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  • VdV #19 - Sulfites free

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    Le vin au naturel, c'est le thème de ces 19èmes Vendredis du vin, que j'ai le plaisir et l'honneur de présider.

    Le Vin au Naturel, c'est aussi le titre d'un passionnant ouvrage publié aux Editions du Sang de la Terre, en collaboration avec les Editions du Vin.

    Plaidoyer pour une viticulture au plus près du terroir, de la vigne à la cave,  on lit ce livre de François Morel (pas le Deschiens, mais le rédacteur en chef de l'indispensable revue du Rouge & le Blanc) comme on boit un vin "nature" ou "naturel": à grandes goulées, sans reprendre son souffle.

    "Le soufle? Un vlai ploblème!" si l'on en croit Ming-Li-Foo, vigneron chinois conventionnel et asthmatique au bord de l'asphyxie.

    Mais d'abord, le soufre, comment ça s'écrit? Un ou deux "f"? Evidemment un seul s'il s'agit de l'anhydride sulfureux que l'on rajoute pour "protéger" le vin. Le protéger de quoi? D'une consommation sans modération? Parce que sinon, bonjour le mal de tête! Et bienvenue au deuxième "f"!

    Le soufre-douleur, ou comment s'en passer en vinification, voilà le véritable objectif de ces Vendredis du Vin. Puisqu'il s'agissait de dénicher une bouteille de vin sans soufre, de la déboucher et de la boire. Si possible de l'apprécier, puis de la commenter. Ce qui personnellement ne me fut pas douloureux. Pour une meilleure lisibilité, j'ai même choisi des vins qui affichaient clairement leur statut sur l'étiquette.

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    Tout Nature, c'est le nom choisi pour cette cuvée de grenache 2006 dans le plus simple appareil produite par la famille Lédogar, du Domaine du Grand Lauze. Goûte moi aussi ça si tu Lauze (3)! Le nez est d’une grande netteté, sans interférence parasite. Curieusement, la bouche est serrée, nécessitant du temps pour se détendre et s’épanouir. Une bien jolie matière préservée des artifices: du vin, tout simplement ! D'ailleurs, c'est marqué sur l'étiquette. Ça se boit presque tout seul, levage mécanique du coude néanmoins obligatoire.

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    Beaujolais sans soufre 2005, c'est le nom de cette cuvée de Beaujolais-Villages du GAEC Jambon à Lantigné, au nez présentant une très légère note de réduction, qui s’efface derrière un fruit net (cassis) et des notes de violette. En bouche, une pointe de gaz, tonique, avant une belle matière juteuse, fraiche. Le Gamay dans toute sa natureté, un vin simple et franc, fleuri et coloré, à petit prix !

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    Plou Plou 2005, un Arbois tout nu produit par les Zinzins du vin, à Besançon, la grande adresse naturiste bisontine. Plou Plou, y'a bon Glou Glou: un panier de cerise et de groseille réhaussé par une pointe de gaz, offrant beaucoup de fraicheur. "Ploussard ou poulsard, l'important c'est d'en boire". Et moins il y a de soufre, plus on peut en avaler, de vin! Avec modération, évidemment!

    Olif

    P.S.: l'ouvrage de François Morel, Le Vin au Naturel, recommande la lecture assidue du Blog d'Olif, de La Pipette aux Quatre vins, de Vins Etonnants et du Blog de Francis Boulard. C'est réciproque!

    P.S.2: Patrick Baudouin vient de nous rejoindre dans la Bloglouglou. Un nouveau blog à recommander sans modération.

     

  • Demain, c'est vendredi...

    Vendredisduvin... et le vendredi,le dernier du mois, c'est VDV! Que la publication du thème du mois, "Sulfite free", coïncide avec Halloween n'a pas de quoi effrayer les participants, bien au contraire. Le plaisir devrait être au bout des lèvres!

    Plus que quelques heures pour rendre les copies, mais les retardataires seront les bienvenus. Pour cause de partance en vacances de Toussaint, la synthèse ne devrait pas être publiée avant mardi 4 novembre.

    En résumé, vous devez donc:

    • Avoir choisi un vin qui correspond aux critères décrits et l'avoir dégusté avant demain.
    • Publié vos impressions avec les détails pertinents du vin sur votre blog entre 0h et 24h le vendredi 31 octobre 2008, ou sous la forme d’un simple commentaire sur ce blog ou sur celui des VDV.
    • M'avoir envoyé votre nom, le nom de votre blog et un permalien vers votre article avant minuit le vendredi en question (vous pouvez le faire en laissant simplement un commentaire sur le site des Vendredis du vin).
    • Vous pouvez aussi ajouter vos notes de dégustation sur Vinorati, en les partagant avec le groupe Vendredis du Vin., ou encore sur Vinismo.

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    Olif

    P.S.: troisième billet de la journée, ça va faire jaser du côté de Vierzon! La faute aux vacances, parce que normalement, je suis bien plus occupé que cela! Professionnellement parlant, s'entend!
  • 30 octobre 2008: le Yin et le Yang

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    Après la matinée noire des blogueurs contre le vin, l'après-midi blanche du randonneur jurassien. Le Yin et le Yang. L'été indien à peine terminé, voilà que l'on plonge dans l'hiver indien. - 2°C , 10 bons centimètres de m... blanche * et un blizzard sibérien à 1200 mètres d'altitude, la petite promenade digestive a failli virer au fait-divers montagnard tragique.
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    Puisqu'on est dans le blanc, et pour continuer à faire la publicité promotion des vins de terroir des producteurs recommandables, quelques notes vite fait sur de jolies quilles promptes à être descendues avec modération. Deux blancs et un rouge, en fait!

    Côté Yin:

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    La Grande Bruyère, Le Jambon blanc, Vin de table de France 2003, Philippe Jambon: la bouteille idéale pour convertir le végétarien aux délices subversifs et jouissifs de la charcuterie haut de gamme. Une véritable noix de Jambon blanc, partiellement découennée, qui fond dans la bouche comme un Esquimau au soleil abandonné dans des mains expertes. Du gras, de la tension, de la droiture, de la richesse, de la fraicheur, un vin millésimé 2003 mais qui n'en a pas l'air. Y a bon, Jambon blanc!

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    Messieurs 2007, Vin de Pays des Côtes Catalanes, Les Vignes d'Elodie: issu de la vallée de l'Agly, 100 % grenache blanc et une grande fraicheur, sur des saveurs alliant fruits blancs et minéralité. Une jolie réussite pour un vin sans grande prétention.

    Côté Yang:

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    Le Clos de la Belle Croix 2005, Vin de table (de l'Orléanais), Reynald Héaulé: saluons cette jolie découverte des Zinzins du Vin, un vin de l'Orléanais tendance nature, frais et élégant, épicé et végétal (sur le bon côté du végétal), aux tanins souples et croquants. Une belle introduction à la thématique de demain pour les Vendredis du Vin.

    Olif

    * m... blanche, © Cancoillotte.net: c'est blanc, ça vient l'hiver et ça ne sent rien, mais c'est un peu merdique quand même. Surtout quand on n'a pas de pelle!  :depelle:

     

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  • 30 octobre 2008: Le drapeau noir flotte sur la barrique!

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    Bab-anpaa le Pirate, © Astérix, Uderzo et Goscinny

    On voudrait couler tout un pan de notre culture, de notre patrimone et de notre art de vivre que l'on ne s'y prendrait pas autrement! Le vin, un fléau social? Les vignerons des pousse-au-crime? Internet leur complice? Faut-il vraiment laisser les hygiénistes nous gouverner et nous imposer leur vision aseptisée du meilleur des mondes? Aldous Huxley nous avait pourtant mis en garde, et ce dès 1932! Pas pressé non plus de voir ressurgir le fantôme de ce monstre d'Eliott Ness et son combat en faveur de la prohibition. La meilleure prévention restant l'éducation, toute la filière viti-vinicole va se mobiliser pour enseigner l'art et la manière du vin aux jeunes générations, en vue d'une consommation adulte et responsable. Les bloglouglouteurs devraient encore avoir de beaux jours devant eux. C'est tout le mal qu'on leur souhaite!

    Ne laissons pas les Ayatollahs de la Santé Publique noircir nos plus belles pages web blanches. Noircissons-les avant eux, en signe de  protestation et de mise ne garde contre l'avenir du vin sur Internet, contre l'avenir du vin tout court, ce jeudi 30 octobre 2008!

    Plus d'infos sur Facebook, où un groupe de solidarité s'et créé.

    Noir, c'est noir! Il n'y a plus d'espoir...? Mais si, Johnny! Bien au contraire!

    Vive le vin sur Internet, pour qu'il ne ressemble pas à ça!

    Olif

     

     

  • Quand Laurent Macle jardine en Arbois...

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    Les Jardins de Saint-Vincent à l'heure castel-chalonnaise! Carte blanche à Laurent Macle pour l'occasion, devant un parterre de groupies où la corporation vigneronne était fort bien représentée. Les arboisiens auraient-ils envie de s'inspirer du savoir faire sudiste jurassien? La dégustation n'en fut que plus passionnante, un de ces grands moments offerts par Stéphane-Saint Vernier-Planche, le sommelier-caviste qui renvoie Voltaire et son Candide à leurs chères études. Il faut cultiver notre Jardin arboisien...

    Une descente de Savagnin à laquelle nous commençons à être coutumiers, mais on ne s'en lasse guère, bien au contraire. Parvenir à capter le moment où tout bascule, suivre la progression du process qui aboutit à la formation du voile, puis du Château Chalon, voilà bien un travail pratique passionnant et enrichissant qui ferait aimer l'école au plus las des cancres.

    On commence par goûter les tout premiers jus de 2008 en exclusivité mondiale, avant d'entamer une lente et exceptionnelle remontée dans le temps, du Savagnin au Château Chalon!

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    - Savagnin 2008: 12,4°, 2,85 de pH. Vendangé le lundi 13 octobre 2008. Déjà sec, d'une très grande acidité, sur des notes de pamplemousse d'une grande netteté. Une structure impressionnante, pour un millésime qui sera néanmoins très acide. La notion d'équilibre sera donc prépondérante!

    - Savagnin 2007: en fût de puis le mois de mai 2008, ensemencé naturellement. Le fût est en vidange mais n'a pas encore de voile. Déjà très pur et net, avec du gras, des notes beurrées et réglissées, une petite touche de fruits secs en finale. Pas encore vraiment oxydatif et pourtant déjà tellement bon qu'on en boirait! Certains ont suggéré une mise en bouteille rapide pour profiter de cette fraicheur magnifique, mais ils se sont vite fait rappeler à l'ordre. Il est encore long le chemin qui mène à Château Chalon!

    - Savagnin 2006: sur le fil, on sent que la bascule vers l'oxydation ne saurait tarder. Beau nez complexe, fruité, avec des notes de colle blanche. Bouche droite, finement oxydative, élégante et fraiche.

    - Savagnin 2005: nez très fin et complexe, bouche riche et puissante, avec des notes d'écale de noix verte, d'épices, de gingembre, de poivre. La longueur s'affirme, s'accordant avec la richesse du millésime.

    - Savagnin 2004: nez sur la croûte de Comté. La bouche gagne en longueur et en persistance. L'oxydation ménagée est bien là. Droit, acidulé et tendu, frais et fin, il traduit à merveille son millésime de haut rendement (50 hl/ha contre 30 habituellement).

    - Savagnin 2003: un millésime à part, affirmé. Riche, beaucoup d'alcool, compact, il sait garder une pointe de fraicheur dans un coin pour donner un vin réellement digne d'intérêt, qui transcende les écueils de la nature.

    - Savagnin 2002: quasi du Château Chalon nouveau, celui qui sera mis en perce en février 2009. Un échantillon prélevé sur un fût de cave moins fraiche que les précédents, d'où quelques différences de style, qui ne conviennent guère à Laurent Macle. Pourtant...
    Trame droite, longue et acidulée, sur des flaveurs d'épices, de gentiane, de noix verte.

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    - Château Chalon 2000: aromatiquement en retrait. Bouche droite, tendue, presque austère. Un peu recroquevillé sur lui-même, à attendre.

    - Château Chalon 1990: nez envoûtant, riche, complexe, sur le moka, le malt, évoluant vers de petites touches d'hydrocarbures. Pas aussi prononcées que dans la cuve à mazout du grand-père de notre vieux copain Le Seb, absent de marque de la soirée (aux Antipodes mais si près de nous quand même), à qui nous dédions cette bouteille. Malgré ce chouïa de pétrole, un vin plutôt très raffiné, fin et élégant. Bouche moelleuse et arrondie, avec du volume, soutenu par une sacrée acidité. Grand millésime, grande bouteille procurant déjà un grand plaisir.

    - Château Chalon 1986: moka, écorce d'orange, anis, miel, la quintessence d'un grand Château Chalon qui arrive à maturité et qui livre ses secrets. Encore très jeune, il est tellement fondu et harmonieux que c'en est un régal.

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    Pour cloturer cette dégustation d'anthologie, une rareté et un collector hors commerce, un Vin de Paille du domaine Macle. 1/3 Poulsard, 1/3 Chardonnay, 1/3 Savagnin, la complexité et la complémentarité des trois cépages assemblés: fraise, raisin de Corinthe, mine de crayon, un équilibre de Paille exemplaire, bâti sur une droiture et une acidité magistrales, laissant la bouche propre et nette.

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    Stéphane-Saint Vernier-Planche, le sommelier-caviste qui jamais ne vous rase avec ses commentaires de dégustation!

    Olif


  • Tout va bien!

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    Entre deux joues, Entre deux mondes. Les deux joues, d'abord, ce sont celles d'un bœuf du Haut-Doubs sélectionné par Pierre Grésard, le boucher possiblement moustachu de Malbuisson, victime il ya quelques mois d'un bête accident qui l'a éloigné des étals (et on le bise sur les deux joues en lui souhaitant un prompt rétablissement qui ne saurait plus tarder). Les deux mondes, c'est la fusion de l'Ancien et du Nouveau, de la Suisse et du Québec, concrétisée dans un coin perdu de la Franche-Comté, réputé habituellement pour son Kirsch et ses parcours de pêche à la mouche. Entre deux mondes, cette toute nouvelle brasserie située à Mouthier-Hautepierre fait déjà beaucoup parler d'elle, par son originalité et la qualité de ses bières.

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    Les deux joues, ce sont ensuite celles, parfois gorgées de bière, d'Estèbe, le gastronome genevois en culotte slurp. Qui aime mitonner des joues de bœuf à la Guiness, que l'on s'est empressé de reproduire. Sans Guiness, mais à la Native, évidemment. Un plat exquis, définitivement non photogénique, que l'on a dû renoncer, la mort dans l'âme, à immortaliser sur la balustrade aux couleurs d'automne. Un plat entre deux mondes.

    Avec ça, Tout va bien, à plus d'un titre! On s'est sifflé un vin de table bordelais produit par François des Lignéris, le bouillonnant propriétaire de L'Envers du Décor, à Saint-Emilion, conditionné sous douze étiquettes différentes, du canon à boire, sans trop se poser de question, rustique, croquant et gouleyant. A ce prix-là, tout va bien!

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    Disponible Au bon Echanson de Pontarlier ou en ligne sur Magazinvin.

    Olif

     

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  • Nourritures livresques

    A l'occasion du Salon du Livre de Pontarlier, petite revue de la littérature en guise de 4 heures:

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    Corto le Mornichon. Son nom ne vous dira rien, il n'a pas encoré été baptisé par les scientifiques du Perpendicule, L.L de Mars et Jampur Fraize. Improbable créature aux allures de demi-saucisse de Morteau avec des cornichons plantés dans les yeux, elle ne figure pourtant pas parmi les fiches pédagogiques répertoriées dans cet opuscule grouillant de bestioles aux mœurs étranges, du Bital à tutu fungique à la Fougnasse poitée en passant par le Blanchon cadastré. Un ouvrage indispensable à emporter dans tout milieu hostile et inconnu, on ne sait jamais.

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    Mœurs étranges de Perpendicule, par L.L. de Mars et Jampur Fraize, aux éditions L'œuf, celles dont il est inutile de faire tout un plat pour ne pas se brouiller avec.

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    Petite halte derrière les fourneaux d'Adrienne. Cette jeune Genevoise (non, je ne bégaie pas!) a le talent de cuisiner ses amis quand ils cuisinent. Puis elle les dessine en train de réaliser leurs recettes. Cela donne un condensé de cuisine illustrée pour la jeunesse, format à l'italienne, que l'on dévore avec les yeux, même quand on est plus vieux, parce qu'il change un peu de la routine et que c'est une façon ludique et rigolote de se mettre aux fourneaux.

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    A vos fourneaux et Le fourneau voyageur, par Adrienne Barman, aux éditions La Joie de Lire.

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    Après un tel abus de nourritures livresques, passage obligé par les toilettes pour y lire en cacatimini In Caca Veritas, afin de tout connaitre de la physiopathologie de la défécacation, du "Déjà vu" au "Pet fourré", en passant par le "Mastodonte" ou la "Glace à l'Italienne", avec les très sérieuses explications du Docteur Colombin. Je ne rentre pas dans le détail. Un ouvrage à lire par toutes les personnes dans le besoin.

    In Caca Veritas, par Josh Richman et le Dr Anish Sheth, illustré par Tebo, de la bande à Titeuf. Traduit de l'Anglais par Alice Marchand, s'il vous plait. Paru aux Editions Glénat.

    Bon appétit! Et bon après aux petits coins aussi!

     

    Olif

     

     

  • Le Requin et le Milan

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    Encore une métaphore animale, je ne sais si j'ose! Jaws. Les dents de la mer. Le Grand Blanc. Celui d'Henri Milan. Dans les Baux. En Provence. Pas loin de la mer. Mais c'est un vin de table. Millésime codé MMV. L'opulence. Mais c'est beau. Un nez finement grillé, qui laisse une impression de fraicheur, malgré la richesse des arômes. Pas une once de lourdeur. Mais du mordant. Un vrai squale. Le Grand Blanc, quoi! Celui d'Henri Milan. A attendre, bien à l'abri, à la fraiche, blotti dans une cave anti-requins.

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    Un pur bonheur déniché à Terra Vinéa, le spécialiste du bon vin nature au pays de la Saucisse, mais c'est également une tentation de Saint-Antoine!

     

    Olif

     

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  • Cru Barréjats 2001: vive le Sau (pas) terne!

    "Quelle drôle d'idée!", entends-je déjà sussurrer derrière mon dos. Boire du Sauternes! Pourquoi pas du vin californien! Loin de moi l'idée de vouloir jeter la pierre à une aussi prestigieuse appellation bordelaise, mondialement célébrée pour ses vins, les plus réputés liquoreux côtés en bourse. Seulement, le prestige, je trouve souvent cela plutôt indigeste. Dur à avaler. Et même aussi à recracher. Conçu pour plaire à une élite pleine aux as, buveuse d'étiquette, mais généralement ignare de ce qu'il y a dans la bouteille. Des vins plutôt ternes, qui finissent dans le seau, ou, de façon plus heureuse, dans un gigot de 7 heures façon top slurp, histoire de rire à Noël. Des vins en grande soufrance, dans lesquels on a parfois malencontreusement laissé tomber quelques morceaux de sucre. Il y a de ces bruits qui courent, je vous jure! J'ai toujours sur l'estomac une dégustation de Sauternes primeurs 2004, qui m'a beaucoup éclairé sur la quantité de gaz d'éclairage nécessaire à la luminosité d'un vin liquoreux. J'en soufre encore!

    Heureusement, SAPROS est arrivé! Sans se presser. Le Club des vins de botrytis obtenus uniquement par concentration naturelle. Eh oui! C'est possible! Parmi les meneurs, Philippe Delesvaux et Patrick Baudouin, des Angevins férus de chenin. Qui faisaient avant l'heure du Sapros sans le savoir, tel Monsieur Jourdain. Quelques Sauternais ont adopté la charte, produisant des vins sans recours aucun à la chaptalisation. Parmi ceux-ci, Guiraud, une adresse que l'on a la faiblesse de recommander, même s'il est classé, et Cru Barréjats, dont il sera question aujourd'hui. Et puis  quelques autres, encore plus francs-tireurs, comme Rousset-Peyraguey et Massereau.

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    Quand on goûte à ce Cru Barréjats 2001, on sent la connivence qui unit Patrick Baudouin et Mireille Daret. Un Sauternes aussi bon qu'un chenin de Loire, c'est dire! Riche (millésime oblige!), parfaitement mûr, les notes d'agrumes s'entrechoquent avec celles de l'ananas-bouteille. Tchin! Une acidité tout en dentelles vient porter le vin très loin. L'équilibre est ravissant, l'Olif est ravi! Sans oublier l'autre compagnon idéal de ce Sau (pas) terne, un Roque (pas très) fort du Vieux Berger. Avec l'anan (plein aux) as, l'amateur élitiste est comblé!

    Un vin absolument différentiel: Absoluvins, évidemment!

    Olif

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  • Goûte-moi ça si tu Lauze! (2)

    Quand on tient un bon titre, pas question de le lâcher comme ça!  Après l'hiver de la semaine dernière, l'été est déjà de retour! Vivent les déjeuners en terrasse et un bon petit rosé bien frais avant la sieste. Peu soufré de préférence, pour éviter les réveils difficiles. Le rosé de l'été indien, ce sera donc celui-ci: un Corbières 2007 du domaine du Grand Lauze, dont les vins nous ravissent à chaque fois, chaque jour ou presque. Du bio, du nature, du frais, du tout bon! Robe groseille, nez frais et fruité, bouche ronde et gourmande, parfaitement désaltérante. Une sensation de rouge léger, grâce à des petits tanins adorables comme tout.

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    Et dire que c'est fait avec du Carignan!

    Vin étonnant, non?

     

    Olif

     

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  • Le crapaud et le Renard

    Un bestiaire dans une bouteille! Ce crapaud-là n'est pas du genre à se transformer en Prince Charmant, quand on le porte à ses lèvres, non. Il n'a pas la peau verruqueuse et couverte de pustules, non plus. Ce crapaud-là, il est noir et c'est du Gamay d'Auvergne produit sur les Côtes de Clermont par un rusé Renard, Thierry de son petit nom. Millésimé 2006 mais vinifié à l'ancienne, avec peu de soufre, concentré et fruité, droit, légèrement serré, il demande à s'oxygéner dans le verre. Mais comme il est construit sur le fil de l'acidité, je le sentais prêt à basculer du côté obscur de la Force oxydée. Difficile pourtant de finir la bouteille à moi tout seul en une seule fois. Alors je l'ai rebouché et j'ai pompé, pompé, pompé, pompé... tel un Shadok du Vacuvin®. Et j'ai placé la bouteille au frais. Le lendemain, il était encore meilleur! Et le Crapaud Noir fut gobé tout entier!

    Produit sur les Coteaux de Chanturgue, au-dessus de Clermont-Ferrand, il n'a pas droit à l'appellation parce qu'il est atypique, tout comme Chanturgue n'a pas droit à l'appellation Gergovie parce que Napoléon III en a décidé autrement. Mais ça, c'est une autre histoire!

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    Vin étonnant, non?

    Olif

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  • VdV #19 - Sulfite free, ohne schwefel, sans soufre... ajouté

    VendredisduvinUn petit thème polémique et d'actualité pour cette 19ème session des Vendredis du vin qui a vu ma réélection haut la main, devant Monsieur B., qui a préféré garder l'anonymat et qui nous aurait proposé une dégustation de vins levurés au Pepsi Cola et le petit N., carrément favorable à une orgie de Pepsi Cola. Avec Olif, pas d'artifice au programme ni de chichi: le vin dans sa natureté, complètement à poil et pas bling-bling pour un sou. Il parait que les bobos parisiens en raffolent (sans véritablement savoir que c'est bon!) et que la contagion gagne les petites villes de province, et même la Bloglouglou un peu également. Prise en grippe par les dépositaires exclusifs du savoir-bien-boire-le-petit-doigt-en-l'air, l'absence de soufre ajouté fait pourtant cruellement défaut au monde des vins aseptisés et bombardés de produits chimiques. Et si on essayait de s'en passer un maximum, pour bien comprendre que son utilisation peut être parcimonieuse et réfléchie, sans nuire au produit final? Hein, si on essayait? Rien que pour voir!

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    Alors, le vin "nature" ou "naturel", utopie ou véritable raison d'être? Masque-t-il réellement son terroir derrière des arômes bestiaux ou au contraire révèle-t-il toute la pureté de son terroir et la natureté de son raisin? Les vignerons naturels sont-ils tous des je-m'en-foutistes ou savent-ils réellement apprivoiser le vin pour éviter de l'empoisonner? Y-a-t-il une viticulture propre, à la vigne comme à la cave? Faut-il vraiment lyncher Pierre Overnoy? Autant de questions qui devraient rester sans réponse mais, en principe, permettre à l'amateur du vendredi de se faire plaisir, tout en ne se ravageant pas les papilles à grands coups de sulfites, de pesticides ou autres produits chimiques peu ragoûtants et difficilement buvables, même à l'aveugle.

    Votre mission, donc, si vous l'acceptez, est loin d'être impossible: dégoter un vin sans soufre ajouté, ou alors vraiment très peu (ne pas se fier à la mention "contains sulfites" sur l'étiquette, les "natural sulfites", produits lors de la fermentation alcoolique sont naturellement autorisés), et démontrer (je l'espère) par a+b-c que la nature fait parfois bien les choses, sous le contrôle d'un vigneron bienveillant et peu interventionniste à la cave.

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    En résumé, vous devrez donc:

    • Choisir un vin qui correspond aux critères décrits et le déguster d’ici le 31 octobre 2008.
    • Publier vos impressions avec les détails pertinents du vin sur votre blog entre 0h et 24h le vendredi 31 octobre 2008, ou sous la forme d’un simple commentaire sur ce blog ou sur celui des VDV. Les retardataires seront acceptés bien volontiers, puisque je serai absent jusqu'au 4 novembre inclus, vacances de Toussaint obligent.
    • M'envoyer votre nom, le nom de votre blog et un permalien vers votre article avant minuit le vendredi en question (vous pouvez le faire en laissant simplement un commentaire sur le site des Vendredis du vin).
    • Vous pouvez aussi ajouter vos notes de dégustation sur Vinorati, en les partagant avec le groupe Vendredis du Vin., ou encore sur Vinismo.
    Souffrez que je vous salue!

    Olif

    P.S.: quelques pistes à suivre: , , ou encore là. Et puis une belle dégustation à titre d'exemple ici.

    P.S.2:  le sujet est vraiment tendance actuellement, puisque la TSR a consacré une émission à ce sujet il ya peu, émission que l'on peut visionner en cliquant .
  • L'été indien aux Jardins

    Première neige non éternelle jurassienne

    Tandis que la neige fait sa réapparition sur le Massif du Jura, blanchissant la crête du Mont d'Or et tempérant les ardeurs des champignons les plus vélléitaires à cette période, l'été joue les prolongations aux Jardins de Saint-Vincent, grâce à une sélection de bouteilles effectuée par Stéphane-"Saint-Vernier"-Planche, le bouillonnant sommelier-caviste arboisien, toujours à l'affût d'un bon vin, de préférence bien élevé, c'est à dire le plus naturellement possible. La neige, c'était ce samedi 4 octobre, la dégustation le jeudi 25 septembre. Entre l'été indien des Jardins et l'hiver haut-doubien, à peine plus d'une semaine! Brrr....!

    "Tu sais, je n'ai jamais été aussi heureux que ce soir-là
    Nous dégustions dans un caveau un peu comme celui-ci
    C'était l'automne, un automne où il faisait beau
    Une saison qui n'existe que dans le Nord du Jurassique
    Là-bas on l'appelle l'été indien
    Mais c'était tout simplement le nôtre
    Avec ta barbe de 4 jours tu ressemblais
    A un portrait de Serge Gainsbourg
    Et je me souviens, je me souviens très bien
    De ce que j'ai bu ce soir-là
    Il y a un an, y a un siècle, chez Saint-Vernier

    On boira où tu voudras, quand tu voudras
    Et on dégustera encore, tant que le vin sera bon
    Toute la vie sera pareille à ces Jardins
    Aux couleurs de l'été indien"

     

    Hmm hmm... :embarras:

    Ambiance décontractée, donc, pour cette session de rentrée, avec une petite foule et une dégustation en petites foulées. Que du bon, aussi bien du côté des vins que des participants. A l'aveugle complet, évidemment, pour une thématique très ouverte.

    - Vouvray Pétillant naturel 2006, La Dilettante, Catherine et Pierre Breton: nez mûr et fruité, riche. Bulle fine, savoureuse, avec un léger léger sucre, malgré un équilibre plutôt sec. Jolie mise en bouche apportée par François.

    - Côtes du Jura Les Chalasses VV 2006, Jean-François Ganevat: nez jeune, fruité, minéral, droit, pur et précis, d'une subtilité désarmante. En bouche, de la tension, du gras, du soyeux avec une belle rémanence finale du fruit, dans une superbe acidité salivante. Bravo Fanfan! Identifié Chardonnay du Jura, Sud-Revermont, dans un millésime récent, je suis déçu de ne pas avoir poussé plus loin mon raisonnement, car peu de vignerons dans le Jura sont capables de produire un tel vin, bâti sur cette minéralité et cette tension.  A vrai dire, je n'en connais que deux: Stéphane Tissot en Arbois et Fanfan Ganevat à Rotalier. J'avoue avoir plutôt pensé à Julien Labet, mais là bien y réfléchir, son style est quand même différent. L'aveugle complet est un exercice vraiment difficile. Ce qui est rassurant, c'est la connotation jurassienne évidente de ce vin, malgré son approche bourguignonne. Le terroir parle donc toujours, et plutôt bien, même!

    - Vin de Pays de la Vallée du Paradis 2007, La Bégou, Maxime Magnon: premier nez lactique et anisé. Bouche ronde, du fait d'un alcool certain, mais compacte. Finale un peu dure, qui finit sur l'alcool. Loin d'être déplaisant, mais un équilbre plutôt sudiste qui a du mal derrière le caractère tranchant du Côtes-du-Jura. Un vin tout à fait recommandable, à regoûter dans un autre contexte.

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    - Le Nerveux 2007, La Glacière, Vin de table : premier rouge, apporté par Bibi, à la robe rouge groseille, qui, après une réduction passagère, développe des notes de bourgeon de cassis et de cacao, avec une pointe animale. Frais, friand, un peu rustique, dans le bon sens du terme, voilà un vin authentique et plaisant, 100% Cinsault, élaboré à l'ancienne, dans le Gard et de la façon la plus naturelle possible. Vin étonnant, non?

    -Mouressipe 2007, Cuvée Càcous, Alain Allier: pur hasard, on se retrouve également dans le Gard. Du fruit en liberté, un autre vin sans fard, avec une bouche ronde et fruitée, soyeuse et fraiche, malgré une finale à peine chaleureuse. Une belle découverte signée Saint-Vernier.

    -Vin de Pays de la Vallée du Paradis, Mont Redon 2007, Maxime Magnon: Sur le fruit primaire, droit et serré en bouche, avec des petits tanins légèrement accrocheurs, dus à l'élevage, ressentis en finale. L'alcool ressort à peine, incitant à attendre un peu ce vin, comme toutes les cuvées de Maxime, d'ailleurs, qui se goûtent généralement bien mieux après une ou deux années de cave.

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    - Le Petit Domaine de Gimios, Moelleux de Muscat, Vin de table: nez muscaté, sur la menthe poivrée, la bière blanche sans la rondelle de citron. Frais, simple et désaltérant, un vin éminemment sympathique à boire pour lui-même ou sur une petite soupe d'agrumes en dessert.

    - Le Petit Domaine de Gimios, Petits grains, Muscat de Saint-Jean de Minervois: nez sur le caramel au lait, la pomme tatin, les fruits secs, avant d'évoluer sur des notes muscatées, légèrement masquées par un caractère surmaturé et oxydatif. Ample et riche, un bel équilibre n'excluant pas la fraicheur. Un domaine culte, qui nous offre là deux bien beaux vins.

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    Place au petit mâchon, avec les dernières bouteilles de La Tranche 2007, de Catherine et Philippe Jambon, durement touchés par les aléas météo, notamment la grêle cette année. On pense bien à eux en cette période de vendanges!

    Olif
  • Vendanges 2008 chez Emmanuel Houillon: Coupez!

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    Cette belle grappe de Chardonnay récoltée à Pupillin et photographiée amoureusement par Anne Houillon, du domaine Overnoy-Houillon, n'a pas résisté au coup de sécateur. Voilà résumé brièvement la teneur du petit message adressé par Anne aux amis du domaine. C'est parti pour deux à trois semaines de vendanges et les Chardonnays donnent pour l'instant entière satisfaction. On est impatient de tremper ses lèvres dans tout ça et heureux d'avoir des nouvelles quasi en direct-live des vendanges jurassiennes, qui se poursuivent sous une petite pluie et dans la fraicheur actuellement.

    Le Chardonnay 2007 de Manu se goûte très bien en ce moment, apparemment, si l'on en croit cet homme de goût familier du domaine. On peut le vérifier dans une petite vidéo tournée sur place et charmante comme tout, où toute la famille Overnoy-Houillon défile devant la caméra et où l'on boit les paroles de Pierre Overnoy comme si c'était son bon vin.

    Olif