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En léger différé du vignoble! - Page 3

  • Biojoleynes et gros lot à gogo

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    Leynes, Saône et Loire, dernier de Bourgogne et premier du Beaujolais. Une histoire de couleur. Sur les terres argilo-calcaires, les blancs sont vénérés comme des saint-véran, dont ils font partie. Les rouges, plantés sur sol granitique, donnent d'excellents beaujolais, bien souvent repliés en vin de France quand ils sont trop bons et trop bios. Leynes, devenue pour la 5ème fois capitale du vin et de la bio le temps d'un week-end, celui de Pâques cette année. Tout juste une semaine après la trilogie beaujoloise-biojolaise-beaujol'art. Il faut parfois faire des choix. Et, pour le coup, à Leynes, j'ai tiré le gros lot à la tombola. Un chouette salon, convivial et festif, mixant les pros, les particuliers et les locaux, ainsi qu'un super panier bio garni pour mon petit bas de laine. Un grand merci aux organisateurs, des gens qui savent vivre et récompenser discrètement ceux qui le méritent. Et, surtout, merci à Victor, dont la main parfaitement innocente a su faire le bon choix du billet griffonné en entrant.

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    La Biojoleynes, c'est la fête au bio, au bojo et la fête à Leynes. Dont le gymnase sert de salle à tout faire. Peu importe le contenant, concentrons-nous sur le contenu. Les athlètes-vignerons se répartissent désormais sur le pourtour, laissant le centre aux artisans de bouche. Les 4 organisateurs ont droit à un joker pour inviter un vigneron extérieur. Cette année, Rhône, Loire, Bourgogne et Jura sont à l'honneur. Il y a de l'espace et les conditions de dégustation sont bonnes. Chaque millésime voit apparaître son lot de néo-vignerons, ce qui est un signe relativement encourageant dans un Beaujolais réputé toujours en crise.

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    Et un premier coup de cœur avec Damien Millet, de Vincelles. En Bresse. Il s'en est fallu d'une lettre pour qu'il habite plus près. Vigneron à mi-temps, il a repris une parcelle de vignes sur Balmont, pas loin d'un certain Philippe Jambon et il vinifie chez son beau-frère Jérôme Guichard. Autant dire qu'il fréquente des gens de bon conseil. Balmont, c'est trop de la balle! Et ce 2012 en provenance des hauts, vinifié sans sulfites, tire d'emblée au but.

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    Jean-François Promonet n'est pas un inconnu dans le monde du vin beaujolais. Il a sauté le pas pour créer son propre vin lorsqu'il a refusé de voir des vieilles vignes  de gamay condamnées à l'arrachage. 2013, premier millésime, pour l'instant sans étiquette, mais avec de jolis bouchons provisoires. Rien à vendre, pas encore en bouteilles, mais à suivre de très près, ça prom(on)et!

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    Déjà inutile de présenter le postier du Beaujolais. Jean-François Cusin associe magnifiquement calvitie frontale et dreadlocks grisonnantes sur les tempes, mais il n'a déjà plus de vin à vendre, cachet de la Poste faisant foi. Ses 12 et ses 13, pas encore en bouteilles, risquent forts d'être aussi difficiles à se trouver que le bon numéro à la tombola de la Biojoleynes. Bien dans l'air du temps, finalement.

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    L'autre gros lot de cette 5ème Biojoleynes, il est venu de Babass le ligérien, invité par Pierre Boyat. Groll'n'roll, à boire au jéroboam, le format idéal dans un couple échangiste lorsque la moitié est encartée à l'ANPAA. Et s'il fait encore soif, le Noir de rouge local, made in Leynes, devrait pouvoir faire l'affaire.

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    Pas question d'être exhaustif, évidemment, mais soulignons encore le Jus de chaussette de Jérôme Guichard, désormais à ranger parmi les gros brins de Leynes. Des chaussettes un peu dépareillées, mieux tricotées à gauche qu'à droite, mais un vrai vin de soif, à petit degré, l'antithèse de Noir de Creuse noire, un gamay 2012 d'anthologie taillé pour la grande garde.

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    La dernière grande nouveauté de cette 5ème Biojoleynes, c'est un vrai repas vigneron, concocté pour un prix modique par Harry Lester, le plus auvergnat des cuisiniers anglais. Après Chassignol, c'est à Clermont-Ferrand qu'il a posé ses valises, pour proposer une vraie cuisine bistronomique de terroir, simple et goûteuse, à base de produits frais de saison. À Leynes, il s'est surpassé pour repaître l'assemblée de légumes et de cochon. Pour les besoins du repas, aucun mouton n'a finalement été tondu, un comble pour les gars de Leynes.

     

    Olif

     

    P.S.: le printemps des salons continue, avec une grosse session parisienne le week-end prochain. Sous les pavés, la vigne et Rue 89, mais aussi du rouge & du blanc et des ligériens affranchis. Régalez-vous, les Parisiens! Et n'oubliez pas de résister, naturellement.

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  • Nez à nez dans le vert

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    Au château de Gevingey, le salon des vignerons bio du Jura porte bien son nom. La pelouse fraîchement tondue a revêtu son habit de circonstance. Ambiance fraîche et instable, en cette fin mars qui permet de profiter des premières giboulées de la saison. Mais, malgré quelques violentes averses, la vie est belle, dans le Jura. Bienvenue au Nez dans le vert!

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    De plus en plus cosmopolite, cette réunion festive et conviviale voit débouler les plus grandes pointures mondiales de la planète du vin. En provenance de l'ancienne Gaule romaine, les Belges sont évidemment les plus braves, ne reculant devant aucun sacrifice, mais les danois, suédois et norvégiens sont venus en force, comme à l'accoutumée. On pouvait également rencontrer des espagnols, des américains, des japonais, des chinois et des jurassiens. 720 entrées payantes le dimanche sans compter les 250 pros également présents. Un beau et franc succès, même s'il fallait un peu jouer des coudes devant certains stands l'après-midi. La rançon de la gloire!

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    De belles retrouvailles avec plein de copains. Comme l'Ami Karl, qui pinte joliment bien en accompagnement de l'excellent bœuf aux 30 poulsards de Thierry Moyne, dont la cuisine balance aussi bien à Gevingey qu'en Arbois.

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    Un espagnol dans le Jura, on a déjà connu ça. Ce n'est pas Bernard Clavel qui dira le contraire. José (prononcer [xose] ou "rossé" en faisant claper la langue sur le double s pour qu'il roule et ne soit pas trop appuyé), c'est aussi un excellent copain à la belle couleur rose mais aux bottes bien rouges.

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    La grosse découverte du salon, ce furent les vins de Philippe Chatillon, ancien régisseur de la Pinte, un temps parti dans le Rhône sud puis à Bordeaux, avant de revenir aux sources pour se friser de nouveau les moustaches au bon air du Jura. Découverte, forcément, puisque 2013 sera son premier millésime officiel et que les cuvées ne sont pas encore en bouteille.

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    Trois cuvées présentées, sans étiquettes véritables, mais qui augurent bien de la suite (+ une troisième sous le comptoir, un savagnin 2008, pour confirmer, si besoin était, le potentiel de ces cuvées). La grande chaude, un chardonnay de Passenans, le Sage Vagnin (comme son nom l'indique, mais pas si sage que ça?) et Y a pas de mais..., un gamay en vin de France qui détonne déjà.

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    Pas loin de là, un jeune homme s'était remis au service, chose qu'il n'avait dû faire sur un salon depuis bien longtemps. Mais certains gestes ne s'oublient jamais. Trois vins, trois contenants différents (50, 75, 150 cl), trois instants de pur bonheur, à savourer avant de passer à la bibliothèque.

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    Jura Wine, c'est la nouvelle bible sur les vins du Jura, à destination des anglophones. Un yellow book sur le vin jaune (entre autres), écrit par la plus savoyarde des anglaises aimant le vin du Jura. Beaucoup de boulot de dédicace en perspective pour Wink Lorch lors de ces deux jours de salon, et c'est tant mieux. Un ouvrage quasi exhaustif sur la région, les vins, les vignerons, avec en prime les bonnes adresses locales et quelques pistes œno et fromago-touristiques. De la belle ouvrage et un bel ouvrage.

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    De façon beaucoup plus anecdotique, cette quatrième édition du Nez dans le vert fut aussi l'occasion de participer au premier congrès mondial des homonymes jurassiens. Bref, on a trinqué entre Oliviers Grosjeans et on a bu un coup de poulsard (ou de ploussard, l'important c'est d'en boire).

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    Entre Jean-Paul Jeunet, accompagné de toute une équipe de tournage de TV Globo, et les Labet, filmés de façon beaucoup plus intimiste par Laurence Guérault, il fallait se faufiler habilement pour ne pas se retrouver le nez devant une caméra. Un petit bout de planète, documentaire de 52 minutes prévu pour une diffusion cet hiver sur France 3, aura certainement le nez un peu dans le vert.

     


    Un Petit Bout de Planète par Laurence-Guerault

     

    Nez dans le vert et, au final, nez dans le bleu. Mizuiro, en japonais dans le texte, une fort belle façon de quitter Gevingey avec ce chardonnay 2011 du domaine des Miroirs de Kenjiro Kagami, sous un ciel résolument bleu. Symbole d'un avenir radieux pour les vignerons bio du Jura?

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    Olif

     

    P.S.: dans son numéro 112, le Rouge & le Blanc consacre 4 pages à la "génération verte" jurassienne. Une excellente raison de mettre son nez dans le rouge et blanc.

  • Beau comme un Grand jour...

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    C'est le printemps, les jours rallongent, le soleil refait son apparition, la douceur se réinstalle. En Bourgogne un peu plus qu'ailleurs, peut-être. C'est le temps des Grands jours. Un événement incontournable dans le gotha professionnel et mondain du vin. L'occasion unique de se frotter aux plus grands crus de la Côte, celle qui change le raisin en Or. Une semaine de festivités quasi ininterrompues, de Chablis à Mercurey, avec néanmoins beaucoup de travail pour le professionnel du vin qui se respecte. De beaux, chauds et grands jours en 2014, en espérant que l'année soit clémente côté rendements, après deux années de disette, même si de bonne qualité. 

    Si le lundi, classiquement, c'est Chablis (ou raviolis, selon sa culture) le mardi, pendant les Grands jours, c'est Côtes de Nuits. Quatre sites différents pour goûter à pratiquement toute la Côte. On commence à Gilly, que l'on n'avait pas vu de Citeaux. De Morey à Chambolle, tout un programme à déguster dans le cadre agréable et très joliment rénové de la Grange de Saulx. Et une succession de coups de cœur, du simple village au grand cru.

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    Au domaine Arlaud, tout d'abord, en compagnie de Cyprien Arlaud, portraitisé dernièrement sur la quatrième de couve du numéro 111 du Rouge & le Blanc. Des vins tout en élégance et en finesse, du simple village aux grands crus, Clos de la Roche et Bonnes Mares. Des 2012 particulièrement réussis et qui donnent envie.

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    Jolie gamme chez David Duband, également, dans un style un peu plus appuyé. En bio depuis 2006, le domaine ne le revendique pas du fait d'un négoce non certifié, afin de ne pas créer la confusion. La démarche est honnête.

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    Et puis le Clos de Tart, quand même. Dur de résister. Un 2012 exceptionnel, d'une grande finesse, que l'on ne rechignera pas à goûter. Toujours aussi grand, tout comme le Clos des Lambrays dégusté un peu plus loin, un vin d'une exquise délicatesse. Les Grands crus de Morey, une affaire qui semble définitivement close.

     

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    Pourtant, du côté des premiers crus, la porte reste grande ouverte aux outsiders. Les Chaffots du domaine Hubert Lignier mériterait de prendre l'ascenseur, tant ce vin est à couper le souffle. Comme tous les vins du domaine proposés à la dégustation, d'ailleurs, issus de la meilleure lignée. Un véritable coup de cœur, dans un style empreint de finesse et d'élégance, qui laisse le pinot noir s'exprimer en toute sérénité.

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    Chez Alain Jeanniard, deux très beaux 2011, un Bourgogne et un Morey. Pas bien goûté les 2012, tirés du fût et difficiles à apprécier. À revoir d'ici quelque temps, sans doute.

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    Après un petit en-cas en meurette, départ pour le Clos de Vougeot, pour déguster, dans un cadre majestueux, les plus grands et nobles crus de Bourgogne. Vosne, Échezeaux, Grands Échezeaux, Richebourg, Clos de Vougeot, pas beaucoup de vins de soif pour se sustenter à l'heure du repas. L'occasion de se frotter à l'élite de la Bourgogne et d'en découdre avec de la grosse quille. La force tranquille de Thibault Liger-Belair a écrasé ma (petite) dégustation de sa classe. Du Vosne Aux Réas 2012 jusqu'au Richebourg 2012, en passant par le Clos de Vougeot. Superbe Vosne-Romanée 2012 chez Jean-Yves Bizot, la seule cuvée présentée. Deux beaux Échezeaux au domaine Naudin-Ferrand (2012 et 2008) et intéressante verticale du Clos de Vougeot chez Sylvain Loichet, jeune vigneron en bio, particulièrement remonté contre les pratiques de certains de ses confrères à l'intérieur même du Clos. Pourrait-il y avoir un parfum de Vino Business dans le landerneau bourguignon?

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    Après avoir croqué dans quelques excellents petits sandwiches, départ pour Marsannay, non sans avoir arpenté à pied la route des Grands crus et musardé dans le Musigny, un grand cru très en Vogüe.

     

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    Après le charme de la grange de Saulx et le prestige du cellier du Clos de Vougeot, la maison de Marsannay faisait architecturalement pâle figure. Stores baissés pour que les vins ne se réchauffent pas trop sous le soleil bourguignon de ces chauds jours. Mais foin de l'architecture du lieu, concentrons-nous sur le contenu pour apprécier quelques trésors du nord de la Côte de Nuits.

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    Chez Gilles Ballorin, d'abord. Dont les Échezots et le Clos du Roy font désormais partie du must de l'appellation. Des climats qui briguent l'appellation Premier cru et dont le dossier est en bonne voie auprès des instances de l'INAO. Ce qui est somme toute logique, puisqu'il s'agit là d'un classement de terroirs, ne prenant pas en compte le nombre de places de parking disponibles au domaine. Le classement en premier cru, c'est aussi sa Pataille, à Sylvain, et il a sans doute juré de ne plus aller chez le coiffeur tant que tout cela ne serait pas entériné.

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    Et puis une belle découverte, le domaine Jean Fournier. De beaux futurs premiers crus, Trois Terres (assemblage de climats) et Clos du Roy, et enfin, le coup de cœur de la série pour cette P'tite Grumotte 2012, cuvée spéciale de grains millerandés, qui se grume et qui se croque avec un plaisir coupable.

     

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    Pas inscrit pour la session de Nuits, parce que je pensais ne pas avoir le temps de faire les quatre sites dans la journée. Grossière erreur! Alors, juste une bière en terrasse dans la rue piétonne de Nuits avant qu'elle ne tombe, plutôt que de goûter aux Vellerots ou autres Saint-Georges de quelque producteur de qualité.

     

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    Retour à Marsannay dans la soirée, en costard mais sans cravate, au château, récemment repris en (bonnes?) mains, pour une Paulée qui a l'habitude de mettre à l'honneur une personnalité du Mondovino. Cette année, bonne pioche, puisque c'est Jonathan Nossiter qui a été salué pour son nouveau documentaire autour du vin, Natural Resistance, en anglo-italien dans le texte. Une reconnaissance quelque peu empoisonnée pour le réalisateur, loin de s'être retrouvé en terrain conquis.

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    La résistance naturelle du bourguignon à se retenir de faire sauter les bouchons s'est avérée bien inférieure à sa capacité à regarder de larges extraits d'un film militant sur la défense de l'agriculture et du terroir. La projection s'est terminée dans un brouhaha inévitable, coupant court à toute velléité de discussion. Une chance? Certains sujets auraient pu fâcher. Il n'empêche. Voir, en avant-première, Stefano Belloti prouver par 9 la différence entre un sol vivant et un terroir complètement mort avait quelque chose de jubilatoire.

     

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    Et dire qu'il n'y eût même pas un seul ban bourguignon pour donner un ton folklorique à la soirée...

     

    Olif

  • Bel Air, Clardy, Rosette, Alice, Olivier, de Moor and more...

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    Pour rencontrer Alice et Olivier de Moor dans leur antre de Courgis, il faut pousser la grosse porte en bois de la cave avant d'ouvrir une à une toutes les autres portes qui se présentent devant soi. On traverse ainsi une haie d'honneur de fûts où vieillissent quelques-uns des blancs les plus magiques du secteur. Celui qui n'a encore jamais goûté à un Aligoté Vieilles Vignes du domaine ne peut connaître le plaisir ultime lié à ce cépage, sans avoir besoin de le noyer dans un flot de liqueur de cassis pour mieux le faire passer.

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    Véritable enfant du cru, comme son nom ne parait pas l'indiquer, Olivier de Moor a gardé des souvenirs de jeunesse cuisants de lendemains de Saint-Vincent locale. Sa rencontre avec Alice Vivant, jurassienne au nom prédestiné pour s'unir à lui, l'a renforcé dans sa volonté de produire des vins plus respectueux du terroir du chablisien. Totalement démasqué, il est à l'origine de quelques-uns des vins les plus excitants du chablisien. Du côté de Chitry, d'abord, une appellation méconnue qui jouxte Saint-Bris et Irancy et où l'on fait un bon Bourgogne, quand on y trie bien. Sur Courgis, village du chablisien, son coteau le plus représentatif, c'est celui de Rosette, un toboggan constitué de terres blanches du kimmeridgien et de terres brunes du portlandien, plus argileuses et riches en éboulis et autres ammonites, parfois de belle taille. Bel Air et Clardy sont deux parcelles aux caractéristiques opposées, qui se fondent avec harmonie dans la bouteille. Bel Air sans Clardy, c'est comme Laurel sans Hardy! Un complément indispensable. Reste L'Humeur du temps, initialement destinée à être changeante. Sauf que le vin a trouvé son style et son équilibre, de millésime en millésime. Et si l'humeur du vigneron reste fluctuante, celle du vin varie beaucoup moins que prévu.

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    Quand il avance masqué, le Vendangeur, aux envies d'ailleurs, produit quelques vins de négoce. Uniquement du blanc, c'est plutôt son affaire. En 2013, il y aura du viognier ardéchois, en provenance de chez Gérald Oustric. Un style différent du Chablis, évidemment, mais un bon viognier qui fait plaisir à boire. Et que l'on pourra dégoter sous l'étiquette du Vendangeur masqué.

     

    Olif

     

    P.S.: Chablicalement vôtre, c'est la devise d'Alice et Olivier, scandée par François Hadji-Lazaro, sur fond d'album de photos de famille égrené façon Amicalement vôtre sur la page d'accueil du site du domaine.

     

    P.S.2: le bar-tabac de la rue des Martyrs ne date pas d'hier, mais le prochain album de Pigalle sera dans les bacs le 10 février. C'est demain. Vivement demain, alors.

     

  • Les billets manqués de 2013...

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    Plutôt qu'un bête best-of, exercice quasi obligé des fins d'année, voire, pire, un bêtisier, voici un billet intelligent (quoique...), à ne pas obligatoirement prendre au sérieux non plus, compilant certains bons moments de 2013 complètement inédits, du total rattrapage de notes encore jamais écrites, parce que pas eu le temps, parce que... Parce que. En vrac, en bouteilles et aussi en tronches de vigneron(ne)s.

     

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    Tant qu'il a Plappevignes, il y a de l'espoir :)

    Le salon messin, pardon plappevillois, de François Adam pourrait donner l'impression d'être caché derrière une feuille de sa vigne, celle d'Adam, mais il n'en est rien. Implanté au cœur de l'ancien vignoble mosellan, parfaitement organisé, très fréquenté, par les Lorrains mais aussi les Luxembourgeois, avec une sélection de vins et de vignerons particulièrement qualitative et open, ce fut l'un des temps forts de l'automne gustatif, alors même que l'hiver commençait à se dessiner sur les montagnes du Jura.

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    Du vin, des tee-shirts (ceux de Rémy, évidemment) et des livres. L'occasion d'une battle-dédicace avec Miss Glouglou, régionale de l'étape et paradoxalement folle de Metz, malgré les heures qu'elle passe assise à se muscler l'arrière-train dédicacer. Les Tronches au tapis! Avec Ophélie Neiman, le vin n'est définitivement pas sorcier et les Lorrains sont assoiffés d'apprendre et de goûter. Y compris les vins des coteaux de Moselle, plébiscités par les locaux, même ceux qui en boivent tous les jours. Dont le Château de Vaux, l'un des plus réputés, et les vignobles Oury-Schreiber, également implantés dans le Languedoc au domaine Rocaudy. Et tout ça en bio de longue date, s'il vous plaît madame. De bien jolies découvertes.

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    Les trois muses du Sud en mi majeur donnaient à goûter le meilleur d'elles-mêmes, après qu'elles l'eussent trempé dans leur vin fétiche (de gauche à droite, le Temple du Château Bas de Marie Lottin, les Orientales de Laurence Rousselin, vigneronne rock'n'roll, et Homo Habilis de la piscenoise Catherine Leconte des Floris). Ne manquait à ce trio féminin qu'Antoine Olivier, disqualifié d'office pour des raisons bien faciles à comprendre, mais son Santenay sentait et goûtait ma foi fort bon la c(e)rise.

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    My wine is gone away :))


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    Lyon, capitale des Gaules et des Gones aussi. J'y suis allé à deux reprises cet automne et ce n'était pas pour faire le guignol. C'est bien connu, les Lyonnais ont le gosier et la Croix-Rousse en pentes. Première étape: Ô vins d'anges, chez Sébastien Milleret, qui a eu la cervelle de s'installer dans un ancien atelier de canuts pour ouvrir sa cave, au cœur du quartier historique de la Croix-Rousse. Une sélection de vins imparable, effectuée sur la route du vignoble. Tous les vignerons présentés en boutique ont été rencontrés et visités in situ. Ces derniers savent d'ailleurs lui rendre la pareille et n'hésitent pas à participer aux différentes animations proposées par la cave, rencontres, dégustations, repas, parfois les trois en même temps. Les vendanges et les vinifications à peine terminées, Catherine Bernard a sauté dans le TGV à l'occasion de la parution des recettes de sa vigne. Des recettes illustrées et revisitées par Julie Coppé, talentueuse cuisinière nomade formée, entre autres, à l'école d'Alain Passard.

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    Un menu trois étoiles, accompagné de flacons sélectionnés avec soin par Sébastien. Comme mise en bouche pré-repas, une mini-verticale des vins de Catherine Bernard (un magnifique 2010, un 2011 nouvelle mise plus que prometteur, un 2012 fraîchement mis en bouteille qui descend tout seul et un rosé collector épatant) a parfaitement aiguisé les papilles.

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    Courant novembre, Lyon deuxième, dans le deuxième cette fois. L'occasion de pousser jusqu'à Vercoquin, cave à vin naturels désormais doublée d'un véritable restaurant. Élémentaire, mais néanmoins très élaboré. C'est d'ailleurs son nom. Malheureusement, pas eu le plaisir de goûter à la cuisine ce soir-là, une autre adresse avait retenu mon attention. Ce sera pour la prochaine fois. Surtout que Julie Coppé vient parfois mettre la main à la pâte en cuisine, pour des soirées-événement. Vercoquin, côté cave, ça assure plutôt bien. Il y a de quoi étancher sa soif apéritive, d'autant plus lorsque Binbin, fou de vin, le "flying sommelier" en scooter, débarque avec des quilles supplémentaires sous ses ailes.

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    En novembre, fait ce qu'il te plaît. En mets également. Chez Katsumi Ishida, le vendredi c'est menu-dégustation, faut pas s'en priver. Carte de vins natures exceptionnelle, ce qui ne gâte rien.

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    On n'est vraiment pas Hédé! :)))

     

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    C'était au temps lointain, un temps d'avant que le breton moyen ne troque son chapeau rond contre un bonnet rouge pourtant bien moins seyant, bien avant aussi que la tempête de Noël 2013 ne vienne le décoiffer au cas où il ait justement oublié de mettre son bonnet. Comment ai-je pu ne rien écrire sur ma première participation à ViniCircus? C'était pourtant au temps lointain où l'on dédicaçait des Tronches à la pelle. C'était au temps où Miss Glouglou n'avait pas encore écrit son livre de sorcellerie.

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    Je me souviens d'un premier barbotage dans la Manche, encore bien fraîche pour la saison. Je me souviens aussi d'un samedi en bottes de marins, tenue de rigueur pour ne pas rester embourbé sous le chapiteau, puis de la première migration rennaise vers la côte pour cause de dimanche ensoleillé, un énorme bouchon qui a mis du temps à sauter. J'ai toujours en mémoire une agréable soirée aux Buveurs de Lune à Saint-Malo, ainsi que la prestation exceptionnelle de Rémi Fournier l'angevin, lors du premier repas pris sous le chapiteau. Je me rappelle que mes oreilles ont bourdonné longtemps après que la Caravane soit passée et shouf la chapka. Je revois même encore nettement la trogne d'augustes vignerons, parfois au nez rouge. ViniCircus, c'est tout un cirque et dire que je n'ai pas eu/pris le temps de le raconter.

     

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    L'année prochaine, on essaiera de ne rien manquer et de tout écrire. En attendant de poursuivre cette petite remontée dans le temps, je souhaite à tout le monde un joyeux Noël 2012.

     

    Olif

     

    P.S.: la photo mise en chapeau de l'article n'a absolument rien à voir avec le sujet. Il s'agit du château de Joux pendant l'hiver 2013, au temps déjà lointain où on avait encore de la neige dans le Haut-Doubs. Parce qu'un Noël sans neige, ni sapin...

  • Phoremidable!

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    2013, année de l'amphore dans le Jura. Tant pis pour la rime. L'une d'entre elle a fait son apparition chez un futur producteur d'Octavin de France du Jura. D'autres sont venues grossir les rangs du pionnier jurassien en la matière, Stéphane Tissot. Rejointes par une qvevri géorgienne, enterrée dans la cave pendant les vendanges, à côté des foudres du DD, et qui est désormais remplie de 1000 litres de trousseau dont on est impatient de découvrir ce que ça va bien pouvoir donner.

     

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    Avant de tâter de l'amphore, un peu de bulle, avec BBF et Indigène, puis de la barrique, avec les sélections parcellaires de Chardonnay du domaine. Toujours aussi bien définies par leur terroir, même si la Mailloche mailloche de moins en moins. Elle gagne en finesse tout en perdant sa rusticité fumée et épicée. On peut s'en réjouir comme le regretter. En 2011, elle a de surcroît fauté dans la Tour de Curon, pour apporter un équilibre inédit au domaine. Curon l'emporte, avec sa puissance, mais sa fougue a été domptée. Les Amants vont pouvoir s'endormir à la cave, sans craindre l'outrage du temps. Ne pas hésiter à les réveiller si le cœur vous en dit! Derrière, le Savagnin 2012 Amphore ne se laisse pas conter fleurette. Il est tout simplement formidable, à la hauteur des 3 millésimes précédents.

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    Et puis, flash-back. En Barberon 2000, premier blanc sans soufre de Stéphane Tissot. Depuis le millésime 2005, la cuvée est légèrement sulfitée à la mise, suite à des déboires sur le millésime 2004. Joli nez de chardo évolué, mais pur et précis. Le passage en carafe lui procure l'oxygène nécessaire à son épanouissement. Contrairement aux idées reçues, sans soufre ne rime pas avec vieillissement prématuré et oxydation. Au contraire, ce sont des vins qui demandent souvent du temps. Cet exemplaire en est la preuve toujours bien vivante.

     

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    Après un Poulsard DD 2012 hautement buvable, mais un peu plus ferme (sans accent) que le 2011, sans doute du fait de la présence de 20% de trousseau, le Trousseau Amphore en impose. Temps fort! Totalement différent du 2011, plus structuré et tannique, il va demander du temps. Un vin tout simplement formidable!

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    Et puis, vint En Barberon. Pinot noir 2012, 100% grappes entières, en infusion. Le top du top. Sans doute le meilleur jamais produit par Stéphane. Un summum de finesse et de délicatesse, la quintessence d'un grand pinot. Mais, le pinot noir, dans le Jura, t'oublies! De toute façon, il n'y en aura pas pour tout le monde.

    Après un Traminer 2012 qui nous a emmené l'espace d'un instant en Alsace (petite nouveauté avec ce millésime, le passage d'une petite proportion du vin en fût, pour étoffer la structure), le Jaune 2006 des Bruyères nous ramène du côté d'Arbois. Avant de repartir à peine plus au Sud, pour la dégustation en avant-première du Château Chalon 2007, premier du nom au domaine. Assemblage de deux pièces, prélevées au dzi, alors qu'il y en a cinq. Partagées entre cave fraîche et cave plus chaude, pour ne pas en faire un Château Chalon arboisien. La claque du jaune avec la finesse castelchalonnaise. On en reparlera avant longtemps, même si ce n'est qu'un petit aperçu de ce qu'il pourra donner une fois mis en clavelin!

    À quand le premier vin jaune en amphore?

     

    Olif

     

    P.S.: phoremidable ne rime certainement pas avec phore minable, mais c'est le bonus qui s'impose. Forcément!

     

  • Saint-Glou 2013 en Alsace: les bonnes adresses, yoppla encore une fois! (2)

     

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    © Vincent


    Retour en Alsace sur l'évènement le plus festif de 2013 avant l'ouverture des différents marchés de Noël qui émaillent la région et nouvel hommage à Saint Glou, grand patron des buveurs, qui a tenu début novembre son assemblée générale annuelle sur les bords du Rhin, ce qui ne fut pas un mauvais calcul.

     

    Obernai

    Quoi de neuf, Docteur? Qui aurait pu penser tomber un jour en extase devant une carotte? Excepté Charlotte, personne ne pouvait imaginer prendre un tel pied avec cette apiacée. Une bête carotte! Sublimée par Thierry Schwartz, du Bistro des Saveurs.

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    Et puis, cet œuf dans l'œuf®, prouesse culinaire magnifiquement relevée par une râpée de truffes, de la main même du chef, qui tient à ces petits gestes de dernière minute en salle, afin de favoriser la compréhension de sa démarche auprès des clients.

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    Et puis cet aérien Baba au Biersky (by Uberach), qui met magnifiquement en valeur l'alcool imaginé par Jean Metzger à la distillerie Bertrand d'Uberach, une des premières à avoir fabriqué du whisky alsacien. Assemblage d'eau de vie de bière et d'eau de vie de malt, le Biersky remplace le rhum au pied levé dans ce dessert au classicisme revisité avec bonheur.

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    Ribeauvillé

     

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    Dans l'un des plus beaux et célèbres villages alsaciens de la Route des vins, celui qui voudrait échapper au traditionnel winstub devra ruser. Au Goupil, bar à vins et cave à manger, l'Alsace est pourtant à l'honneur. Dans l'assiette et dans le verre, même si l'on s'autorisera quelques incartades extra-régionales, en Jura par exemple, pour revenir aux fondamentaux.

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    Un peu plus haut dans la rue, en direction des châteaux que nous n'atteindront jamais, il y a Saint-Ulrich, fidèle disciple de Saint-Glou, qui met à l'honneur le whisky écossais et la bière ... belge! Ouvert selon le bon vouloir du patron (c'est à dire souvent, mais en fonction de ses possibilités de récupération de la veille). Une belle occasion de se désaltérer une bonne fois avant de reprendre le chemin de l'hôtel.

     

    Andlau

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    Cliché Zinck Hôtel

    Camp de base de cette Saint-Glou alsacienne, le Zinck Hôtel propose des chambres aussi vastes et originales que confortables, à un tarif parfaitement étudié. L'accueil de tout premier ordre et une situation stratégique au cœur du vignoble en font l'étape de choix pour un périple alsacien.

     

    Barr

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    Tous ceux qui ne s'étaient pas barrés le dimanche après-midi se sont retrouvés Au Potin pour un potinage post Saint-Glou. Nostalgique des belles brasseries parisiennes, un concept alsacien exporté dans la capitale au XIXème siècle, Hervé Duhamel a recréé dans ce vaste endroit un mix entre winstub, restaurant et brasserie. Cuisine du marché, tendance bistronomique, spécialités alsaciennes ou tartes flambées, le choix est vaste. La carte des vins éclectique incite à batifoler hors Alsace, du côté de la Loire, du Jura ou du Rhône. Le plus bel endroit pour clôturer une Saint-Glou, en fait!

     

    Olif

     

    P.S.: fin de semaine parisienne chargée pour les amateurs de vin biodynamiques ou natures.

     

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    Tout d'abord, le jeudi 12 décembre, une battle-dédicace au Lapin blanc, 84 rue de Ménilmontant, qui réunira l'Altervin, les Tronches et Miss Glouglou. Avec en guest star Merci du domaine de la Boria.

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    Du vendredi 13 jusqu'au dimanche 15 décembre, il sera de nouveau possible de boire nature à l'Espace Beaujon, rue du Faubourg Saint-Honoré.

     

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    Et pour tous ceux qui n'ont pas le mal de mer, 25 vignerons bio-logiques & dynamiques se mettent une nouvelle fois en Seine sur la Péniche Mélody Blues. Ça va tanguer du côté de Bercy!

  • Immersion en Chambertin

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    Jeudi 14 novembre 2013, 16 heures. Hôtel Arts et Terroirs, Gevrey-Chambertin. Chambre Chambertin, tout un programme. Une fois le baluchon déposé, direction l'espace Chambertin. Prêter serment d'allégeance au roi Chambertin et à ses souverains. À la demande des vignerons du cru, le syndicat de Gevrey-Chambertin a décidé de faire bloc et scission pour présenter à la dégustation ses vins du millésime précédent, toujours en cours d'élevage, au mois de novembre et non pas au printemps de la même année, comme il est usuel pour satisfaire les besoins d'une critique lancée dans une course à l'éjaculation de commentaires de plus en plus précoces sous la pression du marché. Des vins qui se goûtent parfois mal à cette période printanière de l'année, souvent encore en cours de fermentation malolactique. D'où la décision de faire cavalier seul et de ne plus répondre aux attentes d'une presse en quête perpétuelle d'information primeur avant le reste du monde. Un cavalier seul à la date judicieusement choisie, puisque tombant à la veille des Trois Glorieuses bourguignonnes, à savoir le grand chapître du Clos Vougeot, la vente des Hospices de Beaune et la Paulée de Meursault. Et, accessoirement, tout juste une semaine avant la grande cérémonie du Beaujolais primeur, 2013 celui-là. L'occasion d'inviter une bonne partie du gratin journalistique effectuant en grandes pompes le déplacement burgonde dans la froidure de novembre, avec ou sans moustache prostatique de circonstance. Petite parenthèse ludique: on reconnait généralement la qualité de l'organe du grand dégustateur à la droiture de son jet en direction du crachoir. Les moins expérimentés, les plus vantards ou encore les véritables prostatiques ne se seraient sans doute pas privés d'éclabousser la face de leur petite stagiaire japonaise.

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    Cette grande dégustation parfaitement organisée fut l'occasion de croiser quelques camarades blogueurs d'envergure, Patrick Maclart et Emmanuel Delmas pour ne pas les nommer, de cracher dans le même tonneau que la fine fleur de la critique française, donc, et de découvrir en avant-première une grande partie de la production 2012 de la commune de Gevrey-Chambertin, du simple village au Grand cru.

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    Les alter égaux de Mimi, Fifi et Glouglou (©Michel Tolmer et Éditions de l'Épure) en dégustation à Gevrey-Chambertin

     

    La première partie "dégustation" fut l'occasion d'appliquer la méthode "Maclart" pour ce type d'événement, à savoir commencer tranquillement par les Grands crus, avant que la foule n'arrive et se jette dessus. Pour prendre le temps de finir par les villages, en principe moins plébiscités par les amateurs de crus. Bon point. Qui a plutôt desservi le roi Chambertin et ses pairs, dont la course à la concentration et à la puissance a aidé à mettre en avant la finesse et la fraîcheur d'un certain nombre de villages. Une dégustation plutôt hétérogène dans un millésime plutôt réussi, jouant sur le fruité et la qualité des tanins. Que les différents styles de vinification gomment ou exacerbent, selon la volonté du vigneron et/ou de l'œnologue.

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    Parmi cette belle rangée de bouteilles, tirées généralement du fût, quelques belles découvertes personnelles, parmi un certain nombre de stars de l'appellation:

    - le domaine Henri Richard, en bio, avec deux cuvées dont un Charmes-Chambertin pas poussiéreux pour un sou.

    - Jérôme Galeyrand, bien pourvu en villages, et pour qui jouer au Billard sur la Croisette ne serait que Justice. Du fruit, de la fraîcheur et un joli grain de tanins sur les trois cuvées. Le pinot noir dans toute sa finesse et sa splendeur!

    - Alain Burguet, dont la cuvée "Symphonie" a fait partie de "Mes favorites", et vice et versa. Deux vins de franche  et bonne expression, laissant la part belle au fruit.

    - Arnaud Mortet, qu'on ne présente plus, s'est fait un prénom en apportant finesse, fraîcheur et élégance aux vins très réputés du domaine Denis Mortet. Tous ses 2012 sont d'une classe folle!

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    Une dégustation d'une telle envergure ne serait rien sans le repas qui suit. Concocté par Thomas Collomb, chef de la Maison des Cariatides à Dijon et, bientôt, de la fameuse Rôtisserie du Chambertin, en léthargie complète depuis plusieurs années. Grâce à lui, Gevrey devrait enfin retrouver un chef à la hauteur de son Roi.

     

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    Un repas sur le principe de la Paulée de Meursault, avec des bouteilles qui virevoltent de table en table. Consigne théorique: le millésime 2002, que bon nombre de vignerons se feront un plaisir de transgresser, en apportant des millésimes parfois plus anciens. Comme cet épatant Latricières-Chambertin 98 du domaine Louis Rémy, mes sympathiques voisins de tablée.

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    Déguster Chambertin, boire Chambertin, manger Chambertin, dormir Chambertin, vivre Chambertin, une sacrée immersion! Cette très belle manifestation fut parfaitement organisée et relayée par Fabienne Ballorin, à la casquette d'attachée de presse pour la circonstance. La prochaine fois, comme les meilleurs, je mettrai mon plus beau chapeau et je prendrai une petite stagiaire, japonaise de préférence.

     

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    Olif

     

    P.S.: rien à voir, mais les 30 novembre et 1er décembre, c'est Plappevignes. Du vin et des quiches! Et deux ou trois bouquins, aussi. Le salon du Grand Est à ne pas manquer!

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    P.S.2: pour ceux qui ne seraient pas du coin de la Lorraine, il leur restera la Touraine. Pas de quiches au menu, mais une bonne partie des meilleurs vignerons bios du coin. Les Vins du Coin, c'est dans le coin de Blois que ça se passe et c'est le salon du Grand Centre à ne pas manquer!

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  • Saint-Glou 2013 en Alsace: les bonnes adresses, yoppla! (1)

     

     

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    © Vincent

    Le concept de Saint-Glou ne serait pas grand chose sans le Saint-Miam. Découvrir une région viticole ne se conçoit qu'au travers de sa gastronomie. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les organisateurs ont été gourmands. Et si la gourmandise est un péché, cela ne vaut que lorsque l'on est seul. À plusieurs, cela s'appelle de la convivialité. Chaque stand de ravitaillement a été associé à un ou plusieurs vignerons. La belle occasion de découvrir une jeune garde alsacienne, à côté des monuments viticoles inscrits au programme.

    Comme il s'agissait de ne pas manger une choucroute à chaque repas, la sélection des adresses gourmandes s'est effectuée de manière rigoureuse et totalement subjective, afin d'être au diapason du glou. On commence par le bas, qui, je le rappelle, se trouve en haut.

     

    Strasbourg


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    Les choses devaient démarrer en douceur à 17h30 par une dégustation apéritive chez Benoit Hecker, dans son Œnosphère alternative, au 33 de la rue de Zurich. Cave à boire, bar à vin, cave à manger, le concept est toujours aussi séduisant, surtout quand un vigneron de Gertwiller, Monsieur Yann Herr (pléonasme alsacien), fait le déplacement pour présenter et faire goûter ses vins.

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    De cette série passée un peu vite pour moi, les bouchons de Sélestat et de la Porte de Schirmeck ayant bien eu du mal à sauter, je retiendrai un jovial Pinot Chio, assemblage des 4 pinots vinifiés en fût et sans sulfites ajoutés, et un pinot noir 2012 ayant bénéficié à distance des conseils avisés de Monsieur Henri Milan (pléonasme provençal), chez qui j'ai rencontré Yann Herr pour la première fois, complètement par hasard.

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    Pinot Chio, un peu de bois, celui dont on fait les marionnettes, mais pas au point de lui en tailler une pipe.

     

    Les papilles en éveil pour contrer les oiseaux de mauvais augure, il est désormais temps de s'attaquer à la possibilité d'une Ill. Il suffisait de passer le pont, pour se retrouver Au Pont Corbeau, chez Christophe Andt, the adresse strasbourgeoise que Saint Glou ne pouvait manquer. Le gros travail effectué par Christophe auprès des vignerons qu'il affectionne, associé à une cuisine chaleureuse bien ancrée dans le terroir alsacien, en font un passage obligé lors de toute étape strasbourgeoise digne de ce nom.

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    On y mange une excellente choucroute, ce sera la seule occasion du séjour. Il ne fallait pas se priver. Rejoints à table par Patrick Meyer, la soirée ne pouvait que s'annoncer sous les meilleurs auspices civils. Et, du coup, ça dégoupille sec! Avec la cuvée du vigneron en finale, pour lequel il n'y aura pas match: un liquoreux de pinot gris sous voile sans sparring partner, à siroter jusqu'au bout de la nuit strasbourgeoise.

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    Colmar

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    Le lendemain midi, un peu plus bas, dans le Haut-Rhin, on n'a pas molli. N'en déplaise à Berthe. L'un des sens, oui, mais lequel? Située rue Berthe Molly, une cave à vin, bar à vin, cave à manger, un concept toujours aussi plaisant quand la qualité des produits est au rendez-vous. Pas de flammekueches dignes de Saint Glou, on se consolera joyeusement avec une tourte de la vallée, oui, mais laquelle? Délicieuse en accompagnement des vins servis par les deux vignerons présents. Philippe Brand reprend progressivement le flambeau d'un domaine familial situé tout en haut, dans le Bas-Rhin, à 20 km à l'ouest de Strasbourg. En bio depuis 2001, avec l'envie de titiller du nature. Une agréable Nymphe rose à l'apéritif, crémant à la bulle fine, et un pinot noir sans soufre 2012 dont le principal tort fut de passer avant (ou après) celui de son collègue de goulot.

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    Hubert Hausherr était comme un monsieur à la maison, à Colmar. Son domaine est situé un peu plus bas, dans le Haut-Rhin, du côté d'Eguisheim, à une portée de bouchon de là. Une belle découverte, sans sulfites ajoutés, dans la majorité des cuvées. Du lieu-dit Sunngass 2010 (complantation de riesling et pinot gris) au pinot noir 2011 du Fronenberg, en passant par Aussitôt bue 2011, assemblage de 3 cépages, comme son nom l'indique, et d'une grande buvabilité, comme son nom l'indique aussi. Sui Generis 2011, si sa mission était de nous faire aimer le gewurtz, eh! bien, c'est généreux et réussi!

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    ...

     

    Olif

  • Saint-Glou 2013: Elsass blues!

     

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    Copyright Vincent

     

    Tandis qu'une foule bretonne défilait dans les rues de Quimper, le bonnet incandescent, là où un bouquet d'algues vertes aurait pu suffire comme couvre-chef, sous prétexte de défendre un modèle agro-alimentaire productiviste et polluant à tous les étages, nous conduisant certainement droit dans le mur, mais surfant sur la vague du ras-le-bol général, les adorateurs de Saint-Glou, plus terre à terre, ont préféré arborer fièrement une coiffe alsacienne pour soutenir une viticulture propre et durable au pays du riesling et de la choucroute.

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    Du haut du Wineck Schlossberg, entre chien et loup...

     

    L'Alsace est un vignoble gigogne où il n’y a pas de pétrole mais où il y a du riesling. Il se partage entre les deux départements du Haut et du Bas-Rhin. Sur une carte de France, l’Alsace est située dans la fosse lombaire, avec le bas en haut. La vigne, elle, y est aussi bien cultivée de haut en bas, du Sud au Nord et de la plaine au coteau. Lorsque les cigognes se sont penchées sur le berceau des vins d’Alsace, elles y ont déposé de biens jolis raisins. Riesling, sylvaner, gewurztraminer, klevener, muscat, pinot blanc, gris et noir, ont trouvé sur les plus beaux coteaux des collines sous-vosgiennes, une mosaïque de terroirs bénéfiques à leur plus grande expression. Du grès au schiste, en passant par le granit, le calcaire ou la roche volcanique, tous les types de sols aptes à la viticulture sont représentés et s’emboîtent les uns dans les autres. Une cinquantaine de lieux dits particulièrement qualitatifs ont donné naissance à autant de grands crus, qui peuvent s’afficher fièrement sur les étiquettes, même s'ils peine à obtenir la reconnaissance qu'ils méritent et à tirer véritablement l'Alsace au sommet de la pyramide des grands vins de ce monde. Les grands crus alsaciens se situent volontiers à flanc de montagne et portent un nom difficilement prononçable pour qui n’est pas né à Colmar ou n’a pas fait ses études à Strasbourg. Jadis région des pires excès, en terme de rendements et de sulfitage, la région est désormais quasiment à la pointe en matière de culture biologique ou biodynamique et de vinification « nature », la protection de l’environnement, autant que la santé du consommateur, étant devenue une priorité pour beaucoup de vignerons. Le vin d’Alsace, qui n’a pas d’égal au monde, tous les Alsaciens vous le diront, se servait classiquement au comptoir, dans un verre échassier au pied vert. Désormais, les meilleurs sont plus volontiers consommés à table dans n’importe quel bon verre à dégustation.

     

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    C'est donc ici, en Alsace, qu'a commencé le troisième volet des aventures de la Saint-Glou, grand patron des buveurs, dont la fête se souhaite avec celle de tous les saints, un jour avant celle des défunts. Pas question de finir ivre-mort pour autant, mais plutôt d'avoir un aperçu idéal et totalement subjectif de ce qui se fait de meilleur en matière de miam et de glou dans une région choisie au préalable. Et c'est, comme à chaque fois, un véritable déchirement de clôturer la Saint-Glou et regagner ses pénates!

     

     

     

     

    Olif

     

    P.S.: tout le monde pourra continuer à honorer Saint-Glou comme il lui conviendra, par exemple le 10 novembre, à Latour de France, en compagnie des vignerons du village.

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  • Aux sources du vin de Loire, l'intégrale

     Chapitre 1

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    Ici commence la Loire, celle aux 3 vignobles, spécificité du 4-2, département de la région Rhône-Alpes. L'un d'entre eux regardant trop ostensiblement le fleuve Rhône pour revendiquer le statut de Ligérien, les deux autres, Forez et Roannais, situés en rive gauche du fleuve Loire, se sont regroupés pour faire cause commune: valoriser leur production et mieux se faire connaître. Il faut dire qu'ils ont beaucoup de choses à partager. À commencer par l'encépagement traditionnel et quasi exclusif, à base de gamay, planté sur des sols granitiques ou d'origine volcanique. Ainsi qu'une IGP commune pour les blancs, qui s'en trouvent là bien honorés: Urfé. Toutafé! Un pays qui fait le lien géographique entre Montbrisonnais et Roannais, haut-lieu romanesque des amours d'Astrée et de Céladon, héros du chef-d'œuvre à tiroirs de commode du XVIIème siècle signé Honoré d'Urfé, un roman-fleuve fondateur abreuvé aux sources de la Loire.

     

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    Quand on commence à forer le basalte dans les monts du Forez, que ce soit à Saint-Galmier, Saint-Romain ou ailleurs, même à Saint-Alban en Roannais, on finit généralement par trouver de l'eau. Minérale, naturelle, pétillante, pas du style de celle que l'on met dans son vin. Pourtant, ce dernier n'est jamais loin. Sur ces sols granitiques des contreforts du Massif Central, le gamay est à la fête. Depuis des millénaires, même s'il a bien failli ne pas survivre à la crise du phylloxéra et aux ravages de la première Guerre mondiale. Les premiers cépages blancs sont venus lui tenir compagnie depuis une trentaine d'années, apportant un brin de diversité à l'encépagement en même temps qu'une plus large palette de couleurs. Vignoble ancien, certes, mais dynamique. Et un peu bio aussi, puisque la proportion de surfaces cultivées, Forez et Roanne compris, doit approcher les 20% en bio, chiffre sous toutes réserves, puisque estimé approximativement en fin de soirée, néanmoins par un vigneron expert en calcul mental. Une dynamique plutôt positive, donc, même si l'on peut regretter l'absence d'installation récente sur les deux appellations. La moyenne d'âge des vignerons restant néanmoins relativement basse, il faut espérer que les émules ne tarderont plus à suivre.

     

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    Blancs, bulles et curiosités

    Côté blanc, Urfé a montré ce jour-là une belle homogénéité qualitative dans la diversité. Diversité des styles et des cépages. Quelques vins trop sulfités à mon goût, d'autres un peu trop élevés, mais, globalement, une plutôt bonne impression. Si le chardonnay fut le premier cépage à s'imposer, il voit désormais son hégémonie largement concurrencée. Le viognier a actuellement la cote, venu tout naturellement de la Loire rhodanienne toute proche. Et il faut bien reconnaître que nombre de ceux goûtés possédaient du peps et de la vivacité, sans le caractère mou et alcooleux volontiers inhérent au cépage, lorsqu'il est récolté à maturité avancée dans des contrées un peu trop chaudes. Et puis, on trouve également du pinot gris, de façon un peu plus marginale, même s'il s'épanouit plutôt bien sur le sol granitique, de la roussane, de l'aligoté et même du gewurtztraminer, à l'essai chez quelques vignerons aux affinités alsaciennes. Un peu à part, quelques curiosités excitantes, des hybrides producteurs directs comme le rava6 ou le seibel 54/55, dont le GAEC du Pic s'est fait une spécialité. Ne manque peut-être en fait que le chenin, pour finir de raccrocher les sources de la Loire à son embouchure...

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    Quelques vins du millésime 2012, particulièrement remarqués lors de cette balade en pays d'Urfé: Chardonnay Aris du domaine des Pothiers, Roussane de Madonne du domaine de la Madone, Aligoté Éponyme de Vincent Giraudon, Pinot gris Hors piste du domaine des Pothiers, Viognier de Petite Vertu d'Odile et Jacky Verdier-Logel, Viognier De butte en blanc du domaine Sérol, Rav par 6 de Vin & Pic (une curiosité complètement atypique à la folle originalité)...

    Et puis quelques bulles, pour terminer. Des pétillants naturels rosés élaborés avec du gamay, évidemment, souvent peu alcoolisés (moins de 10°) et possédant plus ou moins de sucre résiduel, plus ou moins bien intégré. Ribambulles du domaine Verdier-Logel, Bulles by Romain Paire et Turbullent de Stéphane Sérol remportent la palme, avec un équilibre plutôt bien balancé.

     

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    Chapitre 2

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    Ici recommence la Loire. Résumé des épisodes précédents: après avoir été accueillis à l'Auberge de la Césarde, au pied du château de Marcilly-le-Châtel, la bien nommée, par une grosse poignée de vignerons forézo-roannais, une première série de blancs, bulles et curiosités nous fut servie à la volée, avec quelques tranches de saucisson du cru et de la fourme locale non labellisée Montbrison, mais sans doute bientôt. Elle le mérite, dans tous les cas. Bienvenue à ce nouveau futur producteur, Bertrand Griot de la fromagerie des Tarines, à Saint-Bonnet le Courreau. Les conditions étaient donc réunies pour une véritable synergie gastronomique qui allait se prolonger jusqu'à tard dans la nuit (voir paragraphe suivant).

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    Forez et Roanne passent à table

    Ils en avaient encore des choses à nous dire, ces vins du Forez-Roannais, mais il a fallu pousser jusqu'aux portes de Saint-Étienne pour se mettre à table autour de quelques flacons plus anciens. Des vins sélectionnés au préalable et destinés à s'accorder aux mets raffinés de Christophe Roure, MOF et cuisinier artistique au neuvième.

     

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    Point de culte de la Bande Dessinée à l'intérieur de cette ancienne gare aménagée en restaurant**. Uniquement une passion entièrement vouée à la gastronomie, plutôt considérée comme un dixième art potentiel, sauf du côté de Saint-Just-Saint-Rambert. Trop à l'étroit dans ces murs joliment rénovés, Christophe Roure ne voudrait pas rater le train de la troisième étoile et il est annoncé au cœur de la capitale des Gaules pour franchir le palier. Un véritable challenge à relever, quand le contrôleur criera en voiture!

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    Le menu du 19 septembre 2011, spécialement élaboré à notre intention à la demande des vignerons du Forez-Roannais, fut l'occasion d'un festival accord mets-vins. Une fois les vins choisis lors d'une dégustation de sélection impitoyable, organisée par les vignerons eux-mêmes, en compagnie du Chef et de son sommelier, les plats furent pensés en fonction de ceux-ci. Une belle occasion pour Christophe Roure de montrer toute l'étendue de son talent. Amuse-bouches ludiques (amusante sucette de tomate cerise acidulée, qui explose dans la bouche, épatant œuf de caille au nid, à gober tout entier, audacieux aligot de vieux Comté et chou-fleur frit), première entrée sophistiquée (homard et gnocchis de calamar, rafraîchis de tomate et de pastèque), deuxième entrée plus rustique mais hyper novatrice (œuf d'une heure dans un exquis jus de chou rouge avec ses mouillettes de merlan de ligne, qui renvoient Captain Iglo dans ses 22, voire bien plus loin encore), viande locale originalement travaillée et impeccablement cuite (bœuf légèrement fumé aux baies de genièvre, risotto de racines, pommes soufflées aux épices), desserts superbement exécutés (gâteau de semoule à la fleur de sureau et coulis de fraise, travail autour de la pêche "façon Melba") et même encore un peu de place pour les mignardises...

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    Parmi les différentes cuvées dégustées, deux bouteilles particulièrement marquantes ont accompagné le repas et réalisé, en outre, de sublimes accords: Les Millerands 2010 de Stéphane Sérol, une cuvée roannaise pleine, concentrée, mais épanouie, exclusivement issue de raisins millerandés, et La Volcanique 2008, du domaine Verdier-Logel, un gamay forézien sur basalte, dense, épicé et acidulé.

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    Forez-Roannais, blancs comme rouges, sont des vins de gastronomie, c'est une certitude. Le mot de la fin (de cette deuxième partie), ce sera celui d'excuse de Benjamin Roffet, MOF, Meilleur Sommelier de France et enfant du Forez, qui devait se joindre à nous pour la soirée, mais qui avait piscine ou un autre truc plus important pour expliquer son empêchement:

     

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    Chapitre 3

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    Culte ancestral de la bouteille de vin au Prieuré de Saint-Romain le Puy

    Le vin qui tombe à pic

    Ici débute réellement la Loire, juste après qu'elle ait été Haute. Nous sommes au sud de l'appellation Côtes du Forez, quasiment aux portes de Saint-Étienne. Saint-Romain le Puy, sa source Parot d'eau minérale, son prieuré, son pic de basalte, sa source Mondon de vin minéral. C'est en 1974, à peine un siècle après que François Parot ait découvert sa fameuse source dans le basalte des Monts du Forez, que Fernand et Daniel Mondon ont créé le GAEC du Pic, bien décidés à faire revivre la vigne dans ce pays d'eau et de volcans qui ne s'éveilleront plus. En 1997, grâce aux deux frères, soutenus par la commune de Saint-Romain le Puy, le vignoble disparu du Pic fait sa réapparition. La première guerre mondiale avait eu raison de lui, après que le phylloxéra l'eût passablement ébranlé. Un véritable travail de titans paysagistes, sous la protection bienveillante d'Aldebertus, premier Prieur de Saint-Romain en l'an 1007, qui aurait sans doute apprécié de voir refleurir la vigne sur les superbes coteaux en terrasses surplombant la plaine du Forez. Peut-être n'a-t-il pas encore assouvi complètement sa soif de "vin de nuyt", dont il est fait mention dans des archives de 1238.

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    À la recherche des meilleurs raisins à réintroduire sur ce terroir basaltique, outre le gamay et le chardonnay, les frères Mondon, rejoints en 2006 par Laurent Demeure, se sont tournés vers les cépages rhodaniens de la Loire, viognier et syrah. Bon choix! Pour ce qui est du viognier, en tous cas (pas goûté à la syrah). Sur ce terroir volcanique, il érupte et parvient à garder une fraîcheur et une vivacité agréables qui stimulent sa tendance à faire du gras et de l'onctuosité. De l'immédiate Aldebertus à l'opulente Diana, le viognier du Pic se fait séducteur.

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    Et puis, poursuivant les expériences qui les ont conduit à planter sur leurs parcelles différents cépages que l'on peut qualifier d'exotiques, notamment des hybrides producteurs directs, on trouve désormais sur le Pic des accents alsaciens, représentés par du gewurtztraminer, désormais rentré en production. Il faudra attendre encore un peu avant d'y goûter en bouteille.

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    Cette jolie balade matinale des gens heureux sur le Puy de Saint-Romain, juste avant la pluie annoncée, nous a été contée par Pierre Rolle, le nouveau membre du GAEC du Pic, digne successeur de Daniel Mondon, pour qui l'heure de la retraite a sonné.

    Le Forez, eau, vins et paysages qui tombent à pic...

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    Chapitre 4

     

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    Ici se poursuit la Loire. Dans un paysage bucolique et pastoral, initialement voué à la polyculture. Le fleuve Loire ne passe pas très loin, mais ses rives sont désormais désertées par la vigne. La ville n'est pas bien loin non plus, vouant un culte à la gastronomie. Longtemps préservé du fait d'un relatif isolement, le Roannais a fini par être lui aussi atteint par le phylloxéra. Son vignoble a alors fondu comme peau de chagrin, avant une lente reconstruction, en synergie complète avec le Forez voisin, qui s'est concrétisée par la création récente de l'Association des vignerons du Forez-Roannais, en charge de la gestion des deux AOP (Côtes du Forez et Côtes Roannaises) et de l'IGP commune (Pays d'Urfé). 150 hectares, d'un côté, 215 de l'autre, des sols superposables, malgré quelques particularités, et un cépage commun pour les rouges: le gamay. Ou plus exactement les gamays, dont il existe ici plusieurs variétés, la plus singulière et représentative étant le Saint-Romain, aux petites grappes serrées, poussant bien droit, donnant des vins épicés et poivrés au grain serré.

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    C'est à Villemontais, au sud du vignoble roannais, au domaine des Pothiers, que s'est déroulée la dernière partie de ce périple aux racines de la Loire. Chez Denise, Georges et Romain, les trois qui font la Paire.

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    Au pays du gamay, du charolais et du poivre

    Immersion totale en cuve de gamay. Un aperçu quasi exhaustif de 2012 à l'horizontale. Qui a bien fait ressortir le caractère très poivré de ce gamay de Loire, qui le distingue nettement de son homologue beaujolais. Rarement je n'ai perçu de façon aussi nette des notes de poivre blanc dans un vin. Qui, du coup, appelle irrésistiblement à table le charolais, dont l'aire de production commence également tout près.

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    Quelques cuvées particulièrement remarquées lors de cette grande dégustation: les 3 cuvées présentées par le domaine de la Madone, dont Migmatite, coup de cœur absolu (de l'extrait de poivre blanc qui vient relever un très joli fruit), Caractère du GAEC du Pic, Rimoz du domaine de la Rochette (vinification intégrale de gamay égrappé, macéré pendant 3 semaines dans un fût de 500L, sans sulfites ajoutés), Les Senelles du domaine du Poyet, Rézinet du domaine Verdier-Logel (seule cuvée rescapée de la grêle qui a ravagé le domaine en 2012), les Blondins du domaine Sérol (la vigne bio plantée il y a plus de 20 ans par Pierre Troisgros et Robert Sérol, en agriculture biologique), le Clos du Puy du domaine des Pothiers (parcelle d'altitude particulièrement bichonnée par Romain Paire, au sein d'une gamme homogène et parfaitement cohérente, aux étiquettes joliment colorées).

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    Le Forez-Roannais est donc en quête d'une nouvelle dynamique, grâce à des vignerons hypermotivés qui ont mis en commun leur moyen pour mieux se faire connaître, tout en continuant de revendiquer leur originalité. Faire de sa marginalité un atout, voilà un bien beau challenge relevé, entre autres, par Gilles Bonnefoy, du domaine de la Madone, à la tête de l'Association des vignerons.

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    Olif

     

     

     

  • Aux sources du vin de Loire (4)

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    Ici se poursuit la Loire. Dans un paysage bucolique et pastoral, initialement voué à la polyculture. Le fleuve Loire ne passe pas très loin, mais ses rives sont désormais désertées par la vigne. La ville n'est pas bien loin non plus, vouant un culte à la gastronomie. Longtemps préservé du fait d'un relatif isolement, le Roannais a fini par être lui aussi atteint par le phylloxéra. Son vignoble a alors fondu comme peau de chagrin, avant une lente reconstruction, en synergie complète avec le Forez voisin, qui s'est concrétisée par la création récente de l'Association des vignerons du Forez-Roannais, en charge de la gestion des deux AOP (Côtes du Forez et Côtes Roannaises) et de l'IGP commune (Pays d'Urfé). 150 hectares, d'un côté, 215 de l'autre, des sols superposables, malgré quelques particularités, et un cépage commun pour les rouges: le gamay. Ou plus exactement les gamays, dont il existe ici plusieurs variétés, la plus singulière et représentative étant le Saint-Romain, aux petites grappes serrées, poussant bien droit, donnant des vins épicés et poivrés au grain serré.

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    C'est à Villemontais, au sud du vignoble roannais, au domaine des Pothiers, que s'est déroulée la dernière partie de ce périple aux racines de la Loire. Chez Denise, Georges et Romain, les trois qui font la Paire.

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    Au pays du gamay et du poivre

    Immersion totale en cuve de gamay. Un aperçu quasi exhaustif de 2012 à l'horizontale. Qui a bien fait ressortir le caractère très poivré de ce gamay de Loire, qui le distingue nettement de son homologue beaujolais. Rarement je n'ai perçu de façon aussi nette des notes de poivre blanc dans un vin. Qui, du coup, appelle irrésistiblement à table le charolais, dont l'aire de production commence également tout près.

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    Quelques cuvées particulièrement remarquées lors de cette grande dégustation: les 3 cuvées présentées par le domaine de la Madone, dont Migmatite, coup de cœur absolu (de l'extrait de poivre blanc qui vient relever un très joli fruit), Caractère du GAEC du Pic, Rimoz du domaine de la Rochette (vinification intégrale de gamay égrappé, macéré pendant 3 semaines dans un fût de 500L, sans sulfites ajoutés), Les Senelles du domaine du Poyet, Rézinet du domaine Verdier-Logel (seule cuvée rescapée de la grêle qui a ravagé le domaine en 2012), les Blondins du domaine Sérol (la vigne bio plantée il y a plus de 20 ans par Pierre Troisgros et Robert Sérol, en agriculture biologique), le Clos du Puy du domaine des Pothiers (parcelle d'altitude particulièrement bichonnée par Romain Paire, au sein d'une gamme homogène et parfaitement cohérente, aux étiquettes joliment colorées).

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    Le Forez-Roannais est donc en quête d'une nouvelle dynamique, grâce à des vignerons hypermotivés qui ont mis en commun leur moyen pour mieux se faire connaître, tout en continuant de revendiquer leur originalité. Faire de sa marginalité un atout, voilà un bien beau challenge relevé, entre autres, par Gilles Bonnefoy, du domaine de la Madone, à la tête de l'Association des vignerons.

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    Olif

     

    P.S.: pour aller encore plus loin en Forez-Roannais, se reporter à l'excellent article du numéro 110 de la toujours excellente revue Le Rouge & le Blanc.

     

    P.S.2: merci à l'Association des vignerons du Forez-Roannais pour leur accueil lors de ce très instructif voyage organisé au sein de leurs deux appellations. Et merci à Laura et Amandine d'avoir très bien coordonné tout ça. Ce très joli clair de lune du 20 septembre, photographié au dessus de Beaune, leur est spécialement dédié...

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    P.S.3: deux autres domaines contribuent à faire rayonner les vins du Roannais, en marge de l'association, voire de l'appellation: le domaine du Picatier, à Saint-Haon le Vieux, et le domaine de la Perrière, à Ambierle. Des occasions ultérieures d'évoquer le Forez-Roannais, sans aucun doute.

  • Aux sources du vin de Loire (3)

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    Culte ancestral de la bouteille de vin au Prieuré de Saint-Romain le Puy

     

    Ici débute réellement la Loire, juste après qu'elle ait été Haute. Nous sommes au sud de l'appellation Côtes du Forez, quasiment aux portes de Saint-Étienne. Saint-Romain le Puy, sa source Parot d'eau minérale, son prieuré, son pic de basalte, sa source Mondon de vin minéral. C'est en 1974, à peine un siècle après que François Parot ait découvert sa fameuse source dans le basalte des Monts du Forez, que Fernand et Daniel Mondon ont créé le GAEC du Pic, bien décidés à faire revivre la vigne dans ce pays d'eau et de volcans qui ne s'éveilleront plus. En 1997, grâce aux deux frères, soutenus par la commune de Saint-Romain le Puy, le vignoble disparu du Pic fait sa réapparition. La première guerre mondiale avait eu raison de lui, après que le phylloxéra l'eût passablement ébranlé. Un véritable travail de titans paysagistes, sous la protection bienveillante d'Aldebertus, premier Prieur de Saint-Romain en l'an 1007, qui aurait sans doute apprécié de voir refleurir la vigne sur les superbes coteaux en terrasses surplombant la plaine du Forez. Peut-être n'a-t-il pas encore assouvi complètement sa soif de "vin de nuyt", dont il est fait mention dans des archives de 1238.

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    À la recherche des meilleurs raisins à réintroduire sur ce terroir basaltique, outre le gamay et le chardonnay, les frères Mondon, rejoints en 2006 par Laurent Demeure, se sont tournés vers les cépages rhodaniens de la Loire, viognier et syrah. Bon choix! Pour ce qui est du viognier, en tous cas (pas goûté à la syrah). Sur ce terroir volcanique, il érupte et parvient à garder une fraîcheur et une vivacité agréables qui stimulent sa tendance à faire du gras et de l'onctuosité. De l'immédiate Aldebertus à l'opulente Diana, le viognier du Pic se fait séducteur.

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    Et puis, poursuivant les expériences qui les ont conduit à planter sur leurs parcelles différents cépages que l'on peut qualifier d'exotiques, notamment des hybrides producteurs directs, on trouve désormais sur le Pic des accents alsaciens, représentés par du gewurtztraminer, désormais rentré en production. Il faudra attendre encore un peu avant d'y goûter en bouteille.

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    Cette jolie balade matinale des gens heureux sur le Puy de Saint-Romain, juste avant la pluie annoncée, nous a été contée par Pierre Rolle, le nouveau membre du GAEC du Pic, digne successeur de Daniel Mondon, pour qui l'heure de la retraite a sonné.

    Le Forez, eau, vins et paysages qui tombent à pic...

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    À suivre...

     

    Olif

     

    P.S.: on pourra également lire la jolie version de l'histoire du Pic du Puy par Marc Vanhellemont, sur les 5 du vin.

  • De Lons à Montaigu, la dégu, la dégu!

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    Montaigu, Jura. Du haut de leur piton rocheux et du fond de leur cellier, les Chartreux ne sont pas très exposés aux traits d'arbalète, dont aucune ne pourrait être bandée suffisamment pour les atteindre, digue ou pas. C'est dans cette petite commune de la grande banlieue lédonienne, qui surplombe la préfecture du Jura, que la famille Pignier a élu domicile depuis 7 générations. Jean-Étienne, Antoine et Marie-Florence, seuls vignerons du village, possèdent une partie de leurs vignes sur les coteaux pentus de Montaigu (la digue, la digue), un environnement privilégié pour préserver l'intégrité des sols et des levures, grâce, entre autres, à un gros travail biodynamique, et l'autre partie sur le secteur de Perrigny et Conliège.

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    Le dynamisme, ce n'est pas ce qui manque à Jean-Étienne, d'ailleurs. Tout juste de retour de vendange de chardonnay à crémant, il repart direct à la vigne pour nous rapporter quelques grappes quasi mûres de différents cépages jurassiens typiques, ou pas. À défaut de goûter aux moûts, on tâtera du raisin! À table avec Jean-Étienne, avant que la majorité de ces raisins ne se retrouvent à table avec Léandre, du nom de la cuvée de rouge à l'ancienne à laquelle ils sont intégrés.

     

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    Argant, petit béclan, trousseau, trousseau à la dame, pinotin, gamay noir, enfariné, chardonnay en sélection clonale, chardonnay en sélection massale, melon à queue rouge, le Jura a bel et bien un grain et de jolies grappes.

     

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    Une fois pressés et mis en bouteilles, les raisins du domaine Pignier produisent également de bien jolies bouteilles. Le Poulsard En Chôné 2012 et le Trousseau Les Gauthières 2011, vinifiés sans sulfites ajoutés, en sont deux exemples probants. Désormais épuisés au domaine, pas de chance pour ceux qui n'y auront pas trempé les lèvres. À la Percenette, c'est du chardonnay parcellaire, issu d'un beau terroir de marnes schisteuses, situé sur Perrigny. La finesse et l'élégance d'un beau vin ouillé. Et puis, pour tous ceux qui sont un peu perdus quand ils goûtent un vin du Jura, GPS est fait pour eux. Encore un vin à l'ancienne, assemblage de Gamay blanc (du bête chardonnay local, en fait), de Savagnin et de Poulsard (vinifié en blanc, pour le coup), qui fait des ravages chez les aficionados. Un vrai bon vin d'antan, qui peut avantageusement remplacer la bouteille d'eau le soir au pied du lit.

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    À côté de cette gamme de vins résolument modernes, même s'ils ne sont jamais élaborés que selon des préceptes anciens (comme dans le temps, quoi!), le Jura "traditionnel" a toujours droit de cité. Du chardonnay au savagnin, jusqu'à l'incontournable Vin jaune, très réussi dans le millésime 2006, l'absence d'ouillage donne naissance à de beaux vins qui arborent fièrement sur le plastron la croisée d'ogives de la cave séculaire des pères Chartreux, dont la visite constitue l'un des temps forts du passage au domaine, et qui clôt généralement la dégustation.

     

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    Et puisqu'on parle de Vin jaune, c'est à Perrigny et Conliège que se déroulera la prochaine Percée du Vin jaune, les 1er et 2 février 2014. Avec pour présidente, Marie-Florence Pignier. Comme le monde du vin du Jura est petit, finalement!

     

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    Olif

     

    P.S.: pour qui souhaiterait s'écarter un peu de la route du vignoble et piquer une tête dans le lac de Vouglans à la belle saison, une plaisante petite adresse à Plaisia, route d'Onoz: le Bistrot des Terrasses. Les terrasses, ce sont celles de Merlue, qui abritent également un grand gîte de groupe, idéal pour les 40 ans du cousin Léon, le baptême de la petite dernière ou encore l'enterrement de vie de garçon de Tata Yoyo après qu'elle ait fait son coming out. Cuisine du marché, produits prioritairement locaux, souvent bio, et carte des vins impeccable, faisant la part belle aux vignerons du coin, dont le domaine Pignier, justement, et Julien Labet, avec également de jolies incursions en Bourgogne voisine, par exemple chez Julien Guillot.

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  • Aux sources du vin de Loire (2)

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    Ici recommence la Loire. Résumé des épisodes précédents: après avoir été accueillis à l'Auberge de la Césarde, au pied du château de Marcilly-le-Châtel, la bien nommée, par une grosse poignée de vignerons forézo-roannais, une première série de blancs, bulles et curiosités nous fut servie à la volée, avec quelques tranches de saucisson du cru et de la fourme locale non labellisée Montbrison, mais sans doute bientôt. Elle le mérite, dans tous les cas. Bienvenue à ce nouveau futur producteur, Bertrand Griot de la fromagerie des Tarines, à Saint-Bonnet le Courreau. Les conditions étaient donc réunies pour une véritable synergie gastronomique qui allait se prolonger jusqu'à tard dans la nuit (voir paragraphe suivant).

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    Forez et Roanne passent à table

    Ils en avaient encore des choses à nous dire, ces vins du Forez-Roannais, mais il a fallu pousser jusqu'aux portes de Saint-Étienne pour se mettre à table autour de quelques flacons plus anciens. Des vins sélectionnés au préalable et destinés à s'accorder aux mets raffinés de Christophe Roure, MOF et cuisinier artistique au neuvième.

     

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    Point de culte de la Bande Dessinée à l'intérieur de cette ancienne gare aménagée en restaurant**. Uniquement une passion entièrement vouée à la gastronomie, plutôt considérée comme un dixième art potentiel, sauf du côté de Saint-Just-Saint-Rambert. Trop à l'étroit dans ces murs joliment rénovés, Christophe Roure ne voudrait pas rater le train de la troisième étoile et il est annoncé au cœur de la capitale des Gaules pour franchir le palier. Un véritable challenge à relever, quand le contrôleur criera en voiture!

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    Le menu du 19 septembre 2011, spécialement élaboré à notre intention à la demande des vignerons du Forez-Roannais, fut l'occasion d'un festival accord mets-vins. Une fois les vins choisis lors d'une dégustation de sélection impitoyable, organisée par les vignerons eux-mêmes, en compagnie du Chef et de son sommelier, les plats furent pensés en fonction de ceux-ci. Une belle occasion pour Christophe Roure de montrer toute l'étendue de son talent. Amuse-bouches ludiques (amusante sucette de tomate cerise acidulée, qui explose dans la bouche, épatant œuf de caille au nid, à gober tout entier, audacieux aligot de vieux Comté et chou-fleur frit), première entrée sophistiquée (homard et gnocchis de calamar, rafraîchis de tomate et de pastèque), deuxième entrée plus rustique mais hyper novatrice (œuf d'une heure dans un exquis jus de chou rouge avec ses mouillettes de merlan de ligne, qui renvoient Captain Iglo dans ses 22, voire bien plus loin encore), viande locale originalement travaillée et impeccablement cuite (bœuf légèrement fumé aux baies de genièvre, risotto de racines, pommes soufflées aux épices), desserts superbement exécutés (gâteau de semoule à la fleur de sureau et coulis de fraise, travail autour de la pêche "façon Melba") et même encore un peu de place pour les mignardises...

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    Parmi les différentes cuvées dégustées, deux bouteilles particulièrement marquantes ont accompagné le repas et réalisé, en outre, de sublimes accords: Les Millerands 2010 de Stéphane Sérol, une cuvée roannaise pleine, concentrée, mais épanouie, exclusivement issue de raisins millerandés, et La Volcanique 2008, du domaine Verdier-Logel, un gamay forézien sur basalte, dense, épicé et acidulé.

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    Forez-Roannais, blancs comme rouges, sont des vins de gastronomie, c'est une certitude. Le mot de la fin (de cette deuxième partie), ce sera celui d'excuse de Benjamin Roffet, MOF, Meilleur Sommelier de France et enfant du Forez, qui devait se joindre à nous pour la soirée, mais qui avait piscine ou un autre truc plus important pour expliquer son empêchement:

     

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    À suivre, donc ...

     

    Olif

     

     

  • Aux sources du vin de Loire (1)

     

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    Ici commence la Loire, celle aux 3 vignobles, spécificité du 4-2, département de la région Rhône-Alpes. L'un d'entre eux regardant trop ostensiblement le fleuve Rhône pour revendiquer le statut de Ligérien, les deux autres, Forez et Roannais, situés en rive gauche du fleuve Loire, se sont regroupés pour faire cause commune: valoriser leur production et mieux se faire connaître. Il faut dire qu'ils ont beaucoup de choses à partager. À commencer par l'encépagement traditionnel et quasi exclusif, à base de gamay, planté sur des sols granitiques ou d'origine volcanique. Ainsi qu'une IGP commune pour les blancs, qui s'en trouvent là bien honorés: Urfé. Toutafé! Un pays qui fait le lien géographique entre Montbrisonnais et Roannais, haut-lieu romanesque des amours d'Astrée et de Céladon, héros du chef-d'œuvre à tiroirs de commode du XVIIème siècle signé Honoré d'Urfé, un roman-fleuve fondateur abreuvé aux sources de la Loire.

     

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    Quand on commence à forer le basalte dans les monts du Forez, que ce soit à Saint-Galmier, Saint-Romain ou ailleurs, même à Saint-Alban en Roannais, on finit généralement par trouver de l'eau. Minérale, naturelle, pétillante, pas du style de celle que l'on met dans son vin. Pourtant, ce dernier n'est jamais loin. Sur ces sols granitiques des contreforts du Massif Central, le gamay est à la fête. Depuis des millénaires, même s'il a bien failli ne pas survivre à la crise du phylloxéra et aux ravages de la première Guerre mondiale. Les premiers cépages blancs sont venus lui tenir compagnie depuis une trentaine d'années, apportant un brin de diversité à l'encépagement en même temps qu'une plus large palette de couleurs. Vignoble ancien, certes, mais dynamique. Et un peu bio aussi, puisque la proportion de surfaces cultivées, Forez et Roanne compris, doit approcher les 20% en bio, chiffre sous toutes réserves, puisque estimé approximativement en fin de soirée, néanmoins par un vigneron expert en calcul mental. Une dynamique plutôt positive, donc, même si l'on peut regretter l'absence d'installation récente sur les deux appellations. La moyenne d'âge des vignerons restant néanmoins relativement basse, il faut espérer que les émules ne tarderont plus à suivre.

     

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    Blancs, bulles et curiosités

    Côté blanc, Urfé a montré ce jour-là une belle homogénéité qualitative dans la diversité. Diversité des styles et des cépages. Quelques vins trop sulfités à mon goût, d'autres un peu trop élevés, mais, globalement, une plutôt bonne impression. Si le chardonnay fut le premier cépage à s'imposer, il voit désormais son hégémonie largement concurrencée. Le viognier a actuellement la cote, venu tout naturellement de la Loire rhodanienne toute proche. Et il faut bien reconnaître que nombre de ceux goûtés possédaient du peps et de la vivacité, sans le caractère mou et alcooleux volontiers inhérent au cépage, lorsqu'il est récolté à maturité avancée dans des contrées un peu trop chaudes. Et puis, on trouve également du pinot gris, de façon un peu plus marginale, même s'il s'épanouit plutôt bien sur le sol granitique, de la roussane, de l'aligoté et même du gewurtztraminer, à l'essai chez quelques vignerons aux affinités alsaciennes. Un peu à part, quelques curiosités excitantes, des hybrides producteurs directs comme le rava6 ou le seibel 54/55, dont le GAEC du Pic s'est fait une spécialité. Ne manque peut-être en fait que le chenin, pour finir de raccrocher les sources de la Loire à son embouchure...

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    Quelques vins du millésime 2012, particulièrement remarqués lors de cette balade en pays d'Urfé: Chardonnay Aris du domaine des Pothiers, Roussane de Madonne du domaine de la Madone, Aligoté Éponyme de Vincent Giraudon, Pinot gris Hors piste du domaine des Pothiers, Viognier de Petite Vertu d'Odile et Jacky Verdier-Logel, Viognier De butte en blanc du domaine Sérol, Rav par 6 de Vin & Pic (une curiosité complètement atypique à la folle originalité)...

    Et puis quelques bulles, pour terminer. Des pétillants naturels rosés élaborés avec du gamay, évidemment, souvent peu alcoolisés (moins de 10°) et possédant plus ou moins de sucre résiduel, plus ou moins bien intégré. Ribambulles du domaine Verdier-Logel, Bulles by Romain Paire et Turbullent de Stéphane Sérol remportent la palme, avec un équilibre plutôt bien balancé.

     

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    À suivre...

     

    Olif

     

  • La sueur de la vigne

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    Les femmes de ménage célestes ayant tout juste fini de récurer le sol du sang de la vigne qui l'entachait, voilà qu'un coin de ciel bleu daigna faire son apparition au dessus du rocher de Château Chalon. Pour mieux sécher les raisins et les marnes, bleues également, encore un peu détrempées et qui collent aux chaussures du randonneur de passage. On n'arrête pas le Progrès et c'est à la demande d'un des journalistes du quotidien jurassien que j'ai pris la route du vignoble, dans l'indifférence générale (Pierre Arditi étant parti tourner un peu plus loin). Pour une rencontre vigneronne doublée d'une interview, où il n'a absolument pas été question du meilleur vin blanc du Jura de l'année du monde. Tout ça dans le cadre d'une grande thématique vin à paraître quotidiennement début octobre, pendant les vendanges. On n'arrête pas le Progrès! Des vendanges 2013 dont le ban ne devrait pas tarder à être annoncé, sans doute la semaine prochaine pour les crémants. Derniers coups de rotofil sur les terrasses du Puits Saint-Pierre, là où la pente est particulièrement raide, juste sous l'abbatiale. Ce qui n'empêchera pas les futurs vendangeurs de bien suer dans la vigne.

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    Le marcheur qui entame l'ascension a le choix entre la route et le rang de vigne pour grimper vers le ciel. Le VTTiste suivra préférentiellement le balisage, qui ne manque pas de dénivelé avant le ravitaillement du sommet. De quoi programmer une belle escapade jurassienne pour le week-end. Là aussi en y laissant de la sueur, mais qui nourrira à peine le sol, imperméable aux pluies comme à la détresse physique humaine.

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    Et pendant ce temps, le savagnin verdit (il mûrit, quoi, rapport à sa couleur!).


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    Avant de suer sang et eau dans la vigne, il avait bien fallu s'hydrater un peu. Tout d'abord grâce à quelques produits locaux, cultivés et élevés dans le grand respect d'une tradition ancestrale, chez Gabrielle Rizzi. Des vins d'un classicisme exemplaire, empreints d'une relative rusticité de bon aloi. Mention particulière au Chardonnay 2010 de ce micro domaine familial, d'un seul petit hectare, dont une centaine d'ares en Château Chalon, pile sous  le rocher. Toute la (petite) récolte bientôt vendue directement aux particuliers et aux touristes, le petit caveau sis rue Saint-Jean va bientôt fermer, être démonté et consciencieusement rangé, afin de laisser la place à une cave plus vaste destinée à accueillir le tracteur en prévision des prochaines vendanges. Encore de la sueur en perspective!

     

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    À Château Chalon, la sueur n'a pourtant pas attendu le randonneur ou le vendangeur de passage pour couler. Il fut un temps où le sentier de petite randonnée vibrait sous les pas des vignerons qui l'empruntait pour aller travailler la vigne du Puits Saint-Pierre. Surtout ne pas oublier de leur rendre hommage, au vu du service rendu.

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    En débouchant une bonne bouteille avec la première fondue automnale du soir, par exemple. Un 2003 en train de virer vers des notes pétrolées au nez, mais d'une fraîcheur de structure à faire pâlir de jalousie un sculpteur sur glace.

     

     

    Olif

     

     

  • Bonnes nouvelles de L'Étoile...

     

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    Cette Étoile-là brille au firmament du Jura depuis la nuit des temps. Des millions de pentacrines, ces petits fossiles à cinq branches disséminés dans le sol, et cinq monts, grossièrement disposés en étoile: Monterreaux, Mont-Augy, Mont-Morain, Montmuzard, Mont-Genezet, les orthographes variant selon les sources. L'Étoile, c'est tout cela à la fois, et aussi l'une des cinq AOC jurassiennes, un signe supplémentaire? 3 AOC "village", 2 AOC "produit", mais peut-être la moins médiatisée quand même. Pourtant, au centre, une authentique star: Montbourgeau.

     

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    Propriété familiale depuis 1920, appartenant à la famille Gros, le domaine de Montbourgeau est actuellement dirigé par Nicole Deriaux, fille de Jean Gros. Deux des enfants de Nicole semblent se prédestiner à prendre la suite, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Une maison à la solide réputation, garante d'un savoir-faire traditionnel, qui produit quelques-uns des plus beaux spécimens de vins oxydatifs jurassiens. Ici, "pas de chapelle", juste une magnifique demeure et une volonté de produire beau et bon, ce qui sous-entend des pratiques plutôt propres à la vigne et relativement peu interventionnistes à la cave, sans certification d'aucune sorte, ni revendication à aucune appartenance autre que celle des bons producteurs de vins du Jura. Intervenant au domaine depuis 1986 aux côtés de son père, puis seule après son décès, Nicole a imposé petit à petit sa sensibilité, pour produire des vins dotés d'une élégance toute féminine, par rapport à l'opulence de ceux de son père. Un style qu'elle ne renie pourtant pas, toute fière d'avoir produit des vins qui se rapprochent de ceux qu'il appréciait, dans les millésimes généreux que furent 2003, 2005 ou 2009. Mais n'anticipons pas.

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    Ce 2010, élevé en cuve avant d'être transféré dans de grands foudres rechappés pour être adaptés au mode d'élevage des vins de Montbourgeau, est une petite merveille de fruit, de fraîcheur et de simplicité.

     

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    La Cuvée Spéciale, c'est une toute autre dimension. Le fleuron du domaine, la quintessence d'un chardonnay en mode oxydatif sur ce beau terroir argilo-calcaire truffé de pentacrines. Élevage sous voile, donc, qui représente la véritable patte du domaine au travers d'une cuvée emblématique qui sait, à chaque fois, refléter le millésime. 2009 très opulent, 2008 doté d'une superbe acidité sur le fil, 2007 à l'équilibre très convaincant, 2003 dans un registre très riche mais cohérent, 2001 qui se révèle par petites touches successives, une année compliquée, au final, très complexe.

     

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    Le Savagnin se plaît également sur les marnes irisées de L'Étoile. Cela va sans dire. Le parallèle entre les deux millésimes est une fois de plus éloquent. 2009 plein, pour la grande garde, et 2008, tout en tension, qui ravira les amateurs de vins tranchants.

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    Un préambule exceptionnel aux deux Vins jaunes à suivre. Seul le 2006 est désormais disponible. 2005, tout en rondeur, sur des notes maltées et épicées, se fait enjôleur. Mais 2006 n'est pas en reste, plus marqué noix verte, mais avec un potentiel évident.

     

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    Et puis, avant quelques douceurs sucrées, une dernière petite madeleine, des Vieilles vignes de 1928, millésimées 1990, arrachées peu après. Une bouffée d'air frais, avec des notes d'évolution certaines, mais plutôt dans un registre agréable. Ce qu'il faut de vivacité pour soutenir la vieille cire, le toasté et l'encaustique, et une remarquable tenue à l'air. Superbe! Une étoile qui ne file pas, malgré le fait que l'on soit au mois d'août.

     

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    Le Paille 2009 est riche et complexe, goûtant un peu sur le sucre sans que celui-ci ne s'impose véritablement, mais il fait figure d'exception pour les Pailles du domaine, à la réputation d'être plutôt très secs. Le Macvin blanc et le Macvin rosé sont marqués par une belle acidité, qui sied parfaitement à ce type de produit qui aurait tendance à devenir vite lourd sans cela. Les Secrets de Montbourgeau, mués en trésors pour beaucoup de participants à la dernière Percée du Vin jaune, c'est la recette ancestrale de vin de liqueur cuit, avant que l'AOC ne jette les bases définitives de ce que devait être un véritable Macvin. Beaucoup de rondeur et d'harmonie pour un vin séducteur, qui manque pour moi d'un peu de peps par rapport à la version agréée, probablement du fait de la cuisson. Toujours est-il qu'il n'y a rien à jeter, à Montbourgeau. Et que l'Étoile n'a jamais aussi bien porté son nom. Une bien bonne nouvelle, n'en déplaise à Gainsbarre..!

     

     

     

    Olif

  • Quand le Jura voit rouge...

     

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    Le Jura, pays du jaune, nul ne saurait le contester, si ce n'est Marseille. Mais là, difficile de rivaliser, à moins de tenter une piscine au Château Chalon, une expérience extrême qui n'a, à ma connaissance, jamais été tentée, même par le plus aventureux des buveurs de vin jaune. Peut-être faudra-t-il remédier à ça un de ces jours..? Non, Mon Dieu, pitié, ne me tentez pas!

     

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    Le Jura, l'autre pays des grands blancs, ceux qui n'ont plus à rougir de la comparaison avec le prestigieux voisin bourguignon, même qu'il serait peut-être bientôt temps d'arrêter de vouloir comparer deux régions aux terroirs aussi dissemblables. Le chardonnay s'y décline en différents clones, qui apportent diversité, richesse, originalité et caractère, ce que les Bourguignons, eux, ne savent plus faire. Avantage Jura, finalement. Le savagnin, avant de virer jaune, peut aussi s'apprécier en blanc. Notamment dans sa version ouillée, non oxydative, ce qui change un peu des arômes de noix verte et de curry.

     

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    Et vous faites du rouge, dans le Jura? Oui, Madame. Du pur, du vrai, du primitif, de l'indigène, du caractéristique, de l'authentique. Grâce à une jolie collection de cépages qui ne demandent qu'à s'épanouir, en cuve, en fût, voire en amphore. Des vins qui peinent encore parfois à vaincre les préjugés d'amateurs aux certitudes viniques boursouflées aux entournures et engoncées dans une pensée œnologiquement bien pensante qui les conduit à ne point trouver de salut dans leur verre en dehors de vins standards au grand standing, classés avec plus ou moins de bonheur par des moines cisterciens, des exposants universels ou bien je ne sais quel besogneux de la dégustation comparative à l'intention de l'acheteur compulsif du mois de septembre (ne pas hésiter à biffer les mentions inutiles). Le rouge, dans le Jura, tente sa propre percée et ça commence à plutôt bien fonctionner.

     

    Le Trousseau:


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    L'origine de ce cépage rouge plutôt bien troussé est ancestrale. On en retrouve la trace depuis 1731 en Franche-Comté, mais il existait probablement antérieurement, peut-être importé dans le Jura par des immigrants savoyards ou valaisans, sans doute détrousseurs de grand chemin.

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    Le  Troussot figurait en cinquième position sur la liste des bons cépages établie par le parlement de Besançon en 1732. Il était cultivé un peu partout dans la région où il prenait des noms différents, selon l'accent patois en vigueur à cet endroit: Trousseau à Montigny et Arbois, Triffaut à Besançon,  Trusseau ou Trussiau encore ailleurs. Il a été formellement identifié en Galice sous le nom de Merenzao et on le trouverait même jusqu’en Argentine, usurpant la dénomination de Pinot gris du Rio Negro! Les trousseaux sont pluriel, mais le singulier n'est pas exclu.

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    Son nom viendrait du mot ancien « toursel», qui signifie « paquet». Il faut reconnaitre que sa grappe est bien troussée. Un raisin plutôt couillu, donc, dont la variété la plus qualitative est représentée par le "trousseau des dames". La gent féminine en connait un rayon, lorsqu'il s'agit de mettre la main au paquet.

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    Son terroir de prédilection : les marnes rouges du Trias et les éboulis argilo-calcaires de Montigny-les Arsures, capitale officielle du Trousseau. Sur les 80 hectares plantés dans le Jura, on en trouve plus de 52 ha en Arbois, dont la moitié à Montigny, seul vignoble à voir s’accroître la proportion de ce cépage.

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    Quelques cuvées de Trousseau particulièrement recommandables (liste non exhaustive), dans des styles variés: Singulier et Amphore de Stéphane Tissot, Trousseau des Corvées (cuvée du Nain) et Commendatore de L'Octavin, le Clousot et les Grands Vergers de Michel Gahier, Trousseau des Corvées de Pascal Clairet (La Tournelle), Plein Sud de Fanfan Ganevat, Les Bérangères du Puf, le Ginglet de Philippe Bornard, Arbois de Renaud Bruyère, Rouge de colère de Catherine Hannoun,...

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    Le Ploussard ou Poulsard (l'important c'est d'en boire):

     

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    L’un des trois cépages rouges qui donne droit à l’appellation Arbois ou Côtes du Jura. Le plus girly de tous lorsqu'il se porte en tee-shirt ou quand il est étiqueté rosé. Pas vraiment sa vocation, en fait. Parce que c'est un vrai rouge, même s'il est peu coloré. Raisin noir à jus blanc, il débourre très tôt et concurrence le savagnin sur ses terres de prédilection. Pas de chance pour lui! Les marnes bleues et irisées du Lias se laissent difficilement partager. Il occupe néanmoins à lui seul une surface de 300 hectares, soit la moitié de la superficie plantée en rouge dans le Jura.

     

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    Son nom est un véritable sujet de controverse. L'important, finalement, c'est d'en boire. Etymologiquement, le Ploussard tire son nom de la prunelle, dont les grains ont la même couleur, parfois la même forme. Un nom qui se prononce de façon très différente en patois local selon que l’on habite à Salins (pleusse ou plesse), Arbois (plusse) ou Poligny (plousse ou pelosse) ! L'important, ça reste toujours d'en boire.

     

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    Le  Poulsard, quant à lui, dériverait du latin "pulsare", et c'est vrai que, bien vinifié, il pulse drôlement. Cultivé dans le Jura depuis le XIVème siècle (on parlait alors de Polozard!), c'est un vrai cépage d'ici, ça ne fait guère de doute. Même si l’on en retrouve un peu dans le Bugey sous le nom de Mescle. Il fut inscrit dans la liste des bons cépages publiée en 1732 par le Parlement de Besançon et son identité est fortement jurassienne. Manquerait plus que quelqu'un veuille nous le piquer, tiens!

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    C’est pourtant bien le terme de  Poulsard qui sera retenu en première place dans les décrets d’AOC, au grand dam des habitants de Pupillin, proclamée Capitale mondiale du Ploussard. Un crime de lèse-majesté qui alimente les débats et finit par donner soif. L'important, ça reste quand même d'en boire!

     

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    Quelques cuvées de Ploussard (ou Pousard) particulièrement recommandables (liste non exhaustive), dans des styles variés: Overnoy-Houillon, Point Barre et la Chamade de Philippe Bornard, En Billat de Julien Labet, L'enfant terrible de Fanfan Ganevat, Cuvée Marc de Jean-Marc Brignot (5% de Trousseau), En Chôné du domaine Pignier, les Gruyères d'Étienne Thiébaud, Par ici et Par là de Raphaël Monnier-Ratapoil, Jean-Michel Petit (domaine de la Renardière), Dorabella de L'Octavin, L'Uva du domaine de la Tournelle,...

     

    Le Pinot noir:


     

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    Présent dans le Jura depuis la fin du XIVème siècle, sous le nom ambigu de Savagnin noir, il vient tout comme le Chardonnay de la Bourgogne voisine. Surnommé  Maurillon en raison de sa couleur noire, on ne sait s‘il faut l‘appeler Pinot (du latin «pinus», le pin), ou Pineau (du grec « pinein », boire).

     

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    Si le vocable Pineau est très typé Charente, on l'utilisait aussi en Haute-Saône, tandis qu’à Salins, Arbois ou Poligny, on le préférait Petit Noirin, ceci afin de ne pas le confondre avec le Gros Noirin, qui n'avait pourtant rien à voir avec lui! Besançon penchait pour Noirum, mais dans le sud Revermont, on le qualifiait de Savagnin noir pour profiter de l’analogie avec la star des cépages jurassiens.

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    Classé en deuxième position sur la liste des bons cépages en 1732, juste derrière le Poulsard, mais très critiqué du fait de sa maturité précoce, on le considèrait comme « peu recommandable » au XIXème siècle. Certains allaient même jusqu’à préconiser l’arrachage de ce «raisin des mouches», surnom qui avait le mérite d‘être très évocateur! De nos jours, encore, vestige d'un passé qu'il serait temps de renier, il n'est pas rare d'entendre quelques généralisations déplacées. Du style: "Dans le Jura, le Pinot noir, t'oublies!".
    Ce qu’on lui reproche, en fait, c’est de ne pas produire des vins aussi bons qu’en Bourgogne lorsqu’il est vinifié seul! Mon œil! Sous l’égide du Dr Guyot, plusieurs expériences furent faites afin de rivaliser avec le modèle bourguignon, sans grand succès alors. Mais les Jurassiens persévérants ont toujours su en tirer quelque chose, de ce fichu cépage!

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    Il représente actuellement environ 10% du vignoble rouge. Il est fréquemment utilisé en assemblage pour structurer les rouges et augmenter leur aptitude à la garde. Il faut pourtant se faire un devoir de le goûter seul, pour ne surtout pas avoir à l'oublier.

    Quelques cuvées de Pinot noir particulièrement recommandables (liste non exhaustive), dans des styles variés: Arbois 2005 (les raisins de Camille) et En Barberon de Stéphane Tissot, Côtes du Jura d'Alain Labet, Arbois du Puf, la Pépée (assemblage Pinot-Poulsard) de Jean-Baptiste Ménigoz (les Bottes rouges), PP 2005 (assemblage Pinot-Poulsard) de Jean-Marc Brignot, Côtes du Jura du domaine Pignier, Julien et Grusse en Billat de Fanfan Ganevat, Don Giovanni de L'Octavin, ...

     

    L'Enfariné et autres cépages oubliés:

     

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    Recouvert d’une pellicule blanchâtre, d’où son nom, l'Enfariné fut candidat à l’arrachage en 1731. Aussi «désagréable que le nom est déplaisant, son vin léger est acerbe et peu coloré», d'après un certain Chevalier, très acerbe lui aussi, et dont on peut penser qu'il s'est fait rouler dans la farine. Car l'acidité naturelle de l'Enfariné peut faire des merveilles dans des mains expertes. À tel point que certains n'hésitent pas, parfois, à le vinifier seul.

     

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    Ces vieux cépages généralement complantés de tout temps au sein des parcelles sont proscrits dans l'appellation et généralement voués à l'arrachage. C'est compter sans l'opiniâtreté de certains à vouloir les sauver et les préserver à tout prix, tant leur apport est passionnant dans des cuvées qui fleurent bon la simplicité et la rusticité.

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    Quelques cuvées de vieux cépages particulièrement recommandables (liste non exhaustive), dans des styles variés: J'en veux de Fanfan Ganevat, À table avec Léandre du domaine Pignier, Le Ratapoil de Raphaël Monnier-Ratapoil, Vin de Pays de Franche-Comté d'Étienne Thiébaud (domaine des Cavarodes)...
     

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    Olif

  • Ventoux, parce que tu le Vau(cluse) bien!

     

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    Carpentras, fraises, cerises, truffes et berlingots

     

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    Carpentras [karpɑ̃tra], capitale du Comtat Venaissin, traversée par l'Auzon et la Mède (dont les crues sont particulièrement craintes des Carpentrassiens, puisqu'elles les laissent dans la Mède, justement), possède une particularité phonétique cocasse [kokas]. Contrairement à Gigondas [ʒigɔ̃das] et à l'instar de Cassis [kasi], aucune trace de [s] lors de la prononciation de son nom. Merveilleuse complexité de la langue française qui permet aux érudits de ramener leur fraise à Carpentras [karpɑ̃tra]!

     

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    S'il ne fut pas aisé de photographier un berlingot devant un garage Citroën, même à Carpentras, le temps des cerises du Ventoux a fini par arriver avec plus de 15 jours de retard sur l'horaire initialement prévu. Ce qui a notamment contraint à l'annulation de la traditionnelle fête de la cerise de Venasque. Épreuve reine de ces traditionnelles festivités consacrées au "diamant rouge provençal", le concours de cracher de noyau de cerise peut à défaut se pratiquer à la maison, sur sa terrasse, même en nocturne ou après une dégustation de vins du Ventoux et un repas bien arrosé. Les résultats restent alors généralement confidentiels et controversés, faute d'une bonne luminosité, d'un décamètre opérationnel et d'un arbitrage à la hauteur.


     

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    Puisqu'on parle de diamant, le noir vaut bien le rouge, fût-il estival. Logiquement moins réputée que sa variété hivernale, la truffe d'été n'en offre pas moins de belles sensations gustatives, surtout lorsqu'elle est servie à toutes les sauces, avec tous les plats, de l'entrée au dessert. Ce qui est quand même plus goûteux que des patates et du lard, y compris dans une bombe glacée surprise. Chez Serge, à Carpentras, il y en a au menu. De la bonne trutruffe d'été qui se marie à merveille avec les vins du Ventoux. En blanc, par exemple, un Éclat de Fondrèche 2012, juvénile et gouleyant. En rouge, Moitié vide Moitié pleine 2009 de Solence, domaine qui ne fait habituellement pas les choses à moitié, car en bio depuis sa création.

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    Un Ventoux pour moi tout seul!

     

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    Bien avant que des hordes de camping-cars venus de l'Europe entière ne s'installent temporairement sur ses flancs, comme ce sera le cas encore cette année, au détour de la grande boucle du Tour de France, et ce, dans l'unique but de passer une journée sur leur chaise de camping avant de lever 5 minutes leur cul devant les caméras de télévision pour vociférer ou courir derrière une armée de cyclopédistes professionnels carburant à la potion magique customisée, quand ce n'est pas bêtement à l'eau claire, mais alors là, ils sont loin derrière, le Mont Ventoux est la proie d'amateurs de tout poil, qui n'ont eux aussi qu'une idée en tête: grimper au sommet, de quelque façon que ce soit. Quitte à finir sur les rotules ou ramper dans les derniers lacets.

    Devant la perspective d'une performance sportive mesurable et quantifiable, Mme Olif, qu'il n'aurait pas fallu emmener au sommet en voiture sans lui laisser la possibilité d'y aller aussi en vélo, a préféré ascensionner le Géant via Malaucène, plutôt que de faire une petite balade en VTT sur ses flancs en ma compagnie. Peu importe, je suis un adepte de l'effort solitaire. Quand tu te retrouves tout seul avec ton petit vélo face à la montagne pour la première fois, tu te sens quand même un peu tout nu. Et là, tout d'un coup, comme par magie, tu n'es plus seul, lorsque tu longes les murs du camp naturiste de Bélézy. Sur le GR91 au départ de Bédoin, pas un seul bédouin, par contre. Ni à pied, ni en deux-roues.

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    Une fois déposés les Clops, ça commence à fumer sévère, avant de toussoter, puis cracher ses poumons en longeant la Combe de Mars, même quand on n'a pas touché au tabac depuis des années. C'est à ce moment précis que tu regrettes de ne pas avoir rempli ta gourde avec un peu de vin blanc du Barroux, qui ne figure pas sur la liste officielle des produits dopants. La longue montée sur chemin caillouteux se négocie difficilement, mais avec dignité. Arrivé à Mazanet, cote 869m, le plus dur reste à faire. Encore 1000 mètres de dénivelé positif jusqu'au sommet. Pas les plus faciles. Mais comment j'ai fait pour grimper jusque-là, moi, déjà, rien qu'en suçotant des berlingots et à la force de mes mollets? Courage, fuyons! Marche arrière toute, pour une descente chaotique. L'ascension ultime sera inscrite pour moi au prochain ordre du jour, finalement.

     

    AOP Ventoux: action en hausse?

    Plus grande appellation rhodanienne par sa surface, l'AOP Ventoux vit pourtant à l'écart et à l'ombre des côtes du géant du Rhône, là où l'ombre du Géant de Provence devrait plutôt la mettre en lumière. Fascinante montagne à l'atout marketing indéniable, même si ce n'est évidemment pas ce qui prime pour l'amateur de vins. À côté des coopératives qui trustaient la majorité de ce vignoble de plus de 6500 hectares, il y a une vingtaine d'années, ce sont désormais plus de 130 vignerons en cave particulière qui haussent le niveau qualitatif en même temps que celui du cours du raisin. Une dynamique bio s'est installée, s'exprimant notamment au sein d'une association: les BioVentoux. Et puis quelques francs tireurs, parfois venus d'ailleurs, contribuent au rayonnement de l'appellation. Comme Philippe Gimel au Barroux, par exemple. Ou encore Olivier B. à Méthamis.

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    Le Barroux, petit village médiéval situé entre Carpentras et Malaucène, entre Ventoux et Dentelles de Montmirail. C'est là que Philippe Gimel s'est posé en 2003, diplôme d'œnologie en poche, après avoir appris auprès de quelques domaines parmi les plus réputés de Rhône-Sud. Saint-Jean du Barroux est un vignoble d'un seul tenant, en terrasses, exposé nord-ouest. De la vigne, évidemment, mais aussi des genêts et des haies, pour respecter au mieux la biodiversité et l'écosystème. Et un mirabellier également, apparu spontanément dans un coin, comme pour rappeler les origines lorraines du vigneron-œnologue. Du Ventoux en dentelles, pour résumer. La particularité du Barroux, c'est la proximité de la faille de Nîmes, qui a bouleversé la géologie du lieu et favorisé l'émergence des argiles rouges du Trias, généralement enfouies à plusieurs kilomètres sous la terre des vignes de la plaine. Une mosaïque de terroirs géologiquement distincts qui, combinée aux effets de l'altitude (entre 300 et 500 mètres) et de l'exposition, donne naissance à des vins de grande expression possédant beaucoup de fraîcheur innée, qu'il faut néanmoins savoir préserver.

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    Le choix de Philippe Gimel s'est porté sur une sélection de raisins pour élaborer ses cuvées, positionnées dans un registre crescendo de concentration. Vendanges par tries successives, donc, qui donnent des vins d'un style plutôt riche et opulent, mais dans un souci permanent de recherche de la fraîcheur maximale, pour ne pas perdre le caractère salivant et buvable du vin. On se plaît à imaginer ce que pourrait donner une sélection parcellaire, apte à faire ressortir les caractéristiques de chaque terroir, mais ceci n'est pas d'actualité, afin de ne pas rendre trop complexe une gamme déjà largement plébiscitée par les amateurs, notamment étrangers, les premiers à avoir succombé aux charmes des vins de Saint-Jean du Barroux: La Source, L'Argile et La Pierre Noire pour les rouges, La Montagne pour le blanc.

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    Pour cause de tout petit volume, la Montagne 2012 (clairette et bourboulenc) a été élevée pour moitié en cuve et en fûts de plusieurs vins pour l'autre moitié. Fallait-il assembler ou pas? Cruel dilemme! Le vin de cuve, au fruité très frais, a finalement été mis en bouteilles sur son fruit. La version fût est un peu plus complexe au nez, avec des notes de malt et d'anis. Sans doute attendra-t-elle encore un peu son tour dans la barrique. 2011 est déjà en place, un beau vin qu'il faudrait savoir attendre, si l'on en juge par l'éclat du 2007, magnifique de complexité, d'arômes et de texture. Grenache blanc, clairette et bourboulenc au sommet du Ventoux! En rouge, les trois cuvées, goûtées alternativement en bouteille ou prélevées sur fût, possèdent chacune leur style, désormais bien défini. Les 2012 s'annoncent plutôt très bien, si ce n'est que les volumes seront malheureusement plutôt limités. Côté vin en bouteille actuellement commercialisé, mention particulière à la Pierre Noire 2009, au jus alliant merveilleusement richesse et fraîcheur.

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    Et enfin, ce Micro-climat 2011, des raisins de grenache, syrah et carignan ramassés à une maturité exceptionnelle qui donnent un vin naturellement riche, lui aussi, exceptionnel. Et ultra-confidentiel, évidemment.

     

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    Chez Olivier B., dans le petit hangar de Méthamis, acheté, agencé, rénové, isolé, la Troisième en fait des caisses. Cette syrah des Nayes en est à sa troisième édition avec le millésime 2010, comme son nom l'indique. La Quatrième et la Cinquième ne sortiront des limbes que si leur état le permet, ce qui semble en bonne voie, vu le jus qui se trouve actuellement dans les fûts. Pendant ce temps, les Amidyves continuent d'élargir leur cercle. Et ils restent fidèles en amitié, même de nombreuses années après, comme peut en témoigner ce 2002, période Cascavel, dans un registre délicatement évolué, parfaitement à point.

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    Ayant digéré le buzz qui lui a permis de continuer l'aventure, Olivier B., le vigneron AJT, est reparti à fond, avec dans le viseur une deuxième année consécutive "zéro traitement" à la vigne. Il va pourtant lui falloir trouver un remède à une situation sentimentale compliquée administrativement parlant, de quoi s'en casser les côtes. Comme Olivier en a sous le chapeau, gageons que cette belle histoire d'amour connaitra rapidement un dénouement heureux.

     

    Monieux: une escapade romanesque

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    Faire un saut dans la Nesque fut le grand challenge pédestre de cette expédition vauclusienne, histoire de ne pas l'avoir en travers de la gorge au cas où on ne l'ait pas fait. Vingt-cinq kilomètres sans une seule âme, ou presque, entre Villes-sur-Auzon et Monieux, voilà qui n'est pas banal. Tout au plus quelque cycliste ayant bravé la pluie et le temps maussade de ce mercredi matin. Sans oublier un ou deux camping-cars belges, une fois. Un panorama à couper le souffle pendant tout le trajet, digne de celui des gorges du Verdon, culminant en face du rocher du Cire, balayé en son temps par le Mistral, Frédéric de son prénom. Parking à Monieux, joli village médiéval dont la boulangerie-épicerie est fermée le mercredi, point crucial qui mérite d'être souligné. Pas de chance! Direction le lac du Bourguet, légèrement plus petit que son quasi-homonyme savoyard, et descente le long de la Nesque, en rive gauche. Enfin, descente, façon de parler, puisque le sentier grimpe allègrement dans la forêt jusqu'au sommet des falaises bordant l'entrée des gorges. Le clou du parcours, ce sera la descente par le GR9, à flanc de falaise, jusqu'à la rivière, qu'il faudra traverser à gué. La pittoresque chapelle Saint-Michel, dont on se demande bien ce qui a pu pousser les habitants du XIIème siècle à venir l'ériger là, juste sous la falaise, s'offre alors à nos yeux ébahis et nos pieds trempés.

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    N'exclure aucune hypothèse, évidemment, mais n'escomptez pas faire la visite de cet édifice religieux sans un exquis mérite. Aucune excuse! Un parcours alternatif existe pourtant bel et bien, une esquive impraticable ce jour-là: suivre le cours de la rivière, généralement à sec désormais, sauf en 2013, bien entendu. La remontée s'effectue en rive droite de la Nesque, pour ceux qui ont tourné dans le sens des aiguilles d'une montre. Une remontée, que dis-je? Une escalade, presque. En surplomb de la falaise, avec moult passages rocheux en guise de bon escalier. Une escapade à déconseiller aux personnes à mobilité réduite, aux chamois paralytiques et à James Stewart dans Vertigo.

     

     

    Arrivée théâtrale en Avignon


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    Pendant que la cour d'honneur du Palais des Papes se prépare à résonner au son des tirades du gratin du théâtre contemporain, les rues d'Avignon sont un spectacle permanent: celui des colleurs d'affiches de spectacles de poche plutôt off. Ça grouille, ça pose l'escabot, ça grimpe, ça s'engueule, ça arrache les affiches des autres, quand elles viennent empiéter sur celles des uns, ça vit au diapason du grand théâtre de la vie. Le temps d'une promenade papale et d'une bière sur le parvis du palais, direction Verquières, pour nourrir le ventre autant que l'esprit. Et, surtout, en croquer méchamment! Du chou, mais pas que.

    Le Croque-Chou, à Verquières, presque une institution. Une affaire de famille, en tout cas, avec Sébastien Folz au piano, Monique et Daniel Folz en salle.

     

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    Des produits frais de premier choix, une cuisson impeccable, des plats justes et précis, une carte des vins pléthorique et judicieuse, faisant la part belle aux beaux et bons vignerons, un cadre agréable avec terrasse donnant sur l'église du village. L'assurance d'être absous du péché de bonne chère, c'est certain.

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    La trilogie d'œufs à la coque revisités, c'est un grand classique de la maison. Les accompagnements varient, suivant la saison. Dommage que celle de la truffe soit derrière nous, même si écrevisses et asperges ont bien joué leur rôle. Un délice de saveurs et de textures!


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    La côte de taureau, elle vient de Camargue, maturée à souhait et cuite à la perfection, le Petit Taureau, il vient du Roussillon, maturé à souhait et élevé à la perfection également. L'accord camargo-catalan est quasi fusionnel, olé! De quoi cloturer en beauté ce séjour au pied du Ventoux, qui devrait en appeler d'autres, j'en ai bien peur!

     

    Olif

     

    P.S.: le Tour de France au Ventoux, c'est aujourd'hui. Comme un petit relent de vacances...

     

    P.S.2: les vacances, ce n'est pas encore fini, enfin pas pour tout le monde. Mais il y a un peu de devoirs de vacances à faire, quand même, grâce à André Deyrieux, œnotouriste toute l'année, quel beau métier!