12 septembre 2012

Milan royal

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Depuis sa chambre, lorsqu'il ouvre les yeux, chaque matin, Henri Milan a toujours les volets clos. Depuis sa chambre, lorsqu'il ouvre les volets, chaque matin, Henri Milan a toujours les yeux clos. Le Clos, sa parcelle chérie et mythique, c'est son jardin et son horizon. Elle dort sous ses fenêtres. Il la veille et la couve du regard chaque jour. Arrachée complètement en 2009, après les vendanges, elle fut replantée en 2011, quasiment à l'identique. Enfin, presque... Grenache, syrah, et, au milieu, deux rangées de mondeuse. "Parce que j'aime bien la mondeuse", confesse Henri, le plus savoyard des provençaux. Le tout parfaitement étudié et modélisé selon de savants calculs autour du nombre d'or. Les manquants n'ont pas été remplacés par des rosiers, non, mais cette bande florale symétrique au milieu des vignes est censée harmoniser le lieu. Pour goûter au Clos nouveau, il faudra donc attendre encore un ou deux millésimes. Mais ça promet. Rien qu'en respirant un grand coup au réveil, on y perçoit déjà des notes florales et épicées...

 

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On ne sait pas toujours quand on arrive au domaine Milan, mais il est encore plus difficile de prévoir son heure ou même son jour de départ. Non pas que le domaine fasse chambre d'hôtes, mais quand les dégustations se prolongent et se poursuivent par un after, le programme du lendemain se remplit au fur et à mesure que les verres se vident. Le Croque-chou, restaurant chouchou de ses dames et des vignerons au goût affûté, étant fermé le lundi soir et le mardi en été, le chef Sébastien Folz est parfois instamment prié de venir cuisiner au domaine de façon impromptue. Et il s'exécute, avec brio et de façon parfaitement consentante. Ce qui fait déjà une occasion de rester...

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La dégustation de vins du domaine, il faut savoir la bisser, pour mieux comprendre certaines subtilités. La quasi totalité des vins goûtés le soir, prélevés sur cuve, fût ou bouteille, il a fallu y revenir le lendemain, pour accompagner des vignerons de passage, ayant sonné à la porte à l'improviste, après de multipes SMS restés sans réponse. La Carrée, goûtée à 90°, sous tous les angles, avec ou sans soufre, sait parfaitement mettre la roussane en valeur. Et le Grand blanc... ah! le Grand blanc! Celui-là ne rousille aucun surfeur. Bien au contraire, il se laisse même plutôt avaler sans porter préjudice à quiconque. Et puis aussi le Clos 2009, riche et solaire, l'ultime avant la nouvelle version, promet beaucoup dans sa jeunesse. On lui préfèrera évidemment pour l'instant le 2007, qui est un véritable bijou, un modèle de vin pour les grandes occasions, mais aussi pour tous les jours, tellement il est déjà majestueux et bon à boire. Entre les deux, 2008 affiche une forte personnalité, un poil rebelle, qui nécessitera sans doute quelques années pour s'assagir. La bouteille de Petrus trônant sur l'étalage a été dégustée une fois précédente, plus personne ne sait quand, mais il y a déjà longtemps de cela. Probablement pour étalonner le Jardin, considéré comme le Pétrus provençal. 100% merlot sur des marnes, juteux au possible et provençal en diable. Inégalable, même à Pomerol!

 

Du coup, le lendemain midi, après le remake de la dégustation de la veille, on a fait un concours de Comté Petite, de différentes provenances jurassiennes. Et on a bu du vin du Jura, pour accompagner des "magrets" de cochon façon Croque-Chou, à la cuisson parfaitement parfaite.

 

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Ainsi va le vie provençale à la Galine. Royale...

 

Olif

09 septembre 2012

(R)assemblement au Mazet!

 

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C'était l'issue de ce projet (r)assembleur initié par Renaud Berthoud, du Mazet des Croses: un week-end de vendanges festives pour saluer la naissance de cette cuvée (R)assembler 2009, élaborée collectivement et à distance depuis un peu plus de deux ans. Les participants ne se leurrent pas, ils n'ont pas fait grand chose, si ce n'est donner leur modeste avis, dont Renaud a essayé de tenir compte dans la mesure du possible, c'est à dire sauf quand il fallait trancher parce que personne n'était d'accord. Nulle empoignade pour autant, il n'y avait pas grand chose à prouver, si ce n'est qu'on peut faire de belles choses à plusieurs et surtout créer des liens forts. Le résultat, c'est ce (r)assemblage complémentaire de 30% de cabernet, 30% de merlot, 20% de grenache et 20% de syrah, aux tanins juteux et soyeux, qui se remet doucettement de sa mise, et qui devrait donner un bien beau vin d'ici quelque temps. Les vendanges n'ont finalement pas eu lieu, pour cause de blocage de maturité lié au stress hydrique. Fichue météo 2012! N'est restée que la fête, une excellente raison de faire le déplacement jusqu'à Gajan, en bordure du Duché d'Uzès.

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Le Mazet des Croses de Nathalie Bruggey et Renaud Berthoud, c'est un peu un rêve d'enfant, un lieu improbable au milieu des vignes, un "jardin extraordinaire", comme le nomment les habitants du lieu, un endroit où poussent des bornes de signalisation, des sens interdits faciles à ne pas respecter et des pompes à essence désaffectées. La maison d'habitation, c'est un petit mazet en parpains, à usage utilitaire initial, habilement transformé pour héberger toute la famille. Un lieu de vie, entouré de cabane(s), de caravane(s), de roulotte en voie de réhabilitation, et même d'une piscine de jardin. Un joyeux bazar où tout est pensé et agencé avec goût et précision, de la voiture et du tracteur, garés juste où il faut, à l'emplacement du muret de mini-menhirs (judicieusement taillés par un mini-Obélix?), ou encore de la pompe à essence. Les vignes sont en grande partie situées tout autour, hormis quelques parcelles un peu plus éloignées, mais aperçues au loin.

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Foutraque bric à brac au milieu des vignes, bientôt rationalisé par la construction en dur de la cave, en contrebas des vignes, avec accès direct possible depuis la route départementale, ce qui permettra de quitter les locaux de la coopérative du village, abandonnée par les coopérateurs depuis la fusion avec celles des villages voisins, et de vinifier sur place les futures cuvées du Mazet.

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Dans la vaste cave de Gajan, un peu trop large aux entournures pour la production actuelle, il y a pourtant de quoi s'extasier. Sur le tonneau, le Mazet en bouteille et en intégrale, rien que ça, s'il vous plaît Madame!

 

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Vent d'Anges

Assemblage des 4 cépages du domaine (grenache, merlot, syrah et cabernet sauvignon), dans des proportions parfois variables. Une constante, la fraicheur et la suavité des tanins. 2010 est superbe, tout en fruit, mais à chaque millésime sa personnalité et sa franche buvabilité.

 

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L'Ange et l'Hic

La cuvée-phare du Mazet, à dominante merlot, réalisée uniquement quand le millésime le permet. Vinification et élevage totalement en barrique, "roulée" régulièrement au début. 2005 commence à évoluer sur le tertiaire, avec des notes un peu confiturées. 2007 est épatant de fraîcheur acidulée, 2009 est dans la lignée, un peu plus solaire et concentré. Quand le merlot se montre sous son meilleur jour, séducteur sans être racoleur...

 

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Envie d'Ange

Une cuvée accidentelle, goûtée par curiosité, parce que le vin oxydatif, c'est quand même le quotidien de tout jurassien qui se respecte. Ue couleur acajou et des notes de rancio évidentes, pour un vin intéressant, même si loin d'être parfait.

 

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Mais, malgré toutes les belles bouteilles dégustées, la quille du week-end fut finalement ... finlandaise. On peut en jouer jusqu'au bout de la nuit!

 

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Olif

 

P.S.: les vins du Mazet, ils sont bons jusqu'à la dernière goutte. Une belle illustration dans de ce petit chef-d'œuvre "made in Gajan", et prix Vin Santé Plaisir de Vivre au festival Œnovidéo 2010.

 

04 septembre 2012

Rentrée oenolittéraire de poids (et haltères)

Dur d'y échapper au mois de septembre, c'est la rentrée. Des classes, des foins, des vendanges. Et qui dit rentrée, dit sortie. Des films, des disques, des guides, des livres. Qui traitent parfois d'un sujet grave: le vin.

 

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Cliché AFP, piqué sur le web

L'alter-œnophile en plein effort ne soulève pas le double de son poids à l'arraché. Il ne pousse généralement pas non plus des caddies remplis à ras bord de cartons dans un hyper marché. Non. L'alter-œnophile fréquente plutôt volontiers des alter-cavistes ou des alter-vignerons, mais beaucoup plus rarement des haltérophiles. Même s'il est quand même capable de porter un ou deux cartons de vins à l'arrache ou même de siffler une ou deux bouteilles à l'épaulé-jeté.

 

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Reproduction de l'affiche de Michel Tolmer, pour Catherine et Pierre Breton, reproduite sans autorisation, j'espère bien qu'ils ne m'en voudront pas.

 

Sur le ring, à ma gauche, le Guide de l'Alter-vin, de Baraou et Septime, pour qui j'ai beaucoup de goût et d'estime, et pas uniquement pour la rime. 133 vignerons alternatifs, qui prennent le temps de faire leur vin (pas si hâtifs que ça, finalement!), de le vendre et de le faire connaître. Certains y sont arrivés et sont désormais reconnus un peu partout. D'autres continuent de ramer un peu, mais poursuivent leur ligne en gardant leurs convictions. La sélection est pointue, mais ce sont tous des vignerons sincères, qui produisent des vins qui méritent d'être goûtés, à défaut d'être plébiscités. Des vins qui ont "la gueule de l'endroit où ils sont nés", comme disait avec beaucoup d'à-propos Jacques Puisais, et "les tripes de ceux qui l'ont fait". 133, c'est beaucoup, mais c'est peu aussi. Il en manque. Forcément. Tous ceux qui n'ont pu y être, pour des raisons bassement matérielles de temps de rédaction, et, peut-être aussi, tous ceux qui n'ont pas voulu y figurer, comme cela semble être la tendance actuelle, tous ces vignerons plus altiers qu'alters. Car cet alter-guide ne vise pas une pseudo exhaustivité. Simplement inciter à aller fouiner à droite ou à gauche, pour dénicher la perle rare dans le vignoble et donner des pistes à l'amateur sincère qui ne souhaite pas se complaire dans le grand cirque Barnum de la rentrée, avec ses étoiles et ses guides à sensations, qui ne balisent finalement que les allées des magasins à grande distribution où se produit périodiquement un écoulement diarrhéique de bouteilles, pudiquement dénommé foire aux vins, à destination d'un consommateur lambda atteint de fièvre acheteuse compulsive, maladive et incontrôlable.

 

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Alors, oui, on l'aime bien, ce guide de l'alter-vin un brin austère dans sa présentation, parce qu'il va à l'essentiel et au vrai vin. Un ouvrage qui a de la gueule et comme on aimerait en lire d'autres plus souvent, au milieu de la jungle des véritables guides des records du nombre de vins commentés et dégustés.

Le Guide de l'Alter-vin, Laurent Baraou et Monsieur Septime, François Bourin Éditeur

 

À ma droite, mais à quelques années-lumières de là, tant le concept est différent: Vins Leçons de dégustations, d'Emmanuel Delmas. Une couverture d'un beau rose pas loin d'être parfait et un découpage pour le moins original, en deux parties d'une distinction quasi-parfaite, elle. Après un avant-propos clair, déterminé et précis, sur ses motivations plus que louables, le sommelier, dispenseur de multiples formations et apprentissages auprès des amateurs ou des néophytes, s'amuse à récolter des indices pour donner des clés et nous apprendre, de façon limpide, comment bien déguster le vin sans cracher son chewing-gum. Parce que le vin, pour bien l'apprécier, il faut le mâcher. Oui Madame, foi de grumier! Une manière instinctive et enfantine, quoique manquant un chouïa d'élégance en société, de mettre en valeur les arômes d'un vin pour mieux les identifier.

La deuxième partie est un peu plus technique, tentant d'expliquer, pour mieux les comprendre, les particularités de certains terroirs remarquables. Difficile de retrouver un fil conducteur rouge, ou même blanc, entre Alsace, Muscadet, Pommard et Volnay, Côte-Rotie, Irouléguy ou Barolo, mais peu importe. Chaque chapitre est parfaitement indépendant et aide grandement à la compréhension de chacun de ces terroirs, de manière pourtant assez condensée. Pas de producteurs spécifiquement recommandés, l'ouvrage se veut généraliste et didactique. Il se lit aisément, car l'écriture est déliée, débarrassée des quelques tics de langage que l'on peut retrouver sur les blogs (et pas spécifiquement sur Le blog du Sommelier, mais aussi quand même un peu!). S'il n'y a qu'un seul livre sur le vin à mettre dans son cartable pour bien retenir ses leçons en vue de la rentrée, c'est certainement celui-là.

 

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Vins Leçons de dégustation, Emmanuel Delmas, Éditions de la Martinière

 

 

On attend avec impatience les prochaines sorties de la rentrée, de quoi s'occuper jusqu'au prochaines vacances de la Toussaint. D'autres blogueurs adultères en prévision, en dehors d'une Miss Glouglou sur tous les fronts?

 

Olif

31 août 2012

Saint-Joseph, humour et granit

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Les vins de Saint-Joseph sont à prendre au sérieux. Même quand ils sont partenaires d'un festival national des humoristes, dont c'est (déjà) la 24ème édition, comme le temps passe. Humour et granit, aucune incompatibilité. Se fendre la gueule pendant le festival, à Tain ou Tournon, ou se la casser, dans les coteaux pentus du lieu-dit le Saint-Joseph, faut choisir. Parce que tailler, rogner ou vendanger encordé, dans le Saint-Joseph ou sur un autre coteau de l'appellation, mine de rien, c'est une sérieuse affaire. Sans rire.

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Les 1200 hectares de l'appellation, étirés sur 50 km de long, font la jonction entre la Côte-Rotie et Cornas. Une bande granitique, sculptée par les méandres du Rhône, d'exposition sud-est prédominante, entre Chavanay au Nord et Guilherand au Sud, qui nous a été présentée depuis le Saint-Joseph par Jérôme Coursodon. Au cœur de l'appellation, Mauves, ses vins Saint-Joseph, ses fruits, son marché journalier mai-août, coincé entre l'entrepôt du bricolage et un magasin sportif.

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Le vin de Mauves, célébré par Victor Hugo dans les Misérables. Souvenez-vous: la petite Cosette qui allait emplir son seau d'eau de bon vin de Mauves au puits des Thénardier et qui s'est pris une rouste -méritée, vu le prix où il était commercialisé à l'époque- pour en avoir renversé une goutte sur le carrelage et, plus loin dans le livre, Jean Valjean qui a vu rouge après avoir abusé du Mauves chez l'évêque, lui tirant ses petites cuillères, et se conduisant par la suite comme un malotru avec le petit ramoneux, sacré Victor, toujours le mot pour rire, quelle imagination fertile et débridée!

 

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Crédit photo AFAG

Saint-Jo a de l'humour, donc, quand il s'agit de communiquer, mais question gastronomie, pas question de rigoler! Surtout après une achtement belle pièce de théâtre revisitant avec brio, humour et panache les trois mousquetaires, du haut du mât et au fond à gauche.

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Deux belles adresses de miam à ne pas manquer, donc, au choix. L'une rive droite, l'autre rive gauche. À Tournon, Carafes en folie, initialement retenue, mais abandonnée pour cause de foire aux oignons, censée paralyser la ville. Une adresse visitée ce printemps et déjà approuvée. Carte bistrot, originalement présentée sur bouteille (vide) et parfaitement exécutée par le chef (sans sommation), large choix de vins, pour tous les goûts, y compris les miens. Je me faisais un plaisir d'y retourner. Finalement, nous resterons sur la rive gauche, sans perdre au change.

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Le Mangevins, c'est ouvert depuis relativement peu de temps, mais le tout Tain s'y presse déjà. Cuisine genre bistronomique, impressionnante de maîtrise et de précision, franchement épatante, et qui m'a fait forte première impression, comme ces petites cuisses de cailles confites, servies sur une crème de Tarbais, suivies d'une pièce de bœuf cuite à la perfection et d'une pêche rôtie au sirop de verveine.

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Carte des vins très fournie, laissant une large place au Rhône, évidemment, dans ce qu'il a de meilleur, pour tous les goûts également, mais ouverte sur les autres régions, y compris le Jura. Et aussi le Beaujolais. Ici, vins fins et gamelle soignée. Même les filles sont belles. Que demander de plus Ultime?

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Saint-Jo a de l'humour, mais sait être sérieux lorqu'il s'agit de goûter sérieusement à ses vins. Le petit échantillonnage dégusté, lors de ce petit voyage de presse estival et festif, entre théâtre et vélo-rail, organisé par Rouge Granit (y a-t'il nom plus prédestiné pour gérer le communication de l'appellation Saint-Joseph?), ne manque pas de personnalité et la diversité de style sait s'affirmer. Il n'y a guère que les festivaliers nationaux des humoristes que ça ne fasse pas rire!

 

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Olif

 

P.S.: je ne résiste pas à vous narrer la meilleure blague qui circule en ce moment au festival national des humoristes viticoles, du côté de Tain: quelle est la différence entre la colline de l'Hermitage et un insecte? Le nombre d'antennes, évidemment!

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22 août 2012

Le Jura comme si vous aviez envie d’y aller!

 

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Depuis le temps que je fréquente la communauté web du vin, j’ai déjà eu l’occasion de répondre à pas mal de sollicitations concernant les bonnes adresses jurassiennes. Il en figure un certain nombre, éparpillées sur ce blog. Ce billet constitue une version réactualisée de ce billet-là, toujours d'actualité par certains des commentaires parfois très avisés qui y font suite.

Pour permettre à tous ceux susceptibles d’être intéressés d’y accéder plus facilement, voilà qui devrait faire l‘affaire, un genre de mini-guide Olif du Jura viticole, gastronomique, touristique et hôtelier. Un truc complètement subjectif et non exhaustif, à enrichir au fur et à mesure de mes propres découvertes ou de celles des autres, mais qui devrait permettre à tout un chacun de programmer au mieux son séjour dans cette belle région qu’est le Jura, et de ne pas passer à côté de quelques adresses incontournables.

A boire, à manger, à dormir, à visiter, à découvrir, à déguster, le Jura version Olif, où je vous encourage à venir piocher ce qui vous fait envie, si jamais vos pas ou vos roues vous guident vers ces petites montagnes d’une grande richesse touristique, là où naissent les légendes.

Je vous le propose dans une version incomplète perpétuelle, « en construction ». Il sera à jamais inachevé mais modifié régulièrement par la suite, dès que j'aurai 5 minutes ou encore lorsque l'on m'en fera sentir courtoisement le besoin.

 

A manger

Jean-Paul Jeunet , Arbois (39)
Le chef le plus étoilé ** de toute la région propose dans son établissement une cuisine raffinée et de haut vol. On ne pourra  plus bénéficier des conseils avisés de Stéphane Planche, désormais caviste aux jardins de Saint-Vincent à temps plein et très occupé le reste du temps aussi. L'Hôtel-Restaurant ferme ses portes début Décembre pour réouvrir le premier week-end de Février à l'occasion de la Percée du Vin Jaune.

9 rue de l'Hôtel de Ville 39600 ARBOIS
Tél. : 03 84 66 05 67

 

La Balance, Mets et Vins, Arbois (39)
Prix plus que corrects, cuisine soignée et inventive de Thierry Moyne avec belle recherche sur les accords mets-vins, notamment avec la formule sommelier, qui pour 15 euros par personne, vous donne la possibilité de boire 5 vins au verre suivant la sélection du moment, en accompagnement du menu, de l'amuse-bouche au dessert.
Une adresse à  recommander à  tous les visiteurs de la cité de Pasteur qui n'ont ni l'envie, ni les moyens de s'offrir un repas gastronomique ** chez Jean-Paul Jeunet.

47 rue de Courcelles 39600 ARBOIS
Tél.: 03 84 37 45 00

 

Le Bistrot des Claquets, Arbois (39)

The adresse! Celle où l'on mange bon et bio, uniquement le midi, pour un prix bien plus que raisonnable. Jolie carte de vins natures, du Jura mai pas uniquement, servis avec un grand sourire par Rachel et préparés par Claudie, la reine des fourneaux.

33, place Faramand 39600 ARBOIS

Tél.: 03 84 66 04 19

 

Le Bistrot des Terrasses, Plaisia (39)

Une belle adresse perdue dans la Petite Montagne, pas loin du lac de Vouglans, à une petite demi-heure de Lons-le-Saunier. Produits fermiers, le plus souvent bio, cuisine du marché rafraichissante et service agréable. C'est simple, c'est bon, c'est un peu perdu dans la campagne, mais ça vaut le détour. De belles références à la carte, en Jura ou ailleurs (Pignier, Labet, Vignes du Mayne...). À signaler un gîte de groupe qui peut accueillir plus de 20 personnes en chambres particulières (ancien hôtel transformé).

1 bis, route d'Onoz 39270 PLAISIA

03 84 47 54 20

 

Château de Germigney, Port-Lesney (39)

Un établissement Relais et Châteaux, étoilé au Michelin, qui revit depuis quelques années grâce à Pierre Basso-Moro, jeune chef provençal débauché par un richissime décorateur suisse. Une annexe façon bistrot, le Bistrot de Pontarlier, permet une déclinaison simplifiée de cette cuisine ensoleillée. Christophe Ménozzi, célèbre sommelier, saura vous accompagner pour vous proposer le meilleur accord mets-vins, local ... ou pas.

Rue Edgar Faure 39600 PORT-LESNEY
Tél. : 03 84 73 85 85

 

Dsc02466_1 Auberge Le Grapiot, Pupillin (39)
Une petite auberge de campagne, à la cuisine simple et raffinée en même temps, goûteuse, élaborée par Samuel Richardet, un jeune chef qui a fait ses classes au château de Germigney avec Pierre Basso-Moro. Excellent rapport qualité-prix.

Rue Bagier 39600 PUPILLIN
Tél.: 03 84 69 56 05

 

 

Le Comtois, Doucier (39)
Un peu à l’écart de la route des vins, mais idéalement situé au cœur du pays touristique des lacs et des cascades. Délaissée depuis plusieurs années par Christophe Ménozzi, cette adresse mérite encore probablement le détour mais je n'y suis pas retourné depuis un bail.

Le Bourg 39130 DOUCIER
Tél.:  03 84 25 71 21

 

Le Moulin de la Mère Michelle, Les Planches près Arbois(39)
Dans un endroit idyllique, cette vaste maison peut accueillir les groupes et les séminaires.

Les Planches 39600 ARBOIS
Tél. : 03 84 66 08 17

 

Pour ceux qui s’aventureraient un peu plus haut dans la montagne, quelques belles adresses à ne pas manquer, entre deux randonnées sur les sommets jurassiens:

 

L’Alchimie, Pontarlier (25)

AlchimieInitialement Gourmandine, ce restaurant pontissalien a changé de nom en même temps que de propriétaire, il y a quelques années. Un nom qui lui convient fort bien, puisque la cuisine de Pierre-Ivan Boos, inventive, colorée, est une véritable alchimie des saveurs qui fait appel aussi bien aux produits régionaux qu'aux épices les plus exotiques.
La carte des vins s'affirme avec le temps par une sélection de qualité, en Jura notamment (Camille Loye, Fanfan Ganevat), parfois résolument novatrice (les vins du domaine Viret).
Vainqueur du trophée du meilleur jeune chef régional dans le guide Champérard 2006 et une * au Bottin Gourmand 2006.

 L'Alchimie, c'est fini, et dire que c'était le restaurant pontissalien de mon premier amour! Nul doute que Pierre-Ivan Boos saura rebondir, pas trop loin, parce que, bon, ça va nous manquer... Pontarlier, désormais un désert gastronomique, ou presque!

 

1 av Armée de l'Est 25300 PONTARLIER
Tél.:03 81 46 65 89

 Le Gounefay, Pontarlier (25)

L'adresse de montagne qu'il manquait au Haut-Doubs, depuis la tempête de 1999. Reconstruit selon une architecture moderne en 2012, ce chalet d'altitude multi-fonctions permet de découvrir une cuisine bistronomique qui fait appel aux produits locaux de qualité (agneau et cochon bio du Larmont), comme aux poissons de mer ou aux produits de référence de la gastronomie européenne (burrata estivale).  Fin du chapitre bistronomique de Christophe Carel en août 2014. Un nouvel appel d'offre devrait se faire d'ici la fin de l'année pour trouver un autre gérant. Wait and see...

 

Au Bon Accueil, Malbuisson (25)

Un des meilleurs rapports Q/P de tout le Haut-Doubs, ce restaurant étoilé au Michelin est également recommandé par le Guide du Routard.
La cuisine de Marc Faivre est précise, chaleureuse, mariant avec le plus grand bonheur les saveurs de la mer et de la montagne, d'une incroyable fraîcheur et d'une extrême gourmandise.
Belle carte de Jura, évidemment, qui permettra d'accompagner le râble de lapin au savagnin, un des musts de la maison, d’une Bardette de A. Labet ou d‘une cuvée Florine de J.F. Ganevat, par exemple. Pour les vraiment gourmands, le grand dessert, succession d'un pré-dessert, d'un dessert et d'un post-dessert.
Les prix, tant au niveau de la carte ou du menu que des vins, sont plus que raisonnables.
Si un jour vous venez goûter au charme de la petite station balnéaire du Haut-Doubs, au bord du lac Saint-Point et à  proximité de Métabief, été comme hiver, ne manquez pas cette adresse!

1 r Source

25160 MALBUISSON
Tél.: 03 81 69 30 58

 

L'Auberge des Montagnards, Chez Walter, Chaon (25)

Grenouilles_party_051

Une petite auberge de village, à la bonne franquette, dirigée avec poigne par l'ami Walter, grand chasseur devant l'éternel. De bons produits, cuisinés de façon traditionnelle et goûteuse. On y mange en saison (mars et avril) les meilleures grenouilles du Haut-Doubs, dans le plus pur respect de la tradition (beurre clarifié, sel et poivre du moulin). En automne, le gibier est roi, chassé maison.

6, Rue du Centre
Chaon
25160 Montperreux
Tél.: 03 81 89 42 19
 

L'Anversis, Lamoura (39)

Sans doute la plus belle carte de vins du Jura au pied des pistes! Fermé le midi en période estivale, mais l'hiver, lattes aux pieds, il fait bon s'y réchauffer..

L'ANVERSIS, bistrot de montagne
Sylvie et Bernard Robbe
239 chemin de l'Anversis - La combe du Lac
F-39310 Lamoura (Haut-Jura)

Tél.: +33 (0)38 441 20 91

 

La Perdrix, Hauterive-la-Fresse (25)

juraFerme-auberge perdue dans le Haut-Saugeais, la Perdrix, reprise en 2004 par Olivier Guazzetti, propose des spécialités fromagères franc-comtoises et des viandes (de qualité) grillées au feu de bois dans une ambiance rustique autant qu'exquise. La carte des vins est sans aucun doute la plus belle que l'on puisse trouver dans ce genre d'endroit. Elle fait la part belle aux locaux, évidemment, dans un registre bio/nature (Overnoy-Houillon, Bornard, Clairet...), mais propose également quelques belles références hors région (Viret, Anne Paillet, Lenoir, Lapierre, Pacalet, Maréchal...). Un endroit idéal, au cœur de la montagne jurassienne, été comme hiver.

 

 

La Perdrix, ferme-auberge de montagne

Olivier Guazzetti

2, chemin de la Perdrix

25650 Hauterive-la-Fresse

Tél.: 03 81 38 12 90

 

A boire

Les jardins de Saint-Vincent, Arbois (39)
JardinsTHE caviste d’Arbois! Stéphane Planche, par ailleurs sommelier au restaurant Jean-Paul Jeunet, est de ces hommes qui vous font partager leur passion avec un plaisir non dissimulé. Aux Jardins, tous les sens sont en éveil et on y goûte moult flacons, du Jura et d’ailleurs, tous des vins authentiques de vignerons passionnés amoureux de leur métier. Une visite s’impose, forcément!

49, grande rue 39600 ARBOIS
Tél.: 03 84 66 21 75

 

Essencia et Épicuréa, Poligny (39)
Une petite boutique au coeur de la vieille ville de Poligny, où l'on vient pour acheter son fromage etDsc02471_1 d'où l'on ressort avec un carton de vin sous le bras, l'autre, au cœur de la ville, où l'on vient acheter du vin et d'où l'on ressort avec du Comté ou du Morbier. Deux véritables cavernes d'Ali Baba sur lesquelles veille jalousement Philippe Bouvret, un véritable passionné, par le vin de plus en plus nature. Un endroit à ne pas manquer!

Essencia 24, Place Notre-Dame 39800 POLIGNY
Tél.: 03.84.37.08.46

Épicuréa, 5 place des Déportés 39800 POLIGNY

Tél.: 0384341605

 

Au Bon Echanson, Pontarlier (25)
Caviste traditionnel et indépendant, Philippe Chapon a développé tranquillement mais sûrement une belle carte de vins des différentes régions de France, en se positionnant dans les plus beaux domaines. Belle sélection de Bourgogne et de Bordeaux, avec, pour ces derniers, achat possible en primeur.

66, rue de la République 25300 PONTARLIER

 

Crémerie Petite

En lieu et place du Trou de Souris, la vitrine de la Fromagerie Petite, au centre de Pontarlier, qui propose un large choix de fromages régionaux, mais pas exclusivement. Une cave à vins tendance bio/nature de toute la France s'y développe activement. Accueil de premier choix par de bien sympathiques crémières.

1, rue Saint-Anne 25300 PONTARLIER


Les Zinzins du Vin, Besançon (25)
Une adresse qui porte bien son nom, au centre de Besançon, orientée vin nature. Caviste, bistrot et bar à vins, le mercredi, c'est soirée sushis! Sans souci!

14, rue de la Madeleine 25000  Besançon
Tel/Fax : 03 81 81 24 74

 

Terra Vinéa, Morteau (25)

Là où il y a du bon vin, au pays de la saucisse. Excellente cave, gérée par Thiery Mesnier, qui fait également bar à vins en soirée et le week-end, au cœur de la ville de Morteau. Une orientation "vins naturels" très marquée, avec de bien jolies références.

 

Les Gourmands lisent, 12, rue Bersot 25000 Besançon 

À boire, à lire. Vins, bières, whiskies et bonne lecture. Espace dégustation et soirée littéraires et/ou bacchiques. Au cœur de la boucle bisontine, dans une rue piétonne qui incite à la flânerie et à la découverte.  Les meilleures choses ayant malheureusement une fin, parfois brutale, les Gourmands ont déposé le bilan en août 2013...

 

La cave se rebiffe, 11 route de Gray 70150 MARNAY

Chez le Zem, dans un magnifique village haut-saônois, le bon vin coule à flots et fait tirer des larmes au bord de l'Ognon. Un caviste nouvelle génération, proche des vignerons autant que des clients, avec un espace rencontres et dégustations, open pour des BBQ en belle saison. La douceur de vivre haut-saônoise...

 

A dormir

Hôtel de Paris, Jean-Paul Jeunet, Arbois (39)
9 rue de l'Hôtel de Ville 39600 ARBOIS
Tél. : 03 84 66 05 67

 

Hôtel Les Messageries, Arbois (39)
rue de Courcelles 39600 ARBOIS
Tél.: 03 84 66 15 45

 

Hôtel Les Cépages, Arbois (39)
Route de Villette 39600 ARBOIS
Tél. : 03 84 66 25 25

 

Au cœur du Jura

Chemin des Carriauds 39800 LE FIED

Tél.: 0607830458 karinereynaud2@wanadoo.fr

 

La Maison des Salines, au cœur de Salins les Bains

L'un des plus beaux hôtels particuliers de la ville reconverti en chambres ou, carrément, maison d'hôtes. Ouverture en juillet 2012.

Tél.: 0384378197

 

La Maison d'en face 39600 VADANS

Tél.: 0384375080/0650910307

 

Chambres et tables d'hôtes "A la part des Anges", Pupillin (39)

La Part des Anges
Stéphanie et Olivier ISTACE
rue des Chenevières
39600 PUPILLIN

Tél : 03 84 37 47 35
ou 0 871 032 334 (tarif local)

 

Chambres et table d'Hôtes Le Domaine de la Marquise, Pupillin (39)

Des chambres haut de gamme, disponibles depuis le 1er juillet 2012. Table d'hôtes et dégustation de vins natures sélectionnés par "La Grande". Le must!

Corinne Loppin Roch

7, rue du CHardonnay

39600 PUPILLIN

Tél.: 03 63 86 86 92

Portable: 06 12 49 66 29

 

Chambres d'hôtes La Closerie Les Capucines, Arbois (39)

Des chambres d'hôtes de charme, en plein cœur de la vieille ville d'Arbois, juste à côté des Caves de la Reine Jeanne.

 

CLOSERIE LES CAPUCINES
Patricia Chatelain
7 rue de Bourgogne
F 39600 Arbois
Tél. 33 (0)3 84 66 17 38
Fax 33 (0)3 84 66 21 58

 

Chambres d'hôtes Le clos d'Estelle, Charchilla (39)

Au bord du lac de Vouglans, près de la plage de la Marcantine, de superbes chambres d'hôtes très confortables, dans un cadre majestueux et un calme olympien.

Christine et Jean-Pierre Thévenet

1, La Mercantine

39260 CHARCHILLA

Tél.: 03 84 42 01 29

 

 

Gîtes Jura  Arbois

Gîtes Crinquand Carine
102, Grande Rue
39600 Villette-les-Arbois
Jura / France
Tel :06.74.55.49.19
03.63.40.90.55

 

AtHome, séjour et chambres d'hôtes

"Loin de chez vous, votre chez soi"

Frédérique CHAUVIN

39250 MOURNANS

0681982048

 

 

A visiter

 

La ville d’Arbois

 

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Château Chalon et son abbatiale

 

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La région des Lacs et des Cascades

 

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Pour se rafraîchir et s'imprégner d'histoire, on n'hésitera pas à gagner le plateau de Champagnole et celui de Nozeroy. Jura Monts et Rivières et Jura Lacs et Cascades vous donneront la possibilité de fouler les remparts moyen-âgeux de la petite cité médiévale de Nozeroy, d'apprécier la fougue de la rivière d'Ain, le charme des lacs de Chalain, Narlay ou Ilay et de découvrir le site hautement présumé de la véritable bataille d'Alésia, à Syam et Chaux des Crotenay.

La Saline Royale d’Arc et Senans

La reculée de Baume les Messieurs

 

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Le Fort Saint-Antoine

 

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Dans ses entrailles se fabrique ni plus ni moins que le meilleur fromage du monde. Comté ... Comté ... Comté ...
 
Le musée Courbet à Ornans (25)

 

A déguster

 

Les chocolats d’Edouard Hirsinger, à Arbois

Les meilleurs chocolats du cosmos, et ce n'est pas moi qui le dis!


Les fromages d’Essencia, à Poligny

Les meilleurs fromages du Cosmos, dans la capitale du Comté. Deux adresses, Essencia et Epicuréa. Le même patron, Philippe Bouvret. Deux fois plus de plaisir.

 

Les fromages du Trou de Souris, à Besançon

Les meilleurs fromages du Cosmos, au delà du 46,83ème parallèle. C'est au Marché Beaux-Arts de Besançon que la souris a fait son deuxième trou. Un trou qui vaut le détour.

 

Les chocolats de Simplement Chocolat, à Pontarlier

Les meilleurs chocolats du Haut-Cosmos, à 834 mètres d'altitude. Macarons de premier choix et spécialité de caramel aux morilles, un régal pour les caramélologues morillologues.

 

Les fromages chez Comté Petite à Pontarlier

Les meilleurs fromages du Cosmos, sur leur lieu même de production. Marcel Petite propose une sélection complète de sa gamme (Comté, Mont d'Or, Morbier, Gex,...) ainsi que des fromages de toutes les régions de France et d'Europe, dans le même esprit que les siens.

 

 

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Le Classement Olif des meilleurs domaines jurassiens ou le jeu des 7 familles

La famille "incontournables":

Dans un ordre totalement aléatoire, la liste des domaines jurassiens à ne pas rater pour avoir une idée de ce qui se fait de mieux dans nos contrées:

 

Domaine Jean Macle
La référence en Château Chalon et une relève plutôt très bien assurée par Laurent Macle, qui s’occupe désormais du domaine, même si l’on continue encore souvent à en attribuer tous les mérites à son père Jean. Peu de cuvées proposées à la vente, mais du vin pour tous, parfois en quantités limitées: un Côtes du Jura traditionnel d’une finesse hors pair, un excellent Macvin et le nec plus ultra du Château Chalon. Tout cela à un prix plus que raisonnable!

 

Domaine André et Mireille Tissot
La référence en Arbois! Stéphane vinifie depuis 1989 maintenant et s’est imposé comme une véritable tête chercheuse et une locomotive pour tout le vignoble. Son succès suscite du coup pas mal de jalousie mais, fidèle à lui-même, il continue dans la voie qu’il s’est tracé, entre tradition et modernité, pour le plus grand bonheur de l’amateur.

 

Domaine Labet
La référence en Côtes du Jura! Ici encore, la passation de pouvoirs se fait tranquillemement avec un des fils, Julien, qui possède un grand talent de vinificateur. Les cuvées ouillées parcellaires de Chardonnay (La Bardette, le Montceau, les Varrons) ont fait toute la réputation du domaine et sont devenues des must incontournables. Julien commercialise désormais une petite production en son nom propre, "Les vins de Julien", tout en s'occupant de la vinification des vins du "collectif Labet", représenté désormais par Charline, Romain et Julien, Alain et Josie ayant décidé de faire valoir leurs droits à la retraite. L'ensemble du domaine sera converti en bio.

 

Maison Pierre Overnoy-Emmanuel Houillon
La référence en matière de vins sans soufre et d’Arbois-Pupillin! C’est Emmanuel Houillon, formé par Pierre, qui s’occupe dorénavant seul du domaine, mais l’esprit et les conseils de Pierre Overnoy sont respectés à la lettre. Des cuvées ouillées de savagnin magnifiques, des vins jaunes exceptionnels, au vieillissement en fût prolongé, des Ploussards d’anthologie, dont certains refusent de vieillir, autant de cuvées immanquables ici, à la condition d’arriver au bon moment. Seuls les premiers arrivés et les fidèles sont servis!

 

Domaine Jacques Puffeney
La référence en Arbois (comment, il y en a déjà une?), qui risque malheureusement de devenir mythique, personne dans l’entourage du Puf n’envisageant de reprendre le domaine! Son Trousseau et son Poulsard comptent parmi les meilleurs! Et que dire de ses Jaunes, souvent conservés pas loin de 10 ans en fût? Incontournable, tant que le Puf ne fera pas valoir ses droits à la retraite.

Domaine de Montbourgeau
La référence en L’Etoile, vignoble un peu méconnu mais grand terroir à vins oxydatifs, qui regorge de stars potentielles. Une définition très précise du terroir et des vins d’une élégance rare, misant sur la finesse dans le registre oxydatif.

Domaine Jean-François Ganevat
L’autre domaine de référence du Sud Revermont, à ne manquer sous aucun prétexte, dans la combe de Rotalier. Ici aussi, une grande recherche sur la définition des terroirs, avec des vinifications parcellaires et ouillées mettant en valeur les climats de Grusse, des Grands Teppes, des Chalasses. Le travail sur les Savagnins ouillés est exceptionnel mais les Chardonnays ne sont pas en reste! Agriculture biodynamique, vinification la plus naturelle possible et des vins d'une grande pureté dans leur définition. Probablement l'un des plus grands, si ce n'est le plus grand vigneron jurassien actuel.

 

La famille "valeurs sûres"

Michel Gahier
Un domaine discret, à l’image du vigneron, mais des vins hautement recommandables, déclinant avec bonheur tous les registres jurassiens. La Fauquette (chardonnay oxydatif)  et les Grands Vergers (Trousseau) sont en passe de devenir des terroirs de référence.

 

Domaine de la Tournelle
Lentement mais sûrement, Pascal Clairet s’impose comme une figure de la viticulture jurassienne. Intransigeant, il refuse les étiquettes, fait du vin selon ses convictions et ses envies, en privilégiant l’expression naturelle du terroir. Une petite propriété par la taille, mais grande par le talent! Désormais officiellement converti et membre actif de l'AVN, il pratique la biodynamie naturelle.

 

Domaine de la Pinte
Un domaine emblématique d’Arbois, en bio, qui propose nombre de cuvées intéressantes, dont un melon à queue rouge et un savagnin ouillé, la célèbre Cuvée S, à l’élevage parfois un peu appuyé. Un renouveau qualitatif est en train de se dessiner, avec le recrutement d'un nouveau chef de culture, Bruno Ciofi, ayant travaillé précédemment au domaine Frick. La conversion biodynamique est effective depuis le millésime 2009.

 

La famille "Bio" ou biodynamique

Domaine Pignier, Cellier des Chartreux, Montaigu, Côtes du Jura

La biodynamie réjouissante des frères Pignier, par ailleurs membres de Renaissance des appellations, se lit sur le visage réjoui de Jean-Etienne. Des vins et un domaine qui progressent à grands pas, une nouvelle référence dans la région.

 

Domaine Gérard Villet, Arbois

Un des pionniers, celui qui revendiquait son appartenance bio alors que tout le monde se convertissait joyeusement au chimique. De jolis blancs dégustés (Chardonnay 2005), moins convaincu par les rouges, mais mon expérience avec ce domaine est relativement limitée.

 

Domaine Overnoy-Crinquand (Pupillin)

Un lien de famille lointain avec Pierre Overnoy, avec qui il ne faut pas le confondre, même s'ils ont démarré la certification bio la même année. Polyculteurs dans l'âme, la famille Overnoy-Crinquand élève également du bétail. Des vins sincères et francs.

 

Domaine du Pont de Breux, Jean-Charles Maire (Les Arsures)

Le vigneron bio du pays de Salins. Autant les blancs que j'ai eu l'occasion de goûter ne m'ont pas convaincu (manque de précision aromatique), autant les rouges m'ont séduit. Un domaine à suivre avec intérêt.

 

Domaine Berthet-Bondet (Château Chalon)

Un grand classique de Château Chalon, aux vins très "typés", qui a entamé le grand virage bio en 2009. Il est appelé à faire des émules dans une appellation aux exigences habituellement très élevées.

 

La famille "vieilles et jeunes pousses"

Domaine de l'Octavin (Arbois)

De 2005 à 2008, le domaine est passé du "tout chimique" à la biodynamie. Un sacré changement, qui témoigne d'une volonté de bien faire, le plus vite possible. Avec des résultats plus que probants, malgré un certain nombre de difficultés propres à un jeune couple de vignerons qui vient tout juste de s'installer et de créer un domaine de novo. L'opportunité de pouvoir d'emblée travailler sur de beaux terroirs déjà en bio depuis plusieurs années pour certains, à la Mailloche ou sur Curon, un excellent instinct de vinification qui devrait bientôt supplanter le bagage technique et les acquis de la "bonne école d'œnologie", tout cela a déjà permis la production de très jolis vins récompensés par ci par là, dont certains ont même déjà trop vite été bus.

 

La Maison de Rose (Saint-Lothain)

Une petite propriété de 2,5 ha, une maison plus qu’un domaine, de création récente (2000) et dirigée par Dominique Grand, loin d'être pourtant un débutant, et qui a choisi de voler ses propres ailes en laissant sa place au sein du grand Domaine Grand basé à Passenans. Cette maison, qui a vocation a rester petite (un comble pour un Grand?), offre une gamme plutôt restreinte de vins mais dont l’élevage est fignolé, peaufiné, bichonné, résolument moderne en privilégiant l‘ouillage systématique et les vinifications parcellaires. Coup de coeur pour L'Ecole Buissonière, un vendange tardive de savagnin commercialisée en vin de table!

 

Philippe Bornard (Pupillin):

Philippe Bornard est un vigneron rusé. Comme son nom semble l'indiquer. Coopérateur de longue date à Pupillin, il a, depuis toujours, vinifié quelques cuvées à titre personnel et privé. Depuis 2005, il avance crinière au vent. Il a cessé de vendre son raisin à la coopérative, pour produire désormais ses propres vins. Et c'est tant mieux! Un jeune domaine, mais un vigneron qui a de l'ancienneté et du bagage.

 
 
Etienne Thiébaud, domaine des Cavarodes (Cramans)
La révélation 2009! Des vins d'Arbois et des vins de pays de Franche-Comté en bio, avec des dreadlocks, beaucoup de naturel et une grande personnalité.
 

Domaine Rémi Treuvey (Arbois)

Un domaine familial repris en 2003 par Rémi et son épouse, qui propose une gamme complète de vins du Jura élaborés dans le respect des sols et de la tradition.

 

Peggy et Jean-Pascal Buronfosse (Rotalier)

Jeune couple en quête de retour à la terre, venu s’installer dans la Combe de Rotalier, Peggy et son mari se sont lancés à fond dans l'aventure viticole. Ils avancent à leur rythme, dans le bon sens, produisant des vins très intéressants d'un rapport Q/P exceptionnel.

 

Julien Maréchal, Domaine de la Borde (Pupillin)

Vigneron virtuose, Julien Maréchal produit du vin funky et groovy. Accessoirement, il joue aussi du clavier dans Groove Baby Funky Boost.

 

Benoit Royer, Domaine de la Cybelline (Arbois)

Adepte du cheval Comtois, qu'il trimballe dans les vignes des autres, sur demande, Benoit Royer s'est lancé dans la grande aventure vigneronne avec le millésime 2004. Depuis, il suit son petit bonhomme de chemin.

 

Domaine Monnier-Ratapoil (Arc et Senans)

Ancien ratapoil (vigneron amateur), Raphaël Monnier a pris un mi-temps pour s'occuper officiellement de son domaine viticole, constitué de vignes en AOC Arbois. Sa cuvée Ratapoil, à base de vieux cépages autochtones, vaut le détour.

 

Domaine de la Renardière, Jean-Michel Petit (Pupillin)

Un domaine qui ne manque pas d'intérêt, tout comme le vigneron, figure de proue de l'appellation Pupillin. Petit à petit, l'évolution est très qualitative, avec une approche culturale plus que raisonnée, puisque convertie en bio avec le millésime 2012.

Les Dolomies (Passenans)

 

Renaud Bruyère (Pupillin)

 

Catherine Hannoun (Port-Lesney)

 

Jean-Baptiste Menigoz (Les Bottes rouges, Abergement le Petit)

 

Kenjiro Kagami (Grusse)

 

Alexis Porteret (domaine des Bodines, Arbois)

 

La famille "classique"

Caveau de Bacchus, Lucien Aviet
Figure de proue du paysage bacchique jurassien, Lucien Aviet porte bien son surnom tant ses vins rendent bien hommage au Dieu de la vigne. La transition est en train de se faire en douceur avec le fils, Vincent. Les rouges sont régulièrement réussis et la cuvée de melon à queue rouge est un must!

 

Domaine Voorhuis-Henquet
Bien placé sur toutes les grandes tables de France, mais initialement camouflé à Conliège, vers Lons le Saunier, le domaine Voorhuis n’est pas des plus faciles d’accès, à l’image de son propriétaire. Pourtant, les vins méritent qu’on s’y attarde même s’ils ne constituent pas ce que l’on pourrait appeler l’exact reflet de la typicité jurassienne. La famille Voorhuis a quitté le Jura en 2006 pour s'installer dans le Bordelais. On murmure par ici que Jean Vorhuis serait nostalgique du Jura et chercherait à y revenir...

 

Domaine Rijckaert
Une domaine situé à Mâcon et qui produit également une gamme de vins du Jura, un peu dans le même esprit que ceux du domaine Voorhuis. L'école flamande? L’Arbois En Paradis, entre autres, vaut quand même le détour et vous y emmène tout droit!

Château d’Arlay (Arlay)
Un domaine aristocratique et réputé dont il faut saluer la grande qualité des vins jaunes. Je connais moins les cuvées standard, que l’on pourrait qualifier de classiques et traditionnelles.

 

Domaine Martin-Faudot (Arbois)
Une maison traditionnelle qui récolte régulièrement des distinctions dans différents concours ou dans les guides. Des rouges élégants, des blancs de facture classique, et une cuvée de vendange tardive de savagnin, la Sainte Cécile, qui méritent bien des éloges.

 

Xavier Reverchon (Poligny)
Un style tourné vers l'oxydatif, avec des vins caractérisés par une acidité marquée du fait du mode de culture : le travail incessant du sol d'abord et puis le choix d'une presse faible des moûts, excluant ainsi le cœur de presse qui apporte du jus beaucoup moins acide. Des vins avec de la personnalité et du caractère, refusant la moindre concession aux modes et, de ce fait, pas forcément simples d'accès. Les Jaunes sont d’une grande droiture.

 

Jacques Tissot (Arbois)
Dans la famille Tissot, un frère. Un grand domaine à la production honorable, capable de sortir de temps à autres une pépite. Son Naturé (savagnin ouillé) a été particulièrement réussi dans le millésime 2000.  A signaler aussi un Galant, du Macvin à l'ancienne, c'est à dire cuit avec des épices.

 

Domaine Dugois (Les Arsures)

Un beau domaine familial situé aux Arsures, entre Montigny et Salins. De beaux rouges (Trousseau de Grevillère, notamment, également vinifié en blanc).

 

 

La famille "Coopérative"

Caveau des Byards (Côtes du Jura)
Une petite coopérative située au Vernois et qui produit des vins tout à fait intéressants, d'un excellent rapport Q/P. Les Crémants sont régulièrement réussis et possèdent une jolie fraîcheur.

 

La famille "Négoce"

Les Caves de la Reine Jeanne (Arbois)
La maison de négoce lancée par Stéphane et Bénédicte Tissot, située au cœur d’Arbois, dans d’exceptionnelles caves voûtées, est désormais gérée par Benoit Mulin. Stéphane vinifie toujours les vins, destinés majoritairement à la grande distribution, et cette dernière aurait tort de s’en priver. A rechercher en priorité pour remplir le caddie.

 

Henri Maire (Arbois)

Le pionnier des négociants et de la vente à domicile, en proie à quelques difficultés actuelles, à ce qu'il parait. Côté vins, les amateurs d'une certaine génération ont encore la larme à l'œil et la bave aux lèvres en pensant aux cuvées du domaine du Sorbief ou de la Grange Grillard. Du vin pour papa et pour nostalgiques de Monsieur Henri!

La Compagnie des Grands vins (Crançot)

C'est une Compagnie qui fait des grands vins, comme son nom l'indique. Et qui les vend, quelquefois pas très cher, à la Grande Distribution. Les raisins, elle les achète, pas très cher non plus, d'ailleurs. Vu les volumes qu'elle représente, c'est bien de savoir qu'elle existe. Des vins forcément disponibles à l'Hyper du bout du monde, à deux pas de chez toi. Si jamais tu trouves d'autres références jurassiennes, ne te prive pas...

 

La famille inclassable, bientôt perdue de vue...

Jean-Marc Brignot (Molamboz)
Pour son premier millésime dans la région (2004), Jean-Marc s’est déjà taillé un franc succès, surfant avec conviction sur la vague des sans-soufre purs et durs. Un souffle d’air frais revigorant, venu de la Manche, qui devrait repousser encore plus loin les limites de l’innovation dans le Jura, si son tempérament un brin nonchalant le lui permet. Vinifiant depuis quelques années hors Jura pour le négoce Vinibrato, Jean-Marc a mis fin à son aventure occidentale fin 2012, en s'exilant pour le Japon avec un projet de polyculture alternative correspondant à ses aspirations profondes. On se consolera avec les dernières cuvées jurassiennes de 2004 qui sont distillées au compte-gouttes par les cavistes avisés...

 

En perpétuel chantier... (réactualisation complète septembre 2013). Dernière mise à jour août 2014.

Olif

17 août 2012

Le Grand vide...

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Ce 2008, année pourtant difficile à Saint-Marcel, n'a pas connu les affres de 2011, année de vaches plutôt maigres à la cuverie du Mas de Libian. Un micro Bout d'zan à venir, assemblé avec les restes de Khayyam, et qui laisse un grand vide au goût beaucoup plus amer que d'habitude, dans la bouche d'Hélène Thibon, suite à un (gros) problème de malfaçon sur des cuves fraîchement achetées. Plus de la moitié de la récolte perdue, un énorme grain de laideur sur la joue de la bêtise, comme ne l'a pas dit Omar Khayyam, le poète perse du XIème siècle, c'était même plutôt tout le contraire. Et une étiquette qui laissera apparaître un grand vide, pour rappeler celui que vit actuellement la famille Thibon.

 

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Silicium et aluminium ne riment donc pas avec qualité premium, au Mas de Libian, qui doit faire face à une situation œnologique et économique difficile. Le Taulier de la blogosphère, dans un de ses afterworks dont il a le secret, s'était déjà ému de cette situation, qui suit désormais son fil judiciaire. C'est bien volontiers que j'assure un éphémère relais, pour soutenir la plus adorable vigneronne en marcel de Saint-Marcel d'Ardèche. Et je n'aurai qu'une seule chose à dire: "Buvez du bon, buvez du Thibon, buvez du Mas de Libian!"

 

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Cliché JL Delmarty, pour le Mas de Libian

 

Olif

 

P.S.: les vacances d'été tirent vraiment à leur fin, désormais. Le blog d'Olif va essayer de retrouver un rythme de publication un peu plus soutenu dès la rentrée. Et peut-être même avant, qui sait?

09 août 2012

Pupillin sur la Paille et autres futilités: chronique d'un été finissant...

L'été déroule gentiment. Bientôt le jour réputé le plus chaud de l'année, le 15 août. Sauf dans le Haut Doubs, où l'on a généralement un peu plus froid que les autres jours, parce que, traditionnellement, on coupe le chauffage dans les maisons. Le blog d'Olif est en stand-by depuis quelque temps, pour cause de congés annuels, suivis de reprise du travail et de plein d'autres choses, en prévision de la rentrée. Néanmoins, quelques broutilles à se mettre sous la dent, en attendant des jours blogueurs meilleurs...

 

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Si tu ne vas pas dans le vignoble, il se peut que le vignoble vienne à toi. Après un week-end Festicaves, Troll's Prod, organisateur du festival de la Paille, a convié les vignerons pupillanais à une opération Caves ouvertes à Métabief. Un beau festival et une belle affiche, qui a vu défiler sur la grande scène, en deux jours, Brigitte, Izia, Irma, Chinese Man et Lofofora (entre autres). Idéalement placé, le stand des vignerons pupillanais a vu défiler bon nombre de VIP, qu'ils soient vignerons (même arboisiens), blogueurs, hommes politiques locaux... The place to be, le vendredi soir, pour poser en compagnie du plus célèbre d'entre eux, amoureux dans le pré et dans les vignes, venu accompagné, avec un ou deux extras de sexe féminin, mais hors émission. Rien n'est encore joué du côté de M6 et Mme Olif a insisté pour tenter sa chance hors champ. Côté vins, le Ploussard Point barre 2011 du Bornard s'imposait, mais le Chardonnay 2010 de Renaud Bruyère avait de l'allure, tout comme le Ploussard 2010 de Jean-Mi Petit, entre autres. Ambiance peu propice à la dégustation, c'est sûr, mais boire autre chose que de la bière souvent médiocre dans ce genre d'évènement, voilà une belle et grande première. Un agréable moment, en musique, tant pour les festivaliers que pour les vignerons, barmen d'un ou deux soirs.

 

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Partir dans un bel endroit, c'est le rêve de chacun à chaque été. Pas besoin de toujours aller bien loin. Surtout si on est livré. Sébastien Wiedmann, producteur d'abricots bio, de pêches et, accessoirement, de Saint-Joseph, avait fait le déplacement jusqu'en Arbois pour proposer sa marchandise aux chalands, à l'initiative de Thierry Moyne, du restaurant La Balance. Les abricots étaient sur commande, les pêches en sus et le Saint-Joseph 2010 Les Montas en bonus, pour ceux qui avaient eu le bonheur de rester après la distribution. Production minuscule, vendue quasi-exclusivement en direct et réservée à quelques privilégiés. Mais qu'est-ce que c'est bon! Un bien Bel endroit, surtout bien caché.

 

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Dans le genre syrah qui dépote, cette petite 2011 a tout d'une grande. Même si la bouteille est finalement trop petite, hélas, c'est là qu'est l'os! Les Lys, IGP Pays des Cévennes, Duché d'Uzès, vinifié par Ray Monahan et Olivier Privat.

 

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Le 31 août sort Le guide de l'Alter-vin, de Laurent Baraou et Monsieur Septime. Enfin! Une autre façon d'envisager les vignerons, leur façon de travailler et, pour le consommateur, d'acheter le vin différemment. Un livre formellement contre-indiqué pendant les foires aux bestiaux de la rentrée en GD, dont on espère bien qu'il va faire des petits. Et le plus vite possible, même! Chiche?

 

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Cliché ©Charles Dagand, domaine de L'Octavin

 

Pendant ce temps, le millésime "deux mille diouze" continue de faire des ravages, un peu partout dans le vignoble. Mousson printanière, chaleur, pluie à nouveau, le septentrion se bat contre le mildiou tandis que le Sud lutte contre l'oïdium. D'après Francis Boulard, consciencieux, méritant et excellent vigneron de Champagne, tant que la véraison ne sera pas effective, le raisin reste exposé. Et elle tarde, dans le massif de Saint-Thierry. À tel point que certains producteurs peu zélés de raisins champenois n'excluent pas de ramasser des raisins verts pour les fourguer dans les cuvées brutes des grandes maisons, elles-mêmes peu scrupuleuses sur la qualité. Ça ne les changera pas beaucoup de d'habitude, en fait. Un bon dosage brut à 12 g et il n'y paraitra plus... Courage Francis, on croise les doigts pour toi, et on compte bien que les Rachais 2012 seront à la hauteur du travail fourni à la vigne.

 

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Le feuilleton de l'été, c'est le projet d'antenne qui a (é)branlé le microcosme vineux sur le web. Où en est-il, désormais? On savait déjà que Michel Chapoutier avait l'intention de démolir ses verrues murales et publicitaires qui défigurent la colline, on a appris qu'il en avait également profité pour résilier un bail qui courait depuis 20 ans avec SFR et qu'il allait faire démonter une immonde antenne abritée sur ses terres et dans ses murs depuis cette date. Il y en a vraiment qui ne manquent pas d'air... Mitage? Finalement, tout est bien qui finit bien, un accord devrait être trouvé entre les parties. Les antennes (la nouvelle et l'ancienne) devraient aller défigurer un autre site, un peu plus loin, là où il n'y a pas de vignes. Ouf, sauvés!?

 

 

 

 

 

Olif

27 juillet 2012

VDV#48: Love Katz...

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Vendredisduvin

"Les vins en séries font leur cinéma", c'est le thème de ces 48èmes VDV, auvergnats dans l'âme, et proposés à l'arrache par Sonia Dégustation, auvergnate qui sait boire autre chose que de la Volvic. Un thème bien estival, plutôt fun, joliment illustré, une fois de plus, par Rémy Bousquet, le Lucky Luke de la palette graphique, qui n'a décidément pas ses mains dans ses poches dès qu'il s'agit de dégainer son crayon pour un petit dessin de derrière les fagots. Accorder un vin à une musique de film ou de série, cela revient finalement à boire un bon coup en se payant une bonne toile, à la rigueur avec son plateau-télé.

 

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J'aurais pu, comme certains le feront peut-être, dégoupiller une boutanche en même temps que la capote de ma 403. D'ailleurs, ma femme me dit toujours... n'importe quoi! Mais je ne suis pas grand fan des syrahs un peu boisées du collègue de l'inspecteur. Ensuite, j'ai bien pensé à Dexter. Bon sang, mais c'est bien sûr! Une des séries actuelles que je regarde avec bienveillance, malgré le sujet un poil racoleur, parce que c'est bigrement bien fichu. Mais je n'ai pas trouvé un vin rouge de couleur suffisamment sanguine à y associer.

 

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J'ai pensé ensuite au merveilleux Homer Simpson. Je ne suis plus trop les péripéties de la famille depuis un certain temps, mais leur teint jaunâtre aurait pu faire bonne alliance avec un Château Chalon de noble origine. Ou, par association d'idées, suite à un brainstorming particulièrement intense, avec un vin du pensionnaire de l'Abbet Road de Martigny

Et puis, c'est totalement par hasard qu'une bouteille providentielle a surgi de nulle part. Plus exactement du fin fond de l'Alsace, d'où elle a été extirpée, à bon escient et très récemment, par un collègue de goulot (© Doc Adn).

 

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Katz'en Bulles, c'est aussi pétillant que Fritz the Cat mis en musique par Cure. Katz'en Bulles, c'est des raisins parfaitement sains et mûrs, récoltés à Katzenthal par Audrey et Christian Binner. Katz'en Bulles, c'est une robe dorée comme les blés et une bulle festive et joyeuse. Love Katz... palala papapalala...

 

 

 

Miaoouuuw!

 

Olif

 

P.S.: oui, j'ai un peu triché, en dissociant la musique et le film. Mais j'aime bien les exceptions qui confirment les règles. On ne se refait pas...

 

19 juillet 2012

L'Hermitage de rien, chronique d'un été débutant...

Entre déconnexion passagère du web, bronzette sous la pluie bretonne, Paléo sous le soleil, bientôt le Festival de la Paille jurassienne et reprise (déjà!) du travail, l'été 2012 déroule gentiment, l'air de rien. Enfin, gentiment! Quand j'dis ça, j'dis rien...

 

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- Un projet d'antenne au sommet de l'Hermitage agite le landerneau vinique. Ne touchez pas à la colline vinique sacrée, ou je fais un malheur! Déjà largement défigurée par des murs publicitaires à la gloire de Chapoutier ou de Jaboulet, la célèbre colline rhodanienne n'en serait pourtant pas à une verrue près, puisqu'une autre antenne s'y trouve déjà. Le véritable problème, c'est cette pollulation* d'antennes, depuis que le monopole public de TDF a volé en éclat. Plutôt que d'utiliser l'existant, il revient moins cher d'en construire une autre à côté et de laisser rouiller les autres, que plus personne n'entretient. Suite à la mobilisation générale, orchestrée par les notables vignerons et l'élite de la blogosphère vinique, l'antenne serait susceptible d'être déplacée... si un autre endroit propose la même couverture d'ondes. Prions pour qu'elle n'aille pas défigurer un autre lieu du secteur, sans chapelle, mais encore vierge, et où on ne plante même pas de vigne. Le véritable point positif, dans cette affaire, c'est que Chapoutier s'est engagé à démonter ses horribles murs publicitaires, pour participer à la revalorisation du site en vue d'un classement éventuel au patrimoine mondial. Le vignoble de l'Hermitage est sauvé! Ouf! Ça s'arrose! J'en ouvrirai bientôt une bouteille, juste pour voir comme c'est bon. Un sans soufre, peut-être? Que cela ne vous empêche pas de signer la pétition en faveur de l'Hermitage, si le cœur vous en dit... On relèvera juste qu'il y avait un peu moins de beau linge pour s'insurger contre le massacre des terroirs bourguignons à la bioconcasseuse l'automne dernier. Il est vrai que cela se passait en sous-sol, cette fois-là. Rien de bien visible, à même de troubler le bourgeois, donc.

 

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- L'air de rien, nous sommes rentrés dans l'ère du tout ou rien. Les coiffeurs penchent pour l'hair de rien, les clochards pour l'hère de rien, les analphabètes pour ... rien, les calembourdistes pour l'R de rien, les joueurs sur les mots au troisième degré à L'de Rien. Nihiliste jusqu'au bout des ongles, si je devais baptiser une cuvée minimaliste, je me limiterais à un seul et unique R sur l'étiquette. Qui me dit que je ne serai pas accusé de plagiat éhonté pour avoir utilisé l'R de rien, pourtant dûment protégé à l'INPI? Bon, finalement, tout va bien, il est temps d'aller boire un coup.

 

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- L'année 2012 est difficile pour les tenants et partisans d'une agriculture biologique, au nord et à l'ouest du Pécos. On ne va pas plaindre nos amis viticulteurs d'avoir du boulot par dessus la tête à la vigne, nom d'un mildiou, personne n'a jamais dit que s'engager dans cette voie du bio et du bon était facile. On regrettera amèrement cependant que l'on en soit au stade de se battre pour tenter de sauver quelques raisins à mettre dans les bouteilles. Mon diou, faites que tous ces efforts ne s'avèrent finalement pas vains et se transforment en un minimum de vin. On pense plus particulièrement à tous les Champagnards qui ont trop fait fumer leurs enjambeurs, aux micro-vignerons angevins victime de la rouille ou encore aux petits gars du Sud-Ouest qui baptisent leurs cuvées de noms rigolos pour oublier à quel point elles les ont fait souffrir à la tâche pour les élaborer. Tout ce qu'on leur souhaite, c'est de tenir bon et de ne "rien lâcher", d'ailleurs c'est ce qu'ils sont tous en train de faire.

 

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- Juillet, c'est la saison des festivals de plein air, l'occasion de se nourrir les oreilles de bonne musique et d'écluser quelques bières, sans se préoccuper d'une autre qualité que celle de la désaltérabilité sous le soleil. Question alcool, Hubert-Félix Thiéfaine est revenu de pas mal de choses, mais sa prestation scénique au Paléofestival de Nyon a valu le détour et fait tirer bien des langues. L'occasion de parler d'autre chose que de vin, finalement...

 

 

Olif

 

P.S.: cette cuvée L'antenne 1999 du domaine de Cazal Viel, à Saint-Chinian, en est restée à l'ère hertzienne. Une transmission brouillée par de mauvaises ondes d'évolution tertiaire, ce qui n'est nullement surprenant pour une cuvée destinée à une consommation plus rapide. Oubli de fond de cave, mais ressortie fort à propos, je trouve...

 

 

* contraction de pollution et pullulation, ce néologisme veut tout dire, en fait ...

13 juillet 2012

Breizh-moi!

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Envie de Bretagne, limite en manque. La thyroïde en berne, les glandes en pente. Et, du coup, Despentes, ça en fait plus d'une. Breizh-moi! Oh! oui, prends-moi toute! Comme une voix insistante en mon phare intérieur. À une pareille invite, impossible de résister! C'est parti pour un tour d'Armorique, beurre salé, crêpes et chouchen à volonté.

 

Mor bihan


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La petite mer a tout d'une grande. Surtout lorsqu'il s'agit de la traverser, jusqu'à Belle-Isle, la bien nommée. Comme les biscuits. Après une halte à Quiberon, via la Côte sauvage, pour être sûr de ne pas manquer le bâteau. Plateau de fruits de mer, pour une mise en condition, l'un des plus indigents jamais mangé, dans un restaurant pourtant engageant à première vue, mais dont je tairai le nom, pour ne pas faire de mauvaise publicité à tous ceux qui, à la hauteur, revendiquent le même patronyme à la gloire de l'huître. Justement, des huîtres maigres et mal ouvertes, des bulots et des bigorneaux trop cuits, des crevettes molles et une araignée insipide. Fallait-il manger les coquilles pour se sustenter..? Tout comme moi, le ciel en a pleuré toute la nuit, et le matin aussi. C'est donc sous un crachin battant, le lendemain, qu'il a fallu embarquer pour Belle-Isle. Débarquement sous le soleil, néanmoins, et première journée sous le signe de l'escapade, chère à Docadn. Randonnée en sandales et ciré pour gagner l'hôtel, de Palais jusqu'à Bangor, via l'itinéraire cyclable. Vite rattrapés par la pluie, c'est complètement rincés que nous sommes arrivés à Bangor à l'heure du déjeuner. Ne s'offrait à nous qu'une adresse abritée, au cœur du village: Le Caméléon, Restaurant-Pizzéria. La bâche abritant la terrasse réservée aux touristes, pour pratique qu'elle fût, n'engageait guère. Pourtant, à l'intérieur, le Caméléon est changeant et la chaleur d'une jolie maison bretonne nous attendait. Ça humait la bonne pizza, la bonne humeur et la convivialité. Moules-frites au menu, probablement les meilleures jamais mangées, ça rachetait de la veille au soir. Mollusques charnus et goûteux, largement parfumés d'herbes diverses, grosses frites maison servies dans un bol-cornet, bonne bière bretonne pour accompagner, avec tout ça, la pluie pouvait continuer à tomber. Mais, comme par enchantement, elle s'est arrêtée.

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La Désirade est un hôtel*** plutôt classe qui louche sur le concept des chambres d'hôtes. Classé Relais du silence, il est constitué d'un ensemble de maisons bretonnes qui abritent les chambres (quatre par maison), s'ouvrant toutes sur le jardin et la piscine. La table de la Désirade est de l'autre côté de la route. Il faut faire attention en traversant. Elle possède une jolie carte des vins et propose une cuisine faisant la part belle aux poissons et aux crustacés. À l'agneau aussi un peu, dont les troupeaux paissent tranquillement au pied du Grand Phare, tandis que Laurent Voulzy chante dans ta tête: "Bêêêê-lle-Isle en Mer, Marie-Galante..."

Celui qui, à même pas 50 ans, en rentrant d'un bain de mer à la plage d'Herlin, n'a jamais mangé un homard grillé de la Désirade accompagné d'une cuvée L'Argile 2010 de la Rectorie a, en partie, raté sa vie.

 

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Pendant que certains (trop gourmands?) s'essaient au tour du continent en pédalant, d'autres (plus raisonnables?) se sont contentés du tour de Belle-Isle, qui se fait aisément en une journée et 11786 coups de pédale exactement. De la pointe des Poulains à Locmaria, dans le sens des aiguilles d'une montre, il fallait viser juste pour casser une petite graine pendant un gros grain. A Sauzon, par exemple, joli petit village niché au creux d'un aber. Et, comme toujours dans ces situations-là, pour espérer trouver un établissement ouvert, rendez-vous sur le port, où il y a forcément un bistrot.

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Le Bistrot du Port de Sauzon, sous-titré Chez Carole, est un bel endroit resté dans son jus. On y vient parce qu'il pleut dehors, mais pas seulement. On y vient pour faire la bise à Carole, imposante patronne du bistrot, que tous les locaux semblent bien connaître, on y vient pour le Ty Punch et le boudin antillais, on y vient aussi pour la friture d'éperlans et, en ce qui nous concerne, les épatantes sardines grillées dans la petite cambuse, à fond de cale. Deuxième petite adresse pêchée au hasard de Belle-Isle et deuxième satisfaction. Ça motive pour remonter sur le vélo, surtout s'il ne pleut plus.

 

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 L'un des plus étonnants produits du terroir de Belle-Isle, c'est Kaerilis, Whisky des Highlands maturé pendant quelques années sur l'île et qui y est désormais également distillé, grâce à un superbe alambic rapporté d'Allemagne. Dans la petite échope à deux pas du port de Palais, Fabien Mueller reçoit de 9h57 à 12h02 en saison, mais il peut aussi être joint sur mobile en cas d'urgence whisky ou rhum. 10h17, l'heure idéale pour une petite dégustation en attendant le bâteau. Initiales Belle-Isle, Belle-Isle en Rêve, À l'aube du grand dérangement, autant de déclinaisons du malt écossais soumis aux embruns locaux, censés apporter notes salines et iodées. Et pour finir, un petit aveugle sur un alcool blanc, au premier nez très fruité, qui délivre ensuite de fines notes de céréales maltées. Un whisky brut d'alambic, distillé il y a tout juste 3 semaines...

 

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Penn-ar-bed

Rendez-vous sur la fin des terres, pour un G2 improvisé, une rencontre au sommet entre blogueurs de la première heure, sans # ou @ ni retransmission en direct sur Pinterest, mais avec du vin dans le verre et deux ou trois trucs dans l'assiette. Retrouvailles à Port Rhu, Douarnenez, en plein fest noz. Édouard Nenez est de la partie, ça ne rajeunit pas le fan de la première heure et demie que je suis, ardent partisan de l'extension du dolmen de la hutte. Mais non, rien n'a changé...

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La suite se déroulera dans l'intimité de l'auberge des Glazicks, chez Olivier Bellin, qui a transformé en moins d'une dizaine d'années le restaurant ouvrier familial en table deux étoiles à Plomodiern, sur la presqu'île de Crozon. Une cuisine raffinée et cérébrale, dédiée à la terre et à la mer, avec le blé noir comme fil conducteur. Ça frappe très fort dès la mise en bouche.

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Du blé noir, il y en a plein les verres. Mais on n'a pas été obligés de les vider. La deuxième salve d'amuse-bouche, c'est la corbeille de l'Auberge. Une sélection de petits pains maisons tous aussi bons les uns que les autres, ce qui n'arrange pas ceux qui essaient de ne pas manger de pain à table parce qu'ils croient bêtement que ça fait grossir. Mention particulière au pain noir à la crevette grise, qui, tartiné d'un peu de beurre aux algues, est un repas à lui tout seul.

 

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Après les tartines et une paire de langoustines cuites à la perfection (dont la grosse pince, découpée au laser ou à je ne sais quel instrument de précision, permet d'en extraire facilement une chair goûteuse), le premier plat est une variation maritime d'un traditionnel breton terrien, le Kig ar farz. Le "kig homardz" laisse bouche bée, devant la précision des cuissons (mmmm, la pince..!) et l'alliance des saveurs. Le petit "mouchoir d'ananas" chipsé sert surtout à essuyer ses larmes devant tant de bonheur papillaire et culinaire.

 

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Il ne faudrait néanmoins pas que le homard éclipse le turbot à suivre, dont la chair fond sous la langue. Pas de vin du Jura à la carte, mais un très beau Chablis 2010 de Thomas Pico, suivi d'un Ayze Le feu 2010 de Dominique Belluard. Densité et profondeur du gringet ont parfaitement épousé les formes du homard et mis le turbo avec le poisson. Pour le pré-dessert (variations glacées autour de la fraise) et le dessert (tube chocolaté au basilic, sorbet glacé banane citron-vert), Clotilde, la charmante sommelière, nous recommande un rouge. Plutôt qu'un Bourgogne de Méo-Camuzet, nous serons raisonnables et particulièrement sages, puisque La Sagesse 2009 de Gramenon fera l'affaire. Un accord royal, tant avec la fraise qu'avec le basilic chocolaté. La richesse du millésime apporte la puissance et la rondeur, sans le sucre. Superbe!

Il s'agissait du menu Plaisir, à 90€, et du plaisir, il faut bien reconnaitre qu'il y en a eu, pour un prix somme toute très raisonnable dans ce type d'établissement.

 

Aodoù an arvor


 

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Trégor, Saint-Michel-en-Grève. Le soleil aussi. Préavis déposé dans les temps par Météo France. Sous la grisaille, le granit de Ploumanac'h ne parait pas si rose. Pourtant, une si belle collection de tarbouifs géants sculptés par la nature...

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Côté gastronomie, tout n'a pas été rose, par contre. Il a fallu quelque temps pour trouver ses marques. Au Tire-Bouchon de Lannion, un samedi soir, l'une des rares adresses tentantes repérées après un tour de centre ville, une carte alléchante, genre bistronomique. Finis les ormeaux depuis la veille, pas de chance. Noix de Saint-Jacques à l'andouille de Guéméné feront l'affaire, même si on sent une cuisine légèrement au-dessus de ses moyens. Plutôt sympa, finalement, mais une carte des vins insignifiante. Rejoué la carte Bistrot du Port, à Ploumanac'h, en milieu de randonnée, mais avec un petit peu moins de bonheur cette fois. Une originalité: la carte présentée sous forme de Gazette, avec pas mal de choses à lire sur les petits potins de la région. Les huîtres et bulots sont corrects, sans plus, le Muscadet au verre insipide, on ne connaitra jamais sa provenance. Ce sera sans conséquence.

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Étape culturelle et instructive que cette halte en Côtes d'Armor, qui a permis de suivre la Menhir Parade itinérante à Lannion, avant une sortie en mer à l'archipel des 7 îles, un grand moment ornithologique avec fous de Bassan et macareux en pleine forme, sans parler des phocidés, prompts à se faire bronzer sur le premier rocher venu. Une bien jolie balade en mer, qui permet d'apprécier les rochers du chaos de Ploumanac'h sous un angle maritime au retour.

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Le gros plaisir gastronomique de cette Côte de granit rose viendra de Trébeurden, à La Tourelle, qui offre une vue panoramique sur le port, à peine parasitée par une verrue architecturale délabrée qui traîne depuis 30 ans environ, et surtout très appéciée lorsque le premier rayon de soleil estival de la saison fait son apparition. La Tourelle, tenue par Laurent Rouvier, vaut le détour. Pour ses fruits de mer, ses ormeaux, sa carte des vins dont on a extirpé un Riesling 2010 d'André Ostertag "Vignoble d'E" (après un excellent Gewurtz VT Fronholz 2007 proposé au verre à l'apéritif) et un Morgon 2010 de Marcel Lapierre.

 

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Il-ha-Gwilen

 

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Ultime étape bretonne avant le retour, Cancale, la pointe du Grouin et Saint-Malo. Un petit bout de côte bretonne que je méconnaissais et qui m'a beaucoup plu, à défaut qu'il ait beaucoup plu, mais quand même un petit peu. Cancale, jolie petite ville où il a fallu jouer une nouvelle fois la carte du port pour trouver un peu d'animation culinaire. Port de la houle, ce n'était pas encore la foule en ce début juillet. Une adresse dédiée à l'huître, ce qui est bien la moindre, et qui devait nous racheter de la déconvenue initiale du séjour. L'avantage ici, c'est que les huîtres viennent en direct du producteur et qu'il y a, en théorie, moins de chance d'être déçu. Une douzaine de N°2, qui valait bien des N°1, d'après le serveur. Certaines un peu laiteuses, c'est de saison. On y perd en vivacité iodée ce qu'on gagne en onctuosité crémeuse, mais elles sont bonnes. Le verre de Muscadet sans nom servi avec ne mérite pas qu'on le retienne, c'est aussi bien.

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La pointe du Grouin n'en manque pas, de groin. C'est un pic, c'est un cap, que dis-je, c'est un cap, c'est une péninsule! C'est très touristique, mais c'est surtout très joli, tout comme le retour sur Saint-Malo par la côte. Terminus Rothéneuf, pour une dernière nuit bretonne dans une chambre d'hôte qui louche vers l'hôtel. Villa Esprit de famille est le nom de cette immense villa ancienne, rénovée avec goût, et qui abrite quelques chambres et même un gîte. Le petit déjeuner est royal, avec toute une série de petites confitures maison à se damner.

Le soir, il était prévu de manger aux Buveurs de Lune, la seule adresse bio/nature repérée sur le net avant le départ et que l'on se réjouissait de découvrir. Malheureusement, les Buveurs sont fermés les soirs d'éclipse. Et aussi les lundi et mardi. Toute l'année, juillet compris. Comme s'ils ne savaient pas que, nous, on est en vacances tous les jours! Désireux de rester dans un esprit bistrot, c'est Intra Muros que l'on a trouvé notre bonheur. Le Bistro de Jean nous a alors sympathiquement accueilli. Une jolie carte, tournée vers la mer, mais avec quelques classiques "bistrot", comme une terrine maison. Les filets de sardines marinés sont tout simplement excellents, le poisson à suivre plutôt pas mal, malgré une sauce un peu chargée. Le service est agréable à tous points de vue. Seul bémol, la carte des vins est un peu déprimante, ce n'est pas ce soir-là qu'on aurait pu décrocher la lune en buvant.

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Fin du Breizh tour, pour le meilleur, et (pas trop) pour le pire. Alors, heureuse?

 

Olif

 

P.S.: pour tout savoir sur Édouard Nenez et ses Princes de Bretagne, ou juste comprendre un petit peu la foi qui les anime, il faut avoir regardé l'Île aux choux-fleurs.

29 juin 2012

VDV#47: Défiez votre chef favori!

 

Vendredisduvin

"Défiez votre chef favori", c'est le thème de ces 47èmes VDV, sortis d'un brainstorming bruxellois monomaniaque particulièrement intense. Un thème annoncé plusieurs mois à l'avance, pour, théoriquement, permettre de s'organiser. Mais, à la 117ème relecture du billet original de l'Émir du Bas-Rhin (celui qui n'a pas de pétrole, mais du riesling), il semblerait plutôt qu'il ait été question d'expliquer longtemps pour bien faire comprendre au vulgum pecus de quoi il s'agissait exactement. Accord vin(s)-mets (sans parenthèses pour le deuxième item, orthographiquement parlant, mais il peut également y en avoir plusieurs, de mets), défi d'accords, mise en avant d'un restaurateur prêt à jouer le jeu, tous les prétextes sont finalement bons pour descendre quelques quilles dans l'allégresse vendrediste générale.

 

Inutile de préciser que, une fois le courageux chef local déniché, on s'est empressé de transgresser les règles de ce Vendredi inédit et de les simplifier. Pour le meilleur, forcément. Et ne retenir que l'essence même du sujet: un bon repas autour de bonnes bouteilles entre potes. Sans aucun mauvais esprit, évidemment, ce n'est pas le genre de la maison. Mais, comme l'idée de départ imposait d'avoir au minimum deux bouteilles d'un même vin, une à déguster avec le chef en question, qu'il puisse cogiter, et l'autre à réserver pour le grand soir, impossible de la mettre totalement en pratique sur ce coup-là, pour la simple et bonne raison qu'elles se sont toutes avérées être des exemplaires uniques en cave, ou alors sélectionnées au dernier moment devant la tournure prise par les évènements. Mais n'anticipons pas...

 

La seule bouteille répondant de façon stricte aux conditions de participation de ces 47èmes VDV, elle fut choisie pour faire un clin d'œil appuyé aux Brusseleirs, nos maîtres à tous en matière de nombres de quilles descendues dans une seule soirée. Cette bouteille, c'était celle-là:

 

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Nouvelle entorse, il ne s'agit pas à proprement parler de vin, mais de vin de bière, et le chef ne s'appelle pas Léon, une fois.

 

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On a juste brodé un peu, pour améliorer l'ordinaire bruxellois. Double slash de Cantillon pour tout le monde quand même! Mais n'anticipons pas...

 

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Rendons tout d'abord hommage à Pierre-Ivan Boos, chef de l'Alchimie à Pontarlier  (Haut-Doubs, fief de l'absinthe bien droite, en partenariat avec celle de Travers, Suisse, bien droite également), qui a beaucoup bossé pour l'organisation de cette soirée. La gueuze Cantillon, dégustée avec lui il y a quelque temps, lui a inspiré le premier dessert de la soirée. Mais n'anticipons pas...

 

Plus qu'une année avant de m'acheter un Solex et ne pas avoir eu l'impression de rater ma vie, l'occasion était trop belle pour ne pas coupler les deux évènements, d'autant plus que le repas d'anniversaire était prévu un vendredi, devenu celui du vin par la force des choses, avec une semaine d'avance sur la date officielle pour remettre son compte-rendu des VDV.

 

La soirée débuta avec le plus simple accord vins-mets qui puisse exister. Mais pas le plus mauvais. Champagne RD 90 de Bollinger, servi avec ... rien! Juste pour lui-même, à l'apéritif. Tout au plus quelques gressins pour le croquant. RD, pour Récemment Dégorgé, ce qui, dans le cas présent ne signifiait plus grand chose, car la bouteille trainait en cave depuis des années en attendant ce jour-là. Dégorgement en 003, très précisément. Permis de boire! Un ange passe. La bulle pétille aux oreilles, titille les naseaux et égaye les papilles. Seul le bruit occasionné par le grignotement des gressins vient troubler l'harmonie. La bouche est caressante, presque veloutée, mais il y a de la jeunesse et de une fraîcheur virevoltante dans ce vin.

 

Galopin de Gueuze Cantillon à l'eau de gaspacho et pan con jamon façon mique, huile d'olive noire de Corse, avec rien non plus. La mise en bouche était un accord vins-mets à elle toute seule, puisqu'il y avait à boire et à manger dans l'assiette. La Gueuze aromatisée à l'eau de gaspacho est une vraie trouvaille qui ne dénature en rien aucun des deux produits. On a réellement l'impression de boire une bière en mangeant du gaspacho. Impressionnant et rafraichissant!

 

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Pour affronter les entrées, deux vins de sauvignon, à l'opposé l'un de l'autre, deux expressions complètement différentes, deux minéralités aux antipodes. Silex versus Quartz, Pouilly-Fumé versus Sologne, Dagueneau versus Courtois. Nullement prémédité, puisque la deuxième bouteille a été choisie sur place, pour pallier à une insuffisance de quantité de vin blanc, je sais, c'est impardonnable, mais je n'ai pas honte,  il n'y a même rien à regretter.

 

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Ris de veau et bulots rôtis au Garam masala,fines tranches d'asperges crues à l'huile de chanvre et Pouilly-Fumé Silex 2002, Didier Dagueneau. Un sauvignon d'école, agrumes intensément, buis et bourgeon de cassis, nourri par son élevage. Vin élégant, remarquable, parfaitement à point dans un style très classique. L'accord fonctionne plutôt bien avec le plat. Le bulot était ferme, limite caoutchouc, le ris de veau moelleux et goûteux, le Garam masalait bien, le Silex apportait une dot non négligeable en vue du mariage, grâce à une pointe de gras intéressante et bienvenue.

 

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Filet de maquereau rôti laqué, queue de langoustine marinée cuite en tempura, aubergines à la japonaise et Quartz 2009, Les Caillous du Paradis, Claude Courtois. La minéralité du quartz n'a rien à voir avec celle du silex. Presque une épure minérale, comme une arête sur le gras du maquereau, rôti à la perfection. La peau, laquée, s'avale en un morceau, sans se recracher, et glisse toute seule le long du gosier, venant cicatriser la délicieuse incisure œsophagienne occasionnée par le Quartz.

 

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Après cette trilogie de blancs, place aux rouges, prometteurs sur le papier, limite grosses quilles de sortie, même. Si à 49 ans, tu n'as jamais goûtés à de tels vins, c'est que tu n'as jamais été du bon côté du manche...

 

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Coffre de pigeon rôti, déglacé à la Kriek Cantillon à la framboise, la cuisse confite, poêlée de pommes de terre de Noirmoutier et cèpes du coin et Château Rayas 1998. Travailler la Cantillon en cuisine n'est pas une sinécure. La réduction poussée du jus a fait ressortir l'amertume, qui s'est pourtant parfaitement mêlée aux saveurs du jus de pigeon. Rayas, avec son soyeux si reconnaissable et ses délicates notes kirschées, assura à la perfection. Les premiers cèpes locaux, c'était un peu comme la cerise sur la Kriek, sauf que là, c'était de la framboise.

 

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Après ce pigeon papal et cet accord royal, on aurait pu buller et se la couler souce. Que nenni! L'accord avec le plateau de fromages affinés sera ducal ou ne sera pas. Une belle entorse à la tendance actuelle, qui ne voudrait associer que du blanc aux produits laitiers, ton sur ton, mais ça se discute.

 

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Avec le Richebourg 2002 d'Anne Gros, aucun fromage ne fait la fine bouche. De la cancoillotte au Gaperon, en passant par le fromage de Chèvre, même persillé, rien ne résiste à la force tranquille de ce pinot noir d'anthologie, qui déroule progressivement toute sa puissance et sa classe. Un grand vin, déjà largement buvable (une série de Côtes de Nuits 2002 d'anthologie nous l'avait démontré récemment, ce qui a motivé le choix de cette bouteille), qui n'entame que l'aube de sa très longue vie probable.

 

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 Et c'est déjà l'heure du dessert! Celle du véritable défi vendrediste. Roulements de tambour... Rrrrrrrrrrrr!

 

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Gelée de Gueuze Cantillon, pulpe de pruneau au Jerez, sorbet d'eau de rhubarbe, zeste de citron confit et feuille de coriandre avec Cantillon Grand Cru Bruocsella, Lambic bio 2008. Des arômes de la Gueuze Cantillon, le chef a retenu les notes acidulées de cédrat confit qui l'ont conduit à tenter un accord sur un dessert citronné. La meringue sans ficelle ne se met pas derrière l'oreille et vient apporter une touche de douceur ouatée. Véritable patchwork de textures et d'arômes, l'accord fonctionne parfaitement. La Bruocsella est totalement dessoiffante et le dessert d'une légèreté absolue. Cantillonesque!

 

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 Et enfin, comme une fulgurance, un ultime dessert, destiné à tenir compagnie à un joker dégainé en dernière minute. Si à 49 ans, tu n'as jamais trempé tes lèvres dans un Porto du même âge que toi, c'est que tu n'aimes pas ça.

 

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Coque de chocolat, framboises éclatées au sucre et yuzu, croustillant de praliné, mousse et sorbet de chocolat amer et Porto Morgan's 1963. De cette année météorologiquement pourrie que fut 1963, il semblerait qu'il n'y ait guère que les vins de Porto qui aient tiré leur épingle du jeu. Il faut bien reconnaitre que, malgré le relatif dépouillement de la robe, le vin reste aussi fringant qu'un "pas encore quinquagénaire". L'accord avec le chocolat amer est assez évident, mais le vin se suffirait presque à lui-même. Pour un instant d'éternité, qui nous éloigne temporairement, de manière imperceptible, de l'âge fatidique du demi-siècle...

 

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Olif

 

P.S.: après les accords vins-mets, les accords vins-livres et une nouvelle rubrique proposée par Thierry Guichard sur Le Matricule des Anges, "Et avec ça?". Quand littérature rime avec viticulture, ce qui est bien plus fréquent qu'on ne pourrait le croire... Le premier volet de cette rubrique paru au mois de juin propose un joli portrait de Luc-Marie Michel du domaine Zélige-Caravent, en Pic Saint-Loup. De quoi donner envie de boire .. et lire!

 

 

 

 

18 juin 2012

REVEVIN 2012: Bellivière, instants sucrés!

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Contemplatif et pensif, Éric Nicolas, du domaine de Bellivière, peut éprouver la satisfaction devant le travail accompli. Ses cuvées moelleuses et liquoreuses de Jasnières et de Côteaux du Loir ont franchi sans problème l'agrément de la dégustation des Revevineurs. Accompagné de son épouse Christine, l'homme qui a vu Lhomme n'est pas un ours et c'est avec plaisir qu'il a accepté l'invitation de venir présenter ses raretés confidentielles (5% de la production du domaine) sous le patio du Chai Carlina de Saint-Jean de Monts.

 

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La série débute par une déclinaison de rose, de la pelure d'oignon au doré ambré. Les Giroflées, vendange tardive de Pineau d'Aunis à fort potentiel (ramassé à 14,2), a été réalisée dans les millésimes 2004 et 2009. Dans un registre de rosé demi-sec, les deux millésimes jouent sur l'élégance, la finesse et la fluidité en bouche. La Salamandre est une déclinaison moelleuse de pineau d'Aunis qui a été réalisée en 2001 et 2004, le millésime que nous avons eu le privilège de goûter. La robe est dorée et le nez, plutôt racinaire, évoque la gentiane. Le vin a petit à petit mangé tous ses sucres, il est porté par une belle acidité et ce caractère racinaire qui domine. Le chenin n'est pas très loin et le surnom de chenin noir donné au pineau d'Aunis n'est pas usurpé.

 

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Haut-Rasné, terroir protégé en Coteaux du Loir, particulièrement apte à prendre la pourriture noble, grâce à ses sols du secondaire parfaitement "ressuyables", permet de produire une cuvée moelleuse les années à botrytis. 2002, millésime de fraîcheur, a donné naissance à un très beau demi-sec, acidulé à souhait, avec une toute petite pointe d'oxydation finale (fruits secs). 2005 est beaucoup plus riche, sur le miel et l'abricot, mais la finale sait rester fraiche. Le 2009 goûte curieusement comme une cuvée carbonifère du Layon, avec ses notes iodées, sur une petite touche de pomme verte. Un équilibre cohérent, demi-sec, tout en fraicheur également.

 

On ne jettera pas la pierre à Philosophale, cuvée d'exception élaborée uniquement les grands millésimes, sur des tries à potentiel supérieur à 18°. 1999 fut pourtant un millésime assez compliqué, avec une grande diversité de botrytis sur les raisins. Au final, une bouche et un nez complexes de miel et de coing, avec une petite touche de mine de crayon. Grande richesse portée par une belle acidité. Produite sur les coteaux de Haut-Rasné, on retrouve en 2010 des notes iodées et un fruité frais. Une grosse acifdité sous-tend la bouche, à l'origine d'une grande pureté aromatique.

 

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 Avec la cuvée Élixir de tuf, on manque d'un cran dans la concentration, le potentiel recherché étant d'au moins 20° naturels. En appellation Jasnières, ce chenin provient d'argiles à silex sur tuffeau. En 2004, la séquence botrytis-passerillage a apporté de la complexité et préservé la fraicheur, grâce à des notes iodées et mentholées. En léger décalage, la finale est légèrement sur le sucre. 99 est un cran au-dessus, avec une robe bien dorée, des notes d'épices, de coing, de miel et d'écorce d'orange. La bouche est onctueuse et opulente, finissant sur de l'acidulé qui rend le vin fluide et digeste. Superbe!

Intercalée entre les deux, à cause du gradient de concentration, Aurore d'Automne 2005 est un exercice de style sur l'énorme potentiel du Pineau d'Aunis. Les raisins sont triés passerillés et flétris, dans le but de garder de la fraîcheur. Un petit côté vin de paille, indéniablement, avec ses notes de figue, de fruits secs, d'iode et de pêche, ainsi que par sa robe ambrée. Grosse concentration et finale à peine sucrée.

 

Goûter à toutes ces cuvées rares et ultra-confidentielles peut-être considéré comme un privilège et on peut même se demander avec Éric Nicolas s'il ne faut pas un petit brin de folie pour les avoir produites. Une dégustation originale, qui a demandé un véritable effort à Christine et Éric pour retrouver certaines bouteilles, enfouies dans le tuffeau depuis des années... Après un aussi Bellivière, on ne peut qu'espérer le même été...

 

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Sans nul doute le temps fort de ces 9èmes REVEVIN, co-organisées par La Pipette et le Chai Carlina de Saint-Jean de Monts.

 

Olif

 

P.S.: c'en est fini avec REVEVIN pour cette année. L'année 2013 verra la dixième (et peut-être dernière?) édition. La fin probable d'un cycle qu'il conviendra de cloturer en beauté avant de repenser probablement l'organisation de ces journées. Faisons confiance aux deux Philippe pour organiser un final en apothéose et cogiter la nouvelle forme à donner à ces rencontres vendéennes dans le futur.

12 juin 2012

De l'eau, oui, mais de l'Overnoy!

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Du ploussard comme s'il en pleuvait, aujourd'hui, à Pupillin! Pas tant que les trombes d'eau qui se sont abattues sur le petit village jurassien, malheureusement! Mais, tout comme cette mousson jurassienne, les flots de ploussard 2011 de la maison Overnoy-Houillon ne dureront pas très longtemps. 2011, année généreuse en quantité, mais la maturité est arrivée avec un petit degré. Ce qui n'est pas forcément une mauvaise chose, d'ailleurs, mais, pour le coup, la robe de ce 2011 est plutôt groseille clair. Plus foncée que celle d'un Tavel de L'Anglore, toutefois. En bouche, on retrouve néanmoins des similitudes avec les vins d'Éric Pfifferling. Un soyeux, une fraicheur et une onctuosité sans pareil. Ce pur plaisir, c'est la signature d'une grande bouteille sans sulfites ajoutés, même si certains croient toujours dur comme fer que ça n'existe pas.

 

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Avec un tel ploussard (derrière un épatant chardonnay 2011 prélevé en œuf béton), même si la personnalité de Manu Houillon s'affirme de plus en plus, il est clair que la parole de Pierre prévaut toujours. À défaut d'être lue, elle pourra d'ailleurs prochainement être véritablement entendue et même visualisée, puisque un film inspiré du livre va être réalisé. Avec Pierre Overnoy dans son propre rôle. Et aussi celui du boulanger. Un vrai rôle de composition, en fait.

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Olif

10 juin 2012

REVEVIN 2012: melting-pot en Anjou, avec Mai et Kenji Hodgson

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Le second off de ces REVEVIN fut l'occasion de découvrir les vins de Mai et Kenji Hodson, jeune couple canado-japonais fraichement installé en Layon. Leur rêve vigneron, ils l'ont concrétisé en Anjou, après tout un cheminement dans le monde du vin, au Japon, au Canada et en Loire. Désireux de produire un vin le plus naturel qui soit, en limitant l'apport de sulfites, ils s'abreuvent à la source de Claude Courtois, Olivier Cousin, puis Mark Angeli. Et finissent pas poser leurs valises à Rablay sur Layon. Leur patrimoine viticole, composé par petits morceaux, leur permet de disposer de grolleau, cabernet franc et chenin, qui donnent naissance à différentes cuvées.

Chalan Polan 2011, pétillant naturel à base de chenin a le mérite de la simplicité et de la franchise. Parfaitement sec, il exprime avec vivacité une belle gourmandise. La Grande pièce 2011 est un magnifique grolleau à la robe violine, au nez floral et poivré, sur des tanins frais et croquants. O Galarneau 2010, 100% cabernet franc des Rouliers, c'est un petit rayon de soleil québecois sur le Layon, une gorgée de fruits épicés et poivrés dans une vague de fraicheur.

anjou,mai et kenji hodson,chalan polan

 

Autant de cuvées séduisantes qui témoignent déjà d'une belle maîtrise, et qui ont servi d'apéritif à un repas spécial Terre et marais, arrosé de vins espagnols plutôt judicieusement sélectionnés. Parmi lesquels un Vega Sicilia Unico 1991, qui a constitué un moment plutôt magique ... et particulièrement unique.

 

anjou,mai et kenji hodgson,chalan polan

 

Sans nul doute le temps fort de ces 9èmes REVEVIN, co-organisées par La Pipette et le Chai Carlina de Saint-Jean de Monts.

 

Olif

 

07 juin 2012

Le Mas de mon oncle...

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Si on avait dit à Fabrice Bonmarchand qu'il allait marcher dans les pas de Jacques Tati en reprenant le Mas de l'Oncle, en grande partie en appellation Pic-Saint-Loup, Lauret-il cru?

Les vins de Fabrice Bonmarchand ne s'appellent pas Riri, Fifi ou Loulou, mais Denis, Jules, Louis, François et même Vieilles souches, ce qui n'est pas commun pour un neveu.

 

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L'oncle, en fait, il s'appelle Denis, et c'est pour l'amour de Lauret que, dans un premier temps, le neveu Gérard Vézies, agent immobilier et grand navigateur, enfant du pays, a repris ses vignes il y a quelques années, avant de céder le domaine à Fabrice, devenu désormais producteur, mais aussi bon marchand de vins. Parmi ces vieilles vignes, du chenanson, hybride du jurançon et du grenache noir, une rareté créée fin des années 50 à l'INRA de Montpellier. Le chenanson, il n'en a pas l'air, mais il a aussi la chanson. C'est devenu la cuvée hommage au tonton. Denis 2010, ce sont des petits fruits noirs, du poivre, une belle sensation minérale en milieu de bouche et de la fraicheur. Un peu de bois aussi, parce qu'il est bien élevé, mais ça ne marque pas trop. 18 mois en fûts, ce n'est pas rien. Mais tout ça, c'est fait à la main, oui Madame.

 

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Jules 2010, lui, c'est un Pic Saint-Loup tout ce qu'il y a de plus classique, avec un assemblage sudiste d'école: syrah, grenache, carignan et cinsault. Concentré, velouté et frais, il fait du bien au palais, le Julot. Et puis, il a une jolie échancrure en forme de Pic sur son étiquette, ce qui ne gâte rien.

 

Bienvenue dans le Mas de l'Oncle, alors!

 

 

 

Olif

 

 

Retrouvez aussi les Dégustantanés sur le Blog de la Pipette.

 

 

 

 

05 juin 2012

L'été, il n'y a pas que le rosé, aux Jardins...

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Soirée décontractée et estivale aux Jardins de Saint-Vincent, la deuxième depuis que Stéphane-Saint Vernier-Planche est revenu sérieusement aux affaires. La première, c'était en mars, et un compte-rendu figure sur le blog de la Pipette, ce qui fait que je me suis un peu laissé aller à ne rien faire. Cette fois, plus d'excuses, il m'a bien fallu reprendre le stylo.

 

Plusieurs guests de passage au caveau grand ouvert sur la rue, certains ont même laissé quelques flacons non étiquetés à découvrir en avant-première lors de la soirée. Mais, patience... Auparavant, il s'agissait de trinquer à l'année supplémentaire du jardinier, signe d'une grande maturité de sa part. Fidèle, il l'est, puisqu'il est revenu cultiver son Jardin à la Saint-Vincent. Fidèle, il l'est aussi à Vouette et Sorbée, lui qui nous a fait découvrir le premier ce magnifique Champagne de Bertrand et Hélène Gautherot, toujours aussi impeccable à boire et parfait pour une mise en bouche.

 

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L'été donne envie de rosé, mais ce type de vin n'est pas toujours aisé à appréhender par l'amateur. Par le professionnel non plus, d'ailleurs, même le jardinier de Saint-Vincent a du mal à en trouver un à son goût. Ni blanc, ni rouge, juste rose. À mon sens, le vrai bon rosé est un vin assumé, qui ne louche pas sur une autre couleur. Vineux, mais pas trop, il est destiné à accompagner les mets estivaux qui ne nécessitent pas un blanc et qu'un rouge trop coloré dénatureraient. Un vrai bon rosé doit être rose, sans doute, mais pas trop pâlichon, parce que la robe, finalement, on s'en fout un peu. À poil, le rosé, concentrons-nous exclusivement sur le nez et la bouche.

 

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Avec Galéjade 2011, d'Alain Allier (Mouressipe), on n'est déjà pas dans le rosistiquement correct. Robe orangée, bien turbide, mais c'est joli quand même, en harmonie avec l'étiquette. Nez floral, sur la rose fanée, puis agrumes (mandarine) et litchi. Bouche fluide, avec de tout petits tanins accrocheurs et une belle persistance en bouche. Un rosé plein de gourmandise!

 

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Le temps fait tout, en Languedoc, c'est Rémi Poujol qui le pense et le dit. La robe de son rosé est plutôt soutenue, groseille. Un nez caramel au lait, franchement lactique, et une bouche imposante, un peu chaude, avec une pointe de volatile finalement bienvenue. C'est un 2009, et il est à souhaiter que le temps fasse tout pour lui, parce que, à ce stade, c'est un rosé un peu compliqué à boire, il faut bien le reconnaître.

 

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On passe à la pointure au dessus, ce qui se fait probablement de mieux en matière de rosé "nature": Tavel 2010, domaine de L'Anglore. Le velouté de tanins des vins de L'Anglore, je crois bien que je le reconnaitrais entre mille. La robe est légèrement trouble, d'un beau rosé orangé, avec la pulpe. C'est fruité, c'est frais, c'est bon, on en boirait des seaux, mais ce n'est pas aussi simple que cela. Un vrai beau vin de terroir qui fait honneur à l'appellation et au vin rosé d'une manière générale.

 

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On passe au blanc, avec ce Côtes du Rhône 2010 du Domaine Jamet. Un peu fermé à ce stade, avec une pointe de réduction, il a du mal à se lâcher. La bouche est agréable, mais on la sent bridée et la finale reste pâteuse. 60% marsanne, 30% viognier et 10% roussane, et ce n'est pourtant jamais mou ni lourd. Pas vraiment dans un style nature, c'est sûr, mais il faut savoir rester ouvert...

 

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Heureusement, French Wine is not dead. Grâce à Anthony Tortul et à la Sorga, qui nous enchante avec ce blanc 2010 de viognier et terret bourret, non, tu n'es pas bourré, Jean-Claude. La bouche est ronde, marquée Sud, mais gourmande, tout en étant bâtie sur les amers, qui assurent la fraîcheur finale. Une belle réussite.

 

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À ce stade de la dégustation, il est presque temps de faire une parenthèse pour saluer l'un des guests de la soirée, de passage à l'heure de l'apéritif, mais qui n'a pas manqué de nous laisser quelques échantillons de sa production jurassienne, tout juste tirées du fût. D'autant plus émouvant qu'il s'agit sans doute là des dernières bouteilles made in Jura par Jean-Marc Brignot, ex- as tiré de la Manche. Ces vins-là ne lui auront pas trop donné de boulot, à Jean-Marc. Ça tombe bien, il ne court pas après. Des raisins de 2004, sa première vendange arboisienne, qui ont été mis dans des fûts et laissés bien tranquilles jusqu'à maintenant, dans la pénombre d'une cave sans électricité. Chardonnay seul, assemblage chardo-savagnin dans des proportions tenues secrètes (nul ne le sait véritablement, en fait) et savagnin seul, restés 7 ans et quelque sous un voile sans intervention humaine d'aucune sorte. Dur de départager les deux chardonnays, pur ou en assemblage (ma préférence personnelle va au premier cité, pour sa finesse superlative, versus le côté éthanal plus marqué de l'assemblage), mais, ce qui est certain, c'est que le savagnin 2004 fera date. Il ne revendiquera évidemment ni l'appellation "vin jaune", ni le clavelin, ce n'est pas le genre de la maison, mais il marquera sans nul doute les esprits pour les siècles des siècles. Un fruit toujours présent et des airs de fino, qui s'épanouissent dans une finale en queue de paon. C'est magnifique, ce ne sera pas donné, mais on risque de se les arracher car ce sera définitivement collector, puisque cette année 2012 verra le départ de Jean-Marc pour de nouvelles aventures au pays du Soleil Levant, après d'ultimes vinifications pour le compte de Vinibrato, en Beaujolais et en Alsace.

 

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Merci Jean-Marc, mais aussi Merci, Vincent La Boria, pour ce Côtes du Roussillon 2010 made in Trilla, réjouissant, gourmand et enthousiasmant, qui a bien accompagné les plats de charcuterie enfin arrivés sur la table parce qu'il commençait à faire un peu faim.

 

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Pour clore les agapes rouges, petit tour sur le Causse avec ce Rouge de Causse 2010 du Petit Domaine de Gimios, au grain encore serré, un poil rustique, procurant le même plaisir, un brin jouissif, que celui de se frotter contre une joue mal rasée. Viril et séducteur en diable.

 

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Dernier clin d'œil au vigneron arboisien monté en fléchettes, au travers de ses deux dernières réalisations, produites avec les raisins de la famille Bannwarth, en Alsace. Gewurtz et Pinot gris comme il est difficile d'en avoir déjà bu auparavant. Et pourtant, ça se boit, même que c'est bon.

Sayonara, Jean-Marc Sensei (先生)!


Olif


P.S.: la prochaine séance de dégustation aux Jardins, ce sera véritablement au jardin, ou plus exactement dans les vignes, à la Mailloche, avec Carlito et Alice, du domaine de l'Octavin. Le vin nature dans la nature, le retour, et c'est déjà bientôt. Vivement..!

03 juin 2012

REVEVIN 2012: les gens et les vins de Mogador

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Après l'ascension revevinesque de la Roche aux Moines la veille au soir, cap au Sud pour gagner des terres colonisées il y bien longtemps de cela, au XIIème siècle, par les Pères Chartreux, du côté de Tarragone. D'Escaladei (les échelles de Dieu) à Gratallops, ils ont œuvré à la valorisation de ces terres bénies, auxquelles ils ont également donné leur nom sans se faire prier: le Priorat. Dans leurs bagages, ils n'avaient pas oublié d'emporter quelques cépages rhodaniens, comme le grenache, le carignan et même la syrah. Lorsqu'ils ont dû quitter précipitamment la région, en 1835, pour avoir un peu trop abusé de leur ascendant sur le peuple à grands coups de dîmes et d'impôts, les Chartreux ont tout abandonné aux mains des paysans locaux, qui ont récupéré une partie de leur dû en pillant largemement la grande Chartreuse du Priorat, jusqu'à en faire un tas de ruines..

 

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Suivant les traces des moines bien des années plus tard, la famille de René Barbier a quitté la vallée du Rhône pour faire commerce du vin en Catalogne. René Barbier est ainsi la 5ème génération de ces marchands de vins à vivre en Espagne. Plus exactement en Catalogne, sinon, sa femme, d'origine française également, aurait eu du mal à le suivre, ce qu'il nous a avoué sous le saut du secret matrimonial. À l'instar des cordonniers, ce sont généralement les Barbier qui sont les plus mal rasés. René ne déroge pas à la règle. Depuis l'année 79, qu'il s'est implanté en Priorat, il n'a eu de cesse de redonner ses lettres de noblesse à ce vignoble séculaire aux paysages somptueux, à la limite du grandiose. Malgré ce cadre magnifique, c'est pourtant un endroit qui nécessite "d'avoir une grande illusion pour espérer s'en sortir ... et y rester". Celle de vouloir recréer un vin qui ressemblerait à un vin "pré-phylloxérique", par exemple. En 1989, la première cuvée de son Clos Mogador voit le jour. Mogador parce que "les gens", saga familiale écrite par la tante Élisabeth Barbier, qui raconte l'histoire d'une riche famille rhodanienne au XIXème siècle, largement inspirée de celle de la famille Barbier. Depuis la reconnaissance internationale et la consécration parkerienne, survenue très rapidement, en 1992, Clos Mogador ne cesse pourtant d'évoluer vers les aspirations profondes de René. La part plutôt importante de cabernet sauvignon, qui a contribué à la notoriété du cru, est en train de fondre  comme pulpe de raisin au soleil pour laisser plus de place aux véritables cépages identitaires de la région. Grenache, carignan, mais aussi syrah un peu, s'imposent de plus en plus pour donner un vin qui gagne en gourmandise et en fraîcheur. La fraîcheur, recherche perpétuelle et indispensable pour ces vins solaires du Priorat, réputés concentrés et alcooleux. René Barbier l'obtient de mieux en mieux grâce à une viticulture exigeante, tendance biodynamique, qui permet progressivement d'obtenir la maturité du raisin avec un degré naturel moindre. Sacré challenge! Et ça se ressent dans le verre, évidemment.

À côté du Clos Mogador, René Barbier produit un vin blanc particulièrement original, Nelin, à base de vieux cépages (une quinzaine) et de pinot noir. Il s'est également investi dans la réhabilitation d'une vieille parcelle de carignan, dans un lieu unique, Manyetes, et s'est implanté dans l'appellation voisine de Montsant pour produire une cuvée de vieux grenache particulièrement espectaculaire. Espectacle (c'est son nom) s'est rapidement située au niveau des Grands d'Espagne.

Ex soixante-huitard et contestataire dans l'âme, privilégiant quand il le peut les déplacements en camping-car (par nostalgie du Van VW de sa jeunesse?), il s'est finalement résolu à se déplacer en avion pour venir participer à ces rencontres vendéennes. Agrémentée de visuels vidéo-projetés pour l'ambiance catalane, cette dégustation de Priorat sous le patio du Chai Carlina fera date dans l'histoire des REVEVIN. Un grand moment!

 

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- Clos Manyetes 2009: malheureusement légèrement bouchonné, ils ne laisse qu'entrevoir sa belle minéralité sur des tanins un peu secs, altérant la perception en bouche.

 

- Clos Mogador 1998: vestige de la période cabernet sauvignon, il évolue superbement, sur des notes chocolatées, avec une touche de poivron rouge bien mûr, apportant de la complexité. Les tanins sont fondus, élégants, sans la moindre austérité. Bel fraîcheur finale et équilibre magique.

 

- Clos Mogador 2001: la part de cabernet sauvignon rétrécit, seulement 18%. La robe est encore jeune, brillante, témoignant du peu d'extraction. L'apport du carignan est indéniable. Riche, puissant, mais élégant, on ressent de la droiture et une certaine tension qui régulent l'équilibre. Très beau vin.

 

- Clos Mogador 2009: grenache, carignan, syrah et un peu de cabernet sauvignon. Arômes de fruits noirs, avec une petite touche poivrée, qui évoluent en bouche sur des fruits rouges plutôt frais, grenade ou grenadine, ce qui n'est pas tout à fait la même chose, et cela fera débat. Les tanins sont suaves et soyeux, d'une grande gourmandise. Et toujours cette belle fraicheur...

 

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- Nelin 2010: c'est le blanc de Mogador et il est issu de 15 cépages, dont grenache, macabeu, escanyavelle ("étrangle vieilles", du faut de sa peau dure et rugueuse) et pinot noir. Jolis arômes de pêche, sensation tannique en bouche, de la puissance, mais un beau compromis entre richesse et fraicheur, ici aussi ardemment recherchée.

 

- Nelin 2008: la robe dore un peu et le nez développe des arômes d'amande grillée et de frangipane. Les fruits sont toujours bien présents. Dans un style riche et structuré, voilà un beau vin blanc pour la table.

 

- Clos Nelin 2002: à maturité, il respire la truffe blanche et l'eau de vie de framboise à plein nez. La bouche est ample et généreuse, dévoilant une fraicheur épicée en finale. Grandissime bouteille, sur la puissance et la tension.

 

- Espectacle 2009: il a nécessité de la préparation, ce joyau du Montsant, pour se présenter à nous sous son meilleur jour. Long carafage, verres géants, le voici à point, délivrant toute sa complexité par petites touches. Réglisse, petite prune, rose fanée, il est d'une profondeur et d'une complexité rares. Puissant (il avoisine les 16°), mais équilibré, y tremper ses lèvres, ne serait-ce qu'une seule fois dans sa vie, est un moment privilégié.

 

Merci, Monsieur Barbier, pour cet authentique bonheur partagé!

 

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Sans nul doute le temps fort de ces 9èmes REVEVIN, co-organisées par La Pipette et le Chai Carlina de Saint-Jean de Monts.

 

Olif

 

P.S.: souvenirs souvenirs, ma première rencontre avec les vins du Priorat, en Suisse, qui fut l'un des premiers pays à soutenir commercialement la démarche de René Barbier. Clairvoyants, parfois, les Helvètes!

 

P.S.2: pour le compte rendu d'une belle visite récente in situ, c'est sur la Pipette qu'il faut aller voir.

 

P.S.3: REVEVIN, c'est évidemment des vins, mais c'est aussi une femme, qui sait le raconter.

01 juin 2012

REVEVIN 2012: jus de Roche...

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"- Moi je connais un vin sec, moelleux ou doux, savoureux, c'est le Rooooche aux Moines...

 

- Amène!


- Rooche aux Moines!"

 

 

 

Ne reculant devant aucun sacrifice, l'appellation Savennières Roche aux Moines n'a pas hésité à présenter l'intégralité de sa production à une bande de pseudo-moinillons, même pas tonsurés de près (enfin, pas tous!), lors de ces 9èmes Rencontres Vendéennes au Chai Carlina, pour faire part de l'acte de naissance du nouveau décret encadrant la production des vins du cru.

 

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Dénomination existant depuis le Moyen-Âge, la Roche aux Moines fut donnée aux moines de l'abbaye Saint-Nicolas, qui furent prompts à planter de la vigne sur ce terroir fameux de schistes et de spilites. Seulement 33 hectares en production, appartenant à 8 vignerons, dont seulement 7 revendiquent le nom, Éric Morgat préférant pour l'instant l'assembler à sa production de Savennières. Traditionnellement présidé par des femmes, initialement épouses de notables angevins qui étaient venus cultiver leur jardin au bord de Loire, le vignoble de la Roche aux Moines a fait son coming out en s'ouvrant davantage aux hommes. Contraint de redéfinir par décret les conditions d'appartenance à l'appellation, pour pouvoir subsister, les vigneron(ne)s de la Roche aux Moines en ont profité pour élaborer une charte encore plus restrictive, dont certains items ne pouvait figurer dans le décret (comme l'interdiction du désherbage ou de la chaptalisation). Pas de discrimination, pour un législateur! Les normes d'élaboration ne peuvent imposer un mode de production par rapport à un autre... Respectons la loi bien sagement, alors, même si rien n'empêche de niveler par le haut.

 

Pour cette présentation complète de l'appellation, des producteurs et des vins, dans le millésime 2010 (avec un pirate et des bonus), deux ambassadeurs de choix et de charme: Tessa Laroche (aux Moines) et Clément Baraut (che aux Moines aussi). Les vins sont dégustés à l'aveugle dans un ordre totalement aléatoire, que les deux ambassadeurs ne connaissent pas.

 

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- Clos de la Bergerie 2010, Nicolas Joly: on ouvre la série par un vin particulièrement riche et opulent. Maturité versus oxydation, le débât fera rage, et encore plus après dévoilement de la bouteille. Il y a de la matière, c'est sûr, mais il y a aussi de l'acidité pour la supporter. Un style controversé, mais affirmé, et, personnellement, je trouve cela plutôt bon.

 

- Domaine des Forges 2010, Branchereau: nez en retrait, peu expressif. La bouche est encore plus fermée, serrée. On sent de la droiture et des épaules, mais ça ne cause guère. La jolie finale salivante laisse pourtant bien augurer du potentiel.

 

- Domaine Laroche 2010: joli nez très fin, fruits jaunes anisés, beaucoup d'élégance en bouche, avec des notes salines particulièrement agréable. Un petit rat de l'Opéra, si on le compare aux deux éléphants l'ayant précédé. C'est très bon, Tessa Laroche a parfaitement reconnu son vin, et moi, j'ai seulement failli.

 

- Clément Baraut 2010: nez également très fin, sur les fruits blancs, belle bouche bâtie sur des amers salivants, à peine accentués en finale. Un joli vin à attendre un peu pour un plaisir maximum.

 

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- Domaine FL 2010: retour au solide, avec ce vin trop boisé à mon goût. Tant au nez qu'en bouche, où la sécheresse finale s'impose. Riche et opulent, très cher, un vin superlatif qui ne fait pas dans la dentelle. Pas du tout mon style.

 

- Damien Laureau 2010: le nez s'ouvre sur un léger boisé. Bouche riche, un peu alcooleuse, ronde, pas désagréable, mais le bois réapparait un peu en finale. A attendre, certainement.

 

- Château Pierre Bise 2009: un 9 au milieu des 10. Nez très mûr, marqué par des notes de pomme. La bouche est plutôt jolie, riche mais pas trop, avec une belle acidité porteuse. Étonnamment frais pour un 2009.

 

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- Domaine Laroche 2007, cuvée de l'Abbesse: un doux à 80 g de sucres résiduels, qui fleure bon le litchi et la mangue, avec une impression de rôti, alors qu'il est uniquement passerillé, sans botrytis. Joli acidulé final.

 

- Bonnezeau 2010 Carpe Diem, Clément Baraut: ultime bonus sucré, il a un petit caractère oxydatif sur les fruits secs qui rappelle le vin de paille. Il est également issu de passerillage.

 

Après ce tour d'horizon quasi exhaustif, force est de constater que l'exigence qualitative de l'AOP Roche aux Moines est élevée. La dégustation a mis en évidence un haut niveau global, avec des disparités de style finalement normales et même plutôt attendues, reflétant le travail et la personnalité du vigneron par delà le terroir. Le potentiel de l'appellation est énorme, tout au plus peut-on regretter l'absence de cohérence des tarifs pour une appellation ausi restreinte et une telle volonté de faire cause commune, des prix de vente qui s'échelonnent entre une dizaine d'€ et 53€ (pour la cuvée du domaine FL), alors qu'il n'y a aucun hiatus gustatif entre les différentes cuvées. Un juste milieu cohérent se situerait probablement entre 20 et 30€, qui serait un prix tout à fait honorable pour un vin globalement d'un très bon niveau.

 

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Sans nul doute le temps fort de ces 9èmes REVEVIN, co-organisées par La Pipette et le Chai Carlina de Saint-Jean de Monts.

 

Olif

 

29 mai 2012

Le bonheur est-il dans les vignes..?

Oui, ...enfin, pas toujours!

 

 

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Vaïhana 2004, les Vents d'Anges de Floréal, Le Bouscas: blanc à base d'ugni, qui tient toujours parfaitement la route. Plutôt riche, au caractère oxydatif, possiblement amplifié par le vieillissement, il est parfait sur des asperges blanches des Landes, du fait de sa puissance, de sa grande acidité et de sa droiture. Il serait dommageable qu'un tel vin ne puisse plus exister.



Pourtant, il figure désormais sur la liste des possibles espèces en voie de disparition. Dans le Gers, le bonheur n'est pas toujours dans le pré ni dans les vignes. Confronté à des difficultés de trésorerie, alors qu'il est en pleine tentative de redressement productif, lâchement lâché par des banquiers frileux, en raison d'un endettement jugé trop important, mais nécessaire au bon fonctionnement d'un domaine biodynamique, aggravé par des ventes en dessous des espérances, because la perte de certains marchés prévus initialement, Floréal Romero a les lèvres limite gercées. Son Bouscas risque d'arriver au bout et il est à deux doigts de devoir se casser. Pas question avant d'avoir tout essayer, en tout cas. D'où l'idée du lancement d'une souscription pour l'achat de vins qui ne seront disponibles qu'à l'automne. Le bout du tunnel n'est pas loin, si l'on en croit le prévisionnel de Floréal (revente de terres non exploitées), mais encore faut-il arriver jusque là. Pour ça, il a besoin d'un petit coup de pouce. De sang froid (du nom d'une de ses cuvées), ses cavistes distributeurs au sang chaud (du nom d'une autre cuvée) ont déjà tous répondus présents pour relayer son action. Un pour tous, tous pour un, il ne sera pas dit qu'un Gascon sera abandonné dans l'adversité. Pour soutenir Claudine et Floréal Romero dans leurs difficultés que l'on espère passagères, deux options: une commande directe en souscription...

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... ou le passage chez un caviste distributeur ou sur Internet. Et pourquoi pas à Rennes, au resto-cave Un midi dans les vignes, ou à la Cave d'Ivry, par exemple, le week-end des 2 et 3 juin, où il devrait y avoir le moyen de se régaler de vins de Gascogne mais aussi d'ailleurs..?

 

 

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Olif

 

 

Retrouvez aussi les Dégustantanés sur le Blog de la Pipette.

 

28 mai 2012

REVEVIN 2012: l'Ardèche au chai

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6 vignerons parmi tous ceux, d'obédience "nature", qui peuplent les vallées de l'Ibie et de Valvignères, 2 bouteilles par vigneron, Gilles Azzoni, délégué par ses collègues pour les représenter, a eu l'art des choix. Et l'Ardéchois qu'il est devenu depuis de nombreuses années, après avoir délaissé la banlieue parisienne, n'a pas mis longtemps à s'adapter à l'ambiance du patio du Chai Carlina à Saint-Jean de Monts. Un vent d'Ardèche nature particulièrement revigorant est venu réchauffer l'air ascensionnel un poil frisquet de la rue Neuve de Saint-Jean. L'Ardèche nature a fait école et trouvé asile en grande partie au Sud du département, dans la vallée de la vigne (Valis Vineri, devenue Valvignères) et celle de l'Ibie (rien à voir avec Mouammar).

90% de la production du Sud Ardèche est représentée par la coopérative des vignerons Ardéchois, ce qui n'est pas rien, il fallait que ce soit dit. Un des premiers à s'être installé par là-bas en cave indépendante, c'est Gérald Oustric, du domaine du Mazel, devenu le Mazel tout court depuis son repli en vin de France. C'était en 1983. Depuis, en réduisant la part de son domaine, il a permis l'installation de nouveaux vignerons comme Andréa Calek, Jérome Jouret ou encore Sylvain Bock, dernier arrivé en date. Un véritable système d'entraide s'est mis en place, notamment pour la vinification, et a abouti à une mise en commun de moyens pour tout ce qui concerne la commercialisation et l'expédition.

 

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L'ambassadeur des vins de cette Ardèche alternative, c'est Gilles Azzoni, parce qu'il a le bagout, l'enthousiasme et la bonne humeur communicative. Et, surtout, en temps que désormais vieux de la vieille, il a appris, relativement récemment, à déléguer le travail de la vigne à de jeunes ouvriers viticoles de confiance. C'est d'autant plus volontiers désormais qu'il prend désormais son bâton de pélerin pour présenter le travail de toute la bande.

 

12 bouteilles à goûter lors de cette séance, toutes vinifiées sans sulfites ajoutés. Du bon raisin ardéchois mis d'abord dans une cuve, puis dans une bouteille. Majoritairement des 2011, de mise récente, mais également quelques millésimes plus anciens, qui ont un peu plus souffert du transport.

 

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Dernier arrivé, premier servi, Sylvain Bock ne fait pas semblant. Ni sans blanc non plus, puisqu'il s'agit du nom d'une des deux cuvées blanches dégustées à Saint-Jean. Un étonnant assemblage de grenache gris et chardonnay, déjà croisé dans le millésime antérieur (2010) du côté de Villeurbanne. Raffût 2010, c'est une belle syrah bien structurée qui ne demande qu'à s'épanouir en bouteille et dans le verre.

Le deuxième blanc dégusté nous est venu du Mazel et il a fait un peu figure d'OVNI. Mias 2007, c'est un pur viognier hors normes, qui a passé 4 années en fût. Il a gardé 3 g de sucre résiduel et affiche 14° d'alcool minimum. Pourtant, ce n'est pas lourd, parce qu'un peu gazeux et marqué à ce stade par la volatile. Tout cela devrait s'harmoniser parce que c'est un vin qui a besoin de temps, surtout après toutes ces années passées en cave, et qui promet d'être énorme dans le futur. Larmande 2009, 100% syrah en raisins entiers, allie fruité et minéralité sur de très jolis tanins qui ne demandent qu'à s'enrober. Un bien joli vin.

Le Raisin & l'Ange, c'est la raison sociale du fabuleux fabuliste qu'est Gilles Azzoni. Sa Fable 2009, c'est 55% syrah, 25% merlot, 20% grenache et alicante. Moralité? C'est riche, c'est rond et c'est bien bon. Robert, l'ancien propriétaire de vignes en fermage, décédé en 2000 à l'âge de 86 ans, méritait bien un hommage. À grands coups de merlot et de grenache, hautement buvables. Un Hommage à Robert 2011 que ce dernier n'a pas volé!

 

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Le domaine des Vigneaux est implanté à Valvignères depuis 3 générations. En bio depuis 2001, il est passé en biodynamie en 2009. Découvert il y a peu au Salon des Vins libres de Rouffach, voilà une nouvelle rencontre plutôt bien venue. Ça tombe bien, je n'avais pas eu l'occasion de goûter à la cuvée de pinot noir Du bout des doigts. Un caractère sudiste affirmé pour ce 2011 plutôt concentré, mais aux tanins frais et soyeux. Tandem du même millésime est un peu plus structuré, sur des tanins encore fermes qui méritent de se fondre un peu mieux.

 

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Nouveau look particulièrement réussi pour les étiquettes des Deux Terres, de Manu Cunin et Vincent Fargier. Les deux vins proposés se goûtaient très bien: Ripaille 2011, carignan poivré et épicé, et le Vin nu 2011, 100% grenache dépoilé, frais et digeste.

 

Last, but not least, les vins de Jérôme Jouret, ex-domaine des Clapas (nom abandonné, contraint et forcé, parce que déjà déposé par quelqu'un d'autre, illustre inconnu, ailleurs en France). Comme à l'accoutumée, un sans faute dans le millésime 2011, avec Pas à pas, fin et élégant, puis En avant doute, qui, millésime après millésime, s'affirme sans aucun doute comme l'un des plus beaux grenaches "nature" du grand Sud.

 

Un tour d'horizon particulièrement réjouissant, qui donne envie de caillette, de kayak, de Pont d'Arc, de Vals*, ... et de toutes ces sortes de choses qui font de l'Ardèche un département qui ne reste pas en travers de la gorge.

 

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Sans nul doute le temps fort de ces 9èmes REVEVIN, co-organisées par La Pipette et le Chai Carlina de Saint-Jean de Monts.

 

 

Olif

 

* Que dit un Ardéchois à un autre Ardéchois pour se justifier lorsqu'il est pris en flagrant délit de boire de l'eau au cours d'une dégustation de vins? "Laisse aller, c'est une Vals!" Désolé... et tant pis si elle n'est pas de première main.