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Le blog d'Olif - Page 8

  • Saint-Glou 2013 en Alsace: les bonnes adresses, yoppla! (1)

     

     

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    © Vincent

    Le concept de Saint-Glou ne serait pas grand chose sans le Saint-Miam. Découvrir une région viticole ne se conçoit qu'au travers de sa gastronomie. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les organisateurs ont été gourmands. Et si la gourmandise est un péché, cela ne vaut que lorsque l'on est seul. À plusieurs, cela s'appelle de la convivialité. Chaque stand de ravitaillement a été associé à un ou plusieurs vignerons. La belle occasion de découvrir une jeune garde alsacienne, à côté des monuments viticoles inscrits au programme.

    Comme il s'agissait de ne pas manger une choucroute à chaque repas, la sélection des adresses gourmandes s'est effectuée de manière rigoureuse et totalement subjective, afin d'être au diapason du glou. On commence par le bas, qui, je le rappelle, se trouve en haut.

     

    Strasbourg


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    Les choses devaient démarrer en douceur à 17h30 par une dégustation apéritive chez Benoit Hecker, dans son Œnosphère alternative, au 33 de la rue de Zurich. Cave à boire, bar à vin, cave à manger, le concept est toujours aussi séduisant, surtout quand un vigneron de Gertwiller, Monsieur Yann Herr (pléonasme alsacien), fait le déplacement pour présenter et faire goûter ses vins.

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    De cette série passée un peu vite pour moi, les bouchons de Sélestat et de la Porte de Schirmeck ayant bien eu du mal à sauter, je retiendrai un jovial Pinot Chio, assemblage des 4 pinots vinifiés en fût et sans sulfites ajoutés, et un pinot noir 2012 ayant bénéficié à distance des conseils avisés de Monsieur Henri Milan (pléonasme provençal), chez qui j'ai rencontré Yann Herr pour la première fois, complètement par hasard.

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    Pinot Chio, un peu de bois, celui dont on fait les marionnettes, mais pas au point de lui en tailler une pipe.

     

    Les papilles en éveil pour contrer les oiseaux de mauvais augure, il est désormais temps de s'attaquer à la possibilité d'une Ill. Il suffisait de passer le pont, pour se retrouver Au Pont Corbeau, chez Christophe Andt, the adresse strasbourgeoise que Saint Glou ne pouvait manquer. Le gros travail effectué par Christophe auprès des vignerons qu'il affectionne, associé à une cuisine chaleureuse bien ancrée dans le terroir alsacien, en font un passage obligé lors de toute étape strasbourgeoise digne de ce nom.

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    On y mange une excellente choucroute, ce sera la seule occasion du séjour. Il ne fallait pas se priver. Rejoints à table par Patrick Meyer, la soirée ne pouvait que s'annoncer sous les meilleurs auspices civils. Et, du coup, ça dégoupille sec! Avec la cuvée du vigneron en finale, pour lequel il n'y aura pas match: un liquoreux de pinot gris sous voile sans sparring partner, à siroter jusqu'au bout de la nuit strasbourgeoise.

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    Colmar

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    Le lendemain midi, un peu plus bas, dans le Haut-Rhin, on n'a pas molli. N'en déplaise à Berthe. L'un des sens, oui, mais lequel? Située rue Berthe Molly, une cave à vin, bar à vin, cave à manger, un concept toujours aussi plaisant quand la qualité des produits est au rendez-vous. Pas de flammekueches dignes de Saint Glou, on se consolera joyeusement avec une tourte de la vallée, oui, mais laquelle? Délicieuse en accompagnement des vins servis par les deux vignerons présents. Philippe Brand reprend progressivement le flambeau d'un domaine familial situé tout en haut, dans le Bas-Rhin, à 20 km à l'ouest de Strasbourg. En bio depuis 2001, avec l'envie de titiller du nature. Une agréable Nymphe rose à l'apéritif, crémant à la bulle fine, et un pinot noir sans soufre 2012 dont le principal tort fut de passer avant (ou après) celui de son collègue de goulot.

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    Hubert Hausherr était comme un monsieur à la maison, à Colmar. Son domaine est situé un peu plus bas, dans le Haut-Rhin, du côté d'Eguisheim, à une portée de bouchon de là. Une belle découverte, sans sulfites ajoutés, dans la majorité des cuvées. Du lieu-dit Sunngass 2010 (complantation de riesling et pinot gris) au pinot noir 2011 du Fronenberg, en passant par Aussitôt bue 2011, assemblage de 3 cépages, comme son nom l'indique, et d'une grande buvabilité, comme son nom l'indique aussi. Sui Generis 2011, si sa mission était de nous faire aimer le gewurtz, eh! bien, c'est généreux et réussi!

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    Olif

  • Vendanges littéraires

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    Pendant toute l'année, ils ont été choyés, dorlotés, binés, décavaillonnés, labourés, tannés, traités, maltraités, effeuillés, plumés, harcelés par leurs éditeurs qui ne leur ont jamais lâché la grappe, qui n'ont jamais rien lâché. Ils ont tenu bon, concentré leurs sucs, mûri leur sujet et, finalement, ils sont arrivés  au bout de la maturité de leur processus créatif. Leurs feuilles sont tombées à l'automne, en même temps que le fruit de leur travail. Grosses vendange tardive de bouquins sur le vin en 2013, donc, avec une récolte qui s'annonce plutôt qualitativement bonne, éclectique, dont quelques grands crus.

     

    Mimi, Fifi & Glouglou, petit traité de dégustation

    C'est brut de cuve, souvent nature et ça sent le vécu. Pas que le vécu, d'ailleurs. Parfois un peu le cul de la vache ou encore le poulailler, aussi.

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    ©Michel Tolmer et les Éditions de L'Épure

     

    Mimi, Fifi et Glouglou, parfois remplacés au pied levé par Mimie, Fifie et Louloute, concentrent pas mal les travers des dégustateurs amateurs, quelque soit leur niveau. Ils sont observés avec tendresse, humour et dérision par l'œil aiguisé d'un artiste sociologue dont l'étude pourrait paraître parfois obtuse au néophyte. Heureusement, il y a beaucoup d'images. Des dessins à profusion, à dessein de croquer le trio d'œnophiles le plus craquant de tout l'univers du vin, naturel de surcroît. Tout cela est finement couché sur le papier par Môssieur Michel Tolmer, homme de glou et artiste dévoué à la cause, aimant payer de sa personne, pourvu qu'il y ait une petite poire de Cazottes à la fin.

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    Mimi, Fifi et Glouglou, petit traité de dégustation, par Michel Tolmer, aux Éditions de l'Épure

     

    La face cachée du vin

    Une réédition indispensable, à exposer au grand jour, que celle de la Face cachée du vin, qui n'est pas toujours jolie jolie à regarder. Grâce à Laurent Baraou et Monsieur Septime, prouvons qu'un autre vin est possible, un altervin qui aurait de la gueule, élaboré par des vignerons qui respectent autant la terre que leur produit ou le consommateur. Tout ce que vous n'auriez jamais dû savoir sur le vin sans toujours oser le demander...

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    La face cachée du vin, par Laurent Baraou et Monsieur Septime, aux Éditions François Bourin


    Chroniques de la vigne, conversations avec mon grand-père

    Dans une veine humoristico-poético-autobiographique, Fred Bernard, bourguignon baroudeur, nous conte là de biens belles tranches de vignes, en transcrivant la parole de son grand-père, personnage haut en couleurs, difficile à convaincre de participer à l'aventure ("Le vin, ça se lit pas, ça se boit!").

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    ©Fred Bernard et Glénat

    "Le vin, c'est toute sa vie", au Papy Bernard. Alors, chroniquer la vigne et le vin, c'est aussi raconter la Bourgogne, Savigny-les-Beaune, le raconter lui-même et se raconter soi-même. Un beau récit intime, avec beaucoup de texte et de très jolies images en couleurs directes.

    Chroniques de la vigne, conversations avec mon grand-père, par Fred Bernard, aux Éditions Glénat

     

    Champagne, Le rêve fragile

    La possibilité d'un livre sur le Champagne... Depuis plus de deux ans, Samuel Cogliati vit un rêve. Un rêve fragile rempli de bulles, qui l'a amené à enquêter sur la plus pétillante des régions viticoles françaises. Comprendre la (et le) Champagne, géographiquement, historiquement et géologiquement parlant, faire le champagne (et le vinifier), puis, enfin, le boire. Et le déguster aussi. Le tout en s'appuyant sur le travail d'un certain nombre de vignerons champenois, des RM ("Récoltants Manipulant"), comme on les appelle par opposition aux grandes maisons et aux négociants, alors que vigneron leur colle si bien au teint. Aidé dans sa démarche par Jean-Marc Gatteron, du Rouge & le Blanc, ce qui en dit beaucoup sur le sérieux et la qualité de l'ouvrage.

     

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    L'ouvrage est complété par une fort belle sélection de vignerons champenois, qui pourra grandement aider l'amateur à faire son choix en se basant sur 4 critères: la finesse, la régularité, l'expressivité et la complétude, "autrement dit le sentiment que les qualités des vins dégustés sont le résultat d'un travail abouti et la marque d'un style maitrisé". Vive la complétude champenoise, qui devrait permettre au rêve champenois de ne pas virer au cauchemar, grâce à tous ces bons vignerons engagés dans une reconquête de leur terroir, c'est ce qui ressort de cette complète étude italo-française.

    Champagne, le rêve fragile, par Samuel Cogliati, aux Éditions Possibilia (commande en ligne exclusive)

     

    Grands crus classés de Saint-Émilion

    De toute cette œnobibliothèque, c'est de loin le plus lourd! Aussi bien en kg qu'en K€. Saint & millions, © Vincent Pousson, qui s'y connait question chiffrage de liquides en liquide. Vingt propriétés décortiquées, à la manière de ce que les deux compères avaient déjà réalisé en Médoc. La qualité du travail accompli rive gauche leur a ouvert les portes de la rive droite. Pas toutes, mais certaines des plus incontournables, qui, pour le coup, soignent plutôt bien leur com'. Les grands crus classés du Bordelais sont bel et bien des vins de terroir, comme le prouvent les superbes réalisations graphiques en 3D de Pierre Le Hong, ainsi que les dégustations parcellaires réalisées au domaine, avant l'assemblage des différentes barriques donnant naissance au sacro-saint "Grand vin". Chaque domaine est remarquablement décrypté et disséqué, historiquement et géographiquement, par la plume affûtée et enjouée d'Éric Bernardin, qui se lâche gentiment dans des sous-titres parfois en léger décalage avec le sérieux du propos, ce qui n'est pas pour me déplaire. Une approche touffue, généralement complétée par la parole donnée aux propriétaires/régisseurs/directeurs techniques (biffez les mentions inutiles selon les cas). Une bible non exhaustive qui ravira tous les amoureux de Saint-Émilion, les accros aux classements divers et variés et, sans doute aussi, les passionnés de la rive droite. Les autres pourront toujours s'en servir pour caler un meuble, mais ce serait gâcher.

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    Crus classés de Saint-émilion, par Éric Bernardin et Pierre Le Hong, aux Éditions Sud-Ouest

     

    Bacchus et moi

    Ou quand un auteur littéraire américain à succès se passionne pour le vin au point d'en écrire régulièrement des chroniques dans différents journaux américains, dont The Wall Street Journal, s'il vous plaît, mazette! Il en ressort une compilation des dites chroniques dédiées à Bacchus, qui font la part belle aux vins "stars", de Bordeaux, Bourgogne, Italie, Californie ou ailleurs. Une belle plume au service des vins de luxe, censés faire rêver les amateurs de vins classiques du monde entier. Qui vole même au secours de la pseudo-mode anti-Bordeaux. Ça assure un max, quoi! Quelques incursions en biodynamie, quand même, avec ce qu'il faut de scepticisme, ou, encore plus rarement, dans le milieu plus nature, avec pas mal de réserves, et uniquement chez des valeurs sûres, comme chez Thierry Allemand à Cornas.

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    Bref, c'est plutôt très grand public (c'est une bonne chose), osant des comptes-rendus de dégustation métaphoriques et décomplexés, basés sur le ressenti et des mots simples, qui tendent à désacraliser la dégustation (même si la majorité des vins chroniqués coûte pas loin d'un bras) Et c'est surtout vachement bien écrit et bien traduit. Une bonne bouffée vinique venu des Amériques, qui donnerait presque envie d'ouvrir un Mouton-Rotschild 2001, par exemple!

     

    Bacchus et Moi, par Jay McInerney, aux Éditions de la Martinière

     

    Olif

  • Saint-Glou 2013: Elsass blues!

     

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    Copyright Vincent

     

    Tandis qu'une foule bretonne défilait dans les rues de Quimper, le bonnet incandescent, là où un bouquet d'algues vertes aurait pu suffire comme couvre-chef, sous prétexte de défendre un modèle agro-alimentaire productiviste et polluant à tous les étages, nous conduisant certainement droit dans le mur, mais surfant sur la vague du ras-le-bol général, les adorateurs de Saint-Glou, plus terre à terre, ont préféré arborer fièrement une coiffe alsacienne pour soutenir une viticulture propre et durable au pays du riesling et de la choucroute.

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    Du haut du Wineck Schlossberg, entre chien et loup...

     

    L'Alsace est un vignoble gigogne où il n’y a pas de pétrole mais où il y a du riesling. Il se partage entre les deux départements du Haut et du Bas-Rhin. Sur une carte de France, l’Alsace est située dans la fosse lombaire, avec le bas en haut. La vigne, elle, y est aussi bien cultivée de haut en bas, du Sud au Nord et de la plaine au coteau. Lorsque les cigognes se sont penchées sur le berceau des vins d’Alsace, elles y ont déposé de biens jolis raisins. Riesling, sylvaner, gewurztraminer, klevener, muscat, pinot blanc, gris et noir, ont trouvé sur les plus beaux coteaux des collines sous-vosgiennes, une mosaïque de terroirs bénéfiques à leur plus grande expression. Du grès au schiste, en passant par le granit, le calcaire ou la roche volcanique, tous les types de sols aptes à la viticulture sont représentés et s’emboîtent les uns dans les autres. Une cinquantaine de lieux dits particulièrement qualitatifs ont donné naissance à autant de grands crus, qui peuvent s’afficher fièrement sur les étiquettes, même s'ils peine à obtenir la reconnaissance qu'ils méritent et à tirer véritablement l'Alsace au sommet de la pyramide des grands vins de ce monde. Les grands crus alsaciens se situent volontiers à flanc de montagne et portent un nom difficilement prononçable pour qui n’est pas né à Colmar ou n’a pas fait ses études à Strasbourg. Jadis région des pires excès, en terme de rendements et de sulfitage, la région est désormais quasiment à la pointe en matière de culture biologique ou biodynamique et de vinification « nature », la protection de l’environnement, autant que la santé du consommateur, étant devenue une priorité pour beaucoup de vignerons. Le vin d’Alsace, qui n’a pas d’égal au monde, tous les Alsaciens vous le diront, se servait classiquement au comptoir, dans un verre échassier au pied vert. Désormais, les meilleurs sont plus volontiers consommés à table dans n’importe quel bon verre à dégustation.

     

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    C'est donc ici, en Alsace, qu'a commencé le troisième volet des aventures de la Saint-Glou, grand patron des buveurs, dont la fête se souhaite avec celle de tous les saints, un jour avant celle des défunts. Pas question de finir ivre-mort pour autant, mais plutôt d'avoir un aperçu idéal et totalement subjectif de ce qui se fait de meilleur en matière de miam et de glou dans une région choisie au préalable. Et c'est, comme à chaque fois, un véritable déchirement de clôturer la Saint-Glou et regagner ses pénates!

     

     

     

     

    Olif

     

    P.S.: tout le monde pourra continuer à honorer Saint-Glou comme il lui conviendra, par exemple le 10 novembre, à Latour de France, en compagnie des vignerons du village.

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  • VDV#60: O2

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    Vendredisduvin

    Comme un bouffée qui vient ranimer les Vendredis du vin, alors même qu'ils ne sont pas encore morts. Oxygène! Lui, Président, c'est Guillaume GD Wines. Un communiquant qui ne manque pas d'humour. À l'affût de la moindre découverte concernant le vin, entre autres, mais aussi la communication. Lui, Président, il va falloir s'oxygéner. À prendre au sens large. Peut-être tout simplement prendre le large. Sortir de l'esprit étroit du monde de certains buveurs/dégustateurs de vins qui ne savent pas évoquer ce doux breuvage autrement que le nez pincé, en apnée, le petit doigt en l'air quand ce n'est pas dans le cul de leurs contemporains, en se pavanant comme de vieux paons décatis, resservant à l'envi leurs sempiternels sermons* sur ce qu'ils pensent être la meilleure façon de faire du vin, à grand renfort de technologie et d'additifs censés limiter les dégâts irrémédiables que pourraient occasionner ces deux petites molécules en forme de 95C pas sexy pour un sou, et, surtout, avec toujours le même mépris pour toute une frange de vignerons et d'amateurs qui ont l'outrecuidance de ne pas se gargariser de la même façon qu'eux en expirant.

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    L'oxydation, voilà l'ennemi! La réduction aussi, d'ailleurs. Trop d'oxygène au contact du vin ou pas assez, même problématique pour l'œnologue, toute la science du vin n'étant finalement qu'une bête histoire d'oxydo-réduction. À ce propos, est-ce qu'un vin peut-être grand dans la réduction? Je dirais oui, une fois qu'il s'est épanoui au contact de l'oxygène. Que penser alors des victimes des Jivaros ayant chopé la grosse tête?

    Et est-ce qu'un vin dans l'air du temps est susceptible de s'oxyder? L'air est constitué de 78% d'azote et 21% d'oxygène. Le temps est, quant à lui, composé d'un certain nombre de jours, d'heures, de minutes, quand ce n'est pas celui qu'il fait. L'air du temps, c'est un certain pourcentage d'arvine, de pinot blanc et de marsanne. En élevage long, au contact des 21% d'oxygène de l'air humide d'une cave valaisanne tenue secrète et gardée jalousement par un Abbet spécialiste en mécanique des fluides. Un vin à inspirer à pleins poumons, un vin de méditation, apte à faire comprendre la vie, la mort et tout le bazar. Indestructible, grâce à Foxygen!

     

     

     

    Olif

     

    * Dedjieu! Cette fois, l'attaque vient de Suisse, l'Italie ayant botté en touche. De source sûre. Les amateurs de vins exquis sont définitivement poussiéreux, ne se complaisant pas dans le naturel.  La Confédération va-t-elle perdre définitivement sa neutralité et se faire sauvagement attaquer depuis le Jura français voisin par une sauvage bande de naturistes? Pas de quoi se retenir de respirer pour autant.

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     Copyright Astérix en Hispanie

     

    Car, finalement, rien de bien nouveau sous le soleil lémanique. Le pétard est juste tombé dans le grand lac, mettant néanmoins en rogne fugace quelques esthètes oenophiles genevois. Monseigneur Michou bêle encore, en langue romande cette fois, et c'est de moins en moins compréhensible. Malgré le soutien de l'aristocratie du vin helvétique.

     

     

    P.S.: merci à Franck "Tweetawine" qui m'a involontairement fourni l'idée de cette bouteille des VDV, n'ayant pas réussi à remettre la main sur le vin auquel j'avais pensé en premier.

  • Aux sources du vin de Loire, l'intégrale

     Chapitre 1

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    Ici commence la Loire, celle aux 3 vignobles, spécificité du 4-2, département de la région Rhône-Alpes. L'un d'entre eux regardant trop ostensiblement le fleuve Rhône pour revendiquer le statut de Ligérien, les deux autres, Forez et Roannais, situés en rive gauche du fleuve Loire, se sont regroupés pour faire cause commune: valoriser leur production et mieux se faire connaître. Il faut dire qu'ils ont beaucoup de choses à partager. À commencer par l'encépagement traditionnel et quasi exclusif, à base de gamay, planté sur des sols granitiques ou d'origine volcanique. Ainsi qu'une IGP commune pour les blancs, qui s'en trouvent là bien honorés: Urfé. Toutafé! Un pays qui fait le lien géographique entre Montbrisonnais et Roannais, haut-lieu romanesque des amours d'Astrée et de Céladon, héros du chef-d'œuvre à tiroirs de commode du XVIIème siècle signé Honoré d'Urfé, un roman-fleuve fondateur abreuvé aux sources de la Loire.

     

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    Quand on commence à forer le basalte dans les monts du Forez, que ce soit à Saint-Galmier, Saint-Romain ou ailleurs, même à Saint-Alban en Roannais, on finit généralement par trouver de l'eau. Minérale, naturelle, pétillante, pas du style de celle que l'on met dans son vin. Pourtant, ce dernier n'est jamais loin. Sur ces sols granitiques des contreforts du Massif Central, le gamay est à la fête. Depuis des millénaires, même s'il a bien failli ne pas survivre à la crise du phylloxéra et aux ravages de la première Guerre mondiale. Les premiers cépages blancs sont venus lui tenir compagnie depuis une trentaine d'années, apportant un brin de diversité à l'encépagement en même temps qu'une plus large palette de couleurs. Vignoble ancien, certes, mais dynamique. Et un peu bio aussi, puisque la proportion de surfaces cultivées, Forez et Roanne compris, doit approcher les 20% en bio, chiffre sous toutes réserves, puisque estimé approximativement en fin de soirée, néanmoins par un vigneron expert en calcul mental. Une dynamique plutôt positive, donc, même si l'on peut regretter l'absence d'installation récente sur les deux appellations. La moyenne d'âge des vignerons restant néanmoins relativement basse, il faut espérer que les émules ne tarderont plus à suivre.

     

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    Blancs, bulles et curiosités

    Côté blanc, Urfé a montré ce jour-là une belle homogénéité qualitative dans la diversité. Diversité des styles et des cépages. Quelques vins trop sulfités à mon goût, d'autres un peu trop élevés, mais, globalement, une plutôt bonne impression. Si le chardonnay fut le premier cépage à s'imposer, il voit désormais son hégémonie largement concurrencée. Le viognier a actuellement la cote, venu tout naturellement de la Loire rhodanienne toute proche. Et il faut bien reconnaître que nombre de ceux goûtés possédaient du peps et de la vivacité, sans le caractère mou et alcooleux volontiers inhérent au cépage, lorsqu'il est récolté à maturité avancée dans des contrées un peu trop chaudes. Et puis, on trouve également du pinot gris, de façon un peu plus marginale, même s'il s'épanouit plutôt bien sur le sol granitique, de la roussane, de l'aligoté et même du gewurtztraminer, à l'essai chez quelques vignerons aux affinités alsaciennes. Un peu à part, quelques curiosités excitantes, des hybrides producteurs directs comme le rava6 ou le seibel 54/55, dont le GAEC du Pic s'est fait une spécialité. Ne manque peut-être en fait que le chenin, pour finir de raccrocher les sources de la Loire à son embouchure...

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    Quelques vins du millésime 2012, particulièrement remarqués lors de cette balade en pays d'Urfé: Chardonnay Aris du domaine des Pothiers, Roussane de Madonne du domaine de la Madone, Aligoté Éponyme de Vincent Giraudon, Pinot gris Hors piste du domaine des Pothiers, Viognier de Petite Vertu d'Odile et Jacky Verdier-Logel, Viognier De butte en blanc du domaine Sérol, Rav par 6 de Vin & Pic (une curiosité complètement atypique à la folle originalité)...

    Et puis quelques bulles, pour terminer. Des pétillants naturels rosés élaborés avec du gamay, évidemment, souvent peu alcoolisés (moins de 10°) et possédant plus ou moins de sucre résiduel, plus ou moins bien intégré. Ribambulles du domaine Verdier-Logel, Bulles by Romain Paire et Turbullent de Stéphane Sérol remportent la palme, avec un équilibre plutôt bien balancé.

     

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    Chapitre 2

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    Ici recommence la Loire. Résumé des épisodes précédents: après avoir été accueillis à l'Auberge de la Césarde, au pied du château de Marcilly-le-Châtel, la bien nommée, par une grosse poignée de vignerons forézo-roannais, une première série de blancs, bulles et curiosités nous fut servie à la volée, avec quelques tranches de saucisson du cru et de la fourme locale non labellisée Montbrison, mais sans doute bientôt. Elle le mérite, dans tous les cas. Bienvenue à ce nouveau futur producteur, Bertrand Griot de la fromagerie des Tarines, à Saint-Bonnet le Courreau. Les conditions étaient donc réunies pour une véritable synergie gastronomique qui allait se prolonger jusqu'à tard dans la nuit (voir paragraphe suivant).

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    Forez et Roanne passent à table

    Ils en avaient encore des choses à nous dire, ces vins du Forez-Roannais, mais il a fallu pousser jusqu'aux portes de Saint-Étienne pour se mettre à table autour de quelques flacons plus anciens. Des vins sélectionnés au préalable et destinés à s'accorder aux mets raffinés de Christophe Roure, MOF et cuisinier artistique au neuvième.

     

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    Point de culte de la Bande Dessinée à l'intérieur de cette ancienne gare aménagée en restaurant**. Uniquement une passion entièrement vouée à la gastronomie, plutôt considérée comme un dixième art potentiel, sauf du côté de Saint-Just-Saint-Rambert. Trop à l'étroit dans ces murs joliment rénovés, Christophe Roure ne voudrait pas rater le train de la troisième étoile et il est annoncé au cœur de la capitale des Gaules pour franchir le palier. Un véritable challenge à relever, quand le contrôleur criera en voiture!

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    Le menu du 19 septembre 2011, spécialement élaboré à notre intention à la demande des vignerons du Forez-Roannais, fut l'occasion d'un festival accord mets-vins. Une fois les vins choisis lors d'une dégustation de sélection impitoyable, organisée par les vignerons eux-mêmes, en compagnie du Chef et de son sommelier, les plats furent pensés en fonction de ceux-ci. Une belle occasion pour Christophe Roure de montrer toute l'étendue de son talent. Amuse-bouches ludiques (amusante sucette de tomate cerise acidulée, qui explose dans la bouche, épatant œuf de caille au nid, à gober tout entier, audacieux aligot de vieux Comté et chou-fleur frit), première entrée sophistiquée (homard et gnocchis de calamar, rafraîchis de tomate et de pastèque), deuxième entrée plus rustique mais hyper novatrice (œuf d'une heure dans un exquis jus de chou rouge avec ses mouillettes de merlan de ligne, qui renvoient Captain Iglo dans ses 22, voire bien plus loin encore), viande locale originalement travaillée et impeccablement cuite (bœuf légèrement fumé aux baies de genièvre, risotto de racines, pommes soufflées aux épices), desserts superbement exécutés (gâteau de semoule à la fleur de sureau et coulis de fraise, travail autour de la pêche "façon Melba") et même encore un peu de place pour les mignardises...

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    Parmi les différentes cuvées dégustées, deux bouteilles particulièrement marquantes ont accompagné le repas et réalisé, en outre, de sublimes accords: Les Millerands 2010 de Stéphane Sérol, une cuvée roannaise pleine, concentrée, mais épanouie, exclusivement issue de raisins millerandés, et La Volcanique 2008, du domaine Verdier-Logel, un gamay forézien sur basalte, dense, épicé et acidulé.

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    Forez-Roannais, blancs comme rouges, sont des vins de gastronomie, c'est une certitude. Le mot de la fin (de cette deuxième partie), ce sera celui d'excuse de Benjamin Roffet, MOF, Meilleur Sommelier de France et enfant du Forez, qui devait se joindre à nous pour la soirée, mais qui avait piscine ou un autre truc plus important pour expliquer son empêchement:

     

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    Chapitre 3

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    Culte ancestral de la bouteille de vin au Prieuré de Saint-Romain le Puy

    Le vin qui tombe à pic

    Ici débute réellement la Loire, juste après qu'elle ait été Haute. Nous sommes au sud de l'appellation Côtes du Forez, quasiment aux portes de Saint-Étienne. Saint-Romain le Puy, sa source Parot d'eau minérale, son prieuré, son pic de basalte, sa source Mondon de vin minéral. C'est en 1974, à peine un siècle après que François Parot ait découvert sa fameuse source dans le basalte des Monts du Forez, que Fernand et Daniel Mondon ont créé le GAEC du Pic, bien décidés à faire revivre la vigne dans ce pays d'eau et de volcans qui ne s'éveilleront plus. En 1997, grâce aux deux frères, soutenus par la commune de Saint-Romain le Puy, le vignoble disparu du Pic fait sa réapparition. La première guerre mondiale avait eu raison de lui, après que le phylloxéra l'eût passablement ébranlé. Un véritable travail de titans paysagistes, sous la protection bienveillante d'Aldebertus, premier Prieur de Saint-Romain en l'an 1007, qui aurait sans doute apprécié de voir refleurir la vigne sur les superbes coteaux en terrasses surplombant la plaine du Forez. Peut-être n'a-t-il pas encore assouvi complètement sa soif de "vin de nuyt", dont il est fait mention dans des archives de 1238.

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    À la recherche des meilleurs raisins à réintroduire sur ce terroir basaltique, outre le gamay et le chardonnay, les frères Mondon, rejoints en 2006 par Laurent Demeure, se sont tournés vers les cépages rhodaniens de la Loire, viognier et syrah. Bon choix! Pour ce qui est du viognier, en tous cas (pas goûté à la syrah). Sur ce terroir volcanique, il érupte et parvient à garder une fraîcheur et une vivacité agréables qui stimulent sa tendance à faire du gras et de l'onctuosité. De l'immédiate Aldebertus à l'opulente Diana, le viognier du Pic se fait séducteur.

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    Et puis, poursuivant les expériences qui les ont conduit à planter sur leurs parcelles différents cépages que l'on peut qualifier d'exotiques, notamment des hybrides producteurs directs, on trouve désormais sur le Pic des accents alsaciens, représentés par du gewurtztraminer, désormais rentré en production. Il faudra attendre encore un peu avant d'y goûter en bouteille.

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    Cette jolie balade matinale des gens heureux sur le Puy de Saint-Romain, juste avant la pluie annoncée, nous a été contée par Pierre Rolle, le nouveau membre du GAEC du Pic, digne successeur de Daniel Mondon, pour qui l'heure de la retraite a sonné.

    Le Forez, eau, vins et paysages qui tombent à pic...

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    Chapitre 4

     

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    Ici se poursuit la Loire. Dans un paysage bucolique et pastoral, initialement voué à la polyculture. Le fleuve Loire ne passe pas très loin, mais ses rives sont désormais désertées par la vigne. La ville n'est pas bien loin non plus, vouant un culte à la gastronomie. Longtemps préservé du fait d'un relatif isolement, le Roannais a fini par être lui aussi atteint par le phylloxéra. Son vignoble a alors fondu comme peau de chagrin, avant une lente reconstruction, en synergie complète avec le Forez voisin, qui s'est concrétisée par la création récente de l'Association des vignerons du Forez-Roannais, en charge de la gestion des deux AOP (Côtes du Forez et Côtes Roannaises) et de l'IGP commune (Pays d'Urfé). 150 hectares, d'un côté, 215 de l'autre, des sols superposables, malgré quelques particularités, et un cépage commun pour les rouges: le gamay. Ou plus exactement les gamays, dont il existe ici plusieurs variétés, la plus singulière et représentative étant le Saint-Romain, aux petites grappes serrées, poussant bien droit, donnant des vins épicés et poivrés au grain serré.

    DSC_3932.JPG

    C'est à Villemontais, au sud du vignoble roannais, au domaine des Pothiers, que s'est déroulée la dernière partie de ce périple aux racines de la Loire. Chez Denise, Georges et Romain, les trois qui font la Paire.

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    Au pays du gamay, du charolais et du poivre

    Immersion totale en cuve de gamay. Un aperçu quasi exhaustif de 2012 à l'horizontale. Qui a bien fait ressortir le caractère très poivré de ce gamay de Loire, qui le distingue nettement de son homologue beaujolais. Rarement je n'ai perçu de façon aussi nette des notes de poivre blanc dans un vin. Qui, du coup, appelle irrésistiblement à table le charolais, dont l'aire de production commence également tout près.

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    Quelques cuvées particulièrement remarquées lors de cette grande dégustation: les 3 cuvées présentées par le domaine de la Madone, dont Migmatite, coup de cœur absolu (de l'extrait de poivre blanc qui vient relever un très joli fruit), Caractère du GAEC du Pic, Rimoz du domaine de la Rochette (vinification intégrale de gamay égrappé, macéré pendant 3 semaines dans un fût de 500L, sans sulfites ajoutés), Les Senelles du domaine du Poyet, Rézinet du domaine Verdier-Logel (seule cuvée rescapée de la grêle qui a ravagé le domaine en 2012), les Blondins du domaine Sérol (la vigne bio plantée il y a plus de 20 ans par Pierre Troisgros et Robert Sérol, en agriculture biologique), le Clos du Puy du domaine des Pothiers (parcelle d'altitude particulièrement bichonnée par Romain Paire, au sein d'une gamme homogène et parfaitement cohérente, aux étiquettes joliment colorées).

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    Le Forez-Roannais est donc en quête d'une nouvelle dynamique, grâce à des vignerons hypermotivés qui ont mis en commun leur moyen pour mieux se faire connaître, tout en continuant de revendiquer leur originalité. Faire de sa marginalité un atout, voilà un bien beau challenge relevé, entre autres, par Gilles Bonnefoy, du domaine de la Madone, à la tête de l'Association des vignerons.

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    Olif

     

     

     

  • Aux sources du vin de Loire (4)

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    Ici se poursuit la Loire. Dans un paysage bucolique et pastoral, initialement voué à la polyculture. Le fleuve Loire ne passe pas très loin, mais ses rives sont désormais désertées par la vigne. La ville n'est pas bien loin non plus, vouant un culte à la gastronomie. Longtemps préservé du fait d'un relatif isolement, le Roannais a fini par être lui aussi atteint par le phylloxéra. Son vignoble a alors fondu comme peau de chagrin, avant une lente reconstruction, en synergie complète avec le Forez voisin, qui s'est concrétisée par la création récente de l'Association des vignerons du Forez-Roannais, en charge de la gestion des deux AOP (Côtes du Forez et Côtes Roannaises) et de l'IGP commune (Pays d'Urfé). 150 hectares, d'un côté, 215 de l'autre, des sols superposables, malgré quelques particularités, et un cépage commun pour les rouges: le gamay. Ou plus exactement les gamays, dont il existe ici plusieurs variétés, la plus singulière et représentative étant le Saint-Romain, aux petites grappes serrées, poussant bien droit, donnant des vins épicés et poivrés au grain serré.

    DSC_3932.JPG

    C'est à Villemontais, au sud du vignoble roannais, au domaine des Pothiers, que s'est déroulée la dernière partie de ce périple aux racines de la Loire. Chez Denise, Georges et Romain, les trois qui font la Paire.

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    Au pays du gamay et du poivre

    Immersion totale en cuve de gamay. Un aperçu quasi exhaustif de 2012 à l'horizontale. Qui a bien fait ressortir le caractère très poivré de ce gamay de Loire, qui le distingue nettement de son homologue beaujolais. Rarement je n'ai perçu de façon aussi nette des notes de poivre blanc dans un vin. Qui, du coup, appelle irrésistiblement à table le charolais, dont l'aire de production commence également tout près.

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    Quelques cuvées particulièrement remarquées lors de cette grande dégustation: les 3 cuvées présentées par le domaine de la Madone, dont Migmatite, coup de cœur absolu (de l'extrait de poivre blanc qui vient relever un très joli fruit), Caractère du GAEC du Pic, Rimoz du domaine de la Rochette (vinification intégrale de gamay égrappé, macéré pendant 3 semaines dans un fût de 500L, sans sulfites ajoutés), Les Senelles du domaine du Poyet, Rézinet du domaine Verdier-Logel (seule cuvée rescapée de la grêle qui a ravagé le domaine en 2012), les Blondins du domaine Sérol (la vigne bio plantée il y a plus de 20 ans par Pierre Troisgros et Robert Sérol, en agriculture biologique), le Clos du Puy du domaine des Pothiers (parcelle d'altitude particulièrement bichonnée par Romain Paire, au sein d'une gamme homogène et parfaitement cohérente, aux étiquettes joliment colorées).

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    Le Forez-Roannais est donc en quête d'une nouvelle dynamique, grâce à des vignerons hypermotivés qui ont mis en commun leur moyen pour mieux se faire connaître, tout en continuant de revendiquer leur originalité. Faire de sa marginalité un atout, voilà un bien beau challenge relevé, entre autres, par Gilles Bonnefoy, du domaine de la Madone, à la tête de l'Association des vignerons.

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    Olif

     

    P.S.: pour aller encore plus loin en Forez-Roannais, se reporter à l'excellent article du numéro 110 de la toujours excellente revue Le Rouge & le Blanc.

     

    P.S.2: merci à l'Association des vignerons du Forez-Roannais pour leur accueil lors de ce très instructif voyage organisé au sein de leurs deux appellations. Et merci à Laura et Amandine d'avoir très bien coordonné tout ça. Ce très joli clair de lune du 20 septembre, photographié au dessus de Beaune, leur est spécialement dédié...

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    P.S.3: deux autres domaines contribuent à faire rayonner les vins du Roannais, en marge de l'association, voire de l'appellation: le domaine du Picatier, à Saint-Haon le Vieux, et le domaine de la Perrière, à Ambierle. Des occasions ultérieures d'évoquer le Forez-Roannais, sans aucun doute.

  • Aux sources du vin de Loire (3)

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    Culte ancestral de la bouteille de vin au Prieuré de Saint-Romain le Puy

     

    Ici débute réellement la Loire, juste après qu'elle ait été Haute. Nous sommes au sud de l'appellation Côtes du Forez, quasiment aux portes de Saint-Étienne. Saint-Romain le Puy, sa source Parot d'eau minérale, son prieuré, son pic de basalte, sa source Mondon de vin minéral. C'est en 1974, à peine un siècle après que François Parot ait découvert sa fameuse source dans le basalte des Monts du Forez, que Fernand et Daniel Mondon ont créé le GAEC du Pic, bien décidés à faire revivre la vigne dans ce pays d'eau et de volcans qui ne s'éveilleront plus. En 1997, grâce aux deux frères, soutenus par la commune de Saint-Romain le Puy, le vignoble disparu du Pic fait sa réapparition. La première guerre mondiale avait eu raison de lui, après que le phylloxéra l'eût passablement ébranlé. Un véritable travail de titans paysagistes, sous la protection bienveillante d'Aldebertus, premier Prieur de Saint-Romain en l'an 1007, qui aurait sans doute apprécié de voir refleurir la vigne sur les superbes coteaux en terrasses surplombant la plaine du Forez. Peut-être n'a-t-il pas encore assouvi complètement sa soif de "vin de nuyt", dont il est fait mention dans des archives de 1238.

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    À la recherche des meilleurs raisins à réintroduire sur ce terroir basaltique, outre le gamay et le chardonnay, les frères Mondon, rejoints en 2006 par Laurent Demeure, se sont tournés vers les cépages rhodaniens de la Loire, viognier et syrah. Bon choix! Pour ce qui est du viognier, en tous cas (pas goûté à la syrah). Sur ce terroir volcanique, il érupte et parvient à garder une fraîcheur et une vivacité agréables qui stimulent sa tendance à faire du gras et de l'onctuosité. De l'immédiate Aldebertus à l'opulente Diana, le viognier du Pic se fait séducteur.

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    Et puis, poursuivant les expériences qui les ont conduit à planter sur leurs parcelles différents cépages que l'on peut qualifier d'exotiques, notamment des hybrides producteurs directs, on trouve désormais sur le Pic des accents alsaciens, représentés par du gewurtztraminer, désormais rentré en production. Il faudra attendre encore un peu avant d'y goûter en bouteille.

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    Cette jolie balade matinale des gens heureux sur le Puy de Saint-Romain, juste avant la pluie annoncée, nous a été contée par Pierre Rolle, le nouveau membre du GAEC du Pic, digne successeur de Daniel Mondon, pour qui l'heure de la retraite a sonné.

    Le Forez, eau, vins et paysages qui tombent à pic...

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    À suivre...

     

    Olif

     

    P.S.: on pourra également lire la jolie version de l'histoire du Pic du Puy par Marc Vanhellemont, sur les 5 du vin.

  • De Lons à Montaigu, la dégu, la dégu!

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    Montaigu, Jura. Du haut de leur piton rocheux et du fond de leur cellier, les Chartreux ne sont pas très exposés aux traits d'arbalète, dont aucune ne pourrait être bandée suffisamment pour les atteindre, digue ou pas. C'est dans cette petite commune de la grande banlieue lédonienne, qui surplombe la préfecture du Jura, que la famille Pignier a élu domicile depuis 7 générations. Jean-Étienne, Antoine et Marie-Florence, seuls vignerons du village, possèdent une partie de leurs vignes sur les coteaux pentus de Montaigu (la digue, la digue), un environnement privilégié pour préserver l'intégrité des sols et des levures, grâce, entre autres, à un gros travail biodynamique, et l'autre partie sur le secteur de Perrigny et Conliège.

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    Le dynamisme, ce n'est pas ce qui manque à Jean-Étienne, d'ailleurs. Tout juste de retour de vendange de chardonnay à crémant, il repart direct à la vigne pour nous rapporter quelques grappes quasi mûres de différents cépages jurassiens typiques, ou pas. À défaut de goûter aux moûts, on tâtera du raisin! À table avec Jean-Étienne, avant que la majorité de ces raisins ne se retrouvent à table avec Léandre, du nom de la cuvée de rouge à l'ancienne à laquelle ils sont intégrés.

     

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    Argant, petit béclan, trousseau, trousseau à la dame, pinotin, gamay noir, enfariné, chardonnay en sélection clonale, chardonnay en sélection massale, melon à queue rouge, le Jura a bel et bien un grain et de jolies grappes.

     

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    Une fois pressés et mis en bouteilles, les raisins du domaine Pignier produisent également de bien jolies bouteilles. Le Poulsard En Chôné 2012 et le Trousseau Les Gauthières 2011, vinifiés sans sulfites ajoutés, en sont deux exemples probants. Désormais épuisés au domaine, pas de chance pour ceux qui n'y auront pas trempé les lèvres. À la Percenette, c'est du chardonnay parcellaire, issu d'un beau terroir de marnes schisteuses, situé sur Perrigny. La finesse et l'élégance d'un beau vin ouillé. Et puis, pour tous ceux qui sont un peu perdus quand ils goûtent un vin du Jura, GPS est fait pour eux. Encore un vin à l'ancienne, assemblage de Gamay blanc (du bête chardonnay local, en fait), de Savagnin et de Poulsard (vinifié en blanc, pour le coup), qui fait des ravages chez les aficionados. Un vrai bon vin d'antan, qui peut avantageusement remplacer la bouteille d'eau le soir au pied du lit.

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    À côté de cette gamme de vins résolument modernes, même s'ils ne sont jamais élaborés que selon des préceptes anciens (comme dans le temps, quoi!), le Jura "traditionnel" a toujours droit de cité. Du chardonnay au savagnin, jusqu'à l'incontournable Vin jaune, très réussi dans le millésime 2006, l'absence d'ouillage donne naissance à de beaux vins qui arborent fièrement sur le plastron la croisée d'ogives de la cave séculaire des pères Chartreux, dont la visite constitue l'un des temps forts du passage au domaine, et qui clôt généralement la dégustation.

     

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    Et puisqu'on parle de Vin jaune, c'est à Perrigny et Conliège que se déroulera la prochaine Percée du Vin jaune, les 1er et 2 février 2014. Avec pour présidente, Marie-Florence Pignier. Comme le monde du vin du Jura est petit, finalement!

     

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    Olif

     

    P.S.: pour qui souhaiterait s'écarter un peu de la route du vignoble et piquer une tête dans le lac de Vouglans à la belle saison, une plaisante petite adresse à Plaisia, route d'Onoz: le Bistrot des Terrasses. Les terrasses, ce sont celles de Merlue, qui abritent également un grand gîte de groupe, idéal pour les 40 ans du cousin Léon, le baptême de la petite dernière ou encore l'enterrement de vie de garçon de Tata Yoyo après qu'elle ait fait son coming out. Cuisine du marché, produits prioritairement locaux, souvent bio, et carte des vins impeccable, faisant la part belle aux vignerons du coin, dont le domaine Pignier, justement, et Julien Labet, avec également de jolies incursions en Bourgogne voisine, par exemple chez Julien Guillot.

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  • Aux sources du vin de Loire (2)

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    Ici recommence la Loire. Résumé des épisodes précédents: après avoir été accueillis à l'Auberge de la Césarde, au pied du château de Marcilly-le-Châtel, la bien nommée, par une grosse poignée de vignerons forézo-roannais, une première série de blancs, bulles et curiosités nous fut servie à la volée, avec quelques tranches de saucisson du cru et de la fourme locale non labellisée Montbrison, mais sans doute bientôt. Elle le mérite, dans tous les cas. Bienvenue à ce nouveau futur producteur, Bertrand Griot de la fromagerie des Tarines, à Saint-Bonnet le Courreau. Les conditions étaient donc réunies pour une véritable synergie gastronomique qui allait se prolonger jusqu'à tard dans la nuit (voir paragraphe suivant).

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    Forez et Roanne passent à table

    Ils en avaient encore des choses à nous dire, ces vins du Forez-Roannais, mais il a fallu pousser jusqu'aux portes de Saint-Étienne pour se mettre à table autour de quelques flacons plus anciens. Des vins sélectionnés au préalable et destinés à s'accorder aux mets raffinés de Christophe Roure, MOF et cuisinier artistique au neuvième.

     

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    Point de culte de la Bande Dessinée à l'intérieur de cette ancienne gare aménagée en restaurant**. Uniquement une passion entièrement vouée à la gastronomie, plutôt considérée comme un dixième art potentiel, sauf du côté de Saint-Just-Saint-Rambert. Trop à l'étroit dans ces murs joliment rénovés, Christophe Roure ne voudrait pas rater le train de la troisième étoile et il est annoncé au cœur de la capitale des Gaules pour franchir le palier. Un véritable challenge à relever, quand le contrôleur criera en voiture!

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    Le menu du 19 septembre 2011, spécialement élaboré à notre intention à la demande des vignerons du Forez-Roannais, fut l'occasion d'un festival accord mets-vins. Une fois les vins choisis lors d'une dégustation de sélection impitoyable, organisée par les vignerons eux-mêmes, en compagnie du Chef et de son sommelier, les plats furent pensés en fonction de ceux-ci. Une belle occasion pour Christophe Roure de montrer toute l'étendue de son talent. Amuse-bouches ludiques (amusante sucette de tomate cerise acidulée, qui explose dans la bouche, épatant œuf de caille au nid, à gober tout entier, audacieux aligot de vieux Comté et chou-fleur frit), première entrée sophistiquée (homard et gnocchis de calamar, rafraîchis de tomate et de pastèque), deuxième entrée plus rustique mais hyper novatrice (œuf d'une heure dans un exquis jus de chou rouge avec ses mouillettes de merlan de ligne, qui renvoient Captain Iglo dans ses 22, voire bien plus loin encore), viande locale originalement travaillée et impeccablement cuite (bœuf légèrement fumé aux baies de genièvre, risotto de racines, pommes soufflées aux épices), desserts superbement exécutés (gâteau de semoule à la fleur de sureau et coulis de fraise, travail autour de la pêche "façon Melba") et même encore un peu de place pour les mignardises...

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    Parmi les différentes cuvées dégustées, deux bouteilles particulièrement marquantes ont accompagné le repas et réalisé, en outre, de sublimes accords: Les Millerands 2010 de Stéphane Sérol, une cuvée roannaise pleine, concentrée, mais épanouie, exclusivement issue de raisins millerandés, et La Volcanique 2008, du domaine Verdier-Logel, un gamay forézien sur basalte, dense, épicé et acidulé.

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    Forez-Roannais, blancs comme rouges, sont des vins de gastronomie, c'est une certitude. Le mot de la fin (de cette deuxième partie), ce sera celui d'excuse de Benjamin Roffet, MOF, Meilleur Sommelier de France et enfant du Forez, qui devait se joindre à nous pour la soirée, mais qui avait piscine ou un autre truc plus important pour expliquer son empêchement:

     

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    À suivre, donc ...

     

    Olif

     

     

  • Aux sources du vin de Loire (1)

     

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    Ici commence la Loire, celle aux 3 vignobles, spécificité du 4-2, département de la région Rhône-Alpes. L'un d'entre eux regardant trop ostensiblement le fleuve Rhône pour revendiquer le statut de Ligérien, les deux autres, Forez et Roannais, situés en rive gauche du fleuve Loire, se sont regroupés pour faire cause commune: valoriser leur production et mieux se faire connaître. Il faut dire qu'ils ont beaucoup de choses à partager. À commencer par l'encépagement traditionnel et quasi exclusif, à base de gamay, planté sur des sols granitiques ou d'origine volcanique. Ainsi qu'une IGP commune pour les blancs, qui s'en trouvent là bien honorés: Urfé. Toutafé! Un pays qui fait le lien géographique entre Montbrisonnais et Roannais, haut-lieu romanesque des amours d'Astrée et de Céladon, héros du chef-d'œuvre à tiroirs de commode du XVIIème siècle signé Honoré d'Urfé, un roman-fleuve fondateur abreuvé aux sources de la Loire.

     

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    Quand on commence à forer le basalte dans les monts du Forez, que ce soit à Saint-Galmier, Saint-Romain ou ailleurs, même à Saint-Alban en Roannais, on finit généralement par trouver de l'eau. Minérale, naturelle, pétillante, pas du style de celle que l'on met dans son vin. Pourtant, ce dernier n'est jamais loin. Sur ces sols granitiques des contreforts du Massif Central, le gamay est à la fête. Depuis des millénaires, même s'il a bien failli ne pas survivre à la crise du phylloxéra et aux ravages de la première Guerre mondiale. Les premiers cépages blancs sont venus lui tenir compagnie depuis une trentaine d'années, apportant un brin de diversité à l'encépagement en même temps qu'une plus large palette de couleurs. Vignoble ancien, certes, mais dynamique. Et un peu bio aussi, puisque la proportion de surfaces cultivées, Forez et Roanne compris, doit approcher les 20% en bio, chiffre sous toutes réserves, puisque estimé approximativement en fin de soirée, néanmoins par un vigneron expert en calcul mental. Une dynamique plutôt positive, donc, même si l'on peut regretter l'absence d'installation récente sur les deux appellations. La moyenne d'âge des vignerons restant néanmoins relativement basse, il faut espérer que les émules ne tarderont plus à suivre.

     

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    Blancs, bulles et curiosités

    Côté blanc, Urfé a montré ce jour-là une belle homogénéité qualitative dans la diversité. Diversité des styles et des cépages. Quelques vins trop sulfités à mon goût, d'autres un peu trop élevés, mais, globalement, une plutôt bonne impression. Si le chardonnay fut le premier cépage à s'imposer, il voit désormais son hégémonie largement concurrencée. Le viognier a actuellement la cote, venu tout naturellement de la Loire rhodanienne toute proche. Et il faut bien reconnaître que nombre de ceux goûtés possédaient du peps et de la vivacité, sans le caractère mou et alcooleux volontiers inhérent au cépage, lorsqu'il est récolté à maturité avancée dans des contrées un peu trop chaudes. Et puis, on trouve également du pinot gris, de façon un peu plus marginale, même s'il s'épanouit plutôt bien sur le sol granitique, de la roussane, de l'aligoté et même du gewurtztraminer, à l'essai chez quelques vignerons aux affinités alsaciennes. Un peu à part, quelques curiosités excitantes, des hybrides producteurs directs comme le rava6 ou le seibel 54/55, dont le GAEC du Pic s'est fait une spécialité. Ne manque peut-être en fait que le chenin, pour finir de raccrocher les sources de la Loire à son embouchure...

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    Quelques vins du millésime 2012, particulièrement remarqués lors de cette balade en pays d'Urfé: Chardonnay Aris du domaine des Pothiers, Roussane de Madonne du domaine de la Madone, Aligoté Éponyme de Vincent Giraudon, Pinot gris Hors piste du domaine des Pothiers, Viognier de Petite Vertu d'Odile et Jacky Verdier-Logel, Viognier De butte en blanc du domaine Sérol, Rav par 6 de Vin & Pic (une curiosité complètement atypique à la folle originalité)...

    Et puis quelques bulles, pour terminer. Des pétillants naturels rosés élaborés avec du gamay, évidemment, souvent peu alcoolisés (moins de 10°) et possédant plus ou moins de sucre résiduel, plus ou moins bien intégré. Ribambulles du domaine Verdier-Logel, Bulles by Romain Paire et Turbullent de Stéphane Sérol remportent la palme, avec un équilibre plutôt bien balancé.

     

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    À suivre...

     

    Olif

     

  • VDV#59: wine and music!

     

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    Vendredisduvin

    C'est le temps de l'amour, le temps des coprins et de l'aventure. Celle des Vendredis du vin, qui se poursuivent encore et toujours. Grâce, cette fois, à la présidence de Lolita, même si ce n'est pas un hasard. L'amour du vin, Lolita, elle le pratique régulièrement. C'est une Winelover qui aime ton wine. Son wine, elle le boit en music, parfois en dansant, voire même en bikini au bord de la piscine quand la météo le permet. Au cœur de la branchitude parisienne, il lui arrive (parfois) de s'ennuyer à boire des vins que certains bobos trouvent habituellement plutôt fun. Elle réclame alors des vins classiques pour se remettre dans le droit chemin. C'est ennuyeux. Mais pas du Bordeaux non plus, hein? Faudrait voir quand même à ne pas tomber dans le coming out BCBG.

     

     

     

    Le temps des coprins désormais venu, place à celui de l'aventure dans la casserole. Avant de courir dénicher un vin et une chanson qui puissent s'accorder avec ce convivial moment gastronomique et le magnifier. L'amour fusionnel du vin, du coprin et de la musique, il faut le chercher, entre autres, chez Mélaric, Mélanie et Aymeric entrelacés au cœur du Puy-Notre-Dame, un domaine en passe de devenir une valeur sûre du Saumurois, et, évidemment, chez Jacques Dutronc et Françoise Hardy, du temps où ils étaient encore amoureux ensemble. Quand ils chanteront le temps du Clos de la cerisaie, et gais vendredistes et facebookers moqueurs, seront tous en fête, pour célébrer cet accord wine-music un poil tiré par les cheveux.

     

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    Comme si ce premier accord complètement tordu ne suffisait pas, je n'ai pas eu à forer bien loin pour en trouver un deuxième, finalement guère mieux. Migmatite, gamay sur granit du domaine de la Madone, Forez du nord, everybody gonna love this wine today. Née sur un sol d'éboulis granitiques constitués d'argiles et de mica, voilà une cuvée joliment poivrée et fruitée qui constitue un accord patronymique de choix avec la nouvelle recrue du télé-crochet pour ménagères de moins de 50 ans aimant pousser la chansonnette devant leur écran en se trémoussant derrière leur table à repasser les kilos de beau linge séché après avoir été passé une première fois à la machine, j'ai nommé: Mika. Dans cet accord contre nature, le beau gamay bio versus le beau gars à bouclettes, le mica du Forez l'emporte haut la main, de toute Bonnefoy, et on ne se privera pas de siffler la bouteille en ayant coupé le son de YouTube au préalable.

     

     

     Olif

     

    P.S.: et pour tous ceux qui, comme moi, non nostalgiques des cuisines des années 50, ne goûtent pas très fort Mika, je rappelle qu'il ne faut pas se laisser harponner par les sirènes des foires au wine des supermarchés. Un piège déjà pressenti fin des années 70 par The Clash, punks visionnaires qui viennent tout juste de sortir une superbe intégrale dans un beau et ludique coffret collector, non disponible au supermarket, mais uniquement chez les bons disquaires.

     

     

    P.S.2: pour shoper happily, sans être perdu dans le supermarché, rien ne vaut l'acquisition d'un exemplaire de Tronches de vin, 22€ chez les bons libraires.

     

     

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  • La sueur de la vigne

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    Les femmes de ménage célestes ayant tout juste fini de récurer le sol du sang de la vigne qui l'entachait, voilà qu'un coin de ciel bleu daigna faire son apparition au dessus du rocher de Château Chalon. Pour mieux sécher les raisins et les marnes, bleues également, encore un peu détrempées et qui collent aux chaussures du randonneur de passage. On n'arrête pas le Progrès et c'est à la demande d'un des journalistes du quotidien jurassien que j'ai pris la route du vignoble, dans l'indifférence générale (Pierre Arditi étant parti tourner un peu plus loin). Pour une rencontre vigneronne doublée d'une interview, où il n'a absolument pas été question du meilleur vin blanc du Jura de l'année du monde. Tout ça dans le cadre d'une grande thématique vin à paraître quotidiennement début octobre, pendant les vendanges. On n'arrête pas le Progrès! Des vendanges 2013 dont le ban ne devrait pas tarder à être annoncé, sans doute la semaine prochaine pour les crémants. Derniers coups de rotofil sur les terrasses du Puits Saint-Pierre, là où la pente est particulièrement raide, juste sous l'abbatiale. Ce qui n'empêchera pas les futurs vendangeurs de bien suer dans la vigne.

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    Le marcheur qui entame l'ascension a le choix entre la route et le rang de vigne pour grimper vers le ciel. Le VTTiste suivra préférentiellement le balisage, qui ne manque pas de dénivelé avant le ravitaillement du sommet. De quoi programmer une belle escapade jurassienne pour le week-end. Là aussi en y laissant de la sueur, mais qui nourrira à peine le sol, imperméable aux pluies comme à la détresse physique humaine.

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    Et pendant ce temps, le savagnin verdit (il mûrit, quoi, rapport à sa couleur!).


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    Avant de suer sang et eau dans la vigne, il avait bien fallu s'hydrater un peu. Tout d'abord grâce à quelques produits locaux, cultivés et élevés dans le grand respect d'une tradition ancestrale, chez Gabrielle Rizzi. Des vins d'un classicisme exemplaire, empreints d'une relative rusticité de bon aloi. Mention particulière au Chardonnay 2010 de ce micro domaine familial, d'un seul petit hectare, dont une centaine d'ares en Château Chalon, pile sous  le rocher. Toute la (petite) récolte bientôt vendue directement aux particuliers et aux touristes, le petit caveau sis rue Saint-Jean va bientôt fermer, être démonté et consciencieusement rangé, afin de laisser la place à une cave plus vaste destinée à accueillir le tracteur en prévision des prochaines vendanges. Encore de la sueur en perspective!

     

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    À Château Chalon, la sueur n'a pourtant pas attendu le randonneur ou le vendangeur de passage pour couler. Il fut un temps où le sentier de petite randonnée vibrait sous les pas des vignerons qui l'empruntait pour aller travailler la vigne du Puits Saint-Pierre. Surtout ne pas oublier de leur rendre hommage, au vu du service rendu.

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    En débouchant une bonne bouteille avec la première fondue automnale du soir, par exemple. Un 2003 en train de virer vers des notes pétrolées au nez, mais d'une fraîcheur de structure à faire pâlir de jalousie un sculpteur sur glace.

     

     

    Olif

     

     

  • Dans la vigne, tout est bon!

    À l'instar du cochon, tout ce qui provient de la vigne est susceptible de se manger ou de rentrer dans une préparation culinaire. Des oreilles à la queue, de la feuille au raisin, en passant, de façon plus surprenante, par la fleur ou les vrilles. Sans parler du produit de transformation finale, le vin, et de tous les intermédiaires, le moût, le marc, la lie.

     

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    Oui, dans la vigne, tout est bon, à la condition sine qua non qu'elle soit propre. Interdiction de jouer pas au goret avec elle en l'arrosant de produits chimiques impropres à la consommation. Sinon, pas question d'y ramasser quoi que ce soit et de le porter à la bouche.

     

    Cette idée de manger la vigne au fil des saisons avant d'en boire le vin, elle a germé dans la tête de Catherine Bernard, journaliste reconvertie dans la viticulture, et d'Anne-Sophie Thérond, journaliste "reconvertie" dans l'écriture de livres culinaires et auteure d'un blog 10vin. Les recettes imaginées par Anne-Sophie Thérond suivent ainsi le cycle végétatif de la vigne commenté par la vigneronne, de la taille et la production de sarments (pour fumer soi-même ses propres filets de truite), jusqu'au vin que l'on va utiliser largement en cuisine pour "délier les fibres et attendrir les chairs". Et avec ces recettes généreuses, bien ancrées dans la tradition viticole pour la plupart, vous boirez bien quelque chose? Un volubile Vin de pays de l'Hérault 2011 de Catherine Bernard fera largement l'affaire, prolongeant à l'unisson le bonheur de lire la prose de la journaliste-vigneronne, dans un style enjoué et délié.

     

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    Recettes de ma vigne

    Catherine Bernard et Anne-Sophie Thérond

    Éditions du Rouergue

     

    Olif

     

    P.S.: Le Gavatx, "un étranger dans les vignes", ça raconte l'histoire de Vincent Balansa et du domaine La Boria à Trilla. Une tronche de vin, un domaine et un documentaire qui ont d'la gueule. Un film de Lorenz Findeisen à ne pas louper, le 28 septembre aux alentours de 15h30 sur France 3.

     

     

    Pour marquer le coup, Nova 2009 de La Boria, blanc frais du Sud, caressant comme un petit air de tramontane sur le Haut-Fenouillèdes. Un vrai beau vin de gavatx!

     

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  • Miss Glouglou fait sa rentrée...

    ... et du coup, moi, la mienne, pour une reprise en douceur des activités bloguistiques.

     miss glouglou

     

    Après avoir officié en classe de maternelle l'année dernière, jolie promotion pour la Miss Monde du vin, à la descente de gosier particulièrement bruyante, même si elle sait aussi très bien cracher: une classe de grande section, avide de découverte en matière de vin, qui disposera dans son cartable d'un bien bel ouvrage œnologique, net, précis et illustré. Précis d'œnologie illustré, c'est même écrit sur la couverture. Ça tombe bien.

     

    miss glouglou

    Miss Glouglou par Guillaume Long, un dessin tellement réaliste que l'on croirait une photo prise sur le vif.

    Cet épais bouquin, lourd et cartonné, s'adresse donc préférentiellement au néophyte en matière de vin, mais pas que. Les redoublants sont les bienvenus, on a toujours quelque chose à apprendre. Surtout dans une classe aussi ouverte, didactique et ludique que celle d'Ophélie Neiman, joviale maîtresse à lunettes (parfois), au sourire craquant et à l'appétit féroce. En compagnie de Juliette, Pâcome, Hector, Coralie et Paul, élèves modèles, le lecteur apprendra tout ce qu'il faut savoir sur le monde du vin, de la culture du raisin à la sommellerie, en passant par la dégustation, la vinification, la présentation du vignoble, les différents cépages et la constitution d'une cave. De précieux conseils dans tous les domaines, y compris même sur la façon d'enlever une tache de vin. Ce n'est pas dans le B&D qu'on trouverait ce type de renseignement, pourtant bien utile en cas d'éclaboussure de vin triple étoilé. Et puis, on est heureux de découvrir que Miss Glouglou possède un joli coup de poignet pour éviter que la gougoutte ne vienne souiller la nappe, même si elle sait gérer les dommages collatéraux d'une dégustation trop enthousiaste (voir plus haut). Un livre joliment illustré, très clair, infiniment pratique, à mettre en toutes les mains pour parfaire sa connaissance du vin, sans prise de tête et sans sermon.

     

    miss glouglou

     

    Bref, si ce n'est pas une encyclopédie, il s'en est fallu de peu. Après "Le vin pour ceux qui n'y connaissent rien" chez L'Étudiant, le vin pour ceux qui n'y connaissent pas grand chose, aux Éditions Marabout. Avec Miss Glouglou, le vin mériterait d'être enseigné à l'école. Ou même à la télé. Parce que finalement,  le vin, c'est pas sorcier!

     

    miss glouglou

    Que je sois marabouté s'il n'y a pas matière à une nouvelle collection. Une suggestion pour le prochain titre: "Le vin naturel, c'est pas philosophique".

     

    Olif

     

  • VDV#58: SuperVigneron!

     

     

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    ©Gotlib et Éditions AUDIE

     

    Vendredisduvin

    Les VDV, c'est en toute logique le dernier vendredi du mois, mais il a fallu s'y prendre plus tôt pour l'occasion, vacances d'été obligent. Après 57 éditions, soit près de 5 ans d'existence, il est de plus en plus héroïque de trouver un président mensuel. Ce qui n'est pas sans apporter son lot de cheveux blancs à notre dévouée secrétaire générale perpétuelle. Une chance, Tom Delanoue, du blog 1098 (comme le nombre de bouteilles dans sa cave? la pression barométrique qui règne sous son crâne? le millésime de son année de naissance? on ne le saura pas de Citeaux!), gavé depuis sa plus tendre enfance de comics, nous a sorti de sa manche, de sa cape ou de son chapeau, des vendredis super héroiques. Un thème un peu strange, au départ, il faut bien le reconnaître. J'ai bien vibré un chouïa dans ma jeunesse en lisant les premières aventures de Daredevil, de Spiderman, ou du Surfer d'argent. Je me suis même senti tout Chose à la lecture invisible des aventures brûlantes et élastiques des 4 Fantastiques. Et puis, difficile de s'y retrouver dans la pléthore d'histoires à vertu commerciale, de spin-offs, de dessinateurs et de scénaristes. Alors j'ai lâché l'affaire, un peu réactivée avec l'adaptation plus ou moins heureuse de bon nombre de tous ces super-héros en blockbusters cinémascopiques. Comment faire le lien avec le vin, au final? Plutôt nourri à l'école franco-belge, j'ai mis du temps à trouver l'angle d'approche de ces VDV, si ce n'est éventuellement au travers de la lutte finale de Super Dupont contre Bruce Lee, contée avec maestria par the Marcel Gotlib, et qui a vu la victoire incontestable du karatéka par infarctus du myocarde fatal chez son rival franchouillard, consécutif à la sortie d'un camembert du frigo et à la consommation d'un verre de Pommard 69 avec des glaçons. Mais point de camembert au congélo chez moi, pour ne pas risquer l'excommunication de Normandie. Et je bois généralement mon Pommard comme le whisky. Sec, sans glace. Sauf quand j'ai piscine, évidemment. Ou alors, c'est qu'il m'a tuer...

     

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    ©Gotlib, Rhâ-Gnagna

     

    Alors, j'ai levé mon verre vers le ciel. Et c'est là que j'ai vu une grosse tache noire qui se rapprochait de moi à une vitesse grand V. Était-ce un oiseau? Était-ce un avion? Un effet oculaire dû à l'abus de jus de la treille? Ou plus simplement une goutte de vin dans mon œil, suite à un remuage de verre trop vigoureux? Non, rien de tout cela, c'était SUPER VIGNERON(NE)! Pas besoin d'aller bien loin pour dénicher la bouteille de mes VDV, elle était là, sous mon nez!

     

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    Un verre du Plô 2003, superbe grenache collector de cette chère Iris de Lisson, qui vient tout juste de lancer sa dernière offre "primeur", permettant d'acquérir quelques flacons à prix concurrentiel pour une bonne cause, la survie de ce petit bout de vignoble héroïque, arraché à la forêt de châtaigniers, qu'il faut désormais défendre contre l'appétit vorace de hordes de suidés fort malengroins et indélicats, grands amateurs de bons raisins bien mûrs et pas trafiqués, ce qui serait néanmoins plutôt à mettre à leur crédit, prouvant ainsi qu'ils ont quand même bon goût.

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    Super Iris s'apprêtant à prendre son envol depuis la colline de Lisson pour faire ses courses au marché d'Olargues, là-bas, dans la vallée. Peut-être y trouvera-t-elle un slip rouge pour compléter sa panoplie?
     

    Dans le genre super héroïne, Iris, c'est Captain Germanica matinée de Wonder Lisson Woman. Il eût pourtant mieux valu qu'elle descende en droite ligne d'Obélix, super faire-valoir de héros gaulois, afin d'être mieux armée en vue de la digestion d'une demi-quatorzaine de sangliers au petit déjeuner.

     

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    Dans le genre SuperVigneron, on en a un aussi, dans le Jura. Un type doté d'un super pouvoir: celui de changer le raisin en bon vin. Un truc finalement loin d'être à la portée du premier vigneron ordinaire venu. Un de ses vins, biodynamique et sans sulfites, est même capable de sortir "vin de l'année" dans la très rigoureuse sélection du B&D*, qui n'est pas la moitié d'un guide et qui n'a pas non plus la réputation de badiner avec le vin naturel. Il n'y a guère qu'un Hulk gorgé de savagnin gros vert pour réussir ce genre de tour de force! Son nom est Ganevat, Fanfan Ganevat. Un gentil colosse chauve et souriant. Un bath man, véritablement. Un peu comme Bruce Wayne, sauf que lui est obligé de se déguiser pour ça.  Et que, tout Batman qu'il est, il n'y connait pas grand chose en vin du Jura.

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    Les Chalasses VV 2011, vin auréolé au sein d'une gamme irréprochable, particulièrement réussie dans le millésime 2011, paraît pourtant un peu fermé à ce stade. Les Grands Teppes 2011, habituellement plus en retrait dans sa jeunesse, se livre déjà pleinement, avec un supplément de tension et de nervosité. Et puis, le Savagnin Chalasses Marnes Bleues 2011 est une petite merveille de pureté et de précision. Un très très grand vin, sans aucun doute.

    2012 sera par contre une année de très petits volumes. Une récolte de misère d'une qualité pourtant exceptionnelle. Peut-être le plus grand trousseau Plein Sud jamais produit jusqu'à présent, un poulsard de l'Enfant terrible qui se boit au goulot et un pinot noir (Julien et En Billat assemblés) d'une finesse et d'une élégance rares, à faire pâlir de jalousie bien des voisins d'en face.

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    ©Mme Olif

     

    Le Jura a bel et bien son SuperVigneron, il en a même plein d'autres. Nous voilà parés pour un avenir super héroïque!

     

     

    Olif

     

    P.S.: la presse jurassienne a été particulièrement réactive pour saluer la performance de SuperVigneron dans la Bible* du vin. Y associant pour l'illustrer (après autorisation), des photos du Blog d'Olif, s'il vous plaît, mazette! C'est la fête au village! Ce vigneron-là a des super pouvoirs, je vous dis! La photo du "patron" n'est pas de mon fait, par contre.

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    ©Le Progrès


    *B&D: la Bible. Co-écrite par les plus grands dégustateurs français du monde (dont le "patron"), et rééditée chaque année à l’occasion des Foires aux vins**, dont elle constitue l’outil indispensable à l'épanouissement de l’amateur de vins atteint de fièvre acheteuse récurrente courant septembre.

     

    **Foire aux vins : écoulement diarrhéique de bouteilles de vin en grande distribution. Une épidémie saisonnière, initialement automnale, qui permet également la vente d’un grand nombre de bibles (voir B&D) auprès d’amateurs de vin touchés de plein fouet par une irrépressible fièvre acheteuse.

     

    P.S.2: le traitement, pour échapper à la tourista de guides et de bouteilles en GD, c'est de se procurer Tronches de vin. Cet ouvrage de référence, truffé de SuperVignerons, est toujours disponible dans les bonnes librairies ou chez les bons cavistes, sans nécessité de prescription médicale. Non remboursé par la Sécurité Sociale, par contre.

     

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    Crédit photo: Au fil du vin libre, Strasbourg


  • Bonnes nouvelles de L'Étoile...

     

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    Cette Étoile-là brille au firmament du Jura depuis la nuit des temps. Des millions de pentacrines, ces petits fossiles à cinq branches disséminés dans le sol, et cinq monts, grossièrement disposés en étoile: Monterreaux, Mont-Augy, Mont-Morain, Montmuzard, Mont-Genezet, les orthographes variant selon les sources. L'Étoile, c'est tout cela à la fois, et aussi l'une des cinq AOC jurassiennes, un signe supplémentaire? 3 AOC "village", 2 AOC "produit", mais peut-être la moins médiatisée quand même. Pourtant, au centre, une authentique star: Montbourgeau.

     

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    Propriété familiale depuis 1920, appartenant à la famille Gros, le domaine de Montbourgeau est actuellement dirigé par Nicole Deriaux, fille de Jean Gros. Deux des enfants de Nicole semblent se prédestiner à prendre la suite, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Une maison à la solide réputation, garante d'un savoir-faire traditionnel, qui produit quelques-uns des plus beaux spécimens de vins oxydatifs jurassiens. Ici, "pas de chapelle", juste une magnifique demeure et une volonté de produire beau et bon, ce qui sous-entend des pratiques plutôt propres à la vigne et relativement peu interventionnistes à la cave, sans certification d'aucune sorte, ni revendication à aucune appartenance autre que celle des bons producteurs de vins du Jura. Intervenant au domaine depuis 1986 aux côtés de son père, puis seule après son décès, Nicole a imposé petit à petit sa sensibilité, pour produire des vins dotés d'une élégance toute féminine, par rapport à l'opulence de ceux de son père. Un style qu'elle ne renie pourtant pas, toute fière d'avoir produit des vins qui se rapprochent de ceux qu'il appréciait, dans les millésimes généreux que furent 2003, 2005 ou 2009. Mais n'anticipons pas.

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    Ce 2010, élevé en cuve avant d'être transféré dans de grands foudres rechappés pour être adaptés au mode d'élevage des vins de Montbourgeau, est une petite merveille de fruit, de fraîcheur et de simplicité.

     

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    La Cuvée Spéciale, c'est une toute autre dimension. Le fleuron du domaine, la quintessence d'un chardonnay en mode oxydatif sur ce beau terroir argilo-calcaire truffé de pentacrines. Élevage sous voile, donc, qui représente la véritable patte du domaine au travers d'une cuvée emblématique qui sait, à chaque fois, refléter le millésime. 2009 très opulent, 2008 doté d'une superbe acidité sur le fil, 2007 à l'équilibre très convaincant, 2003 dans un registre très riche mais cohérent, 2001 qui se révèle par petites touches successives, une année compliquée, au final, très complexe.

     

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    Le Savagnin se plaît également sur les marnes irisées de L'Étoile. Cela va sans dire. Le parallèle entre les deux millésimes est une fois de plus éloquent. 2009 plein, pour la grande garde, et 2008, tout en tension, qui ravira les amateurs de vins tranchants.

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    Un préambule exceptionnel aux deux Vins jaunes à suivre. Seul le 2006 est désormais disponible. 2005, tout en rondeur, sur des notes maltées et épicées, se fait enjôleur. Mais 2006 n'est pas en reste, plus marqué noix verte, mais avec un potentiel évident.

     

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    Et puis, avant quelques douceurs sucrées, une dernière petite madeleine, des Vieilles vignes de 1928, millésimées 1990, arrachées peu après. Une bouffée d'air frais, avec des notes d'évolution certaines, mais plutôt dans un registre agréable. Ce qu'il faut de vivacité pour soutenir la vieille cire, le toasté et l'encaustique, et une remarquable tenue à l'air. Superbe! Une étoile qui ne file pas, malgré le fait que l'on soit au mois d'août.

     

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    Le Paille 2009 est riche et complexe, goûtant un peu sur le sucre sans que celui-ci ne s'impose véritablement, mais il fait figure d'exception pour les Pailles du domaine, à la réputation d'être plutôt très secs. Le Macvin blanc et le Macvin rosé sont marqués par une belle acidité, qui sied parfaitement à ce type de produit qui aurait tendance à devenir vite lourd sans cela. Les Secrets de Montbourgeau, mués en trésors pour beaucoup de participants à la dernière Percée du Vin jaune, c'est la recette ancestrale de vin de liqueur cuit, avant que l'AOC ne jette les bases définitives de ce que devait être un véritable Macvin. Beaucoup de rondeur et d'harmonie pour un vin séducteur, qui manque pour moi d'un peu de peps par rapport à la version agréée, probablement du fait de la cuisson. Toujours est-il qu'il n'y a rien à jeter, à Montbourgeau. Et que l'Étoile n'a jamais aussi bien porté son nom. Une bien bonne nouvelle, n'en déplaise à Gainsbarre..!

     

     

     

    Olif

  • Quand le Jura voit rouge...

     

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    Le Jura, pays du jaune, nul ne saurait le contester, si ce n'est Marseille. Mais là, difficile de rivaliser, à moins de tenter une piscine au Château Chalon, une expérience extrême qui n'a, à ma connaissance, jamais été tentée, même par le plus aventureux des buveurs de vin jaune. Peut-être faudra-t-il remédier à ça un de ces jours..? Non, Mon Dieu, pitié, ne me tentez pas!

     

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    Le Jura, l'autre pays des grands blancs, ceux qui n'ont plus à rougir de la comparaison avec le prestigieux voisin bourguignon, même qu'il serait peut-être bientôt temps d'arrêter de vouloir comparer deux régions aux terroirs aussi dissemblables. Le chardonnay s'y décline en différents clones, qui apportent diversité, richesse, originalité et caractère, ce que les Bourguignons, eux, ne savent plus faire. Avantage Jura, finalement. Le savagnin, avant de virer jaune, peut aussi s'apprécier en blanc. Notamment dans sa version ouillée, non oxydative, ce qui change un peu des arômes de noix verte et de curry.

     

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    Et vous faites du rouge, dans le Jura? Oui, Madame. Du pur, du vrai, du primitif, de l'indigène, du caractéristique, de l'authentique. Grâce à une jolie collection de cépages qui ne demandent qu'à s'épanouir, en cuve, en fût, voire en amphore. Des vins qui peinent encore parfois à vaincre les préjugés d'amateurs aux certitudes viniques boursouflées aux entournures et engoncées dans une pensée œnologiquement bien pensante qui les conduit à ne point trouver de salut dans leur verre en dehors de vins standards au grand standing, classés avec plus ou moins de bonheur par des moines cisterciens, des exposants universels ou bien je ne sais quel besogneux de la dégustation comparative à l'intention de l'acheteur compulsif du mois de septembre (ne pas hésiter à biffer les mentions inutiles). Le rouge, dans le Jura, tente sa propre percée et ça commence à plutôt bien fonctionner.

     

    Le Trousseau:


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    L'origine de ce cépage rouge plutôt bien troussé est ancestrale. On en retrouve la trace depuis 1731 en Franche-Comté, mais il existait probablement antérieurement, peut-être importé dans le Jura par des immigrants savoyards ou valaisans, sans doute détrousseurs de grand chemin.

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    Le  Troussot figurait en cinquième position sur la liste des bons cépages établie par le parlement de Besançon en 1732. Il était cultivé un peu partout dans la région où il prenait des noms différents, selon l'accent patois en vigueur à cet endroit: Trousseau à Montigny et Arbois, Triffaut à Besançon,  Trusseau ou Trussiau encore ailleurs. Il a été formellement identifié en Galice sous le nom de Merenzao et on le trouverait même jusqu’en Argentine, usurpant la dénomination de Pinot gris du Rio Negro! Les trousseaux sont pluriel, mais le singulier n'est pas exclu.

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    Son nom viendrait du mot ancien « toursel», qui signifie « paquet». Il faut reconnaitre que sa grappe est bien troussée. Un raisin plutôt couillu, donc, dont la variété la plus qualitative est représentée par le "trousseau des dames". La gent féminine en connait un rayon, lorsqu'il s'agit de mettre la main au paquet.

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    Son terroir de prédilection : les marnes rouges du Trias et les éboulis argilo-calcaires de Montigny-les Arsures, capitale officielle du Trousseau. Sur les 80 hectares plantés dans le Jura, on en trouve plus de 52 ha en Arbois, dont la moitié à Montigny, seul vignoble à voir s’accroître la proportion de ce cépage.

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    Quelques cuvées de Trousseau particulièrement recommandables (liste non exhaustive), dans des styles variés: Singulier et Amphore de Stéphane Tissot, Trousseau des Corvées (cuvée du Nain) et Commendatore de L'Octavin, le Clousot et les Grands Vergers de Michel Gahier, Trousseau des Corvées de Pascal Clairet (La Tournelle), Plein Sud de Fanfan Ganevat, Les Bérangères du Puf, le Ginglet de Philippe Bornard, Arbois de Renaud Bruyère, Rouge de colère de Catherine Hannoun,...

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    Le Ploussard ou Poulsard (l'important c'est d'en boire):

     

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    L’un des trois cépages rouges qui donne droit à l’appellation Arbois ou Côtes du Jura. Le plus girly de tous lorsqu'il se porte en tee-shirt ou quand il est étiqueté rosé. Pas vraiment sa vocation, en fait. Parce que c'est un vrai rouge, même s'il est peu coloré. Raisin noir à jus blanc, il débourre très tôt et concurrence le savagnin sur ses terres de prédilection. Pas de chance pour lui! Les marnes bleues et irisées du Lias se laissent difficilement partager. Il occupe néanmoins à lui seul une surface de 300 hectares, soit la moitié de la superficie plantée en rouge dans le Jura.

     

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    Son nom est un véritable sujet de controverse. L'important, finalement, c'est d'en boire. Etymologiquement, le Ploussard tire son nom de la prunelle, dont les grains ont la même couleur, parfois la même forme. Un nom qui se prononce de façon très différente en patois local selon que l’on habite à Salins (pleusse ou plesse), Arbois (plusse) ou Poligny (plousse ou pelosse) ! L'important, ça reste toujours d'en boire.

     

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    Le  Poulsard, quant à lui, dériverait du latin "pulsare", et c'est vrai que, bien vinifié, il pulse drôlement. Cultivé dans le Jura depuis le XIVème siècle (on parlait alors de Polozard!), c'est un vrai cépage d'ici, ça ne fait guère de doute. Même si l’on en retrouve un peu dans le Bugey sous le nom de Mescle. Il fut inscrit dans la liste des bons cépages publiée en 1732 par le Parlement de Besançon et son identité est fortement jurassienne. Manquerait plus que quelqu'un veuille nous le piquer, tiens!

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    C’est pourtant bien le terme de  Poulsard qui sera retenu en première place dans les décrets d’AOC, au grand dam des habitants de Pupillin, proclamée Capitale mondiale du Ploussard. Un crime de lèse-majesté qui alimente les débats et finit par donner soif. L'important, ça reste quand même d'en boire!

     

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    Quelques cuvées de Ploussard (ou Pousard) particulièrement recommandables (liste non exhaustive), dans des styles variés: Overnoy-Houillon, Point Barre et la Chamade de Philippe Bornard, En Billat de Julien Labet, L'enfant terrible de Fanfan Ganevat, Cuvée Marc de Jean-Marc Brignot (5% de Trousseau), En Chôné du domaine Pignier, les Gruyères d'Étienne Thiébaud, Par ici et Par là de Raphaël Monnier-Ratapoil, Jean-Michel Petit (domaine de la Renardière), Dorabella de L'Octavin, L'Uva du domaine de la Tournelle,...

     

    Le Pinot noir:


     

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    Présent dans le Jura depuis la fin du XIVème siècle, sous le nom ambigu de Savagnin noir, il vient tout comme le Chardonnay de la Bourgogne voisine. Surnommé  Maurillon en raison de sa couleur noire, on ne sait s‘il faut l‘appeler Pinot (du latin «pinus», le pin), ou Pineau (du grec « pinein », boire).

     

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    Si le vocable Pineau est très typé Charente, on l'utilisait aussi en Haute-Saône, tandis qu’à Salins, Arbois ou Poligny, on le préférait Petit Noirin, ceci afin de ne pas le confondre avec le Gros Noirin, qui n'avait pourtant rien à voir avec lui! Besançon penchait pour Noirum, mais dans le sud Revermont, on le qualifiait de Savagnin noir pour profiter de l’analogie avec la star des cépages jurassiens.

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    Classé en deuxième position sur la liste des bons cépages en 1732, juste derrière le Poulsard, mais très critiqué du fait de sa maturité précoce, on le considèrait comme « peu recommandable » au XIXème siècle. Certains allaient même jusqu’à préconiser l’arrachage de ce «raisin des mouches», surnom qui avait le mérite d‘être très évocateur! De nos jours, encore, vestige d'un passé qu'il serait temps de renier, il n'est pas rare d'entendre quelques généralisations déplacées. Du style: "Dans le Jura, le Pinot noir, t'oublies!".
    Ce qu’on lui reproche, en fait, c’est de ne pas produire des vins aussi bons qu’en Bourgogne lorsqu’il est vinifié seul! Mon œil! Sous l’égide du Dr Guyot, plusieurs expériences furent faites afin de rivaliser avec le modèle bourguignon, sans grand succès alors. Mais les Jurassiens persévérants ont toujours su en tirer quelque chose, de ce fichu cépage!

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    Il représente actuellement environ 10% du vignoble rouge. Il est fréquemment utilisé en assemblage pour structurer les rouges et augmenter leur aptitude à la garde. Il faut pourtant se faire un devoir de le goûter seul, pour ne surtout pas avoir à l'oublier.

    Quelques cuvées de Pinot noir particulièrement recommandables (liste non exhaustive), dans des styles variés: Arbois 2005 (les raisins de Camille) et En Barberon de Stéphane Tissot, Côtes du Jura d'Alain Labet, Arbois du Puf, la Pépée (assemblage Pinot-Poulsard) de Jean-Baptiste Ménigoz (les Bottes rouges), PP 2005 (assemblage Pinot-Poulsard) de Jean-Marc Brignot, Côtes du Jura du domaine Pignier, Julien et Grusse en Billat de Fanfan Ganevat, Don Giovanni de L'Octavin, ...

     

    L'Enfariné et autres cépages oubliés:

     

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    Recouvert d’une pellicule blanchâtre, d’où son nom, l'Enfariné fut candidat à l’arrachage en 1731. Aussi «désagréable que le nom est déplaisant, son vin léger est acerbe et peu coloré», d'après un certain Chevalier, très acerbe lui aussi, et dont on peut penser qu'il s'est fait rouler dans la farine. Car l'acidité naturelle de l'Enfariné peut faire des merveilles dans des mains expertes. À tel point que certains n'hésitent pas, parfois, à le vinifier seul.

     

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    Ces vieux cépages généralement complantés de tout temps au sein des parcelles sont proscrits dans l'appellation et généralement voués à l'arrachage. C'est compter sans l'opiniâtreté de certains à vouloir les sauver et les préserver à tout prix, tant leur apport est passionnant dans des cuvées qui fleurent bon la simplicité et la rusticité.

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    Quelques cuvées de vieux cépages particulièrement recommandables (liste non exhaustive), dans des styles variés: J'en veux de Fanfan Ganevat, À table avec Léandre du domaine Pignier, Le Ratapoil de Raphaël Monnier-Ratapoil, Vin de Pays de Franche-Comté d'Étienne Thiébaud (domaine des Cavarodes)...
     

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    Olif

  • 14 contours de syrah au creux du Van

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    Couvet, commune Val de Travers. Son hôpital, sa piscine et son ancienne tricoterie Dubied, transformée en chai du domaine de la Clavenière, tronche de Travers du vignoble Neuchâtelois. Depuis la fusion administrative, toutes les communes du Val de Travers, canton de Neuchâtel, s'appellent Val de Travers. Sauf deux, Les Verrières et La Côte aux Fées, qui continuent de voler de leurs propres ailes exécutives. Le 11 juillet 2013, 19 heures, plusieurs berlines arrivent à la Clavenière, en roulant au pas, tous feux éteints. Normal, il fait encore jour. Des individus s'en extirpent lestement et se dirigent, la mine patibulaire, vers le rez-de-chaussée du bâtiment. Normal, ils ont rendez-vous à la cave pour une dégustation à la gloire d'un des plus grands cépages rhodaniens. 14 syrahs du Valais, en 3 shots, sur 3 millésimes différents, avec pour dénominateur commun, un des maîtres à penser de nombre de vignerons et/ou œnologues helvètes.

     

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    Noiraigue, commune Val de Travers. Son Creux du Van et son gaz de schiste dont il serait temps de ne pas vouloir. Noiraigue, c'est l'un des sites jurassiens ayant reçu une autorisation de forage, avec Pontarlier et Les Moussières, côté français. Les Moussières, en plein cœur du Parc Naturel du Haut-Jura. On se demande à quoi ça sert d'être un haut-lieu naturel soit-disant protégé! Du côté de Neuchâtel, la résistance commence à s'organiser. Parce que venir polluer l'Areuse et l'absinthe pour émettre des gaz aussi délétères pour l'environnement qu'un mauvais pet foireux dans une atmosphère confinée, non merci!

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    Le 12 juillet à 10 heures, soit très précisément le lendemain du 11 juillet, plusieurs berlines se garent devant la caserne des pompiers de Noiraigue. Des individus s'en extirpent péniblement, pas tous très frais. Pour bien profiter du plus beau cirque jurassien du monde, où van (la falaise, en celtique) et vent (le vent, en français basique, voire même en romand de Suisse voisine) se mêlent, s'entremêlent et se confondent, il vaut mieux en faire le tour. Ce qui nécessite un moindre effort, que la plupart des automobilistes purs et durs n'auront jamais le bonheur de connaître, eux qui préfèrent la montée motorisée par la route jusqu'à la ferme du Soliat pour se repaître d'une bonne grosse fondue apte à combler leur petit creux, avant de jeter un œil morne et un rot fromager sur le Creux, sans avoir à fondre en grimpant le sentier dans la chaleur torride d'un été jurassien plutôt réussi. Montée dans le sens anti-horaire, via la ferme des Œillons et le sentier des 14 contours, descente par la ferme Robert et le sentier pentu du Single, où l'on ne se sent étrangement pas seul à avoir une âme de primate, tel est le menu habituel du randonneur du Creux du Van, sans se vanter.

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    14, oui, le chiffre est exact, compté, recompté, vérifié, par une foultitude de randonneurs. 14, oui, le chiffre est inexact, puisque compté, recompté, vérifié, par une poignée de dégustateurs. Il y eut finalement 15 syrahs, servies à l'aveugle en 4 flys de 5+5+4+1. 2010, 2005 et 2003. +1. Pièges et/ou pirates non exclus. Vins transvasés dans une bouteille anonyme depuis leur bouteille d'origine. Et c'est parti pour 14 contours de syrah, en quête d'un mythe mais aussi du simple plaisir de déguster, d'échanger, de commenter, de partager, une fois les dernières petites modalités du débriefing mises au point, non sans mal, d'ailleurs.

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    Mise en bouche: la montée est rude, jusqu'à la ferme des Œillons, au départ de Noiraigue. Dans le gourdon, mieux vaut un vin désaltérant et aérien, avec deux ailes. Par exemple, un Chasselas Le Brez 2012 de la Colombe, à la gloire de Raymond Paccot, chantre de la biodynamie et de la sélection parcellaire sur la Côte vaudoise.

     

     

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    1er contour: ça attaque fort, dès le franchissement des Œillons et la montée dans la forêt. Du gros calibre pour une syrah plutôt consensuelle qui ne le fut pas. Boisée, certes, mais d'un bois fin et élégant qui ne m'a pas gêné plus que cela, tant les tanins furent veloutés et frais, avant de se fondre dans une finale très syrah, d'une grande longueur et d'une exquise fraîcheur. Syrah 2010, Cave des Amandiers, Alexandre Délétraz.

     

    2ème contour: sortie du bois. Les framboisiers qui bordent le sentier ne sont pas encore chargés de fruits, cette syrah si. Un petit bonheur de fruits rouges entrelardés, sur des tanins croquants, salivants et rafraichissants. On en redemande, en ayant de surcroît un gros doute sur le géniteur. Bravo! Syrah 2010, Christophe Abbet.

     

    3ème contour: on plonge à nouveau dans la forêt. Les fruits se font discrets. Ce virage-là est plutôt raide et il faut s'accrocher. Acidité, dehors toute! C'est frais, forcément, acidulé, mais la finale se resserre sur les gencives, astringente et asséchante. Du jus, il y en a, sans doute à attendre. Si Joris su, Joris pas venu? Mais si, voyons. En l'état, c'est tout de même un peu duraille pour mon palais. Syrah Chamosite 2010, Didier Joris.

     

    4ème contour: bien accroché dans la pente, il s'agit maintenant de dérouler. Le nez est très beau, sur le caractère végétal de la syrah, bourré de fraîcheur et de notes de tapenande et d'olive noire. Une petite touche de bois ne vient même pas faire de l'ombre. En bouche, la matière en impose. Une belle grosse masse tannique acidulée qui sèche légèrement en finale, mais qui ne demande qu'un peu de temps pour se fondre. Un grand vin, pour plus tard. Syrah Quintessence 2010, Benoit Dorsaz.

     

    5ème contour: une difficulté superposable à la précédente. Ça syrahte plutôt joliment, sur un léger boisé toasté. Les tanins sont encore appuyés, mais s'enrobent déjà délicatement. Il y a la matière, l'acidulé, la fraîcheur. Ne manque juste qu'un peu de temps... Syrah Vieilles Vignes 2010, Simon Maye.

     

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    6ème contour: les lacets commencent à se resserrer, les vins aussi. On avance pourtant dans le temps, franchissant 5 années d'une traite. Une série qui m'apparaîtra un peu difficile, avec des vins au grand potentiel, mais dans une phase peu épanouie. De la violette, il y en a, pourtant, dans cette bouteille-là. C'est plutôt agréable, d'autant plus que la rétro est fruitée. Entre les deux, le vin est un peu compact et dense, comme replié sur lui-même. La finale laisse apparaître une pointe d'alcool. Globalement, c'est plutôt bien, mais pas à point. Didier, Didier! Oui. Syrah L'âme des Pierres 2005, Didier Joris.

     

    7ème contour: nouveau virage un peu sec, pour cette syrah aux étonnantes notes d'agrumes sur fond métallique, avec une touche de vernis à ongles. Les tanins sont un peu sévères, avec une acidité marquée. Il faudra lui donner une deuxième chance. Syrah 2005, Cave Le Bosset.

     

    8ème contour: le nez dans la pente, il faut continuer de grimper. Des notes de cerise, avec un petit côté noyau, pourtant, il ne s'agit pas de grenache. Et peut-être un premier nez réduit sur le caoutchouc brûlé ("il pneute!", pour certain d'entre nous). En bouche, les tanins sont marqués et finissent sur de l'amertume, ce qui induit un effet salivant bienvenu. Il y a du vin dans cette bouteille, mais c'est quand même un peu sévère! Syrah 2005, Denis Mercier.

     

    9ème contour: première sortie de route dans un virage, il fallait bien que ça arrive un jour. Nez sur la pomme blette matinée de liège et/ou de champignon, trahissant un défaut de bouchon. Là aussi, de la matière, mais des tanins durs et asséchants en bouche. De façon visiblement anormale. Pas de chance, il faudra y regoûter pour confirmer le problème ponctuel de bouteille. Grain Syrah 2005, Marie-Thérèse Chappaz.

     

    10ème contour: l'espoir renait au fur et à mesure que le ciel se rapproche. Sortie de la forêt de chêne, les framboisiers sauvages poussent à nouveau tout au long du chemin. Ça sent aussi la groseille, même s'il n'y en a pas. Le bois se fond. Les tanins acidulés sont d'une grande finesse, la finale fait bien saliver, malgré la petite pointe d'alcool bien présente et globalement toujours ressentie dans cette série, millésime oblige? Aucune impression de déjà vu/bu, pourtant... La deuxième chance de la Syrah 2005 de la Cave Le Bosset n'a pas mis longtemps à se concrétiser. Les deux bouteilles n'ont pas été conservées dans la même cave, est-ce la seule explication? Ou alors l'ordre de passage dans la dégustation?

     

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    11ème contour: deuxième sortie de route en plein virage, impardonnable celle-là. Ça sent le TCA à plein nez, impossible d'y tremper les lèvres. Dommage! Syrah 2003, Christophe Abbet.

     

    12ème contour: la délivrance est proche, la perspective de toucher au but motive les troupes, qui retrouvent un deuxième souffle. Le nez est plutôt évolué, mais très joli. Du pruneau un peu cuit, mais une rondeur bienvenue en bouche. Vin plaisir, charnu et agréable, dont il ne faudrait pas se priver. Syrah 2003, Romain Papilloud.

     

    13ème contour: à partir de là, ça déroule. Cette syrah-là ne saurait renier ses origines valaisannes. Beaucoup d'élégance, de la finesse et un petit je-ne-sais-quoi dans la texture qui évoque irrésistiblement le Valais. Un vieillissement harmonieux pour cette très belle Syrah Osami 2003 de Didier Joris.

     

    14ème contour: le final, l'apothéose! Nez complexe et enivrant sur les agrumes, l'écorce d'orange confite et le poivre. En bouche, la texture est fabuleuse. Savoureuse, aussi. Et dotée d'une grande longueur et d'une belle fraîcheur. La trame tannique est parfaitement fondue, d'une grande finesse. Ça sent le Rhône septentrional, largement en aval du Valais. Du négoce haute couture, que cette Côte Rotie 2003 de Tardieu-Laurent. On comprend ceux qui aimeraient s'en inspirer pour leur petit commerce.

     

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    À la sortie du dernier contour, il faut encore et toujours monter. Plus pour longtemps. Juste celui d'un dernier verre de syrah, un bonus ludique, puisqu'il s'agit de retrouver l'un des contours déjà franchi, présenté en magnum et, de ce fait, décliné en deux bouteilles de 75 cl, si mes calculs sont exacts. Il s'agissait de L'âme des Pierres 2005 de Didier Joris, qui présentait ma foi fort bien, derrière le pirate du Rhône français.

     

    La récompense du grimpeur, au sortir des 14 contours, c'est un panorama 4* sur le cirque rocheux, qui mérite bien une petite pause casse-croûte, pour savourer le pain, le jambon et le paysage.

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    La récompense du dégustateur, au sortir des 14 syrahs rhodaniennes, c'est un panorama 4* sur la production valaisanne, qui mérite bien une petite pause casse-croûte, pour savourer le canard, la ratatouille et le vin à table.

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    La cerise sur le gâteau, ce sera ce petit verre d'Ambre 2004, de Christophe Abbet, servi avec une tarte aux pommes maison, qui a pourtant bien failli passer à Travers. Un oubli vite réparé, juste le temps d'un aller/retour à la cuisine familiale.

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    On ne remerciera jamais assez Christophe Landry, Helvète underground, vigneron de Travers et œnologue génétiquement modifié, d'avoir bien voulu nous dessiner les contours de la syrah valaisanne et de sa vision jorissienne sur trois très beaux millésimes.

     

    Et on ne remerciera jamais assez non plus le Creux du Van de nous offrir de si beaux paysages depuis tant d'années...

     

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    Olif

  • Ventoux, parce que tu le Vau(cluse) bien!

     

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    Carpentras, fraises, cerises, truffes et berlingots

     

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    Carpentras [karpɑ̃tra], capitale du Comtat Venaissin, traversée par l'Auzon et la Mède (dont les crues sont particulièrement craintes des Carpentrassiens, puisqu'elles les laissent dans la Mède, justement), possède une particularité phonétique cocasse [kokas]. Contrairement à Gigondas [ʒigɔ̃das] et à l'instar de Cassis [kasi], aucune trace de [s] lors de la prononciation de son nom. Merveilleuse complexité de la langue française qui permet aux érudits de ramener leur fraise à Carpentras [karpɑ̃tra]!

     

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    S'il ne fut pas aisé de photographier un berlingot devant un garage Citroën, même à Carpentras, le temps des cerises du Ventoux a fini par arriver avec plus de 15 jours de retard sur l'horaire initialement prévu. Ce qui a notamment contraint à l'annulation de la traditionnelle fête de la cerise de Venasque. Épreuve reine de ces traditionnelles festivités consacrées au "diamant rouge provençal", le concours de cracher de noyau de cerise peut à défaut se pratiquer à la maison, sur sa terrasse, même en nocturne ou après une dégustation de vins du Ventoux et un repas bien arrosé. Les résultats restent alors généralement confidentiels et controversés, faute d'une bonne luminosité, d'un décamètre opérationnel et d'un arbitrage à la hauteur.


     

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    Puisqu'on parle de diamant, le noir vaut bien le rouge, fût-il estival. Logiquement moins réputée que sa variété hivernale, la truffe d'été n'en offre pas moins de belles sensations gustatives, surtout lorsqu'elle est servie à toutes les sauces, avec tous les plats, de l'entrée au dessert. Ce qui est quand même plus goûteux que des patates et du lard, y compris dans une bombe glacée surprise. Chez Serge, à Carpentras, il y en a au menu. De la bonne trutruffe d'été qui se marie à merveille avec les vins du Ventoux. En blanc, par exemple, un Éclat de Fondrèche 2012, juvénile et gouleyant. En rouge, Moitié vide Moitié pleine 2009 de Solence, domaine qui ne fait habituellement pas les choses à moitié, car en bio depuis sa création.

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    Un Ventoux pour moi tout seul!

     

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    Bien avant que des hordes de camping-cars venus de l'Europe entière ne s'installent temporairement sur ses flancs, comme ce sera le cas encore cette année, au détour de la grande boucle du Tour de France, et ce, dans l'unique but de passer une journée sur leur chaise de camping avant de lever 5 minutes leur cul devant les caméras de télévision pour vociférer ou courir derrière une armée de cyclopédistes professionnels carburant à la potion magique customisée, quand ce n'est pas bêtement à l'eau claire, mais alors là, ils sont loin derrière, le Mont Ventoux est la proie d'amateurs de tout poil, qui n'ont eux aussi qu'une idée en tête: grimper au sommet, de quelque façon que ce soit. Quitte à finir sur les rotules ou ramper dans les derniers lacets.

    Devant la perspective d'une performance sportive mesurable et quantifiable, Mme Olif, qu'il n'aurait pas fallu emmener au sommet en voiture sans lui laisser la possibilité d'y aller aussi en vélo, a préféré ascensionner le Géant via Malaucène, plutôt que de faire une petite balade en VTT sur ses flancs en ma compagnie. Peu importe, je suis un adepte de l'effort solitaire. Quand tu te retrouves tout seul avec ton petit vélo face à la montagne pour la première fois, tu te sens quand même un peu tout nu. Et là, tout d'un coup, comme par magie, tu n'es plus seul, lorsque tu longes les murs du camp naturiste de Bélézy. Sur le GR91 au départ de Bédoin, pas un seul bédouin, par contre. Ni à pied, ni en deux-roues.

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    Une fois déposés les Clops, ça commence à fumer sévère, avant de toussoter, puis cracher ses poumons en longeant la Combe de Mars, même quand on n'a pas touché au tabac depuis des années. C'est à ce moment précis que tu regrettes de ne pas avoir rempli ta gourde avec un peu de vin blanc du Barroux, qui ne figure pas sur la liste officielle des produits dopants. La longue montée sur chemin caillouteux se négocie difficilement, mais avec dignité. Arrivé à Mazanet, cote 869m, le plus dur reste à faire. Encore 1000 mètres de dénivelé positif jusqu'au sommet. Pas les plus faciles. Mais comment j'ai fait pour grimper jusque-là, moi, déjà, rien qu'en suçotant des berlingots et à la force de mes mollets? Courage, fuyons! Marche arrière toute, pour une descente chaotique. L'ascension ultime sera inscrite pour moi au prochain ordre du jour, finalement.

     

    AOP Ventoux: action en hausse?

    Plus grande appellation rhodanienne par sa surface, l'AOP Ventoux vit pourtant à l'écart et à l'ombre des côtes du géant du Rhône, là où l'ombre du Géant de Provence devrait plutôt la mettre en lumière. Fascinante montagne à l'atout marketing indéniable, même si ce n'est évidemment pas ce qui prime pour l'amateur de vins. À côté des coopératives qui trustaient la majorité de ce vignoble de plus de 6500 hectares, il y a une vingtaine d'années, ce sont désormais plus de 130 vignerons en cave particulière qui haussent le niveau qualitatif en même temps que celui du cours du raisin. Une dynamique bio s'est installée, s'exprimant notamment au sein d'une association: les BioVentoux. Et puis quelques francs tireurs, parfois venus d'ailleurs, contribuent au rayonnement de l'appellation. Comme Philippe Gimel au Barroux, par exemple. Ou encore Olivier B. à Méthamis.

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    Le Barroux, petit village médiéval situé entre Carpentras et Malaucène, entre Ventoux et Dentelles de Montmirail. C'est là que Philippe Gimel s'est posé en 2003, diplôme d'œnologie en poche, après avoir appris auprès de quelques domaines parmi les plus réputés de Rhône-Sud. Saint-Jean du Barroux est un vignoble d'un seul tenant, en terrasses, exposé nord-ouest. De la vigne, évidemment, mais aussi des genêts et des haies, pour respecter au mieux la biodiversité et l'écosystème. Et un mirabellier également, apparu spontanément dans un coin, comme pour rappeler les origines lorraines du vigneron-œnologue. Du Ventoux en dentelles, pour résumer. La particularité du Barroux, c'est la proximité de la faille de Nîmes, qui a bouleversé la géologie du lieu et favorisé l'émergence des argiles rouges du Trias, généralement enfouies à plusieurs kilomètres sous la terre des vignes de la plaine. Une mosaïque de terroirs géologiquement distincts qui, combinée aux effets de l'altitude (entre 300 et 500 mètres) et de l'exposition, donne naissance à des vins de grande expression possédant beaucoup de fraîcheur innée, qu'il faut néanmoins savoir préserver.

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    Le choix de Philippe Gimel s'est porté sur une sélection de raisins pour élaborer ses cuvées, positionnées dans un registre crescendo de concentration. Vendanges par tries successives, donc, qui donnent des vins d'un style plutôt riche et opulent, mais dans un souci permanent de recherche de la fraîcheur maximale, pour ne pas perdre le caractère salivant et buvable du vin. On se plaît à imaginer ce que pourrait donner une sélection parcellaire, apte à faire ressortir les caractéristiques de chaque terroir, mais ceci n'est pas d'actualité, afin de ne pas rendre trop complexe une gamme déjà largement plébiscitée par les amateurs, notamment étrangers, les premiers à avoir succombé aux charmes des vins de Saint-Jean du Barroux: La Source, L'Argile et La Pierre Noire pour les rouges, La Montagne pour le blanc.

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    Pour cause de tout petit volume, la Montagne 2012 (clairette et bourboulenc) a été élevée pour moitié en cuve et en fûts de plusieurs vins pour l'autre moitié. Fallait-il assembler ou pas? Cruel dilemme! Le vin de cuve, au fruité très frais, a finalement été mis en bouteilles sur son fruit. La version fût est un peu plus complexe au nez, avec des notes de malt et d'anis. Sans doute attendra-t-elle encore un peu son tour dans la barrique. 2011 est déjà en place, un beau vin qu'il faudrait savoir attendre, si l'on en juge par l'éclat du 2007, magnifique de complexité, d'arômes et de texture. Grenache blanc, clairette et bourboulenc au sommet du Ventoux! En rouge, les trois cuvées, goûtées alternativement en bouteille ou prélevées sur fût, possèdent chacune leur style, désormais bien défini. Les 2012 s'annoncent plutôt très bien, si ce n'est que les volumes seront malheureusement plutôt limités. Côté vin en bouteille actuellement commercialisé, mention particulière à la Pierre Noire 2009, au jus alliant merveilleusement richesse et fraîcheur.

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    Et enfin, ce Micro-climat 2011, des raisins de grenache, syrah et carignan ramassés à une maturité exceptionnelle qui donnent un vin naturellement riche, lui aussi, exceptionnel. Et ultra-confidentiel, évidemment.

     

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    Chez Olivier B., dans le petit hangar de Méthamis, acheté, agencé, rénové, isolé, la Troisième en fait des caisses. Cette syrah des Nayes en est à sa troisième édition avec le millésime 2010, comme son nom l'indique. La Quatrième et la Cinquième ne sortiront des limbes que si leur état le permet, ce qui semble en bonne voie, vu le jus qui se trouve actuellement dans les fûts. Pendant ce temps, les Amidyves continuent d'élargir leur cercle. Et ils restent fidèles en amitié, même de nombreuses années après, comme peut en témoigner ce 2002, période Cascavel, dans un registre délicatement évolué, parfaitement à point.

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    Ayant digéré le buzz qui lui a permis de continuer l'aventure, Olivier B., le vigneron AJT, est reparti à fond, avec dans le viseur une deuxième année consécutive "zéro traitement" à la vigne. Il va pourtant lui falloir trouver un remède à une situation sentimentale compliquée administrativement parlant, de quoi s'en casser les côtes. Comme Olivier en a sous le chapeau, gageons que cette belle histoire d'amour connaitra rapidement un dénouement heureux.

     

    Monieux: une escapade romanesque

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    Faire un saut dans la Nesque fut le grand challenge pédestre de cette expédition vauclusienne, histoire de ne pas l'avoir en travers de la gorge au cas où on ne l'ait pas fait. Vingt-cinq kilomètres sans une seule âme, ou presque, entre Villes-sur-Auzon et Monieux, voilà qui n'est pas banal. Tout au plus quelque cycliste ayant bravé la pluie et le temps maussade de ce mercredi matin. Sans oublier un ou deux camping-cars belges, une fois. Un panorama à couper le souffle pendant tout le trajet, digne de celui des gorges du Verdon, culminant en face du rocher du Cire, balayé en son temps par le Mistral, Frédéric de son prénom. Parking à Monieux, joli village médiéval dont la boulangerie-épicerie est fermée le mercredi, point crucial qui mérite d'être souligné. Pas de chance! Direction le lac du Bourguet, légèrement plus petit que son quasi-homonyme savoyard, et descente le long de la Nesque, en rive gauche. Enfin, descente, façon de parler, puisque le sentier grimpe allègrement dans la forêt jusqu'au sommet des falaises bordant l'entrée des gorges. Le clou du parcours, ce sera la descente par le GR9, à flanc de falaise, jusqu'à la rivière, qu'il faudra traverser à gué. La pittoresque chapelle Saint-Michel, dont on se demande bien ce qui a pu pousser les habitants du XIIème siècle à venir l'ériger là, juste sous la falaise, s'offre alors à nos yeux ébahis et nos pieds trempés.

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    N'exclure aucune hypothèse, évidemment, mais n'escomptez pas faire la visite de cet édifice religieux sans un exquis mérite. Aucune excuse! Un parcours alternatif existe pourtant bel et bien, une esquive impraticable ce jour-là: suivre le cours de la rivière, généralement à sec désormais, sauf en 2013, bien entendu. La remontée s'effectue en rive droite de la Nesque, pour ceux qui ont tourné dans le sens des aiguilles d'une montre. Une remontée, que dis-je? Une escalade, presque. En surplomb de la falaise, avec moult passages rocheux en guise de bon escalier. Une escapade à déconseiller aux personnes à mobilité réduite, aux chamois paralytiques et à James Stewart dans Vertigo.

     

     

    Arrivée théâtrale en Avignon


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    Pendant que la cour d'honneur du Palais des Papes se prépare à résonner au son des tirades du gratin du théâtre contemporain, les rues d'Avignon sont un spectacle permanent: celui des colleurs d'affiches de spectacles de poche plutôt off. Ça grouille, ça pose l'escabot, ça grimpe, ça s'engueule, ça arrache les affiches des autres, quand elles viennent empiéter sur celles des uns, ça vit au diapason du grand théâtre de la vie. Le temps d'une promenade papale et d'une bière sur le parvis du palais, direction Verquières, pour nourrir le ventre autant que l'esprit. Et, surtout, en croquer méchamment! Du chou, mais pas que.

    Le Croque-Chou, à Verquières, presque une institution. Une affaire de famille, en tout cas, avec Sébastien Folz au piano, Monique et Daniel Folz en salle.

     

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    Des produits frais de premier choix, une cuisson impeccable, des plats justes et précis, une carte des vins pléthorique et judicieuse, faisant la part belle aux beaux et bons vignerons, un cadre agréable avec terrasse donnant sur l'église du village. L'assurance d'être absous du péché de bonne chère, c'est certain.

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    La trilogie d'œufs à la coque revisités, c'est un grand classique de la maison. Les accompagnements varient, suivant la saison. Dommage que celle de la truffe soit derrière nous, même si écrevisses et asperges ont bien joué leur rôle. Un délice de saveurs et de textures!


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    La côte de taureau, elle vient de Camargue, maturée à souhait et cuite à la perfection, le Petit Taureau, il vient du Roussillon, maturé à souhait et élevé à la perfection également. L'accord camargo-catalan est quasi fusionnel, olé! De quoi cloturer en beauté ce séjour au pied du Ventoux, qui devrait en appeler d'autres, j'en ai bien peur!

     

    Olif

     

    P.S.: le Tour de France au Ventoux, c'est aujourd'hui. Comme un petit relent de vacances...

     

    P.S.2: les vacances, ce n'est pas encore fini, enfin pas pour tout le monde. Mais il y a un peu de devoirs de vacances à faire, quand même, grâce à André Deyrieux, œnotouriste toute l'année, quel beau métier!

  • VDV#57: l'Italie au naturel...

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    "Vous prendrez bien un petit verre pour les VDV?"

     

    ...et la Belgique, aussi, un peu. Antipasti et pro pasta au menu, avant un cornet de frites et des croquettes de crevettes le lendemain. Le match Italie-Belgique de ces 57èmes Vendredis du vin s'est soldé par la victoire des deux équipes sur le score sans appel de 47 vins naturels italiens qu'on ne boira surtout pas avec Monseigneur Michou. Cela ne nous dérange pas plus que cela qu'il nous les laisse. S'il n'aime pas ça, il n'arrivera malheureusement pas à en dégoûter les autres. Un article maladroit, mal venu, publié malencontreusement dans le Gambero Rosso* ce printemps, et qui lui a valu les foudres de bon nombre de vignerons italiens parfaitement fréquentables. Ce qui a, du coup, nécessité un acrobatique rattrapage aux branches via moult communiqués du B&D, pour que sa Sainteté du vin non naturel ne soit pas définitivement grillé en terre transalpine (de cheval), c'est pourtant tout le mal qu'on aurait pourtant pu lui souhaiter.

     

    Le sang du moine Cantillon, ex-monomaniaque alsacien reconverti aux charmes des vins libres, en particulier italiens, ne fit que 33 ou 45 tours avant qu'il ne se décide à user de sa présidence éphémère des VDV pour rendre gloire à la Vespa pratiquée en mode naturiste, tout en plantant moult banderillas dans le dos de sa Monseigneurité, meilleur dégustateur français du monde, mais pas de vin italien, il faut croire. Et des autres vins sans doute non plus, j'en ai bien peur. Et ce n'est pas un belgicisme, pour une fois, une fois (celui-là, c'en est un, par contre).

     

     

    03

     

     

     

    Vendredisduvin

    Les VDV, c'est théoriquement le dernier vendredi du mois, mais on a anticipé. Le Président des Brusseleirs avait lui aussi pris les devants, annonçant son copieux sujet aux vacances de printemps afin de laisser le temps aux participants de le préparer, voire de se préparer, pour ceux qui avaient choisi l'option Bruxelles pour se gaver d'Italie une fois, j'en ai bien peur (là, c'est un belgicisme!).

     

     

    Le véritable rendez-vous des Belges, ce fut deux petites heures après Thalys, mais on n'allait quand même pas se priver d'un petit café en attendant la correspondance à la Gare du Nord.

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    D'autant, qu'une fois à Bruxelles-Midi, on allait rentrer directement dans le vif du sujet. Direction Rue Basse (Blaese pour les Flamandophones, même pas roses). Chez Massimo, au Studio 126, atelier déco-cave à boire et à manger. Tenue par un véritable œnologue formé dans une vraie école italienne d'œnologie, en plus: Massimo Coletti, le roi du Prosecco bien secco.

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    Une dégustation gentiment orchestrée autour d'une dizaine de vins italiens gracieusement mis à disposition par Massimo et l'enoteca Cantucci, une cave belge à vins naturels italiens, parmi lesquels je retiendrai un Paski 2010 de la Cantina Giardino, au magnifique accord vino-ungulaire, ainsi qu'un Vino bianco bien orange de l'Azienda Trinchero (voir la photo en en-tête).

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    Une dégustation globalement très homogène et passionnante, qui est venue se marier divinement avec des planchettes de charcuterie, fromages, saumon et sardines de premier choix. Rien que du naturel, en fait!

     

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    Déjà 16 heures! Il est temps de filer au 90 rue du Page. "Je ne suis pas Ixelles que vous croyez!" nous a négligemment fait remarquer le sieur Basin en tapotant sa montre pour nous signifier un po 'in ritardo sur l'horaire initialement prévu et ce, avant qu'il ne fasse la tronche. 

     

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    En guise d'apéritif, une dégustation des vins de la Tenuta di Valgiano, en présence de Laura di Collobiano. Le Rosso 2010, à dominante de sangiovese, complété par syrah et merlot, est une petite merveille de fruits, au grain de tanin très fin et délicat et à l'expression enjouée, très naturelle.

     

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    Après avoir dégommé quelques quilles hors sujet et un morceau de vieux Comté Petite d'octobre 2011 (fruitière de Bouverans), il était temps de se caler le ventre avec des antipasti et la Pasta. Au Caffe al Dente, évidemment. Un petit coin d'Italie délocalisé à Uccle, où il fait bon venir en Fiat 500 chromée boire un Limoncello quand le thermomètre belgicain flirte avec les températures de la botte.

     

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    Crédit photo Caffè al dente

     

    À défaut de limoncello, il est possible de goûter à l'occasion plus d'une quarantaine de vins naturels italiens. Au décours d'une soirée privée, évidemment, orchestrée par le grand apothicaire bruxellois, maitre d'œuvre des Brusseleirs, cette horde sauvage constituée dans le seul et unique but de faire pâlir d'envie tous les autres participants aux Vendredis du vin, au vu du nombre de flacons débouchés à chaque session. Force est de reconnaître que les Brusseleirs ont grands yeux et grand ventre, et qu'il est dur de les suivre sur leur terrain. Un double match à l'extérieur (Italie à Bruxelles) qui a été arrêté par décision de l'arbitre, au bout d'une trentaine de flacons débouchés, une petite dizaine ayant dû rester aux vestiaires. La cause: des joueurs au bord de l'asphyxie vinique. Et pourtant, certains sont plutôt aguerris!

     

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    Démarrée sur un rythme peut-être un peu lent, mais finalement satisfaisant pour bien apprécier les vins et les antipastis servis en même temps, la dizaine de blancs servis fut un plutôt beau moment, relativement homogène. Les stars blanches de la soirée sont venus de Sicile, avec un décoiffant SP 68 2012 d'Ariana Occhipinti, ou le muscat d'Alexandrie transcendé, et un Cos Rami 2011 de Giambattista Cilia et Giusto Occhipinti. Cos, le meilleur Rami de l'homme, quand il n'est pas d'Estournel.

     

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    Crédit photo Brigitte Marien pour les Brusseleirs

     

    Côté rosso, le rythme s'est un peu accéléré, sous l'impulsion d'un Patrick Böttcher survitaminé, qui trouvait que nous avions mené un peu trop la dolce vita bianco... Un train de sénateur jusque là, peut-être, mais qui a laissé aux vins le temps d'être goûtés et appréciés (ou pas). Vu le nombre de vins rouges à déguster, c'était une nécessité de passer la surmultipliée. Même s'il aurait sans doute fallu restreindre la play-liste et se concentrer sur le meilleur. Les 5 premiers vins ne m'ont pas laissé un souvenir impérissable, hormis le Il Frappato d'Arianna Occhipinti, servi en apéritif rouge. Il fallu attendre le Massa Vecchia Le Querciola 2009, dans une version non bouchonnée, pour vibrer à nouveau. Suivi du Macchiona 2006 de la Stoppa, du Tenuta di Valgiano 2010 déjà goûté l'après-midi, mais en magnum cette fois, du Colombaia, du Fonterenza et enfin du Poggio Cuccule 2008 de Caspri, une des grandes bouteilles de la soirée, au coefficient de torchabilité digne d'un pinot noir alsacien de Patrick Meyer, conseiller du domaine à l'époque.

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    Crédit photo Brigitte Marien pour les Brusseleirs

    Pause Dinavolo 10 avec le fromage, histoire de passer à l'orange après tout ce rouge, dont aucun n'était vert. Et retour au rouge, tant les vins naturels sont tous Teroldego entre eux, et encore plus ceux d'Elisabetta Foradori.

     

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    Crédit photo Brigitte Marien pour les Brusseleirs


    Une dégustation planifiée crescendo, c'est une évidence, avec à suivre un Pacina 2008 de belle facture, suivi d'un Brunello de Montalcino 2005 Il Paradiso de Manfredi évolué et asséchant (une déception, tant il avait été annoncé comme un vin immense, peut-être même le meilleur vin du monde), puis d'un magistral Barolo 2008 de Rinaldi, qui constituera le parfait point final à la dégustation. 7 bouteilles resteront aux vestiaires, par arrêt de l'arbitre, dont un Barbareco Pajé 2003 de Luca Roagna. Un banc 4*, digne de celui des meilleurs clubs du Calcio!

     

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    Et puis, comme en Belgique, tout doit finir par un bon cornet de frites pour accompagner des Gambero grigio**, d'une gourmandise exquise, le dimanche midi, avant de prendre son TGV à la Gare du Midi. Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour changer des pâtes! Merci Friture René.

     

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    Olif

     

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    * Revue italienne sur le vin et la gastronomie, aux relents de crevette avariée, parfois.

    ** En italien dans le texte, cette croquette belge à base de crevettes grises, toujours d'une qualité extra, se mange très chaude jusqu'à s'en brûler les doigts, la gorge et l'œsophage. En Belgique, on l'appelle tout simplement "croquette de crevettes".

     

    P.S.: pour un compte-rendu exhaustif (et même plus) de cette mémorable session des VDV, prière de se rendre à l'Apotheek Böttcher, là où le bon vin naturel italien est remboursé par la Sécurité sociale.

     

    P.S.2: pour ne pas être en reste et jouer aussi les prolongations, la délégation jurassienne à ces 57èmes VDV a remis le couvert à deux ou trois reprises. Avec le Barbaresco Pajé 2003 de Luca Roagna, en mode repêchage, d'une fraîcheur étonnante sur le noyau de cerise, puis un Barbaresco Crichët Pajé 1998, au nez envoûtant de chocolat au kirsch avec une fine touche d'épices, et enfin un Dinavolo 2008 de Giulio Armani, somptueux vin orange, non mais allo quoi, pas l'opérateur téléphonique, idéal avec un plateau de fromages.

     

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