Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

En léger différé du vignoble! - Page 2

  • Week-end à Reims

    "Week-end à Reims, tous les deux comme un prince
    Épernay, Cauroy, s'il y a le temps
    Week-end champenois, en bus de fortune
    Font un beau métier à la RATP

    ...

    Afin de coincer la bulle dans ta bulle
    D'poser mes lèvres bancales sur ton bocal, ta cathédrale
    Une escapade à deux, le champ' ça rince
    Si j'rêve tu m'pinces, week-end à Reims"

    Voici revenu le temps des cathédraaales et celui du beau temps qu'on ne trouvait même plus dans le Sud de la France ou en Italie en ce week-end de début octobre. Gros coup de foudre pour Reims, visitée pour la deuxième fois cette année, après les grands jours champenois printaniers. Cette fois, il était aussi question de se prosterner devant un gros foudre...

    Lire la suite

  • Pélissols, la ruée vers l'Orb...

    Bédarieux, haute vallée de l'Orb. L'Orb, fleuve impétueux niché dans les hauts cantons de l'Hérault, qui déborde à l'occasion, à grands coups d'épisodes cévenols répétés. De ceux qui gorgent la terre, remplissent les vallées et infiltrent les caves, comme en 2014. L'Orb, dont le débit a attiré les chercheurs, puis les tanneurs, et les vignerons, enfin, un peu. Des coopérateurs, exclusivement, pendant longtemps. Monsieur Bonnal père, né au domaine où son propre père travaillait alors comme ouvrier agricole, le rachète en 1976, réalisant ainsi son vieux rêve. Cette même année naissait Vincent, son fils, désormais au commande de Pélissols. Tout un symbole... 

    Lire la suite

  • Val'Frison, à la Ville comme à la Champagne...

    Il faut se lever de bonne heure pour gagner la côte des Bar. L'Aube se mérite, c'est le matin qu'on prend son avance. Ville sur Arce, une ville à la campagne. Et en Champagne. Petite, quelques maisons, à peine un village. Et une coopérative, pas loin. Dans la vallée de l'Arce. Un peu plus au nord que celle de l'Ource, qui se jette dans la Seine après Celles et bien avant Chaource, cité fromagère auboise. Un relief ondulé, oscillant entre kimmeridgien et portlandien, faisant géologiquement suite au chablisien, un pays où il fait bon vivre et planter du raisin. Le pinot noir est ici dans son fief, ne laissant que quelques miettes au chardonnay, parfois détrôné sur ses sols de prédilection. Bienvenue dans l'Aube, ex "Champagne de seconde zone", magnifiquement révoltée, de 1911 jusqu'à nos jours, pour devenir une région essentielle dans la production de vins à bulles. De Buxières sur Arce (chez Bertrand Gautherot) aux Riceys (chez Olivier Horiot), en passant par Buxeuil (chez Vincent Couche), Polisot (chez Dominique Moreau) ou encore Celles sur Ource (chez Cédric Bouchard)...

    Lire la suite

  • Pata negra helvetico et savagnin jurassico

    Depuis que le journaliste Pierre-Emmanuel Buss n'a plus le Temps, il a un petit peu plus de temps. Une situation temporaire qui lui permet pour l'instant d'organiser des rencontres informelles comme celle-ci: une alliance somme toute assez naturelle entre le cochon suisse, façon iberico, et le savagnin jurassien, à la mode oxydative. Match aller dans le Jura français, à Montigny-les-Arsures, chez Stéphane Tissot. Comme j'étais sur le trajet, je me suis retrouvé embarqué dans le bus.

    Lire la suite

  • Des terres, des origines, du vin, du champagne...

    Le printemps champenois est encore arrivé. #ChampagneWeek et même plus, avec pléthore de salons et d'animations autour des champagnes de vignerons, drainant une foule toujours plus importante d'importateurs, de sommeliers et de journalistes, majoritairement étrangers, la crème de la sommellerie parisienne et l'intelligentsia de la critique vinique française préférant l'intimité et le confort d'un salon de grande maison pour y déguster les yeux fermés et le petit doigt en l'air des cuvées hors de prix le plus souvent surfaites, mais qui valent leur pesant de revenus publicitaires. Sans doute une des explications au fait que la majorité des meilleurs champagnes de vignerons (des meilleurs champagnes tout court?) échappe aux palais français, en étant exportés à plus de 85% pour certains.

    IMG_1265.jpg

    Précurseurs de ce mouvement qui a pris une grande ampleur, les vignerons de Terres et Vins de Champagne ont investi le Palais du Tau à Reims pour répondre à une demande d'inscriptions de plus en plus forte. Une décision qui s'imposait, tôt ou tard...

    Lire la suite

  • Le nez toujours dans le vert

    Champion du monde du vignoble le plus bio de France, d'après des sources bien alimentées par la fonte des dernières neiges, le Jura concourt également dans la catégorie du plus cool salon du vin bio régional organisé alternativement au nord et au sud de Lons le Saunier. Et là, il n'y a pas photo. Médaille d'or haut les verres! Cinquième édition en 2015 et record battu! Grosse affluence publique et professionnelle, le dimanche comme le lundi pour de grands moments de découverte, d'échanges et de convivialité, les vignerons jurassiens bio ont encore distillé une sacrée ambiance au domaine de la Pinte, le troisième dimanche de mars. Pour le Nez dans le vert, hip hip hip ...Jura!*

    Lire la suite

  • Le vin de la semaine

    Quand il ne fait pas du vin le dimanche en Languedoc, Émile Hérédia travaille encore la semaine dans son vignoble de Montrieux, en Vendômois. "Vendez-moi, vendez-moi!" lui semblait-il entendre toutes les nuits dans son sommeil.

    Lire la suite

  • La Grincée des dents jaune

    C'est l'histoire d'une manifestation phare du vignoble jurassien, la Percée du vin jaune, dont la 19ème édition vient de se tenir dans le village de Montigny les Arsures.

    C'est l'histoire d'une grande fête populaire autour du vin, où la liesse n'empêche ni l'ivresse, ni certains débordements. Entre dégustation, découverte, hédonisme, festivisme, bacchisme, hygiénisme et puritanisme, mais faut-il s'en plaindre?

    La Percée, rien qu'une beuverie sans intérêt ou bien?

    Lire la suite

  • Voyage dans l'Espace (Chambertin)...

     

    logo-roi-chambertin.jpg

    Créée à la fin du XIXème siècle, la fête du vin de Gevrey-Chambertin a fini par arrêter son char. De populaire, elle était devenue élitiste et people, récompensant une personnalité de la gastronomie, de la presse ou des arts le premier vendredi de novembre. Jamais déchu, mais un peu déçu, le Roi Chambertin a simplement pris un congé sabbatique en 2001. Le Roi Chambertin est mort, vive le Roi Chambertin! Sous l'égide du Syndicat des vignerons de Gevrey, il règne de nouveau depuis 2011.

    Capture d’écran 2014-11-15 à 19.14.05.png

    Sous une forme légèrement différente, recentré sur une grande dégustation à l'intention des journalistes professionnels et d'une poignée de blogueurs invités, de façon beaucoup plus restrictive qu'à l'édition 2013. Judicieusement accolé aux trois Glorieuses bourguignonnes de la mi-novembre, le Roi Chambertin ouvre le bal et, depuis deux ans, se répand dans l'Espace. Celui qui lui est dédié, dans sa bonne ville de Gevrey, (après deux premières éditions mitigées au cœur de Beaune). Une belle dynamique s'est créée, parallèlement à l'arrivée de sang neuf dans pas mal de domaines, la nouvelle génération qui s'affirme. Soudée, enthousiaste, avec l'envie d'en découdre dans le monde du vin et de faire parler d'elle, sous un œil parental plutôt bienveillant. La manifestation se poursuit les jours suivants, sous une forme caritative, avec moult animations, dont une vente aux enchères à l'intention des particuliers.

     

    IMG_0352.jpg

    La primeur réservée à cet événement, c'est la découverte officielle du millésime précédent, que les vignerons refusent désormais de proposer à la dégustation printanière (devenue rituelle pour répondre à la demande de la critique internationale et du marché), ceci afin de ne pas avoir à soumettre aux professionnels du monde entier des échantillons pré-pubères, truffés d'acné ou de bulles malolactiques et toujours langés dans leur couche-culotte de chêne. Il faut néanmoins se faire une raison. Du bois, il en reste encore une ou deux stères par ci par là, affouage oblige, allant crescendo des villages aux grands crus. 2013, millésime de vigneron, sous-entendu compliqué à gérer, a été au final peu productif. Les jus sont jolis, plutôt concentrés, souvent serrés, de bonne garde et à attendre. D'ailleurs, ils ne sont même pas encore en bouteilles pour la plupart d'entre eux. Quelques "villages" se goûtent déjà très bien et auraient pu faire l'affaire lors du repas convivial qui a suivi. Généreux, les vignerons de Gevrey ont la bonne idée d'inviter des représentants d'une autre appellation. Le pass pour le Roi Chambertin, après Côte Rôtie l'année dernière, c'est au tour de Sancerre de s'en servir. Cinq vignerons ont fait le déplacement jusqu'en Bourgogne, pour proposer leurs vins à la dégustation et à l'apéritif qui a suivi. Un moment plutôt rafraîchissant, qui a permis de bien faire la différence entre sauvignon sur calcaire ou sur silex.

    IMG_0353.jpg

    Téléportation Chez Guy, en l'espace d'un instant. Privatisé pour l'occasion, le célèbre restaurant local a fait salle comble pour accueillir une nouvelle petite poignée de présidents, mais pas de la République, cette fois-ci.

    IMG_0362.JPG

    Moi, à la table des Présidents (du BIVB, du Syndicat des vignerons de Gevrey, du CAVB), chez Guy (and family), j'ai bien mangé et bien bu.

    IMG_0356.jpg

    De 2013 à 2003, il n'y a qu'un pas, 10 petites années qui permettent de se rendre compte du potentiel du Roi Chambertin, très à l'aise dans les millésimes difficiles ou atypiques. Petit aperçu non exhaustif en images et, souvent, en grand format:

    IMG_0360.jpg

    Laurence Mortet et Lavaux-Saint-Jacques 2003

    IMG_0367.jpg

    Le Clos de Bèze de Drouhin-Laroze, top!

    IMG_0369.jpg

    Jérôme Galeyrand, en balade sur la Croisette.

    IMG_0370.jpg

    Arnaud Mortet au service du Chambertin 2003.

    IMG_0371.jpg

    Chambertin 2003...

     

    IMG_0372.jpg

    David Rossignol-Trapet, le sourire du Chambertin 2003.

    IMG_0376.jpg

    Charmes Chambertin 2003 de René Bouvier.

    IMG_0366.jpg

    Une soirée de ce calibre ne serait rien sans un numéro de duettistes parfaitement rôdé. Le discours officiel, prononcé dans un français parfait, avec juste un poil d'accent bourguignon, par Philippe Charlopin, avec traduction simultanée en anglais par Jean-Michel Guillon, à l'intention des nombreux journalistes anglo-saxons ou japonais ici présents, valait son pesant de Chambertin. Une chance que le Président revienne tout juste des States, ce qui lui a permis de largement peaufiner son accent.

     

    IMG_0382.jpg

     

    Non, le Roi Chambertin n'est pas mort. Il a envahi l'Espace, celui d'une soirée.

     

    Olif

     

    P.S.: merci aux vignerons de Gevrey et à Fabienne Ballorin, qui a une nouvelle fois parfaitement géré l'organisation de cette journée.

    IMG_0373.jpg

  • Épisodes cévenols

    DSC_4930.JPG

    Tandis que des trombes d'eau s'abattent pour la troisième fois consécutive sur le Gard et l'Hérault, il est agréable de repenser aux temps heureux où le soleil régnait en maître sur le grand Sud, faisant mûrir le raisin aussi rapidement que le fessier volontiers affaissé des touristes de l'arrière-saison, celui qui ne peut qu'accuser les outrages du temps et que les moins de soixante ans ne peuvent pas connaître, lorsqu'une exposition solaire outrancière assimile la peau de l'humain à celle du poulet de batterie soumis aux radiations thermiques d'une rôtissoire de supermarché le dimanche en fin de matinée, quand il ne ravale pas le grain de beauté au rang de la vilénie et le mélanome au rang de la mélabête.

    cévennes,olivier privat,renaud berthoud,mazet des crozes,la glacière,les vins des lys,uzès,duché d'uzès,le tracteur

    Un épisode cévenol désigne une situation humide, fortement arrosée et intense, qui touche le piémont cévenol, de l'Hérault au Gard, jusqu'à la Lozère, même. 2014 semble prendre le chemin d'une série au long cours, espérons que la saison 2 soit recalée faute d'audience. Cantonné du côté d'Uzès à la mi-septembre (l'eusse-je déjà raconté, au plus que parfait du subjonctif?), il n'eût pas fallu attendre bien longtemps avant que les herbes n'envahissent la place (aux Herbes), après l'arrosage intensif auquel celle-ci a été soumise. Heureusement, il arrive aussi des épisodes cévenols ensoleillés, au moment des vendanges.

    IMG_0053.JPG

    Au Mazet des Crozes de Renaud Berthoud, fraîchement replié en IGP Cévennes, où son mazet a trouvé refuge après avoir délaissé l'océan d'Oc, peu enclin à soutenir les petits domaines noyés dans la masse des vignes gardoises. Un mazet où tout n'est pas facile tous les jours, mais dont les occupants continuent d'avancer, bousculant la routine de cet arrière-pays nîmois, ni quelqu'un d'autre d'ailleurs. Les travaux de construction de la nouvelle cave, loin d'être terminés, n'empêchent pas de ramasser pléthore de beaux raisins, des volumes plutôt inhabituels pour le Mazet. 2014 a été généreuse, et ce n'est pas la moindre de ses qualités. Un nouveau départ, en quelque sorte, après la "petite crise d'adolescence" de la dixième année..

    cévennes,olivier privat,renaud berthoud,mazet des crozes,la glacière,les vins des lys,uzès,duché d'uzès,le tracteur

    Ces grenaches de Gajan, il a fallu les trier à la vigne, du fait d'une maturité inhomogène, et ne garder que les plus beaux. Les autres seront ramassés plus tard, entre deux épisodes cévenols particulièrement costauds.

    Dix ans maintenant que ce projet de vie original, au milieu des vignes, associe vin et création artistique. Vent d'anges, Ange et l'Hic, (R)assembler, autant de cuvées qui vieillissent harmonieusement et qui font plaisir à boire entre deux épisodes cévenols culturels co-organisés par Nathalie Bruggey et Renaud Berthoud. Le prochain, ce sera le vendredi 17 octobre, et ça va swinguer dans le Mazet! Un épisode festif que les Gardois devraient se garder de manquer, histoire d'oublier, l'espace d'un instant qu'ils vivent (en partie) dans les Cévennes.

    cévennes,olivier privat,renaud berthoud,mazet des crozes,la glacière,les vins des lys,uzès,duché d'uzès,le tracteurcévennes,olivier privat,renaud berthoud,mazet des crozes,la glacière,les vins des lys,uzès,duché d'uzès,le tracteur

     

    Loger du côté d'Uzès était l'occasion de rencontrer, au cœur du Duché, Olivier Privat. Je ne m'en suis pas privé. Olivier, c'est d'abord la Glacière, une opportunité familiale de produire du vin en faisant revivre les installations du grand-père, abandonnées depuis des décennies. Une affaire plutôt artisanale, démarrée en 2004, sans électricité ni véritable moyen, qui a donné naissance à quelques cuvées mythiques, dont la fameuse "À Ferdinand", dédiée au grand-père. Il a pas mal bourlingué, Olivier, avant de se reconvertir dans la vin. Il a même fait dans l'immobilier, il n'y a pas de sot métier. Ce qui l'a amené à investir dans la gastronomie, sa grande passion, et aider à l'installation aux Trois salons d'Uzès de Peter Nielsen, grand chef suédois depuis parti sous d'autres cieux, en train ou en avion, va savoir. Olivier Privat, lui, est revenu en tracteur.

    cévennes,olivier privat,renaud berthoud,mazet des crozes,la glacière,les vins des lys,uzès,duché d'uzès,le tracteur

    Un vieux Massey qui a encore pu faire le chemin sans caler entre Sanilhac-Sagriès et Argilliers, et qui profite désormais d'un repos bien mérité sur le parking d'une immense ferme recyclée, à deux pas du Pont du Gard. En pleine campagne, dans un vaste espace dédié à l'art culinaire en particulier, à l'art en général. À la fois restaurant, cave, épicerie et lieu artistique, c'est Le Tracteur. Une vaste cuisine, ouverte sur la salle et la salle ombragée, habitée par un prodige des casseroles, Numa Testud, qui sait enchanter l'assiette avec les produits frais du marché. Simplicité, justesse et précision d'une cuisine d'inspiration bistronomique, cet épisode cévenol gastronomique fut largement arrosé, comme il se doit.

    cévennes,olivier privat,renaud berthoud,mazet des crozes,la glacière,les vins des lys,uzès,duché d'uzès,le tracteurcévennes,olivier privat,renaud berthoud,mazet des crozes,la glacière,les vins des lys,uzès,duché d'uzès,le tracteurcévennes,olivier privat,renaud berthoud,mazet des crozes,la glacière,les vins des lys,uzès,duché d'uzès,le tracteurcévennes,olivier privat,renaud berthoud,mazet des crozes,la glacière,les vins des lys,uzès,duché d'uzès,le tracteur

    cévennes,olivier privat,renaud berthoud,mazet des crozes,la glacière,les vins des lys,uzès,duché d'uzès,le tracteur

    Jolie dégustation verticale et apéritive de la Glacière, avec un ours polaire, le premier millésime d'À Ferdinand, en magnum s'il vous plaît. Un 2004 sur l'âge, mais encore en forme. Et puis le Nerveux, un cinsault un brin énervé à sa naissance et passablement assagi depuis, mais toujours très glou. Dans sa version 2013, la Glacière se décline en deux cuvées. La cuvée éponyme La Glacière, toujours en Vin de France, remplace celle du grand-père et fame longue, Côtes du Rhone parcellaire, a vu le jour. Deux bien jolis canons. Les Lys, vaste domaine repris par Olivier Privat et Ray Monahan, mettent Uzès et les Cévennes à l'honneur. Réputés pour leur fraîcheur, les vins des Cévennes, achetés à bon prix par des négociants, finissent souvent assemblés à d'autres vins sudistes beaucoup plus chaleureux, très peu revendiquant officiellement leurs origines. Syrah, petite ou grande, et grenache ont bien des choses à dire. Caillasses 13, c'est une bombe de grenache récolté à haute maturité qui te tapisse le gosier sans lâcher tous ses chevaux. Du grand art!

    cévennes,olivier privat,renaud berthoud,mazet des crozes,la glacière,les vins des lys,uzès,duché d'uzès,le tracteur

    Dernier épisode de cette virée cévenole, au sortir du Tracteur, aller rogner quelques coustons à la Glacière. Issu du croisement du grenache noir et de l'aubun, le couston est un cépage sévèrement burné, apte à relever une cuve jugée trop fluette. Et nous voilà donc partis à Tresques, réputée pour la qualité de son eau, aussi fraîche que les vins de la Glacière, dont les clés ont été confiées à un couple de jeunes vignerons enthousiastes et talentueux, Julie Le Breton et Christophe Vial.

    cévennes,olivier privat,renaud berthoud,mazet des crozes,la glacière,les vins des lys,uzès,duché d'uzès,le tracteur

    Il ne manquait plus qu'un roux dans les coustons, avant qu'un épisode cévenol vespéral, alliant coup de vent, pluie et grêle, ne vienne interrompre cette séance de vendange improvisée, achevée par un pigeage dans les règles de l'art et, évidemment, par un copieux repas dans la maison de Ferdinand.

    cévennes,olivier privat,renaud berthoud,mazet des crozes,la glacière,les vins des lys,uzès,duché d'uzès,le tracteur

    Ne manque à ce tableau cévenol qu'une ultime photo de famille. Parce que la famille, ici, ça signifie quelque chose. Le soutien, le partage, l'échange, les liens sont forts. Le Tracteur est une affaire de famille, la Glacière également. Jean-Marie Chenivesse, le cousin d'Olivier, en fait partie. Coopérateur zélé, il bichonne ses vignes comme un jardinier, donne volontiers un coup de main et commence à s'émanciper. Sabran au clair, il élève désormais ses propres vins, de futurs bijoux qui vont demander du temps pour se patiner.

    cévennes,olivier privat,renaud berthoud,mazet des crozes,la glacière,les vins des lys,uzès,duché d'uzès,le tracteur

     

    Olif

  • Le vigneron de son bled

    DSC_4874.JPG

    Son bled, c'est Montbellet (prononcer Montb'llet). Jérôme Guichard a, fort à propos, "sauvé les terres" du jeune retraité Guy Blanchard en les reprenant sous le nom de domaine Sauveterre. 2,7 hectares de vignes, dans le Mâconnais, secteur de Bouchat et Perrières, auxquelles il faut ajouter 1 hectare de gamay de Leynes, lieu-dit Creuse noire, un terroir volcanique du Beaujolais qui fait des étincelles dans les mains de Jérôme. Auxquelles il faut aussi ajouter une dizaine d'hectares de terres lorgnées par les gros céréaliers du coin, pieusement conservées dans l'optique de les maintenir en bio et de les confier à quelqu'un qui les méritera, ce qui ne devrait peut-être plus tarder.

    DSC_4875.JPG

     

    Ancien "paysagiste à la Pref" de Saône-et-Loire, Jérôme Guichard a mordu au monde du vin chez Philippe Jambon, où il allait vendanger dès ses débuts, avant de l'aider à décuver, à des heures parfois indues, et autres menus travaux en cave. Visiblement titillé par le démon du vin, de préférence nature, "le Maître" l'a encouragé à vinifier. Passage à l'acte en 2010, et premier coup de maître, avec une épatante cuvée Au Bouteau d'Or, présentée en avant-première à la BiojoLeynes 2011. L'année suivante, Guy Blanchard, à la recherche d'un successeur en vue d'un départ en retraite bien mérité, lui proposait de reprendre sa ferme et ses vignes. Marché conclu! Assisté par Guy pendant une année, Jérôme Guichard vole désormais de ses propres ailes et produit des vins sans fards (et sans Blanchard) plutôt réjouissants.

    IMG_4829.JPG

    Du vin bio, cela va sans dire, et résolument nature, dans l'esprit. En toute transparence. Le SO2, il ne sait même pas ce que c'est, ni comment on fait pour en ajouter dans le vin. Un gros travail est produit dans les vignes, soigneusement entretenues et taillées selon Guyot-Poussard, dans l'optique d'une préservation des bois pour tenter de contrer naturellement l'esca, une plaie récurrente bien plus mortelle pour les ceps que la flavescence dorée.

    DSC_4878.JPGDSC_4880.JPG

    Bouchat                       et                        Perrières,

     

    Deux belles parcelles qui assurent la production des vins blancs du domaine Sauveterre, qui ont gardé leur dénomination: Bouchat, Perrières et Vin d'Montbled, issu des jeunes vignes de Perrières. Le Blanc Charmant est devenu Pet'Nat. La Creuse noire se décline en Jus de chaussettes, Creuse noire et Noir de Creuse noire. Sans parler des petites expérimentations qui traînent ça et là dans la cave et qui donneront peut-être un jour naissance à des micro-cuvées qu'il faudrait pouvoir ne pas manquer lors de la mise en bouteilles, mais, là, rien n'est moins sûr.

    DSC_4877.JPG

    Et, pour terminer, un petit négoce vient désormais étoffer la gamme, mise à rude épreuve du fait de plusieurs millésimes difficiles successifs. 

    Olif

  • Il tape sur des merrains et c'est n°1!

     

    DSC_4843.JPG

     C'est l'histoire de deux anthropophages qui sont à table. L'un dit à l'autre:

    - Pff! J'en peux vraiment plus de ma femme!

    - Finis au moins tes patates.

    L'accueil chez Dominique Derain, à Saint-Aubin donne tout de suite le ton. On est du bon côté de la vie, celui où l'on profite des bons moments sans se prendre trop la tête. Et où on se marre bien.

    dominique derain,biodynamie,saint-aubin,bourgogne,les bans

    C'est donc légèrement pliés en deux que nous sommes arrivés à la parcelle des Bans, en compagnie du Dom et de Lorenzo de' Grassi, chantre du bon vin naturel italien. Les Bans, un hectare de vignes idéalement situées en haut de Saint-Aubin, une des premières parcelles acquises aux enchères, à bon prix suite à une liquidation, par Catherine et Dominique Derain. Un acte qui a véritablement lancé le domaine en 1989, même si elle est désormais exploitée sous forme de GFA. La parcelle originelle, il faut la chercher à Gamay, lieu-dit en Vasvaux, une friche datant de l'ère pré-phylloxérique, replantée de ... chardonnay et pinot noir en 89. Toujours cultivée en bio depuis cette date, elle offre à l'œil un paysage non modifié depuis près de deux cents ans.

    dominique derain,biodynamie,saint-aubin,bourgogne,les bans

    Avant de faire du vin pour lui-même, Dominique Derain a vécu un certain nombre de vies antérieures, où il a été successivement tonnelier et régisseur de plusieurs domaines, de Chablis à Puligny. Des grands domaines, d'où il a toujours réussi à "se faire virer", en tentant parfois des expériences de vinification non homologuées par ses supérieurs hiérarchiques. De son passé viti-viticole, il a gardé un indéniable savoir-faire du vin. De son passé dans la tonnellerie, il a conservé une oreille musicale et un méga sens du rythme. La preuve en image, grâce à Lorenzo de' Grassi, qui a de bien meilleurs réflexes de vidéaste que moi!

     

     

    Si les fûts sont actuellement vides, c'est que tous les vins sont en bouteilles. La faute aussi à trois millésimes consécutifs peu productifs et grêlés. Les 2013 proposés à la dégustation goûtent déjà superbement, blanc comme rouge. Étiquetage relooké pour les Bans, nouvellement carossés avec une tôle rouge dans laquelle toutes les nuances du cru se déclinent. Le 2013 goûte étonnamment l'aunis (poivré végétal croquant) et c'est très bon.

    dominique derain,biodynamie,saint-aubin,bourgogne,les bans

    En bonus, un Gevrey-Chambertin 2004 qui commence à donner tout ce qu'il a dans le ventre, dans un millésime pas facile.

    Pour le reste, tout le monde sait que Dominique a les deux reins solides et ce n'est pas les ennuis qu'il a pu avoir avec l'AOC dernièrement qui vont brider son enthousiasme.

    Un foie, Derain, trois raisons de boire du Saint-Aubin!

     

    Olif

     

    P.S.: c'est les vacances, le blog d'Olif fait légèrement relâche, tout en vaquant à quelques obligations viniques. Dont une petite interview dans l'Express qui ne manque pas de style...

     

     

     

  • La cadette du Marmandais

    "Ah! Ah! Ah! oui vraiment

    ... Stéphanie Roussel est bon enfant!"

     

    stéphanie roussel,lassolle,côtes du marmandais,romestaing,ad naturam,

    Tandis que Mme Olif s'essayait virtuellement au maniement de la pipette, Stéphanie Roussel, la seule vigneronne au monde qui sait rester jeûne face à l'adversité, a tiré un Coup franc magistral en pleine lucarne. Goaaaal! Oui, dans le Marmandais, on ne cultive pas que des tomates, qu'on se le dise. Même si, curieuse et gourmande de tout, Stéphanie a fait le forcing auprès d'une vieille dame du cru pour récupérer des graines de variétés anciennes, pour cultiver son propre potager, entre deux coins de vignes, le tennis et la piscine, reliquats du temps où elle avait des associés.

    stéphanie roussel,lassolle,côtes du marmandais,romestaing,ad naturam

     

    Depuis qu'elle a racheté les parts des investisseurs anglais qui avaient mis des billes dans Lassolle, Stéphanie Roussel revit. "Elle s'est endettée pour 120 ans", mais est redevenue la seule maître de Lassolle. Libérée d'une entrave, elle peut désormais se réinvestir comme bon lui semble dans ses vignes, dans ses vins et dans son "château". Se libérer de la contrainte du bois, en éliminant progressivement les barriques pour les remplacer par des cuves où son vin s'épanouit mieux. D'autant mieux qu'il aura été bercé par Pink Floyd, Beethoven ou Mozart, qui tournent en boucle sur le lecteur CD placé de la cuverie. "Mes vins, ils aiment être élevés en musique, ça leur fait du bien!" En musique et par gravité, avec le moins possible d'intervention humaine du moment qu'ils évoluent bien.

     

    stéphanie roussel,lassolle,côtes du marmandais,romestaing,ad naturam

    Les raisins, eux, ils sont élevés en compagnie des petits lapins et des chevreuils, qui ne sont même pas effrayés par la proximité de la propriété et les éclats de voix de Stéphanie. Quelques grains restent bien sur le tapis, mais ça fait partie du jeu. Pratiques biodynamiques, inspirées de son modèle bourguignon, Lalou-Bize Leroy, grande dame du vin, dont elle admire l'aura et les vins. Du Bordeaux, si proche (le Marmandais jouxte l'Entre-deux-mers, dont il est le prolongement naturel), elle se verrait bien en vinifier un jour. Par défi! Parce qu'avec son "modeste" terroir du Marmandais, elle est déjà capable de s'en approcher beaucoup.

    stéphanie roussel,lassolle,côtes du marmandais,romestaing,ad naturam

    Lassolle 2010, assemblage de cabernet franc, cabernet sauvignon et merlot en a d'ailleurs bien l'air. "Merde, j'ai fait du Bordeaux!", s'est-elle exclamée à la dégustation! Elle voulait même l'appeler ainsi par boutade. Pas déontologique, ni envisageable, mais ce vin, capable de rivaliser avec bon nombre de crus de Gironde, possède même une buvabilité bien supérieure.

    stéphanie roussel,lassolle,côtes du marmandais,romestaing,ad naturam

    Coup franc 2008, issu des vieilles vignes de cabernet, marque au but à tous les coups. Mais le grand choc ici provient de l'abouriou, cépage autochtone authentique et rustique. De l'ancien rouge qui tache, désormais décliné dans la gamme Ad Naturam, avec le blanc qui tentait et le rosé qui touchait.

     

    stéphanie roussel,lassolle,côtes du marmandais,romestaing,ad naturam

     

    "Ah! Ah! Ah! Oui vraiment

    Stéphanie Roussel est bon enfant"

     

    Olif

  • Les nerfs en pelote

     

    DSC_4807.jpg

    "L'origine du monde basque" de Gustave Courbif ©

    Un béret vissé sur le crâne, Gustave Courbet eût-il peint cette origine du monde basque, au cœur des Aldudes, cuisses serrées et maillot mal épilé? Pas sûr! La touffe hirsute peut pourtant s'expliquer par la météo de ce début d'été 2014, plutôt bien arrosé, limite chasse d'eau détraquée. Un amas de flotte tombée du ciel le 4 juillet s'est déversé en de multiples robinets jusque dans la Nive, du côté de Saint-Jean-Pied-de-Port. Retour de manivelle, le niveau est monté de 4 mètres en quelques heures, submergeant les ponts et occasionnant de gros dégâts essentiellement matériels, ce qui eu néanmoins pour effet de mettre les nerfs de nombreux Basques en pelote. Coulées de boue, terrains glissants, routes coupées, maisons inondées, voitures emportées, animaux noyés aux abattoirs au lieu d'être égorgés, piments assaisonnés, vignes en terrasses terrassées, rien ne fut épargné au pays du béret, qui s'est retrouvé légèrement de travers, l'espace d'un instant.

    pays basque,saint-jean-pied-de-port,domaine bordatto,txalaparta,lur uméa,pierre oteiza,les aldudes,jaxu,irouléguy,

    C'est cette vision post-apocalyptique qui s'offrait aux regards des touristes juillettistes, pélerins, randonneurs ou marcheurs en sandales, espadrilles ou basquettes baskets. Vert, évidemment, et rouge, comme cette terre argileuse en maints endroits éboulée, les couleurs du Pays basque ne sont pas usurpées. Mais aussi pluvieux soit-il, un séjour basque ne manque jamais de piment. Souvenirs de vacances, tout près d'Espelette...

     

    Urkulu

    pays basque,saint-jean-pied-de-port,domaine bordatto,txalaparta,lur uméa,pierre oteiza,les aldudes,jaxu,irouléguy

    Que tu avances ou que tu recules, tous les chemins mènent à l'Urkulu. Comment veux-tu? Ce gentil sommet, au pied du col d'Arnosteguy, à peine à l'écart des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, est couronné des vestiges d'une tour romaine de 3 mètres de haut pour 20 mètres de diamètre. Un timing serré et une météo capricieuse nous empêcheront d'aller en vérifier les mesures, mais rien que la balade sur les crêtes vaut le détour.

     

    Xipister Etxekoa

    pays basque,saint-jean-pied-de-port,domaine bordatto,txalaparta,lur uméa,pierre oteiza,les aldudes,jaxu,irouléguy

    La tabasco basque! Mélange original créé à base de piment d'Espelette frais, ce condiment relève sans emporter et égaye pâtes, riz, viandes ou poissons. Hipster? Non, Xipister! Et t'sais quoi? C'est succulent!

     

    Cidre

    pays basque,saint-jean-pied-de-port,domaine bordatto,txalaparta,lur uméa,pierre oteiza,les aldudes,jaxu,irouléguy

    Si l'on en croit la "petite et véritable histoire de la pomme et du cidre", contée sur le site du domaine Bordatto, le cidre, c'est basque. Point. Tout comme Adam, célèbre berger qui a fini par en croquer, au grand désespoir de la pauvre Ève, tombée aussitôt dans les pommes. Après avoir goûté Txalaparta, n'importe quel breton, normand ou québecois devrait en convenir. Txalaparta, c'est un instrument de musique basque. C'est aussi le son qui est produit quand on en joue, un son qui évoque le galop d'un cheval et une succession d'improvisations. Txalaparta, c'est désormais aussi le nom d'une des cuvées du domaine Bordatto. Une cuvée non improvisée, mûrement réfléchie, élaborée à la manière d'un vin blanc, avec deux variétés de pommes anciennes sur un terroir spécifique. Txalaparta, ce sont de fines perles de pomme qui galopent dans ton palais comme un pottock sur les crêtes d'Urkulu. Txalaparta, c'est la révélation de ce que peut être un grand cidre de gastronomie.

     

    Vin

    pays basque,saint-jean-pied-de-port,domaine bordatto,txalaparta,lur uméa,pierre oteiza,les aldudes,jaxu,irouléguy

    Lur umea, le petit de la terre. AOP Irouléguy, de Pascale et Bixintxo Aphaule, vignerons, cidriers et enfants du haut pays basque. Le domaine Bordatto une nouvelle fois à l'honneur, avec ce rosé 100% tannat, unique cuvée sortie de leur chai en 2012, parce que le millésime se prêtait plutôt bien à l'élaboration d'un vin rosé de caractère. Ne possédant que peu de vignes (1ha) et devant faire face à de faibles volumes depuis quelques années, Bixintxo se voit contraint de décider dès la vendange du destin du "petit". Après un rouge léger vinifié sans sulfites en 2010, il a sorti le grand jeu en 2011. Joko, le jeu et l'alliance de la pomme et du raisin. Mutage sur marc avec de l'eau de vie de pomme. Un coup de poker et une grande réussite, d'une finesse incomparable, qui renvoie dans leurs 22 pas mal de vins doux naturels de plus prestigieuse renommée, souvent un peu lourds et plombés par l'alcool. 

     

    Cochon

    pays basque,saint-jean-pied-de-port,domaine bordatto,txalaparta,lur uméa,pierre oteiza,les aldudes,jaxu,irouléguy

    Il est mignon, le petit cochon basque. Une race sauvée de l'extinction par une poignée d'éleveurs et qui gambade en semi-liberté dans le pays Quint. Visiter la ferme de Pierre Oteiza, aux Aldudes, est un moment riche en émotions et en saveurs. Tellement bon, le petit cochon, de la queue aux oreilles, qu'on ne peut s'empêcher de vouloir en ramener un à la maison. En kit, évidemment, à monter soi-même! À la rigueur en peluche, ça amuse les (grands) enfants (et leur mère).

     

    pays basque,saint-jean-pied-de-port,domaine bordatto,txalaparta,lur uméa,pierre oteiza,les aldudes,jaxu,irouléguypays basque,saint-jean-pied-de-port,domaine bordatto,txalaparta,lur uméa,pierre oteiza,les aldudes,jaxu,irouléguy

    Arrambide

    pays basque,saint-jean-pied-de-port,domaine bordatto,txalaparta,lur uméa,pierre oteiza,les aldudes,jaxu,irouléguy

    Impossible d'aller dans les Pyrénées sans manger aux Pyrénées! À Saint-Jean-Pied-de-Port, la table gastronomique de Firmin Arrambide, où œuvre désormais son fils Philippe, est un must. Le cadre semble immuable, tout comme le sommelier et maître d'hôtel, à l'humour particulièrement aiguisé. Des retrouvailles 6 ans après, tout juste si mon rond de serviette était encore à sa place. Les premiers cèpes de la forêt d'Iraty, juste magnifiques, étaient exposés à l'entrée avant de finir dans l'assiette. Sans malheureusement figurer dans notre menu, mais le chef nous a proposé une belle cuisine fraîcheur, avec des produits de qualité. La carte des vins est d'un classicisme à toute épreuve.

     

    Biarritz

    pays basque,saint-jean-pied-de-port,domaine bordatto,txalaparta,lur uméa,pierre oteiza,les aldudes,jaxu,irouléguy

    Aller au Pays Basque sans faire escale à Biarritz, c'est un peu comme traverser l'Allier sans s'arrêter à Charroux. Une lacune incommensurable qui ne nous aurait pas permis d'assister à ce défilé de burqas de bain sur la plage, tandis que les surfers s'en donnaient à cœur joie dans un océan un brin agité du bocal. Pause tapas chez Puig et Daro, rue Gambetta. Tables hautes en balcon sur la rue, chouettes ardoises de charcuterie espagnole ou d'anchois, assiettes de chipirons ou de poulpes et belle sélection de vins, avec deux références jurassiennes (domaine de Saint-Pierre et Jean-Michel Petit). Bravo! Irouléguy rosé 2012 d'Arretxea, tout en fraîcheur acidulée, idéal avec les tapas. Une jolie adresse, toute simple, pour pas (trop) cher.

    pays basque,saint-jean-pied-de-port,domaine bordatto,txalaparta,lur uméa,pierre oteiza,les aldudes,jaxu,irouléguypays basque,saint-jean-pied-de-port,domaine bordatto,txalaparta,lur uméa,pierre oteiza,les aldudes,jaxu,irouléguy

     Olif

  • Vins natures dans la nature et aux Jardins: après la Mailloche, un tour aux Tourillons!

    DSC_4687.JPG

     

    Stéphane Planche, le caviste-sommelier des Jardins de Saint-Vincent en Arbois, le vin nature, c'est son jardin et une seconde nature. Un double concept qui a désormais fait ses preuves: déguster du vin nature à même la parcelle qui l'a produit. Après En Chaudot (pour une dégustation mémorable au milieu des vaches), Château Chalon (et l'embrasement du Puits Saint-Pierre) et la Mailloche il y a deux ans (les pieds dans la marne jaune, avec une jolie perspective sur le domaine de l'Octavin, une dégustation mystérieusement portée disparue du blog au creux de l'été 2012), les Tourillons ont eu le privilège de recevoir la quatrième édition de ces "Vins natures dans la nature", orchestrée par le jardinier de Saint-Vincent. Les Tourillons, là où tout a commencé pour Renaud Bruyère et Adeline Houillon. Sans doute pas l'un des plus beaux terroirs arboisiens, mais un terroir avec vue. Depuis cette parcelle complantée de chardonnay, savagnin et trousseau, la soirée fut particulièrement bien jardinée et organisée par Stéphane Planche et Renaud Bruyère.

    DSC_4696.JPG

     

    Une fois le cadre posé, dans le soleil couchant et le nez dans le verre, il n'y avait qu'à se laisser porter par l'enchaînement des cuvées et des millésimes. Prometteur Arbois blanc 2013, assemblage de chardonnay et de savagnin dans les proportions de la parcelle des Tourillons, tiré sur fût, encore sur des notes fermentaires. Le même, en 2011, déjà bien posé, et, pour finir les blancs, un Arbois-Pupillin 2012, pur chardonnay majuscule, à la grande dimension argileuse pupillanaise.

    Plouplou.jpg

    Quel plus beau spectacle qu'un verre de ploussard dans le soleil couchant? Et quel ploussard! Cet Arbois-Pupillin 2012 presque orange, c'est du rouge, avec de magnifiques petits tanins fluides, qui glissent dans le gosier en laissant néanmoins leur empreinte sur les papilles. Vin de soif, donc, mais pas uniquement, car doté d'une grande personnalité. Dans un autre style, avec une robe plutôt groseille, l'Arbois trousseau 2012 détonne et étonne. Du jus de grenade bio qui te pète à la gueule, avec une petite astringence rustique que j'aime beaucoup et qui accroche au palais. On en boirait presque au petit déjeuner! Le 2011 est un ours polaire (© Du Morgon dans les veines), dont il ne reste plus beaucoup d'exemplaires. Heureux les chanceux qui en ont gardé un peu, c'est juste magnifique. D'ailleurs, je crois qu'il m'en reste une ou deux bouteilles.

     

    IMG_4598.JPG

    En bonus, un rouge 2013 tiré du fût, supposé problématique car parti d'emblée sur l'acétate. ll revient pourtant très bien, même s'il ne devrait pas être commercialisé et plutôt destiné à devenir le vin des vendanges 2014. Ce qui devrait d'ailleurs attirer un maximum de vendangeurs chez Adeline et Renaud cette année, à l'heure du repas. Et puis, Les oubliés de Paname, cette  fameuse cuvée de vendanges tardives faite par Renaud avec les raisins "oubliés" par les vendangeurs parisiens de Stéphane Tissot en 2009. Dans le genre surmaturé (presque) sec, une petite merveille.

    IMG_4600.JPG

    Vins natures dans la nature, quatrième, et un concept toujours aussi séduisant. À pratiquer de préférence par une belle soirée ensoleillée du mois de juin pour mieux profiter du paysage et des vins, avant de danser autour d'un feu de la Saint-Jean.

     

    Olif

     

    P.S.: en bonus photo, Vins natures dans la nature 2012, ou Arbois vu depuis la Mailloche, versant Octavin. De bien belles images qui se passent de commentaires!

     

    renaud bruyère,jardins de saint-vincent,arbois,les tourillons,arbois-pupillin,ploussard,trousseau,renaud bruyère,jardins de saint-vincent,arbois,les tourillons,arbois-pupillin,ploussard,trousseau,renaud bruyère,jardins de saint-vincent,arbois,les tourillons,arbois-pupillin,ploussard,trousseau,renaud bruyère,jardins de saint-vincent,arbois,les tourillons,arbois-pupillin,ploussard,trousseau,renaud bruyère,jardins de saint-vincent,arbois,les tourillons,arbois-pupillin,ploussard,trousseau,renaud bruyère,jardins de saint-vincent,arbois,les tourillons,arbois-pupillin,ploussard,trousseau,renaud bruyère,jardins de saint-vincent,arbois,les tourillons,arbois-pupillin,ploussard,trousseau,

    renaud bruyère,jardins de saint-vincent,arbois,les tourillons,arbois-pupillin,ploussard,trousseau,

  • VDV#67: rencontres du troisième type au fond à gauche

     

     

    gramenon,clos des mourres,jean-philippe bouchet,ingrid bouchet,édouard fortin,les grands enfants,domaine d'ouréa,vincent thomas,clos baccarat

     

     

     

    VendredisduvinÀ la demande du belgo-suisse allemand amateur de bières rebelles et de vins libres, la 67ème édition des Vendredis du vin impose de sortir de sa tanière pour aller à la rencontre des énergumènes qui font du vin. Des gens parfois comme nous, comme vous, mais pas toujours. Pour les rencontrer, il faut savoir sortir de sa cave pour aller dans la leur, et ne pas rechigner à marcher dans les vignes. Aller dans le vignoble, là où l'on a plus de chances de voir ce genre de bestiau, ou, pour les Parisiens, fréquenter les tasting mondains et autres laboratoires du vin, à moins que l'on ne préfère des manifestations bobo de moindre envergure avec vignerons potentiellement allergiques aux sulfites. Plutôt que de tout bêtement dévaler 4 à 4 les escaliers de sa cave, au risque de se fracasser la cheville ou la tête en ratant une marche ou en buvant les dernières bouteilles de grand cru classé de Bordeaux ou d'ailleurs, que l'on n'a pas manqué d'acheter lorsque l'on était jeune et con, totalement ignorant de ce qui fait la réelle qualité d'un vin.

    «Par ces bouteilles, souvenir de vos voyages dans la galaxie du glou, faites-nous revivre vos rencontres du 3e type avec ces vignerons qui ont fait du monde du vin, votre passion indestructible».

    Voilà ce qu'il nous a dit en substance, l'apothicaire italo-austro-hongrois-brusseleir, ex alsacomaniaque, dont on ne sait plus bien quelle a pu être sa véritable nationalité un jour, si jamais il en a eu une. Force est de reconnaître qu'il me suffirait de recopier ici une bonne moitié de ce blog, dédié essentiellement à mes pérégrinations dans le vignoble, parce qu'il y a belle lurette que je suis convaincu que la vérité n'est pas dans le verre, mais dans l'œil du vigneron, voire dans sa tronche, ce qui nécessite de partir à la découverte autant que faire se peut. Mais je ne la jouerai pas petit bras et vous aurez droit à de l'inédit, du tout frais et du récent. Batifoler dans le vignoble, afin d'y rencontrer le troisième type au fond à gauche, n'est donc pas un exercice qui m'est trop difficile. Mon type à moi ne ressemble pas à E.T, même s'il lui arrive parfois d'avoir les yeux globuleux et le téléphone rivé à l'oreille pour appeler à la maison. Non, l'objet de la quête de ces VDV, c'est "l'intra-terrestre", ce type au teint basané, à la peau rugueuse, aux yeux rougis par le soleil, parfois chaussés de lunettes noires, qui a du mal à se passer de mettre les mains dans le sol de sa vigne pour creuser son sillon et révéler son terroir.

     

    gramenon,clos des mourres,jean-philippe bouchet,ingrid bouchet,édouard fortin,les grands enfants,domaine d'ouréa,vincent thomas,clos baccarat

     

    Le troisième type de la photo (celui qui est juste devant les deux filles, que l'on croirait issues du tableau figurant plus haut, après qu'elles aient déchaussé leurs verres) semble sorti tout droit d'un film d'espionnage. C'est pourtant un vigneron. Son nom est Bouchet. Jean-Philippe Bouchet. Un amour(re) de vigneron rencontré de prime quelques mois plus tôt sur un salon breton festif et retrouvé, peu de temps après dans la cave d'un domaine voisin, lors d'un autre salon où il était invité. Un gars bien sympa, Jean-Phi, quoique un peu collant en fin de soirée. Mais un vainqueur. Un vrai, si l'on en croit Ingrid, sa douce moitié, que l'on est bien content d'avoir rencontré aussi. Tout aussi photogénique, voire beaucoup plus, mais souvent en mouvement et plus difficile à saisir dans l'objectif, c'est regrettable.

    gramenon,clos des mourres,jean-philippe bouchet,ingrid bouchet,édouard fortin,les grands enfants,domaine d'ouréa,vincent thomas,clos baccarat

    Quand il est au service, Jean-Philippe enchaîne les aces. Plop! Plop! Appliqué, le geste sûr et alerte, il vrille les bouchons sans trembler. Le vin atterrit dans les verres avec une grande précision, même avec les lunettes sur le front. Entre Jean-Phi et Ingrid, il y a de l'amour, mais il y a aussi des mourres. Le Clos des Mourres est né de leur union et de leur passion pour le vin et la salade: 5 hectares dans le secteur de Cairanne, auxquels il faut désormais ajouter 10 hectares de vignes et de cave, situés à Vaison la Romaine.

    gramenon,clos des mourres,jean-philippe bouchet,ingrid bouchet,édouard fortin,les grands enfants,domaine d'ouréa,vincent thomas,clos baccarat

    De biens jolis vins (NoVice, Tandem, Origines...), avant de finir Pompette. Blanc (grenache, clairette et bourboulenc) ou rouge (aubun et tempranillo, un assemblage qui vous prend à la fois aux burnes et aux tempes), remarquables par leur fraîcheur, leur flouté et leur buvabilité qui n'a rien de sudiste.

     

    gramenon,clos des mourres,jean-philippe bouchet,ingrid bouchet,édouard fortin,les grands enfants,domaine d'ouréa,

    Le quatrième type rencontré ce jour-là s'appelle Édouard Fortin. Il écrit sa propre histoire avec une nouvelle cuvée Solidarité, faite de raisins en provenance du Rhône sud, pour pallier encore un peu à la destruction criminelle de toute sa récolte 2013 dans l'incendie qui a détruit la cave de Robert Curbières à l'automne. Solidarnosc, Édouard!

    gramenon,clos des mourres,jean-philippe bouchet,ingrid bouchet,édouard fortin,les grands enfants,domaine d'ouréa,

     

    Rencontres vigneronnes de tous types, donc, le week-end de la Pentecôte au domaine Gramenon. Du vin dans les safres, sans oublier un petit salut à "Mémé san", les grenaches centenaires du domaine, rencontrés également à plusieurs reprises dans le verre, version grands formats et vieux millésimes, grâce à la générosité de Michèle Aubéry.

     

    gramenon,clos des mourres,jean-philippe bouchet,ingrid bouchet,édouard fortin,les grands enfants,domaine d'ouréa,vincent thomas,clos baccarat,

     

     

    Olif

     

     

  • La Fontude, le vin à la ferme

    la fontude,françois aubry,octon,brennas

     

    Profession: vigneron éleveur. De moutons. Et, à la Fontude, l'agneau du Salagou n'a pas un sale goût, au contraire. Lui, François Aubry, ingénieur. Elle, Sophie Valin, vétérinaire. Un grand projet commun et un retour à la terre: associer vignes et élevage, sur les contreforts du lac du Salagou, cette perle rougissante nichée au fin fond de l'Hérault. Les brebis paissent en liberté sur les terres défrichées des coteaux du Salagou. Une stabulation libre intégrale, avec un abri possible pour les bêtes en cas de pluies ou de fortes chaleurs. L'idée de départ était de restaurer et entretenir un espace végétal, de ne pas le laisser à l'abandon, pour préserver le patrimoine paysager, la flore et le faune. La production de viande d'agneau, magnifiquement goûteuse, s'est logiquement imposée dans un deuxième temps, le cheptel s'accroissant progressivement.

     

    Les vignes se trouvent à Octon. Quelques hectares de vieux cépages sauvés de l'arrachage. Terret bourret, carignan, cinsault, grenache, aramon, sur de beaux terroirs cultivés en bio et amendés avec le compost produit par les brebis. Premier millésime en 2003, avec un potentiel flagrant. La cave, il faut la chercher du côté de Brenas, sur les hauteurs, à quelques kilomètres de là. Dans un environnement plus pastoral que viticole. Construite pour la vendange 2005, juste à côté de la ferme, en paille fourrée de bouteilles (vides), un excellent isolant à moindre coût. Ce qui, du coup, n'a pas laissé beaucoup de temps à François pour s'occuper des vignes, un peu livrées à elles même cette année-là. Résultat, un vin "compliqué", en magnum uniquement, que le vigneron n'a jamais aimé et pas commercialisé. Ceux qui le goûtent sans aucun préjugé le trouvent pourtant fort bon et c'est le compagnon idéal d'une épaule d'agneau de la Fontude cuite au barbecue et du plus parfait tian de ratatouille mangé à ce jour.

    la fontude,françois aubry,octon,brenasla fontude,françois aubry,octon,brenas

    Les vins, élevés dans la plus grande simplicité et sans additifs œnologiques, arborent des étiquettes simples, reflétant l'esprit qui règne ici. La tête de brebis s'est imposée naturellement pour la cuvée Entremonde, assemblage en raisins de carignan, aramon, grenache et cinsault, vendangés et vinifiés ensemble. Le blanc remet le facteur sur le vélo. Et c'est Jour de fête. Celui de Tati, évidemment, dont le facteur s'appelait aussi François, coïncidence troublante. 100% terret bourret, récolté juste à point, c'est à dire pas trop mûr, et élevé sur lies fines, ce qui lui donne une finesse et une fraîcheur incomparables. Deux vins emblématiques du domaine, auxquels il convient de rajouter la Fontitude, du cinsault en macération semi-carbonique, parfois complété de carignan ou d'autre cépage. Amarèl, carignan complété de 30% de cépage blanc, du terret, possède un profil très intéressant. Toujours dans un souci de fraîcheur, évidemment.

    la fontude,françois aubry,octon,brenas

     

    Olif

  • Dans ses vignes...

    catherine bernard,hérault,languedoc,

     

    Dans les vignes, Catherine Bernard y a passé du temps et elle en passe encore. Elle en a même fait un livre. C'est à la Carbonnelle qu'elle a commencé à aller au charbon, en 2005, quand elle a plaqué le journalisme, après mûre réflexion, pour faire du vin. Ancienne correspondante de Libé dans le Sud de la France, basée à Montpellier, elle s'est lancée dans une formation viti-œno. Un retour à la terre, en quelque sorte. Fille du muscadet, elle avait envie de blanc. Compliqué, dans le Sud. Surtout dans ce coin-là. Alors elle fait du rouge. Et du rosé, aussi, un peu. Quand on arrive de Saint-Drézéry, il faut déjà emprunter le "boulevard de la chimie", une vaste allée qui traverse des vignes sous perfusion, plantées sur des sols qu'il faut parfois étayer avec des parpaings pour lutter contre l'érosion, avant d'arriver au lieu-dit la Carbonnelle.

    catherine bernard,hérault,languedoc,

    La Carbonnelle, c'est un peu plus de 3 hectares d'un seul tenant, plantés de mourvèdre et de grenache. Du grenache? Du Marselan, plutôt, ce qui n'était pas initialement écrit sur l'acte de vente. Issu d'un croisement entre grenache noir et cabernet sauvignon, il s'est avéré finalement être une chance pour l'ex néo-vigneronne, car il apporte une acidité et une fraîcheur dans ses vins, ce qui lui plaît plutôt bien. Bosseuse acharnée, elle a remplacé pendant des années le jogging matinal par du "pioching". 1h30 tous les jours, pour faire revivre ses sols grâce à une conversion en bio. Pour le travail du sol, elle pratique désormais l'entraide avec un collègue, qui s'en charge pour elle, tandis qu'elle s'occupe de traiter ses vignes à lui.

    catherine bernard,hérault,languedoc,

    Depuis, quelques parcelles de cinsault sont venues étoffer le "domaine". Et des nouvelles plantations sont en cours. Notamment du terret bourret. Du blanc, un vrai du Sud, qui n'a pas chopé le melon. Un raisin apte à étancher la soif de Catherine! Et, enfin, des haies d'arbres fruitiers vont venir séparer toutes ses plantations de celles des voisins, qui, comparativement aux siennes, font un peu peine à voir.

     

    catherine bernard,hérault,languedoc,

     

    Vigneronne "sans cave fixe", depuis son installation en 2005, elle va enfin s'établir, pour préparer l'avenir et la relève qui va bientôt arriver, et faire construire sa propre cave, à proximité de ses vignes. Parce qu'il en faut bien une, de cave, même si elle avoue ne pas y faire grand chose. Un minimum quand même, pour arriver à commercialiser quelques milliers de bouteilles d'un exquis vin de pays de l'Hérault, auquel il faut aussi ajouter un Rosé de table et un Vin de table rouge, aussi vite bus que produits.

    catherine bernard,hérault,languedoc

    Dans la cuisine, elle s'y plaît plutôt bien, travaillant tous les restes de la vigne, à accompagner d'un verre de vin. Recettes de (s)a vigne, comme la morue en raïto, plat typiquement provençal à boire avec un Bandol rouge (mais pas n'importe lequel!) ou, pourquoi pas?, un Arbois rosé à prononcer à l'espagnol (José).

     

    Olif

  • Boire enfin libre...

    Capture d’écran 2014-05-06 à 13.33.11.png

     

    Vin libre: vin libéré d'un certain nombre de contraintes œnologiques, lui conférant un caractère nature, naturel ou vivant.

    Une définition qui ne va pas encore plaire aux pisse-vinaigre, ceux-là même qui n'aiment guère en boire, parce qu'ils pensent que le vin est une chose bien trop sérieuse pour être confiée aux vignerons, foi d'œnologue. Un vin libre est un vin plutôt naturel, qu'un brin d'oxydation en cours d'élevage n'effraye pas, pas plus qu'un chouïa de volatile. Des défauts qui n'en sont pas forcément, pourvu qu'il y ait du jus derrière et qu'un équilibre finisse par s'établir. Rien à voir avec l'oxydation prématurée en bouteilles de grands crus récoltés intensivement en sous-maturité et sulfités excessivement, non. Il n'y a guère que la souris qui pose problème, surtout sur les vins blancs, mais une armée de chats réfléchit à la question en tentant d'y apporter des solutions.

    IMG_4345.jpg

    Ce week-end, c'était donc la fête aux vins libres à Sélestat. La quatrième biennale alsacienne, après Ammerschwir, Marbach, Rouffach et, enfin, Sélestat. Toujours organisée par le même quatuor Frick/Binner/Schueller/Meyer, un événement désormais incontournable dans le microcosme du vin naturel, dont il se réclame de la charte. "Il faut noter que l'émotion et la vibration que suscitent les vins libres ne naissent pas dans le simple suivi d'une recette technique, si ambitieuse soit-elle".

    DSC01214.jpg

    Ce qui explique sans doute le succès de la manifestation, qui s'ouvre aux vins germaniques. Autrichiens, bien sûr, particulièrement bien représentés par Andreas Tscheppe, aux étiquettes représentant des insectes et autres petits amphibiens présents dans ses vignes, dont la terrible lucane cerf-volant, et, surtout, Franz Strohmeier, qui présentait une série de vins bluffants, tant en blanc qu'en rouge, aux équilibres magistraux. On pouvait également goûter en off à l'un des rares rieslings de la Moselle germanique vinifié sans soufre, en présence du vigneron, Rudolf Trossen, et de l'un des rares cavistes natures allemands, Torben Bunte. Une bien belle découverte, que tous ces vins, vignerons et cavistes d'outre-Rhin.

    DSC01145.jpg

    Le Grand Prix du vigneron le plus partagé sur les réseaux sociaux en live est attribué à Kenjiro Kagami, du domaine des Miroirs. Miroir, ô mon beau miroir, Kenjiro a remporté la palme sans aucune contestation possible! Un Japonais jurassien qui a fait ses armes vigneronnes en Alsace, ça ne court certainement pas les rues, ni même les salons de vin. Sa verticale de chardonnay sur 3 millésimes (11, 12 et 13) n'a pas laissé beaucoup de monde insensible. Et dire qu'il n'a pas grand chose, sinon plus rien, à vendre...

    DSC01229.JPG

    La liberté, celle de changer le style de ses vins en changeant de méthode de vinification, la famille Andrieu l'a délibérément prise en s'orientant vers l'infusion versu l'extraction, pour produire des vins du Clos Fantine plus orientés vers le fruit. Ce qui a pour effet de masquer transitoirement la minéralité, pour David Lefèvre, le grand spécialiste en la matière. David Lefèvre qui, à l'instar de Tarzan, fait grimper la vigne dans les arbres de sa propriété, ce qui donne à goûter un riesling expérimental tiré de la cuve et du sac à dos, joyeusement décoiffant pour l'instant.

     

    salon des vins libres,sélestat,kenjiro kagami,clos fantine,strohmeier

    Et si, finalement, de tout ça, on s'en battait les couilles, comme Pascal Simonutti? Vin de bagnole péteux, gascon en magnum sous le comptoir, il est toujours aussi goguenard, le mouton noir du Pré noir!

    salon des vins libres,sélestat,kenjiro kagami,clos fantine,strohmeier

    Pas du tout comme Vincent "No control" Marie et Paul "Maisons brûlées" Gillet, qui présentaient côte à côte leur premier millésime. L'entraide, un joli gamay du Beaujolais auvergnat décliné en deux vinifs pour l'un, et deux pétillants naturels déjà goûtés du côté de Vinicircus pour l'autre, les Maisons bullées.

    salon des vins libres,sélestat,kenjiro kagami,clos fantine,strohmeier

    Avec, en prime, son Dernier-né en rouge, mi-gamay, mi-aunis, évidemment déconseillé aux femmes enceintes.

    salon des vins libres,sélestat,kenjiro kagami,clos fantine,strohmeiersalon des vins libres,sélestat,kenjiro kagami,clos fantine,strohmeier

    Au bar de la nouvelle génération nature d'Alsace, "sept jeunes vigneronnes et vignerons se sont frottés aux vinifications naturelles et ils aiment ça." Dont Catherine Riss, étoile montante du vin d'Alsace, et Florian Beck-Hartweg, pile dans le sujet avec cette jolie bouteille de vin libre.

    salon des vins libres,sélestat,kenjiro kagami,clos fantine,strohmeier

    Un salon de vins, aussi libres soient-ils, ne serait rien sans un repas de vignerons à la hauteur. En Alsace, aucun souci de ce côté-là, grâce à Thierry Schwartz, du Bistrot des Saveurs, qui n'est pas Obernai de la dernière pluie, la plus haute gastronomie de basse Alsace qui puisse exister.

    salon des vins libres,sélestat,kenjiro kagami,clos fantine,strohmeiersalon des vins libres,sélestat,kenjiro kagami,clos fantine,strohmeiersalon des vins libres,sélestat,kenjiro kagami,clos fantine,strohmeier

    En trois plats magistraux, servis à 240 personnes, il a démontré toute la splendeur d'une cuisine savoureuse, avec une mention particulière pour cette entrée végétarienne "Cuit-cru légumier en terre", à faire se damner le plus vorace des carnassiers. Quant à la farce qui garnissait ce magnifique chou portion, il fallait croquer dedans pour la découvrir... et la savourer! Côté vin pour accompagner le tout, après des débuts timides, ce fut l'explosion. Quelques brefs souvenirs de bouteilles marquantes et/ou plutôt rares, en images...

    salon des vins libres,sélestat,kenjiro kagami,clos fantine,strohmeiersalon des vins libres,sélestat,kenjiro kagami,clos fantine,strohmeiersalon des vins libres,sélestat,kenjiro kagami,clos fantine,strohmeiersalon des vins libres,sélestat,kenjiro kagami,clos fantine,strohmeier

     

    "Je veux vivre, rester libre, je veux m'envoler vers le ciel..." et boire enfin libre! Naturellement bon.

     

    Olif

     

    PS.:

    salon des vins libres,sélestat,kenjiro kagami,clos fantine,strohmeier

    Des vins en liberté, il y en aura quelques-uns "dans les safres", le week-end de la Pentecôte, du côté de Montbrison-les-Lez, au domaine Gramenon. Des portes ouvertes en très très grand, finalement, comme le cœur de Michèle Aubéry. Un véritable mini salon qu'il ne faudra pas manquer!

    salon des vins libres,sélestat,kenjiro kagami,clos fantine,strohmeier

     

    P.S.2: le week-end du premier juin, il ne pleuvra pas du gros bleu qui tache dans le Sud-Ouest et tous ceux qui pourraient avoir envie de traire les vaches (car elles donneront enfin du vin) courront à Simorre, là où sera le bonheur, dans le pré et dans le Gers.

    salon des vins libres,sélestat,kenjiro kagami,clos fantine,strohmeier

     

    P.S.3: bonus, de circonstance...

     

    P.S.4: on n'oubliera pas au préalable de se rendre à Jenzat, près de Vichy, non pas pour boire de l'eau, mais pour chercher la vérité du vin bio au salon concocté par Jean-Marc Imberdis, du Vert et le vin.

    salon des vins libres,sélestat,kenjiro kagami,clos fantine,strohmeier

  • Sapience et longueur de temps...

    champagne,sapience,marguet et jestin,

    Il était une fois la sagesse. Celle de Benoît Marguet, des champagnes Marguet à Ambonnay, surnommé l'homo Sapience, depuis son association avec son ami Hervé Jestin, ancien chef de cave des champagnes Duval-Leroy. Ensemble, ils ont accouché d'une certaine idée du champagne. Une très haute idée car il s'agit d'une cuvée d'exception, apte à rivaliser avec toutes les plus grandes cuvées de grandes maisons. Sapience est son nom. Sagesse en vieux français. La naissance a eu lieu en 2006. Avec des raisins produits en biodynamie, une volonté initiale, et achetés chez des vignerons prestigieux, David Léclapart et Vincent Laval. 2/3 chardonnay, 1/3 pinot meunier. Un assemblage qui restera par la suite quasiment constant d'année en année, 50% chardonnay, 50% pinots noir et meunier. Avec la ferme intention de produire à chaque millésime un vin qui en soit le reflet, en privilégiant le même type d'élevage (9 mois en fût), afin de révéler l'excellence biodynamique. En 2007, les raisins de Benoit Lahaye se sont rajoutés à l'assemblage et, depuis 2009, ceux du domaine Marguet, converti depuis à la biodynamie.

    De 2006, premier millésime et le seul à être commercialisé à ce jour, à 2011, la qualité est toujours là, sans gommer les différences propres à chaque année. Avec comme fil conducteur, une trame d'une grande finesse et un équilibre magistral. Après la plénitude de 2006, on appréciera la réserve de 2007, la grande tension de 2008, la belle opulence de 2009, l'éclat de 2010 et les grandes promesses de 2011. La sagesse qui fait des bulles a désormais un nom. Elle s'appelle Sapience. Et elle mérite de la patience...

    champagne,sapience,marguet et jestin

     

    Olif

     

    P.S.: la ronde des salons continue en mai, avec pas moins de deux incontournables le week-end prochain. Entre l'Alsace et la Bourgogne, mon cœur balance et il faudra malheureusement choisir entre les Vins libres de Sélestat et aller Chai l'un Chai l'autre à Saint-Père sous Vézelay. Dur..!

    champagne,sapience,marguet et jestinchampagne,sapience,marguet et jestin