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Les Dégustantanés - Page 10

  • Risotto de homard Thermidor

    Cela pourrait ressembler à une histoire de Toto! C'est Riso Toto qui va chez la poissonnière. Dans le bocal, s'agitent deux bêtes à pinces et au sang bleu, Romarbespierre et Fredanton, vaguement cousins avec deux de mes potes, Homard et Fred, qui ont laissé un souvenir impérissable dans ma cuisine et leur armure au porte-manteau de l'entrée. Nos deux zygototos faisaient régner la Terreur dans le vivier, guillotinant un tourteau par ci, convoquant un tribunal révolutionnaire par là. Rien de bien méchant, mais ils avaient décidé de faire cause Commune. La suite appartient à l'Histoire...

    Le 8 Thermidor, nos deux compères sont montrés du doigt chez la poissonnière. Ils n'en mènent pas large.

    Le 9 Thermidor, ils sont embastillés au frais, les yeux bandés, dans l'attente de leur jugement dernier.

    Le 10 Thermidor, le couperet se rapproche dangereusement de leurs antennes, ce qui fera dire à Fredanton ces mots historiques: "De l'eau de merace, encore de l'eau de merace, toujours de l'eau de merace!". Du coup, il a fini au court-bouillon, tout comme Romarbespierre. Ebouillantés, décapités, débités, tronçonnés, émasculés, décarapaçonnés (non, je n'ai rien entendu!?), roués en place publique, les pinces brisées à coup de marteau, ils furent jetés dans la fosse commune d'un plat à gratin, béchamelisés au fumet de poisson, et finirent sous le gril du four, parsemés de parmesan râpé. La petite Olif's touch, dont je ne suis pas peu fier, je dois le reconnaître, le coup du parmesan râpé!

    Le Homard Thermidor était né, renaissant des cendres de Romarbespierre et Fredanton, immortalisé au XIXème siècle dans une pièce ringarde de Sardou (Victorien, pas Michel, mais ça aurait pu!), puis baptisé et popularisé par Monsieur Maire, avisé cuisinier du Xème arrondissement.

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    Et c'est là que Toto fait sa réapparition et qu'il se rend chez l'épicier: "Bonjour Monsieur l'épicier, vous avez du riz Arborio pour Riso Toto?"

    La deuxième grande idée, inspirée d'une recette hilarante de Francis Dernouchamps du Cellier Saint-Roch, c'est d'utiliser le court-bouillon de cuisson du homard, avec plein de petits légumes dedans (en théorie, car moi, je n'y ai mis qu'une carotte et un oignon!), pour mouiller le risotto. Simplissime, mais il fallait y penser! Un risotto un peu salé, pour le coup, gare au bouillon, mais délicieusement et délicatement parfumé au homard, à servir en même temps que le Thermidor. Il ne restait plus qu'à trouver quelque chose à boire!

    Si le homaaarrrd appelle généralement le Bâtaaarrrd, le Homard Thermidooorrr appelle encore plus fooorrrt! Et plus loooong, évidemment, puisqu'il s'agissait de faire sa fête à un Château Chaloooon, un 1979 de la Vigne aux Dames de Marius Perroooon. Un grand clavelin pour un grand gratin!

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    Vive la Révolution!

    Olif

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  • The top of the Topes

    Bizot, Tope modèle, monopole du domaine Chantal Lescure, à Nuits Saint-Georges, est un vin de la Côte de Beaune, produit sur un clos qui porte son nom: le Clos des Topes Bizot. Droit comme un I, tendu, minéral, voilà un beau Pinot noir charnu, gourmand et racé, qui pinote joliment dans le millésime 2005, le total reflet de l'excellent travail effectué ici par l'équipe de François Chavériat. Les petits gars de Maigremont en savent quelque chose!

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    Augraphie, taupe modèle, défend son terroir en reversant une pièce d'or mensuelle en guise de loyer au Ringard d'Arnest, qui  ne peut mieux porter son nom. "Mortel de Berthe"! Ces "causes de mes rouilles" le rendent tout chose et il n'est pas toujours au top, le Ringard! Mais le dessin nerveux de Jannin, coaché et scénarisé par le grand Franquin, et les dialogues, à-peu-près et contrepèteries d'Yvan Delporte sont à se tordre les mouilles et la bique!

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    Inambour, taupe du Pays des Jouets, est un agent double dépêché par Oui-Oui sur la balustrade de ma terrasse, pour espionner tout ce que je bois. Et comme dirait Lulu, dans sa couisine, c'est pas joli-joli!

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    D'ailleurs, à la quatrième Topette, il sera exactement l'heure d'aller se coucher!

    Bonsouar!

    Olif

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  • Sacré Cornulus humagne!

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    Humagne rouge Antica 2001 du Domaine Cornulus à Savièse

    Qui a eu cette idée folle
    Un jour de ne pas boire de la dole ?
    Oh! Oh! Sacré Cornulus humagne!
    Sacré Cor-nu-lus humagne!

    Sur un air badin et primesautier, avec ou sans couettes, louons les qualités de l'humagne rouge en compagnie de France Gall, non sans avoir adapté légèrement les paroles de sa ritournelle à des fins complètement puériles. D'origine lointaine valdotaine, l'humagne rouge, ce cépage indigène valaisan, a franchi le col du Grand Saint-Bernard pour coloniser, entre autres, les coteaux de Savièse, Valais, Suisse romande, pour paraphraser l'ami Estèbe qui n'a pas l'habitude d'en manquer une quand il s'agit de raconter des bêtises!

    Et qui a dit que l'humagne rouge ne vieillissait pas bien? Hein? Qui l'a dit? Je dois reconnaître qu'un frisson d'angoisse m'a parcouru l'échine, avant que je n'ouvre ce flacon de 2001 oublié dans ma cave. 6 ans, ce n'est pas rien pour une humagne, peut-être eût-il fallu bien plus que je me magne! Angoisse purement existentielle qui s'est vite transformée en petits râles de plaisir (Uuuh! Uuuh!, en français onomatopesque dans le texte) lorsque le vin fut versé dans le verre. Un vin d'automne, photographié en pleine saison, qui possède encore un joli fruité frais, type sirop de grenadine, un poil animal, complété par des notes de sous-bois particulièrement typiques, mais qui ne trahissent en rien une évolution trop prononcée, ainsi qu'une belle et aimable structure, tout en souplesse et en finesse, mais sans faiblesse. Ce sont les caractéristiques du cépage, que plusieurs automnes passés en cave n'ont en rien altéré, contrairement à la croyance populaire. La fraîcheur acidulée de cette fort jolie humagne résiste bien au temps et je me demande même si je n'aurais pas dû patienter encore un peu avant de lui faire sa fête!

    Oh! Oh! Sacré Cornulus humagne!
    Sacré Cor-nu-lus humagne!

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    Olif

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  • Let it Alby

    When I find myself in land of Roussillon
    Laurent de Besombes-Singla comes to me
    Offering wine of Catalogne, let it Alby.
    And in my hour of darkness
    It is standing right in front of me
    Drinking wine of Catalogne, let it Alby.
    Let it Alby, let it Alby.
    Drinking wine of Catalogne, let it Alby.


    En pleine rechute de beatlesmania, comme une petite musique qui me trotte dans la tête, voici un vin au nez délicieusement cacaoté, souligné par une fine trame minérale. Droit et direct, fruité et plaisant, ce petit joyau des Côtes catalanes provient des terres blanches de Camélas. De la biodynamie à petit prix ! Let it Alby !

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    Alby 2004, Vin de pays des Côtes catalanes, Domaine Singla, syrah et grenache.

    La même cuvée en 2005, goûtée sur place, était beaucoup moins convaincante. Comme quoi...

    Olif

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  • Vin de Breizh!

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    Un billet moralement dû, un hommage au Gwenn ha du, tout ça parce que j'ai osé écrire, il y a déjà bien longtemps de cela, que la Bretagne ne produisait pas de vin! Par candeur et par ignorance. Parce que la Bretagne que j'avais fréquentée jusqu'alors se gavait uniquement de cidre et de chouchenn. Parce que la lande ne me semblait pas particulièrement propice à la culture de la vigne. Parce que je n'imaginais pas dégringoler un jour quatre à quatre les Marches de Bretagne, une bouteille à la main.

    Vite rappelé à l'ordre par les vignerons bretons réunis, j'ai donc décidé de m'auto-flageller sur la place publique, dans l'espoir de, peut-être un jour, être intronisé dans l'ordre des Chevaliers Bretvins.

    Breizh Gwin Gwen, c'est le nom du vin breton, produit en Loire Atlantique. Fraîchement médaillé!

    C'est fruité, c'est vif, c'est frais, c'est sympa, c'est breton. L'étiquette à elle seule est un hymne et le vin est loin d'être déshonorant.

    Si avec ça, je ne remporte pas le prix Pulitzer du meilleur commentaire vinique non jargonnant, c'est à désespérer!

    Olif

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  • Bouchons-nous en un coin ... avec le Riesling Zellberg

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    Dans la série "Bouchons-nous en un coin...", inaugurée avec la cuvée Cep d'antan du domaine Bouillerot et son fameux Guala Seal, poursuivons avec le Riesling Zellberg 2005 de Patrick Meyer. La recherche d'une alternative au liège ne date pas d'hier et ne concerne pas que le vin, d'ailleurs. Ainsi, nos amis Belges, que je salue une fois, envisagent très sérieusement, afin d'éviter les faux-goûts dus aux bouchons sur le périphérique de Liège, de faire sponsoriser par Patrick Meyer la célèbre classique cycliste Liège-Bastogne-Liège et de ce fait, la rebaptiser Verre-Bastogne-Verre. Comme les nouveaux bouchons qui obturent le goulot de tous ses vins les plus prestigieux, dont ce Riesling Zellberg 2005, absolument superbe, d'une grande rectitude minérale, légèrement citronné et acidulé, parti pour une longue et belle garde. Avec son joli bouchon en verre!

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    Ou comment transformer n'importe quelle bouteille en une jolie carafe à perpétuité!

    Olif

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  • Sulfureux...

    ... mais sans soufre!

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    Cornas 2001,Thierry Allemand

    Un vin culte! Envoûtant et sulfureux, évidemment, quoique sans soufre. Chaque été qui passe voit poindre chez moi la crainte qu'il ne souffre en cave (le comble pour un vin sans soufre?), même si les chaleurs de 2007 n'ont certainement pas été à la hauteur. Après trois années de stress, je me suis enfin décider à abréger ses souffrances. Et les miennes aussi, par la même occasion. L'occasion, celle qui fait le larron, aussi, sans doute, et fait dégainer le tire-bouchon! Trois heures de carafe lui ont fait le plus grand bien. Le premier nez évoque la pastille Vichy. Frais et mentholé, avant d'évoluer sur des notes d'olive noire et de tapenade puis de suie et de fumée. Une belle syrah, quoi! Ce qui épate, surtout, c'est sa structure en bouche, bien dimensionnée, c'est à dire pas trop, dense et serrée, au grain très fin, que l'on sent prêt à se donner, mais qui se retient. Patiente encore un petit peu! Une gorgée veloutée et longue, que l'on garde en bouche avant de déglutir avec volupté. Allez! maintenant, viens!

    C'est certain, on pouvait l'attendre, mais la bouteille n'a pas survécu à la soirée, donc on pouvait aussi la boire!

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    En face, un Châteauneuf du Pape 2001 du domaine Font de Michelle, bien ouvert, dans un registre très différent, plus "grenache", a procuré bien du plaisir également. Plus fondu, plus facile, plus harmonieux. Mais peut-être moins sulfureux?

    Olif

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  • Marsanne attacks!

    Pour rester dans l'ambiance valaisanne, vite fait, une petite note de dégustation sur un Grain d'Or 2005 de Marie-Thérèse Chappaz, que je viens tout juste de récupérer, avant une petite halte sur l'Abbet Road de Martigny.

    Une bouteille tout à fait dans la lignée des millésimes précédents, qui goûte en ce moment sur le fruit. Les arômes de truffe blanche et d'eau de vie de framboise ne sont pas encore apparus, le vin est plutôt construit sur la richesse du millésime, mais ne manque pas de fraîcheur, il va falloir oublier les autres exemplaires quelque temps à la cave.

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    A signaler que depuis quelques années, Marie-Thérèse élabore un Grain Doux, assemblage de cépages blancs sur un équilibre demi-sec, qui ferait merveille à l'apéritif ou sur un foie gras. Ou alors, à siroter tranquillement sur la terrasse de la Liaudisaz, en compagnie de Valérie, qui venait de me remettre ma commande.

    Olif

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  • Lassolle au monde...

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    Crédit image: Wikipedia

     

    Petit plaisir du Sémillon, pour une brune ou pour une blonde, enfuie dans la grande surface de la vie, du côté du Marmandais. Non Stéphanie, tu n'es plus Lassolle au monde, malgré ce que chante Julien Clerc!

    Désolé...

    Ce très joli vin de table possède un nez craquant finement grillé, frais et minéral. Tension et minéralité qui se retrouvent en bouche, sans éclipser le caractère très féminin de ce vin particulièrement fin et élégant. Un vrai coup de coeur à tout petit prix, merci Saint-Antoine!

     

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    Olif

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  • "On n'est pas là pour se faire Anglorer..."

    "... On est là pour voir le défilé!"

    Un grand classique de Boris (Dé)Vian, mis à l'épreuve de la plancha du soir.

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    Au menu, salade de mâche périgourdine avec girolles de Sologne, oignons roses de Roscoff, gésiers de Canard (c'est où, Canard?) et magrets séchés du Périgord. Un melting-pot du grand Centre-Ouest, remontant assez haut sous les aisselles (les oignons roses de Roscoff sont un peu là par hasard, c'est un reliquat de vacances bretonnes!), qui nécessitait forcément un vin du Sud-Ouest Est. Ben, pour sûr, on n'est pas là pour se faire Anglorer!

    Première constatation: les gésiers confits, ce n'est pas l'idéal pour la cuisson à la plancha, ça gicle partout! Mais ils sont néanmoins parfaitement saisis. Les girolles, c'est top, par contre! A refaire.

    Deuxième constatation: la cuvée Terre d'ombre 2005 du Domaine de l'Anglore a beau être un vin de table, ce n'est pas un rouge qui tache, même si l'on renverse son verre sur la dite table!

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    L'Anglore! Un nom qui ne manque pas d'émoustiller les amateurs de vin nature! Eric Pfifferling fait partie de la crème naturelle qui ne "soufre" aucune contrainte. S'il a produit encore du Tavel en 2005, je ne sais si c'est de sa faute! Parce qu'il est plutôt coutumier du désagrément! Ce qui l'incite à ne plus proposer ses vins aux dégustations d'agrément. Ses vins possèdent pourtant un soyeux incomparable, un toucher de bouche certes évocateur de la vinification sans soufre, mais quasiment inimitable. Il n'y a guère que chez Jean-Marc Brignot que l'on retrouve une telle pureté tactile dans les tanins, malgré la différence de cépage. Cette Terre d'Ombre 2005 ne déroge pas à la règle. Sa robe n'est pas très soutenue, à peine trouble, mais homogène. Au nez, on évoque la cerise bigarreau, celle que l'on cueille à même l'arbre et que l'on croque à pleines dents. Bouche soyeuse, donc, si ce n'est plus. Un vin riche, à l'alcool bien présent, mais qui glisse tout seul. L'Anglore, ça vaut de l'or!

    Olif

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  • Vin de blogueur (5) : Le Plo 2003, Lisson

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    Le 2002 avait fait l’objet d’une note dans le cadre des VDV consacrés aux femmes, le 2003, fraîchement rapporté de la colline de Lisson, mérite qu’on s’y attarde également. Olargues, l’un des plus beaux villages de France, et Lisson, l’une des plus belles collines d’Olargues, de France et d’ailleurs, il n’y a qu’à aller visiter le Blog d’Iris pour s’en convaincre. Mieux encore, un passage in situ, avec Iris pour guide, permet d’appréhender pleinement la grandeur de l’endroit, ainsi que son côté sauvage et naturel.  L’homme et la femme tentent de le reconquérir, une entreprise titanesque, physique et philosophique, qui force le respect.

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    Pour en revenir à ce Plo 2003, il s’agit d’un vin de grenache bien mûr possédant beaucoup de fraîcheur, sans le côté végétal du 2002, néanmoins apprécié précédemment: un nez de cerise, de cacao, de fumée, pour une texture se relâchant progressivement en bouche, mais qui garde de la tension et de la minéralité. Très fin dans sa structure, avec une belle longueur, voilà une bien jolie bouteille, un "vin de (très bonne) table", qui se goûte déjà fort bien actuellement!

    Les 2005 sont tout simplement magnifiques en ce moment, malgré leur très jeune âge, que ce soit le Clos des Cèdres, fougueux et sauvage, le Clos du Curé, au grain fin mais débridé, ou Les Echelles de Lisson, croquantes à souhait. Trois bouteilles notées "Bravo Iris", ce qui équivaut à une excellente note sur l'échelle de Parker remaniée Olif, c'est à dire entre 95,75 et 102,893 et des brouettes. -3,1416, évidemment, tout le monde aura rectifié de lui-même!

    Olif

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  • La plancha du salut pour Daumas-Gassac?

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    Elles étaient deux à traîner encore dans ma cave, suite à un achat compulsif il y a pas loin d'une dizaine d'années. Elle n'est désormais plus qu'une, mais peut-être pour longtemps! Porté par le charisme d'Aimé Guibert et le soutien d'Emile Peynaud, Daumas-Gassac fut l'un des premiers à clamer que l'on pouvait faire de grands vins en Languedoc, il faut lui rendre cet honneur. Vouloir jouer dans la même cour que les Grands Crus Bordelais lorsque l'on ne revendique que la mention Vin de Pays de l'Hérault, c'est courageux. Utiliser les mêmes armes parce que le terroir y présente des similitudes, est-ce pourtant valable? J'ai toujours eu quelques difficultés à succomber aux charmes de ce domaine dont j'ai goûté les vins à maintes reprises. Un grand vin potentiel mais qui manque singulièrement de grâce et de distinction. On m'a sussuré qu'il fallait les laisser vieillir longtemps. Soit! Je sais être patient. Mais je ne suis toujours pas convaincu! Mon sentiment, après l'ouverture de cette bouteille du millésime 1995, est que ce vin possède les défauts des grands Bordeaux sans en avoir les qualités. Evolution stéréotypée sur des notes de poivron, de boîte à cigares et de sous-bois; austérité en bouche, sévérité même, bref ça ne rigole pas beaucoup! Une longueur correcte et une structure sans grand défaut mais on reste dans le médium! Deuxième chance le soir, mais ce n'est guère mieux! On trouve même des notes de mousse et de champignon. Je n'y crois plus, y ai-je vraiment cru d'ailleurs? Le millésime est pourtant réputé au domaine.

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    Pour mieux digérer la pilule, rien de tel qu'une petite plancha du salut, avec brochettes traditionnelles, tranches de saucisses de veau et courgettes émincées. Le truc intéressant, pour les courgettes, c'est la marinade: citron, huile d'argan, marjolaine, estragon et thym. D'après une idée de grand chef, figurant sur le livre de recettes fournis avec la planche. A mieux doser la prochaine fois, car là, à peine trop de citron peut-être. Et l'huile d'argan, cela relève drôlement la sauce! Waow! De quoi atténuer suffisamment le Daumas et gommer ses imperfections. Mais bon, la bouteille n'est toujours pas finie après deux repas et le bât, du coup, blesse un peu plus! La semaine prochaine, retour vers des vins plus spontanés et "nature"!

    Olif

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  • Vin de blogueur (4) : embarquement immédiat dans la Nef des Fous

    Montlouis La Nef des fous sec 2005, Les Loges de la Folie

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    Domaine de création récente, découvert en 2006 et en présence des vignerons, Valérye Mordelet et Jean-Daniel Kloecklé, lors des 3èmes Rencontres Vendéennes autour du Vin, les Loges de la Folie sont dignes d’éloges. N’y manquait, comme son nom pouvait l’indiquer, qu’un petit brin de folie! Après le galop d’essai néanmoins rempli de promesses de 2004, 2005 allume l’étincelle. Des vins goûtés dans l’euphorie du Salon d’Angers et qui se déclinent dans différentes versions plus ou moins riches en sucre, du fait de la générosité du millésime. Il fallait pouvoir les apprécier au calme, à la maison, en accompagnement d’un repas, merci Saint-Antoine! Quand je dis à la maison, ce n’est pas tout à fait exact, puisque cette Nef a été embarquée dans un break, direction la Côte du Léon (et du Francis, le pote qui pourvoyait au gîte). Si, dans la publicité, Léon rime avec pâtes, dans la famille Olif, Léon rime avec poisson, parce que, justement, on n’a pas les mêmes à la maison ! La Nef fut donc servie en accompagnement d’une barbue juste poêlée, avec huile d’olive et citron. A poêle la barbue et à poil Loulou, que l’on sache enfin si c’est une femme ou un homme, à barbe ou non. A ce propos, n’oubliez pas d’aller voter ici pour faire éclater la vérité au grand jour !

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    Revenons à nos fous et à cette nef au nez très fin, élégant, mûr mais délicat, minéral et anisé (fenouil), fruits jaunes (mirabelle). La bouche est droite et tranchante, avec une superbe acidité directrice, de la longueur et une grande et belle finale qui fait saliver, pendant que, dans le même temps, les yeux du dégustateur brillent et que son regard s’allume. La barbue se laisse raser, dévoilant sa chair délicate. Les fous reviennent à la raison et offrent en pâture leur belle structure, déjà bien en place, celle d’un très beau chenin qui devrait acquérir de la complexité au vieillissement.

    La barbue est contente et votre serviteur également, qui, par solidarité avec le poisson et Miss Loulou, s'est laissé pousser la barbe pendant ses vacances bretonnes.

    Olif

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  • Vendangé et dégusté en tongs...

    Il fallait bien un Champignon magique pour abriter les Nanus balustradus devant ce ciel jurassien menaçant.

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    L'Auvergne, une région fertile et riche en bons vignerons. Ce vin de table de Pierre Beauger, vendangé en tongs, comme il est spécifié sur l'étiquette, a également été dégusté en tongs pour l'occasion. Il s'agit d'un Chardonnay cultivé du côté de Gergovie, très mûr mais qui goûte quasiment sec, frais et minéral, d'une grande droiture, avec beaucoup de classe et d'élégance. On peut donc sans aucun problème l'apprécier également en mocassins!

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    Vin étonnant, non?

    Olif

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  • Le Schmitou n° 4: OVNI soit qui bien en pense...

    Titre un peu facile, je le concède, mais à lire les commentaires sur le site d'Eric Reppert, on serait en droit de se poser des questions sur la nature de ce breuvage, classifié en Vin de Table de France. Grenache gris, blanc et puis du maccabeu, aussi (carrabeu, lorsqu'on le prononce avec l'accent lémanique, mais c'est une private joke!). Si ce vin est un OVNI, alors moi je suis un martien! Encore que le vert ne me sied pas particulièrement au teint. Le rougeaud non plus, d'ailleurs, je m'empresse de le souligner avant que les mauvaises langues ne s'en chargent, même si je suis entré dans l'âge mûr depuis quelque temps.

    Maria Fita, je connaissais de nom, j'ai découvert pour de vrai il y a peu, en ne commençant pas forcémentImgp3516 par le plus facile, mais je me suis néanmoins retrouvé rapidement en terrain de connaissance. Depuis, j'ai complété mon apprentissage en goûtant le Fitou Maria Fita 2004, une petite merveille de vin rouge gorgé de fruits (griotte, myrtille, fraise), avec un soupçon de balsamique. La bouche, fraîche et gourmande, malgré un petit 14°, possède des tanins agréables et accrocheurs, sans rugosité.

    Et puis, surtout, donc, ce Schmitou n°4, au nez minéral, frais, tendu, m'évoquant les beaux chardonnays jurassiens ouillés. On est où, là? Un équilibre résolument septentrional qui démontre bien que la fraicheur, on peut aller la chercher, dans le Sud. La fraicheur malgré la richesse, parce que le vin est mûr, tendu et minéral en bouche. On pourrait presque lui trouver de fines notes oxydatives, un peu grillées et/ou levuriennes, mais je le perçois plus comme de la minéralité. Une bouteille à laquelle je n'ai pas essayé de résister, en accompagnement de gambas à la plancha, aromatisées avec une petite marinade citron-huile d'olive-absinthe-graines de fenouil.

    Vin étonnant, non?

    Olif

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  • Initiales L de L

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    Loin des yeux, loin du coeur. Un dicton qui ne s'applique pas à Gaillac, fière cité millénaire du Tarn, où le Len de L'el est généralement vénéré. Len de L'el, près du coeur, c'est en tout cas ce que semble dire cette bouteille du domaine Rotier, au joli design, au contenant pas mal non plus et qui porte le doux nom d'Initiales. 50% Len de L'el, 50% Sauvignon pour un assemblage 2006 plutôt réussi. Un vin frais, simple et droit, une réelle gourmandise à tout petit prix, le vin idéal pour l'été.

    A noter que, de manière quasiment fortuite (pas tout à fait, en fait)!, un Gaillac doux Renaissance 2002 du domaine Rotier s'est retrouvé dans mon verre ce week-end. Une heureuse rencontre, et un vin magnifique, 100% loin de l'oeil, 100% près du coeur, à la grande liqueur contrebalancée par une superbe acidité, plutôt inhabituelle dans l'appellation et liée aux conditions particulières du millésime. L'ananas se mêle au coing pour un équilibre superbe et grandiose.

    Gaillac, le plus injustement méconnu des grands vignobles, m'a t-on dit à une certaine époque! Ce n'est pas impossible...

    Olif

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  • Vin de blogueur (3): Brut Zéro (pas pointé) du domaine Tarlant

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    Attention, Champagne ouvert, naturel et sentimental! A boire comme du petit lait, en écoutant une ritournelle de Souchon, légèrement remaniée pour la circonstance:

    Champagne sentimental
    On a soif d'idéal
    Attiré par les bulles, les étoiles
    Que des choses pas commerciales
    Champagne sentimental
    Il faut voir comme on l'avale
    Comme on l'avale.

    Petit hommage au pionnier des vignerons blogueurs, Benoît Tarlant, comme ça, juste pour le plaisir des papilles. Et pour fêter un annif, par la même occasion. 20 ans pour Valentin et zéro dosage pour cette cuvée, mais pas zéro pointé pour son géniteur, producteur avisé d'un vin de Champagne comme on aimerait en boire plus souvent!

    Champagne Brut Zéro, Tarlant
    1/3 pinot Meunier, 1/3 Pinot noir, 1/3 Chardonnay, le reste, ben…, je pense que c’est à peu près tout ! Enfin, si, il y a aussi de la bulle, fine, de la vivacité, tonique, du fruit, agréable, de l’équilibre, tendu, et toutes ces sortes de choses qui font que l’on a affaire là à un très beau Champagne non dosé, idéal pour l’apéritif. Champagne!

    Et santé, Benoît!


    Olif

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  • Avec la Pierre figée, ça bouge en Languedoc!

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    La Pierre figée 2005, Domaine des 1000 roses, VDP des Coteaux de Libron

    Un vin qui m’a laissé coi. La question ne se pose pas, comme dirait l’ami Bobby. Et pantois. Une Pierre figée pourtant bien vivante, au premier nez possédant un fruité très mûr, sur le pamplemousse rose, une des marques du grenache à belle maturité. Les notes olfactives évoluent ensuite sur le cacao et le balsamique. Texture en bouche soyeuse, avec ce qu’il faut de croquant. Le lendemain, le fruité est toujours très frais, sur les agrumes, et la bouche est un ravissement! Coup de cœur, forcément !

    1000 roses, c’est 994 de trop, dirait Gainsbarre. On retiendra surtout que, même si la Pierre est parfois figée, ça bouge en Languedoc, notamment au Domaine des 1000 roses, du nom d’Emile et Rose, les grands-parents légataires des vignes.

    Vin étonnant, évidemment !

    Olif

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  • Vin de blogueur (2): un petit bout de chenin avec les Pz

    Pas pu résister bien longtemps à l'ouvrir, celle-là! Par envie et par curiosité, parce que suivre au jour le jour les aventures des Pz au Pays du Layon sur le blog du même nom, ça crée des liens. Même que j'en insère un autre, tiens!

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    Un vin que tous les blogonautes ont pu voir virtuellement naître, après avoir suivi en direct live sa gestation. Même s'il a failli avoir le désagrément. Tout est bien qui finit bien, il arbore fièrement le mot Anjou sur son étiquette! Il le mérite pleinement, car, en toute sincérité, il est très bon.
    Un nez tout en retenue à l'ouverture et une jolie bouche à la minéralité bien présente, ne demandant qu’à s’épanouir. A l'aération, les arômes se libèrent, le fruit vient bien. La bouche se détend sans s'amollir ni faiblir, gardant une belle minéralité. Un joli petit Bout de chenin en compagnie des Pz, un moment qu'on a envie de voir se prolonger longtemps.

    Olif

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  • M'sieur Milan et l'emmerdeur

    Son nom, c'est M'sieur Milan. Pas dans un film d'Edouard Molinaro, mais dans la vraie vie. Il a des airs de Lino Ventura, mais ce n'est pas un tueur à gages. Il se prénomme Henri. Henri Milan. Son truc à lui, c'est le vin, dans les Baux. Mais quelque part, il a aussi des airs "d'emmerdeur", d'empêcheur de produire du vin standardisé en rond. Un personnage haut en couleurs, qui pousse des coups de gueule et sait faire preuve d'autorité dans son domaine, comme le M'sieur Milan du film.



    L'emmerdeur - C'est beau, l'autorité...
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    M'sieur Milan, je l'ai rencontré en Alsace, lors du 10ème anniversaire de Terres à vins, un caviste alsacien qui fêtait son 10ème anniversaire, justement, en grandes pompes et en compagnie d'une assemblée triée sur le volet, même que j'en faisais partie, c'est dire! Il n'y avait pas que M'sieur Milan, d'ailleurs. Il y avait Didier Barral, Bruno Schueller, Jean-François Ganevat, Patrice Lescarret et encore bien d'autres. Cela se passait à La Vancelle, à l'Hôtel-Restaurant Elisabeth et cela a valu le déplacement. Parce qu'on y a goûté à bon nombre de vins des vignerons présents et que la cuisine de Gérard Dehaye est plutôt raffinée et délicate, malgré un brin de sophistication. Soirée très sympa, voire plus, dans une ambiance bon enfant, plutôt sage jusqu'à ce que le vigneron jurassien de service ne mette le feu en faisant sauter moult bouchons. Incorrigibles jurassiens!

    Imgp3213 Ayant kiffé à donf le Clos Milan 2002 servi là-bas, j'ai voulu bisser en débouchant  un Clos Milan 2000 que l'on m'avait généreusement offert. Un vinImgp3210 qui, pour respecter les coups de gueule de M'sieur Milan, nécessite dans un premier temps de s'affranchir de la vue et de l'odorat. On y reviendra plus tard. La bouche est un vrai bonheur, avec des tanins agréablement fondus, de la fraicheur, de la digestibilité, une fort coquette longueur et de la persistance aromatique. Le nez laissait plutôt présager un vin puissant et alcooleux, or il n'en est rien. Tout se fond dans la bouche et s'harmonise! Quant à la légère turbidité de la robe, on n'en parlera même pas tellement ce n'est qu'un détail fugace, proportionnel au temps que met la bouteille à être sifflée.

    Olif

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    P.S.: Henri, c'est promis, on essaiera de descendre faire les Baux! On finit notre café et on y va!