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catherine bernard

  • Le coup de gel, l’indemnisation et l’impunité

    Coup de froid sur le vignoble, je n'apprends rien à personne. Les images de vignobles embrasés par des chaufferettes ont régalé les photographes, les drones, la presse et les réseaux sociaux. Il faut bien reconnaître que c'était beau, à croire que les nuits glacées n'ont été inventées que pour régaler les yeux. Bougies, chaufferettes, brasiers, tout a été tenté pour tenter de réchauffer un brin l'atmosphère et masquer d'un écran de fumée les premiers rayons du soleil matinal. Il paraît que, de désespoir, certains vignerons du Midi auraient été jusqu'à brûler des pneus, lorsqu'ils n'avaient pas prévu suffisamment de combustible. Je veux bien voir leur impuissance et leur désespoir, mais  pour quel résultat, au final? Ils ont brûlé, ils ont pollué, leurs vignes ont gelé et ils seront indemnisés. Ne vaudrait-il pas mieux tenter de se remettre en question et tenter de juguler les effets du réchauffement climatique, même quand on se caille les meules, comme on dit à Mouthe? Catherine Bernard, vigneronne languedocienne qui pousse la réflexion aussi loin qu'elle le peut sur les solutions à envisager pour s'adapter aux aléas climatiques, a pondu ce petit texte suites aux événements frisquets de ces derniers jours. Avec son accord, je vous le livre et vous laisse méditer. Que vous soyez en phase, ou pas...

    Le cliché à la une est une capture d'écran d'une vidéo tournée à l'occasion de l'étiquetage de l'Alicante 2020 de son domaine ©Vincent Pluss

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  • Les bonnes feuilles de l'automne

    Suite de ce petit panorama automnal de la littérature vinique, qui n'en finit pas de tomber comme les feuilles mortes que l'on ramasse maintenant à la souffleuse, ce qui fait un boucan d'enfer et rend la chanson de Prévert beaucoup moins poétique. Deux d'entre eux sont déjà dans les bacs, tandis que deux autres sont encore accrochés aux branches de leurs éditeurs respectifs, même s'ils ne devraient plus tarder à se décrocher et virevolter de leurs propres ailes.

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  • La Carbonelle carbonisée

    2019, l'année des extrêmes. Cette année, le printemps a été froid et la vigne a gelé. Au Nord. Cette année, l'été a été chaud et la vigne a grillé. Au Sud. Et ce n'est peut-être pas fini. +45°C dans le Gard et l'Hérault le 29 juin, record explosé dans beaucoup d'endroits, où les cultures ne se relèveront pas. Un signal d'alarme, un carton rouge chaud bouillant que la Terre nous adresse en pleine face sans que cela renvoie aux vestiaires les fautifs, ou plus exactement les complices de ce réchauffement climatique catastrophique, nous, vous, tous. Dont la majorité rejette la faute sur le voisin sans réévaluer, ni corriger ses pratiques, se disant que ça va bien aller.

    Ce texte, signé Catherine Bernard, vigneronne hérault-ïque à Saint-Drézéry, dont la parcelle emblématique de la Carbonelle (qui se dore sous le soleil de juin 2017 sur le cliché ci-dessus) vient de subir de plein fouet les effets de la canicule, vous pourrez aussi le retrouver demain sur le blog du Taulier Jacques Berthomeau, sans doute assorti de ses propres commentaires. Loin de moi l'idée de vouloir lui griller la politesse, mais je le diffuse également, avec l'autorisation de Catherine Bernard, en espérant qu'il puisse toucher un maximum de gens.

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  • Sa place sur terre

    On l'a déjà lue dans ses vignes et dans sa cuisine. On sait donc de quoi elle est capable quand il s'agit de transformer le raisin, en boisson ou en plat, puisqu'elle nous l'a raconté dans ses deux précédents ouvrages. Dans les vignes, chronique d'une reconversion et Recettes de ma vigne. On savait qu'elle avait eu une autre vie, avant, dans le milieu journalistique. Une vie qui l'a conduite dans le Languedoc pour être une correspondante de Libération à Montpellier. Libérée, elle l'est, depuis qu'elle a abandonné le journalisme pour devenir vigneronne. Mais qu'est-ce qui a bien pu la pousser à cette reconversion? Récit d'un avant, sur fond de terrorisme, de 11 septembre, de djihadisme, de faits-divers sordide. Catherine Bernard, ou le préquel d'une conversion...

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  • Câpres d'après

    C'est la fin du printemps. Au moment pile où l'adolescent languedocien boutonneux voit éclore sur son front pléthore de pustules disgracieux, le câprier entame sa gracieuse floraison, qu'il faut savoir interrompre judicieusement au stade du bouton, justement, comme on tire un comédon entre deux ongles, mais de manière beaucoup plus élégante et moins séborrhéique. Pendant ce temps, l'éleveur caprin emmène paître ses chèvres à la montagne, ce qui n'a guère à voir avec le sujet qui nous préoccupe. Et le vigneron d'Oc profite des chaudes journées de l'été caniculaire qui s'annonce pour faire une sieste post-prandiale réparatrice après les derniers travaux en vert, effectués aux aurores, à l'heure où la température extérieure n'avoisine pas encore celle du rectum et permet encore de se mouvoir, aisément et sans trop suer en station verticale.

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  • Les Cévennes à la petite semaine

    Ou quand une semaine dans les Cévennes amène à Sumène, l'Aigoual en ligne de mire. L'Aigoual et les couleurs. La première fois que je l'ai franchi, en automne et sous une pluie battante, je suis passé à l'orange. Je ne me suis pas arrêté, trempé mais pourtant subjugué par ces lacets déliés, bordés d'un tapis de feuilles mortes que l'on aurait pu ramasser au tractopelle. Je me suis promis de revenir m'y mettre au vert, à la belle saison, sous de meilleurs auspices météorologiques. Un nouvel épisode du feuilleton cévenol, qui heureusement n'en fut pas un, d'épisode.

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  • Dans ses vignes...

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    Dans les vignes, Catherine Bernard y a passé du temps et elle en passe encore. Elle en a même fait un livre. C'est à la Carbonnelle qu'elle a commencé à aller au charbon, en 2005, quand elle a plaqué le journalisme, après mûre réflexion, pour faire du vin. Ancienne correspondante de Libé dans le Sud de la France, basée à Montpellier, elle s'est lancée dans une formation viti-œno. Un retour à la terre, en quelque sorte. Fille du muscadet, elle avait envie de blanc. Compliqué, dans le Sud. Surtout dans ce coin-là. Alors elle fait du rouge. Et du rosé, aussi, un peu. Quand on arrive de Saint-Drézéry, il faut déjà emprunter le "boulevard de la chimie", une vaste allée qui traverse des vignes sous perfusion, plantées sur des sols qu'il faut parfois étayer avec des parpaings pour lutter contre l'érosion, avant d'arriver au lieu-dit la Carbonnelle.

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    La Carbonnelle, c'est un peu plus de 3 hectares d'un seul tenant, plantés de mourvèdre et de grenache. Du grenache? Du Marselan, plutôt, ce qui n'était pas initialement écrit sur l'acte de vente. Issu d'un croisement entre grenache noir et cabernet sauvignon, il s'est avéré finalement être une chance pour l'ex néo-vigneronne, car il apporte une acidité et une fraîcheur dans ses vins, ce qui lui plaît plutôt bien. Bosseuse acharnée, elle a remplacé pendant des années le jogging matinal par du "pioching". 1h30 tous les jours, pour faire revivre ses sols grâce à une conversion en bio. Pour le travail du sol, elle pratique désormais l'entraide avec un collègue, qui s'en charge pour elle, tandis qu'elle s'occupe de traiter ses vignes à lui.

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    Depuis, quelques parcelles de cinsault sont venues étoffer le "domaine". Et des nouvelles plantations sont en cours. Notamment du terret bourret. Du blanc, un vrai du Sud, qui n'a pas chopé le melon. Un raisin apte à étancher la soif de Catherine! Et, enfin, des haies d'arbres fruitiers vont venir séparer toutes ses plantations de celles des voisins, qui, comparativement aux siennes, font un peu peine à voir.

     

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    Vigneronne "sans cave fixe", depuis son installation en 2005, elle va enfin s'établir, pour préparer l'avenir et la relève qui va bientôt arriver, et faire construire sa propre cave, à proximité de ses vignes. Parce qu'il en faut bien une, de cave, même si elle avoue ne pas y faire grand chose. Un minimum quand même, pour arriver à commercialiser quelques milliers de bouteilles d'un exquis vin de pays de l'Hérault, auquel il faut aussi ajouter un Rosé de table et un Vin de table rouge, aussi vite bus que produits.

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    Dans la cuisine, elle s'y plaît plutôt bien, travaillant tous les restes de la vigne, à accompagner d'un verre de vin. Recettes de (s)a vigne, comme la morue en raïto, plat typiquement provençal à boire avec un Bandol rouge (mais pas n'importe lequel!) ou, pourquoi pas?, un Arbois rosé à prononcer à l'espagnol (José).

     

    Olif

  • Dans la vigne, tout est bon!

    À l'instar du cochon, tout ce qui provient de la vigne est susceptible de se manger ou de rentrer dans une préparation culinaire. Des oreilles à la queue, de la feuille au raisin, en passant, de façon plus surprenante, par la fleur ou les vrilles. Sans parler du produit de transformation finale, le vin, et de tous les intermédiaires, le moût, le marc, la lie.

     

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    Oui, dans la vigne, tout est bon, à la condition sine qua non qu'elle soit propre. Interdiction de jouer pas au goret avec elle en l'arrosant de produits chimiques impropres à la consommation. Sinon, pas question d'y ramasser quoi que ce soit et de le porter à la bouche.

     

    Cette idée de manger la vigne au fil des saisons avant d'en boire le vin, elle a germé dans la tête de Catherine Bernard, journaliste reconvertie dans la viticulture, et d'Anne-Sophie Thérond, journaliste "reconvertie" dans l'écriture de livres culinaires et auteure d'un blog 10vin. Les recettes imaginées par Anne-Sophie Thérond suivent ainsi le cycle végétatif de la vigne commenté par la vigneronne, de la taille et la production de sarments (pour fumer soi-même ses propres filets de truite), jusqu'au vin que l'on va utiliser largement en cuisine pour "délier les fibres et attendrir les chairs". Et avec ces recettes généreuses, bien ancrées dans la tradition viticole pour la plupart, vous boirez bien quelque chose? Un volubile Vin de pays de l'Hérault 2011 de Catherine Bernard fera largement l'affaire, prolongeant à l'unisson le bonheur de lire la prose de la journaliste-vigneronne, dans un style enjoué et délié.

     

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    Recettes de ma vigne

    Catherine Bernard et Anne-Sophie Thérond

    Éditions du Rouergue

     

    Olif

     

    P.S.: Le Gavatx, "un étranger dans les vignes", ça raconte l'histoire de Vincent Balansa et du domaine La Boria à Trilla. Une tronche de vin, un domaine et un documentaire qui ont d'la gueule. Un film de Lorenz Findeisen à ne pas louper, le 28 septembre aux alentours de 15h30 sur France 3.

     

     

    Pour marquer le coup, Nova 2009 de La Boria, blanc frais du Sud, caressant comme un petit air de tramontane sur le Haut-Fenouillèdes. Un vrai beau vin de gavatx!

     

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  • Quand le caviste se rebiffe...

    Quand Catherine Bernard n'est pas dans ses vignes, elle opte pour une cave avec vue sur l'Ognon*. Ça ne la fait pas pleurer pour autant. Ces journées de rencontres orchestrées par Le Zem, caviste rebiffant marnayzien, furent l'occasion d'un visu des plus sympathiques. La tournée mondiale de présentation de son livre paru aux Éditions du Rouergue passait la veille par Besançon, chez les Gourmands qui lisent, une adresse aussi originale que passionnante, à découvrir dans la vieille ville espagnole, au 12 rue Bersot. Bières, vins, whiskies, polars et Catherine Bernard, que demander de plus?

     

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    La rencontre haut-saônoise fut tellement plaisante et enrichissante que Catherine s'est auto-accordée une oreille en guise de récompense. Goûter à son Vin de Pays de l'Héraut 2010 fut la mienne. Un vin récolté en deux tries successives, marselan, grenache, mourvèdre et cinsault assemblés à la vendange, en deux passages, pour conserver une fraîcheur succulente et un fruité gourmand. En prime, une super dédicace de son livre et une bouteille de 2009 qui trainait derrière les fagots. Plus de rondeur et d'opulence, mais un soyeux envoûtant, qui promet de grandes choses dans quelques années.

     

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    Le Zem ne fait jamais les choses à moitié et une seule tête d'affiche ne lui suffisait pas. Pendant que Fleurie faisait la fête au village, Geneviève et Jean-Claude Chanudet, du domaine Chamonard, avaient préféré la soupe au bord de l'Ognon. Je ne les ai pas vus chialer pour autant. Le Fleurie 2010 est un gamay fougueux et fruité. Le Morgon 2010, tiré sur cuve, est un peu plus imposant, ce qui justifie l'attentisme avant la mise. En attendant, on pourra se consoler avec le 2008, de la dentelle pour le palais, ou le 2009, possédant plus de plénitude mais nécessitant un peu plus de temps pour se fondre. Le 2007, épuisé mais apporté à titre de comparaison, est à parfaite maturité et s'exprime à la perfection.

     

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    Le régional de l'étape, c'était Pascal Henriot, de Champlitte, le seul vigneron indépendant à faire face à la Coopérative locale, qui exploite la quasi-totalité du vignoble chanitois actuellement planté. Pousser jusqu'au bord de l'Ognon n'allait pas lui tirer des larmes. En bio, avec une approche fondamentalement différente de ses voisins, Pascal s'interroge beaucoup sur la façon dont il doit continuer. Ses vins se vendent localement très bien et les contraintes administratives sont de plus en plus lourdes à supporter, même pour revendiquer la mention Vin de Pays. Vin de Haute-Saône, de Franche-Comté ou de France, quelle différence, finalement? L'Auxerrois 2010 est un joli vin vif et primesautier, qui stimule le palais. Le Chardonnay 2010 est dans la même lignée, dans un registre frais et acidulé. Le Pinot gris 2010 joue plus sur le fruité et la richesse, il ne lui manque qu'un peu de nervosité, mais c'est un pinot gris. Le Rosé 2010, assemblage de gamay et pinot noir, réalise un accord quasi-parfait avec la compote à la rhubarbe, une véritable prouesse. La Haute-Saône, nouvel eldorado viticole?

     

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    Quand le caviste marnayzien se rebiffe, on déguste de bien belles choses, sous la tonnelle et dans son jardin. Une adresse à retenir impérativement et qu'il vaudrait mieux ne pas se carrer dans l'Ognon**...

     

    Olif

     

    *rivière haut-saonoise qui prend sa source dans les Vosges saônoises et qui traverse Servance, Lure, Villersexel, Marnay...

    ** c'est d'une finesse absolue et d'une élégance telle que je n'ai pas su m'en passer. Désolé...

     

  • Facteurs de (re)conversion...

     

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    Les mathématiques mènent à tout, à condition d'en sortir. Cyrille Sevin a résolu l'équation et franchi le pas. Il a repris en 2007 un domaine à Cheverny. Transition en douceur pendant 2 ans, avec l'ancien propriétaire,  addition, soustraction, puis conversion des vignes en bio. Des projets de multiplication, notamment celui de travailler avec un cheval. La division pour mieux régner, résoudre la Quadrature du rouge et asseoir les acquis d'une viticulture propre, nette et sans bavure. Ses vins, goûtés à La Dive, sont à cette image, blanc comme rouges.

     

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    À lui la petite anglaise! Patrice Hughes-Béguet était consultant en informatique. Il a un peu bourlingué en France, rencontré à Besançon une charmante Caroline anglo-saxonne, en a eu marre de parler un langage binaire et a finalement préféré empoigner la pioche pour aller biner son coin de vignes. Après la reconversion professionnelle, place à la conversion tout court. Dès le début, il a choisi de travailler en bio, pour valoriser ses 3 hectares de ploussard et savagnin essentiellement, sur les secteurs d'Arbois et Pupillin. Le domaine proprement dit est situé à Mesnay, près d'Arbois.

     

     

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    2009 est son premier millésime, qui laisse entrevoir de belles promesses. D'abord un rosé de ploussard, à la jolie couleur rosée, tout en dentelle, à boire comme ça, pour le plaisir, ou sur une assiette de charcuteries, ou les deux, ce n'est pas incompatible. Plus structurée, sa cuvée de la Côte de Feule a aussi une couleur plus soutenue. Champ fort est un vrai coup de bluff, du ploussard vinifié en vendange entière alors que tout le monde le lui déconseillait. Végétal et rustique, dans le bon sens du terme, il possède une vraie gourmandise et un haut coefficient de buvabilité. Après une première Percée plus qu'encourageante, la famille Hughes-Béguet aura le nez dans le vert, le dernier week-end de mars. Pas mal, pour un premier millésime!

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    Catherine Bernard était journaliste, même si elle l'est toujours. Désormais, elle est plus que cela. En février 2005, elle a enfilé un treillis, un pull et elle est partie tailler les vignes. Ses vignes. Elle nous raconte son aventure et son installation dans le vignoble. Et elle se raconte, dans un livre à paraître le 11 février aux éditions du Rouergue. Des sarcasmes aux tracasseries administratives, de la méfiance à la tolérance puis l'acceptation, mais toujours avec le statut "d'étrangère", elle décrit avec un réalisme criant sa reconversion comme vigneronne dans le Languedoc.

     

     

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    "Dans les vignes, chroniques d'une reconversion", un ouvrage à mettre entre toutes les mains des néo-vignerons en herbe, bio de préférence.

     

    Olif

  • Du vin pour les copains...

    Florilège de dégustations, Part quelque chose, comme dirait le roi de l'escapade. Si ce n'est que je suis moins gourmand que lui en nombre de vins dégustés. Que du bon, le reste, autant dire que je l'ai déjà oublié. Alzheimer sélectif. Un mini-florilège léger, donc, à la Docadn, sans breton (le cabernet), sans Côtes du Rhône centrales (celles du bas à gauche, qui vous envoient des coups de pierres et de lattes dans le tricot et le médiastin), sans sauvignon chilien, ni chardonnay nord-africain. Une escapade franco-française, volontairement restreinte, avec juste 3 belles bouteilles qu'il ne faudrait pas passer sous silence. Du Bordeaux, oui, du Bordeaux, de l'Alsace et du Languedoc. Tour de France triangulaire à la force du coude et du poignet:

     

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    - Amabilis Vinea 2006, le vin de l'amitié, Haut-Médoc, Château Cornélie: du Cornélie inédit, une cuvée majoritairement merlot (76%), à l'élevage expérimental. Etonnamment accessible, buvable et digeste (je n'ose dire aimable!), avec une grande fraicheur tannique, cette Cuvée de l'amitié est faite pour partager avec les copains.

     

     

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    - Riesling Grittermatte 2005, Patrick Meyer, Domaine Julien Meyer: un terroir siliceux dans la partie basse du Muenchberg, à la forte personnalité, admirablement révélée par Patrick Meyer. Beaucoup de maturité, c'est 2005, mais une grande tension et de la minéralité. Aucune concession à la facilité mais un équilibre pourtant exemplaire pour un vin savoureux et salivant. Très Grittermatte, très GritterPat(rick Meyer), très Gritternat(ure)!

     

     

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    - Coteaux du Languedoc 2006, Catherine Bernard, la vigneronne de la rue 89. J'en ai déniché une bouteille à la Quincave, rue de Bréa, du côté de Montparnasse. Curieux d'y goûter. Un vin à la texture soyeuse et soft, au premier nez sauvage, aigrelet et acidulé, un peu poulailler, qui s'apprivoise à l'aération. Chicken run! Un fruité velouté arrive derrière, séducteur, à la très belle tenue à l'air. 2006, un millésime "cata", en plus. Son deuxième en tout. Ce vin "caractériel, fragile, instable" a trouvé son équilibre, en quelque sorte. Un équilibre improbable mais que j'ai a-do-ré!

     

    Olif

     

    Retrouvez aussi les Dégustantanés sur le Blog de la Pipette. Et les Florilèges de dégustation sur le blog d'Escapades.