Évêque.

En 1976, Jean Richard avait bientôt fini son cirque. Au régime Maigret depuis quelques années, il portait de plus en plus souvent sa prothèse PIPE à la bouche, sans crainte de fuites autres que celles de sa salive.

En 1976, Marthe Richard commençait doucement à fermer son clapet, après avoir clos un certain nombre de maisons dans lesquelles, même une année comme 76 n'aurait pas empêché de mouiller.

En 1976, Pierre Richard, fils de Jean Richard, ni l'un ni l'autre de ceux cités précédemment, poursuivait l'exploitation du domaine viticole familial situé au Vernois, entre Lons le Saunier et Voiteur, au cœur de l'appellation Côtes du Jura, et, à défaut d'eau, produisait du vin. Le Côtes du Jura qu'il a élaboré cette année-là commence un peu à s'épuiser (voir plus haut). Son fils Vincent l'a désormais rejoint. Sauf distraction impardonnable de ma part, il va falloir essayer de goûter aux millésimes récents. Pourquoi pas lors de la Percée du Vin Jaune de Ruffey sur Seille, les 4 et 5 février prochains?

Olif
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| Tags : côtes du jura, le vernois, pierre richard, 1976, percée du vin jaune |
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05 février 2011
La Percée du vin à prix d'or...
57000 €! C'est l'enchère record sur une bouteille de vin jaune obtenue à la Percée 2011 par un clavelin datant de 1774. Ça fait cher du verre, mais ça pollue moins qu'un 4X4 Mercedes. Le prix du grand âge et de l'extrême rareté, mais aussi celui d'un vin qui n'en finit pas de livrer tous ses secrets, notamment celui de sa longévité.
Ce flacon de 1774, provenant d'un lot de la cave de Jules Vercel, est pourtant loin d'être un inconnu. Un exemplaire, vide, trône comme une relique dans un placard de la Maison de Louis Pasteur, en Arbois. Cette maison, désormais transformée en musée, est restée dans son jus. Pour un peu, si c'était autorisé, on pourrait s'asseoir dans le même fauteuil que Louis, se coucher dans son (petit) lit et refaire les mêmes expériences que lui dans son laboratoire. Tout est d'époque, y compris les papiers peints, régulièrement et soigneusement restaurés. Le Louis, du jaune 1774, il devait en boire aussi souvent qu'il voulait, Jules Vercel étant son voisin d'en face, avec qui il a beaucoup travaillé sur l'étude des levures et l'application des grands principes œnologiques. Peut-être même qu'il en a bu pour 570 000€ sans le savoir, tiens!
De valeur plus symbolique, après la visite de la Maison Pasteur, une grande première pour moi, j'ai eu l'opportunité d'emprunter un trajet réservé qui conduit jusqu'à la cave, en dessous de la maison, où sont entreposées les bouteilles produites par la maison Henri Maire avec les raisins de la vigne de Pasteur, replantée à l'identique dans les années 40 par Henri Maire lui-même: ploussard, trousseau, pinot noir, chardonnay et savagnin, assemblés tous ensembles dans des proportions variables. Le 1990 a une couleur brique orangée (dominante ploussard), des notes évoluées sur l'écorce d'orange avec des épices. La bouche a encore de l'allant, sur de tout petits tanins complètement fondus. Quelque part, une sorte de mémoire du vin du XIXème siècle...
Olif
23:51 Publié dans En léger différé du vignoble! | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
| Tags : arbois, vin jaune, henri maire, percée du vin jaune, domaine hughes béguet, domaine de l'octavin, michel gahier |
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28 janvier 2011
VDV#32: le tire-bouchon et la plume
32ème session des Vendredis du vin. Après le rock de la précédente édition, il va falloir sortir le rocking-chair et le mettre devant la cheminée. Pour la mise en condition, allumer le feu (mais pas avec son bouquin!), déboucher une belle bouteille et s'en servir une bonne rasade, tremper ses lèvres dans le verre, afin d'humecter sa bouche puis son doigt, quitte à jaunir les pages en les tournant. Les presbytes auront pris soin de chausser leur lorgnons au préalable, cela va de soi. Hub l'Œnothèque nous convie donc à une partie de lecture commune et partagée. Des litres et des lettres, les copies sont ramassées ce vendredi. C'est parti! "Pochouse avait débouché la bouteille, il commençait à remplir deux beaux verres sortis de nulle part. (...) - Liu, vous êtes déjà entrée dans une salle où vient d'avoir lieu une dégustation de vin jaune? Liu fit non de la tête. - C'est quelque chose d'unique, vous avez l'impression d'entrer dans un nuage et de vous envoler avec. De toute façon, rien n'est comme ailleurs avec ce vin. (...) Au bout de quelques minutes, il passa un doigt à la surface du vin et le fit glisser sur les lèvres de Liu. Après quelques secondes, un joli sourire s'y étalait. Elle reprit son verre. Alors qu'elle savourait une première gorgée, Pochouse commençait à lui parler de ce vin vendangé en 1909 "sous le gouvernement Aristide Briand, un grand homme oublié, comme Waldeck-Rousseau et tant d'autres. Cette année-là, Faber a gagné le Tour de France".(...) Pochouse parlait, Liu dégustait à petites gorgées. Pochouse se demandait à quelles époques tous les arômes du vin s'étaient glissés dans le fût puis dans la bouteille. "Vous croyez qu'ils arrivent tous en même temps ou est-ce qu'il y a une sorte d'ordre protocolaire?" Liu ne savait que répondre." Pas de 1909 sous la main, alors je me suis rabattu sur un Château Chalon 1955 de Léon Cartier pour accompagner ce savoureux extrait de Panique dans les vignes du Jura, de l'excellent Jean-Claude Barbeaux, dont j'ai déjà parlé ici et qui est paru aux Éditions Cabédita. Oui, alors? Quand est-ce qu'ils sont arrivés dans la bouteille, le miel et les épices? Et le houblon? Et le marc? En quelle année et à quel moment? Toujours est-il qu'ils sont bien là, définitivement assis et d'une infinie douceur. Entre le vin et le livre, mon rocking-chair balance... Olif P.S.1: la Percée du Vin Jaune arrive à grands pas et elle se déroulera cette année les 5 et 6 février dans la bonne ville d'Arbois, ce qui promet une ambiance du tonnerre dans les rues et les caveaux. Que tous ceux qui veulent avoir le nez dans le jaune se le disent! P.S.2: définitivement bien assis, je le fus également, dans ce superbe fauteuil "Plaisir solitaire", avec la petite encoche qui fait tout, réalisé sur mesure par Christophe Lorenzoni à partir de fûts recyclés, récupérés chez de bien bons vignerons. 225 litres de pur bonheur totalement confortables!
07:30 Publié dans Les Vendredis du vin | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
| Tags : château chalon, vin jaune, léon cartier, 1955, jean-claude barbeaux, panique dans les vignes du jura, percée du vin jaune |
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07 février 2010
Poligny 2010, au cœur de la Percée...
Divin clavelin. Back to the roots, too! Poligny 1997. Tandis que Snake Plisken tentait de libérer le président des Etats-Unis de sa prison manathanesque, dans un New-York apocalyptique, les Jurassiens festoyaient sous un soleil radieux, se rinçant le gosier à grands coups de clavelins dans les rues de la capitale du Comté. Poligny 2010, 13 ans plus tard. Snake Plisken n'est pas encore de retour à Los Angeles que les Jurassiens, sous un soleil timide parvenant néanmoins à percer lui aussi, continuent de carburer au Jaune en chantant à tue-tête dans les rues polinoises.
Bien moins froid qu'à l'Ouest du Pécos, même!
First, opération clavelinage. Mission délicate qui consiste à sélectionner un ou deux flacons dignes d'arborer comme une légion d'honneur sur le plastron. De manière appliquée et zélée, je me suis prêté pour la première fois au jeu. Il faut savoir être sérieux, parfois. Mission accomplie. Ouf, on n'a pas sorti Auguste!
Deuzio, opération repérage. A partir du samedi midi, c'est quartiers libres pour déambuler dans les rues de la ville. De chouettes véritables caves particulières ont été mises à la disposition des vignerons. La foule se presse dans les escaliers qui permettent d'y accéder. Cette année, ils sont 73 à faire déguster 500 vins différents. Du blanc, du rouge, du jaune, des bulles, du sucre. Le perceur et la perceuse de base doivent faire un choix, pour distiller leurs dix précieux tickets-dégustation. C'est plus prudent, parce que la maréchaussée veille à toutes les entrées et sorties de la ville.
Tour de caveaux express, avec pour double objectif de saluer quelques connaissances vigneronnes et de déguster du savagnin dans tous ses états, en vue d'un futur SWWT* qui devrait faire une étape Ascensionnelle et printanière en Pays Montois.
Une institution: Laurent Macle. Sur les coups de 12 heures 30, avant le rush de l'après-midi, même pas de surprise. Tout est toujours excellent! Côtes du Jura 2006, et Château Chalon 2002, comme Macvin et Crémant. Petite info à l'intention des aficionados, la cuvée de Chardonnay ouillé 2007 pourra être dégustée et achetée à la propriété, sur demande expresse exclusivement. Ne pas se gêner, donc. Ben tiens, manquerait plus que ça!
Une découverte: le domaine Marie-Anne et Frédéric Lambert, au Chateley, près de Toulouse-le-Château. Un petit domaine familial de création relativement récente, qui propose à la vente plusieurs cuvées sympathiques (chardonnay et assemblage, en mode oxydatif), à regoûter tranquillement au coin du feu, à une meilleure température de service. Oui, il faisait aussi un peu frais dans le Jura en ce premier week-end de février, mais moins que dans la Loire fin janvier.
Une bouteille coup de cœur: goûtée à plusieurs reprises, au stand, puis en salle de presse, le Côtes du Jura Naturé 2005 de Peggy et Jean-Pascal Buronfosse. Du Savagnin ayant porté 20 mois le voile, avant de se révéler splendide dans sa natureté. 2010 sera pour le domaine la première année officiellement en bio. Avec la conversion prochaine de Julien Labet, sur ses vignes en propre, et l'ami Fanfan, le vieux de la vieille, Rotalier est en passe de devenir un véritable modèle jurassien du bon et du bio.
Dans le cadre de la prépa SWWT, deux autres beaux savagnins goûtés dans la Maison de Rose, en compagnie de Dominique Grand. Je n'en dis pas plus, pour ménager un peu de suspense, des fois que des oreilles indiscrètes me lisent.
20:12 Publié dans En léger différé du vignoble! | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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26 janvier 2010
Oyez Oyez, braves gens...

22:12 Publié dans Quartiers libres... | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
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12 janvier 2009
La Percée s'invite en terre genevoise (bis)
"Souvenir des jours heureux, lorsqu'il faisait moins froid au bord du Grand Lac". (crédit photo Olif, décembre 2007)
8 janvier 2009. - 8°C sur les hauteurs du Jura. Guère plus sur les bords du Grand lac, réputé pour son climat océanique. Avec un ciel si gris qu'un geyser s'est perdu, avec un ciel si bas qu'un geyser s'est pendu, qu'il ne fait plus d'humidité ... Dans l'eau froide, il est vrai que ça rétrécit toujours. Chaussés de leurs pneus-neige de 7 lieues, les Jurassiens sont pourtant venus colporter la bonne nouvelle sur le Beau-Rivage du Grand lac, au restaurant le Petit Poucet Chat botté. Une opération de promotion superposable à celle de l'année passée, qui m'a permis de rencontrer la fine fleur de la presse genevoise ainsi que les organisateurs de l'événement.
La 13ème édition de la Saint-Vin jaune tournante, plus connue sous le nom de Percée, aura donc lieu les 31 janvier et 1er février 2009 à Passenans et Frontenay, deux petits villages situés au cœur de l'appellation Côtes du Jura, entre Poligny et Château Chalon.

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