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En léger différé du vignoble! - Page 4

  • Immersion en Chambertin

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    Jeudi 14 novembre 2013, 16 heures. Hôtel Arts et Terroirs, Gevrey-Chambertin. Chambre Chambertin, tout un programme. Une fois le baluchon déposé, direction l'espace Chambertin. Prêter serment d'allégeance au roi Chambertin et à ses souverains. À la demande des vignerons du cru, le syndicat de Gevrey-Chambertin a décidé de faire bloc et scission pour présenter à la dégustation ses vins du millésime précédent, toujours en cours d'élevage, au mois de novembre et non pas au printemps de la même année, comme il est usuel pour satisfaire les besoins d'une critique lancée dans une course à l'éjaculation de commentaires de plus en plus précoces sous la pression du marché. Des vins qui se goûtent parfois mal à cette période printanière de l'année, souvent encore en cours de fermentation malolactique. D'où la décision de faire cavalier seul et de ne plus répondre aux attentes d'une presse en quête perpétuelle d'information primeur avant le reste du monde. Un cavalier seul à la date judicieusement choisie, puisque tombant à la veille des Trois Glorieuses bourguignonnes, à savoir le grand chapître du Clos Vougeot, la vente des Hospices de Beaune et la Paulée de Meursault. Et, accessoirement, tout juste une semaine avant la grande cérémonie du Beaujolais primeur, 2013 celui-là. L'occasion d'inviter une bonne partie du gratin journalistique effectuant en grandes pompes le déplacement burgonde dans la froidure de novembre, avec ou sans moustache prostatique de circonstance. Petite parenthèse ludique: on reconnait généralement la qualité de l'organe du grand dégustateur à la droiture de son jet en direction du crachoir. Les moins expérimentés, les plus vantards ou encore les véritables prostatiques ne se seraient sans doute pas privés d'éclabousser la face de leur petite stagiaire japonaise.

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    Cette grande dégustation parfaitement organisée fut l'occasion de croiser quelques camarades blogueurs d'envergure, Patrick Maclart et Emmanuel Delmas pour ne pas les nommer, de cracher dans le même tonneau que la fine fleur de la critique française, donc, et de découvrir en avant-première une grande partie de la production 2012 de la commune de Gevrey-Chambertin, du simple village au Grand cru.

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    Les alter égaux de Mimi, Fifi et Glouglou (©Michel Tolmer et Éditions de l'Épure) en dégustation à Gevrey-Chambertin

     

    La première partie "dégustation" fut l'occasion d'appliquer la méthode "Maclart" pour ce type d'événement, à savoir commencer tranquillement par les Grands crus, avant que la foule n'arrive et se jette dessus. Pour prendre le temps de finir par les villages, en principe moins plébiscités par les amateurs de crus. Bon point. Qui a plutôt desservi le roi Chambertin et ses pairs, dont la course à la concentration et à la puissance a aidé à mettre en avant la finesse et la fraîcheur d'un certain nombre de villages. Une dégustation plutôt hétérogène dans un millésime plutôt réussi, jouant sur le fruité et la qualité des tanins. Que les différents styles de vinification gomment ou exacerbent, selon la volonté du vigneron et/ou de l'œnologue.

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    Parmi cette belle rangée de bouteilles, tirées généralement du fût, quelques belles découvertes personnelles, parmi un certain nombre de stars de l'appellation:

    - le domaine Henri Richard, en bio, avec deux cuvées dont un Charmes-Chambertin pas poussiéreux pour un sou.

    - Jérôme Galeyrand, bien pourvu en villages, et pour qui jouer au Billard sur la Croisette ne serait que Justice. Du fruit, de la fraîcheur et un joli grain de tanins sur les trois cuvées. Le pinot noir dans toute sa finesse et sa splendeur!

    - Alain Burguet, dont la cuvée "Symphonie" a fait partie de "Mes favorites", et vice et versa. Deux vins de franche  et bonne expression, laissant la part belle au fruit.

    - Arnaud Mortet, qu'on ne présente plus, s'est fait un prénom en apportant finesse, fraîcheur et élégance aux vins très réputés du domaine Denis Mortet. Tous ses 2012 sont d'une classe folle!

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    Une dégustation d'une telle envergure ne serait rien sans le repas qui suit. Concocté par Thomas Collomb, chef de la Maison des Cariatides à Dijon et, bientôt, de la fameuse Rôtisserie du Chambertin, en léthargie complète depuis plusieurs années. Grâce à lui, Gevrey devrait enfin retrouver un chef à la hauteur de son Roi.

     

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    Un repas sur le principe de la Paulée de Meursault, avec des bouteilles qui virevoltent de table en table. Consigne théorique: le millésime 2002, que bon nombre de vignerons se feront un plaisir de transgresser, en apportant des millésimes parfois plus anciens. Comme cet épatant Latricières-Chambertin 98 du domaine Louis Rémy, mes sympathiques voisins de tablée.

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    Déguster Chambertin, boire Chambertin, manger Chambertin, dormir Chambertin, vivre Chambertin, une sacrée immersion! Cette très belle manifestation fut parfaitement organisée et relayée par Fabienne Ballorin, à la casquette d'attachée de presse pour la circonstance. La prochaine fois, comme les meilleurs, je mettrai mon plus beau chapeau et je prendrai une petite stagiaire, japonaise de préférence.

     

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    Olif

     

    P.S.: rien à voir, mais les 30 novembre et 1er décembre, c'est Plappevignes. Du vin et des quiches! Et deux ou trois bouquins, aussi. Le salon du Grand Est à ne pas manquer!

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    P.S.2: pour ceux qui ne seraient pas du coin de la Lorraine, il leur restera la Touraine. Pas de quiches au menu, mais une bonne partie des meilleurs vignerons bios du coin. Les Vins du Coin, c'est dans le coin de Blois que ça se passe et c'est le salon du Grand Centre à ne pas manquer!

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  • Saint-Glou 2013 en Alsace: les bonnes adresses, yoppla! (1)

     

     

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    © Vincent

    Le concept de Saint-Glou ne serait pas grand chose sans le Saint-Miam. Découvrir une région viticole ne se conçoit qu'au travers de sa gastronomie. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les organisateurs ont été gourmands. Et si la gourmandise est un péché, cela ne vaut que lorsque l'on est seul. À plusieurs, cela s'appelle de la convivialité. Chaque stand de ravitaillement a été associé à un ou plusieurs vignerons. La belle occasion de découvrir une jeune garde alsacienne, à côté des monuments viticoles inscrits au programme.

    Comme il s'agissait de ne pas manger une choucroute à chaque repas, la sélection des adresses gourmandes s'est effectuée de manière rigoureuse et totalement subjective, afin d'être au diapason du glou. On commence par le bas, qui, je le rappelle, se trouve en haut.

     

    Strasbourg


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    Les choses devaient démarrer en douceur à 17h30 par une dégustation apéritive chez Benoit Hecker, dans son Œnosphère alternative, au 33 de la rue de Zurich. Cave à boire, bar à vin, cave à manger, le concept est toujours aussi séduisant, surtout quand un vigneron de Gertwiller, Monsieur Yann Herr (pléonasme alsacien), fait le déplacement pour présenter et faire goûter ses vins.

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    De cette série passée un peu vite pour moi, les bouchons de Sélestat et de la Porte de Schirmeck ayant bien eu du mal à sauter, je retiendrai un jovial Pinot Chio, assemblage des 4 pinots vinifiés en fût et sans sulfites ajoutés, et un pinot noir 2012 ayant bénéficié à distance des conseils avisés de Monsieur Henri Milan (pléonasme provençal), chez qui j'ai rencontré Yann Herr pour la première fois, complètement par hasard.

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    Pinot Chio, un peu de bois, celui dont on fait les marionnettes, mais pas au point de lui en tailler une pipe.

     

    Les papilles en éveil pour contrer les oiseaux de mauvais augure, il est désormais temps de s'attaquer à la possibilité d'une Ill. Il suffisait de passer le pont, pour se retrouver Au Pont Corbeau, chez Christophe Andt, the adresse strasbourgeoise que Saint Glou ne pouvait manquer. Le gros travail effectué par Christophe auprès des vignerons qu'il affectionne, associé à une cuisine chaleureuse bien ancrée dans le terroir alsacien, en font un passage obligé lors de toute étape strasbourgeoise digne de ce nom.

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    On y mange une excellente choucroute, ce sera la seule occasion du séjour. Il ne fallait pas se priver. Rejoints à table par Patrick Meyer, la soirée ne pouvait que s'annoncer sous les meilleurs auspices civils. Et, du coup, ça dégoupille sec! Avec la cuvée du vigneron en finale, pour lequel il n'y aura pas match: un liquoreux de pinot gris sous voile sans sparring partner, à siroter jusqu'au bout de la nuit strasbourgeoise.

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    Colmar

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    Le lendemain midi, un peu plus bas, dans le Haut-Rhin, on n'a pas molli. N'en déplaise à Berthe. L'un des sens, oui, mais lequel? Située rue Berthe Molly, une cave à vin, bar à vin, cave à manger, un concept toujours aussi plaisant quand la qualité des produits est au rendez-vous. Pas de flammekueches dignes de Saint Glou, on se consolera joyeusement avec une tourte de la vallée, oui, mais laquelle? Délicieuse en accompagnement des vins servis par les deux vignerons présents. Philippe Brand reprend progressivement le flambeau d'un domaine familial situé tout en haut, dans le Bas-Rhin, à 20 km à l'ouest de Strasbourg. En bio depuis 2001, avec l'envie de titiller du nature. Une agréable Nymphe rose à l'apéritif, crémant à la bulle fine, et un pinot noir sans soufre 2012 dont le principal tort fut de passer avant (ou après) celui de son collègue de goulot.

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    Hubert Hausherr était comme un monsieur à la maison, à Colmar. Son domaine est situé un peu plus bas, dans le Haut-Rhin, du côté d'Eguisheim, à une portée de bouchon de là. Une belle découverte, sans sulfites ajoutés, dans la majorité des cuvées. Du lieu-dit Sunngass 2010 (complantation de riesling et pinot gris) au pinot noir 2011 du Fronenberg, en passant par Aussitôt bue 2011, assemblage de 3 cépages, comme son nom l'indique, et d'une grande buvabilité, comme son nom l'indique aussi. Sui Generis 2011, si sa mission était de nous faire aimer le gewurtz, eh! bien, c'est généreux et réussi!

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    Olif

  • Saint-Glou 2013: Elsass blues!

     

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    Copyright Vincent

     

    Tandis qu'une foule bretonne défilait dans les rues de Quimper, le bonnet incandescent, là où un bouquet d'algues vertes aurait pu suffire comme couvre-chef, sous prétexte de défendre un modèle agro-alimentaire productiviste et polluant à tous les étages, nous conduisant certainement droit dans le mur, mais surfant sur la vague du ras-le-bol général, les adorateurs de Saint-Glou, plus terre à terre, ont préféré arborer fièrement une coiffe alsacienne pour soutenir une viticulture propre et durable au pays du riesling et de la choucroute.

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    Du haut du Wineck Schlossberg, entre chien et loup...

     

    L'Alsace est un vignoble gigogne où il n’y a pas de pétrole mais où il y a du riesling. Il se partage entre les deux départements du Haut et du Bas-Rhin. Sur une carte de France, l’Alsace est située dans la fosse lombaire, avec le bas en haut. La vigne, elle, y est aussi bien cultivée de haut en bas, du Sud au Nord et de la plaine au coteau. Lorsque les cigognes se sont penchées sur le berceau des vins d’Alsace, elles y ont déposé de biens jolis raisins. Riesling, sylvaner, gewurztraminer, klevener, muscat, pinot blanc, gris et noir, ont trouvé sur les plus beaux coteaux des collines sous-vosgiennes, une mosaïque de terroirs bénéfiques à leur plus grande expression. Du grès au schiste, en passant par le granit, le calcaire ou la roche volcanique, tous les types de sols aptes à la viticulture sont représentés et s’emboîtent les uns dans les autres. Une cinquantaine de lieux dits particulièrement qualitatifs ont donné naissance à autant de grands crus, qui peuvent s’afficher fièrement sur les étiquettes, même s'ils peine à obtenir la reconnaissance qu'ils méritent et à tirer véritablement l'Alsace au sommet de la pyramide des grands vins de ce monde. Les grands crus alsaciens se situent volontiers à flanc de montagne et portent un nom difficilement prononçable pour qui n’est pas né à Colmar ou n’a pas fait ses études à Strasbourg. Jadis région des pires excès, en terme de rendements et de sulfitage, la région est désormais quasiment à la pointe en matière de culture biologique ou biodynamique et de vinification « nature », la protection de l’environnement, autant que la santé du consommateur, étant devenue une priorité pour beaucoup de vignerons. Le vin d’Alsace, qui n’a pas d’égal au monde, tous les Alsaciens vous le diront, se servait classiquement au comptoir, dans un verre échassier au pied vert. Désormais, les meilleurs sont plus volontiers consommés à table dans n’importe quel bon verre à dégustation.

     

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    C'est donc ici, en Alsace, qu'a commencé le troisième volet des aventures de la Saint-Glou, grand patron des buveurs, dont la fête se souhaite avec celle de tous les saints, un jour avant celle des défunts. Pas question de finir ivre-mort pour autant, mais plutôt d'avoir un aperçu idéal et totalement subjectif de ce qui se fait de meilleur en matière de miam et de glou dans une région choisie au préalable. Et c'est, comme à chaque fois, un véritable déchirement de clôturer la Saint-Glou et regagner ses pénates!

     

     

     

     

    Olif

     

    P.S.: tout le monde pourra continuer à honorer Saint-Glou comme il lui conviendra, par exemple le 10 novembre, à Latour de France, en compagnie des vignerons du village.

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  • Aux sources du vin de Loire, l'intégrale

     Chapitre 1

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    Ici commence la Loire, celle aux 3 vignobles, spécificité du 4-2, département de la région Rhône-Alpes. L'un d'entre eux regardant trop ostensiblement le fleuve Rhône pour revendiquer le statut de Ligérien, les deux autres, Forez et Roannais, situés en rive gauche du fleuve Loire, se sont regroupés pour faire cause commune: valoriser leur production et mieux se faire connaître. Il faut dire qu'ils ont beaucoup de choses à partager. À commencer par l'encépagement traditionnel et quasi exclusif, à base de gamay, planté sur des sols granitiques ou d'origine volcanique. Ainsi qu'une IGP commune pour les blancs, qui s'en trouvent là bien honorés: Urfé. Toutafé! Un pays qui fait le lien géographique entre Montbrisonnais et Roannais, haut-lieu romanesque des amours d'Astrée et de Céladon, héros du chef-d'œuvre à tiroirs de commode du XVIIème siècle signé Honoré d'Urfé, un roman-fleuve fondateur abreuvé aux sources de la Loire.

     

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    Quand on commence à forer le basalte dans les monts du Forez, que ce soit à Saint-Galmier, Saint-Romain ou ailleurs, même à Saint-Alban en Roannais, on finit généralement par trouver de l'eau. Minérale, naturelle, pétillante, pas du style de celle que l'on met dans son vin. Pourtant, ce dernier n'est jamais loin. Sur ces sols granitiques des contreforts du Massif Central, le gamay est à la fête. Depuis des millénaires, même s'il a bien failli ne pas survivre à la crise du phylloxéra et aux ravages de la première Guerre mondiale. Les premiers cépages blancs sont venus lui tenir compagnie depuis une trentaine d'années, apportant un brin de diversité à l'encépagement en même temps qu'une plus large palette de couleurs. Vignoble ancien, certes, mais dynamique. Et un peu bio aussi, puisque la proportion de surfaces cultivées, Forez et Roanne compris, doit approcher les 20% en bio, chiffre sous toutes réserves, puisque estimé approximativement en fin de soirée, néanmoins par un vigneron expert en calcul mental. Une dynamique plutôt positive, donc, même si l'on peut regretter l'absence d'installation récente sur les deux appellations. La moyenne d'âge des vignerons restant néanmoins relativement basse, il faut espérer que les émules ne tarderont plus à suivre.

     

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    Blancs, bulles et curiosités

    Côté blanc, Urfé a montré ce jour-là une belle homogénéité qualitative dans la diversité. Diversité des styles et des cépages. Quelques vins trop sulfités à mon goût, d'autres un peu trop élevés, mais, globalement, une plutôt bonne impression. Si le chardonnay fut le premier cépage à s'imposer, il voit désormais son hégémonie largement concurrencée. Le viognier a actuellement la cote, venu tout naturellement de la Loire rhodanienne toute proche. Et il faut bien reconnaître que nombre de ceux goûtés possédaient du peps et de la vivacité, sans le caractère mou et alcooleux volontiers inhérent au cépage, lorsqu'il est récolté à maturité avancée dans des contrées un peu trop chaudes. Et puis, on trouve également du pinot gris, de façon un peu plus marginale, même s'il s'épanouit plutôt bien sur le sol granitique, de la roussane, de l'aligoté et même du gewurtztraminer, à l'essai chez quelques vignerons aux affinités alsaciennes. Un peu à part, quelques curiosités excitantes, des hybrides producteurs directs comme le rava6 ou le seibel 54/55, dont le GAEC du Pic s'est fait une spécialité. Ne manque peut-être en fait que le chenin, pour finir de raccrocher les sources de la Loire à son embouchure...

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    Quelques vins du millésime 2012, particulièrement remarqués lors de cette balade en pays d'Urfé: Chardonnay Aris du domaine des Pothiers, Roussane de Madonne du domaine de la Madone, Aligoté Éponyme de Vincent Giraudon, Pinot gris Hors piste du domaine des Pothiers, Viognier de Petite Vertu d'Odile et Jacky Verdier-Logel, Viognier De butte en blanc du domaine Sérol, Rav par 6 de Vin & Pic (une curiosité complètement atypique à la folle originalité)...

    Et puis quelques bulles, pour terminer. Des pétillants naturels rosés élaborés avec du gamay, évidemment, souvent peu alcoolisés (moins de 10°) et possédant plus ou moins de sucre résiduel, plus ou moins bien intégré. Ribambulles du domaine Verdier-Logel, Bulles by Romain Paire et Turbullent de Stéphane Sérol remportent la palme, avec un équilibre plutôt bien balancé.

     

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    Chapitre 2

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    Ici recommence la Loire. Résumé des épisodes précédents: après avoir été accueillis à l'Auberge de la Césarde, au pied du château de Marcilly-le-Châtel, la bien nommée, par une grosse poignée de vignerons forézo-roannais, une première série de blancs, bulles et curiosités nous fut servie à la volée, avec quelques tranches de saucisson du cru et de la fourme locale non labellisée Montbrison, mais sans doute bientôt. Elle le mérite, dans tous les cas. Bienvenue à ce nouveau futur producteur, Bertrand Griot de la fromagerie des Tarines, à Saint-Bonnet le Courreau. Les conditions étaient donc réunies pour une véritable synergie gastronomique qui allait se prolonger jusqu'à tard dans la nuit (voir paragraphe suivant).

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    Forez et Roanne passent à table

    Ils en avaient encore des choses à nous dire, ces vins du Forez-Roannais, mais il a fallu pousser jusqu'aux portes de Saint-Étienne pour se mettre à table autour de quelques flacons plus anciens. Des vins sélectionnés au préalable et destinés à s'accorder aux mets raffinés de Christophe Roure, MOF et cuisinier artistique au neuvième.

     

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    Point de culte de la Bande Dessinée à l'intérieur de cette ancienne gare aménagée en restaurant**. Uniquement une passion entièrement vouée à la gastronomie, plutôt considérée comme un dixième art potentiel, sauf du côté de Saint-Just-Saint-Rambert. Trop à l'étroit dans ces murs joliment rénovés, Christophe Roure ne voudrait pas rater le train de la troisième étoile et il est annoncé au cœur de la capitale des Gaules pour franchir le palier. Un véritable challenge à relever, quand le contrôleur criera en voiture!

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    Le menu du 19 septembre 2011, spécialement élaboré à notre intention à la demande des vignerons du Forez-Roannais, fut l'occasion d'un festival accord mets-vins. Une fois les vins choisis lors d'une dégustation de sélection impitoyable, organisée par les vignerons eux-mêmes, en compagnie du Chef et de son sommelier, les plats furent pensés en fonction de ceux-ci. Une belle occasion pour Christophe Roure de montrer toute l'étendue de son talent. Amuse-bouches ludiques (amusante sucette de tomate cerise acidulée, qui explose dans la bouche, épatant œuf de caille au nid, à gober tout entier, audacieux aligot de vieux Comté et chou-fleur frit), première entrée sophistiquée (homard et gnocchis de calamar, rafraîchis de tomate et de pastèque), deuxième entrée plus rustique mais hyper novatrice (œuf d'une heure dans un exquis jus de chou rouge avec ses mouillettes de merlan de ligne, qui renvoient Captain Iglo dans ses 22, voire bien plus loin encore), viande locale originalement travaillée et impeccablement cuite (bœuf légèrement fumé aux baies de genièvre, risotto de racines, pommes soufflées aux épices), desserts superbement exécutés (gâteau de semoule à la fleur de sureau et coulis de fraise, travail autour de la pêche "façon Melba") et même encore un peu de place pour les mignardises...

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    Parmi les différentes cuvées dégustées, deux bouteilles particulièrement marquantes ont accompagné le repas et réalisé, en outre, de sublimes accords: Les Millerands 2010 de Stéphane Sérol, une cuvée roannaise pleine, concentrée, mais épanouie, exclusivement issue de raisins millerandés, et La Volcanique 2008, du domaine Verdier-Logel, un gamay forézien sur basalte, dense, épicé et acidulé.

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    Forez-Roannais, blancs comme rouges, sont des vins de gastronomie, c'est une certitude. Le mot de la fin (de cette deuxième partie), ce sera celui d'excuse de Benjamin Roffet, MOF, Meilleur Sommelier de France et enfant du Forez, qui devait se joindre à nous pour la soirée, mais qui avait piscine ou un autre truc plus important pour expliquer son empêchement:

     

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    Chapitre 3

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    Culte ancestral de la bouteille de vin au Prieuré de Saint-Romain le Puy

    Le vin qui tombe à pic

    Ici débute réellement la Loire, juste après qu'elle ait été Haute. Nous sommes au sud de l'appellation Côtes du Forez, quasiment aux portes de Saint-Étienne. Saint-Romain le Puy, sa source Parot d'eau minérale, son prieuré, son pic de basalte, sa source Mondon de vin minéral. C'est en 1974, à peine un siècle après que François Parot ait découvert sa fameuse source dans le basalte des Monts du Forez, que Fernand et Daniel Mondon ont créé le GAEC du Pic, bien décidés à faire revivre la vigne dans ce pays d'eau et de volcans qui ne s'éveilleront plus. En 1997, grâce aux deux frères, soutenus par la commune de Saint-Romain le Puy, le vignoble disparu du Pic fait sa réapparition. La première guerre mondiale avait eu raison de lui, après que le phylloxéra l'eût passablement ébranlé. Un véritable travail de titans paysagistes, sous la protection bienveillante d'Aldebertus, premier Prieur de Saint-Romain en l'an 1007, qui aurait sans doute apprécié de voir refleurir la vigne sur les superbes coteaux en terrasses surplombant la plaine du Forez. Peut-être n'a-t-il pas encore assouvi complètement sa soif de "vin de nuyt", dont il est fait mention dans des archives de 1238.

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    À la recherche des meilleurs raisins à réintroduire sur ce terroir basaltique, outre le gamay et le chardonnay, les frères Mondon, rejoints en 2006 par Laurent Demeure, se sont tournés vers les cépages rhodaniens de la Loire, viognier et syrah. Bon choix! Pour ce qui est du viognier, en tous cas (pas goûté à la syrah). Sur ce terroir volcanique, il érupte et parvient à garder une fraîcheur et une vivacité agréables qui stimulent sa tendance à faire du gras et de l'onctuosité. De l'immédiate Aldebertus à l'opulente Diana, le viognier du Pic se fait séducteur.

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    Et puis, poursuivant les expériences qui les ont conduit à planter sur leurs parcelles différents cépages que l'on peut qualifier d'exotiques, notamment des hybrides producteurs directs, on trouve désormais sur le Pic des accents alsaciens, représentés par du gewurtztraminer, désormais rentré en production. Il faudra attendre encore un peu avant d'y goûter en bouteille.

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    Cette jolie balade matinale des gens heureux sur le Puy de Saint-Romain, juste avant la pluie annoncée, nous a été contée par Pierre Rolle, le nouveau membre du GAEC du Pic, digne successeur de Daniel Mondon, pour qui l'heure de la retraite a sonné.

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    Chapitre 4

     

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    Ici se poursuit la Loire. Dans un paysage bucolique et pastoral, initialement voué à la polyculture. Le fleuve Loire ne passe pas très loin, mais ses rives sont désormais désertées par la vigne. La ville n'est pas bien loin non plus, vouant un culte à la gastronomie. Longtemps préservé du fait d'un relatif isolement, le Roannais a fini par être lui aussi atteint par le phylloxéra. Son vignoble a alors fondu comme peau de chagrin, avant une lente reconstruction, en synergie complète avec le Forez voisin, qui s'est concrétisée par la création récente de l'Association des vignerons du Forez-Roannais, en charge de la gestion des deux AOP (Côtes du Forez et Côtes Roannaises) et de l'IGP commune (Pays d'Urfé). 150 hectares, d'un côté, 215 de l'autre, des sols superposables, malgré quelques particularités, et un cépage commun pour les rouges: le gamay. Ou plus exactement les gamays, dont il existe ici plusieurs variétés, la plus singulière et représentative étant le Saint-Romain, aux petites grappes serrées, poussant bien droit, donnant des vins épicés et poivrés au grain serré.

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    C'est à Villemontais, au sud du vignoble roannais, au domaine des Pothiers, que s'est déroulée la dernière partie de ce périple aux racines de la Loire. Chez Denise, Georges et Romain, les trois qui font la Paire.

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    Au pays du gamay, du charolais et du poivre

    Immersion totale en cuve de gamay. Un aperçu quasi exhaustif de 2012 à l'horizontale. Qui a bien fait ressortir le caractère très poivré de ce gamay de Loire, qui le distingue nettement de son homologue beaujolais. Rarement je n'ai perçu de façon aussi nette des notes de poivre blanc dans un vin. Qui, du coup, appelle irrésistiblement à table le charolais, dont l'aire de production commence également tout près.

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    Quelques cuvées particulièrement remarquées lors de cette grande dégustation: les 3 cuvées présentées par le domaine de la Madone, dont Migmatite, coup de cœur absolu (de l'extrait de poivre blanc qui vient relever un très joli fruit), Caractère du GAEC du Pic, Rimoz du domaine de la Rochette (vinification intégrale de gamay égrappé, macéré pendant 3 semaines dans un fût de 500L, sans sulfites ajoutés), Les Senelles du domaine du Poyet, Rézinet du domaine Verdier-Logel (seule cuvée rescapée de la grêle qui a ravagé le domaine en 2012), les Blondins du domaine Sérol (la vigne bio plantée il y a plus de 20 ans par Pierre Troisgros et Robert Sérol, en agriculture biologique), le Clos du Puy du domaine des Pothiers (parcelle d'altitude particulièrement bichonnée par Romain Paire, au sein d'une gamme homogène et parfaitement cohérente, aux étiquettes joliment colorées).

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    Le Forez-Roannais est donc en quête d'une nouvelle dynamique, grâce à des vignerons hypermotivés qui ont mis en commun leur moyen pour mieux se faire connaître, tout en continuant de revendiquer leur originalité. Faire de sa marginalité un atout, voilà un bien beau challenge relevé, entre autres, par Gilles Bonnefoy, du domaine de la Madone, à la tête de l'Association des vignerons.

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    Olif

     

     

     

  • Aux sources du vin de Loire (4)

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    Ici se poursuit la Loire. Dans un paysage bucolique et pastoral, initialement voué à la polyculture. Le fleuve Loire ne passe pas très loin, mais ses rives sont désormais désertées par la vigne. La ville n'est pas bien loin non plus, vouant un culte à la gastronomie. Longtemps préservé du fait d'un relatif isolement, le Roannais a fini par être lui aussi atteint par le phylloxéra. Son vignoble a alors fondu comme peau de chagrin, avant une lente reconstruction, en synergie complète avec le Forez voisin, qui s'est concrétisée par la création récente de l'Association des vignerons du Forez-Roannais, en charge de la gestion des deux AOP (Côtes du Forez et Côtes Roannaises) et de l'IGP commune (Pays d'Urfé). 150 hectares, d'un côté, 215 de l'autre, des sols superposables, malgré quelques particularités, et un cépage commun pour les rouges: le gamay. Ou plus exactement les gamays, dont il existe ici plusieurs variétés, la plus singulière et représentative étant le Saint-Romain, aux petites grappes serrées, poussant bien droit, donnant des vins épicés et poivrés au grain serré.

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    C'est à Villemontais, au sud du vignoble roannais, au domaine des Pothiers, que s'est déroulée la dernière partie de ce périple aux racines de la Loire. Chez Denise, Georges et Romain, les trois qui font la Paire.

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    Au pays du gamay et du poivre

    Immersion totale en cuve de gamay. Un aperçu quasi exhaustif de 2012 à l'horizontale. Qui a bien fait ressortir le caractère très poivré de ce gamay de Loire, qui le distingue nettement de son homologue beaujolais. Rarement je n'ai perçu de façon aussi nette des notes de poivre blanc dans un vin. Qui, du coup, appelle irrésistiblement à table le charolais, dont l'aire de production commence également tout près.

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    Quelques cuvées particulièrement remarquées lors de cette grande dégustation: les 3 cuvées présentées par le domaine de la Madone, dont Migmatite, coup de cœur absolu (de l'extrait de poivre blanc qui vient relever un très joli fruit), Caractère du GAEC du Pic, Rimoz du domaine de la Rochette (vinification intégrale de gamay égrappé, macéré pendant 3 semaines dans un fût de 500L, sans sulfites ajoutés), Les Senelles du domaine du Poyet, Rézinet du domaine Verdier-Logel (seule cuvée rescapée de la grêle qui a ravagé le domaine en 2012), les Blondins du domaine Sérol (la vigne bio plantée il y a plus de 20 ans par Pierre Troisgros et Robert Sérol, en agriculture biologique), le Clos du Puy du domaine des Pothiers (parcelle d'altitude particulièrement bichonnée par Romain Paire, au sein d'une gamme homogène et parfaitement cohérente, aux étiquettes joliment colorées).

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    Le Forez-Roannais est donc en quête d'une nouvelle dynamique, grâce à des vignerons hypermotivés qui ont mis en commun leur moyen pour mieux se faire connaître, tout en continuant de revendiquer leur originalité. Faire de sa marginalité un atout, voilà un bien beau challenge relevé, entre autres, par Gilles Bonnefoy, du domaine de la Madone, à la tête de l'Association des vignerons.

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    Olif

     

    P.S.: pour aller encore plus loin en Forez-Roannais, se reporter à l'excellent article du numéro 110 de la toujours excellente revue Le Rouge & le Blanc.

     

    P.S.2: merci à l'Association des vignerons du Forez-Roannais pour leur accueil lors de ce très instructif voyage organisé au sein de leurs deux appellations. Et merci à Laura et Amandine d'avoir très bien coordonné tout ça. Ce très joli clair de lune du 20 septembre, photographié au dessus de Beaune, leur est spécialement dédié...

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    P.S.3: deux autres domaines contribuent à faire rayonner les vins du Roannais, en marge de l'association, voire de l'appellation: le domaine du Picatier, à Saint-Haon le Vieux, et le domaine de la Perrière, à Ambierle. Des occasions ultérieures d'évoquer le Forez-Roannais, sans aucun doute.

  • Aux sources du vin de Loire (3)

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    Culte ancestral de la bouteille de vin au Prieuré de Saint-Romain le Puy

     

    Ici débute réellement la Loire, juste après qu'elle ait été Haute. Nous sommes au sud de l'appellation Côtes du Forez, quasiment aux portes de Saint-Étienne. Saint-Romain le Puy, sa source Parot d'eau minérale, son prieuré, son pic de basalte, sa source Mondon de vin minéral. C'est en 1974, à peine un siècle après que François Parot ait découvert sa fameuse source dans le basalte des Monts du Forez, que Fernand et Daniel Mondon ont créé le GAEC du Pic, bien décidés à faire revivre la vigne dans ce pays d'eau et de volcans qui ne s'éveilleront plus. En 1997, grâce aux deux frères, soutenus par la commune de Saint-Romain le Puy, le vignoble disparu du Pic fait sa réapparition. La première guerre mondiale avait eu raison de lui, après que le phylloxéra l'eût passablement ébranlé. Un véritable travail de titans paysagistes, sous la protection bienveillante d'Aldebertus, premier Prieur de Saint-Romain en l'an 1007, qui aurait sans doute apprécié de voir refleurir la vigne sur les superbes coteaux en terrasses surplombant la plaine du Forez. Peut-être n'a-t-il pas encore assouvi complètement sa soif de "vin de nuyt", dont il est fait mention dans des archives de 1238.

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    À la recherche des meilleurs raisins à réintroduire sur ce terroir basaltique, outre le gamay et le chardonnay, les frères Mondon, rejoints en 2006 par Laurent Demeure, se sont tournés vers les cépages rhodaniens de la Loire, viognier et syrah. Bon choix! Pour ce qui est du viognier, en tous cas (pas goûté à la syrah). Sur ce terroir volcanique, il érupte et parvient à garder une fraîcheur et une vivacité agréables qui stimulent sa tendance à faire du gras et de l'onctuosité. De l'immédiate Aldebertus à l'opulente Diana, le viognier du Pic se fait séducteur.

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    Et puis, poursuivant les expériences qui les ont conduit à planter sur leurs parcelles différents cépages que l'on peut qualifier d'exotiques, notamment des hybrides producteurs directs, on trouve désormais sur le Pic des accents alsaciens, représentés par du gewurtztraminer, désormais rentré en production. Il faudra attendre encore un peu avant d'y goûter en bouteille.

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    Cette jolie balade matinale des gens heureux sur le Puy de Saint-Romain, juste avant la pluie annoncée, nous a été contée par Pierre Rolle, le nouveau membre du GAEC du Pic, digne successeur de Daniel Mondon, pour qui l'heure de la retraite a sonné.

    Le Forez, eau, vins et paysages qui tombent à pic...

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    À suivre...

     

    Olif

     

    P.S.: on pourra également lire la jolie version de l'histoire du Pic du Puy par Marc Vanhellemont, sur les 5 du vin.

  • De Lons à Montaigu, la dégu, la dégu!

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    Montaigu, Jura. Du haut de leur piton rocheux et du fond de leur cellier, les Chartreux ne sont pas très exposés aux traits d'arbalète, dont aucune ne pourrait être bandée suffisamment pour les atteindre, digue ou pas. C'est dans cette petite commune de la grande banlieue lédonienne, qui surplombe la préfecture du Jura, que la famille Pignier a élu domicile depuis 7 générations. Jean-Étienne, Antoine et Marie-Florence, seuls vignerons du village, possèdent une partie de leurs vignes sur les coteaux pentus de Montaigu (la digue, la digue), un environnement privilégié pour préserver l'intégrité des sols et des levures, grâce, entre autres, à un gros travail biodynamique, et l'autre partie sur le secteur de Perrigny et Conliège.

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    Le dynamisme, ce n'est pas ce qui manque à Jean-Étienne, d'ailleurs. Tout juste de retour de vendange de chardonnay à crémant, il repart direct à la vigne pour nous rapporter quelques grappes quasi mûres de différents cépages jurassiens typiques, ou pas. À défaut de goûter aux moûts, on tâtera du raisin! À table avec Jean-Étienne, avant que la majorité de ces raisins ne se retrouvent à table avec Léandre, du nom de la cuvée de rouge à l'ancienne à laquelle ils sont intégrés.

     

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    Argant, petit béclan, trousseau, trousseau à la dame, pinotin, gamay noir, enfariné, chardonnay en sélection clonale, chardonnay en sélection massale, melon à queue rouge, le Jura a bel et bien un grain et de jolies grappes.

     

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    Une fois pressés et mis en bouteilles, les raisins du domaine Pignier produisent également de bien jolies bouteilles. Le Poulsard En Chôné 2012 et le Trousseau Les Gauthières 2011, vinifiés sans sulfites ajoutés, en sont deux exemples probants. Désormais épuisés au domaine, pas de chance pour ceux qui n'y auront pas trempé les lèvres. À la Percenette, c'est du chardonnay parcellaire, issu d'un beau terroir de marnes schisteuses, situé sur Perrigny. La finesse et l'élégance d'un beau vin ouillé. Et puis, pour tous ceux qui sont un peu perdus quand ils goûtent un vin du Jura, GPS est fait pour eux. Encore un vin à l'ancienne, assemblage de Gamay blanc (du bête chardonnay local, en fait), de Savagnin et de Poulsard (vinifié en blanc, pour le coup), qui fait des ravages chez les aficionados. Un vrai bon vin d'antan, qui peut avantageusement remplacer la bouteille d'eau le soir au pied du lit.

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    À côté de cette gamme de vins résolument modernes, même s'ils ne sont jamais élaborés que selon des préceptes anciens (comme dans le temps, quoi!), le Jura "traditionnel" a toujours droit de cité. Du chardonnay au savagnin, jusqu'à l'incontournable Vin jaune, très réussi dans le millésime 2006, l'absence d'ouillage donne naissance à de beaux vins qui arborent fièrement sur le plastron la croisée d'ogives de la cave séculaire des pères Chartreux, dont la visite constitue l'un des temps forts du passage au domaine, et qui clôt généralement la dégustation.

     

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    Et puisqu'on parle de Vin jaune, c'est à Perrigny et Conliège que se déroulera la prochaine Percée du Vin jaune, les 1er et 2 février 2014. Avec pour présidente, Marie-Florence Pignier. Comme le monde du vin du Jura est petit, finalement!

     

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    Olif

     

    P.S.: pour qui souhaiterait s'écarter un peu de la route du vignoble et piquer une tête dans le lac de Vouglans à la belle saison, une plaisante petite adresse à Plaisia, route d'Onoz: le Bistrot des Terrasses. Les terrasses, ce sont celles de Merlue, qui abritent également un grand gîte de groupe, idéal pour les 40 ans du cousin Léon, le baptême de la petite dernière ou encore l'enterrement de vie de garçon de Tata Yoyo après qu'elle ait fait son coming out. Cuisine du marché, produits prioritairement locaux, souvent bio, et carte des vins impeccable, faisant la part belle aux vignerons du coin, dont le domaine Pignier, justement, et Julien Labet, avec également de jolies incursions en Bourgogne voisine, par exemple chez Julien Guillot.

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  • Aux sources du vin de Loire (2)

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    Ici recommence la Loire. Résumé des épisodes précédents: après avoir été accueillis à l'Auberge de la Césarde, au pied du château de Marcilly-le-Châtel, la bien nommée, par une grosse poignée de vignerons forézo-roannais, une première série de blancs, bulles et curiosités nous fut servie à la volée, avec quelques tranches de saucisson du cru et de la fourme locale non labellisée Montbrison, mais sans doute bientôt. Elle le mérite, dans tous les cas. Bienvenue à ce nouveau futur producteur, Bertrand Griot de la fromagerie des Tarines, à Saint-Bonnet le Courreau. Les conditions étaient donc réunies pour une véritable synergie gastronomique qui allait se prolonger jusqu'à tard dans la nuit (voir paragraphe suivant).

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    Forez et Roanne passent à table

    Ils en avaient encore des choses à nous dire, ces vins du Forez-Roannais, mais il a fallu pousser jusqu'aux portes de Saint-Étienne pour se mettre à table autour de quelques flacons plus anciens. Des vins sélectionnés au préalable et destinés à s'accorder aux mets raffinés de Christophe Roure, MOF et cuisinier artistique au neuvième.

     

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    Point de culte de la Bande Dessinée à l'intérieur de cette ancienne gare aménagée en restaurant**. Uniquement une passion entièrement vouée à la gastronomie, plutôt considérée comme un dixième art potentiel, sauf du côté de Saint-Just-Saint-Rambert. Trop à l'étroit dans ces murs joliment rénovés, Christophe Roure ne voudrait pas rater le train de la troisième étoile et il est annoncé au cœur de la capitale des Gaules pour franchir le palier. Un véritable challenge à relever, quand le contrôleur criera en voiture!

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    Le menu du 19 septembre 2011, spécialement élaboré à notre intention à la demande des vignerons du Forez-Roannais, fut l'occasion d'un festival accord mets-vins. Une fois les vins choisis lors d'une dégustation de sélection impitoyable, organisée par les vignerons eux-mêmes, en compagnie du Chef et de son sommelier, les plats furent pensés en fonction de ceux-ci. Une belle occasion pour Christophe Roure de montrer toute l'étendue de son talent. Amuse-bouches ludiques (amusante sucette de tomate cerise acidulée, qui explose dans la bouche, épatant œuf de caille au nid, à gober tout entier, audacieux aligot de vieux Comté et chou-fleur frit), première entrée sophistiquée (homard et gnocchis de calamar, rafraîchis de tomate et de pastèque), deuxième entrée plus rustique mais hyper novatrice (œuf d'une heure dans un exquis jus de chou rouge avec ses mouillettes de merlan de ligne, qui renvoient Captain Iglo dans ses 22, voire bien plus loin encore), viande locale originalement travaillée et impeccablement cuite (bœuf légèrement fumé aux baies de genièvre, risotto de racines, pommes soufflées aux épices), desserts superbement exécutés (gâteau de semoule à la fleur de sureau et coulis de fraise, travail autour de la pêche "façon Melba") et même encore un peu de place pour les mignardises...

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    Parmi les différentes cuvées dégustées, deux bouteilles particulièrement marquantes ont accompagné le repas et réalisé, en outre, de sublimes accords: Les Millerands 2010 de Stéphane Sérol, une cuvée roannaise pleine, concentrée, mais épanouie, exclusivement issue de raisins millerandés, et La Volcanique 2008, du domaine Verdier-Logel, un gamay forézien sur basalte, dense, épicé et acidulé.

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    Forez-Roannais, blancs comme rouges, sont des vins de gastronomie, c'est une certitude. Le mot de la fin (de cette deuxième partie), ce sera celui d'excuse de Benjamin Roffet, MOF, Meilleur Sommelier de France et enfant du Forez, qui devait se joindre à nous pour la soirée, mais qui avait piscine ou un autre truc plus important pour expliquer son empêchement:

     

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    À suivre, donc ...

     

    Olif

     

     

  • Aux sources du vin de Loire (1)

     

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    Ici commence la Loire, celle aux 3 vignobles, spécificité du 4-2, département de la région Rhône-Alpes. L'un d'entre eux regardant trop ostensiblement le fleuve Rhône pour revendiquer le statut de Ligérien, les deux autres, Forez et Roannais, situés en rive gauche du fleuve Loire, se sont regroupés pour faire cause commune: valoriser leur production et mieux se faire connaître. Il faut dire qu'ils ont beaucoup de choses à partager. À commencer par l'encépagement traditionnel et quasi exclusif, à base de gamay, planté sur des sols granitiques ou d'origine volcanique. Ainsi qu'une IGP commune pour les blancs, qui s'en trouvent là bien honorés: Urfé. Toutafé! Un pays qui fait le lien géographique entre Montbrisonnais et Roannais, haut-lieu romanesque des amours d'Astrée et de Céladon, héros du chef-d'œuvre à tiroirs de commode du XVIIème siècle signé Honoré d'Urfé, un roman-fleuve fondateur abreuvé aux sources de la Loire.

     

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    Quand on commence à forer le basalte dans les monts du Forez, que ce soit à Saint-Galmier, Saint-Romain ou ailleurs, même à Saint-Alban en Roannais, on finit généralement par trouver de l'eau. Minérale, naturelle, pétillante, pas du style de celle que l'on met dans son vin. Pourtant, ce dernier n'est jamais loin. Sur ces sols granitiques des contreforts du Massif Central, le gamay est à la fête. Depuis des millénaires, même s'il a bien failli ne pas survivre à la crise du phylloxéra et aux ravages de la première Guerre mondiale. Les premiers cépages blancs sont venus lui tenir compagnie depuis une trentaine d'années, apportant un brin de diversité à l'encépagement en même temps qu'une plus large palette de couleurs. Vignoble ancien, certes, mais dynamique. Et un peu bio aussi, puisque la proportion de surfaces cultivées, Forez et Roanne compris, doit approcher les 20% en bio, chiffre sous toutes réserves, puisque estimé approximativement en fin de soirée, néanmoins par un vigneron expert en calcul mental. Une dynamique plutôt positive, donc, même si l'on peut regretter l'absence d'installation récente sur les deux appellations. La moyenne d'âge des vignerons restant néanmoins relativement basse, il faut espérer que les émules ne tarderont plus à suivre.

     

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    Blancs, bulles et curiosités

    Côté blanc, Urfé a montré ce jour-là une belle homogénéité qualitative dans la diversité. Diversité des styles et des cépages. Quelques vins trop sulfités à mon goût, d'autres un peu trop élevés, mais, globalement, une plutôt bonne impression. Si le chardonnay fut le premier cépage à s'imposer, il voit désormais son hégémonie largement concurrencée. Le viognier a actuellement la cote, venu tout naturellement de la Loire rhodanienne toute proche. Et il faut bien reconnaître que nombre de ceux goûtés possédaient du peps et de la vivacité, sans le caractère mou et alcooleux volontiers inhérent au cépage, lorsqu'il est récolté à maturité avancée dans des contrées un peu trop chaudes. Et puis, on trouve également du pinot gris, de façon un peu plus marginale, même s'il s'épanouit plutôt bien sur le sol granitique, de la roussane, de l'aligoté et même du gewurtztraminer, à l'essai chez quelques vignerons aux affinités alsaciennes. Un peu à part, quelques curiosités excitantes, des hybrides producteurs directs comme le rava6 ou le seibel 54/55, dont le GAEC du Pic s'est fait une spécialité. Ne manque peut-être en fait que le chenin, pour finir de raccrocher les sources de la Loire à son embouchure...

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    Quelques vins du millésime 2012, particulièrement remarqués lors de cette balade en pays d'Urfé: Chardonnay Aris du domaine des Pothiers, Roussane de Madonne du domaine de la Madone, Aligoté Éponyme de Vincent Giraudon, Pinot gris Hors piste du domaine des Pothiers, Viognier de Petite Vertu d'Odile et Jacky Verdier-Logel, Viognier De butte en blanc du domaine Sérol, Rav par 6 de Vin & Pic (une curiosité complètement atypique à la folle originalité)...

    Et puis quelques bulles, pour terminer. Des pétillants naturels rosés élaborés avec du gamay, évidemment, souvent peu alcoolisés (moins de 10°) et possédant plus ou moins de sucre résiduel, plus ou moins bien intégré. Ribambulles du domaine Verdier-Logel, Bulles by Romain Paire et Turbullent de Stéphane Sérol remportent la palme, avec un équilibre plutôt bien balancé.

     

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    À suivre...

     

    Olif

     

  • La sueur de la vigne

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    Les femmes de ménage célestes ayant tout juste fini de récurer le sol du sang de la vigne qui l'entachait, voilà qu'un coin de ciel bleu daigna faire son apparition au dessus du rocher de Château Chalon. Pour mieux sécher les raisins et les marnes, bleues également, encore un peu détrempées et qui collent aux chaussures du randonneur de passage. On n'arrête pas le Progrès et c'est à la demande d'un des journalistes du quotidien jurassien que j'ai pris la route du vignoble, dans l'indifférence générale (Pierre Arditi étant parti tourner un peu plus loin). Pour une rencontre vigneronne doublée d'une interview, où il n'a absolument pas été question du meilleur vin blanc du Jura de l'année du monde. Tout ça dans le cadre d'une grande thématique vin à paraître quotidiennement début octobre, pendant les vendanges. On n'arrête pas le Progrès! Des vendanges 2013 dont le ban ne devrait pas tarder à être annoncé, sans doute la semaine prochaine pour les crémants. Derniers coups de rotofil sur les terrasses du Puits Saint-Pierre, là où la pente est particulièrement raide, juste sous l'abbatiale. Ce qui n'empêchera pas les futurs vendangeurs de bien suer dans la vigne.

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    Le marcheur qui entame l'ascension a le choix entre la route et le rang de vigne pour grimper vers le ciel. Le VTTiste suivra préférentiellement le balisage, qui ne manque pas de dénivelé avant le ravitaillement du sommet. De quoi programmer une belle escapade jurassienne pour le week-end. Là aussi en y laissant de la sueur, mais qui nourrira à peine le sol, imperméable aux pluies comme à la détresse physique humaine.

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    Et pendant ce temps, le savagnin verdit (il mûrit, quoi, rapport à sa couleur!).


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    Avant de suer sang et eau dans la vigne, il avait bien fallu s'hydrater un peu. Tout d'abord grâce à quelques produits locaux, cultivés et élevés dans le grand respect d'une tradition ancestrale, chez Gabrielle Rizzi. Des vins d'un classicisme exemplaire, empreints d'une relative rusticité de bon aloi. Mention particulière au Chardonnay 2010 de ce micro domaine familial, d'un seul petit hectare, dont une centaine d'ares en Château Chalon, pile sous  le rocher. Toute la (petite) récolte bientôt vendue directement aux particuliers et aux touristes, le petit caveau sis rue Saint-Jean va bientôt fermer, être démonté et consciencieusement rangé, afin de laisser la place à une cave plus vaste destinée à accueillir le tracteur en prévision des prochaines vendanges. Encore de la sueur en perspective!

     

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    À Château Chalon, la sueur n'a pourtant pas attendu le randonneur ou le vendangeur de passage pour couler. Il fut un temps où le sentier de petite randonnée vibrait sous les pas des vignerons qui l'empruntait pour aller travailler la vigne du Puits Saint-Pierre. Surtout ne pas oublier de leur rendre hommage, au vu du service rendu.

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    En débouchant une bonne bouteille avec la première fondue automnale du soir, par exemple. Un 2003 en train de virer vers des notes pétrolées au nez, mais d'une fraîcheur de structure à faire pâlir de jalousie un sculpteur sur glace.

     

     

    Olif

     

     

  • Bonnes nouvelles de L'Étoile...

     

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    Cette Étoile-là brille au firmament du Jura depuis la nuit des temps. Des millions de pentacrines, ces petits fossiles à cinq branches disséminés dans le sol, et cinq monts, grossièrement disposés en étoile: Monterreaux, Mont-Augy, Mont-Morain, Montmuzard, Mont-Genezet, les orthographes variant selon les sources. L'Étoile, c'est tout cela à la fois, et aussi l'une des cinq AOC jurassiennes, un signe supplémentaire? 3 AOC "village", 2 AOC "produit", mais peut-être la moins médiatisée quand même. Pourtant, au centre, une authentique star: Montbourgeau.

     

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    Propriété familiale depuis 1920, appartenant à la famille Gros, le domaine de Montbourgeau est actuellement dirigé par Nicole Deriaux, fille de Jean Gros. Deux des enfants de Nicole semblent se prédestiner à prendre la suite, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Une maison à la solide réputation, garante d'un savoir-faire traditionnel, qui produit quelques-uns des plus beaux spécimens de vins oxydatifs jurassiens. Ici, "pas de chapelle", juste une magnifique demeure et une volonté de produire beau et bon, ce qui sous-entend des pratiques plutôt propres à la vigne et relativement peu interventionnistes à la cave, sans certification d'aucune sorte, ni revendication à aucune appartenance autre que celle des bons producteurs de vins du Jura. Intervenant au domaine depuis 1986 aux côtés de son père, puis seule après son décès, Nicole a imposé petit à petit sa sensibilité, pour produire des vins dotés d'une élégance toute féminine, par rapport à l'opulence de ceux de son père. Un style qu'elle ne renie pourtant pas, toute fière d'avoir produit des vins qui se rapprochent de ceux qu'il appréciait, dans les millésimes généreux que furent 2003, 2005 ou 2009. Mais n'anticipons pas.

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    Ce 2010, élevé en cuve avant d'être transféré dans de grands foudres rechappés pour être adaptés au mode d'élevage des vins de Montbourgeau, est une petite merveille de fruit, de fraîcheur et de simplicité.

     

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    La Cuvée Spéciale, c'est une toute autre dimension. Le fleuron du domaine, la quintessence d'un chardonnay en mode oxydatif sur ce beau terroir argilo-calcaire truffé de pentacrines. Élevage sous voile, donc, qui représente la véritable patte du domaine au travers d'une cuvée emblématique qui sait, à chaque fois, refléter le millésime. 2009 très opulent, 2008 doté d'une superbe acidité sur le fil, 2007 à l'équilibre très convaincant, 2003 dans un registre très riche mais cohérent, 2001 qui se révèle par petites touches successives, une année compliquée, au final, très complexe.

     

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    Le Savagnin se plaît également sur les marnes irisées de L'Étoile. Cela va sans dire. Le parallèle entre les deux millésimes est une fois de plus éloquent. 2009 plein, pour la grande garde, et 2008, tout en tension, qui ravira les amateurs de vins tranchants.

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    Un préambule exceptionnel aux deux Vins jaunes à suivre. Seul le 2006 est désormais disponible. 2005, tout en rondeur, sur des notes maltées et épicées, se fait enjôleur. Mais 2006 n'est pas en reste, plus marqué noix verte, mais avec un potentiel évident.

     

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    Et puis, avant quelques douceurs sucrées, une dernière petite madeleine, des Vieilles vignes de 1928, millésimées 1990, arrachées peu après. Une bouffée d'air frais, avec des notes d'évolution certaines, mais plutôt dans un registre agréable. Ce qu'il faut de vivacité pour soutenir la vieille cire, le toasté et l'encaustique, et une remarquable tenue à l'air. Superbe! Une étoile qui ne file pas, malgré le fait que l'on soit au mois d'août.

     

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    Le Paille 2009 est riche et complexe, goûtant un peu sur le sucre sans que celui-ci ne s'impose véritablement, mais il fait figure d'exception pour les Pailles du domaine, à la réputation d'être plutôt très secs. Le Macvin blanc et le Macvin rosé sont marqués par une belle acidité, qui sied parfaitement à ce type de produit qui aurait tendance à devenir vite lourd sans cela. Les Secrets de Montbourgeau, mués en trésors pour beaucoup de participants à la dernière Percée du Vin jaune, c'est la recette ancestrale de vin de liqueur cuit, avant que l'AOC ne jette les bases définitives de ce que devait être un véritable Macvin. Beaucoup de rondeur et d'harmonie pour un vin séducteur, qui manque pour moi d'un peu de peps par rapport à la version agréée, probablement du fait de la cuisson. Toujours est-il qu'il n'y a rien à jeter, à Montbourgeau. Et que l'Étoile n'a jamais aussi bien porté son nom. Une bien bonne nouvelle, n'en déplaise à Gainsbarre..!

     

     

     

    Olif

  • Quand le Jura voit rouge...

     

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    Le Jura, pays du jaune, nul ne saurait le contester, si ce n'est Marseille. Mais là, difficile de rivaliser, à moins de tenter une piscine au Château Chalon, une expérience extrême qui n'a, à ma connaissance, jamais été tentée, même par le plus aventureux des buveurs de vin jaune. Peut-être faudra-t-il remédier à ça un de ces jours..? Non, Mon Dieu, pitié, ne me tentez pas!

     

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    Le Jura, l'autre pays des grands blancs, ceux qui n'ont plus à rougir de la comparaison avec le prestigieux voisin bourguignon, même qu'il serait peut-être bientôt temps d'arrêter de vouloir comparer deux régions aux terroirs aussi dissemblables. Le chardonnay s'y décline en différents clones, qui apportent diversité, richesse, originalité et caractère, ce que les Bourguignons, eux, ne savent plus faire. Avantage Jura, finalement. Le savagnin, avant de virer jaune, peut aussi s'apprécier en blanc. Notamment dans sa version ouillée, non oxydative, ce qui change un peu des arômes de noix verte et de curry.

     

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    Et vous faites du rouge, dans le Jura? Oui, Madame. Du pur, du vrai, du primitif, de l'indigène, du caractéristique, de l'authentique. Grâce à une jolie collection de cépages qui ne demandent qu'à s'épanouir, en cuve, en fût, voire en amphore. Des vins qui peinent encore parfois à vaincre les préjugés d'amateurs aux certitudes viniques boursouflées aux entournures et engoncées dans une pensée œnologiquement bien pensante qui les conduit à ne point trouver de salut dans leur verre en dehors de vins standards au grand standing, classés avec plus ou moins de bonheur par des moines cisterciens, des exposants universels ou bien je ne sais quel besogneux de la dégustation comparative à l'intention de l'acheteur compulsif du mois de septembre (ne pas hésiter à biffer les mentions inutiles). Le rouge, dans le Jura, tente sa propre percée et ça commence à plutôt bien fonctionner.

     

    Le Trousseau:


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    L'origine de ce cépage rouge plutôt bien troussé est ancestrale. On en retrouve la trace depuis 1731 en Franche-Comté, mais il existait probablement antérieurement, peut-être importé dans le Jura par des immigrants savoyards ou valaisans, sans doute détrousseurs de grand chemin.

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    Le  Troussot figurait en cinquième position sur la liste des bons cépages établie par le parlement de Besançon en 1732. Il était cultivé un peu partout dans la région où il prenait des noms différents, selon l'accent patois en vigueur à cet endroit: Trousseau à Montigny et Arbois, Triffaut à Besançon,  Trusseau ou Trussiau encore ailleurs. Il a été formellement identifié en Galice sous le nom de Merenzao et on le trouverait même jusqu’en Argentine, usurpant la dénomination de Pinot gris du Rio Negro! Les trousseaux sont pluriel, mais le singulier n'est pas exclu.

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    Son nom viendrait du mot ancien « toursel», qui signifie « paquet». Il faut reconnaitre que sa grappe est bien troussée. Un raisin plutôt couillu, donc, dont la variété la plus qualitative est représentée par le "trousseau des dames". La gent féminine en connait un rayon, lorsqu'il s'agit de mettre la main au paquet.

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    Son terroir de prédilection : les marnes rouges du Trias et les éboulis argilo-calcaires de Montigny-les Arsures, capitale officielle du Trousseau. Sur les 80 hectares plantés dans le Jura, on en trouve plus de 52 ha en Arbois, dont la moitié à Montigny, seul vignoble à voir s’accroître la proportion de ce cépage.

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    Quelques cuvées de Trousseau particulièrement recommandables (liste non exhaustive), dans des styles variés: Singulier et Amphore de Stéphane Tissot, Trousseau des Corvées (cuvée du Nain) et Commendatore de L'Octavin, le Clousot et les Grands Vergers de Michel Gahier, Trousseau des Corvées de Pascal Clairet (La Tournelle), Plein Sud de Fanfan Ganevat, Les Bérangères du Puf, le Ginglet de Philippe Bornard, Arbois de Renaud Bruyère, Rouge de colère de Catherine Hannoun,...

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    Le Ploussard ou Poulsard (l'important c'est d'en boire):

     

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    L’un des trois cépages rouges qui donne droit à l’appellation Arbois ou Côtes du Jura. Le plus girly de tous lorsqu'il se porte en tee-shirt ou quand il est étiqueté rosé. Pas vraiment sa vocation, en fait. Parce que c'est un vrai rouge, même s'il est peu coloré. Raisin noir à jus blanc, il débourre très tôt et concurrence le savagnin sur ses terres de prédilection. Pas de chance pour lui! Les marnes bleues et irisées du Lias se laissent difficilement partager. Il occupe néanmoins à lui seul une surface de 300 hectares, soit la moitié de la superficie plantée en rouge dans le Jura.

     

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    Son nom est un véritable sujet de controverse. L'important, finalement, c'est d'en boire. Etymologiquement, le Ploussard tire son nom de la prunelle, dont les grains ont la même couleur, parfois la même forme. Un nom qui se prononce de façon très différente en patois local selon que l’on habite à Salins (pleusse ou plesse), Arbois (plusse) ou Poligny (plousse ou pelosse) ! L'important, ça reste toujours d'en boire.

     

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    Le  Poulsard, quant à lui, dériverait du latin "pulsare", et c'est vrai que, bien vinifié, il pulse drôlement. Cultivé dans le Jura depuis le XIVème siècle (on parlait alors de Polozard!), c'est un vrai cépage d'ici, ça ne fait guère de doute. Même si l’on en retrouve un peu dans le Bugey sous le nom de Mescle. Il fut inscrit dans la liste des bons cépages publiée en 1732 par le Parlement de Besançon et son identité est fortement jurassienne. Manquerait plus que quelqu'un veuille nous le piquer, tiens!

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    C’est pourtant bien le terme de  Poulsard qui sera retenu en première place dans les décrets d’AOC, au grand dam des habitants de Pupillin, proclamée Capitale mondiale du Ploussard. Un crime de lèse-majesté qui alimente les débats et finit par donner soif. L'important, ça reste quand même d'en boire!

     

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    Quelques cuvées de Ploussard (ou Pousard) particulièrement recommandables (liste non exhaustive), dans des styles variés: Overnoy-Houillon, Point Barre et la Chamade de Philippe Bornard, En Billat de Julien Labet, L'enfant terrible de Fanfan Ganevat, Cuvée Marc de Jean-Marc Brignot (5% de Trousseau), En Chôné du domaine Pignier, les Gruyères d'Étienne Thiébaud, Par ici et Par là de Raphaël Monnier-Ratapoil, Jean-Michel Petit (domaine de la Renardière), Dorabella de L'Octavin, L'Uva du domaine de la Tournelle,...

     

    Le Pinot noir:


     

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    Présent dans le Jura depuis la fin du XIVème siècle, sous le nom ambigu de Savagnin noir, il vient tout comme le Chardonnay de la Bourgogne voisine. Surnommé  Maurillon en raison de sa couleur noire, on ne sait s‘il faut l‘appeler Pinot (du latin «pinus», le pin), ou Pineau (du grec « pinein », boire).

     

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    Si le vocable Pineau est très typé Charente, on l'utilisait aussi en Haute-Saône, tandis qu’à Salins, Arbois ou Poligny, on le préférait Petit Noirin, ceci afin de ne pas le confondre avec le Gros Noirin, qui n'avait pourtant rien à voir avec lui! Besançon penchait pour Noirum, mais dans le sud Revermont, on le qualifiait de Savagnin noir pour profiter de l’analogie avec la star des cépages jurassiens.

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    Classé en deuxième position sur la liste des bons cépages en 1732, juste derrière le Poulsard, mais très critiqué du fait de sa maturité précoce, on le considèrait comme « peu recommandable » au XIXème siècle. Certains allaient même jusqu’à préconiser l’arrachage de ce «raisin des mouches», surnom qui avait le mérite d‘être très évocateur! De nos jours, encore, vestige d'un passé qu'il serait temps de renier, il n'est pas rare d'entendre quelques généralisations déplacées. Du style: "Dans le Jura, le Pinot noir, t'oublies!".
    Ce qu’on lui reproche, en fait, c’est de ne pas produire des vins aussi bons qu’en Bourgogne lorsqu’il est vinifié seul! Mon œil! Sous l’égide du Dr Guyot, plusieurs expériences furent faites afin de rivaliser avec le modèle bourguignon, sans grand succès alors. Mais les Jurassiens persévérants ont toujours su en tirer quelque chose, de ce fichu cépage!

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    Il représente actuellement environ 10% du vignoble rouge. Il est fréquemment utilisé en assemblage pour structurer les rouges et augmenter leur aptitude à la garde. Il faut pourtant se faire un devoir de le goûter seul, pour ne surtout pas avoir à l'oublier.

    Quelques cuvées de Pinot noir particulièrement recommandables (liste non exhaustive), dans des styles variés: Arbois 2005 (les raisins de Camille) et En Barberon de Stéphane Tissot, Côtes du Jura d'Alain Labet, Arbois du Puf, la Pépée (assemblage Pinot-Poulsard) de Jean-Baptiste Ménigoz (les Bottes rouges), PP 2005 (assemblage Pinot-Poulsard) de Jean-Marc Brignot, Côtes du Jura du domaine Pignier, Julien et Grusse en Billat de Fanfan Ganevat, Don Giovanni de L'Octavin, ...

     

    L'Enfariné et autres cépages oubliés:

     

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    Recouvert d’une pellicule blanchâtre, d’où son nom, l'Enfariné fut candidat à l’arrachage en 1731. Aussi «désagréable que le nom est déplaisant, son vin léger est acerbe et peu coloré», d'après un certain Chevalier, très acerbe lui aussi, et dont on peut penser qu'il s'est fait rouler dans la farine. Car l'acidité naturelle de l'Enfariné peut faire des merveilles dans des mains expertes. À tel point que certains n'hésitent pas, parfois, à le vinifier seul.

     

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    Ces vieux cépages généralement complantés de tout temps au sein des parcelles sont proscrits dans l'appellation et généralement voués à l'arrachage. C'est compter sans l'opiniâtreté de certains à vouloir les sauver et les préserver à tout prix, tant leur apport est passionnant dans des cuvées qui fleurent bon la simplicité et la rusticité.

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    Quelques cuvées de vieux cépages particulièrement recommandables (liste non exhaustive), dans des styles variés: J'en veux de Fanfan Ganevat, À table avec Léandre du domaine Pignier, Le Ratapoil de Raphaël Monnier-Ratapoil, Vin de Pays de Franche-Comté d'Étienne Thiébaud (domaine des Cavarodes)...
     

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    Olif

  • Ventoux, parce que tu le Vau(cluse) bien!

     

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    Carpentras, fraises, cerises, truffes et berlingots

     

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    Carpentras [karpɑ̃tra], capitale du Comtat Venaissin, traversée par l'Auzon et la Mède (dont les crues sont particulièrement craintes des Carpentrassiens, puisqu'elles les laissent dans la Mède, justement), possède une particularité phonétique cocasse [kokas]. Contrairement à Gigondas [ʒigɔ̃das] et à l'instar de Cassis [kasi], aucune trace de [s] lors de la prononciation de son nom. Merveilleuse complexité de la langue française qui permet aux érudits de ramener leur fraise à Carpentras [karpɑ̃tra]!

     

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    S'il ne fut pas aisé de photographier un berlingot devant un garage Citroën, même à Carpentras, le temps des cerises du Ventoux a fini par arriver avec plus de 15 jours de retard sur l'horaire initialement prévu. Ce qui a notamment contraint à l'annulation de la traditionnelle fête de la cerise de Venasque. Épreuve reine de ces traditionnelles festivités consacrées au "diamant rouge provençal", le concours de cracher de noyau de cerise peut à défaut se pratiquer à la maison, sur sa terrasse, même en nocturne ou après une dégustation de vins du Ventoux et un repas bien arrosé. Les résultats restent alors généralement confidentiels et controversés, faute d'une bonne luminosité, d'un décamètre opérationnel et d'un arbitrage à la hauteur.


     

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    Puisqu'on parle de diamant, le noir vaut bien le rouge, fût-il estival. Logiquement moins réputée que sa variété hivernale, la truffe d'été n'en offre pas moins de belles sensations gustatives, surtout lorsqu'elle est servie à toutes les sauces, avec tous les plats, de l'entrée au dessert. Ce qui est quand même plus goûteux que des patates et du lard, y compris dans une bombe glacée surprise. Chez Serge, à Carpentras, il y en a au menu. De la bonne trutruffe d'été qui se marie à merveille avec les vins du Ventoux. En blanc, par exemple, un Éclat de Fondrèche 2012, juvénile et gouleyant. En rouge, Moitié vide Moitié pleine 2009 de Solence, domaine qui ne fait habituellement pas les choses à moitié, car en bio depuis sa création.

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    Un Ventoux pour moi tout seul!

     

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    Bien avant que des hordes de camping-cars venus de l'Europe entière ne s'installent temporairement sur ses flancs, comme ce sera le cas encore cette année, au détour de la grande boucle du Tour de France, et ce, dans l'unique but de passer une journée sur leur chaise de camping avant de lever 5 minutes leur cul devant les caméras de télévision pour vociférer ou courir derrière une armée de cyclopédistes professionnels carburant à la potion magique customisée, quand ce n'est pas bêtement à l'eau claire, mais alors là, ils sont loin derrière, le Mont Ventoux est la proie d'amateurs de tout poil, qui n'ont eux aussi qu'une idée en tête: grimper au sommet, de quelque façon que ce soit. Quitte à finir sur les rotules ou ramper dans les derniers lacets.

    Devant la perspective d'une performance sportive mesurable et quantifiable, Mme Olif, qu'il n'aurait pas fallu emmener au sommet en voiture sans lui laisser la possibilité d'y aller aussi en vélo, a préféré ascensionner le Géant via Malaucène, plutôt que de faire une petite balade en VTT sur ses flancs en ma compagnie. Peu importe, je suis un adepte de l'effort solitaire. Quand tu te retrouves tout seul avec ton petit vélo face à la montagne pour la première fois, tu te sens quand même un peu tout nu. Et là, tout d'un coup, comme par magie, tu n'es plus seul, lorsque tu longes les murs du camp naturiste de Bélézy. Sur le GR91 au départ de Bédoin, pas un seul bédouin, par contre. Ni à pied, ni en deux-roues.

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    Une fois déposés les Clops, ça commence à fumer sévère, avant de toussoter, puis cracher ses poumons en longeant la Combe de Mars, même quand on n'a pas touché au tabac depuis des années. C'est à ce moment précis que tu regrettes de ne pas avoir rempli ta gourde avec un peu de vin blanc du Barroux, qui ne figure pas sur la liste officielle des produits dopants. La longue montée sur chemin caillouteux se négocie difficilement, mais avec dignité. Arrivé à Mazanet, cote 869m, le plus dur reste à faire. Encore 1000 mètres de dénivelé positif jusqu'au sommet. Pas les plus faciles. Mais comment j'ai fait pour grimper jusque-là, moi, déjà, rien qu'en suçotant des berlingots et à la force de mes mollets? Courage, fuyons! Marche arrière toute, pour une descente chaotique. L'ascension ultime sera inscrite pour moi au prochain ordre du jour, finalement.

     

    AOP Ventoux: action en hausse?

    Plus grande appellation rhodanienne par sa surface, l'AOP Ventoux vit pourtant à l'écart et à l'ombre des côtes du géant du Rhône, là où l'ombre du Géant de Provence devrait plutôt la mettre en lumière. Fascinante montagne à l'atout marketing indéniable, même si ce n'est évidemment pas ce qui prime pour l'amateur de vins. À côté des coopératives qui trustaient la majorité de ce vignoble de plus de 6500 hectares, il y a une vingtaine d'années, ce sont désormais plus de 130 vignerons en cave particulière qui haussent le niveau qualitatif en même temps que celui du cours du raisin. Une dynamique bio s'est installée, s'exprimant notamment au sein d'une association: les BioVentoux. Et puis quelques francs tireurs, parfois venus d'ailleurs, contribuent au rayonnement de l'appellation. Comme Philippe Gimel au Barroux, par exemple. Ou encore Olivier B. à Méthamis.

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    Le Barroux, petit village médiéval situé entre Carpentras et Malaucène, entre Ventoux et Dentelles de Montmirail. C'est là que Philippe Gimel s'est posé en 2003, diplôme d'œnologie en poche, après avoir appris auprès de quelques domaines parmi les plus réputés de Rhône-Sud. Saint-Jean du Barroux est un vignoble d'un seul tenant, en terrasses, exposé nord-ouest. De la vigne, évidemment, mais aussi des genêts et des haies, pour respecter au mieux la biodiversité et l'écosystème. Et un mirabellier également, apparu spontanément dans un coin, comme pour rappeler les origines lorraines du vigneron-œnologue. Du Ventoux en dentelles, pour résumer. La particularité du Barroux, c'est la proximité de la faille de Nîmes, qui a bouleversé la géologie du lieu et favorisé l'émergence des argiles rouges du Trias, généralement enfouies à plusieurs kilomètres sous la terre des vignes de la plaine. Une mosaïque de terroirs géologiquement distincts qui, combinée aux effets de l'altitude (entre 300 et 500 mètres) et de l'exposition, donne naissance à des vins de grande expression possédant beaucoup de fraîcheur innée, qu'il faut néanmoins savoir préserver.

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    Le choix de Philippe Gimel s'est porté sur une sélection de raisins pour élaborer ses cuvées, positionnées dans un registre crescendo de concentration. Vendanges par tries successives, donc, qui donnent des vins d'un style plutôt riche et opulent, mais dans un souci permanent de recherche de la fraîcheur maximale, pour ne pas perdre le caractère salivant et buvable du vin. On se plaît à imaginer ce que pourrait donner une sélection parcellaire, apte à faire ressortir les caractéristiques de chaque terroir, mais ceci n'est pas d'actualité, afin de ne pas rendre trop complexe une gamme déjà largement plébiscitée par les amateurs, notamment étrangers, les premiers à avoir succombé aux charmes des vins de Saint-Jean du Barroux: La Source, L'Argile et La Pierre Noire pour les rouges, La Montagne pour le blanc.

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    Pour cause de tout petit volume, la Montagne 2012 (clairette et bourboulenc) a été élevée pour moitié en cuve et en fûts de plusieurs vins pour l'autre moitié. Fallait-il assembler ou pas? Cruel dilemme! Le vin de cuve, au fruité très frais, a finalement été mis en bouteilles sur son fruit. La version fût est un peu plus complexe au nez, avec des notes de malt et d'anis. Sans doute attendra-t-elle encore un peu son tour dans la barrique. 2011 est déjà en place, un beau vin qu'il faudrait savoir attendre, si l'on en juge par l'éclat du 2007, magnifique de complexité, d'arômes et de texture. Grenache blanc, clairette et bourboulenc au sommet du Ventoux! En rouge, les trois cuvées, goûtées alternativement en bouteille ou prélevées sur fût, possèdent chacune leur style, désormais bien défini. Les 2012 s'annoncent plutôt très bien, si ce n'est que les volumes seront malheureusement plutôt limités. Côté vin en bouteille actuellement commercialisé, mention particulière à la Pierre Noire 2009, au jus alliant merveilleusement richesse et fraîcheur.

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    Et enfin, ce Micro-climat 2011, des raisins de grenache, syrah et carignan ramassés à une maturité exceptionnelle qui donnent un vin naturellement riche, lui aussi, exceptionnel. Et ultra-confidentiel, évidemment.

     

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    Chez Olivier B., dans le petit hangar de Méthamis, acheté, agencé, rénové, isolé, la Troisième en fait des caisses. Cette syrah des Nayes en est à sa troisième édition avec le millésime 2010, comme son nom l'indique. La Quatrième et la Cinquième ne sortiront des limbes que si leur état le permet, ce qui semble en bonne voie, vu le jus qui se trouve actuellement dans les fûts. Pendant ce temps, les Amidyves continuent d'élargir leur cercle. Et ils restent fidèles en amitié, même de nombreuses années après, comme peut en témoigner ce 2002, période Cascavel, dans un registre délicatement évolué, parfaitement à point.

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    Ayant digéré le buzz qui lui a permis de continuer l'aventure, Olivier B., le vigneron AJT, est reparti à fond, avec dans le viseur une deuxième année consécutive "zéro traitement" à la vigne. Il va pourtant lui falloir trouver un remède à une situation sentimentale compliquée administrativement parlant, de quoi s'en casser les côtes. Comme Olivier en a sous le chapeau, gageons que cette belle histoire d'amour connaitra rapidement un dénouement heureux.

     

    Monieux: une escapade romanesque

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    Faire un saut dans la Nesque fut le grand challenge pédestre de cette expédition vauclusienne, histoire de ne pas l'avoir en travers de la gorge au cas où on ne l'ait pas fait. Vingt-cinq kilomètres sans une seule âme, ou presque, entre Villes-sur-Auzon et Monieux, voilà qui n'est pas banal. Tout au plus quelque cycliste ayant bravé la pluie et le temps maussade de ce mercredi matin. Sans oublier un ou deux camping-cars belges, une fois. Un panorama à couper le souffle pendant tout le trajet, digne de celui des gorges du Verdon, culminant en face du rocher du Cire, balayé en son temps par le Mistral, Frédéric de son prénom. Parking à Monieux, joli village médiéval dont la boulangerie-épicerie est fermée le mercredi, point crucial qui mérite d'être souligné. Pas de chance! Direction le lac du Bourguet, légèrement plus petit que son quasi-homonyme savoyard, et descente le long de la Nesque, en rive gauche. Enfin, descente, façon de parler, puisque le sentier grimpe allègrement dans la forêt jusqu'au sommet des falaises bordant l'entrée des gorges. Le clou du parcours, ce sera la descente par le GR9, à flanc de falaise, jusqu'à la rivière, qu'il faudra traverser à gué. La pittoresque chapelle Saint-Michel, dont on se demande bien ce qui a pu pousser les habitants du XIIème siècle à venir l'ériger là, juste sous la falaise, s'offre alors à nos yeux ébahis et nos pieds trempés.

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    N'exclure aucune hypothèse, évidemment, mais n'escomptez pas faire la visite de cet édifice religieux sans un exquis mérite. Aucune excuse! Un parcours alternatif existe pourtant bel et bien, une esquive impraticable ce jour-là: suivre le cours de la rivière, généralement à sec désormais, sauf en 2013, bien entendu. La remontée s'effectue en rive droite de la Nesque, pour ceux qui ont tourné dans le sens des aiguilles d'une montre. Une remontée, que dis-je? Une escalade, presque. En surplomb de la falaise, avec moult passages rocheux en guise de bon escalier. Une escapade à déconseiller aux personnes à mobilité réduite, aux chamois paralytiques et à James Stewart dans Vertigo.

     

     

    Arrivée théâtrale en Avignon


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    Pendant que la cour d'honneur du Palais des Papes se prépare à résonner au son des tirades du gratin du théâtre contemporain, les rues d'Avignon sont un spectacle permanent: celui des colleurs d'affiches de spectacles de poche plutôt off. Ça grouille, ça pose l'escabot, ça grimpe, ça s'engueule, ça arrache les affiches des autres, quand elles viennent empiéter sur celles des uns, ça vit au diapason du grand théâtre de la vie. Le temps d'une promenade papale et d'une bière sur le parvis du palais, direction Verquières, pour nourrir le ventre autant que l'esprit. Et, surtout, en croquer méchamment! Du chou, mais pas que.

    Le Croque-Chou, à Verquières, presque une institution. Une affaire de famille, en tout cas, avec Sébastien Folz au piano, Monique et Daniel Folz en salle.

     

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    Des produits frais de premier choix, une cuisson impeccable, des plats justes et précis, une carte des vins pléthorique et judicieuse, faisant la part belle aux beaux et bons vignerons, un cadre agréable avec terrasse donnant sur l'église du village. L'assurance d'être absous du péché de bonne chère, c'est certain.

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    La trilogie d'œufs à la coque revisités, c'est un grand classique de la maison. Les accompagnements varient, suivant la saison. Dommage que celle de la truffe soit derrière nous, même si écrevisses et asperges ont bien joué leur rôle. Un délice de saveurs et de textures!


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    La côte de taureau, elle vient de Camargue, maturée à souhait et cuite à la perfection, le Petit Taureau, il vient du Roussillon, maturé à souhait et élevé à la perfection également. L'accord camargo-catalan est quasi fusionnel, olé! De quoi cloturer en beauté ce séjour au pied du Ventoux, qui devrait en appeler d'autres, j'en ai bien peur!

     

    Olif

     

    P.S.: le Tour de France au Ventoux, c'est aujourd'hui. Comme un petit relent de vacances...

     

    P.S.2: les vacances, ce n'est pas encore fini, enfin pas pour tout le monde. Mais il y a un peu de devoirs de vacances à faire, quand même, grâce à André Deyrieux, œnotouriste toute l'année, quel beau métier!

  • Tronches flambées...

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    C'est à l'initiative de Jean Walch, l'indispensable caviste strasbourgeois voguant au fil du vin libre sur l'Ill, quai des Bateliers, que les Tronches ont accosté dans la capitale alsacienne à la fin mai. Une rencontre 3 en 1, éminemment sympathique, associant la Librairie des Bateliers toute proche et L'essentiel chez Raphaël, le roi de la flammekueche bio installé à la Krutenau.

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    Dès 16 heures 30, les quatre tronches alsaciennes du vin avaient répondu "Présent!" à l'appel. Sympa de retrouver ensemble, sous l'égide des tronches, Lucas Rieffel, Christian Binner, Jean-Pierre Rietsch et,  légèrement en retard, mais excusé pour cause de manif anti Monsanto, Patrick Meyer.

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    Lucas Rieffel, le premier sur les lieux, n'a pas tardé à dégainer un Crémant de première bourre, du même niveau que celui de Jean-Pierre Rietsch, qui a enchanté la soirée Lancement de Tronches. Mittelbergheim, pays des bulles? Tout juste le temps de goûter au Katz'en'bulles 2009, version pinot gris, jus atypique plutôt décoiffant, de Christian Binner, et au pinot noir Heissenstein de Patrick Meyer, qu'il était déjà temps pour moi de me téléporter à 100 mètres de là, à la Librairie des bateliers, pour donner une "conférence" improvisée, ce que je n'avais jamais encore vraiment imaginé faire jusque là.

     

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    Et il y avait foule! Sans aucun idiotisme alsacien, même le plus intelligent qui soit, il m'a fallu raconter la génèse des Tronches depuis le début, de la gestation à l'accouchement, cigogne incluse, pour que l'auditoire puisse cerner un peu les motivations des auteurs et une partie des enjeux abordés dans le livre. Un public nombreux, curieux, assidu et intéressant, des libraires visiblement passionnés, de la trempe de ceux que l'on aime bien cotoyer ou rencontrer, qui questionnent, inquisitionnent, cherchent la petite bête pour pousser gentiment l'auteur à la confidence. Un joli moment de partage, ponctué par moult dédicaces de Tronches, et qui s'est cloturé par un verre d'EMMA, le Crémant de Patrick Meyer, du nom de la plus pétillante de ses trois filles.

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    Troisième étape de ce microtour de la Krutenau, si l'on excepte un léger retour à la case dégustation-apéro chez l'ami Jean Walch, jamais à court d'une quille, L'essentiel chez Raphaël. Pour une soirée Flammess à volonté, accompagnée d'un certain nombre de bouteilles pas encore vidées ni entamées. Natures, gratinées au munster, au tofu, salées, sucrées, mais surtout extra fines et extra bonnes, sans nul doute les meilleures tartes flambées jamais mangées, élaborées exclusivement avec des produits bios, et accompagnées de quelques-uns des meilleurs canons alsaco-toscano-jurassiens qui puissent exister.

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    La prochaine fois, en Alsace, on fera soirée choucroute et savagnin, promis!

     

    Olif

     

    P.S.: ce week-end, on remet ça, une fois! Sortie extra-hexagonale du côté de Bruxelles. Podverdeke, fieu, va y avoir de la Tronche au comptoir, du côté de la rue du Page, chez Basin & Marot. Avant de déquiller du nature italien et une ou deux Cantillons, j'en ai bien peur! Et de partir faire un tour de Vespa tout nu du côté d'Ostende...

     

     

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  • 7 qui prend!

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    Ce petit Chérubin les fesses à l'air sur son tonneau illustre le tout premier vin jaune d'Alice Bouvot et Charles Dagand. Une grande première pour ce domaine jurassien désormais phare, qui a su se tailler en moins de 7 ans une place de choix dans le milieu du vin bio et naturel jurassien, dans le milieu du vin du Jura tout court, dans le milieu du vin tout court. Alice et Charles, du domaine de l'Octavin, ont fait leurs gammes avec Mozart et ils ne l'ont pas renié, car ils bossent toujours avec Don Giovanni. Mais ils vont désormais au-delà, proposant une gamme de vins qui dépotent, contenant comme contenu. Pas de recette spécifique, en dehors d'un gros travail biodynamique à la vigne, plutôt un feeling et une inspiration qui leur donnent envie de se laisser guider par le raisin en cours d'élevage, question de confiance. Et le plus souvent, ça paye! D'une année sur l'autre, les vins ont leur propre identité. Un de leurs gros succès, que l'on trouve sur les meilleurs tables du monde, en toute modestie, c'est le Trousseau des Corvées.

     

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    Avec cette cuvée, dite du Nain, boire du trousseau n'est jamais une corvée. Une étiquette signée Mme Olif, tronche de peinture, qui a du coup été sollicitée pour habiller le Chérubin. Avec pour consigne toutefois de lui laisser les fesses à l'air. Un Nain jaune pour une désacralisation du clavelin, dont bien peu de vignerons, pour ne pas dire aucun, osent un nom spécifique, encore plus s'il est fantaisiste. Deux fûts élevés en parallèle dans une même cave fraiche et humide, mis en bouteilles séparément, et deux vins s'exprimant légèrement différemment. Ciré bleu pour un nez épicé, champignon de printemps, qui sait pourtant rester frais dans le gosier. Ciré jaune pour des arômes plus réservés au nez, mais une bouche tout en dentelle et en finesse, hautement salivante. Un jaune réjouissant, qui a pourtant frôlé le déclassement, n'exprimant pas une soit-disant typicité arboisienne, généralement sur la noix prononcée. Il s'est fort heureusement bien rattrapé à l'oral, le contraire aurait pû être un scandale à la hauteur de "la faute grave" qui a coupé les ailes du Moulin-à-Vent du domaine de la Molière tout dernièrement.

     

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    Les autres nouveautés, ce sont des histoires de rébus avec des chardonnays de la Mailloche macérés et un Zest de savagnin, lui aussi cuvé au lieu d'être râpé. De bien belles quilles et de quoi se taper une bonne partie de jeux de société en compagnie d'Alice et Charles! 7 qui prend?

     

    Olif

  • Rebiffade catalane...

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    Tandis que la France entière grelottait sous la grisaille et que la Vendée portait un brassard noir en signe de deuil de ses REVEVIN, le pourtour méditerranéen soufflait le beau temps sous le pont de l'Ascension, grâce à un copieux mistral et une généreuse tramontane. Pas un seul nuage à l'horizon, au prix d'une permanente un brin ébouriffée. On n'a rien sans rien. Le temps d'une traversée dans l'eau fraîche, entre Argelès et ... euh ..., il était déjà l'heure de réenfiler ses sandales et son calcif. Direction Calce, pour voir les caves se rebiffer sévère. La revanche du jeudi a contre-attaqué grave, même si on était déjà samedi. Les 6 domaines du village rinçaient et invitaient, à grands coups de canons intergalactiques.

     

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    Sabre laser contre pipette nucléaire, le combat était par trop inégal. Des renforts de guests ont dû être appelés à la rescousse. La fête au village, quoi. Tout au plus peut-on regretter un déficit de signalisation des vignerons participants, qui n'aide pas le visiteur de passage à se repérer dans les petites rues tortueuses de Calce pour gagner les différentes caves, lorsque le flux humain se fait rare, à l'heure de la sieste, au plus chaud ou au plus venté de l'après-midi.

     

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    Le point de ralliement immanquable, à Calce, c'est le Presbytère, où l'on peut se restaurer merveilleusement à la sauce catalane et avec l'accent. Ollada et Pa d'aou, menu rebiffant unique pour tous. O quoi? Pa quoi? Heureusement, le catalan de base est serviable et polyglotte. Il a la traduction française facile pour ses voisins de tablée francophones. Une fois que l'on sait que le "o" se prononce "ou", facile de comprendre que l'on a affaire à une ouillade (un genre de potée catalane avec un petit boudin noir que, si tu n'en as jamais mangé avant, tu ne sais pas ce que tu perds) et à un pain d'œuf (une petite tuerie de flan maison bien meilleur que celui que tu penses réussir dans la tienne, de maison), de la cuisine catalane pur jus qui remplit bien le bedon et te permet d'affonter sans crainte la dégustation de vins qui a précédé ou qui va suivre.

     

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    Chez Jean-Philippe Padié, tronche de vin à lunettes de soleil et au crâne rasé, l'ambiance est à la décontraction et au débouchonnage, tandis que ça bouchonne à Paris. La foule se rue néanmoins auprès du Petit Taureau, dernière mise de 2008 bourrée de vigueur et de fraîcheur, mais aussi de Fleurs de Cailloux et de Milouise, les deux blancs du domaine qui s'arrachent, à tel point qu'il a fallu s'engouffrer dans le Tourbillon de la vie pour avoir un peu de blanc (de négoce) bien fruité à proposer à la clientèle avide. Et puis un rosé de mouvèdre, Ecxebeche, loin de parler fort pour ne rien dire. qui serait un bien beau rosé pour mourir, foi de Deadman.

     

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    Rémy, dealer d'affiches, de tee-shirts en boîte ... et de Tronches de vin.

     

    Le guest de Jean-Phi, il nous vient de la Loire (42), de la Côte roannaise plus précisément, et ce n'est plus tout à fait un inconnu. Le vin de Philippe Peulet, désormais interdit aux buveurs d'étiquettes, bombe aisément du torse, sans jamais se la péter. Des Bonichons, qui existent aussi en bonnet D, aux réfractaires Moines noirs, le gamay se complaît dans cette expression épurée, gourmande et minimaliste. Que celui qui n'a jamais têté aux délicieux Bonichons me jette la première pierre. 

     

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    And now, for something completely different, mais pas trop quand même, rendez-vous à la cave d'à côté, chez Olivier Pithon, pour goûter, le 357 sur la tempe, une jolie série noire ou plutôt rouge. Mon P'tit Pithon 12, Laïs 11 et Le Pilou 10, c'est du gros calibre. Du glou, du dense et du solide, qui serpente dans le gosier!

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    Tout en bas du village de Calce, on aurait pu croire que c'était le désert, mais non, il y avait Gauby. Et Matassa. Et plein de monde, pour le coup. Ça festoyait dur, avec les invités espagnols et ligériens. Musique, flonflons, table d'exception dans l'arrière-boutique, où le visiteur de passage n'était malheureusement pas convié. Pas goûté Gauby depuis un moment, c'était un manque que je me suis dépêché de combler. Des Calcinaires, blanc et rouge, à la Muntada 10, il y a de quoi se régaler. Des vins vibrants et vivants, frais comme des gardons frétillant dans l'Agly, grâce à une maturité totale obtenue à un degré alcoolique plutôt faible. Le fruit d'un travail intelligent et persévérant du sol, qui a restauré l'équilibre global des parcelles et, par conséquent, des vins, d'une fraîcheur exceptionnelle. Le guest des Gauby, il nous vient aussi de la Loire, mais beaucoup plus en aval, du saumurois plus exactement. Antoine Foucault, dit Tatane, est un gars franc du Collier. Il a fui les frimas printaniers ligériens pour se réfugier dans la vallée de l'Agly, le temps d'un week-end. Ses vignes ont été relativement épargnées lors du sinistre gel saumurois du 29 avril, ce qui n'a pas été le cas pour tous les vignerons du secteur, malheureusement. La Charpentrie existe désormais en rouge, premier millésime revendiqué en 2009, un vin qui a des tripes. Et le blanc affiche fièrement sa belle minéralité septentrionale. Chenin et maccabeu, même combat!

     

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    Chez Tom Lubbe, gros plaisir également. Celui de voir le vigneron découvrir son portrait dans Tronches de vin, comme de goûter à ses vins. Mention particulière à Marguerite (avec sa part muscatée, rien à voir avec la jurassienne), et El Sarrat, pour sa franchise et son fruité. Le guest de Tom Lubbe, c'était Juan Ramon Escoda, tronche du vin espagnol. Je n'ai pas goûté à ses vins ce jour-là (je l'avais fait à Angers cet hiver), mais ce fut un bonheur de le voir également découvrir comment il a été tronchisé dans le guide des vins qu'ont d'là gueule. Avec en photo pour illustrer son portrait, deux énormes jarres dans lesquelles certains ont cru reconnaître ses fesses... Les vignerons sont facétieux, parfois!

     

    Que la force catalane soit avec eux!

     

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    Olif

  • Biojo pur Leynes

     

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    Mine de rien, avec sa 4ème édition, la Biojoleynes est en train de s'installer tranquillement dans le monde des salons qui comptent. Pas un salon de plus, pas un salon de trop, non. Plutôt une fête villageoise familiale autour du bio,  ouverte aux autochtones, aux voisins, aux locaux, à ceux qui viennent d'un peu plus loin, aux particuliers et aux professionnels, où tout le monde se retrouve et s'y retrouve dans un excellent esprit. Grâce à la dynamique équipe qui l'anime, Catherine Jambon en tête, la petite fête du vin et de la bio du sud-mâconnais/nord-beaujolais prend de l'ampleur et s'étire désormais sur deux jours, ce qui a pour double effet d'occuper le week-end entier et d'étaler l'affluence. Entrée libre pour faire son marché paysan, consulter un livre au Cadran lunaire, voire se faire dédicacer la tronche. 3€ le verre, par contre, mais ce n'est pas cher, si l'on veut déguster les vins de la vingtaine de producteurs présents, tous en bio.

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    Parmi les vignerons, des piliers, des anciens, des nouveaux, des invités, hors Beaujo. Jura, Auvergne, Roussillon, Ardèche, pour changer un peu du gamay. Quoique en Auvergne...

     

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    Mais en Beaujolais, la grosse claque, elle est venue de Denny Baldin, qui, avec son amie Jeanne Merer, n'hésite pas à aller reluquer les dessous du cep. Une bouille souriante, avec le chapeau qui va bien, un accent italo-irlandais craquant qui fait qu'il est difficile de lui refuser un verre, sans aucune possibilité de cracher quelque part, sous peine de passer pour un goujat. Cléopatra, c'est du lait d'ânesse, du Vin de l'ivresse sans soufFrance en Bojo, tout un programme et le magnum n'y suffit même pas.

     

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    Avec Benoit Camus, pas de question à se poser, on va directement à l'essentiel. L'étiquette parle d'elle-même, en grosses lettres. Le vin aussi, et il dépote. Sa cuvée précédente a eu l'insigne honneur d'être tranchisée par Philippe Jambon himself l'année dernière, nul doute que ce djeun a de l'avenir.

     

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    Paul-Henri Thillardon n'est déjà plus un inconnu. Il est en train de porter les couleurs de Chénas, l'un des plus mésestimés crus du Beaujolais, au firmament. Sa cuvée de Chénas Les Charrières est épatante, comme d'habitude, mais la plus grosse and good vibration, elle est venue du Chénas Les vibrations 2011, sans SO2, d'une densite étonnante. Il demande du temps, dans une carafe ou à la cave, mais il y a du vin dans cette bouteille!

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    Jean-François Cuzin est un ratapoil en cours de conversion professionnelle. Mais il est déjà bien affranchi question vin, faut dire que, dans la vraie vie, il est encore facteur à mi-temps. Son vin est déjà bien dans l'air du temps, puisque c'est le nom du domaine. On devrait en causer dans la Poste avant longtemps et on le suivra avec attention.

     

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    Romain Desgrottes n'est plus non plus un inconnu. Il vendange tout nu, sans électricité, du côté de Saint-Étienne des Oullières, pendant que Perrine tresse des sarments pour en faire les plus beaux bijoux de famille de ce petit coin de paradis. Dans leur petite grotte, ils vinifient des cuvées bien roots qui redonnent envie de croire à un monde meilleur. Et si c'était définitivement ça, le vin vrai?

     

    Le Beaujolais? Le plus bel endroit du monde pour faire salon!

     

    Olif

     

  • Fantastique symphonie savoyarde!

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    Oh! les filles, oh! les filles! Elles nous rendent marteau. Et accro, aussi. A Chignin, on leur croque volontiers dans le bergeron. Chez Gilles Berlioz, qui leur a dédié une cuvée spécifique de Chignin-Bergeron depuis le millésime 2007. Avec, abricot sur le gâteau, une étiquette renouvelée chaque année, pour coller à l'humeur changeante des Filles, sans aucun doute. De la longue suite de prénoms féminins ayant laissé leur empreinte dans celle du millésime 2007 à la marche volontaire des piocheuses en blouse bleue de 2012, Mouton peut presque aller se rhabiller, chaque étiquette ayant sa propre petite histoire et son propre style. 2013 verra-t-il se poursuivre la superbe série?

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    En attendant, le 2012 se goûte merveilleusement sur le fruit, rond, frais et déjà harmonieux. La verticale complète sera pour une prochaine fois. La ...Deuze 2012 se remet tout juste de la mise en bouteilles, mais promet mon... et merveilles aussi. Un joli jus issu d'un millésime difficile mais plutôt réussi, finalement.

     

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    Du Viviers à Chef-lieu, il n'y a pas de quoi se crêper le Chignin. Surtout entre cousins. Ce week-end là, ça tombe bien, c'était portes ouvertes chez Adrien Berlioz, le (petit) cousin de Gilles. L'occasion de goûter à deux ou trois trucs, voire à d'autres, pas initialement inscrits au programme. En bouteilles, jacquère et bergeron rayonnent sous le soleil savoyard. On n'attendra pas l'hiver, la neige, les stations, la fondue et la raclette pour commencer à les déguster. Et on en mettra même quelques exemplaires de côté pour l'été prochain. Du vin de Savoie toute l'année, pour toutes les occasions, avec la grande cuisine, on ne va pas se priver. Et si on a encore soif, on se tapera même un magnum de Cuvée des Gueux 2009, tellement bon, même si ça n'aurait pas dû l'être.

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    Le 2010 de cette même cuvée n'est pas non plus tout à fait œnologiquement correct, mais de là à être dégueu! Tout au plus un chouïa de volatile parfaitement intégrée. Le peu d'autres vins du millésime 2012, encore en élevage, peine à finir de fermenter mais se goûte plutôt déjà bien. Dont un joli chardonnay et un juteux persan. Sans parler d'une mondeuse, que certains trouvent dégueu, mais pas tous, et qui sera peut-être miraculée un jour. Surtout ne rien dire pour l'instant, et croiser les doigts, parce que sa destination finale est encore incertaine et inconnue, alors chut!

     

     

    Olif

     

     

  • 2013: le sacre de Terres et vins de Champagne

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    Terres et vins de Champagne, 5ème édition, le sacre du printemps champenois. Et quel plus bel endroit pour le célébrer que la Cathédrale Notre-Dame de Reims?

     

     

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    Que de chemin parcouru depuis le 20 avril 2009, où 17 vignerons champenois fous de terroirs se réunissaient officiellement pour la première fois, afin de faire découvrir leurs vins de Champagne, avec et sans bulles. L'affluence était déjà au rendez-vous, mais le patio du Castel Jeanson permettait encore de s'attabler à l'ombre pour un moment de récupération bien venu. Souvenir, souvenirs...

     

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    Terres et vins de Champagne, à l'indéniable succès, est un évènement incontournable du printemps champenois, désormais inévitablement accompagné de quelques offs qui viennent étoffer l'offre de dégustation pour les professionnels ayant effectué le déplacement. C'est tant mieux. En 2013, pour accueillir les vignerons et les dégustateurs de Terres et vins, il a fallu réorganiser la disposition des tonneaux et rajouter moult tentes dans la cour du Castel Jeanson, pour permettre l'installation de la cave du Bon Manger de Reims et la restauration des troupes à la mi-temps. Je retiendrai de cette édition la grande homogénéité qualitative du millésime 2012 qui, s'il fut difficile et compliqué à gérer pour le vigneron, récompensa merveilleusement le gros travail fourni. Dommage du peu! De belles et grandes cuvées en perspective.

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    Honneur aux petits nouveaux, même s'ils ne sont pas nés de la dernière pluie champenoise. Le Champagne Georges Laval est en bio depuis plus de 40 ans, ça fait un bail. Le rosé de Cumières, présenté par Vincent et bu à l'ombre de la Cathédrale de Reims, est aussi resplendissant que la grande rosace sous le soleil champenois. La dégustation de ses vins clairs 2012 en version parcellaire est éloquente, mention particulière aux Chênes, la quintessence d'un grand chardonnay.

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    Marie-Noelle Ledru a déjà quelques millésimes à son actif. Ses vins clairs sont lumineux et ses champagnes ont la bulle incisive, laissant le palais frais, le cœur content et le poil bien dru. Le brut nature est même plutôt décoiffant!

     

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    Il n'y a pas que des bulles, en Champagne, où le vigneron ne s'interdit pas de voir rouge. Comme ce bluffant Trépail rouge 1999 de David Léclapart, à la grande finesse et à l'évolution harmonieuse, ou encore le Coteaux Champenois 2009 sans soufre de Benoit Lahaye. Sans oublier le jus éclatant du pinot noir 2012 d'Étienne Goutorbe. Aÿ, Aÿ, Aÿ! Un très beau vin en perspective, lorsque l'élevage sera terminé! Étienne peut être satisfait du beau travail accompli, bravo!

     

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    Et puis, en Champagne, on croise régulièrement de bonnes tronches, que l'on peut désormais même voir in situ en peinture.

     

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    Olif

  • À la 3ème édition du Nez dans le vert...

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    Le nez dans le vert au pays du Jaune, troisième! On en a vu de toutes les couleurs. De la musique, du spectacle de rue, de la distillation de marc dans la cour, des tronches, des vignerons d'ici ou d'ailleurs, des amateurs, des touristes, des cavistes, des sommelieristes, plein de gens. Et puis le retour aux origines, à la Pinte, même si le salon n'était pas parti depuis longtemps. Juste le temps d'une escapade à Gevingey, dans le Sud. Même que ça avait été très bien aussi, mais, bon, les caves de la Pinte, quand même... Météo clémente, quoique un peu fraîche, mais la pluie annoncée n'est pas venue. Ambiance festive et conviviale, ce qui n'exclut pas le sérieux d'une dégustation, surtout quand la foule n'est pas encore au rendez-vous. Ou plutôt qu'elle est déjà partie, en fait.

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    À la troisième édition du Nez dans le vert, il y avait des tronches. Obligé, c'est d'actualité. Dedans et dehors. Il n'aura pas fallu bien longtemps à Julie et Jérôme, des Gourmands lisent, pour écouler tout leur stock, les Jurassiens ne sont pas bégueules.

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    Les Tronches avant, et encore, un certain nombre d'exemplaires sont planqués sous la table (Jérôme est encore un peu tendu, l'air de ne pas vouloir le montrer).

     

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    Les Tronches après, les exemplaires planqués sous la table ont également disparu (Jérôme est parti boire un coup).

     

    À la troisième édition du Nez dans le Vert, il y avait un alambic. Officiel. Venu pour distiller le marc de la Pinte. Hasard du calendrier? Mystère. Pendant que l'eau de vie de marc coulait au bout du tuyau, le distillateur en a profité pour cuire les saucisses, le lard et les patates dans les cuves de marc. Rarement gouté à une cuisson aussi goûteuse de ce mets vigneron traditionnel.

     

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    Le distillateur ambulant connait son affaire, c'est même son métier. Il se déplace dans chaque village, pour qui le souhaite. Chacun apporte son marc et récupère de l'eau de vie en retour. De quoi produire son Macvin pour l'année. Les structures plus importantes qui ne distillent pas elles-mêmes lui confient leur production. Comme la Pinte. Les grosses marmites en cuivre ont chauffé pendant deux jours pleins, peut-être plus, pour délivrer un alcool blanc d'une grande pureté.

     

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    À la troisième édition du Nez dans le vert, on n'a pas fait que vendre des livres et distiller de la gnôle. Non, on a pu aussi apprécier un spectable de rue bien déjanté, avec combats, crachage de feu et tout et tout. Des petits jeunes bien sympas qui nous en ont mis plein les mirettes et les oreilles.

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    Et à la troisième édition du Nez dans le vert, on a dégusté des vins, bien sûr. Tous bios. Des blancs, des rouges, des roses, des jaunes, des verts, des gros verts, même. Presque tous bons. Les blancs, les rouges, les roses, les jaunes, les verts, les gros verts, même, aussi. Je n'ai pas eu le temps d'en goûter tant que cela, finalement, accaparé que je fus par mes obligations livresques. À peine le temps de me faire aguicher par une jolie Pépée aux Bottes rouges qui laissait entrevoir ses charmes au fond de la cave à droite en entrant. Quand elle sera en pleine possession de ses moyens, elle devrait faire des ravages.

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    Et puis un sans faute au domaine Labet, avec les vins de Julien présentés par Romain tandis que Charline faisait le tour des stands et que Julien faisait le joli cœur avec la plus frenchie de la fine fleur du Québec, mais il n'était pas le seul.

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    ©Laura Vidal

    Des vins ultra artistiques, un contenu à la hauteur du contenant, avec en point d'orgue, un savagnin en vendange tardive, Grains Fauves, aux grands airs alsaciens sur une trame toute jurassienne.

     

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    À la troisième édition du Nez dans le vert, des tronches en peinture ont retrouvé leur modèle. Non sans une certaine fierté des deux côtés, le temps d'un cliché.

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    À la troisième édition du Nez dans le vert, il s'est ingurgité près de 2792 saucisses et 657 kilos de pomme de terre. Bio, cela va de soi. D'après la Police, ces chiffres sont largement exagérés, évidemment, mais c'est compter sans les marmites clandestines qui ont fleuri le dimanche soir dans les différents afters organisés à droite et à gauche.

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    À la troisième édition du Nez dans le vert, le dimanche midi, le bœuf mijoté à la bonne trentaine de poulsards et ploussards différents (deux bouteilles de chaque vigneron), servi en personne par Thierry Moyne de la Balance, ne comportait pas une seule once de cheval. Un régal dans lequel il fut malheureusement impossible de reconnaître distinctement l'apport de chacun, de distinguer les poulsards du Sud-Revermont des ploussards de Pupillin, au grand dam des plus terroiristes des amateurs.

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    À la troisième édition du Nez dans le vert, Anne Ganevat a retrouvé la casquette de son Fanfan de frère, égarée depuis au moins deux ans. Elle lui va si bien que, finalement, elle risque de la garder. Pour arroser ces retrouvailles, un magnum de savagnin ouillé 98 des Grands Teppes a été sacrifié. Du savagnin vert à la vigne mais certainement pas dans la bouteille. Une longueur exceptionnelle, à la mesure du délai mis à retrouver la casquette.

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    Cliché Brett Jones

    À la troisième édition du Nez dans le vert, on a parlé patois jurassien avec traduction simultanée dans la langue de Shakespeare. Il s'en est fallu d'un cheveu que l'on assiste à une battle de books. Des tronches de vin versus du Jura wine, le projet que monte Wink Lorch en auto-édition et auquel tous les amoureux du Jura, quelles que soient leurs connaissances en anglais, sont invités à souscrire, s'ils le souhaitent. Merci pour elle.

     

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    À la troisième édition du Nez dans le vert, l'apprentissage de la lecture s'est faite avec un ouvrage adapté, directement dans la cour de récréation. Nul doute qu'avec de telles bases, la réussite scolaire soit au rendez-vous.

     

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    À la troisième édition du Nez dans le vert, les Pétavins savoyards sont venus en voisins et en mission, pour l'instant tenue secrète. En minibus, plutôt que par la voie des airs. À l'exception notable de ... est-ce un solex? Est-ce une vespa? ... Non, c'est... Super Savoyard! Dans son collant moulé à la louche et sa cape en poil de marmotte, il tweet a Jura's wine à une vitesse supersonique, même à contrejour.

     

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    À la troisième édition du Nez dans le vert, avant le deuxième bœuf vigneron, musical celui-là (avec des dreads, un béret authentique du BCA, mais toujours pas une once de queue de cheval), quelques personnalités triées sur le volet ont été intronisés par Stéphane Tissot dans l'ordre de la Confrèrie des Jaunes au goulot. Une bonne rasade directement au clavelin, suivi d'un shampoing au savagnin (allo, non mais allo, quoi! t'es amateur de vin du Jura et t'as pas eu de shampoing à la Vasée?).

     

    À la troisième édition du Nez dans le vert, tout a fini par des chansons. Allez, musique les gars! Et vivement la quatrième.

     

     

     Olif

     

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    P.S.: le "Tronches de vin on tour" se poursuit à l'Ouest, le week-end prochain. La Pipette aux quatre vins et aux deux salons sera d'abord le 6 avril à VertiVinies, le salon organisé à Vertou par Vertivin, avant de pousser jusqu'à Nantes en kart pour dédicacer aux Anges Vins. Tous les renseignements sur le blog de la Pipette.

     

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