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Le blog d'Olif - Page 7

  • Phoremidable!

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    2013, année de l'amphore dans le Jura. Tant pis pour la rime. L'une d'entre elle a fait son apparition chez un futur producteur d'Octavin de France du Jura. D'autres sont venues grossir les rangs du pionnier jurassien en la matière, Stéphane Tissot. Rejointes par une qvevri géorgienne, enterrée dans la cave pendant les vendanges, à côté des foudres du DD, et qui est désormais remplie de 1000 litres de trousseau dont on est impatient de découvrir ce que ça va bien pouvoir donner.

     

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    Avant de tâter de l'amphore, un peu de bulle, avec BBF et Indigène, puis de la barrique, avec les sélections parcellaires de Chardonnay du domaine. Toujours aussi bien définies par leur terroir, même si la Mailloche mailloche de moins en moins. Elle gagne en finesse tout en perdant sa rusticité fumée et épicée. On peut s'en réjouir comme le regretter. En 2011, elle a de surcroît fauté dans la Tour de Curon, pour apporter un équilibre inédit au domaine. Curon l'emporte, avec sa puissance, mais sa fougue a été domptée. Les Amants vont pouvoir s'endormir à la cave, sans craindre l'outrage du temps. Ne pas hésiter à les réveiller si le cœur vous en dit! Derrière, le Savagnin 2012 Amphore ne se laisse pas conter fleurette. Il est tout simplement formidable, à la hauteur des 3 millésimes précédents.

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    Et puis, flash-back. En Barberon 2000, premier blanc sans soufre de Stéphane Tissot. Depuis le millésime 2005, la cuvée est légèrement sulfitée à la mise, suite à des déboires sur le millésime 2004. Joli nez de chardo évolué, mais pur et précis. Le passage en carafe lui procure l'oxygène nécessaire à son épanouissement. Contrairement aux idées reçues, sans soufre ne rime pas avec vieillissement prématuré et oxydation. Au contraire, ce sont des vins qui demandent souvent du temps. Cet exemplaire en est la preuve toujours bien vivante.

     

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    Après un Poulsard DD 2012 hautement buvable, mais un peu plus ferme (sans accent) que le 2011, sans doute du fait de la présence de 20% de trousseau, le Trousseau Amphore en impose. Temps fort! Totalement différent du 2011, plus structuré et tannique, il va demander du temps. Un vin tout simplement formidable!

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    Et puis, vint En Barberon. Pinot noir 2012, 100% grappes entières, en infusion. Le top du top. Sans doute le meilleur jamais produit par Stéphane. Un summum de finesse et de délicatesse, la quintessence d'un grand pinot. Mais, le pinot noir, dans le Jura, t'oublies! De toute façon, il n'y en aura pas pour tout le monde.

    Après un Traminer 2012 qui nous a emmené l'espace d'un instant en Alsace (petite nouveauté avec ce millésime, le passage d'une petite proportion du vin en fût, pour étoffer la structure), le Jaune 2006 des Bruyères nous ramène du côté d'Arbois. Avant de repartir à peine plus au Sud, pour la dégustation en avant-première du Château Chalon 2007, premier du nom au domaine. Assemblage de deux pièces, prélevées au dzi, alors qu'il y en a cinq. Partagées entre cave fraîche et cave plus chaude, pour ne pas en faire un Château Chalon arboisien. La claque du jaune avec la finesse castelchalonnaise. On en reparlera avant longtemps, même si ce n'est qu'un petit aperçu de ce qu'il pourra donner une fois mis en clavelin!

    À quand le premier vin jaune en amphore?

     

    Olif

     

    P.S.: phoremidable ne rime certainement pas avec phore minable, mais c'est le bonus qui s'impose. Forcément!

     

  • Des Nouvelles, bonnes ou mauvaises...

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    Bonne nouvelle, c'est l'Avin. Avant que l'espiègle Eva d'Œnos ne crée l'Avin, il n'y avait que l'Avent. Mais ça c'était avant. L'Avent et son célèbre calendrier, coincé entre celui du facteur et celui des pompiers. L'avantage du calendrier de l'Avent, c'est que derrière chaque petite porte se cache une surprise. Autre bonne nouvelle, le calendrier de l'Avin regorge, lui, de belles bouteilles. Des flacons débouchés pour l'occasion par les Avineurs, dont on espère qu'ils ont bien aviné leur verre. Depuis, Eva a beaucoup bu et également rebu. C'est tout nouveau et ça vient de sortir. Toujours autour du vin, évidemment.

    Bonne nouvelle, aujourd'hui, c'est mon tour. En ce dixième jour du calendrier de l'Avin, place à L'Octavin. Le huitième eût été plus judicieux, j'en conviens. Mais ce n'est pas pour autant une mauvaise nouvelle.

     

    La suite, c'est sur le Calendrier de l'Avin...

  • Des Nouvelles, bonnes ou mauvaises...

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    Bonne nouvelle, c'est l'Avin. Avant que l'espiègle Eva d'Œnos ne crée l'Avin, il n'y avait que l'Avent. Mais ça c'était avant. L'Avent et son célèbre calendrier, coincé entre celui du facteur et celui des pompiers. L'avantage du calendrier de l'Avent, c'est que derrière chaque petite porte se cache une surprise. Autre bonne nouvelle, le calendrier de l'Avin regorge, lui, de belles bouteilles. Des flacons débouchés pour l'occasion par les Avineurs, dont on espère qu'ils ont bien aviné leur verre. Depuis, Eva a beaucoup bu et également rebu. C'est tout nouveau et ça vient de sortir. Toujours autour du vin, évidemment.

    Bonne nouvelle, aujourd'hui, c'est mon tour. En ce dixième jour du calendrier de l'Avin, place à L'Octavin. Le huitième eût été plus judicieux, j'en conviens. Mais ce n'est pas pour autant une mauvaise nouvelle.

    Bonne nouvelle, il s'agit d'un savagnin. Un savagnin des Nouvelles, une parcelle qu'elle est bonne et qui domine la ville d'Arbois à l'Est. Mauvaise nouvelle, la Comtesse A... a gagné trois petits points sur son étiquette, pour ne pas réveiller les vélléités combatives des avocats de l'opuscule vinique number one, qui avaient déjà contraint Alice Bouvot et Charles Dagand à abandonner leur nom originel d'Opus Vinum. Comtesse Almaviva était le nom de ce vin, Mozart ne devrait néanmoins pas se retourner dans sa tombe pour une initiale ponctuée.

    Car, bonne nouvelle, ce savagnin ouillé 2012 est juste épatant. Il frétille encore dans le verre tellement il est vivant. Un vin de fruit et de soif qui met le savagnin à la portée de tous ceux qui ont peur du jaune.

    Mauvaise nouvelle (ou pas, c'est selon), l'année prochaine, il ne sera plus d'Arbois, ni du Jura, mais de France. Ça ne le rendra pas moins bon, mais ne facilitera pas la prise de nouvelles. Un choix mûrement réfléchi par le tandem ABCD de se mettre hors AOP, ce qui ne s'est pas fait sans douleur. Mais il devient de plus en plus dur de lutter contre la volonté de marginaliser tout ce qui ne rentre pas dans une pseudo-norme d'expression et de typicité.

    C'était la Comtesse A... 2012, ex-Comtesse Almaviva, futur ex-vin d'Arbois, en direct du calendrier de l'Octavin. En avant toute!

     

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    Olif

  • Saint-Glou 2013 en Alsace: les bonnes adresses, yoppla encore une fois! (2)

     

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    © Vincent


    Retour en Alsace sur l'évènement le plus festif de 2013 avant l'ouverture des différents marchés de Noël qui émaillent la région et nouvel hommage à Saint Glou, grand patron des buveurs, qui a tenu début novembre son assemblée générale annuelle sur les bords du Rhin, ce qui ne fut pas un mauvais calcul.

     

    Obernai

    Quoi de neuf, Docteur? Qui aurait pu penser tomber un jour en extase devant une carotte? Excepté Charlotte, personne ne pouvait imaginer prendre un tel pied avec cette apiacée. Une bête carotte! Sublimée par Thierry Schwartz, du Bistro des Saveurs.

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    Et puis, cet œuf dans l'œuf®, prouesse culinaire magnifiquement relevée par une râpée de truffes, de la main même du chef, qui tient à ces petits gestes de dernière minute en salle, afin de favoriser la compréhension de sa démarche auprès des clients.

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    Et puis cet aérien Baba au Biersky (by Uberach), qui met magnifiquement en valeur l'alcool imaginé par Jean Metzger à la distillerie Bertrand d'Uberach, une des premières à avoir fabriqué du whisky alsacien. Assemblage d'eau de vie de bière et d'eau de vie de malt, le Biersky remplace le rhum au pied levé dans ce dessert au classicisme revisité avec bonheur.

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    Ribeauvillé

     

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    Dans l'un des plus beaux et célèbres villages alsaciens de la Route des vins, celui qui voudrait échapper au traditionnel winstub devra ruser. Au Goupil, bar à vins et cave à manger, l'Alsace est pourtant à l'honneur. Dans l'assiette et dans le verre, même si l'on s'autorisera quelques incartades extra-régionales, en Jura par exemple, pour revenir aux fondamentaux.

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    Un peu plus haut dans la rue, en direction des châteaux que nous n'atteindront jamais, il y a Saint-Ulrich, fidèle disciple de Saint-Glou, qui met à l'honneur le whisky écossais et la bière ... belge! Ouvert selon le bon vouloir du patron (c'est à dire souvent, mais en fonction de ses possibilités de récupération de la veille). Une belle occasion de se désaltérer une bonne fois avant de reprendre le chemin de l'hôtel.

     

    Andlau

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    Cliché Zinck Hôtel

    Camp de base de cette Saint-Glou alsacienne, le Zinck Hôtel propose des chambres aussi vastes et originales que confortables, à un tarif parfaitement étudié. L'accueil de tout premier ordre et une situation stratégique au cœur du vignoble en font l'étape de choix pour un périple alsacien.

     

    Barr

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    Tous ceux qui ne s'étaient pas barrés le dimanche après-midi se sont retrouvés Au Potin pour un potinage post Saint-Glou. Nostalgique des belles brasseries parisiennes, un concept alsacien exporté dans la capitale au XIXème siècle, Hervé Duhamel a recréé dans ce vaste endroit un mix entre winstub, restaurant et brasserie. Cuisine du marché, tendance bistronomique, spécialités alsaciennes ou tartes flambées, le choix est vaste. La carte des vins éclectique incite à batifoler hors Alsace, du côté de la Loire, du Jura ou du Rhône. Le plus bel endroit pour clôturer une Saint-Glou, en fait!

     

    Olif

     

    P.S.: fin de semaine parisienne chargée pour les amateurs de vin biodynamiques ou natures.

     

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    Tout d'abord, le jeudi 12 décembre, une battle-dédicace au Lapin blanc, 84 rue de Ménilmontant, qui réunira l'Altervin, les Tronches et Miss Glouglou. Avec en guest star Merci du domaine de la Boria.

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    Du vendredi 13 jusqu'au dimanche 15 décembre, il sera de nouveau possible de boire nature à l'Espace Beaujon, rue du Faubourg Saint-Honoré.

     

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    Et pour tous ceux qui n'ont pas le mal de mer, 25 vignerons bio-logiques & dynamiques se mettent une nouvelle fois en Seine sur la Péniche Mélody Blues. Ça va tanguer du côté de Bercy!

  • VDV#61: Il était une fois, la dernière lubie de Francis Lubat...

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    Il était une fois ... un vigneron qui est allé au bout de lui-même. Œnologue de formation, après avoir fait ses preuves dans plusieurs maisons, il décide de se poser là où il est né, ou presque. À Taron, 64, Pyrénées-Atlantique, Sud-Ouest. Pas loin de Madiran. Francis Lubat est son nom. Un battant, qui dès le départ, décide de travailler autrement. Il jette son dévolu sur une propriété de 8 hectares, en location, dont les vignes ont 80 ans de moyenne d'âge. Du tannat, comme dans l'appellation voisine. Pas d'engrais dans la vigne, broyage de l'herbe et des sarments. Un rendement moyen de 40hl/ha, des raisins vinifiés sans assemblage, en parcellaire, pour respecter le millésime. Ni filtration, ni SO2 pendant l'élevage. Juste un chouïa à la mise en bouteilles. Nous sommes en 1996. Francis est quasiment un extra-terrestre dans sa région d'origine. Le vin nature n'a alors aucune existence officielle. Et même encore maintenant, c'est dire. Mais pour l'époque, c'est un peu plus compliqué. Bénéficiant généreusement de l'appellation Vin de table sans même avoir à la demander, Francis, rejoint par 5 autres vignerons des PA, réussit à obtenir le label Vin de Pays des Pyrénées-Atlantique en 2004. Un encouragement loin d'être suffisant, car finalement peu porteur. 2006 sera finalement la dernière récolte de Francis Lubat, qui jettera l'éponge, en vue de nouvelles aventures.

     

    Vendredisduvin

    Un conte véridique pour célébrer ces 61èmes Vendredis du vin, cornaqués par Abistodénas, authentique sudiste occidental et sans doute adepte de Sergio Leone. Il était une fois dans le Sud-Ouest... L'histoire aurait définitivement pu s'arrêter là, si, par un beau jour de l'an 2013, soit 7 ans après le départ de Francis Lubat vers de nouveaux horizons, un lecteur du Blog d'Olif n'avait décidé de me conter lui-même cette belle histoire à la triste fin. Et de m'envoyer personnellement un des derniers ours blancs survivant à l'extinction du domaine Bordes-Lubat. Une bouteille de 2006, 100% tannat à goûter pour le plaisir, pour lui donner mon sentiment sur ce vin, pour me donner l'impression d'avoir participé moi-même, personnellement, ne fût-ce qu'une fois, à cette belle aventure. Une bouteille débouchée non sans une réelle émotion. La robe est toujours d'un bel éclat, ayant résisté brillamment au temps. Un nez fruité, sur de petites notes de cassis, et une bouche fondue et parfaite, légèrement acidulée et particulièrement séduisante. Un vin à point, très harmonieux, frais et hautement buvable. Du tannat à la peau bien tannée et aux tanins civilisés, dont on aurait volontiers suivi l'histoire pendant quelques années supplémentaires. Il était une fois le domaine Bordes-Lubat...

     

    Olif

     

    P.S.: merci à Luc Périssé, fidèle du domaine de la première heure, de m'avoir permis de tremper mes lèvres dans ce précieux nectar empreint d'une certaine nostalgie. Et, accessoirement, de m'avoir transmis le minimum d'éléments pour conter cette histoire à mon tour. Il est le dépositaire des derniers exemplaires existants du domaine Bordes-Lubat. Tous ceux qui souhaitent en savoir plus sur le domaine, sur ce vin, peuvent le contacter par mail (en cliquant sur son nom).

  • Immersion en Chambertin

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    Jeudi 14 novembre 2013, 16 heures. Hôtel Arts et Terroirs, Gevrey-Chambertin. Chambre Chambertin, tout un programme. Une fois le baluchon déposé, direction l'espace Chambertin. Prêter serment d'allégeance au roi Chambertin et à ses souverains. À la demande des vignerons du cru, le syndicat de Gevrey-Chambertin a décidé de faire bloc et scission pour présenter à la dégustation ses vins du millésime précédent, toujours en cours d'élevage, au mois de novembre et non pas au printemps de la même année, comme il est usuel pour satisfaire les besoins d'une critique lancée dans une course à l'éjaculation de commentaires de plus en plus précoces sous la pression du marché. Des vins qui se goûtent parfois mal à cette période printanière de l'année, souvent encore en cours de fermentation malolactique. D'où la décision de faire cavalier seul et de ne plus répondre aux attentes d'une presse en quête perpétuelle d'information primeur avant le reste du monde. Un cavalier seul à la date judicieusement choisie, puisque tombant à la veille des Trois Glorieuses bourguignonnes, à savoir le grand chapître du Clos Vougeot, la vente des Hospices de Beaune et la Paulée de Meursault. Et, accessoirement, tout juste une semaine avant la grande cérémonie du Beaujolais primeur, 2013 celui-là. L'occasion d'inviter une bonne partie du gratin journalistique effectuant en grandes pompes le déplacement burgonde dans la froidure de novembre, avec ou sans moustache prostatique de circonstance. Petite parenthèse ludique: on reconnait généralement la qualité de l'organe du grand dégustateur à la droiture de son jet en direction du crachoir. Les moins expérimentés, les plus vantards ou encore les véritables prostatiques ne se seraient sans doute pas privés d'éclabousser la face de leur petite stagiaire japonaise.

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    Cette grande dégustation parfaitement organisée fut l'occasion de croiser quelques camarades blogueurs d'envergure, Patrick Maclart et Emmanuel Delmas pour ne pas les nommer, de cracher dans le même tonneau que la fine fleur de la critique française, donc, et de découvrir en avant-première une grande partie de la production 2012 de la commune de Gevrey-Chambertin, du simple village au Grand cru.

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    Les alter égaux de Mimi, Fifi et Glouglou (©Michel Tolmer et Éditions de l'Épure) en dégustation à Gevrey-Chambertin

     

    La première partie "dégustation" fut l'occasion d'appliquer la méthode "Maclart" pour ce type d'événement, à savoir commencer tranquillement par les Grands crus, avant que la foule n'arrive et se jette dessus. Pour prendre le temps de finir par les villages, en principe moins plébiscités par les amateurs de crus. Bon point. Qui a plutôt desservi le roi Chambertin et ses pairs, dont la course à la concentration et à la puissance a aidé à mettre en avant la finesse et la fraîcheur d'un certain nombre de villages. Une dégustation plutôt hétérogène dans un millésime plutôt réussi, jouant sur le fruité et la qualité des tanins. Que les différents styles de vinification gomment ou exacerbent, selon la volonté du vigneron et/ou de l'œnologue.

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    Parmi cette belle rangée de bouteilles, tirées généralement du fût, quelques belles découvertes personnelles, parmi un certain nombre de stars de l'appellation:

    - le domaine Henri Richard, en bio, avec deux cuvées dont un Charmes-Chambertin pas poussiéreux pour un sou.

    - Jérôme Galeyrand, bien pourvu en villages, et pour qui jouer au Billard sur la Croisette ne serait que Justice. Du fruit, de la fraîcheur et un joli grain de tanins sur les trois cuvées. Le pinot noir dans toute sa finesse et sa splendeur!

    - Alain Burguet, dont la cuvée "Symphonie" a fait partie de "Mes favorites", et vice et versa. Deux vins de franche  et bonne expression, laissant la part belle au fruit.

    - Arnaud Mortet, qu'on ne présente plus, s'est fait un prénom en apportant finesse, fraîcheur et élégance aux vins très réputés du domaine Denis Mortet. Tous ses 2012 sont d'une classe folle!

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    Une dégustation d'une telle envergure ne serait rien sans le repas qui suit. Concocté par Thomas Collomb, chef de la Maison des Cariatides à Dijon et, bientôt, de la fameuse Rôtisserie du Chambertin, en léthargie complète depuis plusieurs années. Grâce à lui, Gevrey devrait enfin retrouver un chef à la hauteur de son Roi.

     

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    Un repas sur le principe de la Paulée de Meursault, avec des bouteilles qui virevoltent de table en table. Consigne théorique: le millésime 2002, que bon nombre de vignerons se feront un plaisir de transgresser, en apportant des millésimes parfois plus anciens. Comme cet épatant Latricières-Chambertin 98 du domaine Louis Rémy, mes sympathiques voisins de tablée.

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    Déguster Chambertin, boire Chambertin, manger Chambertin, dormir Chambertin, vivre Chambertin, une sacrée immersion! Cette très belle manifestation fut parfaitement organisée et relayée par Fabienne Ballorin, à la casquette d'attachée de presse pour la circonstance. La prochaine fois, comme les meilleurs, je mettrai mon plus beau chapeau et je prendrai une petite stagiaire, japonaise de préférence.

     

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    Olif

     

    P.S.: rien à voir, mais les 30 novembre et 1er décembre, c'est Plappevignes. Du vin et des quiches! Et deux ou trois bouquins, aussi. Le salon du Grand Est à ne pas manquer!

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    P.S.2: pour ceux qui ne seraient pas du coin de la Lorraine, il leur restera la Touraine. Pas de quiches au menu, mais une bonne partie des meilleurs vignerons bios du coin. Les Vins du Coin, c'est dans le coin de Blois que ça se passe et c'est le salon du Grand Centre à ne pas manquer!

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  • Œnomobilisation générale!

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    Le monde va mal, c'est un euphémisme. Celui du vin guère mieux, attaqué de toutes parts par des ennemis qui ne lui veulent pas de bien. Un peu partout, plutôt au Sud (et pas qu'à Marseille), une guerre larvée est déclarée. Un seul mot d'ordre: MOBILISATION!

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    Mobilisation générale contre le déménagement du centre ampélographique international du domaine de Vassal, qui risque de laisser des ceps dans l'affaire, mettant en péril le patrimoine national de cépages pieusement collectionnés depuis des lustres. La révolte du Vassal contre l'État souverain, dans l'intérêt de tous, ça vous a un petit air de Carmagnole. Ah! ça INRA, ça INRA, ça INRA, les cépages n'iront pas à la lanterne! Mobilisons-nous pour la sauvegarde de ce patrimoine inestimable géré par l'INRA et signons tous la pétition!

     

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    Mobilisation générale contre les exactions anonymes visant (sans doute?) la Confédération paysanne au travers de Robert Curbières, vigneron en bio, non pas en Corbières, mais à Ventenac-Cabardès. Une affaire criminelle et incendiaire pour l'instant non revendiquée, ni élucidée, avec pour dommage collatéral la destruction complète de la récolte d'Édouard Fortin, jeune vigneron en cours d'installation, hébergé au domaine Curbières. Une marche de soutien à Robert et Édouard est prévue le 23 novembre à Ventenac-Cabardès. Alors, ce jour-là, allons tous marcher! Mobilisation! Là-bas pour ceux qui peuvent, ou ailleurs pour les autres. Que le Phénix du Cabardès puisse renaître de ses cendres!

     

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    Mobilisation générale contre la disparition mystérieuse des pluviomètres en Languedoc-Roussillon. Faut bien reconnaître que le ciel du Sud est généralement plutôt clément, mais quand il pleut, il y en a besoin. Alors, à chacun le sien, s'il vous plaît. Ce serait dommage d'avoir à le mettre sous clé à l'intérieur en cas de pluie!

     

    Olif

     

     

     

     

  • Saint-Glou 2013 en Alsace: les bonnes adresses, yoppla! (1)

     

     

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    © Vincent

    Le concept de Saint-Glou ne serait pas grand chose sans le Saint-Miam. Découvrir une région viticole ne se conçoit qu'au travers de sa gastronomie. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les organisateurs ont été gourmands. Et si la gourmandise est un péché, cela ne vaut que lorsque l'on est seul. À plusieurs, cela s'appelle de la convivialité. Chaque stand de ravitaillement a été associé à un ou plusieurs vignerons. La belle occasion de découvrir une jeune garde alsacienne, à côté des monuments viticoles inscrits au programme.

    Comme il s'agissait de ne pas manger une choucroute à chaque repas, la sélection des adresses gourmandes s'est effectuée de manière rigoureuse et totalement subjective, afin d'être au diapason du glou. On commence par le bas, qui, je le rappelle, se trouve en haut.

     

    Strasbourg


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    Les choses devaient démarrer en douceur à 17h30 par une dégustation apéritive chez Benoit Hecker, dans son Œnosphère alternative, au 33 de la rue de Zurich. Cave à boire, bar à vin, cave à manger, le concept est toujours aussi séduisant, surtout quand un vigneron de Gertwiller, Monsieur Yann Herr (pléonasme alsacien), fait le déplacement pour présenter et faire goûter ses vins.

    saint glou,alsace,

    De cette série passée un peu vite pour moi, les bouchons de Sélestat et de la Porte de Schirmeck ayant bien eu du mal à sauter, je retiendrai un jovial Pinot Chio, assemblage des 4 pinots vinifiés en fût et sans sulfites ajoutés, et un pinot noir 2012 ayant bénéficié à distance des conseils avisés de Monsieur Henri Milan (pléonasme provençal), chez qui j'ai rencontré Yann Herr pour la première fois, complètement par hasard.

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    Pinot Chio, un peu de bois, celui dont on fait les marionnettes, mais pas au point de lui en tailler une pipe.

     

    Les papilles en éveil pour contrer les oiseaux de mauvais augure, il est désormais temps de s'attaquer à la possibilité d'une Ill. Il suffisait de passer le pont, pour se retrouver Au Pont Corbeau, chez Christophe Andt, the adresse strasbourgeoise que Saint Glou ne pouvait manquer. Le gros travail effectué par Christophe auprès des vignerons qu'il affectionne, associé à une cuisine chaleureuse bien ancrée dans le terroir alsacien, en font un passage obligé lors de toute étape strasbourgeoise digne de ce nom.

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    On y mange une excellente choucroute, ce sera la seule occasion du séjour. Il ne fallait pas se priver. Rejoints à table par Patrick Meyer, la soirée ne pouvait que s'annoncer sous les meilleurs auspices civils. Et, du coup, ça dégoupille sec! Avec la cuvée du vigneron en finale, pour lequel il n'y aura pas match: un liquoreux de pinot gris sous voile sans sparring partner, à siroter jusqu'au bout de la nuit strasbourgeoise.

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    Colmar

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    Le lendemain midi, un peu plus bas, dans le Haut-Rhin, on n'a pas molli. N'en déplaise à Berthe. L'un des sens, oui, mais lequel? Située rue Berthe Molly, une cave à vin, bar à vin, cave à manger, un concept toujours aussi plaisant quand la qualité des produits est au rendez-vous. Pas de flammekueches dignes de Saint Glou, on se consolera joyeusement avec une tourte de la vallée, oui, mais laquelle? Délicieuse en accompagnement des vins servis par les deux vignerons présents. Philippe Brand reprend progressivement le flambeau d'un domaine familial situé tout en haut, dans le Bas-Rhin, à 20 km à l'ouest de Strasbourg. En bio depuis 2001, avec l'envie de titiller du nature. Une agréable Nymphe rose à l'apéritif, crémant à la bulle fine, et un pinot noir sans soufre 2012 dont le principal tort fut de passer avant (ou après) celui de son collègue de goulot.

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    Hubert Hausherr était comme un monsieur à la maison, à Colmar. Son domaine est situé un peu plus bas, dans le Haut-Rhin, du côté d'Eguisheim, à une portée de bouchon de là. Une belle découverte, sans sulfites ajoutés, dans la majorité des cuvées. Du lieu-dit Sunngass 2010 (complantation de riesling et pinot gris) au pinot noir 2011 du Fronenberg, en passant par Aussitôt bue 2011, assemblage de 3 cépages, comme son nom l'indique, et d'une grande buvabilité, comme son nom l'indique aussi. Sui Generis 2011, si sa mission était de nous faire aimer le gewurtz, eh! bien, c'est généreux et réussi!

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    ...

     

    Olif

  • Vendanges littéraires

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    Pendant toute l'année, ils ont été choyés, dorlotés, binés, décavaillonnés, labourés, tannés, traités, maltraités, effeuillés, plumés, harcelés par leurs éditeurs qui ne leur ont jamais lâché la grappe, qui n'ont jamais rien lâché. Ils ont tenu bon, concentré leurs sucs, mûri leur sujet et, finalement, ils sont arrivés  au bout de la maturité de leur processus créatif. Leurs feuilles sont tombées à l'automne, en même temps que le fruit de leur travail. Grosses vendange tardive de bouquins sur le vin en 2013, donc, avec une récolte qui s'annonce plutôt qualitativement bonne, éclectique, dont quelques grands crus.

     

    Mimi, Fifi & Glouglou, petit traité de dégustation

    C'est brut de cuve, souvent nature et ça sent le vécu. Pas que le vécu, d'ailleurs. Parfois un peu le cul de la vache ou encore le poulailler, aussi.

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    ©Michel Tolmer et les Éditions de L'Épure

     

    Mimi, Fifi et Glouglou, parfois remplacés au pied levé par Mimie, Fifie et Louloute, concentrent pas mal les travers des dégustateurs amateurs, quelque soit leur niveau. Ils sont observés avec tendresse, humour et dérision par l'œil aiguisé d'un artiste sociologue dont l'étude pourrait paraître parfois obtuse au néophyte. Heureusement, il y a beaucoup d'images. Des dessins à profusion, à dessein de croquer le trio d'œnophiles le plus craquant de tout l'univers du vin, naturel de surcroît. Tout cela est finement couché sur le papier par Môssieur Michel Tolmer, homme de glou et artiste dévoué à la cause, aimant payer de sa personne, pourvu qu'il y ait une petite poire de Cazottes à la fin.

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    Mimi, Fifi et Glouglou, petit traité de dégustation, par Michel Tolmer, aux Éditions de l'Épure

     

    La face cachée du vin

    Une réédition indispensable, à exposer au grand jour, que celle de la Face cachée du vin, qui n'est pas toujours jolie jolie à regarder. Grâce à Laurent Baraou et Monsieur Septime, prouvons qu'un autre vin est possible, un altervin qui aurait de la gueule, élaboré par des vignerons qui respectent autant la terre que leur produit ou le consommateur. Tout ce que vous n'auriez jamais dû savoir sur le vin sans toujours oser le demander...

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    La face cachée du vin, par Laurent Baraou et Monsieur Septime, aux Éditions François Bourin


    Chroniques de la vigne, conversations avec mon grand-père

    Dans une veine humoristico-poético-autobiographique, Fred Bernard, bourguignon baroudeur, nous conte là de biens belles tranches de vignes, en transcrivant la parole de son grand-père, personnage haut en couleurs, difficile à convaincre de participer à l'aventure ("Le vin, ça se lit pas, ça se boit!").

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    ©Fred Bernard et Glénat

    "Le vin, c'est toute sa vie", au Papy Bernard. Alors, chroniquer la vigne et le vin, c'est aussi raconter la Bourgogne, Savigny-les-Beaune, le raconter lui-même et se raconter soi-même. Un beau récit intime, avec beaucoup de texte et de très jolies images en couleurs directes.

    Chroniques de la vigne, conversations avec mon grand-père, par Fred Bernard, aux Éditions Glénat

     

    Champagne, Le rêve fragile

    La possibilité d'un livre sur le Champagne... Depuis plus de deux ans, Samuel Cogliati vit un rêve. Un rêve fragile rempli de bulles, qui l'a amené à enquêter sur la plus pétillante des régions viticoles françaises. Comprendre la (et le) Champagne, géographiquement, historiquement et géologiquement parlant, faire le champagne (et le vinifier), puis, enfin, le boire. Et le déguster aussi. Le tout en s'appuyant sur le travail d'un certain nombre de vignerons champenois, des RM ("Récoltants Manipulant"), comme on les appelle par opposition aux grandes maisons et aux négociants, alors que vigneron leur colle si bien au teint. Aidé dans sa démarche par Jean-Marc Gatteron, du Rouge & le Blanc, ce qui en dit beaucoup sur le sérieux et la qualité de l'ouvrage.

     

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    L'ouvrage est complété par une fort belle sélection de vignerons champenois, qui pourra grandement aider l'amateur à faire son choix en se basant sur 4 critères: la finesse, la régularité, l'expressivité et la complétude, "autrement dit le sentiment que les qualités des vins dégustés sont le résultat d'un travail abouti et la marque d'un style maitrisé". Vive la complétude champenoise, qui devrait permettre au rêve champenois de ne pas virer au cauchemar, grâce à tous ces bons vignerons engagés dans une reconquête de leur terroir, c'est ce qui ressort de cette complète étude italo-française.

    Champagne, le rêve fragile, par Samuel Cogliati, aux Éditions Possibilia (commande en ligne exclusive)

     

    Grands crus classés de Saint-Émilion

    De toute cette œnobibliothèque, c'est de loin le plus lourd! Aussi bien en kg qu'en K€. Saint & millions, © Vincent Pousson, qui s'y connait question chiffrage de liquides en liquide. Vingt propriétés décortiquées, à la manière de ce que les deux compères avaient déjà réalisé en Médoc. La qualité du travail accompli rive gauche leur a ouvert les portes de la rive droite. Pas toutes, mais certaines des plus incontournables, qui, pour le coup, soignent plutôt bien leur com'. Les grands crus classés du Bordelais sont bel et bien des vins de terroir, comme le prouvent les superbes réalisations graphiques en 3D de Pierre Le Hong, ainsi que les dégustations parcellaires réalisées au domaine, avant l'assemblage des différentes barriques donnant naissance au sacro-saint "Grand vin". Chaque domaine est remarquablement décrypté et disséqué, historiquement et géographiquement, par la plume affûtée et enjouée d'Éric Bernardin, qui se lâche gentiment dans des sous-titres parfois en léger décalage avec le sérieux du propos, ce qui n'est pas pour me déplaire. Une approche touffue, généralement complétée par la parole donnée aux propriétaires/régisseurs/directeurs techniques (biffez les mentions inutiles selon les cas). Une bible non exhaustive qui ravira tous les amoureux de Saint-Émilion, les accros aux classements divers et variés et, sans doute aussi, les passionnés de la rive droite. Les autres pourront toujours s'en servir pour caler un meuble, mais ce serait gâcher.

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    Crus classés de Saint-émilion, par Éric Bernardin et Pierre Le Hong, aux Éditions Sud-Ouest

     

    Bacchus et moi

    Ou quand un auteur littéraire américain à succès se passionne pour le vin au point d'en écrire régulièrement des chroniques dans différents journaux américains, dont The Wall Street Journal, s'il vous plaît, mazette! Il en ressort une compilation des dites chroniques dédiées à Bacchus, qui font la part belle aux vins "stars", de Bordeaux, Bourgogne, Italie, Californie ou ailleurs. Une belle plume au service des vins de luxe, censés faire rêver les amateurs de vins classiques du monde entier. Qui vole même au secours de la pseudo-mode anti-Bordeaux. Ça assure un max, quoi! Quelques incursions en biodynamie, quand même, avec ce qu'il faut de scepticisme, ou, encore plus rarement, dans le milieu plus nature, avec pas mal de réserves, et uniquement chez des valeurs sûres, comme chez Thierry Allemand à Cornas.

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    Bref, c'est plutôt très grand public (c'est une bonne chose), osant des comptes-rendus de dégustation métaphoriques et décomplexés, basés sur le ressenti et des mots simples, qui tendent à désacraliser la dégustation (même si la majorité des vins chroniqués coûte pas loin d'un bras) Et c'est surtout vachement bien écrit et bien traduit. Une bonne bouffée vinique venu des Amériques, qui donnerait presque envie d'ouvrir un Mouton-Rotschild 2001, par exemple!

     

    Bacchus et Moi, par Jay McInerney, aux Éditions de la Martinière

     

    Olif

  • Saint-Glou 2013: Elsass blues!

     

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    Copyright Vincent

     

    Tandis qu'une foule bretonne défilait dans les rues de Quimper, le bonnet incandescent, là où un bouquet d'algues vertes aurait pu suffire comme couvre-chef, sous prétexte de défendre un modèle agro-alimentaire productiviste et polluant à tous les étages, nous conduisant certainement droit dans le mur, mais surfant sur la vague du ras-le-bol général, les adorateurs de Saint-Glou, plus terre à terre, ont préféré arborer fièrement une coiffe alsacienne pour soutenir une viticulture propre et durable au pays du riesling et de la choucroute.

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    Du haut du Wineck Schlossberg, entre chien et loup...

     

    L'Alsace est un vignoble gigogne où il n’y a pas de pétrole mais où il y a du riesling. Il se partage entre les deux départements du Haut et du Bas-Rhin. Sur une carte de France, l’Alsace est située dans la fosse lombaire, avec le bas en haut. La vigne, elle, y est aussi bien cultivée de haut en bas, du Sud au Nord et de la plaine au coteau. Lorsque les cigognes se sont penchées sur le berceau des vins d’Alsace, elles y ont déposé de biens jolis raisins. Riesling, sylvaner, gewurztraminer, klevener, muscat, pinot blanc, gris et noir, ont trouvé sur les plus beaux coteaux des collines sous-vosgiennes, une mosaïque de terroirs bénéfiques à leur plus grande expression. Du grès au schiste, en passant par le granit, le calcaire ou la roche volcanique, tous les types de sols aptes à la viticulture sont représentés et s’emboîtent les uns dans les autres. Une cinquantaine de lieux dits particulièrement qualitatifs ont donné naissance à autant de grands crus, qui peuvent s’afficher fièrement sur les étiquettes, même s'ils peine à obtenir la reconnaissance qu'ils méritent et à tirer véritablement l'Alsace au sommet de la pyramide des grands vins de ce monde. Les grands crus alsaciens se situent volontiers à flanc de montagne et portent un nom difficilement prononçable pour qui n’est pas né à Colmar ou n’a pas fait ses études à Strasbourg. Jadis région des pires excès, en terme de rendements et de sulfitage, la région est désormais quasiment à la pointe en matière de culture biologique ou biodynamique et de vinification « nature », la protection de l’environnement, autant que la santé du consommateur, étant devenue une priorité pour beaucoup de vignerons. Le vin d’Alsace, qui n’a pas d’égal au monde, tous les Alsaciens vous le diront, se servait classiquement au comptoir, dans un verre échassier au pied vert. Désormais, les meilleurs sont plus volontiers consommés à table dans n’importe quel bon verre à dégustation.

     

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    C'est donc ici, en Alsace, qu'a commencé le troisième volet des aventures de la Saint-Glou, grand patron des buveurs, dont la fête se souhaite avec celle de tous les saints, un jour avant celle des défunts. Pas question de finir ivre-mort pour autant, mais plutôt d'avoir un aperçu idéal et totalement subjectif de ce qui se fait de meilleur en matière de miam et de glou dans une région choisie au préalable. Et c'est, comme à chaque fois, un véritable déchirement de clôturer la Saint-Glou et regagner ses pénates!

     

     

     

     

    Olif

     

    P.S.: tout le monde pourra continuer à honorer Saint-Glou comme il lui conviendra, par exemple le 10 novembre, à Latour de France, en compagnie des vignerons du village.

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  • VDV#60: O2

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    Vendredisduvin

    Comme un bouffée qui vient ranimer les Vendredis du vin, alors même qu'ils ne sont pas encore morts. Oxygène! Lui, Président, c'est Guillaume GD Wines. Un communiquant qui ne manque pas d'humour. À l'affût de la moindre découverte concernant le vin, entre autres, mais aussi la communication. Lui, Président, il va falloir s'oxygéner. À prendre au sens large. Peut-être tout simplement prendre le large. Sortir de l'esprit étroit du monde de certains buveurs/dégustateurs de vins qui ne savent pas évoquer ce doux breuvage autrement que le nez pincé, en apnée, le petit doigt en l'air quand ce n'est pas dans le cul de leurs contemporains, en se pavanant comme de vieux paons décatis, resservant à l'envi leurs sempiternels sermons* sur ce qu'ils pensent être la meilleure façon de faire du vin, à grand renfort de technologie et d'additifs censés limiter les dégâts irrémédiables que pourraient occasionner ces deux petites molécules en forme de 95C pas sexy pour un sou, et, surtout, avec toujours le même mépris pour toute une frange de vignerons et d'amateurs qui ont l'outrecuidance de ne pas se gargariser de la même façon qu'eux en expirant.

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    L'oxydation, voilà l'ennemi! La réduction aussi, d'ailleurs. Trop d'oxygène au contact du vin ou pas assez, même problématique pour l'œnologue, toute la science du vin n'étant finalement qu'une bête histoire d'oxydo-réduction. À ce propos, est-ce qu'un vin peut-être grand dans la réduction? Je dirais oui, une fois qu'il s'est épanoui au contact de l'oxygène. Que penser alors des victimes des Jivaros ayant chopé la grosse tête?

    Et est-ce qu'un vin dans l'air du temps est susceptible de s'oxyder? L'air est constitué de 78% d'azote et 21% d'oxygène. Le temps est, quant à lui, composé d'un certain nombre de jours, d'heures, de minutes, quand ce n'est pas celui qu'il fait. L'air du temps, c'est un certain pourcentage d'arvine, de pinot blanc et de marsanne. En élevage long, au contact des 21% d'oxygène de l'air humide d'une cave valaisanne tenue secrète et gardée jalousement par un Abbet spécialiste en mécanique des fluides. Un vin à inspirer à pleins poumons, un vin de méditation, apte à faire comprendre la vie, la mort et tout le bazar. Indestructible, grâce à Foxygen!

     

     

     

    Olif

     

    * Dedjieu! Cette fois, l'attaque vient de Suisse, l'Italie ayant botté en touche. De source sûre. Les amateurs de vins exquis sont définitivement poussiéreux, ne se complaisant pas dans le naturel.  La Confédération va-t-elle perdre définitivement sa neutralité et se faire sauvagement attaquer depuis le Jura français voisin par une sauvage bande de naturistes? Pas de quoi se retenir de respirer pour autant.

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     Copyright Astérix en Hispanie

     

    Car, finalement, rien de bien nouveau sous le soleil lémanique. Le pétard est juste tombé dans le grand lac, mettant néanmoins en rogne fugace quelques esthètes oenophiles genevois. Monseigneur Michou bêle encore, en langue romande cette fois, et c'est de moins en moins compréhensible. Malgré le soutien de l'aristocratie du vin helvétique.

     

     

    P.S.: merci à Franck "Tweetawine" qui m'a involontairement fourni l'idée de cette bouteille des VDV, n'ayant pas réussi à remettre la main sur le vin auquel j'avais pensé en premier.

  • Aux sources du vin de Loire, l'intégrale

     Chapitre 1

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    Ici commence la Loire, celle aux 3 vignobles, spécificité du 4-2, département de la région Rhône-Alpes. L'un d'entre eux regardant trop ostensiblement le fleuve Rhône pour revendiquer le statut de Ligérien, les deux autres, Forez et Roannais, situés en rive gauche du fleuve Loire, se sont regroupés pour faire cause commune: valoriser leur production et mieux se faire connaître. Il faut dire qu'ils ont beaucoup de choses à partager. À commencer par l'encépagement traditionnel et quasi exclusif, à base de gamay, planté sur des sols granitiques ou d'origine volcanique. Ainsi qu'une IGP commune pour les blancs, qui s'en trouvent là bien honorés: Urfé. Toutafé! Un pays qui fait le lien géographique entre Montbrisonnais et Roannais, haut-lieu romanesque des amours d'Astrée et de Céladon, héros du chef-d'œuvre à tiroirs de commode du XVIIème siècle signé Honoré d'Urfé, un roman-fleuve fondateur abreuvé aux sources de la Loire.

     

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    Quand on commence à forer le basalte dans les monts du Forez, que ce soit à Saint-Galmier, Saint-Romain ou ailleurs, même à Saint-Alban en Roannais, on finit généralement par trouver de l'eau. Minérale, naturelle, pétillante, pas du style de celle que l'on met dans son vin. Pourtant, ce dernier n'est jamais loin. Sur ces sols granitiques des contreforts du Massif Central, le gamay est à la fête. Depuis des millénaires, même s'il a bien failli ne pas survivre à la crise du phylloxéra et aux ravages de la première Guerre mondiale. Les premiers cépages blancs sont venus lui tenir compagnie depuis une trentaine d'années, apportant un brin de diversité à l'encépagement en même temps qu'une plus large palette de couleurs. Vignoble ancien, certes, mais dynamique. Et un peu bio aussi, puisque la proportion de surfaces cultivées, Forez et Roanne compris, doit approcher les 20% en bio, chiffre sous toutes réserves, puisque estimé approximativement en fin de soirée, néanmoins par un vigneron expert en calcul mental. Une dynamique plutôt positive, donc, même si l'on peut regretter l'absence d'installation récente sur les deux appellations. La moyenne d'âge des vignerons restant néanmoins relativement basse, il faut espérer que les émules ne tarderont plus à suivre.

     

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    Blancs, bulles et curiosités

    Côté blanc, Urfé a montré ce jour-là une belle homogénéité qualitative dans la diversité. Diversité des styles et des cépages. Quelques vins trop sulfités à mon goût, d'autres un peu trop élevés, mais, globalement, une plutôt bonne impression. Si le chardonnay fut le premier cépage à s'imposer, il voit désormais son hégémonie largement concurrencée. Le viognier a actuellement la cote, venu tout naturellement de la Loire rhodanienne toute proche. Et il faut bien reconnaître que nombre de ceux goûtés possédaient du peps et de la vivacité, sans le caractère mou et alcooleux volontiers inhérent au cépage, lorsqu'il est récolté à maturité avancée dans des contrées un peu trop chaudes. Et puis, on trouve également du pinot gris, de façon un peu plus marginale, même s'il s'épanouit plutôt bien sur le sol granitique, de la roussane, de l'aligoté et même du gewurtztraminer, à l'essai chez quelques vignerons aux affinités alsaciennes. Un peu à part, quelques curiosités excitantes, des hybrides producteurs directs comme le rava6 ou le seibel 54/55, dont le GAEC du Pic s'est fait une spécialité. Ne manque peut-être en fait que le chenin, pour finir de raccrocher les sources de la Loire à son embouchure...

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    Quelques vins du millésime 2012, particulièrement remarqués lors de cette balade en pays d'Urfé: Chardonnay Aris du domaine des Pothiers, Roussane de Madonne du domaine de la Madone, Aligoté Éponyme de Vincent Giraudon, Pinot gris Hors piste du domaine des Pothiers, Viognier de Petite Vertu d'Odile et Jacky Verdier-Logel, Viognier De butte en blanc du domaine Sérol, Rav par 6 de Vin & Pic (une curiosité complètement atypique à la folle originalité)...

    Et puis quelques bulles, pour terminer. Des pétillants naturels rosés élaborés avec du gamay, évidemment, souvent peu alcoolisés (moins de 10°) et possédant plus ou moins de sucre résiduel, plus ou moins bien intégré. Ribambulles du domaine Verdier-Logel, Bulles by Romain Paire et Turbullent de Stéphane Sérol remportent la palme, avec un équilibre plutôt bien balancé.

     

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    Chapitre 2

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    Ici recommence la Loire. Résumé des épisodes précédents: après avoir été accueillis à l'Auberge de la Césarde, au pied du château de Marcilly-le-Châtel, la bien nommée, par une grosse poignée de vignerons forézo-roannais, une première série de blancs, bulles et curiosités nous fut servie à la volée, avec quelques tranches de saucisson du cru et de la fourme locale non labellisée Montbrison, mais sans doute bientôt. Elle le mérite, dans tous les cas. Bienvenue à ce nouveau futur producteur, Bertrand Griot de la fromagerie des Tarines, à Saint-Bonnet le Courreau. Les conditions étaient donc réunies pour une véritable synergie gastronomique qui allait se prolonger jusqu'à tard dans la nuit (voir paragraphe suivant).

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    Forez et Roanne passent à table

    Ils en avaient encore des choses à nous dire, ces vins du Forez-Roannais, mais il a fallu pousser jusqu'aux portes de Saint-Étienne pour se mettre à table autour de quelques flacons plus anciens. Des vins sélectionnés au préalable et destinés à s'accorder aux mets raffinés de Christophe Roure, MOF et cuisinier artistique au neuvième.

     

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    Point de culte de la Bande Dessinée à l'intérieur de cette ancienne gare aménagée en restaurant**. Uniquement une passion entièrement vouée à la gastronomie, plutôt considérée comme un dixième art potentiel, sauf du côté de Saint-Just-Saint-Rambert. Trop à l'étroit dans ces murs joliment rénovés, Christophe Roure ne voudrait pas rater le train de la troisième étoile et il est annoncé au cœur de la capitale des Gaules pour franchir le palier. Un véritable challenge à relever, quand le contrôleur criera en voiture!

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    Le menu du 19 septembre 2011, spécialement élaboré à notre intention à la demande des vignerons du Forez-Roannais, fut l'occasion d'un festival accord mets-vins. Une fois les vins choisis lors d'une dégustation de sélection impitoyable, organisée par les vignerons eux-mêmes, en compagnie du Chef et de son sommelier, les plats furent pensés en fonction de ceux-ci. Une belle occasion pour Christophe Roure de montrer toute l'étendue de son talent. Amuse-bouches ludiques (amusante sucette de tomate cerise acidulée, qui explose dans la bouche, épatant œuf de caille au nid, à gober tout entier, audacieux aligot de vieux Comté et chou-fleur frit), première entrée sophistiquée (homard et gnocchis de calamar, rafraîchis de tomate et de pastèque), deuxième entrée plus rustique mais hyper novatrice (œuf d'une heure dans un exquis jus de chou rouge avec ses mouillettes de merlan de ligne, qui renvoient Captain Iglo dans ses 22, voire bien plus loin encore), viande locale originalement travaillée et impeccablement cuite (bœuf légèrement fumé aux baies de genièvre, risotto de racines, pommes soufflées aux épices), desserts superbement exécutés (gâteau de semoule à la fleur de sureau et coulis de fraise, travail autour de la pêche "façon Melba") et même encore un peu de place pour les mignardises...

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    Parmi les différentes cuvées dégustées, deux bouteilles particulièrement marquantes ont accompagné le repas et réalisé, en outre, de sublimes accords: Les Millerands 2010 de Stéphane Sérol, une cuvée roannaise pleine, concentrée, mais épanouie, exclusivement issue de raisins millerandés, et La Volcanique 2008, du domaine Verdier-Logel, un gamay forézien sur basalte, dense, épicé et acidulé.

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    Forez-Roannais, blancs comme rouges, sont des vins de gastronomie, c'est une certitude. Le mot de la fin (de cette deuxième partie), ce sera celui d'excuse de Benjamin Roffet, MOF, Meilleur Sommelier de France et enfant du Forez, qui devait se joindre à nous pour la soirée, mais qui avait piscine ou un autre truc plus important pour expliquer son empêchement:

     

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    Chapitre 3

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    Culte ancestral de la bouteille de vin au Prieuré de Saint-Romain le Puy

    Le vin qui tombe à pic

    Ici débute réellement la Loire, juste après qu'elle ait été Haute. Nous sommes au sud de l'appellation Côtes du Forez, quasiment aux portes de Saint-Étienne. Saint-Romain le Puy, sa source Parot d'eau minérale, son prieuré, son pic de basalte, sa source Mondon de vin minéral. C'est en 1974, à peine un siècle après que François Parot ait découvert sa fameuse source dans le basalte des Monts du Forez, que Fernand et Daniel Mondon ont créé le GAEC du Pic, bien décidés à faire revivre la vigne dans ce pays d'eau et de volcans qui ne s'éveilleront plus. En 1997, grâce aux deux frères, soutenus par la commune de Saint-Romain le Puy, le vignoble disparu du Pic fait sa réapparition. La première guerre mondiale avait eu raison de lui, après que le phylloxéra l'eût passablement ébranlé. Un véritable travail de titans paysagistes, sous la protection bienveillante d'Aldebertus, premier Prieur de Saint-Romain en l'an 1007, qui aurait sans doute apprécié de voir refleurir la vigne sur les superbes coteaux en terrasses surplombant la plaine du Forez. Peut-être n'a-t-il pas encore assouvi complètement sa soif de "vin de nuyt", dont il est fait mention dans des archives de 1238.

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    À la recherche des meilleurs raisins à réintroduire sur ce terroir basaltique, outre le gamay et le chardonnay, les frères Mondon, rejoints en 2006 par Laurent Demeure, se sont tournés vers les cépages rhodaniens de la Loire, viognier et syrah. Bon choix! Pour ce qui est du viognier, en tous cas (pas goûté à la syrah). Sur ce terroir volcanique, il érupte et parvient à garder une fraîcheur et une vivacité agréables qui stimulent sa tendance à faire du gras et de l'onctuosité. De l'immédiate Aldebertus à l'opulente Diana, le viognier du Pic se fait séducteur.

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    Et puis, poursuivant les expériences qui les ont conduit à planter sur leurs parcelles différents cépages que l'on peut qualifier d'exotiques, notamment des hybrides producteurs directs, on trouve désormais sur le Pic des accents alsaciens, représentés par du gewurtztraminer, désormais rentré en production. Il faudra attendre encore un peu avant d'y goûter en bouteille.

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    Cette jolie balade matinale des gens heureux sur le Puy de Saint-Romain, juste avant la pluie annoncée, nous a été contée par Pierre Rolle, le nouveau membre du GAEC du Pic, digne successeur de Daniel Mondon, pour qui l'heure de la retraite a sonné.

    Le Forez, eau, vins et paysages qui tombent à pic...

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    Chapitre 4

     

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    Ici se poursuit la Loire. Dans un paysage bucolique et pastoral, initialement voué à la polyculture. Le fleuve Loire ne passe pas très loin, mais ses rives sont désormais désertées par la vigne. La ville n'est pas bien loin non plus, vouant un culte à la gastronomie. Longtemps préservé du fait d'un relatif isolement, le Roannais a fini par être lui aussi atteint par le phylloxéra. Son vignoble a alors fondu comme peau de chagrin, avant une lente reconstruction, en synergie complète avec le Forez voisin, qui s'est concrétisée par la création récente de l'Association des vignerons du Forez-Roannais, en charge de la gestion des deux AOP (Côtes du Forez et Côtes Roannaises) et de l'IGP commune (Pays d'Urfé). 150 hectares, d'un côté, 215 de l'autre, des sols superposables, malgré quelques particularités, et un cépage commun pour les rouges: le gamay. Ou plus exactement les gamays, dont il existe ici plusieurs variétés, la plus singulière et représentative étant le Saint-Romain, aux petites grappes serrées, poussant bien droit, donnant des vins épicés et poivrés au grain serré.

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    C'est à Villemontais, au sud du vignoble roannais, au domaine des Pothiers, que s'est déroulée la dernière partie de ce périple aux racines de la Loire. Chez Denise, Georges et Romain, les trois qui font la Paire.

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    Au pays du gamay, du charolais et du poivre

    Immersion totale en cuve de gamay. Un aperçu quasi exhaustif de 2012 à l'horizontale. Qui a bien fait ressortir le caractère très poivré de ce gamay de Loire, qui le distingue nettement de son homologue beaujolais. Rarement je n'ai perçu de façon aussi nette des notes de poivre blanc dans un vin. Qui, du coup, appelle irrésistiblement à table le charolais, dont l'aire de production commence également tout près.

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    Quelques cuvées particulièrement remarquées lors de cette grande dégustation: les 3 cuvées présentées par le domaine de la Madone, dont Migmatite, coup de cœur absolu (de l'extrait de poivre blanc qui vient relever un très joli fruit), Caractère du GAEC du Pic, Rimoz du domaine de la Rochette (vinification intégrale de gamay égrappé, macéré pendant 3 semaines dans un fût de 500L, sans sulfites ajoutés), Les Senelles du domaine du Poyet, Rézinet du domaine Verdier-Logel (seule cuvée rescapée de la grêle qui a ravagé le domaine en 2012), les Blondins du domaine Sérol (la vigne bio plantée il y a plus de 20 ans par Pierre Troisgros et Robert Sérol, en agriculture biologique), le Clos du Puy du domaine des Pothiers (parcelle d'altitude particulièrement bichonnée par Romain Paire, au sein d'une gamme homogène et parfaitement cohérente, aux étiquettes joliment colorées).

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    Le Forez-Roannais est donc en quête d'une nouvelle dynamique, grâce à des vignerons hypermotivés qui ont mis en commun leur moyen pour mieux se faire connaître, tout en continuant de revendiquer leur originalité. Faire de sa marginalité un atout, voilà un bien beau challenge relevé, entre autres, par Gilles Bonnefoy, du domaine de la Madone, à la tête de l'Association des vignerons.

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    Olif

     

     

     

  • Aux sources du vin de Loire (4)

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    Ici se poursuit la Loire. Dans un paysage bucolique et pastoral, initialement voué à la polyculture. Le fleuve Loire ne passe pas très loin, mais ses rives sont désormais désertées par la vigne. La ville n'est pas bien loin non plus, vouant un culte à la gastronomie. Longtemps préservé du fait d'un relatif isolement, le Roannais a fini par être lui aussi atteint par le phylloxéra. Son vignoble a alors fondu comme peau de chagrin, avant une lente reconstruction, en synergie complète avec le Forez voisin, qui s'est concrétisée par la création récente de l'Association des vignerons du Forez-Roannais, en charge de la gestion des deux AOP (Côtes du Forez et Côtes Roannaises) et de l'IGP commune (Pays d'Urfé). 150 hectares, d'un côté, 215 de l'autre, des sols superposables, malgré quelques particularités, et un cépage commun pour les rouges: le gamay. Ou plus exactement les gamays, dont il existe ici plusieurs variétés, la plus singulière et représentative étant le Saint-Romain, aux petites grappes serrées, poussant bien droit, donnant des vins épicés et poivrés au grain serré.

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    C'est à Villemontais, au sud du vignoble roannais, au domaine des Pothiers, que s'est déroulée la dernière partie de ce périple aux racines de la Loire. Chez Denise, Georges et Romain, les trois qui font la Paire.

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    Au pays du gamay et du poivre

    Immersion totale en cuve de gamay. Un aperçu quasi exhaustif de 2012 à l'horizontale. Qui a bien fait ressortir le caractère très poivré de ce gamay de Loire, qui le distingue nettement de son homologue beaujolais. Rarement je n'ai perçu de façon aussi nette des notes de poivre blanc dans un vin. Qui, du coup, appelle irrésistiblement à table le charolais, dont l'aire de production commence également tout près.

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    Quelques cuvées particulièrement remarquées lors de cette grande dégustation: les 3 cuvées présentées par le domaine de la Madone, dont Migmatite, coup de cœur absolu (de l'extrait de poivre blanc qui vient relever un très joli fruit), Caractère du GAEC du Pic, Rimoz du domaine de la Rochette (vinification intégrale de gamay égrappé, macéré pendant 3 semaines dans un fût de 500L, sans sulfites ajoutés), Les Senelles du domaine du Poyet, Rézinet du domaine Verdier-Logel (seule cuvée rescapée de la grêle qui a ravagé le domaine en 2012), les Blondins du domaine Sérol (la vigne bio plantée il y a plus de 20 ans par Pierre Troisgros et Robert Sérol, en agriculture biologique), le Clos du Puy du domaine des Pothiers (parcelle d'altitude particulièrement bichonnée par Romain Paire, au sein d'une gamme homogène et parfaitement cohérente, aux étiquettes joliment colorées).

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    Le Forez-Roannais est donc en quête d'une nouvelle dynamique, grâce à des vignerons hypermotivés qui ont mis en commun leur moyen pour mieux se faire connaître, tout en continuant de revendiquer leur originalité. Faire de sa marginalité un atout, voilà un bien beau challenge relevé, entre autres, par Gilles Bonnefoy, du domaine de la Madone, à la tête de l'Association des vignerons.

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    Olif

     

    P.S.: pour aller encore plus loin en Forez-Roannais, se reporter à l'excellent article du numéro 110 de la toujours excellente revue Le Rouge & le Blanc.

     

    P.S.2: merci à l'Association des vignerons du Forez-Roannais pour leur accueil lors de ce très instructif voyage organisé au sein de leurs deux appellations. Et merci à Laura et Amandine d'avoir très bien coordonné tout ça. Ce très joli clair de lune du 20 septembre, photographié au dessus de Beaune, leur est spécialement dédié...

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    P.S.3: deux autres domaines contribuent à faire rayonner les vins du Roannais, en marge de l'association, voire de l'appellation: le domaine du Picatier, à Saint-Haon le Vieux, et le domaine de la Perrière, à Ambierle. Des occasions ultérieures d'évoquer le Forez-Roannais, sans aucun doute.

  • Aux sources du vin de Loire (3)

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    Culte ancestral de la bouteille de vin au Prieuré de Saint-Romain le Puy

     

    Ici débute réellement la Loire, juste après qu'elle ait été Haute. Nous sommes au sud de l'appellation Côtes du Forez, quasiment aux portes de Saint-Étienne. Saint-Romain le Puy, sa source Parot d'eau minérale, son prieuré, son pic de basalte, sa source Mondon de vin minéral. C'est en 1974, à peine un siècle après que François Parot ait découvert sa fameuse source dans le basalte des Monts du Forez, que Fernand et Daniel Mondon ont créé le GAEC du Pic, bien décidés à faire revivre la vigne dans ce pays d'eau et de volcans qui ne s'éveilleront plus. En 1997, grâce aux deux frères, soutenus par la commune de Saint-Romain le Puy, le vignoble disparu du Pic fait sa réapparition. La première guerre mondiale avait eu raison de lui, après que le phylloxéra l'eût passablement ébranlé. Un véritable travail de titans paysagistes, sous la protection bienveillante d'Aldebertus, premier Prieur de Saint-Romain en l'an 1007, qui aurait sans doute apprécié de voir refleurir la vigne sur les superbes coteaux en terrasses surplombant la plaine du Forez. Peut-être n'a-t-il pas encore assouvi complètement sa soif de "vin de nuyt", dont il est fait mention dans des archives de 1238.

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    À la recherche des meilleurs raisins à réintroduire sur ce terroir basaltique, outre le gamay et le chardonnay, les frères Mondon, rejoints en 2006 par Laurent Demeure, se sont tournés vers les cépages rhodaniens de la Loire, viognier et syrah. Bon choix! Pour ce qui est du viognier, en tous cas (pas goûté à la syrah). Sur ce terroir volcanique, il érupte et parvient à garder une fraîcheur et une vivacité agréables qui stimulent sa tendance à faire du gras et de l'onctuosité. De l'immédiate Aldebertus à l'opulente Diana, le viognier du Pic se fait séducteur.

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    Et puis, poursuivant les expériences qui les ont conduit à planter sur leurs parcelles différents cépages que l'on peut qualifier d'exotiques, notamment des hybrides producteurs directs, on trouve désormais sur le Pic des accents alsaciens, représentés par du gewurtztraminer, désormais rentré en production. Il faudra attendre encore un peu avant d'y goûter en bouteille.

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    Cette jolie balade matinale des gens heureux sur le Puy de Saint-Romain, juste avant la pluie annoncée, nous a été contée par Pierre Rolle, le nouveau membre du GAEC du Pic, digne successeur de Daniel Mondon, pour qui l'heure de la retraite a sonné.

    Le Forez, eau, vins et paysages qui tombent à pic...

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    À suivre...

     

    Olif

     

    P.S.: on pourra également lire la jolie version de l'histoire du Pic du Puy par Marc Vanhellemont, sur les 5 du vin.

  • De Lons à Montaigu, la dégu, la dégu!

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    Montaigu, Jura. Du haut de leur piton rocheux et du fond de leur cellier, les Chartreux ne sont pas très exposés aux traits d'arbalète, dont aucune ne pourrait être bandée suffisamment pour les atteindre, digue ou pas. C'est dans cette petite commune de la grande banlieue lédonienne, qui surplombe la préfecture du Jura, que la famille Pignier a élu domicile depuis 7 générations. Jean-Étienne, Antoine et Marie-Florence, seuls vignerons du village, possèdent une partie de leurs vignes sur les coteaux pentus de Montaigu (la digue, la digue), un environnement privilégié pour préserver l'intégrité des sols et des levures, grâce, entre autres, à un gros travail biodynamique, et l'autre partie sur le secteur de Perrigny et Conliège.

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    Le dynamisme, ce n'est pas ce qui manque à Jean-Étienne, d'ailleurs. Tout juste de retour de vendange de chardonnay à crémant, il repart direct à la vigne pour nous rapporter quelques grappes quasi mûres de différents cépages jurassiens typiques, ou pas. À défaut de goûter aux moûts, on tâtera du raisin! À table avec Jean-Étienne, avant que la majorité de ces raisins ne se retrouvent à table avec Léandre, du nom de la cuvée de rouge à l'ancienne à laquelle ils sont intégrés.

     

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    Argant, petit béclan, trousseau, trousseau à la dame, pinotin, gamay noir, enfariné, chardonnay en sélection clonale, chardonnay en sélection massale, melon à queue rouge, le Jura a bel et bien un grain et de jolies grappes.

     

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    Une fois pressés et mis en bouteilles, les raisins du domaine Pignier produisent également de bien jolies bouteilles. Le Poulsard En Chôné 2012 et le Trousseau Les Gauthières 2011, vinifiés sans sulfites ajoutés, en sont deux exemples probants. Désormais épuisés au domaine, pas de chance pour ceux qui n'y auront pas trempé les lèvres. À la Percenette, c'est du chardonnay parcellaire, issu d'un beau terroir de marnes schisteuses, situé sur Perrigny. La finesse et l'élégance d'un beau vin ouillé. Et puis, pour tous ceux qui sont un peu perdus quand ils goûtent un vin du Jura, GPS est fait pour eux. Encore un vin à l'ancienne, assemblage de Gamay blanc (du bête chardonnay local, en fait), de Savagnin et de Poulsard (vinifié en blanc, pour le coup), qui fait des ravages chez les aficionados. Un vrai bon vin d'antan, qui peut avantageusement remplacer la bouteille d'eau le soir au pied du lit.

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    À côté de cette gamme de vins résolument modernes, même s'ils ne sont jamais élaborés que selon des préceptes anciens (comme dans le temps, quoi!), le Jura "traditionnel" a toujours droit de cité. Du chardonnay au savagnin, jusqu'à l'incontournable Vin jaune, très réussi dans le millésime 2006, l'absence d'ouillage donne naissance à de beaux vins qui arborent fièrement sur le plastron la croisée d'ogives de la cave séculaire des pères Chartreux, dont la visite constitue l'un des temps forts du passage au domaine, et qui clôt généralement la dégustation.

     

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    Et puisqu'on parle de Vin jaune, c'est à Perrigny et Conliège que se déroulera la prochaine Percée du Vin jaune, les 1er et 2 février 2014. Avec pour présidente, Marie-Florence Pignier. Comme le monde du vin du Jura est petit, finalement!

     

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    Olif

     

    P.S.: pour qui souhaiterait s'écarter un peu de la route du vignoble et piquer une tête dans le lac de Vouglans à la belle saison, une plaisante petite adresse à Plaisia, route d'Onoz: le Bistrot des Terrasses. Les terrasses, ce sont celles de Merlue, qui abritent également un grand gîte de groupe, idéal pour les 40 ans du cousin Léon, le baptême de la petite dernière ou encore l'enterrement de vie de garçon de Tata Yoyo après qu'elle ait fait son coming out. Cuisine du marché, produits prioritairement locaux, souvent bio, et carte des vins impeccable, faisant la part belle aux vignerons du coin, dont le domaine Pignier, justement, et Julien Labet, avec également de jolies incursions en Bourgogne voisine, par exemple chez Julien Guillot.

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  • Aux sources du vin de Loire (2)

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    Ici recommence la Loire. Résumé des épisodes précédents: après avoir été accueillis à l'Auberge de la Césarde, au pied du château de Marcilly-le-Châtel, la bien nommée, par une grosse poignée de vignerons forézo-roannais, une première série de blancs, bulles et curiosités nous fut servie à la volée, avec quelques tranches de saucisson du cru et de la fourme locale non labellisée Montbrison, mais sans doute bientôt. Elle le mérite, dans tous les cas. Bienvenue à ce nouveau futur producteur, Bertrand Griot de la fromagerie des Tarines, à Saint-Bonnet le Courreau. Les conditions étaient donc réunies pour une véritable synergie gastronomique qui allait se prolonger jusqu'à tard dans la nuit (voir paragraphe suivant).

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    Forez et Roanne passent à table

    Ils en avaient encore des choses à nous dire, ces vins du Forez-Roannais, mais il a fallu pousser jusqu'aux portes de Saint-Étienne pour se mettre à table autour de quelques flacons plus anciens. Des vins sélectionnés au préalable et destinés à s'accorder aux mets raffinés de Christophe Roure, MOF et cuisinier artistique au neuvième.

     

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    Point de culte de la Bande Dessinée à l'intérieur de cette ancienne gare aménagée en restaurant**. Uniquement une passion entièrement vouée à la gastronomie, plutôt considérée comme un dixième art potentiel, sauf du côté de Saint-Just-Saint-Rambert. Trop à l'étroit dans ces murs joliment rénovés, Christophe Roure ne voudrait pas rater le train de la troisième étoile et il est annoncé au cœur de la capitale des Gaules pour franchir le palier. Un véritable challenge à relever, quand le contrôleur criera en voiture!

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    Le menu du 19 septembre 2011, spécialement élaboré à notre intention à la demande des vignerons du Forez-Roannais, fut l'occasion d'un festival accord mets-vins. Une fois les vins choisis lors d'une dégustation de sélection impitoyable, organisée par les vignerons eux-mêmes, en compagnie du Chef et de son sommelier, les plats furent pensés en fonction de ceux-ci. Une belle occasion pour Christophe Roure de montrer toute l'étendue de son talent. Amuse-bouches ludiques (amusante sucette de tomate cerise acidulée, qui explose dans la bouche, épatant œuf de caille au nid, à gober tout entier, audacieux aligot de vieux Comté et chou-fleur frit), première entrée sophistiquée (homard et gnocchis de calamar, rafraîchis de tomate et de pastèque), deuxième entrée plus rustique mais hyper novatrice (œuf d'une heure dans un exquis jus de chou rouge avec ses mouillettes de merlan de ligne, qui renvoient Captain Iglo dans ses 22, voire bien plus loin encore), viande locale originalement travaillée et impeccablement cuite (bœuf légèrement fumé aux baies de genièvre, risotto de racines, pommes soufflées aux épices), desserts superbement exécutés (gâteau de semoule à la fleur de sureau et coulis de fraise, travail autour de la pêche "façon Melba") et même encore un peu de place pour les mignardises...

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    Parmi les différentes cuvées dégustées, deux bouteilles particulièrement marquantes ont accompagné le repas et réalisé, en outre, de sublimes accords: Les Millerands 2010 de Stéphane Sérol, une cuvée roannaise pleine, concentrée, mais épanouie, exclusivement issue de raisins millerandés, et La Volcanique 2008, du domaine Verdier-Logel, un gamay forézien sur basalte, dense, épicé et acidulé.

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    Forez-Roannais, blancs comme rouges, sont des vins de gastronomie, c'est une certitude. Le mot de la fin (de cette deuxième partie), ce sera celui d'excuse de Benjamin Roffet, MOF, Meilleur Sommelier de France et enfant du Forez, qui devait se joindre à nous pour la soirée, mais qui avait piscine ou un autre truc plus important pour expliquer son empêchement:

     

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    À suivre, donc ...

     

    Olif

     

     

  • Aux sources du vin de Loire (1)

     

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    Ici commence la Loire, celle aux 3 vignobles, spécificité du 4-2, département de la région Rhône-Alpes. L'un d'entre eux regardant trop ostensiblement le fleuve Rhône pour revendiquer le statut de Ligérien, les deux autres, Forez et Roannais, situés en rive gauche du fleuve Loire, se sont regroupés pour faire cause commune: valoriser leur production et mieux se faire connaître. Il faut dire qu'ils ont beaucoup de choses à partager. À commencer par l'encépagement traditionnel et quasi exclusif, à base de gamay, planté sur des sols granitiques ou d'origine volcanique. Ainsi qu'une IGP commune pour les blancs, qui s'en trouvent là bien honorés: Urfé. Toutafé! Un pays qui fait le lien géographique entre Montbrisonnais et Roannais, haut-lieu romanesque des amours d'Astrée et de Céladon, héros du chef-d'œuvre à tiroirs de commode du XVIIème siècle signé Honoré d'Urfé, un roman-fleuve fondateur abreuvé aux sources de la Loire.

     

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    Quand on commence à forer le basalte dans les monts du Forez, que ce soit à Saint-Galmier, Saint-Romain ou ailleurs, même à Saint-Alban en Roannais, on finit généralement par trouver de l'eau. Minérale, naturelle, pétillante, pas du style de celle que l'on met dans son vin. Pourtant, ce dernier n'est jamais loin. Sur ces sols granitiques des contreforts du Massif Central, le gamay est à la fête. Depuis des millénaires, même s'il a bien failli ne pas survivre à la crise du phylloxéra et aux ravages de la première Guerre mondiale. Les premiers cépages blancs sont venus lui tenir compagnie depuis une trentaine d'années, apportant un brin de diversité à l'encépagement en même temps qu'une plus large palette de couleurs. Vignoble ancien, certes, mais dynamique. Et un peu bio aussi, puisque la proportion de surfaces cultivées, Forez et Roanne compris, doit approcher les 20% en bio, chiffre sous toutes réserves, puisque estimé approximativement en fin de soirée, néanmoins par un vigneron expert en calcul mental. Une dynamique plutôt positive, donc, même si l'on peut regretter l'absence d'installation récente sur les deux appellations. La moyenne d'âge des vignerons restant néanmoins relativement basse, il faut espérer que les émules ne tarderont plus à suivre.

     

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    Blancs, bulles et curiosités

    Côté blanc, Urfé a montré ce jour-là une belle homogénéité qualitative dans la diversité. Diversité des styles et des cépages. Quelques vins trop sulfités à mon goût, d'autres un peu trop élevés, mais, globalement, une plutôt bonne impression. Si le chardonnay fut le premier cépage à s'imposer, il voit désormais son hégémonie largement concurrencée. Le viognier a actuellement la cote, venu tout naturellement de la Loire rhodanienne toute proche. Et il faut bien reconnaître que nombre de ceux goûtés possédaient du peps et de la vivacité, sans le caractère mou et alcooleux volontiers inhérent au cépage, lorsqu'il est récolté à maturité avancée dans des contrées un peu trop chaudes. Et puis, on trouve également du pinot gris, de façon un peu plus marginale, même s'il s'épanouit plutôt bien sur le sol granitique, de la roussane, de l'aligoté et même du gewurtztraminer, à l'essai chez quelques vignerons aux affinités alsaciennes. Un peu à part, quelques curiosités excitantes, des hybrides producteurs directs comme le rava6 ou le seibel 54/55, dont le GAEC du Pic s'est fait une spécialité. Ne manque peut-être en fait que le chenin, pour finir de raccrocher les sources de la Loire à son embouchure...

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    Quelques vins du millésime 2012, particulièrement remarqués lors de cette balade en pays d'Urfé: Chardonnay Aris du domaine des Pothiers, Roussane de Madonne du domaine de la Madone, Aligoté Éponyme de Vincent Giraudon, Pinot gris Hors piste du domaine des Pothiers, Viognier de Petite Vertu d'Odile et Jacky Verdier-Logel, Viognier De butte en blanc du domaine Sérol, Rav par 6 de Vin & Pic (une curiosité complètement atypique à la folle originalité)...

    Et puis quelques bulles, pour terminer. Des pétillants naturels rosés élaborés avec du gamay, évidemment, souvent peu alcoolisés (moins de 10°) et possédant plus ou moins de sucre résiduel, plus ou moins bien intégré. Ribambulles du domaine Verdier-Logel, Bulles by Romain Paire et Turbullent de Stéphane Sérol remportent la palme, avec un équilibre plutôt bien balancé.

     

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    À suivre...

     

    Olif

     

  • VDV#59: wine and music!

     

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    Vendredisduvin

    C'est le temps de l'amour, le temps des coprins et de l'aventure. Celle des Vendredis du vin, qui se poursuivent encore et toujours. Grâce, cette fois, à la présidence de Lolita, même si ce n'est pas un hasard. L'amour du vin, Lolita, elle le pratique régulièrement. C'est une Winelover qui aime ton wine. Son wine, elle le boit en music, parfois en dansant, voire même en bikini au bord de la piscine quand la météo le permet. Au cœur de la branchitude parisienne, il lui arrive (parfois) de s'ennuyer à boire des vins que certains bobos trouvent habituellement plutôt fun. Elle réclame alors des vins classiques pour se remettre dans le droit chemin. C'est ennuyeux. Mais pas du Bordeaux non plus, hein? Faudrait voir quand même à ne pas tomber dans le coming out BCBG.

     

     

     

    Le temps des coprins désormais venu, place à celui de l'aventure dans la casserole. Avant de courir dénicher un vin et une chanson qui puissent s'accorder avec ce convivial moment gastronomique et le magnifier. L'amour fusionnel du vin, du coprin et de la musique, il faut le chercher, entre autres, chez Mélaric, Mélanie et Aymeric entrelacés au cœur du Puy-Notre-Dame, un domaine en passe de devenir une valeur sûre du Saumurois, et, évidemment, chez Jacques Dutronc et Françoise Hardy, du temps où ils étaient encore amoureux ensemble. Quand ils chanteront le temps du Clos de la cerisaie, et gais vendredistes et facebookers moqueurs, seront tous en fête, pour célébrer cet accord wine-music un poil tiré par les cheveux.

     

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    Comme si ce premier accord complètement tordu ne suffisait pas, je n'ai pas eu à forer bien loin pour en trouver un deuxième, finalement guère mieux. Migmatite, gamay sur granit du domaine de la Madone, Forez du nord, everybody gonna love this wine today. Née sur un sol d'éboulis granitiques constitués d'argiles et de mica, voilà une cuvée joliment poivrée et fruitée qui constitue un accord patronymique de choix avec la nouvelle recrue du télé-crochet pour ménagères de moins de 50 ans aimant pousser la chansonnette devant leur écran en se trémoussant derrière leur table à repasser les kilos de beau linge séché après avoir été passé une première fois à la machine, j'ai nommé: Mika. Dans cet accord contre nature, le beau gamay bio versus le beau gars à bouclettes, le mica du Forez l'emporte haut la main, de toute Bonnefoy, et on ne se privera pas de siffler la bouteille en ayant coupé le son de YouTube au préalable.

     

     

     Olif

     

    P.S.: et pour tous ceux qui, comme moi, non nostalgiques des cuisines des années 50, ne goûtent pas très fort Mika, je rappelle qu'il ne faut pas se laisser harponner par les sirènes des foires au wine des supermarchés. Un piège déjà pressenti fin des années 70 par The Clash, punks visionnaires qui viennent tout juste de sortir une superbe intégrale dans un beau et ludique coffret collector, non disponible au supermarket, mais uniquement chez les bons disquaires.

     

     

    P.S.2: pour shoper happily, sans être perdu dans le supermarché, rien ne vaut l'acquisition d'un exemplaire de Tronches de vin, 22€ chez les bons libraires.

     

     

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  • La sueur de la vigne

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    Les femmes de ménage célestes ayant tout juste fini de récurer le sol du sang de la vigne qui l'entachait, voilà qu'un coin de ciel bleu daigna faire son apparition au dessus du rocher de Château Chalon. Pour mieux sécher les raisins et les marnes, bleues également, encore un peu détrempées et qui collent aux chaussures du randonneur de passage. On n'arrête pas le Progrès et c'est à la demande d'un des journalistes du quotidien jurassien que j'ai pris la route du vignoble, dans l'indifférence générale (Pierre Arditi étant parti tourner un peu plus loin). Pour une rencontre vigneronne doublée d'une interview, où il n'a absolument pas été question du meilleur vin blanc du Jura de l'année du monde. Tout ça dans le cadre d'une grande thématique vin à paraître quotidiennement début octobre, pendant les vendanges. On n'arrête pas le Progrès! Des vendanges 2013 dont le ban ne devrait pas tarder à être annoncé, sans doute la semaine prochaine pour les crémants. Derniers coups de rotofil sur les terrasses du Puits Saint-Pierre, là où la pente est particulièrement raide, juste sous l'abbatiale. Ce qui n'empêchera pas les futurs vendangeurs de bien suer dans la vigne.

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    Le marcheur qui entame l'ascension a le choix entre la route et le rang de vigne pour grimper vers le ciel. Le VTTiste suivra préférentiellement le balisage, qui ne manque pas de dénivelé avant le ravitaillement du sommet. De quoi programmer une belle escapade jurassienne pour le week-end. Là aussi en y laissant de la sueur, mais qui nourrira à peine le sol, imperméable aux pluies comme à la détresse physique humaine.

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    Et pendant ce temps, le savagnin verdit (il mûrit, quoi, rapport à sa couleur!).


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    Avant de suer sang et eau dans la vigne, il avait bien fallu s'hydrater un peu. Tout d'abord grâce à quelques produits locaux, cultivés et élevés dans le grand respect d'une tradition ancestrale, chez Gabrielle Rizzi. Des vins d'un classicisme exemplaire, empreints d'une relative rusticité de bon aloi. Mention particulière au Chardonnay 2010 de ce micro domaine familial, d'un seul petit hectare, dont une centaine d'ares en Château Chalon, pile sous  le rocher. Toute la (petite) récolte bientôt vendue directement aux particuliers et aux touristes, le petit caveau sis rue Saint-Jean va bientôt fermer, être démonté et consciencieusement rangé, afin de laisser la place à une cave plus vaste destinée à accueillir le tracteur en prévision des prochaines vendanges. Encore de la sueur en perspective!

     

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    À Château Chalon, la sueur n'a pourtant pas attendu le randonneur ou le vendangeur de passage pour couler. Il fut un temps où le sentier de petite randonnée vibrait sous les pas des vignerons qui l'empruntait pour aller travailler la vigne du Puits Saint-Pierre. Surtout ne pas oublier de leur rendre hommage, au vu du service rendu.

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    En débouchant une bonne bouteille avec la première fondue automnale du soir, par exemple. Un 2003 en train de virer vers des notes pétrolées au nez, mais d'une fraîcheur de structure à faire pâlir de jalousie un sculpteur sur glace.

     

     

    Olif

     

     

  • Dans la vigne, tout est bon!

    À l'instar du cochon, tout ce qui provient de la vigne est susceptible de se manger ou de rentrer dans une préparation culinaire. Des oreilles à la queue, de la feuille au raisin, en passant, de façon plus surprenante, par la fleur ou les vrilles. Sans parler du produit de transformation finale, le vin, et de tous les intermédiaires, le moût, le marc, la lie.

     

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    Oui, dans la vigne, tout est bon, à la condition sine qua non qu'elle soit propre. Interdiction de jouer pas au goret avec elle en l'arrosant de produits chimiques impropres à la consommation. Sinon, pas question d'y ramasser quoi que ce soit et de le porter à la bouche.

     

    Cette idée de manger la vigne au fil des saisons avant d'en boire le vin, elle a germé dans la tête de Catherine Bernard, journaliste reconvertie dans la viticulture, et d'Anne-Sophie Thérond, journaliste "reconvertie" dans l'écriture de livres culinaires et auteure d'un blog 10vin. Les recettes imaginées par Anne-Sophie Thérond suivent ainsi le cycle végétatif de la vigne commenté par la vigneronne, de la taille et la production de sarments (pour fumer soi-même ses propres filets de truite), jusqu'au vin que l'on va utiliser largement en cuisine pour "délier les fibres et attendrir les chairs". Et avec ces recettes généreuses, bien ancrées dans la tradition viticole pour la plupart, vous boirez bien quelque chose? Un volubile Vin de pays de l'Hérault 2011 de Catherine Bernard fera largement l'affaire, prolongeant à l'unisson le bonheur de lire la prose de la journaliste-vigneronne, dans un style enjoué et délié.

     

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    Recettes de ma vigne

    Catherine Bernard et Anne-Sophie Thérond

    Éditions du Rouergue

     

    Olif

     

    P.S.: Le Gavatx, "un étranger dans les vignes", ça raconte l'histoire de Vincent Balansa et du domaine La Boria à Trilla. Une tronche de vin, un domaine et un documentaire qui ont d'la gueule. Un film de Lorenz Findeisen à ne pas louper, le 28 septembre aux alentours de 15h30 sur France 3.

     

     

    Pour marquer le coup, Nova 2009 de La Boria, blanc frais du Sud, caressant comme un petit air de tramontane sur le Haut-Fenouillèdes. Un vrai beau vin de gavatx!

     

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