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En léger différé du vignoble! - Page 5

  • Saint-Glou 2012, Jurassic good trip, Jour 1...

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    Jura: vignoble dont on a fait une montagne. Accessoirement, département immatriculé 39, de couleur plutôt verte. Par ailleurs, bouteille spécifique de forme un peu particulière, destinée à accueillir du vin du Jura, quelle que soit sa couleur, sauf jaune.

    Entièrement situé dans le département du Jura, adossé au massif du Jura, le vignoble du Jura est une simple bande de terre de 80 km de long qui s'étend sur les coteaux du Revermont, de Salins les Bains jusqu'à Saint-Amour, aux portes de la Bresse, en passant par Arbois, Château Chalon et Rotalier. Reposant sur des sols argilo-calcaires qui sont à l'origine de certaines de ses particularités, ce petit bout de vigne affiche une sacrée personnalité. Séparé de la Bourgogne voisine par la large vallée de la Saône, il ne craint désormais plus l'ombre portée par le prestigieux voisin. Les marnes du Lias et du Trias ont permis l'épanouissement de cépages autochtones originaux particulièrement adaptés à ce type de sols, cépages que l'on ne retrouve nulle part ailleurs ou presque. Savagnin, poulsard (ou ploussard, peu importe, l'important, c'est d'en boire) et trousseau résistent bien au développement croissant du chardonnay et du pinot noir, cultivés aussi de longue date, mais vraisemblablement importés de Bourgogne. La renommée du vin du Jura lui vient en grande partie de l'un de ses produits-phare, le vin jaune. Cet accident oenologique, élevé pendant 6 ans dans un fût en vidange, sous un voile de levures qui le protègent d'une transformation en vinaigre, en ménageant son oxydation, donne un vin hors norme que le néophyte ne sera pas toujours à même d'apprécier à sa juste valeur. Les arômes caractéristiques de noix qu'il dégage font souvent fuir l'amateur de vins non-initié, autant qu'ils attirent comme des mouches ceux qui sont rompus à la dégustation de ce breuvage.

    Outre de grands vins, le Jura a également donné naissance à de grands hommes. Le plus célèbre d'entre eux est sans nul doute Louis Pasteur, qui a effectué une grande partie de ses travaux sur la fermentation alcoolique dans la petite ville d'Arbois. On ne le remerciera jamais assez d'avoir considéré le vin comme étant la plus saine et la plus hygiénique des boissons, mais on déplorera tout le mal causé aux fromages au lait cru par la pasteurisation. Le plus injustement méconnu des inventeurs jurassiens est sans conteste Charles Sauria, né à Saint-Lothain, dont l'éclairage fut plutôt bienvenu à l'intérieur des caves, une fois qu’il eût inventé l’allumette à friction.

    Les vins du Jura sont fort justement considérés par les Jurassiens comme les meilleurs des vins produits au monde.

     

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    Salins-les-Bains:

    Cité thermale, d'art et d'histoire, ville sinueuse se faufilant entre les montagnes, en suivant le lit tourmenté de la Furieuse, Salins-les-Bains ne manque pas de sel. En 52 avant Jésus-Christ, Salins-les-Bains a failli devenir célèbre, en manquant de peu le siège de la bataille d'Alésia, qui s'est déroulée à une trentaine de kilomètres de là, du côté de Champagnole et Chaux des Crotenay. Le Jura, terre de défaite, mais pas tout le temps non plus, faudrait voir à ne pas trop pousser le bouchon. On murmure même que Rouget de Lisle, illustre natif de Lons-le-Saunier, a failli appeler son hymne national victorieux la Juraseillaise. C'est dire. En 2012 après Jésus-Christ, Salins-les-Bains est devenue totalement mythique, pour avoir accueilli le camp de base des adorateurs de Saint-Glou, qui, comme chacun sait désormais, se fête avec tous les autres Saints. Glou, saint patron des buveurs, a donc élu domicile temporaire au pied du Mont Poupet, haut-lieu du vol libre et, désormais, du vin libre. Pour une canonisation rituelle et annuelle dans les règles de l'art, une large et belle victoire digne de Jules César. "La Saint-Glou 2012, j'y étais!" pourront dire en 2052, la larme à l'oeil, les survivants, encore poilus ou pas.

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    Pour profiter pleinement d'un séjour, il faut bien dormir, c'est une évidence. La Maison Salines, qui a ouvert ses portes en juillet de cette année, ne manque pas d'atouts. Cet ancien hôtel particulier, rénové avec classe et avec goût, dans le respect du style de l'habitation, possède tout le confort moderne. Ses immenses salons favorisent la bonne convivialité, les afters prolongés et les debriefings pointus. Possédant 5 belles chambres, aux lits confortables, indispensables à la bonne récupération des glouglouteurs, elle permet de loger une dizaine de personnes, ce qui peut nécessiter de prévoir des annexes pour contenir l'invasion de la Séquanie par des hordes de Belges assoiffés, le tire-bouchon entre les dents, ignorant encore que la guerre des Gaules est terminée depuis une certaine bataille qui s'est déroulée pas très loin d'ici (voir plus haut). Une fois les participants excédentaires logés, qui dans un petit gîte attenant, qui à l'Hôtel voisin des Deux Forts (tirant son nom de la présence toute proche du fort Belin et du fort Saint-André, surplombant la ville, rien à voir donc avec la corpulence des gaillards qui y dorment), la Saint-Glou peut officiellement débuter. Direction Arbois, aux Jardins de Saint-Vincent, pour une soirée apéritive autour de la relève vigneronne arboisienne.

     

    Les Jardins de Saint-Vincent, Arbois:

    Quel autre endroit pourrait être plus indiqué pour découvrir les jeunes vignerons jurassiens? Le jardinier Stéphane Planche en mission sommellerie dans le Mâconnais, c'est Julien qui est aux manettes, solidement épaulé par une triplette vigneronne, eux-même parfois assistés de leur secrétariat de direction.

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    Au menu, des jus de 2012, en avant-première mais pas en primeur, le Plouplou nouveau n'ayant pas encore fait suffisamment école pour se contenter d'élevage aussi bref. Charles Dagand, du domaine de L'Octavin a le privilège de l'ancienneté. Tout auréolé d'une bonne et belle assurance, il n'a pas tremblé, lorsqu'il s'est agi de faire goûter ses jus. Encore un bien joli travail sur l'enzymatique, pour la cuvée 2012 du trousseau des Corvées, dite cuvée du nain, une macération carbonique complètement maîtrisée. Pamina 2009, le chardonnay de la Mailloche, se boit comme du petit lait.

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    Renaud Bruyère n'en est qu'à son deuxième millésime, mais n'a déjà plus rien à vendre. Petit domaine, petite production et un travail à temps partiel chez Stéphane Tissot. Depuis qu'Adeline a quitté le GAEC Houillon pour le rejoindre, l'idée est effectivement de s'agrandir. Les 2012, blancs comme les rouges, sont déjà superbes et donnent envie d'en boire. L'ultime bouteille d'Arbois blanc 2011, miraculeusement sauvée de la cave des Jardins pour l'occasion, a fait des étincelles.

     

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    Alexis Porteret a démarré l'aventure des Bodines avec le millésime 2010. Secondé par sa femme Émilie, il continue de travailler au domaine de la Pinte, tout en produisant quelques fabuleux jus de trousseau, poulsard, chardonnay ou savagnin. Les rouges 2012 promettent de belles choses et confirment haut la main la très bonne impression déjà laissée par les deux millésimes antérieurs.

     

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    Olif

     

    P.S.: tous ces vignerons sont membres de l'association le Nez dans le vert, qui tiendra salon les 24 et 25 mars 2013, au domaine de la Pinte. Un retour de la Saint-Glou en perspective?

     

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    P.S.2: la Saint-Glou, ça se vit et ça se raconte. Eva en a écrit les 10 ou 11 commandements et Samia, visiblement traumatisée, a cherché à s'en exorciser au plus vite...

  • Les Dieux du Bojo

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    Beaujolais : région viticole du re-nouveau. Car il y a une vie et du vin, en dehors du troisième jeudi de novembre.

    Troisième fleuve à arroser Lyon, le vin du Beaujolais s’apprête à vivre la période du Renouveau après avoir traversé, non sans dommages, celle du Nouveau. À l’origine de sa gloire, puis de sa décrépitude, ce pur concept marketing qu’est la grande fête du Beaujolais nouveau a eu pour principal effet collatéral d’éclipser la qualité de ses crus, réduisant l’image de la région à un festif mais insipide breuvage artificiel aux arômes de banane. Le Beaujolais nouveau « nouvelle génération » a pourtant retrouvé le goût du raisin, enchante le palais et permet d’attendre la plus lente maturation des vins issus de terroirs plus qualitatifs. Lorsque l’on cherche à citer de mémoire les dix crus du Beaujolais, il y en a toujours un que l’on oublie. Jamais le même ! Lorsque l’on se contente d’évoquer le cépage emblématique de la région, plus personne ne se trompe. Le gamay règne ici sans partage, de Morgon à Chénas, en passant au pied de la Madone de Fleurie, avant de traverser Juliénas, Chiroubles, Brouilly, Régnié ou encore Saint-Amour. Raisin noir à jus blanc, il produit généralement des vins souples, friands et fruités, mais il est capable de donner naissance à des vins riches et complexes sur ses terroirs réputés, granitiques ou argilo-calcaires, comme le Moulin-à-vent ou les Côtes de Brouilly. Poussé par toute une génération de jeunes vignerons avides de bien faire, le vin du Beaujolais a de nouveau la banane. Heureusement, il n’en a désormais plus le goût.

    Pour preuve, à Villefranche-sur-Saône, personne ne vous contredira, le vin du Beaujolais est considéré comme le plus beau et joli des vins produits à base de gamay.


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    Quand le gamay rapproche les peuples, il se livre tout nu. Sans intrant, ni artifice chimique. Alors, tous les cavistes, restaurateurs, bistrotiers et blogueurs naturistes en font autant. Une idée aussi unique et rebelle, il n'y a guère que Cyril Alonso qui puisse l'avoir. Peut-être aussi Florian Looze, va savoir, tellement les deux compères font la paire. Mais que ne ferait-on, pour célébrer, avec le tandem P-U-R, le bon Bojo Nouvo, celui qui sent le raisin et qui descend dans le gosier tout seul, sans même avoir à se forcer? Pur jus, Brut de cuve, Universel sans aucun doute, l'heure du Bojo va bientôt sonner à nouveau. Une date figée, qui perd de plus en plus de son sens, tant le concept s'émousse, d'après Cyril. Un Bojo "en retard", à date variable, aligné sur le millésime et le temps nécessaire à sa bonne vinification, ça pourrait avoir de gueule et relancer l'intérêt de la chose, sous le signe de la qualité. Sans avoir à recourir à d'immondes artifices pour accélérer les fermentations.

     

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    P-U-R. 3 lettres blanches sur fond noir (en mauve quand il s'agit d'un lien sur le Blog d'Olif), séparées de 2 tirets. Producteur, unique, rebelle. Et itinérant, aussi. Un concept particulièrement intéressant, permettant au vinificateur talentueux de voyager et papillonner dans les vignes ou les caves, avant de laisser les vignerons se débrouiller par eux-mêmes une fois leur domaine bien lancé. Du Beaujolais au sud de la vallée du Rhône, P-U-R produit une gamme étendue de micro-cuvées, toutes plus épatantes les unes que les autres, avec une vraie personnalité. Des raisins achetés sur pied, une maitrise complète de l'élaboration des vins, de la vendange à la mise en bouteilles, sans parler de la patte de Cyril Alonso, qui transforme le moindre jus en produit volontiers hors normes.

     

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    Du Bojo, quelques tranches de saucisson à la trancheuse à bras, du pain, des foies de lotte de la Paimpolaise, qui nous attend en chanson au Pays Breton, et c'est le troisième jeudi de novembre qui frappe déjà à ta porte. Avant cette date fatidique, le Bojo Nouvo, on n'a pas le droit d'en boire. Mais on peut le déguster professionnellement, ou tout comme. Les professionnels consciencieux n'hésitent d'ailleurs pas à en déguster des litres, avant de faire leur choix. Surtout quand il s'agit de l'Universel 2012, véritable jus de soif qui titre tout juste 10,5°. Vivement le 15 novembre, qu'on puisse en boire encore plus, comme des amateurs de bons vins vivants.

    En cas d'envie irrépressible de gamay d'ici là, on pourra avantageusement remplacer le vin nouveau par un Fleurie à peine moins neuf (c'est du 2011), qui ne devrait pas rester bien longtemps sur le bord de la root. C'est de l'authentique zéro-zéro, du vrai "nature" signé Lilian Bauchet, le Bachelor du Bojo, un jus qui file dans le gosier sans respecter la moindre limitation de vitesse.

     

     

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    Olif

  • Vinocamp caravaneige savoyard...

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    Savoie : vignoble aux sports d’hiver.

    La Savoie, ses montagnes, ses stations, son fromage d’alpage, son vin blanc pour le faire fondre et l’accompagner. Ce vignoble microscopique mais néanmoins historique ne se résume pourtant pas un vin fromager descendant tout schuss dans le gosier du skieur en manque de tartiflette lors de ses vacances d’hiver. Avec ses 143 sommets de plus de 3000 mètres d’altitude, la Savoie ne manque pas de hauteur. Si son vignoble s’étire plutôt dans les cluses et les vallées, il possède toutes les qualités requises à un bon épanouissement de la vigne. Des bords du lac Léman au fond de la vallée de la Tarentaise, la Savoie regorge de terroirs plus ou moins méconnus et de cépages autochtones et authentiques. Surtout lorsqu’ils sont travaillés artisanalement et avec ferveur. Les Allobroges, fier peuple celte, vivant à flanc de montagne, cultivaient déjà la vigne bien avant l’arrivée des Ducs de Savoie et même des Romains. Ces derniers l’ont annexée, domestiquée et exploitée, conférant au cépage originel, Vitis Allobrogica, certaines de ses lettres de noblesse. Il faut de tout pour faire une mondeuse, mais le vénérable ancêtre des cépages allobroges a très certainement donné naissance à ce fleuron actuel de la viticulture savoyarde, ainsi qu’à sa cousine syrah, qui a migré par la suite dans la vallée du Rhône.

    Rouges (à base de pinot noir, gamay, persan ou mondeuse) ou blancs (à base de jacquère, malvoisie, bergeron, gringet, chasselas, chardonnay et altesse), sans parler des cépages inusités, mais heureusement sauvés de l'oubli complet, les vins savoyards ne souffrent pas d’un manque de diversité. Ayse, Ripaille, Chautagne, Seyssel, Frangy, Jongieux, Chignin, Arbin, Abymes, Apremont ou encore Cevins sont autant de lieux qui reflètent les différents visages de la Savoie viticole, qui tient dans son ensemble une forme olympique.

    Les Savoyards réunis ont d’ailleurs tous la flamme pour le fruit de leur vignoble, auquel ils attribuent haut la main la médaille d’or du meilleur vin jamais produit au monde.


    Vinocamp : camp de concentration de geeks amoureux du vin, où l’on parle de vin, d'Internet, de vin et Internet.

     

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    Donner des clés pour aider les vignerons à communiquer et essayer de sortir les vins savoyards du cliché réducteur de "vins de sports d'hiver", c'était l'un des objectifs de ce Vinocamp savoyard organisé par Miss Vicky Wine, Grégoire Japiot et Franck "Tweety wine" Merloz (j'ai cru voir un gominé...), avec le concours de l'Interprofession des vins de Savoie. Le week-end a été plutôt bien choisi (ou mal, c'est selon), puisque la neige a elle aussi été au rendez-vous, rendant les paysages somptueux, mais l'usage des moonboots quasiment indispensable pour les Parisiens, les Champenois se contentant, quant à eux, d'une doudoune fourrée, de gants, d'un bonnet sans pompon et d'une écharpe polaire. Les Savoyards et les Jurassiens étaient en tee-shirt, comme d'habitude. Vins de Savoie et hiver, une image qui colle définitivement à la peau!

     

    Riche de toutes ses particularités, le vignoble savoyard a pourtant des atouts. Les paysages, grandioses, les cépages, bien souvent originaux, quand ils ne sont pas modestes ou oubliés, l'ancienneté et l'Histoire. Les valoriser, en communiquant mieux, sans pour autant dissocier cépage et terroir, voilà l'enjeu. Mettre l'accent sur jacquère, roussette ou mondeuse, plutôt que sur les terroirs ou les crus, voilà qui pourrait peut-être contribuer à simplifier l'image de la Savoie viticole aux yeux du grand public. Tout en maintenant un deuxième niveau de lecture pour continuer à cultiver la spécificité de chaque lieu. Sans oublier ces vieux cépages, donc un certain nombre d'exemplaires sont pieusement conservés au domaine Méjane de Saint-Jean-de-la-Porte, à la double casquette de domaine et pépinière viticoles (comme plusieurs de ses collègues, d'ailleurs, ce qui contribue à faire de la Combe de Savoie la deuxième région française productrice de plants viticoles). À titre d'exemple, le Cacaboué blanc jouit d'un anonymat complet, qui lui permet de devenir caca et tout noir dans l'indifférence générale, quand il n'est pas vendangé.

     

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    Tous ces échanges particulièrement constructifs finissent évidemment par donner soif et déboucher sur un Live Tasting ou chacun peut présenter sa production et permettre de réjouissants travaux pratiques aux Vinocampeurs, à grands coups de mondeuse, altesse ou jacquère.

     

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    Celles du domaine Saint-Germain, par exemple, qui présente également un fort joli persan et une altesse 2006 en jéroboam. La jacquère, ça vieillit bien aussi, la preuve avec le millésime 2004 de Jean-Claude Masson, truculent vigneron d'Apremont, encensé par Jean-Pierre Coffe (période pré Leaderprice) et Robert Parker himself, s'il vous plaît. Rayon vieux cépages, mention particulière au persan de Nicolas Gonin, qui a dû abandonner les armoiries du Dauphiné sur ses étiquettes pour partir à la conquête de New-York. Ainsi qu'à la verdesse (récoltée en surmaturité) et à l'étraire de la dhuy de Thomas Finot, dans le Grésivaudan. Isère power!

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    Après le Live Tasting, une fois la soif étanchée, place à la méditation et au rancio. Le magot, ce fut justement El mago, une solera de grenache de 1928, forcément sortie de la manche de Marlène Angelloz, représentante du très officiel Fan-club mondial du grenache, avant un magnum de Côtes du Jura Cuvée Florine 2009, pour la soif, sifflée en moins de temps qu'il n'en a fallu pour l'ouvrir.

     

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    Une aussi longue et belle soirée méritait bien la nuit la plus longue de l'année, changement d'heure oblige. En pleine forme le lendemain, pour rencontrer les Pétavins au caveau des Augustins de Saint-Pierre d'Albigny. L'association des Pétavins (du nom d'une ronce qui jonche naturellement le sol dans les vignes, quand on respecte l'écosystème) regroupe une poignée de vignerons savoyards engagés dans l'agriculture biologique et qui ont envie de la promouvoir pour valoriser leur travail.

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    Une bande de joyeux drilles et de fondus savoyards au diapason de leurs vins: Michel Grisard, qui s'essaye avec bonheur à la production d'altesse jaune, pour ne pas gâcher des fonds de tonneaux non embouteillés (3 millésimes d'affilée des années 90, laissés en vidange depuis une vingtaine d'année), Raphaël Saint-Germain, Louis Magnin, Adrien Berlioz et Gilles "oh! les filles, oh! les filles!" Berlioz. Manquaient à l'appel sur la photo Frédéric et David Giachino, Olivier Lelièvre, du Bugey voisin et dont la mondeuse Octobre fait sensation, ainsi que Jacques Maillet. Pour clore la dégustation d'une bonne partie de leurs vins, les diots, cuits dans le marc de raisin à l'alambic, ont été servis à la louche. De quoi rassasier une horde de vinocampeurs affamés de produits savoyards authentiques et de qualité. Avant un traditionnel verre de Génépi, évidemment, pour digérer et pour la route...

     

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    Olif

  • Milan royal

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    Depuis sa chambre, lorsqu'il ouvre les yeux, chaque matin, Henri Milan a toujours les volets clos. Depuis sa chambre, lorsqu'il ouvre les volets, chaque matin, Henri Milan a toujours les yeux clos. Le Clos, sa parcelle chérie et mythique, c'est son jardin et son horizon. Elle dort sous ses fenêtres. Il la veille et la couve du regard chaque jour. Arrachée complètement en 2009, après les vendanges, elle fut replantée en 2011, quasiment à l'identique. Enfin, presque... Grenache, syrah, et, au milieu, deux rangées de mondeuse. "Parce que j'aime bien la mondeuse", confesse Henri, le plus savoyard des provençaux. Le tout parfaitement étudié et modélisé selon de savants calculs autour du nombre d'or. Les manquants n'ont pas été remplacés par des rosiers, non, mais cette bande florale symétrique au milieu des vignes est censée harmoniser le lieu. Pour goûter au Clos nouveau, il faudra donc attendre encore un ou deux millésimes. Mais ça promet. Rien qu'en respirant un grand coup au réveil, on y perçoit déjà des notes florales et épicées...

     

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    On ne sait pas toujours quand on arrive au domaine Milan, mais il est encore plus difficile de prévoir son heure ou même son jour de départ. Non pas que le domaine fasse chambre d'hôtes, mais quand les dégustations se prolongent et se poursuivent par un after, le programme du lendemain se remplit au fur et à mesure que les verres se vident. Le Croque-chou, restaurant chouchou de ses dames et des vignerons au goût affûté, étant fermé le lundi soir et le mardi en été, le chef Sébastien Folz est parfois instamment prié de venir cuisiner au domaine de façon impromptue. Et il s'exécute, avec brio et de façon parfaitement consentante. Ce qui fait déjà une occasion de rester...

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    La dégustation de vins du domaine, il faut savoir la bisser, pour mieux comprendre certaines subtilités. La quasi totalité des vins goûtés le soir, prélevés sur cuve, fût ou bouteille, il a fallu y revenir le lendemain, pour accompagner des vignerons de passage, ayant sonné à la porte à l'improviste, après de multipes SMS restés sans réponse. La Carrée, goûtée à 90°, sous tous les angles, avec ou sans soufre, sait parfaitement mettre la roussane en valeur. Et le Grand blanc... ah! le Grand blanc! Celui-là ne rousille aucun surfeur. Bien au contraire, il se laisse même plutôt avaler sans porter préjudice à quiconque. Et puis aussi le Clos 2009, riche et solaire, l'ultime avant la nouvelle version, promet beaucoup dans sa jeunesse. On lui préfèrera évidemment pour l'instant le 2007, qui est un véritable bijou, un modèle de vin pour les grandes occasions, mais aussi pour tous les jours, tellement il est déjà majestueux et bon à boire. Entre les deux, 2008 affiche une forte personnalité, un poil rebelle, qui nécessitera sans doute quelques années pour s'assagir. La bouteille de Petrus trônant sur l'étalage a été dégustée une fois précédente, plus personne ne sait quand, mais il y a déjà longtemps de cela. Probablement pour étalonner le Jardin, considéré comme le Pétrus provençal. 100% merlot sur des marnes, juteux au possible et provençal en diable. Inégalable, même à Pomerol!

     

    Du coup, le lendemain midi, après le remake de la dégustation de la veille, on a fait un concours de Comté Petite, de différentes provenances jurassiennes. Et on a bu du vin du Jura, pour accompagner des "magrets" de cochon façon Croque-Chou, à la cuisson parfaitement parfaite.

     

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    Ainsi va le vie provençale à la Galine. Royale...

     

    Olif

  • (R)assemblement au Mazet!

     

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    C'était l'issue de ce projet (r)assembleur initié par Renaud Berthoud, du Mazet des Croses: un week-end de vendanges festives pour saluer la naissance de cette cuvée (R)assembler 2009, élaborée collectivement et à distance depuis un peu plus de deux ans. Les participants ne se leurrent pas, ils n'ont pas fait grand chose, si ce n'est donner leur modeste avis, dont Renaud a essayé de tenir compte dans la mesure du possible, c'est à dire sauf quand il fallait trancher parce que personne n'était d'accord. Nulle empoignade pour autant, il n'y avait pas grand chose à prouver, si ce n'est qu'on peut faire de belles choses à plusieurs et surtout créer des liens forts. Le résultat, c'est ce (r)assemblage complémentaire de 30% de cabernet, 30% de merlot, 20% de grenache et 20% de syrah, aux tanins juteux et soyeux, qui se remet doucettement de sa mise, et qui devrait donner un bien beau vin d'ici quelque temps. Les vendanges n'ont finalement pas eu lieu, pour cause de blocage de maturité lié au stress hydrique. Fichue météo 2012! N'est restée que la fête, une excellente raison de faire le déplacement jusqu'à Gajan, en bordure du Duché d'Uzès.

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    Le Mazet des Croses de Nathalie Bruggey et Renaud Berthoud, c'est un peu un rêve d'enfant, un lieu improbable au milieu des vignes, un "jardin extraordinaire", comme le nomment les habitants du lieu, un endroit où poussent des bornes de signalisation, des sens interdits faciles à ne pas respecter et des pompes à essence désaffectées. La maison d'habitation, c'est un petit mazet en parpains, à usage utilitaire initial, habilement transformé pour héberger toute la famille. Un lieu de vie, entouré de cabane(s), de caravane(s), de roulotte en voie de réhabilitation, et même d'une piscine de jardin. Un joyeux bazar où tout est pensé et agencé avec goût et précision, de la voiture et du tracteur, garés juste où il faut, à l'emplacement du muret de mini-menhirs (judicieusement taillés par un mini-Obélix?), ou encore de la pompe à essence. Les vignes sont en grande partie situées tout autour, hormis quelques parcelles un peu plus éloignées, mais aperçues au loin.

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    Foutraque bric à brac au milieu des vignes, bientôt rationalisé par la construction en dur de la cave, en contrebas des vignes, avec accès direct possible depuis la route départementale, ce qui permettra de quitter les locaux de la coopérative du village, abandonnée par les coopérateurs depuis la fusion avec celles des villages voisins, et de vinifier sur place les futures cuvées du Mazet.

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    Dans la vaste cave de Gajan, un peu trop large aux entournures pour la production actuelle, il y a pourtant de quoi s'extasier. Sur le tonneau, le Mazet en bouteille et en intégrale, rien que ça, s'il vous plaît Madame!

     

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    Vent d'Anges

    Assemblage des 4 cépages du domaine (grenache, merlot, syrah et cabernet sauvignon), dans des proportions parfois variables. Une constante, la fraicheur et la suavité des tanins. 2010 est superbe, tout en fruit, mais à chaque millésime sa personnalité et sa franche buvabilité.

     

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    L'Ange et l'Hic

    La cuvée-phare du Mazet, à dominante merlot, réalisée uniquement quand le millésime le permet. Vinification et élevage totalement en barrique, "roulée" régulièrement au début. 2005 commence à évoluer sur le tertiaire, avec des notes un peu confiturées. 2007 est épatant de fraîcheur acidulée, 2009 est dans la lignée, un peu plus solaire et concentré. Quand le merlot se montre sous son meilleur jour, séducteur sans être racoleur...

     

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    Envie d'Ange

    Une cuvée accidentelle, goûtée par curiosité, parce que le vin oxydatif, c'est quand même le quotidien de tout jurassien qui se respecte. Ue couleur acajou et des notes de rancio évidentes, pour un vin intéressant, même si loin d'être parfait.

     

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    Mais, malgré toutes les belles bouteilles dégustées, la quille du week-end fut finalement ... finlandaise. On peut en jouer jusqu'au bout de la nuit!

     

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    Olif

     

    P.S.: les vins du Mazet, ils sont bons jusqu'à la dernière goutte. Une belle illustration dans de ce petit chef-d'œuvre "made in Gajan", et prix Vin Santé Plaisir de Vivre au festival Œnovidéo 2010.

     

  • Saint-Joseph, humour et granit

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    Les vins de Saint-Joseph sont à prendre au sérieux. Même quand ils sont partenaires d'un festival national des humoristes, dont c'est (déjà) la 24ème édition, comme le temps passe. Humour et granit, aucune incompatibilité. Se fendre la gueule pendant le festival, à Tain ou Tournon, ou se la casser, dans les coteaux pentus du lieu-dit le Saint-Joseph, faut choisir. Parce que tailler, rogner ou vendanger encordé, dans le Saint-Joseph ou sur un autre coteau de l'appellation, mine de rien, c'est une sérieuse affaire. Sans rire.

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    Les 1200 hectares de l'appellation, étirés sur 50 km de long, font la jonction entre la Côte-Rotie et Cornas. Une bande granitique, sculptée par les méandres du Rhône, d'exposition sud-est prédominante, entre Chavanay au Nord et Guilherand au Sud, qui nous a été présentée depuis le Saint-Joseph par Jérôme Coursodon. Au cœur de l'appellation, Mauves, ses vins Saint-Joseph, ses fruits, son marché journalier mai-août, coincé entre l'entrepôt du bricolage et un magasin sportif.

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    Le vin de Mauves, célébré par Victor Hugo dans les Misérables. Souvenez-vous: la petite Cosette qui allait emplir son seau d'eau de bon vin de Mauves au puits des Thénardier et qui s'est pris une rouste -méritée, vu le prix où il était commercialisé à l'époque- pour en avoir renversé une goutte sur le carrelage et, plus loin dans le livre, Jean Valjean qui a vu rouge après avoir abusé du Mauves chez l'évêque, lui tirant ses petites cuillères, et se conduisant par la suite comme un malotru avec le petit ramoneux, sacré Victor, toujours le mot pour rire, quelle imagination fertile et débridée!

     

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    Crédit photo AFAG

    Saint-Jo a de l'humour, donc, quand il s'agit de communiquer, mais question gastronomie, pas question de rigoler! Surtout après une achtement belle pièce de théâtre revisitant avec brio, humour et panache les trois mousquetaires, du haut du mât et au fond à gauche.

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    Deux belles adresses de miam à ne pas manquer, donc, au choix. L'une rive droite, l'autre rive gauche. À Tournon, Carafes en folie, initialement retenue, mais abandonnée pour cause de foire aux oignons, censée paralyser la ville. Une adresse visitée ce printemps et déjà approuvée. Carte bistrot, originalement présentée sur bouteille (vide) et parfaitement exécutée par le chef (sans sommation), large choix de vins, pour tous les goûts, y compris les miens. Je me faisais un plaisir d'y retourner. Finalement, nous resterons sur la rive gauche, sans perdre au change.

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    Le Mangevins, c'est ouvert depuis relativement peu de temps, mais le tout Tain s'y presse déjà. Cuisine genre bistronomique, impressionnante de maîtrise et de précision, franchement épatante, et qui m'a fait forte première impression, comme ces petites cuisses de cailles confites, servies sur une crème de Tarbais, suivies d'une pièce de bœuf cuite à la perfection et d'une pêche rôtie au sirop de verveine.

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    Carte des vins très fournie, laissant une large place au Rhône, évidemment, dans ce qu'il a de meilleur, pour tous les goûts également, mais ouverte sur les autres régions, y compris le Jura. Et aussi le Beaujolais. Ici, vins fins et gamelle soignée. Même les filles sont belles. Que demander de plus Ultime?

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    Saint-Jo a de l'humour, mais sait être sérieux lorqu'il s'agit de goûter sérieusement à ses vins. Le petit échantillonnage dégusté, lors de ce petit voyage de presse estival et festif, entre théâtre et vélo-rail, organisé par Rouge Granit (y a-t'il nom plus prédestiné pour gérer le communication de l'appellation Saint-Joseph?), ne manque pas de personnalité et la diversité de style sait s'affirmer. Il n'y a guère que les festivaliers nationaux des humoristes que ça ne fasse pas rire!

     

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    Olif

     

    P.S.: je ne résiste pas à vous narrer la meilleure blague qui circule en ce moment au festival national des humoristes viticoles, du côté de Tain: quelle est la différence entre la colline de l'Hermitage et un insecte? Le nombre d'antennes, évidemment!

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  • De l'eau, oui, mais de l'Overnoy!

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    Du ploussard comme s'il en pleuvait, aujourd'hui, à Pupillin! Pas tant que les trombes d'eau qui se sont abattues sur le petit village jurassien, malheureusement! Mais, tout comme cette mousson jurassienne, les flots de ploussard 2011 de la maison Overnoy-Houillon ne dureront pas très longtemps. 2011, année généreuse en quantité, mais la maturité est arrivée avec un petit degré. Ce qui n'est pas forcément une mauvaise chose, d'ailleurs, mais, pour le coup, la robe de ce 2011 est plutôt groseille clair. Plus foncée que celle d'un Tavel de L'Anglore, toutefois. En bouche, on retrouve néanmoins des similitudes avec les vins d'Éric Pfifferling. Un soyeux, une fraicheur et une onctuosité sans pareil. Ce pur plaisir, c'est la signature d'une grande bouteille sans sulfites ajoutés, même si certains croient toujours dur comme fer que ça n'existe pas.

     

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    Avec un tel ploussard (derrière un épatant chardonnay 2011 prélevé en œuf béton), même si la personnalité de Manu Houillon s'affirme de plus en plus, il est clair que la parole de Pierre prévaut toujours. À défaut d'être lue, elle pourra d'ailleurs prochainement être véritablement entendue et même visualisée, puisque un film inspiré du livre va être réalisé. Avec Pierre Overnoy dans son propre rôle. Et aussi celui du boulanger. Un vrai rôle de composition, en fait.

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    Olif

  • L'été, il n'y a pas que le rosé, aux Jardins...

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    Soirée décontractée et estivale aux Jardins de Saint-Vincent, la deuxième depuis que Stéphane-Saint Vernier-Planche est revenu sérieusement aux affaires. La première, c'était en mars, et un compte-rendu figure sur le blog de la Pipette, ce qui fait que je me suis un peu laissé aller à ne rien faire. Cette fois, plus d'excuses, il m'a bien fallu reprendre le stylo.

     

    Plusieurs guests de passage au caveau grand ouvert sur la rue, certains ont même laissé quelques flacons non étiquetés à découvrir en avant-première lors de la soirée. Mais, patience... Auparavant, il s'agissait de trinquer à l'année supplémentaire du jardinier, signe d'une grande maturité de sa part. Fidèle, il l'est, puisqu'il est revenu cultiver son Jardin à la Saint-Vincent. Fidèle, il l'est aussi à Vouette et Sorbée, lui qui nous a fait découvrir le premier ce magnifique Champagne de Bertrand et Hélène Gautherot, toujours aussi impeccable à boire et parfait pour une mise en bouche.

     

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    L'été donne envie de rosé, mais ce type de vin n'est pas toujours aisé à appréhender par l'amateur. Par le professionnel non plus, d'ailleurs, même le jardinier de Saint-Vincent a du mal à en trouver un à son goût. Ni blanc, ni rouge, juste rose. À mon sens, le vrai bon rosé est un vin assumé, qui ne louche pas sur une autre couleur. Vineux, mais pas trop, il est destiné à accompagner les mets estivaux qui ne nécessitent pas un blanc et qu'un rouge trop coloré dénatureraient. Un vrai bon rosé doit être rose, sans doute, mais pas trop pâlichon, parce que la robe, finalement, on s'en fout un peu. À poil, le rosé, concentrons-nous exclusivement sur le nez et la bouche.

     

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    Avec Galéjade 2011, d'Alain Allier (Mouressipe), on n'est déjà pas dans le rosistiquement correct. Robe orangée, bien turbide, mais c'est joli quand même, en harmonie avec l'étiquette. Nez floral, sur la rose fanée, puis agrumes (mandarine) et litchi. Bouche fluide, avec de tout petits tanins accrocheurs et une belle persistance en bouche. Un rosé plein de gourmandise!

     

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    Le temps fait tout, en Languedoc, c'est Rémi Poujol qui le pense et le dit. La robe de son rosé est plutôt soutenue, groseille. Un nez caramel au lait, franchement lactique, et une bouche imposante, un peu chaude, avec une pointe de volatile finalement bienvenue. C'est un 2009, et il est à souhaiter que le temps fasse tout pour lui, parce que, à ce stade, c'est un rosé un peu compliqué à boire, il faut bien le reconnaître.

     

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    On passe à la pointure au dessus, ce qui se fait probablement de mieux en matière de rosé "nature": Tavel 2010, domaine de L'Anglore. Le velouté de tanins des vins de L'Anglore, je crois bien que je le reconnaitrais entre mille. La robe est légèrement trouble, d'un beau rosé orangé, avec la pulpe. C'est fruité, c'est frais, c'est bon, on en boirait des seaux, mais ce n'est pas aussi simple que cela. Un vrai beau vin de terroir qui fait honneur à l'appellation et au vin rosé d'une manière générale.

     

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    On passe au blanc, avec ce Côtes du Rhône 2010 du Domaine Jamet. Un peu fermé à ce stade, avec une pointe de réduction, il a du mal à se lâcher. La bouche est agréable, mais on la sent bridée et la finale reste pâteuse. 60% marsanne, 30% viognier et 10% roussane, et ce n'est pourtant jamais mou ni lourd. Pas vraiment dans un style nature, c'est sûr, mais il faut savoir rester ouvert...

     

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    Heureusement, French Wine is not dead. Grâce à Anthony Tortul et à la Sorga, qui nous enchante avec ce blanc 2010 de viognier et terret bourret, non, tu n'es pas bourré, Jean-Claude. La bouche est ronde, marquée Sud, mais gourmande, tout en étant bâtie sur les amers, qui assurent la fraîcheur finale. Une belle réussite.

     

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    À ce stade de la dégustation, il est presque temps de faire une parenthèse pour saluer l'un des guests de la soirée, de passage à l'heure de l'apéritif, mais qui n'a pas manqué de nous laisser quelques échantillons de sa production jurassienne, tout juste tirées du fût. D'autant plus émouvant qu'il s'agit sans doute là des dernières bouteilles made in Jura par Jean-Marc Brignot, ex- as tiré de la Manche. Ces vins-là ne lui auront pas trop donné de boulot, à Jean-Marc. Ça tombe bien, il ne court pas après. Des raisins de 2004, sa première vendange arboisienne, qui ont été mis dans des fûts et laissés bien tranquilles jusqu'à maintenant, dans la pénombre d'une cave sans électricité. Chardonnay seul, assemblage chardo-savagnin dans des proportions tenues secrètes (nul ne le sait véritablement, en fait) et savagnin seul, restés 7 ans et quelque sous un voile sans intervention humaine d'aucune sorte. Dur de départager les deux chardonnays, pur ou en assemblage (ma préférence personnelle va au premier cité, pour sa finesse superlative, versus le côté éthanal plus marqué de l'assemblage), mais, ce qui est certain, c'est que le savagnin 2004 fera date. Il ne revendiquera évidemment ni l'appellation "vin jaune", ni le clavelin, ce n'est pas le genre de la maison, mais il marquera sans nul doute les esprits pour les siècles des siècles. Un fruit toujours présent et des airs de fino, qui s'épanouissent dans une finale en queue de paon. C'est magnifique, ce ne sera pas donné, mais on risque de se les arracher car ce sera définitivement collector, puisque cette année 2012 verra le départ de Jean-Marc pour de nouvelles aventures au pays du Soleil Levant, après d'ultimes vinifications pour le compte de Vinibrato, en Beaujolais et en Alsace.

     

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    Merci Jean-Marc, mais aussi Merci, Vincent La Boria, pour ce Côtes du Roussillon 2010 made in Trilla, réjouissant, gourmand et enthousiasmant, qui a bien accompagné les plats de charcuterie enfin arrivés sur la table parce qu'il commençait à faire un peu faim.

     

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    Pour clore les agapes rouges, petit tour sur le Causse avec ce Rouge de Causse 2010 du Petit Domaine de Gimios, au grain encore serré, un poil rustique, procurant le même plaisir, un brin jouissif, que celui de se frotter contre une joue mal rasée. Viril et séducteur en diable.

     

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    Dernier clin d'œil au vigneron arboisien monté en fléchettes, au travers de ses deux dernières réalisations, produites avec les raisins de la famille Bannwarth, en Alsace. Gewurtz et Pinot gris comme il est difficile d'en avoir déjà bu auparavant. Et pourtant, ça se boit, même que c'est bon.

    Sayonara, Jean-Marc Sensei (先生)!


    Olif


    P.S.: la prochaine séance de dégustation aux Jardins, ce sera véritablement au jardin, ou plus exactement dans les vignes, à la Mailloche, avec Carlito et Alice, du domaine de l'Octavin. Le vin nature dans la nature, le retour, et c'est déjà bientôt. Vivement..!

  • Totale Tissot...

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    Mardi 15 mai 2012, 16 heures, Montigny les Arsures, Jura, domaine André et Mireille Tissot, la totale. Si le calendrier Maya avait eu quelques cases en moins, le monde aurait pu s'arrêter de tourner ce jour-là. Des cadavres il y a eu, mais uniquement de la capsule, du bouchon ou de la bouteille. Revue d'effectif, série par série.

     

    Les Crémants

     

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    Ils constituent une part non négligeable de la production jurassienne, qui permet même, dans le cas particulier de Stéphane Tissot, d'assurer la bonne rentabilité économique du domaine, tant la demande est forte, y compris à l'export. Pas question pour autant de bacler le travail, ce n'est pas le genre de la maison. Au contraire, Stéphane prend même un certain plaisir à les décliner et à innover. Avec notamment la préparation d'un pied de cuve maison pour un travail en levures indigènes, qui risque de devenir prépondérant à l'avenir. Seules les cuvées d'entrée de gamme recourent encore pour l'instant à des levures du commerce. Aucune cuvée n'est dosée et il existe même une cuvée totalement décoiffante et non dégorgée, à destination du marché néerlandophone, particulièrement friand de ce genre de produit "Nature". Bande de gâtés, les Flamands, va! Les autres ne savent pour l'instant pas ce qu'ils perdent, à part un peu de mousse lors du décapsulage.

     

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    Les chardonnays parcellaires en bouteille

     

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    2010, dans le Jura, il faut bien admettre que c'est un p... de beau millésime. Beaucoup plus équilibré que 2009, comme un peu partout ailleurs, d'ailleurs. Les terroirs s'expriment de mieux en mieux. Les Bruyères et les Graviers, égaux à eux-mêmes, dans leur style respectif, Sursis (chardonnay de Château Chalon sur des terres à savagnin) en train de recoller au peloton, grâce au travail en biodynamie qui porte ses fruits depuis quelques années, mention particulière à En Barberon, future star de l'année, le Clos de la Tour de Curon 2009, presque hors concours. 2009, millésime riche, aux fermentations particulièrement longues, ce qui n'est pas forcément pour déplaire à Stéphane, mais des sucres qui ont peiné à se finir, même qu'il en reste dans certaines bouteilles. Les Graviers, particulièrement riche et opulent, ne sera commercialisé qu'après un vieillissement supplémentaire en bouteille, après les 2010. La Mailloche 2009 mailloche de moins en moins, à l'instar de 2005. Puissante et riche, avec une pointe de brett (pas évidente à indvidualiser, pourtant) qui apporte une complexité dont il serait préjudiciable de se priver. Pour parachever ce panorama des années riches, En Barberon 2003, probablement la plus magnifique expression du cru, avec une fraîcheur et une dimension exceptionnelles.

     

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    Avant de filer en cave, goûter aux 2011 et 2010 pas encore embouteillés, encore un ou deux bonus, avec cette Tour de Curon 2004, troisième feuille et premier millésime de la cuvée, tout simplement époustouflant, déjà taillé pour les siècles des siècles (amen!). Et aussi cette "petite" cuvée, assemblage de Graviers et de Bruyères 94, de l'ère d'avant les parcellaires, toujours vaillante, démontrant le potentiel des vins avant même la conversion des vignes en bio.

     

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    Les rouges en bouteille

     

    Après avoir testé différent tonnelliers sur différentes cuvées, en cave, retour au caveau pour y goûter les rouges en bouteille, tout en grignotant quelque cochonnaille maison et/ou des terrines alchimiques au lapin ou à la joue de bœuf, car il commençait à faire légèrement faim.

     

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    Le Poulsard au DD 2011, c'est du raisin sain mis dans une cuve, et pis c'est tout. Je crois bien qu'on pourrait en boire des seaux, même avec modération. Les Vieilles vignes sont également très disertes. Les Bruyères 1999, servies à l'aveugle pour voir, ont été vues. Grandeur du poulsard bien né sur des terroirs d'envergure. Et aussi vinification sans soufre parfaitement maitrisée, sur ce cépage qui ne demande que ça. En Barberon Pinot noir, désormais 100% grappes entières, et Singulier 2010 complètent avec bonheur la gamme et permettent de tenir jusqu'au fromage.

     

    Les savagnins

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    Avant d'attaquer le plateau de Comté, mise en bouche avec le Traminer 2011, toujours déroutant, qui donne l'impression de s'égarer en Alsace. La version oxydative (3 ans de voile) 2009 a particulièrement digéré la richesse du millésime, tout comme les jaunes de terroir 2005. Il ne manquait que quelques huîtres pour accompagner la Vasée et réaliser à la perfection le nouvel accord le plus tendance qui soit. La cuvée Dévoilé, du même millésime, celle qui a obstinément refusé de prendre le voile pendant 6 ans, donne un vin d'un équilibre totalement différent de celui d'un Jaune. Pas tout à fait celui d'un vieux ouillé non plus. Une cuvée sans équivalent, déjà magnifique, et qui le sera certainement plus encore dans une ou deux décennies.

    Après le jaune, virage à l'orange avec le Savagnin Amphore 2010. Autre variation sur le savagnin, particulièrement originale, la macération sur peaux pendant quelques mois et l'élevage en amphores sans sulfites ajoutés, à la manière des grands vins italiens. Résultat: un vin orange aux senteurs et à la texture sans pareil. Envoûtant!

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    Les sucres

     

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    Ultime moment gustatif, toujours hors du commun ici, les liquoreux se déclinent en différentes versions toutes aussi passionnantes les unes que les autres. Toujours dans le genre ultra, donc du sucre, il y en a un peu, beaucoup, voire passionnément. Spirale 2007 et, a fortiori, son corollaire poussé à l'extrême PMG, s'en jouent avec gourmandise et rivalisent de fraicheur malgré leur grande concentration. L'Opportun 2006, SGN de trousseau, résultat d'un accident climatique qui ne s'est jamais reproduit depuis, évolue sur des notes complexes d'écorce d'oranges confites, après avoir été pamplemousse pendant de nombreuses années. Pour être certain que l'évolution de PMG 99 ne se fasse pas dans le mauvais sens, suite à une remarque faite après une dégustation personnelle récente, ce sera l'occasion d'en ouvrir un exemplaire n'ayant jamais quitté la cave du domaine. Rien que du fruit et de la fraicheur sur des notes de coing et de fraise. L'évolution oxydative, ici, PMG ne connait pas!

     

    Fin de la totale, qui n'en est pas vraiment une, en fait. Titre mensonger! Manquent les Macvin et les marcs pour compléter le tableau. J'ai bien peur qu'il faille recommencer à zéro...

     

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    Olif

  • Trilla, vignoble sain et bientôt sauf

     

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    Trilla, Haut-Fenouillèdes, 58 habitants, 1 couple d'aigles de Bonelli, 3 chênes emblématiques, 1 vignoble plus que centenaire, 1 coopérative-fantôme, victime de la crise viticole. Et, depuis quelques années, le domaine de La Boria, dirigé par Vincent Balansa, Lucky Luke des temps modernes, défenseur des vieux ceps et des bonnes pratiques viticoles. Originaire de Narbonne, formé chez les bons vignerons (Christophe Peyrus et la famille Gauby, notamment, pour qui il s'est occupé de gérer le domaine de La Soula de 2005 à 2008), Vincent est tombé amoureux de ce terroir isolé et sauvage, peuplé de mémères de carignan et grenache délaissées, souvent en route pour l'abattoir.

     

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    Depuis Trilla, vignoble d'altitude, on aperçoit au loin le pic de Bugarach. Si la fin du monde est effectivement programmée pour le 21 décembre 2012, ne devraient alors survivre que les quelques illuminés qui auront escaladé le pic au préalable. Les vieilles vignes de Trilla ne se posent pas autant de questions métaphysiques, car une grande partie devrait être sauvée du couloir de la mort grâce à l'obstination de Vincent. Et bien au-delà de la date fatidique du calendrier maya.

     

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    Si  vivre à Trilla n'est pas en soi la fin du monde, le village est quand même, quelque part, un genre de bout du monde. On ne passe pas à Trilla, on y va. Et il faut même le vouloir. Ou alors se perdre. Mais quand on y est, la vue est tellement grandiose que l'on se demande pourquoi ne pas y rester. Faire le tour des vignes prend un certain temps, sans compter celui qu'il faut pour courir après Grenache, gros chien blanc aussi affectueux qu'indiscipliné. Entre les décharges sauvages, les vignes qu'on arrache ou celles que l'on a plantées dans le seul but de ne pas s'en occuper (une histoire d'encépagement global du domaine pour accéder à l'appellation Côtes du Roussillon), le paysage du Haut-Fenouillèdes mérite mieux.

     

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    Comme ces vignes arc-en-ciel, largement complantées de carignan, avec un peu de grenache blanc, gris ou noir, et âgées de plus de cent ans, qui devraient prochainement intégrer le domaine de La Boria, dès que les fonds pour les acheter seront réunis. Parce que La Boria, c'est aussi la propriété d'investisseurs, devenus co-vignerons depuis qu'ils ont décidé d'intégrer le projet. Des investisseurs d'un genre un peu particulier, limite philantrope, plutôt intéressés par l'aspect humain et la grande aventure vigneronne que par la rentabilité. Pour cette raison, ils ne regrettent rien, bien au contraire! Parce que l'histoire est belle.

     

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    Outre sauver encore et toujours "des vieilles", un des autres grands projets de Vincent est de construire un chai in situ. Ne pouvant plus bénéficier des installations inusitées de la coopérative, vendue depuis à un particulier pour en faire un hara, Vincent a été contraint de redescendre dans la vallée pour vinifier le raisin de Trilla. L'endroit idéal existe pourtant sur la route qui mène au village, au milieu des vignes, et ce sera le prochain grand chantier de La Boria. Chai moderne et fonctionnel, intégré dans le paysage, par gravité, rien ne sera trop beau pour rendre encore un peu plus de vie vigneronne au Haut-Fenouillèdes, enclave occitane en pays catalan. Les questions des vignes et du chai réglées, il ne restera plus que le cheval, à pérenniser sur la propriété, en faisant l'acquisition de Ténor, superbe percheron de 4 ans qui ne demande qu'à venir s'épanouir à Trilla. Il viendra compléter judicieusement le labour animal (déjà effectif, mais sous-traité), ainsi que celui du tracteur, effectué par un des derniers coopérateurs du cru, impliqué à fond dans le projet.

     

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    Un signe, peut-être? Le couple d'aigles de Bonnelli, réintroduit il y a quelques années à Trilla, semble avoir fait un petit. Ils étaient trois, en tout cas, à voler au dessus de nos têtes par ce beau jour de printemps 2012.

    Et pour tout ça, on dit merci qui? Merci Merci, évidemment. Merci, un vin réjouissant, frais et gouleyant, cuvée emblématique du domaine, produite à un nombre conséquent de bouteilles, le cadeau idéal pour remercier tous ceux qui se sont investis corps et âme dans ce beau projet. Outre Merci, le domaine de la Boria produit une excellente cuvée Nova, qui existe en blanc comme en rouge. Alors merci aussi, mamie Nova!

     

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    Olif

     

    P.S.: le 11 juin, ce sera la Saint Cochon dans le Haut-Fenouillèdes, à Bélesta plus précisément. Avec la présentation du millésime 2011 au milieu des vignes, du bon cochon et tout plein de bons vignerons. La Roots 66 vaut décidément le détour...

     

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  • La table de cuisine, avec des chaises, aussi...

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    Enclave franc-comtoise en terre catalane, La Table de Cuisine est dressée à Saint-André, approximativement entre les deux Banyuls, celui des Aspres et l'autre, sur vin et sur Mer. Faut-il y voir un signe ou un symbole, celui de la croix de Bourgogne, largement adoptée par les soldats comtois, du temps où la Franche-Comté était encore espagnole? Martine et Laurent Brozzetti, franc-comtois de naissance, ont donc pris la route de la Catalogne pour y poser leurs valises, après avoir écumé le Haut-Doubs et la Suisse voisine, au sein de la célèbre maison Guignard, située à Orbe. Lequel Philippe Guignard n'a pas été contraint de fermer sa Bréguette une fois que Laurent fut parti sous d'autres cieux, je suppose.

     

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    Ce soir-là, attablés à la cuisine, mais en salle, 4 personnes, 4 chaises, 4 couverts. Juste après un apéritif-dégustation furtif à Trouillas, le temps d'apprécier, en compagnie de Frédérique Barriol-Montès, les dernières nées du domaine de la Casenove (Les Clares 2007, joli blanc rafraichissant et complexe, La Colomina 2011, rouge de soif particulièrement gouleyant, et La Garrigue 2009, rouge plus structuré mais aux tanins frais).

     

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    Un apéritif pas tout à fait terminé, puisqu'après, il fallait oser Joséphine, Crémant de Limoux par Gilles Azam. Jolie bulle tonique et fruitée, entamée par Christophe Guittet qui guettait notre arrivée. Christophe Guittet est un breton d'inspiration jurassienne, qui a posé ses valises à Tautavel il y a une dizaine d'années, après un séjour en Bresse, où il a pratiqué le culte de l'oxydatif via le Jura voisin. Ombre et soleil est le nom de son domaine. Sa part d'ombre oxydative, Christophe aime la mettre en pleine lumière. Si certaines de ses premières expériences ont pu paraitre déroutantes à des palais novices, ses dernières cuvées sont un peu plus dans les clous, notamment un très joli blanc 2011, ainsi qu'un rouge de carignan frais et désaltérant, tous deux tirés de la cuve.

     

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    L'oxydatif, c'est néanmoins toujours son rayon, avec deux cuvées de rancio sec, non mutées, élevées en bonbonnes de verre. Ox-idée(s) 2004 et Soleil de midi 2006, deux curiosités aux notes de malt et d'épices pour la première, de curry et de mirabelle pour la deuxième, avec un équilibre digne de l'Air du temps d'un autre Christophe que je connais, valaisan celui-là, et également spécialiste de l'élevage long avec plus ou moins d'oxydation.

     

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    Perfectionniste à la cave comme en cuisine, Christophe Guittet propose, sur la contre-étiquette de chaque vin, un accord culinaire parfait, doublé d'un accord musical aussi précis que pointu. Une mosaïque d'émotions pour chaque verre, finalement, même si d'autres options sont possibles. Comme, par exemple, anchois au vinaigre de Collioure suivis de morue à l'huile d'ail de Lautrec, pour ce qui me concernait ce soir-là.

     

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    L'accord le plus époustouflant, ce fut pourtant au dessert. Les pommes sautées au caramel de curry et vin jaune, glace à la noix, rayonnèrent en compagnie du Rivesaltes ambré 15/10 2001 du domaine de La Casenove. Hors Jura, il n'y a qu'en Roussillon que l'on peut se permettre une telle fusion avec un dessert jurassique!


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    La Table de Cuisine

    8A rue de Taxo

    66690 Saint-André

    0468954206


    Christophe Guittet, Domaine Ombre et Soleil

    2, rue de Belfort

    66720 Tautavel


    Étienne et Frédérique Montès, Domaine de La Casenove

    66300 Trouillas


    Olif

  • Vignerons récalcitrants...

    Capture d’écran 2012-04-21 à 17.50.30.png

     

    Le 12 mai, à Calce, les caves se rebifferont une nouvelle fois. Traversé par la D18, chère à Olivier Pithon, Calce, Roussillon, petit village perdu sur les hauteurs de la vallée de l'Agly, fera pour la 7ème année consécutive une opération caves ouvertes avec séance dédicalce par les vignerons du village. And guests. Six invités, triés sur le volet, venant de toute la France et répartis chez chaque vigneron-hôte. Pas chauvins, les Caleçons et les Calzones, si tant est que les gens du cru s'appellent comme ça. Pas encore complètement chauves non plus, même si certains arborent fièrement et majestueusement le bonnet pour se protéger de la tramontane et d'un décoiffage intempestif.

     

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    Le vignoble calc-ique est constitué d'une mosaïque de sols variés. Il n'y a guère que l'Alsace qui puisse se prévaloir d'être aussi géologiquement diversifiée. Le défi que Jean-Philippe Padié s'est fixé est que chaque type de sol soit représenté au sein de son domaine et, de ce fait, puisse se retrouver dans chacun de ses vins. Un genre de dé-calco-manie, quoi! Constitué au départ de micro-parcelles, la plus emblématique est sans aucun doute la première qu'il a acquise, ceinte d'un mur de pierres sèches et baptisée humblement Clos du Moucheron, en hommage au Clos des Mouches bourguignon, région où Jean-Phi a passé une grande partie de son enfance. Il faut bien avouer qu'il a de l'allure, ce moucheron, avec ses vieux carignans plantés en foule, désormais uniquement travaillés à la pioche, et ses pieds de lavande dans l'inter-rang. L'herbe dans les vignes, c'est quand même bien plus joli, à partir du moment où, évidemment, elle ne concurrence pas la plante. Certaines, comme le trèfle, ont même un effet bénéfique en libérant des substances azotées dans le sol, évitant un apport exogène. Une forme d'autorégulation bienfaitrice, en fait.

     

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    Plus de 14 hectares en tout pour le domaine Padié, parce qu'il est dur de ne pas reprendre telle parcelle de vieux grenache blanc, même si elle fait partie d'un lot plus important dont le vigneron ne sait pas bien que faire dans un premier temps. Mais, comme Jean-Phi est doté d'une grande perspicalcité, nul doute que, à terme, l'investissement ne sera pas vain (mais, finalement, quand même un peu vin, on espère). Sauver les vieilles, un leitmotiv qui reviendra tout au long de ce périple septimanien, en Languedoc comme en Roussillon, pour ne pas voir tout un patrimoine viticole disparaitre purement et simplement.

     

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    Au fil des différentes failles géologiques, les vallées, appelées "coumes", offrent des terroirs et des paysages variés, somptueux. On passe de l'une à l'autre avec émerveillement, traversant dans le même temps les vignes des autres prestigieux vignerons rebiffants (Gauby, Matassa, Pithon...). Au loin, majestueux, le Canigou met la patée à tous les sommets avoisinants. Même la tête dans les nuages, même par un temps petit sibérien, ce n'est pas une montagne pour les chiens!

     

     

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    Pour manger de la cuisine calc-ifiée, pas besoin de se faire prier, il faut aller au Presbytère. Bistrot de pays multi-services, on peut venir y boire un coup et se confesser au bar, en plus de s'y régaler de plats goûteux du marché, accompagnés des vins des vignerons calc-inés, vendus à prix propriété.

     

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    Ce jour-là, après une D18 2010 à l'apéritif, avec une planchette de charcuteries hispanisantes, puis une autre de fromages bio du coin, Calice 2011, Petit taureau 2010, Ciel liquide 2007, Fleur de cailloux 2010, et Milouise 2010 se sont succédés. Suivis de quelques extras jurassiens, qui ne sont pas parvenus à éclipser les blancs de l'Agly, même sur l'assiette de fromages.

     

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    Le seul Calice que l'on puisse boire jusqu'à la lie avec délectation...

     

    Calce? Il n'y a pas plus bel endroit dans le Roussillon! Excepté Trilla, peut-être?

     

    Olif

     

    P.S.: bon, sérieusement, ils s'appellent comment, pour de vrai, les habitants de Calce?

  • Hock ... c'est bon!

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    La première fois que j'ai rencontré Aline Hock, elle présentait son premier millésime du domaine des Mathouans à Olne, en son pays ou presque, aux côtés de Lucien Salani, mosellan beau parleur, grand buveur et bon vigneron aux domaine des Balmettes en Roussillon. Belge d'origine, travaillant loin de la vigne et désireuse d'une reconversion totale, c'est justement en sortant d'une dégustation mémorable et monumentale avec le même Lucien qu'elle a solennellement déclaré: "C'est ça que je veux faire!". Aline est donc devenue vigneronne dans le Roussillon, à Latour de France.

    La deuxième fois que j'ai rencontré Aline, elle s'ennuyait ferme en compagnie du même Lucien Salani à un salon bio et bourguignon qui n'a pas tenu toutes ses promesses, en terme de fréquentation. Ce qui a permis aux vignerons de déserter fréquemment leurs tables et d'aller goûter chez leurs confrères. Nul besoin de crier pour qu'elle revienne, Aline fut fidèle à son stand, elle, veillant dans le même temps sur celui de Lulu des Balmettes. J'ai pu ainsi agréablement goûter à ses macabeu, carignan, syrah et grenache. Aline est mutine, elle a décliné son prénom dans plusieurs de ses cuvées: MacAline, AdrénAline et AlineA. Elle n'a pas encore osé jouer avec son nom de famille, et c'est dommage, car il y a du potentiel, sans équivHock. Elle a baptisé ses autres cuvées du nom de leur parcellaire: carignan ou syrah d'En Rouzil, grenache de Coum de l'Houm, carignan de Saint-Martin. Et enfin, elle a habillé ses bouteilles de belles fleurs à l'image des vins, fins et délicats, comme ce Carignan rosé d'En Rouzil 2010 ou le délicieux macabeu floral MacAline 2010.

     

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    La troisième fois que j'ai rencontré Aline, c'est chez elle, à Latour de France, à l'heure de l'apéritif. Un apéro débuté tardivement, pour cause de virée vigneronne préalable sur les hauteurs de Trilla, village perdu du Haut-Fenouillèdes et vignoble sauvé en partie de l'arrachage grâce à l'obstination d'un autre vigneron talentueux dont on reparlera plus tard. Lulu n'était pas là, mais Renaud, le compagnon d'Aline, oui. Renaud, quand il n'est pas à la maison, il arpente les vignes du secteur avec son fidèle destrier pour rendre sa noblesse au métier de vigneron-laboureur. Les vieux coopérateurs ont souvent le regard qui brille et plein de conseils techniques à lui donner, quand il trace dans les vignes avec son cheval comtois. Il les écoute, mais fait à sa manière. Normal, c'est lui qui tient la charrue. Une pratique qui revient pourtant en force et rappelle aux anciens le temps d'avant, celui où ils travaillaient leurs vignes artisanalement plutôt que de les mécaniser intensivement. Le temps d'avant l'arrachage, qui prévaut de plus en plus à l'heure de leur retraite. Mais c'est sans compter sur ces furieux passionnés qui se battent pour conserver ce patrimoine végétal, parfois âgé de plus de 100 ans. "On ne pourra pas les sauver toutes!" lâche Renaud, mais on sent bien qu'à chaque fois qu'une vieille vigne peut être reprise, à l'achat ou en fermage, c'est une petite victoire pour tous ceux qui rêvent de ne pas voir ce passé dépérir à petit feu. En plus de labourer les sols des Mathouans, Renaud loue ses services à tous ceux qui souhaitent réintroduire le travail au cheval dans les vignes, dans le cadre d'un projet global précis, et pas seulement pour faire joli ou folklorique. Il y a du travail, pour lui, pour son cheval comtois, et vraisemblablement aussi pour un percheron supplémentaire, va savoir...

     

    La prochaine fois que je rencontrerai Aline, ce sera sans doute en France ou en Belgique, dans le vignoble ou sur un salon. Je ne sais pas encore quand, mais je sais déjà que je rencontrerai de plus en plus souvent ses bouteilles à ma table. Pour sûr, j'en ai dans ma cave!

     

    Olif

     

    P.S.: la vie des Mathouans au jour le jour, c'est sur le blog d'Aline, vigneronne blogueuse, de surcroît.

  • Terres et vins de Champagne 2012: bulles meunières...

     

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    4ème édition du salon Terres et vins de Champagne, et ces drôles de zèbres champenois, des vigneron(ne)s amoureux(ses) de leurs terres, ne sont toujours pas à courts d'idées. La Champagne qui bouge, celle du vin et des terroirs, arborait cette année fièrement un maillot à rayures. Quand ce n'était pas un string ou un écharpe. Il a fallu le voir pour le croire.

     

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    En prélude à Terres et vins, les vignerons ont donné du grain à moudre à quelques privilégiés, invités à vagabonder le long de la Marne, sur les traces du meunier. Le pinot, bien sûr, pas celui qui dort. Tous dans le bus, direction la vallée de la Marne, en passant par tous les plus beaux villages champenois du monde, notamment Mareuil sur Aÿ, à l'exception de quelques-uns non situés sur le trajet (Merfy, au hasard). Avec trois haltes désaltérantes du côté de Chavot, Mareuil-le-Port et Œuilly, après l'accueil champenois traditionnel, plein de bulles, évidemment.

     

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    À Chavot, juste à côté de l'église, un fossoyeur bigleux a manqué son coup et donné un grand coup de pioche dans les vignes. Mais au grand bal des Quat'z'arts champenois, Aurélien Laherte avait fait les choses comme il faut. Pas de cercueil dans le trou soigneusement creusé au préalable, mais un aperçu du sous-sol champenois crayeux où le meunier se vautre avec délectation, dans la craie, et pas dans la farine.

     

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    Arrivés à bon port du côté de Mareuil (pas sur Aÿ, mais Le Port), vue plongeante sur le village de Festigny et sa forêt de chataigniers coiffant le vignoble, avec, dans le verre, deux pinots meunier du domaine Bérèche, l'un clair, l'autre champagnisé. La terre, le vin, les bulles, la Champagne...

     

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    Étape suivante, Œuilly, pour un dégorgement d'Antan et dans le sens du vent, au domaine Tarlant. Une véritable leçon, délivrée par un Maître, ravalant définitivement au rang d'amateur les vidéo-blogueurs qui cherchent à faire leur intéressant.

     

     

    Goûtée en plusieurs versions, récemment dégorgée ou sur un millésime plus ancien, et en plein vent, la Vigne d'Antan du domaine Tarlant est un véritable hymne au pinot meunier, d'antan comme d'aujourd'hui.

     

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    Destination finale de cette randonnée en autocar au cœur de la vallée de la Marne: Fleury la rivière, pour une potée champenoise autour du feu, au milieu des vignes, en musique et au bord d'un étang. Évidemment arrosée de moult flacons de Champagne et Coteaux champenois, de chacun des vignerons de l'association.

     

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    Avec quelques raretés liquides particulièrement impressionnantes, comme ce Coteaux Champenois Trépail rouge 2002 de David Léclapart, Minéral 1992 de Pascal Agrapart sur un vieux Comté sorti d'on ne sait où, ou encore ce Marc de rouge de Bouzy 1967 de Benoit Lahaye pour finir de remonter le temps.

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    Cette soirée fut également l'occasion de remettre le Prix Terres et vins de Champagne à Jordi Melendo, ambassadeur espagnol du Champagne, qui s'est vu également offrir en cadeau une magnifique bouteille de Cava. Avec quelques bulles champenoises pour comparer, évidemment.

     

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    Le lendemain, tout le monde avait rendez-vous au Castel Jeanson pour goûter aux vins clairs 2011 et à leur version champagnisée des millésimes antérieurs. 2011, une année compliquée qui fut plutôt bien négociée par tous ces vignerons soucieux du travail de leurs terres et de la qualité de leurs vins de Champagne. Des vins globalement de belle et bonne qualité, élaborés par des vignerons de plus en plus tentés par la biodynamie pour valoriser leurs sols.

    Une sortie champenoise terminée en apothéose par un apéritif crépusculaire en after, sur les toits d'Aÿ, où il ne fallait pas être paresseux pour y grimper. Le (la) Champagne, c'est comme la montagne, ça vous gagne!

     

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    Olif

  • Le nez dans le bleu

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    Retour gagnant pour Le nez dans le vert, mais aussi dans le bleu, pour cette deuxième édition quasi-estivale, qui vient tout juste de se terminer au Château de Gevingey. "Le plus beau des salons de vins, il se trouve dans le Jura", pouvait-on entendre de la bouche de connaisseurs rompus à la pratique de ce genre d'exercice. La concurrence du grand raoût biojolais (Beaujoloise, Biojolaise, Beaujol'Art), généralement très prisé, n'a pas trop pénalisé les Jurassiens, au contraire. Un Jura triomphant, même quand il revendique à juste titre une défaite. Certains l'ont même privilégié, n'hésitant pas à franchir des milliers de kilomètres depuis le grand Ouest, tandis que d'autres ont couplé les deux salons en venant dans le Sud-Revermont le dimanche. La légère baisse d'affluence constatée serait plutôt du fait des particuliers, sans doute attirés par les premiers barbecues estivaux dominicaux de ce printemps 2012. En mars, depuis quelques années, il fait très très bieau dans le Jura, il faut dire.

     

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    Les joyeuses colonies de vacances des vignerons bios jurassiens

     

    Pour en revenir au salon proprement dit, l'alternance Nord-Sud a permis à bon nombre de personnes, visiteurs comme exposants, de découvrir le superbe Château de Gevingey, un centre de colonies de vacances, propriété du comité d'entreprise d'un banquier (le CIC, pour ne pas le nommer), très fonctionnel et adapté à recevoir ce type d'évènements, même si c'est la première fois qu'il est utilisé pour une manifestation publique. Répartis dans deux salles quasiment de plein pied, les vignerons ont pu faire bénéficier les visiteurs de conditions de dégustations exceptionnelles. Beaucoup de bons vins, de beaux vignerons et de belles vigneronnes. Et plein de nouvelles têtes de jeunes vignerons avec des promesses non électorales dans leurs bouteilles.

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    Les deux plus beaux crânes du salon avaient de jolies choses à faire goûter, dans le genre retour aux fondamentaux. Mention particulière à J'en veux 2011, cuvée rouge de vieux cépage signée Fanfan Ganevat, et au Poulsard du D.D. 2011, une vinification de poulsard à l'ancienne, par Stéphane Tissot, un bien bel hommage filial au Dédé paternel. Un vin qu'il faudra privilégier en magnum tellement c'est glou. A table avec Léandre 2010, autre rouge traditionnel à la façon du grand-père Pignier, reproduisant même l'assemblage de l'époque avec tous les vieux cépages soigneusement préservés, sera le gros coup de cœur de ce salon.

     

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    Après ce tour d'horizon des anciens, place aux jeunes, avec une belle dynamique en train de s'installer, mine de rien. Premier coup de cœur pour les vins de Renaud Bruyère, qui développe son propre domaine, en parallèle d'une activité salariée au domaine André et Mireille Tissot et d'accointances avec la famille Houillon. Magnifique trousseau 2011, très beau chardonnay 2011 et époustouflante bouteille PMG sous le comptoir, Les oubliés de Paname, une vendange de chardonnay en surmaturité, des raisins véritablement oubliés par une bande de vendangeurs parisiens un peu brelus (pour ceux qui ne voient pas ce que cela veut dire, c'est du patois franc-comtois).

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    Goûter enfin les vins de Kenjiro Kagami, du Domaine des miroirs. Uniquement des vins en cours d'élevage, forcément, 2011 sera le premier millésime. Kenjiro a été à l'école alsacienne de Bruno Schueller et pris sous une de ses ailes par Fanfan Ganevat, depuis son installation à Grusse. Le résultat est dans la lignée de ses mentors, avec de jolis chardonnays, un savagnin particulièrement percutant et un gouleyant poulsard au velouté soyeux. Des vins du Jura complètement débridés, en fait.

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    Autre sympathique découverte, Alexis Porteret, du domaine des Bodines. Premier millésime en 2010 et des vins de plaisir. Mention particulière au Trousseau 2011, pas encore totalement en bouteille et toujours sans soufre, ainsi qu'à un Savagnin ouillé 2010 très prometteur, fluide et gouleyant.

     

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    33 domaines présents sur les 41 à être en bio dans le Jura, ça commence à faire du monde. Et du beau monde, surtout. Un niveau global relativement élevé, avec beaucoup de vins réjouissants, élaborés par des vignerons talentueux, qu'ils fassent partie des valeurs sûres (Domaine de la Pinte, Julien Labet, domaine de la Tournelle, Philippe Bornard...) ou des p'tits jeunes qui n'en finissent plus de monter (Ratapoil, L'Octavin, Étienne Thiébaud, Géraud Fromont, des Marnes Blanches, Catherine Hannoun, Les Dolomies, Champ Divin...). Impossible de citer tout le monde, évidemment, surtout quand c'est l'heure du cochon.

     

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    La pauvre bête a quand même fait long feu, puisqu'il a fallu toute la matinée du lundi pour qu'elle soit cuite à point, avant d'être servie en accompagnement d'une poêlée de vieux légumes.

     

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    Le nez dans le vert, dans le bleu, ou dans les effluves de cochon grillé, les vins du Jura se préparent de bien bieaux lendemains...

     

    Olif

     

  • Chaud et froid au pays des Poyeux...

    Vendredi 27 janvier, 16 heures, sous un soleil radieux. 12°C à Varrains, tee-chirt de rigueur. Une température à se réfugier dans une cave troglodytique. Chez Antoine Sanzay, par exemple. À droite au feu, sauf si on arrive par derrière. Merci GPS.

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    Derrière le fût, le chien veille. Un bon toutou, pas méchant pour un sou. L'Ami Chenin était passé par là, apporter un morceau de Comté en provenance d'un bon fournisseur. Faut-il que j'aie l'odorat fin... À défaut de Château Chalon, cela appelait un joli verre de Salles-Martin 2011, tiré sur fût.

     

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    Oui, du chenin, il n'y a pas que le savagnin dans la vie. Dans les magnifiques caves troglodytiques du domaine, au pied du four à pain endormi, à l'intérieur de ce qui fut une pièce de séjour dans des temps très lointains, comme en témoigne le lit à étage creusé en hauteur à même le tuffeau, des fûts reposent. Le fleuron du domaine, c'est sans contestation possible ces Poyeux, dégustés sur 3 millésimes, de 2011 à 2009, le dernier en bouteille. Les Poyeux d'Antoine Sanzay ne sont pas complètement superposables à ceux des Frères Foucault, du Clos Rougeard, question de sol. Mais ce sont bien des Poyeux. À part entière depuis 2008, millésime à partir duquel l'ancienne cuvée Expression a été jugée apte à revendiquer son origine précise. Expression, ça leur convenait bien, d'ailleurs, comme nom, tant ils s'expriment dans la netteté et la précision. À terme, c'est à dire bientôt, en 2014, Antoine va récupérer l'ensemble des cuvées qu'il laisse par contrat à la coopérative. Ce qui devrait considérablement augmenter les volumes disponibles.

    Mardi 31 janvier, 9 heures du matin. -1°C à Chacé, petite neige, doudoune de rigueur. Une température à se réchauffer par un petit tour de cave au Clos Rougeard. Poyeux 2011, juteux et superbe, Bourg, Brézé, Coteaux de Saumur, dans des millésimes jeunes ou plus anciens, avant que Nady Foucault ne manque gentiment, je le précise, de me chasser de Chacé. "Pas de photo!", nous a-t-il dit en substance. Juste une petite, quand même, non?

     

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    Heureusement, la bouteille était déjà vide. En espérant que ça ne m'empêche pas de revenir au Clos Rougeard...?

     

    Olif

  • Le froid sibérien réussit sa Percée dans le Jura

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    Une Percée qui restera certainement dans les annales comme étant la plus froide à ce jour. Ne pas se fier au ciel bleu ou au grand soleil qui rayonnait. Ruffey sur Seille avait convié la Sibérie comme invitée d'honneur de la 16ème Percée du Vin Jaune. Le froid transperçant n'a toutefois pas altéré l'enthousiasme des organisateurs, ni celui des participants. Le vin jaune, ça réchauffe les cœurs!

     

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    C'est une tradition, la première animation autour de la Percée, c'est le clavelinage. Un concours de dégustation autour du Vin jaune, où différents jurys considérés comme des experts, décernent des bons points aux vins qui sont sortis du lot et apparus comme les meilleurs ce jour-là. 

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    "In flavo vino veritas". La doublette franco-belge d'IVV et des 5 du vins ne pouvait pas copier l'un sur l'autre, ils ne se trouvaient pas à la même table.

     

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    Vin jaune et société, en compagnie de Marie-Christine Tarby-Maire.

     

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    Wink Lorch, grande voyageuse ancrée en Savoie, a claveliné les vins jaunes de montagne et de forte pente.

     

    La dégustation est un art difficile, notamment pour les aveugles, mais aussi pour les agueusiques et les cryoanesthésiés des papilles et/ou du bulbe. Après ce tour de chauffe, qui a vu une vingtaine de clavelins récompensés, place à un premier tour de froid dans les rues de Ruffey.

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    Les verres attendent sagement d'être adoptés par les premiers arrivants. Les caveaux de dégustation ouvrent à midi pile et cela reste quand même le meilleur moment pour approcher les vignerons, à défaut de pouvoir goûter à leurs vins dans de bonnes conditions. Légèrement excentrés, dans le cadre superbe du Prieuré Saint-Christophe, Jean-Michel Petit, Laurent Macle et Nicole Deriau, du domaine de Montbourgeau, sont dans les starting-blocks pour la venue des premiers Perceurs et Perceuses.

     

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    Bonnet indispensable cette année. Et je voudrais bien le même pour faire la Transjurassienne, tiens! Côté vins, des choses plutôt très intéressantes, qu'il faudra redéguster à température idéale, c'est à dire ni trop froid, ni trop chaud (oui, c'était possible, lorsque le clavelin avait séjourné trop longtemps à côté du radiateur), notamment le Chardonnay Jurassique et le Savagnin Les Terrasses 2010.

     

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    Difficile de parler des vins de Laurent Macle, conservés bien contre son gré dans un frigo géant où tout le monde se tenait debout à l'intérieur. Le Château Chalon 2004 est pourtant une superbe réussite qui méritera d'être regoûté devant la cheminée.

     

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    Ambiance un chouïa moins frisquette chez Nicole Deriau, au domaine de Montbourgeau. Sur le beau terroir de L'Étoile, l'oxydatif est roi et les vins dégustés possèdaient beaucoup de finesse d'expression. Une cave très fréquentée par les blogueurs, et même par le Bicéphale buveur, reconstitué pour l'occasion. On viendra probablement y jouer les stars à l'occasion.

     

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    À  deux pas de là, deux Bourguignons frigorifiés, l'un au pinceau, l'autre au stylo, buvaient des litres en faisant plein de ratures. Pas facile de dédicacer avec des moufles, tout en alimentant régulièrement le poêle. "Litres et ratures", quand les écrivains parlent du vin... pendant que d'autres le font ou le boivent.

     

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    Entre vente aux enchères raisonnable et concours de cuisine autour du vin jaune, avant la grande cérémonie abrégée du dimanche matin, la Percée de Ruffey, à part celui de la température la plus basse jamais enregistrée, n'a pas pulvérisé les records de la précédente édition arboisienne, en terme de fréquentation et de buzz médiatique, loin de là. Mais le Vin jaune, c'était pourtant par là, et la fête a été jolie, conviviale et agréable, comme à l'accoutumée. Tout juste quelques évacuations sanitaires pour hypothermie ont été signalées, sans abus de boisson. L'année prochaine, par là, ce sera direction Voiteur. Les 2 et 3 février 2013. On suivra volontiers la pancarte qui y conduit, une nouvelle fois.

     

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    La Percée à Ruffey? Le froid lui seyait bien.

     

     

    Olif

  • La Gercée du Vin jaune

     

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    Tout le monde l'a sur le bout des lèvres, c'est demain et c'est à Ruffey sur Seille que ça va se passer. Ça risque d'être chaud. Frette, aussi, un peu. Pas besoin de glaçon dans son petit jaune, il va plutôt s'agir de souffler dessus pour qu'il se réchauffe.

    En TER, à pied, à raquettes, en voiture, les amateurs d'oxydation ne vont pas se ménager pour parcourir les rues de Ruffey, qui accueille la nouvelle édition de la Percée du Vin Jaune. Le Blog d'Olif va sortir les moufles et le passe-montagne avant de tenter de se frayer un chemin au milieu de la foule chaleureuse autant que chaudement vêtue. Allemands en short s'abstenir, pour une fois.

     

     

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    Et pour tous ceux qui n'ont jamais franchi la Seille à Ruffey, le petit plan idéal pour les aider à s'y retrouver:
     

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    Ne me remerciez pas, c'est tout naturel. Je l'aurai aussi dans la poche.

     

    Olif

  • En attendant Joachim...

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    Le 15 décembre 2011, dans la Combe de Rotalier, en attendant le passage de la tempête Joachim, personne ne vous entendra crier. Gros coup de vent annoncé, neige en moyenne montagne, faudrait pourtant pas trop tarder à rentrer, avant que les routes de montagne ne deviennent impraticables. Advienne que pourra! Difficile de faire court, quand il s'agit de déguster en compagnie de Fanfan Ganevat. Pas la peine de mettre un pied dans la Combe si t'es pressé. Parce qu'il est dur de ne pas goûter à tout, ou presque. Quand la pipette commence à chauffer dans les mains de Fanfan, elle ne s'arrête plus. D'autant plus que le millésime 2011 s'annonce "de toute beauté". Qualité, comme d'habitude, et quantité, enfin un peu plus que d'habitude. Mais des vins qui ne seront pas forcément plus faciles à trouver, tant la demande est ici pressante. Pour preuve, l'allocation à destination de la Belgique a été considérablement réduite. Le marché chinois se serait-il déjà positionné?

     

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    Podverdeke! Évidemment que c'est une zwanze, une fois! Je ne voudrais pas me fâcher avec mes amis Belges. La vraie commande est là, et c'est un complément, je sais que certains ont déjà été servis.

     

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    Mais, après l'inspection des bordereaux d'expédition, le plus important restait à faire. Goûter à un ou deux vins, en commençant par le poupin 2011, toujours dans son couffin. Rien que du fruit pour se faire la bouche. Pas la peine d'essayer de nous rouler dans l'enfariné, Fanfan, il est clair qu'il n'y a pas que du chardonnay dans cette cuvée. Mais aussi quelques grains de ce vieux cépage honni, dont il reste quelques pieds de ci de là, et dont l'immense mérite est d'apporter de l'acidité et de la fraîcheur là où il en faut.

     

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    Depuis qu'il est devenu héros de papier, dans la bande dessinée d'Étienne Davodeau, Fanfan donne dans le phylactère. Il fait aussi des bulles, à l'occasion, mais celles-ci se boivent, quand elles ne vous explosent pas à la figure. Quant aux autres blancs 2011 ils sont déjà quasiment tous au propre et au clair, ce qui n'est pas habituel à cette saison. Grusse en Billat, Chalasses, Grands Teppes goutent déjà bien, chacun dans leur style. L'effet terroir est désormais imparable, y compris sur En Billat, qui ne possède pas le même passé biodynamique que les deux terroirs vedettes de Chalasses et Grands Teppes.

     

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    2011, grand millésime en perspective, en rouge notamment, avec un jus de trousseau somptueux, couleur groseille. Petit degré, grande buvabilité, caractère épicé et tanins juteux. À se demander s'il ne faudrait pas le mettre en bouteilles dès maintenant... Le pinot noir Julien Chalasses goûte curieusement comme un beau grenache, tandis que le fût de En Billat pinote joliment. L'assemblage des deux devrait faire fureur, à la mise.

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    2011 supérieur à 2010? J'en ai bien peur. Pourtant, la barre a été placée haut. Éloquent tour de caves, avec des vins qui se présentent sous un jour très séducteur, même à la tombée de la nuit. Les Chalasses remportent la palme, avec des VV 1949 radieuses et des Marnes bleues qui transcendent le savagnin. De très grandes bouteilles en perspective pour l'année prochaine. Ce n'est certainement pas Schiste, le braque de Weimar un peu fou, qui dira le contraire. Hein, Roger?

     

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    Et puis, cet exceptionnel et ultra-confidentiel Jaune 2003, qui vient d'être soutiré et qui devrait être mis en clavelin prochainement. Un nez oxydatif exponentiel au dessus de la cuve et une bouche nette, ronde et fruitée, du concentré de sotolon qui éclipse totalement l'éthanal. Et enfin ces deux petites douceurs extraordinaires dont il vaut mieux ne pas parler, tant il y en aura peu. Équilibres de fou pour des vins passerillés, avec une acidité phénoménale qui laisse glisser fraichement mais voluptueusement la grande concentration et la richesse en sucre.

     

    Il fallait rentrer avant la tempête, mais Joachim a pris son temps. Nous aussi, du coup, on n'allait pas passer en coup de vent. Autour d'un casse-croûte improvisé mais bien garni, Chalasses et Grands Teppes 2009 se sont invités à table, rapidement suivis par les rouges 2010, Julien un cran au-dessus des autres, très certainement. Et puis, avec le dessert, un verre de Kriek Lambic Cantillon, c'est bien que les échanges jurassico-belges fonctionnent dans les deux sens. Bon, cette fois, il faut vraiment y aller. Bye la Combe, on y reviendra avec plaisir quand les jours seront plus calmes et plus longs.

     

     

    Olif

  • Le Côte Rôtie nouveau est arrivé

     

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    Il n'y a pas que le Bojo, dans la vie. Faudrait voir à ce que le gamay ne truste pas toute l'actualité vinique du mois de novembre, surtout qu'on a commencé à en parler tôt, cette année. Au sud de Lyon, ex-capitale des Gaules, le gars gamay replie ses gaules et la syrah est roi ou reine. Elle se fait patiemment rôtir sur la Côte et les terroirs pentus d'Ampuis pour donner naissance à des vins de grande renommée. À Verenay, au domaine Clusel-Roch, en agriculture biologique certifiée, les vins sont taillés dans le roc. Et pas difficiles à écluser.

     

     

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    C'est parti pour une petite visite des caves et une dégustation en compagnie de Gilbert Clusel, tandis que Brigitte Roch batifolait en salon du côté de Bordeaux. On commence par les 2011. En fût, évidemment. Le Côte Rotie de l'année n'est pas encore tiré. Superbe millésime à venir, avec un joli fruit sur toutes les cuvées, et une première approche d'un nouveau terroir revendiqué depuis maintenant trois ans: Viallière. Les différents fûts destinés à la Cuvée classique sont goûtés séparément. Très instructif.

     

    2010 possède une dimension supérieure, du fait de l'année supplémentaire en fût, mais ça se goûte plutôt bien. La trame de Viallière se retrouve déjà nettement et Les Grandes Places sont déjà bien en grande place. Belle Cuvée classique, assemblée à la pipette dans le verre.

     

    Retour au caveau, pour découvrir 2009 en bouteille, actuellement à la vente, avec, en préalable, Galet 2010, du gamay lyonnais bien structuré. Très beau millésime que ce 2009, dans le genre riche et opulent. Viallière a commencé sa vie autonome cette année-là et sa trame minérale se retrouve déjà nettement, dans la lignée des deux millésimes plus récents dégustés au préalable. Un terroir coup de cœur, que d'autres vignerons commencent également à isoler.

     

    Olif