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En léger différé du vignoble! - Page 5

  • VDV#53 et vins oranges: Veni, Vini Vivi, Vici!

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    Vendredisduvin

    Marre du rouge, du blanc ou même du rosé? Passe à l'orange! Sans être verbalisé. Grâce à Sand la Blonde, de la Pinardothek, oufti! Elle n'est pas blonde pour de vrai, en fait (enfin, je ne suis pas allé vérifier sous son chapeau), et elle ne trempe pas sa plume dans le sirop de Liège. Les Vendredis du vin lui ont inspiré cette thématique mécanique: orange, ô des poires. Et des scoubidous s'il le faut, pourquoi pas?

     

    Le vin orange, cet inconnu en vogue, n'a rien à voir avec celui que fait ta belle-mère, en faisant macérer une orange non traitée au dessus d'un mélange d'alcool et de sucre. On n'est quand même pas là pour boire du Cointreau, oufti? Quasi indissociable d'une vinification en amphore, comme le pratiquent les Géorgiens, les Slovènes ou les Italiens, il est le résultat d'une macération pelliculaire des raisins blancs. Une pratique qui fut abandonnée par l'œnologiquement correct, mais vite récupérée par le marché des lessives domestiques, dans le but d'obtenir des vins blancs plus blancs que blancs.

    J'en ai déjà goûté un certain nombre, depuis quelque temps, des français, des rhodaniens, des jurassiens, et des italiens, surtout. Des jaunes oranges, même, avec ce savagnin cuvé 1992, élevé 6 ans sous voile par Stéphane Tissot, amoureux de longue date des vins de Radikon. J'aime ce nez souvent envoûtant, riche et puissant, cette dimension tannique sur un blanc et puis cette bouche surprenante, souvent en contraste, très sèche et très vive.

    Des vins oranges, il y en avait un certain nombre à la Dive. Des Géorgiens, des Italiens, des rhodaniens aussi, chez Philippe Viret le pape de l'amphore en France, des alsaciens, chez Stéphane Bannwarth, qui a importé des qvevris géorgiennes pour les enterrer dans le Bas-Rhin et les remplir de gewurtztraminer et de pinot gris... De quoi largement baigner dans l'orange de façon mécanique.

     

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    Et puis, la semaine d'après, sur les bords du lac de Neuchâtel, sous un ciel bleu, devant une eau bleue, sur des terres blanches de neige, des vins oranges, aussi. Veni Vinivivi, vici! 1er salon des vins naturels à être organisé en Suisse. En voilà une bonne nouvelle! De l'avis des vignerons et des exposants venus de France plus ou moins lointaine, une organisation sans faille, propre en ordre, avec ponctualité et tout le bazar. Les Italiens et les Espagnols n'avaient sans doute aucune raison de se plaindre, je ne leur ai pas posé la question. Quant aux Suisses, ils auraient sans doute aimé, pour le fun, qu'un grain de sable vienne troubler le bon ordre établi, mais il n'en a pas été question, comme à l'habitude. Descendu de ma montagne sur un chariot chargé de paille, j'ai bien failli ne pas m'arrêter à l'orange. Mais j'ai vite fait marche arrière, pour ne pas perdre le bénéfice de quelques points sur mon permis de boire.

     

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    Olivier Pittet fait partie de la génération novatrice des vignerons valaisans. Installé depuis 2004, à la tête de 6 hectares, il n'exerce pas encore son métier de vigneron-encaveur à plein temps. Vignoble totalement enherbé, hautes densités de plantation, petits rendements, il se démarque de la majorité de ses confrères de Fully. Passionné par les vieux cépages, il est parvenu à sauver de l'extinction la grosse arvine, en couvant les 4 derniers pieds encore connus dans le vignoble. Parce que, évidemment, si l'on connait très bien la petite arvine, cela veut dire implicitement qu'il en existe une plus grosse! De la grosse arvine, il n'y en a pas la queue d'un grain, dans ce Vin orange, issu d'une macération longue de marsanne et pinot gris. Pas nom plus le moindre petit bout d'une amphore, mais un élevage en fût de mélèze, un contenant largement utilisé il y a longtemps de cela en Valais, avant de tomber bêtement en désuétude, tant il est intéressant, car ne boisant pas les vins. Un vin réellement étonnant, au nez surmaturé sec et puissant, mais à la bouche plutôt stricte. Un finale explosif pour une gamme globale très séduisante, mention particulière aux Racines de Fully, de vieux gamays hautement buvables et recommandables.

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    Et puis, ultime escapade sur la lune, un vin bleu m'attendait quelques tables plus loin. Luna Blu 2010, à ne pas consommer avant 2017, selon Bertrand Habsiger, vigneron à Caspri. Yes you Toscane, mais c'est quand même déjà ultra bon et ultra orange!

     

    Ultra Orange, justement, tiens!

     

     

    Olif

     

    P.S.: Vinivivi fut un immense succès, apparemment. Il faut croire qu'il y avait une demande helvétique pour ce type d'événement. Ce fut l'occasion pour moi de découvrir les vins du domaine de Chèrouche. Le Valais au naturel grâce à Marc Balzan et une totale redécouverte de certains cépages autochtones, vinifiés de façon minimaliste. Un gros coup de cœur, qu'il faudra aller confirmer sur place bientôt, c'est tout le mal que je me souhaite!

     

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    Et puis l'occasion aussi de croiser à nouveau la plus belle barbe souriante de Fully, une belle et vraie tronche de vin, qui sait être sérieuse pour la photo!

     

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  • La Loire, des caves aux greniers... (3)

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    Ultime étape de ce marathon ligérien hivernal, sans neige pour une fois, Saumur, ses Canons et ses caves troglodytiques. Première étape le dimanche soir aux Canons de Saumur, chez Gaétan Leveugle. Sans doute la plus belle adresse du coin, avec une organisation sans faille cette année, pour absorber le flux de visiteurs divesques. Aux Canons, on mange bon et on boit bon. Ça vaut le coup! De canon. Le Jura y est particulièrement à la fête, une bouteille de Ganevat posée sur presque chaque table pour accompagner le repas. Si ça ce n'est pas un critère de qualité....

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    Os à moelle, tripes, jarret, de la cuisine qui goûte, au moins autant que les vins susceptibles de l'accorder. Sur notre table, des bulles boulardiennes et d'autres flacons importés, exceptionnellement autorisés pour cause de melting pot Divesque. L'occasion de faire découvrir aux melting potes d'autres recoins jurassiens, parfois un peu mieux cachés. Et de boire quand même du local, en avant-première, grâce à la générosité d'un surfer ligérien aux yeux de Breizh.

     

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    Une soirée parfaitement organisée par un caviste bruxellois qui a d'la gueule, même s'il a retiré ses lunettes pour la photo!

     

     

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    Le retour du JeDive, c'était le thème de cette 14ème Dive Bouteille, la 4ème à laquelle je participe, depuis son come-back to the roots en Loire.

     

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    À grands coup de pipette-laser, se frayer un chemin dans les souterrains du Château de Brézé, il a fallu. Le jeu en valait la chandelle, bon nombre de Tronches se terraient dans la pénombre, où même les chauves souriaient.

     

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    Oui, j'avoue. Triché j'ai, un peu. Mais Stéphane Tissot a néanmoins été aperçu déambulant dans les galeries de Brézé le lundi 4 février, dégringolant ainsi des Greniers à la cave et du Haut-Anjou en Saumurois.

    La Dive, la divine, la diva. Sans doute le plus merveilleux des salons de vins, le plus roots, le plus naturel, le plus indispensable. L'itinéraire balisé dans les caves de Brézé se peaufine d'année en année et on ne peut même plus lui reprocher de mauvaises conditions de dégustation (sauf à préférer définitivement déguster au salon, en smoking, le cul posé sur un fauteuil Louis XVI, le petit doigt en l'air, avec un crachoir en argent pour spiter du bout des lèvres un filet de salive bleutée délicatement essuyé avec un bavoir brodé en lettres d'or). Oui, l'ambiance de la Dive est chaleureuse et conviviale. La faute aux vins qu'on y goûte, sans nul doute, et aussi, je suppose, par la grâce fédératrice de son organisatrice, Sylvie Augereau, à qui je ne voudrais pas donner l'impression de passer trop de pommade, mais, quand même, c'est vrai, la Dive, c'est plutôt l'fun, je trouve.

     

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    Nouveau vigneron Jedi cette année, Stéphane Bannwarth est venu avec une belle collection de cépages alsaciens, vinifiés traditionnellement et naturellement, voire en amphores. L'amphore! Ce sera un peu le fil conducteur de ce parcours ligérien, débuté à Langeais, dans les caves de Marie Thibault-Cabrit, en compagnie de Fanny Breuil (ingénuine du vin) et Giulio Armani. Au domaine Bannwarth, l'amphore n'est pas une lubie passagère. Les qvevris ont été directement rapportées de Géorgie pour être enterrées en terre alsacienne. Le résultat, ce sont deux vins complètement étonnants, un gewurtz et un pinot gris à la dimension terrienne impressionnante. L'amphore, c'est fort!

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    Aux côtés d'un Jacques Maillet en forme olympique savoyarde, le domaine des Miquettes, déjà croisé à Besançon il y a quelques années, proposait un petit off de off sympathique, avec un joli Saint-Jo blanc et, en avant-première, un viognier orange, la couleur mécanique à la mode, à qui cela seyait plutôt bien.

     

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    En cherchant bien, dans les souterrains, on pouvait tomber sur quelques quilles pirates, sorties de la besace de cavistes qu'ont d'la gueule ou même de Dealers de vin qui n'en sont pas dépourvus non plus. Petite galerie de tronches, glânées au fil des galeries:

     

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    Paco, caviste d'Ivry qu'a d'la gueule...

     

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    Bertrand, dont la tronche navigue au gré du vin et de la moutarde...

     

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    Antoine et Justine, inséparables dealers, dont la came, en plus d'être légale, a d'la gueule...

     

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    Lætitia, affranchie de la Loire qui, elle aussi, a d'la gueule...

     

    Et pour clore ce chapitre ligérien hivernal, un peu de soleil sudiste sur un tonneau déjà bien chargé, une triade de beaux vins du Languedoc qui ont une âme et une Anne: Pot d'Anne, Anne a wine again et Anagramme d'Anne Paillet. On en redemande!

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    Olif

     

    P.S.: l'actualité, évidemment, c'est la sortie imminente de Tronches de vin, véritable chaînon manquant et bouquin sur le vin que le monde entier attend depuis des lustres, sauf Michou, évidemment, bien trop occupé à rédiger un énième pensum sur le vin bio, pour répondre aux vignerons italiens natures, qui ont bien des arguments à lui opposer, y compris quand ils sont traduits en belgo-suisse allemand.

     

     

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    Tronches de vin, vous n'avez pas fini d'en entendre parler!

  • La Loire, des caves aux greniers... (2)

     

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    On change un poil de registre, et de chapelle aussi un peu. Les Vins Anonymes, nouvelle branche plutôt nature de ces offs angevins, a d'ailleurs élu quartier dans la plus belle, de chapelle. La Collègiale Saint-Martin, magnifiquement restaurée, sert désormais à accueillir de l'événementiel, en dehors des heures de visite. Le Bon Dieu ne s'y trouve plus officiellement, mais les dégustations qui s'y déroulent sont parfois bénies, ce n'est pas Ivo L'escarpolette qui dira le contraire.

     

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    Lieu magique, ambiance recueillie, hamburgers à la crépine de Manu Chavassieux et vins du Languedoc, Ivo est aux anges. Il a même organisé un petit off de off à sa table, avec les vins du Petit Domaine, de Julie Brosselin et Aurélien Petit. Sans complexe, Aurélien propose à la dégustation ligérienne un joli chenin d'Oc, avant une saignée de grenache et deux rouges plus corsés. Un Petit domaine à suivre, du côté de Montpeyroux.

     

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    Après ce revigorant petit en-cas et le salut confraternel d'un sommelier-caviste qui a d'la gueule, il est temps de retourner bosser. Tout le monde au Bureau, Saperlipopet!

     

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    Le Pet'nat de Damien Bureau, installé à Chanzeaux, après quelques classes jurassiennes il y a bien longtemps de cela, goûte parfaitement sec, saperlipopette! Et Mille Sabords, chenin tranquille goûte parfaitement mûr, tonnerre de Brest! Étiquettes gaies et colorées, noms clin d'œil plutôt sympas, autant de bonnes bouteilles à ne pas mettre dans les mains des buveurs doués de trop de raison ou qui croient y avoir. Et je ne parle même pas du pineau d'Aunis 2012, exclusivement en magnum, qui n'a pas encore d'étiquette pour l'instant. Ni Brigitte Lahaie, ni rien, pourtant c'est déjà un sacré obus!

     

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    Et puis d'autres grapillages, chez Didier Grappe, de jolis vins et un nouveau nom jurassien que l'on est heureux de voir figurer parmi ceux qui se bougent et s'exportent hors des frontières du Jura, avant d'aller boire un Bock en Ardèche avec Sylvain.

     

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    Et puis, il a fallu faire Des pieds et des mains pour goûter aux obus du domaine du Mortier. Mais ça valait le coup de patienter jusqu'au retour du vigneron. Saint-Nicolas et Bourgueil comme on l'aime, avec de la chair, du fruit, du croquant!

     

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    Crédit photo ©La pipette

     

    Impossible de quitter Angers sans aller prêter allégeance au Roy René, en son logis du Gouverneur, sis à l'intérieur de l'imposant Château, en cours de rénovation. L'occasion de franchir le pont-levis, gardé par un gentil cerbère chargé d'exfiltrer les Pénitents venus goûter aux jus de la treille de la foule des visiteurs du dimanche. Le Gouverneur sait au moins aussi bien recevoir que l'Ambassadeur et la foule se pressait autour des tables, malgré l'absence de petits fours. Là aussi, quelques tronches éparpillées, posent volontiers pour la postérité.

     

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    Vive l'Alsace libre. Notamment avec ce Riesling Muenchberg 1999 élevé 4 ans en vidange, puis un certain nombre d'années en bouteilles avant d'obtenir son bon de sortie pour le verre. Quand c'est oxydé, c'est oxydé, mais c'est bien bon et volontaire, destiné à affiner l'alcool d'un vin très riche qui goûte parfaitement sec. Bienvenue dans le (Patrick) Meyer des mondes!

     

    À suivre, encore ...

     

    Olif

  • La Loire, des caves aux greniers... (1)

     

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    Au vu du succès rencontré par les salons off de Loire et de la qualité globale des vins proposés à la dégustation, des Greniers Saint-Jean aux caves divines et troglodytiques de Brézé, en passant par le logis du Gouverneur et l'anonyme Collégiale Saint-Martin, il ne faut pas être bien fûté, ni même meilleur dégustateur français du monde, pour se rendre compte que l'avenir de la viticulture de qualité se situe bien dans cette voie biologique, biodynamique, voire même nature. L'élite de la production française, voire mondiale, ne s'y trompe d'ailleurs pas, n'hésitant pas à entamer une démarche de certification officielle "par pure honnêté", tandis que les vignerons bio ou biodynamiques précurseurs, qui le font uniquement par conviction profonde, ne sont sans doute que de vulgaires trompeurs sur la marchandise, puisque leurs vins ne font même pas partie, pour la plupart, du bottin &D mondain des meilleurs vins de la planète. Il est sans doute plus facile de se draper dans sa dignité que de venir goûter avec la plèbe.

     

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    Il faut dire que ce week-end-là, dans la Loire, on pouvait croiser un certain nombre de tronches. Des Tronches de vin, authentiques vignerons, des cavistes qu'ont d'la gueule, des tronches sympathisantes, de la bloglouglou ou d'ailleurs. De bonnes trognes ou de jolis minois, dont la particularité fut d'avoir l'œil gauche allumé et pétillant derrière son Spiegelau expert. Pour les gauchers, ce fut parfois le droit, pour d'autres l'oreille, qu'on leur accorde bien volontiers, à la manière de César.

     

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    À tout seigneur, tout honneur. Monsieur Tolmer lui-même, dit Toto, dit Mimi, reconverti en vendeur de tee-shirt pour l'occasion. On ne le remerciera jamais assez de nous avoir proposé une aussi belle couverture et on ne lui en voudra même pas de ne pas avoir respecté la consigne et d'avoir préféré son oreille droite à l'œil gauche pour y poser son verre. Le privilège de l'artiste!

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    À ses côtés, fortement diminué, parce que cloué sur une chaise en raison d'une mauvaise douleur contractée lors d'un effort de débouchage trop violent, Monsieur Quesnot, dit Fifi, dit PQ, âme pensante de Glougueule. Il avait beaucoup trop mal pour ne pas respecter la consigne, même s'il a fallu faire plusieurs prises pour ne pas être obligé de proposer à la foule en délire un cliché grimaçant.

     

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    Enfin une dame, du genre qui n'arrête pas de semer son petit grain d'orge dans la Loire, à droite à gauche, et qui ne savait pas encore, à l'heure où la photo a été prise, qu'elle serait promue star mondiale en devenant lauréate du 7ème Wine Blog Trophy, après avoir écrasé à plate couture un catalan d'adoption, inapte à reconnaître quelques vins de Loire mal embouchés, le palais sans doute gâté, la veille au soir, par quelque pinot noir techno-nature.

     

    Flash-back et retour aux Greniers Saint-Jean, en ce samedi matin 2 février. Démarrage en roue libre, dès l'ouverture. Les vignerons ne sont pas tous très matinaux. Un peu de Champagne pour la mise en bouche, celui de Marie Courtin et Dominique Moreau, levées dès l'Aube pour faire goûter 3 cuvées en totale Résonance et Concordance, cette dernière sans soufre ajouté pendant la vinification. Quelques rouges à suivre, en Beaujolais et Saint-Jo, chez Michel Guignier et Jean Delobre. En jour Tronches, force est de reconnaître que les rouges ne goûtaient pas bien et que, à chaque fois, une amertume finale est venue parasiter la dégustation de deux domaines que j'apprécie d'ordinaire beaucoup.

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    Et puis, Gramenon et Michèle Aubéry. Qui propose à la dégustation les 2012. J'ai beaucoup aimé Sierra du Sud, proposée également dans une version 2011 collector, élevée 14 mois en fûts, dense et pleine. La Sagesse 12 en est déjà pleine et la Mémé n'est toujours pas bonne pour la maison de retraite. Un embryon de Mémé qui promet même déjà beaucoup pour plus tard.

     

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    Des jolis minois du vin, on en croise régulièrement dans les travées des Greniers, dont certains qui n'ont pas hésité à traverser des océans pour venir boire à la source, avant de le faire sur le Web. Ça aussi, ça a d'la gueule!

    Les Greniers à peine dépoussiérés, il était déjà l'heure de faire une pause. Poser les rames juste un instant et gagner Une Île, dans la mesure du possible. Y retrouver des Dealers de vins et un Ami Chenin, se ressourcer à grands coups de Vin Jaune 2004 de Fanfan Ganevat et de Souteronne d'Hervé Souhaut, en accompagnement d'un simple et joli menu du marché.

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    Une fois les petits gris et le bœuf avalés, retour aux Greniers pour continuer à collectionner des Tronches et goûter un peu aussi. Étape à Chablis pour se délecter des 2011 des de Moor, qui auraient largement mérité d'être tronchisés, mais voilà, il a fallu faire des choix, parfois cruels (mais on se rattrapera, ils seront dans le tome 2, c'est sûr). Un aligoté juste enivrant et des Chablis vivants, mention particulière à Rosette, à la finale vibrante. Juste à côté, c'est-à-dire pas trop loin, Athénais de Béru, rien à voir avec San Antonio, faisait aussi goûter ses 2011. Un style à l'opposé de celui des de Moor, mais une belle définition des terroirs. Joli!

    Autre grand moment, la dégustation, toujours épatante, des vins de Julien Guillot, fier descendant des moynes de Cruzille et gardien de leurs vignes. Les Vignes du Mayne sont en bio depuis le premier millénaire et ce n'est pas maintenant que ça va changer!

     

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    No te lo do io il vino naturale italiano! Après avoir passé la première (les jolis Montalcino de la belle Stella di Campalto), on monte tout de suite la seconde, pour un petit voyage en Toscane plutôt réussi, avec le Chianti classico de Silvio Messana, gentleman farmer biodynamique à Montesecundo. Avant de se noyer dans le Granato en compagnie d'Elisabetta Foradori. Mamma mia...!

     

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    À suivre...

     

    Olif

     

    P.S.: Tronches de vin à peine imprimé qu'il est déjà relié et mis en cartons, direction les Éditions de L'Épure, où l'on peut déjà le commander en direct. C'est pas beau, ça?

     

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    P.S.2: le Taulier s'est fendu d'un joli billet et d'une interview de ma pomme, à l'occasion de la future sortie de Tronches de vin.

     

    P.S.3: La Pipette relate également avec beaucoup de justesse l'historique de cette grande aventure.

  • Couchés dans le foin, avec le ploussard pour témoin...

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    À défaut d'amour dans un pré, le poulet se roule parfois dans le foin. Avec le ploussard pour témoin. Fin janvier à Pupillin, un temps à ne pas mettre un renard dehors. Pourtant, il rentrait tout juste d'une virée parisienne. Un poil fatigué, mais le poil bien lustré. Petit tour par la cave de Philippe Bornard, pour goûter des jus de 2012. Peu de volume, mais du jus, dediou! Le Ginglet, trousseau de cuve, c'est du glou, pour sûr. La Chamade, de battre son cœur ne s'est pas arrêté, à ce joli ploussard, loin de là. Élevé en cuve jusqu'à présent, il présente une pointe de réduction somme toute plutôt logique. Depuis deux millésimes, cette Chamade, qui passe habituellement en foudre, se retrouve en bouteille juste après la cuve, tant son fruit éclate.

     

    philippe bornard,point barre, la chamade,

     

    Et, pendant ce temps, le poulet faisait un foin du diable pour qu'on passe à table. Une recette *** inspirée de Passard, qui rime avec ploussard, préparée avec amour, qui est aussi parfois dans la cuisine. Bêtes à manger du foin, mais néanmoins émerveillés. Par le poulet magnifiquement parfumé par un foin bio qu'il à fallu aller chercher exprès pour l'occasion, par les scorsonères qui l'accompagnaient, cuits de deux façons (même si la version marinée, puis braisée, a laissé un poil d'amertume à la cuisinière), et aussi par ces deux bouteilles d'exception. D'abord un ploussard 1992, issu d'une récolte productive et laissé sur pied dans un premier temps pour cause de quotas atteint à la Fruitière de Pupillin, puis vendangé trois semaines plus tard pour une consommation personnelle. En légère surmaturité, donc, mais plutôt bienvenue, qui a donné un vin plein et concentré, encore très jeune. Et puis ce trousseau 1999, superbe de fraicheur et de gourmandise, taillé pour une garde exceptionnelle. Deux vins qui ont d'la gueule!

    Et enfin par ce qui paraissait être un marbré de fromage au chocolat et qui s'est avéré être du cheddar affiné à la Guiness.

     

    philippe bornard,point barre, la chamade,

     

    Olif

     

    P.S.: Du 23 février au 3 mars, la promotion 2012 de L'amour est dans le pré va aller faire le foin au Salon de l'Agriculture de Paris. Ça devrait dépoter sec Porte de Versailles, sans que le Parc des expositions ne se transforme en lupanar géant, toutefois.

    Et en bonus, pour tous ceux qui ne l'avaient plus écoutée depuis longtemps et qui en rêvaient. Allergiques au foin s'abstenir!

     

     

    P.S.2: ce week-end, faute de ploussard, on pourra boire du vin jaune à Voiteur, à l'occasion de la 17ème Percée du Vin Jaune. Il devrait faire un peu moins froid que l'année dernière, mais rien n'est certain. Une "goutte froide", synonyme de tempête hivernale, pourrait couler sur l'Europe de l'Ouest, selon les spécialistes locaux.

     

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    P.S.3: je ne pourrai être de cette 17ème Percée, pour cause, non pas de piscine, mais de Salons ligériens. La "goutte froide" touchera-t-elle aussi la Loire? Les souterrains troglodytiques du Château de Brézé serviront-ils une nouvelle fois de refuge aux festivaliers ligériens perdus dans les neiges? Vous le saurez en regardant le prochain épisode de Le Blog d'Olif descend la Loire, prochainement sur vos écrans.

     

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  • Ouf!

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    Un coup de Bottes rouges dans le cul, et ça repart! Vin Ouf, largement plus débridé et recommandable que le même orthographié à l'envers, produit pourtant par une ancienne figure de la viticulture locale. Ce délicieux chardonnay pétillant naturellement est la première cuvée officielle de Jean-Baptiste Menigoz, ancien ratapoil, toujours instituteur à mi-temps. Vinifiant depuis plus de 10 ans à titre personnel et amateur, le ratapoil n°2* a déjà une certaine expérience de la vigne et du vin. Pour l'instant installé à Mesnay, la proche banlieue d'Arbois, le domaine des Bottes rouges déménagera courant de l'été à Abergement le Petit, dans la plaine arboisienne, à proximité des parcelles que cultive désormais Jean-Ba.

     

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    Trop à l'étroit dans la maison actuelle, squattant les caves des voisins, les Bottes rouges franchiront 7 lieues d'un coup, ou presque, pour se retrouver plus à l'aise. Pas de changement pour les vins, par contre, qui ne devraient avoir aucune raison de s'en plaindre. 2012, premier millésime officiel, n'a pas été très généreux sur les quantités. Le chardonnay est un petit régal de soif, titrant moins de 12°, vif et gouleyant. Le mettre en bouteille sur son fruit pourrait être l'option retenue, afin de pouvoir le présenter au prochain salon du Nez dans le Vert. Le savagnin n'a pas encore mangé tous ses sucres, mais il y a d'ores et déjà dans le fût une belle matière. Les rouges sont déjà bien séduisants, ploussard et pinot, même si leur destin n'est pas encore scellé (mise en bouteille séparée ou assemblage, qui légitimement tient la corde). On reparlera sans nul doute des Bottes rouges bientôt, et pas plus tard qu'au Nez dans le Vert, évidemment.

     

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    Cet apéritif arboisien improvisé fut l'occasion d'une rencontre avec de biens jolis minois, de passage dans la petite ville d'Arbois, pourtant en hivernage quasi-complet, sous une pluie battante et glaciale. Un rayon de soleil dans la froidure humide jurassienne. Tronches de vin désormais sur les rails, Marie Rocher va pouvoir décompresser et se consacrer au lancement du futur best-seller de ce printemps 2013, un anti-guide qui devrait avoir de la gueule, à paraître aux Éditions de l'Épure le 15 mars 2013. Ouf!

     

    Olif

     

    * le ratapoil n°1 a démarré son aventure officielle avec le millésime 2009: il s'agit du domaine du Ratapoil, justement.

  • Prise de position

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    Il n'a pas le crâne rasé, ni ne porte de calot, Géraud. Géraud Fromont, mari de Pauline, s'est installé dans le Jura en 2006. Aux Marnes Blanches, plus précisément. Dans une grosse bâtisse située le long de l'ancienne route nationale, à Sainte-Agnès, Sud-Revermont. Rapidement converti en bio, son domaine a intégré l'association du Nez dans le Vert, celle des vignerons bio du Jura, qui tiendra salon au domaine de la Pinte les 24 et 25 mars prochains. Authentique comtois, originaire de Velotte, quartier bisontin localement au moins aussi célèbre que Camaret, grâce à son curé, réputé pour avoir tout ce qu'il faut dans sa culotte, il lui en a sans doute fallu un peu pour prendre en charge, en plus de son domaine, le néo-vignoble de Besançon, recréé sur les bords du Doubs, à Velotte, justement, où des traces du passé attestent de la présence de la vigne à cet endroit-là, bien avant que le phylloxéra et l'ANPAA ne commencent leur œuvre destructrice.

     

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    Quand on regarde son reflet dans une glace, cette bouteille de chardonnay se laisse prendre en photo par derrière. La preuve! Un verso technico-poético-informatif, véritable reflet de l'état d'esprit et du terroir de ce vin.

     

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    En levrette, terroir de calcaires à gryphées (petites huîtres fossiles qui n'ont plus que la coquille), vous mettra à genoux, c'est écrit sur la contre-étiquette. En levrette, c'est un lieu fréquenté par les lièvres, étymologiquement parlant. Vert au printemps, rieur, charmant, revigorant, il doit faire bon s'y ébattre dans l'herbe tendre, par devant, par derrière, quand on est un père lapin ou une mère lapine.

     

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    En levrette 2009, c'est un beau chardonnay ouillé aux arômes délicatement floraux sur une touche fumée, avec une petite pointe de gras en bouche, qui donne des envies de Sud Revermont et des pulsions de lièvre.

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    Olif

     

    P.S.: les 24 et 25 mars, les vignerons bios du Jura prendront une nouvelle fois position pour se retrouver le nez dans le vert. Ça se passera au domaine de la Pinte, il fera beau comme à l'accoutumée et les vins seront bons. Avec, sans aucun doute, une belle exposition de Tronches de vin!

     

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  • Saint-Glou 2012, Jurassic good trip...

     

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    Jura: vignoble dont on a fait une montagne. Accessoirement, département immatriculé 39, de couleur plutôt verte. Par ailleurs, bouteille spécifique de forme un peu particulière, destinée à accueillir du vin du Jura, quelle que soit sa couleur, sauf jaune.

    Entièrement situé dans le département du Jura, adossé au massif du Jura, le vignoble du Jura est une simple bande de terre de 80 km de long qui s'étend sur les coteaux du Revermont, de Salins les Bains jusqu'à Saint-Amour, aux portes de la Bresse, en passant par Arbois, Château Chalon et Rotalier. Reposant sur des sols argilo-calcaires qui sont à l'origine de certaines de ses particularités, ce petit bout de vigne affiche une sacrée personnalité. Séparé de la Bourgogne voisine par la large vallée de la Saône, il ne craint désormais plus l'ombre portée par le prestigieux voisin. Les marnes du Lias et du Trias ont permis l'épanouissement de cépages autochtones originaux particulièrement adaptés à ce type de sols, cépages que l'on ne retrouve nulle part ailleurs ou presque. Savagnin, poulsard (ou ploussard, peu importe, l'important, c'est d'en boire) et trousseau résistent bien au développement croissant du chardonnay et du pinot noir, cultivés aussi de longue date, mais vraisemblablement importés de Bourgogne. La renommée du vin du Jura lui vient en grande partie de l'un de ses produits-phare, le vin jaune. Cet accident oenologique, élevé pendant 6 ans dans un fût en vidange, sous un voile de levures qui le protègent d'une transformation en vinaigre, en ménageant son oxydation, donne un vin hors norme que le néophyte ne sera pas toujours à même d'apprécier à sa juste valeur. Les arômes caractéristiques de noix qu'il dégage font souvent fuir l'amateur de vins non-initié, autant qu'ils attirent comme des mouches ceux qui sont rompus à la dégustation de ce breuvage.

    Outre de grands vins, le Jura a également donné naissance à de grands hommes. Le plus célèbre d'entre eux est sans nul doute Louis Pasteur, qui a effectué une grande partie de ses travaux sur la fermentation alcoolique dans la petite ville d'Arbois. On ne le remerciera jamais assez d'avoir considéré le vin comme étant la plus saine et la plus hygiénique des boissons, mais on déplorera tout le mal causé aux fromages au lait cru par la pasteurisation. Le plus injustement méconnu des inventeurs jurassiens est sans conteste Charles Sauria, né à Saint-Lothain, dont l'éclairage fut plutôt bienvenu à l'intérieur des caves, une fois qu’il eût inventé l’allumette à friction.

    Les vins du Jura sont fort justement considérés par les Jurassiens comme les meilleurs des vins produits au monde.

     

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    Salins-les-Bains: cité thermale, d'art et d'histoire, ville sinueuse se faufilant entre les montagnes, en suivant le lit tourmenté de la Furieuse, Salins-les-Bains ne manque pas de sel. En 52 avant Jésus-Christ, Salins-les-Bains a failli devenir célèbre, en manquant de peu le siège de la bataille d'Alésia, qui s'est déroulée à une trentaine de kilomètres de là, du côté de Champagnole et Chaux des Crotenay. Le Jura, terre de défaite, mais pas tout le temps non plus, faudrait voir à ne pas trop pousser le bouchon. On murmure même que Rouget de Lisle, illustre natif de Lons-le-Saunier, a failli appeler son hymne national victorieux la Juraseillaise. C'est dire. En 2012 après Jésus-Christ, Salins-les-Bains est devenue totalement mythique, pour avoir accueilli le camp de base des adorateurs de Saint-Glou, qui, comme chacun sait désormais, se fête avec tous les autres Saints. Glou, saint patron des buveurs, a donc élu domicile temporaire au pied du Mont Poupet, haut-lieu du vol libre et, désormais, du vin libre. Pour une canonisation rituelle et annuelle dans les règles de l'art, une large et belle victoire digne de Jules César. "La Saint-Glou 2012, j'y étais!" pourront dire en 2052, la larme à l'oeil, les survivants, encore poilus ou pas.

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    Pour profiter pleinement d'un séjour, il faut bien dormir, c'est une évidence. La Maison Salines, qui a ouvert ses portes en juillet cet année, ne manque pas d'atouts. Cet ancien hôtel particulier, rénové avec classe et avec goût, dans le respect du style de l'habitation, possède tout le confort moderne. Ses immenses salons favorisent la bonne convivialité, les afters prolongés et les debriefings passionnants. Possédant 5 belles chambres, aux lits confortables, indispensables à la bonne récupération des glouglouteurs, elle permet de loger une dizaine de personnes, ce qui peut nécessiter de réserver des annexes, pour contenir l'invasion de la Séquanie par des hordes de Belges assoiffés, le tire-bouchon entre les dents, qui ignorent encore que la guerre des Gaules est terminée, depuis une certaine bataille qui s'est déroulée pas très loin d'ici (voir plus haut). Une fois les participants excédentaires logés, qui dans un petit gîte attenant, qui à l'Hôtel voisin des Deux Forts (tirant son nom de la présence toute proche du fort Belin et du fort Saint-André, surplombant la ville, rien à voir donc avec la corpulence des gaillards qui y dorment), la Saint-Glou peut officiellement débuter. Direction Arbois, aux Jardins de Saint-Vincent, pour une soirée apéritive autour de la relève vigneronne arboisienne.

     

    Les Jardins de Saint-Vincent, Arbois: quel autre endroit pourrait être plus indiqué pour découvrir les jeunes vignerons jurassiens? Le jardinier Stéphane Planche en mission sommellerie dans le Mâconnais, c'est Julien qui est aux manettes, solidement épaulé par une triplette vigneronne, eux-même parfois assistés de leur secrétariat de direction.

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    Au menu, des jus de 2012, en avant-première mais pas en primeur, le Plouplou nouveau n'ayant pas encore fait suffisamment école pour se contenter d'élevage aussi bref. Charles Dagand, du domaine de L'Octavin a le privilège de l'ancienneté. Tout auréolé d'une bonne et belle assurance, il n'a pas tremblé, lorsqu'il s'est agi de faire goûter ses jus. Encore un bien joli travail sur l'enzymatique, pour la cuvée 2012 du trousseau des Corvées, dite cuvée du nain, une macération carbonique complètement maîtrisée. Pamina 2009, le chardonnay de la Mailloche, se boit comme du petit lait.

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    Renaud Bruyère n'en est qu'à son deuxième millésime, mais n'a déjà plus rien à vendre. Petit domaine, petite production et un travail à temps partiel chez Stéphane Tissot. Depuis qu'Adeline a quitté le GAEC Houillon pour le rejoindre, l'idée est effectivement de s'agrandir. Les 2012, blancs comme les rouges, sont déjà superbes et donnent envie d'en boire. L'ultime bouteille d'Arbois blanc 2011, miraculeusement sauvée de la cave des Jardins pour l'occasion, a fait des étincelles.

     

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    Alexis Porteret a démarré l'aventure des Bodines avec le millésime 2010. Secondé par sa femme Émilie, il continue de travailler au domaine de la Pinte, tout en produisant quelques fabuleux jus de trousseau, poulsard, chardonnay ou savagnin. Les rouges 2012 promettent de belles choses et confirment haut la main la très bonne impression déjà laissée par les deux millésimes antérieurs.

     

    Stéphane Tissot, Montigny-les-Arsures:

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    Quand Stéphane Tissot montre la Mailloche, le Saint-Glouglouteur photographie le doigt...

     

    On ne présente plus la star du vignoble arboisien, chargé d'ouvrir le bal du Savagnin day. Ou, comment tenter de faire appréhender la complexité, la grandeur et le potentiel de ce cépage en une seule journée. Le savagnin dans tous ses états, ou presque, pour un remake in situ d'une certaine dégustation vendéenne... Pendant des décennies, on a voulu faire croire au peuple que l'arôme typique de ce cépage était la noix et que cela correspondait parfaitement au goût du Jura. Une question de mode et de loi du marché, essentiellement local, pour ce breuvage exclusivement caractérisé par une typicité d'élevage.

     

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    À peine le temps d'un BBF apéritif, départ en courant pour profiter d'une éclaircie, direction En Muzard, pour une petite leçon de terroir, méthode Assimil accélérée. L'élément-clé du terroir jurassien, ce sont évidemment les marnes. Rouges, jaunes, bleues, blanches, irisées. Les rouges proviennent du trias. Ce sont géologiquement les plus anciennes et elles conviennent particulièrement bien au trousseau. Montigny en est fort bien dotée, ce qui lui a valu le titre de Capitale mondiale du trousseau. On ne demande qu'à vérifier, même en jour "savagnin".

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    Retour au caveau, donc. Et, en théorie, au savagnin. Après quelques chardonnays, quand même, pour une dégustation en jour "racines et des ailes*". Graviers, En Barberon et Clos de la Tour de Curon 10 témoignent de la belle expression du millésime, après des 09 un peu plus riches. Et puis un superbe et juvénile Clos de la Tour de Curon 2004, le premier millésime de cette parcelle exclusivement calcaire, pour mieux cerner la problématique calcaire vs argile. Et aussi En Barberon blanc 2000, la première cuvée sans soufre en blanc du domaine. Un peu de rouge, pour continuer de se faire la bouche, dont le poulsard du DD 2012, une véritable carbo en foudre, mais qui n'en a pas l'air, et qui se sirote à grandes lampées, et un impressionnant Trousseau 2011, en jour "amphore", la première tentative d'élevage dans ce contenant sur un rouge au domaine. Et puis le savagnin, enfin. En commençant par un Traminer 11, parti à la recherche de ses racines alsaciennes. Et enfin, avant de passer au jaune, ce vin orange totalement envoûtant, magnifié par la terre cuite, dans le millésime 2011.

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    Les blancs de macération, dits blancs cuvés, semblent être une très ancienne tradition arboisienne, inconnue de tous, y compris des arboisiens. La première expérience de Stéphane Tissot remonte à 1992, sur un savagnin, justement. Élevé pendant 6 ans sous voile. Le premier vin jaune orange au monde, en fait. On en a profité pour le goûter, pendant qu'on y était. Réellement étonnante cette petite sensation tannique finale apportée par la macération. La transition toute trouvée pour basculer dans le monde de l'oxydatif, une indéniable tradition jurassienne. Un petit tour dans la cave à jaunes, située à l'étage (il en existe une deuxième, plus fraiche, pour jouer sur le style des vins) permet d'appréhender visuellement le voile et de le humer. Hummmm! Des flaveurs complètement différentes selon les fûts et/ou le millésime, entre malt et épices, mais sans la noix. Et, en bouche, une expression complètement différente en fonction du terroir, puisque Stéphane pratique des vinifications parcellaires sur ses jaunes depuis 2003. Les Bruyères, En Spois, la Vasée, et, prochainement, la Mailloche, bénéficient donc d'un enclavelinage séparé.

     

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    Séance shooting pour vin orange en carafe...


    Et en guise de conclusion, l'apothéose finale avec la cuvée Mélody 2004, savagnin de glace récolté le 22 décembre par -11°C. L'unique vin de ce type produit ici, sur une parcelle laissée volontairement en surmaturité, mais que les conditions climatiques automnales n'ont pas permis de vendanger tardivement dans de bonnes conditions. Ultime chance: que l'hiver rattrape le coup, ce qui fut fait de fort belle façon. Un vin d'exception, à l'équilibre magique et glacé, dont on ne se lasse pas.


    Cancoillotte, Mont d'Or, Morteau, pommes de terre et pitits gâteaux conticiniens

     

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    Le savagnin, ça donne faim, surtout après 4 heures de dégustation. Il était grand temps de rentrer à la Maison Salines pour un déjeuner franc-comtois roboratif, constitué de produits du cru et du meilleur de la pâtisserie parisienne. La cancoillotte maison a été élaborée à partir de metton de la maison Poitrey et il a fallu touiller, ça c'est sûr! Le tout accompagné de quelques vins de vignobles voisins, conviés à table. La cuvée des Gueux 2009, un beau Chignin collaboratif, bien rond, élaboré par la famille Berlioz, n'a pas été trop dépaysée par l'accord fromager.


    Laurent Macle, Château Chalon:

    C'est le ventre bien rempli que les pélerins de la Saint-Glou ont alors pris le chemin de Château Chalon, à la nuit tombante et sous une pluie battante, pour pénétrer dans le Saint des Saints, une cave fraîche à vin jaune.

     

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    Ici, d'ailleurs, on ne fait pas de vin jaune. Uniquement du Château Chalon, le seul et unique grand cru de cette couleur, même si ce n'est pas officiel. Appellation modèle, qui essaie de tirer l'ensemble des viticulteurs vers le haut pour valoriser le cru (déclassement complet d'une récolte lorsque le degré n'est pas au rendez-vous, comme en 2001, par exemple). Pour se faire la bouche, comme il est désormais de coutume lorque l'on déguste en compagnie de Laurent Macle, un chardonnay ouillé, celui des Vendanges à Manue. Millésime 2010 et une jolie fraîcheur acidulée. Le tradition 2009 est pour l'instant encore un peu sous influence du millésime, avec richesse et rondeur. Beaucoup plus tranchant, le 2008 remporte les suffrages. Même décalage entre Château Chalon 2005 et 2004. Le Côtes du Jura 1979 et le Château Chalon 1982 arrivent à point pour faire juge de paix et donner des envies de coq!

     

    La Balance, Mets et vins, Arbois:

    Ça balance pas mal, à Arbois, ça Balance. Thierry Moyne y veille depuis un certain nombre d'années, maintenant. L'idée, pour prolonger le Savagnin day jusqu'au bout de la nuit, c'était finir sur un coq. Au vin jaune, évidemment. Celui de la Balance est mijoté et servi en cocotte. Du bonheur pour un coq. Quasiment en pâte. Avec quelques vieux jaunes pour l'accompagner, j'en ai bien peur. Après un ou deux magnums de Pupillin 2011 du domaine Overnoy-Houillon pour se préparer le palais et étancher la soif, il est vrai.

     

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    De gauche à droite, par ordre d'apparition sur la table:

    -L'Étoile 1990 du domaine de Montbourgeau: une vinification signée du père de Nicole Deriau, Monsieur Jean Gros, absolument rien à voir avec moi, donc. Une grande émotion pour le bistrotier du fond à gauche, qui a assidument fréquenté le domaine à cette époque. De la finesse dans l'oxydation et une jolie acidité qui maintient le vin encore largement debout.

    - Arbois 1987 Camille Loye: celui-là, il est encore parfaitement juvénile, loin de la retraite, contrairement à Monsieur Camille, qui a cessé son activité et vendu ses vignes en 1990. Un vin taillé pour une (encore) très longue garde, à l'image des 79 et 82 qui se donnent à fond actuellement.

    -Château Chalon 1986, Domaine Berthet-Bondet: le vin d'Eva, même s'il fait beaucoup moins jeune qu'elle. On approche déjà la quintessence d'expression d'un jaune un peu évolué. Miel, épices, morilles, un chouïa de noix, aussi. Mais pas trop. Très bon.

    -Arbois Vin jaune 1988, Jacques Puffeney: le vin d'un gars du métier. Plus claquant que le Château Chalon, mais aussi plus réservé. Un vrai jaune d'Arbois, massif et puissant, qui aurait encore mérité de longues années de garde.

    -Arbois Vin jaune 1996, Domaine de la Tournelle: plus fin que puissant, c'est toutefois une petite déception, du fait d'un déséquilibre sur l'acidité. A revoir ou à attendre..?

    -Arbois 1999, Michel Gahier: la grosse claque de la soirée, côté jaune. Un maillot pas volé, tellement il se boit avec délectation et gourmandise. Déjà bon très jeune, il est encore meilleur maintenant et le sera sans doute toujours plus tard, mais il est surtout doté d'un fort coefficient de torchabilité, ce qui n'est pas si courant pour un jaune.

     

    Maison Pierre Overnoy, Pupillin:

     

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    Pupillin, 11 heures du matin, dans l'antre de Maître Yoda, malheureusement absent pour cause de mission sanitaire. Anne et Emmanuel Houillon sont là pour nous accueillir. Dans le contrejour de la grande salle à manger de Pierre Overnoy, le ploussard 2011 (deuxième mise) resplendit dans les verres. De couleur très pelure d'oignon, ce n'en est pas pour autant un rosé, avec ses petits tanins fins, ses notes d'orange confite et d'épices. Pour Manu, il se rapproche des vins de Guy, frère de Pierre, qui s'épanouissent toujours en finesse. Il n'en subsiste que de très vieux millésimes dans la cave du domaine, goûtés de temps en temps lors de séances de dégustation organisées par Pierre.

    Aujourd'hui, malgré l'absence du maître de maison, également Maître loyal de ce genre d'exercice gustatif, la mission reste identique. Vins servis à l'aveugle, 0,8 seconde pour prendre le premier nez. Cépage, millésime, producteur et éventuellement la marque des roues du tracteur qui a transporté la vendange. Avec une question subsidiaire pour les plus pointus, la couleur des marnes où sont plantées les vignes.

     

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    0,8 seconde pour le premier nez, pas une de plus!

     

    De cette dégustation d'anthologie, vécue de façon purement hédoniste, sans aucune prise de notes, il faut forcément retenir quelques bouteilles, qui émergent à la surface de la mémoire. Comme cet énormissime vin jaune 1999, le premier à être produit depuis le mémorable 1989. Exception faite néanmoins du 93, qui, lui, ne sera jamais commercialisé. Presque 20 ans sous voile. Du jus de concentration de quintessence d'essence de jaune. Les anges se sont gavés, mais le dé à coudre qu'ils ont laissé permet d'entrevoir le caractère ultime du processus. Des notes épicées d'une infinie douceur, une rondeur suave en bouche et un alcool puissant mais fondu. On croirait boire un vieux rhum patiné par le fût et les ans. Et encore ce ploussard 91, toujours debout, dans un tout petit millésime que tous les vignerons voudraient avoir oublié, mais qui, ici, refuse de mourir. Tout au plus une petite faiblesse au nez, compensée par une bouche qui a encore de l'allant.

     

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    Avec moult terrines, puis saucisses vigneronnes, cuites au vin sur des sarments, les bouchons ont continué de sauter. En magnum de préférence, mais pas que. Anglore au foulard rouge, Clos des Vignes du Mayne, pinot noir alsacien de Bruno Schueller et même du persan de Nicolas Gonin en Balmes Dauphinoises. Avant un petit morceau de gâteau très conticinien d'Édouard Hirsinger, suivi d'une petite promenade digestive au belvédère du vignoble pour les plus courageux, les autres se contentant d'un petit tour en monte-charges à la cave.

     

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    Malgré son absence temporaire, Maître Yoda n'a jamais été bien loin de nous...

     

    Chocolaterie Hirsinger, Arbois:

    Rendez-vous avait été pris à 18 heures chez Édouard Hirsinger, Meilleur Ouvrier de France et Meilleur Chocolatier du Cosmos. On a failli être en retard. La faute aux bouchons entre Pupillin et Arbois, c'est une évidence. Quatrième génération de chocolatier, toujours dans la même maison, sur la place de la liberté en Arbois, Édouard Hirsinger poursuit le destin familial de la plus belle des manières.

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    En une grosse demi-heure, montre en main, tous les secrets de la fabrication d'un chocolat vivant nous ont été révélés. Avec, enfin, la réponse à cette angoissante question: mais comment font-ils pour réussir à mettre la ganache à l'intérieur du chocolat?

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    Et quelle est donc la clé de la réussite d'un véritable marron glacé? Le confisage maison, c'est une évidence. Lent, long et fastidieux, c'est néanmoins un savoir-faire qu'il ne faut pas perdre. À l'heure où 90% des marrons glacés sont confits industriellement, ici, tout est fait à la main, avec les meilleurs marrons du Var ou d'Ardèche, de l'épluchage jusqu'au glaçage. Un point d'honneur pour Édouard, qui accorde à juste titre une très grande valeur à la collerette bleu blanc rouge qui orne sa tunique.

    La visite de l'atelier se cloture traditionnellement par celle du musée du Chocolat, dans la cave de la maison. Là sont pieusement conservées les reliques d'un savoir-faire ancestral qu'il est désormais primordial de ne plus jamais oublier.

     

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    Restaurant Jean-Paul Jeunet, Arbois:

     

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    Impossible d'imaginer un séjour œno-gastro-touristique sans faire une halte chez Nadine et Jean-Paul Jeunet, le graal de tout gastronome affamé de Jura. Accueillis sur le perron par le grand chef en personne, le festival des saveurs peut se poursuivre en beauté. Homme de goût ouvert et cultivé, Jean-Paul Jeunet n'hésite pas à recommander un excellent brasseur belge aux Bruxellois de passage. Cantillon, pour ne pas la nommer. Ça tombe bien, ils en avaient rempli le coffre avant de venir. Ardent défenseur de l'identité du terroir, même dans les mets les plus simples, il nous a brillamment démontré la nécessité absolue de servir de la Morteau avec la choucroute, là où les Alsaciens recourent habituellement à la Strasbourg et où les Bruxellois n'hésitent pas à faire appel aux bulots.

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    À table, les mets sont d'une finesse remarquable, construits autour d'une alliance harmonieuse de saveurs et de textures. Parmi les choses les plus simples, les plus surprenantes et goûteuses de la soirée, dans un menu en 5 services qui valait largement 2 étoiles, figurent ces 3 petits cylindres de beurre. Et plus particulièrement celui du milieu. Parfumé à la saucisse de Morteau, une absolue petite tuerie, à tartiner avec immodération, en l'absence d'hypercholestérolémie, sur les divers petits pains arômatisés présentés. La Morteau aura donc été le véritable fil d'Ariane de cette Saint-Glou franc-comtoise. Il n'y a qu'au dessert que nous n'en avons pas mangé...

    Carte blanche à Alain Guillou pour le service des vins. Choix argumentés, parfois controvérsés, mais pleinement assumés par le sommelier, le meilleur pour l'année 2013 selon le Gault et Millau. Mention particulière au Crémant du Jura de Michel Gahier servi à l'apéritif, au Vin de Pays de Franche-Comté rouge 2010 du domaine des Cavarodes servi avec la terrine de colvert en strates de foie gras aux trompettes de la mort, ainsi qu'à l'accord, pour moi idéal, mais diversement apprécié, entre Spirale 2002 de Stéphane Tissot et la figue de Solliès rôtie.

     

     

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    Et ce fut le retour à la Maison Salines, pour un after traditionnel autour d'un verre de Cantillon, assorti d'un reste de pomme de terre trempé dans la cancoillotte, pour celle qui avait encore un peu faim...

     

    Jean-François Ganevat, La Combe de Rotalier:

    Mettre un pied dans la Combe, c'est l'assurance de finir par les avoir les deux. Les Saint-Glouglouteurs ne pensaient plus pouvoir être impressionnés par le Jura, ils allaient voir ce qu'ils allaient voir!

     

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    Fanfan (vous permettez que je l'appelle Fanfan? C'est un copain!) absent, retenu prisonnier en Batavie, ce ne sont pas une, ni deux bouteilles qu'il fallait goûter pour tenter d'appréhender un des plus grands domaines jurassiens,  mais pas loin de 50 bouchons que Anne, sa sœur Anne (ne vois-tu rien venir, à part une bande de Saint Glouglouteurs?), à qui Fanfan avait confié les rênes de la dégustation, allait devoir dégoupiller.

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    Au menu, des blancs pour l'apéro, de 2010 à 2000, des rouges pour la table, de 2011 à 2000, des jaunes pour le fromage, de 2004 à 2003, tout ça pour finir Sul Q au dessert. Et, côté solide, les mets préparés par Pierre-Ivan Boos, l'alchimiste de Pontarlier, qui avait fait le déplacement depuis ses montagnes pour l'occasion. Le chien Schiste, grand amateur de bellota, l'attendait d'ailleurs de pied ferme.

     

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    Les blancs 2010 font encore un pas en avant vers la félicité absolue. Le millésime s'y prête bien, avec son équilibre plus fin et digeste que 2009. Superbes acidités, vins vibrants, avec une préférence aujourd'hui pour Florine, les "jeunes vignes" des Chalasses, plantées en 1986. Le chardonnay des Grands Teppes est paradoxalement plus accessible que celui des Chalasses vieilles vignes, alors que c'est le contraire d'ordinaire, dans la période de jeunesse. Le travail du sol effectué sur la parcelle de Grusse commence à porter ses fruits, le vin gagne en dynamisme et tonicité d'année en année. En 2008, Marguerite fait toujours le bonheur de tous en offrant son cœur, sans pour autant prendre le melon. La queue rouge de cette variété de chardonnay y est sans doute pour quelque chose.

     

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    Pour faire la transition, quelques bulles de vieux cépages 2007 ont fait un grand 8 éphémère dans la bouche. Non dosées, fraiches, désaltérantes et extrêmement confidentielles, limite il n'y en a déjà plus une seule bouteille au monde.

     

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    À table, les rouges 2011 font des merveilles. Glissants, digestes, de faible degré alcoolique, salins et hautement buvables. Mention particulière au Pinot noir de Grusse, vinifié à part (après tri grain par grain et section du pédicelle au ras du raisin) et finalement embouteillé à part, tant il s'exprime différemment du Pinot noir Cuvée Julien habituel. De bien jolis tanins croquants complètement craquants. Superbe! Des vins dans la lignée des 2010, déjà hautement recommandables, mais pas à tout le monde ou n'importe qui... On fera l'impasse sur la dégustation des 2008 et 2009, pour ne pas abuser et mieux apprécier J'en veux 2000, qui a gardé encore pas mal de choses dans sa culotte. Le culte du vieux cépage ne sont pour Fanfan ni une lubie, ni une passade!

     

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    ©Mme Olif, toute reproduction interdite

     

    Repos du guerrier, Salins-les-Bains:

     

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    Dimanche soir, quelques potes ont repris la route, d'autres le train, mais certains sont restés au coin du feu. Pour un pot-au-feu d'adieu, dans l'ambiance cosy de la Maison Salines, autour d'ultimes quilles, les dernières cartouches de cette Saint-Glou 2012. Tous les participants peuvent être fiers d'eux et ce sera sans doute l'œil humide, que, dans une ou deux dizaines d'années, ils raconteront le Jura à leurs enfants ou petits enfants, en leur disant, des sanglots dans la voix:  "La Saint-Glou jurassienne 2012? J'y étais!"

     

    Dans le Jura, finalement, "on est des privilégiés!", comme le dit Édouard Hirsinger à la journaliste de France 3, dans l'émission "Des racines et des ailes"*. Pas mieux comme mot de la fin!

     

    Vivement la prochaine!

     

    Olif

     

    Des racines et des ailes a pris ses quartiers dans le Jura dès l'automne 2011, chez Edouard Hirsinger et Stéphane Tissot, notamment, pour une émission diffusée sur France 3 le 7 novembre 2012. La Saint-Glou a en partie marché et volé sur ses traces à la Toussaint 2012.

     

  • Saint-Glou 2012, Jurassic good trip, Jour 4...

    Ouillage: opération qui consiste à remplir, scrupuleusement et sans se faire mal, les fûts de vin pendant leur élevage, pour éviter qu'ils ne prennent l'air. L'absence d'ouillage aboutit à la formation du voile, dont le port est autorisé en public à l'intérieur des caves jurassiennes.

     

    Vin jaune: vin du Jura issu du seul cépage savagnin, élevé sous voile de levures, qu'il faut attendre de pied ferme pendant plus de 6 ans avant de pouvoir le goûter. Son caractère si particulier arrache parfois un rictus jaune au néophyte, lors de la première gorgée.


     

    Jean-François Ganevat, La Combe de Rotalier:

    Mettre un pied dans la Combe, c'est l'assurance de finir par les avoir les deux. Les Saint-Glouglouteurs ne pensaient plus pouvoir être impressionnés par le Jura, ils allaient voir ce qu'ils allaient voir!

     

    saint-glou,jura,salins les bains,maison salines,stéphane tissot,jardins de saint-vincent,ganevat,macle,château chalon,overnoy-houillon,pupillin,renaud bruyère,domaine des bodines,alexis porteret,domaine de l'octavin,charles dagand

     

    Fanfan (vous permettez que je l'appelle Fanfan? C'est un copain!) absent, retenu prisonnier en Batavie, ce ne sont pas une, ni deux bouteilles qu'il fallait goûter pour tenter d'appréhender un des plus grands domaines jurassiens,  mais pas loin de 50 bouchons que Anne, sa sœur Anne (ne vois-tu rien venir, à part une bande de Saint Glouglouteurs?), à qui Fanfan avait confié les rênes de la dégustation, allait devoir dégoupiller.

    saint-glou,jura,salins les bains,maison salines,stéphane tissot,jardins de saint-vincent,ganevat,macle,château chalon,overnoy-houillon,pupillin,renaud bruyère,domaine des bodines,alexis porteret,domaine de l'octavin,charles dagand

     

    Au menu, des blancs pour l'apéro, de 2010 à 2000, des rouges pour la table, de 2011 à 2000, des jaunes pour le fromage, de 2004 à 2003, tout ça pour finir Sul Q au dessert. Et, côté solide, les mets préparés par Pierre-Ivan Boos, l'alchimiste de Pontarlier, qui avait fait le déplacement depuis ses montagnes pour l'occasion. Le chien Schiste, grand amateur de bellota, l'attendait d'ailleurs de pied ferme.

     

    saint-glou,jura,salins les bains,maison salines,stéphane tissot,jardins de saint-vincent,ganevat,macle,château chalon,overnoy-houillon,pupillin,renaud bruyère,domaine des bodines,alexis porteret,domaine de l'octavin,charles dagand

     

    Les blancs 2010 font encore un pas en avant vers la félicité absolue. Le millésime s'y prête bien, avec son équilibre plus fin et digeste que 2009. Superbes acidités, vins vibrants, avec une préférence aujourd'hui pour Florine, les "jeunes vignes" des Chalasses, plantées en 1986. Le chardonnay des Grands Teppes est paradoxalement plus accessible que celui des Chalasses vieilles vignes, alors que c'est le contraire d'ordinaire, dans la période de jeunesse. Le travail du sol effectué sur la parcelle de Grusse commence à porter ses fruits, le vin gagne en dynamisme et tonicité d'année en année. En 2008, Marguerite fait toujours le bonheur de tous en offrant son cœur, sans pour autant prendre le melon. La queue rouge de cette variété de chardonnay y est sans doute pour quelque chose.

     

    saint-glou,jura,salins les bains,maison salines,stéphane tissot,jardins de saint-vincent,ganevat,macle,château chalon,overnoy-houillon,pupillin,renaud bruyère,domaine des bodines,alexis porteret,domaine de l'octavin,charles dagand

     

    Pour faire la transition, quelques bulles de vieux cépages 2007 ont fait un grand 8 éphémère dans la bouche. Non dosées, fraiches, désaltérantes et extrêmement confidentielles, limite il n'y en a déjà plus une seule bouteille au monde.

     

    saint-glou,jura,salins les bains,maison salines,stéphane tissot,jardins de saint-vincent,ganevat,macle,château chalon,overnoy-houillon,pupillin,renaud bruyère,domaine des bodines,alexis porteret,domaine de l'octavin,charles dagand

     

    À table, les rouges 2011 font des merveilles. Glissants, digestes, de faible degré alcoolique, salins et hautement buvables. Mention particulière au Pinot noir de Grusse, vinifié à part (après tri grain par grain et section du pédicelle au ras du raisin) et finalement embouteillé à part, tant il s'exprime différemment du Pinot noir Cuvée Julien habituel. De bien jolis tanins croquants complètement craquants. Superbe! Des vins dans la lignée des 2010, déjà hautement recommandables, mais pas à tout le monde ou n'importe qui... On fera l'impasse sur la dégustation des 2008 et 2009, pour ne pas abuser et mieux apprécier J'en veux 2000, qui a gardé encore pas mal de choses dans sa culotte. Le culte et la culture du vieux cépage ne sont pour Fanfan ni une lubie, ni une passade!

     

    saint-glou,jura,salins les bains,maison salines,stéphane tissot,jardins de saint-vincent,ganevat,macle,château chalon,overnoy-houillon,pupillin,renaud bruyère,domaine des bodines,alexis porteret,domaine de l'octavin,charles dagand

    ©Mme Olif, toute reproduction interdite

     

    Repos du guerrier, Salins-les-Bains:

     

    saint-glou,jura,salins les bains,maison salines,stéphane tissot,jardins de saint-vincent,ganevat,macle,château chalon,overnoy-houillon,pupillin,renaud bruyère,domaine des bodines,alexis porteret,domaine de l'octavin,charles dagand

    Dimanche soir, quelques potes ont repris la route, d'autres le train, mais certains sont restés au coin du feu. Pour un pot-au-feu d'adieu, dans l'ambiance cosy de la Maison Salines, autour d'ultimes quilles, les dernières cartouches de cette Saint-Glou 2012. Tous les participants peuvent être fiers d'eux et ce sera sans doute l'œil humide, que, dans une ou deux dizaines d'années, ils raconteront le Jura à leurs enfants ou petits enfants, en leur disant, des sanglots dans la voix:  "La Saint-Glou jurassienne 2012? J'y étais!"

     

    Dans le Jura, finalement, "on est des privilégiés!", comme le dit Édouard Hirsinger à la journaliste de France 3, dans l'émission "Des racines et des ailes"*. Pas mieux comme mot de la fin!

     

    Vivement la prochaine!

     

     

    Olif

     

    Des racines et des ailes a pris ses quartiers dans le Jura dès l'automne 2011, chez Edouard Hirsinger et Stéphane Tissot, notamment, pour une émission diffusée sur France 3 le 7 novembre 2012. La Saint-Glou a en partie marché et volé sur ses traces à la Toussaint 2012.


  • Saint-Glou 2012, Jurassic good trip, Jour 3...

     

    Ploussard: cépage autochtone jurassien, vénéré à Pupillin. Appelé également Poulsard (voir Poulsard) dans d'autres coins du Jura. L'important, c'est d'en boire.

    Poulsard: cépage autochtone jurassien, vénéré dans tout le Jura sauf à Pupillin, où on lui préfère le Ploussard (voir Ploussard). L'important, c'est d'en boire.



    Maison Pierre Overnoy, Pupillin:

     

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    Pupillin, 11 heures du matin, dans l'antre de Maître Yoda, malheureusement absent pour cause de mission sanitaire. Anne et Emmanuel Houillon sont là pour nous accueillir. Dans le contrejour de la grande salle à manger de Pierre Overnoy, le ploussard 2011 (deuxième mise) resplendit dans les verres. De couleur très pelure d'oignon, ce n'en est pas pour autant un rosé, avec ses petits tanins fins, ses notes d'orange confite et d'épices. Pour Manu, il se rapproche des vins de Guy, frère de Pierre, qui s'épanouissent toujours en finesse. Il n'en subsiste que de très vieux millésimes dans la cave du domaine, goûtés de temps en temps lors de séances de dégustation organisées par Pierre.

    Aujourd'hui, malgré l'absence du maître de maison, également Maître loyal de ce genre d'exercice gustatif, la mission reste identique. Vins servis à l'aveugle, 0,8 seconde pour prendre le premier nez. Cépage, millésime, producteur et éventuellement la marque des roues du tracteur qui a transporté la vendange. Avec une question subsidiaire pour les plus pointus, la couleur des marnes où sont plantées les vignes.

     

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    0,8 seconde pour le premier nez, pas une de plus!

     

    De cette dégustation d'anthologie, vécue de façon purement hédoniste, sans aucune prise de notes, il faut forcément retenir quelques bouteilles, qui émergent à la surface de la mémoire. Comme cet énormissime vin jaune 1999, le premier à être produit depuis le mémorable 1989. Exception faite néanmoins du 93, qui, lui, ne sera jamais commercialisé. Presque 20 ans sous voile. Du jus de concentration de quintessence d'essence de jaune. Les anges se sont gavés, mais le dé à coudre qu'ils ont laissé permet d'entrevoir le caractère ultime du processus. Des notes épicées d'une infinie douceur, une rondeur suave en bouche et un alcool puissant mais fondu. On croirait boire un vieux rhum patiné par le fût et les ans. Et encore ce ploussard 91, toujours debout, dans un tout petit millésime que tous les vignerons voudraient avoir oublié, mais qui, ici, refuse de mourir. Tout au plus une petite faiblesse au nez, compensée par une bouche qui a encore de l'allant.

     

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    Avec moult terrines, puis saucisses vigneronnes, cuites au vin sur des sarments, les bouchons ont continué de sauter. En magnum de préférence, mais pas que. Anglore au foulard rouge, Clos des Vignes du Mayne, pinot noir alsacien de Bruno Schueller et même du persan de Nicolas Gonin en Balmes Dauphinoises. Avant un petit morceau de gâteau très conticinien d'Édouard Hirsinger, suivi d'une petite promenade digestive au belvédère du vignoble pour les plus courageux, les autres se contentant d'un petit tour en monte-charges à la cave.

     

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    Malgré son absence temporaire, Maître Yoda n'a jamais été bien loin de nous...

     

    Chocolaterie Hirsinger, Arbois:

    Rendez-vous avait été pris à 18 heures chez Édouard Hirsinger, Meilleur Ouvrier de France et Meilleur Chocolatier du Cosmos. On a failli être en retard. La faute aux bouchons entre Pupillin et Arbois, c'est une évidence. Quatrième génération de chocolatier, toujours dans la même maison, sur la place de la liberté en Arbois, Édouard Hirsinger poursuit le destin familial de la plus belle des manières.

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    En une grosse demi-heure, montre en main, tous les secrets de la fabrication d'un chocolat vivant nous ont été révélés. Avec, enfin, la réponse à cette angoissante question: mais comment font-ils pour réussir à mettre la ganache à l'intérieur du chocolat?

    saint-glou,jura,salins les bains,maison salines,stéphane tissot,jardins de saint-vincent,ganevat,macle,château chalon,overnoy-houillon,pupillin,renaud bruyère,domaine des bodines,alexis porteret,domaine de l'octavin,charles dagand

    Et quelle est donc la clé de la réussite d'un véritable marron glacé? Le confisage maison, c'est une évidence. Lent, long et fastidieux, c'est néanmoins un savoir-faire qu'il ne faut pas perdre. À l'heure où 90% des marrons glacés sont confits industriellement, ici, tout est fait à la main, avec les meilleurs marrons du Var ou d'Ardèche, de l'épluchage jusqu'au glaçage. Un point d'honneur pour Édouard, qui accorde à juste titre une très grande valeur à la collerette bleu blanc rouge qui orne sa tunique.

    La visite de l'atelier se cloture traditionnellement par celle du musée du Chocolat, dans la cave de la maison. Là sont pieusement conservées les reliques d'un savoir-faire ancestral qu'il est désormais primordial de ne plus jamais oublier.

     

    saint-glou,jura,salins les bains,maison salines,stéphane tissot,jardins de saint-vincent,ganevat,macle,château chalon,overnoy-houillon,pupillin,renaud bruyère,domaine des bodines,alexis porteret,domaine de l'octavin,charles dagand

     

    Restaurant Jean-Paul Jeunet, Arbois:

     

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    Impossible d'imaginer un séjour œno-gastro-touristique sans faire une halte chez Nadine et Jean-Paul Jeunet, le graal de tout gastronome affamé de Jura. Accueillis sur le perron par le grand chef en personne, le festival des saveurs peut se poursuivre en beauté. Homme de goût ouvert et cultivé, Jean-Paul Jeunet n'hésite pas à recommander un excellent brasseur belge aux Bruxellois de passage. Cantillon, pour ne pas la nommer. Ça tombe bien, ils en avaient rempli le coffre avant de venir. Ardent défenseur de l'identité du terroir, même dans les mets les plus simples, il nous a brillamment démontré la nécessité absolue de servir de la Morteau avec la choucroute, là où les Alsaciens recourent habituellement à la Strasbourg et où les Bruxellois n'hésitent pas à faire appel aux bulots.

    saint-glou,jura,salins les bains,maison salines,stéphane tissot,jardins de saint-vincent,ganevat,macle,château chalon,overnoy-houillon,pupillin,renaud bruyère,domaine des bodines,alexis porteret,domaine de l'octavin,charles dagand

     

    À table, les mets sont d'une finesse remarquable, construits autour d'une alliance harmonieuse de saveurs et de textures. Parmi les choses les plus simples, les plus surprenantes et goûteuses de la soirée, dans un menu en 5 services qui valait largement 2 étoiles, figurent ces 3 petits cylindres de beurre. Et plus particulièrement celui du milieu. Parfumé à la saucisse de Morteau, une absolue petite tuerie, à tartiner avec immodération, en l'absence d'hypercholestérolémie, sur les divers petits pains arômatisés présentés. La Morteau aura donc été le véritable fil d'Ariane de cette Saint-Glou franc-comtoise. Il n'y a qu'au dessert que nous n'en avons pas mangé...

    Carte blanche à Alain Guillou pour le service des vins. Choix argumentés, parfois controversés, mais pleinement assumés par le sommelier, le meilleur pour l'année 2013 selon le Gault et Millau. Mention particulière au Crémant du Jura de Michel Gahier servi à l'apéritif, au Vin de Pays de Franche-Comté rouge 2010 du domaine des Cavarodes servi avec la terrine de colvert en strates de foie gras aux trompettes de la mort, ainsi qu'à l'accord, pour moi idéal, mais diversement apprécié, entre Spirale 2002 de Stéphane Tissot et la figue de Solliès rôtie. Et puis, avant, cette sublime épaule d'agneau confite qui a effacé la déception de ne pas avoir réussi à goûter au lièvre à la royale...

     

     

    houillon,pierre overnoy,pupillin,hirsinger,jean-paul jeunet

    Et ce fut le retour à la Maison Salines, pour un after traditionnel autour d'un verre de Cantillon, assorti d'un reste de pomme de terre trempé dans la cancoillotte, pour celle qui avait encore un peu faim...

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    Olif

  • Saint-Glou 2012, Jurassic good trip, Jour 2...


    Saint-Glou:  tournante où l'on regarde sous les robes des quilles et au cours de laquelle on canonise le patron des buveurs. Une fête qui se souhaite avec celle de tous les Saints, début novembre, et qui réunit la fine fleur de la Bloglouglou. Le Jura a eu le privilège d'accueillir le millésime 2012 de ce saint patronage.


    Stéphane Tissot, Montigny-les-Arsures:

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    Quand Stéphane Tissot montre la Mailloche, le Saint-Glouglouteur photographie le doigt...

     

    On ne présente plus la star du vignoble arboisien, chargé d'ouvrir le bal du Savagnin day. Ou, comment tenter de faire appréhender la complexité, la grandeur et le potentiel de ce cépage en une seule journée. Le savagnin dans tous ses états, ou presque, pour un remake in situ d'une certaine dégustation vendéenne... Pendant des décennies, on a voulu faire croire au peuple que l'arôme typique de ce cépage était la noix et que cela correspondait parfaitement au goût du Jura. Une question de mode et de loi du marché, essentiellement local, pour ce breuvage exclusivement caractérisé par une typicité d'élevage.

     

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    À peine le temps d'un BBF apéritif, départ en courant pour profiter d'une éclaircie, direction En Muzard, pour une petite leçon de terroir, méthode Assimil accélérée. L'élément-clé du terroir jurassien, ce sont évidemment les marnes. Rouges, jaunes, bleues, blanches, irisées. Les rouges proviennent du trias. Ce sont géologiquement les plus anciennes et elles conviennent particulièrement bien au trousseau. Montigny en est fort bien dotée, ce qui lui a valu le titre de Capitale mondiale du trousseau. On ne demande qu'à vérifier, même en jour "savagnin".

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    Retour au caveau, donc. Et, en théorie, au savagnin. Après quelques chardonnays, quand même, pour une dégustation en jour "racines et des ailes*". Graviers, En Barberon et Clos de la Tour de Curon 10 témoignent de la belle expression du millésime, après des 09 un peu plus riches. Et puis un superbe et juvénile Clos de la Tour de Curon 2004, le premier millésime de cette parcelle exclusivement calcaire, pour mieux cerner la problématique calcaire vs argile. Et aussi En Barberon blanc 2000, la première cuvée sans soufre en blanc du domaine. Un peu de rouge, pour continuer de se faire la bouche, dont le poulsard du DD 2012, une véritable carbo en foudre, mais qui n'en a pas l'air, et qui se sirote à grandes lampées, et un impressionnant Trousseau 2011, en jour "amphore", la première tentative d'élevage dans ce contenant sur un rouge au domaine. Et puis le savagnin, enfin. En commençant par un Traminer 11, parti à la recherche de ses racines alsaciennes. Et enfin, avant de passer au jaune, ce vin orange totalement envoûtant, magnifié par la terre cuite, dans le millésime 2011.

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    Les blancs de macération, dits blancs cuvés, semblent être une très ancienne tradition arboisienne, inconnue de tous, y compris des arboisiens. La première expérience de Stéphane Tissot remonte à 1992, sur un savagnin, justement. Élevé pendant 6 ans sous voile. Le premier vin jaune orange au monde, en fait. On en a profité pour le goûter, pendant qu'on y était. Réellement étonnante cette petite sensation tannique finale apportée par la macération. La transition toute trouvée pour basculer dans le monde de l'oxydatif, une indéniable tradition jurassienne. Un petit tour dans la cave à jaunes, située à l'étage (il en existe une deuxième, plus fraiche, pour jouer sur le style des vins) permet d'appréhender visuellement le voile et de le humer. Hummmm! Des flaveurs complètement différentes selon les fûts et/ou le millésime, entre malt et épices, mais sans la noix. Et, en bouche, une expression complètement différente en fonction du terroir, puisque Stéphane pratique des vinifications parcellaires sur ses jaunes depuis 2003. Les Bruyères, En Spois, la Vasée, et, prochainement, la Mailloche, bénéficient donc d'un enclavelinage séparé.

     

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    Séance shooting pour vin orange en carafe...


    Et en guise de conclusion, l'apothéose finale avec la cuvée Mélody 2004, savagnin de glace récolté le 22 décembre par -11°C. L'unique vin de ce type produit ici, sur une parcelle laissée volontairement en surmaturité, mais que les conditions climatiques automnales n'ont pas permis de vendanger tardivement dans de bonnes conditions. Ultime chance: que l'hiver rattrape le coup, ce qui fut fait de fort belle façon. Un vin d'exception, à l'équilibre magique et glacé, dont on ne se lasse pas.


    Cancoillotte, Mont d'Or, Morteau, pommes de terre et pitits gâteaux conticiniens

     

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    Le savagnin, ça donne faim, surtout après 4 heures de dégustation. Il était grand temps de rentrer à la Maison Salines pour un déjeuner franc-comtois roboratif, constitué de produits du cru et du meilleur de la pâtisserie parisienne. La cancoillotte maison a été élaborée à partir de metton de la maison Poitrey et il a fallu touiller, ça c'est sûr! Le tout accompagné de quelques vins de vignobles voisins, conviés à table. La cuvée des Gueux 2009, un beau Chignin collaboratif, bien rond, élaboré par la famille Berlioz, n'a pas été trop dépaysée par l'accord fromager.


    Laurent Macle, Château Chalon:

    C'est le ventre bien rempli que les pélerins de la Saint-Glou ont alors pris le chemin de Château Chalon, à la nuit tombante et sous une pluie battante, pour pénétrer dans le Saint des Saints, une cave fraîche à vin jaune.

     

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    Ici, d'ailleurs, on ne fait pas de vin jaune. Uniquement du Château Chalon, le seul et unique grand cru de cette couleur, même si ce n'est pas officiel. Appellation modèle, qui essaie de tirer l'ensemble des viticulteurs vers le haut pour valoriser le cru (déclassement complet d'une récolte lorsque le degré n'est pas au rendez-vous, comme en 2001, par exemple). Pour se faire la bouche, comme il est désormais de coutume lorque l'on déguste en compagnie de Laurent Macle, un chardonnay ouillé, celui des Vendanges à Manue. Millésime 2010 et une jolie fraîcheur acidulée. Le tradition 2009 est pour l'instant encore un peu sous influence du millésime, avec richesse et rondeur. Beaucoup plus tranchant, le 2008 remporte les suffrages. Même décalage entre Château Chalon 2005 et 2004. Le Côtes du Jura 1979 et le Château Chalon 1982 arrivent à point pour faire juge de paix et donner des envies de coq!

     

    La Balance, Mets et vins, Arbois:

    Ça balance pas mal, à Arbois, ça Balance. Thierry Moyne y veille depuis un certain nombre d'années, maintenant. L'idée, pour prolonger le Savagnin day jusqu'au bout de la nuit, c'était finir sur un coq. Au vin jaune, évidemment. Celui de la Balance est mijoté et servi en cocotte. Du bonheur pour un coq. Quasiment en pâte. Avec quelques vieux jaunes pour l'accompagner, j'en ai bien peur. Après un ou deux magnums de Pupillin 2011 du domaine Overnoy-Houillon pour se préparer le palais et étancher la soif, il est vrai.

     

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    De gauche à droite, par ordre d'apparition sur la table:

    -L'Étoile 1990 du domaine de Montbourgeau: une vinification signée du père de Nicole Deriau, Monsieur Jean Gros, absolument rien à voir avec moi, donc. Une grande émotion pour le bistrotier du fond à gauche, qui a assidument fréquenté le domaine à cette époque. De la finesse dans l'oxydation et une jolie acidité qui maintient le vin encore largement debout.

    - Arbois 1987 Camille Loye: celui-là, il est encore parfaitement juvénile, loin de la retraite, contrairement à Monsieur Camille, qui a cessé son activité et vendu ses vignes en 1990. Un vin taillé pour une (encore) très longue garde, à l'image des 79 et 82 qui se donnent à fond actuellement.

    -Château Chalon 1986, Domaine Berthet-Bondet: le vin d'Eva, même s'il fait beaucoup moins jeune qu'elle. On approche déjà la quintessence d'expression d'un jaune un peu évolué. Miel, épices, morilles, un chouïa de noix, aussi. Mais pas trop. Très bon.

    -Arbois Vin jaune 1988, Jacques Puffeney: le vin d'un gars du métier. Plus claquant que le Château Chalon, mais aussi plus réservé. Un vrai jaune d'Arbois, massif et puissant, qui aurait encore mérité de longues années de garde.

    -Arbois Vin jaune 1996, Domaine de la Tournelle: plus fin que puissant, c'est toutefois une petite déception, du fait d'un déséquilibre sur l'acidité. A revoir ou à attendre..?

    -Arbois 1999, Michel Gahier: la grosse claque de la soirée, côté jaune. Un maillot pas volé, tellement il se boit avec délectation et gourmandise. Déjà bon très jeune, il est encore meilleur maintenant et le sera sans doute toujours plus tard, mais il est surtout doté d'un fort coefficient de torchabilité, ce qui n'est pas si courant pour un jaune.

     

    ...

     

    Olif

     

    Des racines et des ailes a pris ses quartiers dans le Jura dès l'automne 2011 pour une émission diffusée sur France 3 le 7 novembre 2012. La Saint-Glou a en partie marché sur ses traces à la Toussaint.

  • Saint-Glou 2012, Jurassic good trip, Jour 1...

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    Jura: vignoble dont on a fait une montagne. Accessoirement, département immatriculé 39, de couleur plutôt verte. Par ailleurs, bouteille spécifique de forme un peu particulière, destinée à accueillir du vin du Jura, quelle que soit sa couleur, sauf jaune.

    Entièrement situé dans le département du Jura, adossé au massif du Jura, le vignoble du Jura est une simple bande de terre de 80 km de long qui s'étend sur les coteaux du Revermont, de Salins les Bains jusqu'à Saint-Amour, aux portes de la Bresse, en passant par Arbois, Château Chalon et Rotalier. Reposant sur des sols argilo-calcaires qui sont à l'origine de certaines de ses particularités, ce petit bout de vigne affiche une sacrée personnalité. Séparé de la Bourgogne voisine par la large vallée de la Saône, il ne craint désormais plus l'ombre portée par le prestigieux voisin. Les marnes du Lias et du Trias ont permis l'épanouissement de cépages autochtones originaux particulièrement adaptés à ce type de sols, cépages que l'on ne retrouve nulle part ailleurs ou presque. Savagnin, poulsard (ou ploussard, peu importe, l'important, c'est d'en boire) et trousseau résistent bien au développement croissant du chardonnay et du pinot noir, cultivés aussi de longue date, mais vraisemblablement importés de Bourgogne. La renommée du vin du Jura lui vient en grande partie de l'un de ses produits-phare, le vin jaune. Cet accident oenologique, élevé pendant 6 ans dans un fût en vidange, sous un voile de levures qui le protègent d'une transformation en vinaigre, en ménageant son oxydation, donne un vin hors norme que le néophyte ne sera pas toujours à même d'apprécier à sa juste valeur. Les arômes caractéristiques de noix qu'il dégage font souvent fuir l'amateur de vins non-initié, autant qu'ils attirent comme des mouches ceux qui sont rompus à la dégustation de ce breuvage.

    Outre de grands vins, le Jura a également donné naissance à de grands hommes. Le plus célèbre d'entre eux est sans nul doute Louis Pasteur, qui a effectué une grande partie de ses travaux sur la fermentation alcoolique dans la petite ville d'Arbois. On ne le remerciera jamais assez d'avoir considéré le vin comme étant la plus saine et la plus hygiénique des boissons, mais on déplorera tout le mal causé aux fromages au lait cru par la pasteurisation. Le plus injustement méconnu des inventeurs jurassiens est sans conteste Charles Sauria, né à Saint-Lothain, dont l'éclairage fut plutôt bienvenu à l'intérieur des caves, une fois qu’il eût inventé l’allumette à friction.

    Les vins du Jura sont fort justement considérés par les Jurassiens comme les meilleurs des vins produits au monde.

     

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    Salins-les-Bains:

    Cité thermale, d'art et d'histoire, ville sinueuse se faufilant entre les montagnes, en suivant le lit tourmenté de la Furieuse, Salins-les-Bains ne manque pas de sel. En 52 avant Jésus-Christ, Salins-les-Bains a failli devenir célèbre, en manquant de peu le siège de la bataille d'Alésia, qui s'est déroulée à une trentaine de kilomètres de là, du côté de Champagnole et Chaux des Crotenay. Le Jura, terre de défaite, mais pas tout le temps non plus, faudrait voir à ne pas trop pousser le bouchon. On murmure même que Rouget de Lisle, illustre natif de Lons-le-Saunier, a failli appeler son hymne national victorieux la Juraseillaise. C'est dire. En 2012 après Jésus-Christ, Salins-les-Bains est devenue totalement mythique, pour avoir accueilli le camp de base des adorateurs de Saint-Glou, qui, comme chacun sait désormais, se fête avec tous les autres Saints. Glou, saint patron des buveurs, a donc élu domicile temporaire au pied du Mont Poupet, haut-lieu du vol libre et, désormais, du vin libre. Pour une canonisation rituelle et annuelle dans les règles de l'art, une large et belle victoire digne de Jules César. "La Saint-Glou 2012, j'y étais!" pourront dire en 2052, la larme à l'oeil, les survivants, encore poilus ou pas.

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    Pour profiter pleinement d'un séjour, il faut bien dormir, c'est une évidence. La Maison Salines, qui a ouvert ses portes en juillet de cette année, ne manque pas d'atouts. Cet ancien hôtel particulier, rénové avec classe et avec goût, dans le respect du style de l'habitation, possède tout le confort moderne. Ses immenses salons favorisent la bonne convivialité, les afters prolongés et les debriefings pointus. Possédant 5 belles chambres, aux lits confortables, indispensables à la bonne récupération des glouglouteurs, elle permet de loger une dizaine de personnes, ce qui peut nécessiter de prévoir des annexes pour contenir l'invasion de la Séquanie par des hordes de Belges assoiffés, le tire-bouchon entre les dents, ignorant encore que la guerre des Gaules est terminée depuis une certaine bataille qui s'est déroulée pas très loin d'ici (voir plus haut). Une fois les participants excédentaires logés, qui dans un petit gîte attenant, qui à l'Hôtel voisin des Deux Forts (tirant son nom de la présence toute proche du fort Belin et du fort Saint-André, surplombant la ville, rien à voir donc avec la corpulence des gaillards qui y dorment), la Saint-Glou peut officiellement débuter. Direction Arbois, aux Jardins de Saint-Vincent, pour une soirée apéritive autour de la relève vigneronne arboisienne.

     

    Les Jardins de Saint-Vincent, Arbois:

    Quel autre endroit pourrait être plus indiqué pour découvrir les jeunes vignerons jurassiens? Le jardinier Stéphane Planche en mission sommellerie dans le Mâconnais, c'est Julien qui est aux manettes, solidement épaulé par une triplette vigneronne, eux-même parfois assistés de leur secrétariat de direction.

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    Au menu, des jus de 2012, en avant-première mais pas en primeur, le Plouplou nouveau n'ayant pas encore fait suffisamment école pour se contenter d'élevage aussi bref. Charles Dagand, du domaine de L'Octavin a le privilège de l'ancienneté. Tout auréolé d'une bonne et belle assurance, il n'a pas tremblé, lorsqu'il s'est agi de faire goûter ses jus. Encore un bien joli travail sur l'enzymatique, pour la cuvée 2012 du trousseau des Corvées, dite cuvée du nain, une macération carbonique complètement maîtrisée. Pamina 2009, le chardonnay de la Mailloche, se boit comme du petit lait.

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    Renaud Bruyère n'en est qu'à son deuxième millésime, mais n'a déjà plus rien à vendre. Petit domaine, petite production et un travail à temps partiel chez Stéphane Tissot. Depuis qu'Adeline a quitté le GAEC Houillon pour le rejoindre, l'idée est effectivement de s'agrandir. Les 2012, blancs comme les rouges, sont déjà superbes et donnent envie d'en boire. L'ultime bouteille d'Arbois blanc 2011, miraculeusement sauvée de la cave des Jardins pour l'occasion, a fait des étincelles.

     

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    Alexis Porteret a démarré l'aventure des Bodines avec le millésime 2010. Secondé par sa femme Émilie, il continue de travailler au domaine de la Pinte, tout en produisant quelques fabuleux jus de trousseau, poulsard, chardonnay ou savagnin. Les rouges 2012 promettent de belles choses et confirment haut la main la très bonne impression déjà laissée par les deux millésimes antérieurs.

     

    ...

     

    Olif

     

    P.S.: tous ces vignerons sont membres de l'association le Nez dans le vert, qui tiendra salon les 24 et 25 mars 2013, au domaine de la Pinte. Un retour de la Saint-Glou en perspective?

     

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    P.S.2: la Saint-Glou, ça se vit et ça se raconte. Eva en a écrit les 10 ou 11 commandements et Samia, visiblement traumatisée, a cherché à s'en exorciser au plus vite...

  • Les Dieux du Bojo

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    Beaujolais : région viticole du re-nouveau. Car il y a une vie et du vin, en dehors du troisième jeudi de novembre.

    Troisième fleuve à arroser Lyon, le vin du Beaujolais s’apprête à vivre la période du Renouveau après avoir traversé, non sans dommages, celle du Nouveau. À l’origine de sa gloire, puis de sa décrépitude, ce pur concept marketing qu’est la grande fête du Beaujolais nouveau a eu pour principal effet collatéral d’éclipser la qualité de ses crus, réduisant l’image de la région à un festif mais insipide breuvage artificiel aux arômes de banane. Le Beaujolais nouveau « nouvelle génération » a pourtant retrouvé le goût du raisin, enchante le palais et permet d’attendre la plus lente maturation des vins issus de terroirs plus qualitatifs. Lorsque l’on cherche à citer de mémoire les dix crus du Beaujolais, il y en a toujours un que l’on oublie. Jamais le même ! Lorsque l’on se contente d’évoquer le cépage emblématique de la région, plus personne ne se trompe. Le gamay règne ici sans partage, de Morgon à Chénas, en passant au pied de la Madone de Fleurie, avant de traverser Juliénas, Chiroubles, Brouilly, Régnié ou encore Saint-Amour. Raisin noir à jus blanc, il produit généralement des vins souples, friands et fruités, mais il est capable de donner naissance à des vins riches et complexes sur ses terroirs réputés, granitiques ou argilo-calcaires, comme le Moulin-à-vent ou les Côtes de Brouilly. Poussé par toute une génération de jeunes vignerons avides de bien faire, le vin du Beaujolais a de nouveau la banane. Heureusement, il n’en a désormais plus le goût.

    Pour preuve, à Villefranche-sur-Saône, personne ne vous contredira, le vin du Beaujolais est considéré comme le plus beau et joli des vins produits à base de gamay.


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    Quand le gamay rapproche les peuples, il se livre tout nu. Sans intrant, ni artifice chimique. Alors, tous les cavistes, restaurateurs, bistrotiers et blogueurs naturistes en font autant. Une idée aussi unique et rebelle, il n'y a guère que Cyril Alonso qui puisse l'avoir. Peut-être aussi Florian Looze, va savoir, tellement les deux compères font la paire. Mais que ne ferait-on, pour célébrer, avec le tandem P-U-R, le bon Bojo Nouvo, celui qui sent le raisin et qui descend dans le gosier tout seul, sans même avoir à se forcer? Pur jus, Brut de cuve, Universel sans aucun doute, l'heure du Bojo va bientôt sonner à nouveau. Une date figée, qui perd de plus en plus de son sens, tant le concept s'émousse, d'après Cyril. Un Bojo "en retard", à date variable, aligné sur le millésime et le temps nécessaire à sa bonne vinification, ça pourrait avoir de gueule et relancer l'intérêt de la chose, sous le signe de la qualité. Sans avoir à recourir à d'immondes artifices pour accélérer les fermentations.

     

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    P-U-R. 3 lettres blanches sur fond noir (en mauve quand il s'agit d'un lien sur le Blog d'Olif), séparées de 2 tirets. Producteur, unique, rebelle. Et itinérant, aussi. Un concept particulièrement intéressant, permettant au vinificateur talentueux de voyager et papillonner dans les vignes ou les caves, avant de laisser les vignerons se débrouiller par eux-mêmes une fois leur domaine bien lancé. Du Beaujolais au sud de la vallée du Rhône, P-U-R produit une gamme étendue de micro-cuvées, toutes plus épatantes les unes que les autres, avec une vraie personnalité. Des raisins achetés sur pied, une maitrise complète de l'élaboration des vins, de la vendange à la mise en bouteilles, sans parler de la patte de Cyril Alonso, qui transforme le moindre jus en produit volontiers hors normes.

     

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    Du Bojo, quelques tranches de saucisson à la trancheuse à bras, du pain, des foies de lotte de la Paimpolaise, qui nous attend en chanson au Pays Breton, et c'est le troisième jeudi de novembre qui frappe déjà à ta porte. Avant cette date fatidique, le Bojo Nouvo, on n'a pas le droit d'en boire. Mais on peut le déguster professionnellement, ou tout comme. Les professionnels consciencieux n'hésitent d'ailleurs pas à en déguster des litres, avant de faire leur choix. Surtout quand il s'agit de l'Universel 2012, véritable jus de soif qui titre tout juste 10,5°. Vivement le 15 novembre, qu'on puisse en boire encore plus, comme des amateurs de bons vins vivants.

    En cas d'envie irrépressible de gamay d'ici là, on pourra avantageusement remplacer le vin nouveau par un Fleurie à peine moins neuf (c'est du 2011), qui ne devrait pas rester bien longtemps sur le bord de la root. C'est de l'authentique zéro-zéro, du vrai "nature" signé Lilian Bauchet, le Bachelor du Bojo, un jus qui file dans le gosier sans respecter la moindre limitation de vitesse.

     

     

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    Olif

  • Vinocamp caravaneige savoyard...

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    Savoie : vignoble aux sports d’hiver.

    La Savoie, ses montagnes, ses stations, son fromage d’alpage, son vin blanc pour le faire fondre et l’accompagner. Ce vignoble microscopique mais néanmoins historique ne se résume pourtant pas un vin fromager descendant tout schuss dans le gosier du skieur en manque de tartiflette lors de ses vacances d’hiver. Avec ses 143 sommets de plus de 3000 mètres d’altitude, la Savoie ne manque pas de hauteur. Si son vignoble s’étire plutôt dans les cluses et les vallées, il possède toutes les qualités requises à un bon épanouissement de la vigne. Des bords du lac Léman au fond de la vallée de la Tarentaise, la Savoie regorge de terroirs plus ou moins méconnus et de cépages autochtones et authentiques. Surtout lorsqu’ils sont travaillés artisanalement et avec ferveur. Les Allobroges, fier peuple celte, vivant à flanc de montagne, cultivaient déjà la vigne bien avant l’arrivée des Ducs de Savoie et même des Romains. Ces derniers l’ont annexée, domestiquée et exploitée, conférant au cépage originel, Vitis Allobrogica, certaines de ses lettres de noblesse. Il faut de tout pour faire une mondeuse, mais le vénérable ancêtre des cépages allobroges a très certainement donné naissance à ce fleuron actuel de la viticulture savoyarde, ainsi qu’à sa cousine syrah, qui a migré par la suite dans la vallée du Rhône.

    Rouges (à base de pinot noir, gamay, persan ou mondeuse) ou blancs (à base de jacquère, malvoisie, bergeron, gringet, chasselas, chardonnay et altesse), sans parler des cépages inusités, mais heureusement sauvés de l'oubli complet, les vins savoyards ne souffrent pas d’un manque de diversité. Ayse, Ripaille, Chautagne, Seyssel, Frangy, Jongieux, Chignin, Arbin, Abymes, Apremont ou encore Cevins sont autant de lieux qui reflètent les différents visages de la Savoie viticole, qui tient dans son ensemble une forme olympique.

    Les Savoyards réunis ont d’ailleurs tous la flamme pour le fruit de leur vignoble, auquel ils attribuent haut la main la médaille d’or du meilleur vin jamais produit au monde.


    Vinocamp : camp de concentration de geeks amoureux du vin, où l’on parle de vin, d'Internet, de vin et Internet.

     

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    Donner des clés pour aider les vignerons à communiquer et essayer de sortir les vins savoyards du cliché réducteur de "vins de sports d'hiver", c'était l'un des objectifs de ce Vinocamp savoyard organisé par Miss Vicky Wine, Grégoire Japiot et Franck "Tweety wine" Merloz (j'ai cru voir un gominé...), avec le concours de l'Interprofession des vins de Savoie. Le week-end a été plutôt bien choisi (ou mal, c'est selon), puisque la neige a elle aussi été au rendez-vous, rendant les paysages somptueux, mais l'usage des moonboots quasiment indispensable pour les Parisiens, les Champenois se contentant, quant à eux, d'une doudoune fourrée, de gants, d'un bonnet sans pompon et d'une écharpe polaire. Les Savoyards et les Jurassiens étaient en tee-shirt, comme d'habitude. Vins de Savoie et hiver, une image qui colle définitivement à la peau!

     

    Riche de toutes ses particularités, le vignoble savoyard a pourtant des atouts. Les paysages, grandioses, les cépages, bien souvent originaux, quand ils ne sont pas modestes ou oubliés, l'ancienneté et l'Histoire. Les valoriser, en communiquant mieux, sans pour autant dissocier cépage et terroir, voilà l'enjeu. Mettre l'accent sur jacquère, roussette ou mondeuse, plutôt que sur les terroirs ou les crus, voilà qui pourrait peut-être contribuer à simplifier l'image de la Savoie viticole aux yeux du grand public. Tout en maintenant un deuxième niveau de lecture pour continuer à cultiver la spécificité de chaque lieu. Sans oublier ces vieux cépages, donc un certain nombre d'exemplaires sont pieusement conservés au domaine Méjane de Saint-Jean-de-la-Porte, à la double casquette de domaine et pépinière viticoles (comme plusieurs de ses collègues, d'ailleurs, ce qui contribue à faire de la Combe de Savoie la deuxième région française productrice de plants viticoles). À titre d'exemple, le Cacaboué blanc jouit d'un anonymat complet, qui lui permet de devenir caca et tout noir dans l'indifférence générale, quand il n'est pas vendangé.

     

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    Tous ces échanges particulièrement constructifs finissent évidemment par donner soif et déboucher sur un Live Tasting ou chacun peut présenter sa production et permettre de réjouissants travaux pratiques aux Vinocampeurs, à grands coups de mondeuse, altesse ou jacquère.

     

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    Celles du domaine Saint-Germain, par exemple, qui présente également un fort joli persan et une altesse 2006 en jéroboam. La jacquère, ça vieillit bien aussi, la preuve avec le millésime 2004 de Jean-Claude Masson, truculent vigneron d'Apremont, encensé par Jean-Pierre Coffe (période pré Leaderprice) et Robert Parker himself, s'il vous plaît. Rayon vieux cépages, mention particulière au persan de Nicolas Gonin, qui a dû abandonner les armoiries du Dauphiné sur ses étiquettes pour partir à la conquête de New-York. Ainsi qu'à la verdesse (récoltée en surmaturité) et à l'étraire de la dhuy de Thomas Finot, dans le Grésivaudan. Isère power!

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    Après le Live Tasting, une fois la soif étanchée, place à la méditation et au rancio. Le magot, ce fut justement El mago, une solera de grenache de 1928, forcément sortie de la manche de Marlène Angelloz, représentante du très officiel Fan-club mondial du grenache, avant un magnum de Côtes du Jura Cuvée Florine 2009, pour la soif, sifflée en moins de temps qu'il n'en a fallu pour l'ouvrir.

     

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    Une aussi longue et belle soirée méritait bien la nuit la plus longue de l'année, changement d'heure oblige. En pleine forme le lendemain, pour rencontrer les Pétavins au caveau des Augustins de Saint-Pierre d'Albigny. L'association des Pétavins (du nom d'une ronce qui jonche naturellement le sol dans les vignes, quand on respecte l'écosystème) regroupe une poignée de vignerons savoyards engagés dans l'agriculture biologique et qui ont envie de la promouvoir pour valoriser leur travail.

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    Une bande de joyeux drilles et de fondus savoyards au diapason de leurs vins: Michel Grisard, qui s'essaye avec bonheur à la production d'altesse jaune, pour ne pas gâcher des fonds de tonneaux non embouteillés (3 millésimes d'affilée des années 90, laissés en vidange depuis une vingtaine d'année), Raphaël Saint-Germain, Louis Magnin, Adrien Berlioz et Gilles "oh! les filles, oh! les filles!" Berlioz. Manquaient à l'appel sur la photo Frédéric et David Giachino, Olivier Lelièvre, du Bugey voisin et dont la mondeuse Octobre fait sensation, ainsi que Jacques Maillet. Pour clore la dégustation d'une bonne partie de leurs vins, les diots, cuits dans le marc de raisin à l'alambic, ont été servis à la louche. De quoi rassasier une horde de vinocampeurs affamés de produits savoyards authentiques et de qualité. Avant un traditionnel verre de Génépi, évidemment, pour digérer et pour la route...

     

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    Olif

  • Milan royal

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    Depuis sa chambre, lorsqu'il ouvre les yeux, chaque matin, Henri Milan a toujours les volets clos. Depuis sa chambre, lorsqu'il ouvre les volets, chaque matin, Henri Milan a toujours les yeux clos. Le Clos, sa parcelle chérie et mythique, c'est son jardin et son horizon. Elle dort sous ses fenêtres. Il la veille et la couve du regard chaque jour. Arrachée complètement en 2009, après les vendanges, elle fut replantée en 2011, quasiment à l'identique. Enfin, presque... Grenache, syrah, et, au milieu, deux rangées de mondeuse. "Parce que j'aime bien la mondeuse", confesse Henri, le plus savoyard des provençaux. Le tout parfaitement étudié et modélisé selon de savants calculs autour du nombre d'or. Les manquants n'ont pas été remplacés par des rosiers, non, mais cette bande florale symétrique au milieu des vignes est censée harmoniser le lieu. Pour goûter au Clos nouveau, il faudra donc attendre encore un ou deux millésimes. Mais ça promet. Rien qu'en respirant un grand coup au réveil, on y perçoit déjà des notes florales et épicées...

     

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    On ne sait pas toujours quand on arrive au domaine Milan, mais il est encore plus difficile de prévoir son heure ou même son jour de départ. Non pas que le domaine fasse chambre d'hôtes, mais quand les dégustations se prolongent et se poursuivent par un after, le programme du lendemain se remplit au fur et à mesure que les verres se vident. Le Croque-chou, restaurant chouchou de ses dames et des vignerons au goût affûté, étant fermé le lundi soir et le mardi en été, le chef Sébastien Folz est parfois instamment prié de venir cuisiner au domaine de façon impromptue. Et il s'exécute, avec brio et de façon parfaitement consentante. Ce qui fait déjà une occasion de rester...

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    La dégustation de vins du domaine, il faut savoir la bisser, pour mieux comprendre certaines subtilités. La quasi totalité des vins goûtés le soir, prélevés sur cuve, fût ou bouteille, il a fallu y revenir le lendemain, pour accompagner des vignerons de passage, ayant sonné à la porte à l'improviste, après de multipes SMS restés sans réponse. La Carrée, goûtée à 90°, sous tous les angles, avec ou sans soufre, sait parfaitement mettre la roussane en valeur. Et le Grand blanc... ah! le Grand blanc! Celui-là ne rousille aucun surfeur. Bien au contraire, il se laisse même plutôt avaler sans porter préjudice à quiconque. Et puis aussi le Clos 2009, riche et solaire, l'ultime avant la nouvelle version, promet beaucoup dans sa jeunesse. On lui préfèrera évidemment pour l'instant le 2007, qui est un véritable bijou, un modèle de vin pour les grandes occasions, mais aussi pour tous les jours, tellement il est déjà majestueux et bon à boire. Entre les deux, 2008 affiche une forte personnalité, un poil rebelle, qui nécessitera sans doute quelques années pour s'assagir. La bouteille de Petrus trônant sur l'étalage a été dégustée une fois précédente, plus personne ne sait quand, mais il y a déjà longtemps de cela. Probablement pour étalonner le Jardin, considéré comme le Pétrus provençal. 100% merlot sur des marnes, juteux au possible et provençal en diable. Inégalable, même à Pomerol!

     

    Du coup, le lendemain midi, après le remake de la dégustation de la veille, on a fait un concours de Comté Petite, de différentes provenances jurassiennes. Et on a bu du vin du Jura, pour accompagner des "magrets" de cochon façon Croque-Chou, à la cuisson parfaitement parfaite.

     

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    Ainsi va le vie provençale à la Galine. Royale...

     

    Olif

  • (R)assemblement au Mazet!

     

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    C'était l'issue de ce projet (r)assembleur initié par Renaud Berthoud, du Mazet des Croses: un week-end de vendanges festives pour saluer la naissance de cette cuvée (R)assembler 2009, élaborée collectivement et à distance depuis un peu plus de deux ans. Les participants ne se leurrent pas, ils n'ont pas fait grand chose, si ce n'est donner leur modeste avis, dont Renaud a essayé de tenir compte dans la mesure du possible, c'est à dire sauf quand il fallait trancher parce que personne n'était d'accord. Nulle empoignade pour autant, il n'y avait pas grand chose à prouver, si ce n'est qu'on peut faire de belles choses à plusieurs et surtout créer des liens forts. Le résultat, c'est ce (r)assemblage complémentaire de 30% de cabernet, 30% de merlot, 20% de grenache et 20% de syrah, aux tanins juteux et soyeux, qui se remet doucettement de sa mise, et qui devrait donner un bien beau vin d'ici quelque temps. Les vendanges n'ont finalement pas eu lieu, pour cause de blocage de maturité lié au stress hydrique. Fichue météo 2012! N'est restée que la fête, une excellente raison de faire le déplacement jusqu'à Gajan, en bordure du Duché d'Uzès.

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    Le Mazet des Croses de Nathalie Bruggey et Renaud Berthoud, c'est un peu un rêve d'enfant, un lieu improbable au milieu des vignes, un "jardin extraordinaire", comme le nomment les habitants du lieu, un endroit où poussent des bornes de signalisation, des sens interdits faciles à ne pas respecter et des pompes à essence désaffectées. La maison d'habitation, c'est un petit mazet en parpains, à usage utilitaire initial, habilement transformé pour héberger toute la famille. Un lieu de vie, entouré de cabane(s), de caravane(s), de roulotte en voie de réhabilitation, et même d'une piscine de jardin. Un joyeux bazar où tout est pensé et agencé avec goût et précision, de la voiture et du tracteur, garés juste où il faut, à l'emplacement du muret de mini-menhirs (judicieusement taillés par un mini-Obélix?), ou encore de la pompe à essence. Les vignes sont en grande partie situées tout autour, hormis quelques parcelles un peu plus éloignées, mais aperçues au loin.

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    Foutraque bric à brac au milieu des vignes, bientôt rationalisé par la construction en dur de la cave, en contrebas des vignes, avec accès direct possible depuis la route départementale, ce qui permettra de quitter les locaux de la coopérative du village, abandonnée par les coopérateurs depuis la fusion avec celles des villages voisins, et de vinifier sur place les futures cuvées du Mazet.

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    Dans la vaste cave de Gajan, un peu trop large aux entournures pour la production actuelle, il y a pourtant de quoi s'extasier. Sur le tonneau, le Mazet en bouteille et en intégrale, rien que ça, s'il vous plaît Madame!

     

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    Vent d'Anges

    Assemblage des 4 cépages du domaine (grenache, merlot, syrah et cabernet sauvignon), dans des proportions parfois variables. Une constante, la fraicheur et la suavité des tanins. 2010 est superbe, tout en fruit, mais à chaque millésime sa personnalité et sa franche buvabilité.

     

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    L'Ange et l'Hic

    La cuvée-phare du Mazet, à dominante merlot, réalisée uniquement quand le millésime le permet. Vinification et élevage totalement en barrique, "roulée" régulièrement au début. 2005 commence à évoluer sur le tertiaire, avec des notes un peu confiturées. 2007 est épatant de fraîcheur acidulée, 2009 est dans la lignée, un peu plus solaire et concentré. Quand le merlot se montre sous son meilleur jour, séducteur sans être racoleur...

     

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    Envie d'Ange

    Une cuvée accidentelle, goûtée par curiosité, parce que le vin oxydatif, c'est quand même le quotidien de tout jurassien qui se respecte. Ue couleur acajou et des notes de rancio évidentes, pour un vin intéressant, même si loin d'être parfait.

     

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    Mais, malgré toutes les belles bouteilles dégustées, la quille du week-end fut finalement ... finlandaise. On peut en jouer jusqu'au bout de la nuit!

     

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    Olif

     

    P.S.: les vins du Mazet, ils sont bons jusqu'à la dernière goutte. Une belle illustration dans de ce petit chef-d'œuvre "made in Gajan", et prix Vin Santé Plaisir de Vivre au festival Œnovidéo 2010.

     

  • Saint-Joseph, humour et granit

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    Les vins de Saint-Joseph sont à prendre au sérieux. Même quand ils sont partenaires d'un festival national des humoristes, dont c'est (déjà) la 24ème édition, comme le temps passe. Humour et granit, aucune incompatibilité. Se fendre la gueule pendant le festival, à Tain ou Tournon, ou se la casser, dans les coteaux pentus du lieu-dit le Saint-Joseph, faut choisir. Parce que tailler, rogner ou vendanger encordé, dans le Saint-Joseph ou sur un autre coteau de l'appellation, mine de rien, c'est une sérieuse affaire. Sans rire.

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    Les 1200 hectares de l'appellation, étirés sur 50 km de long, font la jonction entre la Côte-Rotie et Cornas. Une bande granitique, sculptée par les méandres du Rhône, d'exposition sud-est prédominante, entre Chavanay au Nord et Guilherand au Sud, qui nous a été présentée depuis le Saint-Joseph par Jérôme Coursodon. Au cœur de l'appellation, Mauves, ses vins Saint-Joseph, ses fruits, son marché journalier mai-août, coincé entre l'entrepôt du bricolage et un magasin sportif.

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    Le vin de Mauves, célébré par Victor Hugo dans les Misérables. Souvenez-vous: la petite Cosette qui allait emplir son seau d'eau de bon vin de Mauves au puits des Thénardier et qui s'est pris une rouste -méritée, vu le prix où il était commercialisé à l'époque- pour en avoir renversé une goutte sur le carrelage et, plus loin dans le livre, Jean Valjean qui a vu rouge après avoir abusé du Mauves chez l'évêque, lui tirant ses petites cuillères, et se conduisant par la suite comme un malotru avec le petit ramoneux, sacré Victor, toujours le mot pour rire, quelle imagination fertile et débridée!

     

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    Crédit photo AFAG

    Saint-Jo a de l'humour, donc, quand il s'agit de communiquer, mais question gastronomie, pas question de rigoler! Surtout après une achtement belle pièce de théâtre revisitant avec brio, humour et panache les trois mousquetaires, du haut du mât et au fond à gauche.

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    Deux belles adresses de miam à ne pas manquer, donc, au choix. L'une rive droite, l'autre rive gauche. À Tournon, Carafes en folie, initialement retenue, mais abandonnée pour cause de foire aux oignons, censée paralyser la ville. Une adresse visitée ce printemps et déjà approuvée. Carte bistrot, originalement présentée sur bouteille (vide) et parfaitement exécutée par le chef (sans sommation), large choix de vins, pour tous les goûts, y compris les miens. Je me faisais un plaisir d'y retourner. Finalement, nous resterons sur la rive gauche, sans perdre au change.

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    Le Mangevins, c'est ouvert depuis relativement peu de temps, mais le tout Tain s'y presse déjà. Cuisine genre bistronomique, impressionnante de maîtrise et de précision, franchement épatante, et qui m'a fait forte première impression, comme ces petites cuisses de cailles confites, servies sur une crème de Tarbais, suivies d'une pièce de bœuf cuite à la perfection et d'une pêche rôtie au sirop de verveine.

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    Carte des vins très fournie, laissant une large place au Rhône, évidemment, dans ce qu'il a de meilleur, pour tous les goûts également, mais ouverte sur les autres régions, y compris le Jura. Et aussi le Beaujolais. Ici, vins fins et gamelle soignée. Même les filles sont belles. Que demander de plus Ultime?

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    Saint-Jo a de l'humour, mais sait être sérieux lorqu'il s'agit de goûter sérieusement à ses vins. Le petit échantillonnage dégusté, lors de ce petit voyage de presse estival et festif, entre théâtre et vélo-rail, organisé par Rouge Granit (y a-t'il nom plus prédestiné pour gérer le communication de l'appellation Saint-Joseph?), ne manque pas de personnalité et la diversité de style sait s'affirmer. Il n'y a guère que les festivaliers nationaux des humoristes que ça ne fasse pas rire!

     

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    Olif

     

    P.S.: je ne résiste pas à vous narrer la meilleure blague qui circule en ce moment au festival national des humoristes viticoles, du côté de Tain: quelle est la différence entre la colline de l'Hermitage et un insecte? Le nombre d'antennes, évidemment!

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  • De l'eau, oui, mais de l'Overnoy!

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    Du ploussard comme s'il en pleuvait, aujourd'hui, à Pupillin! Pas tant que les trombes d'eau qui se sont abattues sur le petit village jurassien, malheureusement! Mais, tout comme cette mousson jurassienne, les flots de ploussard 2011 de la maison Overnoy-Houillon ne dureront pas très longtemps. 2011, année généreuse en quantité, mais la maturité est arrivée avec un petit degré. Ce qui n'est pas forcément une mauvaise chose, d'ailleurs, mais, pour le coup, la robe de ce 2011 est plutôt groseille clair. Plus foncée que celle d'un Tavel de L'Anglore, toutefois. En bouche, on retrouve néanmoins des similitudes avec les vins d'Éric Pfifferling. Un soyeux, une fraicheur et une onctuosité sans pareil. Ce pur plaisir, c'est la signature d'une grande bouteille sans sulfites ajoutés, même si certains croient toujours dur comme fer que ça n'existe pas.

     

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    Avec un tel ploussard (derrière un épatant chardonnay 2011 prélevé en œuf béton), même si la personnalité de Manu Houillon s'affirme de plus en plus, il est clair que la parole de Pierre prévaut toujours. À défaut d'être lue, elle pourra d'ailleurs prochainement être véritablement entendue et même visualisée, puisque un film inspiré du livre va être réalisé. Avec Pierre Overnoy dans son propre rôle. Et aussi celui du boulanger. Un vrai rôle de composition, en fait.

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    Olif

  • L'été, il n'y a pas que le rosé, aux Jardins...

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    Soirée décontractée et estivale aux Jardins de Saint-Vincent, la deuxième depuis que Stéphane-Saint Vernier-Planche est revenu sérieusement aux affaires. La première, c'était en mars, et un compte-rendu figure sur le blog de la Pipette, ce qui fait que je me suis un peu laissé aller à ne rien faire. Cette fois, plus d'excuses, il m'a bien fallu reprendre le stylo.

     

    Plusieurs guests de passage au caveau grand ouvert sur la rue, certains ont même laissé quelques flacons non étiquetés à découvrir en avant-première lors de la soirée. Mais, patience... Auparavant, il s'agissait de trinquer à l'année supplémentaire du jardinier, signe d'une grande maturité de sa part. Fidèle, il l'est, puisqu'il est revenu cultiver son Jardin à la Saint-Vincent. Fidèle, il l'est aussi à Vouette et Sorbée, lui qui nous a fait découvrir le premier ce magnifique Champagne de Bertrand et Hélène Gautherot, toujours aussi impeccable à boire et parfait pour une mise en bouche.

     

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    L'été donne envie de rosé, mais ce type de vin n'est pas toujours aisé à appréhender par l'amateur. Par le professionnel non plus, d'ailleurs, même le jardinier de Saint-Vincent a du mal à en trouver un à son goût. Ni blanc, ni rouge, juste rose. À mon sens, le vrai bon rosé est un vin assumé, qui ne louche pas sur une autre couleur. Vineux, mais pas trop, il est destiné à accompagner les mets estivaux qui ne nécessitent pas un blanc et qu'un rouge trop coloré dénatureraient. Un vrai bon rosé doit être rose, sans doute, mais pas trop pâlichon, parce que la robe, finalement, on s'en fout un peu. À poil, le rosé, concentrons-nous exclusivement sur le nez et la bouche.

     

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    Avec Galéjade 2011, d'Alain Allier (Mouressipe), on n'est déjà pas dans le rosistiquement correct. Robe orangée, bien turbide, mais c'est joli quand même, en harmonie avec l'étiquette. Nez floral, sur la rose fanée, puis agrumes (mandarine) et litchi. Bouche fluide, avec de tout petits tanins accrocheurs et une belle persistance en bouche. Un rosé plein de gourmandise!

     

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    Le temps fait tout, en Languedoc, c'est Rémi Poujol qui le pense et le dit. La robe de son rosé est plutôt soutenue, groseille. Un nez caramel au lait, franchement lactique, et une bouche imposante, un peu chaude, avec une pointe de volatile finalement bienvenue. C'est un 2009, et il est à souhaiter que le temps fasse tout pour lui, parce que, à ce stade, c'est un rosé un peu compliqué à boire, il faut bien le reconnaître.

     

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    On passe à la pointure au dessus, ce qui se fait probablement de mieux en matière de rosé "nature": Tavel 2010, domaine de L'Anglore. Le velouté de tanins des vins de L'Anglore, je crois bien que je le reconnaitrais entre mille. La robe est légèrement trouble, d'un beau rosé orangé, avec la pulpe. C'est fruité, c'est frais, c'est bon, on en boirait des seaux, mais ce n'est pas aussi simple que cela. Un vrai beau vin de terroir qui fait honneur à l'appellation et au vin rosé d'une manière générale.

     

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    On passe au blanc, avec ce Côtes du Rhône 2010 du Domaine Jamet. Un peu fermé à ce stade, avec une pointe de réduction, il a du mal à se lâcher. La bouche est agréable, mais on la sent bridée et la finale reste pâteuse. 60% marsanne, 30% viognier et 10% roussane, et ce n'est pourtant jamais mou ni lourd. Pas vraiment dans un style nature, c'est sûr, mais il faut savoir rester ouvert...

     

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    Heureusement, French Wine is not dead. Grâce à Anthony Tortul et à la Sorga, qui nous enchante avec ce blanc 2010 de viognier et terret bourret, non, tu n'es pas bourré, Jean-Claude. La bouche est ronde, marquée Sud, mais gourmande, tout en étant bâtie sur les amers, qui assurent la fraîcheur finale. Une belle réussite.

     

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    À ce stade de la dégustation, il est presque temps de faire une parenthèse pour saluer l'un des guests de la soirée, de passage à l'heure de l'apéritif, mais qui n'a pas manqué de nous laisser quelques échantillons de sa production jurassienne, tout juste tirées du fût. D'autant plus émouvant qu'il s'agit sans doute là des dernières bouteilles made in Jura par Jean-Marc Brignot, ex- as tiré de la Manche. Ces vins-là ne lui auront pas trop donné de boulot, à Jean-Marc. Ça tombe bien, il ne court pas après. Des raisins de 2004, sa première vendange arboisienne, qui ont été mis dans des fûts et laissés bien tranquilles jusqu'à maintenant, dans la pénombre d'une cave sans électricité. Chardonnay seul, assemblage chardo-savagnin dans des proportions tenues secrètes (nul ne le sait véritablement, en fait) et savagnin seul, restés 7 ans et quelque sous un voile sans intervention humaine d'aucune sorte. Dur de départager les deux chardonnays, pur ou en assemblage (ma préférence personnelle va au premier cité, pour sa finesse superlative, versus le côté éthanal plus marqué de l'assemblage), mais, ce qui est certain, c'est que le savagnin 2004 fera date. Il ne revendiquera évidemment ni l'appellation "vin jaune", ni le clavelin, ce n'est pas le genre de la maison, mais il marquera sans nul doute les esprits pour les siècles des siècles. Un fruit toujours présent et des airs de fino, qui s'épanouissent dans une finale en queue de paon. C'est magnifique, ce ne sera pas donné, mais on risque de se les arracher car ce sera définitivement collector, puisque cette année 2012 verra le départ de Jean-Marc pour de nouvelles aventures au pays du Soleil Levant, après d'ultimes vinifications pour le compte de Vinibrato, en Beaujolais et en Alsace.

     

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    Merci Jean-Marc, mais aussi Merci, Vincent La Boria, pour ce Côtes du Roussillon 2010 made in Trilla, réjouissant, gourmand et enthousiasmant, qui a bien accompagné les plats de charcuterie enfin arrivés sur la table parce qu'il commençait à faire un peu faim.

     

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    Pour clore les agapes rouges, petit tour sur le Causse avec ce Rouge de Causse 2010 du Petit Domaine de Gimios, au grain encore serré, un poil rustique, procurant le même plaisir, un brin jouissif, que celui de se frotter contre une joue mal rasée. Viril et séducteur en diable.

     

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    Dernier clin d'œil au vigneron arboisien monté en fléchettes, au travers de ses deux dernières réalisations, produites avec les raisins de la famille Bannwarth, en Alsace. Gewurtz et Pinot gris comme il est difficile d'en avoir déjà bu auparavant. Et pourtant, ça se boit, même que c'est bon.

    Sayonara, Jean-Marc Sensei (先生)!


    Olif


    P.S.: la prochaine séance de dégustation aux Jardins, ce sera véritablement au jardin, ou plus exactement dans les vignes, à la Mailloche, avec Carlito et Alice, du domaine de l'Octavin. Le vin nature dans la nature, le retour, et c'est déjà bientôt. Vivement..!

  • Totale Tissot...

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    Mardi 15 mai 2012, 16 heures, Montigny les Arsures, Jura, domaine André et Mireille Tissot, la totale. Si le calendrier Maya avait eu quelques cases en moins, le monde aurait pu s'arrêter de tourner ce jour-là. Des cadavres il y a eu, mais uniquement de la capsule, du bouchon ou de la bouteille. Revue d'effectif, série par série.

     

    Les Crémants

     

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    Ils constituent une part non négligeable de la production jurassienne, qui permet même, dans le cas particulier de Stéphane Tissot, d'assurer la bonne rentabilité économique du domaine, tant la demande est forte, y compris à l'export. Pas question pour autant de bacler le travail, ce n'est pas le genre de la maison. Au contraire, Stéphane prend même un certain plaisir à les décliner et à innover. Avec notamment la préparation d'un pied de cuve maison pour un travail en levures indigènes, qui risque de devenir prépondérant à l'avenir. Seules les cuvées d'entrée de gamme recourent encore pour l'instant à des levures du commerce. Aucune cuvée n'est dosée et il existe même une cuvée totalement décoiffante et non dégorgée, à destination du marché néerlandophone, particulièrement friand de ce genre de produit "Nature". Bande de gâtés, les Flamands, va! Les autres ne savent pour l'instant pas ce qu'ils perdent, à part un peu de mousse lors du décapsulage.

     

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    Les chardonnays parcellaires en bouteille

     

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    2010, dans le Jura, il faut bien admettre que c'est un p... de beau millésime. Beaucoup plus équilibré que 2009, comme un peu partout ailleurs, d'ailleurs. Les terroirs s'expriment de mieux en mieux. Les Bruyères et les Graviers, égaux à eux-mêmes, dans leur style respectif, Sursis (chardonnay de Château Chalon sur des terres à savagnin) en train de recoller au peloton, grâce au travail en biodynamie qui porte ses fruits depuis quelques années, mention particulière à En Barberon, future star de l'année, le Clos de la Tour de Curon 2009, presque hors concours. 2009, millésime riche, aux fermentations particulièrement longues, ce qui n'est pas forcément pour déplaire à Stéphane, mais des sucres qui ont peiné à se finir, même qu'il en reste dans certaines bouteilles. Les Graviers, particulièrement riche et opulent, ne sera commercialisé qu'après un vieillissement supplémentaire en bouteille, après les 2010. La Mailloche 2009 mailloche de moins en moins, à l'instar de 2005. Puissante et riche, avec une pointe de brett (pas évidente à indvidualiser, pourtant) qui apporte une complexité dont il serait préjudiciable de se priver. Pour parachever ce panorama des années riches, En Barberon 2003, probablement la plus magnifique expression du cru, avec une fraîcheur et une dimension exceptionnelles.

     

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    Avant de filer en cave, goûter aux 2011 et 2010 pas encore embouteillés, encore un ou deux bonus, avec cette Tour de Curon 2004, troisième feuille et premier millésime de la cuvée, tout simplement époustouflant, déjà taillé pour les siècles des siècles (amen!). Et aussi cette "petite" cuvée, assemblage de Graviers et de Bruyères 94, de l'ère d'avant les parcellaires, toujours vaillante, démontrant le potentiel des vins avant même la conversion des vignes en bio.

     

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    Les rouges en bouteille

     

    Après avoir testé différent tonnelliers sur différentes cuvées, en cave, retour au caveau pour y goûter les rouges en bouteille, tout en grignotant quelque cochonnaille maison et/ou des terrines alchimiques au lapin ou à la joue de bœuf, car il commençait à faire légèrement faim.

     

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    Le Poulsard au DD 2011, c'est du raisin sain mis dans une cuve, et pis c'est tout. Je crois bien qu'on pourrait en boire des seaux, même avec modération. Les Vieilles vignes sont également très disertes. Les Bruyères 1999, servies à l'aveugle pour voir, ont été vues. Grandeur du poulsard bien né sur des terroirs d'envergure. Et aussi vinification sans soufre parfaitement maitrisée, sur ce cépage qui ne demande que ça. En Barberon Pinot noir, désormais 100% grappes entières, et Singulier 2010 complètent avec bonheur la gamme et permettent de tenir jusqu'au fromage.

     

    Les savagnins

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    Avant d'attaquer le plateau de Comté, mise en bouche avec le Traminer 2011, toujours déroutant, qui donne l'impression de s'égarer en Alsace. La version oxydative (3 ans de voile) 2009 a particulièrement digéré la richesse du millésime, tout comme les jaunes de terroir 2005. Il ne manquait que quelques huîtres pour accompagner la Vasée et réaliser à la perfection le nouvel accord le plus tendance qui soit. La cuvée Dévoilé, du même millésime, celle qui a obstinément refusé de prendre le voile pendant 6 ans, donne un vin d'un équilibre totalement différent de celui d'un Jaune. Pas tout à fait celui d'un vieux ouillé non plus. Une cuvée sans équivalent, déjà magnifique, et qui le sera certainement plus encore dans une ou deux décennies.

    Après le jaune, virage à l'orange avec le Savagnin Amphore 2010. Autre variation sur le savagnin, particulièrement originale, la macération sur peaux pendant quelques mois et l'élevage en amphores sans sulfites ajoutés, à la manière des grands vins italiens. Résultat: un vin orange aux senteurs et à la texture sans pareil. Envoûtant!

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    Les sucres

     

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    Ultime moment gustatif, toujours hors du commun ici, les liquoreux se déclinent en différentes versions toutes aussi passionnantes les unes que les autres. Toujours dans le genre ultra, donc du sucre, il y en a un peu, beaucoup, voire passionnément. Spirale 2007 et, a fortiori, son corollaire poussé à l'extrême PMG, s'en jouent avec gourmandise et rivalisent de fraicheur malgré leur grande concentration. L'Opportun 2006, SGN de trousseau, résultat d'un accident climatique qui ne s'est jamais reproduit depuis, évolue sur des notes complexes d'écorce d'oranges confites, après avoir été pamplemousse pendant de nombreuses années. Pour être certain que l'évolution de PMG 99 ne se fasse pas dans le mauvais sens, suite à une remarque faite après une dégustation personnelle récente, ce sera l'occasion d'en ouvrir un exemplaire n'ayant jamais quitté la cave du domaine. Rien que du fruit et de la fraicheur sur des notes de coing et de fraise. L'évolution oxydative, ici, PMG ne connait pas!

     

    Fin de la totale, qui n'en est pas vraiment une, en fait. Titre mensonger! Manquent les Macvin et les marcs pour compléter le tableau. J'ai bien peur qu'il faille recommencer à zéro...

     

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    Olif