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Quartiers libres... - Page 5

  • Refroidissement climatique bourguignon...

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    ©Florence Kennel

     

    Les bioconcasseurs le retour! Il semblerait que le sujet soit soigneusement esquivé par les instances concernées. Surtout pas de vagues au moment où les Climats de Bourgogne entrent dans la dernière ligne droite de la validation de leur classement au patrimoine mondial de l'UNESCO. Aucune chance d'envisager le report de la décision, pour cause de terroir impraticable du côté de Bel-Air à Gevrey-Chambertin, tout comme le match Dijon-Auxerre, dont Aubert de Vilaine devait siffler le coup d'envoi le 2 mai, et qui a du être joué le lendemain. Tout le monde s'en fout, apparemment, seul le classement compte. Tout le monde s'en fout? Non, un journaliste intègre et irréductible, tout le contraire d'un justicier, Hervé Lalau, aimerait bien que le Président du Syndicat des vignerons de Gevrey-Chambertin veuille bien répondre à ses interrogations à ce sujet dans une lettre ouverte publiée dans le magazine belge In Vino Veritas. In vino veritas, c'est d'ailleurs son credo, à Hervé, puisqu'il y exerce les fonctions de rédacteur en chef adjoint.

     

    Point de volonté ici de se comporter en justicier pour saccager un beau projet, bien au contraire. Plutôt la volonté de le soutenir énergiquement en pointant de graves dérives, pour ne plus laisser faire n'importe quoi avec ces terroirs prodigieux. Protéger et sauver les climats de Bourgogne, c'est d'abord les préserver de ces pratiques honteuses et injustifiables, qui massacrent à tout jamais le sous-sol et la façon dont il est naturellement drainé.

     

    Le réchauffement climatique, en Bourgogne, ce n'est pas pour tout de suite, visiblement...

     

    Olif

  • Drink free ...

     

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    Clic sur l'affiche pour tous les détails.

     

    Au départ, Dieu créa le vin. Et le vin était nu. Libre, aussi. Dieu but le vin et il vit que c’était bon. Une fois complètement saoûl, Dieu créa l’homme. Et l’homme était nu. Et libre, aussi. Profitant que Dieu était parti cuver, l’homme s’habilla et but le vin. Il vit que c’était bon. Et il décida d’habiller aussi le vin. Pour en faire un produit à son image. Gros mégalo, va! Complètement prisonnier de la technologie, l'homme finit par ne plus avoir soif et s'ennuyer. Alors, il décida de réinventer le vin nature. Pour le rendre à nouveau … libre. Et le faire goûter à plein de gens heureux dans de beaux salons, en plein air, ou dans des chais.

     

    La biennale des vins libres se déroulera comme toujours en Alsace, l'organisation reposant toujours sur le triumvirat Binner-Meyer-Schueller-Frick*. Exit Marbach, place à Rouffach. La fine fleur des vignerons en liberté s'ébrouera dans l'ancien hôtel de ville, élection oblige. Faudra une procuration pour aller voter (chez vous), mais pour goûter et pour boire les bons vins libres d'ici, pas besoin de carte électorale. Juste un carnet de bal, pour savoir où on met les pieds avant d'aller danser...

     

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     Et si jamais ce n'est pas suffisant, le lundi, direction Courgis, Chais l'un, Chais l'autre, Chai de Moor, Chai Pico, les deux hôtes de la nouvelle édition de ce salon alternatif où il sera difficile de rencontrer de mauvais vignerons et de boire de mauvais vins. Pr!ère de montrer patte blanche (de loup) et bonne tête (pas de mort) à l'entrée.

     

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    Si tu bois free, finalement, c'est que t'as tout compris.

     

    Olif

     

    * Je sais, ils sont 4, c'est pour voir s'il y en a qui suivent.

     

     

     

    P.S.: si toi aussi, tu as vraiment travaillé dur toute la semaine, n'oublie pas de ne pas mettre ton réveil le mardi 1er mai, pour suivre le défilé des partisans de la vraie grasse matinée.

     

    P.S.2: si toi aussi, tu t'es laissé poussé la moustache et que tu aimes passer l'aspirateur en petit débardeur rose, drink free, break free... Cette vidéo est pour toi. Cadeau!

     

     

  • Prépa Terres et vins de Champagne: le dégorgement

     

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    Terres et vins de Champagne, le salon champenois où l'on peut buller tranquille (oxymore?), approche à grands pas. Buller tranquille ne veut pas dire ne rien faire. C'est le seul salon qui nécessite un minimum de préparation technique. L'année dernière, nous avons appris la différence entre un vin clair et un vin champagnisé, cette année, nous allons faire connaissance avec une autre spécificité des vins effervescents: le dégorgement. Qu'est-ce que c'est donc que ça, le dégorgement? Une bouteille de Champagne n'a pourtant rien à voir avec un poireau..!

     

    Le dégorgement est une opération délicate qui consiste à faire rendre gorge à la bouteille d'un petit dépôt qui s'accumule dans le goulot, lorsque la bouteille est placée la tête en bas, évidemment. 

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    Pour cela, il vous faut une bouteille de Champagne non dégorgée, la tête en bas, du style Les Barres, d'Alexandre Chartogne. 100% Pinot meunier en provenance de vignes non greffées sur le massif de Saint-Thierry. Et un outil spécial. Non, pas un sabre, ce sera pour plus tard. Pas un dégorgeoir à poissons non plus. Non, un truc, genre décapsuleur géant. Mais pas comme celui-là. Plutôt comme ça.

    Habituellement, le dégorgement ne se réalise pas en appartement. Alors, je sors.

     

     

     

    J'ai d'ailleurs à ce propos une anecdote tout à fait croustillante. Anecdote peu connue, que je n'ai moi-même apprise qu'hier (pour paraphraser le Grand Marcel Gotlib et sa Rubrique à Brac de célèbre mémoire). La première version de la Marseillaise de Rouget de Lisle, notre hymne national, s'appelait en fait la Champenoise et racontait l'invasion de la Champagne par un ennemi cruel et sanguinaire. Il y avait un passage terrible, que je vous livre de mémoire et qui disait à peu près ça:

     

    "...Entendez-vous, dans nos campagnes,

    Mugir ces féroces soldats?

    Ils viennent jusque dans nos caves

    Dégorger nos bouteilles de Champagne!

    Aux armes, Citoyens..."

     

    N'importe quoi, comme dirait Mme Olif!

     

    Olif

     

    P.S.: On comprend mieux pourquoi Rouget de Lisle est allé chercher l'inspiration du côté de Marseille par la suite....

     

    P.S.2: Olif a pris ses précautions et est habillé par Rémy Bousquet, ça dégorge chez nous, pendant que ça débouchonne chez Rémy et que ça bouchonne à Paris.

     

    P.S.3: après la course de rouler de fûts l'an passé, j'attends avec impatience le concours de dégorgement nocturne cette année, dans les rues d'Aÿ. Je suis entraîné!

     

    P.S.4: Terres et vins de Champagne, c'est le lundi 16 avril au Castel Jeanson d'Aÿ, sur inscription préalable.

     

    P.S.5: en complément de Terres et vins de Champagnes, auront lieu, le dimanche 15 avril à Épernay, la première du salon Terroir et talents de Champagne, ainsi que le mardi 17 avril à Reims, la deuxième édition des Artisans du Champagne. Ça va en faire, des bulles à dégorger, tout ça...

     

    P.S.6: Les Barres, vignes non greffées sur Murfy, 100% pinot meunier, par Alexandre Chartogne, c'est..., comment dire? C'est un Champagne vineux et épatant, comme on aimerait en boire plus souvent.

     

    P.S.7: Alexandre, je te rapporte ton décapsuleur bientôt...

     

    P.S.8: il s'agit de la première Vidéolif avec montage, suite à un problème technique lors du filmage. Cela a nécessité une deuxième prise, pas très raccord, alors je sollicite votre indulgence...

  • À lire, à manger, à boire, à poil...

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    Les quatorze besoins fondamentaux, conceptualisés par Virginie Henderson, ont été appris par cœur par bon nombre d'étudiant(e)s en soins infirmiers pendant des années. Laissons de côté les pratiques d'élimination des déchets, aussi indispensables que peu ragoûtantes, rajoutons un quinzième besoin non mentionné de façon explicite dans ce paradigme, de Nantes à Montaigu, et finissons par nous concentrer sur les quatre principaux, sans lesquels la vie vaut tout juste la peine d'être vécue.

     

    À lire: c'est, sans nul doute, la principale différence entre l'homme et le cœlacanthe: la capacité de distinguer 26 lettres de l'alphabet alignées dans un ordre aléatoire sur une page, une fois la lumière allumée. Et, également, celle de tourner les pages d'un bouquin. Ce n'est quand même pas avec ses moignons de nageoires à la place des doigts que cet analphabète préhistorique va y arriver.

     

    À manger, à boire: cela semble une évidence, sans un petit salé aux lentilles accompagné d'un verre de gamay du Beaujolais, l'homme est ravalé au rang de la bête, voire du cœlacanthe, quand la profondeur du creux de son estomac confine au vide abyssal des grands fonds sous-marins. Guillaume Long en connait un rayon sur la manière de se remplir la panse, avec du liquide ou du solide. A boire et à manger, c'est tout un blog de Le Monde, où les p'tits mickeys valent mieux qu'un long discours. Son livre en est le prolongement, ou comment réaliser une recette en trois coups de crayon ou de cuiller à pot! Hilarant, ludique, percutant, efficace, indispensable, avec en prime les bons conseils de Pépé Roni, qui permettront à n'importe qui de ne pas passer pour un inculte en société culinaire.

     

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    "À boire et à manger" par Guillaume Long, Éditions Gallimard, 144 pages, 20 €

     

    À poil: vêtir ou dévêtir son vin, telle est la question que se posent bon nombre de vignerons. Pour ne pas être gêné aux entournures, le vin sera pourtant beaucoup plus à son avantage complètement nu (naked, en anglais). C'est le terme retenu par Alice Feiring pour parler du vin "naturel", "nature", "libre", "vivant". Difficile de trouver le juste qualificatif, qui traduise bien ce qu'il est réellement, tout en ne prêtant pas le flanc aux critiques acerbes de ses détracteurs, qui ne voient en lui que la transformation vinaigrière naturelle d'un produit censé être anobli par l'homme. Le parcours d'Alice dans le pays merveilleux du vin sans artifices est réjouissant, tant il retranscrit bien dans son ensemble la problématique du vin "nature", de manière intelligente, objective et non manichéenne. Magnifiquement raconté, riche en belles rencontres (Jacques Néauport, Pierre Overnoy, Marcel Lapierre, Andrea Calek,...) et joyeux moments, The Naked Wine mérite de figurer dans toutes les bibliothèques et toutes les bonnes caves. Même si nul n'est contraint d'accrocher son slip au porte-manteau en rentrant.

     

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    ''Le Vin nu'' par Alice Feiring, Jean-Paul Rocher Editeur, 220 p, 19€.

     

    Olif

     

    P.S.: Alice Feiring ne s'est pas mise à poil sur Vindicateur, mais elle a répondu sans ambages aux questions d'Antonin Iommi-Amunategui. C'est à lire ici.

     

    P.S.2: histoire de ne pas se rhabiller trop vite, ce week-end a lieu le célèbre salon de vins naturels La Remise. C'est à Viviers, en Ardèche, que ça se passe, et ça fait un peu mal de manquer ça.

     

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    P.S.3: les Belges susceptibles de se rendre à Olne ce week-end pourraient bien être excusés de ne pas effectuer le déplacement jusqu'en Ardèche.

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  • Le goût du risque

    Longtemps considéré comme la "plus saine et hygiénique des boissons", grâce à ce bon Pasteur (qui ne savait pas encore tout le mal que la pasteurisation allait faire aux fromages au lait cru), le vin n'est-il désormais plus cet aliment bénéfique à la santé, recommandé par une partie du corps médical pour sa richesse en polyphénols et autre resvératrol? Il faut croire que non, puisque sa consommation est ramenée à un bête "facteur de risque" de mourir de quelque chose ...


    Vivre, avec ou sans fureur, présente indubitablement des risques. C'est un fait avéré. Imparable. Statistique, aussi. Une des dernières études, médiatiquement reprise à tout va par une presse friande d'infos pseudo-sensationnelles, concerne évidemment l'alcool, qui serait à l'origine de 10% des cancers chez l'homme. 10%, vous vous rendez compte? Mourir du cancer n'est plus tendance, il faut s'en préserver. Ne buvons plus d'alcool et encore moins de vin. Mais de quoi aimerait-il bien mourir, alors, l'homme d'aujourd'hui? De famine, quelque part dans la corne de l'Afrique? D'une irradiation aigüe à Fukushima? De sévices corporels dans les geôles de Bachar El Assad? Ou plus simplement, crever à la tâche ingrate d'un boulot abrutissant et mal payé, en ingurgitant des tonnes d'anxiolytiques et d'antidépresseurs? N'oublions pas non plus que 100% des cancers de l'anus touchent des trous du cul. En avoir un constitue déjà un risque en soi. C'est statistiquement imparable.

     

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    La suite, c'est sur Fureur des vivres...

  • Le goût du risque

    Longtemps considéré comme la "plus saine et hygiénique des boissons", grâce à ce bon Pasteur (qui ne savait pas encore tout le mal que la pasteurisation allait faire aux fromages au lait cru), le vin n'est-il désormais plus cet aliment bénéfique à la santé, recommandé par une partie du corps médical pour sa richesse en polyphénols et autre resvératrol? Il faut croire que non, puisque sa consommation est ramenée à un simple et bête "facteur de risque" de mourir de quelque chose...


    Vivre, avec ou sans fureur, présente indubitablement des risques. C'est un fait avéré. Imparable. Statistique, aussi. Une des dernières études, médiatiquement reprise à tout va par une presse friande d'infos pseudo-sensationnelles, concerne évidemment l'alcool, qui serait à l'origine de 10% des cancers chez l'homme. 10%, vous vous rendez compte? Mourir du cancer n'est plus tendance, il faut s'en préserver. Ne buvons plus d'alcool et encore moins de vin. Mais de quoi aimerait-il bien mourir, alors, l'homme d'aujourd'hui? De famine, quelque part dans la corne de l'Afrique? D'une irradiation aigüe à Fukushima? De sévices corporels dans les geôles de Bachar El Assad? Ou plus simplement, crever à la tâche ingrate d'un boulot abrutissant et mal payé, en ingurgitant des tonnes d'anxiolytiques et d'antidépresseurs? N'oublions pas non plus que 100% des cancers de l'anus touchent des trous du cul. En posséder un constitue déjà un risque en soi. C'est statistiquement imparable.

     

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    L'alcool tue lentement, certes, mais le soldat n'a pas peur de mourir. Nombre de vins ont pourtant des vertus thérapeutiques reconnues parfois depuis l'Antiquité. Si l'on sait de longue date que les vins de Savigny sont "nourrissants, théologiques et morbifuges", c'est à dire parlant autant au corps qu'à l'esprit, on ne savait pas à l'époque, expliquer cette constatation de manière scientifique. On ne savait pas non plus que certains constituants des tanins, ces fameux phénols, étaient pourvoyeurs d'effets bénéfiques, maintenant scientifiquement démontrés, sur le système cardio-vasculaire. Qu'ils diminuaient également le risque de maladie d'Alzheimer. Mais pas celui d'amnésie de Korsakoff, par contre, ce serait plutôt le contraire. Il n'empêche! On s'était déjà rendu compte que le divin breuvage redonnait des couleurs à ceux qui en manquaient, accentuant néanmoins celles de ceux qui en étaient déjà bien pourvus. Que ses effets néfastes sur le foie et le système nerveux ne se révèlaient qu'en cas d'alcoolisation chronique et/ou pathologique. Peut-on alors encore, sans passer pour un dangereux subversif, recommander du Pessac-Léognan blanc, riche en rutoside, pour soulager la crise hémorroïdaire? Est-il autorisé de prescrire une coupe de Champagne, par ailleurs excellent diurétique, pour faciliter la digestion (burp!)? Difficile à l'heure actuelle d'encore abreuver les accouchées valaisannes (d'un peu) d'humagne blanche, pour reconstituer leurs réserves en fer! Et peut-on raisonnablement aller jusqu'à préconiser du Saint-Émilion en lavement aux patients incapables de l'avaler, comme il a été rapporté au 2ème Congrès des Médecins amis des Vins de France, qui s'est tenu à Béziers en 1934? Ce mode d'administration a depuis été définitivement banni par la faculté, mais il serait peut-être urgent de réorganiser à nouveau des congrès de ce type pour défendre les vertus thérapeutiques de nos meilleurs crus. Le vin n'est certes pas qu'un médicament, au sens où l'entend le puissant lobby pharmaceutique, mais une consommation modérée et régulière est source inépuisable de plaisir et de bonne humeur.

    La consommation excessive de vin constitue donc réellement un facteur de risque. Au nom d'un discutable principe de précaution maximum, on voudrait la réduire à néant. Mais si le risque doit avoir le goût épicé du gamay du Beaujolais ou, celui, enivrant, d'un Château Chalon de quelques décennies, alors, il serait définitivement regrettable de ne pas le prendre. Ne cédons pas aux sirènes hygiénistes qui hurlent dans nos oreilles. Un doigt de whisky, une lichette de bière, un soupçon de Porto, une larme de cognac, un verre de bon vin, c'est facilement 10 minutes d'espérance de vie en moins. Et alors? Pour 1 heure de bonheur en plus! C'était combien, déjà, mon espérance de vie, avant que je ne me décide à boire un bon coup?


    Mais, rappelez-moi... Pourquoi vit-on, en fait? Pour mourir en bonne santé ?  Ça donne à réfléchir. Et quel est le sens de tout ça, au final?





     

     

    Olif

     

    P.S.: les prescriptions viniques de cet article sont issues de "Les vertus thérapeutiques du Bordeaux", des Docteurs Tran Ky, F. Drouart, J-M Guilbert, paru aux Éditions Artulen.

     

    P.S.2: On signalera au passage la réédition d'un incroyable ouvrage des années 70, écrit par le Docteur Maury, dont l'histoire ne dit pas s'il était originaire de la vallée de l'Agly.

     

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    P.S.3: on lira également avec bonheur, sur une thématique assez proche, l'éditorial de la Revue du Vin de France de mars 2012, signé Denis Saverot et relayé avec un plaisir non dissimulé par Michel Smith, du blog Les 5 du vin.

  • Le nez dans le Jura vert

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    Vert comme le Jura, bleu comme l'affiche du Jura vert, celui qui a le nez dedans et qui en est fier. 14,6% des vignes du Jura sont en bio, soit plus du double de la moyenne nationale. On n'en attendait pas moins du département réputé le plus vert de France. De là à en faire état et faire salon, il n'y avait qu'un pas...

     

    Dimanche 25 et lundi 26 mars se tiendra la deuxième édition du salon des vignerons bio jurassiens. Au château de Gevingey, dans le Sud-Revermont, au cœur des Côtes du Jura méconnues, qui recèlent pourtant de nombreuses pépites viniques biologiques. Ganevat, Labet, Buronfosse, Champ Divin (ex Champ d'étoiles), Marnes Blanches et plein d'autres, que l'on se réjouit de découvrir (dont le premier millésime d'un certain Kenjiro, bien connu de certains alsaciens). Une sympathique alternance Nord-Sud (la précédente édition a eu lieu en Arbois au Domaine de la Pinte) bienvenue, que les Arboisiens ne bouderont pas, bien au contraire.

     

    Toutes les infos pratiques se trouvent sur le site d'un salon où il fera bon se ressourcer, tandis que d'autres préfèreront pourtant se gaver de gamay dans le Beaujolais, à la Beaujoloise, la Biojolaise ou encore la Beaujol'Art.

     

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    Pendant ce temps, les Grenoblois n'auront pas beaucoup de kilomètres à faire s'ils veulent partir à la rencontre des vins naturels. Leur salon prend du galon et s'installe durablement dans le paysage des endroits où il ferait bon aller, s'il n'y avait tant de concurrence ce week-end-là!

     

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    Bien Boire, en Beaujolais, en Jura ou dans le Dauphiné, ce ne sera pas très difficile, à la fin mars...

     

    Olif

     

    P.S.: Si toi aussi tu veux être bien habillé sur les salons, n'hésite pas à passer commande d'un joli tee-shirt dessiné par Rémy Bousquet pour le Blog d'Olif. Ça débouchonne chez lui, pendant que ça bouchonne à Paris... Au cas où le Blog d'Olif te sorte par les yeux, il y a également plein d'autres beaux modèles.

     

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  • Le vin bio existe (enfin?), je l'ai rencontré!

    C'est le sujet tendance du moment. Depuis que Bruxelles a (enfin?) acté son existence, on ne pourra plus se réfugier derrière un soit-disant problème de terminologie pour réfuter le "vin bio".

     

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    Nouveau logo du "vin bio" européen

     

    Paradoxalement, cette nouvelle, potentiellement réjouissante, laisse dans le même temps dubitatif. La porte est désormais grande ouverte à un vin "bio industriel", réclamé par tous ceux qui ont vu le profit que pouvait engendrer une telle pratique, apte à répondre aux attentes du consommateur, de plus en plus soucieux de manger sain, tout en continuant de remplir son caddie à ras-bord. Bruxelles n'est certainement pas là pour encourager les bonnes pratiques artisanales, il ne faut pas se leurrer. Bruxelles est là pour favoriser la rentabilité économique dans une (relative) transparence, en imposant une charte moyennement restrictive, de la vigne à la cave. Si cela permet une diminution de l'utilisation de produits toxiques pour l'environnement, tant mieux et pourquoi pas? Mais il n'y a cependant pas grand risque que cela change les habitudes de tout ceux qui pratiquaient le bio par conviction depuis longtemps, et dont la charte personnelle, contrôlée par des organismes certificateurs indépendants, est beaucoup plus restrictive.

     

    ...

     

     

    La suite, c'est sur Fureur des vivres, même si une grande partie de ce billet a déjà été publiée ici...

  • Le vin bio existe (enfin?), je l'ai rencontré!

    C'est le sujet tendance du moment. Depuis que Bruxelles a (enfin?) acté son existence, on ne pourra plus se réfugier derrière un soit-disant problème de terminologie pour réfuter le "vin bio".

     

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    Nouveau logo du "vin bio" européen

     

    Paradoxalement, cette nouvelle, potentiellement réjouissante, laisse dans le même temps dubitatif. La porte est désormais grande ouverte à un vin "bio industriel", réclamé par tous ceux qui ont vu le profit que pouvait engendrer une telle pratique, apte à répondre aux attentes du consommateur, de plus en plus soucieux de manger sain, tout en continuant de remplir son caddie à ras-bord. Bruxelles n'est certainement pas là pour encourager les bonnes pratiques artisanales, il ne faut pas se leurrer. Bruxelles est là pour favoriser la rentabilité économique dans une (relative) transparence, en imposant une charte moyennement restrictive, de la vigne à la cave. Si cela permet une diminution de l'utilisation de produits toxiques pour l'environnement, tant mieux et pourquoi pas? Mais il n'y a cependant pas grand risque que cela change les habitudes de tout ceux qui pratiquaient le bio par conviction depuis longtemps, et dont la charte personnelle, contrôlée par des organismes certificateurs indépendants, est beaucoup plus restrictive.

     

    Face au rouleau compresseur d'une pensée vinique unique et bien pensante, il est plus que jamais utile de défendre de vraies valeurs et de revenir aux fondamentaux. Le vin est un produit issu de la fermentation naturelle du raisin, sous contrôle de l'homme, mais nul n'est besoin d'une panoplie de petit chimiste pour en produire du bon. Les néo-vignerons qui s'y essaient, par philosophie et conviction plus que par idéologie, se sentent abandonnés de tous les côtés, bataillant pour l'agrément, parce que leurs vins auraient un profil déroutant pour des palais habitués depuis des décennies à leur dose de sulfites et à des arômes préfabriqués par les méthodes de vinification et les marchands de levures. Le déclassement peut alors être une solution mais n'est pas une fin en soi. Dur de renoncer à ses origines quand on se sent bien ancré dans un lieu et un terroir. Et on se demande également pourquoi, les deux types de vins (bio et non-bio) doivent systématiquement être opposés sans pouvoir cohabiter en bonne intelligence. Pour preuve, les vins d'un Pierre Overnoy, par exemple, qu'aucun dégustateur digne de ce nom ne saurait dénigrer sans se discréditer, tant ils font partie des plus grands, même sans une once de soufre dedans depuis plus de 20 ans. Quoi que puisse en dire à ce sujet, avec insistance dernièrement, Michel Chapoutier, dont on aimerait pouvoir penser autant de bien des siens après autant d'années, malgré leur sulfitage excessif.

    Le vin "naturel", "nature", "vivant", "libre", quelque soit le qualificatif qu'il essaie d'adopter ou que l'on essaie de lui donner, pour exprimer sa différence et son style, sans heurter la sensibilité de vignerons conventionnels qui ne travaillent pas selon cette approche et qui ne veulent pas que soit sous-entendu qu'ils puissent avoir recours à des procédés et/ou des produits technologiques (restons polis), fait de plus en plus d'émules. Même s'il reste encore largement minoritaire. Indispensable alors d'encadrer son élaboration pour un maximum de crédibilité. L'Association des Vins Naturels, émanation d'un groupuscule de vignerons-penseurs (Marcel Lapierre, Pierre Overnoy...) s'est donnée pour mission d'arriver à un idéal: un vin sans intrant chimique, bio-logique et/ou biodynamique, à la vigne comme à la cave. Avec un niveau d'exigences élevé pour tenter de garantir une certaine qualité. On peut faire du vin "nature" sans adhérer à l'AVN, on ne peut pas adhérer à l'AVN si on ne fait pas du vin "naturel". La charte élaborée par les vignerons eux-mêmes se veut de plus en plus restrictive, même si elle n'est garante que de la manière dont le vin a été produit. S'en inspirer ne peut qu'être une bonne chose, s'en réclamer n'est aucunement une obligation. Juste un équivalent de certification qui permet aux vignerons affiliés d'avoir un poids plus important pour affirmer la réalité de leur vin "naturel".

     

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    ©AVN

     

    Le vin "nature", c'est comme le yaourt. Sans ajout d'aucune sorte, et personne n'est obligé d'en boire. Mais quand on y a goûté et que l'on a aimé, il faut reconnaître qu'il est difficile de faire marche arrière. Forcément, il y en a des bons et des moins bons, des plus ou moins réussis, mais rien n'empêche l'amateur ou le professionnel de faire preuve de discernement, sans rejeter en bloc un processus qu'il a du mal à assimiler. À quoi peut bien servir la critique vinique, sinon à ça?

     

    Olif

  • "Bienvenue chez les Ch'tis" font du ski

    vins nature en nord,séclin,

     

    Cela a bien failli être la retraite de Russie à l'Espace Napoléon de Séclin. Il s'en est fallu d'une petite semaine pour que l'indispensable salon Vins nature en Nord ne soit complètement recouvert de neige. Il n'y a guère que les montagnons du Jura que cela aurait pu amuser, en fait, les Ch'tis n'étant pas particulièrement spécialistes du planter de bâton, sauf dans la descente des terrils. La météo devrait être beaucoup plus printanière le week-end du 10 et 11 mars. On l'espère, en tout cas, pour que le salon, organisé à la perfection par les frères Luc et Gilles Carpentier, reste définitivement le Numéro 1, devançant même largement les productions des années 70 de feu Maritie et Gilbert Carpentier.

     

    Tout ça pour dire que Le Blog d'Olif sera présent une nouvelle fois sur le salon, sans raquettes ni skis de fond, et que cette virée en Ch'nord s'annonce riche en belles rencontres, tout comme la précédente édition.

     

    Que les frites et le Maroilles coulent à flots!

     

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    Olif

     

    P.S.: pour ceux qui n'en auraient encore pas pris connaissance, j'ai répondu à un petit questionnaire de Fou de vin sur Fou-rgeot-de-vin.com. À lire ici.

     

    P.S.2: la semaine suivante, les 17 et 18 mars, on prend une partie des mêmes, plus quelques autres, et on recommence. Direction Villebarou, Loir et Cher, pour un salon devenu désormais une institution.

     

    vins nature en nord,séclin

    P.S.3: à moins qu'une virée plus au sud, pour un petit salon printanier, festif et alternatif ne soit au programme...

     

    vins nature en nord,séclin

  • Grand seigneur...

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    "Les blogueurs du vin sont-ils des rigolos?" "Oui!", ont répondu en chœur Pierre Guigui, journaliste au Gault et Millau et moi-même, blogueur en chef du Blog d'Olif, ici présent. Pas pour les mêmes raisons, certes, mais, au moins, on est d'accord. Un entretien croisé réalisé pour Grand Seigneur par Antonin Iommi-Amunategui, le Vindicateur, légèrement coupé et tronqué à la mise en page, mais une version longue est prévue pour bientôt sur Grand Seigneur.com.

     

    Dans Grand Seigneur Numéro 3, on apprend également que Patrick Sébastien ne mange plus de Justin Bridou, mais visiblement un bon sifflard, et qu'il boit du Morgon de Jean Foillard, quand ce n'est pas de l'Yquem. D'ailleurs, ça fait la couv'! Une nouvelle comme ça, il ne faudrait surtout pas passer à côté!

     

    Grand Seigneur, en vente chez tous les bons marchands de journaux qui l'ont encore en vente.

     

     

    Olif

     

  • Google est-il vraiment mon ami?

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    Lorsqu'Eva, la charmante geekette d'Œnos, le blog des vins de Loire mais pas que, m'a demandé si je voulais bien faire un florilège de mes requêtes Google les plus insolites, drôles, inattendues, foireuses même, pour poursuivre la chaîne initiée par Guillaume, séropositif au Morgon, bref, je n'ai pas su lui dire non. On ne peut rien refuser à Eva plus de 30 secondes. Sinon, t'es mort. Hacké dans la minute qui suit.

     

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    Alors oui, j'en ai, des petites crottes dans mon jardin et des requêtes Google un peu barges. Des pas tristes, des bien sales, des graveleuses, des scato, des bizarres, des étranges, certaines que je n'arrive toujours pas à comprendre. Ça m'apprendra à jouer sur les mots et les fines allusions sexuelles, parfois. Il n'est généralement pas difficile de deviner la raison pour laquelle les internautes arrivent sur le blog en fonction du mot-clé tapé dans Google, il est parfois plus complexe d'appréhender les réelles motivations de la requête du Googueulonaute..

     

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    Parmi les recherches actuelles les moins surprenantes: Philippe Bornard. Le viticulteur jurassien est plutôt bien référencé sur Le Blog d'Olif, donc jusque là, tout va bien. Ce qui est moins habituel, c'est une déferlante de recherches avec le même item, plus d'une cinquantaine en moins d'une heure, un soir de semaine, à partir de 22 heures. En affinant les statistiques, on réalise vite que le profil-type de l'internaute, ce soir-là, était une blonde de 30 ans, à forte poitrine, et à la recherche de l'amour dans un pré.

     

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    Une qui n'en finit pas de m'étonner par sa récurrence, c'est "état de grasse". J'ai bien titré un de mes billets comme ça, par boutade et amour du calembour, même le plus éculé, mais que des dizaines de personnes engagent régulièrement une recherche là-dessus m'interpelle un peu. Qu'est-ce que ça peut bien cacher, en dehors d'un petit problème orthographique?

     

    La majorité des recherches portent sur le blog en lui-même, ce qui n'a rien de surprenant. "Blog olif" en tête, évidemment, décliné parfois à toutes les sauces, y compris au yaourt (mais nature, évidemment): "blog olliff", "blog olaf", "blog pas con", "blog yaourt"...


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    Pas bien compris "altitude bethléem" et "apparition jesus", si ce n'est celui en culotte de velours, à moins qu'il n'habite Morteau, finalement?

    Celui qui cherchait à intégrer les "alcooliques anonymes megeve" a fait fausse route et a du s'étrangler avec son dernier verre. Pas celui qui suit, j'espère, parce que je me suis tapé une cinquantaine de pages Google hardcore avec l'item "dégustation sperme" pour comprendre comment cela avait pu aboutir sur mon blog et je m'interroge encore. C'est un peu bourratif, je suis rassasié et je n'encourage personne à essayer!


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    Le "ça me scie la banane" me l'a un peu sciée, la banane aussi, heureusement qu'il me restait un peu de viagra naturel pour surmonter le choc.


    Les plus énigmatiques recherches resteront cependant "affiches françaises domaines vinicoicoi", "couer flouer couer main noir" et surtout "بس ماكل شلوط". Si quelqu'un trouve une explication...

     

    À croire que ça ne parle presque plus de vin, sur le Blog d'Olif... On va essayer d'y remédier tout bientôt, alors.

     

    Sur ce,  كنت في الاستوديو

     

    Olif


    P.S.: pour ne pas être condamné à apprendre par cœur l'annuaire Google des meilleurs producteurs de chouchen breton et le réciter en arabe tous les matins après mon petit déjeuner (et ce, jusqu'à la fin de mes jours), il faut que je poc (poque? poke? pauc?) quelqu'un et passe le relais. Le Monomaniaquement Alsace va-t-il enfin pouvoir nous éclairer sur ses requêtes les plus étranges, entre Baeckeoffe, Praelatenberg, Gloeckelberg ou encore Choucroute-saucisse? J'en ai bien peur. S'il le veut bien, évidemment, je ne force personne. Mais alors, s'il refuse, que la malédiction s'abatte sur lui!

  • Petit lexique de savoir-boire à l'usage des agueusiques, des geeks et des non-comprenants

     

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    Ce petit lexique de savoir boire est probablement aussi superflu qu'un dictionnaire destiné à l'élite et aux bien nantis. Mais il ravira sans aucun doute tous ceux qui ont perdu l'usage de leurs papilles ou de leur cerveau, ainsi que ceux qui suivent, de près ou de loin, les gesticulations du petit monde du vin sur l'internet. Les costumes sont en tweed et les décors sont de Roger Hart Desproges (les photos ont été prises lors de sa tournée d'adieu).


    A


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    Variations autour de la première lettre de l'alphabet

     

    A: première lettre de l'alphabet, parfois privative.


    AB: logo de couleur verte qui récompense les produits biologiques dont le vin. Assez bien à la vigne, mais peut mieux faire à la cave (voir Agriculture Biologique).

     

    ABM: initiales du petit photographiste de la bande à celui dont il ne faut pas prononcer le nom (voir MB). Par déformation professionnelle, quand il s'exprime avec des lettres, essentiellement sur Facebook ou dans les commentaires de blogs amis, il n'est jamais avare de bons clichés.


    Agueusie: qui n'a plus goût à rien, même au vin ou à la gueuze.


    Agriculture Biologique: mode de culture agricole plutôt logique, du moment qu'il est bio. Pouvait s'appliquer à la viticulture jusqu'en 2012, mais Bruxelles l'a envoyé dans les choux. On peut toujours le faire, c'est même souhaitable, on ne pourra plus le signifier par un petit logo sur une bouteille de vin (voir AB).

     

    AVN: association des vins naturels, si tant est que cela existe (voir Vin "naturel").

     

    B

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    Colporteur tentant vainement de vendre un exemplaire du B&D en braille à un amateur de vins sourd et muet.

     

     

    B&D: la Bible.


    Berthomeau et Cie: un espace de liberté, parmi les tout premiers à s'être créés sur l'Internet du vin, animé quotidiennement par un grognard de la République, comme il aime à se définir lui-même. Érudit, généreux, fourmillant de références, le blog à savourer tous les matins, confortablement installé sur son divan, avec deux ou trois cafés et quelques croissants.

     

    Bicéphale buveur: blog amateur initialement à deux têtes, désormais le plus souvent doté d'une seule bouche et d'un seul cerveau. Personne n'a vu la différence. Même s'il boit toujours autant, le Bicéphale a du mal à écrire la bouche pleine et se fait de plus en plus rare sur la toile.

     

    Biocon: con biologique, ne se reproduisant que dans un milieu exempt de round-up et de sulfites.

     

    Blog: contraction de Weblog. Journal écrit publié sur internet, d'inspirations diverses et variées. Un peu comme un Vlog, sauf que ce n'est pas vidéo (voir Vlog).


    Bloglouglou (ou bloglouglousphère): l'antique, la seule, l'unique. Contraction de blogosphère et glouglou, elle représente la sphère préhistorique des blogueurs du vin sur internet, qui ne se prenaient pas encore trop au sérieux. Certains dinosaures sont toujours là, mais beaucoup de nouveaux venus trouvent ce nom énervant et ridicule. Ils n'avaient qu'à être là avant, tiens! Car ils n'appartiennent désormais qu'à la bien trop coincée "Blogosphère du vin", où ça ne rigole malheureusement pas tous les jours.

     

    Blogomiam: ancêtre de la blogosphère culinaire. Un espace où l'on pouvait popoter sans se prendre au sérieux et proposer des recettes top slurp (voir Top Slurp). Désormais, véritable foire d'empoigne et course à l'armement culinaire ou au billet sponsorisé.

     

    Blog vigneron: se dit d'un blog tenu par un vigneron (ou assimilé), qui s'emmerde entre deux coups de pioche ou de sécateur et qui se prend à réfléchir à sa condition. Un phénomène né en Champagne (voir Tarlant), qui a gagné le Beaujolais avant de s'étendre au Sud-Ouest et un peu partout dans le monde. Les meilleurs blogs vignerons ne sont pas toujours écrits par ceux qui font les meilleurs vins, mais il y a des exceptions notables, notamment en Beaujolais ou dans le Sud-Ouest, justement. On ne les citera pas, de peur qu'ils n'attrapent la grosse tête et arrêtent de faire du vin pour se consacrer exclusivement à l'écriture.

     

    Bon vivant: se dit d'un blogueur amateur de jeux vidéo, dont la seule raison de vivre est d'écraser tous les autres pour obtenir la première place au classement mensuel des blogs vins (voir Wikio). Fait partie de la garde rapprochée de celui dont on ne doit pas prononcer le nom (voir MB).

     

    Bu sur le web: florilège de capsules (voir Capsule) québecoises sur le vin, qui donnent soif et envie, présentées par une blonde québecoise manucurée, qui donne aussi soif et envie.

     

    C

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    La belle Aurélia de Bu sur le web tentant de décapsuler une bouteille de bière avec sa queue de cheval.


    Capsule: en québecois, séquence vidéo sur le web que l'on peut regarder sans décapsuleur.


    Chapelle(s): édifice(s) religieux cloisonnant le monde du vin, généralement habité(s) par des bobos écolos gauchos gavés de vins "nature" et/ou "biologiques", qui ne font rien qu'à dire du mal de celui dont on ne doit pas prononcer le nom (voir MB) et de ses amis qui vivent plutôt dans des cathédrales, eux.

     

    Chroniques vineuses: blog d'un journaliste français à la sauce belge, cherchant la vérité dans le vin à l'aide d'une frite trempée dans le potage. Un espace de liberté indépendant et clairvoyant, jamais aussi bon que quand il essaie de refaire le monde viti-vinicole à lui tout seul.


    Climat: le temps qu'il fait, sauf en Bourgogne.

     

    Coteaux Bourguignons: nouvelle appellation de vins bourguignons ordinaires. Sans rien de grand.

     

    E


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    Emmanuel Delmas, sommelier, apportant un éclairage intéressant sur un caviste pendant une panne d'électricité.

     

    Éclairagiste: fonction accessoire et supplémentaire du sommelier-blogueur quand il apporte la lumière sur un sujet au service du vin.


    Escapades: virées gastronomiques en pataugas sur le littoral breton.

     

    G

     

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    Lecteur du Monde abasourdi par la descente sonore et bruyante de la Miss éponyme.


    Glouglou: bruit que fait une célèbre Miss journaliste quand elle descend une bouteille d'une seule traite.

     

    Glougueule: site des hommes de glou et usine à ticheurtes haute couture pour gens bien sous tous rapports.

     

    J

    Jura: massif montagneux et département immatriculé 39, de couleur plutôt verte. Par ailleurs, bouteille spécifique de forme un peu particulière, destinée à accueillir du vin du Jura, quelque soit sa couleur, sauf jaune.

     

    L

    La Pipette aux quatre vins: blog non siliconé, membre de l'antique Bloglouglou. Un des secrets les mieux gardés de la blogosphère, mais que tous les amateurs avisés connaissent depuis longtemps.

     

    Le Blog d'Olif: blog régional tellement bien que vous êtes même en train de le lire.


    Lutte raisonnée: mode cultural qui a ses raisons. Avec un effort raisonnable, il devrait logiquement évoluer vers le bio (voir Agriculture biologique).

     

    M

     

    MB: initiales de celui dont on ne doit pas parler, surtout si c'est pour en dire du mal ou ne pas être d'accord avec lui, sous peine d'être attaqué par une horde de morts-bons vivants assoiffés de vins soufrés. Meilleur dégustateur du monde, inventeur du vin biologique et précurseur du vin "naturel", si l'on en croit certains de ses dires, ce n'est pas la moitié d'un biocon.


    Monomaniac: passionné, authentique, excessif et exclusif, partagé entre la Belgique et la Suisse allemande, ayant fini par jeter son dévolu à mi-chemin, sur l'Alsace, essentiellement par goût du pétrole. Émir raté, il milite activement pour la vente de riesling dans toutes les bonnes pharmacies, dans un souci de santé publique.

     

    Morgon: liquide rouge et incoagulable qui coule parfois dans les veines des amateurs de bons gamays du Beaujolais.

     

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    Eva Robineau, du blog Œnos, descendant la Loire à bord de sa Land Rover (voir Wine Blog Trophy)

     

    Œnos: blog bisounours sur les vins de Loire, mais pas que. Blog de geek sur les vins "nature", mais pas que. Blog aux longues jambes et aux ongles vernis, mais pas que. Surtout un blog inspiré sur le vin, par la plus merveilleuse des geekettes amatrices de vin "nature" de Loire. Personne n'est capable de résister à une sollicitation d'Eva plus de 30 secondes, montre en main. Ceci dit en tout bien tout honneur, car son fiancé veille au grain.

     

    Ouillage: opération qui consiste à remplir, scrupuleusement et sans se faire mal, les fûts de vin pendant leur élevage, pour éviter qu'ils ne prennent l'air. L'absence d'ouillage aboutit à la formation du voile, dont le port est autorisé en public à l'intérieur des caves jurassiennes.

     

    P

    Parker: célèbre dégustateur américain, Robert de son prénom. Avocat des vins crémeux, extraits, concentrés, boisés et toastés, il a beaucoup œuvré pour l'augmentation des prix du vin de Bordeaux. La parole est désormais à l'accusation.


    Ploussard: cépage autochtone jurassien, vénéré à Pupillin. Appelé également Poulsard (voir Poulsard) dans d'autres coins du Jura. L'important, c'est d'en boire.


    Poulsard: cépage autochtone jurassien, vénéré dans tout le Jura sauf à Pupillin, où on lui préfère le Ploussard (voir Ploussard). L'important, c'est d'en boire.


    Poivron: arôme pas très franc du jus de breton pas mûr, honni par certains randonneurs bretons (voir Escapades).


    R


    REVEVIN:Saint-Glou vendéenne (voir Saint-Glou), qui réunit au printemps, sous l'égide de La Pipette aux quatre vins, la fine fleur de la Bloglouglou. Affectueusement surnommée l'Ascension du Pays de Monts, puisqu'elle se déroule lors du pont de l'Ascension à Saint-Jean de Monts.


    S


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    Canonisation de Glou, patron des buveurs.


    Saint-Glou:  tournante où l'on regarde sous les robes des quilles et au cours de laquelle on canonise le patron des buveurs.


    Savagnin: cépage jurassien spécifique qui se consomme dans presque tous ses états. Oublié pendant 6 ans dans une barrique, il est capable de virer au jaune (voir Vin Jaune).

     

    Soufre: intrant œnologique et satanique volontiers rajouté au vin à différents moments du processus de vinification. Quand il n'y en a pas assez, c'est la porte ouverte aux commentaires de casse-pieds. Quand il y en a trop, c'est la tête qui souffre (voir Souffre).

     

    Souffre: souvent pris pour le précédent, la faute à une orthographe approximative. Quand il est correctement écrit, peut également signifier la douleur occasionnée à la tête suite à un abus de soufre (voir Soufre).

     

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    La famille Tarlant en plein brainstorming, à la recherche des méthodes de communication du XXIIème siècle en matière de vin.


    Tarlant: domaine champenois familial précurseur de tout ce qui s'est fait sur le web en matière de communication, grâce à la nouvelle génération, Benoit et Mélanie. Blogueurs en premier, vlogueurs avant l'heure, facebookers par anticipation, twittos acharnés, ils réfléchissent actuellement à la suite à donner à leur web-communication anticipatoire. Peut-être le silence radio complet, va savoir!


    Terroir: gros mot, avec plus ou moins de choses dedans. Le monde entier nous l'envie, mais personne n'a encore réussi à se mettre d'accord sur ce que c'était exactement.

     

    Top Slurp avec Estèbe: genevoiserie culinaire en légère voie de disparition, par lassitude de son auteur, mais qui offre encore de petits sursauts slurpiques par intermittence. Inventeur supputé de termes injustement controversés, comme Bloglouglou (voir Bloglouglou) et Blogomiam (voir Blogomiam).

     

    Tupperwine: réunion d'amateurs parisiens dans laquelle on goûte du vin dans des gobelets en plastique.

     

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    Fabricant de vinaigre ayant raté sa récolte et produit un vin "naturel" tout à fait acceptable, cherchant à raconter des salades à Maître Lesieur.


    Vinaigre:  vin qui a mal tourné et raconte des salades.


    Vin: vinaigre non abouti.


    Vin jaune: vin du Jura issu du seul cépage savagnin, élevé sous voile de levures, qu'il faut attendre de pied ferme pendant plus de 6 ans avant de pouvoir le goûter. Son caractère si particulier arrache parfois un rictus jaune au néophyte, lors de la première gorgée.


    Vin "libre": vin libéré d'un certain nombre de contraintes œnologiques, lui conférant un caractère "nature", "naturel" ou "vivant". Voir Vin "nature", Vin "naturel" et Vin "vivant".

     

    Vin "nature": vin non aromatisé, comme le yaourt. Synonyme de "naturel", "libre", "vivant", quand on parle de vin. Les guillemets sont de rigueur, pour essayer de froisser le moins possible ceux qui ont une autre vision du vin, un peu moins "naturelle", "libre" ou "vivante", ou ceux qui n'aiment pas que ce terme soit confisqué abusivement, parce que le vin, finalement, ça n'a rien de naturel, sinon c'est du vinaigre.

     

    Vin "naturel": vin sans intrant chimique, à la vigne comme à la cave. Il parait que ce n'est pas possible. Et que le vin, ce n'est pas naturel. C'est avant tout le nom, qui gêne. Ensuite, c'est le vin. Et puis les vignerons qui le font, aussi, un peu. Synonyme de "nature", "libre", "vivant".

     

    Vin sans soufre: boisson fermentée mal protégée lors de la vinification, mais qui se boit néanmoins dans un verre, sans finir sa vie dans une salade (voir Vin et Vinaigre).

     

    Vin "vivant": vin qui bouge encore, une fois en bouteille. "Nature", "naturel" et "libre", on peut l'apprécier partout où il y a de la vie, notamment dans les anciennes oiselleries du Xème arrondissement, sauf si l'on n'est pas un vrai bon vivant.

     

    Vindicateur: métaguide sur le vin qui n'hésite pas à mettre un poing dans la métagueule de l'œnologiquement bien-pensant. Un site suffisamment vindicatif et gênant pour être hacké à l'occasion, mais Vindicator, c'est le plus fort.

     

    Vlog: contraction de vidéo-blog. ça ressemble à un blog (voir Blog), sauf que le contenu est vidéo.

     

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    Wikio: feu le premier classement des blogs, selon des critères abscons, connus des seuls organisateurs. Désormais appelé Ebuzzing, c'est une source inépuisable de buzz, dans la blogosphère Vins, quand le bon vivant (voir Bon vivant) y gagne une ou deux places. 

     

    Wine Blog Trophy: genre de trophée dans lequel on a remplacé les Camel par des blogs sur le vin, les Land Rover par rien du tout et l'Amazone par les bords de Loire.

     


    Olif

     

    P.S.: ce n'est qu'un début et un premier jet, j'en ai bien peur.

  • Coupe du Mont d'Or de combiné gastronomique

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    Un chef étoilé, parfaitement secondé par sa moitié, un ancien arbitre international, une ex-sportive de haut niveau, venue à deux, normal pour une biathlète, un journaliste écrivain, ne cédant que rarement à la panique, le président du syndicat du Mont d'Or, ben oui, quand même, 5 blogueur(euse)s, âprement présélectionnés, et moi et moi et moi...

     

    Désormais épreuve reine de la saison fromagère comtoise d'hiver, le combiné gastronomique se joue en deux temps, trois mouvements et cinq participants. Un concours de recettes mis en place par le syndicat interprofessionnel du Mont d'Or pour valoriser ce noble produit du terroir franc-comtois, de plus en plus consommé sous forme de boite chaude, ce qui est pourtant loin d'être mauvais. Il s'agissait là de démontrer que ce fromage pouvait figurer à titre d'ingrédient culinaire à part entière dans des recettes inventives et créatives. Ils furent une trentaine de blogueurs de la sphère culinaire à tenter le grand saut, seuls les 5 premiers au tremplin furent retenus pour la suite de la compétition. Venus de la France entière, et même de Belgique ou du Berry central, les compétiteurs ont vécu une rude et endurante journée.

     

    marc faivre,le bon accueil,malbuisson,mont d'or,

     

    La première difficulté est apparue lors du tout premier ravitaillement, à l'auberge du Bon accueil, chez Marc Faivre, où se déroulait l'épreuve: ne pas se laisser gagner par le découragement après n'avoir fait qu'une bouchée (trois en tout) de ses pommes de terre fourrées au Mont d'Or.

     

    marc faivre,le bon accueil,malbuisson,mont d'or,

    Et puis, après le Chef, ce fut l'heure pour les participants de passer en cuisine. 5 blogueurs culinaires dans la cuisine d'un pro, inutile de dire qu'ils s'en sont donnés à cœur joie. Et ils ont mis un beau bazar. Avant de tout ranger, avec fair-play.

    Le coup de sifflet initial fut donné par Michel Vautrot, jamais avare d'une anecdote sur son exceptionnelle carrière, mais mieux vaut éviter de parler vidéo-arbitrage quand on est pressés. Le seul carton de Jaune fut pour Mamina, elle en avait besoin pour sa recette. La rencontre, qui s'est déroulée dans un excellent état d'esprit, dura une bonne partie de l'après-midi. Depuis la tribune d'honneur, ce fut un bonheur de les voir s'agiter, cuisiner, papoter et popoter. Au coup de sifflet final, les juristes sont passés à table, pour un 4 heures d'anthologie, genre dînette d'exception. Les 5 plats se sont succédés et, de façon improvisée, aurait pu constituer un repas complet "tout Mont d'Or". Sans fromage avant le dessert, toutefois. Pour les recettes détaillées originelles, il faut cliquer sur les photos.

     

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    C'est parti!

     

    Feuilletés de Montbéliard au Mont d'Or

    par Isa-Marie, de Grelinette et cassolettes

     

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    Gros macaroni farci de topinambour, Mornay Mont d'Or, crème de savagnin par Tiuscha, de Saveur-Passion

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    Petit voyage au pays où nait le Mont d'Or et Risotto très crémeux au… Mont d'Or forcément… par Dorian, pourquoi est-ce qu'il nous raconte ça, d'ailleurs?

     

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    Eclairs à la crème de Mont d'Or au vin jaune et crumble de noix par Mamina, il ne manquerait plus que ce ne soit pas bon!

     

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    Millefeuilles de crème de Mont d'Or et de poire - senteurs de sapin par Philou, Cuisinier chez vous, mais du côté de Liège

     

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    Après avoir bien goûté délibéré, surtout le Jury, tout le monde s'est retrouvé au pied du tremplin de Chaux-Neuve. En cas d'égalité, une ultime épreuve de saut à skis était prévue pour départager les ex-æquos. Si le match fut serré, il n'y eut pourtant pas besoin d'y recourir. Dommage? La remise des prix se déroula dans cette ambiance sportive, avant les épreuves officielles de Combiné Nordique qui avaient lieu le lendemain.

     

    marc faivre,le bon accueil,malbuisson,mont d'or,

     

    Ayant vaincu le signe indien et le syndrome de Poulidor qui la poursuivait dans les concours de cuisine, Mamina l'emporta d'une courte tête, pour le goût exceptionnel de la crème de Mont d'Or au vin jaune qui est venu farcir ses petits éclairs. Un trophée bien mérité pour cette grande cuisinière qui ne manque jamais de mettre le vin à l'honneur dans ses recettes (souvenez-vous...) et qui a confessé pouvoir sombrer dans l'addiction par amour du Vin Jaune.

    Une belle journée, sous le signe du bon accueil, de la rencontre, du Mont d'Or et du Combiné Nordique, ça valait bien un bel article dans l'Est Républicain du dimanche...

     

    marc faivre,le bon accueil,malbuisson,mont d'or,

     

    Olif

  • Le yaourt nature (quand il est bon)

     

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    Encore et toujours la même rengaine, le même ferment, pas du tout lactique, qui incite au débat contradictoire, aux avis divergents, aux querelles de clochers, aux engueulades et autres rodomontades, quand il ne se termine pas en véritable croisade. On voit bien, plus par curiosité que par conviction, que la conversion titille certains dégustateurs, qui aimeraient bien comprendre pourquoi le "nature" rencontre un tel succès auprès des vignerons et d'une frange d'amateurs réputés avisés autant qu'éclairés. Mais, finalement, pas si simple d'abjurer sa foi et renier un long passé idolâtre. Ceux qui reprochent à certains acteurs du monde du vin de se réfugier dans leurs chapelles respectives habitent en fait dans des cathédrales auxquelles il vaut mieux ne pas s'attaquer, au risque de passer pour un hérétique. Pape, ayatollah, fanatique, sectariste, la métaphore religieuse inspire pour qualifier les impies. Le Petit Jésus en culotte de velours aseptisé a encore de beaux jours devant lui, avec la clique à Monseigneur Michou, son bedeau et ses dévôts. Manquerait plus qu'un nonce photographiste, tiens! Finies les questions existentielles sur le vin de messe à servir aux ouailles, tout est écrit dans la Bible. Suivez LE Guide, comme de bons enfants de chœur.

     

    Oui mais..., non merci.

     

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    Clichés Chapelle Notre-Dame de Bon Secours 25300 Sainte-Colombe ©Olif

     

    Face au rouleau compresseur d'une pensée vinique unique et bien pensante, qui cherche à régner en maître sur le monde du vin, pour laquelle il semblerait qu'il n'y ait point de salut biodynamique à moins de 250€ la quille bourguignonne de référence, et qui ne s'aventure qu'exceptionnellement hors des sentiers archi-rebattus du vin conventionnel ou alors pour encenser du pseudo vin "nature" tendance marketing, il est plus que jamais utile de défendre de vraies valeurs et de revenir aux fondamentaux. Le vin est un produit naturel, certes créé par l'homme, mais nul n'est besoin d'une panoplie de petit chimiste pour en produire du bon. Les néo-vignerons qui s'y essaient, par philosophie et conviction plus que par idéologie, se sentent abandonnés de tous les côtés, bataillant pour l'agrément, parce que leurs vins auraient un profil déroutant pour des palais habitués depuis des décennies à leur dose de sulfites et à des arômes préfabriqués par les méthodes de vinification et les marchands de levures. Le déclassement peut alors être une solution mais n'est pas une fin en soi. Dur de renoncer à ses origines quand on se sent bien ancré dans un lieu et un terroir. Et on se demande vraiment pourquoi, dans le sillage d'Antonin, le Vindicateur, revenu du purgatoire du grand vide cybernétique, les deux styles de vins doivent systématiquement être opposés sans pouvoir cohabiter en bonne intelligence. Pour preuve, les vins d'un Pierre Overnoy, par exemple, qu'aucun dégustateur digne de ce nom, quelle que soit sa chapelle ou sa cathédrale, n'oserait dénigrer ou négliger, tant ils font partie des plus grands, même sans une once de soufre dedans depuis plus de 20 ans.

    Le vin "naturel", "nature", "vivant", "libre", quelque soit le qualificatif qu'il essaie d'adopter ou que l'on essaie de lui donner pour exprimer son style sans heurter la sensibilité de vignerons conventionnels qui ne travaillent pas selon cette approche et qui ne veulent pas que soit sous-entendu qu'ils puissent avoir recours à des procédés et/ou des produits technologiques (restons polis), fait de plus en plus d'émules. Même s'il reste encore largement minoritaire. Indispensable alors d'encadrer son élaboration pour un maximum de crédibilité. L'Association des Vins Naturels, émanation d'un groupuscule de vignerons-penseurs (Marcel Lapierre, Pierre Overnoy...) s'est donnée pour mission d'arriver à un idéal: un vin sans intrant chimique, bio-logique et/ou dynamique à la vigne comme à la cave. Avec un niveau d'exigences élevé pour tenter de garantir une certaine qualité. On peut faire du vin "nature" sans adhérer à l'AVN, on ne peut pas adhérer à l'AVN si on ne fait pas du vin "naturel". La charte élaborée par les vignerons eux-mêmes se veut de plus en plus restrictive, même si elle n'est garante que de la manière dont le vin a été produit. S'en inspirer ne peut qu'être une bonne chose, s'en réclamer n'est aucunement une obligation. Juste un équivalent de certification qui permet aux vignerons affiliés d'avoir un poids plus important pour affirmer la réalité de leur vin "naturel".

     

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    ©AVN

     

    Le vin "nature", évidemment, personne n'est obligé d'en boire. Mais quand on y a goûté et que l'on a aimé, il faut reconnaître qu'il est difficile de faire marche arrière. Forcément, il y en a des bons et des moins bons, des plus ou moins réussis, mais rien n'empêche l'amateur ou le professionnel de faire preuve de discernement, sans rejeter en bloc un processus qu'il a du mal à assimiler. Ça sert à quoi, la critique, sinon?

     

     

    Olif

     

    P.S.: "Non, pas lui!", entends-je déjà dans le rang des cancres du fond. Si, lui!

     

    P.S.2: s'ils veulent vraiment appréhender le "nature", les cancres du fond feraient mieux de se cantonner au yaourt, c'est là qu'ils pédalent le mieux. Je pense qu'ils se reconnaîtront.

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    P.S.3: côté vins bio et/ou "nature", pour des travaux pratiques d'envergure, en cette fin de mois de janvier, il faudra opérer un mouvement de téléportation dans le Sud, avec tout d'abord les 2èmes Rencontres pour l'Agroécologie, les 21 et 22 janvier, au Domaine de Sulauze si tu l'oses, suivi de peu par le 19ème Millésime Bio, au Parc des Expositions de Montpellier, du23 au 25 janvier.

     

    À partir du 28, c'est dans la Loire que tout va se passer, avec une émanation de Renaissance des Appellations aux Greniers Saint-Jean, suivie de près par le salon des Pénitents initié par la bande à René Mosse et l'incontournable Dive Bouteille dans les caves troglodytiques du Château de Brézé. Et enfin, le Salon des vignerons bio de Loire, également aux Greniers Saint-Jean.

     

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     Des infos plus détaillées sur la Pipette

     

     

    P.S.4: moi, mon vin "nature", je ne le laisserais pour rien au monde aux étourneaux. L'anti-Marionnet par excellence, en toute courtoisie, le vin nature de référence ne serait-il pas cette Cuvée des Étourneaux de Claude Courtois? Millésime 2002, lot 5, du gamay pur jus avec un gros coefficient de torchabilité.

     

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    P.S.5: ben voilà, pas mieux, comme illustration sonore!

     

  • Hacker sans cœur vs Vindicateur ...

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    Hacker vaillant, rien d'impossible, parait-il. Depuis deux jours, Vindicateur, le métaguide qui gratte là où ça démange, est aux abonnés absents. Son serveur dédié a implosé sous les coups de butoir d'un geek tâcheron, formé aux opérations commando et à la guerre informatique chirurgicale. Vindicateur spécifiquement visé, voudrait-on l'empêcher de triompher au prochain Wine Blog Trophy? Espère-t-on museler ainsi le provocateur délibéré qu'est Antonin Iommi-Amunategui, dont le nom est aussi difficile à écrire qu'à prononcer, pour quelqu'un qui ne serait ni basque, ni chilien, ni chien fou, ni parisien? Antonin Iommi n'a pas que des amis, c'est une évidence, et ce n'est pas William Fèvre ni sa copine Marine qui diront le contraire. J'espère que tous ces gens-là ont un bon alibi. AIA, pour faire encore plus court et pratique, n'a pas sa plume dans sa poche et compte bien continuer à la ramener, au mépris de tous ses détracteurs, même les plus fumeux, y compris Massey-Ferguson.

     

     

    En gros, le message d'Antonin à l'intention de ses ennemis fourbes et invisibles est on ne peut plus clair:

     

    "#%'è"2ç^^$<* de pirate !"


    Auquel on peut rajouter, sans vergogne et de ma part Image 1.png:

     

     

    ou encore:

     

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    De biens beaux jurons dessinés empruntés à Franquin et Uderzo et qui transcrivent tout à fait le fond de la pensée de tous les internautes orphelins du Vindicateur depuis déjà 48 heures et qui peinent encore à s'en remettre.

     

    Que l'on se rassure, Vindicateur n'est pas mort, Antonin banderille encore, tel un jeune taureau lâché dans l'arène, prêt à en découdre avec tous les empêcheurs de vindiquer en rond.

     

    Olif

     

    P.S.: grillé sur le fil par un pro de l'info et du Morgon, mais il n'y a pas à rougir! On est tous solidaires.

  • La 61ème recette...

    Après deux romans-pochades fleurant bon le terroir (Panique à la fromagerie et Panique dans les vignes du Jura, aux Éditions Cabédita), Jean-Claude Barbeaux n'a pas paniqué et il nous revient en grande forme pour un précieux petit opus relatant 60 recettes pour 60 vins du Jura, publié aux Éditions du Belvédère, une maison d'édition franco-suisse avec vue.

     

    jean-claude barbeaux,jura,arbois,camille loye

     

    Un ouvrage doublement précieux, puisque, après un joli texte sur "la multiplication des vins du Jura", remarquable synthèse actualisée en 30 pages sur la viticulture et le vin jurassiens, 17 chefs soigneusement sélectionnés proposent 60 recettes à accorder avec 60 vins du Jura. Des grands chefs étoilés (Jean-Paul Jeunet, Pierre Basso-Moro, Romuald Fassenet,...), le meilleur chocolatier du Cosmos (Édouard Hirsinger), d'excellentes adresses (La Balance, Le Grapiot,...) et de très beaux endroits, moins clinquants mais tout aussi claquants et recommandables (Les Claquets). Un panorama de la gastronomie jurassienne avec des accords somptueux sur des vins de Stéphane Tissot, Fanfan Ganevat, Emmanuel Houillon, L'Octavin, Julien Maréchal, Jean-Claude Crédoz, Catherine Hannoun, Alain Labet, Philippe Bornard, Michel Gahier, La Tournelle, Étienne Thiébaud,... Largement de quoi se sustenter et s'abreuver. Mais pourquoi en faut-il toujours plus? Oui, pourquoi?

     

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    C'est un peu l'équivalent du 13ème coup de minuit, du 8ème mercenaire, du 4ème mousquetaire, du bouillon de 12 heures. Où est-elle donc, cette 61ème recette? Et le 61ème vin, par la même occasion? Tenue aussi cachée et secrète qu'un bonus de CD, tous les lecteurs du Blog d'Olif vont en avoir la primeur et l'exclusivité. Si Jean-Claude Barbeaux avait fait de son ouvrage un roman de terroir, on aurait pu l'appeler "Panique à la cuisine". Parce qu'à la limite, c'est vrai qu'une recette pareille, ça fait peur. Un plat qui a déjà soulevé des haut-le-cœur à bien du monde, mais il fallait le refaire, dans une version épurée, pour le rendre accessible à tous. Huîtres décoquillées, cancoillotte chaude, 2 minutes sous le gril et c'est tout. À la portée du premier ostréicancoillophile venu. Un régal, avec le vin qui va bien. Par exemple, un Arbois Saint-Paul 1987 de Camille Loye, où l'oxydation ménagée avec un grand A, ou un grand O, où tout ce qu'on veut, à partir du moment où c'est grand. Encore juvénile il y a quelques années, il entame désormais sa phase de plénitude, avec de l'enrobage sur sa belle acidité. Miel et épices au firmament, puissance et longueur, pour encore de belles et longues années.

     

    jean-claude barbeaux,jura,arbois,camille loye

     

    Ceux qui n'aiment ni les huîtres, ni la cancoillotte, pourront s'arrêter de compter à 60 et aisément se contenter de la lecture du livre de Jean-Claude Barbeaux, disponible dans toutes les bonnes épiceries, les bons restaurants et les bonnes librairies franc-comtoises ou dans n'importe autre endroit où l'on vend des beaux et bons livres, même sur le Web. Un cadeau indispensable pour la nouvelle année, je dirais. Que je souhaite belle et bonne à toutes et à tous par la même occasion.

     

     

    Olif

     

    P.S.: pour une 62ème recette, celle du coq au vin jaune et morilles, on se plongera avec délectation dans le blog illustré de Guillaume Long.

  • La parole de Pierre

    Cette parole-là, elle se lit, elle s'écoute, elle se boit. Fruit de 14 entretiens avec Pierre Overnoy, réalisés par Michel Campy, cette parole est devenue un livre et ce livre est une bible sans soufre ajouté. Avec la complicité de Roger Gibey, Bernard Amiens, Michel Converset et Emmanuel Houillon, cette transmission écrite d'un récit oral raconte le parcours d'une figure hors norme du vignoble jurassien. Homme d'une grande modestie, vigneron exemplaire, "vieux garçon" comme il aime à le souligner d'un regard malicieux, Pierre Overnoy a pourtant eu de multiples enfants spirituels, s'inspirant de son approche du vin et de la vigne. Lui-même disciple de Jules Chauvet, ami avec le grand dégustateur Jacques Néauport, co-fondateur du "groupe des vins naturels" avec les vignerons du Beaujolais, Marcel Lapierre en tête, "le Pierre", comme on dit dans le Jura, aura plus fait pour le rayonnement du vignoble jurassien et de la vinification sans soufre que Cadet pour le renom du Mouton dans l'Empire du Milieu. Petite digression hors sujet qui prouve, ô combien, que cette approche compétitive du vin est bien le mouton-cadet de nos soucis. Revenons donc à nos autres moutons, bien plus intéressants. Pouf pouf, comme disait Pierre Desproges que j'aime toujours autant citer dans le texte parce que, quand même, ça en jette et ça ne mange pas de pain. La façon du pain, que Pierre Overnoy maîtrise d'ailleurs à merveille et auquel il aime à se consacrer davantage depuis qu'il a pris sa retraite du côté d'en Chaux d'eaux, que l'on peut prononcer également En Chaudot, voire l'écrire comme ça.

     

    pierre overnoy,arbois-pupillin

     

    Ce bouquin, c'est une bible, parce qu'il retrace toute la vie et toute l'histoire de Pierre Overnoy. Son enfance à Pupillin, sa famille, son apprentissage, ses amis, ses maîtres, ses disciples, avant de se plonger sur des considérations plus pointues sur la vigne, les pratiques culturales et les méthodes de vinification. Une véritable somme, en fait, dans laquel chacun pourra piocher ce qui l'intéresse. Et faire plus intime connaissance avec l'homme, derrière le vin. Leçon de choses, leçon de vie, leçon de vin, leçon de Jura, la parole de Pierre, c'est tout ça à la fois. Et, promis, on ne pratique pas non plus le culte de la personnalité. Mais s'il n'y avait qu'un seul vigneron marquant à rencontrer dans sa vie, ce serait celui-là. Parsemée d'anecdotes sur le vin et la vie rurale jurassienne, truffée de petites phrases comme il les affectionne (sur la dégustation, les mouches, les roues du tracteur, entre autres, mais celles-ci ne sont pas dans le livre), La parole de Pierre est à mettre sous tous les yeux et entre toutes les oreilles.

    Elle peut même s'écouter sous le sapin. Mais avant, évidemment, il faut la commander sur MétaJura. Ça risque quand même d'être un peu juste pour une réception avant Noël.

     

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    Olif

  • Grain-Grain, le petit raisin Gnan-Gnan de l'Avin

    C'est décembre, c'est l'Avin, c'est la fête du le vin à mettre sous le sapin. Notre Mère ŒNoël préférée nous ouvre à nouveau les portes de son Calendrier de l'Avin pour qu'on les remplisse par de jolies bouteilles qu'il ne faudra pas se priver de boire en accompagnement des mets divers et variés du Réveillon ou du jour de Noël. C'est décembre, c'est l'Avin, c'est l'heure des contes et des belles histoires à raconter aux enfants avant qu'ils aillent se coucher. C'est décembre, c'est l'Avin, c'est l'heure des belles bouteilles à siroter devant la cheminée au cours des longues soirées d'hiver, avant d'aller se coucher, tant qu'il est encore possible de se lever de son fauteuil.

     

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    Conte de l'Avin

    Les raisins de la famille Gnan-Gnan n'ont pas toujours été gâtés par la nature. Leurs parents les vignes furent fréquemment victimes de mauvais traitements et prises pour des mères lapines par des méchants maîtres, qui les ont longtemps contraintes à donner naissance à de multiples rejetons palots et chétifs, vite expédiés dans d'immenses et sordides cuves, pour y finir rapidement leurs jours. Vint ensuite le temps du sacrifice de ces vieilles plantes incapables de produire suffisamment. Arrachées sans pitié, certaines furent sauvées in extremis et recueillies par de bons vignerons. Cajolées et choyées, elles ne se firent pas prier pour enfanter de bons petits raisins, bichonnés ensuite dans de bonnes vieilles barriques.

     

    ... La suite c'est sur Œnos...

     

    Olif

  • Grain-Grain, le petit raisin gnan-gnan

    C'est décembre, c'est l'Avin, c'est la fête du le vin à mettre sous le sapin. Notre Mère ŒNoël préférée nous ouvre à nouveau les portes de son Calendrier de l'Avin pour qu'on les remplisse par de jolies bouteilles qu'il ne faudra pas se priver de boire en accompagnement des mets divers et variés du Réveillon ou du jour de Noël. C'est décembre, c'est l'Avin, c'est l'heure des contes et des belles histoires à raconter aux enfants avant qu'ils aillent se coucher. C'est décembre, c'est l'Avin, c'est l'heure des belles bouteilles à siroter devant la cheminée au cours des longues soirées d'hiver, avant d'aller se coucher, tant qu'il est encore possible de se lever de son fauteuil.

     

    l'oublié,mas coutelou,jeff coutelou,carignan,languedoc,

     

    Conte de l'Avin.

    Les raisins de la famille Gnan-Gnan n'ont pas toujours été gâtés par la nature. Leurs parents les vignes furent fréquemment victimes de mauvais traitements et prises pour des mères lapines par des méchants maîtres, qui les ont longtemps contraintes à donner naissance à de multiples rejetons palots et chétifs, vite expédiés dans d'immenses et sordides cuves, pour y finir rapidement leurs jours. Vint ensuite le temps du sacrifice de ces vieilles plantes incapables de produire suffisamment. Arrachées sans pitié, certaines furent sauvées in extremis et recueillies par de bons vignerons. Cajolées et choyées, elles ne se firent pas prier pour enfanter de bons petits raisins, bichonnés ensuite dans de bonnes vieilles barriques.

    Écoutez donc l'histoire de Grain-Grain, le gentil raisin Gnan-Gnan vendangé en 2001, qui fut installé avec ses frères et sœurs dans un demi-muid confortable, stocké au grenier. Pressé, souriant, béat et heureux, il attendit. Confiant. Patiemment. Longtemps. De plus en plus au large dans son costard en vieux chêne. "Y'a quelqu'un?" osa-t-il murmurer au bout de quelques années. Personne. Pas de réponse. L'aurait-on oublié? Pas de panique, il continua à attendre. L'exposition au grand air commençait à lui titiller les narines, jusqu'en 2007, année où d'autres de ses cousins Gnan-Gnan sont venus le rejoindre. Il leur fit bien volontiers une petite place. Le calme revint progressivement, le joyeux tumulte occasionné par les nouveaux arrivants cessa, l'air vint à nouveau caresser les tanins de Grain-Grain. L'aurait-on à nouveau laissé tomber? Deux années passèrent encore, dans l'obscurité du grenier.

    Et puis, le vigneron se serait-il soudainement souvenu? Le 1/2 muid a finalement été en partie vidé. Le sang de Grain-Grain, le petit Gnan-Gnan, fut aspiré dans le tourbillon de la bonde, pour laisser la place dans son vieux tonneau à d'autres de ses congénères, beaucoup plus jeunes. Ô solera mio... Ce bon jus de Gnan-Gnan, marié en grandes pompes avec une jeune Syrah consentante, pour le meilleur et certainement pas pour le pire, trouva de manière indéfectible sa voie. Ils furent heureux et eurent plein de petites bouteilles.

     

    l'oublié,mas coutelou,jeff coutelou,carignan,languedoc

    L'Oublié, de Jeff Coutelou, vin "oublié" dans un 1/2 muid pendant de nombreuses années, ouillé une fois par an. Une solera de carignan, dominante de 2001 et 2007, assemblé avec une barrique de syrah 2009, qui a des airs de VDN mais ce n'en est pas un. Parce qu'il n'est pas muté et qu'il est parfaitement sec. Son nez oxydatif, typé rancio, ouvre de belles perspectives d'accord pour Noël, de l'apéritif à la bûche aux marrons ou au chocolat. Oublier de le boire pourrait être nuisible à la santé.

     

    Olif