11 décembre 2011
Du blogging et d'autres choses encore plus superflues (ou pas)...
- Modeste et Pompon
Tout le monde a déjà pu le constater depuis quelques jours tout en bas de la colonne de droite du blog, le Blog d'Olif a laissé sa place de n°1 dans le classement Ebuzzing des meilleurs blogs vins. J'ai déjà dit le peu d'intérêt que je portais à ce classement, à partir du moment où je ne suis pas number one, évidemment. Fausse modestie, quand tu nous tiens... Le Vindicateur n'en pense pas moins, et il l'a dit aussi, à sa façon. Mauvais joueur, Wikio, le roi de la pomme de terre, lui a cassé l'effet de son titre en devenant Ebuzzing dans le même temps. Je suis néanmoins heureux que cette première place soit désormais occupée (de façon transitoire, vraisemblablement, faudrait voir à pas nous refaire le coup de Bourgogne Live) par la pétillante Miss Glouglou, que l'on commence à voir trainer un peu partout où il y a à boire et à manger. Laissons désormais les petits télégraphistes et/ou les pseudo bon vivants gesticuler dans tous les sens pour décrocher le pompon, il est des trônes bien plus fondamentaux pour s'asseoir au quotidien.
Les tourbières de Frasne (25) Cliché Olif
- Game over
Bloguer, ce n'est pas comme un jeu vidéo. Tout pour l'audimat et l'ascension dans les classements d'influence, voilà qui en dit long sur les motivations de certains blogueurs. Laissons ces simples d'esprit y croire. Il y a d'autres boutons bien plus excitants à titiller que celui de l'outil statistique de sa plateforme.

Pourquoi blogue-t-on, finalement? C'est l'éternelle question, qui n'a pas toujours de réponse. Mix a recensé toutes les astuces pour essayer de percer dans cette nouvelle jungle, à la manière d'un vulgaire comédon après applications répétées d'Equaton. Ce n'est pas toujours joli joli à mettre en application, mais ça peut fonctionner, quand on a vraiment les crocs.
- Vinum et circenses

La 6ème édition du Wine Blog Trophy est lancée depuis début décembre, de manière très pro, ce qui n'a pas toujours été le cas par le passé. De l'eau a coulé sous les ponts de la Maine et de la Loire depuis ce mois de février 2007, année où le Blog d'Olif a été récompensé à la surprise générale, lors de la première édition. Désormais, le WBT (pour les intimes) est un simple jeu-concours, où il s'agit de publier un beau billet sur son blog, même en sommeil depuis des lustres, même pas encore ouvert au prélable, pour gagner un beau cadeau sponsorisé. O tempora, O mores! Mais félicitations anticipées au vainqueur.
- Mont d'Or et circenses

Puisqu'on est dans le domaine du jeu, restons-y et soyons chauvin. Il s'agit d'un concours réservé aux blogueuses culinaires, qu'elles soient blondes comme sur la photo, ou pas, mannequins comme sur la photo, ou pas, qu'elles aient un beau tablier blanc comme sur la photo, ou pas. Et les blogueurs culinaires avec moustache, ou pas, peuvent aussi participer. C'est Mamina, qui, sur mon conseil que j'espère avisé, a relayé la première l'info dans la blogomiam. L'idée, c'est évidemment de créer une recette à base de Mont d'Or, mais il ne reste plus beaucoup de temps pour le faire. Faut se dépêcher. Si jamais c'est trop juste pour cuisiner et bloguer dans la foulée, vous n'aurez qu'à manger votre Mont d'Or avec deux ou trois patates. Ça ne vaut pas un déjeuner chez Marc Faivre, mais c'est bon quand même.
Olif

P.S.: lundi 12, à L'Hédoniste, 14 rue Léopold Bellan, ça va grunger. Faudra pas manquer ça, les Parisiens! Des organisateurs sympas (et rebelles), des vignerons rebelles (et sympas), un lieu sympa (et rebelle pour l'occasion), et la participation exceptionnelle de Kurt Cobain pour la bande-son.
P.S.2: pour ceux qui sont trop jeunes, ou ceux qui ne s'en souviennent plus, en cadeau, la pub Equaton, avec un Bruno Carette qui n'avait pas encore arrêté, et encore en pleine forme. Nul et culte!
22:12 Publié dans Quartiers libres... | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
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18 novembre 2011
Ballorin, moins t'en bois, plus ça craint!!!

"Ballorin, plus t'en bois, plus t'es plein!!!". Serment d'ivrogne, peut-être, mais d'ivrogne distingué, qui sait ce qui est bon. Cette inscription figure dans des toilettes dijonnaises classieuses, où tout un chacun peut écrire sur le mur sa maxime préférée, en relation avec le vin le plus souvent, tant ce dernier peut faire pisser et désinhiber. Même consommé avec modération, ce qui est hautement recommandé par la haute autorité sanitaire de ce pays.
Autrement formulé, les vins de Gilles Ballorin & F (pour femme, filles, Fabienne) sont désormais un chef d'œuvre en péril. Contraint à la liquidation totale, pour cause de revirement bancaire, Gilles Ballorin doit refaire sa trésorerie, sa banque refusant de cautionner son découvert sur les stocks existants. Aucun problème de vente, pourtant, ni même de production, juste un manque d'argent, le nerf de la guerre.
"On ne sauvera pas tous nos vignerons un par un", comme dirait Le Darou, jamais avare de formules choc ou de lieux communs, selon son inspiration, mais on peut au moins essayer. Surtout pour ceux que l'on aime et qui travaillent bien et proprement.
Si par hasard, vos pas ou vos roues vous guident du côté de Morey-Saint-Denis les samedi 26 et dimanche 27 novembre, sachez que les vins de Gilles Ballorin ne font pas mal aux reins. Qu'ils rendent la vie meilleure, se boivent sans avoir très soif et guérissent même des ongles incarnés. On pourra les toucher, les goûter et même en acheter, au 17 rue Ribordot à Morey.
Avis à la population, et qu'on se le dise..!
Olif
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| Tags : ballorin, domaine ballorin & f, gilles ballorin, bourgogne, morey-saint-denis |
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08 novembre 2011
Number one!

Le Bon Vivant implorant le pardon de Mgr Michou, dépité, pour avoir sous-estimé la valeur du Blog d'Olif dans le nouveau classement Wikio
C'est l'excellent Hervé Lalau, journaliste intègre, indispensable chroniqueur vineux, empêcheur de pavaner en rond, pourfendeur des Maîtres à boire et brillant pousseur de chansonnettes dans le bus, qui avait lancé, il y a quelque temps, un concours mondial de la légende à deux balles. Un concours qui s'inspirait de l'œuvre de Pierre Desproges et qui n'a peut-être pas eu l'écho mérité sur le moment. J'espère qu'il n'est pas trop tard pour valider ma participation.
Novembre 2011 sera peut-être à marquer d'une pierre jaune dans l'histoire de la blogosphère vinique, qui ne mérite plus guère le doux nom de Bloglouglou depuis qu'elle pète un peu plus haut que son cou. Le retrait volontaire de Bourgogne Live, immuable N°1 du Classement Wikio des blogs vins depuis sa création, pour "laisser la place aux vrais blogs" (dixit eux-mêmes), laisse la porte ouverte à la place suprême, que personne ne convoite réellement hormis un bon vivant qui aimerait bien être calife à la place de ... euh, de qui déjà?
Les indignés en chewing-gum ne sont pas toujours ceux à qui l'on pense et il y a bien longtemps que par ici, on n'a guère dégainé la kalachnikov pour dire tout le mal que l'on pense de la parkerisation, la bettanisation, ou même la bonvivantisation* du monde du vin. Non, au contraire, le Blog d'Olif positive et mène son petit train-train, au mépris de ses détracteurs, en privilégiant les chroniques de dégustations de vin dit bio et/ou nature, les rencontres humaines avec les gens passionnés, intéressants et désintéressés, les Saints glouglouteu(rs)(ses), Belges parfois, même Bruxellois une fois, fieu. Sans chercher la castagne avec les petits marquis qui aimeraient bien gagner leurs galons de maîtres à boire (décidément, ce terme est particulièrement bien senti, Hervé, je te le pique encore une fois).
La route sera encore longue pour beaucoup, souhaitons-leur belle et ensoleillée...
En attendant, le Blog d'Olif est N°1 sur Wikio, même si ça ne sert à rien, et c'est ma tournée. Vous pouvez déboucher vos vins jaunes et poster vos comptes-rendus ici à ma santé.
Olif
* je sais, c'est trop d'honneur, mais, si je suis modeste, je sais aussi être généreux.
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06 novembre 2011
Le XXIème siècle a été parmi nous
Rencontre impromptue, hier, au Salon du livre À mots Comté de Pontarlier. J'y allais, entre autres, pour causer patates avec Martin Vidberg, le dessinateur blogueur du Monde qui fait du hâchis avec l'actualité économique et politique. Point de patates au marché, l'actu en livre et en patates, consacrée à un mandat présidentiel survolté (mais pas celui des VDV), ne sort que le 16 de ce mois. Pas de quoi se décourager, c'est facile de se moquer. Berth était là, lui. Berth est un dessinateur de la bande à Siné et il publie un dessin hebdomadaire dans Spirou pour nous informer de toutes les nouveautés du XXIème siècle. Je le lis toutes les semaines et je ne le savais même pas. Shame on me! Une fois la glace rompue, on a parlé Spirou, balise à cartoons, Lécroart et ses fameuses Fifiches du Proprofesseur, qui mériteraient largement d'être publiées sous forme de fifichier, et puis on a dévié sur Siné hebdo, Siné tout court, Marcel, le Morgon. Il m'a avoué avoir manqué, pour cause d'enterrement, la rencontre avec la famille Lapierre, que Siné voulait organiser avec les gens du journal. On a continué à parler vins et il m'a fait un petit dessin. C'est facile de se moquer, mais je ne l'ai pas influencé.
Pour préciser et compléter son dessin, on dira que la bouteille de mauvais vin, celle qui fait mal à la tête, elle est sulfitée à mort. Et que ce n'est pas du Morgon...
Merci M'sieur Berth (le dessinateur aux grands pieds?), pour ce joli dessin!
Olif
21:17 Publié dans Quartiers libres... | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
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23 octobre 2011
Stop stupid crushing of organic land!

When she rides bike over the vineyards of Gevrey, Florence Kennel, a french wine journalist, does not have the nose into the grindstone. She knows how to enjoy the sights and take offense at the upheaval of land. Because that is what it is, when a backhoe is peeling the ground, crushing the bedrock and change permanently the capacity of the basement to express its natural characteristics. The debate is obviously open, contradictory and warm, objectively transcribed on his blog by Laurent Gotti, journalist in Bourgogne aujourd'hui, and based on the statements of the various protagonists. If Gevrey-Chambertin Bel Air from Domaine de la Vougeraie, show-window and group Boisset‘s biodynamic good conscience, is a wine usually "thin and lacking body," said Pierre Vincent, manager of the estate, it’s the fault in the basement, unable to let the vine settle properly. "Wrong!" answer Claude and Lydia Bourguignon, reputed biologists in the world. "The problem come from the plant." Also according to them, if this land has been classified historically first thought, it is unthinkable not to be able to produce a wine worthy of the name. Now that the damage is done through a more frequent and devastating practice, it only remains to hope that the results are better than expected, because no way back is possible. Unless you use an “uncrushing machine”? This uncertain and doubtful practice, therefore, raises big questions, just when the “Climats de Bourgogne” seek their inclusion in the UNESCO World Heritage. How, in the region that revels in its soils, the man can reshape the ground without betraying it? And on what grounds? I imagine without difficulty that the Cistercian monks must be turning in their graves!
And some guys still don't want to incorporate human intervention in the fundamental concept that links the wine in the place where it is produced ...

During that time, Olivier Cousin, who does not militate for the classification of its soil from Loire in the heritage of UNESCO, continues to plow with horse and his wines are refused to AOC ...
Olif
17:50 Publié dans Quartiers libres... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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Non aux bioconcasseurs!

Quand elle se balade en vélo au dessus des vignes de Gevrey, Florence Kennel n'a pas le nez dans le guidon. Elle sait admirer les paysages et s'offusquer des chamboulements de terroir. Car c'est bien de cela qu'il s'agit, quand une pelleteuse vient peler le sol, concasser la roche-mère et modifier de façon définitive les capacités du sous-sol à exprimer ses caractéristiques naturelles. Le débat est évidemment ouvert, contradictoire et musclé, repris de manière objective par Laurent Gotti, de Bourgogne aujourd'hui, en s'appuyant sur les déclarations des différents protagonistes. Si le Gevrey-Chambertin Bel Air du domaine de la Vougeraie, vitrine et bonne conscience biodynamique du groupe Boisset, est un vin généralement "maigre et manquant de corps", selon Pierre Vincent, régisseur du domaine, cela serait la faute au sous-sol, incapable de laisser la vigne s'implanter correctement. "Faux" rétorquent Claude et Lydia Bourguignon: "Le problème vient du végétal". Toujours d'après eux, si ce terroir a été classé de tout temps en premier cru, il est impensable de ne pas pouvoir y produire un vin digne de ce nom. Maintenant que les dégats sont faits, par le biais d'une pratique dévastatrice qui tend, paraît-il, à se généraliser, il ne reste plus qu'à espérer que les résultats soient à la hauteur des espérances, car aucun retour en arrière n'est possible. À moins d'avoir recours désormais à un déconcasseur? Cette pratique, incertaine et douteuse, suscite donc de grosses interrogations, à l'heure même où les Climats de Bourgogne sollicitent leur inscription au patrimoine de l'humanité, au titre d'héritage historique exceptionnel. Jusqu'à quel point, dans la région par excellence qui se gargarise de ses terroirs, l'homme peut-il remodeler le sol sans le trahir? Et sur quels arguments? J'imagine sans peine que les moines cisterciens doivent se retourner dans leur tombe!
Et dire que certains persistent à ne pas vouloir intégrer l'intervention humaine dans cette notion fondamentale qui lie le vin au lieu où il est produit...
Pendant ce temps-là, Olivier Cousin, qui ne milite pas pour le classement de son terroir angevin au patrimoine de l'UNESCO, continue de labourer à cheval et de voir refuser ses vins à l'AOC...

Olif
17:49 Publié dans Quartiers libres... | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
| Tags : bourgogne, climats de bourgogne |
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16 octobre 2011
La parole de Pierre-Emmanuel
Encore un guide, encore un guide sur les vins suisses. Ou plutôt sur les meilleurs vignerons. Pour l'écrire, Pierre-Emmanuel Buss a pris tout Le Temps nécessaire, mais n'a pas trop trainé en chemin: couverture des principales régions productrices de vin helvétique, de Vaud au Tessin, en passant par le Valais, Genève, les trois Lacs et la Suisse Alémanique, visite chez chaque vigneron entre mai et juillet 2011, portraitisation dans la foulée, dégustation, puis sélection de deux cuvées par domaine (l'une "incontournable", l'autre "coup de cœur"), photographie très pro, avec un soupçon de mise en scène.
Christophe Abbet figure en pole position des meilleurs vignerons valaisans. L'ordre alphabétique de présentation y est pour quelque chose, mais qu'importe! C'est mérité!
Comme dans chaque ouvrage de ce type, on pourra toujours regretter l'absence d'untel ou d'une telle, que l'on pensait être le (ou la) meilleur(e), mais, à chacun son propre guide. Ici, la présentation est aérée, les portraits de vignerons agréables à lire, les photos très chouettes et la sélection est judicieuse, pas loin d'être irréprochable.
Alors, tous dans le bus avec Pierre-Emmanuel, donc, pour découvrir une grande partie du meilleur de la Confédération vinique helvétique, en voyageant à peu de frais.
Bienvenue en Suisse! Et tout de bon.
Travers-Saints, l'un des grands oubliés de ce guide des meilleurs vignerons de Suisse. À sa décharge, ce vin n'a aucune existence officielle.
Le guide des meilleurs vignerons de Suisse, Pierre-Emmanuel Buss, Jérôme Aké, Guillaume Pernet
26€, 30CHF
Olif
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| Tags : pierre-emmanuel buss, vin suisse, travers-saint, christophe abbet |
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09 octobre 2011
La parole de Richard
Quand Richard Leroy parle, désormais il fait des bulles. Mais pas son vin, toujours aussi sec, tranquille et magnifique. Vigneron, un métier qu'on ignore, dans le milieu de la Bande dessinée. Quand Étienne Davodeau écrit, il fait aussi des bulles. Dessinateur de BD, une profession inconnue des acteurs du monde viticole. Ces deux-là étaient donc faits pour se rencontrer. D'ailleurs, ils se connaissaient de longue date, en tant que voisins dans le Layon. Voisins, mais ignorants de la vraie vie de l'autre. Et si on échangeait? Ou si, plutôt, on apprenait à connaître un peu mieux le monde et le travail de l'autre? C'est désormais chose faite avec "Les ignorants", publiés aux Editions Futuropolis et qui vient tout juste d'être vendangé. Richard Leroy, vigneron nu sous la plume d'Étienne Davodeau, un peu à la manière de Lulu, le personnage principal du précédent ouvrage d'Étienne.
Quand on connait le talent d'Étienne Davodeau à rendre passionnante la description quasi-documentaire du quotidien des gens "normaux", on ne pouvait qu'attendre avec impatience cette chronique d'une année de la vie d'un vigneron, entrecoupée de fragments de la même année de la vie d'un dessinateur de BD. Entre la taille, les dédicaces, les vendanges, les salons, les visites aux confrères vignerons ou dessinateurs, du Layon à Saint-Malo, de la Combe de Rotalier à la Corse, le parcours entremêlé de ces deux "ignorants" est d'une limpidité et d'un réalisme impressionnants. Une escapade dans la Combe de Rotalier ne peut être que "de toute beauté", je l'ai vécue plusieurs fois à titre personnel, et de manière parfaitement conforme à la retranscription dessinée. C'est peu de choses que de dire que l'on s'y croirait et que l'on n'a guère envie de quitter les deux compères.
Vignerons de papier, c'est désormais le destin de Richard, Fanfan, Antoine, et les autres. Grâce à Étienne et à ces "ignorants", une bande dessinée dont on se délecte à chaque gorgée. Du coup, on ne sait plus bien s'il faut ranger les BD à la cave ou les bouteilles dans la bibliothèque...
Olif
P.S.: vin et bouquins font bon ménage. La preuve à Besançon avec une adresse à ne pas manquer, pour qui passerait par là, Les Gourmands lisent. Librairie, cave, bar à vins, l'endroit idéal pour y faire une séance de dégustation-dédicace, en fait. Faudrait y réfléchir...
Les Gourmand lisent
12, rue Bersot
25000 BESANCON
P.S.2: La parole de Richard est un petit clin d'œil à La parole de Pierre, le livre sur Pierre Overnoy qui ne devrait bientôt être chroniqué ici-même. Vivement bientôt!
P.S.3: ouvert pour fêter l'évènement, Le Clos des Rouliers 2007 de Richard Leroy est une petite merveille de chenin, à la fois gourmand et minéral, d'un équilibre qui frôle la perfection.
P.S.4: à l'instant même où vous arriverez sur ce billet, vous devriez pouvoir lire simultanément une chronique sur "Les ignorants", écrite de la main de PhR pour La Pipette. Si c'est pas de la synchronisation, ça!
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| Tags : étienne davodeau, richard leroy, ganevat, arena |
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04 octobre 2011
Chasse au Cousin
Il a virevolté tout l'été sur les tables et sous les lampadaires, sans faire de mal à une mouche. Ce Cousin-là n'est pas un moustique assoiffé d'hémoglobine, ce serait plutôt le contraire. Ses jus ont plutôt tendance à abreuver l'humain en quête de vins authentiques et peu travaillés. Ce Cousin-là s'appelle Olivier. L'Olivier Cousin aime les chevaux, qui le lui rendent bien, ils lui ont même prêté une de leurs queues (de cheval, forcément, comme ne manquerait pas d'appondre Boby Lapointe). Olivier Cousin fait partie des vignerons qui participent au renouveau du vin d'Anjou sans, paradoxalement, pouvoir revendiquer l'appellation angevine. Forcément! Des vins "nature", élevés dans un grand respect de la nature et du vivant, non chaptalisés ni sulfités, et un vigneron à grande gueule, "nature" aussi, avec de l'humour, de la dérision, de l'ironie et toutes ces sortes de choses. Ça fait beaucoup! Un peu trop pour les fonctionnaires de la répression des fraudes qui préfèrent de loin quand rien ne dépasse des cases du formulaire. L'Anjou Olivier Cousin, qui estampillait par bravade ses cartons, risque bientôt d'être déclassé au rang de vins de nulle part. De plus de vin du tout, en fait. Et ça, c'est limite insupportable.
Pour continuer à savourer d'aussi bons vins de gamay, cabernet, chenin ou grolleau, tous en liberté, il faut s'insurger. Relayer, en parler, autour de soi, sur Facebook ou sur son blog, écrire au procureur en charge du dossier (via Sylvie Augereau, la grande prêtresse de la Dive, qui relaiera). Faire la révolution, peut-être, contre ce système obsolète incapable de garantir la qualité, mais également l'origine. Un comble!
Olif
P.S.: pour la bafouille au procureur, éviter les familiarités genre "salut mon coco. Alors, l'AOC a un pet qui coince?". Préférez (et de loin) une lettre type du genre:
Olivier Grosjean, 25300 PONTARLIER
Blogueur, Le Blog d'Olif
P.S.2: pour la signature, ne mettez pas la mienne, mais la vôtre, cela coule de source. Et signalez-vous sur Glougueule.
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18 septembre 2011
A votre bon cœur, M'sieurs dames, et n'oubliez pas les guides...
C'est la rentrée, donc la sortie des guides et leur ineffable soirée lancement. Guides généralistes ou guides d'achat, spécial "foires aux vins", recueil hypersélectif de portraits de vignerons alternatifs, guides encourageant à une consommation responsable, guides plus fouillés et anthologiques, genre pavés difficiles à lancer. Bordeaux est à la fête dans cette catégorie, avec la sortie de deux gros bouquins qui lui sont exclusivement consacré. "LE guide des vins de Bordeaux", par Jacques Dupont, encensé par le sieur Berthomeau, versus "Guide Quarin des vins de Bordeaux". L'amateur girondin devrait être comblé et pas prêt de se détourner de sa vision nombriliste du monde du vin. Faut quand même bien reconnaître qu'il y a matière à se goinfrer, rien qu'à la vue de ces deux ouvrages. Je n'ai pas lu LE Dupont, mais il est quand même amusant de constater qu'à peine sorti, il faille déjà rajouter un pluriel à ce guide singulier revendiquant l'exclusivité. Jean-Marc n'a pas démarré au Quarin de tour et s'est légèrement fait distancé sur la grille de départ, mais il ne démérite pas pour autant.
Le Quarin, je l'ai lu, et je peux donc en dire un mot, au travers de ce qui m'a plutôt plu dans ce livre. J'ai toujours bien aimé les prises de position courageuses de Jean-Marc Quarin, concernant notamment la chaptalisation en Sauternais, même en grand millésime, et sa défense acharnée de crus moins prestigieux, aux pratiques et aux vins plus honnêtes. Dans son ouvrage, il persiste et signe, n'hésitant pas à rendre hommage à un certain nombre de domaines particulièrement intéressants, dont certains sont considérés comme de véritables outsiders (Clos Puy Arnaud, Clos Manou, Nairac évidemment, son chouchou en Sauternes, Gombaude-Guillot,...). 329 châteaux ou crus passés au peigne fin, classés par ordre alphabétique et commentés depuis le millésime 1994, assortis d'une fiche synthétique (avec double notation, apogée, prix, évolution qualitative et classement personnel de l'auteur) particulièrement claire et limpide, permettant de repérer d'un coup d'œil l'appréciation de l'auteur sur un vin donné dans un millésime donné.
Autre plus de l'ouvrage, 50 pages d'introduction, avec des considérations qui sortent des sentiers battus bâteau, par rapport à ce que l'on a l'habitude de lire dans ce genre de bouquin. Jean-Marc Quarin y développe en outre sa propre méthode de dégustation, qui fait plus appel à la bouche qu'au nez en matière de vins tanniques, a fortiori quand ils sont jeunes. Une méthode simple, au langage imagé, aisément compréhensible par le commun des buveurs mortels de vins de Bordeaux, et qui n'est pas dénuée de bon sens.
On peut suivre l'actualité de Jean-Marc Quarin sur sa page Facebook, mise en place pour l'occasion.
Vins et santé 2012 est pour moi une découverte. C'est pourtant la 17ème édition de ce guide parrainé par la communauté scientifique et le très médiatique Professeur Cabrol et, de façon peut-être un peu plus discutable, par les interprofessions viticoles. Vin et Société s'y associe, cela semble une évidence, et L'Honneur du vin y trouve une petite place. Après une première partie donnant la parole aux scientifiques (quelques articles sur les propriétés du resvératrol et autres polyphénols) puis à quelques acteurs du monde du vin (chef, sommelier, tonnelier, labels de viticulture, responsables œnotouristiques...), la deuxième partie ressemble plus à un guide proprement dit, avec la présentation par appellation de domaines adhérents de la charte Vins et santé, élaborée par les éditeurs de l'ouvrage. Particularité: chaque commentaire de dégustation est assorti, non pas d'une note, mais des chiffres de l'analyse de la teneur en polyphénols et resvératrol de chaque vin, ainsi que des calories par verre. Bon, ça ne dit pas de façon vraiment objective si le vin est bon pour la gueule, mais pour la santé, peut-être, oui. Une consommation de vin plus responsable que cela, tu meurs! Mais pas d'une affection cardio-vasculaire.
Le guide des Vins suisses 2011-2012 est réalisé par l'Association Vinéa et édité par Ringier Romandie. Exempt de regard véritablement critique, il répertorie 450 producteurs helvétiques, au sein des 6 grandes régions viticoles du Pays. La sélection s'est faite sur les résultats aux concours internationaux, l'engagement des vignerons pour la promotion de la qualité et la notoriété du domaine. 47 d'entre eux ont bénéficiés d'un traitement "sous la loupe", par une visite sur place, et un article plus élaboré, saluant leur grande valeur. Un ouvrage complet, propre en ordre, bien rédigé, indispensable pour s'immerger dans le monde du vin suisse, qui peut paraître un peu complexe de prime abord au néophyte. Parution et mise à jour tous les deux ans.
LE guide des vins de Bordeaux, Jacques Dupont, Grasset, 39€
Guide Quarin des vins de Bordeaux, Jean-Marc Quarin, Solar, 29€
Vins & Santé 2012, Dubos. N'Co Éditions, 23€
Le Guide du vin suisse 2011-2012, Ringier, Fr.39.-
Olif
P.S.: pour arroser la sortie de tous ces guides, notamment bordelais, dégustation d'un cru depuis longtemps en cave, une bouteille censée être "austère, manquant de goût et d'élégance dans la trame, qui aurait déjà du être bue." C'est de Pontet-Canet 1994 dont il s'agit, un vin toujours bu avec beaucoup de plaisir, et encore aujourd'hui, avec son fruit toujours présent sur fond de cacao et d'épices et de tanins bien fondus et harmonieux.
14:26 Publié dans Quartiers libres... | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
| Tags : jean-marc quarin, solar, bordeaux, jacques dupont, vins et santé, guide des vins suisses, pontet-canet |
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11 septembre 2011
Les sangliers sont lâchés...
... je répète: les sangliers sont lâchés.
Quand ils ne viennent pas marauder comme des sagouins dans les vignes de Lisson ou d'ailleurs, les sangliers prélèvent artisanalement de petites lanières d'épicéa, sur des arbres fraichement abattus, afin d'entourer affectueusement un fromage de qualité, revendiquant l'AOP. Le Mont d'Or, pour ne pas le nommer, fromage fabriqué dans le Haut-Doubs, au delà de 700 mètres d'altitude, à partir de lait issu de vaches montbéliardes nourries exclusivement à l'herbe ou au foin, du 15 août au 15 mars, vient tout juste de faire sa Coulée, à l'occasion de la Haute-Foire de Pontarlier. L'évènement est désormais fixé le 10 septembre de chaque année, date à partir de laquelle le fromage est officiellement commercialisé sur les étals des grandes surfaces du monde entier. Il faut néanmoins attendre quelques jours de plus pour le trouver au Carrefour ou au Leclerc de New-York, Naples et Hong-Kong.

À moins de séjourner 1/2 heure sous le gril du four, les premiers Mont d'Or ne coulent pourtant pas beaucoup. L'amateur de sensations gustatives un peu plus fortes le préfèrera cru, plus affiné et patientera volontiers encore quelques semaines avant de s'en faire une bonne tartine. Ce qui donne à ce fromage onctueux son petit goût inimitable, c'est donc cette petite sangle d'épicéa qui entoure la pâte. Le plus souvent, maintenant, les sangles proviennent à bas prix des pays de l'Est, notamment de Pologne. Un véritable marché parallèle, cautionné par un puissant "lobby fromager", se serait mis en place, avec pour seul objectif la réduction des coûts de production. Les sangliers d'ici, ainsi que leurs homologues féminins (que l'on évitera d'appeler des laies, ce qui serait mal venu, mais plutôt des sanglières), peinent alors à exister et faire entendre leur voix. Ils ne sont désormais plus qu'une dizaine, regroupés au sein d'une association "Sangles du Haut-Doubs". Pour protéger leur savoir-faire, leur spécificité, ainsi que l'origine des sangles utilisées lors de la confection du Mont d'Or, ils ont mis en ligne une pétition, par l'intermédiaire de leur présidente Agnès Ambert, sur le site mesopinions.com. Il s'agit d'un combat pour leur survie, même si les épicéas polonais développent des arômes à peu près similaires à ceux de leurs homologues franc-comtois. Ces sangliers-là ne méritent pas de finir en daube ou en ragoût. Pour quelle raison l'AOP s'arrêterait à la production du lait et pas à ce qui fait aussi la spécificité locale du fromage? C'est une bonne question, qui mérite d'être posée.
Olif
21:23 Publié dans Quartiers libres... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : pontarlier, mont d'or, haut-doubs |
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08 septembre 2011
Les 7 péchés capitags...
On ne peut rien refuser à Eva! Même quand elle part seulement en vacances, à l'heure où tout le monde reprend le travail. Et va-z-y que je te propose un bête jeu de banlieusard et que je te tague, histoire de m'occuper sur la plage de Bidart, quand les vagues sont trop grosses, allongée sur ma planche de surf, les pieds en éventail, un verre d'Irouléguy à la main et l'Ipad entre les dents. Mais c'est qu'on n'a pas que ça à faire, nous autres! On a du boulot pour de vrai, et un peu du boulot pour de faux aussi, à force d'aller traîner aux quatre coins de l'Europe viticole. Mais comme je l'ai dit en préambule, on ne peut rien refuser à Eva, le plus grand goulot de toute la blogosphère Beauté et la plus belle représentante de toute la Bloglouglou.
Sur le thème des sept pêchés capitaux, c'est parti pour quelques révélations croustillantes:
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L’avarice : Quelle bouteille avez-vous trouvé outrageusement bonne malgré un prix honteusement bas?
Cachez ce gros manseng que les buveurs d'étiquettes ne sauraient voir! Un Irouléguy Herri Mina 99 longuement mûri en cave, qui est en train de prendre une dimension supérieure, grâce à une minéralité tranchante joliment enrobée, sur un fruité toujours présent. Outrageusement bon et honteusement moins cher qu'un Pétrus du même millésime, pourtant lui ausi vinifié par Jean-Claude Berrouet.
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La paresse : Quel vin n’avez-vous jamais goûté par flemme de vadrouiller dans X cavistes pour le trouver?
Un vin jaune 1774. C'est terrible, la flemme! Pas sûr qu'en faisant X cavistes, j'aie réussi à la trouver, d'ailleurs.
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La luxure : Dans quel vin aimeriez-vous prendre un bain et faire des bisous (oui, il y a des enfants dans l’assemblée, on fait soft) avec votre moitié?
Prendre un bain de Rosé Fine, assis sur la banquette arrière d'une Dauphine, le genre de sensation que seuls les plus de 48 ans peuvent connaître. Osez Osez Rosé fine.
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L’envie : Quel vin dégusté sans vous par l’un de vos amis ou connaissances vous a fait le plus envie (et enragé)?
Haut-Brion 2002. J'aurais bien eu envie de le goûter avant de jeter de colère toutes mes bouteilles au caniveau et d'empoisonner Laura Palmer.
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La gourmandise : Quelle bouteille pourriez-vous siffler tout seul d’une seule traite ou presque?
Un bête vin rouge, tout ce qu'il y a de plus ordinaire. Du Bourgogne Grand Ordinaire 2009, oui, mais du Prieuré-Roch. Ça coûte la moitié d'un bras mais ça vaut tous les grands crus de la Côte. Alors...
Et, surtout, ça se siffle à une vitesse supersonique, sans être obligé de se questionner sur la nature du terroir et du climat...
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La colère : Quel vin vous a tellement déçu que vous l’avez jeté de colère après l’avoir dégusté?
Haut-Brion 2002. Je ne l'ai pas dégusté, mais j'ai vidé de rage mes bouteilles au ruisseau lorsque j'ai lu le compte-rendu de la dégustation organisée par l'agent Dale Vindicateur.
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L’orgueil : Quelle bouteille pensez-vous être le seul à pouvoir apprécier à sa juste valeur?
Le Côtes du Jura 2002 du domaine Macle, un vin d'une finesse incroyable, à ne pas mettre dans la bouche du premier Bicéphale venu.
Olif
P.S.: il parait qu'il faut taguer en retour d'autres personnes pour ne pas briser la chaîne et risquer de se retrouver maudit jusqu'à la 14ème génération. C'est un truc pour lequel je ne suis pas très doué. J'avais bien pensé au bon vivant, le seul blog people sur le vin, mais non, pas lui. Par contre, si l'Esthète, épicurien et décalé, nouvellement arrivé, veut se mêler aux petits jeux de la Bloglouglou, il n'a qu'à reprendre la patate chaude au bond...
P.S.2: comme Eva a pensé à tout avant de partir, il y a une page Facebook pour répertorier tous les tags.
23:29 Publié dans Dives bouteilles ..., Quartiers libres... | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
| Tags : prieuré-roch, côtes du jura, macle, herri mina, irouléguy, cyril alonso, p-u-r |
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01 septembre 2011
Pierre Jancou? Pas mort!
Alain Baschung? Vivant! Michel Petrucciani? Vivant! Jim Morrison? Vivant! Claude Chabrol? Vivant! Pierre Dac? Vivant! Pierre Brasseur? Vivant! Pierre Desproges? Vivant! Pierre Jancou? Pas mort!
Philippe Katerine l'a chanté récemment de façon simple et intelligible, je ne saurais faire mieux. Les Grands hommes décédés sont toujours vivants, tandis que les gens qui vivent encore ..., ben, ... ils ne sont pas morts! À noter toutefois que la grandeur de l'homme révélée de son vivant peut devenir exponentielle après sa mort corporelle. Ainsi, il apparaît qu'il faille creuser une plus grande tombe que celle de Pierre Desproges pour inhumer, juste en face de lui, Michel Petrucciani. Ce qui a du bien faire rigoler le premier nommé, une dizaine d'années après qu'il eût été victime d'une indigestion fatale de tourteau. Une autre preuve, également, que Desproges est toujours vivant, c'est que des rosiers colonisent désormais son épine dorsale. Définitivement, son humour est toujours piquant!
La principale raison de ma descente parisienne (je sais, normalement, on monte à Paris, mais ça me gêne quand même un peu, j'habite en altitude!) n'était pas initialement d'aller fleurir deux ou trois tombes illustres. Chez Pierre Jancou, 43 rue des Petites Écuries, dans le Xème arrondissement, il n'y a pas que Lachaise (en formica), il y a aussi la table, l'assiette, les couverts et le verre qui vont avec. Il ne s'agit plus que de les remplir de produits naturels et vivants.
En ce jour d'anniversaire (le sien), Pierre Jancou fêtait également la sortie de son livre sur le Vin vivant, un petit opus à la gloire du vin "bio" et "naturel", celui qui respecte le vivant, justement, à la vigne et au chai. 12 portraits de vignerons particulièrement exigeants dans leur démarche, puisés dans une sélection plus importante, mais non exhaustive, 12 odes au vin vivant. 3 d'entre eux ont répondu présent à son invitation, bravant même, pour certains, la circulation parisienne sans GPS fonctionnel: Alexandre Bain et son beau Pouilly-Fumé 2009, au fruit riche mais pur, qui va nécessiter un peu de temps pour s'harmoniser, Sébastien Riffault et ses 3 cuvées percutantes de Sancerre (mention particulière à Auksinis 2009, particulièrement savoureuse), ainsi qu'Isabelle et Bruno Perraud, qui ont tout juste pris le temps de mettre en bouteille le Chardonnay des Molières 2010 avant de venir. Il goûtait déjà plutôt bien, malgré le nœud lunaire. Un vrai vin vivant, quoi!
Vin vivant, portraits de vignerons au naturel par Pierre Jancou, illustrations Michel Tolmer, Éditions Alternatives.
Vivant, 43, rue des Petites-Écuries, 75010 Paris. Tél. : 01 42 46 43 55.
Olif
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| Tags : pierre jancou, vivant, alexandre bain, sébastien riffault, domaine des côtes de la molière, isabelle perraud |
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29 août 2011
Ivre de vin et de peinture
Vive le pin-art! C'est bien connu, art et vin font bon ménage. Quand il n'habille pas les étiquettes, n'envahit pas les chais, tant des grands châteaux que ceux des plus modestes vignerons, il lui arrive parfois aussi de s'inviter à l'intérieur des bonnes boutiques qui vendent du vin. Bertrand Joinville fait partie de ces cavistes curieux, intéressés, ouverts, qui n'hésitent jamais à innover et proposer autre chose que d'excellents vins, souvent bio et/ou "nature" à leur clientèle. À partir du 1er septembre, Ô gré du vin, sa cave à boire, deviendra aussi cave à manger. Une pièce cosy, à l'étage, servira de lieu de détente où l'on pourra casser une petite graine sur le pouce en buvant un coup, au verre ou à la bouteille, voire plus, si affinités, de quoi largement étancher sa soif. De façon totalement non préméditée, l'ouverture de la Cave à manger au gré du vin coïncidera avec une exposition de quelques toiles de Mme Olif, la nouvelle idole des jeunes œnographilistes. Deux bonnes raisons de se rendre 106 rue Monge, dans la Capitale des Ducs de Bourgogne, courant septembre. Nulle obligation de repartir avec une toile sous le bras, un simple coup d'œil fera autant plaisir.

Olif
P.S.: septembre, c'est aussi le mois de la rentrée et celui de la sortie. Dans l'ordre, celle des classes et celle des guides censés permettre à l'amateur d'acheter et de boire mieux. Saluons cette année une grande nouveauté, le guide NdR B&D de la blogosphère vinique. Une sélection supposée pertinente du meilleur du web vineux bien vivant. Le Blog d'Olif n'y figure pas, forcément on n'a pas envoyé d'échantillons. C'est ballot. Manque aussi pas mal de blogs intéressants, probablement à cause d'une grève de la Poste, mais ce n'est pas bien grave, il faudra juste faire l'effort de les chercher un peu, ailleurs, sur la Toile. Il en manque aussi un autre, mais pas pour les mêmes raisons, peut-être qu'il n'est pas aussi intéressant que cela, finalement.* Le principal intérêt de ce guide, c'est de proposer, en supplément du Top Web, une sélection de plus de 5000 vins, dégustés par de très grands spécialistes, reconnus et tout et tout, en provenance des meilleurs domaines. Il en manque aussi un certain nombre, des vins comme des domaines, probablement la faute aux échantillons et à la grève de la Poste. Il faudra juste faire l'effort de les chercher un peu, ailleurs... Sur la Toile ou chez les bons cavistes.
* Rectificatif, ce blog-là ne manque finalement pas, il est même mis en valeur de manière éhontée!
P.S.2:
Faut reconnaitre qu'elle peint les bouteilles comme personne, Mme Olif, c'est enivrant ...
08:47 Publié dans Quartiers libres... | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
| Tags : ô gré du vin, dijon, exposition de peinture, madame olif |
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12 juillet 2011
Le Pti livre du vin naturel
C'est un pti livre blanc pour accompagner une dégustation de "vins naturels", une terminologie qui embête bien les partisans des vins dits "conventionnels" parce qu'elle laisse sous-entendre que ces derniers ne le sont pas, naturels. De fait, l'excès de chimie dans les vignes et de triturations à la cave ont tendance à dénaturer un peu le vin. Soit-disant pour l'améliorer, parfois dans le seul but de faciliter la vie du vigneron. Peu importe. Alors, sans aucun remords ni aucune volonté de relancer un débat généralement stérile, laissons le meilleur à ceux qui le souhaitent, marchons plutôt dans les traces de Jean-Charles Huon et contentons-nous de boire des vins "nature*", avec le moins d'additifs possibles.
Le Pti Journal du vin naturel, blog édité par Jean-Charles depuis janvier 2010, où il fait part de ses humeurs et dégustations de vins, s'est en partie couché sur le papier, ou, plutôt, a permis l'aboutissement d'un projet personnel, le livre étant déjà dans les tuyaux depuis octobre 2008
Pourquoi un aller-simple pour le vin naturel? C'est simple, allez! Quand on a mordu au truc, pas besoin de billet retour, difficile de revenir dans le monde des vins "classiques". Pas de retour possible, donc, mais un billet d'humeur dans lequel Jean-Charles fait part de son cheminement dans le monde du vin et explique les raisons de ses choix. Quand on sait qu'il n'a que 23 ans, on se dit qu'il a plutôt pris un bon départ dans la vie et dans le vin. Soulevant un certain nombre de problèmes, qu'il ne prétend surtout pas résoudre, Jean-Charles cherche à éveiller les consciences et inciter à boire mieux, pour soi et pour l'environnement. Au travers de 100 commentaires de dégustation, soigneusement sélectionnés parmi ceux qu'il a publié sur son blog, Jean-Charles propose quelques pistes au lecteur. Des choix particulièrement ouverts et éclectiques de vins "bio", "biodynamiques" ou "naturels", du Vin de Pétanque 2009 du Mas Libian au Meursault Charmes 2007 des Comtes Lafon.
Courageusement auto-édité, le Pti livre du vin naturel est disponible directement auprès de l'auteur, ou dans certains lieux dédiés au vin naturel du côté d'Angers (cave, resto, bar à vins) ou encore à l'Athénaeum de Beaune. Son prix: 14,95€.
Olif
* à titre personnel, je préfère ce terme de vin "nature", par analogie au yaourt. Le vin "nature" serait alors un vin pour lequel on n'a pas utilisé de levures aromatiques ou tout autre produit artificiel susceptible de le dénaturer. Ça peut se discuter aussi, mais ça me plaît bien quand même.
19:45 Publié dans Quartiers libres... | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
| Tags : vin naturel, vin nature, jean-charles huon, le p'ti journal du vin naturel |
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01 juillet 2011
Devoir de vacances
Les vacances, non seulement c'est un droit, mais c'est aussi un devoir. Les vacances, ça laisse du temps pour se reposer, ne rien faire, lire, flemmarder, mais aussi éventuellement écrire quelques billets en retard. Pour le dernier point, on verra. Et puis aussi changer d'air, boire un ou deux verres, rencontrer deux ou trois indigènes, randonner, se balader, découvrir, s'imprégner de nouvelles senteurs et de nouveaux paysages, faire des petites bouffes sympas et puis aussi ... oui, aussi ... pourquoi pas?
Avant de mettre la clé sous le paillasson, quelques news de dernière minute, à l'intention de ceux ou celles qui seraient passés au travers de ces billets et/ou infos. Je m'adresse ici aux lecteurs du Blog d'Olif, évidemment, et pas à ceux de L'Express ou de Decanter, qui ont bien d'autres chats à fouetter.
- Un hangar en Ventoux? J'achète! Grâce à la Bloglouglousphère, Olivier B. pourra donner suite à l'aventure des Amidyves. L'acquisition ferme et définitive de son petit hangar de vinification lui en fait même prendre pour 20 ans! Tout ça à lire en détail sur son blog, avec, en prime, un petit clin d'œil à la visite olifienne sur la tête du Géant, dans un article précédent.
- Decanter a publié la Power list de tous les gens soit-disant influents dans le monde du vin, ceux qui seraient le plus à l'origine de ce que l'on va trouver dans nos verres. C'était un vote participatif, où les internautes pouvaient suggérer leurs propres candidats. Le premier, c'est le PDG de Pernod-Ricard. Faut dire qu'il a une sacrée force de frappe publicitaire, et qu'il fournit de jolies casquettes pour la pétanque, aussi. En 3, Bob himself, on le connait Parker. Il faut croire que les internautes préfèrent désormais un petit jaune vite fait à la table d'un café, sous un platane, plutôt qu'un vin de Bordeaux puissant, concentré et ultra-boisé à la terrasse climatisée d'un hôtel ****, sous une véranda. Et, la surprise, en 16ème position, le blogueur amateur de vins, l'obscur, le sans grade, mais dont les recommandations viniques commencent à être appréciées de ceux qui ont besoin d'être épaulés dans leurs choix. La SAQ (prononcer Essacul), prestigieuse et difficilement contournable Société des Alcools du Québec, a choisi une bien belle image pour illustrer ce propos dans son journal du vin en 60 secondes chrono. Enfin, moi, je trouve.
- Suite à la publication de mon billet sur le Hors série vin de l'Express, Hervé Lalau, l'un des rares journalistes vineux à bloguer avec générosité et conviction, s'interroge sur la liberté de parole du web vineux et son éventuelle récupération par les forces occultes du Mordor. Saurane*, ne vois-tu rien venir? On verra bien et on continuera surtout à rester libre, indépendant et à ne pas se laisser marcher sur les pieds.
Sur ce, passez un bel été, buvez bien et, surtout, buvez bon et pas trop soufré, pour des lendemains qui chantent...
Olif
* amusante contraction de Sauron, Sœur Anne et ...? Oui, on ne se refait pas!
18:58 Publié dans Quartiers libres... | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
| Tags : olivier b., decanter |
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14 juin 2011
Aucun Express...
Aucun Express ne nous emmènera vers la félicité vinique... Le dernier Hors série Spécial vins du plus rapide des magazines hebdomaires est signé Bettane & Desseauve. On attend avec impatience le prochain supplément vins du Monde, du Pélerin, de Voici et de OK Magazine pour faire la comparaison. Champagnes de marque et rosés marketés au menu de celui-ci. Les agences de communication ont bien bossé. Ah!, si, quand même, du neuf avec quelques sympathiques portraits et interviews de vignerons (Ryan O'Connell, Éloi Durrbach, Catherine Leconte des Floris...) et un gros dossier vin et internet, touffu, avec une douzaine de pages, passant notamment en revue les blogs vignerons et ceux des amateurs. On aime la verve gouleyante de Miss Glouglou, qui aligne les mots avec un débit aussi rapide que celui d'un bon canon versé dans le verre, et on ne lui en veut même pas de ne pas avoir fait du Blog d'Olif son blog de chevet. Par contre, confier le sujet des blogs vins à Nicolas de Rouyn, c'est un peu comme demander à Patrick Dussert-Gerbert de rédiger un état des lieux de la critique vinique et des guides sur le vin en France. Ça manque un brin d'objectivité. Oui, un brin. Nicolas de Rouyn, c'est le chargé des (bonnes, parfois mauvaises) relations avec les blogueurs par le team Bettane & Desseauve. Il anime un blog de bon vivant et il se voudrait le Monsieur Loyal de la blogosphère vineuse. Bien coiffé, bien habillé, affable et courtois avec les dames, plutôt disert, sur tous les fronts du web 2.0 et aussi dans les magazines. Sans remettre en cause la qualité individuelle de chaque blog qu'il recommande, on assiste ici à un véritable noyautage de la blogosphère qui oscille entre copinage, complaisance et dévotion. N'y aurait-t-il donc déjà plus aucune place dans la Bloglouglou si l'on n'est pas de sexe féminin et/ou journaliste et/ou parisien et/ou organisateur de dégustations branchées et/ou membre du GJE? Ce serait bien triste, quand même. Légère concession au décalage, Le vin de mes Amis, de l'épatant Laurent Bazin, malheureusement plus très actif sur la toile, Littinéraire vinique de l'abscons (avec un "s") cognaçais (avec un "c" cédille) hors d'âge, ainsi que l'incontrôlable chien fou Vindicateur, le métaguide qui aboie sur Internet. Et puis il y a aussi Eva, à qui on pardonne volontiers d'être une fille, parisienne de surcroît, tant elle débouche les bons canons plus vite que son ombre ligérienne, et Bourgogne Live, les chouchous de la Bloglouglou, sans qui le classement Wikio aurait une saveur différente chaque mois.
Toutefois, pour ceux qui préfèreraient prendre la contre-allée, rien n'est perdu. Il y a matière à surfer longuement sur le mascaret de la blogosphère. À défaut de pouvoir publier un encart dans le numéro Spécial pinard de Fluide Glacial, voici une autre sélection de blogs, tout aussi tendancieuse et assumée. Parfois même présents dans le haut du tableau Wikio, ce qui en dit long sur leur qualité puisque ce serait apparemment un indicateur fiable d'évaluation de la bonne tenue d'un blog, même si ce n'est qu'un reflet très partiel de son activité réelle. C'est parti pour un dénoyautage des blogs vin, versant Bloglouglou préhistorique, l'authentique et originelle. Celle qui défie le temps et qui a survécu aux météorites. Celle qui ne s'en laisse pas conter et renacle à l'idée de céder aux sirènes des agences de communication. Celle qui obstinément poursuit son petit bonhomme de chemin gustatif personnel, n'hésitant pas à mettre en avant des vins et des vignerons peu médiatisés et/ou jugés peu recommandables par le monde œnologiquement bien-pensant. Celle qui, parfois, dérange un peu et espère bien continuer à jouer son rôle de poil à gratter vinique, histoire de permettre aux internautes de surfer un peu moins expressément. Les dinosaures de la Bloglouglou ne sont pas encore en voie d'extinction, c'est tout le mal qu'on leur souhaite. Les blogs sont cités dans un ordre totalement aléatoire.

Journal d'un passionné de la rive droite: voilà un blog d'amateur vraiment très pro, ce qui ne plait pas toujours aux pros, d'ailleurs. Les commentaires de dégustation de Daniel Sériot, assortis d'une note chiffrée (sur 20 ou sur 100, selon le type de dégustation, parfois doublée d'une note plaisir, ce qui est suffisamment rare pour être mentionné) sont impressionnants de précision, de quoi donner des complexes à bien des dégustateurs chevronnés. Daniel déguste beaucoup de Bordeaux, c'est sa passion. Rive droite, c'est dans le titre, mais aussi rive gauche et Sauternais. Personne n'est parfait. Sa porte reste cependant ouverte au Rhône, à la Loire, à l'Alsace et aux autres régions françaises. Les parenthèses philosophico-décalées et/ou culinaires d'Isabelle Sériot apportent une bouffée d'air frais à ce touffu carnet de dégustations, que Daniel noircit à la chaîne lorsqu'il "travaille" à goûter du vin. Ses grandes connaissances en géologie lui permettent de faire aisément le lien au terroir, ce qui n'est pas à la portée de n'importe qui.

La Pipette aux quatre vins: vous voulez du dinosaure? En voilà! Du Brontosaurus Rapitus premier choix. Avec Philippe Rapiteau et sa célèbre Pipette, on est plus proche de l'esprit Le Rouge & le Blanc que de Pinardo Madame ou Jaja Express. Partir à la découverte du vignoble, des vignerons et des vins, ne pas attendre qu'ils arrivent tout cuit et pré-mâchés dans le verre, creuser le terroir, approfondir ses connaissances viniques pour boire et déguster intelligemment. Les REncontres VEndéennes autour du VIN, c'est encore lui. Cette manifestation ascensionnelle annuelle réunit à Saint-Jean de Monts des amateurs venus du monde entier (un Québecois de passage est venu, une fois) pour participer, dans un esprit aussi festif qu'enrichissant, à un grand raoût gustatif dans lequel les vignerons sont également fiers de s'impliquer, n'hésitant pas à prendre les airs, depuis la Provence ou l'Italie, pour parader, bouteille à la main, sur la plage des Demoiselles. Sea, wine and sun, en short et en sandales, avec parfois une petite laine, loin des salons parisiens branchés.

Vins-Confédérés: depuis plusieurs années déjà, Laurent Probst boit en Suisse. Avec un sens du partage pourtant très développé. Désormais reconnu comme un acteur réel de la communication autour des vins de la Confédération, on peut l'apercevoir dans toutes les manifestations vineuses majeures, du Valais à Vully, sans discrimination cantonale. Un bel exemple pour l'unité fédérale!

Le Bicéphale buveur: un tout jeune dinosaure, à peine sorti de l'œuf, mais qui fait déjà parler de lui. Du dinosaure, il a la carrure, surtout sa moitié bressane, le demi Bicéphale picard, plus souffreteux, sucrant déjà volontiers les betteraves. Parfait dans le rôle du candide, le Bicéphale s'émerveille aussi facilement devant une belle bouteille et un bon vigneron qu'il ne s'interloque devant une daube de supermarché, dénichée entre deux rouleaux de papier hygiénique. Parfois c'est l'inverse. Le Bicéphale est un ingénu, aussi imprévisible que la pluie ou le beau temps. C'est ce qui fait son charme. On a tous en nous quelque chose du Bicéphale.

Bu sur le web: on ne présente désormais plus Aurélia Filion, jolie blonde à grosse poutine (©Vindicateur), la star incontestée de la dégustation vidéo, parfois en live. Changer le monde du vin, un seul vin à la fois, c'est sa devise, et ça fait drôlement du bien, même quand ça part en live. Charme, spontanéité, séduction, énorme présence à l'écran, mise en avant du vigneron autant que son vin, glougloutage sincère, crachat élégant, Aurélia cartonne à mort chez les cousins québecois. Ici aussi, évidemment, même si, quelque part, on est un peu jaloux de la savoir aussi loin de la vieille Europe. Une Europe du vin qu'elle chérit, France comme Italie, ce qui l'amène fréquemment dans nos contrées et permet de lui claquer de temps en temps la bise, ostie de caribou de tabarnak de crisse!

Œnophil: sous des dehors un peu laconiques et austères, ce blog s'impose comme une véritable mine d'information sur les vins d'Alsace. Immergé au cœur du vignoble, Philippe Bon nous fait vivre de l'intérieur le quotidien de certains vignerons alsaciens parmi ses préférés. Et souvent ce sont les meilleurs, en fait. Les plus sincères et les plus authentiques, ceux dont les vins respirent la vie. Réflexions, vidéos, photos, instantanés du vignoble, des fragments d'Alsace à portée d'ordinateur.

Monomaniaquement Alsace: Alsace au menu, encore, de l'entrée au dessert, avec Patrick Böttcher, lui aussi issu des forums. Insatiable et pantagruelique dégustateur, comme seuls savent l'être les pharmaciens belges, surtout quand ils sont d'origine suisse allemande, ses copieux comptes-rendus de dégustation s'inscrivent dans un processus de compréhension globale du vin, de son élaboration à sa déglutition. Passionnant et instructif, parfois roboratif. Mais comment font les Belges pour déguster autant de vins à la fois, sans même les cracher, une fois?

Glougueule: le fameux site des hommes de glou n'est pas misogyne. Sa porte est ouverte aux femmes, Sylvie Augereau en l'occurence, même si elle ne vient pas souvent rendre visite à Mimi et Fifi. Glougueule, le seul blog vin qui vous relinge pour l'hiver et l'été, avec une gamme de ticheurtes à faire pâlir les plus grands couturiers. Les dessins et, maintenant, BD (ah!, les aventures impayables de Mimi, Fifi et Glouglou) de Michel Tolmer alternent joyeusement avec la prose épicurienne de Philippe Quesnot, créant un joyeux foutoir plutôt nature, dans lequel il fait bon se promener.

Wine tasting, vineyards, in France: un blog en anglais, même s'il parle essentiellement (mais pas exclusivement) de dégustation de vins et des vignobles de France, si ma traduction est correcte. Les comptes-rendus de Bertrand Celce sont plutôt fournis, copieusement illustrés, témoignant d'une véritable passion pour les vins et les vignerons qu'il rencontre. Ici encore, un lien fort au terroir et aux vignerons exigeants.

ShowViniste: c'est quoi, un blog citoyen du vin? Tigibus dirait que c'est un blog qui a du poil au c... Mais un blog citoyen, c'est un blog qui encourage et soutient la bonne viticulture, qui soulève de vrais problèmes et tente d'apporter sa petite contribution à l'édifice. Olivier Lebaron réussit la prouesse d'inciter à la réflexion tout en restant extrêmement concis et plaisant à lire. The Show Viniste must go on!

Une femme, des vins: Catherine Champeaux est une grande voyageuse. Ses pas l'attirent souvent du côté de la Grande Bleue, très au Sud, sur la Côte d'Azur qu'elle affectionne, pas pas exclusivement. Une vraie l'Yonne, aussi. Partout où il y a de belles rencontres à faire, dans le vignoble, mais aussi sur les salons, elle n'hésite pas à franchir la distance et sortir son grand cahier de notes qu'elle noircit consciencieusement, pour en tirer des billets d'une grande sensibilité.

Du Morgon dans les veines: lorsqu'il se rend au don du sang, Guillaume Nicolas-Brion est régulièrement recalé. Trop nature, pas assez sulfité, son sang ne fait alors qu'un tour et il se rend dans le premier bon bistrot du coin pour se remplir la panse et s'abreuver d'un verre de bon Beaujolais ou autre, mais un vin avec du raisin dedans. Le carnet de bord d'un épicurien parisien, qui sait où il fait bon manger et boire.

Vin & Cie: l'un des tout premiers blogs sur le vin, celui d'un vrai grognard de la République, ancien du Ministère de l'Agriculture, un espace de liberté où il parle beaucoup de vin, en pointant volontiers les problèmes de la filière et en cherchant à proposer des solutions pour les résoudre. Dinosaure parmi les dinosaures, Jacques Berthomeau n'a pas sa langue dans sa poche et fourbit régulièrement les armes contre les empêcheurs de tourner en rond du bon et du bien vivre. C'est un bavard très prolifique. Une semaine de vacances n'est parfois pas superflue pour arriver à lire tout ce qu'il écrit et publie dans une journée.
Olif
P.S.: voilà, comme ça, il y en a pour tous les goûts, et pas exclusivement pour ceux des lecteurs de l'Express. À chacun de picorer où bon lui semble.
P.S.2: des blogs vin, évidemment, il y en a encore plein d'autres. Du simple livre de cave on-line au comptes-rendus de dégustation de club, en passant par le carnet de bord gastronomique. Je ne peux pas tous les citer, ni les recommander (plutôt froisser tout le monde que personne), mais chacun peut y aller de la sienne dans les commentaires.
P.S.3: si vous aussi vous êtes indigné par quelque chose qui se passe dans le milieu du vin, il faut aller faire un tour sur Vindicateur.
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16 mai 2011
En roue libre...

Alors que je ne sais pas encore si je vais participer, en tant que jury, à Un vin dégueulasse presque parfait, le nouveau concept d'émission de télé-réalité plus vrai que vin "nature" de TV12° où il s'agit de déterminer quelle peut bien être la meilleure dégueulasserie de vin nature et/ou sans soufre apte à sustenter le gogo-bobo parisien paumé, si l'on excepte le 5ème arrondissement, là où le vin "bio" serait moins dégueulasse qu'ailleurs et surtout pas "nature", voilà que je ne sais pas non plus comment me sortir de cette phrase un peu trop complexe et trop longue pour pouvoir signifier quelque chose de clair et hautement compréhensible par le commun des mortels, y compris la ménagère de moins de 50 ans qui ne boit pas une seule goutte d'alcool mais qui bave sur l'écran devant ses casseroles qu'elle ne fait pas aussi bien reluire que dans n'importe quelle émission pour apprenti-chef à la Star académie culinaire de rien. De rien.
Une phrase tout à fait symptomatique de ce coup de mou printanier au cours duquel mon envie de bloguer et parler vin sur le web est inversement proportionnelle à la force du rut qui habite DSK au sortir d'une réunion chiffrée du FMI dans un Sofitel new-yorkais.
Bref, me voilà en roue libre, un brin amer, désabusé, démotivé. A deux doigts de me piquer la ruche au Mouton-Rotschild limé. Ou, pire encore, au Mumm Cordon rouge chaud, parfumé à l'orange et à la cannelle. Pour reprendre le dessus, pas 36 solutions: Beaujolais. De France. Sans soufre ajouté, ni aucune autre cochonnerie. Loin d'être une "dégueulasserie" pour autant, le grain de sénevé ne m'est pas monté au nez. Ce vin-là se boit en toute franchise et avec gourmandise. Une bouteille rapportée de la BiojoLeynes et une belle confirmation pour ce tout jeune domaine de Marchampt qui m'avait déjà tapé dans les papilles l'année dernière.
Roue libre 2010, Hervé Ravera, Le Grain de Sénevé
Olif
P.S.: pas eu le temps ni l'inspiration d'écrire un billet sur la deuxième édition de la BiojoLeynes, qui s'est tenue le 24 avril à Leynes, mais un super salon et de bien jolies choses dégustées, avec notamment un gourmand et gouleyant 2010 non filtré, encore en cours d'élevage, au domaine de la Fully, la première vinification solo de Céline Vermorel, sous le regard bienveillant du papa Patrick, et un tout nouveau vigneron à suivre de près, Jérôme Guichard, cornaqué par Philippe Jambon et qui faisait goûter sa première cuvée, 2010 aussi mais pas encore en bouteille à ce moment-là, Au bouteau d'or, 100% nature et sans soufre. Un régal pour la bouche, le palais et l'estomac aussi, à condition de n'avoir pas recraché à l'extérieur. Des "dégueulasseries" comme ça, on en redemande!
P.S.2: "Longtemps j'ai cru que le vin pouvait être parfait, s'il l'était, je le quitterais"
Bruno Quenioux, 1990.
La valeur n'a pas attendu le nombre des années. Ce n'est que par la suite, avec l'âge, que ça s'est gâté un peu.
22:57 Publié dans En léger différé du vignoble!, Les Dégustantanés, Quartiers libres... | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
| Tags : biojoleynes, le grain de sénévé, domaine de la fully, jérôme guichard |
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13 avril 2011
Cent mots sur La vigne et le vin cent mots
Tout juste l’équivalent d’un tweet pour vanter ce petit livre ludique et rigolo paru aux Éditions Le Polygraphe, brillamment écrit par Sylvie Reboul, et joliment illustré par Pascal Jousselin. Abécédaire plus que dictionnaire, la seule contrainte des ouvrages de cette collection est d’en donner pour un cent.
En mars, c’est la fête à Sylvie Reboul, qui s’est également fendue d’un très joli portrait de Michèle Aubéry dans le magazine Terre de Vins. Il lui a fallu beaucoup plus de cent mots pour évoquer le « cœur nature » de la célèbre vigneronne de Montbrison sur Lez, qui bat à l’unisson de celui de Gramenon.
Olif
P.S.: il y a bien cent mots tout pile dans le texte ci-dessus. Que ceux qui n'ont pas confiance recomptent! En cas d'erreur de ma part, je leur paierai un verre de Gramenon.
22:21 Publié dans Quartiers libres... | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : sylvie reboul, gramenon, michèle aubéry-laurent |
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12 avril 2011
Prépa Terre et Vins de Champagne: do it yourself..!
Le 18 avril, Terre et Vins de Champagne ouvrira ses portes. Cette initiative originale, imaginée par une bande de vignerons champagnards portés sur la connaissance et le travail de leurs sols, est un événement vinique plutôt réjouissant qui donne l'opportunité de goûter à la Champagne avant champagnisation, ce qui n'est pas commun.
2011 marque le centenaire de la révolte des vignerons champenois et leur lutte contre la fraude pour défendre leurs vins de Champagne et leur authenticité, face aux contrefaçons importées de toute la France. C'est aussi la troisième édition de cette Champagne des terroirs dont le succès ne se dément pas d'année en année. Une révolte en douceur et en profondeur, pédagogique en diable, afin de donner aux amateurs et aux professionnels quelques clés au sujet de l'élaboration du bon Champagne. Le Castel Jeanson d'Aÿ sera probablement bientôt trop exigü pour accueillir la manifestation.

Goûter au vin clair champenois, puis à sa version champagnisée, d'un millésime antérieur, est un exercice difficile pour qui n'en est pas coutumier. Difficile, mais passionnant, surtout lorsque l'on a affaire à des jus provenants de sols travaillés et respectés. Cela demande un entraînement de tous les instants et exige de ne reculer devant aucun sacrifice, ni aucun artifice. La preuve en image.
N'importe quoi, comme dirait Mme Olif!
Olif
P.S.: je demande pardon par avance à tous les vignerons champagnards de Terre et vins et j'espère que cette vidéo ne me vaudra pas l'excommunication par l'Évêque de Reims et un bannissement définitif de toute la Champagne viticole.
P.S.2: sans rire, je serai fin prêt pour Terres et vins de Champagne. Je ne manquerais le pélerinage annuel au Castel Jeanson pour rien au monde!
18:12 Publié dans Quartiers libres..., Vidéolif | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
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