24 octobre 2008
Quand Laurent Macle jardine en Arbois...

22:56 Publié dans Les séances de dégustation, côté Jardins! | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : macle, jardins de saint-vincent, château chalon
05 octobre 2008
L'été indien aux Jardins
Tandis que la neige fait sa réapparition sur le Massif du Jura, blanchissant la crête du Mont d'Or et tempérant les ardeurs des champignons les plus vélléitaires à cette période, l'été joue les prolongations aux Jardins de Saint-Vincent, grâce à une sélection de bouteilles effectuée par Stéphane-"Saint-Vernier"-Planche, le bouillonnant sommelier-caviste arboisien, toujours à l'affût d'un bon vin, de préférence bien élevé, c'est à dire le plus naturellement possible. La neige, c'était ce samedi 4 octobre, la dégustation le jeudi 25 septembre. Entre l'été indien des Jardins et l'hiver haut-doubien, à peine plus d'une semaine! Brrr....!
"Tu sais, je n'ai jamais été aussi heureux que ce soir-là
Nous dégustions dans un caveau un peu comme celui-ci
C'était l'automne, un automne où il faisait beau
Une saison qui n'existe que dans le Nord du Jurassique
Là-bas on l'appelle l'été indien
Mais c'était tout simplement le nôtre
Avec ta barbe de 4 jours tu ressemblais
A un portrait de Serge Gainsbourg
Et je me souviens, je me souviens très bien
De ce que j'ai bu ce soir-là
Il y a un an, y a un siècle, chez Saint-Vernier
On boira où tu voudras, quand tu voudras
Et on dégustera encore, tant que le vin sera bon
Toute la vie sera pareille à ces Jardins
Aux couleurs de l'été indien"
Hmm hmm... 
Ambiance décontractée, donc, pour cette session de rentrée, avec une petite foule et une dégustation en petites foulées. Que du bon, aussi bien du côté des vins que des participants. A l'aveugle complet, évidemment, pour une thématique très ouverte.
- Vouvray Pétillant naturel 2006, La Dilettante, Catherine et Pierre Breton: nez mûr et fruité, riche. Bulle fine, savoureuse, avec un léger léger sucre, malgré un équilibre plutôt sec. Jolie mise en bouche apportée par François.
- Côtes du Jura Les Chalasses VV 2006, Jean-François Ganevat: nez jeune, fruité, minéral, droit, pur et précis, d'une subtilité désarmante. En bouche, de la tension, du gras, du soyeux avec une belle rémanence finale du fruit, dans une superbe acidité salivante. Bravo Fanfan! Identifié Chardonnay du Jura, Sud-Revermont, dans un millésime récent, je suis déçu de ne pas avoir poussé plus loin mon raisonnement, car peu de vignerons dans le Jura sont capables de produire un tel vin, bâti sur cette minéralité et cette tension. A vrai dire, je n'en connais que deux: Stéphane Tissot en Arbois et Fanfan Ganevat à Rotalier. J'avoue avoir plutôt pensé à Julien Labet, mais là bien y réfléchir, son style est quand même différent. L'aveugle complet est un exercice vraiment difficile. Ce qui est rassurant, c'est la connotation jurassienne évidente de ce vin, malgré son approche bourguignonne. Le terroir parle donc toujours, et plutôt bien, même!
- Vin de Pays de la Vallée du Paradis 2007, La Bégou, Maxime Magnon: premier nez lactique et anisé. Bouche ronde, du fait d'un alcool certain, mais compacte. Finale un peu dure, qui finit sur l'alcool. Loin d'être déplaisant, mais un équilbre plutôt sudiste qui a du mal derrière le caractère tranchant du Côtes-du-Jura. Un vin tout à fait recommandable, à regoûter dans un autre contexte.
21:37 Publié dans Les séances de dégustation, côté Jardins! | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : jardins de saint-vincent
22 juin 2008
Vins "natures" dans la nature...et aux Jardins!
Une dégustation aux champs, mais néanmoins aux Jardins, un instant bucolique, quasi surréaliste! On en a tous rêvé, Stéphane Planche l'a vraiment osé.
"Et au point de vue des idées neuves, que comptez-vous introduire dans le pré-néo-progressisme?" demande le critique de peinture Adhémar de Lamarche de L'escalier de Lacave à Libellule, l'adjoint du détective Gil Jourdan, grimé en pseudo-artiste hellène, lors d'une soirée mondaine dans le deuxième volet de leur inoubliable première aventure, "Popaïne et vieux tableaux".
-"Dans le pré?... Des vaches!!" répond l'autre sans se démonter.
"Et au point de vue des idées neuves, que comptez-vous introduire dans le pré-néo-régressisme?" demande le célèbre critique de vins Michoubidou à Stéphane Planche, dit Saint-Vernier, le tourbillonnant caviste des Jardins de Saint-Vincent, organisateur de séances de dégustation réputées.
-"Dans le pré?...Des vaches!!"
Réponse limpide pour un indispensable retour aux vins "natures", une valeur essentielle, un revitalisant recul de civilisation, une nécessité actuelle pour ne pas se laisser happer, hâcher, émasculer, décérébrer par la spirale infernale du progrès et de la technologie à tout prix, qui nous conduit inexorablement à notre perte, si ce n'est déjà fait, et puis aussi à ne boire que des vins aseptisés, et ça, c'est pas demain la veille qu'on se laissera faire.
La menace bovine se rapproche, mais les dégustateurs restent sereins, malgré le côté très terre à terre des échanges.
- "Tu ne trouves pas qu'il sent un peu la vache, ce vin nature? "
- "Mais non, c'est pas le vin, regarde juste derrière toi!"
- "Tu parles d'une bouse, ce picrate!"
- "Ah! la vache, qu'est-ce qu'il est bon, celui-là!"
- "Tu crois qu'il s'agit de bourricots transformés en bêtes vaches?"
- "Il parait que ce sont les ébissions de mettane qui sont à l'origine du trou dans la couche de vin jaune de la planète!"
C'est clair, ce n'était pas la fête à Michoubidou, ce soir-là, mais on s'est plutôt bien régalés! D'abord avec un Sauvignon de Touraine de Thierry Puzelat. Bien malin qui dirait sauvignon à l'aveugle: grande maturité de fruit, richesse, puissance, peut-être un peu trop massif, mais ne soyons pas difficiles. Puis avec Les Capriades, de Pascal Potaire, une bien jolie définition de fruit. Avec les vins de L'Anglore d'Eric Pfifferling, toujours aussi impeccables (remarquable Tavel 2006, d'une grande précision aromatique et d'un soyeux de texture inimitable, superbe Cuvée des Traverses 2006, honteusement recalée à l'agrément Côtes du Rhône, alors qu'on y produit tant de daubes par ailleurs). Evidemment aussi, avec Barral et sa réjouissante cuvée Tradition 2005, un vin dans le registre du costaud au coeur tendre, celui qui a bon fond. Et enfin, avec La Bohème 2006 de Patrick Boujut, qui a bien trompé son monde, personne n'ayant osé imaginer que cela puisse être un Gamay d'Auvergne. Il y a du vin, dans cette bouteille! Au final, tous des vins droits, nets, précis, sans aucune note aromatique déviante qu'on voudrait leur prêter systématiquement. Que des belles bouteilles, et c'est tant mieux! Tant mieux, un pétillant naturel de Ploussard et de Philippe Bornard, à qui on laissera le mot de la fin.
Revenir vers plus de vin, plus de raisin, plus de nature, plus de convivialité, sans perdre son sens critique, voilà certainement un credo alternatif aux manières un peu prout-prout d'une forme d'intelligentsia du vin, déconnectée de la réalité du monde viti-vinicole et des véritables aspirations des amateurs.
Et rien que pour çette soirée, merci Stéphane!
Olif, celui qui a mal tourné.
18:40 Publié dans Les séances de dégustation, côté Jardins! | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : vins nature, jardins saint-vincent, dégustation
23 mars 2008
Dégustation côté Jardins, le grand retour!
Retrouvailles avec les séances de dégustation côté Jardins, ça faisait un bail! Quelques nouveautés, juste après Vinisud qui devait orienter la sélection de la soirée, mais finalement peu de vins disponibles à remonter dans le Jura. Pas en bouteilles, pas prêts, pas étiquetés. Alors le thème de la soirée s'est trouvé légèrement modifié, avec des nouveautés de divers horizons, mais à l'aveugle comme à l'accoutumée.
- Sylvaner Zellberg 2005, Patrick Meyer: celui-là, je l'avais goûté peu de temps auparavant mais, honte à moi, je ne l'ai pas reconnu! Nez fin, droit et net. En bouche, une pointe de gaz allège une matière enveloppée, minérale, qui possède une certaine droiture. La finale est légèrement arrondie par l'alcool, mais c'est un beau vin bien construit qui séduit l'assemblée.
- Savennières Les Genêts 2005, Damien Laureau: nez anisé et mentholé, apportant beaucoup de fraicheur à ce vin droit et tendu, à la finale ouverte. Encore une belle bouteille!
- Clairette du Domaine des dimanches 2007, Emile Hérédia: un vin proche du fruit, sur la pomme et la poire, croquant, frais et digeste. Une pure clairette du Sud et une belle réussite pour un premier millésime.
- Cinsault du Domaine des Dimanches 2007, Emile Hérédia: premier rouge de la soirée et une belle robe rubis, pas très soutenue. Au nez, c'est un régal de petits fruits, d'épices et de cerise. La bouche possède une pointe de végétal, qui apporte fraicheur et croquant. L'esprit "nature" est bien là, la buvabilité aussi.
- "La liberté n'est pas de faire ce que l'on veut mais de vouloir ce que l'on fait", Pierre Cros, Vin de Table: du nebbiollo en Minervois, pas banal! Ce vin ne l'est assurément pas. Très lactique mais fruité, il évoque irrésistiblement le yaourt aux fruits des bois, souligné par une petite note d'élevage. La bouche est tannique, emprunte d'une certaine rusticité, mais c'est un original loin d'être déplaisant.
- Clos Rougeard Les Poyeux 2004, Saumur-Champigny: nez déjà complexe sur les épices, le clou de girofle, la banane séchée. Puissant mais frais, avec des tanins croquants et une pointe d'amertume finale. Belle longueur. Superbe!
- Faugères Jadis 2004, Didier Barral: nez fumé, possédant beaucoup de fruit. Bouche large, ample, avec de la fraicheur, du croquant et du volume. Se goûte très très bien en ce moment, un vrai délice!
Voilà, c'est tout mais pour une reprise, c'est déjà pas mal. Beaucoup d'espoirs placés sur le tout nouveau domaine des dimanches d'Emile Hérédia, qui promet beaucoup. Et puis les stars confirment!
Olif
19:52 Publié dans Les séances de dégustation, côté Jardins! | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
12 juin 2007
Bourgogne Acte 1...aux Jardins!
Acte 1, parce qu'en principe il y en aura d'autres, vive la Bourgogne lorsqu'on la goûte aux jardins de Saint-Vincent! De vraies découvertes, des nouveaux vignerons, des confirmés également, mais une Bourgogne plutôt alternative qui réveille les sens et les papilles.
"A la Saint-Donatien,
Ne recule devant rien!"
Ben non, on n'a pas reculé, direction le Mâconnais, pour une série de blancs plutôt réjouissants et inhabituels.!
Lever de rideau!
Guy Blanchard, Blanc Charmant, Pétillant naturel
Est-ce que Guy Blanchard ment, comme semble nous dire le patronyme de son Pétillant naturel? Pas vraiment, ce Pet Nat est plutôt charmant, malgré un petit déficit de bulles. Rond, frais, fruité et désaltérant, ce 100% chardonnay millésimé 2006. Entrée en matière sympathique, on peut passer aux choses sérieuses!
Mâcon La Roche Vineuse VV 2005, Olivier Merlin
Nez beurré et grillé, fin, sur des notes de fruits exotiques et d'ananas. La
bouche est fraîche, avec de la rondeur. Plutôt facile et séducteur, la marque du millésime?
Bourgogne Pinot Blanc 2002, Domaine Gouges
Nez encore légèrement boisé, mais bien fondu. Bouche nette, fruitée, avec un certain degré de gourmandise et une finale à peine tannique.
Saint-Véran 2004, La Bernaudière, Domaine Combier
Nez un peu réduit, levurien, lacté, pas encore complètement en place. Bouche bien définie, minérale, alliant tension et gourmandise, sur une belle finale salivante. Un vin complexe qui devrait s'harmoniser avec le temps, d'autant que la démarche du vigneron est exigeante, à la recherche de l'alliance du fruit et du terroir par un élevage long de 24 mois, qui pourrait être poussé à 30 mois dans les années à venir.
Viré-Clessé 2004, Alexandre Jouveaux
Nez caramélisé, sur l'écorce d'oranges, presque confit. Un très beau vin, riche et puissant, avec de la tension, de la matière et de la longueur. Costaud, mais possédant une relative fraîcheur bienvenue. J'aime beaucoup ce style de vin! Une petite vigne en négoce, bichonnée par son propriétaire et qui produit de très beaux raisins parfaitement bien utilisés.
Pouilly-Fuissé 2003 Philippe Valette
Nez aromatique et puissant. Bouche large en attaque, qui s'étire en longueur et en droiture par la suite. Minéral, mais un peu chaud en finale (la marque de 2003?), il persiste longtemps en bouche, témoignant de sa grande richesse.
Mâcon village 2004, Alexandre Jouveaux
Une Vendange tardive qui se goûte sèche, avec un nez original, un peu réducteur de prime. une bouche, fine, délicate et fraiche, malgré une petite faiblesse en milieu de bouche, mais un vin qui possède une longue et belle finale.
Olif
21:59 Publié dans Les séances de dégustation, côté Jardins! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22 avril 2007
La nouvelle vague jurassienne...aux Jardins!
"A la Sainte Emma
Reste dans le Jura"
Eh bien, on ne va pas se faire prier, d'autant que c'est l'occasion de revenir aux Jardins de Saint-Vincent et de retouver toute la clique des joyeux jurassiens fondus de vins. Très certainement alléchés par le menu jurassien au programme, chauvinisme local oblige, car il y avait foule pour cette session de reprise concoctée par un Saint-Vernier très en verve, malgré un brin de fatigue occasionnée par de petits travaux ménagers à son tout nouveau domicile personnel.
La nouvelle vague jurassienne, pour un peu, on se croirait sur la côte Ouest, à l'affût d'un premier spot d'anthologie. "Surfin' J.U.R.A.", entendrait-on presque chanter dans les rues d'Arbois, par une chaleur presque estivale. Laissons-nous donc gagner par la moiteur ambiante!
Une soirée de rentrée, ça se fête, et on attaque d'emblée par une bulle festive. Dégustée à l'aveugle, comme il se doit, ainsi que tous les autres vins de cette très belle soirée.
Crémant du Jura Délire des Lyres, Les Chais du vieux Bourg, Ludwig Bindernagel
Une cuvée 100% Pinot noir à lamousse dense et épaisse. Premier nez lacté, sur les fruits jaunes bien mûrs, évoluant sur des notes briochées. La boucheest riche et vineuse à la bulle marquée. Un Crémant destiné à la table, plutôt bien bâti. Un vrai vin d'architecte, même s'il s'est actuellement reconverti dans la
viticulture.
Arbois Pupillin 2005, Le Rouge-Queue, Philippe Bornard
Le premier nez est plutôt réduit, levurien, presque praliné. La bouche est longue, puissante et riche, un
peu dissociée. Un vin changeant, aux dires de ceux qui l'ont goûté dernièrement. Pas sous son jour le plus favorable ce soir-là, mais un vin qui possède une personnalité indéniable.
Arbois 2005, Domaine de la Cybelline
Nez caramel au lait, façon bonbon Werther. Bouche large mais tendue, finale saline, voire salée, acidité désaltérante, fraîche, malgré une pointe d'amertume finale, due à sa grande richesse de constitution. Labours au cheval et élevage très "nature" pour ce beau blanc jurassien, assemblage de Savagnin (2/3) et Chardonnay (1/3), en complantation dans la plaine, du côté de Molamboz.
Arbois Savagnin Curoulet 2005, Rémi Treuvey
Nez riche et puissant, ouvert, sur la pomme granny passée au four. La bouche est large mais tendue,
droite et fraîche, du fait d'une acidité remarquable. Longue finale qui remonte en puissance, sur des notes d'épices.
Arbois 2004, Domaine de la Cybelline
La robe est plutôt claire, pelure d'oignon. Au nez, bataille de spécialistes: autolyse versus réduction? Plutôt autolyse, avec ces notes fugaces un peu animales, fumées, qui disparaissent à l'agitation assez rapidement pour laisser parler un fruité à l'aromatique rafraîchissante et croquante (agrumes, pomelos), du fait d'une très jolie acidité. La texture en bouche est d'un soyeux tactilement très agréable. Ploussard majoritaire, mais pas exclusif.
Arbois-Pupillin 2005, Ploussard La Chamade, Philippe Bornard
La robe est rubis. Le premeir nez, très racinaire et végétal, évoque la gentiane, suivie d'un léger cacao. La bouche est dure et austère, avec des tanins asséchants en finale. Un vin qui se goûte très mal ce soir-là, alors qu'il se présentait beaucoup mieux une quinzaine de jours auparavant. A revoir, car dans l'esprit, c'est plutôt bien pensé.
Arbois Trousseau 2005, Corvées, Rémi Treuvey
La robe est rubis soutenu, assez colorée, brillante. Le nez est très fruité, sur la griotte, l'amande amère. En bouche, du gras et du volume, avec un brin d'austérité qui permet de garder de la tension, et toujours ce très beau fruit en finale. De fort belles promesses qu'il faudra avoir la patience d'attendre un peu.
Zura 2004, Les Zinzins du Vin
Premier nez acétate et vernis à ongles, traduisant la présence de volatile. La bouche est acide et tendue,
longue et puissante. Un peu bancal, zozotant, mais néanmoins séduisant, ce vin 100% nature a été élaboré à l'aide de raisins bien mûrs, pressés et mis dans un fût pendant deux ans sans ouillage. Puis soutiré, comme ça, parce qu'il le fallait.
Moût de raisins partiellement fermentés passerillés sur la paille 2005, Rémi Treuvey
Tiré du fût, encore en cours de fermentation, ce vin, qui ne deviendra jamais un véritable vin de paille, a enchanté nos palais par sa fraîcheur et ses arômes de pomme à cidre et de pâte de coing. Sa bouche tonique du fait de la présence d'encore un peu de gaz termine sur une sensation minérale de graphite, type mine de crayon. 50% chardonnay, 50% Ploussard pour un équilibre frais et aérien, gourmand en diable.
A la Sainte Emma, reste dans le Jura, mais n'omet pas d'avoir une pensée pour la petite Nina. En ouvrant un magnum de Larmandier-Bernier, par exemple! Santé, au bébé, à la maman et à son papa!
Olif
18:49 Publié dans Les séances de dégustation, côté Jardins! | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
20 décembre 2006
Vertiges de prestige aux Jardins!
A la Sainte Odile, on met dans le mille! Et on sort les décorations de Noël aux Jardins de Saint-Vincent, pour la der de l'année. Une soirée en comité restreint volontaire, ce qui a nécessité une répetition générale quelques jours avant pour satisfaire le maximum de monde. Du beau monde, en compagnie du GJP* au grand complet, pour une soirée "No spit", c'eût été dommage!
Et c'est parti pour le grand frisson, à l'aveugle, comme de bien entendu!
Bollinger Grande Année 1997
A première vue, ça bulle! FInement et brièvement. Le nez est intense, riche, vineux, brioché, légèrement grillé, d'une grande élégance. Bouche pleine et chaleureuse, comportant paradoxalement beaucoup de fraîcheur et juste ce qu'il faut de peps et de vivacité. Finale minérale, saline (?) et légèrement acidulée. Equilibre superbe entre finesse, richesse et fraîcheur. Un beau et grand Champagne, c'est évident!
Bienvenue Batard Montrachet 1999, Domaine Ramonet
Nez empyreumatique et grillé, frais, discrètement mentholé, celui d'un noble Chardonnay
bourguignon de quelques années de bouteille. Fin et élégant, il développe un joli gras en attaque qui enveloppe et arrondit une minéralité affirmée. Longueur et raffinement qui perdurent dans une finale légèrement réglissée. Il ne manque qu'un homard!
Arbois Chardonnay 1976, Camille Loye
Le premier nez ne trompe personne! ça embaume le coin! Un vin d'ici, quoi! Bouche ronde et complexe, où l'on retrouve, pêle-mêle, du cacao, de la praline, des épices, des fruits secs, des raisins macérés au marc. Une grande douceur, sans véritable sucrosité, puisque le vin est évidemment sec, une longueur phénoménale, un équilibre en bouche somptueux. Chapeau bas, Monsieur Camille!
Volnay Taillepieds 1969, Domaine de Montille
Nez évolué mais encore tonique, animal, kirsché, sous-bois. Marqué par une attaque acide et
mordante, il s'assagit, s'arrondit, se cacaotise, se domestique à l'aération. Quel tonus et quelle fougue! Si de prime l'acidité dérange et agresse un peu, elle s'harmonise et se fond dans un baroud d'honneur final. Un 69 qui mérite d'être avalé respectueusement, d'autant qu'il semble arrivé au sommet de la côte.
Gewurtztraminer VT 1989, Victor Hertz
Aromatique très florale, pétale de rose, mêlée d'un fruité exotique type litchi. Gew? Bingo! Bouche légèrement sucrée en attaque, qui vire rapidement sèche pour terminer sur des notes d'amande amère, de benzène. Finale un peu pâteuse. Pas tout à fait sur la même longueur d'onde que Mr Hertz, finalement! Mais le vin ne démérite pas complètement pour ses 17 ans!
Inniskillin Vidal Icewine 2003
De la mangue comme si on venait d'en éplucher une! Et des fruits de la passion, très acidulés. Bouche à l'acidité superlative. C'est du vin fait avec du raisin, ça? Je pencherais presque pour un vin de fruits (pomme ou autre) dont le Seb a le secret. Très fruité, équilibre demi-sec balayé par une grande acidité, il s'agit bien là d'un vin spectaculaire qui force le respect malgré son instabilité.
Banyuls 1970, Domaine du Mas Blanc
Robe tuilée, orangée. Nez sur le café, l'orange confite, attaque arrondie par l'alcool puis le vin finit
très long et très sec, avec un peu d'amertume façon zan, profonde, méditative. Ils sont où les Corona?
Merci, Monsieur Saint-Vernier, de nous avoir ainsi exhibé quelques-unes de vos reliques et d'avoir voulu rendre hommage, à travers certaines d'entre elles, à feu Monsieur André Jeunet. On reviendra quand vous voulez!
Olif
P.S.: Je ne voudrais dénoncer personne, mais pendant ce temps, certains se sont tapés la Reine, cet excellent Côtes du Jura 2004 d'Alain Labet, qui a servi à enviner les verres et les carafes, voire plus si affinités. La bouteille fut vidée avant la fin de l'office!
* GJP: Grand Jury Pontissalien, secte d’adorateurs de Bacchus, basée sur les hauts plateaux du Doubs et qui n'a de jury que le nom!
22:54 Publié dans Les séances de dégustation, côté Jardins! | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
23 novembre 2006
Débouchage de Beaujolais, pas forcément nouveaux...mais aux Jardins!
"A La Sainte Marguerite, ta soif sera guérite!" nous dit en substance Véro, qui calligraphie comme elle respire. Cette année, ça tombait bien, la Sainte Marge, c'était soir de Beaujol! Une habitude solidement ancrée, désormais, chez les apprentis jardiniers de Saint-Vincent. Donc, pas vraiment nouveau, comme rite. Le Beaujolais non plus, cette année. Que du avec de la bouteille! Sauf un pirate pour commencer et quelques corsaires pour terminer. Dans la joie et la bonne humeur! Et toujours à l'aveugle, évidemment!
Beaujolais nouveau 2006, G. Duboeuf
Nez d'abord griotte, puis banane quand même. Bouche plutôt ronde et vineuse, un peu brut de cuve. Pas très long, pas très bon, pas franchement mauvais non plus. J'ai senti un petit flottement dans l'assemblée: est-il bon, est-il pas bon? Qu'est-ce que c'est que cette bouteille qu'il nous a amené, l'Olif? J'en avais acheté deux, une pour piéger les jardiniers, l'autre pour boire à la maison avec Mme Olif. Même elle, elle n'a pas pu l'avaler! Suivante!
Moulin à Vent 2002, Christophe Pacalet
Nez sur le noyau, la cerise à l'eau de vie, un peu cuit, animal. La bouche manque de nerf, un peu fluide et souple, la finale est cacaotée et balsamique. Pas désagréable, pour tout dire mais montre les limites de l'aptitude au vieillissement des crus du Beaujolais. A sa décharge, le millésime 2002 fut catastrophique dans cette région.
Côte de Brouilly 2005, Christophe Pacalet
Nez un peu balsamique, fruité, floral. Bouche assez tonique, concentrée, avec de la matière et de la fraîcheur par une finale acidulée et croquante.
Morgon 2003, Marcel Lapierre, version non filtrée, légèrement sulfitée
Nez discret, floral, fruité (framboise?). Bouche ronde et harmonieuse,
un peu chaleureuse, mais la matière a un très joli grain fin. Finale
longuement persistante.
Morgon 2003, Marcel Lapierre, version sans soufre
Premier nez fougueux et sauvage, animal, sur la fraise écrasée; avec du végétal pour le croquant. Une véritable gourmandise fruitée qui marque quelques points supplémentaires par rapport à son frangin. Ce n'est pas la première fois que Stéphane nous fait le coup du même vin dans deux versions, avec ou sans soufre, et on tombe toujours joyeusement dans le panneau. A (bonne) conservation identique, la palme au sans soufre, même si les deux sont très bons! Deux vins pas du tout jumeaux, en tout cas!
Brouilly 2004, Georges Descombes
Premier contact pour moi avec les vins du "Noune". Pas déçu! Nez réservé, mais sous-tendu par de la complexité, fruité et minéral, net, précis, sans bavures. Un vin droit en bouche, puissant et long, déjà séducteur mais qui mérite encore un peu de repos (dans une cave fraîche de préférence!). Une révélation!
Brouilly 2000, Christophe Pacalet
Nez déjà évolué, ouvert et épanoui, qui conserve encore du fruit, même en
bouche. La finale est un peu alcooleuse, et les tanins assèchent un poil. Arrivé à maturité, il n'en est pas moins très plaisant, méritant d'être bu à grandes lampées!
Avec le mâchon, on a quand même goûté à deux Beaujolais tout beau tout nouveau, le Château Cambon de Marcel Lapierre et le Villages de Georges Descombes; ça gouleye bien, mieux que le Duboeuf. Puis un Bourgueil 1998 de La Chevalerie, sorti de la cuisse à Savagnin. Très beau vin, arrivé dans une phase épanouie. Le seul à ne pas être apparenté à du Beaujolais, nouveau ou ancien, en fait! Mais ne nous privons pas de le clamer haut et fort: vive le Beaujolais, quand il est bon comme ce soir!
Olif
02:00 Publié dans Les séances de dégustation, côté Jardins! | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
04 novembre 2006
Plan B à la Saint Dimitri et aux Jardins!
Tellement vivant, le millésime 2006 dans le Jura, qu'il ne s'est pas laissé attraper! Dimitri n'a pas eu droit à son Tutti Frutti mais l'ardoise signée Véro était tellement jolie que le jardinier de Saint-Vincent n'a pas eu le courage de l'effacer! On a donc troqué in extremis la bulle brut de cuve pour une autre bulle, plus travaillée et présentée en bouteille. Une bulle biodynamique, fraîchement capturée par un Saint-Vernier pétillant, tout juste de retour de Champagne. Une Champagne de vignerons, une Champagne de terroirs, une Champagne un peu alternative, avec des producteurs majoritairement situés dans l'Aube ou dans l'Aisne, de vrais vins de Champagne qui savent allumer l'oeil des apprentis jardiniers, venus en nombre faire sauter les bouchons.
Champagne Jacques Lassaigne, Les Vignes de Montgueux, Blanc de blancs
Joli nez, acidulé et frais. La bulle est fine, élégante et tonique, qui pétille en attaque, incisive et joyeuse. Belle mise en bouche que cette solera sur deux millésimes (2001 et 2002), à base de pur chardonnay planté sur sol crayeux, qui apporte fraîcheur et minéralité. Une réussite, signée Emmanuel Lassaigne.
Champagne Jacques Lassaigne, Les Vignes de Montgueux, Millésime 2000
La robe est légèrement dorée. La bulle, un peu plus grosse, peine à monter à la surface. Le nez est plus vineux, levurien, brioché, à peine boisé. L'attaque est vive et claquante, le milieu de bouche est dense et profond, la finale possède une petite pointe d'amertume. Visiblement destiné à la table, ce Champagne mérite un petit peu de temps pour s'harmoniser.
L'assemblée est partagée concernant ces deux Champagnes Lassaigne, certains préférant la fraîcheur de la cuvée non millésimée, d'autres appréciant la densité et la vinosité du millésime 2000. Un domaine à suivre de près, en tout cas, qui fait honneur aux producteurs de l'Aube. Le Champagne de l'Aube, on peut boire jusqu'au bout de la nuit!
Françoise Bedel Brut, Blanc de noirs
Bulle rare et précieuse, bien ronde, un peu grosse. Nez vineux, riche, bouche large mais tonique, puissante et ample, longue. Un beau Champagne de table, masculin, mais élaboré par une femme de conviction, en biodynamie depuis 1998. Un domaine situé à Crouttes sur Marne, charmant village de l'Aisne. Le Champagne de l'Aisne, on peut en boire tout l'hiver!
Vouette et Sorbée 2002, Fidèle, Extra-brut
Mousse crémeuse au service. Robe dorée aux reflets lilacés. Nez riche et puissant, empyreumatique,
légèrement miellé, avec une petite note oxydative de pomme blette. Bouche relativement droite, en léger décalage avec le nez parce qu'on l'attendrait plus large. 100% barrique, dont un peu de neuf 100% Pinot noir, non dosé. Elevage de 8 mois. L'école d'Anselme Selosse et une cuvée déjà collector, introuvable et spéculative! Le néo-vigneron, qui a repris le domaine familial, s'appelle Bertrand Gautherot. Il est domicilé à Buxières sur Arces, dans l'Aube ,et cultive du Pinot Noir sur une bande de calcaire du kimmeridgien, comme à Chablis. Du rouge sur une terre à blancs, une bonne école, et un Champagne plutôt marquant! Le Champagne de l'Aube...
Larmandier-Bernier rosé
Un rosé de saignée en Champagne, c'est plutôt rare! Tout en raisins 1er cru et non dosé! Extra-brut! La robe est couleur groseille. le nez est d'abord fermé, s'ouvrant à l'aération et affirmant son caractère vineux dans la finale. La bulle soutient discrètement l'ensemble, permettant à l'aromatique de rester bien fraîche.
ça mousse aux Jardins!
Vidéo envoyée par olif
Exquise, Jacques Selosse
Nez sur la pomme verte ,très fruit, bulle foisonnante, un peu de sucre. Voilà un équilibre sec-demi sec qui privilégie la fraîcheur par son côté aérien. De la dentelle, un vrai petit bonheur!
Le Champagne de la Marne, on peut en boire jusqu'à l'aube avec un petit tricot en laine, finalement!
Olif
22:48 Publié dans Les séances de dégustation, côté Jardins! | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
24 septembre 2006
Quoi de neuf aux Jardins, Docteur?
Septembre, le mois de l'automne et de la rentrée! Les écoliers ne sont pas les seuls à reprendre le collier. Il y aussi les jardiniers, ceux de Saint-Vincent, et aussi les vignerons, parce que le raisin n'attendra pas. Tout cela sous l'oeil bienveillant de Saint-Vernier, le grand patron de tout ce petit monde. La dernière oeuvre d'art estivale de Véro trône toujours au mur, trop difficile à balayer d'un coup d'éponge.

















